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26 novembre 2013 2 26 /11 /novembre /2013 22:25

Social-Eco - le 26 Novembre 2013

PSA: 21 millions d’euros pour le départ en retraite de Philippe Varin

Philippe Varin qui sera remplacé à sa tête par Carlos Tavares, l’ex numéro 2 de Renault, devrait toucher 21 millions d'euros de retraite chapeau. Un cadeau obscène alors que la direction vient de faire signer un accord compétitivité-emploi terrible aux employés.

Après les 11200 suppressions de postes, le chantage à l’emploi, après avoir accepté de travailler plus, le gel des salaires, la mobilité imposée et la flexibilité des horaires, les salariés de PSA devraient digérer la retraite chapeau de 21 millions d’euros de leur PDG sur le départ après 4 années à la tête de PSA, une prime de plus de 5 millions par an. Selon le terrifiant calcul du Lab d’Europe 1, c’est 1750 fois la prime de départ prévue pour un salarié d’Aulnay licencié.

Ce qui choque également c’est que la direction a d’ores et déjà assuré que ce changement à la tête de PSA « n’impliquerait aucun changement de politique menée par M. Varin». C'est-à-dire décrypte la CGT, « le choix de la globalisation à marche forcée, avec le passage en cours de 2 usines à 6 en Chine, la délocalisation de la production des véhicules de segments B hors premium, la sous-traitance à l’étranger… ».

Une politique de casse sociale que connait bien le successeur de Philippe Varin, pour avoir mené la même chez Renault. L'ex-numéro deux de Renault Carlos Tavares "siègera au directoire à compter du 1er janvier 2014 jusqu'à sa nomination à la présidence du directoire, dans le courant de l'année 2014 […] Il travaillera avec le directoire sur les plans d'actions destinés à poursuivre le redressement de l'entreprise". Explique le communiqué de PSA.

 

"Ce qu'il (Carlos Tavares) a fait à Renault, c'est aussi des coupes franches dans l'emploi, c'est aussi ces accords de compétitivité qui bloquent les salaires, qui (font) reculer l'ensemble des droits des salariés", a réagi sur LCI Jean-Pierre Mercier, délégué CGT. "Son arrivée à la tête du groupe, c'est même pas un problème d'homme, c'est un problème de politique". Chez Renault, l’annonce ne passe pas très bien non plus. "Cette nomination est jugée très choquante chez les salariés de Renault. Ce qui gêne beaucoup les gens, c'est que quelqu'un qui a occupé d'aussi hautes fonctions chez Renault, Nissan et dans l'alliance s'en aille si vite avec toute la connaissance qu'il a de notre organisation, de nos process et de notre stratégie", a ainsi déclaré à Reuters Bruno Mathiez, représentant CFE-CGC. Les syndicats ont demandé lors du dernier CCE de Renault pourquoi la clause de non-concurrence n'avait apparemment pas été activée pour Carlos Tavares, qui était encore directeur général délégué il y a trois mois.

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26 novembre 2013 2 26 /11 /novembre /2013 22:11

Suppression des élections prud’homales : Eliane Assassi interpelle Michel Sapin

"Monsieur le Ministre,

 

Comme d’autres parlementaires, j’ai découvert par voie de presse, que vous vous apprêtiez, à substituer les élections des prud’hommes par une désignation de nouveaux conseillers. Non plus sur une base démocratique claire, les résultats aux élections prudhommales, mais en fonction de la représentativité des organisations syndicales, telle que mesurée avec les règles issues de la loi de modernisation du dialogue sociale de 2008.

 

Cette option nous inquiète et est à l’opposé de l’idée que nous nous faisons du renforcement des droits des salariés que nous appelons de nos vœux. En 2008, la gauche, toute la gauche, avait dénoncé le report de ces élections craignant qu’il ne constitue, pour reprendre la formule utilisée par le député Jean-Patrick Gille « une remise en cause des élections prud’homales en les privant de leur légitimité parce qu’elles gênent certaines personnes, en donnant une légitimité à une juridiction jugée trop favorable aux salariés ».

 

Monsieur le Ministre, si nous pouvons vous rejoindre sur les difficultés réelles d’organisation de ces élections et sur la nécessité de renforcer la participation des salariés, afin de confirmer la légitimité des élus prud’homaux, nous ne pouvons accepter que ces difficultés servent de justification pour renoncer à l’expression de la démocratie que constituent les élections prud’homales.

 

Ces arguments, ainsi que celui selon lequel le coût de ces élections serait trop important ne peuvent nous satisfaire. Au groupe communiste républicain et citoyen, nous refusons que la pertinence d’un acte démocratique aussi fort que l’expression directe de nos concitoyens, soit limitée pour des motifs financiers ou en raison d’une audience trop faible. Un tel raisonnement, rapporté à d’autres formes d’échéances électorales, serait de nature à porter atteinte à la notion même de démocratie et encourrait le risque d’une censure par le Conseil Constitutionnel.

 

C’est pourquoi Monsieur le Ministre, avec mes collègues du groupe communiste républicain et citoyen, je vous invite à profiter du report des élections décidées par le précédent Gouvernement, pour réunir en urgence le Conseil Supérieur de la Prud’homie et travailler avec lui à modifier et améliorer l’organisation des élections prud’homales afin notamment de renforcer la participation des salariés et simplifier le vote.

 

Je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, en l’assurance de ma considération distinguée."

 

Eliane Assassi, sénatrtice de Seine-Saint-Denis

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26 novembre 2013 2 26 /11 /novembre /2013 22:08

La réforme 2013 des retraites, une faute politique (PCF)

Ce 26 novembre est un jour funeste pour la protection sociale. Le gouvernement a imposé, par un vote bloqué, sa loi de régression sociale portant la réforme des retraites.

A l'instar des lois de droite de 1993, 2003, 2010, celle de 2013 se traduira par une augmentation de la durée de cotisation, un recul de l'âge réel de départ en retraite, une diminution des pensions et dans l'immédiat une perte de pouvoir d''achat des retraité-e-s.

Avec le Conseil de surveillance, composé de personnalités dites qualifiées et doté de pouvoirs exorbitants, c'est un recul grave de la démocratie qui vient d'être décidé.

Cette réforme a la même logique que les précédentes. Et depuis vingt ans, nous avons la même condamnation à son égard.

Pour le PCF et ses partenaires du Front de gauche, la retraite à 60 ans à taux plein reste le marqueur de gauche d'une politique sociale dont le pays a besoin.

Parti communiste français,

Paris, le 26 novembre 2013.

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26 novembre 2013 2 26 /11 /novembre /2013 14:23

 

Paul Boccara, Théories sur les crises, la suraccumulation et la dévalorisation du capital, Delga, septembre 2013.

De l’histoire de la pensée sur les crises du capitalisme à la pensée d’un monde sans crises catastrophiques

Entretien de Pierre Ivorra avec l’auteur (1)

Vous avez déjà beaucoup écrit sur les crises du capitalisme. Qu’apporte donc de neuf votre nouvel ouvrage annoncé pour la fête de l’Humanité ?


Paul Boccara: Ce nouveau livre sur les crises est radicalement différent des précédents. Il concerne l’histoire de la pensée économique sur les crises. Il s’agit plus précisément de revisiter l’énigme fondamentale au cœur de toutes les théories sur les crises du capitalisme dans les différentes écoles de pensée depuis trois siècles : l’explication de l’excès d’accumulation du capital qui éclate dans la crise, la suraccumulation de capital, et de son issue pour les reprises cycliques, la dévalorisation de capital, avec ses avancées techniques et ses souffrances humaines. Livrer au public ce bilan systématique est, selon moi, d’une importance cruciale de nos jours. Cela répond à deux exigences liées entre elles et fondamentales dans le monde actuel, après la gravité des crises depuis 2008 malgré les grands progrès techniques :

1. démontrer la nécessité des crises économiques plus ou moins catastrophiques, revenant régulièrement dans le système capitaliste, contre les barrières idéologiques dans les médias et dans les universités, minimisant les crises et faisant l’apologie des marchés considérés comme indépassables, même quand est revenue la thématique de l’importance des crises ;

2. tirer les leçons de toutes les explications existantes de cette nécessité des crises du capitalisme, pour penser la possibilité de nos jours d’un monde nouveau, où le caractère catastrophique des crises économiques pourrait être désormais éradiqué, avec une autre régulation économique grâce notamment à la révolution technologique informationnelle.

 

Votre vision de l’histoire de la pensée économique est peu académique. Pouvez-vous la présenter en quelques traits ?


Paul Boccara: Dans cet ouvrage la conception de l’histoire de la pensée économique est, à la fois, académique, mais aussi elle prétend aller au-delà de la vision académique traditionnelle.

D’une part, dans ce livre d’une grande ampleur, environ 550 pages, sont concernées toutes les écoles de pensée théoriques, depuis le xviiie siècle jusqu’à nos jours, qu’il s’agisse des explications des crises ou même de la négation de leur nécessité et aussi de leurs issues. Ces questions sont d’ailleurs centrales dans toutes les théories économiques. Cela se rapporte ainsi aux écoles dites classiques du xviiie au début du xixe siècle, aux écoles néoclassiques, notamment hétérodoxes sur les crises, du xxe siècle, aux différentes écoles marxistes du xixe et xxe siècles, aux keynésiens, jusqu’aux théories récentes de la fin du xxe siècle niant la nécessité et le caractère catastrophique des crises et aux différentes analyses les réfutant tout récemment.

D’autre part, sont donnés les textes originaux des auteurs analysés sur les différents points des explications. Et surtout sont regroupées les analogies et reprises des mêmes thèses explicatives traversant, chose remarquable, toutes les écoles, des classiques aux marxistes. C’est le cas des thèses insistant sur l’insuffisance des consommations contre la demande, ou, au contraire, l’excès des consommations contre les profits ou les investissements, ainsi que les différentes tentatives de conciliation et de dépassement des analyses unilatérales. Et cela, qu’il s’agisse des causes des crises ou de leurs manifestations et des facteurs des issues.

Enfin, même si le détail des analyses et controverses peut interpeller les spécialistes, il y a un effort pour rendre accessible au grand public l’essentiel des explications.

 

Dans les années 1970 vous avez été le premier à diagnostiquer les débuts d’une nouvelle crise de longue durée du capitalisme. Comment a évolué votre réflexion depuis ?


Paul Boccara: À la fin des années 1960 et au début des années 1970, j’ai pu annoncer le début d’une nouvelle phase de tendance aux difficultés du cycle de longue période dit de Kondratieff, ou de suraccumulation profonde et durable, une nouvelle crise structurelle, que j’appellerai ensuite crise systémique.

Depuis, mes recherches ont connu plusieurs étapes jusqu’à mon dernier ouvrage sur les analyses des crises capitalistes. Exacerbées dans la crise systémique, elles nous défient de penser une nouvelle régulation systémique qui serait émancipée des crises catastrophiques.

C’est, d’abord, le problème de la crise de structure du capitalisme monopoliste d’État, installé après la Seconde Guerre mondiale. Il concerne le double défi : de la privatisation et de la domination des marchés ou d’une nouvelle construction sociale, avec dès 1971, le concept de « régulation » caractérisant un système et l’idée d’une régulation nouvelle.

C’est, ensuite, l’analyse des phénomènes systémiques nouveaux : la progression formidable des services, la révolution informationnelle, la mondialisation capitaliste, l’expansion des pays émergents. D’où, les élaborations sur l’exacerbation de la crise systémique, mais aussi sur des institutions de maîtrise et de « dépassement » (au sens profond du terme) des marchés du travail, de la monnaie et de la finance, des productions, notamment au plan européen et mondial, ainsi que sur l’anthroponomie au-delà de l’économie et une nouvelle civilisation.

C’est enfin la reprise des analyses poursuivies depuis longtemps sur les théories des crises, de la suraccumulation et de la dévalorisation de capital, pour aboutir à leurs enseignements pour penser une autre régulation sans crises ravageuses. Et, ultérieurement, après ce premier volume sur les bases des crises de période plus ou moins décennales, viendra un second volume sur les théories des crises systémiques, pour finir par des développements sur la régulation anthroponomique et une nouvelle civilisation.

 

Vous soulignez que la crise de 2008 a discrédité les théories dominantes récentes niant les réalités des crises économiques dans le capitalisme. Mais ne s’efforcent-elles pas malgré tout de dissimuler la nature de ces crises ?


Paul Boccara: Effectivement, les théories récentes dominant dans les universités, surtout aux États-Unis, dites du cycle des affaires réel, sur les fluctuations cycliques, ont prétendu nier la nécessité périodique et le caractère plus ou moins catastrophique des crises dans le système capitaliste. J’ai montré comment elles ont été précisément critiquées et réfutées dans de nombreux travaux, puis se sont effondrées face à la gravité des crises économiques depuis 2008.

Pourtant, ce qui demeure dans les théories dominantes, qu’elles soient conservatrices ou même critiques et hétérodoxes, reste que les crises économiques revenant régulièrement et leurs maux, des chutes de production au chômage massif, ne posent pas la question du besoin d’une autre régulation sans crises catastrophiques, dans un nouveau système possible, émancipé de la domination des marchés.

Elles ne mettent pas en cause le rôle décisif, dans le système capitaliste considéré comme améliorable mais indépassable, des technologies de la révolution industrielle de remplacement des travailleurs par des machines-outils, entraînant l’éclatement des suraccumulations périodiques de capital. Aussi on ne mesure pas le potentiel de dépassement du système lui-même, donc de ses crises corrélatives et de leurs maux sociaux, représenté par les débuts de la révolution technologique informationnelle, fondée sur les ordinateurs.

 

La gravité des dernières crises conduit certains économistes à prôner un retour à Keynes, voire à Marx. Qu’y a-t-il de commun chez eux ? Vous affirmez que ce « retour » n’est pas suffisant. Pourquoi et comment aller au-delà d’eux ?


Paul Boccara: On prône, à la suite des grandes crises mondialisées de 2008 et des années suivantes, chez les économistes critiques, depuis les prix Nobel récents Krugman ou Stiglitz, un important retour à Keynes. Il y a aussi une certaine remontée des références à Marx. Dans les deux cas, revient l’insistance sur l’importance des crises, de leur récurrence dans le système, avec l’insuffisance de la demande globale, les surproductions, le chômage massif, les maux des spéculations et des effondrements financiers.

Cependant, le retour des thématiques keynésiennes entraîne le renouveau de l’illusion des solutions suffisantes, contre les risques et les dangers des crises, des interventions renforcées des États. En réalité, c’est le système capitaliste lui-même et à plus forte raison l’exacerbation récente des marchés mondialisés dans son cadre qui sont en cause.

De ce point de vue, le simple retour aux analyses économiques de Marx serait lui aussi insuffisant. Il s’agirait donc d’aller bien au-delà de Keynes et même de Marx, pour contribuer à penser des transformations radicalement alternatives, émancipées de la persistance du prétendu caractère indépassable des marchés et du capitalisme. Cela concernerait des élaborations « néomarxistes » sur des institutions de maîtrise et de dépassement des marchés mondialisés et, plus précisément désormais, sur les modalités possibles d’une autre régulation systémique.

 

En quoi ces détours historiques, analysés dans ce nouvel ouvrage, peuvent-ils aider tous ceux à la recherche d’une alternative au capitalisme ?


Paul Boccara : À partir de toutes les théories sur les crises et de la reprise des mêmes thématiques explicatives dans les différentes écoles de pensée économique depuis trois siècles, un puzzle a été reconstitué permettant de préciser le processus et les modalités des régulations par crises plus ou moins catastrophiques, revenant périodiquement dans le capitalisme. Il s’agit des processus d’incitation aux progressions des capitaux, jusqu’à leurs excès, en raison du remplacement des salariés par des machines-outils résultant de la révolution industrielle dans le système. Ce remplacement répond à la montée des salaires et aux surconsommations. Puis, il aboutit à l’excès des moyens de production matériels, à l’insuffisance des salaires et à la sous-consommation. L’éclatement des crises de surproduction entraîne les dévalorisations de capital, de destruction et dévaluation des capitaux, de chômage, ou de baisse des valeurs des facteurs de production par le progrès de la productivité, puis les reprises.

L’idée nouvelle est que cette incitation à un type de progression, ces excès et corrections des excès, avec le jeu du régulateur du taux de profit, peuvent servir de modèle pour penser un autre type de régulation possible, avec les nouvelles technologies de la révolution informationnelle succédant à la révolution industrielle.

Cette nouvelle régulation permettrait le dépassement des crises catastrophiques et de leurs maux sociaux. Il ne s’agirait plus seulement de mes propositions antérieures d’institutions de maîtrise et de dépassement des marchés : sécurité d’emploi ou de formation, autres créations monétaires, critères de gestion d’efficacité sociale des entreprises, accords internationaux de co-développement et biens publics communs de l’humanité. Il s’agirait, en relation avec elles, des incitations, excès, et corrections des excès sans destructions catastrophiques, mais concernant l’expansion des recherches-développement et des formations. Il y aurait une autre articulation entre éléments objectifs socialisés, comme auparavant les machines mais désormais les recherches, et éléments subjectifs massifs, concernant les formations des êtres humains.

Dans une progression sociale d’un type nouveau, la régulation commencerait aussi par un excès des dépenses, de formation désormais, puis la réponse de la remontée des recherches- développement, ensuite leur excès, entraînant l’insuffisance des formations puis le besoin de qualités nouvelles des formations et des recherches. Cela ne viserait pas seulement des transformations économiques mais aussi non économiques, anthroponomiques, et des avancées de civilisation de toute l’humanité. n

(1) Voir l’Humanité des 23-25 août 2013.

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26 novembre 2013 2 26 /11 /novembre /2013 13:16

Culture - le 22 Novembre 2013

l'Humanité des débats. l'entretien

Rachid   Taha : « Liberté, égalité, fraternité, c’est devenu un slogan publicitaire »

L’artiste a accepté d’évoquer, pour l’Humanité, la Marche pour l’égalité. D’hier à aujourd’hui, il égrène son parcours avec, en toile de fond, la musique, les combats d’alors et de demain. Rachid Taha fera escale le 29 novembre à 20 heures, au Bikini, à Toulouse  à l’occasion du festival Origines contrôlées, dont notre journal est partenaire.

Avez-vous participé à la Marche 
pour l’égalité ?


Rachid Taha. Non, j’enregistrais, à l’époque. J’ai joué à la fin, j’ai participé au concert à Paris avec mon groupe Carte de séjour. C’était l’époque des rodéos à Vénissieux, à Vaulx-en-Velin… J’ai voulu organiser un festival place Bellecour, à Lyon. On nous a bien évidemment refusé l’autorisation. Le festival a donc eu lieu au parc Elsa-Triolet à Vaulx-en-Velin. À l’affiche, quatre groupes : Made in France, Corazon rebelde (un groupe de rock chilien), Carte de séjour et Single Track.

 

C’est comme ça que tout a commencé. Avec Djida Tazdaït, j’ai participé à la création de l’association et du journal Zaâma d’banlieue. Un fanzine de quatre pages dans lequel je m’occupais un peu de la rubrique culturelle. C’est aussi à ce moment-là que j’ai monté une boîte de nuit. À l’époque, à Lyon, comme partout ailleurs, l’entrée des boîtes de nuit était fermée aux Noirs et aux Arabes. J’ai donc créé cette boîte, que j’ai appelée « Le Refoulé ». C’est ma manière de refuser le statut de victime, de choisir l’arme de l’humour. Il fallait trouver des réponses, des chemins de traverse. Finalement, le racisme nous poussait à aiguiser notre créativité. C’est d’ailleurs toujours le cas.

 

Comment est née l’idée de monter le groupe Carte de séjour, en 1981 ?


Rachid Taha. Je travaillais à l’usine, j’étais syndicaliste, ça m’emmerdait. J’avais une formation de comptable et je n’avais jamais réussi à trouver de boulot dans ce domaine. J’avais débarqué en France à l’âge de douze ans. Je suis né en Algérie, à l’époque où c’était l’Algérie française. En fait, je suis un peu un Algérien d’origine française ! Au début des années 1980, je m’occupais des syndicats. La France accueillait alors les boat people. Les patrons essayaient de nous diviser, les Vietnamiens d’un côté et nous de l’autre. Un jour de grève des bus, j’ai fait du stop. C’est là que j’ai rencontré le guitariste Mohammed Amini, qui m’a proposé de faire de la musique. Au début, on voulait appeler le groupe 404, comme la voiture, ou comme le groupe anglais UB 40. Valéry Giscard d’Estaing était alors président : on a donc cherché un nom à particule. On a trouvé Carte de séjour. On chantait dans une sorte de sabir mêlant arabe et français. C’était le premier groupe rock punk arabe. Tout le monde s’attendait à ce qu’on fasse une pochette de disque trash, on a fait tout le contraire, une pochette très contemporaine, très colorée, figurant un couple, la femme en robe courte, en train de danser. C’était un rayon de soleil.

 


Rachid Taha. Cette marche des beurs, c’était pour du beurre. Toute la dynamique a été détruite par SOS Racisme. Je leur en veux vraiment. Ces trotskistes passés au PS de Mitterrand étaient des sortes de missionnaires de la gauche, très paternalistes. À l’époque, j’écoutais Talking Heads, les Ramones, les Sex Pistols. À leurs yeux, qu’un type comme moi écoute ce genre de musique était impensable. Nous étions un peu vus comme des indigènes. Le logo de Carte de séjour, c’était la main de Fatma. J’avais pour habitude de dire : « Méfiez-vous des imitations. » Ils ont réussi à récupérer et détourner ce mouvement parce qu’ils étaient puissants. Tous les médias étaient de leur côté. En 1985, ils ont eu la place de la Concorde pour faire leur concert. Moi j’avais eu le parc Elsa-Triolet… Et ces gens sont toujours dans le circuit. Harlem Désir, qui présidait SOS Racisme, est aujourd’hui à la tête du PS. Déjà, à l’époque, ces jeunes socialistes médiatiques étaient pétris d’ambitions personnelles. Toumi Djaidja, ce jeune de la cité des Minguettes victime d’un tir de la police, initiateur de la Marche, lui, on ne le voyait et on ne le voit jamais à la télé… Avec SOS Racisme, le pouvoir a créé une sorte de bourgeoisie issue de l’immigration. Mais ces gens-là n’avaient déjà plus grand-chose à voir avec nous. Ils avaient leurs entrées au Palace ou aux Bains-Douches, où les Arabes et les Noirs étaient indésirables. Ces établissements en laissaient entrer quelques-uns triés sur le volet, le travesti du coin, l’Arabe un peu drôle. En ces temps-là les clichés racistes étaient partout, dans les séries télévisées, sans que personne ne s’en émeuve. Carte de séjour cartonnait, mais lorsque des programmateurs musicaux avaient le malheur de nous passer à la radio, ils étaient immédiatement rappelés à l’ordre alors que nous étions au Top 50, avec Rock Amadour, de Gérard Blanchard, et Toi, toi mon toi d’Elli Medeiros. L’un d’entre eux m’a raconté avoir été pris à partie par sa direction en ces termes : « Arrête de nous passer ces bougnoules ! » Aucune radio généraliste n’a passé Douce France.

 

Pourquoi avoir repris cette chanson 
de Charles Trénet ?


Rachid Taha. C’était notre façon de dire « nous sommes d’ici », tout en jouant la carte de la provocation. Nous avons remis Trénet au goût du jour mais notre version l’a choqué, il ne l’aimait pas du tout. À ce moment-là, il y a eu une sorte de souffle qui a permis à de jeunes artistes issus de l’immigration d’émerger. Notre expérience en a poussé certains à devenir managers, éclairagistes, réalisateurs, musiciens. Une génération s’est ouvert les portes du monde de la culture. Mais, en même temps, cela a suscité des crispations. Au lieu de faire comme leurs pères, de travailler à l’usine ou dans le bâtiment, ces indigènes voulaient emprunter d’autres chemins que ceux tracés par les conseillers d’orientation… Encore aujourd’hui, les enfants d’immigrés sont emprisonnés dans des cases. Tu veux devenir pilote ? Non, tu seras chaudronnier ! Médecin ? Non, tu seras soudeur ! Là se situe l’erreur fatale. Cette exclusion a engendré le repli. Ils ont « algérianisé » nos enfants. Dans ma génération, il ne nous était jamais venu l’idée de se trimballer avec un drapeau algérien. Aujourd’hui, des gamins nés ici, qui ne savent même pas ce que c’est que l’Algérie, arborent en toute occasion ce drapeau. Ils les ont non seulement « algérianisés », mais ils les ont aussi islamisés. Nos gamins sont poussés dans les bras des radicaux. Prenons l’exemple de la burqa. Pourquoi en faire une telle affaire, alors que cela concerne tout au plus 2 000 femmes en France, la plupart étant des converties ?

 

Le monde de la culture est-il à l’abri 
des préjugés racistes ?


Rachid Taha. La stigmatisation est toujours là, partout. En gros, le choix se situe entre la burqa et Nabila (participante à une émission de téléréalité – NDLR). Un magazine nous a consacré, une fois, sa une, avec un titre évocateur, « Les Arabes qui ont réussi ». Nous sommes un peu vus comme des singes savants. C’est bien cette stigmatisation qui nourrit la famille Le Pen. Le tueur de Toulouse Mohammed Merah a été présenté comme « Français d’origine algérienne » dans tous les médias télévisés. Quand tu marques des buts en équipe de France de football, tu es Français tout court. Quand David Bowie s’habille en saroual sur scène, on loue le dandy. Si j’arbore la même tenue, je suis un intégriste ! J’appelle cela la xénophobie intellectuelle.

 

Le racisme a-t-il reculé ou gagné du terrain, depuis l’époque de cette Marche pour l’égalité ?


Rachid Taha. Dans les années 1970, il régnait en France un lourd climat de violences racistes, beaucoup d’Algériens ont été tués. Il y a dans la société française le même pourcentage de racistes. Et quand il y a une crise, cela remonte à la surface. « Dehors, dehors, les étrangers. C´est le remède des hommes civilisés », pour reprendre les paroles de ma chanson Voilà, voilà. Que Christiane Taubira soit aujourd’hui la cible de telles attaques racistes ne me surprend malheureusement pas. Avec la crise économique, le racisme est plus décomplexé, plus visible. C’est un expédient pour cacher la misère, pour éviter de parler des vrais problèmes. Quelque part, la situation des personnes issues de l’immigration s’est aggravée. Beaucoup sont au chômage, ils subissent ce racisme social, ce sont les premiers que l’on jette lorsqu’il y a un plan de licenciement. Or comment un père au chômage peut-il être respecté de ses propres enfants ? Les discriminations perdurent, pour le travail, pour le logement, pour les loisirs. La France n’a pas encore réussi à se défaire d’une certaine culture colonialiste. New York vient d’élire un ancien sympathisant des sandinistes, marié à une femme noire, poète, qui était lesbienne. Une telle chose serait impensable en France. Nous sommes en retard sur le monde…

 

Dans la tradition de la chanson française, 
qui vous a le plus inspiré ?


Rachid Taha. Sans hésiter, Léo Ferré. Son écriture, sa poésie, sa musique. Je n’ai jamais aimé Jacques Brel. Trop misogyne. Quant à Gainsbourg, il n’a jamais été pour moi une source d’inspiration. Interrogé, un jour, par Bruno Bayon, de Libération, sur l’édification d’un mausolée à sa mémoire après sa mort, il a répondu : « Je ne suis pas un Arabe »… Toujours limite, les gars… Mon univers, c’était plutôt le rock alternatif. J’étais copain avec ceux d’OTH. Nous lorgnions du côté de l’Angleterre : les Clash, LKJ… Il y avait eu le festival Rock against fascism à Londres. C’est ce qui nous a inspirés pour monter le concert Rock against Peyrefitte pour protester contre les lois Bonnet-Stoléru sur « l’aide au retour », dont la philosophie était « prends 10 000 balles et casse-toi ».

 

Quels combats faudrait-il encore mener 
pour parvenir à l’égalité ?

Rachid Taha. Nos enfants doivent être traités comme des Français, tout simplement. « Liberté, égalité, fraternité »… Cette devise est devenue un slogan publicitaire, voilà le problème. Commençons déjà par appliquer la loi. Cessons de stigmatiser les quartiers populaires. On parle aujourd’hui du règne des gangs à Marseille. Mais il n’y a là rien de nouveau. Au début du XXe siècle, à Paris, à la Bastille ou à Belleville, il y avait déjà les Apaches. Dans les années 1950, c’étaient les Blousons noirs. Aujourd’hui les enfants d’immigrés sont vus comme des voyous, des trafiquants de drogue mais lorsqu’ils réussissent, ils sont forcément suspects.

 

Qu’est-ce qui permet aux réflexes 
racistes de s’imposer et de perdurer 
dans la société française ?


Rachid Taha. C’est la peur. Les castes dirigeantes qui tiennent à leurs privilèges ont la trouille. Elles ne supportent pas de voir ce pays se transformer. Il y a une dimension sociale, une forme de fermeture et de consanguinité sociale dans le monde politique, les médias, le monde du spectacle. Les enfants de la classe ouvrière en sont exclus. Les classes populaires sont reléguées socialement et géographiquement. Des habitants de banlieue ne mettent jamais les pieds à Paris, c’est une frontière invisible, une forme d’apartheid. Bientôt ils auront besoin d’un passeport. Quand les banlieusards vont à Paris, ils vont sur les Champs-Élysées, comme les touristes chinois. C’est pour eux un autre monde. On se demande d’où vient le repli. Il vient de cette exclusion.

 

Vous êtes l’un des premiers à avoir repris 
des classiques de la musique populaire algérienne, le châabi. Pourquoi avoir exhumé des chansons comme celle de Dahmane 
El Harrachi, Ya Rayah ?


Rachid Taha. C’est la volonté de transmettre une mémoire à mes enfants. Ces chansons, je les ai redécouvertes dans les bars, avec les Scopitone, quand j’habitais en Alsace. Les Scopitone, c’était très important pour les immigrés. Ces petits films n’étaient tournés qu’en France, mais tout le monde pensait qu’ils étaient tournés au bled. C’est Mme Boyer qui les produisait. L’histoire se poursuit puisque c’est son petit-fils qui a fait le clip de la chanson Ya Rayah.

 

Quels sont vos projets artistiques, 
en ce moment ?


Rachid Taha. J’ai créé un groupe avec Rodolphe Burger. On l’a baptisé Couscous Clan. Au départ, c’était pour rire, maintenant on fait des tournées, en reprenant des standards du rock.

 

En concert, à l’occasion du festival Origines contrôlées, le 29 novembre à 20 heures, au Bikini, à Toulouse. Réservation : www.taktikollectif.org


Working class hero. Au début des années 1980, Rachid Taha déboule sur 
la scène rock française tel un ovni. Avec quatre copains, il fonde Carte de séjour et chante du rock… en arabe ! Fils de prolo, prolo lui-même, il se tourne naturellement vers le rock pour chanter ses rêves et sa colère. Agitateur, inclassable, incontrôlable, imprévisible, 
il est là où on ne l’attend pas, maniant l’humour 
et la dérision avec élégance. En 1986, il sort de l’oubli 
une vieille chanson de Trénet. Douce France devient l’hymne de tous les mômes de banlieue et d’ailleurs, 
de tous les damnés d’une France qui a du mal à accepter 
les enfants issus de l’immigration. Deux ans auparavant, le FN franchissait la barre symbolique des 10 % aux élections européennes. Sale temps sur le pays. En 1998, Rachid Taha remet le chaâbi au goût du jour et, 
cet été-là, toute la France danse sur Ya Rayah, 
d’El Harrachi. En 2004 sort le formidable album Tékitoi avec la reprise des Clash Rock el Casbah. Taha sillonne les routes et les studios du monde entier. Ces derniers temps, il vient de créer, avec Rodolphe Burger, Couscous Clan, un groupe où, ensemble, ils s’amusent comme 
des fous à jouer des reprises de standards du rock.

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26 novembre 2013 2 26 /11 /novembre /2013 12:41

Je propose l'écriture citoyenne d'une grande loi de justice fiscale
Conférence de presse mercredi 27 novembre à 14h au Sénat

Le premier ministre a entamé ses consultations en promettant une « remise à plat » et une « réforme » du système fiscal. Pour une grande réforme fiscale, nous disons chiche ! Mais avec un vrai débat, d’autres objectifs que ceux jusqu'ici annoncés et une toute autre méthode.

La méthode Ayrault sent, en effet, déjà l'embrouille. Les consultations risquent de servir de rideau de fumée pour des conclusions déjà prêtes et toutes écrites sous la dictée du Médef et de la Commission européenne. Ainsi en va t-il de la fusion IR CSG et du prélèvement à la source, qui ne vise qu'à effacer la distinction entre impôt et financement de la sécurité sociale, pour accélérer le désengagement des entreprises du financement des cotisations sociales et leur transfert vers l'impôt des salariés.

Les deux questions qui doivent être au centre d'une réforme fiscale de gauche sont la reconstruction d'un impôt plus juste et d'une réelle contribution du capital, aujourd'hui très largement exonéré de tout impôt.

C'est pour que ce débat essentiel ne soit pas volé aux Français, que j'ai proposé hier une autre méthode que celle du gouvernement Ayrault : l'écriture citoyenne et transparente d'une grande loi de justice fiscale.

Avec les parlementaires de nos deux groupes, à l'Assemblée nationale et au Sénat, je propose d'ouvrir, dans tout le pays, des ateliers législatifs et la construction, avec toutes les forces qui le voudront, d’États généraux pour la justice fiscale au printemps. C'est là que, nous écrirons le projet de loi que nous porterons au Parlement.

Je serai présent, dans cet esprit, à la Conférence de presse, mercredi 27 novembre, à 14h00, organisée par les groupes parlementaires CRC et GDR avec Éliane Assassi, André Chassaigne, en présence de Dominique Adenot (ANECR).

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF.

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26 novembre 2013 2 26 /11 /novembre /2013 09:26

 

Palestine- visas pour la France : Quand l'absurde le dispute à l'indigne (PCF)

Empêchés de se rendre au Consulat général de Jérusalem par la présence d'un mur et de colonies israéliennes, illégaux l'un comme les autres, des milliers de Palestiniens de Cisjordanie se voient maintenant privés du droit d'obtenir un visa pour la France.

De nouvelles décisions européennes renforçant le contrôle de l'entrée dans l'espace Schengen, et imposées depuis le 14 novembre – veille de la visite officielle de François Hollande en Palestine,  obligent le Consulat de France de recueillir les empreintes digitales des demandeurs de visa avec un équipement qu'il n'a même pas en sa possession !

 

Il faut mettre un terme immédiatement à ces restrictions et prendre les dispositions nécessaires pour la poursuite de la délivrance des visas dans les conditions en vigueur jusqu'ici.
Les autorités françaises, François Hollande et le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, doivent faire entendre raison à l'Union européenne.

À la veille de la journée mondiale de solidarité avec la Palestine, le 29 novembre, et la venue attendue en France de Mahmoud Abbas, président palestinien, la France doit se montrer digne de l'amitié que lui porte le peuple palestinien et refuser d'appliquer cette mesure «technique» qui revient à exclure une fois de trop les Palestiniens d'un droit reconnu à tout citoyen de la planète.

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25 novembre 2013 1 25 /11 /novembre /2013 18:04

Israël propose son mur de séparation comme base des discussions

Israël a proposé que le tracé de la barrière de séparation en Cisjordanie serve de base aux discussions de paix et non les lignes d’avant 1967, comme le réclament les Palestiniens, rapportaient mardi les médias israéliens.

Les négociateurs israéliens ont proposé à leurs homologues palestiniens que cette barrière (dont le tracé se trouve à 85 % en Cisjordanie, isolant 9,4 % du territoire palestinien, Jérusalem-Est compris, selon l’ONU) serve de point de départ aux discussions, selon le quotidien Yediot Aharonot et la radio publique israélienne.

En outre, Israël veut conserver certaines colonies juives isolées de Cisjordanie - Beit El, Psagot et Nokdim -, selon les mêmes sources.

Interrogé, un porte-parole du premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou n’a pas confirmé ces informations, indiquant qu’il ne commentait pas les négociations en cours, sur lesquelles le secrétaire d’État américain, John Kerry, a imposé aux deux parties un black-out médiatique.

La question du statut de Jérusalem a également été abordée, croient savoir les médias israéliens. « Les détails ne sont pas clairs, mais lors d’une rencontre, une zone dans laquelle les deux parties seraient libres de circuler a été discutée », explique le Yediot, ajoutant qu’à la demande d’Israël, la plupart des réunions ont porté sur la sécurité.

Un haut responsable israélien a indiqué sous couvert de l’anonymat qu’Israël avait « dit clairement aux Palestiniens que Jérusalem resterait unifiée sous souveraineté israélienne ».

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25 novembre 2013 1 25 /11 /novembre /2013 15:39
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25 novembre 2013 1 25 /11 /novembre /2013 14:38

Politique - le 25 Novembre 2013

Fête de L'Humanité

Fête de l’Humanité Normandie: "Il faut une démonstration de force"

 

Rouen (Seine-Maritime), envoyé spécial. La Fête de l’Humanité Normandie a mis l’exigence d’une autre politique fiscale et industrielle à l’honneur, ce week-end. Rencontres avec les participants dans les allées.


Changer de cap gouvernemental, oui, mais comment faire ? La question occupait les esprits des participants à la Fête de l’Humanité Normandie qui s’est tenue, samedi et dimanche, au parc des expositions de Rouen, en Seine-Maritime. Concerts, spectacles, mais aussi débats politiques ont ponctué ces deux jours, inaugurés par le directeur de l’Humanité et député au Parlement européen, Patrick Le Hyaric. Comme l’ont décidé les communistes dans tout le pays, les militants sont engagés dans la campagne d’actions lancées par leur parti contre les licenciements et pour une autre politique fiscale. Pétitions en main devant chaque stand pour l’annulation de la hausse de la TVA prévue au 1er janvier, ils préparent la marche nationale du Front de gauche à Bercy, dimanche prochain. « Il faut faire une démonstration de force, puisque Hollande est sourd à la colère du pays. La réduction des budgets publics est une catastrophe dans mon métier », explique Catherine Dupont, éducatrice pour handicapés, qui vient de signer la pétition.

 

Partout, les participants à la Fête expriment leur colère contre un gouvernement qui tourne le dos à ceux qui l’ont élu. « La devanture est différente de celle de l’UMP, mais la marchandise est la même, se désole Charles, étudiant au Havre. Cette politique donne du crédit au discours du FN sur l’“UMPS”, l’idée que la droite et la gauche, c’est pareil. Cette confusion est dangereuse, comme on le voit avec la lutte dite des “bonnets rouges”. Il faut reprendre l’étendard de la lutte fiscale aux patrons, d’autant qu’on n’est pas du tout sur la même longueur d’onde. » « Ce n’est pas qu’une question d’impôt, corrige Delphine, inspectrice du travail. C’est toute l’autorité de l’État qui est mise en cause. Avec mes collègues, on nous demande de ne plus nous rendre seuls sur les chantiers car les intimidations des patrons se multiplient », témoigne-t-elle.

 

La question des choix économiques


Dans ce contexte, la « remise à plat » fiscale annoncée par Jean-Marc Ayrault suscite du scepticisme. « On va faire pression pour que les mesures aillent dans le sens de la justice fiscale car, pour l’instant, ce n’est pas le cas. Pas la peine d’essayer de nous faire une réforme à l’envers. Il faut prendre l’argent là où il est », souligne Alban Bruneau, secrétaire de la section communiste de Gonfreville-l’Orcher.

Plus globalement, c’est toute la question de l’utilisation de l’argent et des choix économiques qui est mise en cause. « La France a abandonné sa politique industrielle », estime Jean-Luc Bronté, secrétaire de la CGT de la raffinerie Petroplus, à Petit-Couronne, menacée de fermeture par Total. Le syndicaliste ne décolère pas devant la duplicité des responsables gouvernementaux, l’ancien député de Seine-Maritime Laurent Fabius en tête. « Il nous appelait ses “amis” avant la présidentielle et, aujourd’hui, son intransigeance torpille les projets de reprise par des investisseurs étrangers », enrage-t-il. « Même des militants PS confient leur écœurement. Les élus communistes, eux, ne nous ont jamais lâchés », poursuit-il, en prenant à témoin le député européen de la grande circonscription Nord-Ouest, Jacky Hénin, une fois de plus à ses côtés.

L’action des élus communistes est aussi montrée en exemple à Gonfreville-l’Orcher, dont le maire, Jean-Paul Lecoq, a fait voter une avance de trésorerie à une entreprise de Seine-Maritime, Isoplas. L’usine de 174 salariés tourne à plein et n’a pas de problème de rentabilité, mais la liquidation de son donneur d’ordres, Huis Clos, un fabricant de fenêtres, l’a mise provisoirement à sec. Avec son équipe, Jean-Paul Lecoq s’est aperçu qu’en dépit des milliards versés chaque année sans contrôle par les pouvoirs publics aux entreprises, aucun dispositif n’est prévu pour faire face à ce genre de menace. « Il y a un vide dans les procédures. Entre la liquidation et la reprise, aucune autre possibilité n’existe, explique l’élu. L’État nous a dit qu’il était prêt à jouer la banque, mais qu’il n’avait pas d’argent. On a mis le fonds à disposition pour un mois. » L’entreprise est désormais sortie de l’eau, mais le maire de Gonfreville s’étonne : « Personne n’a pensé à mettre un bouchon sur la coque pour empêcher que le navire ne coule. Pourtant, quand il s’est agi de sauver les banques, l’argent a été débloqué en trois jours, quand bien même l’Europe l’interdisait… » Pour Aurélien, fonctionnaire territorial, « cela montre que le système bancaire est complètement défaillant. À quoi sert la Banque publique d’investissement (BPI) créée par Hollande, si elle n’a pas d’argent pour les entreprises qui en ont besoin ? ».

 

«Une politique nationale qui mécontente les gens»


Pour Amar, opérateur chez Fralib en lutte depuis trois ans contre Unilever, et qui a fait le déplacement depuis Gémenos (Bouches-du-Rhône), « le gouvernement peut encore changer de cap ». Il appuie la campagne des communistes pour faire la vérité sur le coût du capital, convaincu qu’elle peut « rassembler les salariés ». « On ne lâchera pas sur notre volonté de rassembler, lui répond en écho Céline Brulin, secrétaire départementale du PCF. Quand se cumulent une politique nationale qui mécontente les gens et des ferments locaux de divisions à gauche jusqu’à l’intérieur de la famille socialiste, il faut chercher le rassemblement sur des propositions vraiment à gauche, il n’y a pas d’autres solutions. »

 

"S’engouffrer dans le débat". Les communistes vont lancer une campagne pour une « vraie loi de justice sociale », en invitant les salariés et les citoyens à « s’engouffrer dans le débat » afin d’obtenir « la réforme fiscale indispensable à une politique de relance », a déclaré, hier, le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, qui concluait la Fête de l’Humanité Normandie. Pour le dirigeant communiste, la remise à plat de la fiscalité annoncée par Jean-Marc Ayrault est un « aveu d’échec » de la politique mise en œuvre depuis un an et demi, tout comme l’est, à l’échelle de l’Europe, le document de la Commission européenne révélé par l’Humanité, mercredi, qui montre que « l’austérité nous emmène dans le mur », a-t-il poursuivi.

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BRUNO FORNACIARI

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