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22 janvier 2017 7 22 /01 /janvier /2017 13:47
 
Bruno Bonin,

je t’informe que nous avons fait une adhésion sur Airvault. Il s’agit de Claude C. Je te saurai gré de bien vouloir nous informer dès la réception de sa carte à la fédération. (il a rempli de formulaire d’un tract du PCF Thouarsais sur la Poste)
Par ailleurs, j’ai eu une conversation téléphonique avec Daniel R. (ex CNL 92) que tu connais et qui me fait part de son regret de n’être pas en possession de sa carte 2016 et il revendique celle de 2017, comme tous les communistes du département. Au passage, j’attends toujours la mienne et celle de Joël Grellier  et celle de Ernest Levindré. (je sais les complications que nous t’avons invité à plusieurs reprises à venir nous rencontrer pour les solutionner)

Autre question. J’ai vu que dans la liste des candidats intronisés par la « France Insoumise » figure la camarade Nathalie  Séguin Une clarification doit être faîte auprès des communistes du département. Un certain nombre d’entre eux, si j’en juge pas le résultat de la consultation du 26 novembre doit être « éclairé ».
Cette candidature, à ce jour n’est pas validée, pour l’heure,  par la direction du PCF, et en aucun cas, elle ne peut se prévaloir d’une investiture PCF.  Pour ma part, je plaide pour une lisibilité d’un rassemblement profitable à toutes les organisations qui soutiennent aujourd’hui la candidature à a présidentielle de JEAN-luc Mélenchon. Un tel rassemblement ne saurait faire l’impasse sur le PCF. Et c’est la raison pour laquelle, les communistes du Nord Deux-Sèvres de Thouars-Airvault_St-Varent optent pour un candidat communiste. C’et pourquoi aussi, nous souhaitons être invité aux débats organisés par la fédération dans ses instances.

Comme c’est ton droit de citoyen, tu as participé à un appel et une initiative de « communistes insoumis » quel euphémisme trompeur, à La Courneuve. Je suis en droit de te demander si les déplacements et les frais inhérents à cet engagement, ne sont pas supportés par les finances provenant  des cotisations des communistes, et donc des miennes et de ceux des communistes qui possèdent une carte confirmant, avec les statuts, leur qualité de communiste.
Tu le sais, je suis en désaccord avec l’orientation fédérale qui semble être majoritaire, mais constitue une déviance et une opposition à la politique définie par le dernier congrès et plus récemment par l’organisme,de direction confirmée par le vote majoritaire des communistes tout récemment.
Tu as moqué dans un précédent mail, mon indifférence au projet d’une réunion du comité fédéral à Thouars pour laquelle tu ne m’as pas précisément invité. Je serai ravi d’y participer le cas échéant. Tout comme à toute convocation des organismes régulier du parti auquel je sera convié.
Naturellement, je reste à ta disposition  pour toute autre information ou avis auxquels tu pourrais apporter intérêt.

Bien à toi

Bruno Fornaciari
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22 janvier 2017 7 22 /01 /janvier /2017 08:21

La France Insoumise a investi des candidats contre d'autres communistes sortants

Nicolas Maury

Une seconde liste de candidatures de la France Insoumise est tombée. De nouvelles circonscriptions sont concernées par la présence d'un binôme ou d'un candidat simple. Dans cette liste, la France insoumise a investi des candidats contre des députés communistes sortants et dans des circonscriptions où le PCF est en mesure de gagner

Après André Chassaigne dans la 5ème circonscription du Puy-de-Dôme et Nicolas Sansu dans la 2nde circonscription du Cher, la France insoumise vient de valider des candidature contre des députés communistes sortants : 

13ème circonscription des Bouches du Rhône 

Frédéric Grimaud (Ensemble! - Martigues) et Stella Apeddu (Parti de gauche - Saint Mitre les Remparts) ont été investi contre le député communiste sortant Gaby Charroux qui sera en duo avec Pierre Dharréville (titulaire). 

En 2012, Stella Apeddu était candidate dans la 15ème circonscription (Châteaurenard, Lambesc, Saint-Rémy-de-Provence ...). Frédéric Grimaud est conseiller municipal à Martigues dans la liste du Député-Maire PCF Gaby Charroux, il est très investi dans les questions de solidarité et à RESF. 

16ème circonscription du Nord 

Marina Dabonneville (Parti de gauche - titulaire) et Raphael Brice ont été investi dans la circonscription du député communiste Jean-Jacques Candelier (qui souhaite ne pas se représenter). Ici la France insoumise se place dans l'ambition de faire perdre le Parti communiste français dans cette circonscription historiquement communiste. 

Des candidatures de la France Insoumise aussi dans des circonscriptions gagnables pour le PCF 

La France insoumise a aussi désigné des candidatures dans des circonscriptions gagnables par le PCF (parce que perdue en 2012 dut fait de la vague PS) : 

- Dans la 14ème circonscription du Rhône (Vénissieux, Saint Priest ...), la France insoumise a investi des candidats. Benjamin Nivard et Najat Barthe seront en concurrence avec la communiste Michèle Picard, qui mène la bataille de la reconquête dans cette circonscription historiquement rouge (André Gerin étant le dernier député communiste). 

- Dans la 8ème circonscription de Seine Maritime (Le Havre, Gonfreville-l'Orcher ...), la France insoumise a nommé François Panchout et Johanna Castillo dans cette circonscription historiquement rouge où le PCF peut faire élire un député. Le communiste Jean-Paul Lecoq avait perdu cette circonscription en 2012 pour 83 voix. 

- Dans la 10ème circonscription du Val-de-Marne (Le Kremlin-Bicêtre, Gentilly Est, de Vitry-sur-Seine Nord, Ivry-sur-Seine), la France insoumise entend diviser et bloquer la reconquête de cette circonscription perdue par le PCF en 2012. La France insoumise a propulsé (pardon parachuté) Mathilde Panot (Parti de gauche de l'Essonne) et Mourad Taghzout (Parti de gauche) face à Pascal Savoldelli (PCF). 

De nouveaux parachutages de cadres du Parti de gauche 

Après Alexis Corbière dans la 7ème circonscription de Seine-Saint-Denis et Andréa Kotarac dans la 7ème circonscription du Rhône, c'est au tour d'Eric Coquerel (coordinateur du PG ) d'atterrir en Seine Saint Denis, dans la 1ère circonscription. 

Rappelons que ce parachutiste professionnel, habitant à Paris, c'est retrouvé en 2012 dans la deuxième circonscription de la Corrèze, et aux élections européennes de 2014 en France, il est deuxième de la liste du Front de gauche dans la circonscription Sud-Est. En 2015 il rentre à Paris pour les élections régionales (où il est élu Conseiller régional sur la liste d'union conduite par Claude Bartolone du PS). 

La 6ème République, tant vantée par Jean Luc Mélenchon, ressemble pas mal à la 5ème.
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21 janvier 2017 6 21 /01 /janvier /2017 08:01

La CGT-Cheminots appelle à la grève le 2 février et élit un nouveau secrétaire général

AVEC AFP
VENDREDI, 20 JANVIER, 2017
HUMANITE.FR
Photo Bertrand Langlois/AFP
Photo Bertrand Langlois/AFP

La CGT-Cheminots a élu vendredi un nouveau secrétaire général et appelle à la grève le 2 février, notamment contre le forfait jours.

Laurent Brun, un trentenaire venu de la région lyonnaise, Fils et petit-fils de cheminots, remplace Gilbert Garrel qui part en retraite après six années à la tête de la fédération CGT, première organisation syndicale à la SNCF. Il a été élu ce vendredi secrétaire général lors du congrès de la fédération qui se tenait depuis mardi à Saint-Malo.
Il prend la tête de la fédération centenaire, en plein bras de fer avec la direction de la SNCF sur le régime de travail des cadres, et après une année 2016 marquée par plus d'une vingtaine de jours de grèves, de mars à juin. A Saint-Malo, le nouveau secrétaire général a dénoncé les "dysfonctionnements du réseau ferroviaire" et le "sur-travail des maîtrises et des cadres" en appelant à revenir sur le forfait jours.
La question de ce nouveau régime pour les cadres de l'entreprise ferroviaire cristallise la contestation syndicale depuis plusieurs mois. En décembre, la direction a décidé d'imposer un forfait à la place du décompte horaire, en s'appuyant sur la convention de branche, faute d'accord avec les syndicats. Le consentement individuel des salariés est cependant requis.
Contre ce "passage en force", la CGT-Cheminots appelle à une grève "massive" le 2 février. Le syndicat, qui a déposé vendredi un préavis, entend également protester contre les suppressions de postes prévues en 2017 (-1.200) et "le gel des salaires depuis trois ans".
Le mouvement ne sera suivi ni par l'Unsa (2e), ni par Sud-Rail (3e), ont indiqué ces organisations qui avaient également eu recours à la procédure interne d'alarme sociale.
Laurent Brun, entré à la SNCF en 2000 comme agent d'exploitation, aura également sur son bureau les dossiers de l'ouverture à la concurrence et de la sous-traitance.
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A Saint-Varent dans les Deux-sèvres 7 postes serait supprimés.
 
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21 janvier 2017 6 21 /01 /janvier /2017 07:28

la ritournelle.

 

Il n’est pas rare, c’est une euphémisme, d’entendre sur toutes les antennes et sur tous les écrans, sans être contredits, « qu’il n’y a pas d’argent ». Et puis, « que l’on n’y peut pas grand-chose, avec ces multinationales (transnationales) sociétés anonymes dirigées par des conseils d’administrations sur sièges éjectables au bon vouloir des actionnaires (dont le bon peuple que nous sommes fait  partie puisque nous possédons des actions…)

 

Paradis fiscaux et richesses dénommés.

 

Page 40 de l’explosif livre des frères Bocquet (l’une est député et l’autre sénateur communiste) je lis que outre le Suisse, les paradis fiscaux se trouvent au « Luxembourg, iles Caraïbes, celles de Delaware, sur la côte Est des États-Unis, Singapour, hong-kong, les îles Marshall, le Vanuatu, l’îlot corallien Niue » sans oublier le Panama…papiers. Toujours page 40, l’on y apprends que’ « une étude Natixis a chiffré pour 2012 des avoirs européens, déclarés ou non, à 705 milliards d’euros et à 5 milliards leurs revenus annuels. Une étude américaine a estimé elle, le volume mondial de la gestion privée offshore à 7800 milliards de dollars à la fin 2010 dont 2100 en Suisse, soit 28 %. »

 

Des  noms sur ces milliards

 

« Dans le récent classement annuel des 300 plus grosses fortunes de Suisse publié en novembre 2014 par le magazine économique helvétique Bilan la première est

la famille fondateur d’IKÉA, Ingvar Kamprad avec 35 milliards d’euros 

Figurent aussi sur la liste 49 français soucieux de bénéficier d’un régime fiscal favorable. Le total de leurs patrimoines cumulés serait de l’ordre de 46 milliards d’euros

Dans la catégorie des fortunes les plus élevées, supérieures à 5 milliards de francs suisses (4,6 milliards d’€) figurent ainsi la famille Wertheimer (Chanel), les Castel (boissons et eaux minérales) Patrick Drahi (Numéricable-Sfr notamment).

Nous poursuivons en début de page 41 du livre « sans domicile fisc » le bien nommé: 

« Avec des « cagnottes »  plus modestes, entre 1,6 et 2,5 milliards d’euros, citons la famille Primat (Shlumberger), Benjamin de Rothschild (groupe financier Edmond de Rothschild), la famille Peugeot, (groupe PSA), la famille Lescure (SEB, Rowenta, Krups, Moulinex, Calor, etc;), ou encore la famille Bich (groupe Bic)

 

« elle est pas belle la vie » ? 

 

« La longue tradition suisse de discrétion, d’opacité est illustrée par le secret bancaire. »

 

C’est ce que s’attache à faire découvrir ce livre. Évasion, optimisation fiscale et fraude font perdre chaque année entre 60 et 100 milliards d’euros au budget de la France et plus de 1000 milliards en Europe.

 

 Les deux auteurs , rapporteurs de commissions d’enquêtes parlementaires sur le sujet, n’ont toujours pas été invités par les grand médias d’actualités, ni littéraires. allez savoir pourquoi ?

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19 janvier 2017 4 19 /01 /janvier /2017 11:51
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19 janvier 2017 4 19 /01 /janvier /2017 10:19

janvier 2017

"Cher Jean-Luc Mélenchon,
J'aurais 70 ans bientôt.
Pendant de nombreuses années j'ai été militant communiste.
J'ai commencé à travailler à 14 ans comme beaucoup de jeunes de ma génération.
Adhérent aux MJC dès l'âge de 14 ans, puis au PCF à 16, j'ai quitté le parti sous le secrétariat de Robert Hue.
Je suis resté très proche de mes camarades communistes avec qui je partage l'essentiel de l'analyse et tous leurs combats.
Autant dire que des luttes politiques, des campagnes électorales, des votes de raison (souvent à contre-cœur), j'en ai vécu quelques uns.
Fils de déporté-résistant, contrairement à vous, je n'ai jamais été admiratif de Mitterand et Jospin m' hérisse le poil encore aujourd'hui.
Malgré cela, dès mai 2016, j'ai soutenu votre candidature car elle me semblait la plus (et elle me semble toujours) rassembleuse et électoralement la plus efficace pour lutter contre les droites et les démagogues se réclamant de la gôôôôche.
En octobre-novembre, lorsque le PCF a eu à se prononcer sur ses choix pour la présidentielle, je n'ai pas voté bien entendu puisque je ne suis plus adhérent, mais j'ai pu, à leur invitation, m'exprimer devant mes camarades.
J'ai défendu l'option du nécessaire soutien à votre candidature. Vous connaissez le résultat du vote des communistes à ce sujet. Je ne fus qu'un petit maillon de la chaîne et j'en suis bien heureux.
Dans le corset de la V ème République, l'élection présidentielle et les élections législatives sont indissociables. (A noter que nous devons cette inversion « des normes » à l’inénarrable Jospin).
Indissociables, parce-que à quoi bon être président sans majorité forte pour atteindre les objectifs annoncés ?
Aujourd'hui je ne comprends pas votre attitude sectaire (je ne veux pas comprendre, cela serait trop désastreux) qui va à l'encontre de l'intérêt collectif et votre refus de négocier les candidatures de circonscription.
Au-delà de vos paroles rendant hommage aux communistes lors de vos différentes interventions, j'entends, je lis, ici et là de la part des Insoumis des propos anti-communiste indignes, même des plus incultes de vos recrues ceci est fort regrettable. 
Votre charte n'est valable que pour les Insoumis. Vous ne pouvez pas l'imposer à vos soutiens et partenaires .
Sauf à ne pas vouloir une majorité forte pour nous donner les moyens de nos engagements de campagne, vous ne pouvez pas continuer dans cette voie, au risque de perdre ce que nous avons eu tant de mal à construire.
Persister dans cette logique est suicidaire et la faute politique vous incombera.
Vous connaissez la discipline politique et l’honnêteté des communiste français. Ils ne trahissent pas, jamais. Mais se sont (nous sommes) des résistants dans l'âme et par conviction. Respectez nous.
A défaut, nos chemins divergeront et vous porterez le poids de la déception.
Au contraire, faisons en sorte de construire des candidatures fortes qui nous permettent de remporter le plus grand nombres de sièges possibles.
Bien fraternellement ,
Gil Boulanger."

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19 janvier 2017 4 19 /01 /janvier /2017 07:17
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Published by bruno fornaciari - dans EUROPE PCF-FRONT DE GAUCHE
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18 janvier 2017 3 18 /01 /janvier /2017 17:18

Hôpital Nord Deux-Sèvres : les personnels à bout, le CHSCT tire la sonnette d’alarme

La colère gronde et le malaise est palpable dans les hôpitaux du Nord Deux-Sèvres. La faute aux mesures d’économies lancées par l’État avec la baisse des crédits alloués à la santé – 3 milliards d’économies exigées et 22 000 postes supprimés en France -. Des économies qui ont des conséquences sur l’offre de soins et sur les conditions de travail des personnels. Manque d’effectifs, patients accueillis dans les couloirs en raison d’un manque de chambres, erreurs de traitement évitées de peu, sonnettes d’alerte en panne, agents qui enchaînent les services sans repos… La CGT juge la situation « alarmante » dans certains services des trois sites de l’hôpital Nord Deux-Sèvres (Lire notre article). « Nous sommes au bout : on ne peut plus faire davantage d’économies, sauf à les réaliser sur le dos du personnel et dégrader encore l’offre de soins. La dernière expertise du CHSCT est très claire à ce sujet » dénonce Philippe Cochard, Secrétaire adjoint du Syndicat CGT de l’Hôpital de Thouars.

Défense de l’offre de soins

Alors que l’Hôpital Nord Deux-Sèvres est en déficit depuis 1996, la direction a récemment demandé à un cabinet de conseil des préconisations pour un retour à l’équilibre financier. Parmi ces préconisations, on trouve la suppression d’une centaine de postes. « La direction a lancé la procédure au mois de janvier 2015. Depuis, 70 postes ont déjà été supprimés (non renouvellement de contrat, départs en retraite non remplacés, incitation au personnel à changer d’établissement…)Cela a forcément des conséquences sur la qualité de l’offre de soins et les conditions de travail des personnels » déplore Sabine Maud’hui, Secrétaire du syndicat CGT de l’Hôpital Nord Deux-Sèvres. A terme, la crainte est de voir 600 emplois sacrifiés dans la bataille du regroupement à Faye-l’Abbesse (regroupement de l’Hôpital de Thouars, Bressuire et Parthenay). Face aux 400 lits appelés à être supprimés en Poitou-Charentes, le syndicat rappelle que : « Les dépenses de santé représentent 11,65 % du PIB en France… contre 17,6 % aux États-Unis, où une grande partie de la population est exclue de l’accès aux soins. C’est donc bien d’un choix politique dont il s’agit ». 

L’alerte du CHSCT

Au mois de mars 2015, le CHSCT de l’Hôpital Nord Deux-Sèvres a constaté les premières conséquences de cette restructuration : forte sollicitation des personnels, risques psycho-sociaux, augmentation des arrêts de maladies, prises en charge dégradées des patients… « L’obsession d’un retour à l’équilibre financier a des conséquences graves. On va droit dans le mur » explique Philippe Cochard.

La CGT attend de la direction qu’elle prenne en compte les difficultés du personnel à faire fonctionner l’hôpital. « On ne dit pas qu’il faut remettre tous les emplois, mais certains doivent être remis, estime le syndicat. Pour la direction, les patients sont des bouts de viande et les agents sont des robots : ça ne peut plus durer. » La CGT qui a multiplié les mobilisations et sensibilisations des populations ces derniers mois (notamment le 25 juin dernier) prévient qu’elle « poursuivra le combat ».

 

Devenir des services publics en Poitou-Charentes : les agents de la fonction publique hospitalière sont inquiets

Avec l’entrée en vigueur de la nouvelle carte des régions prévue pour le 1er janvier 2016, l’inquiétude monte chez les salariés de la Fonction publique. À quelques semaines seulement de la validation définitive de la répartition des compétences entre l’Etat et les collectivités territoriales, les agents publics redoutent l’impact de cette réorganisation territoriale. Réduction des effectifs ? Localisation géographique des services ? Centralisation des services à Bordeaux ? Mobilité ? A ce jour, de nombreuses questions restent encore en suspens, comme l’ont notamment rappelé des syndicats CGT de la région à la Ministre de la Décentralisation et de la Fonction publiques en déplacement à Poitiers, le 12 février dernier. Parallèlement, depuis le 28 février, un document confidentiel du gouvernement fait grand bruit. Il révèle que la ministre de la Santé, Marisol Touraine, a arrêté début février la répartition d’un plan d’économies de 10 milliards d’euros dans le secteur de la santé, dont 3 milliards d’euros pour les hôpitaux d’ici à 2017. Ce document explique aux hôpitaux comment gérer leurs dépenses, parfois au détriment de la qualité des soins. Loin de calmer les inquiétudes, cette nouvelle inquiète un peu plus encore les personnels hospitaliers. Parmi eux, Patrick Gaudin, agent de la Fonction publique hospitalière. Secrétaire à la vie syndicale de l’Union Syndicale Santé de Charente-Maritime et mandaté du Comité Régional CGT à l’ARS de Poitou-Charentes, il nous explique pourquoi les agents sont inquiets à la fois pour la qualité de l’offre de soin à venir et leurs conditions de travail.

C.R. : En quelques années, les fonctions publiques ont fait l’objet de diverses réformes. Peux-tu évoquer avec nous leur impact sur le système de santé ?

P.G. : Dans le cas de la Fonction publique hospitalière, on pense notamment à la loi dite de « Tarification à l’activité » (2007) et à la loi Hôpital Patient Santé Territoire (2009). La loi de Tarification à l’activité constitue un nouveau mode de financement des établissements de santé, qu’ils soient publics ou privés. La logique de moyens a cédé la place à une logique de résultats : ce sont désormais les recettes issues des activités hospitalières qui déterminent les dépenses et non l’inverse. Dans un même temps, on a enlevé aux hôpitaux et donné aux cliniques privées tous les actes de chirurgie qui rapportent. De nombreux blocs opératoires et des services entiers de chirurgie ont été fermés dans le secteur public. On offre aux établissements privés lucratifs toutes les spécialités rémunératrices et rentables, et on laisse au secteur public les activités médicales qui le sont peu, voire pas, et qui pourtant mériteraient d’être valorisées (médecine interne, gériatrie, etc.). Une vraie hérésie ! La CGT a toujours demandé le retrait de cette loi qui est anti sociale. En quelques années, les hôpitaux se sont endettés pour pouvoir fonctionner. Les hôpitaux prennent de très gros risques avec certains emprunts. Certains ont été empoisonnés par les emprunts « toxiques » de la banque Dexia, il y a quelques années. Désormais, il y a le problème de la flambée de la monnaie helvète qui fait que les taux d’emprunts en franc suisse de certains hôpitaux français ont bondi de près de 30%. Certains hôpitaux ayant eu recours à ces emprunts sont dans une situation catastrophique (Saint-Etienne, Rodez, Dijon, Toulon…). À Royan, et plus globalement dans les hôpitaux du Poitou-Charentes, nous nous en sommes pas trop mal sortis. Mais même sans ces emprunts à risques, le système T2A met tout le monde à plat, puisque la logique est celle de la réalisation d’économies à tout-va. Réduction du personnel, CDD non renouvelés, de plus en plus de renégociation des RTT, remise en cause du statut (CDI en lieu et place de la titularisation), etc. Avec les révélations autour d’un plan opérationnel confidentiel sur trois ans, distribué le mois dernier aux directeurs des ARS, ce sont 860 millions d’euros d’économies sur la masse salariale pour la période 2015 – 2017 qui sont envisagés. Il n’y a plus de doutes à avoir : la variable d’ajustement est bien devenue le personnel.

« (…) Difficile dans ces conditions de mener une vraie mission de service public. »

Concernant la loi Hôpital Patient Santé Territoire (HPST) du 23 juillet 2009, celle ci a entraîné un changement de fonction des conseils d’administration des centres hospitaliers. Devenus conseils de surveillances, ces instances habituellement précisées par le maire de la commune où est implanté le centre hospitalier, n’ont plus aucun pouvoir décisionnaire et n’émet qu’un avis. Ce sont dorénavant les directeurs de chaque l’établissement qui ont tous les pouvoirs. Ils suivent une ligne politique donnée par l’Agence Régionale de Santé (Ministère de la Santé). Les hôpitaux sont soumis aux contraintes budgétaires liées d’une part aux déficits structurels dus à la T2A et d’autre part aux mesures d’économie imposées par le gouvernement (3 milliards d’euros pour les hôpitaux publics dans le cadre du pacte de responsabilité). De plus, les directions des établissements ont tout intérêt à suivre les préconisations des ARS pour arriver à l’équilibre budgétaire, car à la fin de l’année, l’ARS peut ou non compenser le déficit par une enveloppe supplémentaire. Dans cette logique d’économies à outrance, les « bons élèves » seront les mieux notés et les mieux servis. Les conséquences de ces politiques touchent directement les personnels, mais aussi les usagers. Désormais on doit vivre avec ce qu’on nous donne et nous adapter tout en ayant perdu ce qui rapportait. Difficile dans ces conditions de mener une vraie mission de service public.

C.R. : Quel est impact sur le quotidien des agents publics ?

P.G. : A ce jour, en terme d’effectifs, dans les hôpitaux du département, nous ne notons pas de diminution dans le paramédical (infirmier-e, aide-soignant-e…). Sauf que dans un même temps, à effectif constant, il y a eu une forte augmentation de l’activité dans quasi tous les services de soins, en raison du vieillissement de la population et de l’augmentation des pathologies chroniques (NDLR : c’est ce qui explique la légère hausse des dépenses de santé chaque année). Et comme les effectifs n’ont pas augmenté, cela correspond à une diminution du personnel. Les agents subissent donc une surcharge et intensification de travail qui génèrent de la souffrance au travail, notamment avec l’explosion des problèmes de santé et l’augmentation des risques psycho-sociaux.

« Le personnel souffre de cette abondance de travail supplémentaire. Cela a forcément un impact sur la qualité des soins. »

Cela a forcément un impact sur la qualité des soins. Et si les besoins en personnels ne sont pas résolus, c’est précisément à cause de l’équilibre budgétaire imposé par la loi T2A. Et c’est sans compter l’impact à venir des déficits enregistrés. À Royan, nous enregistrons un déficit de plus d’un million d’euros, ce qui va nécessairement entraîner, à terme, des diminutions de personnel. C’est vrai aussi pour d’autres hôpitaux du département. En ce qui concerne les groupements hospitaliers de territoire, qui vont être multipliés par la loi Santé de Marie Touraine, le risque est la mutualisation des personnels avec la mobilité qui va derrière, ainsi que l’accroissement de l’attente pour recevoir des soins, faute de lits, de personnels et de médecin en nombre suffisant.

C.R. : Désormais, que risque de provoquer la réorganisation territoriale à venir, en terme de fonctionnement des centres hospitaliers, maternités,… ?

P.G. : Les inquiétudes sont là, parce qu’on ne sait pas réellement ce qui va être fait. La tendance générale est au regroupement de spécialités dans des gros centres hospitaliers et à la disparition de maternité, petits blocs opératoires, etc. La nouvelle structuration régionale, avec la métropole bordelaise nous fait penser que nombre de spécialités vont être regroupées là bas, vers le fameux Pôle Hospitalier régional, pour poursuivre la tendance de ces dernières années. Concrètement, ils devraient commencer à fusionner des petits établissements départementaux autour de gros établissements.

« A quelle sauce allons-nous être mangés ? »

Il n’est pas difficile de s’imaginer quel impact cela risque d’avoir sur la qualité de l’offre de soin, en regardant où nous ont mené les dernières réformes. La fermetures des maternités, dans certains territoires, forcent déjà les populations à parcourir de nombreux kilomètres pour rallier un établissement. C’est une sorte de prélude. Un habitant du nord de la Vienne qui aura besoin d’aller à Bordeaux pour une chirurgie spécifique devra donc parcourir plusieurs centaines de kilomètres. Il serait plus simple de maintenir les services existants. Evidemment, au-delà, il est difficile de conjecturer plus dans la mesure où là encore, nous n’avons pas de visibilité sur les projets du gouvernement. C’est là tout le problème et la source première d’inquiétude. A quelle sauce allons-nous réellement être mangés ?

C.R. : Un document confidentiel portant sur un nouveau plan d’économie de 3 milliards d’euros dans les hôpitaux a fuité il y a quelques jours. Distribué aux directeurs des Agences régionales de santé, il prévoit des économies drastiques, des coupes dans les effectifs, et accroît la centralisation. Une raison de plus de s’inquiéter… 

P.G. : Effectivement. C’est un plan opérationnel sur trois ans, distribué le mois dernier aux directeurs des ARS, avec mention explicite : «diffusion restreinte». C’est un document qui aurait été débattu avec la ministre de la Santé, Marisol Touraine. Décliné en 69 pages, il comporte une succession de tableaux et d’indicateurs de performance, avec un seul objectif : 10 milliards d’économie à l’horizon 2017. Et, dans ce lot, la part des restrictions pour l’hôpital tourne autour de 3 milliards d’euros… Le document prévoit 860 millions d’euros d’économies sur la masse salariale pour la période 2015 – 2017, soit l’équivalent de 22 000 postes et 2 % des effectifs de la fonction publique hospitalière. Par ailleurs, il prévoit notamment « la mutualisation des achats des hôpitaux et l’obtention de meilleurs tarifs auprès des fournisseurs » qui devraient dégager 1,2 milliard d’euros, ou encore « des rapprochements entre hôpitaux voisins (NDLR : les Groupes Hospitaliers de Territoire) qui devraient permettre quelque 450 millions d’euros d’économie ».  On en revient à la logique de fusion en marche et qui devrait donc s’accentuer, au détriment de la qualité des soins…

Combien d’ARS pour une « super » région ? • P.G. : Le 12 février, la Ministre de la Décentralisation et de la Fonction publique s’est exprimée sur le devenir des ARS. Elle nous a dit qu’au regard de la grandeur de la future super région, il était hors de question de faire disparaître les ARS actuelles. C’est une « super » ARS qui sera installée à la métropole bordelaise. Pourquoi avoir fait cette grande région si c’est pour maintenir des structures des anciennes régions ? Nous nous questionnons : si l’objectif est de réaliser des économies, sur quoi vont-ils jouer pour les réaliser ? Sur les personnels ? Les ARS garderont-elles le même nombre d’agents ? Autre interrogation : les ARS des anciennes régions seront-elles là pour mettre en pratique les décisions prises à l’ARS de métropole, ou auront-elles une autonomie sur le territoire de leur ancienne région ? C’est le flou le plus complet. Nous imaginons mal comment des économies vont pouvoir être réalisées dans ces conditions.

Et le syndicalisme de proximité dans tout ça ?

P.G. : Avec les fusions d’établissements, la capacité à aller à la rencontre des salariés, porter les revendications, change complètement. La représentation syndicale s’éloigne, au détriment des salariés… Ces fusions entraînent la disparition des instances représentatives (CTE, CHSCT, Conseil de surveillance), de chaque petit établissement, avec la centralisation de ces dernières vers un plus gros établissement. Ainsi, l’EHPAD de Saint-Martin-De-Ré et de Marlonge ont fusionné avec le centre hospitalier de La Rochelle et se retrouvent dépourvus d’instances. Idem pour les heures de décharges syndicales qui tombent dans un pot-commun et se voient dramatiquement amputées. Pour exemple, en Charente-Maritime, le syndicat CGT d’un petit établissement bénéficiait de 700 heures de décharge syndicale avant fusion. Aujourd’hui, il se retrouve tout au plus avec 140 heures par an. Dans les Deux-Sèvres, il sont en train de regrouper dans l’Hôpital Nord Deux-Sèvres, trois établissements, distants de 40 kilomètres chacun. Avec des instances représentatives aussi éloignées des établissements, les revendications des personnels vont être diluées. Cela implique aussi moins de capacité pour aller à la rencontre des salariés. La nécessaire proximité syndicale pour porter les revendications va en prendre un coup.

 

« A terme, on peut craindre que les syndicats des petits établissement soient voués à disparaître faute de moyens. »

A terme, on peut craindre que les syndicats des petits établissement soient voués à disparaître faute de moyens et de proximité. Et ce n’est pas la future loi Santé de la Ministre de la Santé qui va arranger les choses. Interrogée sur ce point le 12 février dernier, Mme Lebranchu ne s’est pas exprimée sur le sujet. A l’Hôpital de Saint-Jean D’Angely (680 agents), ils sont parvenus à garder une identité juridique propre, leurs propres instances. C’est exceptionnel compte-tenu de la taille de l’établissement et des difficultés de financement rencontrés depuis la mise en place de la T2A (en déficit de 5 millions d’euros en 2014). Si cet hôpital a réussi à maintenir blocs opératoires et maternité, c’est grâce à la mobilisation des population et des syndicats pour garder un service public de proximité. En fédérant les luttes en interne, aidés par leur maire et d’autres élus, afin de maintenir leurs blocs opératoires et garder leur maternité., les agents ont obtenu gain de cause. En main dernier, ils ont rassemblé plus de 1500 personnes. Saint-Jean D’Angély est l’établissement hospitalier où il y a le plus fort taux de syndicalisation en Charente-Maritime (120 syndiqués). Cette forte syndicalisation est un éléments déterminant pour la réussite d’une telle lutte. Une démonstration de plus qu’un bras de fer et une mobilisations réussis passent nécessairement par une forte syndicalisation.

C.R. : Merci pour toutes ces précisions Patrick. 

P.G. : De rien, à bientôt.

Protection sociale : la CGT Santé / Action sociale pose 5 exigences • – Le retrait de l’actuel cadre législatif et l’adoption d’un nouveau – Faire des dépenses de santé une priorité – Articuler les différents niveaux de prise en charge, non les mettre en concurrence – Sortir du « tout paiement à l’acte » – Réinscrire notre système sanitaire, médico-social et social dans la réponse à l’ensemble des besoins

 et 12 propositions • – Inscrire la démocratie au coeur des territoires – Redéfinir un grand service public de la santé et de l’action sociale – Des financement et rémunérations contractualisés sur la base d’objectifs de santé publique – Développer la formation des professionnels – Un contrôle public et indépendant des médicaments – Réintroduire les instances délibérantes dans nos hôpitaux – Soutenir les établissements surendettés et les sortir des établissements bancaires – Revoir la santé au travail et scolaire en lui donnant plus de poids et moyens – Moduler les cotisations sociales en faveur des entreprises qui créent de l’emploi – Remettre en cause des exonérations de cotisation patronales – Création d’une contribution assise sur les revenus fiscaux des entreprises – Soumission à cotisation sociale dans le cadre du droit commun des revenus issus de l’intéressement et de la participation, et des PEE. A cela s’ajoute l’exigence de la suppression de la taxe sur les salaires, de la TVA que peut récupérer le secteur marchand. 

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18 janvier 2017 3 18 /01 /janvier /2017 09:11

Lors de ses vœux, Pierre Laurent présente La France en commun

Le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, a lancé lundi l'entrée en campagne des communistes pour la présidentielle et les législatives de 2017, en présentant leur programme, proche mais différent de celui du candidat que le parti soutient, Jean-Luc Mélenchon.

 

Pierre Laurent a évoqué son souhait d'un "rassemblement le plus loin possible" à gauche. (Sipa Press)

La France en commun, brochure de 72 pages à 2 euros, distribuée à l'occasion des voeux de Pierre Laurent lundi soir, ressemble fort à L'Avenir en commun, le programme de Jean-Luc Mélenchon, candidat de La France insoumise pour la présidentielle. Tous deux inspirés de L'Humain d'abord, le programme commun de 2012, ils ont notamment en commun la sortie de l'Otan, l'abrogation de la loi Travail ou encore le Smic à 1.700 euros.

Mais La France en commun est, selon Pierre Laurent, une manière, "seuls contre tous s'il le faut, [de mener] à égalité d'importance élection présidentielle et élections législatives". C'est "le pacte que nous proposons aux Français pour une nouvelle majorité parlementaire", a lancé lundi soir le secrétaire national communiste.

Quid des investitures aux législatives?

A plusieurs reprises, Pierre Laurent a évoqué, dans son discours, son souhait d'un "rassemblement le plus loin possible" à gauche, qu'il a tenté en vain de concrétiser pendant toute l'année 2016. Il s'agit de "déjouer" les candidatures de François Fillon, Marine Le Pen et Emmanuel Macron, une "machine à confisquer le débat pour que la France reste coûte que coûte dans les rails du libéralisme", a-t-il expliqué.

«Le PCF n'a aucune chance de se mettre au service exclusif d'une ambition personnelle»

Se félicitant du choix des militants fin novembre de soutenir Jean-Luc Mélenchon plutôt que de présenter un candidat communiste, Pierre Laurent a vanté la "maturité", "l'honnêteté" et "l'intelligence collective" de son parti. Mais il a aussi rappelé que le PCF n'avait "aucune chance de se mettre au service exclusif d'une ambition personnelle". "C'est une campagne de terrain que nous lançons, en déployant dans le concret notre conception de l'union et notre savoir-faire du rassemblement", a-t-il prévenu, annonçant une "grande initiative de lancement conjoint des campagnes présidentielle et législatives le 28 janvier, place de la République", à Paris.


 

Le PCF doit décider samedi ses premières investitures pour les législatives. Depuis six semaines que la décision de soutien à Jean-Luc Mélenchon a été prise, les équipes communiste et de La France insoumise ne se sont pas encore revues pour négocier les modalités de candidatures communes aux législatives.

mardi 10 janvier 2017

 
 
  

 

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18 janvier 2017 3 18 /01 /janvier /2017 07:43

Les questions posées alors trouvent leur actualité et nous aurions tord de ne pas les remettre sur la table d'une réflexion absolument nécessaire. Chacun peut observer dans son activité militante  les espoirs et les impasses qui se côtoient. Souvent l'indigence de notre pensée qui semble être figée sur le passé nous rend spectateur d'une histoire qui se déroule sans et nous que nous et que nous repoussons même.

Contradictoires, ou schizophréniques nous sommes ? Partir, rester ? Deux solutions impossibles. Souffrances surtout.

 

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Ces refondateurs qui tournent la page du PCF

JEUDI, 10 JUIN, 2010
L'HUMANITÉ

Après des années de fidélité, leur aventure avec l’organisation s’achève dans un divorce «sans colère ni larmes». Jacqueline Fraysse, Roger Martelli, Lucien Sève et Pierre Zarka expliquent les raisons de leur départ.

Jacqueline Fraysse, Roger Martelli, Lucien Sève et Pierre Zarka. Quatre personnalités différentes qui ont joué un rôle de premier plan dans le Parti communiste français, certains dans ses hautes instances. Quatre militants qui, après des décennies de fidélité, le quittent en 2010. Un traumatisme pour eux et pour l’organisation communiste. Comment l’expliquer ?

Jacqueline Fraysse exprimait depuis quinze ans des désaccords sur la conception du rassemblement de son parti. Premier déclic : en 1995, maire de Nanterre, elle initie une démarche participative avec, notamment, les Cahiers pour la ville qui ont rencontré un « succès fou ». Elle a la désagréable surprise de constater « l’hostilité du Parti qui y a vu une concurrence déloyale à son égard » en ne mettant pas l’étiquette PCF dans cette initiative municipale. « Je persistais à penser qu’il fallait faire large, ce qui n’empêchait nullement le Parti d’être dans ce rassemblement. La réticence du PCF m’a perturbée, sans comprendre cette attitude… »

Les doutes de Pierre Zarka naissent en 1992, alors qu’il intègre la direction de l’Humanité. « Pendant longtemps, pour moi, le communisme et le Parti communiste étaient synonymes. Je comprends très vite que le journal ne peut pas être le bulletin interne du Parti. Qu’il faut l’ouvrir à toutes les expériences de transformation sociale, à égalité avec le PCF. Ma première tension avec la direction du PCF a commencé sur la conception du journal. »

C’est d’abord le déclin électoral du PCF qui éveille nombre d’interrogations. Georges Marchais n’obtient que 15,35 % (4,457 millions de voix) à la présidentielle de 1981. Aux européennes de 1984, le score baisse à 11,24 %, soit 2,261 millions de voix. « C’est un décrochage important qui montre que nous n’avions pas la politique qui convient », commente Lucien Sève.

Mais le philosophe, Jacqueline Fraysse, Roger Martelli et Pierre Zarka situent leur point de non-retour à la présidentielle de 2007. Deux ans auparavant, la gauche de la gauche rassemblée s’était senti pousser des ailes après la victoire du « non » au référendum sur le traité de constitution européenne, avant de sombrer dans le désamour. La LCR et le PCF présentent chacun leur candidat au scrutin présidentiel. Les comités antilibéraux à l’origine, parmi d’autres, du résultat référendaire se disloquent. « Je maintiens que la dynamique a été cassée par le Parti, accuse Jacqueline Fraysse, c’est impardonnable de la part d’un parti révolutionnaire, pour recueillir au final 1,93 % des voix. » Cette femme médecin, qui n’a jamais cessé d’exercer, avait adhéré au PCF l’année de son bac. « J’ai vu là jusqu’où le Parti pouvait aller pour imposer sa candidate contre vents et marées. C’est là que je l’ai quitté, je ne l’ai pas fait publiquement. Je ne m’imaginais pas jusqu’à quel point il était capable de faire passer au second plan l’intérêt du mouvement populaire par rapport à sa structure. » Rappelons que Marie-George Buffet avait été élue par 81 % (41 533 voix, contre 9 683) des suffrages communistes exprimés lors de la consultation interne en vue de l’élection.

L’année 2007 laisse de profondes traces pour Jacqueline Fraysse comme pour les trois autres personnalités connues et reconnues. Elle les a marqués au point de tirer un trait définitif sur cette formation à laquelle ils ont consacré une bonne part de leur vie. « C’est une faute politique grossière. Elle a conduit à la ruine un parti qui en principe est l’outil dont on a besoin pour une transformation sociale et humaine d’une importance et d’une urgence capitales », dit Lucien Sève. Ces désaccords ont, en fait, des causes plus profondes, plus anciennes. « À la question élémentaire d’expliquer comment le Parti est tombé à 1,93 %, la direction n’a jamais apporté d’arguments de fond. Le PCF a cessé de s’interroger sur son histoire », ajoute le philosophe. Il prend sa carte en 1950, en pleine guerre froide et quitte ce parti, « qui aura été le mien durant soixante ans, ayant perdu tout espoir en sa capacité interne de transformation ». Professeur agrégé, Lucien Sève enseigne la philo, notamment à Marseille, où il croise… le lycéen Roger Martelli. Les deux hommes se rapprocheront plus tard et seront élus au Comité central, devenu ensuite Conseil national. Le jeune Martelli date son entrée « au communisme » du 13 mai 1968, adhère au PCF en 1969. « J’avais, à l’époque, l’image d’un parti fruste. Mais le livre de Lucien Sève, Marxisme et théorie de la personnalité, m’a émerveillé. J’étais rassuré, je pouvais être communiste intellectuel sans honte ni gêne. »

L’épisode de 2007 constitue pour Roger Martelli un véritable choc : « La candidature du Parti révèle qu’à force de s’appauvrir, de reculer, il a perdu son sens du réel. J’ai eu un sentiment d’échec profond. Je m’étais battu pendant des années pour ce rassemblement antilibéral. Il y avait une opportunité extraordinaire, on pouvait bousculer la donne politique à gauche. » L’historien déclare être arrivé au bout du chemin quand même « les moins de 2 % des voix ne provoquent rien dans le congrès qui suit. C’est un congrès de routine, alors qu’on attend un électrochoc, une révolution. On se prépare même à une direction plus resserrée au nom de l’idée que ça a été trop le bordel et qu’il faut un parti efficace et donc une direction qui soit capable de parler d’une seule voix ». Roger Martelli est « écarté » du Conseil national, ainsi que Pierre Zarka, qui se définit volontiers comme « un pur produit de l’appareil » : « On voulait bien du rassemblement, dit-il, à condition que le PCF en soit l’axe principal. Être un parmi d’autres, il ne l’accepte pas. Un réflexe d’autodéfense anime sa structure contre ce qu’elle considère comme une agression, une remise en cause de son rôle dirigeant. La matrice du Parti nous rattrape à chaque fois qu’il y a des avancées. Car le PCF considère que son identité est remise en cause. Au fond, en dépit des discours, il refuse de ne plus être le parti-guide. »

L’entrée en contestation de Lucien Sève et de Roger Martelli peut être située en 1984. Cette année-là, l’historien écrit dans l’hebdomadaire Révolution que la chute électorale du PCF exprime « la fin d’une longue phase, l’inadaptation de toute une démarche face aux conditions nouvelles de la société française ». Au même moment, Lucien Sève s’explique devant le Comité central sur le sujet : « J’avançais à tâtons. Je savais qu’il y avait un problème théorique stratégique fondamental que l’on ne maîtrisait pas. Et qu’il fallait mettre à l’ordre du jour quelque chose comme une refondation historique du Parti. » Le philosophe s’engage dans la voie refondatrice.

Vive émotion dans le Parti. « Des camarades, y compris membres du Comité central, commencent à ruer dans les brancards. Ça bouillonne. Georges Marchais réagit mal et estime qu’il s’agit là d’une agitation d’opportunisme bourgeois. C’est le verrouillage », raconte Lucien Sève. Roger Martelli se souvient : « Au Comité central, il y avait, à mon sens, une majorité possible pour ne pas valider l’analyse officielle de la direction. Or, pour la première fois, elle décide de ne pas faire voter le rapport, craignant un camouflet. » Pendant ce temps, Pierre Zarka reste « dans la ligne ». Il devient, en 1985, adjoint de Charles Fiterman au secrétariat national à la communication. Jacqueline Fraysse suit de très loin ce qui se joue au Comité central. Après le trouble et la fronde manifestés au Comité central, « l’ordre est de retour », affirme Roger Martelli. « Du jour au lendemain », lui-même et d’autres membres du groupe d’historiens engagés dans l’Institut de recherches marxistes cessent d’être invités dans les écoles de formation du PCF pour assurer des cours. « On disait que l’on y enseignait depuis trop longtemps le doute, alors qu’il fallait des certitudes », raconte l’historien.

Mais ni lui ni Lucien Sève ne suivent la dissidence des rénovateurs, conduits par Pierre Juquin, qui s’ouvre en 1984. Deux ans plus tard, cette mouvance disparaît. « Elle est battue et, comme toute minorité, soumise à une pression telle que la plupart de ses militants sont partis », estime Roger Martelli. Les reconstructeurs, parmi eux Félix Damette, Claude Poperen, Marcel Rigout, prennent le relais des rénovateurs. Ils échouent et s’en vont. Là encore, Lucien Sève et Roger Martelli n’emboîtent pas leurs pas. « Entre 1984 et 1989, on pensait qu’il fallait respecter la règle que celui qui parle de l’intérieur est voué à la marginalisation et contraint au départ », commente ce dernier. L’effondrement du système soviétique offre l’opportunité aux deux intellectuels d’entrer ouvertement dans la contestation. « Il rendait urgente la refondation sans laquelle le communisme politique était mort », dit Roger Martelli. Lui-même et Lucien Sève cessent donc « la critique larvée » quand Charles Fiterman, hospitalisé, adresse un courrier au Comité central dans lequel il appelle à « un électrochoc à l’intérieur du Parti et à sa rénovation », raconte l’historien. « J’ai été atterré par l’attitude de la direction à son égard, confie-t-il. Et à ma grande honte, je n’ai pas osé intervenir. Dans cette structure, quand tu parlais, tu signais ton arrêt de mort politique. » Mais au Comité central suivant, Roger Martelli se rachète et soutient la démarche de Charles Fiterman. Tout comme Lucien Sève, Jack Ralite, Anicet Le Pors, Roland Favaro ou encore Jean-Michel Catala. Près d’une dizaine de membres du Comité central s’engagent ainsi avec les refondateurs. Certains d’entre eux rendent leur carte, Roger Martelli et Lucien Sève continuent leur combat minoritaire durant une vingtaine d’années, rejoints plus tard par Pierre Zarka et plusieurs autres membres de l’actuel Conseil national. Lucien Sève fait remonter l’origine de ce bouillonnement à 1976, quand, à son 22e Congrès, « le PCF abandonne la dictature du prolétariat sans réfléchir fondamentalement à une stratégie de substitution ni à une nouvelle forme d’organisation ». Depuis, selon lui, la formation communiste n’a toujours pas résolu les questions : « Dès 1976, j’affirme que le Parti souffre d’une carence de pensée théorique. Il s’agit là de bien autre chose qu’une prétendue querelle d’intellos à la direction ; c’est la question capitale du travail de connaissance et de pensée sur les drames inépuisés du siècle dernier, les menaces sans pareilles qui s’annoncent en celui-ci, et en même temps les possibles de tous ordres qui s’esquissent pour un dépassement du capitalisme. »

Abandonnant la dictature du prolétariat et, plus tard, le centralisme démocratique, le Parti communiste s’est retrouvé, selon nos interlocuteurs, dans un vide tel qu’il se raccroche à la seule défense de l’appareil. « La manière par laquelle la direction du Parti refuse toute interrogation sur la matrice désigne l’impasse dans laquelle elle nous entraîne », argumente Pierre Zarka. Lui, comme Jacqueline Fraysse, insiste sur « l’erreur » du PCF de ne s’inscrire dans la société que par le seul biais des partis institués. Selon Pierre Zarka, « c’est à l’aune du rapport des forces, particulièrement avec le PS, qu’il croit mesurer les aspirations des gens. Plus il s’engage sur cette voie et plus il se coupe des attentes réelles. Et plus il s’en coupe, plus il réduit son univers aux seuls espaces institutionnels ». Tous reprochent à la formation communiste de rythmer son activité sur les seules échéances électorales, au risque de se confondre avec les partis électoralistes. Quitter le Parti auquel on a appartenu depuis tant d’années n’est pas aisé. « Il a été pour moi une école de formation politique et humaine. Passer soixante ans en son sein, c’est un engagement majeur, total. Je sais abstraitement que je l’ai quitté, mais je ne l’ai pas complètement intériorisé », confie Lucien Sève. « Je m’en vais à bout de confiance », ajoute-t-il. « Quarante ans d’engagement, c’est un engagement de vie, c’est douloureux », murmure Roger Martelli. « C’est difficile parce que c’est mon histoire, C’est aussi difficile sur le plan politique car je suis députée », souffle Jacqueline Fraysse. « Comme tous les outils, lorsqu’ils se révèlent inadéquats, sans colère ni larmes, on en change », dit pudiquement Pierre Zarka. Déçus mais ni amers ni rancuniers, affirment-ils, ils ont rendu leur carte, rejoignant ainsi la multitude d’autres membres du PCF partis sans faire de vagues. Paradoxalement, ils font ce choix alors qu’une nouvelle perspective, le Front de gauche, est née. Ils quittent le PCF tout en restant profondément communistes. C’est un départ collectif « irrévocable », en dépit de l’appel de Pierre Laurent, le coordinateur national du PCF, les incitant à y rester et à s’inclure dans le débat du congrès, les 18, 19 et 20 juin.

Mina Kaci

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