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27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 10:37

Cadre hospitalier, un sacerdoce qui tourne au cauchemar

Le management hospitalier se transforme dans un contexte de restrictions budgétaires. Alors qu’on demande aux cadres des hôpitaux de faire plus et plus vite, une grande partie de leur travail ne repose plus sur l’activité soignante mais sur des compétences liées à l’encadrement.

Métro, boulot, dodo. Depuis un an et demi, Dominique fait fonction de cadre de santé aux urgences d’un hôpital de la banlieue parisienne. Chargée d’encadrer le personnel paramédical (infirmières et aides-soignantes), cette quadragénaire dynamique se retrouve entre deux eaux. Obligée de demander un « maximum » à son équipe tout en essayant de la préserver pour que le service reste « productif ». Le mot est lâché. Elle en sourit, de lassitude, car il va à l’encontre de ses principes, de sa déontologie. Mais Dominique a été tout bonnement happée par le système. Ses journées font rarement moins de dix heures, alors qu’elles ne devraient pas dépasser les sept heures et demie.

Son quotidien ? Trouver des lits pour faire entrer les malades et du personnel pour effectuer le travail. Il ne s’agit plus seulement de faire ou de superviser des plannings mais de trouver au pied levé une infirmière, un brancardier, une aide-soignante pour faire tourner le service malgré tout, en raison du manque de personnel permanent. Sans compter les évaluations et tous les petits tracas du quotidien. « On est constamment sous pression », lâche Dominique, qui passe d’une tâche à l’autre pour assurer du lien et maintenir de la cohérence. Du coup, « tout le monde est épuisé, à commencer par moi », reconnaît la responsable, qui constate que « c’est une fonction assez lourde, qui attire de moins en moins. C’est un poste où l’on se met en danger, car on doit prendre de lourdes responsabilités, explique-t-elle. Et c’est justement ce que nos responsables ne mesurent pas. »

De nombreuses études corroborent ce témoignage et mettent en évidence un paradoxe : les cadres hospitaliers sont aux prises avec les conséquences managériales des restructurations et des impératifs de retour aux équilibres financiers. Combien de cadres de santé ont été mis en diffi­culté par la direction ­devant leur équipe pour avoir ­dénoncé le nouveau projet de soins ou avoir simplement voulu respecter leur déontologie ? Et c’est compter sans l’explosion des « faisant fonction », qui atteignent jusqu’à 60 % dans certains grands centres hospitaliers, avec toutes les pressions qu’ils peuvent subir…

Les exigences de la nouvelle orga­nisation hospitalière conduisent à la transformation du cadre expert en cadre manager, ce qui provoque certains dégâts parmi l’encadrement dans nombre d’établissements. ­Devant ces difficultés, certains cadres utilisent la menace ou la contrainte pour amener les salariés à revenir sur leurs repos, leurs congés, à changer leur planning, avec tout le poids de la culpabilité intériorisée. Les références aux valeurs humanistes de soins qui s’appuient sur la relation engagée auprès du patient sont évacuées au profit de l’augmentation de la place du médicament, de la technicité protocolaire, de la gestion du personnel devenu interchangeable. Les cadres se retrouvent pris entre le marteau et l’enclume, l’application des outils de gestion du personnel s’oppose aux valeurs desquelles découlent les outils de soins.

« Depuis au moins 2005, entre la mise en place des pôles et de la tarification à l’activité et l’application de la loi hôpital, patients, santé, territoires, le métier de cadre a subi de profondes mutations », témoigne Graziella Raso, de l’Ugict-CGT (cadre CGT), faisant allusion à une l’annonce faite par l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), en juin dernier, de réduire de 189 à 128 le nombre de pôles. Ce qui, dans les faits, signifie une soixantaine de postes de cadres soignants supprimés, et autant de postes de cadres administratifs. « C’est une nouvelle attaque contre l’encadrement », analyse Graziella Raso.

Et pour cause. Si leur métier a été valorisé comme partenaire du corps médical, les cadres soignants se retrou­vent aujourd’hui contraints de s’adapter à des orientations dont la logique est essentiellement économique. Leurs mots d’ordre sont devenus « efficience », « management », « responsabilité », « résultats »… Farouchement opposée à la notion de « cadre manager », l’Ugict-CGT s’indigne de l’alignement de la fonction publi­que sur le privé, auquel n’échappe pas l’hôpital. « Désormais, nous avons des évaluations au mérite, avec des primes de résultats qui peuvent représenter jusqu’à 30 % de la rémunération. Pour l’instant, cela s’applique aux catégories A, mais cela va rapidement s’étendre à tout le monde », prévient Graziella Raso. Avec la rapidité à laquelle leur métier a évolué, les cadres de l’AP-HP ont fini par vivre un « profond malaise ». « On casse les services, on étend les tâches des cadres, on éclate les horaires… Tout cela crée un stress énorme. Ces conditions de travail ont même poussé certains cadres à des tentatives de suicide », déplore Graziella Raso, qui, à la CGT, milite pour que « les cadres soient rattachés à la filière métier ». Au final, toutes ces mutations ont surtout fait fuir les cadres. Et de fait, de plus en plus de « faisant fonction » occupent les postes et « s’exposent aux responsabilités sans avoir de compensation », regrette la militante.

De la souffrance, de l’isolement… Ce constat de grande insatisfaction au travail grandit et se voit largement partagé dans tous les secteurs hospitaliers. Un récent baromètre Ifop pour Acteurs publics, publié en mai dernier, montre que, parmi tous les cadres de la fonction publique, ceux du secteur hospitalier voient leurs conditions de travail en noir. Les cadres des hôpitaux sont de loin ceux qui ont la plus sombre opinion de l’effet des réformes sur leur environnement. 94 % d’entre eux pensent que les récentes réformes ont détérioré leurs conditions de travail. Et 70 % estiment que ces mêmes réformes ont dégradé la qualité des services rendus aux usagers.

Repères. Le travail des cadres de santé contribue à éviter les dysfonctionnements, à donner du sens aux différentes actions menées. Car il consiste à créer du lien entre les équipes de soins et les malades, mettant de la cohérence entre les actions éclatées. Cadre de santé est une profession qui souffre d’un manque d’attraction criant aujourd’hui du fait, notamment, des responsabilités de plus en plus grandes inhérentes à cette tâche et souvent difficilement mesurées par les responsables. C’est une fonction assez lourde qui attire de moins en moins. Jusqu’à 60 % de la profession est assumée par des « faisant fonction », c’est-à-dire des infirmier(e)s n’ayant pas le diplôme mais exerçant les fonctions de cadr

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Published by bruno fornaciari - dans SANTE
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27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 09:48
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27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 07:52

Boues rouges. Claude Jorda réagit

Suite à la décision de Ségolène Royal de faire suspendre sine die l’enquête publique concernant les rejets de l’entreprise Altéo de Gardanne, le Conseiller départemental (PCF) du canton de Gardanne tient à rappeler un certain nombre de points.

« Le premier c’est qu’il est plus que temps que l’on cesse d’opposer production industrielle et environnement. Nous avons besoin d’alumine produite en France, nous avons un devoir impératif de préserver l’environnement et notamment la Méditerranée. Sacrifier l’emploi ou l’environnement, cette alternative est absurde et mortifère. Le deuxième est qu’il faut que chacun ait dans cette affaire une attitude responsable : l’entreprise Altéo qui est prévenue depuis plus de 10 ans de la fin des rejets en mer a eu le temps de prendre des mesures pour répondre à cette exigence et ne peut s’étonner que la décision devienne exécutoire. Les défenseurs de l’environnement ne peuvent pas faire comme s’ils n’avaient pas été associés puisqu’il y a plus de 20 ans un comité de suivi scientifique avait été mis en place, sous la responsabilité du Préfet de l’époque, dont les travaux leur étaient régulièrement communiqués. Des dizaines d’études ont été menées par des structures indépendantes, elles doivent être confrontées et servir de point d’appui pour les mesures à prendre. Il y a donc urgence à mettre cartes sur table comme je l’ai fait moi-même en décembre dernier, en invitant tous les partenaires concernés à travailler ensemble à une solution satisfaisante pour tous. Je reste disponible pour continuer avec tous ceux qui en ont la volonté à travailler dans cette perspective. »

Alteo : Pour une production respectueuse de notre environnement

Jusqu'en 2015, l’usine Alteo, installée à Gardanne (Bouches du- Rhône) depuis 1893 et première productrice d’alumine technique au monde, a rejeté des "boues rouges" dans la mer Méditerranée. Si les boues sont désormais stockées, des eaux chargées sont toujours déversées dans la Méditerranée.

Des voix s’élèvent pour dénoncer l’existence de l’usine et de ses rejets en demandant la fermeture du site. Le maintien de cette activité est possible. Pour cela la voie la plus respectueuse de la santé et de l’environnement consiste à exiger des actionnaires d’Alteo qu’ils investissent, d’une part, dans l’entretien et la modernisation de l’usine et, d’autre part, dans la recherche pour développer des procédés techniques innovants pour la mise en œuvre au plus vite d’une dépollution des eaux en toute transparence et sous le contrôle des personnes concernées : salariés, élus, populations, associations …

Nous ne donnons pas carte blanche aux industriels pour polluer ni ici ni ailleurs ! Aux délocalisations économiques ne doivent pas s’ajouter les délocalisations écologiques.

  • Nous exigeons d’Altéo les investissements nécessaires à une production pleinement respectueuse de notre environnement.
  • Nous exigeons de l’Etat un engagement sans faille dans cette transition écologique et la création d’une commission de contrôle citoyenne.

Cette pétition sera remise à:

  • Ministre de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Energie

    Ségolène Royal
  • Premier ministre

    Manuel Valls
  • Ministre de l'Economie et des Finances

    Michel Sapin
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Published by bruno fornaciari - dans ECOLOGIE
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27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 07:15

Blog de Christian Christian Picquet

NUL, A GAUCHE, NE POURRA DIRE QU'IL NE SAVAIT PAS...
vendredi 23 septembre 2016,

Depuis l’ouverture de ce blog, voici plus de sept ans, j’ai délibérément choisi de l’utiliser prioritairement pour partager des arguments et des réflexions sur les questions fondamentales posées à la société française autant qu’à la gauche. Loin, donc, des tentations de l’immédiateté, de l’approximation, de l’appauvrissement des échanges, du rabougrissement du débat qui auront généralement accompagné l’essor des « réseaux sociaux ». Je n’ai que rarement dérogé à cette règle. Mais j’éprouve à présent trop d’inquiétudes devant ce dont nous sommes menacés, pour ne pas vous livrer ce pur coup de colère.

Tout récemment, mon ami Pierre Laurent se demandait si la gauche française n’était pas devenue, à l’instar de la droite d'antan, « la plus bête du monde ». De fait, tandis que de notre côté s’affiche le désarroi devant ce que nous lègue un quinquennat à bout de souffle, à moins que l’on ne se complaise à l’instar de quelques-uns dans la laudation de son bilan calamiteux, l’adversaire dessine sans contradicteur la contre-révolution politique et sociale qu’il appelle de ses vœux. Ne nous y trompons pas : si la direction des « Républicains » se révèle profondément divisée sur la stratégie apte à lui permettre de revenir aux affaires pour longtemps, les divers prétendants à sa « primaire » n’en partagent pas moins la commune volonté de faire basculer la France dans un modèle de société qui achèvera de détruire le « pacte » sur lequel la République s’était vue reconstruire par la Résistance.

Amputation de cent milliards, voire bien davantage, de la dépense publique ; nouvel allongement de l’âge du départ à la retraite ; accélération du démantèlement des protections collectives contenues dans le code du travail, jusqu’à la suppression (pour certains) de toute durée légale du travail ; volonté concomitante d’amenuiser les pouvoirs, déjà fort rognés, du mouvement syndical ; plafonnement de l’ensemble des allocations sociales et dégressivité accentuée des indemnités chômage ; abrogation du tiers-payant généralisé ; « choc fiscal » au profit des entreprises, couplé à la suppression éminemment symbolique de l’impôt sur la fortune ; hausse de trois points au moins de la TVA ; redéfinition des missions de l’État et remise en cause simultanée du statut de la fonction publique : les ultralibéraux n’ont pas tort d’évoquer une « thérapie de choc », au bénéfice du capital s’entend. Demain, la « présidence des riches », le gouvernement des financiers et des rentiers, si rien ne vient s’opposer à son retour, sera de nouveau tout-puissant…

Et ce n’est là qu’une (petite) dimension de ce qui nous est promis si le parti de la revanche l’emporte. Entre ceux qui, au nom des « économies » à réaliser, appellent à étrangler la démocratie locale en trucidant notamment l’échelon départemental… Ceux qui veulent gouverner par ordonnances dès les premières semaines de la nouvelle mandature, afin de frapper de stupeur les citoyens et de les empêcher de résister… Ceux qui, se lançant à la reconquête des électeurs du Front national, préconisent la substitution du droit du sang à l’actuel droit du sol, comme fondement de l’acquisition de la nationalité… Ceux qui considèrent désormais que la Constitution, c’est-à-dire le texte sanctuarisant l’État de droit, s’avère un obstacle au déploiement des prérogatives régaliennes de la puissance publique et qui, prétextant du terrorisme, imaginent l’ouverture d’un Guantanamo à la française où l’on internerait administrativement quiconque figurerait dans le fameux fichier « s »… Ceux pour qui l’identité française se trouverait minée par la présence, sur le sol national, de quelques millions de personnes de culture ou de confession musulmanes, et qui alignent dans ce cadre les propositions d’interdictions légales (du voile à l’université, du « burkini », du salafisme etc.)… Ceux qui, entraînés par leurs comportements de voyous et n’hésitant pas à flirter avec l’ethnicisme pour mieux épouser la radicalisation d’un large pan de leur base, vont jusqu’à enjoindre une France aux origines mélangées de ne plus se reconnaître que les Gaulois pour ancêtres… Ceux qui, indifférents à la souffrance de centaines de milliers d’hommes et de femmes fuyant les guerres et les dictatures, appellent les élus locaux à refuser de les accueillir un peu partout sur le territoire, bafouant du même coup ce que le pays avait ratifié en 1948 dans la Déclaration universelle de droits… La patrie de Voltaire, de Rousseau, de Condorcet, de Hugo ou de Jaurès affronte le vent mauvais d’un néopétainisme.

Personne ne pourra, dès lors, prétendre n’avoir pas su ce qu’il adviendra si la gauche est éliminée du second tour de la présidentielle et si, par l’effet mécanique du fonctionnement des institutions, elle ne subsiste qu’à un niveau résiduel dans l’Assemblée nationale élue quelques semaines plus tard. Il n’en est que plus atterrant que chacun fasse comme si tel n’était pas l’enjeu primordial de la confrontation qui s’amorce. François Hollande, rejeté par le pays et le peuple de gauche, donc incapable de rassembler le camp progressiste et de l’emmener au succès face aux « Républicains » et au Front national, dès lors qu’il s’emploie à installer l’idée qu’il peut, a minima, représenter un moindre mal face au séisme qui se prépare. La gauche du Parti socialiste et les écologistes, empêtrés dans des divisions et des querelles incompréhensibles du plus grand nombre, lorsqu’ils privilégient la participation à des « primaires » confuses, qui leur interdit de contribuer au rassemblement des énergies disponibles autour d’une candidature unique porteuse d’une perspective d’alternative. Jean-Luc Mélenchon, engagé dans une course en solitaire l’ayant amené à tourner unilatéralement la page du Front de gauche, puisqu’il refuse tout partenariat avec d’autres composantes de la gauche, les socialistes anti-austérité entre autres, au nom de l’objectif qu’il a fait sien et qui consiste à simplement devancer, sur son seul nom, François Hollande dans les urnes.

Quelles que puissent être les raisons invoquées, ces postures ne font pas que préparer une terrible débâcle. Elles concourent, involontairement bien sûr, mais cela ne change rien à leur inconséquence, à la « trumpisation » de notre débat public. Pour me montrer plus précis, elles laissent s’opérer la victoire idéologique de ce bloc droitier qui voit maintenant converger de larges secteurs du camp adverse, autour de thématiques dont beaucoup ont été initialement portées par le parti lepéniste. Verra-t-on demain des éditorialistes hexagonaux contraints d’admettre qu’il n’y a plus personne pour s’opposer à cette poussée réactionnaire qui vise à remodeler de fond en comble notre pays ? Nous ne sommes, au fond, pas très éloignés de la situation des États-Unis, qu’un chroniqueur du Monde dépeignait, le 20 septembre, en relevant qu’il ne se trouve plus grand monde là-bas pour « contredire » un Donald Trump derrière lequel renaît l’« Alternative Right », inspirée de « l’extrême droite identitaire européenne » et du mouvement « suprématiste blanc américain raciste »…

Devant de semblables périls, il est néanmoins permis d’espérer que l’intelligence collective finira par se frayer un chemin. Une lueur d’espoir se rallumerait, sans le moindre doute, si toutes celles et tous ceux qui se sentent concernés par l’indispensable affirmation d’une alternative de gauche consentaient, déjà, à vérifier ensemble qu’existent les bases d’un programme à même de sortir la gauche de sa décrépitude présente et de la remettre en mouvement. Un programme ne visant pas simplement à témoigner, mais à gagner une majorité dans le pays. C’est-à-dire les quelques axes, entrant en cohérence, d’une plate-forme correspondant aux attentes d’un peuple qui fait une overdose des régressions qu’on lui a imposées...

À la différence des concurrences illisibles encouragées par des « primaires » incertaines, redeviendrait ainsi possible la convergence, à la présidentielle autant qu’aux législatives suivantes, des forces vives de notre camp. À en croire tous les sondages, celles-ci aspirent, pour la plus grande partie d’entre elles, à une politique retrouvant les fondamentaux de la gauche. Un second tour résumé au face-à-face entre une droite chauffée à blanc et une extrême droite dont les idées gangrènent insidieusement les consciences, n’est par conséquent en rien un scénario inéluctable. Il suffirait, pour faire mentir ces sombres pronostics, que se lève, très au-delà des partis, une force citoyenne bien décidée à rebattre les cartes. On me dira que je rêve, qu’il est trop tard pour conjurer le pire, que je demeure un utopiste invétéré. Je sais pourtant, d’expérience, que « là où est la volonté, il y a un chemin »...

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Published by bruno fornaciari - dans PCF ACTUALITES
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27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 03:54

2017 : rien n'est joué ! Interview de Pierre Laurent

Le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent a lancé un appel à la Fête de l’Humanité. Devant le scénario de l’échec que prépare la multiplication des déclarations de candidature, il appelle à construire un rassemblement capable de créer un nouvel élan à gauche pour empêcher de nouveaux désastres et faire de 2017 une victoire populaire.

À LA VEILLE DE L’ANNÉE 2017, VOUS VOILÀ AU PIED DU MUR...

PIERRE LAURENT : C’est vrai. Le pays a besoin de changements urgents. On le voit avec éclat chez Alstom où les actionnaires continuent de faire la loi contre l’intérêt du pays. La finance a toujours trop de pouvoirs et la démocratie est malade. Le bal des prétendants pour l’élection présidentielle est déconnecté de ces urgences. Un bel avenir pour la France est possible si on récupère les richesses qui nous sont confisquées et le pouvoir de décider. Et pourtant le pire risque d’advenir. Le piège qu’on nous tend pour 2017 est dangereux pour la France.

QUELS SONT CES DANGERS ?

PIERRE LAURENT : Le gouvernement Hollande a discrédité la politique en trahissant les électeurs de 2012. La colère est grande et le FN est en embuscade. Marine Le Pen n’a même plus besoin de parler, la droite et le gouvernement se chargent de lui faire une campagne sur mesure. Mais qui est Marine Le Pen ? Marine Le Pen c’est l’outrance de Donald Trump, l’ultralibéralisme de la britannique Theresa May, et le racisme de l’extrême droite autrichienne réunis. Les Républicains s’entre déchirent le temps d’une primaire, mais seront bientôt en ordre de bataille pour mener à terme leur projet de destruction du modèle social français. Quant à Emmanuel Macron, le renard du MEDEF lâché dans le poulailler socialiste, l’homme qui fait du neuf avec du vieux et du vieux avec du neuf, il est là pour tirer encore à droite un échiquier politique qui n’a vraiment pas besoin de ça.

ET PENDANT CE TEMPS-LÀ, VOUS ESTIMEZ QUE LA GAUCHE DE PROGRÈS CONTINUE DE FAIRE TOURNER À PLEIN LA MACHINE À PERDRE...

PIERRE LAURENT : Oui et c’est fou, même irresponsable. Bien sûr que François Hollande ne peut pas rassembler la gauche. Mais pour construire une alternative forte, les candidatures ne doivent pas se multiplier à gauche mais converger. C’est ce que souhaite le pays. Au printemps, mobilisé contre la loi Travail, résistant aux divisions et aux haines, il a montré qu’il existe une majorité sociale de progrès : il est de notre devoir de la transformer en majorité politique. Divisés nous perdrons, unis nous pouvons sérieusement envisager de lever une majorité de gouvernement. Et c’est pourquoi j’appelle à travailler jusqu’au bout à un pacte d’engagements communs.

MAIS N’EST-IL PAS TROP TARD ?

PIERRE LAURENT : Non, il ne sera jamais trop tard. Notre feuille de route est simple et notre calendrier fixé. Nous menons dans le pays une grande consultation citoyenne à laquelle des dizaines de milliers de personnes ont déjà répondu. J’invite à la remplir massivement. Aujourd’hui qui se préoccupe vraiment de la voix du peuple ? Qui ? Si ce n’est les communistes ? C’est pourtant ce qui peut être notre force pour débloquer la situation.

À l’issue de ce mois de consultation, nous ferons la démonstration qu’il existe une majorité populaire pour une vraie politique de gauche, ce que j’ai appelé le pacte d’engagement commun qui pourrait unir les forces aujourd’hui dispersées. Nous n’entendons pas déserter le débat politique et présidentiel. Bien au contraire. Nous ferons nos choix en novembre. Nous ferons ce choix en responsabilité et quelle que soit notre décision nous ferons entendre la voix du Parti communiste pour le présent, mais surtout pour l’avenir. Et nous allons pousser au bout, nous allons nous donner le temps pour donner toutes ses chances à la possibilité d’une candidature unique de la gauche qui ne veut plus de François Hollande.

VOUS PARLER DE RASSEMBLER, MAIS SUR QUELLES BASES CELA VOUS PARAÎT-IL POSSIBLE ?

PIERRE LAURENT : Nous pouvons être raccord sur l’essentiel :

sur la sortie de l’austérité,

sur la relance des services publics, des investissements productifs et écologiques,

sur la sécurisation de l’emploi en priorité pour la jeunesse,

sur la lutte contre la finance, sur la refonte de l’Europe,

sur la VIe République...

C’est une bonne base de départ non ? Il faut arrêter de faire le pari fou qu’un seul individu, aussi talentueux soit-il, sera en mesure de capter à lui seul sans dynamique unitaire l’a aissement de François Hollande.

Divisés, nous risquons de n’avoir que nos yeux pour pleurer. Une autre voie est possible. Rien ne se fera sans un engagement massif des citoyens dans le débat présidentiel. Allez-y, devenez acteurs, intervenez, mobilisez-vous, organisez-vous, devenez incontournables ! Vous êtes les seuls à pouvoir nous sortir du scénario infernal. Sans vous rien ne se fera. Et rien n’est encore joué. Tout peut encore changer, être bouleversé pour peu qu’on s’y investisse. Prenons nos rêves au sérieux ! Croyons en nous ! Notre force est superbe. Nous sommes le nombre, nous sommes le peuple, nous sommes les 99% !

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Que demande le peuple ? La Grande consultation citoyenne continue

C’est une enquête menée par le PCF avec l’accompagnement de l’Institut ViaVoice pour faire entendre dans le débat politique la réponse à cette question centrale que demande le peuple ? - Les communistes sont déjà allés à la rencontre de près de 200 000 personnes. Plus de 40 000 d’entre elles ont rempli le questionnaire. Nous nous donnons jusqu’au 8 octobre pour permettre la plus large participation possible.

Le 8 octobre aura lieu la présentation des résultats et de nombreux moments de restitution de la parole recueillie pour engager le débat politique sur les bonnes bases.

Participez en contactant les militants communistes de votre territoire ou sur

www.lagrandeconsultationcitoyenne.org

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Published by bruno fornaciari
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26 septembre 2016 1 26 /09 /septembre /2016 13:31
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26 septembre 2016 1 26 /09 /septembre /2016 12:12

26 SEPTEMBRE 2016

l' intervention de André Chassaigne au Conseil national du Parti Communiste du 24 septembre 2016

J'ai d'abord fait le constat du large rejet populaire du spectacle lamentable de la politique politicienne et du bal des égos. A l'opposé, ce sont les problèmes du quotidien qui doivent être la priorité : enjeux industriels, devenir de notre agriculture, coups portés à nos services publics, difficultés à vivre... les questions ne manquent pas ! Mais je pense que l'idéologie ne suffit pas. Il faut l'accompagner dans les faits, concrètement, d'une nouvelle pratique politique dans un rapport direct avec la population.

Concernant notre stratégie pour les élections présidentielles, la question centrale est celle de son effet pour ouvrir de réelles perspectives. Il faut donc en mesurer les conséquences :

- A court terme pour favoriser l'élection de députés communistes et progressistes.

- A plus long terme pour reconstruire dans la durée une gauche de transformation sociale.

Force est de constater qu’aujourd’hui, en l’état, la candidature de Jean-Luc Mélenchon ne répond pas à ces deux objectifs.

Quant à notre appel au rassemblement, si bien porté par Pierre Laurent, il ne faut rien lâcher. Il a été très largement apprécié. Cet acte fort doit être amplifié au regard de la gravité de la situation. Nous sommes en effet confrontés à un enjeu historique d'importance : empêcher la victoire de la droite extrême et de l'extrême droite avec le désastre social qui en suivrait. Dans ce contexte, notre responsabilité est immense.

Prenons donc des initiatives populaires de grande envergure pour porter le plus haut possible cette question centrale du rassemblement de la gauche antilibérale, en particulier par une adresse solennelle à la population. Il nous faut aussi avoir un échange avec Jean-Luc Mélenchon, bien évidemment, et avec les autres candidats antilibéraux et progressistes, sur les objectifs à partager. Notre ligne de conduite doit être sans ambigüité et continuer à porter la volonté de concrétiser ce rassemblement autour d'une candidature la plus large possible.

Cet objectif n’est pas en contradiction avec la proposition émise par plusieurs intervenants de mettre sur les rails une candidature initiée par le Parti communiste pour porter, avec encore plus de force, cette volonté de rassemblement. Placer dans le paysage politique une telle candidature serait en effet un levier important pour dynamiser et populariser notre appel à rassembler les forces antilibérales. Encore faut-il lever la tête, croire en nos forces et faire preuve de détermination.

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je suis sur la même ligne depuis plusieurs mois

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Published by bruno fornaciari
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25 septembre 2016 7 25 /09 /septembre /2016 12:05

2 h · Luzay ·

Des camarades réagissent parfois sur des posts ou des réactions que je publie ou partage. Elles ont(mes réactions) des intérêts et de l'importance différents. Aussi je suis surpris et donc je m'interroge, que très peu de commentaires, de protestations ou de soutiens, me soient adressées, concernant le refus de la fédération des Deux-Sèvres, (qui se range derrière Mélenchon) refuse de remettre la carte 2016 à 3 camarades qui la réclament à corps et à cris. Les FB qui lisent mes posts le savent aussi, la direction du parti a été interpellée plusieurs fois depuis 3 ans, jusqu"au plus haut niveau du parti, et ce, personnellement, et le déni démocratique continue. Comme si notre direction nationale était incapable de faire appliquer, par une direction fédérale, les plus élémentaires droits de ceux qui veulent agir avec et au sein du PCF. Avec les 2 autres camarades concernés, nous avons fait plusieurs tentatives d'alertes, nous avons reçu des promesses d'interventions, mais hélas, aux oubliettes. A force, à force, nous allons nous lasser. Nous qui croyions que le PCF voulait se renforcer, qu'il était accueillant, que nous étions invités à l'investir, quelle désillusion ! J'ai publié une photo des presque 50 cartes du parti depuis 1966, avec le commentaire : impossible d'obtenir la carte 2016, c'est fort, non ?

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5Gilbert Leconte et 4 autres personnes

Lila Adelina Segal Fatigant.....

Je n’aime plus · Répondre · 1 · 2 h

Jean-Robert Franco Incroyable! Qui plus est de la part d'une fédération qui ne respecte pas les décisions du CN.

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Aurore Mathe Qui ? Toi ?

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Bruno Fornaciari oui

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Aurore Mathe Bruno Fornaciari Ben quand on s'est vus à la Fête ...

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Bruno Fornaciari j'étais déjà exclu par ma FD

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Votre réponse...

Alain Hochart Toi qui n est pas un perdreau de l annee tu devrais savoir comment on fabrique dans le parti une majorite
C est cequi fait que nous ne soyons plus en phase avec le peuple

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Published by bruno fornaciari - dans PCF 79
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25 septembre 2016 7 25 /09 /septembre /2016 07:50

Rassembler pour sortir du piège présidentiel

Mon intervention lors du Conseil National du PCF de samedi 24 septembre 2016

Le conseil national doit marquer une étape décisive dans la mise en œuvre de nos décisions de congrès d’une part et la préparation de la conférence nationale du 5 novembre.

Il existe, et nous l’avons rencontré à la fête une prise de conscience qui émerge parmi les électrices et électeurs de gauche que pour résumer : « parti comme c’est, nous allons tout droit à une catastrophe démocratique » : l’élimination de la gauche du second tour de la présidentielle, la victoire de la droite, et l’installation dans l’hémicycle de nombreux députés d’extrême droite.

Cette prise de conscience grandira au fil des semaines jusqu’à l’élection présidentielle.

Il existe aussi une part de cet électorat qui s’il reste comme le montre l’enquête Ifop parue dans l’huma solidement attaché à des valeurs qui ont fondé la gauche, se trouve aujourd’hui désemparé et démobilisé dans la perspective de l’élection, en raison du paysage politique actuel et du fait même de la politique d’un gouvernement qui tourne le dos chaque jour à ses valeurs.

La raison de cette démobilisation est double : il n’existe pas aujourd’hui d’offre politique qui incarne une perspective crédible de changement réel. C’est la question du rassemblement pour mettre en œuvre une politique de progrès qui est posée et à laquelle personne parmi les candidats déclarés ne répond, pas même Melenchon.

Mais c’est aussi la question des contenus qui de mon point de vue est aujourd’hui sous-estimée apparaissant soit comme un obstacle au rassemblement, soit comme inutile au regard du débat idéologique et politico-mediatique qui aujourd’hui passe au second plan la question sociale, la question de la crise du capitalisme, la question de mesures pour sortir de la crise en rupture avec les politiques d’austérité menées depuis 2008.

Nous sommes aujourd’hui les seuls à aborder à la fois la question des contenus en disant qu’il faut radicalement s’attaquer à la finance, à l’austérité,engager la transition écologique, refonder l’Europe et la République et posant dans le même temps la nécessité d’une construction politique de large rassemblement pour enrayer le scenario établi. C’est sur ces deux points décisifs pour une mise en mouvement populaire que nous devons agir dans les semaines qui viennent.

Il est temps que nous passions à la mise en pratique de ce que nous disons et ce d’abord en ouvrant des espaces d’intervention citoyenne et militante sur tout le territoire pour travailler les contenus autour des 5 axes que nous avons mis en débat d’une politique qui renoue avec le progrès social et démocratique et qui fixe une ambition de sortie de crise. Ces espaces doivent être ouverts le plus largement possible.

Nous devons également mettre chacun face à ses responsabilités en commençant par nous même et dire avec force ceci :

Si une candidature de rassemblement n’émerge pas, dépassant très largement le cadre du front de gauche et qui soit en mesure d’enrayer le scenario qui se met en œuvre, il n’y a aucune raison que nous soyons absent de l’élection présidentielle ou que nous rallions une candidature sans pouvoir influer sur ce que dit, fait et propose cette candidature. Quoi qu’il en soit nous serons presents a l’election presidentielle. La candidature de Mélenchon est aujourd’hui celle avec qui nous avons le plus de convergences.

Mais à ce jour beaucoup de points sur le fond et la forme de sa campagne sont inquiétants. Ces inquiétudes sont d’ailleurs partagées par des personnalités qui se rallient à sa candidature faute de mieux comme Yvon Quiniou notamment. De l’abandon de la pertinence du clivage gauche-droite, à l’affirmation du besoin de dépassement de la forme parti, à la question des migrants, de l’Europe, de la finance, sa conception du rassemblement, sa démarche ancrée dans les travers de la Ve République, tout cela empêche aujourd’hui de mon point de vue un soutien.

Nous ne devons pas seulement appeler à un processus débouchant sur une candidature de rassemblement mais mettre en musique ce processus, fixer un calendrier et une démarche. Pierre l’a fait à la fête et lors de l’université d’été mais nous devons dire aujourd’hui ce que nous pensons possible et aussi les impasses qui se présentent.

La primaire du PS est faite pour que Hollande soit candidat, la démarche des frondeurs aujourd’hui divisés qui plus est est vouée à l’échec, et observons qu’elle vise l’après élections et la perspective de prendre la main sur le PS.

Mélenchon est quoi qu’on en dise en difficulté. Quelle ambition de rassemblement et donc de perspective politique porte sa candidature s’il refuse de discuter avec des forces disponibles sur les contenus et la forme de sa campagne ?

EELV est isolé dans une primaire interne de laquelle sortira une candidature représentant l’écologie politique qui ne fera pas à l’élection présidentielle un score lui permettant de faire vivre l’écologie politique et un parti au delà de l’échéance.

C’est le renoncement à bouleverser le scenario à l’œuvre qui guide toutes ces candidatures. Au fur et à mesure que nous nous rapprocherons de l’élection beaucoup d’hommes et de femmes percevront ces dangers, celui d’une disparition de l’idée de progrès social et démocratique comme perspective politique crédible.

Il nous faut nous adresser à eux en incarnant cette ambition politique, peut être au travers de la mise à disposition d’une personnalité issue de nos rangs et dans la perspective de rassembler tout ceux qui à gauche ne se résignent pas, mais surtout d’un appel qui associe toutes celles et ceux qui veulent sortir de l’impasse et permette de peser sur le débat qui agite aujourd’hui la gauche en le recentrant sur les contenus d’une politique alternative et les conditions pour sa mise en oeuvre.

Cette mise a disposition d’une personnalité et donc du Parti doit se faire dans la plus grande clarté vis à vis de l’électorat de gauche et des communistes. Elle n’a vocation qu’à ouvrir un processus de rassemblement à vocation majoritaire, seule perspective pour déjouer le scenario à l’œuvre.

La candidature de Melenchon aujourd’hui ne rassemble pas les communistes. Nous devons avoir une adresse particulière à JLM sur le sens de sa candidature et les convergences que nous avons avec lui, et aussi avoir un débat profond sur nos divergences et notamment stratégiques qui doivent être levées car aujourd’hui elles le conduisent et nous conduisent dans une impasse.

Nous devons aussi nous adresser aux frondeurs et à EELV pour les mêmes raisons, acter les convergences et dépasser nos divergences stratégiques. La primaire du PS, comme celle d’EELV ne répond pas aujourd’hui à l’exigence d’un rassemblement large. La perspective d’empêcher la candidature de Hollande au travers d’un processus de primaire s’éloigne et risque fort d’être mise en échec.

Tout cela doit se faire de manière publique et transparente.

Dans le même temps donc nous devons sans attendre ouvrir des espaces de débat au travers d’états généraux par circonscription, qui préparent les législatives, élection majeure, et poursuivre peut être sous une autre forme au mois d’octobre la démarche engagée avec la grande consultation.

Il est évident que rien ne nous permet aujourd’hui d’affirmer que notre démarche peut aboutir positivement, même si nous devons aussi être attentif aux éléments positifs de la période, le mouvement social notamment, les différentes enquêtes d’opinion qui montrent que malgré le matraquage idéologique de ces derniers mois, l’idée de progrès social et démocratique, de vivre ensemble sont bel et bien présentes dans notre peuple et parmi l’électorat de gauche.

Mesurons bien que la situation va beaucoup évoluer jusqu’en 2017.

Mais si rien ne nous permet d’être assurés de réussir, c’est pourtant aujourd’hui le seul chemin qui permette de rendre un tant soit peu possible notre ambition politique, ce n’est pas un détail y compris quand on se projette dans l’après séquence électorale.

Sébastien Laborde secrétaire départemental de la Gironde membre du comité national du PCF

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23 septembre 2016 5 23 /09 /septembre /2016 15:17

17/06/2015 by Revue Progressistes

UNE RESSOURCE ÉNERGÉTIQUE VITALE ENCORE INEXPLOITÉE : LES RÉACTEURS À SELS FONDUS EN CYCLE THORIUM, JEAN-PIERRE DEMAILLY*

Un défi pour l’avenir de l’humanité : produire de l’énergie de manière massive sans épuiser les ressources ni dégrader les écosystèmes naturels.

*Jean-Pierre Demailly est mathématicien, spécialiste des équations fondamentales de la physique ; Institut Fourier, université Grenoble-Alpes et Académie des sciences.

L’utilisation croissante et non contrôlée des combustibles fossiles depuis la révolution industrielle met aujourd’hui les sociétés humaines face à des enjeux et à des périls considérables. Les ressources naturelles sont en effet limitées : de l’ordre d’un siècle pour les ressources conventionnelles de pétrole, quelques siècles pour le charbon, sous réserve que la consommation mondiale ne s’emballe pas. En même temps, pour se nourrir, l’humanité prélève déjà dans les écosystèmes terrestres et marins beaucoup plus que la nature ne peut régénérer – certains experts chiffrent aujourd’hui1 ce taux à quelque 160 %.

Dans les pays développés, la production de nourriture est tributaire d’une agriculture intensive fortement consommatrice d’énergie. Outre la dégradation de l’environnement et le réchauffement climatique désastreux susceptible d’être entraîné par des émissions accrues de dioxyde de carbone, l’humanité pourrait ainsi être confrontée dès le milieu du XXIe siècle à de graves pénuries alimentaires. Il sera bien entendu crucial de mieux contrôler la croissance démographique et d’accroître l’efficacité énergétique, en adoptant si nécessaire des modes de vie plus frugaux et moins énergivores.
Mais quels que soient les efforts consentis, et hors scénarios de décroissance très improbables, il semble acquis que les besoins globaux de l’humanité iront croissant et seront loin de pouvoir être couverts par les énergies dites renouvelables – énergies solaire, éolienne, hydrolienne, géothermie2 ; celles-ci peuvent d’ailleurs elles-mêmes engendrer de sérieuses nuisances environnementales du fait de leur caractère dilué. En l’état actuel de la science, la seule source d’énergie massivement disponible, et ayant un impact théorique minimal sur l’environnement, est l’énergie nucléaire.

Cependant, même si les réacteurs actuels de génération II et III ont introduit des avancées importantes en matière de sécurité, il faut savoir que les réacteurs à eau pressurisée (REP), constituant la grande majorité des 450 réacteurs en service, dérivent en réalité au niveau fondamental d’une technologie ancienne issue des programmes militaires du milieu du XXe siècle (course à la bombe, moteurs de sous-marins et de porte-avions nucléaires…). Les principaux problèmes sont, d’une part, des enjeux de sécurité qui restent sérieux, comme on a pu le voir à Fukushima, et, d’autre part, une mauvaise utilisation du combustible : seul 0,72 % de l’uranium naturel est fissile. Corrélativement, les REP entraînent une production massive de déchets radiotoxiques à longue vie, difficiles à gérer à échelle de temps humaine. Nous voudrions plaider ici la cause d’une technologie révolutionnaire, en développement au CNRS : le MSFR (molten salt fast reactor), réacteur rapide à sels fondus en cycle thorium, est susceptible de faire passer l’horizon des ressources à des milliers ou dizaines de milliers d’années, tout en réduisant de manière drastique la quantité et la dangerosité des déchets produits, et en garantissant une sécurité de fonctionnement beaucoup plus grande3. Ces réacteurs constituent l’un des six types retenus en 2008 par le forum international « Génération IV » visant à optimiser de nombreuses caractéristiques essentielles : durabilité des ressources, impact environnemental très faible, sûreté, caractère non proliférant.

LE MSFR : UNE INNOVATION MAJEURE POUR L’ÉLECTRONUCLÉAIRE

Le concept de réacteur nucléaire à sels fondus (RSF) a été imaginé dès le début des années 1950 à l’Oak Ridge National Laboratory (ORNL), et un réacteur expérimental de 8 MW-Th (une puissance de 8 millions de watts), le MSRE, y a été conçu et exploité avec succès de 1965 à 1969. La caractéristique fondamentale des RSF réside dans l’utilisation d’un combustible liquide, et non plus solide comme dans les concepts actuels de réacteurs nucléaires. Les possibilités de manipulation sont très souples : les sels fondus sont chimiquement stables, ne demandent pas de mise en forme particulière et peuvent être ponctionnés et injectés sans arrêt du réacteur ; de plus, le combustible liquide regroupe à lui seul la double fonction de combustible et de caloporteur.

Dans la décennie écoulée, des chercheurs du CNRS ont analysé scientifiquement les moyens de satisfaire aux critères des réacteurs nucléaires de génération IV, tout en recherchant la plus grande simplicité au niveau du design4 . De cette analyse résulte un concept innovant de réacteur nucléaire à sels fondus, en cycle thorium et à spectre neutronique rapide, différent du concept historique de l’ORNL et baptisé MSFR. Grâce à son spectre rapide, ce concept, simplifié et robuste, a pour combustible un sel fluoré liquide ne nécessitant que peu de matière fissile initiale et les tolérant toutes (235U, Pu, actinides mineurs). La surgénération peut y être assurée par le thorium, élément naturellement 3 ou 4 fois plus abondant que l’uranium, avec un taux d’utilisation proche de 99 %, ce qui assure des ressources à un horizon très lointain, de plusieurs milliers d’années ; la production des transuraniens, principaux éléments radiotoxiques à longue vie, est alors fortement réduite (par un facteur 1 000 à 10 000 !). Le MSFR ouvre aussi la possibilité d’exploiter et d’incinérer les déchets des centrales actuelles en cycle ouvert U-Pu, ce qui limite considérablement le stockage géologique à long terme des déchets tout en assurant la transition avec les réacteurs de génération II et III. Son cycle fermé Th-233U est impropre à la production de matériaux fissiles de qualité militaire, un fort gage de non-prolifération.

Et si la technologie utilisant le thorium comme combustible était une alternative sérieuse pour le nucléaire de demain? Sûreté accrue et volume de déchets amoindri semblent plaider dans ce sens.

Les possibilités d’ajustement en continu de la composition du sel combustible, les capacités d’obtention de hautes températures (650-800 °C) garantissent un bon rendement thermodynamique (autour de 50 %) et de très fortes densités de puissance, sans pression interne importante – un facteur de sécurité crucial. Les sels fondus ont pour propriété d’avoir un fort coefficient de dilatation thermique, ce qui induit, par variation de densité et à volume de cœur presque constant, un coefficient de contre-réaction thermique très négatif. Le coefficient de vide est lui aussi très négatif. Grâce à ces excellents coefficients de sûreté, le comportement du MSFR est intrinsèquement sûr, toute augmentation intempestive de puissance conduit à un échauffement instantané du sel et à sa sortie du cœur hors zone de criticité, dans un vase d’expansion, voire dans des réservoirs de vidange d’urgence. Cela conduit aussi à une excellente stabilité de fonctionnement : la réactivité s’ajuste seule par variation de température, et la puissance par la demande calorique.

Le MSFR a d’autres très gros atouts : une petite taille (seulement 18 m3 de sels fondus pour une puissance de 1,3 GW électriques), ce qui à terme devrait conduire à une énergie très compétitive – certains experts estiment qu’elle pourrait être nettement moins chère que les énergies fossiles5. Les hautes températures de fonctionnement sont également propices à la cogénération de produits chimiques importants pour l’industrie (ammoniac) et de carburants de synthèse6.

La mise au point du MSFR nécessiterait d’amplifier considérablement la recherche et développement, comme celle sur la tenue des matériaux au fluage et à l’irradiation, le retraitement chimique en continu du sel et des produits de fission gazeux, ou encore la technologie des échangeurs de chaleur. C’est à l’heure actuelle un véritable défi du fait de la faiblesse des financements en Europe et de l’absence d’un milieu technique et industriel fort soutenant cette activité en France. Avec un programme dédié de plusieurs centaines de millions de dollars porté par l’Institut de physique de Shanghai depuis 2011, la Chine est aujourd’hui le seul pays qui se soit réellement donné les moyens d’accéder à la technologie de la « fission liquide », même si des initiatives importantes se développent en Inde et dans le secteur privé au Canada et aux États-Unis.

RÉÉQUILIBRER LA RECHERCHE NUCLÉAIRE ET LA POLITIQUE INDUSTRIELLE DE LA FRANCE

Les besoins globaux de l’humanité, fortement consommateurs d’énergie, iront croissant.

En France, dans le secteur du nucléaire, le CEA est à ce jour missionné principalement sur l’énergie de fusion, à travers le développement du réacteur thermonucléaire ITER (pourInternational Thermonuclear Experimental Reactor) implanté à Cadarache, et sur le projet ASTRID, un réacteur à neutrons rapides en cycle uraniumplutonium caloporté au sodium. Or ITER n’est en réalité qu’un projet de recherche en physique des plasmas, et ne pourra en aucun cas aboutir à une technologie industrielle utilisable avant les années 2050-2080 ; sa faisabilité technologique n’est d’ailleurs pas encore acquise, et la viabilité industrielle encore moins. ASTRID repose quant à lui sur un savoir-faire bien établi, en particulier grâce aux réacteurs Phénix et Superphénix des années 1970-2000 ; la mise en œuvre de la surgénération garantit une bonne utilisation de l’uranium naturel. Néanmoins, le gigantisme des réacteurs mis en jeu (15 t de plutonium et 5 000 t de sodium liquide pour ASTRID), la nécessité de multiples barrières de confinement du sodium et le coût élevé du plutonium laissent planer un doute quant à la rentabilité économique à long terme des RNR sodium, sans compter les questions de sécurité et de fiabilité encore à résoudre, et le problème de l’acceptabilité sociale de tels réacteurs. Pour toutes ces raisons, le MSFR, du fait de ses caractéristiques exceptionnellement prometteuses, sa sécurité inégalée et sa complémentarité avec le parc nucléaire actuel, nous semble mériter un soutien public et industriel beaucoup plus élevé que celui très maigre dont il fait l’objet aujourd’hui en France.

1 Global Footprint Network,http://www.footprintnetwork.org/fr/index.php/GFN/page/earth_overshoot_day/

2 David McKay, « Sustainable Energy – without the hot air »,http://www.withouthotair.com/

3 Daniel Heuer, « Le thorium et le nucléaire du futur »,https://www.youtube.com/watch?v=M4MgLixMrz8

4 CNRS, LPSC, IN2P3, « Étude paramétrique des RSF et cycle thorium »,http://lpsc.in2p3.fr/gpr/msfr.htm

5 Robert Hargraves, « Thorium Energy Cheaper than Coal @ ThEC12 »,https://www.youtube.com/watch?v=ayI yiVua8cY

6 John Laurie, « La voiture nucléaire », https://www.youtube.com/watch?v=bkj -vf1_pzQ

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