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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 16:18

 

Accueil > Documents parlementaires > Propositions de loi
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N° 1100

_____

ASSEMBLÉE NATIONALE

CONSTITUTION DU 4 OCTOBRE 1958

QUATORZIÈME LÉGISLATURE

Enregistré à la Présidence de l’Assemblée nationale le 30 mai 2013.

PROPOSITION DE RÉSOLUTION

tendant à la pleine réhabilitation de la Commune
et des communards,

présentée par Madame et Messieurs

Jean-Jacques CANDELIER, François ASENSI, Patrice CARVALHO, Gaby CHARROUX, André CHASSAIGNE, Marc DOLEZ et Jacqueline FRAYSSE,

député-e-s.

EXPOSÉ DES MOTIFS

Mesdames, Messieurs,

Il y a 142 ans, le 18 mars 1871, débutait la Commune de Paris, insurrection née des souffrances liées au siège de la capitale par les Prussiens, d’une paupérisation croissante du peuple parisien et d’un fort élan républicain suite à l’élection à l’Assemblée d’une chambre à dominante monarchiste.

Pendant deux mois, la Commune de Paris a porté les valeurs universelles de liberté, d’égalité et de fraternité, à travers l’émergence du droit du travail, l’école gratuite et laïque pour tous, l’égalité d’accès à la justice, la séparation de l’Église et de l’État, la promotion de l’art et de la culture, la défense de l’intérêt général par l’extension des services publics, une démocratie où le peuple n’abdique pas sa souveraineté... Autant de projets et de réalisations qui nous interpellent par leur brûlante modernité.

On connait la fin tragique de l’expérience communarde : pendant la Semaine sanglante du 21 au 28 mai 1871, la répression des troupes versaillaises s’abattit sur les communards, et plusieurs milliers d’entre eux furent fusillés, de 10 000 à plus de 30 000 selon les historiens. Des procès, hors de tout droit, multiplièrent ensuite les condamnations à la prison ou à la déportation.

Nous avons la conviction que la connaissance des événements qui ont marqué l’Histoire et participé à l’affirmation des valeurs communes de notre République est indispensable à la constitution d’une mémoire nationale partagée.

La Ville de Paris notamment a rendu de nombreuses fois hommage à la Commune. Mais l’État a également un rôle majeur à jouer, à travers la matérialisation des lieux de mémoire dans l’espace public et les administrations, ou par des gestes forts.

Le Parlement enfin peut favoriser la reconnaissance des événements constitutifs de l’identité républicaine, à travers notamment l’adoption de résolutions.

Le 11 juillet 1880, la loi portant amnistie générale des communards est adoptée. Elle permet à ceux-ci de sortir des prisons, de revenir de déportation ou d’exil, mais elle vise seulement à éteindre l’action publique (les seules poursuites pénales) et à effacer la peine prononcée sans effacer les faits. Elle n’est en aucun cas une révision de la condamnation. Elle est un pardon légal qui vise au silence, à l’amnésie.

Nous croyons aujourd’hui nécessaire d’aller au-delà : c’est en ce sens que nous avons décidé de déposer une proposition de résolution affirmant la pleine réhabilitation de la Commune et des communards, et le rôle de cette période de l’histoire dans la conquête des droits politiques et sociaux aujourd’hui au fondement de notre République.

Il est plus que temps de reconnaître qu’on ne peut accorder la moindre valeur juridique aux fusillades sommaires sur les barricades, aux exécutions en masse décidées en quelques secondes par les cours prévôtales pendant la Semaine sanglante et aux condamnations hâtives de milliers de communards par les cours versaillaises pendant les mois qui suivent la Commune.

La réhabilitation pourrait se manifester par toute une série de mesures concrètes : donner à la Commune de Paris dans les programmes scolaires toute sa place à la mesure de son importance ; inscrire la Commune dans les commémorations nationales ; indiquer les noms des élus de la Commune dans les bâtiments de la République concernés (mairies, ministères) ; indiquer le nom des directeurs des administrations nommés par la Commune dans les locaux de ces administrations (Assistance publique, Postes, Monnaie, Imprimerie nationale...) ; reconnaître les communards par un nombre significatif de noms de rues, des plaques, des monuments.

On l’a vu, la Commune est moderne, et ses idéaux bien d’aujourd’hui. Nous sommes dépositaires d’une mémoire qui ne demande qu’à vivre, qu’à irriguer le présent. Droit de vote des étrangers aux élections locales, démocratie dans l’entreprise, éducation et formation pour tous et toutes, laïcité, égalité entre les femmes et les hommes, réquisition des logements vacants pour les mal-logés, sauvegarde et développement des services publics... Les fondements solidaires, facteurs d’égalité de notre société que les communards ont contribué à forger dans notre République et qui ont été confirmés et étendus à la Libération, sont plus que jamais d’actualité.

PROPOSITION DE RÉSOLUTION

Article unique

L’Assemblée nationale,

Vu l’article 34-1 de la Constitution,

Vu l’article 136 de son Règlement,

Considérant les travaux historiques et scientifiques qui établissent la réalité des violences et meurtres de milliers de personnes lors de la répression des partisans de la Commune,

Souhaite que la France réhabilite pleinement la Commune et le rôle de cette période de l’histoire dans la conquête des droits politiques et sociaux aujourd’hui au fondement de notre République,

Souhaite que la France réhabilite pleinement les communards,

Souhaite que la France organise une journée de commémoration nationale à ce sujet.

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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 15:56
LUNDI 3 JUIN 2013

De nouvelles sources de financement

sont nécessaires pour le développement du TER

110805014332580827Les Régions ont reconstruit en moins de 15 ans un service public de transport régional de voyageurs. Quasi moribond dans les années 1990, le TER est devenu un outil efficace pour répondre aux besoins de déplacement de nos concitoyens, dans des conditions de confort et de prix nettement améliorées. Il y aurait encore beaucoup à faire pour qu’il devienne un mode de transport majeur, dans le cadre d’une volonté politique de réduction des temps perdus dans des embouteillages, de réponse à des besoins diversifiés, d’aménagement du territoire et de respect de l’environnement.

Ces projets de développement sont aujourd’hui menacés. Le simple maintien de ce Service Public n’est même plus assuré aujourd’hui du fait des gels de crédits et des transferts mal compensés d’hier et des nouvelles contraintes financières imposées actuellement par l’Etat aux collectivités territoriales accentués en 2014 par une diminution des dotations de l’Etat de 1,5 milliards d’euros.

Nous ne nous résignons pas à cette situation. De nouvelles ressources doivent être trouvées. L’Association des Régions de France propose l’instauration d’un versement transport régional qui permettrait de mobiliser 800 millions d’euros. Il s’agit d’une mesure de bon sens qui ne ferait qu’aligner le transport ferroviaire régional sur le transport public urbain.

Le système ferroviaire français va connaître une transformation historique. Sans une réflexion renouvelée sur sa dette, son financement et son organisation, cette transformation risque d’être caractérisée par le repli alors que tout milite en faveur du développement.

Annoncée par le Ministre des Transports à l’automne dernier, la réforme du système ferroviaire doit avoir l’ambition de répondre aux enjeux de mobilité du XXIème dont le TER est un outil majeur. Cela ne peut se faire que dans le cadre d’un désendettement important du système et d’une grande entreprise publique unifiée. Cette entreprise devra être dotée de moyens techniques, humains et financiers à la hauteur pour garantir, entre autres, l’avenir du réseau ferré, le développement du fret ferroviaire, l’efficacité du système mis en cause par la séparation entre SNCF et RFF.

Force est de constater que le rapport Bianco ne relève pas les défis associés à une telle ambition. Enfermé dans une logique nationale et européenne, il préconise, face à la crise, des mesures restrictives pour les Services Publics qui ne peuvent qu’accentuer celle-ci. De plus, ce rapport reste très flou en particulier sur la construction d’un système ferroviaire unifié et intégré économiquement, socialement et techniquement.

Forts de nos expériences régionales, nous pensons que l’absence d’innovations en matière de modes de financement risque de nous précipiter dans un processus de contraction, nous éloignant d’un système ferroviaire à la hauteur des enjeux de notre siècle.

 

Nous proposons :

- La création d’un livret d’épargne sur le même principe que le livret A pour mobiliser l’épargne populaire afin de moderniser et développer les infrastructures ferroviaires

- L’instauration d’un prélèvement sur les bénéfices des sociétés autoroutières, dédié au financement du TER et cela sans attendre la reprise de la gestion publique des autoroutes que nous préconisons

 

- La mise en place d’un pôle public bancaire pour que le système bancaire remplisse sa mission au service d’un système ferroviaire structurant pour la vie quotidienne de la population comme pour le développement économique et l’aménagement du territoire.

Les questions en jeu sont d’une telle importance qu’elles appellent un débat public, qui dépasse le cercle des spécialistes. Nous appelons aux rassemblements et aux actions les plus larges sur tous les territoires, des usagers, des élus, des cheminots… Il y a urgence ! Les 11 vice-présidents de conseil régional en charge des transports

Signataires :

Jean Michel Bodin (Région Centre), Daniel Beurdeley (Région Picardie), Gilles Bontemps (Région Pays de la Loire), Luc Bourduge (Région Auvergne), Patrick Hatzig (Région Loraine), Gérard Lahelec (Région Bretagne) Noël Levilain (Région Haute Normandie), Pierre Mathieu (Région Champagne-Ardenne), Jean Paul Pinaud (Région Bourgogne), Charles Marziani (Région Midi Pyrénées), Pierre Mouraret (Région Basse Normandie)

Paris, le 25 mai 2013.

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2 juin 2013 7 02 /06 /juin /2013 10:56
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2 juin 2013 7 02 /06 /juin /2013 10:48

POLITIQUE

Le cortège de Toulouse (photo @julietteprados)

POLITIQUE -  le 1 Juin 2013

 

Le Front de gauche a mobilisé ce samedi contre l'austérité

,

 

 

Après la marche du 5 mai à Paris, des mobilisations contre la rigueur et pour une
 VIe République ont été organisées dans une quarantaine de villes, à l’initiative du Front de gauche.

A Toulouse, le marche régionale s'est élancée de la place Esquirol vers 13 heures à l’initiative du Front de gauche, bien sûr, mais aussi du NPA et d’Attac. Devant 9.000 participants parrés de bonnets phrygiens et arborant des pancartes "On va leur couper la tête", "changer le système" ou "Marx ou crève", Jean-Luc Mélenchon a assuré: "Vous n'avez pas d'autre horizon que la lutte". "Nous avons la capacité de tourner la page", a-t-il affirmé en estimant qu'une "catastrophe s'avance et frappe déjà durement l'Europe du Sud" avec la Grèce, l'Espagne et le Portugal.

Peur et résignation

Auparavant, le co-président du Parti de gauche avait confié à la Dépêche du Midi: "Ces marches nous permettront de prendre à nouveau le pouls de la société. Face à une droite qui s'homogénéise et déplace vers l'extrême ses marqueurs politiques, et un gouvernement de «Solfériniens» aveuglés qui ont pris un cap libéral aussitôt le pouvoir conquis, le péril qui menace le peuple, c'est la peur et la résignation. Voilà notre principal adversaire et voici notre défi: serons-nous capables de constituer une véritable alternative de gauche dans cette société en souffrance, mais qui n'est ni perdue ni condamnée?"

La Fête de l'Humanité de Toulouse devait prolonger la marche tout le week-end.

A Amiens aussi, on a manifesté.

"Une énergie s’est dégagée de cette première marche – c’est inédit de voir un an après le retour de la gauche au pouvoir une mobilisation aussi forte pour demander un changement de cap –, elle va pouvoir s’exprimer, ce week-end, à l’échelle des territoires ", avait expliqué Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF.

A Marseille contre les violences

A Marseille, le Front de gauche s'est associé au collectif du 1er juin pour une marche "contre toutes les violences". Pour Pierre Dharréville, secrétaire départemental du PCF des Bouches-du-Rhône, "la situation appelle l’engagement des pouvoirs publics en développant les infrastructures de transport, les rénovations et constructions de logement, les services publics de proximité, l’emploi, l’action contre les trafics. Pour cela, il n’y a qu’une seule solution: en finir avec la politique d’austérité et de compétitivité libérale; en finir avec l’emprise de la finance, sous ses formes légales et illégales."

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2 juin 2013 7 02 /06 /juin /2013 07:55

 

POLITIQUE -  le 31 Mai 2013

justice

Affaire Tapie: les 5 clés pour comprendre ce scandale d'Etat

Comment l’affaire Tapie est devenue un scandale d’État

 

Les largesses de l’État sarkozyste, dispensées par l’entourage de l’Élysée, ont largement compensé la « mauvaise affaire » de Bernard Tapie dans la vente d’Adidas en 1993. Dernier épisode: la mise en examen de l’avocat de l’homme d’affaires. 

Curieusement, l’affaire Tapie découle d’une tentative de moralisation de la vie politique. En 1992, François Mitterrand, qui veut remplacer sa première ministre, Édith Cresson, envisage de faire entrer Bernard Tapie au gouvernement… si celui-ci accepte de se retirer des affaires. Tapie accepte, et revend ses entreprises, dont la plus célèbre, Adidas, achetée en 1990. Il prend alors les rênes du ministère de la Ville dans le gouvernement Bérégovoy.

 

1 Pourquoi Bernard Tapie se dit-il lésé ?

Afin de vendre les sociétés de son groupe, dont « la marque aux trois bandes », Bernard Tapie se tourne vers le Crédit lyonnais, banque d’État avec laquelle il traite depuis longtemps. Mais l’expertise à laquelle se livre la banque révèle que la société pourrait rapporter bien plus que les 2,085 milliards de francs (plus de 315 millions d’euros) que réclame l’homme d’affaires, qui compte au passage réaliser une plus-value de 89 millions de francs (Adidas lui a coûté 1,96 milliards de francs en 1990). Le Crédit lyonnais décide alors de s’en porter acquéreur, au prix demandé par Bernard Tapie, avant de la revendre au prix fort via des sociétés offshore, afin de préserver son anonymat. La vente est finalisée en février 1993. Parallèlement, la banque organise la faillite du groupe Tapie, afin de pouvoir se saisir de ses actions. Propriétaire à 100 % du groupe, elle estimait que Tapie ne pourrait se retourner contre elle s’il s’apercevait du stratagème. Avec une extrême brutalité, en mars 1994, elle demande la mise en liquidation judiciaire du groupe, et l’obtient en avril. Les juges qui l’ont prononcée avouent « avoir subi de très fortes pressions de leur hiérarchie pour prononcer la faillite immédiate du groupe Tapie ». À l’époque, l’hypothèse politique est évoquée : on aurait voulu se débarrasser d’un homme politique non socialiste que François Mitterrand mettait trop en avant. En 1995, Bernard Tapie découvre le montage financier. Avec stupeur : Michel Sapin n’était-il pas ministre de tutelle de la banque ? Avec amertume aussi : Adidas, que Robert-Louis Dreyfus vient de lancer en Bourse, vaut alors cinq fois plus cher qu’en 1990.

 

2 Quel est le rôle du Consortium de réalisation ?

Au tournant des années 1980-1990, le Crédit lyonnais se lance dans une stratégie très agressive de « banque-industrie », acquisitions de banques (Chase Banque de commerce en Belgique, Credito Bergamasco et Banco San Marco en Italie…), de participations à risques dans le capital d’entreprises et d’avances et de prêts à risques dans l’immobilier. En 1993, le montant de ses pertes s’élève à 130 milliards de francs. Le Consortium de réalisation (CDR), structure ad hoc créée par l’État en 1995, a pour but de liquider le passif de la banque. À ce titre, c’est lui qui a traité avec Bernard Tapie dans le différend judiciaire qui l’opposait au Crédit lyonnais.

 

3 Pourquoi la justice
n’a-t-elle
rien réglé ?

Le 4 juillet 1995, Bernard Tapie entame un marathon judiciaire, réclamant 229 millions d’euros au Crédit lyonnais, via le CDR. En novembre 1996, le tribunal de commerce de Paris condamne ce dernier à verser à l’homme d’affaires déchu 600 millions de francs. Gourmand, ce dernier réclame devant la même instance, en octobre 1998, 6,5 milliards de francs pour « montage frauduleux » : le tribunal transfère le dossier à la cour d’appel de Paris, en annulant la provision de 600 millions de francs. Les avocats du Crédit lyonnais parviennent à faire retarder le jugement en appel… jusqu’en 2004. Le 12 novembre de cette année, la médiation entre Bernard Tapie et l’État, propriétaire unique du CDR, échoue. Mais le 30 septembre 2005, la cour d’appel condamne le CDR à verser à Tapie 135 millions d’euros. Le 9 octobre 2006, sur saisine du gouvernement, la Cour de cassation casse l’arrêt de la cour d’appel, au motif qu’elle « n’avait pas caractérisé les éléments qui auraient permis d’établir, selon la jurisprudence en la matière, que le Crédit lyonnais était obligé par un contrat auquel il n’était pas partie ». Cela aurait dû être le point final.

 

4 Qui a décidé de faire appel à un tribunal privé ?

La décision de recourir à un tribunal arbitral, relevant habituellement du droit commercial privé, a été prise en octobre 2007, lorsque Christine Lagarde, aujourd’hui témoin assisté dans l’affaire, était ministre de l’Économie. A-t-elle suivi les premières recommandations de son éphémère prédécesseur, Jean-Louis Borloo (lire par ailleurs) ? L’empressement 
de ce dernier à se pencher sur la question dès son arrivée à Bercy cache-t-il une intervention de l’Élysée ? Dans ce cas, la composition du tribunal, où figurent des connaissances plus ou moins éloignées de l’homme d’affaires, ne peut être un hasard. D’autant 
que, de son côté, Bernard Tapie a rencontré dix-huit fois Nicolas Sarkozy, avant (six fois) et après (douze fois) son élection à la présidence de la République.

 

5 Bernard Tapie devra-t-il un jour rembourser ?

La décision de verser 285 millions d’euros (403 millions avec les intérêts) est « l’un des plus gros scandales de la République », selon Jean Peyrelevade, ancien président du Crédit lyonnais. D’abord parce que cette somme comprend 45 millions (net d’impôts) pour « préjudice moral », pour un homme d’affaires à qui le terme est loin d’être familier (lire par ailleurs). Ensuite parce que cette somme est prélevée sur l’argent public. Le ministre de l’Économie, Pierre Moscovici, aurait évoqué récemment un possible recours en révision contre l’arbitrage, « pas exclu mais pas en cours », selon son entourage. À l’heure où l’on parle à la fois d’économies et de moralisation de la vie 
publique, le message aurait de l’impact.

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31 mai 2013 5 31 /05 /mai /2013 04:59

Acte III. Le gouvernement contraint de reculer : Un encouragement à poursuivre pour une autre réforme !

Déclaration de l’ANECR

Faisant suite à la demande du Sénat, le premier ministre vient d’annoncer le retrait sous sa forme actuelle du projet de loi dit « acte III de la décentralisation ». Il annonce sa division en trois parties- la première, concernant la métropole et devant être soumise au Sénat dès ce printemps, la seconde sur le rôle des régions, la troisième sur les compétences et les solidarités territoriales - et l’étalement dans le temps de l’examen parlementaire de ces différents aspects.

Ce projet suscitait un rejet croissant de la part des élus locaux et des populations, au fur et à mesure que les débats publics éclairaient les enjeux. Le gouvernement qui entendait aller vite a été finalement obligé de tenir compte de l’émotion suscitée.

L’ANECR avec « l’appel des 200 pour un renouveau démocratique des institutions dans une République unie et solidaire » aura largement contribué à alerter des centaines d’élus de toute la gauche sur la nocivité de ce texte et a pris toute sa part dans ce premier recul.

Des dizaines de milliers d’élus locaux attendent aujourd’hui autre chose d’une réforme des territoires qu’un texte obéissant aux injonctions de compétitivité de la commission de Bruxelles, avec des métropoles aux pouvoirs exorbitants, éloignant encore plus les citoyens des lieux de décisions et provoquant à terme la disparition des communes et des départements.

Le texte doit être réécrit totalement avec comme fil rouge la réponse aux besoins humains et aux défis de démocratisation à tous les niveaux de notre République !

Il faut redonner un pouvoir réel aux citoyens dans des collectivités librement administrées, réaffirmer le rôle essentiel de la commune, véritable lieu de démocratie et de citoyenneté active, défendre et promouvoir les services publics, ainsi que la pertinence des trois autres niveaux de collectivités, Département, Région, Etat, ce dernier ayant un rôle majeur de garant de la solidarité et de l’égalité républicaine sur tout le territoire. Il faut des coopérations de projets entre collectivités, et que les intercommunalités restent sous contrôle des citoyens et des conseils municipaux. La proportionnelle et le droit de vote des étrangers non communautaires aux élections locales ne peuvent être absents d’une véritable décentralisation. Et il faut rompre impérativement avec l’austérité pour les collectivités avec le projet de réduction de 4,5 milliards et demi de dotation. Donner aux collectivités les moyens nécessaires pour répondre aux besoins grandissants des populations, favoriser l’emploi et l’investissement public, c’est combattre la crise de façon efficace puisqu’elles représentent 70% de l’investissement public !

Ce report gouvernemental est un encouragement à tous ceux qui, comme nous, demandaient le temps du débat, de l’écoute nécessaire pour une réforme de cette importance.

Ce temps est d’autant plus nécessaire qu’il doit permettre le respect du choix des citoyens à l’occasion des prochaines échéances électorales. Il serait incompréhensible que la volonté populaire et les choix exprimés pour l’avenir de chaque commune et de chaque département soient contredits par une réforme votée avant ces scrutins et donnant tous les pouvoirs aux métropoles à partir du 1er janvier 2015.

L’ANECR appelle très largement tous les élus, les personnels de la fonction publique et leurs organisations syndicales, le milieu associatif et l’ensemble des citoyens à se faire entendre dans ce nouveau contexte de débat pour aboutir à une réforme qui soit pleinement la leur, porteuse de démocratie, de redressement économique et social, respectueuse des populations et des territoires.

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31 mai 2013 5 31 /05 /mai /2013 04:53

 

SOCIAL-ECO -  le 30 Mai 2013

 

Diktats, l'éditorial de Michel Guilloux

 

 

Une déclaration de guerre, voilà ce à quoi fait penser la lecture des propositions économiques de la Commission européenne à la France. Le texte que soumet le cénacle de dirigeants européens non élus au prochain Conseil européen ressemble plus à une suite de diktats qu’aux « recommandations » de son intitulé. Les retraites sont en première ligne.

Les pensions ne devraient plus pouvoir être revalorisées en tenant compte a minima de l’inflation. L’âge légal de départ devrait être augmenté, tout comme la durée de cotisation. La Sécurité sociale et les budgets des collectivités territoriales devraient être soumis aux mêmes critères d’austérité que le budget 
de l’État. La concurrence dans le secteur des services doit être renforcée. Dans le secteur ferroviaire, les transports intérieurs doivent être ouverts à la concurrence ; dans celui de l’énergie, et avec le même objectif, il faudrait 
en finir avec les tarifs réglementés du gaz et de l’électricité pour les entreprises. En matière de fiscalité, il faudrait encore réduire les taux de l’impôt sur les sociétés 
comme sur le revenu mais augmenter les impôts indirects tels les taux réduits de TVA...

Rarement, en si peu de mots, la logique du néolibéralisme le plus débridé, le plus antisocial, 
le plus inefficace économiquement n’aura cherché 
à s’imposer. La brutalité des mesures s’accompagne de l’ordre aboyé aux dirigeants français de venir rendre compte de leurs « progrès » dans leur mise en œuvre 
« au moins tous les six mois ». Nous n’oublierons pas 
une formule qui revient tel un leitmotiv tout au long : aucune décision ne doit permettre d’augmenter salaires 
et pouvoir d’achat, 
ni imposer aux entreprises de nouvelles règles ou taux de contribution sociaux.

Que répondent les dirigeants de la France à pareille morgue qui n’avait d’égal que le ton, 
la politique et le programme de Nicolas Sarkozy et de ses alliés de Bruxelles et de Berlin ? 
« Nous ferons les réformes » demandées déclare le premier ministre mais « à notre manière ». Mardi, répondant 
à l’interpellation à l’Assemblée nationale du communiste André Chassaigne, sur l’héritage du programme du Conseil national de la Résistance, l’hôte de Matignon assurait que la ligne suivie aujourd’hui allait dans le sens de la garantie de ses acquis. Dès le lendemain, un démenti est apporté. Comment concilier progrès social et efficacité économique quand on prend le risque de s’engager durablement dans la voie de l’austérité pour tous 
les budgets publics, la diminution des recettes, la remise en cause de services publics hérités du Front populaire 
et du CNR, le transfert via la TVA sur les plus pauvres 
de la charge de l’impôt ?

La croissance ne peut être au rendez-vous, 
le chômage de masse durable, si. Le président de 
la République aime se référer au modèle Schroeder, pour prouver son engagement socialiste. Au vu du cortège de misère de masse et de contrôle social des chômeurs qu’il 
a entraînés en cogestion avec la droite, cela ressemble plus à un blairisme « présentable » qui trouve sa traduction véritable dans les « recommandations » bruxelloises. Elles ont au moins un mérite : poser noir sur blanc ce qui attend le pays. Les faire connaître, alerter, mettre en débat des solutions alternatives constitue autant de conditions 
à des ripostes populaires éclairées. Déjà les syndicats 
de cheminots appellent à la grève face aux risques pesant sur la SNCF. À l’initiative du PCF et du Front 
de gauche, plus de 28 organisations de toute la gauche se retrouveront le 16 juin pour des Assises du changement. Elles sont nécessaires et il est urgent.

La Commission européenne se livre à une série d’attaques sans précédent contre 
le modèle hérité 
du CNR.

Par Michel Guilloux

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31 mai 2013 5 31 /05 /mai /2013 04:49

Ce qu’ils disent de lui


L.MÉ. | Publié le 30.05.2013, 07h00

Guy Poussy, secrétaire de la Fédération du Parti communiste français (PCF) du Val-de-Marne de 1970 à 1982, a bien connu Georges Marchais. « Attribuer son nom à un lieu villejuifois était la moindre des choses, vu tout ce qu’il y a réalisé. Je m’étonne que cela n’ait pas été fait avant.  » Peut-être parce que bon nombre de militants l’ont tenu pour responsable du déclin du parti. « Baliverne! s’emporte l’octogénaire. Marchais est celui qui l’a le plus représenté. Parler de lui avec honte est une erreur monumentale. »

Gaston Viens, lui, ne tient pas à s’étendre sur le sujet. Maire d’Orly durant quarante-quatre ans et premier président du conseil général à sa création, en 1967, il a été exclu du PCF en 1989, alors que Georges Marchais en était le secrétaire général. « J’ignorais tout de ce projet de parvis. Villejuif continue d’être fière de lui, c’est une bonne chose et je n’ai rien à dire. » Contrairement à Guy Poussy, Roger-Gérard Schwartzenberg, député du Parti radical de gauche (PRG) dans la 3e circonscription du Val-de-Marne, n’est pas étonné que l’initiative de la mairie de Villejuif intervienne seize ans après la disparition du député. « C’est généralement le délai observé avant ce genre d’hommage. Il est normal de saluer son combat. Même si je n’approuvais pas la totalité de ses positions, j’étais sensible à l’énergie qui l’animait, à son courage et à son humanité. » « Je reconnais à Villejuif le droit de célébrer ce personnage politique d’envergure nationale, explique Christian Cambon, sénateur-maire de Saint-Maurice et président de l’UMP du Val-de-Marne... Quoi qu’il en soit, Christian Cambon emploie les grands mots : « Georges Marchais a été le dernier grand du parti communiste. »
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31 mai 2013 5 31 /05 /mai /2013 04:15
Tout ce que vous devez savoir surLE BUSINESS DE LA SECURITE ROUTIERE

(pour accéder directement à la Consultation Nationale sur la Sécurité Routière, cliquez ici)


Comme beaucoup de conducteurs, vous vous êtes peut-être déjà fait flasher par un radar dans un endroit qui, de toute évidence, n'avait rien de dangereux.

Peut-être même avez-vous fait l'expérience d'un excès de zèle manifeste des forces de l'ordre, sans que vous en compreniez vraiment la raison.

La communication des pouvoirs publics affirme que ce système ultra-répressif permet de faire baisser la mortalité routière. Mais qu’en est-il vraimentlorsqu’on regarde les chiffres ?

L’année dernière, 15,5 millions d'avis de contravention ont été dressés (sans compter le stationnement], le bilan est de plus en plus lourd pour ceux qui prennent la route souvent. Pourquoi la répression automatisée ne cesse-t-elle de s’intensifier, avec des techniques toujours plus nombreuses et toujours plus performantes ?

Face à une répression de plus en plus étouffante, le mécontentement grandit et la résistance s'organise du côté des usagers comme des policiers.

Qui sont donc ces mécontents de la répression routière? Sont-ils des chauffards, ou tout simplement des citoyens responsables, qui ont découvert le pot-aux roses?...

Dans cette vidéo, vous allez découvrir la face cachée de la sécurité routière : un business florissant, qui profite aussi bien à de grandes entreprises qu'à l'Etat et aux dirigeants politiques.

ENQUETE AU CŒUR DU BUSINESS DE LA SECURITE ROUTIERE.

3 avril 2012. La Ligue de Défense des Conducteurs dénonce, dans un email envoyé à ses membres, le business qui se cache derrière l'obligation de posséder un éthylotest dans son véhicule.

L'obligation avait été obtenue suite à un lobbying d'une association-écran appelée I-Test, qui était en fait un regroupement des fabricants d'éthylotests eux-mêmes. Ce qu'ils ont fait, c'est qu'ils ont offert un marché clef en main au gouvernement : en rendant les éthylotests obligatoires dans les voitures, les hommes politiques faisaient coup double : ils se rendaient populaires en prétendant lutter contre l'alcoolisme au volant, et créaient une nouvelle amende de 11€ pour défaut d'éthylotest qui permettaient de nouvelles rentrées fiscales pour l'Etat.

Pour les fabricants, cette obligation voulait dire : un marché 100 % garanti sur 40 millions de conducteurs !

Bref, une mesure facile, qui bénéficie aussi bien au carnet de commandes des fabricants qu'aux caisses de l'Etat ou à la popularité des hommes politiques.

Et où la sécurité n'est pas un but, mais un prétexte.

Oui, c’est choquant. Et heureusement, cette fois-là, nous avons réussi à nous débarrasser de la mesure. Mais malheureusement, ces pratiques sont devenues monnaie courante dans le milieu de la sécurité routière...

2002 – Jacques Chirac décide de faire de la sécurité routière une "grande priorité nationale" – un objectif louable, que personne ne conteste tant il est cruel de perdre quelqu’un sur la route. Son plan : tout miser sur le répressif.

Dès l’origine, le gouvernement fait appel à des sociétés privées pour mettre en place sa nouvelle politique de répression routière.

C’est un énorme marché qui s’ouvre pour quelques entreprises triées sur le volet : Atos, Morpho (Sagem), SPIE, qui s’occupent de la fabrication, de l’installation, du maintien de ces premiers radars, mais aussi La Poste, par sa filiale Asphéria, qui se retrouve à acheminer des dizaines de millions de PV chaque année.

Depuis lors, chaque année, ces grosses boîtes se partagent un gâteau de 200 millions d’euros.

Où va le reste de l’argent ponctionné aux conducteurs ?

L’année dernière, sur les 1,6 Milliards d’euros qu’a rapportés la répression routière, 506 millions d'euros sont partis directement dans les caisses de l'Etat ; le reste a été distribué à diverses agences administratives (communes, AFITF, PVé, cohésion sociale, départements, permis de conduire…)

Bref, une politique qui rapporte beaucoup, à beaucoup de monde...

Pour assoir la répression et rendre difficile tout retour en arrière, Etat et grandes entreprises ont mis en place une machine administrative lourde et centralisée, qui prend de plus en plus d’importance.

C’est le Centre National de Traitement des Infractions (CNT), à Rennes.

Une véritable usine à PV de 11.000 m², qui traite chaque petit dépassement de vitesse enregistré par un radar n’importe où en France.

Sur ce plateau, les opératrices saisissent 500 plaques d’immatriculation par heure.

Un supérieur les valide à la chaîne, puis tout est imprimé par une machine qui crache en permanence des milliers de procès verbaux. Ces piles de documents passent ensuite sur un tapis pour être automatiquement pliées, mises sous enveloppes, et envoyées directement dans votre boîte aux lettres.

Près de 60 000 PV sont ainsi expédiés chaque jour.

LE CNT, ce n’est pas seulement un centre de traitement : c’est la clef de voûte de la répression automatisée

C’est là que tout se passe. Que tout se calcule. Que tout se planifie.

Un gendarme interrogé par le journaliste Denis Boulard lui révèle par exemple : «Chez nous, dans le Pays Basque, si les voitures ne sortent pas pendant trois ou quatre jours, les gens de Rennes nous appellent "votre radar est en panne? Il y a un problème?" Nous sommes surveillés !"

La machine est lancée.  Les radars vont se multiplier à toute vitesse, toujours plus nombreux, toujours plus sophistiqués…

Fin 2013, 4 250 radars automatiques seront installés sur tout le territoire.

Radars fixes, radars mobiles, radars tronçons capables de calculer la vitesse moyenne de circulation sur une distance donnée, radars discriminants capables de distinguer les poids-lourds des véhicules légers, radars feux rouges, radars pour passages à niveau…

Sans parler des radars de dernière génération embarqués dans des voitures se fondant dans le flot de la circulation, et qui peuvent flasher, sans discontinuer, tous les véhicules autour d'eux...

Encouragés par les entreprises qui exploitent les radars, désireux de passer pour des bons samaritains en "s'occupant" de la sécurité des Français, les dirigeants politiques sont en train de mettre en place un système de répression routière et de contrôle des citoyens, à une échelle encore jamais vue.

Conséquence : en quelques années, le nombre de points de permis retirés s’envole. De 3 millions en 2002, on passe à 12 millions en 2011

Environ 85.000 personnes chaque année perdent leur permis, et un trop grand nombre d’entre elles perdent leur emploi dans la foulée.

Il ne s’agit plus de chauffards qui avaient une réelle conduite à risque, mais de mères de familles, d’infirmières, de commerciaux, de livreurs, qui roulent beaucoup et sont donc statistiquement plus exposés aux pièges tendus par les radars.

Car il ne faut pas croire que ces machines sanctionnent réellement les fous du volant : l’année dernière, 95 % des flashs des radars concernaient des excès de vitesse inférieurs à 20 km/h.

Aujourd’hui, on en est à 29.000 Pv par jour, uniquement pour excès de vitesse !

Pour justifier ce matraquage insupportable sur des millions de gens qui ont besoin de leur véhicule pour se déplacer, pour faire passer la pilule aux conducteurs les plus consciencieux qui se font tout de même flasher, l’Etat justifie sa politique à grand renfort de propagande.

En 2011, 15 millions d’euros ont été versés à une agence de publicité pour faire la promotion de la politique répressive – un budget colossal, qui serait tellement plus utile ailleurs !

L’argument phare de cette propagande : la baisse de la mortalité routière. Mois après mois, lorsque les chiffres de la mortalité sur les routes baissent, nos politiciens se félicitent de la politique qu’ils ont mis en place pour protéger les citoyens.

Lorsque les chiffres augmentent, c’est bien entendu à cause des conducteurs qui se sont « relâchés ».

C’est ainsi que, depuis 2002, ils attribuent la baisse de la mortalité routière à la seule répression routière.

C’EST UNE HONTEUSE MANIPULATION.

 Courbe mortalite

En réalité, cette baisse s’inscrit dans une dynamique vertueuse qui a débuté au milieu des années 1970.
- amélioration constante des routes,  aménagement des carrefours et des zones à risques 
- amélioration des véhicules : généralisation des airbags, amélioration des systèmes de protections, aide à la conduite, port de la ceinture...
- intervention plus rapide des secours
- campagnes de sensibilisation et de prévention efficaces 
- lutte contre l’alcool au volant, répression ciblée et mesurée des conduites dangereuses.

Malheureusement, la plupart de ces facteurs qui ont permis la baisse fantastique de la mortalité routière depuis 40 ans sont progressivement abandonnés pour tout miser sur la répression automatisée.

Les budgets d’entretien des routes nationales, par exemple, ont été diminués d’un quart en 3 ans (on est passé de 424 millions d’euros en 2009 à 324 millions en 2012).

C'est pourtant sur ce type de routes qu'ont lieu 3 accidents mortels sur 4 !

Combien de vies auraient pu être épargnées si l'Etat avait entretenu les routes au lieu de mettre de l'argent dans l'achat de nouveaux radars ?

Des conducteurs sont envoyés dans le décor à cause d'un nid-de-poule ou d'une chaussée déformée

Des familles entières sont ainsi brisées.

Pourtant, les politiciens s’entêtent. Non seulement parce qu’ils sont poussés par les entreprises qui profitent des radars, mais aussi parce qu’ils sont convaincus par des sondages biaisés,commandés par des associations pro-répression,que leur politique répressive est populaire auprès des électeurs.

Tout récemment, ils ont franchi un nouveau cap technologique pour étendre le système de contravention automatisé à toutes les infractions et rendre la verbalisation toujours plus massive, grâce au procès-verbal électronique.

Peut-être avez-vous déjà été confronté à cette nouvelle technologie.

Il s'agit d'un nouveau procédé testé depuis quelques années maintenant en France, qui consiste à doter policiers et gendarmes d'une tablette électronique leur permettant de verbaliser à la chaîne tous les véhicules en infraction qu'ils rencontrent. Quel que soit le type d’infraction routière.

Ils ne sont même pas obligés de vous arrêter, ils peuvent vous verbaliser à distance, en notant votre numéro d'immatriculation dans leur tablette.

Lorsqu'ils repasseront au poste quelques heures plus tard, ils brancheront leur tablette sur leur ordinateur, et toutes les contraventions enregistrées dans la journée seront transmises à Rennes, au CNT, où elles seront traitées exactement comme pour les amendes des radars automatiques.
 
Quelques jours plus tard, vous recevrez la contravention dans votre boîte aux lettres : si vous avez la chance de vous souvenir, témoignages à l'appui, que vous aviez bien bouclé votre ceinture en sortant de la boulangerie mardi dernier, ou que vous n'aviez pas pris le feu à l'orange à tel carrefour, vous pourrez entamer la même procédure de contestation que pour les radars.
 
Sinon, vous passez à la caisse immédiatement.

C'est bien simple : d'après les analystes financiers de l'Etat, le PV électronique a un "rendement supérieur en termes de productivité par rapport aux carnets à souche et au timbre amende".

C'est du moins ce qu'on peut lire dans la dernière Loi de Finances, qui établit le budget de l'Etat pour 2013.

On parcourant ce document, on s'aperçoit que nos dirigeants politiques ne cachent même plus l'objectif pécuniaire de la répression routière.

Ils nous parlent du "dynamisme des recettes radars constaté en 2012", qui est "appelé à se confirmer en 2013" grâce à l'augmentation de la "performance des radars" – performants, pas en termes de sécurité, mais de rentabilité !

Nos dirigeants se félicitent du "surplus de recettes engendré par la généralisation du PV électronique" en 2012, qu'ils espèrent bien voir encore augmenter en 2013 puisqu'ils se sont fixé comme objectif 21,6 millions de contraventions avec ce système en une année !

L'année dernière, on a commencé à doter policiers et gendarmes de ces nouvelles tablettes. En quelques mois, on atteignait déjà les 100.000 PVé par semaine. Et pour atteindre l'objectif de 21,6 millions, il faudrait dresser... 60.000 contraventions par jour !

On ne s’étonnera pas dans ces conditions que policiers et gendarmes aient des quotas toujours plus absurdes à remplir.

Un policier nantais interrogé dans le livre Radar business confesse "nous ne nous mettons pas en zones accidentogènes. Les gens savent que c'est dangereux et ralentissent d'eux-mêmes. Pour aller vite, faire du chiffre et pouvoir passer à autre chose, nous nous installons dans des zones "pièges à con". Des PAC, comme on dit".
"nous sommes là pour faire du chiffre. Nos primes de fin d'année en dépendent".

A Grenoble, un policier: "avant, j'étais un "ange de la route". J'aidais les gens, le leur prêtais secours et si je verbalisais, je ne le faisais qu'en dernier recours. Je pars parce que je ne veux pas être un agent du fisc avec des grilles à remplir".

Ces quotas ne concernent pas seulement la vitesse, mais toutes les infractions.A Pau par exemple, une directive impose aux policiers de sanctionner un nombre précis de non respect d'un stop, d'un feu, ou défaut de ceinture. Et même, de verbaliser exactement 51 personnes pour « refus d’obtempérer ».

Ce n’est pas une blague : il est réellement demandé aux policiers de « provoquer » les conducteurs pour que ceux-ci refusent de coopérer !

Petit à petit, la sécurité routière a été transformée en une politique inique, visant à la rentabilité plutôt qu’au bien-être des citoyens, se comportant de façon odieuse avec les conducteurs, traités massivement de délinquants et d’assassins, et, le pire de tout, utilisant le malheur des familles des victimes de la route pour asseoir une politique de répression qui, on le sait, n’a pas de résultats sur la mortalité routière !

FACE A CES DERIVES INTOLERABLES DE LA REPRESSION ROUTIERE, 
LA RESISTANCE S’ORGANISE.

11 mai 2011 : le Ministre de l’Intérieur annonce le retrait des panneaux signalant les radars, et l’interdiction des avertisseurs.

Immédiatement, les associations de conducteurs se mobilisent. La pétition lancée par notre association recueille 120 000 signatures en quelques jours, et nous avons fait partie du collectif qui a appelé à manifester contre ces mesures.

Devant un tel mécontentement, le gouvernement a dû reculer. Car n’oublions pas que, pour les politiques, ce n’est pas seulement une question de rentabilité, mais aussi de popularité.

En s’appropriant les bons résultats de la sécurité routière en France, une tendance qui, on l’a vu, date d’il y a bien plus longtemps que la répression automatisée, les hommes politiques peuvent donner l’impression aux Français qu’ils se soucient de leur sécurité.

C’est bien plus facile que de redresser une justice défaillante qui laisse criminels et voyous dehors, et libère les récidivistes à même pas le quart de leur peine !

Devant le sentiment d’insécurité grandissant des Français, la réponse est toute faite, facile, indémodable : on s’occupe de votre sécurité sur la route. Grâce à notre action, des vies sont sauvées.

Sauf que c’est un mensonge, et que de plus en plus de personnes s’en rendent compte. Ici à la Ligue de Défense des Conducteurs, je reçois de plus en plus de messages et d’appels de conducteurs qui n’ont jamais eu d’accident et qui sont outrés d’avoir perdu des points et payé une amende pour avoir conduit « normalement ».

Les résultats de notre dernière Enquête sur la Sécurité Routière sont formels : sur les 978 000 personnes interrogées, 82 % disent stop au tout-répressif.

Et croyez-moi, lorsque je vais voir les députés dans leur bureau à l’Assemblée Nationale avec ces chiffres, ils sont tout prêts à écouter nos propositions !

Pour le moment, ils sont une quarantaine de députées, de tous bords politiques, à nous soutenir à l’Assemblée. Pour convaincre les autres, pour leur montrer ce que pensent vraiment les Français de cette politique de répression routière injuste, inefficace et odieuse, notre association a besoin derecueillir l’opinion d’au moins 5 millions de personnes.

C’EST POUR CELA QUE NOUS AVONS LANCE UNE GRANDE 
CONSULTATION NATIONALE SUR LA SECURITE ROUTIERE, 
A LAQUELLE VOUS POUVEZ PARTICIPER EN CLIQUANT ICI.

Petit à petit, l’opinion publique et politique évolue. D’un quasi-consensus en 2002, on est arrivé à un nombre de résistants qui ne cesse d’évoluer.

De nombreux policiers et gendarmes rejoignent notre association et soutiennent notre combat, car ils estiment que le racket de leurs concitoyens n’est pas la mission première des forces de l’ordre.

Nos actions de mobilisation contre les nouvelles mesures répressives qu’on veut nous infliger recueillent toujours plus de soutiens
Contre les radars mobiles embarqués : 503 258 signatures
Contre l’éthylotest obligatoire : 467 000 signatures, que je suis allée déposer d’ailleurs pendant mon audition sur ce sujet auprès du Conseil National de la Sécurité Routière, en janvier dernier.

Petit à petit, la pression monte autour des politiques.

Les fabricants de radars auront beau faire pression...

Les lobbys qui prônent une philosophie anti-voiture et anti-moto, que ce soit par hygiénisme ou par écologie, pourront toujours réclamer encore plus de répression...

Les hommes politiques ne pourront pas sciemment continuer ce système s’ils voient que la majorité de la population y est opposée, et qu’ils y risquent leur ré-election.

C’est pour cela qu’il est important qu’un maximum de personnes participe à la Consultation Nationale sur la Sécurité Routière . Si nous sommes en mesure de fournir aux hommes politiques des résultats basés sur 5 millions de personnes par exemple, ils nous écouteront !

Le temps de réunir tous ces résultats, notre association va continuer à faire entendre la voix des conducteurs qui veulent un retour à une vraie politique de sécurité routière, basée sur l’amélioration des infrastructures, des équipements, des campagnes de prévention, des contrôles ciblés et mesurés des conduites vraiment dangereuses, et une responsabilisation des conducteurs.

Ce n’est pas en baissant partout les limitations de vitesse quand les radars ne sont plus assez rentables, comme les pouvoirs publics le font sur les périphériques et rocades de toutes les villes par exemple, ou sur de nombreuses autoroutes (A6, A36, A47, A8, A9 et bien d'autres), qu’on va éviter les accidents !

Les membres de la Ligue de Défense des Conducteurs prônent au contraire une conduite responsable, et pas une répression absurde et déshumanisée.

La première de nos missions, c’est l’information.

En diffusant par exemple des vidéos, comme celle-ci, sur internet, pour qu’une majorité de Français connaissent la vérité sur la répression routière.
En envoyant des courriers aussi, à travers toute la France, pour les gens qui sont isolés ou n’ont pas internet. Car tout le monde a le droit de savoir, quand il reçoit sa contravention, ce qui se passe réellement derrière.
En contactant les journalistes pour qu'ils relayent nos informations.
Et en organisant des campagnes de mobilisation à l’échelle nationale, par des pétitions par exemple, lorsque les pouvoirs publics sortent une nouvelle sanction contre les conducteurs. Nous sommes la seule association de conducteurs à avoir pu mobiliser plus de 500 000 personnes, et notre force de frappe ce cesse d’augmenter.

Une grande partie de notre travail consiste à aller voir, encore et encore, les parlementaires. Pour essayer de faire déposer une proposition de loi, ou poser une question écrite, ou simplement essayer de leur montrer, chiffres et études à l’appui, à quel point la répression est insensée.

Ces études, nous les voulons les plus sérieuses et scientifiques possible, c’est pourquoi nous faisons souvent appel à des ingénieurs, des assureurs, des doctorants ou des statisticiens, spécialisés dans le monde de la route.

Pour financer toutes ces actions, nous ne recevons bien sûr aucune subvention publique, ni de quelque autre organisme que ce soit. Cela nous permet de rester totalement indépendants, et c’est vital pour un combat comme le nôtre !

Heureusement, nous pouvons compter sur nos membres pour nous aider à financer tout ce travail.

Ce sont eux qui se sont cotisés pour lancer cette vidéo sur internet par exemple. Et je tiens à les remercier tout particulièrement pour cela.

Car sans la participation de tous, et sans soutien financier, notre combat ne pourrait jamais avancer.

Aussi, si vous le souhaitez, après avoir répondu à la Consultation Nationale sur la Sécurité Routière, vous aurez la possibilité de contribuer vous aussi au financement de toutes nos actions.

Vous pouvez donner 10, 15 ou 20 euros, même 50 ou 100 si vous le pouvez. En général, les gens donnent entre 20 et 30 euros. L’important, c’est que chacun participe selon ses moyens.

En nous aidant à faire avancer notre combat contre les excès de la répression routière, vous rejoignez la communauté des conducteurs responsables qui refusent que la sécurité routière soit dévoyée à des fins fiscales ou rentables.

Vous deviendrez automatiquement signataire de notre Charte des Conducteurs Responsables :

Art. 1 : J'adapte ma conduite à la densité du trafic, à l'état de la route, aux conditions météorologiques et à ma forme du moment.
Art. 2 : Je ne suis pas seul sur la route. Je garde mes distances et vérifie très régulièrement dans mes rétroviseurs que je ne gêne personne ; je me décale largement pour laisser passer ou doubler les deux-roues.
Art. 3 : Je ne conduis pas sous l'emprise de substances altérant sensiblement ma vigilance et mes réflexes.
Art. 4 : J'entretiens régulièrement mon véhicule pour garantir une sécurité maximale.

Mais que vous décidiez de vous impliquer ou non dans le rétablissement d’une sécurité routière juste et qui sauve vraiment des vies, je vous remercie de bien vouloir répondre à la Consultation Nationale sur la Sécurité Routière.

C’est vraiment primordial que nous recueillons l’avis de tous.

Si vous décidez, en plus, de nous aider par votre don à continuer notre travail pour stopper la répression insensée qu’on nous fait subir et œuvrer pour une VRAIE politique de sécurité routière, alors je vous en remercie doublement.

N’oubliez pas : nous ne pouvons compter que sur des citoyens responsables, comme vous, pour agir.

Bonne route à vous,

 
Christiane Bayard

Secrétaire Générale
Ligue de Défense des Conducteurs

 

je participe

Ligue de Défense des Conducteurs
Association loi 1901 - 23, avenue Jean Moulin 75014 PARIS
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30 mai 2013 4 30 /05 /mai /2013 21:56

29 mai 2013 ~ UN COMMENTAIRE

Le printemps des chroniqueurs économiques (Acrimed)

Le printemps des chroniqueurs économiques (Acrimed) dans Austérité pla1

Comme nous le soulignions déjà en décembre 2012, les chroniqueurs économiques des grands médias audiovisuels sont interchangeables [1] :

ils partagent les mêmes points de vue sur « l’urgence des réformes » (forcément libérales), sur « le rôle de l’État » (forcément trop gourmand), sur « l’Allemagne » (forcément paradisiaque) et sur « la mondialisation » (forcément heureuse). Les crises à répétition, les défaillances d’un système économique et financier qui s’essoufle, l’échec des politiques d’austérité n’y font rien : les mêmes – toujours les mêmes – continuent de pérorer sans plier. Pendant que le printemps se fait attendre, les chroniqueurs économiques, eux, se font entendre… Les médias de masse (radio et télévision) ne sont pas censés jouer le rôle de prescription que joue la presse écrite qui est aussi souvent une presse d’opinion. Pourtant, dès qu’il est question d’économie, le journalisme devient commentaire. Et l’éditorialiste se transforme en partisan. Partisan de l’économie de marché, de l’économie déréglementée et de l’Europe libérale…

Les réformes, toujours…

Comme toujours, le dénominateur commun des chroniqueurs économiques est l’enthousiasme effréné pour les réformes qui se traduisent toujours par moins d’État et plus de marché. Ainsi, sur Europe 1, Éric Le Boucher donne le « la » en faisant état des chantiers qui attendent la France pour les années à venir :« réforme des retraites, baisse des dépenses de santé, recul des crédits aux collectivités locales et surtout plus de réformes structurelles pour la compétitivité. » (6 mai 2013) Pour relancer l’économie française, Nicolas Doze sur BFMTV suggère naturellement de « réduire les prélèvements obli- gatoires. » Et prévient : « ce n’est plus possible de reculer sur les trois réformes attendues et exigées par le reste de l’Europe : réforme sur le marché du travail et sa rigidité ; réforme sur les retraites ; réforme de la libéralisation des professions qui sont encore sous numerus clausus. » (15 mai) La partition est exactement la même sur la chaîne concurrente I-Télé où Jérôme Libeskind préconise donc « de dépenser moins, de taxer moins. » (17 avril) Original… Même son de cloche sur les autres radios généralistes. Le chroniqueur matinal de France Inter, Dominique Seux, s’inquiète d’un risque d’overdose de la France : « les dépenses publiques, si rien n’est fait, seront en 2014, pour la première fois, les plus élevées des 27 pays européens, au-dessus du Danemark, à plus de 57% du PIB. À ce niveau, ce n’est plus de l’aspirine, c’est de la morphine, c’est-à-dire une drogue. » (6 mai) Et sur RTL, Christian Menanteau pra- tique un copier-coller exemplaire : « Il va falloir apprendre à gérer sobrement, reformer les prestations sociales, les retraites, les allocations chômage et ça va être d’autant plus indispensable que la corde de rappel allemande ne va pas disparaître. » (6 mai) On l’aura compris, les réformes libérales sont plus que nécessaire pour tendre vers le modèle allemand.

L’Allemagne, encore…

La rigueur allemande est régulièrement donnée en exemple par les commentateurs de l’économie. Sur Europe 1, Axel de Tarlé incite François Hollande à suivre l’exemple de Gerhard Schröder – « on va voir maintenant si François Hollande aura le même courage » (24 mai) dit-il – en le conseillant sur les réformes à faire dans le cadre de l’assurance-chômage :« Gerhard Schröder en 2005 a réduit de moitié l’indemnisation du chômage à un an contre deux ans en France. Résultat : en Allemagne les entreprises payent deux fois moins de cotisations donc oui elles sont plus fortes et oui les entreprises créent plus d’emplois. Franchement, au point où il en est, François Hollande a tout intérêt maintenant à suivre cette voie qui a fait ses preuves. » Des preuves qui ne seront nullement contestées par Éric le Boucher : « On peut les soupçonner [les socialistes qui critiquent l’Allemagne] de vouloir, comme leur aile gauche, un abandon de la rigueur au profit d’un retour à la politique menée depuis trente ans d’un nouvel endettement national ou européen. » (29 avril) Mais, ajoute-t-il, « le parti au pouvoir entretient les illusions d’hier : relance des dépenses publiques et attente de la sortie de crise par les autres – par les Allemands, par l’Europe, par l’extérieur. Mais hélas, les problèmes de la France sont français, ils ne sont pas allemands, la compétitivité ne viendra des réformes qu’en France pas en Allemagne. » (29 avril) Pour que la sauce de la relance prenne, un subtil mélange s’impose : moins d’État, plus d’Allemagne et surtout un blanc-seing pour le patronat.

Les patrons, évidemment…

Le candidat François Hollande voulait encadrer les salaires des grands patrons, mais le gouvernement Ayrault est revenu à la raison : le patrons ne seront pas accablés. Le chœur des chroniqueurs pousse un « ouf ! » de soulagement. Sur I-télé, Jérôme Libeskind prend la défense des chefs d’entreprise car le moment de les incommoder est mal choisi : « Si le gouvernement avait décidé en plus de légiférer sur la rémunération des patrons, et bien, il aurait à nouveau brouillé ses relations avec les entreprises et leurs dirigeants, et ce n’est pas franchement le moment. » (24 mai) Son collègue de BFMTV, Nicolas Doze – qui avait flairé avec ce projet l’entrée des chars soviétiques dans Paris – approuve le renoncement de Pierre Moscovici : « Passer par la loi sur ce sujet, ça n’a aucun sens. Contrôler les prix, contrôler les salaires, c’est complètement fossilisé comme politique. (…) » (27 mai) Cela aurait été « une loi complètement anachronique. »

Derrière toutes ces analyses, il n’y aurait pas d’idéologie.

Tout cela résulterait du bon sens et ne serait teinté d’aucune arrière-pensée politique. Que dire alors quand Axel de Tarlé fait sa chronique sur « l’explosion abusive des arrêts maladie en dix ans » (25 avril). Pour lui cela ne fait pas de doute : il y a de « l’abus ». Pourquoi serions-nous plus malade aujourd’hui qu’il y a dix ans ? » s’interroge-t-il, avant d’insister : « Il y a de l’abus partout, y compris dans le privé ! ». Mais si de Tarlé s’était donné la peine de lire l’ensemble du rapport qu’il cite, il aurait vu que la population active vieillit, que le temps de travail s’allonge et qu’entre « 2008 et 2011, les salariés de plus de 50 ans ayant bénéficié d’un arrêt-maladie ont augmenté de 8,5 %, soit un rythme plus soutenu que celui du nombre total d’arrêts (+1,4 %) » [2]. De plus, « la durée des absences s’accroît avec l’âge : en moyenne, elle est 3,5 fois plus importante pour les salariés de plus de 60 ans que pour ceux de 30 ans. » [3]. Que penser également de la chronique de Bruce de Galzain « l’éco du jour », sur France Inter, qui prend le parti du libéralisme, le vrai. En effet, il salue la sortie d’un livre de Daniel Tourre (membre du parti Alternative libérale) qui veut combattre les clichés du libéralisme en France : « L’ouvrage est documenté, abordable, drôle ; pas prosélyte, didactique ! Et lorsque l’on demande à Daniel Tourre pourquoi le libéralisme est tant décrié en France, il prend sa part de responsabilité : il y a bien sûr l’omnipotence de l’État-nounou selon lui, la religion de l’État-Dieu qui ne laisse pas beaucoup de place (…) » (10 mai)

Toutes ces chroniques sont construites sur le même modèle :

plutôt que d’informer sur l’état de l’économie ou du débat économique, leurs auteurs, pourtant journalistes de profession, se contentent, semaine après semaine, de faire valoir leur opinions tout en se faisant juges et prescripteurs des politiques économiques nécessaires à la France. Et dès lors que tous ces chroniqueurs professent, à quelques nuances infimes près, le même libéralisme échevelé, six semaines (seulement) de leurs élucubrations dans les médias dominants se résument à un seul et même petit refrain, monotone et entêtant, celui du marché… Et tant pis pour l’objectivité journalistique, le pluralisme médiatique et le débat démocratique !

Par Mathias Reymondle 29 mai 2013


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