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9 octobre 2016 7 09 /10 /octobre /2016 15:56

@plaurent_pcf #QueDemandeLePeuple : le choix de la démocratie avant celui du candidat

Le Parti communiste veut une candidature commune de gauche alternative !

Le Parti communiste français va lancer au début de la semaine prochaine une « grande pétition nationale » en ligne pour appeler à une « candidature commune de gauche alternative », a annoncé samedi Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, lors de l’Emission pour la restitution de #LaGrandeConsultationCitoyenne.

Cela est à une grande initiative pour donner la chance au rassemblement d’une gauche désunie et ne pas sombrer en 2017. Samedi, Pierre Laurent a annoncé que le Parti communiste français allait lancer au début de la semaine prochaine une « grande pétition nationale ». L'objectif ? Appeler à une candidature commune de gauche alternative pour l'élection présidentielle. « Nous n'abandonnerons pas ce combat, il est essentiel », assure Pierre Laurent, le secrétaire national du PCF.

Décision le 5 novembre

« Je n'emmènerai pas le peuple de France avec le Parti communiste à la présidentielle comme on va à l'abattoir, avec la droite et l'extrême-droite », a expliqué Pierre Laurent, qui a également annoncé qu'il réunira le 3 novembre « les personnalités favorables à cette démarche », notamment de la société civile.

Deux jours plus tard, le 5 novembre, la conférence nationale du PCF donnera aux communistes le choix entre plusieurs options de soutien pour la présidentielle et fixera le délai dans lequel ceux-ci devront se prononcer. Pierre Laurent l'assure, le PCF finira par prendre une décision sur le choix d'un candidat. Du succès de la pétition dépendra pas seulement l’attitude du PCF vis-à-vis de tel ou tel candidat(e) mais de la réussite de la Gauche en 2017.

@plaurent_pcf#, quedemandelepeuple personne ne le fait sauf nous ! Des centaines de milliers d'heures de débat citoyens dignes Tout le monde parle de démocratie, mais personne n'a fait ce que nous avons fait: 65 000 questionnaires ! Priorités: salaires, environnement, lutte contre les discriminations, éducation, santé, vivre ensemble. Ces priorités pourraient constituer un socle commun pour agir sans hiérarchie.

Le questionnaire @QueDemande le peuple doit permettre de construire un projet pour de vrai changement progressiste dans notre pays. Cette consultation confirme qu'il y a une majorité de progrès dans ce pays. Nous entrons en campagne, dans une autre campagne, celle où nous dialoguons avec les citoyens.

59% veulent que la politique protège contre la loi du plus fort & construise de l'égalité. Ce sera le fil conducteur pour nous. La protection de tous, la promotion de chacun dans l'égalité des droits, ce sera notre fil conducteur.

Nous entrons en campagne sur les priorités des Français. Nous voulons un débat d'abord sur le projet pas sur les personnes. C'est ce #QueDemandeLePeuple. Il y a une majorité socialement convergente mais politiquement divisée et médiatiquement étouffée. 80% des Français disent qu'ils ne veulent pas le même casting présidentiel qu'en 2012.

La semaine prochaine nous lancerons une grande pétition nationale pour une candidature commune à là présidentielle.

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9 octobre 2016 7 09 /10 /octobre /2016 08:15

«Informer n’est pas un délit». Menaces sur la liberté de la presse

VENDREDI, 7 OCTOBRE, 2016

HUMANITE.FR

Les sociétés des journalistes signataires font part de leur vive inquiétude à propos du projet de loi intitulé "égalité et citoyenneté" qui pourrait réduire dangereusement la liberté de la presse.

Ce texte est examiné par le Sénat depuis mardi. Il entend vider de son contenu la loi du 29 juillet 1881, sous couvert de lutter contre les abus d’internet. Le Sénat s’apprête à remettre en cause ce texte fondateur sans concertation préalable avec les représentants des journalistes.
De quoi s’agit-il ? Les sénateurs envisagent notamment jeter à la poubelle le principe de la prescription des délits de presse – à commencer par la diffamation – au bout de trois mois, à compter de la date de publication : sur le support internet, ces infractions deviendraient, de fait, imprescriptibles, au même titre que les crimes contre l’humanité.
Ainsi, les contenus audiovisuels rediffusés ou disponibles conjointement en ligne (podcasts, replays, etc…), pourront être poursuivis indéfiniment, ce qui introduit une discrimination manifeste entre les médias et les supports.

De même, selon le texte sénatorial, la presse en ligne, uniquement disponible sur internet, se trouve totalement discriminée par rapport à la presse diffusée à la fois sur support papier et internet, puisqu’elle sera, par nature, exclue de la prescription trimestrielle et soumise à un risque d’action tant que ses articles seront en ligne.
Par ailleurs, le texte prévoit de supprimer une garantie fondamentale des droits de la défense, reconnue comme telle par le Conseil constitutionnel. Aujourd’hui, c’est à celui qui s’estime diffamé ou injurié de préciser exactement par quel passage, et de qualifier le délit (injure, diffamation ou autre). S’il se trompe, son action est déclarée nulle par le tribunal. Ce système est très protecteur de la liberté de la presse est remis en cause par le Sénat qui ouvre la voie à des poursuites judiciaires dans lesquelles le journaliste devra se défendre sans savoir exactement ce qui lui est reproché.

Enfin, les sénateurs entendent autoriser le contournement de la loi de 1881, en permettant les actions en justice sur le fondement d'une simple faute civile. Du coup, toute personne, qu'il s'agisse d'un particulier ou d'une entreprise, pourra exiger des dommages et intérêts pour un article qui lui déplaira.
Nous, sociétés des journalistes, appelons tous les titres à nous rejoindre pour se mobiliser contre ce projet de loi liberticide, qui met en péril l’un des piliers de la démocratie, consacré par le Conseil constitutionnel et la Cour européenne des droits de l’Homme.

Texte signé par les sociétés de journalistes et de personnels d’organes de presse : Le Figaro, Libération , Les Echos, l’Humanité, Le Monde, Le Point, Médiapart, Télérama, TF1, France 2, l’Obs, BFM, franceinfo.fr, i-Télé/ Canal Plus, France 24, Europe 1, RTL, RFI, Capa, Premières lignes, Alaternatives économique, AEF, Bastamag, Agence TV presse, production ainsi que le collectif « Informer n’est pas un délit » sur les menaces qui planent sur la liberté de la presse.

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7 octobre 2016 5 07 /10 /octobre /2016 14:29
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7 octobre 2016 5 07 /10 /octobre /2016 11:08

À Jacques Julliard, l’oligarchie reconnaissante

« C’est avec des hochets qu’on récompense les éditocrates. »

François Hollande remet la cravate de commandeur de la Légion d’honneur au subversif auteur de La Faute aux élites [1], suite à la promotion du 14 juillet dernier, qui élève par la même occasion Alain Duhamel au rang de grand officier. Pour services rendus – mais à qui ?

Si l’on considère qu’on peut évaluer le capital social d’un individu à la composition d’un groupe d’individus qu’il peut rassembler dans une circonstance particulière, alors on conclura de la cérémonie de remise à Jacques Julliard de sa dernière récompense officielle que cet « intellectuel » médiatique a réussi une belle carrière au service des dominants. Décoré le 3 octobre 2016 par le président de la République, cet éditorialiste de Marianne et du Figaro avait convié ses amis issus de différents secteurs du champ du pouvoir.

Voici, par ordre d’apparition dans le compte rendu de ce raout fait par Raphaëlle Bacqué, « grand reporter » au Monde [2], celles et ceux qui en célébrant Jacques Julliard célèbrent une certaine idée de « l’indépendance » de la presse à l’égard des pouvoirs. Une indépendance si sûre d’elle-même qu’elle ne craint ni le mélange des genres ni la connivence.

– Edmond Maire, ancien patron de la CFDT de 1971 à 1988 [3] qui a participé en 2008 à un livre d’hommage à Jacques Julliard [4].

– Jack Lang, dans son propre rôle (d’ex-ministre de la culture et de la communication).

– Pierre Nora, fondateur de la revue Le Débat, éditeur chez Gallimard, directeur d’études à l’EHESS comme Jacques Julliard, et ayant appartenu, toujours comme Jacques Julliard, à la Fondation Saint-Simon [5].

– Jean-Noël Jeanneney, producteur de l’émission « Concordance des temps » sur France Culture, ancien secrétaire d’État, ancien président de Radio France, ancien président de la Bibliothèque nationale de France... et co-auteur en 1979 avec Jacques Julliard de « Le Monde » de Beuve-Méry, paru au Seuil, une maison d’édition où Jacques Julliard fut directeur de collection et dont Jean-Noël Jeanneney fut membre du conseil d’administration [6].

– Mona Ozouf, longtemps collaboratrice au Nouvel Observateur comme… Jacques Julliard.

« Les patrons de Libération et de Marianne devisent avec celui du Figaro », nous apprend Raphaëlle Bacqué. Comment ne pas reconnaître Laurent Joffrin dont la route croisa celle de Jacques Julliard au Nouvel Observateur et à la Fondation Saint-Simon ? Et comment ne pas être touché par la présence des actuels employeurs du décoré, qui croient manifestement aux bienfaits du travail des seniors (Jacques Julliard a 83 ans) ?

– Jean d’Ormesson, dont Jacques Julliard a fait l’éloge dans le numéro duFigaro daté du jour même de la remise de la breloque : « Passer d’Alfred de Musset à Jean d’Ormesson n’exige aucune transition particulière. C’est la même liberté de ton, la même gaieté d’écriture. Mais il y a plus de tohu-bohu chez Jean que chez Alfred. » Et tous deux sont désormais disponibles dans la « Bibliothèque de la Pléiade », aux éditions Gallimard [7].

– Manuel Valls, le mari d’Anne Gravoin.

– Alain Finkielkraut, ce « philosophe »-médiatique-indépassable (dans son genre), qui co-signa avec Jacques Julliard en 1995 la pétition « Esprit » de soutien au plan Juppé de destruction de la sécurité sociale, et qui invite régulièrement le nouveau commandeur de la Légion d’honneur dans « son » émission « Répliques » sur France Culture [8].

– Luc Ferry, ancien ministre de l’Éducation de Jean-Pierre Raffarin et « philosophe »-médiatique-insurpassable (dans son genre), qui fut membre, comme Jacques Julliard, de la Fondation Saint-Simon, et avec lequel il forma sur LCI un duo mythique de débatteurs d’accord sur tout et opposés sur rien, comme le montrait une savoureuse séquence du film Les Nouveaux Chiens de garde.


Comment expliquer la présence de ces dominants multi-positionnés à cette cérémonie d’hommage à Jacques Julliard ? C’est très simple, il suffit d’appliquer à ce dernier ce qu’il écrit lui-même à propos de Jean d’Ormesson dans Le Figaro du 3 octobre 2016 : « Au fond, [il] mange à beaucoup de râteliers, mais il les choisit bien. »

Le cocktail en l’honneur de Jacques Julliard analysé ci-dessus est certes anecdotique, mais il est exemplaire. Et s’il est dérisoire, il n’est pas insignifiant. Tous les invités de cet éditocrate ont été et seront célébrés, selon des modalités similaires, à l’occasion d’« événements » médiatico-mondains (entrée d’Alain Finkielkraut à l’Académie française, entrée de Jean d’Ormesson dans la « Pléiade », parution du dernier opus de Luc Ferry, colloque consacré à Mona Ozouf, etc., etc.).

Ces pratiques d’auto-célébration ritualisées et continues sont l’un des outils d’intégration et de renforcement de l’entre-soi des dominants – et, apprivoisant ses chefferies, l’un des symptômes, sinon des vecteurs, de l’asservissement du « quatrième pouvoir » au pouvoir politico-économique.


Denis Souchon

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7 octobre 2016 5 07 /10 /octobre /2016 10:56

Le prix Nobel de la paix attribué au président colombien Juan Manuel Santos

LE MONDE | 07.10.2016 à 11h05 • Mis à jour le 07.10.2016 à 11h42

Le prix Nobel de la paix 2016 a été attribué, vendredi 7 octobre, au président colombien Juan Manuel Santos pour ses efforts en faveur du processus de paix avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC).

Au pouvoir depuis 2010, le président de centre-droit Juan Manuel Santos a tout misé sur la paix avec la guérilla. Même si la paix en Colombie a du plomb dans l’aile avec la victoire du non au référendum de dimanche 2 octobre, et que M. Santos apparaît fragilisé face à son principal adversaire et prédécesseur de droite Alvaro Uribe, la fondation Nobel a voulu couronner les efforts d’un homme qui a risqué tout son capital politique pour mettre fin à un demi-siècle de guerre fratricide, un rêve qu’il s’est engagé à ne jamais abandonner.

« Je continuerai à rechercher la paix jusqu’à la dernière minute de mon mandat parce que c’est le chemin à suivre pour laisser un pays meilleur à nos enfants », déclarait encore dimanche ce chef d’Etat deux fois élu, en arborant à son revers son éternelle petite colombe blanche. Une déclaration alors que les Colombiens venaient de rejeter majoritairement par référendum l’accord de paix avec la guérilla des FARC, le jugeant trop favorable à la guérilla.

« Les grands leaders travaillent pour la paix »

« Le président a fait preuve d’un leadership courageux. Courageux car il a préféré la paix à l’inertie de la guerre. Courageux parce qu’il s’est soumis à la décision des citoyens », soulignait en début de semaine Humberto de la Calle, chef des négociateurs avec les FARC.

L’accord historique qu’il a obtenu est le résultat de près de quatre années de pourparlers délocalisés à Cuba avec la plus ancienne et plus importante guérilla du pays. Il a été signé à La Havane le 24 août, une réussite saluée par la communauté internationale. Le cessez-le-feu bilatéral n’a pas été rompu après le référendum. Mais l’accord de La Havane se retrouve, lui, dans les limbes juridiques et politiques. Aucune issue à la crise ne se dessine à court terme.

Lire aussi : Accord de paix avec les FARC : la Colombie dans l’incertitude après le « non » au référendum

Faire la paix avec les FARC « demandait courage, audace, persévérance et beaucoup de stratégie : qualités et points forts de Santos », a déclaré Mauricio Rodriguez, son beau-frère etconseiller depuis plus de vingt ans. Dimanche, il avait tweeté : « Les grands leaders travaillent pour la paix, contre vents et marées, jusqu’au dernier jour de leur vie ! »

Juan Manuel Santos, 65 ans, issu d’une famille de la haute société de Bogota, a débuté en politique en 1991. D’abord journaliste, il avait remporté le prix du roi d’Espagne pour ses chroniquessur la révolution sandiniste au Nicaragua. Ce travail « nous a profondément marqués », a-t-il dit un jour à propos de cette investigation menée avec son frère Enrique, autre acteur clé du processus de paix entamé officiellement avec les FARC en 2012, mais secrètement dès l’accession au pouvoir de M. Santos en 2010.

« Je veux faire ce qui est correct »

Lorsqu’il a fait son entrée au palais présidentiel Casa de Nariño, ce politique qui se définit comme d’« extrême centre » avait déjà poursuivi la guérilla, lors d’une implacable croisade menée alors qu’il était ministre de la défense d’Alvaro Uribe. Le but : affaiblir les FARC pour les contraindre à négocier. Il a ainsi fait la guerre pour parvenir à la paix, notaient des analystes.

Le président a toujours affirmé qu’il ne cherchait pas une récompense pour son combat pour la réconciliation de la Colombie, déchirée par des décennies d’une confrontation entre guérillas d’extrême gauche, paramilitaires d’extrême droite et forces armées, qui a fait plus de 260 000 morts, 45 000 disparus et 6,9 millions de déplacés. « Je ne cherche pas les applaudissements. Je veux faire ce qui est correct », déclarait lors d’une interview à l’AFP cet homme décrit comme très rationnel et parfois critiqué pour sa froideur apparente. L’attribution du Nobel vendredi lui apporte toutefois un soutien personnel de premier plan pour la suite de ses efforts.

Admirateur de Winston Churchill, Franklin D. Roosevelt et Nelson Mandela, lecteur vorace et cinéphile, M. Santos a toujours dit que sa force venait de sa famille, fondée en 1988 avec Maria Clemencia Rodriguez, surnommée « Tutina » et mère de leurs trois enfants.


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/prix-nobel/article/2016/10/07/le-prix-nobel-de-la-paix-attribue-au-president-colombien-juan-manuel-santos_5009781_1772031.html#pdWAEIFkOAqoMxIx.99

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2 octobre 2016 7 02 /10 /octobre /2016 10:13
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2 octobre 2016 7 02 /10 /octobre /2016 09:12

Les États-Unis accusent la Russie de “crime de guerre”, le risque d’un affrontement américano-russe s’intensifie en Syrie

Par Jordan Shilton le 28 septembre 2016

Crises Droit international Etats-Unis Hégémonie Ingérence Russie

Les diplomates américains et alliés ont attaqué la Russie lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies dimanche, accusant Moscou de façon provocatrice de « crimes de guerre » en Syrie et démontrant qu’ils étaient prêts à risquer une confrontation militaire directe avec cette puissance disposant de l’arme nucléaire.

La réunion d’urgence du Conseil de sécurité a été convoquée par les membres permanents dont les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France, dans le but explicite de faire des allégations non fondées de crimes de guerre contre la Russie.

Se référant à l’attaque d’un convoi d’aide de l’ONU lundi dernier, l’ambassadeur américain à l’ONU Samantha Power a déclaré à la réunion, « Ce que la Russie fait et sponsorise n’est pas du contre-terrorisme, c’est de la barbarie ».

Elle a ensuite dit que le gouvernement syrien, qui a commencé une offensive jeudi pour reprendre les secteurs d’Alep tenus par les rebelles, a bombardé sans distinction des zones résidentielles avec le soutien russe. « Au lieu de poursuivre la paix, la Russie et Assad font la guerre. Au lieu d’aider à l’acheminement d’une aide de premiers secours pour les civils, la Russie et Assad bombardent les convois humanitaires, les hôpitaux, et les premiers intervenants humanitaires qui tentent désespérément de garder les gens en vie », selon Power.

Le ministre britannique des Affaires étrangères, Boris Johnson est allé encore plus loin, en disant dans une interview sur la BBC dimanche que la Russie devrait être le sujet d’une enquête pour crimes de guerre.

Les gesticulations éplorées des États-Unis et des politiciens britanniques sur les allégations de violations des droits de l’homme sont tout à fait hypocrites. En vérité, l’a rupture du cessez-le-feu d’une semaine au début de la semaine dernière a été déclenchée par le bombardement délibéré des positions de l’armée syrienne par des avions américains, des positions qui étaient bien connues des forces de la coalition. L’attaque a permis aux combattants de l’État islamique de prendre le contrôle de la zone. En outre, les « rebelles » soutenus par les États-Unis, qui sont dominés par le Front al-Nosra, l’ancienne filiale syrienne d’Al-Qaïda, ont systématiquement violé les termes du cessez-le-feu à plusieurs reprises. L’attaque ultérieure sur le convoi d’aide aurait pu être commise par ces forces, qui ont été accusées d’empêcher les civils à s’enfuir.

L’ambassadeur russe à l’ONU Vitaly Churkin a déclaré que parvenir à un accord de paix en Syrie était « presque impossible » en raison de l’appui continu de Washington pour al-Nosra. « Ils sont armés de chars, pistolets mitrailleurs, artillerie, lance-roquettes multiples […] des dizaines et des dizaines d’unités, y compris des armes lourdes […] Bien sûr, ils n’ont pas pu avoir fait cet équipement eux-mêmes. Ils ont reçu tout cela et ce matériel leurs est toujours expédié grâce aux bailleurs de fonds occidentaux généreux, avec les États-Unis qui vraisemblablement ferment les yeux », a commenté Churkin lors de la réunion du Conseil de sécurité. Il a poursuivi en accusant al-Nosra d’avoir bloqué l’aide humanitaire à Alep et lancé des attaques aveugles sur les zones tenues par le gouvernement.

Les affrontements se sont intensifiés dans tout le pays dimanche. Entre 26 et 43 civils ont été tués dans des raids de bombardement sur l’est d’Alep, qui est contrôlé par les forces anti-Assad dominées par al-Nosra. Pendant ce temps, les rebelles ont bombardé Masyaf contrôlé par le gouvernement pour une deuxième journée consécutive.

Il devient de plus en plus évident que Washington et ses alliés n’ont jamais considéré la trêve comme un moyen de mettre fin à ce conflit de cinq ans. Au lieu de cela, ils ont accepté l’accord, le temps de ravitailler leurs forces par procuration, qui subissaient une pression croissante des troupes d’Assad, avec le soutien de combattants iraniens et du Hezbollah, et de préparer une intensification massive de la guerre pour un changement de régime à Damas.

Cela a été rendu évident dimanche, quand une déclaration signée par une grande collection de groupes rebelles, dont beaucoup sont soutenus par les États-Unis, a rejeté tous pourparlers pour mettre fin à la guerre. « Les négociations dans les conditions actuelles ne sont plus utiles et sont dénuées de sens », affirme la déclaration.

Dans une démonstration publique du fait qu’ils n’accepteraient rien de moins que la capitulation totale du gouvernement Assad conformément à leurs plans pour un changement de régime, Samantha Power et les ambassadeurs français et britannique à l’ONU ont quitté la salle du Conseil de sécurité au moment où l’ambassadeur syrien tenait la parole.

L’objectif transparent de la dénonciation agressive de la Russie est de fournir un prétexte frauduleux pour la guerre. De l’affirmation selon laquelle le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi se préparait à massacrer des civils à Benghazi en mars 2011, aux allégations que les forces gouvernementales syriennes avaient lancé une attaque au gaz toxique en août 2013 et maintenant les allégations non fondées de « crimes de guerre » contre la population civile par la Russie, Washington et ses alliés ont systématiquement exploité de telle propagande sur les droits de l’Homme pour légitimer une vaste escalade de la violence militaire à travers le Moyen-Orient.

Les médias contrôlés par le grand patronat ont passé à la vitesse supérieure dans leurs efforts pour diaboliser la Russie et dépeindre les États-Unis comme un spectateur moralement outragé. Les articles et reportages de télévision citent régulièrement l’attaque sur le convoi d’aide, qu’ils attribuent à la Russie et au gouvernement syrien sans aucune preuve tangible, comme la cause de la rupture du cessez-le-feu.

Le New York Times a publié un autre billet de propagande samedi intitulé, « Du paradis à l’enfer : comment un convoi d’aide en Syrie a été anéanti » dans lequel les auteurs Anne Barnard et Somini Sengupta tiennent quasiment sans détour la Russie comme responsable. Sur la base de conversations avec des sources anonymes, y compris certaines alignées sur les rebelles pro-américains et anti-Assad, le Times a proclamé, « Dans leur ensemble, les interviews et autres documents indiquent qu’il y a eu une attaque prolongée et coordonnée menée par des avions russes ou syriens, probablement les deux ».

Puis, des reportages sont apparu dimanche alléguant que des bombes à sous-munitions, du phosphore blanc, des armes chimiques et des bombes barils ont été déployés contre les quartiers d’Alep.

La guerre pour le changement de régime en Syrie incitée par les États-Unis a déjà coûté la vie à près de un demi-million de personnes, forcé plus de la moitié de la population du pays à quitter leurs foyers et d’avantage déstabilisé toute la région.

La diabolisation de la Russie prépare le terrain pour une guerre qui entraînerait rapidement les grandes puissances dans un conflit régional et mondial. Cela a été souligné par les remarques du général Joseph Dunford au Congrès la semaine dernière. Interrogé par le sénateur républicain Roger Wicker à savoir si l’armée pourrait prendre des mesures décisives pour imposer une zone d’exclusion aérienne, Dunford a répondu : « Pour l’instant, pour que nous puissions contrôler tout l’espace aérien en Syrie, cela nous obligerait à déclarer la guerre à la Syrie et la Russie. C’est une décision assez fondamentale qui n’est certainement pas de mon ressort ».

La hiérarchie militaire du Pentagone n’a jamais soutenu l’accord de cessez-le-feu et n’a pas eu l’intention de le respecter. Comme Dunford l’a franchement admis aux sénateurs, « La Russie est la menace la plus importante pour nos intérêts nationaux ».

En dépit de la reconnaissance ouverte qu’une zone d’exclusion aérienne signifierait la guerre, cette politique incendiaire trouve un soutien croissant, y compris du ministre des affaires étrangères John Kerry. En août, les États-Unis ont soutenu une incursion turque dans le nord de la Syrie pour évincer les rebelles kurdes de la région frontalière. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a promis d’établir une zone dite sûre à travers une grande partie du nord de la Syrie. Cela impliquerait la présence permanente de troupes d’un État membre de l’OTAN en Syrie, créant ainsi une autre poudrière avec la Russie ».

La marche téméraire de Washington vers la guerre au Moyen-Orient se heurte à l’ intransigeance croissante de ses adversaires à Damas et Moscou. Prenant la parole lors du débat de l’Assemblée générale de l’ONU la semaine dernière, le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Muallem a qualifié le bombardement américain de l’avant-poste de l’armée syrienne, qui a tué plus de 60 soldats et blessé plus de 100 autres, d’acte délibéré. Damas « met toute la responsabilité de l’agression sur les États-Unis », a-t-il poursuivi, avant d’ajouter : « Cette agression ignoble prouve que les États-Unis et leurs alliés sont complices de l’État islamique et d’autres groupes terroristes ».

Muallem a également dénoncé l’incursion de la Turquie sur des tons véhéments, déclarant que l’opération soutenue par les Américains était une violation flagrante de la souveraineté syrienne.

Dans un long entretien accordé à la télévision russe samedi, le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a averti que le Kremlin était de plus en plus réticent à faire des compromis face à des actes de provocation de Washington. Lavrov a accusé qu’aucun progrès n’a été fait pour séparer le Front al-Nosra et d’autres forces djihadistes de la soi-disant opposition modérée. À moins que Washington ne prenne des mesures pour ce faire, « nos soupçons que tout cela est fait pour soulager al-Nosra vont être renforcés », a-t-il déclaré.

Réitérant les commentaires encore plus explicite qu’il a fait jeudi, le ministre des Affaires étrangères a poursuivi : « Si tout se résume à demander de nouveau aux forces aériennes de la Syrie et de la Russie de prendre des mesures unilatérales, telles que ‘Donnez-nous encore trois ou quatre jours et après nous allons persuader tous les groupes de l’opposition que cela est grave et qu’il faut couper les liens avec le Front al-Nosra’, de tels discours ne seront plus pris au sérieux par nous.»

Par Jordan Shilton | 26 septembre 2016

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1 octobre 2016 6 01 /10 /octobre /2016 18:31

1. Autoroutes Si l’état est le pigeon, les usagers sont les dindons !

JEUDI, 29 SEPTEMBRE, 2016

HUMANITÉ DIMANCHE

« L’usage des autoroutes est en principe gratuit. » Le gouvernement devrait relire la loi de 1955 portant sur le statut des autoroutes. Les péages devaient être provisoires… 50 ans plus tard, en 2006, il n’en était plus question. Le gouvernement Villepin vendait les sociétés concessionnaires d’autoroutes (SCA) 14,8 milliards d’euros – notamment à Eiffage, Vinci et Abertis. Pour la Cour des comptes, les bijoux de famille valaient plus 25 milliards. Les contrats de concession, eux, offrent un boulevard aux groupes privés. Chaque nouvelle demande d’investissement de l’État doit être compensée par un allongement de concession ou une augmentation des tarifs. Par exemple, pour installer du télépéage sous prétexte d’écologie, car ça limite les bouchons, les SCA ont lâché 800 millions d’euros… contre un an de rab de concession. Chaque année de péage leur rapporte 2 milliards. Au passage, elles ont supprimé 2 776 postes. Et engrangent 14,9 milliards de dividendes entre 2006 et 2013.

Sous François Hollande, les SCA ont été servies. Elles ont obtenu deux plans de relance. Le premier, élaboré sous Sarkozy, a été signé le 9 avril 2015. Il prévoit 3,2 milliards d’euros payés par les 7 sociétés concessionnaires d’autoroutes sur 21 chantiers. En échange, un allongement de 2,5 ans de leur concession et donc « une douzaine de milliards d’euros de péage », a calculé la CGT. Et qui fait les travaux ? À 50 %, des sociétés de Vinci ou Eiffage… Derrière ce plan, toujours le même credo, les caisses de l’État sont vides. Un grand plan d’investissement va créer de la croissance et de l’emploi.

Mais quelles contreparties ? Dans le document transmis à la Commission européenne, le gouvernement s’engageait à ce qu’il n’y ait pas d’augmentation tarifaire. Pourtant, en février 2016 : + 1,12 %… Pour Raymond Avrillier, qui est allé jusqu’au tribunal administratif pour obtenir les documents, « en plus de l’allongement, il y a eu augmentation tarifaire ». « C’est la preuve qu’il y a eu un arrangement secret entre les ministres et les SCA. Cette affaire est la parfaite illustration de la privatisation de la décision publique », analyse-t-il.

Les concessions sont une délégation de service public, donc soumises à contrôle. Sauf qu’un seul agent suit le dossier à la direction de la concurrence. De quoi ne pas être tatillon. « Les concessions sont incontrôlées du fait de leur durée, mais aussi de l’absence d’analyse de l’économie des contrats », continue Raymond Avrillier.

Après le fiasco de l’écotaxe, fin 2014 les députés y ont mis le nez. 150 socialistes écrivaient à Valls pour qu’il dénonce les contrats. La nationalisation, proposée par les communistes, a bien été examinée. Mais pas adoptée… « La ligne de défense du gouvernement, c’est que la nationalisation coûterait entre 20 et 30 milliards. Sauf que, d’ici à 2032, le gain serait de 40 milliards », explique Patrice Carvalho, député PCF.

Après la fronde des députés, le gouvernement a consenti à passer par un vote du Parlement pour tout allongement des concessions. Du coup, le nouveau plan de relance sera financé par les usagers et les collectivités. « C’est une opération de contournement du Parlement », continue le député. Les chantiers ne sont pas encore arbitrés. Mais, sur 100 euros de péage, entre 20 et 24 euros vont toujours directement dans les poches des actionnaires.

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1 octobre 2016 6 01 /10 /octobre /2016 16:29

Syrie: Les raisons d'un nouvel embrasement

VADIM KAMENKA ET NADJIB TOUAIBIA

VENDREDI, 30 SEPTEMBRE, 2016

HUMANITÉ DIMANCHE

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AFP

La paix s'éloigne en Syrie. L'accord de cessez-le-feu initié par Moscou et Washington n'aura tenu qu'une semaine. Les violations répétées de la trêve par chacune des parties ont favorisé une reprise du conflit. Encore une fois, les civils en paient le prix fort, comme à Alep. Les 250 000 habitants subissent un nouveau siège et des bombardements quotidiens qui font des milliers de victimes. Le contrôle de la ville syrienne reste le dernier enjeu géopolitique et militaire pour l'avenir du pays, d'où une polarisation des forces sur le terrain et la disparition des « modérés ». Un affrontement est lancé entre les forces de Bachar Al Assad et ses soutiens (Russie, Hezbollah, Iran) et les groupes djihadistes soutenus par les émirats du Golfe et certains pays occidentaux. Une telle imbrication des forces rend une solution militaire impossible. Seule une solution diplomatique au prix d'un effort collectif peut ramener encore la paix. Est-ce la volonté des États-Unis ?

Aux États-Unis, les nouveaux présidents reconduisent généralement la politique extérieure de leurs prédécesseurs. La ligne diplomatique étant assez similaire entre républicains et démocrates accordés sur un même objectif : le maintien de l'hégémonie. Concernant la Syrie, la divergence porte sur l'interventionnisme des candidats à la Maison-Blanche. Donald Trump apparaît moins favorable aux interventions militaires que son adversaire démocrate, la plus rassurante pour « l'establishment » diplomatique. Une élite désormais « entièrement composée de néoconservateurs à droite et d'interventionnistes libéraux à gauche », analyse Benjamin Friedman (1).
Hillary Clinton, à l'instar de son mari et ancien président, n'a eu que peu de divergences avec les républicains en termes de politique étrangère. Lorsqu'elle a été élue sénatrice de New York, elle a soutenu la ligne diplomatique de l'administration Bush (2000-2008), de l'invasion de l'Irak le 10 octobre 2002 jusqu'au concept de guerre préventive.
Face aux « choix de circonstance » opérés par Obama, bien malin qui peut saisir la stratégie américaine.

Et lors de son passage au secrétariat d'État, elle a clairement prôné les bombardements en Libye et défendu une intervention en Syrie. De son côté, Donald Trump n'entend pas se lancer dans une expédition au Proche-Orient.
« Nous y dépensons des milliers de milliards de dollars, alors que l'infrastructure de notre pays est en train de se désintégrer », a-t-il déploré le 3 mars, et il a inscrit « la montée du groupe "État islamique" au bilan de Barack Obama et de son ancienne secrétaire d'État, Hillary Clinton ». Malgré tout, pour John R. MacArthur, le directeur du « Harper's Magazine » : « La tentation du repli, qui hante la politique étrangère de Barack Obama depuis 2009, concerne désormais les deux grands partis. »

La nouvelle doctrine de Washington

Les « faucons budgétaires » l'auraient emporté sur les « faucons militaires » ? C'est loin d'être évident en ce qui concerne la Syrie et l'importance prise par la Russie dans ce conflit et dans la région. Le bombardement des positions de l'armée syrienne, qui a tué 70 soldats et en a blessé plus de 100 autres le 17 septembre, alors qu'un cessezle-feu était en vigueur depuis le 10 septembre, interpelle...
La stratégie menée en Syrie ainsi qu'en Libye par l'administration Obama apparaît comme un choix de circonstance afin de ménager les partisans d'un interventionnisme accru et ceux qui réclament la fin du recours à la force. Cette stratégie est présentée comme celle du « retranchement » relatif pour la plus grande armée au monde, ses dizaines de bases militaires (Irak, Afghanistan, Bahreïn, Djibouti, Italie...) et ses services de renseignements. Pour Benoît Bréville dans « le Monde diplomatique » (2) : « La décision syrienne d'août 2013 (celle de ne pas bombarder la Syrie ­ NDLR) représente un tournant pour la diplomatie américaine. (...)
La fin du réflexe d'une riposte militaire. Cette rupture a confirmé le choix par Washington d'une stratégie de "retranchement" afin de pouvoir se concentrer sur les problèmes intérieurs et remédier à l'activisme déstabilisateur des années Bush. » Une stratégie clairement formulée, explique-t-il, par le « Guide stratégique » publié en 2012 par le département de la Défense : « Pour atteindre nos objectifs de sécurité, nous développerons des tactiques à l'empreinte légère et peu coûteuses. (...) Les forces américaines ne seront plus en mesure de mener des opérations prolongées à grande échelle. »

Affrontements quotidiens à l'ONU

C'est dans cette logique que l'administration Obama semble alterner entre la tentation de trouver un accord de paix en Syrie et de ne pas laisser la Russie devenir un acteur incontournable dans la région. Il y a tout juste un an (3), la Russie a débuté son opération militaire en soutien au régime du président Bachar Al Assad, dévoilant des armements jamais utilisés : bombardiers, systèmes de missiles multirôles, GPS russe (le Glonass), radar, collecte d'informations... Depuis la fin de la trêve, mi-septembre, l'ONU est devenue le lieu d'un affrontement verbal quotidien entre les États-Unis (et ses alliés) et la Russie. Les bombardements sur le convoi humanitaire le 19 septembre et sur Alep le 23 septembre ont encore davantage figé les positions. « Ce que fait la Russie, c'est de la barbarie », a martelé Samantha Power, ambassadrice des États-Unis auprès de l'ONU. De leur côté, les autorités russes ont dénoncé le « peu de discipline des soldats américains », la « passivité » face à Daech et réclamé une enquête minutieuse sur l'attaque du convoi humanitaire détruit le 19 septembre.

Pour Didier Billion, directeur adjoint de l'IRIS : « La situation urgente et tragique de la Syrie ne se prête pas au décompte des bavures où les responsabilités sont par tagées. Jusqu'à aujourd'hui, les États-Unis et la Russie, deux membres du Conseil de sécurité des Nations unies, ont occupé le terrain. Mais la disposition est asymétrique. La Russie ­ alliée de Bachar Al Assad ­ a un projet politique sur la Syrie, alors que l'administration Obama est totalement en retrait depuis plus de 3 ans et modifiera sa stratégie à la fin de son mandat et à 2 mois des élections présidentielles. »

Le triple jeu turc

Les États-Unis font également face à un autre élément dans le dossier syrien : le rapprochement turco-russe. Un rebondissement jugé inattendu par de nombreux diplomates après l'attaque d'un bombardier russe par les forces turques à la frontière syrienne, en novembre 2015. Si le gel des relations a duré plusieurs mois, les forts liens économiques (gaz, tourisme...) entre les deux puissances les ont incitées à temporiser.
Au Moyen-Orient et sur la Syrie tout particulièrement, l'administration Obama doit faire face à une redistribution des alliances au gré du conflit. « Ce rapprochement (Poutine-Erdogan ­ NDLR) a engendré une révision des positions de la Turquie sur la Syrie.
Neutraliser la Russie, devenue un acteur majeur dans le conflit, reste un objectif prioritaire des états-Unis.

Erdogan, farouche opposant de Bachar Al Assad, rêvait autrefois de sa destitution au profit des Frères musulmans. Depuis sa visite à Moscou, le président turc est plus conciliant avec son homologue syrien », explique Karim Pakzad, de l'IRIS. À Saint-Pétersbourg, les deux chefs d'État ont annoncé davantage de « coopération technico-militaire ». Un rapprochement qui a soulevé des questions sur l'avenir des relations entre la Turquie et l'OTAN.
Les différents acteurs du conflit qui ravage la Syrie et menace toute la région veulent-ils vraiment la paix ?

Ces turbulences ne peuvent réellement aller jusqu'à une rupture. La Turquie demeure un fidèle allié états-unien et un membre prépondérant pour l'OTAN dans la région. Seulement, elle joue de plus en plus sa carte personnelle, comme en atteste sa récente intervention en Syrie avec son opération « bouclier de l'Euphrate ». Le but d'Erdogan est clair: freiner la montée en puissance militaire et politique du PYD (forces kurdes). « Les États-Unis ont donc fait un choix stratégique. Ils préfèrent une alliance forte, efficace et opérationnelle avec la Turquie plutôt qu'avec les groupes kurdes de Syrie. Pour eux, l'enjeu est bien plus important du point de vue géopolitique », résume Didier Billion.

Armes américaines, argent saoudien

Les États-Unis, l'Arabie saoudite et la kyrielle de groupes armés étiquetés « rebelles » constituent le trio infernal, acteur essentiel de la guerre qui ravage la Syrie, mais dont le rôle décisif est placé au second plan par la quasi-totalité des médias occidentaux. Les Américains fournissent les armes, les Saoudiens financent les opérations militaires des « rebelles » en s'assurant surtout de leur continuité sur les lignes syriennes. Durant le très bref cessez-le-feu à la mi-septembre, « plus de 300 attaques ont été menées par les groupes liés à al-Qaida », précise Fabrice Balanche, directeur du Groupe de recherche et d'études sur la Méditerranée et le Moyen-Orient (GREMMO).
L'objectif est en réalité d'empêcher la moindre amorce d'un processus de négociation tant que le régime de Bachar Al Assad est encore en place. Dans une déclaration signée par plus d'une trentaine d'entre eux, ces groupes, soutenus par les pays du Golfe, la Turquie et l'Occident, rejettent le parrainage des négociations par la Russie, soutien de Damas. Ils crient au « crime contre le peuple syrien », en prenant soin de maintenir le siège des quartiers dans leurs zones de contrôle, notamment à Alep, exposant les civils aux bombardements russo-syriens.
Ces groupes sont surtout assurés d'un approvisionnement permanent en armes. « Lorsque le président Obama a secrètement autorisé la CIA à commencer à armer les combattants rebelles de Syrie en 2013, l'agence d'espionnage savait qu'elle aurait un partenaire disposé à aider à financer l'opération clandestine. C'est le même partenaire sur lequel la CIA s'est appuyée pendant des décennies pour son argent et sa discrétion dans les conflits lointains : le royaume d'Arabie saoudite », rappelle un article du « New York Times » (28 janvier 2016), qui revient sur l'importance de cette dimension régionale dans le conflit.
« Le soutien aux rebelles syriens n'est que le chapitre en cours d'une relation qui dure depuis des dizaines d'années entre les services d'espionnage d'Arabie saoudite et les États-Unis, une alliance qui a traversé le scandale Iran-Contra, le soutien aux moudjahidine contre les Soviétiques en Afghanistan et les combats par procuration en Afrique », précise l'article.

L'énergie, nerf de la guerre

« Les États-Unis, les Européens et les Russes sont mus par "la flamme du pétrole et la fumée du gaz" », dénonce le poète syrien Adonis, dans un entretien à l'AFP à l'occasion du Salon du livre de Göteborg (Suède)... La question énergétique intervient en effet à plusieurs niveaux dans ce conflit. Le pétrole, c'est d'abord le nerf de la guerre pour Daech. La longévité de l'« État islamique » a été rendue possible grâce au contrôle de nombreux puits, à l'acheminement de l'or noir à travers les innombrables réseaux, avec la complicité évidente de la Turquie, et à sa vente, jusqu'en Europe. Stopper ces mouvements pour tarir la source de financement de Daech est un enjeu essentiel. Les Russes ciblent d'ailleurs ces milliers de camions-citernes qui se dirigent vers la frontière turque.
Les frappes de la coalition auraient, elles, plutôt tendance à les épargner, selon des sources concordantes. Ce sont les hydrocarbures qui déterminent également les positionnements géostratégiques des puissances occidentales et de leurs alliés.
Mais, « les Américains ne sont plus dépendants du pétrole saoudien. Ils sont indépendants et vont le rester au moins jusqu'à 2030 », rappelle le chercheur Fabrice Balanche. C'est cette marge de manoeuvre qui a facilité leur rapprochement avec l'Iran, au grand dam de l'Arabie saoudite. Les liens entre Riyad et Wasington se sont certes distendus, mais pas au point de remettre en cause les dispositifs de soutien financier et armé aux groupes satellites d'al-Qaida. La Syrie est enfin un corridor stratégique pour le transit de l'énergie, notamment depuis la découverte en Méditerranée de ressources pétrolières et gazières.

(1) www.foreignaffairs.com/articles/united-states/2014-01-28/state-union-wrong. (2) « les États-unis sont fatigués du monde », « le monde diplomatique », mai 2016. (3) le 30 septembre 2015, la russie lançait son opération de soutien au gouvernement syrien et affaiblissait daech.

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Published by bruno fornaciari - dans INTERNATIONAL ACTUALITES
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1 octobre 2016 6 01 /10 /octobre /2016 13:23

Nouvelle baisse de la Dotation Globale de Fonctionnement : Un budget 2017 qui fragilise encore plus les finances des collectivités

Le Projet de Loi de Finances pour 2017 est marqué par la baisse de la Dotation Globale de Fonctionnement (DGF) aux collectivités territoriales à hauteur de 2,6 milliards d’euros ; portant à 9 milliards la baisse de la DGF en trois ans. L’éternel argument gouvernemental de réduction des déficits n’est pourtant pas entendable, là où l’endettement des collectivités ne représente toujours que 10 % de la dette publique.

Ce sont les finances des départements qui sont principalement visées avec une baisse de plus de 11 % (1,1 milliard) de la DGF qui leur est allouée. Cette baisse mettra en danger une institution indispensable à la vie de la République, ainsi que des politiques territoriales, éducatives et de solidarités quotidiennes qui y sont liées.

Si les acteurs de la vie locale semblent en partie avoir été entendus à travers les premières annoncent d’une augmentation de la péréquation verticale via une hausse de la Dotation de Solidarité Urbaine ainsi que de la Dotation de la Solidarité Rurale, celles-ci ne sont malheureusement pas à hauteur des espérances et ne parviennent pas à pallier à la baisse chronique de la DGF.

Nous resterons par ailleurs particulièrement attentifs aux modalités dans lesquelles la hausse de la DSU et de la DSR s’inscrira, ainsi qu’à une réforme de la DSU attendue par les associations d’élus. Nous serons également particulièrement vigilants enfin, quant à la proposition de suppression de l’article 150 de la Loi de finances portant à une réforme de la DGF.

Le volet Collectivités Territoriales du PLF 2017 tel qu’annoncé par le gouvernement s’inscrit donc dans la continuité d’un désengagement de l’État dont les conséquences ont pesé sur le quotidien des populations. Au-delà, ces baisses sont à l’origine d’une diminution chronique de l’investissement local à hauteur de 25 %, freinant le développement économique des territoires et empêchant de répondre aux besoins des citoyens.

À l’heure où la nation est plus que jamais fragilisée par les divisions et le repli sur soi, il est temps de changer de cap et de permettre aux collectivités territoriales, piliers de la République, d’être en capacité de mener à bien leurs missions de services publics. Lors des débats budgétaires à venir, nous continuerons, comme nous l’avons fait depuis cinq ans à appuyer les propositions des élus locaux.

Ceux-ci appellent à sortir des processus dévastateurs de réduction de la dépense publique. Cela passerait d’abord par une augmentation de la Dotation Globale de Fonctionnement en revenant au niveau de 2013, mais aussi par une réforme de la fiscalité locale, en s’appuyant sur la prise en compte des actifs financiers comme composante de la contribution économique territoriale. C’est pour nous, la première étape, du changement de cap tant attendu par de nombreux élus et acteurs de la vie locale, dont nous continuerons de nous faire les porte-paroles au Sénat.

Groupe CRC

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BRUNO FORNACIARI

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