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3 février 2017 5 03 /02 /février /2017 10:32

Monsieur Mélenchon,

Vous avez une partie de notre avenir en commun entre vos mains pour faire France commune. Ne gâchez pas la chance et l'espoir qu'à levé la désignation de Benoît Hamon classé à gauche du PS (et opposant à a politique de Hollande et Valls), par des considérations restrictives à l'ouverture de rencontres et de débats. Il ne serait pas raisonnable non plus et contraire à ce que vous semblez préconiser "le pouvoir au peuple" de réserver le sort d'un accord de rassemblement qui concerne des millions de personnes à la seule décision Hamon/Mélenchon. Tous les protagonistes doivent pouvoir y apporter leurs propositions et leur âme. Tous les citoyens doivent pouvoir y apporter eux-mêmes leurs contributions. Vous avez avancé la bonne idée d'un débat avec avec Benoît Hamon. Pourquoi ne pas l'élargir à Yannick Jadot pour EELV et Pierre Laurent pour le PCF. Ainsi l'arc-en-ciel politique Rose-rouge-vert-insoumis serait complet et ce débat ouvert, pourrait mettre en lumière les enjeux et les propositions de chacun. Une telle initiative trancherait avec le spectacle affligeant et désespérant que présente la droite et offrirait au peuple français, les moyens d'influer sur les orientations qu'ils voudraient voir défendues pendant cette campagne présidentielle. Ils seraient intéressés aussi à savoir les conditions politiques nécessaires à réunir pour obtenir une majorité législative capable de mettre en oeuvre les axes communs en cas de victoire de l'un des candidats finalement retenu pour la gauche.

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3 février 2017 5 03 /02 /février /2017 09:40
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3 février 2017 5 03 /02 /février /2017 05:32

Patrick Boucheron : « Il faut réinventer une manière de mener la bataille d’idées »

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR STÉPHANE SAHUC ET LUCIE FOUGERON
JEUDI, 5 JANVIER, 2017
HUMANITÉ DIMANCHE
Photo Magali Bragard
Photo Magali Bragard

L’«Histoire mondiale de la France » paraît le 12 janvier aux éditions du Seuil, sous la direction de Patrick Boucheron, médiéviste, dont la leçon inaugurale au Collège de France, « Ce que peut l’histoire », fin 2015, avait eu un écho inhabituel pour cette institution. Avec 122 autres auteurs, ils se sont donné pour programme d’« écrire une histoire de France accessible et ouverte », un livre enthousiasmant qui réconcilie l’art du récit et l’exigence critique. Entretien.

Qui a dit que nos ancêtres étaient les Gaulois ? Qu’il fallait retrouver les racines chrétiennes de la France ? Restaurer notre « récit national » ? Etc., etc. L’histoire et son enseignement sont encore et encore convoqués à la barre d’un débat public crispé sur l’identité nationale, comme ultime rempart contre les divers maux de la société française. Entretien avec Patrick Boucheron, historien, professeur au Collège de France

HD. Pourquoi une histoire « mondiale » de la France et pas une simple histoire de France ?
Patrick Boucheron. Le monde étant notre souci, notre travail, notre effort permanent, c’est notre histoire dans son ensemble qui devient mondiale. Ce livre ne propose rien d’autre qu’une histoire de France telle que la mondialisation de notre regard l’a transformée. Elle ne se réduit pas à l’histoire de la France mondiale, une histoire impériale, des conquêtes ou des influences. C’est juste une histoire transnationale : une histoire longue de la France qui ne peut se réduire au prisme national.

HD. Les chapitres sont ouverts par des dates : pourquoi ce choix également surprenant d’une présentation chronologique de cette histoire ?
P. B. Nous savons ce que la chronologie fait manquer, en particulier en surévaluant l’histoire politique par rapport à l’histoire économique et sociale. Notre geste éditorial consiste à raconter l’histoire par dates précisément pour l’arracher à la nostalgie et à la facilité du légendaire patriotique. On peut parler de l’an 800 et du couronnement de Charlemagne sans en faire une histoire étriquée et réactionnaire. Entre ceux qui s’abandonnent au récit entraînant du roman national et ceux qui font profession de déconstruire cette entreprise idéologique, les premiers seront les plus facilement entendus. Voilà pourquoi il est nécessaire de réinvestir la forteresse de l’histoire exemplaire. On ne peut plus se contenter aujourd’hui d’opposer à ces récits simplificateurs et mensongers le démenti de la déconstruction des discours, sur l’air lassant du « c’était plus compliqué que cela ». Mais à partir de cette pensée critique qui est notre seule méthode, il convient de relancer un récit qui soit également entraînant tout en étant scientifiquement rigoureux. Abandonner la narration serait inconséquent car on connaît son efficacité.
 
HD. Comment avez-vous retenu les 146 dates qui composent le livre ? Certaines sont des classiques, comme 987 ou 1515, quand d’autres sont plus déroutantes, voire inconnues…
P. B. C’est une chronologie qui propose des moments et des séquences mais n’a pas l’ambition de repériodiser l’histoire. Nous ne prétendons nullement proposer un contre-récit, encore moins un anti-manuel. La date est un moyen puissant de donner à voir l’histoire mais qui n’en saisit pas tout. C’est cette faiblesse de la chronologie qui nous permet d’intercaler des dates plus surprenantes ou des dates factices comme « 1105, mort de Rachi », ou « 2008, mort d’Aimé Césaire » : elles ne sont pas des événements en soi, mais permettent de raconter une histoire. Rachi, rabbin de Troyes, est peut-être le premier écrivain français. Aimé Césaire met en jeu le rapport de la France avec la diversité, la francophonie… Autour d’une date, les auteurs nouent une intrigue théorique. C’est pour cela que le trait est souvent très large : pour raconter l’ordonnance de Villers-Cotterêts (1539) et l’histoire de l’empire du français, on commence au XIIIe siècle et on termine au référendum de Maastricht…
 
HD. Cet ouvrage est-il aussi une réponse au traitement de l’histoire dans les mass media, de la réédition du Lavisse « augmenté et complété » par Dimitri Casali en passant par les émissions de Stéphane Bern ?
P. B. La réédition « complétée » d’Ernest Lavisse est une escroquerie intellectuelle et éditoriale. Il faut donc organiser la résistance face à ce type d’offensive idéologique, car ce sont aussi des impostures. Je suis moins inquiet du succès de Stéphane Bern ou de Lorànt Deutsch. L’histoire éditoriale récente montre que l’écart a toujours été important entre une histoire savante popularisée et une histoire populaire de très grand public. Au moment où Georges Duby et Emmanuel Le Roy Ladurie vendaient beaucoup de livres, André Castelot et Alain Decaux en vendaient bien davantage. Ce qui ne doit pas décourager les historiens de sortir de leur zone de confort pour aller chercher d’autres lectorats.
 
HD. La première date est 34 000 avant notre ère : pourquoi ?
P. B. Elle correspond à notre volonté de neutraliser la question des origines. C’est un tic journalistique que de prétendre traiter tous les problèmes « De l’Antiquité à nos jours » ou pire « Des origines à nos jours ». Ce n’est pas parce que je suis médiéviste qu’il me faut être un militant des généalogies reculées. Prenons un exemple : si l’on travaille sur la vague actuelle de terrorisme islamiste, on peut légitimement se poser la question de savoir s’il trouve son point de départ dans les années 1990 avec le GIA et les conséquences de la guerre civile algérienne. Mais si l’on croit pouvoir le faire remonter au temps des croisades et de la secte des « assassins » dans la Syrie du XIIIe siècle, on tombe dans le piège idéologique commun à tous les fondamentalismes identitaires qui exaltent l’origine pour nier l’histoire. Les origines de la France, ce n’est pas Clovis, ni saint Louis. Une des manières de déjouer le piège est de dire : dans les frontières de la France, quelle est la plus ancienne attestation archéologique de présence humaine ? Il semble que ce soit la grotte Chauvet. On commence donc avec la préhistoire.
 
HD. Est-ce que ce besoin de défendre l’histoire montre que la bataille idéologique autour de cette discipline s’est renforcée et va encore s’intensifier avec la campagne présidentielle ?
P. B. L’histoire n’est pas un art d’acclamation ou de détestation mais un savoir critique sur le monde. Or, cette évidence que l’on croyait acquise rencontre tant d’adversaires aujourd’hui qu’il est bon de la défendre à nouveau. Il a été surprenant de voir resurgir intactes des questions qui nous semblaient réglées depuis longtemps. Le sentiment d’être sur le reculoir peut être décourageant. Mais il faut trouver les moyens de se remettre dans le sens du jeu, comme disent les rugbymen – et pas seulement dans le domaine de l’histoire…
 
HD. Cela ne va-t-il pas de pair avec un discours très « âge d’or de la IIIe République » : retour de l’uniforme à l’école, présentation par certains candidats, particulièrement à droite, de la colonisation comme une œuvre de civilisation ?
P. B. On constate effectivement une tendance générale à ce que l’on appelle aujourd’hui la « post-vérité » : plus que le mensonge, c’est l’indifférence au déni du réel. Mais c’est la même chose sur les chiffres de l’immigration, sur la question climatique… Et malheureusement cela ne vient pas que de la droite. Une partie de la gauche et même de la gauche radicale se perd dans cette pratique d’une histoire qui exalte et simplifie, au mépris de la complexité du réel : ce n’est pas le même tri que celui fait par la droite, mais c’est tout de même un tri.
 
HD. Cette cristallisation du débat politique sur l’histoire est-elle quelque chose de nouveau ?
P. B. Dans « les Origines de la France », Sylvain Venayre (1) montre que la question des origines et de l’identité enfle au XIXe siècle puis perd de son intensité dans les années 1920, avant de connaître un regain dans les années 1930 puis de s’effacer à nouveau… avant de resurgir aujourd’hui. Pourtant cette question des origines de la France est réglée sur le plan scientifique dès le début des années 1960. Ce retour de flamme ne repose donc sur rien de scientifique. Peut-être avons-nous été inconséquents de nous cantonner dans un procès en récusation. À partir du moment où on nous pose cette question, et de manière obsessionnelle, il faut lui apporter une réponse. Ne pas le faire devient trop dangereux. Nous sommes dans un moment paradoxal où l’histoire est convoquée comme science auxiliaire d’un discours idéologique, ce qui la transforme en fausse science.
 
HD. Dans votre « Ouverture », vous revendiquez l’héritage de Michelet…
P. B. Le Michelet qui nous intéresse, celui qui écrit : « Ce ne serait pas trop de l’histoire du monde pour expliquer la France », se dit fils de la Révolution française, écrit une histoire en totale rupture avec ce qui se faisait avant lui, et aboutit à une fusion lyrique entre son moi et la France. Il l’a fait une fois, pourquoi le recommencer ? Relire Michelet, c’est se vacciner contre ses vils imitateurs. Il y a au fond deux manières de comprendre le lyrisme micheletien. La France est un pays qui, comme tout autre, ne peut s’expliquer uniquement par lui-même : on fera donc une histoire mondiale de la France. Mais en même temps, à certains moments de son histoire, on peut avoir le sentiment que la France n’est pas tout à fait un pays comme les autres et a une capacité à mobiliser émotionnellement quelque chose comme l’universel. Dans la plupart des pays du monde, l’enseignement de l’histoire est strictement national, et ne cesse de l’être qu’au moment d’aborder la Révolution française. Et là aussi c’est micheletien : cette histoire mondiale de la France relève le pari de l’universel que portent les Lumières et la Révolution. Remarquons que l’on est aujourd’hui dans un moment très intéressant : la Révolution française semble historiquement un thème pour demain, moins peut-être du point de vue de l’écriture de l’histoire, comme c’était le cas lors du grand débat Soboul-Vovelle-Furet, que parce qu’elle est énergiquement réinvestie par la littérature (le « 14 Juillet » d’Éric Vuillard), le théâtre (Joël Pommerat et sa pièce « Ça ira, fin de Louis »)… 
 
HD. à ce sujet, une entrée est consacrée à « 1989 : la Révolution est terminée »… Est-ce à dire que la tentative de « tuer » la Révolution française aurait échoué ?
P. B. Dans notre ouvrage, la dernière séquence, qui va de 1989 à 2015, est intitulée « Aujourd’hui en France » : cela ne veut rien dire de précis, sinon que nous touchons à la limite de notre capacité historienne à la lucidité politique. Il ne s’agit pas de dire que l’histoire du temps présent n’existe pas, il s’agit juste de remarquer que nous entrons dans une période incertaine où ce que nous vivons ne peut pas encore être qualifié. Cet événement en cours a commencé en 1989 et nul ne sait sur quoi il débouchera. Voilà pourquoi l’image que nous avons choisie pour l’illustrer est celle de Jessye Norman chantant « la Marseillaise » lors de la cérémonie du bicentenaire de 1789. Cette parade du publicitaire Jean-Paul Goude, qui a été tellement insultée, était peut-être une réponse à la question de l’identité française, avec la mise en scène des « tribus planétaires »… Il s’est passé là quelque chose de déterminant dans notre rapport à l’identité nationale. Et celle-ci était à l’époque un thème de gauche ! Dans son ouvrage « Dire la France », Vincent Martigny (2) montre que le thème de l’identité française naît à la fin des années 1970, plutôt à gauche, intègre les cultures minoritaires, est fondé sur l’anti-américanisme, et est repris par Jack Lang comme grand thème de sa politique pour inspirer « l’exception culturelle » : l’identité française est alors culturellement définie par sa diversité. Puis, en 1985, cela bascule : le thème est repris par la droite, la gauche s’en dessaisit. Et l’ouvrage de Braudel, « l’Identité de la France », est pris dans ce basculement : au moment où il paraît, il est mort, et le thème est passé à droite et devient une critique de la diversité… On pourrait faire cette histoire en racontant les commémorations : 1987, le millénaire capétien, « la création de la France » ; 1996, le 1 500e anniversaire du baptême de Clovis, avec Jean-Paul II… Ce que peut l’histoire, c’est organiser, contre la falsification par les discours politiques, un rappel à l’ordre du réel, qui est celui de la complexité historique.
 
HD. Vous allez rencontrer des écoliers pour parler avec eux de « Comment se révolter »… Ce n’est pas courant pour un professeur du Collège de France…
P. B. J’essaie de parler à tous les publics ! Ce sujet – les révoltes médiévales – m’est venu du contraste entre la manière dont on parle du Moyen Âge à l’école – la seigneurie, la féodalité, une sorte d’enfance de l’obéissance, une vision incroyablement normative – et les rayons jeunesse des bibliothèques municipales où l’on trouve « Robin des Bois », « Ivanhoé », des histoires d’enfants qui se révoltent, de gens en rupture de ban. Le Moyen Âge est plutôt une période énergique, créative, encourageante. Or, l’histoire ne vaut que si elle devient un art de l’émancipation. La première de ces conférences a eu lieu en janvier 2016, dans une ambiance très lourde, et j’ai essayé de raconter aux enfants qu’on se sort toujours de n’importe quelle situation, qu’il y a toujours une fin, pas forcément celle qu’on attend, et que ceux qui disent que l’on est condamné à toujours reproduire les mêmes haines ont tort.
 
HD. Dans votre leçon inaugurale au Collège de France, le 17 décembre 2015, vous disiez d’ailleurs : « Pourquoi se donner la peine d’enseigner sinon, précisément, pour convaincre les plus jeunes qu’ils n’arrivent jamais trop tard… »
P. B. Oui, parce que c’est un sentiment que ma génération – je suis né en 1965 – a pu avoir, de vivre à l’ombre de « la » Génération, celle qui a vécu les grandes choses… C’est après que j’ai compris qu’eux-mêmes étaient dans la répétition, la reprise, peut-être même la parodie : ils refaisaient la geste de la Résistance… Il ne faut pas s’étonner d’une forme de désenchantement, à ce moment-là, et du sentiment que les choses importantes étaient derrière nous. Ce qui est absurde car nous avons vécu des événements considérables depuis 1989. La seule chose dont mon fils de 19 ans est persuadé, comme tant d’autres de son âge, est qu’il vivra plus mal que son père, une croyance aussi solidement ancrée que l’était celle de mon propre père, persuadé de vivre mieux que le sien. Le monde va à sa perte : voilà ce qui apparaît à mon fils comme une évidence, presque une fatalité. Le défi qui est devant la gauche est celui de réarmer l’idée de progrès. On voit comment il a été compromis, par ceux qui le contrarient, par ceux qui le critiquent, et de quel prix et de quelles compromissions on l’a payé. Il faut réinventer une manière d’y croire à nouveau et de mener la bataille d’idées.
 
HD. Ne vous semble-t-il pas que l’histoire « vue d’en bas », celle des vaincus, des opprimés ou des oubliés, ou encore des imprévus, parvient à dépasser les cercles militants de l’histoire critique ?
P. B. En effet, et ma génération s’est peut-être enfermée dans une sorte de « chic intellectuel », une conception un peu « artiste » de l’histoire, de son écriture, inévitablement élitiste dans son allure et dans ses sujets. Quand j’étais étudiant en histoire à la Sorbonne, lieu légitime par excellence, les sujets les plus courus en histoire médiévale portaient sur les révoltés, les marginaux, les prostituées… Aujourd’hui, il n’y en a plus que pour l’histoire de l’Église, des intellectuels, des dominants. Ma génération a sans doute une responsabilité : elle n’a pas vu que cette histoire se poursuivait dans un cadre « militant », par exemple sur la Première Guerre mondiale, poursuivant quelque chose que nous avions délaissé. Maintenant il faut s’en ressaisir. On voit bien que l’histoire des mémoires coloniales, par exemple, s’est développée dans les bas-côtés de l’histoire universitaire légitime – elle n’avait pas vraiment droit de cité dans « les Lieux de mémoire » de Pierre Nora. Aujourd’hui, quelle est l’histoire militante qui se développe de manière véhémente sans doute, approximative peut-être, mais énergique, et qui pour cela mérite d’être considérée ? Où est notre angle mort ? Si on n’y prend pas garde, les hiérarchies symboliques des positions académiques calquent les hiérarchies des sujets et de leur dignité supposée.
 
HD. Vous avez été nommé il y a un an professeur au Collège de France, et, en particulier depuis votre leçon inaugurale, « Ce que peut l’histoire », vous êtes sorti d’une certaine ombre médiatique. Comment vivez-vous cela ?
P. B. Je mentirais si je disais que je n’ai pas souhaité l’écho donné à cette leçon. Cette notoriété nouvelle m’a par exemple permis de participer activement à l’organisation au Collège de France du colloque de rentrée sur « Migrations, réfugiés, exils », un thème en plein dans l’actualité, ce qui était une réponse. La question est de savoir quel projet d’influence on a…
(1) « Les Origines de la France. Quand les historiens racontaient la nation », de S. Venayre. Éd. du Seuil, 2013.
(2) « Dire la France », de V. Martigny. Presses de Sciences-Po, 2016.
 

POUR EN SAVOIR PLUS

 
 
 

« Histoire mondiale de la France », sous la dir. de Patrick Boucheron, éditions du Seuil, 2017, 798 pages, 29 euros.

Cette aventure éditoriale collective nous offre en 146 dates (de 34000 avant notre ère à 2015) le résultat d’une ambition « politique, dans la mesure où elle entend mobiliser une conception pluraliste de l’histoire contre l’étrécissement identitaire qui domaine aujourd'hui le débat public », affirme Patrick Boucheron dans son « Ouverture », qui est en soi un manifeste. Il s’agit d’écrire « une histoire vivante, parce que constamment renouvelée par la recherche, (…) en espérant qu’un peu de cette joie saura faire front aux passions tristes du moment ». Chaque date est le nœud d’une intrigue, brossée en 4 pages par des historiens sortant de leur « zone de confort ». Avec comme guide le principe du plaisir à faire cette « Histoire mondiale de la France », « parce qu’elle est tellement plus intéressante ainsi ! »

Patrick Boucheron a notamment publié « Conjurer la peur, Sienne, 1338, Essai sur la force politique des images » (Seuil, 2013), « L’Exercice de la peur » (débat avec C. Robin, PUL, 2015 ; voir  « l’HD » n°491), « Ce que peut l’histoire. Leçons inaugurales du Collège de France » (Fayard, 2016), « Comment se révolter ? » (Bayard, 2016).

 

Note de lecture.

Dans un récent billet, je vous parlais de l'ouvrage collectif dirigé par Patrick Boucheron, "Histoire mondiale de la France". Il connaît un beau succès avec déjà 50 000 exemplaires vendus en trois semaines et trois réimpressions. Ce n'est pas rien. Ce récit d'une France ouverte sur le monde, qui s'intéresse aux circulations des hommes et des idées, et non aux replis identitaires, aux stigmatisations et aux rejets, arrive dans un moment où l'idée de gauche et de progrès relève enfin la tête.

L'espoir est là. Fragile.

Alors que Hollande et Valls ont été degagés, et avec eux ce quinquennat de renoncements et de trahisons, une espérance collective commence à gagner les consciences et les cœurs. En être ou ne pas en être va être la grande question des prochains jours. Et si la prochaine "surprise" était de ne pas se faire imposer un second tour Le Pen/Macron, présenté par les grands médias et les instituts de sondage comme la prochaine "évidence" ? Une écrasante majorité de personnes regardent cette présidentielle avec un questionnement : " comment cela va-t-il se terminer ?".

Celles et ceux qui se reconnaissent dans les valeurs de gauche, qui ne croient pas un instant que le remplacement de Fillon par Macron soit la solution, sont aujourd'hui disponibles pour tourner la page et construire du neuf, pour décider des politiques à conduire pour nos vies, des rassemblements et des majorités pour les mettre en œuvre. Il y a toujours trop de retard, trop de prudence, trop d'obstacles entre les possibles, l'effervescence politique et sociale et la construction politique pour y répondre. Nous l'avons vécu lors du débat sur la déchéance de nationalité, puis avec la loi El Khomri. Ce coup-ci, il faut y aller, y aller pour de bon.

Je reviens sur "Histoire mondiale de la France". Quel bonheur de lire la réaction d'Alain Finkielkraut dans le figaro. " Pour les nouveaux historiens, mondialiser la France, c'est dissoudre ce qu'elle a de spécifique dans le grand bain de la mixité, de la diversité, de la mobilité et du métissage". Zemmour évoque lui le retour du clivage entre " le parti de la France et le parti de l'Etranger". Ils s'agacent car ils sentent bien que l'Histoire frappe de nouveau à la porte. Toc...Toc...

 
 
 
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31 janvier 2017 2 31 /01 /janvier /2017 20:06

Jean-François Téaldi

1 h

Fier d'être adhérent de ce syndicat, total partage.

SNJ-CGT: Quelle belle soirée !


La soirée électorale de la primaire du Parti socialiste a été un moment inoubliable de télévision sur France 2, BFM ou ITélé. Comme ce fut le cas lors du premier tour, il était difficile pour les éditocrates de cacher leur dépit, voire leur colère, devant la claire victoire de Benoît Hamon face à Manuel Valls.
Le pluralisme a été une nouvelle fois l’oublié des plateaux de télévision.
Quasiment Les mêmes têtes, toutes issues du « cercle de la raison » libérale nous sont offertes à chaque fois et les mêmes arguments sont déversés sans grand risque d’être contredits. Dans une expression rageuse ou vulgaire (Franz-Olivier Giesberg, Jean-Luc Mano, Eric Brunet), de droite libérale et/ou souverainiste plus ou moins outrancière (Agnès Verdier-Molinié, Natacha Polony, Nicolas Beytout), les commentateurs invités vont tous dans le même sens : ridiculiser, délégitimer tout projet politique de changement. Avec si peu de contradictions sur les plateaux, le parti-pris des journalistes n’en est que plus visible et déplorable ! Qu’il s’agisse de Nathalie Saint-Cricq sur France 2 ou d’Anna Cabana sur BFM TV, les jugements de valeur en faveur de la « crédibilité » de certains candidats (Fillon, Macron ou Valls) et le mépris affiché pour d’autres (Mélenchon ou Hamon) est transparent. A peine victorieux, Hamon a même été « débranché » sur France 2. Son discours ayant été coupé pour laisser la place aux commentaires jugés sans doute plus pertinents de l’ex « patronne des patrons » Laurence Parisot!
C’est insupportable pour le téléspectateur qui, lui, tente de comprendre la situation politique du moment, celle où tous les instituts de sondage (une fois de plus) sont désavoués par les électeurs, celle où tous les favoris sont balayés.Comment s’étonner que des commentateurs et des journalistes soient associés aux élites et à un système rejeté ?
Ce fut malgré tout une belle soirée ; belle parce que voir tous les médiacrates de service manger leur chapeau et se contorsionner procure des moments d’extrême jubilation. En revanche, ce ne fut pas une belle soirée pour la télévision et en particulier pour celle du service public et pour France 2, au bout du compte partial et même partisan.
Montreuil, le 31/01/2017

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31 janvier 2017 2 31 /01 /janvier /2017 19:19

Pierre Huguet

TOUT S'EXPLIQUE , TOUT DEVIENT CLAIR CONCERNANT SA FULGURANTE PRÉSENCE DANS LES SONDAGES !

Les dessous de la campagne médiatique de MACRON 
 MACRON... L'ambiguïté du personnage se confirme..
Référence : journal Le Monde
Patrick DRAHI polytechnicien, est un Grand Financier, d’origine juif marocain. Il vit en Suisse et sa holding ALTICE est au Luxembourg. Depuis quelques années il intervient dans le domaine des Télé communications en France, avec le rachat de SFR à Vivendi notamment .Homme peu scrupuleux, sur/ endetté, néanmoins à la tête d’une fortune de 14 milliards dit on, il a racheté en France Next Radio propriétaire de BFM TV en 2015 à Weill. Et il a fusionné l’ensemble appelé ALTICE MEDIA avec le concours de Berrnard Mourad , ancien Banquier d’affaires de MORGAN Stanley , qu’il vient de déléguer chez MACRON comme Conseiller spécial chargé du financement de sa campagne.
Par ailleurs les hebdomadaires l’EXPRESS et LIBÉRATION font partie de son Groupe ALTICE.
Il n’a pas hésité à licencier des milliers de salariés chez SFR et à L’EXPRESS où son homme de confiance le journaliste Christophe BARBIER Directeur de la Rédaction a été attaqué par les syndicats et démissionné de la Direction du journal dont il reste le porte parole sur les chaînes de télé en faveur de MACRON. 
Les observateurs commencent à constater. que BFM TV et l’EXPRESS font campagne pour MACRON avec un matraquage journalier en sa faveur !! 
En réalité MACRON a rendu un service inestimable à DRAHI quand il était ministre de l’Économie et des Finances à Bercy . En 2014 DRAHI est en concurrence avec BOUYGUES TELECOM pour racheter SFR. Montebourg Ministre de l’Économie et des Finances avant d’être débarqué du gouvernement s’oppose au rachat de SFR par DRAHI estimant qu’il doit se mettre en règle fiscalement avec la France alors que sa Holding ALTICE est au Luxembourg , qu’il vit en Suisse et qu’il a la nationalité israélienne. Dès son arrivée à Bercy le 28 octobre 2014 son successeur MACRON nouveau ministre de l’Économie et des Finances, signe le décret en faveur de DRAHI l’autorisant à racheter SFR et déboute BOUYGUES Télécom. . 
La campagne de MACRON est désormais soutenue puissamment par un Groupe MÉDIAS de télévision et journaux sans compter des ramifications avec l’ institut de sondage dirigé par Jean Daniel LEVY, INTERACTIVE qui publie des sondages en connivence sur MACRON.*
Il est temps que le voile se déchire et se lève sur le candidat de la « modernité » qui abuse le bon peuple en se faisant passer pour un candidat anti-système!! On peut parier que l’offensive de la gauche contre lui, avec VALLS en tête se déclenchera bientôt vers la fin janvier après la Primaire, à moins que la Grande Finance mondialiste internationale,. ne soit "en marche » pour propulser MACRON maintenant aussi soutenu par Royal et Minc à la Présidence de la République et obtenir ainsi au plus haut sommet de l’État un soutien Inconditionnel de la petite mascotte, son dévoué serviteur .
Après Hollande : « mon ennemi c’est la Finance » , nous avons désormais à gauche Macron : « notre amie c’est la Finance » . Les électeurs auraient bien tort de lui faire confiance !

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Published by bruno fornaciari - dans ACTUALITES LE SAVIEZ-VOUS
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31 janvier 2017 2 31 /01 /janvier /2017 15:18
Depuis le début des années 2000, +72% de personnes déclarent souffrir du froid dans leur logement faute de moyens financiers et de matériel défaillant  pour se chauffer.
Depuis le début des années 2000, +72% de personnes déclarent souffrir du froid dans leur logement faute de moyens financiers et de matériel défaillant pour se chauffer.
Photo Laurence Mauriaucourt

Entre le début des années 2000 et la fin du quinquennat Hollande, les personnes souffrant de mal-logement sont de plus en plus nombreuses. La Fondation Abbé Pierre rend public un rapport qui dépasse le sombre constat et met en lumière quinze propositions très politiques. 

En matière de lutte contre le mal-logement, le bilan du quinquennat Hollande est en "demi-teinte", juge la fondation Abbé Pierre dans son rapport annuel, qui a été remis lundi au président de la République. Malgré les engagements du candidat Hollande, qui avait signé le "Contrat social" de la fondation en février 2012, et une "activité législative assez dense" liée au logement pendant le quinquennat (loi ALUR, loi relative à la mobilisation du foncier public, loi pour la transition énergétique, etc.), en 2017 "le nombre de personnes confrontées à la crise du logement continue d'augmenter", selon ce rapport.

Près de quatre millions de personnes sont mal logées, (c'est-à-dire qu'elles sont soit privées de logement personnel soit vivent dans des conditions de logement très difficiles) et plus de 12 millions sont "fragilisées par rapport au logement" (locataires en situations d'impayés, propriétaires occupant un logement dans une copropriété en difficulté, etc.).

Si la fondation Abbé Pierre n'est pas en mesure de comparer strictement l'évolution, pendant le quinquennat, du nombre de mal logés, elle souligne plusieurs tendances montrant une aggravation de la situation: le nombre de personnes sans domicile par exemple (143.000 selon l'Insee) a augmenté de 50% entre 2001 et 2012. Celui des personnes contraintes d'être hébergées chez des tiers a grimpé de 19% entre 2002 et 2013. Et les personnes en situation de "surpeuplement accentué" (lorsqu'il manque deux pièces ou plus au logement) "sont de plus en plus nombreuses": +17% entre 2006 et 2013.

Sur le plan de l'immobilier, "alors que le président de la République avait fixé l'objectif de 500.000 constructions neuves par an, dont 150.000 logements sociaux, on ne peut que constater à la fin de ce quinquennat que le compte n'y est pas", souligne aussi le rapport: "depuis 2012, moins de 400.000 logements sont mis en chantier chaque année, malgré une remontée de la production au cours de la dernière année du quinquennat".

La Fondation Abbé Pierre regrette également que "les expulsions locatives surviennent encore avec le concours de la force publique sans relogement, contrairement aux engagements présidentiels". Elles ont même fait un "bond spectaculaire annuel de 24% en 2015".

Parmi les points positifs, la fondation Abbé Pierre cite notamment l'encadrement des loyers qui a des "effets concrets et directs, sonnants et trébuchants, pour les ménages", et qu'il est "indispensable de renforcer". "Des graines ont été semées et des avancées obtenues, en matière de loyers, d'orientation des attribution HLM, de gouvernance, de précarité énergétique... Mais elles ne suffiront pas face à l'ampleur du mal logement".

12,1 millions de personnes fragilisées par rapport au logement en France
 

Vite ! Une sécurité sociale du logement !

Pour renverser la tendance, "il faut complètement changer d'échelle", martèle Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé Pierre. "Si on met en place un grand plan d'action national pour sortir les sans domicile de leur situation, on peut régler la question en cinq ou dix ans selon les territoires", assure-t-il. Pour combattre efficacement le mal-logement, la Fondation Abbé Pierre émet quinze propositions, parmi lesquelles la production de 150.000 logements sociaux par an accessibles aux plus modestes, la mobilisation du parc privé à des fins sociales, la mise en place d'une politique plus précoce de prévention des expulsions ou encore la résorption des "passoires thermiques" (logements mal isolés). Concernant les migrants, la fondation insiste sur la nécessité de débloquer des moyens pour les loger et les accompagner et celle d'assouplir les possibilités de régularisation, "afin d'éviter que des dizaines de milliers de personnes soient en situation de grande précarité pendant des années".

Ce mardi 31 janvier, les principaux candidats à la présidentielle, à l'exception de Marine Le Pen avec qui la Fondation est en "désaccord profond", étaient invités à débattre de ces sujets à La Défense. Ont répondu à l’appel Yannick Jadot, Jean-Luc Mélenchon, Emmanuel Macron et Benoît Hamon.

(Avec AFP - Infographie L.Ma pour l'Humanité.fr)

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31 janvier 2017 2 31 /01 /janvier /2017 14:29
Des pétitions circulent pour unifier une candidature de gauche à la présidentielle. L'intention est bonne, mais elle écarte les appareils politiques desquels il faudrait s'éloigner ou se libérer, et d'autre part, ne concernerait in fine que les candidats aux présidentielles. Laissant sur le gué d'autres forces politiques, comme le PCF par exemple. Le choix du candidat se ferait au tirage au sort.
Ce n'est pas, de mon point de vue, la bonne façon de parvenir à un accord. Celui-ci ne peut-être que global, fait d'avancées, de concessions et de compromis, consécutif à un large débat populaire organisé par les formations politiques auxquels seraient conviés tous les citoyens, associations et organisations qui souhaitent s'impliquer dans le projet.
Ce débat et la recherche d'un accord doit porter sur le programme et les engagements, communs, sur la majorité législative, sur la politique et la composition prévisible d'un gouvernement dont la formation respecterait les équilibres politiques de tous les protagonistes. Il nous sera impossible, je crois, de trouver un accord si nous prenons les choses par petits bouts. Voyons grand.
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31 janvier 2017 2 31 /01 /janvier /2017 08:13

 A l’aube de 2017, on ne peut raisonnablement aborder les grands enjeux électoraux en France, sans mettre d’abord en avant le constat cynique d’une accumulation sans limite des richesses dans les mains d’une poignée d’hommes et de femmes. Les chiffres affolants de ce partage toujours plus inégal et arbitraire de la richesse issue du travail humain est d’une violence inouïe. Comme chaque année, le rapport de l’ONG Oxfam permet d’entrebâiller la porte sur le silence médiatique et politique coupable qui entoure de telles inégalités. Si nous savons que « depuis 2015, les 1 % les plus riches détiennent autant de richesses que les 99 % du reste de la planète », « 8 hommes détiennent aujourd’hui autant de richesses que la moitié la plus pauvre de la population mondiale» soit 3,7 milliards d’êtres humains. Dans son travail de salut public, Oxfam déroule aussi l’évolution de cette dérive : « les revenus des 10 % les plus pauvres ont augmenté de moins de 3 dollars par an entre 1988 et 2011, tandis que l'augmentation des revenus des 1% les plus riches était 182 fois supérieure ».

 Ces chiffres ne sont pas seulement des éléments statistiques à commenter, et sur lesquels tout le monde peut faire part de son indignation. Ils doivent servir de révélateur à la terrible violence économique, sociale et écologique qui les accompagne, et qu’exercent les plus riches à l’encontre de l’intérêt du plus grand nombre. Cette « violence des riches », que l’on cherche à rendre invisible, s’appuie sur une lutte idéologique et culturelle, visant à démontrer qu’il n’existerait pas d’alternative possible à la dictature de l’argent-roi et des puissants. Pourtant, la concentration sans précédent des richesses construit un monde de guerres, de conflits et de souffrance dont nous vivons chaque jour les conséquences. Elle préempte surtout chaque jour un peu plus sur les conditions de construction d’un avenir d’humanité, de paix, et de coopération entre les peuples, tout comme sur notre capacité de répondre collectivement aux grands enjeux écologiques et sociaux de notre siècle.

 Alors que la campagne présidentielle de 2017 occupe depuis quelques mois déjà tous les écrans, il serait sans doute nécessaire de revenir sur ce cœur du commun combat politique à mener, pour une France en commun, pour une Europe en commun, pour un monde en commun, pour un avenir en commun. Ce cœur du combat c’est celui de la bataille contre une finance, des multinationales et des multimilliardaires qui dictent aujourd’hui les conditions d’avenir de toute l’humanité. Seuls l’engagement collectif et l’action en faveur de la création de larges rapports de force, sans exclusive, contestant cette domination, doivent permettre de produire des réponses concrètes et des actes pratiques depuis la rue jusque dans les institutions. Je suis pour ma part convaincu que des forces considérables, individuelles, associatives, syndicales, politiques y sont prêtes. Elles peuvent converger, et elles doivent converger. Il faut pour cela une très ferme volonté commune, et des actes d’engagement qui placent la recherche de la convergence des intérêts de tous les dominés, bien au-dessus des enjeux boutiquiers et électoralistes de courte-vue. Sans cette démarche de commun, nous sommes condamnés à voir les forces réactionnaires et du marché poursuivre leur combat de classe, et leurs stratégies de domination culturelle et idéologique l’emporter.

 Les 10 député-e-s du Front de Gauche ont depuis 2012 toujours été de ces combats, et nous nous attachons, pas seulement dans les paroles, mais dans les actes, à les mener avec les moyens et la représentation que nous a confiés le mandat populaire. Nous les poursuivrons jusqu’à la fin de cette législature, notamment ce jeudi 2 février, à l’occasion de notre dernière « niche » annuelle réservée aux groupes parlementaires. Nous avons mis en débat 4 textes :

 - Une « proposition de résolution européenne pour une Conférence des parties (COP) de la finance mondiale, l’harmonisation et la justice fiscales » reprenant une partie des propositions d’Alain et Eric Bocquet, député et sénateur, auteurs de « Sans domicile fisc » et anciens rapporteurs de commissions d’enquête parlementaires sur l’évasion fiscale.

 - Une « proposition de résolution européenne pour un débat démocratique sur l’accord économique et commercial global (CETA) entre le Canada et l’Union européenne », dont le rapporteur est Marc Dolez, demandant notamment au Gouvernement d’organiser un referendum populaire au sujet de l’autorisation de ratification du CETA.

 - Une « proposition de loi en faveur de l’égalité professionnelle et salariale entre hommes et femmes », dont la rapporteure est Marie-George Buffet, et proposant de prendre au plus vite sept mesures urgentes, faciles à mettre en œuvre, pour lutter contre le sexisme qui s’exprime directement ou indirectement dans les relations de travail et pour renforcer le pouvoir des salarié-e-s face aux logiques du marché qui s’en nourrissent.

 - Enfin, une « proposition de loi visant à assurer la revalorisation des pensions de retraites agricoles en France continentale et les Outre-mer», dont je serai le rapporteur, et prévoyant notamment de garantir un niveau minimum de pension à 85 % du SMIC, avec de nouvelles ressources en mettant à contribution les revenus financiers, et une revalorisation des pensions de retraites agricoles dans les départements et régions d’Outre-mer dont les agriculteurs et salariés agricoles sont aujourd’hui victimes de très graves inégalités.

 Ce 2 février, nous disposons de la journée pour poursuivre notre travail de fourmis sur ces enjeux majeurs, et mettre en débat devant la représentation nationale ces sujets de fond. Une journée seulement. Mais une journée qui n’existerait pas si nous n’avions pas pu réunir 15 députés pour constituer en 2012 un groupe parlementaire à l’Assemblée nationale !

 
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31 janvier 2017 2 31 /01 /janvier /2017 07:25
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Frédéric Boccara avec André Chassaigne et 54 autres personnes.
Un projet de loi présenté mercredi 1er février : un revenu pour tous et l'éradication progressive du chômage - la #SEF (sécurité d'emploi et de de formation)
Ce n'est ni un minima social, ni un travail obligatoire, ni le maintien à vie soviétique dans le même emploi, ni des formations bidon
Un système cohérent, mais progressif : 
(i) Des nouveaux pouvoirs face aux patrons (ii) Des moyens nouveaux face au capital et à la finance (iii) un objectif nouveau face à l'exploitation
On prend au sérieux les enjeux des nouvelles technologies ; la pression du capital et du patronat ; l'exigence de produire autrement de travailler autrement, avec un revenu meilleur et sécurisé, mais aussi de produire un revenu pour le distribuer
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31 janvier 2017 2 31 /01 /janvier /2017 06:42

Willy Pelletier « Les bourses du travail : ce Nuit debout inventé par les ouvriers il y a un siècle »

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR MAUD VERGNOL
VENDREDI, 27 JANVIER, 2017
L'HUMANITÉ

La Fondation Copernic, que coordonne Willy Pelletier, lance, le 28 janvier à Paris (1), « une nouvelle bourse du travail intellectuel » pour opposer « une force intellectuelle suffisante » à la coalition réactionnaire et libérale. Le sociologue publie également, aux Éditions du Croquant, les Classes populaires et le FN, un ouvrage collectif qui déconstruit les fantasmes autour du vote populaire pour l’extrême droite.

La Fondation Copernic, que vous coordonnez, fait peau neuve. Quel est l’objectif de cette nouvelle « bourse du travail intellectuel » que vous lancez à Paris, samedi 28 janvier ?

Willy Pelletier Il s’agit de ­redonner force à ce dispositif d’échange formidable, ce Nuit debout avant l’heure, inventé il y a un siècle par le mouvement ouvrier : les bourses du travail. En revenant à ses origines : nous voulons une « Bourse du travail intellectuel », pour que s’y rencontrent sans hiérarchie (ce qui est très rare) salariés, chômeurs, retraités, syndicalistes, historiens, sociologues, économistes, juristes, philosophes, etc. Chacune et chacun y partagera ce qu’il sait. Davantage de critiques sociales solidement argumentées en sortiront. Bref, nous voulons continuer Nuit debout et le constituer en dispositif permanent.

Votre fondation s’est efforcée depuis dix-huit ans à tirer vers la gauche le curseur des débats publics. Comment analysez-vous cette difficulté à imposer, notamment dans les médias, d’autres voix face à cette coalition ultralibérale et réactionnaire ?

Willy Pelletier L’information des grands médias ne dit pas la vie des salariés. Elle ne dit pas les logements chers, les mépris en cascade, les vies sacrifiées au travail, les galères. Faire effraction dans ce monde clos et hors du monde est ­compliqué. De plus en plus d’organes de presse, de maisons d’édition, de télévisions sont propriétés de groupes financiers. Les experts officiels y sont sans cesse convoqués, pour nous convaincre de consentir au monde tel qu’il va et qu’il faudrait, à les suivre, libéraliser davantage. Faire valoir d’autres solutions, nous y sommes parvenus contre le traité constitutionnel européen (TCE), la loi El Khomri ou pour la retraite à 60 ans. Mais nous n’opposons pas aux néolibéraux une force intellectuelle suffisante. Pour bousculer leur prêt-à-penser, il faut réunir un volume très élevé de capital symbolique. Ce que nous cherchons à faire : ont signé pour cette bourse du travail beaucoup d’économistes atterrés, énormément de sociologues « en dialogue » avec Bourdieu (Beaud, Pialoux, Mauger, Pinto, Lebaron, Lahire, Montlibert, Lagrave, Pudal, Fillieule, Geay, Saint-Martin, Jounin, etc.), des historiens importants ­(Tartakowsky, Le Cour-Grandmaison, Riot-Sarcey, Lemercier, Rolland-Diamond, Pennetier, Combe, etc.), des sociologues du genre et du travail (Delphy, Kergoat, Linhart, Béroud, Laval, etc.), des philosophes qui discutent Marx (Bidet, ­Montferrand, Renault, etc.), des anthropologues (Fassin, Amselle, etc.), des politistes (Neveu, Blondiaux, Lacroix, Achin, Lefebvre, Marlière, etc.). Et il faut, en effet, dire et ­redire, etc., puisque, avec cet appel, ce sont plus de 400 universitaires qui s’engagent à conjuguer leurs travaux, mais surtout à travailler avec des syndicalistes et des salariés. Pour déchirer le prêt-à-penser libéral comme se déchire la ­chemise d’un DRH qui licencie.

Le débat a fait rage, il y a un an, sur « la disparition des intellectuels de gauche ». Vous démontrez qu’ils sont bien vivants ?...

Willy Pelletier Les promoteurs de ce débat prennent leurs rêves pour la réalité ou confondent leurs intérêts avec leurs rêves de réalité. Les intellectuels de gauche furent mobilisés contre la loi El Khomri et contre la loi d’autonomie des universités. Mais, chose nouvelle à présent, comme après 1968 ou après l’appel de Bourdieu en 1995, ils s’engagent à reconstruire des espaces d’échanges non plus éphémères mais « en continu » entre chercheurs et militants ou salariés. Sans bruit, sans discontinuer, nous allons monter partout, à Vesoul, Pau, Dunkerque, Saint-Nazaire… dans les endroits méprisés des élites, des rencontres aujourd’hui rares entre des producteurs de sciences sociales et des citoyens parfois éloignés de la culture savante. Ces rencontres montreront que les savoirs critiques forment un gai savoir. Dont la diffusion permet de rire des autorités de toutes espèces, et des mécanismes d’où elles tirent leurs puissances et nos impuissances. C’est une mobilisation joyeuse qui s’amorce, très égalitaire, ce sera « la rigueur et la rigolade », comme écrit Michel Gollac.

L’originalité de cette démarche consiste à créer une « maison commune intellectuelle », où pourrait se confronter le travail des chercheurs avec les propres expériences de « la société civile ». Quel est le but de cette « mutualisation » des savoirs ?

Willy Pelletier Premier chantier : des ateliers où syndicalistes, usagers, universitaires, élus se mêlent, s’écoutent, diagnostiquent et proposent. Pour réinventer une civilisation des services publics, articuler social et écologie, inventer une école non ségrégative, une santé non marchandisée, une protection sociale élargie, un impôt qui redistribue, et démocratiser la démocratie… Second chantier : nous voulons faire entendre, fort, très fort, les indignations de ceux qui subissent. Et qui doivent « la ­fermer » face aux violences de classe, aux réorganisations du travail, aux discriminations, à l’insupportable, au sexisme. Trop longtemps, ces paroles, jugées illégitimes, ont été étouffées. Cela suffit. Parce que les anonymes qui triment, lèvent la tête, haussent le ton, se défendent, sont, dans ce monde, héroïques ; des héros anonymes. Et chantier parallèle : en des ateliers d’écriture ou par vidéo, nous voulons que ceux qui vivent l’histoire disent leur histoire, disent sans filtre ce qu’ils vivent, restituent les rapports de forces, les souffrances, les solidarités, les bonheurs, les colères, qu’ils affrontent. Si chacun se réapproprie son histoire et perçoit à quel point elle s’entremêle à celle des autres, la connaissance ne restera plus un instrument de pouvoir réservé aux élites. Elle deviendra arme critique.

Vous publiez parallèlement les Classes populaires et le FN  (2), codirigé avec le sociologue Gérard Mauger, un livre issu de deux journées d’études organisées par la Fondation Copernic en juin dernier. Vous estimez que l’urgence est là, ­déconstruire les fantasmes autour du vote Front national ?

Willy Pelletier Hors campagne électorale, quel silence ! Or il faut d’urgence résister au FN. Mais lutter suppose de viser juste. Ce livre, rendu possible grâce à Gérard Mauger, donne les moyens de viser juste en expliquant pourquoi adviennent tant de votes FN en milieux populaires. Viser juste, c’est saisir les causes sociales des votes FN : les effets, entre autres, de la déstructuration des solidarités populaires et des solidarités militantes, les inquiétudes diverses face aux avenirs différemment incertains suivant les groupes sociaux, les effets des mille déconstructions des collectifs de travail, les effets des modernisations libérales qui accentuent les concurrences de tous contre tous, et qui avivent les microconflits pour conserver un peu de respectabilité quand « plus rien ne permet de tenir bon », et que l’ordre des choses démoralise, alors qu’on avait cru, un temps, pouvoir s’en sortir… Ce livre montre le déclin des pratiques collectives et des « entre-soi » anciens en monde rural, alors que dans les bourgs il n’y a plus ni bureau de poste, ni médecin, ni infirmière, ni pharmacie, plus de bistrot, des magasins clos… Il aide à saisir pourquoi les votes FN prolifèrent. Il fait comprendre les processus sociaux divers qui se conjuguent pour qu’au final les plus proches soient vus comme des rivaux, des menaces, quand seul reste le chacun pour soi, un sauve-qui-peut général où personne ne peut secourir personne. Ce livre analyse les causes sociales des votes FN, car on ne fera pas reculer ces votes sans en savoir les causes.

Vous affirmez que l’électorat frontiste n’existe pas et préférez parler de « conglomérat électoral ». En quoi est-ce important pour lutter contre la poussée de l’extrême droite ?

Willy Pelletier Ce livre tord le cou à beaucoup d’idées fausses sur les votes FN. Lesquelles empêchent d’agir efficacement. Parler d’électorat suppose une continuité des itinéraires de votes. Or, par exemple en 2007, la moitié des votants Le Pen de 2002 ne votent plus pareil et 40 % des votants Le Pen n’avaient pas voté pour lui en 2002. Mais, surtout, des groupes sociaux différents votent FN pour des causes différentes et des motifs différents ou opposés. Daniel Gaxie l’expose parfaitement dans le livre. Ce conglomérat électoral qui vote FN à un moment donné est disparate et divisé. Il « réunit », l’espace d’une élection seulement, des membres de catégories sociales dont les intérêts sont contradictoires en bien des domaines. Juste quelques exemples. Des membres des professions indépendantes sont dans une hostilité de principe aux aides et protections sociales, alors que nombre de salariés qui votent FN regrettent certains de leurs usages abusifs, notamment chez les immigrés, mais n’envisagent pas un instant d’en réclamer la suppression. Les fractions basses des classes populaires qui votent FN et dont la survie dépend de ces aides sociales y sont encore plus attachées et ne réclament qu’une priorité d’accès sans vouloir nécessairement en priver les autres bénéficiaires. Même s’ils peuvent voter pour le même candidat, les membres du petit patronat n’ont pas les mêmes conceptions que les salariés en matière de salaires, de conditions de travail et de licenciement, sur les indemnités chômage ou maladie, les services publics… Les électeurs du FN sont divisés sur les problèmes qui relèvent du « libéralisme économique » mais aussi du « libéralisme culturel ». Les plus jeunes s’opposent nettement aux segments rigoristes, notamment aux catholiques traditionalistes, en matière de mœurs, de droits des femmes, de sexualité.

Dans cet ouvrage, vous livrez un témoignage personnel du soir du 21 avril 2002, où, avec le bureau politique de la LCR, vous décidez de gagner la rue, comme des centaines de milliers de citoyens, pour protester contre la présence au second tour de la présidentielle de Jean-Marie Le Pen. Et de conclure : « Les croisades morales anti-FN ne convainquent que des convaincus. On peut même se demander si ces “croisés” ne sont pas des pompiers pyromanes. » S’agit-il d’un mea-culpa ?

Willy Pelletier Il faut deux mea-culpa. Primo : les leçons « d’éthique » dispensées par des manifestants dont le ton et l’allure valent repoussoirs pour ceux qui votent FN ne confortent dans leurs certitudes que ceux qui les donnent ; lesquels s’autocélèbrent et se valorisent. Secundo : comme militants, pris dans et par le jeu politique, nous croyons que les programmes politiques, les idées, déterminent les votes. Il y a cette croyance, qui universalise notre propre rapport concerné et informé à la politique, qu’il suffit, pour combattre les votes FN, de dénoncer les programmes, les élus FN, et qu’il suffit de convertir les mal-pensants. C’est là beaucoup de prétention et d’idéalisme dangereux. Le livre montre qu’ils sont nombreux ceux qui votent Le Pen sans connaître son programme et y adhérer. Ils votent Le Pen pour d’autres raisons.

Vous démontez dans ce livre tous les fantasmes selon lesquels le FN serait devenu « le premier parti ouvrier de France », et démontrez au contraire que « l’abstention est le nouveau parti de la classe ouvrière ». L’urgence serait donc la reconquête démocratique des classes populaires ?

Willy Pelletier Dans ce conglomérat volatil qui vote FN ne figure qu’un ouvrier sur sept, mais il inclut néanmoins une composante populaire non négligeable : plus de la moitié des votes FN se recrutent chez les ouvriers et les employés (actifs ou retraités). Si ce vote FN d’une fraction des classes populaires, dont le premier parti est, et de loin, celui de l’abstention, ne surprend pas ceux qui les assimilent à la figure du « beauf » machiste, homophobe, raciste, il interpelle les autres. Les enquêtes ethnographiques rassemblées dans ce livre tentent d’élucider les raisons de ces votes populaires en faveur du FN. Que veut dire l’ouvrier ou la femme de ménage qui votent FN ? Un ouvrier qui vote FN est-il un « ouvrier raciste » et que signifie « raciste » dans son cas ? L’est-il au même sens qu’un aristocrate qui vote lui aussi FN ? Ces enquêtes portent à conséquences politiques : outre qu’elles invitent à rectifier la vision stéréotypée de « l’électeur FN », elles montrent que la lutte politique contre le FN peut prendre appui sur les contradictions latentes au sein de ce conglomérat pour travailler à son implosion. Mais il n’y aura pas de raccourci, il faudra aussi du temps long pour refaire de l’intérêt commun entre les membres divers des divers milieux populaires. Et des dispositifs pour reconstruire des intérêts communs. Raison de plus pour ne pas tarder.

(1) Samedi 28 janvier de 13 heures à 18 heures.Foyer Grenelle, 17, rue de l’Avre, 75015 Paris.(2) Les Classes populaires et le FN, ouvrage collectif coordonné par Gérard Mauger et Willy Pelletier. Éditions du Croquant, 282 pages, 18 euros.
Chef de la rubrique Politique
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BRUNO FORNACIARI

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