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30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 19:01
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30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 10:49

Un plan d'urgence contre le réchauffement climatique !

par Alain Pagano 30 Septembre 2016, 08:46

Les années deviennent de plus en plus chaudes validant chaque jour un peu plus les prévisions alarmistes du GIEC (Groupe International d'Experts sur le Climat) !

Montée du niveau des mers, réfugiés climatiques, sécheresses, catastrophes météorologiques, extinction de la biodiversité ... Je ne développe pas sur les menaces, elles sont connues !

Dorénavant, il y a urgence écologique, pour la planète, pour le genre humain. Il y a besoin d’un grand plan d’urgence contre le réchauffement climatique global !

Concrètement. Rapidement.

Un plan d'urgence dans lequel on mettrait des mesures telles que

- le ferroutage, porteur de développement ferroviaire donc d’emplois ce qui semble bien approprié dans ce contexte de suppressions d’emplois à Alsthom ! L'Etat peut le décider rapidement

- la gratuité des transports en commun (qui a également le mérite de redonner un peu de pouvoir d’achat aux familles et de contribuer à rendre l'air moins pollué dans les grandes agglomérations de notre pays). Chaque municipalité peut le décider de manière volontariste. L'Etat doit accompagner. Il y a besoin d'un effort vigoureux pour le développement des transports en commun.

- la rénovation thermique du logement, pour économiser l'énergie et réduire les factures de nos concitoyens

- la croissance des énergies décarbonées au détriment des énergies carbonées…

Aujourd'hui qu'on soit maire, parlementaire, député européen ou ministre, on devrait tous viser ce même but: l'application rapide de ce plan d'urgence qui n'épargne pas d'autres mesures de court ou moyen terme.

Je suis atterré de tant d'inconséquences et de légèreté de la majeure partie de notre classe politique devant les conséquences de l'inaction... Je mets toutefois à part les communistes qui militent pour cela, notamment dans plusieurs agglomérations pour la gratuité des transports en commun + quelques élus locaux de différentes étiquettes politiques qui ont fait preuve de volontarisme dans ce sens.

C'est ce que j'ai affirmé au conseil municipal d'Angers il y a quelques jours. En cohérence avec la campagne que nous menons depuis plusieurs mois pour la gratuité des transports en commun à Angers.

L'actualité (météorologique) nous oblige à accélérer le mouvement. Avec des mesures plus larges, plus globales (que la seule gratuité des transports en commun, NDLR). Je ne renonce pas à convaincre qu'il est temps d'agir. Rapidement ! Les élections présidentielles et législatives, je l'espère, feront émerger ces propositions concrètes à usage immédiat.

Alain Pagano

Conseiller municipal (et communautaire) d'Angers

Responsable adjoint de la commission Ecologie du Conseil National du PCF

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Published by bruno fornaciari - dans ACTUALITES ECOLOGIE PCF
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29 septembre 2016 4 29 /09 /septembre /2016 17:51

La démocratie contre le piège identitaire

Patrick e Hyarick

Les primaires de la droite donnent lieu à des scènes médiatiques aussi stupéfiantes que dangereuses.

Elles cachent l’unité profonde des candidats autour d’un programme économique et social d’une violence rarement égalée. Un projet de purge sociale d’une brutalité extrême qui se décline par un rabotage sur la dépense publique qui oscille entre 80 et 100 milliards d’euros, par la fin des trente-cinq heures et un « travailler plus pour gagner moins », l’allongement de l’âge de départ en retraite, le sabotage de la sécurité sociale, des offensives antisyndicales, une chasse aux chômeurs et aux pauvres, tous affublés du délicat qualificatif « d’assistés ». Ce ne sont ici que quelques exemples du coup de massue que veut assener l’ensemble des candidats de droite.

Tous s’accordent pour faire la poche aux travailleurs et accélérer le transfert de richesses du travail vers le capital. Ne les séparent que le ton et le temps laissé pour briser encore plus les fondements de notre société.

Ils ne promettent en substance que du sang et des larmes à une population déjà au bord de l’asphyxie sociale, comptant plus de 5 millions de chômeurs, avec l’explosion de la précarité. Pas de quoi faire bondir de joie le citoyen ou l’électeur, quand bien même celui-ci serait sensible aux thèses classiques de la droite ! Lui aussi est peu enthousiaste à ce qui lui est présenté, tandis que dans l’autre camp, ce dernier quinquennat aura largement contribué à entamer les espoirs en des jours meilleurs.

Le consensus des élites sur une prétendue « politique économique unique », dictée par les institutions internationales et européennes, pousse certains à se différencier en empruntant les bourbeux chemins de traverse de l’identité dans le but de construire un récit national falsifié, propre à séduire une base électorale déboussolée, dégoutée et sensibilisée aux thèses de l’extrême-droite.

Ainsi M. Sarkozy peut-il déclarer que «dès que l’on devient Français, nos ancêtres sont Gaulois». S’il s’agit évidemment d’une grossière provocation visant à extraire de la République nos concitoyens d’origines africaines et maghrébines et qui prolonge l’hystérie identitariste de l’été, c’est surtout une opération politique d’envergure visant à restaurer un discours national homogène, un récit cherchant à fédérer une partie de nos concitoyens sur des bases idéologiques, empruntées à la longue tradition réactionnaire et d’extrême-droite.

C’est là un signe extrêmement inquiétant de l’évolution du débat politique. Face aux impasses libérales qui ont produit un divorce profond entre les citoyens et ceux qui prétendent les représenter, certains cherchent à recréer une fiction nationale coulée dans le ciment, figée et édifiante, blanche et nationaliste. Cette démarche s’associe à des saillies verbales, essentiellement contre nos concitoyens de confession musulmane, visant à faire polémique et à créer des divisions mortifères.

Ce populisme de droite parcourt désormais le monde comme une étape nouvelle de la contre-révolution reaganienne. Elle vise à conquérir pour longtemps une nouvelle hégémonie politique et idéologique en tentant d’enfermer les citoyens dans une pensée régressive bouchant pour longtemps toute perspective de progrès humain et écologique. En Europe, ce national-populisme grignote des positions dans de nombreux pays, jusqu’à menacer de devenir majoritaire quand il ne l’est pas déjà dans certains pays de l’est du continent. Ce discours travaille en profondeur les sociétés pour tenter de flatter un peuple sonné par la violence du capital mondialisé et financiarisé. Son objectif fondamental est de construire une base idéologique pour créer des conditions durables à l’acceptation de cette situation jusqu’à discréditer l’action politique ou d’accréditer l’idée de son impuissance alors qu’elle sert précisément la caste contre l’immense majorité des populations. Des points ont été marqués dans ce sens. Ceci souligne l’urgence de ressusciter et de refonder la démocratie et non de lui passer sur le corps dans une démarche de type gaulliste ou bonapartiste. Seule une dynamique populaire, unitaire, pourrait offrir une perspective nouvelle d’émancipation et régénérer nos démocraties agonisantes.

L’enjeu du récit collectif à construire n’est pas anodin. Un nouvel élan démocratique pourrait permettre d’en écrire un nouveau qui, nourri par les travaux des historiens, puiserait dans ce que notre pays a su construire de meilleur, un récit ouvert aux cultures qui composent désormais la République. Il engloberait les luttes anticoloniales, les mouvements de libération nationale, les luttes sociales et politiques pour l’égalité, contre les dominations, pour la survie de la planète, pour le désarmement et la paix. National et internationaliste, il définirait les contours de ce que certains appellent une République cosmopolite, de pair avec une construction européenne refondée. Il porterait en son cœur un projet solidaire de développement des capacités humaines, dans le respect de la planète, mêlant dans un projet commun toutes celles et tous ceux qui la constituent.

Cette République-là prolongerait, dans les conditions de notre temps, le projet républicain à vocation universelle que nous ont légué les révolutionnaires de 1789 et 1793. Une République fondée sur une ambition d’égalité sociale, antiraciste, universaliste, démocratique et écologique.

Patrick Le Hyaric@PatrickLeHyaric

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29 septembre 2016 4 29 /09 /septembre /2016 08:28

André Chassaigne : « Dans les conditions actuelles, il n’est pas possible de soutenir Mélenchon »

Le Parti communiste doit déterminer quelle candidature il propose ou soutient en 2017. André Chassaigne, député PCF et président du groupe Front de gauche à l’Assemblée, exprime ses doutes envers celle de Jean-Luc Mélenchon et n’exclut pas de présenter la sienne.

Regards. Vous sortez d’un conseil national décisif. Serez-vous en mesure d’arrêter une stratégie politique avant la mi-novembre, comme Pierre Laurent s’y était engagé ?

André Chassaigne. Au regard de l’urgence de la situation politique et de l’éclatement de la gauche, le Parti communiste français s’apprête à faire un choix décisif pour l’avenir. Mais comme nous l’avons toujours fait lors des moments cruciaux, nous prendrons nos responsabilités. C’est pour cela que nous nous réunirons en conférence nationale le 5 novembre pour arrêter les options définitivement soumises aux communistes.

Sur quoi reposera la consultation des communistes ?

Il y a trois hypothèses sur la table. La première est celle du statu quo pour marquer notre détermination à faire émerger une candidature de rassemblement. Dans ce cas de figure, le PCF ne ferait pas le choix immédiat d’un candidat pour parvenir à cette candidature de rassemblement. La deuxième hypothèse suggère une candidature issue du PCF. Il ne faudrait pas, pour autant, y voir un repli identitaire. Au contraire, nous aurions là une candidature qui défendrait certes les idées communistes, mais en poursuivant l’objectif d’un rassemblement large pour parvenir une candidature unique. Enfin, dernière option : un soutien à Jean-Luc Mélenchon. Mais il ne se ferait pas sans clarification.

« Avec Jean-Luc Mélenchon, on est face à une dérive égocentrique qui s’accompagne de divergences de fond. »

Justement, Éric Coquerel, interrogé la semaine dernière parRegards, nous disait que si le PCF privilégiait cette dernière hypothèse – ce qu’il appelle de ses vœux – « ça ne peut conduire à se soumettre aux conditions de ceux qui arriveraient en dernier », dit-il.

C’est terrible de dire cela. Cela veut dire qu’il ferme la porte à toute candidature de rassemblement. Personnellement, je n’exclus pas un soutien à la candidature de Jean-Luc Mélenchon, mais je ne peux pas admettre que ce soit à prendre ou à laisser. Je crois par ailleurs que l’on est face à une dérive égocentrique qui s’accompagne de divergences de fond. Nous devrons nécessairement avoir cette discussion avec Jean-Luc Mélenchon, comme nous pourrions l’avoir aussi avec d’autres candidats déclarés. Il nous faut rencontrer tout le monde avant de nous prononcer.

À ce stade, y a-t-il des désaccords de fond avec Jean-Luc Mélenchon et le mouvement des Insoumis ?

Nous avons une base commune qui s’appelle l’Humain d’abord, notre programme de 2012. Nous avons porté et défendu ce programme tout au long de ces cinq dernières années à l’Assemblée nationale avec les députés du Front de gauche. Il faut l’étoffer et l’adapter aux nouveaux enjeux. Je pense notamment aux questions internationales, de conflits, d’évasion fiscale, de migrations.

Pas de quoi vous fâcher avec Mélenchon, donc…

Il y a des expressions qui fâchent et une volonté de grappiller des voix un peu partout qui brouille les pistes. Des mots employés qui ne correspondent pas à ce que l’on souhaiterait d’une politique commune. Je n’entre pas dans les polémiques lancées sur les "migrants" ou les "Gaulois". Sur un sujet moins polémique en apparence, l’agriculture : je crois qu’on ne peut pas apporter des solutions durables en disant simplement qu’il faut changer les pratiques alimentaires. Tout ça pour accrocher un électorat. Ce sont des raccourcis fâcheux qui nourrissent les divergences de fond. Nous n’échapperons donc pas à ce débat. Il sera utile et nécessaire.

« Mélenchon veut construire "l’autre gauche", nous on se bat pour rassembler la gauche. »

Il n’est pas déjà un peu trop tard pour aborder ces questions programmatiques ?

Non. Il faut tout poser sur la table. Parce que je crois qu’il subsiste un désaccord stratégique qui a son importance. Je ne crois pas aux deux gauches irréconciliables, comme le suggère Mélenchon. Lui, il veut construire "l’autre gauche", nous on se bat pour rassembler la gauche, parler aux militants et aux élus socialistes en souffrance, aux écologistes, c’est notre combat et notre priorité pour reconstruire une gauche de transformation sociale.

Vous ne semblez pas convaincu par une candidature de Jean-Luc Mélenchon. Votre choix est-il arrêté parmi les trois hypothèses que vous venez de présenter ?

Je pense en effet que dans les conditions actuelles, il n’est pas possible de soutenir Jean-Luc Mélenchon : exiger la soumission comme il le fait est contre-productif. Ça ne marchera pas. Mélenchon n’aura d’ailleurs pas le soutien des militants communistes sans un accord préalable avec le PCF. Nous devons construire du commun et réveiller l’espoir. Pour autant, il peut devenir notre candidat commun, mais dans le cadre d’un rassemblement large.

Alors, que privilégiez-vous, finalement ?

L’échec d’une candidature de rassemblement serait lourd de conséquences. Nous devons rassembler toutes celles et tous ceux qui ne résignent pas et qui ne veulent pas renoncer à une vraie politique de gauche. Ensemble, nous sommes la seule alternative à gauche porteuse d’espoir. Mais pour y parvenir, pour être crédibles, nous devons être rassemblés. À la fois pour préparer une stratégie commune à la présidentielle et aux législatives, mais aussi pour reconstruire à gauche, demain. Je crois, à ce titre, qu’une candidature présentée par le PCF pourrait largement y contribuer et ainsi bousculer cette campagne présidentielle.

« C’est uniquement à la demande de la direction du Parti que je pourrais envisager d’être candidat. »

Vous pourriez être ce candidat ?

Si l’option d’une candidature communiste était celle retenue, il y aura sans doute un appel à candidatures. En ce qui me concerne, c’est uniquement à la demande de la direction du Parti que je pourrais envisager d’être candidat.

Au final, cette stratégie ne va-t-elle pas au contraire renforcer les querelles d’ego et ajouter de la division à la division ?

Non, puisque la candidature communiste – si cette hypothèse était retenue par les militants – s’engagera jusqu’au bout à créer les conditions d’une candidature de rassemblement. En mettant tout le monde autour de la table, je crois qu’une candidature peut s’imposer. Il y a celles qui sont présentes aujourd’hui dans le débat public. Et puis il y en a d’autres qui peuvent émerger et faire consensus. Je suis peut-être d’un optimisme béat, mais nous montrerions enfin un nouveau visage de la politique. Nous en sortirions tous grandis. Je crois qu’on ne pourra rabibocher la politique avec les citoyens qu’en lui redonnant ses lettres de noblesse.

Mais vous croyez vraiment qu’un candidat unique de la gauche qui s’oppose à la politique du gouvernement est encore possible aujourd’hui ?

Non seulement j’y crois, mais c’est surtout souhaitable et nécessaire. Je suis désespéré de cette dispersion à gauche. Alors que rassemblée, elle serait majoritaire dans le pays. J’en ai la conviction. Et s’il n’y a qu’un fenestrou [1] pour qu’on puisse passer à travers, il ne faut pas le boucher, mais au contraire l’élargir et saisir cette ouverture jusqu’au bout.

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29 septembre 2016 4 29 /09 /septembre /2016 08:03

Faut-il débattre avec Sarkozy sur l'identité nationale?

Dans les colonnes du Figaro, Jean-Luc Mélenchon propose un « débat solide » avec Sarkozy « sur l'identité nationale ». Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF explique ici pourquoi il considère que débattre avec l'homme du ministère de l'immigration, de l'intégration et de l'identité nationale (...) est une erreur.

Elle m'interroge. Je ne reviens pas sur la séquence médiatique, sidérante, suite aux déclarations de Nicolas Sarkozy sur « nos ancêtres les gaulois ». Personnellement, j'y ai vu une nouvelle étape dans la stratégie du candidat à la primaire de la droite. Il s'agit aussi d'une véritable farce comme des historiens l'ont rappelé avec autorité et parfois non sans humour. C'est aussi, et cette réalité ne doit pas être négligée, une nouvelle opération de détournement des vrais sujets. Même affublés des habits d'Astérix, les derniers chiffes du chômage n'en sont pas moins douloureux pour des millions de familles.

Pour Jean-Luc Mélenchon, « l'histoire des gaulois de Sarkozy n'est pas dénuée de sens. Pourquoi faudrait-il aboyer en cadence, quoi qu'il dise ? Moi, je ne veux pas d'une ethnicisation gauloise du débat. Mais oui, je dis que nous sommes les filles et les fils des Lumières et de la grande Révolution. A partir du moment où l'on est français, on adopte le récit national ». Puis, il propose un « débat solide » avec Sarkozy « sur l'identité nationale ».

Si nous sommes les filles et les fils de ce qui émancipe et libère, un débat sur l'identité avec l'homme du ministère de l'immigration, de l'intégration, et de l'identité nationale, celui du discours de Dakar, et plus récemment, celui des « gauloiseries » et du travailler plus... pour gagner moins, est une erreur. Cela créditerait une opération qui tend à rendre centrale la question de l'identité dans le débat politique français.

Pour 2017, ouvrons le seul grand débat qui compte, « quelle société voulons-nous ? », ou « quelle Nation voulons-nous être ? », quand les interrogations de type « Quelles origines avons-nous » ne peuvent qu'alimenter les peurs, les stigmatisations, les divisions, et, au final, faire le jeu d'une droite extrémisée et d'un FN dangereusement banalisé. L'enjeu est aujourd'hui d'agréger toutes les mémoires, y compris les mémoires blessées, dans un nouveau récit républicain en ne laissant pas la plume à une droite qui attaque si durement les valeurs républicaines dans son projet politique pour 2017.

Comme l'a magnifiquement exposé Gérard Noirel dans une tribune publié dans Le Monde (27/09), la surenchère identitaire d'une partie de la droite est un danger pour notre démocratie. Le rappel historique de ce qui s'est déjà produit dans les années 30 devrait davantage être réfléchi, discuté et débattu de manière « solide ». On ne pourra alors pas dire que nous n'étions pas avertis. Je préfère un débat entre historiens qu'un débat instrumentalisé avec comme toile de fond un présidentialisme exacerbé qui ne permet pas de faire entendre les exigences populaires.

Lors de la dernière Fête de l'Humanité, un nombre considérable de jeunes ont rempli le questionnaire de la consultation citoyenne animée par le PCF. Une chose est certaine à la lecture de ces écrits, à l'écoute de ce qu'ils nous disent lors des échanges que nous avons eu avec eux, le « récit national » aurait tout à gagner à s'ouvrir aux aspirations des jeunes, notamment ceux des milieux populaires. Avant d’être les filles et les fils de je ne sais quel panthéon, ils sont les enfants d'une République qui ne les prend pas en considération et d'une société qui les violente en ne leur permettant d'y prendre leur place. Pour de vrai. C'est l'une des grandes questions de la prochaine période.

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Published by bruno fornaciari
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28 septembre 2016 3 28 /09 /septembre /2016 06:59

Tout le monde le sait, avec Mélenchon qui s'est installé en diviseur, c'est perdu pour la, gauche dite alternative. Alors pourquoi se ranger dès aujourd'hui derrière la défaite annoncée ? C'est suicidaire. C'est un fait, depuis cinq ans, les écarts de Mélenchon, de l'esprit et de la lettre avec le Front de gauche qu'il a renié, et de "l'Humain d'abord" dont il s'est écarté en l'émasculant, constitue des obstacles infranchissables au succès d'une candidature aussi clivante. Poursuivre le l'organisation de son soutien au sein du parti communiste, est pour moi une faute politique. A double titre. Non pas seulement parce qu'elle se pose en contravention avec les décision du congrès qui a fixé la ligne politique et que donc elle en contrarie la mise en oeuvre, mais aussi pour le PCF lui-même, ainsi que pour tous ceux qui ne renoncent pas à conjurer la catastrophe annoncée. L'appel des 99 nous enjoint finalement à faire front commun... pour la candidature de l'échec. C'est irresponsable et je ne m'y associerai pas. L'argument massue de ce ralliement; serait que Mélenchon "serait installé" dans le paysage et qu'il serait incontournable et irréversible. Les signataires sont loin d'être des perdreaux de l'année et cet argument puéril est utilisé pour forcer la main.. En effet, pour l'instant, en l'absence d'autres choix, des communistes, 3000 nous dit-on, ont accepté de soutenir le candidat autoproclamé. Candidat non pas du Front de Gauche, mais des" insoumis" qui se tient à distance des partis politique qui l'ont fait candidat en 2012, mais en fustigeant et en insultant les dirigeants et du coup les militants du parti communiste. Est-ce de cette façon que l'on rassemble ? Ce n'est pas d'ailleurs l'objectif du tribun. Il exige la soumission, le suivisme des militants communistes qui ont fait sa campagne, dans un mépris inacceptable de leur dignité en tentant de les diviser et de les opposer à la direction qu'ils ont élue.

Plus ça va, plus il parle, plus nous découvrons qu'il a bien changé. Il n'est plus celui qui nous a enchanté et donner espoir. Depuis, il s'est fourvoyé dans un égocentrisme paranoïaque et nationaliste qui le disqualifie. Rassembler la gauche de la gauche ne suffira pas. Il faut rassembler au-delà de nous-même. Ce n'est ni l'objectif, ni la stratégie de JL Mélenchon qui ne vise, au fond, qu'à construire un "mouvement" dont il serait le chef soutenu par un peuple"médusé" pour qu'il "s'en aillent tous" Les électeurs de gauche, socialistes, communistes et d'autres mouvances, des progressistes, syndicalistes, etc...peuvent se rassembler à condition que l'on ne les divise pas ni qu'on les stigmatise. Mélenchon a choisi la voix de l'affrontement au sein de la gauche dont il espère, sortir vainqueur sur ses décombres ? Si cette direction est poursuivie, ce que cet appel des 99 était censé conjurer, la catastrophe de la disparition de la gauche et du parti communiste en particulier de l'hémicycle ne serait plus seulement un risque, mais une réalité programmée. C'est justement contre cette perspective funeste que la très grande majorité des communistes soutient la stratégie de "rassemblement" et de candidature commune à présidentielle et aux législatives exposée par Pierre Laurent, tout comme la direction du PCF comme vient de le démontrer les votes du conseil national il y a quelques jours. Ne nous laissons pas détourner de l'essentiel, allons à la rencontre des français pour faire connaître nos propositions et recueillir leurs avis. Le 8 octobre marquera une étape supplémentaire pour mettre en avant "ce que demande le peuple" afin de relancer les propositions qu'il aura valider et faire triompher les conditions politiques pour relancer l'espoir et la crédibilité et conquérir les âmes et les coeurs.

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Published by bruno fornaciari - dans PCF THOUARSAIS ACTUALITES
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27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 11:37

Cadre hospitalier, un sacerdoce qui tourne au cauchemar

Le management hospitalier se transforme dans un contexte de restrictions budgétaires. Alors qu’on demande aux cadres des hôpitaux de faire plus et plus vite, une grande partie de leur travail ne repose plus sur l’activité soignante mais sur des compétences liées à l’encadrement.

Métro, boulot, dodo. Depuis un an et demi, Dominique fait fonction de cadre de santé aux urgences d’un hôpital de la banlieue parisienne. Chargée d’encadrer le personnel paramédical (infirmières et aides-soignantes), cette quadragénaire dynamique se retrouve entre deux eaux. Obligée de demander un « maximum » à son équipe tout en essayant de la préserver pour que le service reste « productif ». Le mot est lâché. Elle en sourit, de lassitude, car il va à l’encontre de ses principes, de sa déontologie. Mais Dominique a été tout bonnement happée par le système. Ses journées font rarement moins de dix heures, alors qu’elles ne devraient pas dépasser les sept heures et demie.

Son quotidien ? Trouver des lits pour faire entrer les malades et du personnel pour effectuer le travail. Il ne s’agit plus seulement de faire ou de superviser des plannings mais de trouver au pied levé une infirmière, un brancardier, une aide-soignante pour faire tourner le service malgré tout, en raison du manque de personnel permanent. Sans compter les évaluations et tous les petits tracas du quotidien. « On est constamment sous pression », lâche Dominique, qui passe d’une tâche à l’autre pour assurer du lien et maintenir de la cohérence. Du coup, « tout le monde est épuisé, à commencer par moi », reconnaît la responsable, qui constate que « c’est une fonction assez lourde, qui attire de moins en moins. C’est un poste où l’on se met en danger, car on doit prendre de lourdes responsabilités, explique-t-elle. Et c’est justement ce que nos responsables ne mesurent pas. »

De nombreuses études corroborent ce témoignage et mettent en évidence un paradoxe : les cadres hospitaliers sont aux prises avec les conséquences managériales des restructurations et des impératifs de retour aux équilibres financiers. Combien de cadres de santé ont été mis en diffi­culté par la direction ­devant leur équipe pour avoir ­dénoncé le nouveau projet de soins ou avoir simplement voulu respecter leur déontologie ? Et c’est compter sans l’explosion des « faisant fonction », qui atteignent jusqu’à 60 % dans certains grands centres hospitaliers, avec toutes les pressions qu’ils peuvent subir…

Les exigences de la nouvelle orga­nisation hospitalière conduisent à la transformation du cadre expert en cadre manager, ce qui provoque certains dégâts parmi l’encadrement dans nombre d’établissements. ­Devant ces difficultés, certains cadres utilisent la menace ou la contrainte pour amener les salariés à revenir sur leurs repos, leurs congés, à changer leur planning, avec tout le poids de la culpabilité intériorisée. Les références aux valeurs humanistes de soins qui s’appuient sur la relation engagée auprès du patient sont évacuées au profit de l’augmentation de la place du médicament, de la technicité protocolaire, de la gestion du personnel devenu interchangeable. Les cadres se retrouvent pris entre le marteau et l’enclume, l’application des outils de gestion du personnel s’oppose aux valeurs desquelles découlent les outils de soins.

« Depuis au moins 2005, entre la mise en place des pôles et de la tarification à l’activité et l’application de la loi hôpital, patients, santé, territoires, le métier de cadre a subi de profondes mutations », témoigne Graziella Raso, de l’Ugict-CGT (cadre CGT), faisant allusion à une l’annonce faite par l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), en juin dernier, de réduire de 189 à 128 le nombre de pôles. Ce qui, dans les faits, signifie une soixantaine de postes de cadres soignants supprimés, et autant de postes de cadres administratifs. « C’est une nouvelle attaque contre l’encadrement », analyse Graziella Raso.

Et pour cause. Si leur métier a été valorisé comme partenaire du corps médical, les cadres soignants se retrou­vent aujourd’hui contraints de s’adapter à des orientations dont la logique est essentiellement économique. Leurs mots d’ordre sont devenus « efficience », « management », « responsabilité », « résultats »… Farouchement opposée à la notion de « cadre manager », l’Ugict-CGT s’indigne de l’alignement de la fonction publi­que sur le privé, auquel n’échappe pas l’hôpital. « Désormais, nous avons des évaluations au mérite, avec des primes de résultats qui peuvent représenter jusqu’à 30 % de la rémunération. Pour l’instant, cela s’applique aux catégories A, mais cela va rapidement s’étendre à tout le monde », prévient Graziella Raso. Avec la rapidité à laquelle leur métier a évolué, les cadres de l’AP-HP ont fini par vivre un « profond malaise ». « On casse les services, on étend les tâches des cadres, on éclate les horaires… Tout cela crée un stress énorme. Ces conditions de travail ont même poussé certains cadres à des tentatives de suicide », déplore Graziella Raso, qui, à la CGT, milite pour que « les cadres soient rattachés à la filière métier ». Au final, toutes ces mutations ont surtout fait fuir les cadres. Et de fait, de plus en plus de « faisant fonction » occupent les postes et « s’exposent aux responsabilités sans avoir de compensation », regrette la militante.

De la souffrance, de l’isolement… Ce constat de grande insatisfaction au travail grandit et se voit largement partagé dans tous les secteurs hospitaliers. Un récent baromètre Ifop pour Acteurs publics, publié en mai dernier, montre que, parmi tous les cadres de la fonction publique, ceux du secteur hospitalier voient leurs conditions de travail en noir. Les cadres des hôpitaux sont de loin ceux qui ont la plus sombre opinion de l’effet des réformes sur leur environnement. 94 % d’entre eux pensent que les récentes réformes ont détérioré leurs conditions de travail. Et 70 % estiment que ces mêmes réformes ont dégradé la qualité des services rendus aux usagers.

Repères. Le travail des cadres de santé contribue à éviter les dysfonctionnements, à donner du sens aux différentes actions menées. Car il consiste à créer du lien entre les équipes de soins et les malades, mettant de la cohérence entre les actions éclatées. Cadre de santé est une profession qui souffre d’un manque d’attraction criant aujourd’hui du fait, notamment, des responsabilités de plus en plus grandes inhérentes à cette tâche et souvent difficilement mesurées par les responsables. C’est une fonction assez lourde qui attire de moins en moins. Jusqu’à 60 % de la profession est assumée par des « faisant fonction », c’est-à-dire des infirmier(e)s n’ayant pas le diplôme mais exerçant les fonctions de cadr

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Published by bruno fornaciari - dans SANTE
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27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 10:48
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27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 08:52

Boues rouges. Claude Jorda réagit

Suite à la décision de Ségolène Royal de faire suspendre sine die l’enquête publique concernant les rejets de l’entreprise Altéo de Gardanne, le Conseiller départemental (PCF) du canton de Gardanne tient à rappeler un certain nombre de points.

« Le premier c’est qu’il est plus que temps que l’on cesse d’opposer production industrielle et environnement. Nous avons besoin d’alumine produite en France, nous avons un devoir impératif de préserver l’environnement et notamment la Méditerranée. Sacrifier l’emploi ou l’environnement, cette alternative est absurde et mortifère. Le deuxième est qu’il faut que chacun ait dans cette affaire une attitude responsable : l’entreprise Altéo qui est prévenue depuis plus de 10 ans de la fin des rejets en mer a eu le temps de prendre des mesures pour répondre à cette exigence et ne peut s’étonner que la décision devienne exécutoire. Les défenseurs de l’environnement ne peuvent pas faire comme s’ils n’avaient pas été associés puisqu’il y a plus de 20 ans un comité de suivi scientifique avait été mis en place, sous la responsabilité du Préfet de l’époque, dont les travaux leur étaient régulièrement communiqués. Des dizaines d’études ont été menées par des structures indépendantes, elles doivent être confrontées et servir de point d’appui pour les mesures à prendre. Il y a donc urgence à mettre cartes sur table comme je l’ai fait moi-même en décembre dernier, en invitant tous les partenaires concernés à travailler ensemble à une solution satisfaisante pour tous. Je reste disponible pour continuer avec tous ceux qui en ont la volonté à travailler dans cette perspective. »

Alteo : Pour une production respectueuse de notre environnement

Jusqu'en 2015, l’usine Alteo, installée à Gardanne (Bouches du- Rhône) depuis 1893 et première productrice d’alumine technique au monde, a rejeté des "boues rouges" dans la mer Méditerranée. Si les boues sont désormais stockées, des eaux chargées sont toujours déversées dans la Méditerranée.

Des voix s’élèvent pour dénoncer l’existence de l’usine et de ses rejets en demandant la fermeture du site. Le maintien de cette activité est possible. Pour cela la voie la plus respectueuse de la santé et de l’environnement consiste à exiger des actionnaires d’Alteo qu’ils investissent, d’une part, dans l’entretien et la modernisation de l’usine et, d’autre part, dans la recherche pour développer des procédés techniques innovants pour la mise en œuvre au plus vite d’une dépollution des eaux en toute transparence et sous le contrôle des personnes concernées : salariés, élus, populations, associations …

Nous ne donnons pas carte blanche aux industriels pour polluer ni ici ni ailleurs ! Aux délocalisations économiques ne doivent pas s’ajouter les délocalisations écologiques.

  • Nous exigeons d’Altéo les investissements nécessaires à une production pleinement respectueuse de notre environnement.
  • Nous exigeons de l’Etat un engagement sans faille dans cette transition écologique et la création d’une commission de contrôle citoyenne.

Cette pétition sera remise à:

  • Ministre de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Energie

    Ségolène Royal
  • Premier ministre

    Manuel Valls
  • Ministre de l'Economie et des Finances

    Michel Sapin
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Published by bruno fornaciari - dans ECOLOGIE
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27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 08:15

Blog de Christian Christian Picquet

NUL, A GAUCHE, NE POURRA DIRE QU'IL NE SAVAIT PAS...
vendredi 23 septembre 2016,

Depuis l’ouverture de ce blog, voici plus de sept ans, j’ai délibérément choisi de l’utiliser prioritairement pour partager des arguments et des réflexions sur les questions fondamentales posées à la société française autant qu’à la gauche. Loin, donc, des tentations de l’immédiateté, de l’approximation, de l’appauvrissement des échanges, du rabougrissement du débat qui auront généralement accompagné l’essor des « réseaux sociaux ». Je n’ai que rarement dérogé à cette règle. Mais j’éprouve à présent trop d’inquiétudes devant ce dont nous sommes menacés, pour ne pas vous livrer ce pur coup de colère.

Tout récemment, mon ami Pierre Laurent se demandait si la gauche française n’était pas devenue, à l’instar de la droite d'antan, « la plus bête du monde ». De fait, tandis que de notre côté s’affiche le désarroi devant ce que nous lègue un quinquennat à bout de souffle, à moins que l’on ne se complaise à l’instar de quelques-uns dans la laudation de son bilan calamiteux, l’adversaire dessine sans contradicteur la contre-révolution politique et sociale qu’il appelle de ses vœux. Ne nous y trompons pas : si la direction des « Républicains » se révèle profondément divisée sur la stratégie apte à lui permettre de revenir aux affaires pour longtemps, les divers prétendants à sa « primaire » n’en partagent pas moins la commune volonté de faire basculer la France dans un modèle de société qui achèvera de détruire le « pacte » sur lequel la République s’était vue reconstruire par la Résistance.

Amputation de cent milliards, voire bien davantage, de la dépense publique ; nouvel allongement de l’âge du départ à la retraite ; accélération du démantèlement des protections collectives contenues dans le code du travail, jusqu’à la suppression (pour certains) de toute durée légale du travail ; volonté concomitante d’amenuiser les pouvoirs, déjà fort rognés, du mouvement syndical ; plafonnement de l’ensemble des allocations sociales et dégressivité accentuée des indemnités chômage ; abrogation du tiers-payant généralisé ; « choc fiscal » au profit des entreprises, couplé à la suppression éminemment symbolique de l’impôt sur la fortune ; hausse de trois points au moins de la TVA ; redéfinition des missions de l’État et remise en cause simultanée du statut de la fonction publique : les ultralibéraux n’ont pas tort d’évoquer une « thérapie de choc », au bénéfice du capital s’entend. Demain, la « présidence des riches », le gouvernement des financiers et des rentiers, si rien ne vient s’opposer à son retour, sera de nouveau tout-puissant…

Et ce n’est là qu’une (petite) dimension de ce qui nous est promis si le parti de la revanche l’emporte. Entre ceux qui, au nom des « économies » à réaliser, appellent à étrangler la démocratie locale en trucidant notamment l’échelon départemental… Ceux qui veulent gouverner par ordonnances dès les premières semaines de la nouvelle mandature, afin de frapper de stupeur les citoyens et de les empêcher de résister… Ceux qui, se lançant à la reconquête des électeurs du Front national, préconisent la substitution du droit du sang à l’actuel droit du sol, comme fondement de l’acquisition de la nationalité… Ceux qui considèrent désormais que la Constitution, c’est-à-dire le texte sanctuarisant l’État de droit, s’avère un obstacle au déploiement des prérogatives régaliennes de la puissance publique et qui, prétextant du terrorisme, imaginent l’ouverture d’un Guantanamo à la française où l’on internerait administrativement quiconque figurerait dans le fameux fichier « s »… Ceux pour qui l’identité française se trouverait minée par la présence, sur le sol national, de quelques millions de personnes de culture ou de confession musulmanes, et qui alignent dans ce cadre les propositions d’interdictions légales (du voile à l’université, du « burkini », du salafisme etc.)… Ceux qui, entraînés par leurs comportements de voyous et n’hésitant pas à flirter avec l’ethnicisme pour mieux épouser la radicalisation d’un large pan de leur base, vont jusqu’à enjoindre une France aux origines mélangées de ne plus se reconnaître que les Gaulois pour ancêtres… Ceux qui, indifférents à la souffrance de centaines de milliers d’hommes et de femmes fuyant les guerres et les dictatures, appellent les élus locaux à refuser de les accueillir un peu partout sur le territoire, bafouant du même coup ce que le pays avait ratifié en 1948 dans la Déclaration universelle de droits… La patrie de Voltaire, de Rousseau, de Condorcet, de Hugo ou de Jaurès affronte le vent mauvais d’un néopétainisme.

Personne ne pourra, dès lors, prétendre n’avoir pas su ce qu’il adviendra si la gauche est éliminée du second tour de la présidentielle et si, par l’effet mécanique du fonctionnement des institutions, elle ne subsiste qu’à un niveau résiduel dans l’Assemblée nationale élue quelques semaines plus tard. Il n’en est que plus atterrant que chacun fasse comme si tel n’était pas l’enjeu primordial de la confrontation qui s’amorce. François Hollande, rejeté par le pays et le peuple de gauche, donc incapable de rassembler le camp progressiste et de l’emmener au succès face aux « Républicains » et au Front national, dès lors qu’il s’emploie à installer l’idée qu’il peut, a minima, représenter un moindre mal face au séisme qui se prépare. La gauche du Parti socialiste et les écologistes, empêtrés dans des divisions et des querelles incompréhensibles du plus grand nombre, lorsqu’ils privilégient la participation à des « primaires » confuses, qui leur interdit de contribuer au rassemblement des énergies disponibles autour d’une candidature unique porteuse d’une perspective d’alternative. Jean-Luc Mélenchon, engagé dans une course en solitaire l’ayant amené à tourner unilatéralement la page du Front de gauche, puisqu’il refuse tout partenariat avec d’autres composantes de la gauche, les socialistes anti-austérité entre autres, au nom de l’objectif qu’il a fait sien et qui consiste à simplement devancer, sur son seul nom, François Hollande dans les urnes.

Quelles que puissent être les raisons invoquées, ces postures ne font pas que préparer une terrible débâcle. Elles concourent, involontairement bien sûr, mais cela ne change rien à leur inconséquence, à la « trumpisation » de notre débat public. Pour me montrer plus précis, elles laissent s’opérer la victoire idéologique de ce bloc droitier qui voit maintenant converger de larges secteurs du camp adverse, autour de thématiques dont beaucoup ont été initialement portées par le parti lepéniste. Verra-t-on demain des éditorialistes hexagonaux contraints d’admettre qu’il n’y a plus personne pour s’opposer à cette poussée réactionnaire qui vise à remodeler de fond en comble notre pays ? Nous ne sommes, au fond, pas très éloignés de la situation des États-Unis, qu’un chroniqueur du Monde dépeignait, le 20 septembre, en relevant qu’il ne se trouve plus grand monde là-bas pour « contredire » un Donald Trump derrière lequel renaît l’« Alternative Right », inspirée de « l’extrême droite identitaire européenne » et du mouvement « suprématiste blanc américain raciste »…

Devant de semblables périls, il est néanmoins permis d’espérer que l’intelligence collective finira par se frayer un chemin. Une lueur d’espoir se rallumerait, sans le moindre doute, si toutes celles et tous ceux qui se sentent concernés par l’indispensable affirmation d’une alternative de gauche consentaient, déjà, à vérifier ensemble qu’existent les bases d’un programme à même de sortir la gauche de sa décrépitude présente et de la remettre en mouvement. Un programme ne visant pas simplement à témoigner, mais à gagner une majorité dans le pays. C’est-à-dire les quelques axes, entrant en cohérence, d’une plate-forme correspondant aux attentes d’un peuple qui fait une overdose des régressions qu’on lui a imposées...

À la différence des concurrences illisibles encouragées par des « primaires » incertaines, redeviendrait ainsi possible la convergence, à la présidentielle autant qu’aux législatives suivantes, des forces vives de notre camp. À en croire tous les sondages, celles-ci aspirent, pour la plus grande partie d’entre elles, à une politique retrouvant les fondamentaux de la gauche. Un second tour résumé au face-à-face entre une droite chauffée à blanc et une extrême droite dont les idées gangrènent insidieusement les consciences, n’est par conséquent en rien un scénario inéluctable. Il suffirait, pour faire mentir ces sombres pronostics, que se lève, très au-delà des partis, une force citoyenne bien décidée à rebattre les cartes. On me dira que je rêve, qu’il est trop tard pour conjurer le pire, que je demeure un utopiste invétéré. Je sais pourtant, d’expérience, que « là où est la volonté, il y a un chemin »...

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BRUNO FORNACIARI

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