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19 mars 2013 2 19 /03 /mars /2013 07:41

 

l'Humanité de ce mardi 19 mars 2013

SOCIÉTÉ -  le 18 Mars 2013

 

Dans l'Humanité ce mardi: on ne lâche pas le droit de vote des étrangers

 

 

Le gouvernement a fait machine arrière sur l'engagement du candidat Hollande d'accorder le droit de vote aux étrangers. Ses partisans se mobilisent en rappelant toutes les options constitutionnelles à la disposition de la gauche.

A lire dans notre édition:

  • Il faut sauver l'engagement numéro 50!
  • "Un enjeu de cohésion sociale", entretien avec Françoise Dumont (LDH)
  • Les points de vue d'Esther Benbassa (sénatrice EELV), Alexis Bachelay (députéPS), Brigitte Gonthier-Maurin (sénatrice PCF) et Francine Blanche (CGT)
  • Une reculade, l'édito de Maurice Ulrich

A lire aussi dans l'Humanité ce mardi:

  • 50ème Congrès de la CGT:

--> Thierry Lepaon lance un appel à se rapprocher des salariés

--> "Il a parlé d'un syndicat efficace et ça me plaît", réactions des délégués CGT après le discours de Lepaon

--> Portrait Lepaon: "Le rassemblement, c'est notre seule force à nous"

--> Débat des syndiqués: Accroître la rapport de forces pour sauver les retraites

  • Le PS sanctionné lors de la législative partielle 
  • SNCM et chantier naval de Saint-Nazaire: des bateaux dans la brume
  • Economie: les dépréciations d'actifs ou comment maquiller ses comptes en toute légalité
  • Refondation de l'école: Peillon ne rassemble pas à l'Assemblée
  • Reportage: A Longjumeau, l'association qui réunit enfants des villes et des bidonvilles
  • Proche-Orient: Obama fait toujours profil bas
  • Culture: la danse s'échaufe à la Briqueterie de Vitry-sur-Seine

Toute l'actualité sur l'Humanité.fr

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19 mars 2013 2 19 /03 /mars /2013 07:33
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19 mars 2013 2 19 /03 /mars /2013 07:07

Des allocations familiales divisées par 2?

Selon "Le Figaro" Le rapporteur du budget de la Sécurité sociale à l’Assemblée Gérard Bapt (PS) préconise de diviser par deux les allocations familliales des ménages aisés, dans le cadre d'économie sur les prestations familiales, lors d'un entretien accordé auxEchos.


"Avec Pascal Terrasse, secrétaire national du PS à la protection sociale, nous jugeons nécessaire de diviser par deux les allocations familiales au-delà d'une certain niveau de revenus", déclare Gérard Bapt.

"Nous proposons de fixer ce plafond au niveau de celui de l'allocation de base de la prestation d'accueil du jeune enfant. Soit environ 53.000 euros par an pour un couple avec deux enfants, et un peu plus de 61.000 euros pour une famille avec trois enfants", détaille le rapporteur qui estime que "cela permettrait d'économiser un milliard d'euros."

Le député de la Haute-Garonne, médecin cardiologue, suggère en outre "de supprimer le complément mode de garde, qui prend en charge la garde d'enfants à domicile ou chez une assistante maternelle, pour les ménages qui dépassent ces plafonds de ressources." Cela "permettrait de dégager deux milliards supplémentaires", assure-t-il. "Les allocations familiales ne seraient pas supprimées, elles seraient seulement réduites. On ne remet pas en question le principe d'universalité", explique-t-il.

Et le rapporteur de conclure : "le déficit de la branche famille est encore plus inacceptable que les autres. Nous pensons que nos concitoyens sont prêts à admettre une modulation en fonction des revenus." Les allocations familiales sont actuellement versées à tous les foyers à partir de deux enfants sans condition.

Le gouvernement doit annoncer prochainement des économies pour la branche famille de la sécurité sociale, pour la faire revenir à l'équilibre en 2016.

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Trouver de nouvelles ressources est indispensable. Ne faudrait-il pas s'atteler à redéfinir une fiscalité juste et efficace sur le plan social, économique et environnemental ? Pour cela, prendre en compte notamment tous les revenus, y compris ceux du capital qui pourraient contribuer à l'effort collectif mieux partagé en fonction de ses possibilités et de l'utilité sociale.

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Published by bruno fornaciari - dans SOCIAL-ECONOMIE-FINANCES
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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 23:09
18mar2013

Il faut qu’on se parle…

Écrit seblab par. Posté dans politique générale

Un vrai débat se fait jour depuis quelques semaines au sein du Front de gauche et singulièrement entre le PCF et le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon. Il apparaît lors du vote de la loi d’amnistie, lors de la présentation jeudi dernier d’un projet de loi contre les licenciements boursiers, ou sur l’attitude à adopter vis à vis du projet de loi de refondation de l’école. Le feu a été mis aux poudres lors du vote au Sénat de la loi d’amnistie des syndicalistes.

Ces querelles sur l’appréciation à avoir vis à vis du gouvernement et de sa majorité, sont la partie visible du débat qui existe aujourd’hui dans le Front de gauche et qui je crois bien plus largement, est dans la tête de millions d’électeurs et d’électrices de gauche : Peut-on infléchir la politique du gouvernement pour enfin sortir de la spirale de l’austérité ? Est-il possible de gagner des avancées sociales et démocratiques dès maintenant ? Ce débat existe, alors pourquoi tant de haine quand tel ou tel exprime une idée ?

 

Encore des mots, toujours des mots, rien que des mots…

Je regrette qu’il soit abordé par le petit bout de la lorgnette car il est bien évident qu’il ne concerne pas uniquement la nature des rapports entre les organisations du front de gauche avec le PS et Europe Ecologie Les Verts. Je regrette aussi que le mode de l’insulte, de l’anathème, de l’attaque personnelle soit celui choisi par certains pour finalement couper court à ce débat en instaurant une sorte de police de la pensée. Nous avons trop souffert de cela lors des campagnes précédentes pour l’appliquer entre nous. Si le débat est vif, c’est qu’il est d’importance et mérite autre chose que la caricature et le procès d’intention.

De la théorie à la pratique… et inversement

Prenons l’exemple de l’accord national interprofessionnel

L’ANI est un mauvais accord, une attaque franche contre les acquis des travailleurs. Dénoncer cet accord, en démontrer la dangerosité, conspuer la politique, souvent navrante il est vrai, du gouvernement suffira-t-il à engager un rapport de force pour faire reculer le MEDEF et créer les conditions d’une véritable sécurisation de l’emploi et de la formation ?

Non, c’est la raison pour laquelle les députés du front de gauche déposeront un projet de loi contre les licenciements boursiers et le déclineront en amendements lors du débat sur l’ANI qui commencera le 5 avril. On ne peut dénoncer le diktat de madame Parisot obligeant les députés de gauche à voter l’accord en l’état, alors qu’il est minoritaire dans le monde du travail, et ne pas mener la bataille parlementaire pour arracher tout ce qu’il est possible d’arracher. Et ainsi  permettre un vrai débat public sur les causes de la crise : ce n’est pas le coût du travail et des solidarités qui en est la cause, mais la charge insupportable de la financiarisation de l’économie qui pèse sur l’industrie et les services, les collectivités et les services publics.

Ouvrir le débat et accepter qu’il se mène

Toute la question finalement est là. Suffit-il de contester en expliquant la dangerosité des politiques libérales et austéritaires pour gagner des avancées et être entendus ? Ou faut-il engager le débat le plus largement possible sur des contenus alternatifs et accepter donc le débat, la confrontation. Pas seulement avec le PS et EELV, dont les gens n’ont que faire, mais avec la population toute entière.

Les électrices et les électeurs du front de gauche, du PS et d’EELV ont tous voté pour le changement. Il s’agit aujourd’hui de les mettre en mouvement. Non pas contre tel ou tel mais pour des avancées en rupture avec les politiques d’austérité. Il s’agit de transformer le mécontentement et le désarroi en mouvement positif et politique.

Or, ce n’est pas à coup de postures, de bons mots, de slogans que nous permettrons cette mise en mouvement, mais bien en proposant justement des espaces de débat et de construction politique collective pour des alternatives aux politiques d’austérité.

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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 09:22
Fédération de l'Oise

Résultats de la Législative partielle Beauvais-Sud - 17 mars 2013

Résultats Législative partielle Beauvais-Sud - 1er tour - 17 mars 2013

Inscrits Votants Abst. Exprimés

B&N

Potchtovik (LO) Ripart (FG) Houssin (PS) Mancel (UMP) Italiani (FN) Ramel (SE) Lesaege (PP)
          Voix % Voix % Voix % Voix % Voix % Voix % Voix %
85 530 28 044 67,21 27 269   428 1,57 1 811 6,64 5 828 21,37 11 073 40,61 7 249 26,58 342 1,25 538 1,97
Rappel : Législatives 2012 - Beauvais-Sud - 1er tour - 3 juin 2012j
86 065 50 620 41,18 49 654 1,91 363 0,73 2 609 5,25 15 143 30,50 16 564 33,36 11 534 23,23        

Commentaires :

  • abstention énorme avec seulement 32,79 % de participation ;
  • seul le député sortant UMP franchit de justesse la barre des 12,5 % des inscrits ! 
  • l'abstention frappe d'abord massivement les électeurs du PS qui passe de 30,5 % à 21,37 % et perd les 2/3 de ses voix en 9 mois ; 
  • le FN obtient 26,58 % contre 23,23 % et se trouve « repêché » pour le 2nd tour ; 
  • l'UMP Mancel - qui ne retrouve pas non plus ses voix de juin 2012 - progresse tout de même en pourcentage des exprimés et passe de 33,36 % à 40,61 %. 

Dans ce contexte de crise, le seul signe d'espoir vient du score en progrès des deux jeunes candidats du Front de gauche qui obtiennent 6,64 % contre 5,25 % avec des résultats très intéressants notamment sur Beauvais (10,25 % et + 2,25 et des scores à plus de 15 % sur certains bureaux) et Sérifontaine, ville ouvrière de 2 800 habitants où nous passons en tête de tous les candidats avec 26,5 % contre 16,5 % en juin 2012 ! 

Un encouragement à poursuivre l'action et les initiatives du Front de gauche car plus que jamais « on ne lâche rien ! »

 

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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 08:47

 

 

  le 17 Mars 2013

 

Les embauches en CDD atteignent un niveau record

La part des contrats à durée déterminée dans les embauches n'a jamais été aussi haute depuis 1999 selon les chiffres du troisième trimestre 2012, montre une étude Direction de la recherche du ministère du Travail (Dares) publiée vendredi. Ainsi, 81,7% des embauches se font en CDD quand parallèlement, le taux de fin de CDD dans les sorties des entreprises est lui aussi au plus haut.

 

L’étude publiée par le ministère du Travail en fin de semaine confirme la tendance à l’aggravation de la précarité de l’emploi. En effet, tombé à moins de 67% fin 2000, le taux d'embauches en CDD a atteint un niveau inégalé depuis la mise en place de statistiques sur les entrées et sorties de main d'œuvre en janvier 1999. La part des embauches en CDD a atteint 81,7% au 3e trimestre 2012 dans les entreprises de plus de 10 salariés, le plus haut niveau depuis que ce taux est mesuré (1999). Sur un trimestre, la hausse est de 0,7 point. Elle est de 3,3 points sur un an. La part des embauches en CDD est la plus forte dans le tertiaire (83,7%) et l'industrie (68,2%). Dans ces deux secteurs, elle augmente respectivement de 3,2 et 4,1 points sur un an. En revanche, elle baisse dans la construction (-2,4 points à 49,9%). Cette progression a été particulièrement forte ce trimestre dans les entreprises de 10 à 49 salariés (+3,2 points) et plus limitée (+0,5 point) dans celles de 50 salariés ou plus. Parallèlement à cette hausse des embauches en CDD, le taux de fin de CDD dans les sorties des entreprises a progressé de 0,3 point au troisième trimestre pour s'établir à 9,7%, également un plus haut depuis 1999, année où le ministère du Travail a commencé à publier ces statistiques.

En revanche, le taux de recrutement en CDI est stable dans les établissements de 10 à 49 salariés (2,8 %) tout comme dans ceux de 50 salariés ou plus (2,2%). Il s'agit des plus faibles niveaux observés au cours de la décennie…

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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 08:42

Jamais le peuple chypriote n'acceptera de se faire spolier (PCF)

 

En choisissant un président de droite pour succéder au président Kristophoras d'AKEL, la majorité du peuple chypriote a cru qu'un compromis avec l'Union européenne serait plus facile à trouver. L'actuel président avait fait toute sa campagne en ce sens. Le prêt de 17 milliards d'euros demandé pour "sauver" le système bancaire national s'est transformé en 10 milliards avec une compensation de 5,8 milliards d'euros obtenus par une ponction sur les comptes bancaires des déposants à Chypre. Ceci comprend à la fois les comptes Offshore d'étrangers principalement russes et ceux des militaires anglais stationnés depuis la partition de 1974, mais aussi et surtout les comptes courant des chypriotes. La taxe sera de 6,75 pour cent pour tous les dépôts en dessous de 100 000 euros et de 9,9 pour cent au-delà. Il est vraisemblable que tout le weekend les étrangers ainsi que les "gros comptes" ont déjà déplacé les dépôts vers d'autres cieux bancaires plus cléments. Les petits déposants locaux n'auront pas cette possibilité. Cette mesure jamais débattue encore moins envisagée, est un choc pour le peuple qui se sent légitimement trahi.

Les mêmes recettes produiront les mêmes effets. La population va se ruer vers les banques dès leur réouverture. La taxe n'aura pas le rendement voulu et donc d'autres mesures austeritaires sont à prévoir. Chypre suivra ainsi le chemin de la Grèce. Encore faut-il que le parlement accorde sa confiance au gouvernement. Face à ce coup de force, le PCF apporte tout son soutien à AKEL et au peuple chypriote. Jamais le peuple chypriote n'acceptera de se faire spolier. Seule une Europe construite sur la solidarité et non sur le chantage peut espérer avoir un avenir.

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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 08:23

 

 le 17 Mars 2013

 

La troïka fait les poches des citoyens de Chypre

 

 

Le Parlement de Chypre votera demain lundi le plan d’aide européen. En échange de 10 milliards d’euros de prêt, Nicosie doit instaurer une taxe sur les dépôts bancaires. C’est la première conséquence du retour de la droite au pouvoir.

L’Union européenne (UE) instaure un impôt sur le patrimoine… des Chypriotes modestes. Tous les comptes en banque des résidents à Chypre devraient être taxés. À 6,75 % pour les dépôts inférieurs à 100 000 euros. À 9,9 % au-delà. Ces mesures, si elles sont validées lundi 18 mars par le Parlement, pourraient être la conséquence de l’accord trouvé dans la nuit de vendredi à samedi entre les ministres de l’Économie de la zone euro (Eurogroupe), en coordination avec le Fonds monétaire international et la Banque centrale européenne.

Elles sont la contrepartie exigée par les Européens pour que Chypre obtienne 10 milliards d’euros de prêt. Bien moins que les 17 milliards d’euros attendus par Nicosie. Ce prélèvement sur les comptes bancaire devrait rapporter 5,8 milliards d’euros : autant de moins à verser pour les fonds de secours européens.

Par ailleurs, un prélèvement à la source sur les intérêts sera réalisé. Selon le ministre des Finances, Michalis Sarris, les taxes sur le capital et les intérêts des dépôts seraient compensées par la distribution d’actions… Alors que le système bancaire chypriote, vérolé, doit être restructuré.

Car, c’est de ce dernier que vient le problème. Ses avoirs pèsent huit fois le PIB de Chypre. Les banques de l’île possédaient nombre de titres de dette grecque. Or une partie de cette dette a été annulée. Nicosie est victime de cet effacement. La dépréciation des bons du Trésor hellène représente 4,5 milliards d’euros pour les banques chypriotes, aujourd’hui en crise et qui se retournent maintenant vers l’État. S’il laisse une banque faire faillite, celui-ci aura à garantir les dépôts à hauteur de 100 000 euros pour respecter les directives européennes. Cela pousserait le pays à une quasi-faillite. 

« J’ai travaillé des années pour mettre cet argent de côté et maintenant, je le perds parce que les Néerlandais et les Allemands en ont décidé ainsi. Cela ne touche pas les Russes », se plaignait Andy Georgiou, samedi. 37 % des sommes déposées à Chypre le sont par des non-résidents, notamment russes.

« C’est du vol ! » confiait à l’AFP, Kyriakos, un trentenaire, samedi, qui, comme des dizaines d’autres Chypriotes, retirait de l’argent de son compte. Le Parlement doit voter l’accord avant l’ouverture des banques, mardi. Sinon, leurs coffres vont se vider.

Le Parlement devait examiner le texte dès aujourd'hui, mais le débat a été repoussé à demain lundi.

Élu président de la République le 24 février, face au candidat soutenu par les communistes, Stavros Malas (42,52 %), Nicos Anastasiades (57,48 %) n’a pas de majorité au Parlement, renouvelé en 2011. Son Rassemblement démocratique (Disy), centriste, ne dispose que de 20 des 56 sièges à la Vouli. Il aura besoin de l’apport des neuf voix du parti de droite Diko, qui examine encore les détails de l’accord.

Ce racket des épargnants chypriotes est la première conséquence de la perte de la présidence de la République par les communistes d’Akel qui comptent 19 députés dans leurs rangs. Le prédécesseur d’Anastasiades, Dimitris Christofias, qui ne s’était pas représenté, était pudiquement qualifié d’« obstacle politique » par les fonctionnaires européens. Le président communiste refusait un mémorandum à la grecque, qui aurait amené à la privatisations des entreprises publiques.

Gaël De Santis


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15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 10:08
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15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 02:20

ARGENTINE  L’Eglise sur le banc des accusés

Le premier procès d’un prêtre pour violation des droits de l’homme s’est ouvert. Mais l’épiscopat argentin est loin d’avoir expié les fautes commises sous la dictature.
Réagissant au procès de l’aumônier de la police de Buenos Aires, Christian von Wernich, l’Eglise catholique s’est bornée à confirmer qu’il faisait toujours partie de la hiérarchie ecclésiastique. L’audience qui s’est ouverte le 5 juillet dernier a pour unique accusé ce prêtre qui participa aux interrogatoires de personnes arrêtées ou “disparues” lors de leur détention dans des centres clandestins. Pourtant, le procès moral et politique ouvert parallèlement doit aussi être celui de l’institution religieuse à laquelle il continue d’appartenir.

Par “institution religieuse”, il faut entendre ici le vicariat apostolique militaire dont Christian von Wernich dépendait, et plus précisément sa branche policière, ainsi que la Conférence épiscopale argentine de l’époque. Il faut y ajouter les structures épiscopales actuelles, tant en Argentine qu’au Vatican. Car, si von Wernich a échappé à la justice, c’est grâce à la protection de l’Eglise catholique qui, comme elle a coutume de le faire avec les prêtres pédophiles, l’a muté sous un nouveau nom dans une paroisse chilienne, où il a finalement été retrouvé avant d’être extradé. L’accusé s’est ainsi présenté devant ses juges en tant que prêtre de l’Eglise catholique apostolique et romaine, et vêtu comme tel. Le seul document officiel émis par l’Eglise argentine confirme que von Wernich fait toujours partie de sa hiérarchie. En mai 2007, alors qu’il ouvrait l’Assemblée plénière de l’épiscopat, son président, le cardinal Jorge Mario Bergoglio, a même laissé entendre que le procès faisait partie d’une campagne de persécution calomnieuse envers l’institution religieuse.
Soutien dogmatique à tous les coups d’Etat qu’a connus l’Argentine au XXe siècle, l’Eglise catholique a ainsi joué dans les années 1950 un rôle déterminant dans le renversement du gouvernement populaire de Juan Perón. Mais c’est aussi par son intermédiaire qu’on a importé en Argentine les méthodes de guerre contre-révolutionnaire mises au point par les militaires catholiques français appartenant au groupe Cité catholique pendant la guerre d’Algérie. Certains de ces militaires et aumôniers, comme le colonel Jean Gardes et le prêtre Georges Grasset, se sont réfugiés en Argentine après l’indépendance algérienne. Grasset y est arrivé en 1961 et Gardes, condamné à mort en France, s’y est installé en 1963 grâce à un marché conclu avec les services de renseignements de la marine. La bible de ce mouvement est le livre intitulé Le Marxisme-Léninisme. Ecrit par son fondateur Jean Ousset, il comprend notamment un recueil d’encycliques condamnant le communisme et énonce une doctrine de guerre contre-révolutionnaire. C’est en Argentine, en 1961, qu’est parue la première édition de cet ouvrage hors de France. Son traducteur en espagnol n’était autre que le chef des services de renseignements de l’armée argentine, le colonel Juan Francisco Guevara, et sa préface a été rédigée par le président de la Conférence épiscopale et vicaire général de l’armée, le cardinal Antonio Caggiano.

La torture n’est un péché qu’au-delà de 48 heures

Lorsque ce dernier prit sa retraite, la présidence de l’épiscopat comme le vicariat sont passés aux mains d’un autre tenant de la même ligne intégriste, l’archevêque du Paraná Adolfo Tortolo, qui occupa le premier poste jusqu’en 1976 et le second jusqu’à sa mort en 1981. L’homme avait été chargé par les dirigeants des forces armées d’obtenir la démission de la présidente Isabel Martínez. Mais la veuve de Perón a refusé, entraînant la mise en œuvre d’un coup d’Etat militaire. A la fin de l’année 1975, le président de l’épiscopat en a même annoncé l’imminence, non dans une chapelle de campagne face à des militaires, mais dans un hôtel cinq étoiles, devant un auditoire composé d’hommes d’affaires. Quelques mois plus tard, dans la nuit du 23 mars 1976, les commandants des armées de terre et de l’air Jorge Videla et Ramón Agosti ont rendu visite à Mgr Tortolo et au vicaire Bonamín au siège du vicariat militaire, avant de partir à l’assaut du pouvoir. “Les principes qui régissent la conduite du général Videla sont ceux de la morale chrétienne. C’est un militaire de premier ordre et un catholique extraordinairement sincère et fidèle à sa foi”, a alors déclaré Tortolo, ajoutant que des “mesures dures et violentes” devaient être prises contre la subversion.
Dans son rapport intitulé “Nunca Más” (Jamais plus), publié en septembre 1984, la CONADEP (Commission nationale sur les personnes disparues) mentionnait l’existence de cinq aumôniers ayant collaboré avec la dictature, parmi lesquels figurait Christian von Wernich. Mais elle passait sous silence le comportement de l’épiscopat. Deux ans plus tard, Emilio Mignone, ministre de l’Education sous le premier gouvernement de Perón puis vice-ministre de Juan Carlos Onganía [général putschiste devenu de facto président de 1966 à 1970] au cours de la décennie suivante, a fourni dans son ouvrage désormais classique Iglesia y dictadura [Eglise et dictature] une analyse approfondie de la complicité institutionnelle de l’épiscopat, dans lequel il donne les noms d’une douzaine d’aumôniers des forces armées et des forces de sécurité. Ces hommes ont confessé des prisonniers sur le point d’être fusillés dans le plus grand secret et ont justifié l’enlèvement, la torture et l’assassinat d’autres prêtres. Ils ont aussi théorisé que la torture n’était un péché qu’au-delà des premières quarante-huit heures.
Lorsqu’en 1983 la dictature tombait en miettes, l’épiscopat s’est démené pour la sauver et négocier avec les partis politiques une issue évitant aux forces armées de subir les conséquences de leurs actes. Le chargé de relations publiques de l’épiscopat, Oscar Justo Laguna, a rappelé devant l’Assemblée plénière des évêques que, lors de sa rencontre avec le général Benito Bignone, dernier dictateur en exercice, celui-ci avait “défendu la torture et affirmé qu’elle lui avait été enseignée par ses aumôniers militaires”. Près d’un quart de siècle plus tard, avec le procès de Christian von Wernich et celui des principaux chefs du service d’informations de l’armée, qui s’est ouvert lui aussi début juillet, le monde politique semble enfin assumer une responsabilité qu’il a esquivée très longtemps.

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BRUNO FORNACIARI

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