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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 08:23

 

 le 17 Mars 2013

 

La troïka fait les poches des citoyens de Chypre

 

 

Le Parlement de Chypre votera demain lundi le plan d’aide européen. En échange de 10 milliards d’euros de prêt, Nicosie doit instaurer une taxe sur les dépôts bancaires. C’est la première conséquence du retour de la droite au pouvoir.

L’Union européenne (UE) instaure un impôt sur le patrimoine… des Chypriotes modestes. Tous les comptes en banque des résidents à Chypre devraient être taxés. À 6,75 % pour les dépôts inférieurs à 100 000 euros. À 9,9 % au-delà. Ces mesures, si elles sont validées lundi 18 mars par le Parlement, pourraient être la conséquence de l’accord trouvé dans la nuit de vendredi à samedi entre les ministres de l’Économie de la zone euro (Eurogroupe), en coordination avec le Fonds monétaire international et la Banque centrale européenne.

Elles sont la contrepartie exigée par les Européens pour que Chypre obtienne 10 milliards d’euros de prêt. Bien moins que les 17 milliards d’euros attendus par Nicosie. Ce prélèvement sur les comptes bancaire devrait rapporter 5,8 milliards d’euros : autant de moins à verser pour les fonds de secours européens.

Par ailleurs, un prélèvement à la source sur les intérêts sera réalisé. Selon le ministre des Finances, Michalis Sarris, les taxes sur le capital et les intérêts des dépôts seraient compensées par la distribution d’actions… Alors que le système bancaire chypriote, vérolé, doit être restructuré.

Car, c’est de ce dernier que vient le problème. Ses avoirs pèsent huit fois le PIB de Chypre. Les banques de l’île possédaient nombre de titres de dette grecque. Or une partie de cette dette a été annulée. Nicosie est victime de cet effacement. La dépréciation des bons du Trésor hellène représente 4,5 milliards d’euros pour les banques chypriotes, aujourd’hui en crise et qui se retournent maintenant vers l’État. S’il laisse une banque faire faillite, celui-ci aura à garantir les dépôts à hauteur de 100 000 euros pour respecter les directives européennes. Cela pousserait le pays à une quasi-faillite. 

« J’ai travaillé des années pour mettre cet argent de côté et maintenant, je le perds parce que les Néerlandais et les Allemands en ont décidé ainsi. Cela ne touche pas les Russes », se plaignait Andy Georgiou, samedi. 37 % des sommes déposées à Chypre le sont par des non-résidents, notamment russes.

« C’est du vol ! » confiait à l’AFP, Kyriakos, un trentenaire, samedi, qui, comme des dizaines d’autres Chypriotes, retirait de l’argent de son compte. Le Parlement doit voter l’accord avant l’ouverture des banques, mardi. Sinon, leurs coffres vont se vider.

Le Parlement devait examiner le texte dès aujourd'hui, mais le débat a été repoussé à demain lundi.

Élu président de la République le 24 février, face au candidat soutenu par les communistes, Stavros Malas (42,52 %), Nicos Anastasiades (57,48 %) n’a pas de majorité au Parlement, renouvelé en 2011. Son Rassemblement démocratique (Disy), centriste, ne dispose que de 20 des 56 sièges à la Vouli. Il aura besoin de l’apport des neuf voix du parti de droite Diko, qui examine encore les détails de l’accord.

Ce racket des épargnants chypriotes est la première conséquence de la perte de la présidence de la République par les communistes d’Akel qui comptent 19 députés dans leurs rangs. Le prédécesseur d’Anastasiades, Dimitris Christofias, qui ne s’était pas représenté, était pudiquement qualifié d’« obstacle politique » par les fonctionnaires européens. Le président communiste refusait un mémorandum à la grecque, qui aurait amené à la privatisations des entreprises publiques.

Gaël De Santis


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15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 10:08
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15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 02:20

ARGENTINE  L’Eglise sur le banc des accusés

Le premier procès d’un prêtre pour violation des droits de l’homme s’est ouvert. Mais l’épiscopat argentin est loin d’avoir expié les fautes commises sous la dictature.
Réagissant au procès de l’aumônier de la police de Buenos Aires, Christian von Wernich, l’Eglise catholique s’est bornée à confirmer qu’il faisait toujours partie de la hiérarchie ecclésiastique. L’audience qui s’est ouverte le 5 juillet dernier a pour unique accusé ce prêtre qui participa aux interrogatoires de personnes arrêtées ou “disparues” lors de leur détention dans des centres clandestins. Pourtant, le procès moral et politique ouvert parallèlement doit aussi être celui de l’institution religieuse à laquelle il continue d’appartenir.

Par “institution religieuse”, il faut entendre ici le vicariat apostolique militaire dont Christian von Wernich dépendait, et plus précisément sa branche policière, ainsi que la Conférence épiscopale argentine de l’époque. Il faut y ajouter les structures épiscopales actuelles, tant en Argentine qu’au Vatican. Car, si von Wernich a échappé à la justice, c’est grâce à la protection de l’Eglise catholique qui, comme elle a coutume de le faire avec les prêtres pédophiles, l’a muté sous un nouveau nom dans une paroisse chilienne, où il a finalement été retrouvé avant d’être extradé. L’accusé s’est ainsi présenté devant ses juges en tant que prêtre de l’Eglise catholique apostolique et romaine, et vêtu comme tel. Le seul document officiel émis par l’Eglise argentine confirme que von Wernich fait toujours partie de sa hiérarchie. En mai 2007, alors qu’il ouvrait l’Assemblée plénière de l’épiscopat, son président, le cardinal Jorge Mario Bergoglio, a même laissé entendre que le procès faisait partie d’une campagne de persécution calomnieuse envers l’institution religieuse.
Soutien dogmatique à tous les coups d’Etat qu’a connus l’Argentine au XXe siècle, l’Eglise catholique a ainsi joué dans les années 1950 un rôle déterminant dans le renversement du gouvernement populaire de Juan Perón. Mais c’est aussi par son intermédiaire qu’on a importé en Argentine les méthodes de guerre contre-révolutionnaire mises au point par les militaires catholiques français appartenant au groupe Cité catholique pendant la guerre d’Algérie. Certains de ces militaires et aumôniers, comme le colonel Jean Gardes et le prêtre Georges Grasset, se sont réfugiés en Argentine après l’indépendance algérienne. Grasset y est arrivé en 1961 et Gardes, condamné à mort en France, s’y est installé en 1963 grâce à un marché conclu avec les services de renseignements de la marine. La bible de ce mouvement est le livre intitulé Le Marxisme-Léninisme. Ecrit par son fondateur Jean Ousset, il comprend notamment un recueil d’encycliques condamnant le communisme et énonce une doctrine de guerre contre-révolutionnaire. C’est en Argentine, en 1961, qu’est parue la première édition de cet ouvrage hors de France. Son traducteur en espagnol n’était autre que le chef des services de renseignements de l’armée argentine, le colonel Juan Francisco Guevara, et sa préface a été rédigée par le président de la Conférence épiscopale et vicaire général de l’armée, le cardinal Antonio Caggiano.

La torture n’est un péché qu’au-delà de 48 heures

Lorsque ce dernier prit sa retraite, la présidence de l’épiscopat comme le vicariat sont passés aux mains d’un autre tenant de la même ligne intégriste, l’archevêque du Paraná Adolfo Tortolo, qui occupa le premier poste jusqu’en 1976 et le second jusqu’à sa mort en 1981. L’homme avait été chargé par les dirigeants des forces armées d’obtenir la démission de la présidente Isabel Martínez. Mais la veuve de Perón a refusé, entraînant la mise en œuvre d’un coup d’Etat militaire. A la fin de l’année 1975, le président de l’épiscopat en a même annoncé l’imminence, non dans une chapelle de campagne face à des militaires, mais dans un hôtel cinq étoiles, devant un auditoire composé d’hommes d’affaires. Quelques mois plus tard, dans la nuit du 23 mars 1976, les commandants des armées de terre et de l’air Jorge Videla et Ramón Agosti ont rendu visite à Mgr Tortolo et au vicaire Bonamín au siège du vicariat militaire, avant de partir à l’assaut du pouvoir. “Les principes qui régissent la conduite du général Videla sont ceux de la morale chrétienne. C’est un militaire de premier ordre et un catholique extraordinairement sincère et fidèle à sa foi”, a alors déclaré Tortolo, ajoutant que des “mesures dures et violentes” devaient être prises contre la subversion.
Dans son rapport intitulé “Nunca Más” (Jamais plus), publié en septembre 1984, la CONADEP (Commission nationale sur les personnes disparues) mentionnait l’existence de cinq aumôniers ayant collaboré avec la dictature, parmi lesquels figurait Christian von Wernich. Mais elle passait sous silence le comportement de l’épiscopat. Deux ans plus tard, Emilio Mignone, ministre de l’Education sous le premier gouvernement de Perón puis vice-ministre de Juan Carlos Onganía [général putschiste devenu de facto président de 1966 à 1970] au cours de la décennie suivante, a fourni dans son ouvrage désormais classique Iglesia y dictadura [Eglise et dictature] une analyse approfondie de la complicité institutionnelle de l’épiscopat, dans lequel il donne les noms d’une douzaine d’aumôniers des forces armées et des forces de sécurité. Ces hommes ont confessé des prisonniers sur le point d’être fusillés dans le plus grand secret et ont justifié l’enlèvement, la torture et l’assassinat d’autres prêtres. Ils ont aussi théorisé que la torture n’était un péché qu’au-delà des premières quarante-huit heures.
Lorsqu’en 1983 la dictature tombait en miettes, l’épiscopat s’est démené pour la sauver et négocier avec les partis politiques une issue évitant aux forces armées de subir les conséquences de leurs actes. Le chargé de relations publiques de l’épiscopat, Oscar Justo Laguna, a rappelé devant l’Assemblée plénière des évêques que, lors de sa rencontre avec le général Benito Bignone, dernier dictateur en exercice, celui-ci avait “défendu la torture et affirmé qu’elle lui avait été enseignée par ses aumôniers militaires”. Près d’un quart de siècle plus tard, avec le procès de Christian von Wernich et celui des principaux chefs du service d’informations de l’armée, qui s’est ouvert lui aussi début juillet, le monde politique semble enfin assumer une responsabilité qu’il a esquivée très longtemps.

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15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 02:15

Le pape François et la dictature argentine: un nouveau scandale menace le Vatican

Plusieurs journalistes et chercheurs argentins l'accusent d'avoir collaboré avec les militaires, notamment d’avoir facilité le kidnapping de deux prêtres et d'avoir fermé les yeux sur l’enlèvement d’enfants de dissidents pendant la dictature de Videla.

Estela de Carlotto, première présidente de l'association Grands-mères de la place de Mai, devant les photos des personnes disparues, à Buenos Aires en 1987. REUTERS/Enrique Shore

- Estela de Carlotto, première présidente de l'association Grands-mères de la place de Mai, devant les photos des personnes disparues, à Buenos Aires en 1987. REUTERS/Enrique Shore -

En prenant la relève de Benoît XVI, l’Argentin Jorge Mario Bergoglio, devenu mardi le pape François, hérite d’un Vatican en crise et d’une Eglise accusée de corruption. Mais l’institution dont il prend la tête n’est pas la seule sous attaque. Bergoglio lui-même est incriminé par plusieurs journalistes et chercheurs dans son pays pour avoir collaboré avec la dictature militaire entre 1976 et 1983. Le nouveau pape, de son côté, a toujours nié ces accusations, dont celle d’avoir facilité le kidnapping de deux prêtres au début de la dictature de Jorge Rafael Videla. Provincial (responsable) de l’ordre jésuite d’Argentine entre 1973 et 1979, il aurait dénoncé Orlando Yorio et Francisco Jalics, ou du moins implicitement permis leur arrestation.

Cette imputation a d’abord été évoquée en 1986 par Emilio Mignone, alors président du Centre d’études légales et sociales, une organisation non-gouvernementale de défense des droits de l’homme créée contre la Junte. Dans son livre Iglesia y Dictadura («Eglise et dictature»), Mignone prenait l’exemple de Bergoglio pour illustrer «la sinistre complicité» de religieux avec les militaires, affirmant que le supérieur jésuite avait «donné son feu vert» pour l’arrestation des prêtres.

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Disparus pendant cinq mois, Orlando Yorio et Francisco Jalics avaient mis en place une mission dans le quartier défavorisé de Bajo Flores. Bergoglio leur aurait demandé de partir à la veille du coup d’Etat militaire. Ceux-ci ayant refusé, il leur aurait intimé de quitter la Compagnie de Jésus afin de pouvoir lui désobéir.

Une semaine avant d’être arrêtés, ceux-ci s’étaient donc vus confisquer leur sacerdoce, un geste qui leur retirait la protection de l’Eglise. Après leur libération, seul Yorio avait accepté de s’exprimer sur la question. Interviewé par le journaliste (très anticlérical) Horacio Verbitsky, il affirmait que Bergoglio avait fait en sorte qu’aucun évêque de la région n’accepte de les rattacher à son diocèse, une fois privés de leur sacerdoce. 

«Tous nous recevaientse souvenait Yorio, depuis décédémais très vite, leur arrivait un avertissement qui parlait de graves secrets contre nous, ce qui les empêchait de nous accueillir dans leur diocèse. Quand on leur demandait pourquoi, ils nous répondaient qu’on devrait poser la question à notre Provincial.» Le prêtre ajoutait «douter que Bergoglio nous ait libérés, au contraire

Dans une tribune publiée ce jeudi matin, Horacio Verbitsky, l’un des premiers journalistes à relayer les accusations contre Bergoglio dans l’affaire des prêtres jésuites, cite un mail de la soeur de Yorio:

«Je n'arrive pas à y croire, il a réussi à faire ce qu'il voulait. Je revois Orlando dans la salle à manger de la maison qui me dit “lui, il veut être pape”. C'est la personne parfaite pour cacher la pourriture [du Vatican]. C'est un expert de la dissimulation.»

A cause de ces accusations, le chef jésuite devenu archevêque de Buenos Aires a dû témoigner au procès intenté au nom des deux jésuites contre la dictature, en 2010. Bergoglio s’est défendu en affirmant qu’il n’avait jamais mis les pieds à l’Ecole supérieure de mécanique de l’armée, le centre de torture militaire sous la Junte. Jalics et Yorio «savaient très bien qu’ils risquaient de finir dans un fossé», avait-il poursuivi face à l’avocat de l’accusation.

Dans le livre Le Jésuite: Conversations avec le cardinal Jorge Bergoglio, les journalistes Sergio Rubin et Francesca Ambrogetti avaient voulu savoir pourquoi l’ancien cardinal avait attendu si longtemps avant de réfuter les charges de collaboration faites à son encontre: «Je ne voulais pas jouer leur jeu, mais je n’ai rien à cacher»,avait-il répondu.

Dans une inteview avec Verbitsky, Bergoglio a raconté que lors d'une de ses premières messes en tant qu'archevêque de Buenos Aires, il avait cherché à s'expliquer en tête-à-tête avec Mignone. Le président du CELS l'avait arrêté d'un geste de la main, lui demandant de ne pas l'approcher. 

Le vol d’enfants sous la dictature

Autre chef d’accusation contre le nouveau pape: il aurait fermé les yeux sur l’enlèvement d’enfants de dissidents pendant la dictature. «Pourquoi ne citez-vous pas Bergoglio à comparaître?», s'était enquise, lors d’un autre procès contre la Junte, Estela de la Cuadra, fille de la première présidente des Grands-mères de la place de Mai, la célèbre association qui cherche à retrouver les enfants volés aux victimes du régime militaire.

Estela, dont la sœur Elena est une «desaparecida», possède des lettres envoyées par son père à Bergoglio quand il était à la tête des jésuites. Il y demande de l’aide pour retrouver sa fille et sa petite-fille, celle-ci étant née après l’enlèvement. «Comment se fait-il qu’il prétende n’être au courant du vol d’enfants que depuis dix ans?», demandait Estela à la justice argentine en 2011.

Encore une fois, l’ancien cardinal argentin a été appelé devant les juges. Les Grands-mères de la place de Mai viennent de mettre son témoignage en ligne: Bergoglio y confirme s’être entretenu avec le père de la Cuadra mais ne pas se souvenir qu’il ait été question d’un nouveau-né [PDF].

Dans une de ses réponses, il assure que «ce n’est qu’après bien des années, et à travers différents modes de communication, qu'(il a) appris qu’une des filles de M. de la Cuadra, nommée Elena, aurait accouché pendant sa captivité».

La dissimulation des camps de torture de l’Esma

Horacio Verbitsky porte un dernier coup à l’image du pontife avec son enquête El Silencio.

Publié très à propos juste après l’élection de Ratzinger au Saint-Siège, le livre raconte l’histoire de l’île du Tigre où les prisonniers du camp de torture de l’Esma avaient été cachés de la Commission interaméricaine des droits de l’homme à la fin des années 1970. Verbitsky rapporte qu’à l’origine, l’île appartenait à l’archevêché de Buenos Aires. Elle aurait été vendue à l’armée argentine, sous un faux nom, par un religieux alors secrétaire du vicariat militaire, Emilio Teodoro Grasselli. Encore une fois, Bergoglio nie avoir eu connaissance de l’existence de l’île.

Alors, compromis avec la dictature argentine, le nouveau pape? Probablement pas plus que la hiérarchie religieuse du pays, passive, indifférente à l’horreur, sinon complice de la Junte. La morale peut condamner Jorge Bergoglio. L’histoire aussi: «Elle le montre comme quelqu’un d’opposé à toutes les innovations de l’Eglise, et surtout, pendant la dictature, on le découvre très proche du pouvoir militaire», a affirmé Horacio Mallimaci, l’ancien doyen de l’université de sciences sociales de l’université de Buenos Aires, au sujet de l’ancien cardinal argentin.

Mais la réalité de la vie sous la dictature argentine a placé beaucoup de monde dans une situation grise. Il était dangereux à ce moment de parler et de risquer d'être qualifié de subversif. Beaucoup, y compris des prêtres, l'ont fait et ont ensuite disparu, comme 30.000 Argentins.

Ceux qui, sans doute comme Bergoglio, n’ont pas fait un geste ont par la suite eu à vivre avec leur conscience. Ce n’est pas sans raison que l'église catholique argentine a fait des excuses publiques pour son incapacité à prendre position contre les généraux. «Nous voulons confesser devant Dieu, nous avons tout fait mal», a expliqué la Conférence épiscopale argentine en 2000.

Bergoglio, lui n’a jamais été accusé devant la justice argentine et n’a comparu que comme témoin; il a répondu aux charges dont on l’incrimine, et a été décrit comme «libéral» par certains de ses pairs (même s’il n’a pas adhéré à la Théologie de la libération), notamment dans des câbles diplomatiques publiés par Wikileaks. Pour autant, sa nomination ne risque pas de calmer les scandales liés au Vatican.

Daphnée Denis

Article mis à jour avec des éléments issus de la tribune d'Horacio Verbitsky publiée jeudi dans Pagina 12

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15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 02:01

 

La gauche européenne rejette le cadre financier pluriannuel du Conseil européen

 

Le projet d’accord du Conseil européen sur le futur cadre financier pluriannuel de l’Union européenne pour les sept années à venir (2014 – 2017) est inacceptable. 


Cet accord ouvre la voie à sept années d’austérité et de ralentissement économique en Europe et renie la notion de solidarité européenne.


Contrairement aux déclarations officielles, les chefs d’Etat et de gouvernement proposent des coupes dans des domaines tels que le Fonds Social Européen, qui concernent principalement les vies des citoyens européens en temps de crises.


Nous remarquons avec consternation que les chefs d’État européens ont choisi de frapper fort sur les citoyens les plus démunis : le budget dédié à l’aide alimentaire qui était d’environ 3,5 milliards d’euros pour la période 2007-2013 sera drastiquement réduit. Il ne sera que de 2,5 milliards d’euros pour les années 2014-2020 ; en sachant qu’il couvrira alors 28 et non plus 27 États. La solidarité est une fois de plus sacrifiée sur l’autel de l’austérité budgétaire alors que le nombre de personnes vivant en-deçà du seuil de pauvreté dans l’Union européenne est passé de 18 à 25 millions entre 2008 et 2012. C’est un dommage qui ne peut qu’alimenter le rejet croissant de l’Union Européenne par ses peuples.


Les violentes coupes budgétaires prévues pour la politique de cohésion et la politique agricole commune, respectivement amputées de 8% et de 16%, sont la conséquence directe de cet abandon. En délaissant ces politiques, qui constituent les politiques redistributives par excellence de l’Union Européenne, la décision est prise d’oublier une fois pour toutes le projet d’une Union basée sur la solidarité.


Nous sommes totalement opposés à la direction qu’ont prise les politiques européennes. Nous rejetons sans réserve les coupes budgétaires généralisées qui pénalisent tous les citoyens européens mais d’abord et avant tout la jeunesse, les agriculteurs, les pêcheurs, les chercheurs, les universités, les collectivités locales, les projets environnementaux.


Les aides d’État à l’agriculture, la pêche, l’industrie, et bientôt aux collectivités territoriales sont réglementées et, dans la plupart des cas, interdites par les dispositions des Traités établissant les règles du marché intérieur.

 

La réorientation vers l’agriculture paysanne, plus respectueuse de l’environnement et des agriculteurs est totalement absente. La PAC continuera de bénéficier aux plus grandes exploitations et à celles qui polluent le plus. Sans les programmes européens financés à la hauteur des besoins et des enjeux, tout ce qui concerne la vie quotidienne des citoyens européens sera gravement atteint s’il n’y a pas de possibilité d’octroyer une aide budgétaire nationale supplémentaire.


Dès à présent, nous appelons tous les membres du Parlement Européen à poursuivre les efforts amorcés pour rejeter les politiques d’austérité sur lesquelles se sont entendus les chefs d’États et de gouvernement. L’Union européenne ne saurait et ne peut se résumer à une Europe libérale ayant pour unique objectif le seul marché commun. A ce rythme, l’idéal d’une Europe unie est condamné.


Nous ne pouvons accepter que des compétences étatiques soient systématiquement transférées des États à l'Union européenne pour que les politiques confiées se retrouvent sans cesse budgétairement affaiblies.


Nous militons avec fierté, unité et cohérence, pour un cadre financier pluriannuel de l’Union européenne qui ne prolonge pas l’austérité imposée aux États membres parce que nous savons que l’austérité ne mènera jamais à rien de positif, quel que soit le niveau auquel elle est appliquée.


Le vote sur la résolution du Parlement européen sur les Conclusions du Conseil européen sur le cadre financier pluriannuel ira au-delà de la dimension économique et sociale qui nous est si chère. De manière plus discrète mais tout aussi sérieuse, il en va aussi du respect du peu de démocratie européenne existant. Si le Parlement européen valide la décision des chefs d’États, il renoncera du même coup à ses pouvoirs de décision.


En effet, les dispositions des traités accordent au Conseil européen, qui rassemble les chefs d’États et de Gouvernement nationaux au niveau européen, le droit de déterminer le montant global du cadre financier pluriannuel et les montants globaux de chaque rubrique (cohésion, agriculture, etc.). Mais le Conseil a pris en otage les quelques instruments légaux de la démocratie européenne existant en définissant le cadre financier pluriannuel de l’Union Européenne 2014-2020 dans ses moindres détails.

 

Le Parlement européen est donc mis devant le fait accompli et ne peut que l’accepter ou le rejeter en bloc ; cela excède largement les compétences des chefs d’État et de Gouvernement. C’est tout à fait inacceptable.


Nous rejetons totalement le cadre financier pluriannuel 2014-2020 proposé comme nous avons rejeté tous les mécanismes austéritaires, du Semestre européen au « Two pack », en passant par le « 6 pack », le MES et le traité Merkozy.


Nous avons besoin d’une autre Europe, refondée pour devenir une vraie démocratie.

 

Une Europe dotée d’un budget redistributif, sans l’austérité en contrepartie, afin de permettre à tous ses citoyens de bien y vivre. C’est pour cette Europe-là que nous nous battons.


Nous adressons une solennelle mise en garde. La politique d'austérité sans fin et le pouvoir autoritaire des chefs d’État et de Gouvernement sur les budgets nationaux font coïncider reculs sociaux, recul de la souveraineté et recul de la démocratie.

La résistance du peuple est inéluctable. Elle ne connaîtra pas de limite.

 

Strasbourg,

 

le 13 mars 2013

 

 

Signataires :


> Alexis Tsipras, Président de Syriza

> Pierre Laurent, Secrétaire national du Parti Communiste Français

> Cayo-Lara, Coordinateur fédéral d'Izquierda Unida

> Jean-Luc Mélenchon, co-Président du Parti de Gauche

> Martine Billard, co-Presidente du Parti de Gauche

> Bernd Riexinger, co-President de Die Linke

> Katja Kipping, co-President de Die Linke

> Catarina Martins, co-Presidente de Bloco de Esquerda

> João Semedo, co-President de Bloco de Esquerda

> Jiri Mastalka, GUE/NGL

> Alda Sousa, GUE/NGL

> Lothar Bisky, GUE/NGL

> Miloslav Ransdorf, GUE/NGL

> Sabine Wils, GUE/NGL

> Gabriele Zimmer, GUE/NGL

> Sabine Lösing, GUE/NGL

> Younous Omarjee, GUE/NGL

> Nikolaos Chountis, GUE/NGL

> Jürgen Klute, GUE/NGL

> Marisa Matias, GUE/NGL

> Marie-Christine Vergiat, GUE/NGL

> Hénin Jacky, GUE/NGL

> Cornelia Ernst, GUE/NGL

> Patrick Le Hyaric, GUE/NGL

> Helmut Sholz, GUE/NGL

> Dimitrios Papadimoulis, Syriza au Parlement hellénique

> Diether Dehm, Die Linke au Bundestag

> Wulf Gallert, Die Linke au Bundestag

> Gregor Gysi, Die Linke au Bundestag

> Martina Michels, Comité des Régions

> Francis Wurtz, Ancien président de la GUE/NGL

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15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 01:54

 

Nouveau pape : réaction du PCF

 

Les cardinaux viennent de désigner un nouveau Pape, il s'agit d'un moment important pour les catholiques de toute la planète.

Ce choix inédit montre la place grandissante occupée par l'Amérique Latine dans le monde, même si l'immense volonté émancipatrice affirmée par les peuples s'y est heurtée dans le passé à l'hostilité de divers responsables catholiques. Mais sans préjuger de la suite, la priorité aux pauvres qui semble avoir marqué le parcours du nouveau pape soulève une espérance chez de nombreux catholiques et au-delà : celle d'un fil renoué avec l'ouverture au monde du Concile Vatican II, ouvert par Jean XXIII. Dans ses premiers mots, le pape François en a appelé à une "immense fraternité" dans le monde. Il s'agit d'un défi majeur de notre temps, d'une aspiration qui travaille toute l'humanité.

 

Quotidiennement, nous mesurons la profondeur de la crise de civilisation, qui frappe les peuples, soumise à la tempête perpétuelle du capitalisme, à ses désastres sociaux et à ses conflits meurtriers. D'urgence, il y a besoin que des forces et des consciences se dressent, afin que les hommes et les femmes de notre monde puissent ouvrir ensemble un avenir fraternel.

Les communistes sont décidés à le construire, avec tous ceux et toutes celles qui veulent faire grandir la justice et la paix, qui sont épris de dignité humaine et d'égalité des droits pour toutes et tous, dans toutes les dimensions de l'existence. C'est pourquoi, en toute laïcité, dans le rejet de tout "ordre moral", nous avons de l'intérêt pour la parole de l'Eglise et pour les actes des croyants. Parlons de fraternité.

 

Pierre Dharréville, responsable de la commission "République, démocratie et institutions" au PCF

 

réactions

  • Le passé trouble de François 1er.

    Le passé trouble de Jorge Mario Bergoglio durant la période de la dictature militaire entre 1976 et 1983.

    Le Guardian a rappelé qu’un livre, sorti en 2005 en Argentine, El silencio (Le silence), accuse le nouveau pape d’avoir retiré sa protection à deux prêtres et donné son feu vert en 1976 à l’armée pour l’enlèvement de ces deux jésuites qui travaillaient dans les bidonvilles, une activité mal vue par le pouvoir à l’époque. C’est l’un de ces deux prêtres, qui a survécu, qui tenait ces accusations.

    « Bergoglio est un homme de pouvoir et il sait comment se positionner parmi les puissants. J’ai encore beaucoup de doutes sur son rôle concernant les jésuites qui ont disparu sous la dictature », a témoigné mercredi à une radio argentine Eduardo de la Serna, représentant d’un groupe de prêtres de gauche. L’agence de presse Reuters a rappelé des propos de Fortunato Mallimaci, l’ancien doyen des sciences sociales à l’Université de Buenos Aires, selon lequel « l’histoire le [Jorge Mario Bergoglio, ndlr] condamne ». « Il s’est opposé à toute innovation dans l’Eglise et, surtout, pendant la dictature, il s’est montré proche des militaires », a-t-il ajouté.

    L’Eglise argentine, « l’une des plus contestées d’Amérique latine » En France, Christian Terasse, le rédacteur en chef de la revue Golias, hebdomadaire catholique progressiste, est revenu longuement sur France info sur le rôle qu’aurait tenu le nouveau pape durant la dictature de Videla. « Cet homme n’a pas eu les paroles, les attitudes qui convenaient pour protéger certains de ses confrères engagés contre la dictature militaire de Videla. (…) J’ai un document qui montre que l’Eglise d’Argentine [dont le nouveau pape était l’un des responsables, ndlr] se réunissait avec la dictature pour consigner un certain nombre de dispositions par rapport à des opposants catholiques jugés marxistes parce que subversifs par rapport à l’ordre chrétien qui soutenait le général Videla ».

    Pour ce spécialiste, cela ne fait aucun doute, « la soutane blanche de Bergoglio est entachée symboliquement : à la fois au niveau de son positionnement personnel qui n’a pas été très courageux parce qu’il n’a pas protégé certains de ses confrères mais aussi de ce qu’il représente du rôle politique qu’a joué l’église d’Argentine dans sa complicité avec la dictature ».

    L’Eglise argentine, dont le nouveau pape était l’un des responsables, « est l’une des plus contestées d’Amérique latine pour sa passivité, voire sa complicité, à l’égard de la dernière dictature militaire de 1976-1983 », a expliqué à Sipa le spécialiste Paulo Paranagua.

    « Le national-catholicisme était l’idéologie dominante des forces armées, qui comptaient avec la bénédiction de la hiérarchie de l’Église. Contrairement aux Églises du Brésil et du Chili, qui ont joué un rôle capital dans la défense des victimes de la répression et dans la lutte pour les libertés, le clergé argentin a montré une indifférence coupable face aux horreurs commises.

    Les religieux et religieuses solidaires des Mères de la place de Mai n’étaient pas soutenus par leurs supérieurs, et ont payé parfois de leur vie leur fraternité », analyse-t-il. L’Eglise argentine a même fait un mea culpa en 2000 pour ne pas avoir protégé ses fidèles durant la dictature.

    Je suis surpris du communiqué illisible émanant du Pcf sur ce pape, qui ne mérite pas tant d'égard.

     

    Par Guernika, le 15 mars 2013 à 00:05.

     

    Pour ma part, je trouve le communiqué du PCF équilibré, lucide sur le passé et confiant dans l'avenir, les peuples y jouant le rôle déterminant finalement (BF)

     

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15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 01:40

Conseil de l’Europe, Union européenne, que cachent ces dénominations ?

L’Europe ? Quelle Europe ? Redonner du sens au mot

Par Jean-Claude Mairal, Membre de l’Association Nationale des élus communistes et républicains, engagé dans les coopérations européennes.

 

Il est désormais commun, quand on veut parler de l’Union européenne, union de 27 pays, d‘employer le terme « Europe ». On parle de politique européenne pour qualifier les orientations politiques de l’Union européenne. Si l’on conteste ou approuve les orientations de l’Union européenne, on est catalogué d’anti- ou de pro-européen. Le texte soumis à la discussion des communistes pour leur congrès est lui-même très ambigu sur la question. Pourtant l’Europe, ce continent tel qu’il est défini par les géographes et les historiens, est constituée de 51 pays, dont 5 étant en partie en Europe et en Asie. C’est ce que le général de Gaulle, l’appelant de ses vœux, dénommait, « l’Europe de l’Atlantique à l’Oural ». Fondre l’Europe dans l’Union européenne est déjà, en soi, une erreur car c’est rabougrir le continent. C’est s’enfermer dans les concepts et les dérives sémantiques de l’idéologie dominante. Mais c’est aussi ne pas tenir compte des autres institutions, dont on parle peu, qui rayonnent quasiment à l’échelle du continent. Il s’agit notamment du Conseil de l’Europe, qui est la doyenne des organisations européennes, elle est la première tentative, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, de créer un espace commun européen, et qui regroupe aujourd’hui la quasi-totalité des pays européens, soit 47 pays. C’est au congrès de La Haye, en 1948, que fut décidée cette création qui se concrétisa, le 5 mai 1949, par le traité de Londres, signé par 10 pays.

Le Conseil de l’Europe, basé à Strasbourg, s’est doté, au fil des ans, d’institutions à l’échelle de ces 47 pays : une Assemblée parlementaire, le Conseil des ministres, le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux, la Conférence des organisations internationales non gouvernementales, le Centre européen de la jeunesse, le Centre Nord-Sud, la Banque de développement du Conseil de l’Europe (qui accorde des prêts pour des projets sociaux), le Centre européen pour les langues vivantes, le Comité européen des droits sociaux, la Commission européenne pour la démocratie par le droit, la Commission européenne contre le racisme et l’intolérance, la Commission européenne pour l’efficacité de la justice. Sans oublier la Cour européenne des droits de l’homme, créée en 1959, chargée de veiller à l’application de la Convention européenne des droits de l’homme, adoptée le 4 novembre 1950. Le Conseil de l’Europe et toutes ses composantes, ce sont de nombreuses chartes et conventions, dans de nombreux domaines. Un grand nombre mériteraientt d’être connus, comme, par exemple, le livre blanc du dialogue interculturel. Le Conseil de l’Europe s’est également doté d’un drapeau européen, le 13 décembre 1955, et d’un hymne européen en 1971, qui ont été repris par l’Union européenne en 1986.

Ayant eu la chance de siéger au Congrès des pouvoirs locaux et régionaux, et de connaître le Conseil de l’Europe, je peux témoigner de l’intérêt de disposer de telles assemblées à l’échelle d’un continent, et de pouvoir débattre et échanger avec des élus locaux de 47 pays.

Union européenne et Conseil de l’Europe sont deux institutions fortement ancrées dans l’Europe qui ont une organisation comparable, mais une histoire, une taille et un fonctionnement différents. En effet, l’Union européenne est née de la création, en 1952, de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (Ceca), avec une conception, certes politique, ayant au cœur le rapprochement et la réconciliation franco-allemande, mais surtout dans une logique très économique, qui a fait sa force hier et sa faiblesse aujourd’hui. Suivront la Communauté économique européenne, en 1957, avec le traité de Rome, puis l’Acte unique européen, en 1986, le traité de Maastricht instituant l’union politique, en 1992, l’Union économique et monétaire (zone euro), en 1999, et, après l’échec de la constitution européenne, le traité de Lisbonne, en 2009.

Modèle basé sur le consensus politique avec 47 pays au Conseil de l’Europe, modèle basé sur l’intégration politique et économique, avec un transfert de compétences et de souveraineté avec 27 pays de l’Union européenne : deux modèles différents pour construire un espace européen commun. Certes l’un, celui de l’Union européenne, a une importance beaucoup plus grande pour la vie des peuples concernés que le Conseil de l’Europe, qui est de plus en plus marginalisé (posons-nous la question du pourquoi ?). On peut contester ou approuver l’un ou l’autre des deux modèles, ou les deux. C’est le débat politique légitime. Mais il est indispensable, dans le débat et dans le langage courant, de ne pas confondre les institutions et les constructions politiques, qui sont souvent aléatoires, avec le terme même d’Europe, car on voit bien que les conceptions peuvent être différentes. On peut être profondément européen – ce que je suis – et combattre les orientations politiques de l’Union européenne. Mener la bataille idéologique contre les idées libérales dominantes et reconquérir une « hégémonie culturelle », telle que l’entendait Gramsci, concernent aussi la signification des mots. Alors que monte l’euroscepticisme et que se développe un sentiment antieuropéen au sein de l’Union européenne, il est urgent et nécessaire de redonner son sens et sa lisibilité au mot « Europe », si l’on veut construire à l’échelle de tout le continent un espace de paix, de coopération et de solidarité, entraînant l’adhésion des peuples. L’Europe, cette belle ambition que chantait Victor Hugo, est à ce prix !

Jean-Claude Mairal,

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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 17:57

 

POLITIQUE -  le 14 Mars 2013

 

Dans l'Humanité ce jeudi : Marx, le spectre et l’œuvre aujourd'hui

 

 

Ce sont les capitalistes qui feignent de croire que le Capital, la grande œuvre de Marx, est dépassé, 130 ans après sa disparition. La crise financière et économique ne fait au contraire qu’en souligner la pertinence. L'Humanitévous propose cinq pages spéciales avec les témoignages d'économistes, de responsables politiques ou de philosophes et un entretien avec Isabelle Garo, spécialiste de Marx : "Nous vérifions aujourd'hui les crises du capitalisme que Marx avait prédites", affirme-t-elle.

Marx vu par l'économiste Paul Boccara :

"L’apport de Marx est décisif pour notre temps. Il ne concerne pas seulement l’économie et la politique, mais aussi les sciences historiques et tous les domaines non économiques des sociétés que nous appelons l’anthroponomie. Il inscrit dans l’histoire l’étude des sociétés, de leurs règles, leurs dominations, leurs crises, en dépassant les apports antérieurs. À l’opposé du dénigrement de son œuvre depuis l’effondrement des régimes qui prétendaient s’en réclamer et de la dite « fin de l’histoire », du capitalisme et de la civilisation occidentale prétendus indépassables, il y a aujourd’hui un retour à Marx. C’est dû aux formidables crises financières et réelles mondiales de 2008 à 2013, ainsi qu’à la crise de la civilisation occidentale mondialisée. Le retour à Marx pose, à l’opposé de sa répétition dogmatique, le besoin d’accéder à sa continuation par les développements récents néomarxistes. Ils concernent la crise du capitalisme mondialisé, de la civilisation, et les perspectives de transformations radicales, contre les reniements du social-libéralisme. En raison des potentiels des révolutions informationnelle, monétaire, écologique, démographique, parentale, etc. On pourrait viser une civilisation de toute l’humanité, de partage des ressources, des pouvoirs, des informations, des rôles et des créativités. Cela se relie à la conjonction de toutes les luttes émancipatrices".

Auteur de Le Capital de Marx, son apport, 
son dépassement, au-delà de l’économie. 
Le Temps des cerises, 2012.

  • À lire également dans l'édition de l'Humanité de ce jeudi 14 mars 2013 :

Le vote des étrangers à la trappe
ANI : première étape à l'Assemblée
Commerce : les "gilets rouges" de Virgin fédèrent
Le projet de loi sur l'école agite la droite
Budget européen : le Parlement exerce son droit de veto
Hommage au sociologue Robert Castel, disparu hier, avec un dernier entretien réalisé fin février
Notre scandale du jour : quand le président de Crif s'en prend à un élu communiste

  • Dans votre supplément polémique Cactus :

Sanofi : cachez ces images que l'on ne saurait voir
Gérard Collomd et le "socialisme de l'offre"
Un château au cœur de la mondialisation, la chronique des Pinçon-Charlot
Portrait d'Habib Ellouze, islamiste radical et rampant

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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 17:54

 

 

POLITIQUE -  le 14 Mars 2013

 

Le FN pris au piège de sa mutation

 

 

Le Front national est tiraillé entre son ancrage militant et la professionnalisation, symbolisée par de nouveaux cadres non issus du rang. C’est le cas du vice-président Florian Philippot, qui divise les adhérents.

Au Front national, il y a «quelques râleurs». La présidente du parti d’extrême droite défendait ainsi son vice-président, Florian Philippot, qui dans la fédération de Moselle où il s’est implanté en juin dernier est en butte aux critiques des militants. A tel point qu’elle a du envoyer deux négociateurs, l’avocat et trésorier du parti Wallerand de Saint-Just et la vice-présidente Marie-Christine Arnautu, pour tenter de désamorcer la situation «explosive»: trois élus, dont le suppléant de Philippot aux législatives, ont démissionné.
L’affaire pourrait passer pour anecdotique, mais elle est constitutive de la transformation organique en cours au FN. La promotion fulgurante de l’ énarque Florian Philippot, adhérent de fraîche date couvé par l’héritière de Jean-Marie Le Pen? Un message de «professionalisation» envoyé au parti. Et puiqu’il faut que les cadres frontistes fassent leurs classes, le nouveau vice-président a été «parachuté» dans l’Est. Plus que «l’influence grandissante» auprès de Marine le Pen que lui reprochent les cadres parisiens, c’est son «arrogance» et son «mépris» qui lui vaut les foudres des militants mosellans.
Surtout, dans un parti qui reconstruit son image autour des Français «oubliés» des campagnes et des périphéries, son «absence de culture de terrain» passe mal. A Paris, on dirait qu’il « parle trop d’économie et de social, pas assez d’immigration et de sécurité». En Moselle, les gens «veulent qu’on leur parle un peu d’immigration et de sécurité, il ne faut pas oublier la patte locale», traduit ce responsable sous couvert d’anonymat dans le Nouvel Observateur. Le premier de la classe frontiste a du mal à oublier son éducation d’énarque. Mais si le FN poursuivait dans la voie de la «professionalisation», le danger se préciserait: les adhérents pourraient adopter son point de vue, et considérer que le Front national n’est «pas une fin en soi», mais «un outil» vers le pouvoir.

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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 17:49

 

 

MONDE -  le 14 Mars 2013

 

François, un Pape de combat… contre la gauche d’Amérique Latine

 

 

Le nouveau souverain pontife est présenté comme « progressiste modéré ». Mais derrière l’image du Pape humble et proche des nécessiteux, il y a un farouche réactionnaire, fermement opposé aux réformes sociétales de gauche en Amérique Latine et un peu trop proche de certains dictateurs militaires.

“Ne soyons pas naïfs: il ne s’agit pas seulement d’un combat politique. Il y a [Ndlr : dans le mariage homosexuel] la prétention de détruire le plan de Dieu” expliquait l’archevêque de Buenos Aires en 2010 lors du débat sur l’ouverture du mariage aux couples de même sexes en Argentine, où il s’est fermement opposé à Christina Kirchner. "Il faut y voir aussi, ajoutait le cardinal, le dessein du Démon, responsable du péché en ce monde, qui cherche sournoisement à détruire l’image de Dieu". Le cardinal de Buenos Aires avait également qualifié l’homosexualité de "démon infiltré dans les âmes". 
Même position inflexible sur l’avortement, y compris en cas de viol, ou encore sur l’euthanasie. Et comme jésuite, Golias rappelle qu’il s’est fermement opposé à la ligne d’ouverture.

Opposé aux prêtres progressistes

Son opposition aux prêtres, réellement progressistes, serait même allée bien plus loin  pendant la dictature militaire. Jean-Luc Mélenchon l’explique sur son blog : « Ce Bergoglio peut être jugé politiquement parce qu’il s’est impliqué dans l’action politique de son pays. Il est, non seulement, exactement à l’opposé de la théologie de la libération mais il en a combattu les prêtres. Mes amis argentins l’accusent d’avoir dénoncé des prêtres progressistes sous la dictature. Il a été formellement reconnu et accusé par deux d’entre ces prêtres en 2012 dans un procès. Ces deux prêtres avaient été dénoncés, arrêtés et torturés et n’avaient échappé à la mort que par chance. »
Jean-Luc Mélenchon fait ici référence aux cas des prêtres Orland Yorio et Francisco Jalics, qui ont été kidnappés  et torturés en 1976 et qui ont nommément accusé Bergoglio de les avoir dénoncés comme guerilleros et opposants au pouvoir du dictateur Videla. Alors qu’il leur avait fait croire au préalable qu’il les protègerait.

Bref, le nouveau Pape est accusé de silence complice, si ce n’est pire, lors de dictature militaire en Argentine entre 1976  et 1983. Il a par deux fois refusé de témoigner pour son rôle au sein de la hiérarchie jésuite pendant cette période, au cours des procès sur la « guerre sale ». La presse de gauche en Amérique Latine reprend aujourd’hui à loisir des photos de Bergoglio, en compagnie de Jorge Rafael Videla, celui qui destitua Peron en 1976 après un coup d’Etat. Photo par aileurs contestée. Videla qui justifia sa dictature sanglante au nom de l’anticommunisme, défenseur de la grandeur de la « civilisation catholique occidentale » contre les « rouges » et les « juifs ». Une dictature qui a fait au bas mot 30000 victimes de « disparitions ».

Et la fraternité

Le PCF reste de son côté prudent quant à la nomination du nouveau Pape et rebondit sur son appel à la fraternité. « Dans ses premiers mots, le pape François en a appelé à une "immense fraternité" dans le monde. Il s'agit d'un défi majeur de notre temps, d'une aspiration qui travaille toute l'humanité » relève Pierre Dharréville. « C'est pourquoi, en toute laïcité, dans le rejet de tout "ordre moral", nous avons de l'intérêt pour la parole de l'Eglise et pour les actes des croyants. Parlons de fraternité. »   

Et Jean-Luc Mélenchon de son côté conclue : « De tous les points de vue, l’élection de ce pape est une très mauvaise nouvelle politique pour le processus progressiste en Amérique du sud. Et d’un certain point de vue c’est une offense aux combattants contre les dictatures. Et d'un point de vue spirituel ? Ce n'est pas mon affaire dans la sphère publique. »

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BRUNO FORNACIARI

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