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25 juin 2016 6 25 /06 /juin /2016 03:42

79 - Niort : Hermann Cadiou démissionne de sa fonction de secrétaire de la section PS

23/06/2016 19:30

Le secrétaire de la section niortaise du Pari socialiste Hermann Cadiou a décidé de démissionner de sa fonction. " En désaccord politique avec les derniers choix du gouvernement, il m'est devenu extrêmement difficile d'assumer aujourd'hui ce rôle " indique l'intéressé. " Le chemin emprunté ne correspond plus à mon champ de valeurs et ma vision de l'action politique ". Candidat PS le week-end dernier aux élections départementales partielles sur Niort-1 (en binôme avec Monique Johnson), il avait été battu au second tour.

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25 juin 2016 6 25 /06 /juin /2016 02:54

9 juin, 10:47 ·

Il n'aura pas fallu attendre longtemps pour que le "PCF"des Deux-Sèvres (entendez les responsables de la fédération) s'émancipent de la politique définie quelques jours plus tôt à Aubervilliers après des débats démocratiques de plusieurs milliers de communistes.
L'on comprend pourquoi ces dirigeants refusent de remettre leur cartes à des communistes, dont je fais partie, qui refusent la dérive gauchiste du parti. L'organisation du PCF dans les deux-sèvres s'amenuise, de nombreux communistes restent à la marge. Le débat n'est pas permis, l'exclusion est de mise et constitue le fil rouge de "dirigeants" plus soucieux d'arrangements électoraux avec le PG que le développement de la politique du PCF. Nous sommes plusieurs à condamner ses pratiques de déni démocratique qui nous a interdit de participer aux débats et aux décisions de la conférence fédérale.

Nous en appelons, une fois de plus (cette dérive est perceptible depuis 2011) à la direction du PCF pour permettre aux communistes qui le souhaitent de ne pas s'inscrire dans la "vision" fédérale et de réincarner et poursuivre l'activité communiste définie par le grand débat démocratique qui vient de se dérouler sous nous yeux lors du 37e congrès à Aubervilliers

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la Nouvelle République

Le PCF deux-sévrien choisit officiellement Mélenchon

09/06/2016 05:38

Bruno Bonin (secrétaire départemental), Franck Samoyau, Gérard Epoulet, Nathalie Seguin et Sébastien Coutant. -

La fédération communiste 79 est derrière Jean-Luc Mélenchon pour la présidentielle, alors que les instances nationales n’ont pas choisi la même voie.

La fédération deux-sévrienne du Parti communiste est l'une des premières en France à avoir officiellement fait ce choix, « et nous ne serons pas les seuls » promet son secrétaire départemental Bruno Bonin : alors que ce week-end, le congrès national du PCF a opté pour une primaire ouverte à gauche autour d'une votation citoyenne et d'un « pacte citoyen d'engagement commun », les dirigeants communistes deux-sévriens ont, eux, préféré une autre voie. Suivant les conclusions de l'amendement issu du dernier congrès départemental le 21 mai dernier, « nous nous engageons dans la campagne de Jean-Luc Mélenchon » indique Bruno Bonin.

" Une ligne politique de rupture "

Les communistes deux-sévriens ne croient donc pas à ce système de primaire élargie à gauche. « C'est un vrai danger car on ne maîtrisera rien et on ne saura pas qui sort du chapeau. Les primaires n'ont rien de démocratique ». Cependant, Bruno Bonin, qui est intervenu au congrès national pour expliquer la position du PCF 79, n'y voit aucune ligne de rupture : « Nous voulons tous la même chose, c'est juste le modus operendi qui diffère »
Et le but à atteindre, c'est la victoire du candidat Mélenchon. Le Parti communiste deux-sévrien va donc désormais œuvrer en soutien avec les collectifs autoproclamés « déterminés et insoumis » qui naissent ici et là, dont l'un d'entre eux s'est créé récemment à Niort (NR du 2 juin). « L'idée est d'élargir le plus possible le cercle de soutien » poursuit Bruno Bonin. « Ce sera une réunion de personnes encartées et non encartées qui œuvrent dans le même sens, à savoir le renversement du système. Jean-Luc Mélenchon est le seul candidat qui a la capacité d'affronter l'appareil politiquo-médiatique actuel, qui propose une ligne politique de rupture ». Mais les communistes tiennent à préciser qu'« il ne s'agit pas de " mélenchonmania ", mais c'est le seul candidat qui tient la route » ajoute Gérard Epoulet, maire communiste de Germond-Rouvre, qui, on s'en doute, donnera sa signature à Jean-Luc Mélenchon. « Et j'espère que nous serons nombreux ».

nr.niort@nrco.fr

Xavier Le Roux

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25 juin 2016 6 25 /06 /juin /2016 02:46

Bernard Stiegler « Nous devons rendre aux gens le temps gagné par l’automatisation »

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR PIERRIC MARISSAL ET PAULE MASSON

VENDREDI, 17 JUIN, 2016

L'HUMANITÉ

© Renaud BOUCHEZ/SOCIETY/SIGNATURES

Face aux bouleversements induits par l’explosion des données numériques, le philosophe, qui développe ses recherches dans le cadre du groupe de réflexion Ars industrialis et de l’Institut de recherche et d’innovation, invite à repenser le travail de fond en comble. Il préconise la mise en place d’une économie contributive qui repose sur un nouveau type de production de valeur et de justice sociale.

Nous sommes rentrés dans l’ère économique du big data. Cette explosion quantitative de la donnée numérique est-elle le signe d’une nouvelle révolution industrielle ?

Bernard Stiegler Oui. Et elle est à nos portes. Une étude du cabinet Roland Berger avance que 3 millions d’emplois seront détruits en France d’ici dix ans. Mais d’autres travaux de recherche dessinent un horizon dans lequel 47 % des emplois seront automatisables aux États-Unis, 50 % en Belgique et en France au cours des vingt prochaines années. Nous sommes entrés dans la troisième vague d’automatisation de l’histoire. Au XIXe siècle, la machine-outil a permis au capitalisme de réaliser d’énormes gains de productivité en ne redistribuant les richesses produites qu’à la bourgeoisie. La deuxième est incarnée par le taylorisme et le travail à la chaîne, qui a en partie bénéficié à la classe ouvrière puisqu’il fallait que les salariés consomment les biens produits pour développer des marchés de masse. La troisième vague d’automatisation ne repose pas seulement sur les robots mais sur les données que nous produisons, notamment avec nos smartphones. Toutes ces data que nous fournissons aux plate-formes, qu’il s’agisse de Google, de banques ou de sites marchands, sont traitées dans tous les pays et de manière immédiate par des algorithmes. Leur exploitation permet par exemple à une entreprise comme Amazon de prévoir ce qu’elle va vendre et de nous inciter à acheter de façon extrêmement efficace, le tout avec très peu de personnel. De plus, l’automatisation permet à son fondateur, Jeff Bezos, de concevoir des robots très simples, capables de stocker et déstocker des marchandises de manière extrêmement rapide, sans action humaine, le tout piloté par des logiciels.

Cela signifie qu’à court terme une entreprise comme Amazon pourra se passer des salariés pour empaqueter les objets et envoyer les colis ?

Bernard Stiegler Les manutentionnaires seront en effet remplacés par des robots. La « robolution » devient maintenant accessible à un grand nombre d’entreprises. Les « humanoïdes » qui arrivent sur le marché coûtent beaucoup moins cher que les gros automates déjà en service et ont des capacités de travail très avancées. Même les PME peuvent investir.

Cette automatisation va donc à moyen terme concerner tout le monde ?

Bernard Stiegler Les camions sans chauffeur sont déjà sur des routes dans le Nevada et bientôt en Allemagne. L’intelligence artificielle va pouvoir remplacer les juristes qui font des études juridiques sur dossiers. Tous les métiers d’analyse sont touchés. Le personnel médical aussi. Un robot très performant est capable d’opérer les cancers de la prostate… Dans son Fondements de la critique de l’économie politique, Karl Marx en avait fait l’hypothèse : et si tout était automatisable ? Si rien ne change, dans certains territoires, 80 à 90 % des moins de 25 ans n’auront bientôt plus aucune perspective. Les marchés s’effondreront parce qu’il n’y aura plus de pouvoir d’achat, et avec eux, le système de protection sociale appuyé sur les cotisations. Une nouvelle société est en train de se mettre en place et elle est assez peu compatible avec celle d’aujourd’hui. Il devient urgent de tout repenser, d’élaborer un fonctionnement économique qui repose sur un nouveau type de production de valeur et de justice sociale. Je crois beaucoup à l’expérimentation. C’est pourquoi nous avons lancé un projet en lien avec Plaine Commune, communauté d’agglomération de Seine-Saint-Denis. Il s’agit, à partir d’un programme pilote sur dix ans, de créer un territoire apprenant dont les habitants ne sont plus seulement consommateurs mais prescripteurs de services numériques.

On imagine que le territoire n’a pas été choisi par hasard. Plaine Commune est à la fois riche de sa diversité, de son maillage associatif, mais abritant une population défavorisée, confrontée au chômage de masse…

Bernard Stiegler Lorsque j’ai commencé à parler de ce projet avec Patrick Braouezec, président de Plaine Commune, 38 % des jeunes de moins de 25 ans étaient au chômage en Seine-Saint-Denis. Ils sont aujourd’hui 50 %, et si nous suivons les projections, le taux pourrait atteindre entre 80 et 90 % dans dix ans. Ce problème endémique du chômage va frapper tous les pays développés sauf si on invente quelque chose de nouveau : c’est ce que nous voulons faire à Plaine Commune. L’idée est de développer une économie contributive sur un tout autre modèle que celui d’Uber. Le temps qui va être gagné par l’automatisation, il faut le rendre aux gens, faute de quoi l’économie s’effondrera. L’économiste indien Amartya Sen a démontré, à partir de l’exemple du peuple bangladais comparé aux habitants de Harlem, que l’espérance de vie est meilleure et que l’on vit mieux dans une société où le partage des savoir-faire renforce les liens sociaux. Il parle d’indice de développement humain. Plaine Commune est un peu comme le Bangladesh : les gens y déploient une énergie remarquable. Les acteurs, entreprises et habitants ont conscience de l’urgence à inventer quelque chose de radicalement nouveau. Il s’agit d’utiliser les instruments contributifs pour développer des communs dans un projet qui favorise l’élaboration, l’échange, la transmission de savoir-vivre, de savoir-faire et de savoirs théoriques entre les jeunes générations, des associations, des entreprises, des services publics du territoire et des doctorants venus du monde entier. Les chercheurs auront pour mission de faciliter et d’accompagner ces transformations.

Ce projet se propose-t-il de remettre l’humain au centre d’une société de plus en plus robotisée ?

Bernard Stiegler La standardisation, l’élimination de la diversité et la destruction des savoirs produisent de l’entropie à haute dose, caractérisée par l’état de « désordre » d’un système. Il faut ici faire un peu de théorie. Au XIXe siècle, les physiciens ont établi que, dans la théorie de l’Univers en expansion depuis le big bang, l’énergie se dissipe irréversiblement. La loi du devenir est l’entropie. Erwin Schrödinger, un grand théoricien de la mécanique quantique (base théorique des nanotechnologies), a cependant montré que le vivant est caractérisé par sa capacité à produire de l’entropie négative, ce que l’on appelle aussi de la néguentropie. Celle-ci diffère le désordre, c’est-à-dire la mort, qui est une décomposition de la matière vivante. Les organisations sociales ont la même fonction. L’automatisation, qui est une hyperstandardisation, produit de l’entropie. Les algorithmes de Google, qui peuvent traduire les langues du monde entier en passant par l’anglais comme langue pivot, provoquent une immense entropie linguistique. L’appauvrissement du vocabulaire et la dysorthographie font régresser l’intelligence individuelle et collective en la soumettant à la loi des moyennes. A contrario, le vivant produit, à partir d’exceptions, des bifurcations impossibles à anticiper, qui sont la condition de l’évolution. Les poètes et les écrivains ont façonné les langues par leurs parlers exceptionnels. Les algorithmes, eux, effacent toutes les exceptions : ils ne fonctionnent que par des calculs de probabilités établissant des moyennes. L’automatisation brute produit un désordre généralisé – mental autant qu’environnemental – qui ruine l’économie. Dans l’économie de demain, l’automatisation peut être au contraire mise au service de la production de néguentropie. Elle doit pour cela permettre la valorisation des exceptions en développant la capacitation collective de chacun pour en faire du commun.

Le bouleversement que vous décrivez fait considérablement évoluer la notion de travail. Sommes-nous face à un effacement de l’organisation de l’emploi autour de la notion de salariat ?

Bernard Stiegler Dans l’emploi d’aujourd’hui, le travailleur est dépossédé de son savoir-faire. Il doit suivre une méthode et s’en remettre à un logiciel – jusqu’au jour où, la tâche étant devenue automatisable, l’employé est licencié. Le travail est au contraire une activité au cours de laquelle le travailleur enrichit la tâche, exerce son savoir en le différenciant, et apporte sans cesse du nouveau à la société. Ce travail-là produit de la néguentropie, c’est-à-dire, aussi, de la valeur, et il n’est pas automatisable parce qu’il consiste au contraire à désautomatiser des routines. L’automatisation en cours doit redistribuer une partie des gains de productivité en vue de financer un temps de capacitation de tout un chacun au sein d’une économie contributive permettant de valoriser les savoirs de chacun. C’est pour cela que nous préconisons l’adoption d’un revenu contributif, ce qui n’est pas la même chose que le revenu universel.

Justement, l’idée a d’autant plus de mal à faire son chemin qu’elle recouvre des définitions très différentes…

Bernard Stiegler Le revenu dit aussi « de base » est un filet de sécurité. Le revenu contributif est au croisement du modèle des intermittents du spectacle et des pratiques du logiciel libre. Il recouvrera des niveaux de rémunération variés en fonction des périodes salariées et de leurs niveaux de salaires. Le travail de demain va être intermittent. Des périodes salariées vont alterner avec des périodes d’acquisition, de développement et de partage des savoirs. Le droit au revenu contributif sera « rechargeable » à la condition d’effectuer un nombre d’heures salariées. En cas de problème, le revenu minimum d’existence pourra le compléter – un système de protection sociale étant attaché à l’ensemble. L’expérience que nous menons avec Plaine Commune comprend l’expérimentation d’un revenu contributif qui doit bénéficier aux plus jeunes, dont les montants pourraient augmenter avec l’âge et où l’allocation contributive hors période salariée représenterait un pourcentage sur le modèle de l’allocation chômage des intermittents. Les bénéficiaires seraient invités à « s’encapaciter », c’est-à-dire à augmenter leurs savoirs, par des études aussi bien que par leurs expériences professionnelles. Ils seraient invités à partager leurs savoirs avec la communauté territoriale. Tout cela appelle une nouvelle intelligence collective, capable de mobiliser des savoirs formels et théoriques avancés, et c’est pourquoi, avec les doctorants, il s’agit de développer une recherche contributive associant les habitants du territoire et les jeunes. L’objectif consiste à élaborer une économie contributive fondée sur la production de néguentropie.

Il reste donc des périodes d’emplois salariés dans votre système. Quelle est la différence entre un travail contributif et un petit job précaire ?

Bernard Stiegler L’emploi de standardiste chez TF1 payée comme intermittente du spectacle est juste précarisée aux frais des Assedic. Le travail contributif doit être défini par des critères précis. On ne peut cependant pas répondre à une telle question a priori, sinon par le principe formel que j’ai énoncé, qui est la production de néguentropie, c’est-à-dire de savoir-vivre, de savoir-faire et de savoirs formels. Les thèses de nos doctorants ont pour but d’instruire ces questions en étroite collaboration avec les travaux conduits à Villetaneuse par l’équipe de Benjamin Coriat sur l’économie des communs. Nous nous inspirerons de l’expérience de l’architecte Patrick Bouchain, qui a montré comment mettre des projets de rénovation urbaine au service de politiques économiques contributives – où les habitants, acteurs directs de la rénovation, peuvent être rémunérés en parts sociales de l’habitat. Il existe des possibilités de développement de l’économie contributive dans l’associatif, le coopératif, l’économie sociale et solidaire, les services publics tout aussi bien que dans l’industrie, où les nouveaux modes de production vont faire apparaître de nouveaux métiers, qui seront intermittents.

Avez-vous idée de comment financer cette radicale transformation du système de production ?

Bernard Stiegler Il faut qu’une part des gains de productivité issus de l’automatisation soit redistribuée. La taxation des milliers de milliards d’euros qui transitent sur des marchés purement spéculatifs pourrait être investie dans des projets réellement profitables, durables et justes, sans oublier la lutte contre l’évasion fiscale. Les crédits de la formation professionnelle – 38 milliards d’euros par an – devraient participer au financement de l’économie contributive, tout comme nombre d’exonérations de charges sociales ou fiscales qui pourraient être réorientées dans ce but. Elles représentent 80 milliards d’euros. Il y a vraiment de quoi financer.

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18 mai 2016 3 18 /05 /mai /2016 14:39

Pierre Laurent : « C’est le Parti communiste qui tient la gauche debout »

37è congrès du PCF

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR SÉBASTIEN CRÉPEL

MARDI, 17 MAI, 2016

L'HUMANITÉ

Photo : Patrick Nussbaum

À seize jours de l’ouverture du congrès du PCF, son secrétaire national, Pierre Laurent, estime que les communistes ont la « responsabilité » de faire converger les forces de gauche qui refusent la politique actuelle afin d’aboutir à un socle politique et des candidats communs en 2017.

Avec l’épisode de la motion de censure de gauche qui a réuni 56 députés socialistes, communistes, Front de gauche, écologistes et divers gauche sur les 58 signatures requises pour la déposer, une étape a-t-elle été franchie en vue du rassemblement de la gauche pour une autre voie en 2017 ?

Pierre Laurent C’est un événement très important. C’est un des résultats de la mobilisation sociale. Pour la première fois à ce niveau, des députés de toutes les familles de la gauche ont pris ensemble la résolution de ne pas laisser le gouvernement continuer à agir impunément. Cet événement doit connaître des suites, puisque l’exécutif n’aura pas davantage de majorité en deuxième lecture après le retour du Sénat du projet de loi El Khomri. Le retrait de la loi est plus que jamais notre objectif. Mobilisation sociale et unité politique sont les deux clés de la victoire. Au-delà, nous devons amplifier le travail de construction d’un nouveau socle politique pour une nouvelle majorité en 2017.

Y a-t-il encore beaucoup de chemin à faire pour parvenir à ce socle commun ?

Pierre Laurent Oui, beaucoup de travail, mais la convergence pour le dépôt de la motion de censure montre que c’est possible. Cela fait des mois que je dis que les forces existent pour faire émerger ce projet. Je le dis en m’exposant aux critiques, aux doutes, voire aux sarcasmes de certains. La preuve est faite que cette voie peut être féconde. Maintenant, il faut passer d’un socle critique à un socle de propositions comme la réduction du temps de travail, la sécurisation de l’emploi, le conditionnement des aides aux entreprises, la maîtrise publique des banques ou la lutte contre l’évasion fiscale. Nous pouvons aussi converger sur des propositions de refondation démocratique et solidaire de l’Europe et sur des mesures d’urgence démocratique comme la suppression de l’article 49-3 de la Constitution, l’introduction de la proportionnelle aux élections, l’inversion du calendrier électoral pour redonner la primauté au Parlement...

Chez les frondeurs du PS, on évoque désormais ouvertement la nécessité d’écarter une nouvelle candidature de François Hollande à la présidentielle. Est-ce une bonne nouvelle ?

Pierre Laurent Évidemment, mais je le répète, pour réussir à bâtir la convergence nécessaire de forces très diverses à gauche, un nouveau projet et une majorité politique pour le porter, les enjeux des élections de 2017 doivent devenir des questions populaires. Le projet d’une motion de censure de gauche n’aurait jamais été possible sans la mobilisation sociale et la pression populaire, ce sera la même chose pour dégager une solution politique. La parole citoyenne qui s’exprime dans les grèves et les manifestations, dans des pétitions massives sur Internet ou sur les places de Nuit debout, doit faire irruption sur le terrain politique.

Dans son discours du 3 mai, au Théâtre du Rond-Point, François Hollande a théorisé l’idée, reprise en boucle par Manuel Valls et ses amis, qu’il y aurait une gauche qui assume le pouvoir et une autre qui le refuse, faute de politique crédible à proposer. Que leur répondez-vous ?

Pierre Laurent Où est la gauche dans la politique de François Hollande et Manuel Valls ? Ce gouvernement s’est battu bec et ongles pour imposer la déchéance de nationalité aux binationaux ; c’est un gouvernement dans lequel siège Emmanuel Macron, qui veut rompre avec tous les fondamentaux de la gauche. Tout cela est une imposture. En vérité, leur discours sur les deux gauches vise à la briser définitivement pour tourner la page d’une alternative de transformation sociale. Aujourd’hui, la gauche ne peut être fidèle à ses valeurs qu’en rompant avec le libéralisme. Hollande et Valls font le lit du Medef et de la droite. Au contraire, un grand projet de gauche qui proposerait la maîtrise publique de l’argent, un changement radical d’orientation de l’Union européenne, une nouvelle République et la relance de la production et des services publics sur la base d’un nouveau modèle économique est capable de redresser la France et d’unir les Français.

Le 49-3 n’a pas stoppé le mouvement contre la loi travail, mais celui-ci peine à retrouver l’élan du début. N’existe-t-il pas un risque de radicalisation des modes d’action au détriment de l’élargissement du mouvement ?

Pierre Laurent C’est ce que veut faire croire le gouvernement qui utilise la tension pour dénaturer le mouvement, mais toutes les enquêtes d’opinion montrent que l’opposition à la loi travail reste archimajoritaire. Le mouvement engagé doit donc en même temps afficher sa détermination et élargir ses formes d’action pour permettre à un nombre toujours plus grand de citoyens d’exprimer leur exigence du retrait de la loi. C’est ce que viennent de décider les organisations de jeunesse en lançant des votations citoyennes. En appui du travail syndical, les militants et les élus communistes peuvent aussi multiplier les formes d’expression populaire sur les lieux de travail, dans les communes, dans des réunions de quartier, pour arracher le retrait de la loi. Cet objectif est à notre portée car rien n’est fini.

Êtes-vous préoccupé par les violences qui ont fait une dizaine de victimes dans le service d’ordre de la CGT, jeudi dernier ?

Pierre Laurent Il est capital que les manifestations se déroulent sans violence, car c’est une des conditions de leur élargissement populaire. À ceux qui veulent nous entraîner sur ce terrain, nous devons opposer notre détermination à permettre l’exercice du droit de manifester. De petits groupes ultraminoritaires et violents salissent l’image du mouvement, et l’attitude des forces de police attise la tension avec un usage disproportionné de la force dans les cortèges. J’ai interpellé le gouvernement pour qu’il mette fin à cette spirale extrêmement dangereuse.

Cinq mois après les élections régionales, la question sociale a pris le dessus sur les thématiques identitaires et xénophobes. Mais l’intensité de la confrontation à gauche sur cette question ne peut-elle pas conduire à sous-estimer la permanence du danger de la montée de la droite et de l’extrême droite ?

Pierre Laurent C’est un risque, en effet. L’acharnement du gouvernement provoque une très grande colère et un désarroi démocratique parce que la parole politique est bafouée. Cette colère conduit à un niveau inégalé de désaveu du pouvoir actuel. Cette situation peut effectivement conduire à oublier ou à relativiser le très grave danger qu’il y aurait à laisser basculer le pays dans les mains de la droite flanquée d’une extrême droite à un très haut niveau. Le seul moyen de faire barrage à cela est de reconstruire un véritable espoir de changement à gauche. La détermination des communistes à y parvenir exige que nous y consacrions toutes nos forces dans les mois à venir, quelles que soient les difficultés.

Si l’orientation que vous soutenez en vue du congrès du PCF du 2 au 5 juin à Aubervilliers a été adoptée par 51,2 % des voix, jamais autant de communistes n’ont voté pour des orientations alternatives. Est-ce l’idée d’une primaire, au moment où les désaccords à gauche sont si nombreux, qui explique ce résultat ?

Pierre Laurent Oui, c’est en effet l’un des facteurs qui a compté dans le vote. Les communistes ont voulu clairement signifier leur refus d’une primaire qui risquait, à leurs yeux, de nous placer dans le sillage de François Hollande ou de tout autre candidat équivalent. Nous avons clarifié totalement cette question, en écartant cette possibilité. Quand nous avons décidé de laisser la porte ouverte à une primaire, c’était d’ailleurs avec l’objectif d’ouvrir un chemin de rassemblement aux forces qui ne veulent justement pas se retrouver derrière une candidature de François Hollande. Mais si le chemin n’est pas celui-là, la convergence de toutes ces forces reste une nécessité. D’ici à la fin de l’année, la montée en puissance de la primaire de la droite et de la campagne du FN, et le discrédit grandissant de François Hollande vont rendre cette convergence plus nécessaire aux yeux de millions de gens. Le congrès du PCF doit répondre à ce défi politique en proposant, sur la base d’une offre politique clarifiée par nos débats, une nouvelle vague d’initiatives et un calendrier pour que, d’ici à l’automne, nous débouchions sur une étape de convergence nationale. La grande consultation citoyenne que nous avons lancée est un outil de cette construction. Les élections législatives doivent aussi en être un objectif central. La construction d’une candidature présidentielle la plus rassembleuse possible doit rester l’objectif.

Y a-t-il des points à éclaircir ou à modifier dans la base commune de discussion au congrès pour rassembler les communistes sur une même orientation ?

Pierre Laurent Les communistes ont exprimé des votes divers, mais ils sont décidés à converger. Il y a une demande de clarté dans le processus et le calendrier, le congrès devra dire jusqu’à quelle échéance nous proposons de poursuivre nos efforts de rassemblement des forces à gauche et fixer la date de notre conférence nationale prévue par les statuts. Il y a d’autres sujets dans le débat des communistes : le souci d’une impulsion nouvelle pour notre parti qui doit déboucher sur un relevé de décisions engageant des transformations concrètes du Parti communiste, comme la demande d’une meilleure lisibilité de notre projet politique, « le Temps du commun ». Les congrès locaux et départementaux et la commission qui travaillent sur nos textes sont engagés dans un travail de réécriture pour permettre un congrès de clarté et d’unité des communistes.

Actuellement, le candidat qui apparaît le plus sérieux et le plus crédible au vu des sondages pour porter un autre projet de gauche en 2017 est Jean-Luc Mélenchon. Qu’est-ce qui empêche les communistes de le soutenir comme en 2012 ?

Pierre Laurent La candidature de Jean-Luc Mélenchon a été annoncée dans des conditions qui ne conviennent à aucune des autres formations du Front de gauche. Nous voulons l’unité mais sa candidature ne suffit pas à répondre en l’état à l’ampleur du défi politique qui est devant nous. Si nous laissons faire les choses, il y aura d’autres candidats dans l’arc de forces que nous souhaitons rassembler. La division se paierait cher. Leur multiplication est un risque très réel. Je sais qu’il existe la peur du vide, une sorte d’appel par défaut à résoudre immédiatement le problème parce que le scénario paraît ainsi plus rassurant, mais je constate pour le moment qu’aucune hypothèse, pas plus la candidature de Jean-Luc Mélenchon qu’une autre, n’empêche le scénario d’un duel droite-extrême droite au second tour de l’élection présidentielle et, dans ces conditions, un risque de désastre aux législatives. Consacrer l’année 2016 à résoudre ce problème, ce n’est pas perdre du temps. J’ajoute que ce qui se joue n’est pas seulement la bataille de 2017, c’est la reconstruction durable d’une gauche capable de maintenir en France un projet majoritaire de transformation sociale. La France est l’un des pays d’Europe où ce scénario demeure possible, et nous devons prendre en charge la construction de cette alternative majoritaire à gauche. En Espagne, la force des événements vient de rendre possible un accord d’unité populaire pour les législatives entre Podemos et Izquierda Unida, que Podemos refusait jusque-là. L’unité s’est imposée comme la seule manière de faire face aux responsabilités.

Les communistes ne sont-ils pas les derniers à croire en la possibilité d’aboutir à une candidature commune de la gauche de transformation sociale en 2017, quand certains ont fait une croix sur la primaire ou que d’autres s’ingénient à la repousser ?

Pierre Laurent Il y a deux obstacles : ceux qui ne souhaitent pas cette convergence, peut-être en pensant qu’ils seront assez forts tout seuls, et puis il y a ceux qui n’y croient pas et qui, d’une certaine manière, ont tiré un trait sur 2017, en pensant que le temps de la reconstruction viendra après. Réfléchir ainsi est dangereux car c’est sous-estimer, devant le discrédit du gouvernement, la vague de droite et d’extrême droite qui risque de tout submerger. Je préfère miser sur les nouveaux espoirs qui émergent : le réveil de la mobilisation du peuple de gauche contre la loi El Khomri, l’irruption de la jeunesse dans le champ politique, la recherche de nouvelles issues par des intellectuels... Ces nombreux signes d’espoir butent encore, c’est vrai, sur la difficulté à converger politiquement. Mais raison de plus pour que les communistes prennent leurs responsabilités. Des trois partis qui ont structuré la gauche ces dernières décennies (le PS, le PCF et les Verts – NDLR), le Parti communiste est le seul qui tient la gauche debout. C’est son devoir d’enclencher le débat nécessaire entre toutes les forces susceptibles de converger. Des communistes peuvent être saisis par le doute devant la difficulté, mais le congrès, par la force de notre débat collectif, doit au contraire nous convaincre que cet effort est notre raison d’être dans ce moment historique pour la France et pour la gauche.

Le 5 juin, un pique-nique en hommage au Front populaire.À la fin de leur congrès, le dimanche 5 juin, les communistes invitent les forces de progrès à un pique-nique citoyen pour célébrer les quatre-vingts ans du Front populaire, devant la station de métro du même nom, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). Le secrétaire national du PCF élu y prononcera le discours de clôture du congrès. « Venez avec vos paniers », invite le PCF, qui s’occupe de dresser les tables et promet un dimanche « en chansons et en luttes ». Pour Pierre Laurent, « ce sera une belle manière de tracer un trait d’union entre cette page d’histoire et les responsabilités qui sont les nôtres aujourd’hui, celles de constituer durablement un nouveau Front populaire et citoyen ».

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Published by bruno fornaciari - dans ACTUALITES PCF
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13 mai 2016 5 13 /05 /mai /2016 13:29

Le vote de la FD 79 pour la base commune a, selon un camarade qui me transmet les résultats, bien eu lieu. Je ne sais pas a l’heure actuelle quel était le nombre d’inscrits, ni celui des votants et des exprimés.

Dans le 79, non comptabilisés car pas arrivés dans les temps : Projet de base commune présenté par le Conseil national du PCF : Le temps du commun / 2017 : Ouvrir une autre voie pour l'avenir de la France / Des transformations utiles et concrètes pour un parti communiste de nouvelle génération - 22%

Texte alternatif n°1 : «L'ambition communiste pour un front de gauche populaire et citoyen» - 29%

Texte alternatif n°2 : «Pour une politique communiste» - 31%

Texte alternatif n°3 : «Unir les communistes, le défi renouvelé du parti communiste» - 7%

Texte alternatif n° 4 : «Reconstruire le parti de classe ! Priorité au rassemblement dans les luttes» - 9%

Pour ceux qui auraient des infos supplémentaires, merci de me les faire passer.

Bruno Fornaciari

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Published by bruno fornaciari - dans PCF THOUARSAIS
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13 mai 2016 5 13 /05 /mai /2016 13:27

DEPUTE-E-S FRONT DE GAUCHE

ANDRE CHASSAIGNE

Paris, 11 mai 2016

Projet de loi Travail

Un seul objectif : le retrait du texte !

En décidant de recourir ce mardi à l’article 49, alinéa 3 de la Constitution sur le projet de loi dit «Travail», le Gouvernement a bafoué les droits les plus élémentaires du Parlement, privant la représentation nationale et le peuple d’un débat public qui s’impose sur ce texte essentiel pour nos concitoyens.

Depuis cette annonce, et pour permettre d’obtenir le rejet de ce projet de loi, nous avons travaillé à l’élaboration d’une motion de censure progressiste, réunissant députés du Front de gauche et ultramarins membres de notre groupe parlementaire, ainsi que des députés des groupes écologistes, radicaux et socialistes.

Les règles fixées par la Constitution prévoient qu’une motion de censure ne peut être déposée que si elle réunit la signature de 58 députés. Au terme du délai de 24 heures, nous avons réuni 56 signatures. Cette motion de censure ne pourra donc pas être débattue demain en séance publique, ce que nous regrettons.

En conséquence, et pour tout mettre en œuvre pour faire tomber ce funeste projet de loi et censurer le Gouvernement, nous prendrons nos responsabilités en votant la seule motion de censure qui sera examinée ce jeudi.

Continuons la mobilisation dans la rue et au Parlement pour obtenir le retrait de ce texte rétrograde !

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12 mai 2016 4 12 /05 /mai /2016 11:50

  • Jean-Jacques Candelier a partagé la publication de Jean-Jacques Candelier, Député à l'Assemblée nationale dans le groupe J'aime la CGT. Afficher la suite

    En décidant de recourir à l’article 49, alinéa 3 de la Constitution sur le projet de loi dit « Travail », le Gouvernement a bafoué les droits les plus élémentaires du Parlement, privant la représentation nationale et le peuple d’un débat public qui s’impose sur ce texte essentiel.

    Avec mes collègues du groupe Front de gauche, nous avons travaillé à l’élaboration d’une motion de censure progressiste réunissant des écologistes, des radicaux, et des socialistes qui ne se reconnaissaient pas dans ce coup de force antidémocratique. Les règles de la constitution sont claires, il nous fallait 58 signatures de députés pour pouvoir déposer cette motion. Au terme du délai de 24 heures, nous en avons eu 56.

    Je prendrai donc mes responsabilités en votant la seule motion de censure qui sera examinée ce jeudi, celle déposée par la droite. Bien que ce texte soit à l’opposé de ce que je porte, il est le seul outil à disposition pour faire tomber ce funeste projet de loi et censurer le gouvernement.

    La mobilisation doit continuer dans la rue pour obtenir le retrait de ce texte rétrograde. L’unique fois où une loi adoptée via cette disposition constitutionnelle a été mise en échec c'était en 2006, lorsque le 1er ministre Villepin, avait reculé face à la pression de la mobilisation sur le Contrat Première Embauche (CPE).

    En photo, le texte de la motion de censure des gauches et écologistes et la liste de ses 56 signataires.

    Jean-Jacques Candelier, Député à l'Assemblée nationale a ajouté 2 photos.J’aime la Page

    6 h ·

    En décidant de recourir à l’article 49, alinéa 3 de la Constitution sur le projet de loi dit « Travail », le Gouvernement a bafoué les droits les plus élémentai...

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12 mai 2016 4 12 /05 /mai /2016 09:40

Loi Travail: les députés Front de Gauche "porte-voix" de la "mobilisation populaire"

MARDI, 5 AVRIL, 2016

HUMANITE.FR

chassaigneassemblee.jpg

Photo : Joël Saget/AFP

Les députés Front de Gauche entendent être, dans l'hémicycle, des "porte-voix" de la "large mobilisation populaire" contre le projet de loi El Khomri, a affirmé mardi leur président André Chassaigne.

Sur le projet de loi "Travail", qui "ne résoudra pas les problèmes de l'emploi, ne favorisera pas une politique industrielle et sera un encouragement pour une politique soumise à la finance", le groupe des députés Front de gauche défendra, comme dans le passé sur la réforme des retraites, l'accord emploi (Ani) ou la loi Macron, "des amendements de suppression" ou "des propositions alternatives pour plus de droits aux salariés", a-t-il dit en conférence de presse.

Mais les dix députés Front de Gauche ne porteront "en aucun cas des amendements pour discuter le niveau de précarité", a insisté le député communiste du Puy-de-Dôme. "Nous sommes déterminés, d'autant plus que la mobilisation nous donne plus de force. Notre volonté est d'être parmi les porte-voix - nous espérons que nous ne serons pas les seuls - d'une très large mobilisation populaire. Il y a des centaines de milliers de gens qui nous soutiennent, sous des formes extrêmement diverses", a poursuivi M. Chassaigne.

Interrogé sur la mobilisation "Nuit Debout", le chef de file des députés Front de Gauche a répondu: "Tant mieux". Il y a vu une nouvelle preuve d'"un vent en train de se lever", pouvant prendre "des formes d'expression nouvelles", sur lesquelles "il faut s'appuyer" mais aussi tirer des conséquences pour "renouveler la pratique politique".

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12 mai 2016 4 12 /05 /mai /2016 05:35

Jean Grellier député PS du Nord-Deux-Sèvres soutien la loi El Khomry, comme il avait soutenu, l'ANI, le CICE, la déchéance de nationalité etc... bref, un véritable député de droite affilié au PS.

Il faut noter que dans le département Madame Gaillarde et Monsieur Bachelay tous deux députés PS ont apposé leur signature pour une motion de censure de gauche. Ils sont parmi les 28 députés socialistes à l'avoir fait. Bravo et merci à eux.


Concernant Jean Grellier, il faut savoir que l'association Pour une démocratie directe qui dénonce la "pratique" de l'acquisition de leur permanence par des députés, pour leur compte personnel, grâce à leur indemnité représentative de frais de frais de mandat (IRFM) l'a recensé comme un "des 24 qui sont sont cités dont le député socialiste des Deux-Sèvres Jean Grellier," qui indique au site d'informations francetvinfo.fr "avoir acheté en 2008 sa permanence grâce à un prêt de l'Assemblée nationale sur dix ans, remboursé à hauteur de 600 euros par mois via son IRFM."

"Je ne sais pas du tout ce que j'en ferai à la fin de mon mandat. Je ne veux pas faire une plus-value ou en profiter", assure-t-il.

D'un montant de 5 770 euros brut mensuels, l'IRFM s'ajoute à la rémunération nette du député et à son enveloppe pour payer ses collaborateurs. Elle fait l'objet de polémiques régulières sur son opacité et son éventuel usage à des fins personnelles, pour des cadeaux ou des voyages.
La présidence de l'Assemblée, le "déontologue" de l'institution et les questeurs - députés chargés de sa gestion - travaillent actuellement à une réforme de l'IRFM pour contrôler son utilisation, selon des sources parlementaires concordantes. Cette réforme doit être présentée en février au bureau de l'Assemblée, sa plus haute instance collégiale.

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11 mai 2016 3 11 /05 /mai /2016 05:29

"Le policier me dit de crier un bon coup, tire sur mon doigt et le remet à peu près"

Les CRS semblent paumés. Que faire après ce coup de pression? Ils nous menottent avec un serre-flex. Ma main droite ne réagit plus bien. Ils m'assoient dos au mur. Ils arrachent mon bonnet et réalisent que je suis une femme… Ils me demandent d'enlever mon sac à dos pour fouiller. Je réponds : "OK, mais je crois que vous m'avez cassé la main." Un gradé dit : "On va voir ça." Il ôte le serre-flex. Mon doigt fait un angle droit. Je le sens embarrassé. Dans mon sac, rien, à part mes outils de travail, une caméra et un appareil photo. Il me propose de me replacer le doigt. Difficile de lui faire confiance… et aussi de refuser. Il me dit de crier un bon coup, tire sur mon doigt et le remet à peu près. Enfin, ils me libèrent.

Aux urgences de Lariboisière, vers 3 heures, le médecin opère une "réduction" sur ma fracture, entre le métacarpien et la phalange. J'ai un plâtre pour six semaines. Sur mes cuisses, d'énormes hématomes. Les traces de matraque sont visibles.

"Je n'avais jamais éprouvé cette violence de guerre dans mon corps"

Très vite, un mot me vient : lynchage. Je vais porter plainte. J'ai conscience que l'impunité des violences policières décourage la plupart des victimes, surtout si elles sont de banlieue, noires, arabes ou avec un casier… Certaine de prouver mon innocence avec les vidéos, je veux profiter de mon statut pour dénoncer ces faits que d'autres vivent souvent.

Lundi, à l'IGPN, le policier qui me reçoit est calme, doux, précis, bien intentionné. Plus je raconte, plus je le sens choqué. Je sors au bout de trois heures. Ils vont enquêter, me disent-ils. Mardi, le photographe a témoigné. Je sais que les plaintes sont souvent classées mais je remuerai ciel et terre. Je n'avais jamais éprouvé cette violence de guerre dans mon corps. Mes blessures sont ostensibles. Aux urgences médico-légales, on m'a mis 15 jours d'ITT. Mais ce soir-là tous mes amis ont pris des coups ou été gazés. Or plus les policiers sont violents, plus ils nous radicalisent dans l'union."

Juliette Demey - Le Journal du Dimanc

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BRUNO FORNACIARI

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