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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 04:44

 

« Pourquoi je quitte le PS » : lettre ouverte à Harlem Désir

6DÉC

Merci à Libération de publier ce matin, dans une version un peu abrégée, ma lettre ouverte à Harlem Désir. En voici le texte intégral.

Cher camarade, cher Harlem,

Dans la nuit du 6 au 7 mai dernier, tu étais aux côtés de François Hollande sur l’immense scène installée place de la Bastille. Cette nuit-là, tu as senti l’espérance d’un peuple de gauche venu défier les appels presque unanimes à la résignation. Tu as vu ces dizaines de milliers de Françaises et de Français dont l’enthousiasme était une demande : celle que les Socialistes, revenus au pouvoir, parviennent enfin à changer la vie.

Je n’étais pas avec vous à Paris. J’ai fêté la victoire auprès de mes camarades dans le Nord. Mais déjà, cher Harlem, je n’y croyais plus beaucoup… Est-ce parce que nous avions déjà trop souvent déçu les nôtres ? Me doutais-je que nous nous apprêtions à le faire de nouveau, peut-être plus rapidement et plus brutalement que jamais ?

Je suis entré au PS à l’âge de 17 ans. La figure tutélaire de François Mitterrand, le poing et la rose, le combat contre les forces de l’argent, les 110 propositions : jeune militant, je revendiquais fièrement cet héritage.

Même lorsqu’il s’est éloigné de ses valeurs, j’ai continué de croire mon Parti capable de rénovation. Grâce à notre démocratie interne, la prise en compte des différentes sensibilités, l’écoute mutuelle, la camaraderie (notion aujourd’hui disparue), il me semblait possible d’ancrer à gauche notre ligne politique.

J’ai la tristesse mais enfin la lucidité, après vingt-trois années de militantisme, dont neuf au sein de la direction nationale du PS, de constater que je me suis trompé. Désormais je comprends à quel point les dirigeants du Parti Socialiste s’accommodent cyniquement d’avoir une aile gauche pesant en moyenne 15% lors des scrutins internes. Des personnalités telles qu’Henri Emmanuelli et Benoît Hamon autrefois, ou telles qu’Emmanuel Maurel aujourd’hui, ont simplement permis de maintenir, en façade tout au moins, l’image d’un vrai parti de gauche. Tel est le rôle d’Arnaud Montebourg au Gouvernement ; tel a été mon rôle dans le Nord. À un parti en pleine dérive idéologique, il fallait ses « idiots utiles ».

Depuis mai, sous le regard d’une Bastille incrédule, qui avait tant besoin de retrouver la foi dans le progrès social, François Hollande et le Gouvernement n’ont fait que reculer… sous les applaudissements de l’appareil socialiste.

Te souviens-tu seulement du projet que nous avons porté ensemble ?

Dès 2010, Benoit Hamon voulait substituer au mythe gentillet et creux de « l’égalité des chances » un retour à l’objectif historique de la gauche : l’égalité réelle entre tous les citoyens. Pour ce faire, il proposait une batterie de mesures sociales et sociétales ambitieuses.

Bien qu’ayant refusé d’adhérer à ce catalogue de mesure lorsqu’il était candidat aux primaires, François Hollande en avait finalement reprises plusieurs dans son programme présidentiel : le système d’attestations lors des contrôles d’identité, souvent vécus comme discriminatoires, l’encadrement strict des dépassements d’honoraires des médecins, le droit de vote aux étrangers pour les élections locales, la limitation des écarts de salaire de 1 à 20 dans les entreprises publiques. Sur chacun de ces sujets, le Gouvernement de Jean-Marc Ayrault a soit renoncé purement et simplement, soit reporté les réformes sine die, soit affadi leur contenu jusqu’à les rendre inutiles.

La liste des reculades, des incohérences et des échecs ne s’arrête malheureusement pas là. Le Gouvernement a renoncé à exiger le non-cumul des mandats dès 2012, malgré les engagements pris et signés par l’ensemble des parlementaires socialistes. La loi sur le logement social a été retoquée par le Conseil Constitutionnel pour vice de procédure. On a laissé entendre aux Maires qu’ils seront libres de ne pas appliquer la loi sur le mariage pour tous. La TVA Sarkozy, dite « sociale », décriée à juste titre pendant la campagne électorale, est revenue sous une autre forme à l’occasion de la remise du rapport Gallois. Enfin, on devine que le projet — pourtant central dans le programme de François Hollande — d’une « grande réforme fiscale » ne sera probablement jamais mis en œuvre pendant le quinquennat.

Certains choix semblent traduire le reniement de nos convictions les plus profondes. Malgré le courage et l’obstination de la Ministre Aurélie Filipetti, le Gouvernement a choisi de diminuer le budget de la culture. Ce serait grave en temps normal ; c’est catastrophique en temps de crise, car je reste persuadé que l’Art est le premier outil de combat — ou d’évasion — lorsque tout va mal.

La seule ligne directrice du Gouvernement porte un nom : l’austérité. Elle porte aussi un chiffre, comme une prison intellectuelle : 3%.

La droite n’a jamais tant aimé le PS ; Manuel Valls est plus que jamais sa coqueluche. Elle qui craignait tant François Hollande avant son accession au pouvoir, finirait presque par le trouver exemplaire de courage et de modernité !

Si nous en sommes là aujourd’hui, c’est par l’enchaînement d’une série de fautes que vous avez commises, main dans la main avec la droite, au sujet de l’Union Européenne. Vous n’avez tiré aucun enseignement de la large victoire du non au traité constitutionnel européen de 2005. Pour moi, ce décalage entre les dirigeants et la base électorale du Parti a été un premier motif d’interrogation et d’embarras.

Le second a été la promesse faite par François Hollande de renégocier le traité Merkel-Sarkozy. Et quelle renégociation ce fut ! Le Président de la République a trouvé le prétexte d’un « pacte de croissance » indolore et inopérant pour se rallier — ni vu ni connu, pensait-il sûrement — à la « règle d’or ».

En réalité, dans l’Europe que vous êtes en train de construire, ou dont vous acceptez passivement les règles du jeu, les Etats n’ont pas et n’auront bientôt plus aucune marge de manœuvre.

Les politiques européennes pèsent sur le budget de l’Etat. Et puisque les collectivités territoriales, privées de leur autonomie fiscale, vivent essentiellement de dotations de l’Etat, elles doivent désormais rogner sur leurs politiques, y compris lorsqu’elles relèvent de l’urgence. Dans les Départements, c’est la santé et le social qui sont touchés. Dans les Régions, c’est l’emploi, la formation.

Voilà pourquoi, Président de la Commission des Finances du Conseil Régional Nord-Pas de Calais, je ne peux pas cautionner la poursuite annoncée des baisses de dotations d’Etat aux collectivités, après l’avoir dénoncée sans relâche pendant les cinq années de mandat de Nicolas Sarkozy.

Ayant renoncé à transformer l’économie, les Socialistes pourraient encore se distinguer des libéraux et des conservateurs en s’intéressant à cette « France invisible » — celle que personne ne veut plus voir.

Cela a été dit et répété : le PS a oublié les ouvriers. Mais pas seulement eux. Au fond, vous partagez le diagnostic de Laurent Wauquiez : un parti de gouvernement doit s’adresser aux « classes moyennes » (car au moins elles votent). Les chômeurs, les précaires, les toxicos, les taulards, les prostitués, les paysans, les mères célibataires, les surendettés, les malades, les psychotiques, les handicapés, les sans-abris : les exclus de tous poils et les onze millions de pauvres qui vivent en France ne comptent pas, ou si peu.

Il faut d’urgence prendre des mesures fortes et symboliques. En 1981, ce furent les 39 heures, la retraite à 60 ans, la cinquième semaine de congés payés, l’abolition de la peine de mort, l’autorisation des radios libres… Que propose le PS aujourd’hui ? Le droit au mariage pour les couples homosexuels, pudiquement rebaptisé « mariage pour tous », est un pas dans le bon sens. Mais cette mesure seule ne suffira pas à apporter à la France la bouffée d’oxygène dont elle a tant besoin !

De deux choses l’une. Soit il n’y a qu’une seule politique à mener, que l’on soit de gauche ou de droite, et dans ce cas le PS s’est moqué des Français pendant dix années d’opposition, plus particulièrement pendant une campagne électorale toute entière axée autour de la promesse du changement (« maintenant ! »).

Ou alors une autre politique est possible, et dans ce cas qu’attendez-vous  pour changer de stratégie ? Pour engager un réel dialogue avec les partenaires de gauche et retrouver le « talisman » de l’union, auquel François Mitterrand n’avait jamais renoncé  ? Oserez-vous faire ce choix, ou bien donnerez-vous raison à ceux qui ont vu dans la discrète réception d’élus Modem à l’Elysée, il y a quelques jours, l’amorce d’un renversement d’alliance avec le centre-droit ?

J’ai le regret, cher Harlem, de quitter aujourd’hui le Parti Socialiste. Je le fais avec une grande tristesse mais aussi, en optimiste obstiné, avec l’espoir que vous retrouverez un jour la voie de la raison et le courage d’être de gauche.


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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 04:28

POLITIQUE -  le 7 Février 2013

Evénement. PCF

Depuis les Docks, le PCF planche sur son Humanifeste

 

 

Après des mois d’échanges dans les sections et les fédérations, les délégués des communistes se retrouvent pour débattre, trancher et lancer des chantiers sur un certain nombre de défis auxquels le PCF est confronté ou qu’il entend relever, de l’avenir du Front de gauche à celui du PCF, en passant par la mise en œuvre du changement.

Sans presque reprendre leur souffle après les campagnes électorales de la présidentielle et des législatives, les communistes se sont engagés dès l’automne, en parallèle de leur mobilisation contre l’austérité, dans la préparation de leur 36e Congrès. Rendez-vous nationaux, ateliers et assemblées locales, puis conférences départementales leur auront permis des semaines durant d’échanger, à tous les niveaux, sur l’Humanifeste, adopté en décembre, dont 806 d’entre eux vont débattre à partir d’aujourd’hui, aux Docks de Paris, en Seine-Saint-Denis. Crise, alternatives, avenir du Front de gauche et du PCF, élections… Tour d’horizon des questions en débat.

1- Crise, austérité 
et alternatives, comment « gagner le changement » ?

Avec ses partenaires du Front de gauche, le PCF a lancé, le 23 janvier, à Metz, une campagne, « l’alternative à l’austérité c’est possible », avec l’objectif de mobiliser les citoyens autour de solutions « pour sortir de la crise ». Depuis son 34e Congrès, celle-ci s’est approfondie, ses conséquences aussi. Après les discours de tous bords sur la « moralisation » du capitalisme et les banques renflouées sur fonds publics, la vague de l’austérité a déferlé. Ce 36e Congrès se présente ainsi aux communistes comme un temps de réflexion et d’analyse. Systémique, financière, sociale, démocratique, écologique, l’un ou l’autre de ces aspects ou tous à la fois, c’est la caractérisation de cette crise déjà vécue comme « un tournant historique » en 2008 qui est en question. C’est « une véritable crise de civilisation » que propose de décortiquer le texte soumis à la discussion pour mieux y opposer de « nouveaux horizons ». Outre la mobilisation des citoyens, c’est « un nouvel âge de la lutte des classes dans une humanité fragmentée », victime notamment des divisions instillées par l’ère sarkozyste, que la base commune propose aux communistes de construire. Au cœur de ce débat, l’ambition affichée de construire une « nouvelle conscience de classe » au moment où 64 % des Français reconnaissent l’existence d’un tel affrontement sans, dans la même proportion, s’en imaginer l’acteur. Mais aussi les dangers de la résignation, alors que la gauche, fait nouveau, est au pouvoir à tous les échelons sans que les ruptures souhaitées n’adviennent. « Sans attendre, gagner le changement », propose le texte. Un objectif que les délégués auront à discuter ce week-end avec, en perspective, leur rapport au gouvernement PS-Verts, et la proposition d’« assises nationales du changement » à l’automne. Au-delà des frontières, la « dimension internationaliste » du combat communiste est posée avec, notamment, l’idée de constituer « un réseau international progressiste très ouvert ».

2- Quelle « saison 2 » pour le Front de gauche ?

« Dans la dynamique du Front de gauche, notre parti a opéré un retour remarqué sur la scène politique et une transformation de sa propre représentation dans l’opinion publique. Toute une partie du peuple de gauche s’est peu à peu reconnue dans notre démarche commune et l’a investie de son espoir », note, à propos du Front de gauche, la base de discussion. En 2008, lors de leur 34e Congrès, les communistes prennent une initiative politique majeure, celle de lancer « des fronts adaptés aux échéances affrontées » qui, petit à petit, deviendront le « Front de gauche ». Rassemblant le PCF et le Parti de gauche et la Gauche unitaire dans un premier temps, puis six autres organisations et de nombreux citoyens et acteurs du mouvement social, le Front de gauche progresse entre toutes les élections intermédiaires (régionales, européennes, cantonales) ainsi qu’à la présidentielle de 2012, avec 11,1 % des suffrages. Les militants du PCF souhaitent que le Front de gauche dépasse le simple cartel de forces politiques et ne soit pas une simple machine électorale mais bien un « mouvement capable de bousculer le rapport des forces jusqu’à rendre majoritaire ses options de transformation sociale en son sein ». Pour les communistes, le Front de gauche est « un phénomène politique majeur ». Le conseil national du Front de gauche, regroupant citoyens et organisations, vient de rendre publics deux documents, l’un sur sa stratégie, l’autre sur son organisation. Les communistes, dont une part ont fait savoir dans leurs congrès locaux qu’ils auraient préféré être consultés sur ces documents, ont bien l’intention de les intégrer dans leurs débats pour faire franchir au Front de gauche « une nouvelle étape » de son développement.

3- Quelle ambition 
pour les échéances électorales de 2014 ?

Avec, en 2014, les municipales et les européennes et, en 2015, les cantonales et les régionales, les deux années qui viennent sont chargées en rendez-vous électoraux pour lesquels les communistes entendent, avec le Front de gauche, « rassembler sur des projets ambitieux qui placent chaque institution en position de répondre aux besoins ». Au plan communal, face aux « ambitions de la droite et de l’extrême droite », le PCF, qui porte l’exigence de préserver « la démocratie locale », se prononce, dès maintenant, pour de « larges rassemblements » construits avec les habitants. Partant à ce scrutin avec un « esprit de conquête », il se fixe l’objectif d’élargir son nombre d’élus. Avec le Front de gauche, le PCF envisage d’organiser « un forum national de la démocratie locale ». Au plan européen, après le vote, à l’exception du Front de gauche, de l’ensemble des forces politiques représentées au Parlement français en faveur du traité austéritaire Merkel-Sarkozy en 2012, le PCF veut faire « sauter le verrou de l’Europe libérale ». Dans cet objectif, les communistes veulent construire des « listes du Front de gauche européen élargi » pour les élections dont l’ambition est de « refonder l’Union européenne ». Dans cette optique, ils devraient tenir, avec le Parti de la gauche européenne (PGE), un « forum progressiste pour la refondation de l’Europe ».

4- Vers un « nouvel élan » 
du Parti communiste ?

Le PCF a voulu se saisir de son congrès pour faire la démonstration de son renouveau. Jeunes adhérents à l’appui, « l’enterrement de son enterrement », organisé en novembre à Paris, en a marqué le lancement. Reste à préciser les contours de ce « nouvel élan ». « Le Parti communiste change, sans se renier », explique le texte en discussion, appelant à l’avènement d’un parti « d’émancipation, d’action et de rassemblement » qui se veut « déchaîné ». Le débat s’inscrit dans le chantier des « transformations » du PCF ouvert lors de son 34e Congrès, en 2008. Si la crainte d’une « dissolution » du Parti communiste semble s’éloigner, les questions de démocratie, de son ouverture sur la société, de son renforcement font partie de celles que les militants auront à traiter. La modification des statuts, élaborés en 2006, a été proposée avec l’objectif de permettre « une meilleure articulation des souverainetés individuelle et collective, une plus grande cohérence nationale et une meilleure efficacité militante », a rappelé, en novembre, Isabelle De Almeida, responsable de la commission en charge de ces révisions.

La proximité de l’activité militante, la place des femmes, la répartition et la mutualisation des moyens, la composition de la direction nationale, l’expression de la pluralité des opinions figurent parmi les questions en débat. Au-delà, la « nouvelle génération de communistes », formée des nouveaux comme des plus anciens adhérents, selon Pierre Laurent, est appelée à ouvrir le chantier d’un « communisme de nouvelle génération », soit la « refondation d’un projet de transformation sociale du XXIe siècle ». S’agit-il de redéfinir la visée communiste, de spécifier les moyens du dépassement du capitalisme, de tracer le chemin vers un « socialisme du XXIe siècle » comme le prônent certains, ou encore d’enrichir le « projet de société fondé sur l’humain » et « en construction permanente », décrit dans le texte en discussion ? Le débat ne fait que commencer.

Nombre d’invités d’ici et d’ailleurs à Saint-Denis

De nombreuses personnalités 
ont répondu à l’invitation du PCF et assisteront à son congrès. Côté français, des représentants de tous les partis de gauche devraient être présents, à commencer par les composantes du Front de gauche, à l’image de Jean-Luc Mélenchon et Martine Billard (Parti de gauche) ou Christian Picquet (Gauche unitaire). Mais aussi des membres de son Conseil national, comme Pierre Khalfa (Fondation Copernic). Le PS sera notamment représenté par Guillaume Bachelay, Europe Écologie-les Verts par Pascal Durand, le NPA par Olivier Besancenot, Lutte ouvrière par Nathalie Arthaud. Bernard Thibault et Thierry Lepaon devraient également se rendre aux Docks de Paris pour la CGT et y croiser Bernadette Groison (FSU) 
et Annick Coupé (Solidaires). Compteront aussi au rang 
des invités le poète Olivier Barbarant, le soldat du refus Alban Liechti, la résistante Odette Nilès, 
ou encore la représentante de l’initiative féministe européenne Lilian Halls-French. Mais c’est du côté des invités internationaux que le PCF a déployé le plus d’efforts. Il a réuni plus de 100 délégations venues de tous les continents, en particulier d’Europe. Une délégation du Parti de la gauche européenne (PGE) sera conduite par sa vice-présidente, Maité Mola. L’ambassadeur de la Palestine 
en France, Hael El Fahoum, 
prendra la parole dès aujourd’hui. Walter Pomar (Forum de Sao Paolo) et Pedro Paes (ex-ministre de l’Économie de l’Équateur) seront parmi les invités d’Amérique du Sud. Des représentants 
des forces progressistes du Mali, d’Égypte et de Syrie, au cœur 
de l’actualité, devraient également assister aux travaux.

Max Staat et Julia Hamlaoui

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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 09:50

Le 2 février 2013

 

Le PCF 79 serait-il devenu clandestin ?

 

Si nous n’avons pas su grand-chose de la préparation des discussions de la base commune ni des éventuelles initiatives prises dans les sections, nous ne savons rien non plus de la conférence fédérale qui s’est déroulée vendredi soir et samedi  dernier.

 

Nous ne savons rien du nombre de particpants aux 3 séances dont l'une programmée à la dernière minute pour le vendredi soir..Nous ne savons pas non plus la qualité des "délégués" des sections participants ce vendredi et ce samedi. Nous serions ravis de connaître aussi nombre de votants présents et ceux qui ont éventuellement voté par " pouvoir " ou procuration pour valider ou s'opposer au texte. ou même par correspondance, ces précisions combleraient notre curiosité.  Combien y-a-t-il eu d'amendements, quelle en est la nature,


Nous n'avons pas non plus été informés d'un éventuel  texte de résolution de la conférence, et celui-ci, en tous cas n’est rendu public, de sorte que les adhérents du Parti qui n’ont pas participé à la conférence ne savent rien non plus des orientations politiques et des objectifs retenus.

 

Il est de tradition dans nos statuts de composer une commission de "la transparence et la démocratie" qui veille à la liberté des débats et procède à l'examen et proposition des candidature au comité fédéral. Celle-ci doit  être composée d'un représentant par section au moins.Nous ne savons rien, de l'existence de cette commission pas plus que de ces  travaux. En outre un commission des mandats analyse et valide les mandats. Là encore, aucune information. Il semblerait que le vote pour élire le comité fédéral se soit déroulé en toute fin de séance le samedi soir, sans que ni le dépouillement ni la  proclamation des résultats soient aller à leur terme.

 

Les communistes ne sauront pas non plus l’état d’organisation de leur Parti. Le nombre d’adhérents, par section,  le nombre d’adhésions réalisées depuis la dernière conférence, l’état des finances des sections et de la FD avec comme corollaire le nombre d’adhérents à jour de leurs cotisation qui ont participé à la conférence et aux votes etc.  

 

 

Nous ne connaissons pas le résultat du vote concernant la nouvelle direction fédérale élue, ni encore moins, la composition du bureau exécutif et du (de la) Secrétaire de la Fédération.

 

Si nous connaissons (par la bande) les candidatures, à l’heure actuelle nous ne savons rien non plus des débats et opinions qui ont traversé la conférence.

 

Certaines « mauvaises langues » pourraient s’étonner de l’absence totale des élus communistes de Niort au sein de la direction fédérale, et pourraient y déceler des « désaccords » ou pire une défiance compte tenu  du « poids» des élus communistes Niortais dans la représentativité publique du PCF Niortais.

 

 Ayant pris connaissance de la liste des candidatures au "comité fédéral" dont nous ignorons toutefois l'origine, je suis "rassuré" sur la continuité de notre "direction" fédérale avec des représentants comme Jeannine Zeekaff dont la fulgurance de la pensée m'a encore échappé. Je me questionne  aussi sur la présence du couple Morisson qui trône au CF comme représentants de à Puy Hardy  dont ils sont les seuls communistes d'une section qui n'existe pas.Donc, qu'ils ne représentent qu'eux-mêmes. Sans doute ont-ils des qualités ou spécificité propre qui justifient leur présence.

 

Mais  en dehors de leur efficacité politique locale dont ils n’ont pas encore fait  preuve, je ne peux que me référer à mon expérience personnelle, en matière de respect des statuts du parti et de la démocratie. En cela JC Morisson est incontestablement l’un des meilleurs  « experts » de la FD en matière de ... censure et d’autoritarisme. Ce qui lui vaut sans doute cette pérennité.  

 

Quant à Elie Maudet, qui est lui aussi reconduit, il a prouvé aussi son efficacité à dynamiser la cellule locale à laquelle il est attaché, à peu près dans les mêmes termes et les mêmes résultats que JC Morisson. Lui aussi est à peu près seul dans son secteur, ce qui lui permet de s’autoproclamer représentant du PCF dans le Nord –Deux-Sèvres. En outre il est doté, comme le précédent nommé,  lui aussi d’une facilité à développer la fourberie et le mensonge.  Le  manque de courage et la malhonnêteté politique en plus. Chacun le sait maintenant, ce dernier,  après avoir nié être l'un des fondateurs de la FASE dont il était le vice-Président (voir la NR) "s'autonomise" du Parti Communiste et se comporte vis-à-vis de la Fase et de son Chef Jean-Pierre Gay comme l'élève à son maître.

 

Donc, personne ne sait rien. Le PCF, notre Parti  serait-il entré en clandestinité ?A l'insu de son plein gré ?


Nous voilà donc bien doté pour affronter les défis à venir avec  une direction fédérale avec laquelle, nous pouvons malheureusement, craindre que le "dynamitage" du parti se poursuive. A moins que les nouveaux venus puissent y changer quelque chose. Qui vivra verra ! Nous leur souhaitons bonne chance.


Mais restons optimistes ! Mais ça c’est de l’humour…rouge? 

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extraits d'une déclatation de Jacques Chabalier responsable de la "vie militante" au sein de l'éxécutif du PCF :

 

 "permettre une participation maximale de tous nos adhérents et donner à cette préparation (du congrès)  une grande dimension publique"

ON PARLE D’UNE NOUVELLE CARTE EN 2013 ?


J. C. : "La mobilisation de nos adhérents passera en effet par cet événement que va être la remise de la nouvelle carte du Parti qui sera disponible dans les fédérations au début du mois de décembre. Il faut faire de cette remise de carte une grande bataille politique, associer les adhérents, notamment ceux avec qui nous n’avons pas de contacts réguliers. Il faut prendre leurs coordonnées, les aider à participer à nos choix et à nos débats. On est en situation de dynamique, on peut aborder la période en situation de conquête. Nous voulons vraiment redevenir un véritable parti de masse, et je crois qu’avec 130 000 adhérents nous sommes en train de le redevenir, un parti à la fois nombreux et creuset de toutes les richesses, de toutes les diversités, de tout l’apport de tous ceux qui ont choisi de rejoindre ce parti. La remise de la carte doit être l’affaire de tous les adhérents, et il faut que ce soit aussi un grand moment public, visible."

Jacque Chabalier le 31 décembre 2012

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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 09:47

Les communistes, consultés !

LES ADHÉRENTS DE NOTRE FÉDÉRATION DÉCIDENT DU PROCESSUS DÉMOCRATIQUE POUR LE CONGRÉS DÉPARTEMENTAL

 

Conformément à nos statuts, une commission « transparence et démocratie » a été élue par le Conseil départemental du 30 octobre dernier, pour travailler à la préparation de notre congrès départemental.


Statuts article 4.1 : « …Cette commission organise la consultation et assure le bon déroulement des opérations de vote. Elle prend toutes dispositions pour faciliter la participation du plus grand nombre d’adhérent-e-s ».


Elle est présidée par Jacques GUIARD et se compose des membres suivants : G.BERNARD, J.BESSIERE, M.CARMOUSE,  C.DAVID, M. GRENIER, Y.EUGENE DIT RAVET, Y.GABORIT,  P.GUEDON, D.HEBERT, I.MALEPLATE, D.MATIFAS, E.MEMAIN, M.F.MOQUET, C.VALIN, ainsi que d’un représentant pour chacune de nos sections.


Afin de favoriser le développement de la démocratie, en permettant aux communistes qui ne pourraient pas participer aux assemblées générales de section de s’exprimer, la commission a proposé au conseil départemental du 8 novembre que tous les adhérents soient consultés pour désigner leur direction de section et leurs délégués au congrès départemental.


La commission propose que les communistes qui ne peuvent se rendre aux assemblées générales de leurs sections puissent s’exprimer en votant par correspondance.


Le Conseil départemental a approuvé cette proposition, mais souhaite que chaque communiste puisse, préalablement,  donner son avis sur la démarche proposée.


Tous les adhérents sont donc appelés à exprimer leurs avis par un vote  par correspondance.


Le matériel nécessaire (bulletin de vote, enveloppe de vote bleue et enveloppe T) a  été expédié à chaque adhérent.


Les votes seront conservés par la poste jusqu’au 22 novembre, date du dépouillement. Une délégation de la commission transparence les acheminera jusqu’à la salle de dépouillement. Celui-ci sera assuré par la commission « transparence et démocratie » et ouvert à tous les adhérents le jeudi 22 novembre à 18 H à Rochefort salle Pierre Loti.

 

Conformément à nos statuts, « Tous, toutes les adhérent-e-s reçoivent les informations et les éléments matériels pour chaque consultation. Seul-e-s les adhérent-e-s détenant la carte du Parti communiste français depuis plus de trois mois avant la date du scrutin, à jour de leur cotisation, c’est-à-dire pour les trois derniers mois, au moins, qui précédent le scrutin, peuvent participer au vote ».

 

Toutefois, l’adhérent peut se mettre à jour en joignant ses cotisations à son vote.

 

DÉCIDONS ENSEMBLE DE FAIRE PROGRESSER LA DÉMOCRATIE !

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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 05:24

PARIS: les femmes enfin autorisées 

à porter le pantalon


Une ordonnance interdisant à la gent féminine le port du pantalon dans la capitale a été abrogée jeudi par la ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem.




Avant le 31 décembre 2013 toute parisienne qui portait un pantalon était hors-la-loi ! Une abrogation publiée jeudi par le ministère des Droits des femmes a annulé une ordonnace qui interdisait aux femmes de porter le pantalon à Paris. Najat Vallaud-Belkacem a déclaré que cette dernière était “incompatible avec les principes d’égalité entre les femmes et les hommes qui sont inscrits dans la Constitution et les engagements européens de la France”. Cette ordonnance, qui datait de novembre 1799, précisait en effet que toute femme “désirant s’habiller en homme” devait d'abord “demander l’autorisation à la préfecture de police”. Il fallait par ailleurs tenir “un guidon de bicyclette ou les rênes d’un cheval” pour pouvoir déroger à la règle. Cette loi, votée peu après la Révolution, avait pour but de limiter "l'accès des femmes à certaines fonctions ou métier en les empêchant de se parer à l'image des hommes" nous apprend le site Sénat.fr.

Une “archéologie juridique”

Déjà en 1909, cette ordonnance avait été atténuée par les autorités parisiennes. Mais c’est en 2011 que les députés Verts ont mis le doigts dessus, jugeant qu'elle n’avait plus “aucun sens”. La Préfecture de police de Paris n’a cependant pas donné suite à leur demande estimant que cette loi relevait de “l’archéologie juridique” et qu’il y avait d’autres priorités. Alain Houpert, sénateur UMP, a réitéré la demande en juillet 2012, pour la “portée symbolique” de la chose. Désormais, cette ordonnance ne “constitue (plus) qu' une pièce d’archives considérée comme telle à la Préfecture de police de Paris”, a indiqué la ministre. Cette abrogation aura donc permis de savoir qu’une telle interdiction existait encore.
 
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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 04:41

affiche-PCF-front-de-gauche.jpg

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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 04:41

affiche-PCF-front-de-gauche.jpg

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4 février 2013 1 04 /02 /février /2013 10:11
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3 février 2013 7 03 /02 /février /2013 12:32

Politique - le 1 Février 2013

gauche

Congrès du NPA en pleine crise de décroissance

Le parti né de l’ex-LCR tient son 2e congrès, à Saint-Denis, dans un contexte d’hémorragie de ses militants vers le Front de gauche.


Qu’elle semble déjà loin, la fondation du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), en 2009, sur les restes de l’ex-Ligue communiste révolutionnaire (LCR). À l’époque, porté par l’élan de sa figure de proue et candidat à l’élection présidentielle de 2007, Olivier Besancenot (4,08 %), le NPA se fixait pour ambition de rassembler l’ensemble des anticapitalistes dans un même parti. Quatre ans plus tard, le NPA n’est pas parvenu à transformer l’essai. Au contraire, après l’effacement de son médiatique porte-parole au profit de la candidature d’un historique de la LCR issu des rangs ouvriers, Philippe Poutou, les délégués qui se réunissent de vendredi à dimanche à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), pour le 2e congrès de leur formation, héritent d’un parti profondément en crise et en perte de vitesse électorale et militante.

 

Les effectifs ont fondu : de près de 10 000 en 2009, ce chiffre est aujourd’hui divisé par quatre, tout comme le score à la présidentielle (1,15 % en 2012). Quant à la crise, elle couve en interne depuis les débuts. Principal point d’achoppement : l’isolement du NPA, fruit de son refus d’envisager des alliances avec d’autres formations à gauche qui n’auraient pas, au préalable, rompu tout lien avec le PS. Lassée, une fraction importante de ses militants, réunis dans la Gauche anticapitaliste (GA), a depuis rejoint le Front de gauche.

 

Si cette crise est, pour la figure historique du parti, Alain Krivine, un « paradoxe, en pleine crise du capitalisme », la majorité du NPA (51 % dans les votes internes) réunie autour, entre autres, de Philippe Poutou, Olivier Besancenot et de la porte-parole Christine Poupin, propose de serrer les rangs : « Répondre à la crise du NPA, c’est, à cette étape, rassembler tous ceux qui n’ont pas abdiqué de construire un parti indépendant des réformistes. » Comprendre, dans le langage du NPA : indépendant du PS comme du Front de gauche, dont les élus siègent dans des majorités régionales.

 

La majorité du NPA n’entend cependant pas se contenter d’« une simple proclamation révolutionnaire », au moment où la crise et le mécontentement social et politique s’aggravent, ni ne veut couper les ponts avec les électeurs de gauche et ses anciens militants qui se tournent vers le Front de gauche. Elle propose ainsi de s’adresser « sans aucune exclusive, à toutes les organisations politiques qui ne participent pas au gouvernement, aux syndicats » sans « autre condition » que la « commune volonté d’agir ensemble », le NPA défendant pour sa part la « perspective d’un gouvernement anti-
austérité ».

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Published by bruno fornaciari - dans ACTUALITES
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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 16:09

Culture - le 1 Février 2013

Histoire

Avec Stalingrad, la Seconde Guerre mondiale bascule

Plus que le débarquement anglo-américain en Afrique du Nord (8 novembre 1942) ou que la conquête américaine de l’île de Guadalcanal (8 février 1943), la victoire soviétique de Stalingrad (2 février 1943) est bien le « tournant » de la guerre. Mais la victoire est plus encore politique que militaire.


Du 31 janvier au 2 février, malgré l’interdiction d’Hitler, la VIe armée allemande capitule après deux mois et demi d’encerclement, isolée malgré les raids de la Luftwaffe, pilonnée nuit et jour, épuisée par la faim, le froid, la neige. Des 330 000 encerclés ne survivent que 120 000 prisonniers. Les forces de l’Axe ont perdu au total 800 000 hommes à Stalingrad, le quart des forces du front oriental. Le mythe de l’invincibilité allemande est détruit.

 

L’enjeu de Stalingrad

Pour pallier les besoins en carburant de l’économie de guerre allemande, Hitler déclenche, le 8 mai 1942, un nouveau Blitzkrieg en vue de conquérir les champs pétrolifères du Caucase. La moitié des troupes engagées en URSS, 100 divisions allemandes et 50 alliées (roumaines, italiennes, hongroises), sont concentrées sur le front sud-est. Les forces de l’Axe conquièrent la Crimée et Sébastopol, puis l’est de l’Ukraine et Rostov. Mais Hitler commet alors la même erreur qu’à l’automne 1941. Grisé par ses victoires, il divise ses forces selon deux axes : pendant que des divisions fonceront vers le Caucase, le gros des forces remontera la vallée du Don pour prendre Stalingrad, isoler l’Oural et ensuite, avec les armées du centre, encercler Moscou.

 

Dès le 23 août, la VIe armée de Von Paulus atteint la Volga et bombarde la ville charnière. Le 12 septembre, disposant de forces deux fois supérieures, les Allemands lancent ce qu’ils pensent être l’assaut final. Des combats acharnés se déroulent jusque dans le centre et le sud de la ville, maison par maison, cave par cave. Les usines Octobre rouge et Barricades sont prises et reprises. Vassili Grossman traduit bien l’acharnement des combats dans Vie et destin. Hitler veut prendre à toute force la « ville de Staline » mais Stalingrad ne tombe pas.

 

Le 19 novembre, le maréchal Joukov, qui seconde le commandant suprême Staline, lance la contre-offensive préparée depuis septembre. Le plan « Uranus » doit couper « le doigt de gant » allemand enfoncé entre Don et Volga. Deux groupes d’armées soviétiques partent simultanément du nord-ouest et du sud de Stalingrad. Dès le 22, elles réussissent leur percée et réalisent leur jonction. Les forces soviétiques enserrent dans une « ceinture rouge » la VIe armée et une partie de la IVe armée blindée. Une tardive contre-offensive allemande échoue et les forces de l’Axe sont repoussées bien au-delà du Don, ce qui rend très difficile le ravitaillement aérien des encerclés. Les conséquences militaires sont immédiates. Les armées allemandes du Caucase reculent de 600 kilomètres jusqu’à Rostov et s’échappent de justesse. L’Armée rouge reprend l’offensive sur tous les fronts. Ce qui la mènera jusqu’à Berlin. Voilà pourquoi il ne faut pas sous-estimer le rôle de la victoire de Stalingrad alors que les médias ont tendance à valoriser le rôle des Anglo-Saxons dans ce conflit.

Les trois raisons 
de la victoire

À ce tournant de l’histoire, l’URSS a tout juste achevé la reconversion de son économie de guerre après avoir replié vers l’est 1 360 usines : fin 1942, la production industrielle de l’Oural a été multipliée par cinq et plus encore celle de la Sibérie. Si le nombre d’ouvriers a baissé de 10 %, la productivité du travail a crû de 40 % : la journée de travail est passée de huit à douze heures, six jours sur sept. L’URSS produit déjà deux fois plus de chars et quatre fois plus de canons que l’Allemagne. L’aide alliée est encore aléatoire : les livraisons américaines ont été interrompues de juillet à octobre. À Stalingrad, si l’Armée rouge a une nette supériorité en artillerie, elle n’aligne guère plus de chars que la Wehrmacht (790 contre 770) et moins d’avions que la Luftwaffe (1 035 contre 1 066). Mais cet armement est de bonne qualité : le char léger T 34 s’impose déjà face au « Tiger » allemand. Stalingrad n’est cependant pas une victoire du matériel comme le sera la gigantesque bataille de chars de Koursk en juillet 1943.

 

La victoire de Stalingrad est en effet le fruit d’une mobilisation humaine exceptionnelle. Dès septembre 1941, pour compenser les immenses pertes en hommes, le Conseil d’État pour la défense, présidé par Staline, a lancé un vaste plan d’instruction militaire générale qui allait former sept millions de soldats en trois ans. Les généraux de l’état-major ont restauré leur autorité et l’unité de commandement avec la suppression des commissaires politiques aux armées rendus responsables des échecs antérieurs. Joukov persuade Staline de regrouper le maximum de forces à Stalingrad et l’Armée rouge réussit à y aligner, en novembre 1942, 854 000 recrues face aux 846 000 soldats des forces de l’Axe (deux tiers d’Allemands plus des Roumains et des Italiens).

 

La mobilisation de nouveaux soldats compliquait pourtant le problème de la main-d’œuvre ouvrière et paysanne. Dès février 1942, 830 000 adolescents scolarisés ont été versés dans les usines pour être rapidement formés comme ouvriers qualifiés par des spécialistes démobilisés. Pour les autres travaux, il est fait appel massivement aux femmes, aux vieux et aux détenus. C’est toute la population urbaine, puis rurale, qui est mobilisée. À Stalingrad, les comités locaux du Parti ont levé une immense milice populaire pour édifier des lignes de fortification alors que les usines produisaient sans relâche armes et munitions et que des groupes de partisans coupaient les lignes de ravitaillement trop étirées des envahisseurs à l’arrière du front. Stalingrad n’est pas qu’une victoire de militaires.

 

 

Stalingrad s’explique encore par la démoralisation des forces de l’Axe et la sacralisation de l’amour de la patrie pour les Soviétiques. Les lettres des soldats encerclés ou les mémoires des officiers allemands révèlent combien brutale fut pour eux la découverte de l’aveuglement d’Hitler et de l’absurdité de ses ordres de mourir sur place plutôt que de capituler : « Nous sommes tout seuls, sans aucune aide. Hitler nous laisse tomber », écrit l’un deux. Les Italiens et les Roumains repliés derrière le Don sont encore plus démotivés.

 

Par contre, Staline ne cesse d’exalter la « guerre sacrée » et d’inviter tout le peuple soviétique au sacrifice commun. La guerre est sacrée parce qu’elle est une guerre juste de défense de la patrie et de libération de la terre des ancêtres. Le 22 décembre 1942, un nouvel hymne national remplace l’Internationale. La guerre est sacrée aussi parce qu’elle permet la réconciliation de l’Église orthodoxe et de l’État soviétique. Le 7 novembre 1942, le métropolite Serge s’adresse à Staline : « Au nom du clergé et de tous les fidèles de l’Église orthodoxe, fidèles enfants de notre patrie, je salue en votre personne le chef choisi par Dieu de toutes nos forces civiles et militaires, qui nous conduit à la victoire sur les envahisseurs barbares, à la prospérité dans la paix de notre pays, et à l’avenir radieux de ses peuples. »

La guerre est certes encore présentée comme une guerre du droit contre le « fascisme », pour la démocratie et le socialisme, mais, par une série de glissements progressifs, la guerre est vécue comme la communion des patriotes russes, des citoyens des autres peuples soviétiques et des communistes de toutes générations, tous « frères et sœurs » aux yeux de Staline depuis son premier discours à la radio le 3 juillet 1941. Jamais le peuple soviétique n’a été aussi uni derrière son chef charismatique.

 

 

Les conséquences 
de Stalingrad


Alors qu’Hitler décrète trois jours de deuil national en Allemagne, les Alliés, les résistants et les communistes du monde entier témoignent de leur reconnaissance au peuple soviétique. Bien avant la victoire, l’Humanité clandestine salue l’Armée rouge et appelle tous les résistants à l’unité et à l’action. Désormais l’espoir a changé de camp.

La coalition des Nations unies en est renforcée. Le 21 février, le roi George VI d’Angleterre déclare que « la ferme résistance de Stalingrad a changé le cours des événements » et offre une épée d’honneur à la ville héroïque en témoignage de l’admiration « de tout le monde civilisé ». Le président Roosevelt salue ses « valeureux défenseurs » dont « la victoire glorieuse a représenté un tournant dans la guerre des nations alliées contre les forces de l’oppression ». Stalingrad soude plus que jamais les Alliés jusqu’à Yalta.

 

En position de force, Staline se permet de faire quelques concessions diplomatiques. Après l’opération « Torch » en Afrique du Nord, il ne réclame plus aussi fortement l’ouverture d’un second front en Europe, et il ne dénonce pas encore le danger d’une paix séparée à l’Ouest. L’essentiel est alors pour lui d’obtenir le plus d’aide matérielle possible car l’URSS continuera longtemps à supporter l’essentiel du poids de la guerre contre l’Allemagne nazie. Mais s’il s’est engagé à dissoudre officiellement l’Internationale communiste, c’est moins pour rassurer ses alliés sur les objectifs des Partis communistes européens que pour ne pas cautionner la stratégie politique de Tito en Yougoslavie.

Stalingrad a eu cependant des effets ambivalents à moyen terme. Staline s’est attribué tous les mérites de Joukov et sera gratifié du titre de « plus grand stratège de tous les temps » et de « guide suprême ». Le culte de sa personnalité prend des dimensions inimaginables masquant sa responsabilité dans la désorganisation de l’armée depuis 1937 et les désastres de 1941. Khrouchtchev, dernier commissaire politique à Stalingrad, lui en fera reproche en 1956.

Staline n’a pas compris les véritables raisons des succès de l’économie de guerre soviétique manifestes dès Stalingrad. Voznessenski, le président du Gosplan depuis 1938, avait mis en œuvre la décentralisation des décisions, les relations directes entre entreprises, la mobilisation morale des ouvriers, le développement de la production familiale dans les campagnes. Dès 1945, il s’opposa au retour aux plans quinquennaux bureaucratiques d’avant-guerre, mais il sera condamné et exécuté en 1948. Staline et les militaires imposeront à nouveau une priorité absolue à l’industrie lourde au nom de la défense du camp socialiste et de la « mémoire de Stalingrad ».

 

ce qu’écrivait l’humanité clandestine n° 200, 21 janvier 1943 (extraits) Grande victoire soviétique sur tout le front de l’est
Les troupes soviétiques ont pris Schlusselbourg, mettant ainsi fin au siège de Leningrad (1), quelques jours avant la commémoration de la mort du grand Lénine. L’Armée rouge continue à avancer dans le Caucase (et) dans la région du Don moyen… Devant Stalingrad, la VIe armée hitlérienne est en voie d’anéantissement ; sur 200 000 hommes, il n’en reste plus que 70 000, un butin énorme a été capturé, le dernier aérodrome des nazis a été occupé… Partout, l’Armée rouge, sous la conduite de notre grand camarade Staline, est passée à l’offensive et devant les exploits de cette héroïque armée qui, le 23 février prochain, célébrera son 25e anniversaire, des millions d’hommes de tous les pays crient avec enthousiasme et confiance : Vive la glorieuse et héroïque Armée rouge ! Vive le grand Staline !

(1) Il faudra attendre, en fait, le 27 janvier 1944.


Jean-Paul Scot, historien

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BRUNO FORNACIARI

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