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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 17:56

 

D’abord, ça commence mal avec les hôtesses de Cubana de Aviacion à qui on a l’impression d’avoir infligé une peine de travail obligatoire et dont l’attitude constitue aux yeux des passagers une triste première image de la Grande Ile. Rien à voir avec les jeunes ingénieurs, techniciens, professeurs, musiciens, simples employés, serveurs rencontrés au fil du voyage et n’ayant pas, eux, la possibilité financière de voyager à l’étranger. Ils affichent la jeunesse éduquée, souriante, confiante et enthousiaste d’un pays en plein mouvement. Ils sont les enfants de Fidel et de Raul Castro, des anciens guérilleros, des combattants aujourd’hui vieillissants qui progressivement vont disparaître.

 

Je rentre de Cuba trois ans après mon dernier séjour dans l’île. Je m’interrogeais sur l’application des réformes annoncées, il y a un an et demi. L’explosion des activités économiques en tous genres, de la restauration au réparateur de vélo, de l’industrie pharmaceutique à la serveuse de café sur le pas de sa porte, du vélo-taxi au tourisme de masse et surtout le spectaculaire succès des réformes agraires avec champs et pâturages accueillant des troupeaux de vaches et de chèvres ainsi que les  cultures maraichères et les jardins urbains confirment la nouvelle étape franchie par Cuba dans son développement malgré le blocus criminel imposé depuis plus de 50 ans par les Etats-Unis. Imaginez, une seul instant, que la France ait été bloquée pendant un demi siècle à ses frontières avec la Belgique, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne!

 

A Cuba on n’a pas  – pour l’instant – de pétrole mais le système D, on connaît. La propreté des villes (à part quelques quartiers à la Havane), des bas-côtés des routes surprend. « Ici, je vois parfois la pauvreté, pas la misère », glisse Irène, une amie française.

 

Pour apprécier les progrès enregistrés à Cuba, il faut sortir des sentiers touristiques : pour les Canadiens, le ghetto de Varadero limité au soleil, à la plage et au mojito; pour les Européens, le vieux quartier de la capitale et la ville coloniale de Trinidad transformés en réserve à peaux blanches où sont lâchés les chasseurs d’euros et autres marchands de souvenirs. Un mal que Fidel Castro en personne regrettait lors d’une interview conduite par Roland Leroy, alors directeur de « l’Humanité », conscient « du danger de la dollarisation des esprits. Mais comment survivre sans utiliser au maximum notre potentiel ? » Cuba ce n’est pas seulement Varadero et Trinidad. Cuba, c’est autre chose.

C’est Isabel, 30 ans, agronome, qui explique qu’après la chute de l’URSS, premier acheteur de sucre, la moitié des terres consacrées à la canne a été distribuée aux paysans -  leur pouvoir d’achat a triplé - pour favoriser l’élevage et les cultures. C’est Helena, ingénieur agronome, qui nous vante les différentes plantes utilisées pour combattre le cancer, les maladies du foie, cardio-vasculaires et…pour stimuler la sexualité. C’est Jorge chargé de la visite de l’Eglise de Remedios et sa vierge enceinte qui s’étonne d’une question sur les libertés religieuses. « Ici, toutes les église sont ouvertes », dit-il, avant de rejoindre l’un des deux bistrots de la place «  La Foi » et « le Louvre ».  C’est Maria, la directrice d’une crèche et d’une maternelle accueillant des enfants de 1 à 5 ans, chaque classe étant encadrée par une enseignante et trois assistantes. Ce sont les petits villages traversés tous dotés d’une école et d’un dispensaire.

Cuba, c’est aussi Manuel et Yara. Il est médecin, bac plus 10, spécialiste des maladies infectieuses, elle est biologiste. Pour arriver jusqu’à chez eux «  t’arrives au bout de la route. Le Parti est à droite, tu prends à gauche », s’amuse un passant. Manuel et Yara, enfants de paysans, doivent «  tout à la révolution ». Mais, ajoutent-ils, « nos salaires sont trop bas et le simple guide de tourisme gagne dix fois plus que nous. » Manuel et Yara se transforment en restaurateur le temps d’une soirée pour gagner les euros nécessaires à l’achat d’un ordinateur. Cuba, c’est aussi Sarah fière de ses fils ingénieurs « gagnant beaucoup d’argent en Floride » et qui considère «  normal » que ses enfants aient été formés par l’école cubaine pour se mettre après au service du capitalisme yankee. La fuite des cerveaux ne préoccupe pas Sarah. En revanche, l’argent envoyé par ses fils est le bienvenu.

 

Cuba va mieux. Les années terribles de l’après camps socialiste sont à ranger au rayon du passé. Les réformes économiques ont donné un nouveau souffle au pays. L’environnement progressiste latino-américain avec notamment le Venezuela, la Bolivie, le Brésil, l’Equateur est plus favorable à la révolution cubaine. Les Etats-Unis ont tenté et tentent toujours d’étrangler Cuba qui a investi dans les intelligences et les nouvelles technologies et échange désormais son savoir faire contre du pétrole et autres produits. Des milliers de médecins cubains sillonnent l’Amérique du sud. Ils sont devenus les champions dans des secteurs comme l’ophtalmologie, le cancer, les maladies de peau… mais devraient consacrer une part de leurs efforts à la lutte contre l’obésité, les Cubains passant trop de temps à manger le plus souvent sucré.

 

Cuba va mieux. A Washington, cette évolution ne plaît guère et aucune mesure n’est envisagée pour mettre fin au blocus et au scandaleux maintien en prison des 5 patriotes cubains envoyés à Miami pour combattre le terrorisme  après accord des services spéciaux US et alors qu’une vague d’attentats frappaient la Havane.

 

Cuba va bien. A ceux qui pensent que le prétendu standard « démocratique » européen doit s’appliquer  partout dans le monde, les responsables cubains répliquent : « Croyez-vous qu’un pays sous blocus, agressé depuis tant d’année soit le meilleur terreau pour l’épanouissement de toutes les libertés ? » La Grande Ile fait parler d’elle depuis 50 ans alors que les autres pays proches restent dans l’anonymat. N’y a-t-il pas là une source de réflexion ? Ne faut-il pas se demander pourquoi les médias consacrent des kilos d’informations aux opposants dont il est prouvé que la plupart sont payés par les services nord-américains et tout récemment ont observé le silence sur les effroyables dégâts provoqués par l’ouragan Sandy dans la partie orientale du pays ? Peut-être parce que Cuba a su limiter les pertes humaines alors qu’à New York les victimes se comptent par dizaines.

 

Radio Reloj, la radio qui donne l’heure chaque minute et 24 heures sur 24, n’est pas près d’arrêter d’émettre tellement les Cubains la considère comme patrimoine national. Comme la révolution qui malgré les années, les échecs et les progrès reste vivante dans le cœur de la majorité des Cubains.

José Fort

L’Humanité Dimanche  (3 au 9 janvier 2013)

 

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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 10:01

 

Social-Eco - le 4 Janvier 2013

Dans l'Humanité ce vendredi : Le grand bluff de la "confiscation"

Alors que la droite fait pression pour obtenir l'abandon définitif du projet de taxation des revenus des super-riches, des voix à gauche s'inquiètent de l'attitude du gouvernement. Comme Jean-Marc Durand, économiste et membre de la commission économique du PCF, qui prône "une réforme de toute la fiscalité".


Comment réagissez-vous à la controverse sur la taxation à 75 % des plus hauts revenus ?


Jean-Marc Durand. Le retoquage des « 75 % » est un très mauvais signe donné. On pouvait toutefois s’y attendre puisque, dès le départ, il y avait quelque chose qui n’était pas très juste en termes juridiques dans l’énoncé du projet : en France, on travaille sur la notion de foyer fiscal et non d’individu. Aujourd’hui, des voix s’élèvent, à droite, mais aussi parfois à gauche, pour dénoncer le caractère confiscatoire de cette mesure. En réalité, au haut niveau de revenu auquel cette taxation s’adresse – au-delà du million d’euros –, et sachant qu’il s’agit d’un impôt progressif, c’est loin d’être confiscatoire, c’est marginal. Et à peine plus de 1 500 contribuables sont concernés.

 

Comment, selon vous, établir une fiscalité efficace 
touchant les plus riches ?


Jean-Marc Durand. Il faut une réforme complète du barème de l’impôt sur le revenu, en rétablissant une réelle progressivité, en allant au minimum vers 9 tranches, au lieu des 5 tranches actuelles. Et porter le taux sommital de cet impôt à 65-70 %. Et il faut concevoir une accélération de la progressivité à partir d’un revenu se situant entre 30 000 et 35 000 euros par an, par foyer fiscal. D’autre part, l’ensemble des revenus des contribuables, du travail comme du capital, doivent y être soumis. Il s’agit, dans cette optique, de revoir toutes les niches fiscales participant à baisser l’impôt des plus riches – cette « optimisation fiscale » qui coûte plus de 50 milliards d’euros à l’État. Ensuite, il faut élever les taux de l’impôt de solidarité sur la fortune au-delà du premier effort qui vient d’être fait et en prenant en compte les biens professionnels.

 

La réforme fiscale ne doit-elle s’appliquer 
qu’aux revenus des personnes ?


Jean-Marc Durand. Non. L’affaire Depardieu braque les feux sur la fiscalité sur les hauts revenus, qui, en effet, doivent contribuer davantage, mais cela risque de détourner l’attention de la question centrale du financement public par les entreprises. Aujourd’hui, la fiscalité dans son ensemble, TVA et impôts locaux inclus, pèse lourdement sur les ménages moyens. Or, il nous faut donner de l’air aux budgets publics et sociaux. Pour cela, il s’agit d’élargir la base de la fiscalité, donc de relancer l’activité économique. Ce qui pose la question à la fois d’une autre politique du crédit et d’une réforme de la fiscalité des entreprises pour y introduire de la progressivité et une modulation en fonction de l’utilisation des bénéfices pour le développement de l’emploi, la formation, la recherche.

  • Egalement dans l'Humanité
    Les projets de Jean-Marc Ayrault pour 2013
    Les syndicats en appellent à l'Etat pour sauver Alcatel
    Immigration : "nous sommes en train de mourir pour un bout de papier"
    Inde : le procès des violeurs présumés sous haute surveillance populaire
    Le dernier volet de notre enquête consacrée aux laboratoires d'idées : les nouveaux lieux de la "pensée critique"

Entretien réalisé par Yves Housson

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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 09:37

 

Politique - le 3 Janvier 2013

Marie-George Buffet: "C'est le moment de travailler à une fiscalité qui soit vraiment progressive"

La députée communiste Marie-George Buffet a invité à rebondir, suite à la censure par le Conseil constitutionnel de la taxe à 75%, et d'en profiter pour "travailler à la grande réforme de la fiscalité dont nous avons besoin".


"Transformons cette décision, que l'on peut regretter, en une chance pour la gauche. Puisque les 75% sont retoqués, c'est le moment de travailler à la grande réforme de la fiscalité dont nous avons besoin", a déclaré Marie-George Buffet sur RFI. L’ancienne secrétaire nationale du PCF a toutefois contesté la composition du Conseil constitutionnel, trop politique : "cet organisme n’est pas représentatif de notre nation. Ceci dit, transformons cette décision en une chance pour la gauche". "C'est le moment de travailler à une fiscalité qui soit vraiment progressive, qui ne touche pas simplement les revenus du foyer mais qui touche aussi le capital". "Allons-y ! Travaillons ! Mettons-nous sur le chantier ! L'Assemblée nationale va bientôt reprendre, on peut y travailler tout de suite", a-t-elle conclu.

 

 

 

Le Conseil constitutionnel avait censuré samedi l'impôt à 75% sur la tranche de revenus supérieurs à un million d'euros, contenu dans le projet de loi de finances 2013, estimant qu'il souffrait d'une "méconnaissance de l'égalité devant les charges publiques". Lire à ce sujet : La « charge excessive », alibi de la censure

 

Marie-George Buffet a conclu l’entretien en assurant que l’année 2013 serait une année d’opposition constructive pour le parti communiste mais aussi pour le Front de gauche, avec le lancement d’une grande campagne contre l’austérité.

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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 09:30

 

capture d'écran du film de voeux

  - le 3 Janvier 2013

Estampuis souhaite bonne année à Depardieu et son passeport russe (vidéo)


Alors que Vladimir Poutine a accordé ce jeudi la nationalité russe à Gérard Depardieu, Estampuis s'est déguisé en Gaulois d'Astérix pour accueillir l'interprête d'Obélix, pas encore installé dans cette commune belge peuplée d'exilés fiscaux français.


Le bourgmestre (maire) d'Estampuis ainsi que plusieurs personnels de la commune se sont grimés en Gaulois version Gosciny et Uderzo, dans une vidéo postée sur Facebook, pour présenter les voeux 2013 aux administrés de la commune. Daniel Senesael, qui avait présenté ses voeux 2012 en slip et en chanson ("Tout nu tout bronzé" de Carlos), a souhaité mercredi "une année pleine de folix!" aux habitants d'Estaimpuis, dans ceclip de trois minutes présenté aussi à la cérémonie des voeux.

 

Notoriété


Portant casque et moustache, "Senesaelix" s'est félicité de la nouvelle notoriété de sa commune. Grâce à l'arrivée de Gérard Depardieu dans le hameau de Néchin, "des millions de Français peuvent placer Estampuis sur une carte", s'est félicité Daniel Senesael lors de la cérémonie des voeux. "Si un touriste demande où se trouve la cathédrale de Tournai (le site le plus visité de la région, NDLR), on dira désormais que c'est juste à côté d'Estaimpuis", a ajouté le bourgmestre socialiste, cité par l'agence Belga.

 

Et peu importe si certains Français s'installent à Estampuis pour échapper à l'impôt. "On n'a pas attendu Obélix pour savoir comment ça se passe avec les Français, riches ou pas, qui s'installent ici. Et ça se passe très bien", a déclaré le bourgmestre.

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3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 18:53

 

 

 

QUOI DE PIRE ?

 

Quoi de pire que de ne pouvoir  dire

Quoi de pire que d'en être empêché

Dans le pays des droits d' l'homme

Ne pouvoir s'exprimer dans son propre parti

Celui que l'on a choisit et qui a écrit

La liberté faut voir comme.

Quoi de pire que de ne ne pouvoir partager

Avec ceux avec qui  on vit et  respirent

Le meilleur de soi-même avant qu'on expire

La créativité qu'on est prêt à donner

Par  tous ces actes utiles que l'on dit militants

Ils sont encore Deux à former cette Sèvres

Soixante-dix-neuf avez-vous dit

Le chuchotant du bout des lèvres

Ils étaient sur la brèche autant comme autant

Quatre-vingt-treize, il a dit. (1793)

Si nous sommes  dans la nasse

L'aurais-tu cru ?

  L'autre y voit parti de masse.

En cheminant sur cet isthme

Et si nous l' avions vu 

Toujours,  toujours communiste

Peut-être même en dehors ,

Que sommes-nous devenus

Mais il n'est pas  trop tard 

Même si nous avons chu

Si l'on s'y prend à  temps.

Restons pas sur le bord

Nous sommes sur un boulevard,

Mais il est grand temps

Pour  changer vraiment

De changer maintenant.

 

Bruno Fornaciari le 6 janvier 2013

Cher-e-s camarades,

>
Début octobre 2011, nous attirions l'attention des communistes thouarsais et ceux du département des Deux-Sèvres, sur les orientations politiques erronées et contestables , ainsi que des pratiques anti-démocratiques de la direction de la fédération du PCF des Deux-Sèvres.

>
Au fil des jours, et singulièrement depuis le début de l'année, quelques possesseurs de la carte du PCF, qui s'auto-proclament direction, tentent de confisquer les décisions politiques et la désignation des responsables locaux et des candidats communistes aux élections législatives.

>
Nous y voyions le danger de marginalisation du PCF se profiler avec la bénédiction de la direction fédérale actuelle dont c'est d'ailleurs la seule ligne constante, depuis plusieurs années.

>
Nous avions alerté à plusieurs reprises la direction du Parti Communiste et son premier responsable Pierre LAURENT de pratiques autoritaires et anti-démocratiques qui, selon nous, sont contraires à l'authenticité communistes et préjudiciable à son organisation dans le Nord Deux-Sèvres. Ces faits relatés dans plusieurs courriers justifiaient selon nous, la saisie de la commission nationale des conflits.

>
A notre grand regret, nous constatons hélas à ce jour le 19 février 2012, que ni Pierre Laurent, ni la direction du Parti, ni la commission nationale des conflits sollicités n'ont pris la peine de nous répondre et de porter attention à nos demandes.

>
Au déni démocratique de notre fédération du PCF dans le 79 s'ajoute maintenant celui sa direction nationale d'où notre étonnement et notre colère.

 

En effet, comme nous l'avions craint et dénoncé, ce ne seront pas finalement les communistes de la 3e circonscription qui désigneront les candidats aux législatives, mais les participants des assemblées citoyennes du Nord Deux-Sèvres réunies pour l'occasion, avec l'objectif de "porter les valeurs, les propositions du Front de Gauche et la nouvelle façon de faire de la politique que nous sommes en train d'inventer" au nom "d'une véritable alternative sociale, écologique (FASE) et démocratique". Et "Parce que nous sommes cohérents avec nos idées, nous voulons que la désignation des candidatures à l'élection législative dans notre circonscription soit l'aboutissement d'une réflexion commune et d'une décision partagée, sans omettre d’évoquer les accords et les discussions au plan national entre les partis et les formations qui composent le Front de Gauche". 

>
Voilà à quoi aboutit l'orientation politique et militante de notre "direction fédérale" et des organisations locales FASE et PG.
A ce sujet, il est bon de préciser que le PG dans le Nord Deux-Sèvres n'est composé que de 3 personnes et que la présence de la FASE  ne tient qu'à quelques personnes organisée à Thouars ,  à l'exception du reste du département où elle n'existe pas.

>
Les communistes du thouarsais qui, depuis plusieurs années inaugurent des pratiques politiques nouvelles, se mobilisent et agissent  se voient contester les décisions qui les concernent, notamment la désignation de ses candidats pour les législatives. Ils ont fait connaître leur choix de Bruno FORNACIARI comme titulaire et de Ernest LEVINDRE comme suppléant. Les communistes présents à l'assemblée n'ont pas pu donner leur avis par  vote en raison du refus autoritaire d'une "direction fédérale" discréditée.

>
Nous maintenons donc ces candidatures et seront amenés, dans les tous prochains jours, à en faire part publiquement, le cas échéant.

>
Il serait dommageable qu'il y ait plusieurs candidats différents émanant de plusieurs formations "rassemblées" dans le Front de Gauche, chacun le comprend.

>
Aussi, nous appelons une dernière fois la direction du PCF et la commission nationale des conflits à se saisir rapidement de cette situation thouarsaise.

>
Ernest LEVINDRE, Joël GRELLIER, Bruno FORNACIARI

>
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3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 18:17

 

 

Le gouvernement se rendant à pied à l'Elysée ce jeudi

  le 3 Janvier 2013

 

Hollande et Ayrault déclinent leur nouveau modèle français

 

Un gouvernement en rang serré derrière Jean-Marc Ayrault pour combattre le chômage et formaliser sa feuille de route pour 2013, tels furent les ingrédients du premier Conseil des ministres de l'année.

Retour sur ce grand branle-bas de combat de l'exécutif en trois temps: conseil déchange de voeux à l'Elysée, conférence de presse de Jean-Marc Ayrault et tribune du premier ministre dans le Monde Pour un nouveau modèle français.

1. Mobilisation et fin des couacs

Pour le président de la République, dont l'équipe de communication élyséenne a été renforcée par l'arrivée du journaliste Claude Sérillon, "2013, c'est l'année où nous devons réussir le redressement pour permettre aux Français d'en récolter les fruits". Pour cela, il a demandé à son gouvernement d'"agir en équipe". "Un gouvernement, ce n'est pas une addition d'individualités, c'est un ensemble qui a son identité, son image, sa personnalité. Et aussi son chef", a-t-il affirmé.

"Il y a évidemment place pour des débats en interne, entre nous, mais une fois que les discussions ont été arbitrées par le Premier ministre, chacun doit s'y plier", a souligné François Hollande, selon la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem..

Jean-Marc Ayrault a enfoncé le clou en tenant une conférence de presse une fois n'est pas coutume sur le perron de l'Elysée, demandant à ses troupes "constance, courage, lucidité, pédagogie mais aussi cohérence et esprit collectif".

 

2. Objectif emploi

L'objectif a été rappelé par François Hollande lors de ses voeux télévisés de la Saint Sylvestre. Il a été réitéré lors de ce Conseil d'échanges de voeux par le président comme son premier ministre à travers ce slogan: "inverser la courbe du chômage d'ici la fin de l'année". "Tous les efforts seront entrepris", "tous les ministres seront concentrés", a insisté Jean-Marc Ayrault à la sortie du Conseil, où il venait d'émettre un message de "mobilisation totale" de son équipe pour réussir la "très grande bataille" pour l'emploi.

Dans cette lutte pour l'emploi, "la compétitivité et la solidarité ne sont nullement antinomiques", affirme le chef du gouvernement dans sa tribune au Monde. Ce qui passe, selon lui, par:

  • "l'obligation de revoir les règles qui gouvernent le monde du travail", à travers les négociations patronats-syndicats sur la réforme du marché du travail qui patinent actuellement. "Les compromis novateurs attendus par le gouvernement" doivent, selon Jean-Marc Ayrault, permettre de "lutter contre la précarité au travail, c'est refaire du CDI la forme normale d'embauche, encadrer le recours au temps partiel, mais aussi anticiper collectivement les mutations économiques et aider les entreprises à surmonter les difficultés conjoncturelles sans licencier". Si les négociations capotent le 10 janvier prochain, le gouvernement légiférera.
  • "une politique industrielle ambitieuse", soit l'addition du pacte de compétitivité pour "redonner des marges à nos entreprises" + "améliorer les infrastructures publiques" + "une formation professionnelle et un travail de qualité" + "une recherche publique et privée performante" + "une politique commerciale réactive". Le tout pour parvenir à la montée en gamme du made in France.
  • des politiques de solidarité en direction des "chômeurs de longue durée, travailleurs pauvres ou jeunes sans formation ni emploi", "pour améliorer l'accompagnement des personnes confrontées à la pauvreté ou à la précarité", pour "mieux prendre en charge la dépendance, tout comme assurer l'équilibre à long terme de notre système de retraites".

 

3. Nouveau projet de société

Plus globalement, Jean-Marc Ayrault a exposé une nouvelle fois son concept de "nouveau modèle français". "Il s'agit de trouver de nouveaux équilibres, d'inventer de nouvelles modalités d'action pour rester fidèle à la promesse républicaine et pour promouvoir un développement solidaire et durable, dans un monde qui change rapidement". Dit autrement, "la France n'a pas besoin de renier son âme pour sortir de la crise", selon lui.

Ces engagements de principes alliant écologie et laïcité reprennent la plupart des promesses du candidat François Hollande à la présidentielle, sans les formaliser  dans le temps par des annonces de projets de loi ou de mesures.

 

4. Programme de travail

Le programme de travail du premier semestre comprend, comme annoncé:

  • un "réaménagement" de la contribution exceptionnelle sur les plus hauts revenus, censurée par le Conseil constitutionnel samedi dernier,
  • une réforme bancaire "débattue au Parlement dès le mois de janvier",
  • un projet de loi de refondation de l'école présenté au Conseil des ministres le 23 janvier,
  • ou encore un décret modifiant les règles de revalorisation du Smic "présenté avant la fin du mois de janvier".

Enfin, Jean-Marc Ayrault a annoncé qu'il allait proposer un "nouveau calendrier de réalisation du réseau des transports du Grand Paris", après que de nombreux élus d'Ile-de-France se sont inquiétés, en décembre, du financement et des délais de réalisation de ce méga-projet de métro automatique.

"Relancer de vraies politiques industrielles européennes". C'est ce qu'entend faire Jean-Marc Ayrault, notamment sur l'acier, dans une interview au Journal des entreprises à paraître vendredi. Il confie par ailleurs: "Je ne serai jamais celui qui diabolisera les chefs d'entreprise. Nous n'avons jamais ignoré ou délaissé les entrepreneurs".

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3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 08:20

 

POLITIQUE

 

POLITIQUE -  le 17 Avril 2012

 

Sarkozy et la Libye : il ose tout

 

 

Parmi la quantité des déclarations fausses déballées ce mardi matin sur France Inter par Nicolas Sarkozy, la plus grosse est certainement celle où le candidat assurait n'avoir jamais frayé avec l'ex-dictateur libyen Mouamar Kadhafi.  Non seulement il a effectivement voulu vendre un réacteur nucléaire à la Libye, mais il a surtout vendu des armes et a servi de commercial de luxe à Amesys pour la vente du système de contrôle des télécommunications du pays.

"S'il y a bien un chef d'Etat qui, dans le monde, n'a pas frayé avec M. Kadhafiet est responsable de son départ et de ce qu'il lui est arrivé, je pense peut-être que c'est moi", a ainsi affirmé le président candidat. Ce dernier oublie qu'il pavanait dans les médias en 2007 après avoir négocié une "dizaine de milliards" d'euros de contrats avec la Libye. Au programme il citait : "des contrats de collaboration pour une usine de dessalement d'eau de mer avec un réacteur nucléaire, pour une coopération en matière d'armement, différents contrats économiques"… Concédons à Nicolas Sarkozy que malgré toutes ces promesses, y compris de vente de Rafales, seuls des missiles Milan ont effectivement été livrés (et payés). La dernière livraison datant de 2009.

Vente d'arme technologique de pointe

On rappelle aussi que l’entreprise française Amesys a vendu « Eagle » à Kahdafi, une arme technologique de pointe permettant de surveiller l’ensemble du réseau de télécommunication à l’échelle du pays, par l’entremise de Ziad Takieddine et avec les conseils de Nicolas Sarkozy (lire : Comment Kadhafi contrôlait les communications de sa population).

Alliot-Marie VRP de luxe

Autre exemple, Reflets rapporte cette semaine comment Saadi Kadhafi, troisième fils du défunt dictateur et recherché par Interpol, venait en juin 2006, faire ses emplettes d’armes et autres technologies militaires avec comme vendeuse de luxe Michèle Alliot-Marie, ministre de la défense, d’une obséquiosité surréaliste.  « J’ai beaucoup aimé le souk de Tripoli. J’ai fait plein d’achat, surtout des bijoux, mais également chez les marchands d’armes » explique-t-elle pendant l’échange de cadeaux, avant qu’il poursuive sa série d’emplettes chez Thalès. Une vidéo montrant tout cela est disponibleà la fin de cet article ou en téléchargement sur le site de Reflets.
Ci-dessous, une capture vidéo de Saadi chez Panhard en train de tester divers véhicules militaires. Le PDG du groupe blague : maintenant que vous avez testés tous les blindés, "je vous fais essayer ma Jaguar ?";

Enfin pointons à nouveaux l'enquête de Mediapart qui révèle que Kadkafi aurait financé la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. Mais à part cela, le président n’a jamais frayé avec le dictateur.

 

 

Saadi a Paris from fhimt.com on Vimeo.

A lire:

Financement de la campagne 2007 de Sarkozy: un troublant refus d'explication

Tous nos articles consacrés Mouamar Kadhafi et à la Libye

Pierric Marissal

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Published by bruno fornaciari - dans LE SAVIEZ-VOUS
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3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 08:16

Quand Michèle Alliot-Marie, Panhard et Thalès faisaient les yeux doux à la famille Kadhafi

C’est établi depuis longtemps, le gouvernement Français a fait les yeux doux au colonel Kadhafi et à tenté de lui vendre à peu près n’importe quoi, pourvu que cela coûte cher et que ce soit un outil de mort. Tout cela, bien entendu, avant de se rendre compte qu’il fallait au contraire lui envoyer un tapis de bombes sur la tête.

Tout le monde sait que Nicolas Sarkozy voulait vendre à Mouammar Kadhafi une centrale nucléaire, des avions Rafale, on en passe. Le seul deal d’armes qui avait débouché portait sur des missiles Milan.

En parallèle, se mettait en place la fameuse opérationAmesys que les lecteurs de Reflets connaissent bien… C’est la belle époque où Ziad Takieddine, Claude Guéant, Brice Hortefeux et Nicolas Sarkozy construisaient l’avenir en Libye. Un avenir qui allait permettre à Kadhafi et ses nervis de pister, surveiller et arrêter des opposants, puis de les torturer si affinités.

Reflets vous a beaucoup parlé de cette vente d’armes électroniques en Libye.

Saadi Kadhafi est l’un des fils Kadhafi qui a occupé des fonctions militaires en Libye. En juin 2006, il venait très officiellement en France. Nous allons aujourd’hui vous proposer une vidéo exceptionnelle, encore inédite, de la visite officielle de Saadi Kadhafi en France, à une époque où Muammar était entre Gentil Gentil et Méchant Gentil.

Savoir que des deals entre des marchands d’armes français et des dictateurs de la pire espèce sont facilités par le gouvernement français, c’est déjà bien. Voir comment cela se passe, c’est encore mieux. C’est ce que vous propose aujourd’hui Reflets qui a mis la main sur une vidéo montrant l’un des fils Kadhafi faisant ses emplettes à Paris du 6 au 10 juin 2006. Vous y verrez des industriels et une ministre faire des ronds de jambe au delà des limites du ridicule à un type dont tout le monde sait qu’il est infréquentable, mais qui est assis sur un tas d’or. Desproges posait la question: peut on rire de tout et avec tout le monde ? Reflets pose la question : peut-on vendre de tout à tout le monde ?

Les images sont telles qu’elles nous sont parvenues. Pas de montage, pas de coupes. Deux modifications ont été apportées. Les vidéos étaient initialement en plusieurs morceaux. Nous les avons recollées dans l’ordre, pour n’en faire qu’une. Trois secondes environ ont été coupées à la fin pour protéger l’une des sources de Reflets.

Dans l’ordre, vous allez voir Saadi Kadhafi chez Panhard, fabriquant de véhicules militaires, Saadi Kadhafi chez Michèle Alliot-Marie, ministre de la défense et Saadi Kadhafi chez Thales, fabriquant de technologies militaires.

En mai 2006, les Etats-Unis ont donné le signal du retourde la Libye dans la communauté des Etats fréquentables. Ceci dit, il y a une différence entre établir un dialogue diplomatique « constructif » et tenter à tout prix de fourguer une palanquée de jouets de guerre à des gens qui étaient encore quelques mois plus tôt des parias en raison de leur passé de dictateurs et de soutiens du terrorisme.

On peut, au pire, être « obligé » de recevoir un visiteur comme Saadi Kadhafi mais l’on est pas obligé d’en faire un copain. Ainsi, vous allez le découvrir dans la vidéo, Christian Mons, le patron de Panhard, n’hésite pas à placer une bonne blague à 2 cents d’euros qui n’était probablement pas nécessaire. Alors qu’il a fait essayer toutes sortes de véhicules blindés et mortels à Saadi, il lui propose d’essayer sa propre Jaguar…

De même, Michèle Alliot-Marie, qui reçoit Saadi Kadhafi au ministère de la Défense ne coupe pas au traditionnel échange de cadeaux. Fallait-il pour autant en faire des tonnes sur les superbes souks de Tripoli où elle a, dit-elle, acheté plein de bijoux… et des armes…

 

 

Rappelons qu’en France, visiter un site web terroriste peut vous couter 30 000 euros d’amende, mais qu’accueillir un état terroriste avec les honneurs de la République pour lui vendre des armes qu’il retournera contre sa population, ça, on peut.

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Published by bruno fornaciari - dans LE SAVIEZ-VOUS
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3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 08:08

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3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 07:13

Les acteurs français sont trop payés!

LE MONDE | 28.12.2012 à 15h45 • Mis à jour le 28.12.2012 à 20h37Par Vincent Maraval, distributeur et producteur, fondateur de la société de distribution de films Wild Bunch
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Gérard Depardieu, le 1er octobre 2012 à Berlin.

 

L'année du cinéma français est un désastre. Pendant que Gérard Depardieu fait l'actualité et que les ministres rivalisent d'esprit pour en faire le scandale du moment et dénoncer son exil fiscal à 2 kilomètres de la frontière d'un pays dont il ne se sent "plus faire partie", personne ne parle du cinéma français. Or tous les films français de 2012 dits importants se sont "plantés", perdant des millions d'euros : Les Seigneurs, Astérix, Pamela Rose, Le Marsupilami, Stars 80, Bowling, Populaire, La vérité si je mens 3, etc.

Pas un film, sauf peut-être Le Prénom, pour gommer ce que toute la profession sait pertinemment, mais tente de garder secret : le cinéma français repose sur une économie de plus en plus subventionnée. Même ses plus gros succès commerciaux perdent de l'argent.

EXCEPTION CULTURELLE

Constat unanime : les films sont trop chers. Après les films des studios américains, la France détient le record du monde du coût moyen de production : 5,4 millions d'euros, alors que le coût moyen d'un film indépendant américain tourne autour de 3 millions d'euros. Ce coût moyen ne baisse jamais, alors qu'il y a toujours plus de films produits, que le marché de la salle stagne, que la vidéo s'écroule et que les audiences du cinéma à la télévision sont en perpétuel déclin face à la télé-réalité et aux séries.

Mais alors, pourquoi s'émouvoir ainsi sur le cas Depardieu ? Pourquoi ce déchaînement médiatique et politique ? Sans doute parce qu'il y a là un vrai scandale d'ordre plus général. On le sait, l'époque aime les cas particuliers. Mais le scandale qui nous intéresse les dépasse largement. Il est d'ordre systémique. On peut s'étonner de voir nos ministres s'en laver les mains.

Pourquoi si peu de voix s'en saisissent-elles dans le milieu du cinéma ? Parce qu'il n'y a rien de nouveau sous le soleil ? Que Delon, Hallyday et autres agissent de même depuis longtemps ? Dany Boon, par exemple, ce chantre de la France profonde qui vit à Los Angeles, obtient des sommes qui laissent un Gérard Depardieu sur le carreau, ratatiné. 3, 5 millions d'euros pour Le Plan parfait, dont les entrées ne seront pas suffisantes pour payer son salaire ! Un million pour quelques minutes dans Astérix, film qui fait exploser le ratio entrées/cachet/minute à l'écran...

MIRACLE DU SYSTÈME DE FINANCEMENT

Malgré ses récents échecs, grâce au miracle du système de financement du cinéma français, Dany Boon s'apprête aujourd'hui à attaquer son nouveau film,Hypercondriaque, pour lequel on parle d'une somme proche de 10 millions d'euros. Ce texte ne se transformera pas en lettre de dénonciation, je ne nommerai que ceux qui ont fait leur coming out fiscal. Mais ils sont nombreux, qui se disent à gauche, dénoncent les injustices, mais au fond n'en voient qu'une seule : leur niveau d'imposition.

Mais pourquoi, au fond, les acteurs seraient-ils pires que les sportifs ? Parce que leur carrière est potentiellement plus longue ? Non, le seul scandale, le voilà : les acteurs français sont riches de l'argent public et du système qui protège l'exception culturelle. A part une vingtaine d'acteurs aux Etats-Unis et un ou deux en Chine, le salaire de nos stars, et encore plus le salaire de nos moins stars, constitue la vraie exception culturelle aujourd'hui.

Pourquoi est-ce qu'un acteur français de renom, qu'il se nomme Vincent Cassel,Jean RenoMarion CotillardGad Elmaleh, Guillaume Canet, Audrey Tautou, Léa Seydoux, touche pour un film français - au marché limité à nos frontières - des cachets allant de 500 000 à 2 millions d'euros, alors que, dès qu'il tourne dans un film américain, dont le marché est mondial, il se contente de 50 000 à 200 000 euros ? Pourquoi, par exemple, Vincent Cassel tourne-t-il dans Black Swan (226 millions d'euros de recettes monde) pour 226 000 euros et dans Mesrine (22,6 millions d'euros de recettes monde) pour 1,5 million d'euros ? Dix fois moins de recettes, cinq fois plus de salaire, telle est l'économie du cinéma français.

Savez-vous que Benicio Del Toro, pour le Che, a touché moins que François-Xavier Demaison dans n'importe lequel des films dans lesquels il a joué ? Que Marilou Berry, dans Croisière, touche trois fois plus que Joaquin Phoenixdans le prochain James Gray ? Que Philippe Lioret touche deux fois plus queSteven Soderbergh et sept fois plus que James Gray ou Darren Aronofsky ? Pourquoi s'en priveraient-ils ?

Et pourquoi Depardieu est-il le salaud ? Lui qui fait Mammuth gratuitement pourpermettre au film d'exister et propose de faire la même chose pour DSK de Ferrara. Pourquoi Vincent Cassel, qui met son argent et son énergie au service de jeunes talents comme Kim Chapiron ou Romain Gavras, serait-il plus coupable que le système ?

DES ÉCHECS ÉCONOMIQUES

L'explication, jamais le Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC) ni la ministre ne l'ont fournie : la subvention directe dont jouit le cinéma français (chaînes publiques, avances sur recettes, aides régionales), mais surtout la subvention indirecte (l'obligation d'investissement des chaînes privées). Voilà pourquoi tous les échecs de 2012 mentionnés ci-dessus n'ont guère ému la profession, et que ceux-ci n'ont pas suscité d'articles de fond. Et pourtant, rendez-vous compte ! Sur le top 10 des films d'une économie qui en concerne 220, un seul est rentable !

Il est vrai, les scores de ces films ne sont pas honteux : 6 millions d'entrées pour le Marsupilami, 4 millions pour Astérix ou La Vérité si je mens, 3 millions pour Les Seigneurs, 2 millions pour Stars 80, 1 million pour Populaire... Ils sont même bons dans l'absolu, et il est probable que le niveau d'entrées 2012 ne va guère baisserpar rapport à 2011, la fameuse année d'Intouchables. Mais ce sont tous des échecs économiques parce qu'ils coûtent beaucoup trop cher.

Astérix, à 60 millions d'euros, a le même budget qu'un film de Tim Burton. Voilà qui laisse rêveur... Stars 80 plus cher que The Hangover ou Ted. Ça laisse pantois... Et tout autant Populaire, plus cher que Black Swan ou Le Discours d'un roi ! La responsabilité de cette situation n'est pas à chercher, hélas ! dans une supposée incompétence de nos producteurs, mais dans ce que les Américains appellent le"above the line " ("la surévaluation"), les cachets qui font de nos talents, inconnus au-delà de nos frontières, les mieux payés du monde.

Mais à quoi servent de tels cachets si les résultats ne se matérialisent pas en recettes économiques ? En réalité, ils permettent d'obtenir le financement des télévisions. Black Swan se finance sur le marché. Il n'y a dans son financement aucune obligation, aucune subvention, l'acteur est donc payé pour ce qu'il vaut, 226 000 euros. Mesrine, en revanche, a besoin de ce financement pour exister, ce qui explique que l'acteur se retrouve avec un pouvoir de vie ou de mort sur le projet, et ce en fonction de sa valeur télé. Il réclame donc sa part du gâteau. Lui sera payé entre 1 et 1,5 million d'euros. Qui peut l'en blâmer ? Cela devrait vouloirdire qu'il touche là le fruit de sa notoriété sur le marché télévisuel. Sauf que le cinéma enregistre des contre-performances à la télévision. Sans les obligations légales issues de notre système public de financement, il y a bien longtemps que "Les Experts" et la "Star Ac" auraient réduit à néant les cases "Cinéma" des chaînes de télévision.

JETÉ À LA VINDICTE PUBLIQUE

Est-ce à l'individu qu'il revient de "réguler" le système sous peine d'être jeté à la vindicte publique comme Gérard Depardieu ou est-ce au CNC et à son ministère de tutelle de le faire ? A l'heure où François Hollande veut que les patrons des grandes entreprises publiques limitent leurs salaires, laissera-t-on les "hauts salaires" du cinéma gagner plus qu'ils ne valent, et ce grâce à de l'argent public, à un système unique, exceptionnel de financement ? Est-il normal qu'un Daniel Auteuil, dont les quatre derniers films représentent des échecs financiers de taille, continue à toucher des cachets de 1,5 million d'euros sur des films coproduits par France Télévisions ?

Le fameux système d'aide du cinéma français ne profite qu'à une minorité de parvenus. Mais jamais cela ne provoquera un scandale aussi retentissant que l'exil fiscal de Gérard Depardieu. Les miettes que laisse ce système réduisent en effet au silence ceux dont le rôle serait de pousser l'analyse.

Une idée simple : limitons à 400 000 euros par acteur - et peut-être un peu plus pour un réalisateur -, assorti d'un intéressement obligatoire sur le succès du film, le montant des cachets qui qualifient un film dans les obligations légales d'investissement des chaînes de télévision. Qu'on laisse à Dany Boon un cachet de 10 millions d'euros, si telle est véritablement sa valeur marchande. Mais alors que ce soit en dehors de ces obligations. Et redonnons ainsi à notre système unique et envié sa vertu en éliminant ses vices.

Vincent Maraval, distributeur et producteur, fondateur de la société de distribution de films Wild Bunch

Le catalogue de Vincent Maraval

 

Wild Bunch, créée en 2002, détient un catalogue de plus de 1 700 films. Plusieurs films distribuésou vendus par Wild Bunch ont reçu des distinctions : "The Artist", de Michel Hazanavicius (Oscars, 2012),"La Part des anges", de Ken Loach, (Festival de Cannes, 2012),"Mr Nobody", de Jaco Van Dormael (Mostra de Venise, 2009), "La Saveurde la pastèque", de Tsai Ming-liang (Berlinale, 2005)

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