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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 20:22
Deux-Sèvres - Thouars - Entre vous et nous

Agent communal mis à pied :  "Une sanction excessive "

31/01/2013 05:36
Jeanine Zeekaff désapprouve la décision du maire de Louzy.Jeanine Zeekaff désapprouve la décision du maire de Louzy. - (Photo archives NR)

Jeanine Zeekaff, secrétaire du PC en Thouarsais, enjoint le maire de Louzy à faire preuve “ d’humanité ” à l’égard de l’agent, en grande difficulté financière.

Excessive et d'une extrême gravité. C'est ainsi que Jeanine Zeekaff, secrétaire de la section thouarsaise du Parti communiste, qualifie la prise de position du maire de Louzy à l'encontre d'un agent de sa commune. Sous le coup d'une mise à pied de deux ans pour comportements agressifs et hostiles – faits qu'il nie en bloc – l'adjoint technique de deuxième classe est aujourd'hui en grandes difficultés financières(>> lire également "Mis à pied deux ans, l'agent communal ne s'en sort plus")

« Votre décision, monsieur le maire, écrit l'ancienne conseillère régionale dans un courrier adressé à la NR, me paraît disproportionnée par rapport aux motifs invoqués.S'il y avait des rapports difficiles avec l'équipe, peut-être aurait-il mieux valu chercher pourquoi et calmer les choses. Pour les autres motifs [« méconnaissance des règles de sécurité » et utilisation du téléphone portable de service à des fins personnelles, NDLR], le conseil de discipline ne les a pas retenus, ce qui semble normal, car il n'est certainement pas le seul dans ce cas. »

 " Je vous demande de vous montrer plus juste "

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le 1er février 2013

MISE AU POINT DE ERNEST LEVINDRE DEFENSEUR (CGT) DES SALARIES AUX PRUD'HOMMES 

Suite à l'article de presse et  à sa demande, la CGT a rencontré la personne concernée, adjoint technique territorial de seconde classe, autrement dit l'un des 4 cantonniers de la commune. Et si nous apportons sans réserve à ce dernier notre soutien, ce n'est qu'après avoir examiné les pièces et décision rendues dans cette affaire.

 

 1°) Faits matériellement vérifiables et vérifiés.

         a) le salarié a été sanctionné par un avertissement le 25 mai 2010 où  deux  motifs sont invoqués.

         b) le salarié conteste cette sanction devant le Tribunal Administratif de Poitiers comme il lui est précisé dans la lettre de sanction qui doit taire état des moyens de recours.

          c) Le Tribunal rend sa décision à l'audience du 4 avril 2012, et en fait lecture le 19 avril 2012. L'avertissement est annulé et la Commune de LOUZY doit payer 1000€ au salarié.

           d) Le maire saisit alors le 16 avril 2012 la Commission Administrative Paritaire du centre de gestion des DEUX SEVRES pour avis en vue d'une sanction disciplinaire en l'occurrence la révocation.

            e) La Commission rend son avis le 4 juillet 2012, elle propose 15 jours d'exclusion temporaire dont 8 avec sursis.

             f) Le 24 novembre 2012, le maire notifie une exclusion de 2 ans.

             g) Le salarié a donc de nouveau saisi le Tribunal Administratif.............Pour annulation.......et réparation.

 

2°) plusieurs remarques s'imposent :

             a)°Le Maire avait sans doute sous-estimé la capacité du salarié à contester légalement la première sanction,

             b)° il a ignoré le risque que pendant les 2 ans d'attente devant le TRIBUNAL ADMINISTRATIF la situation relationnelle allait être difficile à vivre,

             c) Le Maire n'a rien fait de concret pour jouer la carte de l'apaisement,

             d) Après avoir eu connaissance du jugement du TA qui minimisait la proposition de sanction,  il a eu une maladroite réaction, en saisissant le conseil de discipline,

              e)  il refuse de suivre les préconisations du dit Conseil et assène une sanction très disproportionnée et injuste. Ça fait beaucoup de chose pour un seul qui homme qui n'a pas voulu composer avec l'ensemble du Conseil Municipal.......

 

3°) Nous réaffirmons notre soutien à ce salarié et organiserons la protestation devant la MAIRIE de LOUZY. La situation a assez duré, cela devient insupportable. Nous demandons aux élus se retrouver autour de la table pour négocier et clore cette affaire afin de préserver les intérêts du salarié dont la légèreté des reproches qui lui sont adressés ne méritent certainement un des sanctions suprêmes, En outre, vous estimons que l'argent du contribuable, doit être utilisé à bon escient.

 

4°) Enfin que ceux  qui colportent toutes formes de ragots, s'adressent soit à ce salarié , soit au Maire, en demandant bien entendu les preuves de ces rumeurs.

 

 Ernest Levindré CGT

Défenseur des salariés au conseil des Prud'hommes

INTERVENTION DE  ERNEST LEVINDRE

VOS CONTRIBUTIONS

Chère eau la facture

concernant une fuite d'eau, une toute nouvelle loi du 17/05/2...

pbjardin

Le commissariat de Thouars " valsera " cet été

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idrz

Un cycle de cours sur le concept de la laïcité

Bonjour,
Bonne idée que ces cours. 
Pour le Belg...

mithys

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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 20:13
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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 12:39

 

 

SOCIAL-ECO -  le 31 Janvier 2013

 

Pour la première fois depuis l’élection de François Hollande, les fonctionnaires sont appelés aujourd’hui à faire grève et à manifester, à l’appel de la CGT, la FSU et Solidaires. Ils dénoncent le maintien d’une politique de rigueur sur les effectifs et les salaires. Pour Jean-Paul Canon, secrétaire général de l'UGFF-CGT la page de la RGPP n'est pas tournée.

Ce jeudi dans l'Humanité : l'austérité exaspère les fonctionnaires

Le gouvernement dit avoir adopté une démarche « totalement nouvelle » en lançant la modernisation de l’action publique (MAP) qui consiste à revisiter de fond en comble l’ensemble des dépenses publiques. Où est la différence avec la révision générale des politiques publiques (RGPP) de Sarkozy ?

Jean-Marc Canon. Pour l’instant, on ne la voit pas bien. Au-delà des déclarations de la ministre Marylise Lebranchu, dans la réalité, les mesures prises par la droite ne sont pas remises en cause. Cela fait vingt-cinq ans qu’on audite la fonction publique, qu’on accumule les rapports, avec toujours le même objectif de « rationaliser » la dépense. La réflexion devrait porter sur les mesures à prendre pour rendre le service public plus efficace et prendre en compte les légitimes attentes du personnel.

Sur la question des effectifs, le coup d’arrêt à la RGPP promis par François Hollande a-t-il été porté ?

Jean-Marc Canon. Sous Sarkozy, en cinq ans, 200 000 emplois ont été supprimés dans la fonction publique d’État, une saignée sans équivalent dans l’histoire. Sur cette base sinistrée, Hollande s’est engagé, sans concertation, à maintenir, sur cinq ans, le nombre global de fonctionnaires. Mais, en même temps, il a fixé quelques domaines prioritaires comme l’éducation nationale, où des emplois doivent être créés. Cela signifie qu’il faut reprendre ces emplois à d’autres ministères… En conséquence, on se retrouve avec des secteurs où le nombre de suppressions d’emplois est supérieur à celui de l’ère Sarkozy. On en est parfois à deux départs sur trois non remplacés, contre un sur deux sous la droite. Cette politique est inepte. Un exemple : chaque année, entre 50 et 80 milliards d’euros échappent à l’impôt, mais 25 000 emplois ont été supprimés aux finances publiques depuis 2002. Comment peut-on prétendre combattre la fraude fiscale en massacrant l’emploi public ? Il faut absolument un moratoire sur toutes les suppressions d’emplois.

Entretien réalisé par Fanny Doumayrou

Lire la suite dans l'édition de l'Humanité de ce jeudi 31 janvier.

  • À lire également :

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  • Notre supplément polémique Cactus :

La droite se lâche sévère sur le mariage gay
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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 09:21

 

 

Le hall du musée d'Orsay, à Paris.

  le 30 Janvier 2013

 

Une famille en grande précarité expulsée du musée d'Orsay pour cause d'"odeur"

 

 

Un incident qui témoigne une fois de plus des difficultés des pauvres pour vivre au quotidien. Une famille défavorisée, qui visitait le musée d'Orsay samedi en compagnie d'un bénévole d'ATD-Quart Monde, association de lutte contre l'exclusion, a été priée de quitter les lieux par des agents de surveillance après des plaintes de visiteurs sur son "odeur".

Accompagnés d'un volontaire de l'association ATD-Quart Monde (Agir tous pour la dignité), deux adultes et leur enfant âgé de 12 ans se trouvaient samedi, au musée d'Orsay, dans une salle consacrée à Van Gogh "lorsqu'on les a priés de sortir". "On leur a dit que leur odeur incommodait les autres", a rapporté la responsable de la communication d'ATD-Quart Monde, Typhaine Cornacchiari. "Ils n'ont pas obtempéré et ont continué la visite dans d'autres salles moins peuplées", a-t-elle poursuivi. "Ils ont alors été rejoints par quatre gardiens qui les ont encadrés et accompagnés jusqu'à la sortie", a-t-elle ajouté. Il n'y a pas eu "d'esclandre", a-t-elle précisé, le bénévole n'ayant "pas eu envie d'en rajouter dans l'humiliation de la famille".

Cet incident scandaleux, révélé par le Figaro, puis confirmé par cette association contre l'exclusion et par le musée lui-même, a amené le ministère de la Culture à demander à Orsay de lui fournir "un rapport circonstancié". Le musée d'Orsay qui "regrette vivement" l'incident, le "regrette d'autant plus" qu'il ne ménage pas ses efforts pour développer son action dans le champ social et l'accueil du public défavorisé", a ajouté la direction de l'établissement. Le musée d'Orsay explique que ses agents de surveillance s'étaient fait interpeller par plusieurs visiteurs se plaignant de "fortes odeurs". Le responsable de l'encadrement a raccompagné le groupe "sans incident et discrètement jusqu'à la sortie", selon le musée.

Pour l'association ATD-Quart Monde qui "déplore" l'incident, "cela montre ce que subissent les plus pauvres au quotidien, cette discrimination qui fait quequand on porte la grande pauvreté sur son visage, on n'est pas traité de la même façon". L'association a indiqué avoir écrit au directeur du Musée d'Orsay pour "notifier" l'incident et "entamer des contacts". "On ne reproche rien au musée, on dit juste qu'il faut continuer à travailler ensemble sur l'accueil de ces personnes défavorisées", précise Mme Cornacchiari.

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Published by bruno fornaciari - dans LE SAVIEZ-VOUS
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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 08:35

TRIBUNES -  le 18 Janvier 2013

l'Humanité des débats. L'entretien

Françoise Héritier «Rien de ce qui nous paraît naturel n’est naturel»

 

Femme de science et de combat, militante pour la cause des femmes, engagée dans la lutte contre le sida, pour les exclus de la société et la confidentialité médicale accordée aux détenus, spécialiste des questions de parenté et d’alliance, Françoise Héritier déconstruit les relations entre masculin et féminin et éclaire l’actualité des débats liés à la répartition des sexes.

Le 13 décembre dernier, auditionnée par le rapporteur du projet de loi, vous participez au conseil de la République sur le mariage et l’adoption des couples de même sexe. Favorable au projet, vous allez plus loin, vous êtes pour élargir l’accès à la procréation médicale assistée (PMA). Qu’est-ce que l’anthropologie nous apprend de la distinction du masculin et du féminin ?

Françoise Héritier. Rien de ce que nous faisons ou pensons, systèmes de vie, d’attitude et de comportement, n’est issu directement de lois naturelles. Tout passe par un filtre mental, cérébral et idéel, produit d’une réflexion collective qui prend forme à un moment de notre histoire, évolue et peut encore évoluer. Au Paléolithique supérieur, des systèmes de représentation étaient déjà en place. Rien de ce qui nous paraît naturel n’est naturel. Un public français, africain, chinois ou indien, peu frotté d’anthropologie, est toujours étonné d’entendre dire que la façon dont il nomme ses apparentés (père, mère, frère, sœur, oncle, tante, cousin, cousine) n’est pas naturelle, mais le résultat de manipulations : l’esprit établit ou non des correspondances entre des traits qui sont autant de butoirs pour la pensée, comme le sexe, la succession des générations, la collatéralité, la différence ou la mêmeté sexuée des paires de germains. Un système type de parenté (le nôtre relève du type eskimo) représente un montage particulier de combinaisons possibles.

Pourquoi les faits culturels apparaissent-ils comme allant de soi ?

Françoise Héritier. C’est une leçon dérangeante de l’anthropologie : tout est affaire de combinatoires, effectuées par l’humanité au cours de son histoire. Autant de figures possibles, potentielles et pensables, dont certaines ont été réalisées. Celles qui ordonnent l’idée du masculin et du féminin en font partie. Il existe bien d’autres figures, qui n’ont pas encore été pensées par l’humanité. Dans quelques siècles, peut-être… Il faut du temps pour passer du possible au pensable. Généralement d’ailleurs, celui qui énonce une idée radicalement nouvelle se fait mal recevoir. Puis cette idée se propage au grand nombre. Alors elle franchit une étape supplémentaire : si elle devient émotionnellement concevable, elle peut passer dans la pratique et, le cas échéant, être entérinée par le droit et la loi. Tant qu’un changement ne s’impose pas selon ce cheminement, un enfant ne connaît que sa culture, évidente pour lui.

Mais les traits biologiques ne sont-ils pas 
un fait brut, d’ordre naturel, comme faire des enfants ou voir la succession des générations ?

Françoise Héritier. Oui, même si des cas indéterminés ont sans doute toujours existé, mais soit on n’y prêtait pas attention, soit on les éliminait. Sur mes terrains d’ethnologue, je n’ai jamais vu ni d’enfant trisomique (mutation génétique qui peut frapper n’importe où) ni d’enfant né avec un sexe indéterminé. Les deux principaux butoirs pour la pensée sont deux sexes apparents et le fait que les parents naissent inéluctablement avant les enfants. Si on combine les positions sexuées respectives parents et enfants, en utilisant ces butoirs, il y a six combinaisons possibles de systèmes de filiation. Seulement quatre ont été réalisées par les sociétés humaines : unilinéaire (patri- ou matrilinéaire), bilinéaire, cognatique (la nôtre). Deux ne sont pas réalisées (parallèle et croisée). Peut-être les Incas avaient-ils une structure parallèle (le père transmet la filiation à son fils, la mère à sa fille). Le système croisé est très rare (filiation de père à fille et de mère à fils). Tout système idéel de filiation échappe à une nécessité perçue comme naturelle.

Le jeu des possibles, dans le système de parenté, existe-t-il aussi dans d’autres domaines de la vie et de notre présence au monde ?

Françoise Héritier. Oui, beaucoup de possibles n’ont pas encore été pensés. Le propre du genre humain n’est pas l’immobilisme. C’est au contraire le changement et le mouvement. Il y a toujours des adaptations, des modifications. Loin de correspondre à une détérioration ou à un abâtardissement, comme le pensent les traditionalistes, qui voudraient que rien ne bouge (selon Emmanuel Terray, dans Penser à droite), l’humanité a toujours choisi le mouvement, l’innovation, voire la rupture, pour sa simple survie. Selon Lévi-Strauss, la première grande rupture innovatrice (peut-être la seule jusqu’ici) fut l’instauration de la prohibition de l’inceste. Une reconstitution hypothétique de la vie de nos ancêtres préhistoriques, chasseurs-collecteurs, les voit vivre en petits groupes de consanguinité, qui dépendaient pour la survie de leurs propres ressources. On copulait entre soi. Lorsque les femmes manquaient (le sex ratio avait vu naître trop de mâles, ou les femmes mouraient en couches), il fallait s’en procurer d’autres. S’ensuivait une guerre de prédation pour voler des femmes dans les groupes consanguins voisins. Le choix, au début de l’humanité, est le suivant : se faire tuer à l’extérieur ou se marier à l’extérieur (d’après Lewis Morgan). La prohibition de l’inceste est une immense innovation, positive, qui oblige les humains à sortir de l’entre-soi pour coopérer avec les autres par l’échange. Pour les mâles, cela se traduit par l’interdiction de toucher aux femmes du groupe pour les proposer aux mâles d’autres groupes en échange de leurs filles ou sœurs. Les bases d’une société paisible et stable sont ainsi jetées. La vie totalement refermée sur soi n’est pas viable éternellement.

La société repose-t-elle sur une vision masculine du monde ?

Françoise Héritier. Oui. Pour pratiquer l’échange des femmes, une idéologie donnait aux pères et aux frères un droit incontesté sur leurs filles et sœurs. L’observation ethnologique montre que ce sont toujours les hommes qui échangent les femmes, et pas l’inverse. Parfois, les femmes participent aux délibérations, plus souvent intimes que publiques, mais ce sont eux qui ont la main sur l’échange matrimonial. Ce droit prioritaire repose sur un système de représentation qu’on retrouve dans les soubassements de toute société. Si parfois les femmes ont plus de pouvoir qu’ailleurs, il reste que c’est toujours la même règle générale. Par la réflexion adaptée aux connaissances de leur époque, les Homo sapiens ont conçu un modèle hiérarchique social fondé sur une valence différentielle des sexes.

Comment avez-vous découvert cette inégalité ?

Françoise Héritier. Dans mon enfance, je voyais les inégalités de traitement et les jugements de valeur. Je les trouvais injustifiés mais ne les remettais pas en cause. Nul sentiment de révolte de petite fille, mais l’incompréhension d’une logique étrange. En Auvergne, j’allais en vacances pendant la guerre dans des fermes de grands-oncles et grands-tantes. Les maîtresses de maison servaient à table mais restaient debout et mangeaient ce qui restait, jamais de viande ou les rebuts. Les femmes assuraient même qu’elles préféraient les rogatons. Manière élégante pour elles de s’en sortir : ce n’était pas une contrainte mais une préférence. Je trouvais cette situation injuste, mais je ne savais pas comment y remédier car cela semblait aller de soi pour tout le monde. C’est cela la force de l’imprégnation éducative.

Cela a-t-il un lien direct avec vos travaux anthropologiques sur la parenté (l’appellation, l’alliance, l’inceste, etc.) ?

Françoise Héritier. En effet, comme une suite logique. Dans notre culture, on l’ignore, l’inceste ne concerne pas seulement la consanguinité, mais aussi l’alliance : par exemple, l’interdit pour un homme d’épouser la femme de son père (après divorce ou veuvage). Le scandale soulevé par Woody Allen, c’est que, dans l’esprit populaire, il couchait avec sa belle-fille, bien qu’il s’en défendît puisque, arguait-il, Mia Farrow n’en était que la mère adoptive et qu’il n’avait pas épousé celle-ci. Pour comprendre l’interdiction portant sur la parenté par alliance, je suis remontée aux Hittites, en Anatolie, au Ier millénaire avant J.-C. Il y est dit qu’un homme ne peut pas épouser la femme de son père, de son frère ou de son fils, mais aussi qu’il ne peut épouser « les deux sœurs et leur mère ». Interdiction étrange qui n’a de sens que comme formulation à l’envers, mise au crédit des hommes, de l’interdit similaire pour une femme d’épouser le mari de sa mère, de sa sœur ou de sa fille. Cela ne pouvait être dit au nom d’une femme. En droit hittite, les femmes étaient l’objet et pas le sujet du droit. De cette observation vient ma réflexion sur la soumission des femmes.

Cette violence renvoie-t-elle à la représentation du subalterne ou de l’infériorité ?

Françoise Héritier. Dans l’état archaïque, Homo sapiens sapiens, Neandertal ou Erectus, les humains cherchent à donner du sens au corps, au cosmos, étonnés par des phénomènes tels l’alternance du jour et de la nuit ou la division des espèces entre mâles et femelles. Le fait d’être né avant équivaut en esprit à être supérieur, à dominer : les aînés sont supérieurs aux cadets. C’est une donnée première de l’organisation des groupes. Les butoirs donnent du sens au monde. Et, chez les animaux dits « vrais », les mammifères, on constate que seules les femelles mettent au monde les petits des deux sexes. Cela aboutit à un modèle cognitif qui fait des femmes des corps mis à disposition des hommes pour la reproduction, système hiérarchique de la valence différentielle des sexes où le rapport mâle/femelle équivaut à un rapport aîné/cadet.

Comment expliquer ce rapport de domination ?

Françoise Héritier. Dans des systèmes de pensée, l’enfant (en tant que vie, forme, chaleur, mouvement, pensée, identité) est totalement présent dans le sperme (Aristote). Dans d’autres, la semence masculine permet aux graines ancestrales de venir au monde (dans les gravures du XVIe siècle, on voit des femmes en vertugadin et collerette, avec l’utérus ouvert, rempli d’étagères avec filles et garçons). La nature ou les dieux ont mis à disposition le corps des femmes en tant que matrice, marmite ou matériau. L’homme fait cuire dans le corps féminin ce qu’il a de plus précieux, la semence qui donne les descendants. Par un glissement de la pensée, cette conclusion fait des femmes des cadettes ou des mineures.

Peut-on se passer de catégories binaires basées sur l’apparente irréductibilité des sexes ?

Françoise Héritier. Non. Gravées dans le langage et en apparence nécessaires, ces catégories sont affectées d’un jugement de valeur, soit positif (masculin), soit négatif (féminin). La valorisation d’un genre et la dévalorisation de l’autre sont des constantes universelles attribuées de manière préférentielle à l’un ou l’autre sexe, en fonction d’une culture donnée. Rien de plus, mais l’efficacité est forte. À l’heure actuelle, les chefs d’entreprise évoquent l’importance du rôle des femmes (souci de perfection et d’écoute). On se sert de l’opposition du genre, mais conçue comme base naturelle, pour faire la parité en entreprise. On n’a pas quitté le modèle dominant de pensée.

Contre le modèle archaïque dominant, comment penser l’innovation culturelle, politique et sociale ?

Françoise Héritier. Il faut protester contre la discrimination, car parfois la loi dit le contraire de ce qu’elle fait. Du fameux « les hommes naissent libres et égaux en droit », l’expérience a montré qu’il s’agissait moins en esprit d’humains que de mâles ! Et il faut inscrire la légitimité dans la durée : ainsi du droit à la contraception ou à l’avortement par exemple, lorsque le principe laïc s’oppose au religieux. Il est nécessaire d’innover les lois antérieures, contraires à la Constitution, pour ce qui est de l’égalité des droits. On voit dans les débats actuels à quel point sont liées ensemble, pour fonder l’archaïsme dominant, les notions de génération, de sexe et de genre. Promouvoir, penser l’exo-procréation est essentiel pour changer radicalement de modèle.

Que pensez-vous du mariage pour tous ?

Françoise Héritier. Ceux qui sont hostiles au mariage homosexué croient qu’il y a un état de nature défini par un dieu tout-puissant. Mais les religions révélées sont apparues il y a 7 000 ans, l’invention de l’agriculture a 30 000 ans et Homo sapiens 200 000. Les humanités antérieures n’ont-elles pas existé ou sont-elles sans valeur ? Et les sociétés différentes qui ne pensent pas comme nous ? Les religions révélées ont ajouté le poids de la faute et de la culpabilité. Les femmes n’étaient que des corps utilisables par les hommes. Mais elles ne péchaient pas. Une loi dite divine les a rendues coupables. Il est temps de fonder notre réflexion sur la laïcité. Il n’y a rien de divin ou de naturel dans nos constructions mentales et sociales. La liberté créative et l’imagination de notre espèce sont niées par le dogmatisme, le fanatisme, l’ethnocentrisme, l’intolérance. Or nous sommes en train de participer sur le long cours (grâce à la possibilité de procréer hors du corps et à l’égalité des droits de l’individu) à une mutation aussi spectaculaire et productrice de sens que celle qu’engendra autrefois l’instauration de la nécessité exogamique et de la valence différentielle des sexes.

Engagée sur les questions contemporaines 

Élue au Collège de France en 1982 à la chaire d’études comparées des sociétés africaines, Françoise Héritier dirige jusqu’en 1998 le Laboratoire d’anthropologie sociale, succédant à Claude Lévi-Strauss. Jeune étudiante, elle se passionne pour l’histoire et la géographie, veut devenir égyptologue. À l’École pratique des hautes études, elle assiste à un cours sur la chasse aux aigles chez les Hidatsa, c’est le séminaire de Claude Lévi-Strauss dont elle devient la principale disciple. En 1958, elle part en Haute-Volta (devenue Burkina Faso) étudier les Samo, puis chez les Dogon au Mali. Six années de terrain font d’elle une africaniste de renom. De retour en France, elle devient maître de recherches au CNRS, directeur d’études à l’EHESS et obtient sa chaire au Collège de France. Spécialiste des questions de parenté et d’alliance, elle travaille sur la différence des sexes (Masculin/Féminin en 2002) et sur la violence (De la Violence, tomes I et II). Son dernier livre, le Sel de la vie, évoque ses souvenirs. Engagée sur les questions contemporaines, elle explore les revendications d’égalité, les nouvelles filiations, les utopies scientifiques et les différends culturels.

Entretien réalisé par Aliocha Wald Lasowski

 

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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 08:27

C'est pas un parti ....mais un nouveau mouvement politique est né.Il faudra m'expliquer la différence ....je pensais que le congrès du PCF avait mission de tirer les enseignements de la stratégie des dernières années, de débattre du rôle et de l'organisation du FDG... A lire le texte ci dessous... Je vois qu'il n'y à plus rien a dire...tout est décidé ...vous connaissez la coopérative? tout le monde met sa récolte dans la même cuve, et le produit n'a pas d'identité....ça craint donc pour l'identité , la culture,et la visée communiste.
Voici le texte...il est paru en page 7 de l'huma du 29 janvier.
Le Front de gauche a précisé lundi ses formes d’organisation du local au national, dans un document portant sur son fonctionnement, en vue des échéances électorales de 2014.
Des cadres» et des «instances» pour se «coordonner», «prendre des décisions» et les «mettre en application». Les composantes du Front de gauche proposent de se doter de «formes d’organisation pérennes à la fois ouvertes, souples», complétant les structures permanentes déjà créées «pour permettre davantage d’implication citoyenne».
simultanément au texte sur la stratégie du Front de gauche, un second document a été rendu public sur son «fonctionnement» et son «développement». Car «si le Front de gauche n’est pas un parti, ce n’est plus seulement une alliance électorale, il s’agit donc d’un mouvement, d’une force politique qui se veut l’outil d’une dynamique populaire», explique le texte. Tout en se proposant de «poursuivre» les «trois exigences» qui ont jusque-là présidé au «développement du Front de gauche» (une «orientation stratégique (…) décidée et acceptée par toutes les composantes», des méthodes «souples et non contraignantes» et la prise d’«initiatives communes»), le document passe en revue les différents outils organisationnels du rassemblement, en proposant de les faire évoluer.
Tout développer
Ainsi des assemblées citoyennes, «essentielles» au «développement et (à) l’élargissement du Front de gauche» et qui sont «à la fois des lieux de discussion, d’élaboration et d’action». «C’est à partir de leur développement que l’on pourra multiplier l’implication citoyenne», souligne le texte, qui appelle à les «développer partout: dans les localités, les lieux de travail», sans privilégier «aucune forme», associative ou autre.
Le développement des «fronts thématiques» locaux est également encouragé comme autant de lieux «d’élaboration programmatique» et «d’actions» pour «élargir le Front de gauche». Quant au Front des luttes, outil «d’intervention du Front de gauche au service des salariés», il est doté d’«un rôle consultatif et propositionnel».
Conseil et coordination
Le conseil national né avec la campagne présidentielle et législative est, lui, confirmé dans son rôle «d’initiative, consultatif et propositionnel», et devra être «élargi» et «diversifié» dans sa composition. La coordination nationale, constituée de «représentants des composantes politiques du Front de gauche», devant pour sa part rester «l’instance exécutive et, en dernière instance, décisionnelle», est-il encore indiqué. Pour mettre en œuvre les décisions prises, un secrétariat «composé d’un membre par composante du Front de gauche» sera créé. Enfin, un «protocole financier» sera établi suivant une «clé de répartition pérenne entre les neuf composantes» pour les dépenses dues à l’activité du Front de gauche.
Le texte affirme également que des «forums» pourraient être organisés avec d’autres forces pour rallier des majorités sur des thèmes définis (propositions de loi, lutte contre l’austérité…).

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Published by bruno fornaciari - dans PCF-FRONT DE GAUCHE
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30 janvier 2013 3 30 /01 /janvier /2013 08:29

Deux textes d'une grande importance sont rendus public par "lHumanité" ce lundi 28 janvier 2013 et le mardi 29.

L'un concerne une "nouvelle stratégie" du Front de Gauche et l'autre, "sur le fonctionnement du front de gauche"

Je m'interroge sur le moment choisi pour cette publication qui met les communistes devant le fait accompli. On peut mieux faire en terme de démocratie et de souveraineté des communistes.

Car en effet, les communistes qui préparent actuellement leur congrès pourraient s'étonner de la méthode. Quasiment toutes les conférences de section se sont tenues comme la plupart des conférences fédérales sans connaître ces deux textes fondamentaux qui engagent leur Parti. La publication postérieure à la réunion des communistes ne leur aura pas permis d'en prendre connaissance ni d'en discuter.

Le congrès, qui se déroulera du 7 au 10 février à Aubervilliers et les délégués de fédérations n'auront donc pas été mandatés pour valider ou s'opposer à l'orientation proposée (décidée?) Les congressistes seront-ils transformés en "groupies" d'une direction qui semble se ficher comme de sa première chemise, de l'opinion des communistes ?

Et pourquoi une telle précipitation? Y aurait-il le feu ? Une telle décision doit-elle être prise en urgence ? et pour quelles raison SVP ?

Les communistes, puisqu'il s'agit d'une évolution stratégique, n'auraient-ils pas voix au chapitre ? Mais à quoi cela sert-il de les réunir en congrès ? Pour valider une décision prise en dehors d'eux.

Les errements démocratiques sont graves et ne peuvent être passés sous silence. Les communistes et notre Parti méritent mieux que cela.

Bruno fornaciari

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30 janvier 2013 3 30 /01 /janvier /2013 07:57

 le 29 Janvier 2013

Campagne

Le Front de gauche écrit de nouveau sa stratégie

 

Les différentes forces du mouvement ont rendu public hier un nouveau texte d’orientation qui définit son ambition des prochains mois et trace de premières perspectives pour 2014.

«Face à la crise, une course de vitesse est engagée entre deux types de réponses possibles : l’une démocratique et solidaire et l’autre autoritaire et porteuse de profondes régressions sociales. (…) Nous avons donc un rôle historique : rassembler pour construire une alternative de gauche rompant avec les logiques libérales et sociales-libérales. » Telle est l’ambition affichée par le Front de gauche dans le texte d’orientation que sa coordination a adopté la semaine dernière et qui a fait l’objet d’un « accord unanime » des membres de son conseil national, vendredi, aux côtés d’un second volet sur le développement du mouvement (voir ci-dessous). Après le texte stratégique d’avril 2011, cette nouvelle mouture rendue publique hier, a vocation à « apporter des éléments de réponse » pour aborder « une nouvelle étape » du mouvement. Tirant les enseignements de la dernière période, de « la campagne inédite qui a rendu possible la défaite de Sarkozy » à la « politique sociale-libérale assumée » du gouvernement, le Front de gauche fixe son cap. « Nous n’attendrons pas 2017 », affirme-t-il, se voulant capable de « faire la démonstration qu’une politique alternative à l’austérité est possible à gauche et qu’elle peut être majoritaire », dans l’esprit de sa campagne lancée à Metz la semaine dernière.

Considérant, comme déjà à de multiples reprises, que « la politique du gouvernement Ayrault conduit à l’échec » et refusant de se résigner « à ce que la droite extrémisée, voire l’extrême droite, représentent à terme l’alternative », le Front de gauche « entend, dans les mobilisations et les élections à venir, œuvrer à des solutions de gauche immédiates face à la crise, et à la construction d’une politique et d’une majorité alternatives ». Ambitionnant de devenir « un front du peuple », il compte ainsi s’adresser « à toutes celles et ceux qui, à gauche, quelles que soient leur préférence et leur appartenance politique, veulent agir et ne se retrouvent pas dans les choix d’austérité » au travers de différents « rendez-vous » qui jalonneront son activité des prochains mois (voir encadré).

Quant aux échéances électorales de 2014, elles « feront l’objet d’un débat spécifique ». Cependant, le texte affirme l’objectif d’être « à l’offensive » aux municipales, d’y faire échec à la droite et à l’extrême droite tout en en faisant « des points d’appui pour refuser la logique d’austérité ». Une première réunion devrait avoir lieu au printemps sur le contenu programmatique de cette campagne, tandis que la discussion sur « les formes concrètes des rassemblements » devrait « s’engager sans tarder ». L’élection européenne y est également considérée comme un rendez-vous essentiel, pour lequel l’objectif est de « bousculer le rapport de forces à gauche en notre faveur ».

Tenir le front coûte que coûte  «Unis dans les luttes»... le Front de gauche programme déjà les futures campagnes à mener dans les mois qui viennent : droit de vote des étrangers, régularisation des travailleurs sans papiers, actions dans le cadre de la campagne d’« alternative à l’austérité » (meetings, réunions publiques, marches départementales…). Un front uni qui se déclinera au Parlement : le projet de loi découlant de l’accord sur l’emploi y arrivant 
en mars, il faudra « interpeller les parlementaires, notamment PS et EELV », majoritaires à l’Assemblée.

Julia Hamlaoui

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30 janvier 2013 3 30 /01 /janvier /2013 07:52

Texte sur le fonctionnement du Front de Gauche Le développement du Front de Gauche


Le Front de Gauche (FDG) constitue une démarche politique inédite qui associe des organisations politiques et des citoyens, dont de nombreux militants syndicaux et associatifs, dans la construction commune d’une ambition politique qui réponde aux attentes populaires et soit en rupture avec les logiques imposées par les marchés financiers.

Evoquer le développement du Front de Gauche, implique un préambule. La question majeure c’est : comment donne-t-on envie de rejoindre le FDG à tous ceux, issus notamment des classes populaires et de la jeunesse, n’ayant jamais milité ou il y a longtemps, qui ont soutenu notre campagne ?

 

Cela revient à poser la question de l’utilité du FDG. C’est donc d’abord une réponse politique: la nécessité d’une stratégie claire, d’initiatives concrètes, de bonnes campagnes, du soutien aux mobilisations et, de notre progression dans l’ancrage de nos idées et à travers les élections. C’est cela qui donnera envie de rejoindre notre démarche, de construire le FdG. La manifestation du 30 septembre l’a démontré car sa préparation a sensiblement remobilisé les assemblées citoyennes.

 

Cela passe par une élaboration commune, une démarche permanente de co-construction où chaque composante peut apporter son apport, son expérience. Pour cela, il faut bien sûr les cadres qui permettent ces actions communes, l’élaboration collective et des instances qui permettent de se coordonner, de prendre des décisions et de les mettre en application. Car si le Front de Gauche n’est pas un parti, ce n’est plus seulement une alliance électorale, il s’agit donc d’un mouvement, d’une force politique qui se veut l’outil d’une dynamique populaire. Cela appelle à des formes d’organisation pérennes, à la fois ouvertes, souples mais également efficaces et capables de répondre aux aspirations à le rejoindre. Pour les besoins de la campagne présidentielle, ces structures permanentes se sont étoffées. Il s’agit déjà de s’accorder sur leur continuité voir leur évolution et de les compléter pour permettre davantage d’implication citoyenne.

 

Le développement du Front de Gauche jusqu’à maintenant s’est appuyé sur trois exigences qu’il faut poursuivre :

A tout moment nous avons forgé ensemble et conforté une orientation stratégique commune décidée et acceptée par toutes les composantes dufront de gauche Nos méthodes de fonctionnement ont été souples et non contraignantes pour

chaque organisation respectant l’identité et la souveraineté de chacune et recherchant toujours ce qui rassemble le plus largement.

 

Nous avons pris régulièrement des initiatives communes, nationales qui ont donné une visibilité publique au Front de Gauche et une activité commune à nos organisations, nos militant-e-s et à celles et ceux qui voulaient se joindre à nous

 

Les assemblées citoyennes (AC)


Les assemblées citoyennes sont essentielles car elles ont vocation à représenter des formes du développement et de l’élargissement du FDG, réunissant largement citoyen-ne- s, militant-e-s associatifs, syndicalistes, politiques, membres ou non d’un parti. Ce sont à la fois des lieux de discussion, d’élaboration et d’action. C’est à partir de leur développement que l’on pourra multiplier l’implication citoyenne. Nous voulons donc les développer, partout : dans les localités, les lieux de travail. ..

 

Une assemblée citoyenne se crée en associant tous les partis du FdG existants sur une localité ou un lieu de travail. Aucune exclusive vis-à-vis d’une des composantes du FDG n’est légitime de même qu’un seul parti ne peut parler au nom du FDG. Sur le terrain plusieurs formes d’AC existent. Certaines fonctionnent en association parfois avec le dépôt de statut officiel, d'autres non. Nous ne privilégions aucune forme d'AC. Il est surtout besoin de trouver les moyens de l'adhésion du plus grand nombre à ces assemblées et aux activités qu'elles développent, en respectant le principe d’un fonctionnement au consensus entre tous les participants qu’ils soient membres d’une organisation politique du FDG ou non. Ces expériences feront l’objet d’un échange dans le Front de gauche pour en faire le bilan.

 

Toutes les formes intégrant citoyen-ne-s et militant-e-s non encarté-e-s peuvent être envisagées, notamment dans les équipes d’animation locales du FDG qui préparent les Assemblées citoyennes. A ce stade le consensus est la seule méthode de décision possible localement comme nationalement. Sachant que le « consensus n’est pas l’unanimité et suppose, pour pouvoir fonctionner au jour le jour, qu’il y ait à la fois une volonté inclusive partagée et une « abstention bienveillante » de ceux qui ne sont pas d’accord, sauf dans les cas décisifs. Les décisions locales sont de toutes façons prises dans le respect des positions

 

nationales du FDG charge aux AC de les impulser et de les adapter localement et de prendre des décisions en ce qui concerne les questions locales. Il faut également assurer à l’échelon national un meilleur suivi collectif des AC au sein de la coordination des assemblées citoyennes.

 

Fronts thématiques (FT)


Ils sont essentiels car représentent aujourd’hui des formes concrètes très précieuses d’intégration du FDG et sont également des moyens d’élargir le FDG notamment aux militants syndicaux, associatifs, animateurs de mouvements sociaux. Nous voulons donc les développer, nationalement et dans les territoires

 

Ce sont à la fois des lieux d’élaboration programmatique, d’actions et d’une expression commune du FDG sur nombre de question. Toutes les composantes peuvent participer à un Front thématique. Chacun se créant avec l’accord de toutes les composantes et après discussion de son objet, la coordination nationale ayant pour rôle d’aider à dépasser les contradictions au besoin. ,

 

Par contre, il est nécessaire que le travail des FT irrigue davantage le FDG dans son ensemble. S’il n’est pas opportun que chaque décision des FT soit validée par la coordination (sauf problème repéré par la coordination des FT qui dans ce cas appelle la coordination à trancher), il est par contre souhaitable que les propositions des FT nourrissent les discussions du Conseil national, les Assemblées Citoyennes et qu’elles aient le maximum d’écho au-delà des rangs du FDG.

 

La constitution de FT locaux doit être encouragée là où c’est possible.

 

Le Front des luttes


Le Front des luttes rassemble l’ensemble des militant-e-s du mouvement social et syndical, dans ou proche du Front de gauche, engagé-e-s dans les mobilisations du monde du travail et/ou en soutien à celles-ci. Il est un cadre d’élaboration et d’intervention du Front de gauche au service des salarié-e-s. Il est animé par une équipe d’animation pluraliste, constituée des représentant-e-s de chacune des composantes du Front de gauche qui le souhaite et de membres non encarté-e-s du conseil national. Il a un rôle consultatif et propositionnel auprès de la coordination nationale qu'il rencontre de manière régulière, il participe à l'animation du conseil national.

 

Rencontres nationales


Des conventions nationales du Front de gauche sont impératives.

 

Elles auront à la fois pour but de donner de la visibilité au Front de gauche et à l’implication citoyenne qu’il entend représenter et permettre les échanges entre les acteurs du Front de gauche, membres des AC et de toutes les structures du FDG comme des Fronts thématiques. Chacune aura un objet précis parmi les questions politiques et thématiques qui développent l’activité du Front de Gauche. La première aura lieu cette année au cours du 2ème semestre

D’autre part des réunions nationales pourront être décidées par la coordination nationale sur des thèmes précis et sur un périmètre décidé par elle.

 

Les estivales, université d’été du Front de Gauche, seront organisées chaque année.

 

Le Conseil national


L’objectif est de le rendre encore plus légitime, représentatif et utile qu’il ne l’est aujourd’hui. La priorité est qu’il soit le carrefour d’expériences sociales diversifiées, de représentants de combats collectifs, de militants syndicalistes, associatifs, de personnalités intellectuelles, culturelles... Le CN a un rôle d’initiative, consultatif et propositionnel. Ce rôle accru nécessite d’élargir et diversifier le CN. Toutes les forces du FDG doivent y être représentées. Il faut l’élargir de manière évolutive, sans brusquer artificiellement les rythmes de structuration aux animateurs du FDG, animateurs des FT et notamment du Front des luttes, voir des AC et personnalités du mouvement social.

 

Les associations qui souhaitent adhérer au FDG, dans le respect de leurs statuts, pourront être représentées au CN. Il faut des réunions régulières : deux fois par trimestre. La coordination du Front de Gauche travaillera à une proposition d’élargissement du CN sur le principe de la double parité.

 

La coordination nationale


Elle doit rester l’instance exécutive et, en dernière instance, décisionnelle. Il faut la rendre plus efficace et permettre que ses décisions soient mieux mises en application.

Elle est constituée des représentant-e-s des composantes politiques du FDG, et Il faudra sans doute réfléchir à sa composition en fonction de l’élargissement récent du FDG.

 

Dans le souci de refléter la composition du CN entre membres des composantes politiques du FDG et non membres de ces organisations, deux membres du Conseil National non membres d’un des partis seront coopté-e-s à la coordination.

Entre les réunions de la coordination, un secrétariat mettra en œuvre les décisions prises. Il a pour fonction de s’occuper des affaires régulières et est composé d’un membre par composante du FDG. Des commissions ad’ hoc seront également mises en place : ex sur un texte, sur une campagne,... pour préparer les décisions de la coordination

 

Site Internet du FDG


Il faut développer de nouveau le site internet. Le plus simple est de poursuivre place au peuple pour en faire une expression collective du FDG et de coordination entre les AC, FT etc... Un comité de rédaction composé de tous les partis du FDg en lien avec une équipe technique est en charge de la validation du contenu du site du FDG.

 

Finances


Pour le moment, au delà des budgets que chacun des partis engage déjà, il y a des budgets communs ponctuels. Une clé de répartition pérenne entre les neufs composantes du FDG doit être définie. Il est important notamment que les décisions budgétaires soient prises et suivies par les dirigeants politiques qui décident des différentes actions.

Cette démarche se concrétisera par un protocole financier entre les composantes du Front de Gauche. Ce protocole contiendra une clef de répartition financière entre les différentes organisations et indiquera une méthode permettant d'envisager les dépenses prévisionnelles que chacun sera amené à engager.

 

Un calendrier annuel de travail


La visibilité du front de gauche dépend d’initiatives nationales publiques rassemblant

toutes les composantes du front de gauche. Depuis les présidentielles, les Estivales puis notre contribution décisive à la manifestation du 30 septembre, ont permis cette visibilité. Il nous faut avoir régulièrement des initiatives nationales. La programmation d’initiatives sur l’année même si une telle programmation peut toujours être revue est nécessaire.

C’est dire combien l’organisation de la campagne nationale « l’alternative à l’austérité, c’est possible ! » est importante pour relancer une nouvelle dynamique du Front de Gauche. Des espaces de « forums » évoqués plus avant dans ce texte peuvent être programmés comme une forme de débat public à l’initiative du Front de Gauche.

 

La coordination avec les parlementaires FDG


La nécessité de rencontres régulières entre les parlementaires de nos groupes à l'Assemblée Nationale, au Sénat et au Parlement Européen avec les organisations politiques du Front de Gauche est utile; elles seront organisées en tant que de besoins par consensus mutuel.

 

Gestions des instances


Toutes les « instances » du FDG, à tous les niveaux, doivent être coordonnées et gérées de façon collective. Assemblées citoyennes, coordination du FDG des luttes, des Fronts thématiques et des ateliers législatifs, coordination nationale, Conseil national et coordination du CN, etc... L’ensemble des coordinations des « instances » FDG devra permettre le pluralisme entre les composantes politiques du FDG, chacune d’entre elle devant être paritaire.

 

Des forums politiques co-organisés avec d’autres forces


Si le FDG ambitionne de construire une majorité alternative aux politiques d’austérité, il doit proposer des cadres de débat, rencontre, etc.... Cela pourrait prendre la forme de forums politiques, par exemple, sur la question de la lutte contre l’austérité, pour élaborer des propositions de lois..Adopté par la coordination du Front de Gauche le 28 janvier

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30 janvier 2013 3 30 /01 /janvier /2013 07:49

 

Meeting du Prado (Marseille) du Front de gauche (Archive)

  le 29 Janvier 2013

Front de gauche

Le Front de gauche vers une structuration «pérenne, à la fois ouverte et souple»

Documents à télécharger : Le développement du Front de Gauche -

 

 

Le Front de gauche a précisé lundi ses formes d’organisation du local au national, dans un document portant sur son fonctionnement, en vue des échéances électorales de 2014.

Des cadres» et des «instances» pour se «coordonner», «prendre des décisions» et les «mettre en application». Les composantes du Front de gauche proposent de se doter de « formes d’organisation pérennes à la fois ouvertes, souples », complétant les structures permanentes déjà créées « pour permettre davantage d’implication citoyenne ».

Hier, simultanément au texte sur la stratégie du Front de gauche, un second document (à consulter ci-dessous) a été rendu public sur son « fonctionnement » et son « développement ». Car « si le Front de gauche n’est pas un parti, ce n’est plus seulement une alliance électorale, il s’agit donc d’un mouvement, d’une force politique qui se veut l’outil d’une dynamique populaire », explique le texte. Tout en se proposant de « poursuivre » les « trois exigences » qui ont jusque-là présidé au « développement du Front de gauche » (une « orientation stratégique (…) décidée et acceptée par toutes les composantes », des méthodes « souples et non contraignantes » et la prise d’« initiatives communes »), le document passe en revue les différents outils organisationnels du rassemblement, en proposant de les faire évoluer.

Tout développer

Ainsi des assemblées citoyennes, « essentielles » au « développement et (à) l’élargissement du Front de gauche » et qui sont « à la fois des lieux de discussion, d’élaboration et d’action ». « C’est à partir de leur développement que l’on pourra multiplier l’implication citoyenne », souligne le texte, qui appelle à les « développer partout : dans les localités, les lieux de travail », sans privilégier « aucune forme », associative ou autre.

Le développement des « fronts thématiques » locaux est également encouragé comme autant de lieux « d’élaboration programmatique » et « d’actions » pour « élargir le Front de gauche ». Quant au Front des luttes, outil « d’intervention du Front de gauche au service des salariés », il est doté d’« un rôle consultatif et propositionnel ».

Conseil et coordination

Le conseil national né avec la campagne présidentielle et législative est, lui, confirmé dans son rôle « d’initiative, consultatif et propositionnel », et devra être « élargi » et « diversifié » dans sa composition. La coordination nationale, constituée de « représentants des composantes politiques du Front de gauche », devant pour sa part rester « l’instance exécutive et, en dernière instance, décisionnelle », est-il encore indiqué. Pour mettre en œuvre les décisions prises, un secrétariat « composé d’un membre par composante du Front de gauche » sera créé. Enfin, un « protocole financier » sera établi suivant une « clé de répartition pérenne entre les neuf composantes » pour les dépenses dues à l’activité du Front de gauche.

Le texte affirme également que des « forums » pourraient être organisés avec d’autres forces pour rallier des majorités sur des thèmes définis (propositions de loi, lutte contre l’austérité…).

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BRUNO FORNACIARI

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