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27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 04:29

CRISE SOCIALE À LA RÉUNION

Le PCR écrit à Najat Vallaud-Belkacem : 
« La situation est explosive »

20 février 2013 à 03h30min

Dans une lettre ouverte adressée à la ministre des Droits des femmes, Porte-parole du gouvernement, le Parti communiste réunionnais attire l’attention de la ministre sur la gravité de la situation sociale à La Réunion. Najat Vallaud-Belkacem doit en effet venir en visite à La Réunion à la fin de la semaine.

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Toniox

Nous avons l’honneur d’appeler votre attention sur la gravité de la situation sociale de La Réunion, à la veille de votre visite.

En effet, sur une population de 850 000 habitants, 
-  le nombre de demandeurs d’emploi à La Réunion s’élève à 162 000 personnes, soit 30% de la population active ; rapporté à l’échelle de la France, le nombre de chômeurs aurait été de 9 millions, soit le triple de ce qui existe aujourd’hui.
-  La moitié de la population réunionnaise dispose d’un revenu qui se situe en dessous du seuil de pauvreté. En proportion, cela équivaudrait à 32 millions de personnes en France !
-  300 000 personnes sont assujetties aux minimas sociaux ;
-  112 000 personnes sont illettrées.
-  25 000 demandes de logements sociaux non satisfaites.

Ces chiffres traduisant la gravité de la situation sociale s’inscrivent dans une société profondément inégalitaire : il convient de rappeler que certains revenus sont indexés et bénéficient d’une majoration pour tenir compte du coût de la vie (principalement dans le secteur public et para public) et d’autres ne le sont pas.

En nous projetant sur la durée du mandat présidentiel, la situation est explosive ; en tout cas, potentiellement plus grave que celle qui a provoqué les événements de Guadeloupe en 2009.

Face à cela, le gouvernement nous propose les mêmes mesures qu’en France hexagonale alors que la situation est totalement différente.

En 2012, la politique qualifiée de rigueur est venue aggraver, sur le plan des conséquences sociales, les difficultés découlant du bilan désastreux de la précédente équipe.

Parallèlement, l’économie réunionnaise doit affronter des échéances capitales.

- Cette année correspond à l’échéance du dispositif actuel de l’octroi de mer. Le débat porte sur le maintien ou la suppression de l’octroi mer. Or, nous apprenons qu’un fonctionnaire a rédigé un rapport qui a été soumis à l’approbation d’un député réunionnais sans qu’aucune discussion n’ait eu lieu avec les acteurs concernés par le dossier. Pourtant, le montant annuel des recettes générées par l’octroi de mer se situe à 310 millions d’euros et constitue la part essentielle du budget des Collectivités ; l’octroi de mer est aussi une importante mesure de protection des activités réunionnaises de production. Mais elle a un impact direct sur les prix. Comment régler ces contradictions sans concertation ?

- L’Union Européenne évoque, dans les perspectives, la disparition du régime des quotas et des aides pour le sucre vers 2015. Une telle perspective annonce pour La Réunion la fin programmée d’un produit historique. Soumise aux fluctuations du marché mondial du sucre, ce serait la faillite d’une culture ancestrale, pilier de l’économie agricole réunionnaise. Après la période des épices, puis celle du café, nous assisterions à la fin de l’économie sucrière, qui conduirait, à la ruine, plusieurs milliers de producteurs.

- L’Union Européenne conduit également des discussions stratégiques concernant les Accords de Partenariat Economique, APE, entre l’Union Européenne et les pays ACP, Afrique-Caraïbe-Pacifique, qui nous environnent. Nous sommes au cœur d’un bassin de population de 300 millions d’habitants et nous sommes exclus des discussions. La mise en œuvre de ces APE tels qu’ils sont envisagés pour l’UE risque de se faire au détriment de notre production. Or, l’intégration régionale est un axe prioritaire de notre projet de co-développement régional.

Ces décisions structurelles négatives vont aggraver le chômage endémique au moment où on assiste à des explosions spontanées au cours desquels les jeunes réclament publiquement des emplois depuis 2 semaines, avec des barrages routiers.

Ces manifestations ont déjà touché plusieurs communes de l’île et constituent les prémices d’une situation qui ne peut que s’aggraver. Le PCR constate qu’il y a une sous- estimation de l’urgence sociale qui peut entacher le mandat présidentiel. Pourtant, nous avons toujours saisi les occasions pour expliquer la complexité de notre situation et plaider la nécessité d’y apporter les solutions appropriées.

A propos des emplois aidés, leur nombre doit correspondre aux besoins réels de l’île et leur mise en fonction doit rompre avec les pratiques antérieures qui relevaient du clientélisme et étaient perçues comme telles. Aussi, pour leur recrutement et leur gestion, nous proposons la création d’un Comité réunissant les financeurs, des employeurs, les syndicats et les responsables associatifs, leur déploiement devant s’effectuer dans les domaines essentiels dont La Réunion a besoin : aide à la personne et environnement, notamment. Cette structure se verrait confier la mise en place du dispositif.

Quant aux contrats de génération, la pauvreté du tissu industriel réunionnais n’offre pas de grandes possibilités d’embauches aux jeunes de La Réunion.

La signature médiatisée de quelques contrats d’avenir dans des communes bien ciblées ne peut que nourrir des illusions et des espoirs qui seront déçus chez tous ceux qui ne pourront accéder à ces emplois ; cela est encore plus regrettable lorsque cette signature a lieu lors d’une visite ministérielle.

Madame la Ministre,

Nous nous sommes engagés, dès les premiers instants de la désignation du candidat à la présidentielle, aux côtés des forces qui souhaitaient le changement. Nous sommes dans cette majorité présidentielle et nous ne voulons pas qu’elle échoue. Beaucoup de choses doivent être réalisées dans notre île, comme l’a proclamé François Hollande à Saint-Louis, le 1er avril 2012 ; certes, il faudra du temps, mais dès maintenant une réponse aux jeunes ne peut plus être différée. Les jeunes crient leur désespoir dans les rues, ils ont besoin d’être rassurés sur leur avenir et d’avoir la démonstration qu’ils ont fait le bon choix en juin dernier.

Telles sont, Madame la Ministre, les raisons qui nous ont conduits à vous adresser cette lettre, à la veille de votre arrivée dans notre île, en espérant que vous prendrez toute la mesure de la gravité de la situation chez nous et que vous serez auprès du gouvernement la porte parole des aspirations des Réunionnaises et des Réunionnais.

Avec l’espoir d’êtres entendus, recevez, Madame la Ministre, l’expression de notre haute considération.

Le Port, le 19 février 2013

 Elie HOARAU,
Ancien député 
Secrétaire Général du PCR
 

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Messages

  • A qui profite le crime ! St Louis, Le Port ? Particulirement zone la plus touche. Existe t-il des possibilits d’emplois qui sont volontairement bloques ? Les contrats aids ou autres doivent tre informs que cela est limit dans le temps, puisse que d’autres attendent "derrire".Puisse que la solution d’emmigration vers la metropole n’existe plus. Aussi quel patron d’entreprise voudrait embaucher de ceux-l qui sont pass l’incendie des biens publics et communaux. Aussi dire que les temps plus durs encore sont devant nous avec une France en faillite des industries qui dans certains domaines ne se relveront jamais.

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Published by bruno fornaciari - dans INTERNATIONAL
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27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 04:08

Le Front de gauche veut "détricoter" l'accord sur l'emploi

André Chassaigne, le Président du groupe des  députés du Front de gauche à l'Assemblée, a annoncé mardi 26 février que les parlementaires du Front de gauche allaient déposer "plusieurs centaines d'amendements" pour "détricoter" l'accord sur l'emploi.

André Chassaigne, le chef de file des députés du Front de gauche, a promis que ces derniers seraient "très offensifs" lors du débat visant l'accord sur l'emploi. (Front de gauche)

André Chassaigne, le chef de file des députés du Front de gauche, a promis que ces derniers seraient "très offensifs" lors du débat visant l'accord sur l'emploi. (Front de gauche)

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L’interminable débat sur le mariage pour tous risque de faire des émules. Cette fois, il s’agira de la transposition dans la loi de l’accord sur l’emploi, signé le 11 janvier entre partenaires sociaux. Le texte devrait arriver à l’Assemblée nationale début avril.

En effet, les nombreuses critiques émanant à la gauche du PS devraient se traduire par de multiples amendements, "plusieurs centaines", à en croire André Chassaigne. "Les députés Front de gauche ont décidé d'être extrêmement offensifs durant la discussion sur ce texte de loi", a-t-il déclaré, mardi 26 février.

 

"Détricoter" l'accord sur l'emploi

 

Le dépôt de ces amendements aura pour objectif de "détricoter cet accord, article par article, pour montrer à quel point il a des conséquences extrêmement négatives pour les salariés et que c'est un texte qui porte des coups extrêmement durs au code du Travail et à la protection des salariés", a précisé le député du Puy-de-Dôme.

"Nous allons durant ce débat, début avril à l'Assemblée, décliner en amendement une proposition de loi (...) pour donner de nouveaux droits aux salariés, notamment pour interdire les licenciements boursiers", a ajouté André Chassaigne.

 

Les écologistes décideront plus tard

 

Les députés écologistes, eux, n’ont pas encore choisi leur stratégie. Ils le feront après avoir vu toutes les organisations syndicales et patronales, et ne seront pas non plus "avares d'amendements", selon l'un d'entre eux, Christophe Cavard.

Le groupe écologiste a auditionné mardi le secrétaire général de FO Jean-Claude Mailly, opposé à l'accord, après avoir entendu les semaines passées la CFDT et le Medef, deux organisations signataires. Il recevra le 12 mars la CGT, non signataire, pour faire "une lecture" de l'accord et du texte de loi transmis au Conseil d'Etat. Puis, le 19 mars le ministre de l'Emploi, Michel Sapin.

"Le groupe ne prend pas de décision sur ce texte avant que les auditions ne soient finies, avant que nous ayons eu un débat au sein du parti, au sein du conseil fédéral du 23 mars", a-t-il ajouté.

Les députés peuvent donc s’attendre à passer quelques longues heures sous les toits du Palais Bourbon.

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27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 04:03
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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 12:24
J'interroge M. le Premier ministre sur la...
Jean-Jacques Candelier, Député communiste à l'Assemblée nationale 26 février 10:38
J'interroge M. le Premier ministre sur la responsabilité financière des sociétés. Il est grand temps d'obliger les sociétés qui abandonnent leur site à payer les coûts de dépollution. Ainsi, la société Recylex (ex-Metaleurop) n'a jamais payé les primes de territoriales et de l'Etat. Sa dette à la population s'élève à 30 millions d'euros. Je demande si le Gouvernement compte poser un cadre légal permettant de récupérer cette somme et d'imposer la prise en charge des coûts de dépollution par les casseurs d'industrie.
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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 17:48

 

SOCIAL-ECO

Manifestation de soutien aux 5 de Roanne le 19 novembre 2012

SOCIAL-ECO -  le 25 Février 2013

L'invité de la semaine

"Nous voulons la loi d’amnistie promise dans l’euphorie d’une espérance de mai"

 

 

Président du comité de soutien aux cinq syndicalistes poursuivis à Roanne, Jackie Teillol est l'invité de la semaine dans l'Humanité."Cette semaine, la proposition de loi d’amnistie déposée par les élus du Front de gauche sera à nouveau à l’ordre 
du jour. Ce débat est notre combat", explique-t-il.

Ce lundi 25 février à Paris: meeting pour l'amnistie des syndicalistes

Le nombre de personnes inquiétées dans le cadre de leurs activités syndicales grandit au rythme des fallacieux prétextes utilisés par tous ceux qui nous veulent du bien. Certes, nous connaissons la vindicte récurrente des tenants de l’ultralibéralisme envers le syndicalisme combatif, mais la dimension et l’intensité sont aujourd’hui à la mesure de leurs intentions d’éradication structurelle.

Dans cette lutte à laquelle les faits attribuent une nature de classe, 
le réquisitoire contre les associations intermédiaires de l’ancien locataire 
de l’Élysée a sonné le regain d’ampleur de la charge. En vérité, faute de pouvoir faire disparaître, par décret, les organisations encore et toujours indispensables à l’amélioration de 
la condition humaine, ils taillent 
à grands coups de hache, le contour 
de leurs sombres désirs. Ils veulent des syndicats « souples, raisonnables, modernes », disent-ils. Pour essayer de tutoyer cette conception, ils usent d’accords minoritaires et 
ils abusent de superlatifs à l’encontre de ceux qui, selon eux, sont ringards, archaïques, jusqu’au-boutistes, etc.

Ces approches posent objectivement la question de la place du syndicalisme dans la société. Lors des actions menées pour la relaxe des cinq du Roannais, inquiétés pour avoir écrit des vérités sur la réforme des retraites, nous avons mis cette problématique avec l’amnistie dans le chariot des urgences à considérer. Vous savez, cette amnistie promise dans l’euphorie d’une espérance de mai. Cette amnistie dont l’idée même est maintenantpolluée par l’éternel refrain du respect de l’indépendance de la justice.

La meilleure façon de faire vivre cette formule ne serait-elle pas d’abord de considérer ce qui est juste? N’est-il pas juste de vouloir donner, en bonne mesure, aux temps futurs, de l’espace pour respirer, ainsi que l’accès aux moyens pour vivre mieux? Cette semaine, la proposition de loi d’amnistie déposée par les élus du Front de gauche sera à nouveau à l’ordre 
du jour. Ce débat est notre combat.

Jackie Teilliol

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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 17:45

Sénat

L’amnistie ne trouve pas grâce

 

La commission des Lois du Sénat a rejeté, hier, la proposition de loi communiste visant à l’amnistie sociale, faute du soutien d’une partie de la majorité gouvernementale.

Au Sénat, finira-t-on un jour par trouver une majorité stable ? Pas évident, à en juger par le vote d’hier en commission des Lois. Y était débattue une proposition de loi déposée par les sénateurs communistes, républicains et citoyens (CRC) dans le cadre de la journée d’initiative parlementaire qui leur est réservée, le 27 février. Le texte y a été rejeté, faute des votes du groupe RDSE regroupant notamment les sénateurs radicaux de gauche.

La proposition en question, portée par la présidente du groupe CRC, Éliane Assassi, et la sénatrice Annie David visait à une amnistie des nombreuses personnes condamnées pour des faits commis à l’occasion de mouvements sociaux et d’activités syndicales ou revendicatives ces dernières années. Les auteures considèrent dans l’exposé des motifs que « trop de sanctions injustes ont été infligées qui ne visaient qu’à éteindre toute velléité de contestation. C’est parfois le simple affichage ou la distribution de tracts qui donnent lieu à des menaces ou assignations judiciaires ».

Des tensions existent dans la gauche sénatoriale. Plusieurs textes n’ont pas été votés par les communistes, faute de prises en compte de leurs positions en amont et de leurs amendements en séance. Mais cette proposition de loi semblait pouvoir être un moyen d’apaiser les relations entre le gouvernement, le groupe PS et le groupe CRC. Elle avait d’ailleurs été citée à l’Humanité par le ministre des Relations avec le Parlement, Alain Vidalies, parmi les « gestes » envisagés en faveur de cette détente.

La majorité de gauche au Sénat ne tenant qu’à six voix, dans l’état actuel, le texte serait rejeté le 27 en séance publique. Beaucoup se demandent les raisons du rejet par les radicaux, qui s’y disaient pourtant favorables il y a encore quelques semaines. Auraient-ils servi de soupape à l’heure où le gouvernement met en garde les syndicalistes en lutte contre toute « dérive » ?

Adrien Rouchaleou

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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 14:51

Alerte aux Urgences : pourquoi il y a danger à fermer l'Hôtel-Dieu

Par Le rédaction d'Allodocteurs.fr
rédigé le 24 février 2013, mis à jour le 25 février 2013

Les Urgences sont en crise. Le 23 février 2013, la démission du chef des Urgences du centre hospitalier de Roubaix depuis 30 ans sème une fois de plus le trouble au sein d'une profession sous pression. A Paris, quatre urgentistes s'élèvent contre la menace de fermeture en 2013 du service d'urgences de l’Hôtel-Dieu. Une décision inappropriée qui pourrait avoir, selon eux, de lourdes conséquences sanitaires dans la capitale. Dans une lettre commune, adressée à Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé, et publiée dans le JDD du 24 février 2013, les docteurs Gérald Kierzek, Patrick Pelloux, Christophe Prudhomme et Pierre Taboulet, dénoncent "une politique aveugle qui pourrait avoir des conséquences dramatiques sur l'ensemble de services d'urgences de la capitale et sur la population par ricochet". Ils appellent à une plus grande considération des alertes exprimées par les professionnels de la médecine d'urgence. 


Alerte aux Urgences : pourquoi il y a danger à fermer l'Hôtel-Dieu

Madame la Ministre,

Après Grenoble, Strasbourg, Angers et maintenant Roubaix, la liste des urgentistes qui dénoncent la crise des services d’urgences et leurs difficultés pour soigner les malades s’allonge. Ce n’est que le sommet de l’iceberg. De nombreux centres d’urgences en France souffrent « en silence », soit résignés, soit impuissants. La menace de fermeture de l’Hôtel-Dieu est emblématique d’une politique aveugle qui pourrait avoir des conséquences dramatiques sur l'ensemble des services d'urgences de la capitale et sur la population par ricochet. Nous vous demandons d’entendre les alertes des professionnels de la médecine d’urgence et de ne pas prendre de décision irréversible sans eux.

Des Urgences à saturation

L’état des lieux est accablant dans les hôpitaux : 4 heures d’attente avant de voir un médecin urgentiste, voire 8 à 10 heures en cas d’affluence, 1 heure avant que les pompiers ne puissent déposer un patient, des équipes médicales et paramédicales épuisées, des démissions en série !

Paris intra-muros compte neuf services d’urgences dans les hôpitaux publics : Lariboisière, Saint-Antoine, Cochin, la Pitié-Salpêtrière, Saint-Louis, Tenon, Bichat, l’Hôpital Européen Georges-Pompidou et l’Hôtel-Dieu. L’analyse de leur activité en temps réel révèle que la majorité de ces services dépasse quotidiennement, et plusieurs heures par jour, leur capacité d’accueil (jusqu’à 180% de suractivité). Tous se plaignent de la difficulté, voire de l’impossibilité d’hospitaliser les patients dans un lieu approprié. De plus, chaque année, des milliers de patients qui s’adressent et font confiance à l’hôpital public, sont transférés dans le privé faute de place.

En réponse aux plaintes croissantes des professionnels de l’urgence, l’AP-HP a mis en place en 2012 une cellule de crise. Les réunions entre cette « plateforme des urgences » et les urgentistes sont d’une inefficacité coupable, à tel point que le 18 février 2013, le Pr Casalino, Président de la Collégiale des Urgentistes et chef de service des urgences de Bichat a écrit à la Direction Générale de l’AP-HP, à l’Agence Régionale de Santé et au Président de la Commission Médicale d’Etablissement : « L’absence de mesures efficaces (!) a pour conséquences de laisser sur le tapis des patients qui auraient dû être admis dans l’hôpital (...) pour garantir qualité et sécurité des soins, de pourrir la vie des équipes des urgences, et une fois de plus, de prouver que notre institution ne peut pas répondre en temps et en heure aux besoins de la population. »

Un flux de patients qui ne pourra être absorbé

Malgré cette situation déjà ingérable, la direction générale de l'AP-HP et la Commission Médicale d’Etablissement veulent fermer en 2013 le service d’urgences de l’Hôtel-Dieu, un des neuf services d’urgence intra muros, en réponse à la fermeture progressive et programmée des lits d’hospitalisation (médecine interne, psychiatrie, réanimation, etc!) et des blocs opératoires (chirurgie, ophtalmologie) de l’établissement. Ce service d’urgences, situé au centre de la capitale touristique, accueille, 24 heures sur 24, 300 malades par jour (urgences générales et urgences médico-judiciaires).

Les urgences des autres hôpitaux parisiens, déjà surchargés, ne pourront absorber ni les 90.000 patients qui consultent chaque année à l’Hôtel-Dieu ni les 4.000 malades qu’il faudra hospitaliser en plus des leurs. Le 23 janvier, le Pr Hausfater, adjoint au chef de service des urgences à la Pitié-Salpétrière, écrit à ses collègues : « Les équipes sont épuisées. Nos hôpitaux sont désormais trop "petits" pour offrir l'aval
d'hospitalisation à ce flux de patients aux urgences ».

Les propositions faites par l’AP-HP de transformer les urgences médico-chirurgicales en « un espace de consultations de médecine générale sans rendez-vous » dans le cadre du futur Hôtel-Dieu sont irréalistes et traduisent une profonde méconnaissance des filières de soins. On ne peut demander aux patients, sous peine de leur faire courir des risques incommensurables, de s’auto-diagnostiquer et de ne pas aller aux urgences.

Un service prenant en charge toutes les pathologies, de la plus à la moins grave, en continu, n’est rien d’autre qu’un service d’urgences et celui-ci a besoin, pour fonctionner, de lits d’hospitalisation en aval. Dans ces conditions, annoncer la fermeture de ce service situé en plein centre de Paris est irresponsable, d’autant que la littérature scientifique a clairement prouvé que la saturation des services d’urgences induit une augmentation de la mortalité de près de 10%.

Depuis dix ans, une interminable dérive

Cela fait plus de 10 ans maintenant que les « plans stratégiques » se succèdent, que des centaines de milliers d’euros sont gaspillés en audits en tous genres, qu’aucun projet médical, administratif ou encore universitaire cohérent n’a été porté par l’équipe dirigeante médicale et administrative. Pire, au nom du concept de groupe hospitalier, les équipes vivent une interminable dérive : fermetures en série de services entiers de soins (nutrition, hématologie, diabétologie,!), démissions de responsables, valses et inflation de directeurs, perte d’emplois médicaux et paramédicaux, épuisement physique et psychique des soignants, et au final réduction quantitative et qualitative de l’offre de soins.

En cette période d’austérité, il y a un paradoxe : cet hôpital a été largement rénové il y a moins de 5 ans (avec des urgences flambant neuves pour un coût de 4,3 millions d’euros), et c’est l’un de ceux qui fonctionnent le mieux en terme de réduction des temps d’attente, notamment grâce à une filière courte innovante et une fluidité de l’aval. Le 21 février, les deux organisations syndicales AMUF et Samu de France, vous ont écrit pour dénoncer "une crise majeure" et "la débâcle annoncée des services d’urgence, dernier maillon d’une fragile chaîne de solidarité". Si vous voulez empêcher cette catastrophe sanitaire annoncée, cet établissement doit rester un hôpital de proximité avec un service d’urgences et une capacité d'hospitalisation à la hauteur des enjeux et non un dispensaire inutile et coûteux.

Fermer l’Hôtel-Dieu (ou le transformer en hôpital universitaire de santé publique, sans urgences et sans lits, ce qui revient au même), c’est supprimer une offre de soins d’urgences indispensable au centre de Paris, aggraver la saturation des services d’urgences aux alentours et se préparer à en assumer les conséquences sanitaires.

Dr Gérald Kierzek, hôpital Hôtel-Dieu, secrétaire général Hôpital pour tous
Dr Patrick Pelloux, hôpital Necker-Enfants-Malades, président de l'AMUF
Dr Christophe Prudhomme, hôpital Avicenne, collectif médecins CGT
Dr Pierre Taboulet, hôpital Saint-Louis, ex-chef de service (démissionnaire) Saint-Louis

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Published by bruno fornaciari - dans SANTE
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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 08:25

Les communistes engagent la saison 2 du Front de Gauche

Les délégués du 36e Congrès ont débattu de l'avenir de la coalition. Ils proposent d'initier une « coopérative citoyenne ».

Intense débat hier à Aubervilliers au 36e congrès du PCF sur l'avenir du Front de Gauche. La partie du texte d'orientation des communistes qui propose d'engager une nouvelle étape du rassemblement a suscité de nombreuses interventions. « Le Front de Gauche est une construction politique nouvelle, il faut affronter cela avec sérénité » affirme Igor Zamichiei, Secrétaire de la fédération de Paris alors que des inquiétudes s'expriment parmi les congressistes.

Christian, militant de Meurthe-et-Moselle demande par exemple que le principe de non-adhésion directe au Front de Gauche soit inscrit explicitement dans le texte. « Personne ne veut d'un Front de Gauche-Parti donc soyons offensifs » répond Cécile Dumas des Alpes-Maritimes pour qui, le texte laisse une large place « à l'imagination et à la confiance des militants. »

Autre question qui fait débat : l'idée proposée par le texte de Congrès d'une « coopérative citoyenne » à partir d'un constat : « pour franchir une nouvelle étape, le Front de Gauche a besoin d'un lieu où les apports et les expériences d'actrices et d'acteurs du mouvement social, associatif et culturel pourraient se croiser ». Plusieurs intervenants jugent le terme un peu flou, « c'est un objet politique non identifié » assène un jeune délégué qui propose de supprimer le mot. D'autres au contraire le trouvent à l'image de l'objectif des communistes : créer les conditions de l'implication du plus grand nombre dans «un nouveau Front populaire » argumente notamment ELsa Faucillon des Hauts-de-Seine.

« Le choix de l'audace »

Pierre Dharrévile, Secrétaire de la fédération des Bouches-du-Rhône, chargé de superviser la rédaction du texte enfonce le clou : « nous sommes dans un état d'esprit très offensif, nous voulons écrire la saison 2 du Front de Gauche. C'est pourquoi nous n'avons pas retenu les formules restrictives. Le débat sur l'adhésion directe est un peu derrière nous. La coopérative, c'est ouvrir un espace à toutes celles et tous ceux qui veulent nourrir le Front de Gauche de leur intervention et de leurs propositions. »

Resté sur la réserve depuis le début des débats, Pierre Laurent, le Secrétaire national du PCF, intervient à son tour sur le développement du Front de Gauche, axe majeur de la stratégie de son Parti. « Ce que nous construisons depuis 4 ans, c'est quelque chose de profondément inédit. Lors des dernières campagnes nous avons vu une explosion citoyenne qui nous a nous même surpris » rappelle-t-il. Et d'ajouter : « Nous voulons que se construise dans la durée un mouvement populaire puissant, conscient des objectifs qu'il se donne. Le plus grand risque que nous courrons c'est de ne pas être assez audacieux. Ce qui doit dominer notre ambition, c'est l'audace. »

« Nous avons la passion du rassemblement. Nous sommes en train de rassembler avec le Front de Gauche et nous allons encore marquer beaucoup de points ! »conclut Pierre Laurent, convaincant très largement les délégués qui ont adopté cette partie puis l'ensemble du texte.

Léo Purguette (La Marseillaise, le 10 février 2013)

Des militants parlent de l'avenir du Front de Gauche

Anthony, chauffeur de taxi, Alès (Gard)

Le Front de Gauche c'est ce qui m'a fait adhérer. j'ai senti une dynamique différente, une politique ouverte à tous. Ça m'a aussi permis de dépasser les a priori qui sont diffusés sur les communistes notamment à l'école. Je me suis renseigné, j'ai gratté pour voir ce qu'il y avait derrière. J'ai trouvé que le PCF était le Parti le plus légitime pour accueillir mon engagement. Je suis pour qu'on continue le Front de gauche, c'est un espace de liberté.

Évelyne, infirmière, Roquevaire (Bouches-du-Rhône)

Je suis 100% pour le Front de Gauche et en même temps 100% communiste dans le Front de Gauche. Je crois qu'on peut être fermes et exigeants sur nos positions politique et à la fois ouverts et dans un esprit de rassemblement avec nos partenaires. La force du rassemblement c'est notre diversité. Elle doit être visible par la présence des logos dans les tracts et sur les autocollants dans les distributions communes. Dans ma section nous allons impulser des initiatives publiques thématiques à partir notamment de films et dans le souci d'impliquer des jeunes. La coopérative je ne sais pas tout à fait ce qu'on entend par là. Est-ce que s'est un prolongement des assemblées citoyennes ? S'il s'agit d'un espace de coopération à la base, pourquoi pas ?

Rémy, vacataire, Toulon (Var)

J'étais signataire d'un texte alternatif qui a fait plus de 20% dans ma fédération et qui défendait l'existence du PCF contre sa dilution dans le Front de Gauche. Je ne suis pas favorable aux adhésions directes au Front de Gauche. Le PCF doit tenir toute sa place dans le rassemblement, en être le moteur. Il faut ouvrir au mouvement social, aux syndicalistes. En dehors de nous dans ma ville il n'y a pas d'autres forces que le PG. On travaille dans un collectif citoyen à l'échelle de Toulon Provence métropole sur la gratuité des transports, cheval de bataille qui sera le notre en vue des municipales.

Gilbert, finances publiques, Vedène (Vaucluse)

Je pense que derrière le mot « coopérative », tout est à construire. Les assemblées citoyennes sont ouvertes, elles pourraient s'élargir en s'adressant encore plus à tous y compris aux croyants qui se situent dans une démarche humaniste. Nous bataillons contre toutes les stigmatisations dans cette circonscription où Marion Maréchal-Le Pen est élue. Je pense que le développement du Front de Gauche n'est pas contradictoire avec celui du PCF. Syndicaliste, j'ai adhéré au parti il y a trois ans. Le déclic a été la lutte sur les retraites où j'ai senti la nécessité d'une perspective politique.

Jean-Claude, enseignant retraité, Sète (Hérault)

La « saison 1 » du Front de Gauche a été une expérience riche d'enseignements et de réussite. Localement la « saison 2 », nous avons déjà commencé à l'écrire en programmant des débats publics sur le traité budgétaire européen, la compétitivité ou la 6e République. La question des adhésions directes qui s'était posée un temps on y a répondu en disant qu'il y avait le choix entre une grande diversités d'organisations membres du Front. Sur le financement de notre activité commune, il faudra trouver des moyens pour que chaque formation contribue à proportion de ce qu'elle représente. Beaucoup de questions vont se régler dans la vie. Dans le Front de Gauche tout le monde a envie que ça avance et ça c'est très fort.

 

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Published by bruno fornaciari - dans PCF
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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 08:06

Voyage de Hollande en Grèce : « la solidarité, ce n'est pas participer aux privatisations » (Gilles Garnier, PCF)

 

Les propos tenus hier par le Président de la République française en voyage officiel en Grèce sont scandaleux. Pour un Président de gauche qui prétend vouloir réorienter l'Europe vers la solidarité, avant une grève générale dans un pays dévasté par l'austérité, faire le choix de s'exprimer devant le patronat grec et français plutôt que de chercher le dialogue avec les forces qui résistent au pillage de leur pays est une faute grave.

Que valent les belles paroles sur la souffrance du peuple grec quand, au moment où le gouvernement Samaras annonce des privatisations, le Président français annonce que « les entreprises françaises seront prêtes à répondre aux appels d’offres » ? La situation en Grèce serait une aubaine pour développer le commerce extérieur de la France ? Elle devrait plutôt inciter le gouvernement français à ne pas suivre le chemin de l'austérité dans notre pays.

En Grèce, les coupes budgétaires et les privatisations ont déjà limité l'accès de tous à des services de qualité, baissé les salaires et dégradé les conditions de travail des salariés, jusqu'à créer des souffrances poussant aux gestes les plus ultimes. La Grèce traverse une très grave crise humanitaire. Des maladies que l'on croyait éradiquées, la faim, la grande pauvreté et l'exclusion y refont surface.

Un président de gauche ne doit pas se comporter ainsi mais soutenir les résistances et proposer des alternatives européennes permettant le développement des services publics et le redressement productif des pays européens. La solidarité, ce n'est pas participer aux privatisations.

Gilles Garnier, responsable Europe du PCF

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Published by bruno fornaciari - dans EUROPE
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24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 18:07

Territoire

Élections départementales : une «régression du pluralisme»

 

Le conseiller territorial version Sarkozy aboli, le nouveau mode de scrutin imaginé par le gouvernement suscite des critiques chez les communistes et les écologistes, qui craignent un renforcement du bipartisme.

Le conseiller territorial, enfant de Sarkozy, est mort-né. Issu de la réforme territoriale de 2010, ce nouveau mandat, qui aurait remplacé ceux de conseiller général et régional n’a jamais convaincu les élus locaux et encore moins la gauche. Sa disparition et une nouvelle réforme électorale figuraient dans les engagements du candidat François Hollande.

Le projet de nouvelle réforme du mode de scrutin départemental, arrivé hier en séance publique au Sénat, est décrit par le gouvernement comme « unique au monde ». Aux prochaines élections départementales (nouvelle appellation des cantonales), reportées en 2015, les électeurs ne voteront plus pour un conseiller par canton, mais pour deux. Les candidats se présenteront par binômes paritaires et les deux seront élus s’ils arrivent en tête. Le gouvernement veut ainsi imposer la parité aux assemblées départementales, dans lesquelles les femmes n’occupent aujourd’hui encore que 13,8 % des sièges. « Pour remplacer le conseiller territorial que voulait mettre en œuvre Nicolas Sarkozy, François Hollande avait annoncé un nouveau mode de scrutin dans les départements fondé sur deux principes : ancrage territorial et parité », rappelait hier Manuel Valls.

Éliane Assassi assure, au nom du groupe communiste républicain et citoyen (CRC), qu’elle préside : « Nous comprenons et partageons la volonté de parité. » Mais le deuxième principe, l’ancrage territorial, « régression du pluralisme », pose problème : les communistes, mais aussi les écologistes, lui auraient préféré un scrutin à la proportionnelle. Car même avec deux élus par canton, le gouvernement n’augmentera pas le nombre de conseillers départementaux. Il faudra un redécoupage des cantons pour réduire leur nombre de moitié. C’est là que le bât blesse : deux conseillers sur deux cantons pouvaient avoir une couleur politique différente. Élus en binôme sur un seul canton, ils seront issus des mêmes rangs. « L’élection départementale deviendra la seule élection sans proportionnelle », dénonce Éliane Assassi, qui y voit « un anachronisme démocratique ». La présidente du groupe CRC note bien des accords, mais, conclut-elle à l’adresse des ministres, « malheureusement, votre projet ne permet pas de poursuivre ce double objectif : parité et pluralisme ».

Le nombre de députés réduit ?

Dans son édition datée d’aujourd’hui, le Monde affirme avoir été informé de l’intention de François Hollande de réduire le nombre de députés à la faveur de la réforme des régimes électoraux 
qu’il a engagée. Il s’agirait donc de bien plus que l’introduction 
d’une dose limitée de proportionnelle, que le candidat Hollande avait promise. Pour nos confrères, cette proposition pourrait 
être soumise au vote des Français lors d’un référendum, mais 
pas dans l’immédiat, les priorités de l’exécutif se trouvant ailleurs. Le chef de l’État voudrait ainsi « renforcer le rôle du législatif et garantir l’expression du pluralisme ». Pour le Monde, cette proposition trouverait déjà des échos au-delà des partisans 
du président, notamment au Modem de François Bayrou.

Adrien Rouchaleou

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BRUNO FORNACIARI

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