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26 décembre 2012 3 26 /12 /décembre /2012 18:40

 

  - le 26 Décembre 2012

Tunisie

La Tunisie, deux ans après : "Nous voulons du boulot, bande de voleurs"

De notre envoyé spécial en Tunisie. Les islamistes sont-ils en train de mettre le pays en coupe réglée ? Rien de moins sûr. Ennahdha n’a pas tenu ses promesses sociales. La révolte gronde, notamment dans les régions d’où est partie, en 2010, la protestation qui a fait chuter Ben Ali.


Deux ans après le geste de Mohamed Bouazizi – immolation par le feu le 17 décembre 2010 – qui allait donner le signal d’un mouvement populaire conduisant à la chute du régime de Ben Ali, l’islamisme est-il sur le point d’imposer son ordre social ?

 

Certes, la fin du régime de Ben Ali a levé le couvercle sur une réalité : une grande partie de la population vivant en marge du progrès et travaillée au corps par les islamistes. Une réalité bien éloignée des clichés modernistes véhiculés par la propagande de l’ex-régime. Et que certains démocrates tunisiens refusaient de voir, répétant que la Tunisie, grâce à Bourguiba, avait une longueur d’avance sur ses voisins algériens et marocains et que la greffe islamiste ne prendrait pas. Mais à quel prix ? La modernisation autoritaire de la société entreprise depuis 1956, et surtout sous l’ère Ben Ali, mettant entre parenthèses la démocratie et le respect des droits de l’homme, n’a fait que reconduire, au fil des ans, les impasses politiques ayant permis aux courants conservateurs et rétrogrades de prospérer et d’instrumentaliser, au nom de Dieu, la détresse sociale du plus grand nombre à des fins politiques.

 

Exploitant la division des partis progressistes et laïcs, dont une bonne partie venait à peine d’être créés, les islamistes d’Ennahdha, dont la force reposait sur leur réseau d’associations caritatives, les mosquées et des ressources financières considérables, n’ont eu aucun mal à s’imposer sur le terrain, raflant, en octobre 2011, 40 % des sièges à l’Assemblée constituante. Mais, ne disposant pas de la majorité, ils ont été contraints de s’allier à deux formations de centre gauche, Ettakatol (le Forum démocratique), de Mustapha Benjaafar, actuel président de l’Assemblée constituante, et le Congrès pour la République (CPR), du président Moncef Marzouki, pour former un gouvernement. Et ce tout en feignant de renoncer à imposer la charia comme principale source de la législation.

 

Choyé par les États-Unis, Ennahdha est, aux yeux de l’Occident capitaliste, une force fréquentable à montrer en exemple ! Au mieux, un parti de centre droit, genre démocrate-chrétien, au pire un parti islamo-conservateur, mais pas du tout de type messianique, comme se plaisent à le présenter certains commentateurs. En vérité, Ennahdha, parti de riches, n’a jamais renoncé publiquement aux fondamentaux politico-religieux qui sous-tendent sa stratégie de conquête du pouvoir.

 

Un an après la victoire électorale des islamistes, une grande partie des Tunisiens réalisent qu’ils n’ont pas tenu leurs promesses d’amélioration sociale : pouvoir d’achat en baisse, taux de chômage de plus de 20 %, taux de pauvreté avoisinant les 25 %, un secteur touristique, faisant vivre plus de deux millions de Tunisiens, en berne.

 

Qui plus est, la croissance ne sera pas au rendez-vous en 2013 ! « Depuis ce matin, j’ai du mal à vendre. Il y a de moins en moins d’acheteurs », se plaint ce poissonnier du port de la Goulette. Une antienne que l’on entend un peu partout. Aussi, rien de surprenant qu’en novembre et décembre, le ressentiment et l’exaspération des laissés-pour-compte, des chômeurs et des couches pauvres de Siliana, Sidi Bouzid, Kasserine, Gafsa, scandant : « Nous voulons du boulot, bande de voleurs », s’expriment dans la rue sous forme d’affrontements violents avec les forces de l’ordre ! Avec en toile de fond une multiplication des agressions contre les femmes, les rassemblements des partis de gauche, le saccage des sièges de l’UGTT, à l’intérieur du pays mais aussi à Tunis même, œuvre d’une organisation, les Ligues de protection de la révolution, affiliées, dit-on, au parti Ennahdha, et qui n’ont jamais été inquiétées.

C’est dans ce contexte que le syndicat UGTT a appelé à une grève générale pour le 13 décembre, pour exiger la dissolution de ces milices, avant d’y renoncer, par crainte de ne pas être en mesure de contrôler la situation. « Dans un contexte de division des forces progressistes et de tensions extrêmes, les milices islamistes auraient pu exploiter la situation et pousser au chaos », explique un syndicaliste. C’est d’ailleurs l’argument avancé par le secrétaire général de la centrale syndicale, notamment la situation sécuritaire dans le nord-ouest tunisien – accrochages avec des groupes islamistes armés entraînant la mort d’un gendarme. La crainte d’un scénario à l’égyptienne a également conduit le gouvernement à s’engager par écrit à prendre des mesures pour assurer la sécurité dans le pays.

 

Pour autant, en dépit de ce qui s’est passé l’été dernier – multiplication des incidents, aussi spectaculaires que violents, sur fond de surenchère identitaire et religieuse, faisant craindre le pire –, mais aussi pas plus tard que mardi, où la réunion du parti Nidaa Tounes, à Djerba, a été attaquée par des nervis islamistes, la Tunisie ne donne pas l’image d’un pays sombrant sous la coupe des fanatiques. L’affirmation, véhiculée par des médias européens, que des milices salafistes ferment les débits de boissons alcoolisées, intiment aux femmes le port du voile ou interdisent aux couples et aux femmes de s’attabler aux terrasses des cafés du centre de Tunis, est exagérée. Les femmes, notamment, occupent l’espace et se battent pour faire valoir leurs droits comme en cette soirée d’août, en plein mois de jeûne du ramadan, où elles étaient plusieurs milliers à défier les islamistes en manifestant dans le centre de Tunis. Elles sont loin de raser les murs comme s’ingénient à l’assurer ces mêmes médias.

  • Lire aussi :

Sami Dhahri, secrétaire général adjoint de l’UGTT : « Ennahdha fait dans la diversion »
Première victoire pour les syndicalistes de l’UGTT

Ennahdha joue avec le feu

Hassane Zerrouky

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26 décembre 2012 3 26 /12 /décembre /2012 18:35

MONTEBOURG mine le Parc Amazonien de Guyane

En Guyane française, le Ministère du Redressement Productif vient de délivrer un permis d’exploitation minière dans un secteur du Parc National interdit à l’activité minière. Nos organisations ne comprennent pas cette décision unilatérale à contre-courant et demandent une annulation de cette autorisation incohérente.


Arnaud MONTEBOURG, le Ministre du Redressement Productif, vient de signer un arrêté octroyant à la société minière REXMA un permis d’exploitation minière de 10 km² à quelques encablures à peine du bourg de Saül, village porte du Parc Amazonien en Guyane, plus grand Parc National français.

Ce secteur écotouristique n’a pourtant absolument pas vocation à accueillir une mine industrielle. Le permis accordé est constitué par la partie amont de la vallée alluviale de la Crique Limonade, classée en zone de libre adhésion du Parc National. Directement en aval du permis, le bassin de la Crique Limonade bascule en zone cœur. Ce projet, risquant de porter atteinte non seulement à l’aire d’adhésion mais aussi cœur du Parc National, illustre à nouveau les difficultés que rencontrent les différents Parcs Nationaux et qui ont été dénoncées récemment par nos organisations ¹.

Par ailleurs, depuis le 1er janvier 2012 le Schéma Départemental d’Orientation Minière (SDOM) classe l’ensemble de la zone comme étant interdit aux activités minières, en raison notamment de l’importante richesse biologique du secteur.

Cette décision unilatérale d’Arnaud MONTEBOURG intervient dans un contexte local d’opposition au projet très marquée. Ainsi dès 2006, pour satisfaire les intérêts particuliers de l’entreprise, le Ministre de l’Industrie de l’époque avait autorisé les recherches minières dans ce secteur en passant outre les avis défavorables du Maire, de la Commission Départementale des Mines et du Préfet. Aujourd’hui encore, les habitants, la municipalité, les associations, ainsi que certaines collectivités et grands élus de Guyane s’indignent contre cette autorisation injuste.

Nos organisations ne comprennent pas cette décision ministérielle à contre-courant, intervenant dans une période bien particulière de réforme du Code Minier, de passage en consultation de la Charte du Parc Amazonien et de fragilisation des parcs nationaux.

Benoît Hartmann, porte-parole de FNE : « Nos organisations demandent l’annulation du permis. On ne peut plus se permettre de délivrer des permis qui mettent en danger le Parc National, de surcroît, en contradiction avec le Schéma Départemental d’Orientation Minière ».

¹ /fr/nos-dossiers/biodiversite/parcs-nationaux/

Télécharger la première carte en format PDF.

Télécharger la deuxième carte en format PDF.

Télécharger ce communiqué en format PDF.
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26 décembre 2012 3 26 /12 /décembre /2012 15:40
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26 décembre 2012 3 26 /12 /décembre /2012 12:48

 


 
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26 décembre 2012 3 26 /12 /décembre /2012 09:25

Une nouvelle victoire de Siné contre l’éditocratie

 

par Mathias Reymondle 24 décembre 2012


Charlie Hebdo a été  condamné une nouvelle fois par la justice à verser des dommages et intérêts au dessinateur Siné pour rupture abusive du contrat qui le liait au journal. Si nous nous réjouissons de cette victoire pour la liberté d’expression nous n’oublions pas aussi d’apporter notre soutien à Siné.


Rappel des faits : en juillet 2008, Charlie Hebdo publie une chronique de Siné dans laquelle celui-ci dénonce le prétendu opportunisme religieux de Jean Sarkozy. Extrait : « il vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d’épouser sa fiancée, juive, et héritière des fondateurs de Darty. Il fera du chemin dans la vie, ce petit ! » S’en suit une véritable fronde contre le caricaturiste qui mène à son licenciement de Charlie Hebdo pour cause « d’antisémitisme ».

 

Une grande partie des patrons de presse, des éditocrates et des philosophes de télévision ont alors soutenu Philippe Val – directeur de l’hebdomadaire – dans sa purge anti-Siné. Ainsi, Bernard-Henri Lévy, Alexandre Adler, Claude Askolovitch, Pascal Bruckner, Robert et Élisabeth Badinter, Laurent Joffrin... mais aussi Dominique Voynet ou Bertrand Delanoë n’hésitent pas à prendre leur plume pour attaquer Siné. La plupart de la rédaction de Charlie Hebdo se range même derrière Val dans cette affaire [1].

 

Pourtant, pour qui connaît un peu Siné et son œuvre, l’accusation d’antisémitisme est dénuée de fondement et même complètement farfelue. Ainsi que nous le rappelions en 2008 dans un article de soutien à Siné [2], ce licenciement est donc une véritable atteinte à la liberté d’expression.

 

Depuis, que s’est-il passé ? Philippe Val quitte Charlie Hebdo en 2009 pour prendre la direction de France Inter et renvoyer quelques chroniqueurs encombrants [3]. Il laisse la gestion de l’épave satirique à Charb qui n’a pas brillé par son courage dans cette affaire comme nous l’écrivions dans notre article sur l’histoire de Charlie Hebdo. En effet, au moment du licenciement de Siné, Charb était rédacteur en chef adjoint et avait pris parti... contre le chroniqueur, dans un éditorial amphigourique dans lequel il expliquait que Siné avait porté « atteinte » aux « valeurs essentielles » de Charlie Hebdo (rires).

 

Siné de son côté, soutenu par des milliers de personnes, a remonté la pente et lancé un hebdomadaire (Siné Hebdo) en septembre 2008 qui s’est muté en mensuel trois ans plus tard (Siné Mensuel). Mais surtout Siné a gagné. À deux reprises. Une première fois [4], le 30 novembre 2010, quand le tribunal de grande instance (TGI) a rendu un jugement dépourvu de toute ambiguïté : « Il ne peut être prétendu que les termes de la chronique de Maurice Sinet sont antisémites, (…) ni que celui-ci a commis une faute en les écrivant (…). [De plus,] Il ne pouvait être demandé à Siné de signer et faire paraître une lettre d’excuse »Charlie Hebdo (plus précisément la société Les Éditions Rotatives) a été condamné à verser 20 000 euros à Siné pour rupture abusive de contrat.

 

En outre, pour le TGI,« la médiatisation de la rupture et le caractère humiliant de son annonce apprise en même temps que les lecteurs par la publication du numéro du 16 juillet 2008, ont causé à Siné un préjudice moral qu’il convient d’indemniser en lui allouant la somme de 20 000 euros ». Soit un total de 40 000 euros auquel il faut ajouter 5 000 euros de frais de justice.

 

Pourtant Charlie Hebdo a préféré faire appel. Et c’est ainsi que Siné vient de remporter une deuxième victoire, avec un jugement encore plus terrible pour l’hebdomadaire :

 « Charlie Hebdo est condamné une nouvelle fois par la justice à verser des dommages et intérêts au dessinateur Siné pour rupture abusive du contrat qui le liait au journal depuis 16 années. L’hebdomadaire dirigé par Charb devra également publier sur la couverture, un communiqué judiciaire sur un bandeau de 15 centimètres de haut sur toute la largeur sous peine d’astreinte de 2000 € par semaine. La cour d’appel de Paris par un arrêt du 14 décembre 2012 confirme ainsi le jugement de tribunal de grande instance de Paris du 30 novembre 2010. La cour condamne le journal à verser 90 000 € de dommages et intérêts et 15 000 € pour les frais de justice au lieu des 40 000 € et des 5000 € attribuées lors du premier jugement. » (extrait du communiqué de presse de Siné) [5]

 

Nous rappelions qu’au moment du premier jugement, les juges médiatiques de Siné (nommés plus haut) n’avaient pas fait la publicité de cette condamnation... Cette fois-ci, le silence est assourdissant.

 

À l’époque des faits, Laurent Joffrin, alors directeur de Libération, mais également proche de Philippe Val, s’était fendu de deux articles qui ne faisaient pas preuve d’une grande honnêteté intellectuelle. Dans le premier il n’hésitait pas à comparer la phrase de Siné aux œuvres complètes de Drumont, Maurras ou Brasillach. Dans le second, que nous avions décrypté en long et en large ici-même, il accumulait les insinuations, multipliait les omissions et surtout, réécrivait l’histoire. Maintenant que Siné a gagné deux fois, Joffrin, parti de Libération pour Le Nouvel Observateur, a choisi le silence. Quant au nouvelobs.com, il s’est contenté de reproduire le communiqué de l’AFP annonçant la victoire de Siné... sans rappeler les virulentes prises de position de Joffrin.

Les éditocrates ont la mémoire courte... ou la mémoire sélective.

Mathias Reymond

Notes

[1] Courageux, Tignous et Willem avaient publiquement soutenu Siné. Michel Polac et François Cavanna ont fait de même par la suite...

[2Face à Philippe Val, Charlie Hebdo et BHL, Acrimed soutient Siné.

[3] Voir notre article : « Le bal des faux-culs sur France Inter ».

[4] Voir notre article ici-même.

[5] Si l’on calcule bien, cela fait un total de 105 000 euros pour Siné... alors qu’il en a dépensé 100 000 en frais de justice pour les différents procès.

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25 décembre 2012 2 25 /12 /décembre /2012 11:54

 

Affairisme et information. Mauvais ménage

L’arrivée de Bernard Tapie à la tête de La Provence et des quotidiens régionaux du Sud-Est, s’est réalisée grâce à l’argent public acquis dans des conditions extrêmement troubles, sous le pouvoir UMP de Nicolas Sarkozy et Christine Lagarde.
Pour cette acquisition, la bienveillance des banquiers a semblé être de mise. C’est le règne de l’affairisme, nous n’en sommes pas surpris, puisque nous le dénonçons chaque jour qui passe.

Un retour de Bernard Tapie en politique relèverait du burlesque. Il faut d'ores et déjà s’inquiéter pour l’avenir de la presse quotidienne régionale, dont notre démocratie a grand besoin pour informer et faire vivre le débat public.

 

Le goût de la com est une chose, le goût de l’information en est une autre. Les entreprises de presse ont déjà subi ces dernières années de larges coupes claires. Le changement de propriétaire, avec sans aucun doute quelques espoirs de rentabilité ou de plus-value, nous inquiète.

 

La situation des quotidiens de la presse écrite est catastrophique, comme en témoigne cette affaire. Elle risque d’être encore aggravée par la dégradation des conditions de distribution. Les pouvoirs publics doivent en prendre la mesure et agir, afin que la presse cesse de réduire la voilure et qu’elle ne puisse pas être le joujou d’affairistes en quête de tribune.

 

Pierre Dharréville, Secrétaire départemental du PCF13

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25 décembre 2012 2 25 /12 /décembre /2012 02:32
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24 décembre 2012 1 24 /12 /décembre /2012 18:50

 

Médias - le 31 Août 2012

De nouvelles pages d’histoire pour préparer l’avenir

Notre journal lance une collection exceptionnelle consacrée à des événements marquants du XXe siècle. Richement illustré, le premier volume rassemble vingt-sept articles. 


La grande histoire du XXe siècle vue, écrite, parfois vécue par de grandes plumes de l’Humanité et illustrée par les plus grandes signatures du photojournalisme... C’est le pari réussi de l’Humanité Histoire. Les grands événements du XXe siècle. Une nouvelle collection exceptionnelle consacrée à l’histoire que lance l’Humanité. Le premier volume est sorti jeudi. Il rassemble une sélection de vingt-sept articles parus dans les pages « Il était une fois » que vous retrouvez chaque semaine dans l’Humanité Dimanche depuis 2006.

 

Présenté en 160 pages et illustrés de plus de 300 photos, l’ouvrage se veut « un kaléidoscope du XXe siècle » selon les mots passionnés d’André Ciccodicola, rédacteur en chef de l’Humanité Dimanche et responsable de cette nouvelle collection. La place de l’image y est centrale. « On peut aussi lire ce précieux document en regardant les photographies », poursuit André Ciccodicola, soulignant leur grande qualité.

 

En le feuilletant, on passe ainsi de la crue de la Seine qui submerge Paris en 1910 à la grande crise de 1929, la guerre d’Espagne en 1936, les manifestations étudiantes contre l’occupant allemand en 1940 ou encore l’attaque de Pearl Harbor par les Japonais en 1941, le mouvement social de l’industrie sidérurgique française en 1979, la mort tragique de Coluche en 1986... Cette plongée dans la mémoire fait revivre des anecdotes à travers le regard original des journalistes. « Qui se souvient, par exemple, de la première équipe de football d’Algérie, en 1958, porte-drapeau d’une nation qui n’existe pas encore », raconte André Ciccodicola.

 

« Par leur diversité d’objet, dans leur continuité, à travers la multiplicité de leurs auteurs qui sont la plupart du temps des journalistes hautement qualifiés (...), ces chroniques consacrées à des épisodes, des faits ou des acteurs du XXe siècle, balisent une juste représentation de ce qu’on pourrait qualifier de moments significatifs de l’histoire du temps présent », estime l’historien Claude Mazauric à qui l’on a confié la préface de l’ouvrage.

 

Pour Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité, qui en signe l’éditorial, ces articles « redonnent sens et émotion à de grands épisodes historiques ». « Les dates marquantes et les événements appartiennent à la mémoire collective et forment l’intelligence du monde, souligne-t-il. Ils restent toujours des points de repère et façonnent les valeurs que nous voulons transmettre aux générations futures. »

 

Le volume relié est mis en vente sur le site Internet de l’Humanité et dans les Maisons de la presse à un prix de lancement de 9 euros. Avec l’objectif de publier ces ouvrages de qualité plusieurs fois par an. Il sera aussi disponible à la Fête de l’Humanité. Pour la rédaction, il s’agit aussi de perpétuer les valeurs de Jean Jaurès, le fondateur de l’Humanité, qui écrivait : « L’histoire enseigne aux hommes la difficulté des grandes tâches et la lenteur des accomplissements, mais elle justifie l’invincible espoir. » Une pensée mise en exergue dans cette nouvelle publication et qui nous servira de guide.

 

 

Anna Musso

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24 décembre 2012 1 24 /12 /décembre /2012 18:34

 

Culture - le 24 Décembre 2012

Hommage Aragon

Roland Leroy "Il n’existe pas plusieurs Aragon se contredisant. Il existe un homme multiple mais unique"

directeur de L’Humanité de 1974 à 1994, intime d’Aragon.

 

Demander à des hommes et à des femmes différents de parler d’Aragon ou d’écrire sur lui, c’est ouvrir la voie à des textes qui se compléteront, se répéteront, mais qui ne devraient jamais se contredire. Car mon opinion est solidement établie qu’Aragon a toujours été le même homme, certes se modifiant car sa pensée s’enrichissait sans cesse, sa vision du monde pénétrait un avenir toujours plus lointain.


Le hasard ou les circonstances historiques ou accidentelles ont fait qu’Aragon a tenu une place importante dans ma vie, dès mon adolescence. Mes premières actions dans la Résistance furent que, tout jeune, j’eus à distribuer des numéros clandestins de la presse communiste. Aux exemplaires de l’Humanité, de l’Avant-Garde, de la Vie ouvrière se trouvaient mêlés ceux des Lettres françaises. Puis, dès la Libération, je lus avec passion les Beaux Quartiers,

 

Aurélien… C’est au congrès de Gennevilliers du Parti communiste français, en 1950, que nous fûmes, en même temps, élus pour la première fois au Comité central du PCF. Les circonstances ont fait que nos relations personnelles se sont faites plus proches et plus amicales lorsque, il me semble que c’est fin 1955 ou début 1956, je visitai avec lui le musée de Rouen pour qu’il y voie les tableaux de Géricault, le héros de la Semaine sainte en cours d’écriture. À partir de ce moment, nos relations personnelles devinrent amicales. Elles se resserrèrent fortement lorsque la direction du Parti communiste me confia la responsabilité des « activités intellectuelles et culturelles ».

 

Les souvenirs se bousculent de nos relations quasi quotidiennes et profondément amicales. Les journées au moulin de Saint-Arnoult, les longues conversations, les inquiétudes politiques, les moments difficiles… la mort de Georges Sadoul, les problèmes avec Roger Garaudy, mai 1968 et sa rencontre faussement impromptue avec Cohn-Bendit, l’invasion soviétique en Tchécoslovaquie. Puis aussi des souvenirs de certains côtés plutôt amusants, par exemple, une rencontre soigneusement préparée avec René Char et sa simulation d’étonnement au moment de la rencontre, la visite chez Jacqueline Picasso, peu de temps après la mort de Pablo…

 

Je partage l’opinion exprimée il y a peu de temps par Maurice Ulrich, qui met en garde contre le fait qu’« il se trouve toujours, dans les milieux intellectuels des esprits brillants… pour ne retenir qu’un Aragon en tranches. Il y aurait le surréaliste, l’auteur des poèmes de la Résistance, puis l’homme de parti et puis l’homme vieillissant… » (1). Oui, la vérité c’est qu’il n’existe pas plusieurs Aragon se contredisant. Il existe un homme multiple mais unique dont la vie est faite de mouvements, de développements, d’épanouissements ; un homme, chevalier du « réalisme socialiste » qui ne doit pas être considéré comme une école fermée. Au contraire, sa conception est toujours valable : « Un réalisme socialiste ne peut être un réalisme de routine. Il doit, comme le socialisme, avoir constamment le caractère expérimental, il doit être un art de perpétuel dépassement. Rien ne lui est plus opposé que la formule, la recette, la répétition. Et, qu’il s’agisse de la peinture ou de l’écriture, l’art c’est toujours la remise en question de l’acquis, c’est le mouvement, le devenir » (2).

 

À cet égard, j’ai déjà exprimé mon regret que le Parti communiste ait durant longtemps fait le silence sur le fait que Paul Éluard le quitta au début de l’année 1932 et publia un texte plus que vigoureux contre Aragon dont il disait qu’il « devient un autre et son souvenir ne peut plus s’accrocher à moi ». C’était là un aspect de la rupture entre les surréalistes et les intellectuels membres du Parti communiste. Cette rupture avait plusieurs aspects. Elle s’exprime aussi dans le ralliement d’André Breton au trotskisme. Le même Éluard écrira en 1949 : « De tous les poètes que j’ai connus, Aragon est celui qui a le plus raison, raison contre les monstres et raison contre moi » (3).

 

Aussitôt après la mort d’Elsa, nous étions quelques-uns proches de lui. Edmonde Charles-Roux en était. À ce moment, j’ai proposé à Louis des occupations le liant à la vie. Il effectua plusieurs déplacements en Seine-Maritime, à Saint-Étienne-du-Rouvray et au Havre, et nous fîmes un voyage en Hongrie où nous avons rencontré, notamment, les grands écrivains Georges Illyes, Tibor Dhéry. Naturellement, nous rencontrâmes aussi Janos Kadar qui nous reçut très chaleureusement. La veille de notre départ de Paris avait paru les Lettres françaises, avec un article très vif qui revenait vigoureusement contre l’intervention en Tchécoslovaquie. À l’inverse des Soviétiques, les dirigeants hongrois ne critiquaient pas les Lettres françaises. Durant notre séjour à Budapest, un matin, il me lut de sa voix monotone un long passage de Matisse Roman qu’il avait écrit dans la nuit. La matinée qui suivait était consacrée à la réception par l’Union des écrivains. Je ne l’accompagnai pas et vins seulement le rejoindre en fin de matinée. À mon arrivée, une amie hongroise me dit : « Il parle depuis trois heures et demie. Il a d’abord parlé quelques minutes puis demandé des questions, il répond toujours à la première. » M’apercevant alors, Louis dit : « Que vous dirais-je de plus ? Rien, sinon que je n’ai pas écrit une ligne depuis la mort d’Elsa. »

 

Un autre aspect mérite d’être précisé. À la fin de sa vie, Aragon a exprimé sa douleur. Nous avions été obligés par les nécessités économiques à prendre la décision de cesser la publication des Lettres françaises. Cette décision fut prise par trois personnes : Louis, Georges Gosnat, alors trésorier du PCF, et moi-même. Au même moment les Nouvelles littéraires, le Figaro littéraire étaient contraints à la disparition. Nous vivions alors une période douloureuse, mais nous la vivions ensemble. Louis et son parti ne s’éloignaient pas, ne se séparaient pas, ils se serraient l’un contre l’autre.

 

De toute la période qui va du 20e Congrès du PCUS et des événements de Hongrie jusqu’à la fin de sa vie, on peut évoquer des moments douloureux et courageux pour lui : de la réécriture des Communistes jusqu’à la Valse des adieux. La douleur ne l’empêcha jamais de prouver son courage. Ses colères ne l’ont jamais conduit au renoncement, au contraire…

 

« Hommes de demain soufflez sur les charbons. À vous de dire ce que j’y vois. »

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24 décembre 2012 1 24 /12 /décembre /2012 13:03

24-12-2012

Rétablissement de la retraite à 60 ans pour tous et à taux plein

André Chassaigne interpelle Monsieur le Monsieur le ministre du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social sur le rétablissement de la retraite à 60 ans pour tous et à taux plein.

Fin octobre 2012, en France métropolitaine, 5 202 500 personnes étaient inscrites à Pôle Emploi, toutes catégories confondues. La situation de l’emploi continue de se dégrader chaque mois, avec des difficultés de retour à l’emploi toujours plus difficiles pour les jeunes et les plus de 50 ans.

La réforme des retraites de juillet 2011 a imposé un report de l’âge légal de départ en retraite progressif à 62 ans d’ici 2017, et à 67 ans pour un départ à taux plein quel que soit le nombre de trimestres cotisés. Dans la situation économique que connaît notre pays, ces reculs sociaux font bondir chaque mois le nombre de salariés âgés licenciés dans les chiffres du chômage, alors qu’ils auraient pu bénéficier d’un départ à 60 ans.

Ces mesures plongent également plusieurs milliers de chômeurs âgés en fin de droits dans la plus grande précarité, au RSA, voire sans aucune ressource, avant d’avoir atteint l’âge légal, souvent parce que ne sont pas pris en compte l’intégralité des périodes de chômage ou de congés maternité dans le calcul des trimestres cotisés.

Chaque année 700 000 jeunes entrent sur un marché du travail atone, concourant ainsi à allonger considérablement le délai avant le premier emploi, et encore plus avant le premier stable. Les conséquences en matière de financement de notre système de retraite, et de perspectives de retraite pour ces nouveaux entrants sont dramatiques.

Seule une réforme des retraites juste, rabaissant l’âge de départ légal de la retraite à 60 ans pour tous et à taux plein est à même d’enrayer l’augmentation massive du chômage, de favoriser l’entrée des jeunes dans l’emploi et de lever les situations de précarité des chômeurs âgés en fin de droits. Elle pourrait mobiliser de nouvelles ressources pour le financement de notre régime de retraite par répartition, en touchant notamment les revenus financiers et en modulant les cotisations patronales d’assurance vieillesse en fonction des choix des entreprises en matière de répartition des richesses.

En conséquence, il souhaiterait connaître la position de Monsieur le ministre sur ces mesures de justice et de progrès pour nos concitoyens.


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BRUNO FORNACIARI

HPIM3303

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