Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
12 mai 2016 4 12 /05 /mai /2016 06:35

Jean Grellier député PS du Nord-Deux-Sèvres soutien la loi El Khomry, comme il avait soutenu, l'ANI, le CICE, la déchéance de nationalité etc... bref, un véritable député de droite affilié au PS.

Il faut noter que dans le département Madame Gaillarde et Monsieur Bachelay tous deux députés PS ont apposé leur signature pour une motion de censure de gauche. Ils sont parmi les 28 députés socialistes à l'avoir fait. Bravo et merci à eux.


Concernant Jean Grellier, il faut savoir que l'association Pour une démocratie directe qui dénonce la "pratique" de l'acquisition de leur permanence par des députés, pour leur compte personnel, grâce à leur indemnité représentative de frais de frais de mandat (IRFM) l'a recensé comme un "des 24 qui sont sont cités dont le député socialiste des Deux-Sèvres Jean Grellier," qui indique au site d'informations francetvinfo.fr "avoir acheté en 2008 sa permanence grâce à un prêt de l'Assemblée nationale sur dix ans, remboursé à hauteur de 600 euros par mois via son IRFM."

"Je ne sais pas du tout ce que j'en ferai à la fin de mon mandat. Je ne veux pas faire une plus-value ou en profiter", assure-t-il.

D'un montant de 5 770 euros brut mensuels, l'IRFM s'ajoute à la rémunération nette du député et à son enveloppe pour payer ses collaborateurs. Elle fait l'objet de polémiques régulières sur son opacité et son éventuel usage à des fins personnelles, pour des cadeaux ou des voyages.
La présidence de l'Assemblée, le "déontologue" de l'institution et les questeurs - députés chargés de sa gestion - travaillent actuellement à une réforme de l'IRFM pour contrôler son utilisation, selon des sources parlementaires concordantes. Cette réforme doit être présentée en février au bureau de l'Assemblée, sa plus haute instance collégiale.

Repost 0
Published by bruno fornaciari
commenter cet article
11 mai 2016 3 11 /05 /mai /2016 06:29

"Le policier me dit de crier un bon coup, tire sur mon doigt et le remet à peu près"

Les CRS semblent paumés. Que faire après ce coup de pression? Ils nous menottent avec un serre-flex. Ma main droite ne réagit plus bien. Ils m'assoient dos au mur. Ils arrachent mon bonnet et réalisent que je suis une femme… Ils me demandent d'enlever mon sac à dos pour fouiller. Je réponds : "OK, mais je crois que vous m'avez cassé la main." Un gradé dit : "On va voir ça." Il ôte le serre-flex. Mon doigt fait un angle droit. Je le sens embarrassé. Dans mon sac, rien, à part mes outils de travail, une caméra et un appareil photo. Il me propose de me replacer le doigt. Difficile de lui faire confiance… et aussi de refuser. Il me dit de crier un bon coup, tire sur mon doigt et le remet à peu près. Enfin, ils me libèrent.

Aux urgences de Lariboisière, vers 3 heures, le médecin opère une "réduction" sur ma fracture, entre le métacarpien et la phalange. J'ai un plâtre pour six semaines. Sur mes cuisses, d'énormes hématomes. Les traces de matraque sont visibles.

"Je n'avais jamais éprouvé cette violence de guerre dans mon corps"

Très vite, un mot me vient : lynchage. Je vais porter plainte. J'ai conscience que l'impunité des violences policières décourage la plupart des victimes, surtout si elles sont de banlieue, noires, arabes ou avec un casier… Certaine de prouver mon innocence avec les vidéos, je veux profiter de mon statut pour dénoncer ces faits que d'autres vivent souvent.

Lundi, à l'IGPN, le policier qui me reçoit est calme, doux, précis, bien intentionné. Plus je raconte, plus je le sens choqué. Je sors au bout de trois heures. Ils vont enquêter, me disent-ils. Mardi, le photographe a témoigné. Je sais que les plaintes sont souvent classées mais je remuerai ciel et terre. Je n'avais jamais éprouvé cette violence de guerre dans mon corps. Mes blessures sont ostensibles. Aux urgences médico-légales, on m'a mis 15 jours d'ITT. Mais ce soir-là tous mes amis ont pris des coups ou été gazés. Or plus les policiers sont violents, plus ils nous radicalisent dans l'union."

Juliette Demey - Le Journal du Dimanc

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans ACTUALITES
commenter cet article
11 mai 2016 3 11 /05 /mai /2016 05:17

Le groupe Front de gauche à l'Assemblée veut rassembler frondeurs et écolos autour d'une motion de censure

Mardi 10 Mai 2016 à 16:45

Bruno Rieth

Ce mardi 10 mai à l'Assemblée nationale, après l'annonce par Manuel Valls de l'utilisation du 49-3 pour faire passer la loi Travail, André Chassaigne, patron des députés Front de gauche, s'est livré à une lourde charge contre le gouvernement accusé d"'user d'un triple coup de force" avec l'usage de "la procédure la plus anti-démocratique de notre Constitution". Il a par la suite réuni une douzaine de députés frondeurs et écolos pour tenter d'élaborer ensemble une motion de censure.

André Chassaigne veut réunir frondeurs et écolos pour déposer une motion de censure contre le gouvernement - CHAMUSSY/SIPA

Atmosphère tendue à l'Assemblée nationale. Après l'annonce de Manuel Valls de l'utilisation du 49-3 sur le projet de réforme du code du travail, le premier à prendre la parole est André Chassaigne, président du groupe Front de gauche à l'Assemblée. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que l'élu communiste est passablement énervé. Face à ses collègues parlementaires, il se livre alors à une charge sans concession contre le Premier ministre :

"Monsieur le Premier ministre, vous venez d'annoncer le recours à la procédure la plus anti-démocratique de notre Constitution, l'article 49-3, pour empêcher la représentation nationale de débattre et de voter contre le projet de loi Travail. C'est là, la manifestation de l'impuissance d'un gouvernement replié sur lui-même pour ne pas dire aux abois qui, à défaut d'une majorité, préfère user d'un triple coup de force.

Coup de force contre le monde du travail qui signe une régression historique du droit du travail par la remise en cause des droits des salariés. Qui aurait pu imaginer qu'un gouvernement se réclamant de la gauche, ose ainsi anéantir notre modèle social, fierté de notre pays ? Qui aurait pu imaginer qu'un gouvernement se réclamant de la gauche balaye ainsi, d'un revers de main, le principe de faveur, grande conquête du Front populaire ? Coup de force aussi, sept Français sur dix rejettent cette réforme qui porte atteinte aux plus fragiles (…) Ils sont autant à refuser le recours au 49-3 témoignant ainsi de leur attachement au débat démocratique.

Coup de force enfin contre la représentation nationale privée de son rôle de législateur. Cette représentation nationale humiliée hier, par cette parodie de débat législatif sans vote. Cette représentation nationale qui vient de recevoir le coup de grâce. La manœuvre est grossière et elle est symptomatique d'un exécutif à la dérive. Elle vise simplement à empêcher le Parlement majoritairement contre ce texte de s'y opposer. Monsieur le Premier ministre, les députés du Front de gauche et bien au-delà, vous demandent solennellement de renouer avec les valeurs de la gauche et d'écouter les voix du peuple."

Il a par la suite rassemblé des députés socialistes frondeurs, des écologistes et des élus du Front de gauche pour "tenter d'élaborer" ensemble "une motion de censure de gauche" dans le but de faire tomber le gouvernement. Il faut réunir 58 députés pour établir une telle motion de censure et la soumettre au vote de l'Assemblée nationale. Selon nos informations, une douzaine d'écolos et de frondeurs étaient présents à cette réunion. [Plus d'informations à venir...]

De son côté Jean-Luc Mélenchon, candidat déclaré à la présidentielle de 2017, a appelé les députés de gauche à voter une motion de censure. D'où qu'elle vienne...

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans democratie groupe GDR-CRC PCF
commenter cet article
9 mai 2016 1 09 /05 /mai /2016 17:47

Mémoire. Une exposition pour expliquer ce qu’a été le Front populaire

« La Marseillaise » accueille à partir de mardi l'exposition du musée de l'Histoire vivante de Montreuil « 1936 : nouvelles images, nouveaux regards sur le Front populaire ».

Le 3 mai 1936, le Front populaire remportait les législatives entraînant la formation d’un gouvernement composé de communistes, socialistes et de radicaux. Quatre-vingt ans plus tard, la question de l'héritage de cette page d’histoire de France ressurgit d'autant plus dans une société en crise.

C’est dans ce cadre que s’inscrit l’exposition « 1936 : nouvelles images, nouveaux regards sur le Front populaire » jusqu’au 31 décembre au Musée de l’Histoire vivante, à Montreuil. « La Marseillaise », partenaire de cette initiative, accueillera la version itinérante à partir du mardi 10 mai. « L’objectif est de montrer que le Front populaire a traversé la société française et ne s’est pas cantonné à l’usine »explique Frédérick Genevée, Président de l’association pour l’Histoire vivante, gérant le musée qui existe depuis 1939 pour « rendre accessible à tous l’histoire du Front populaire ». Le public y redécouvrira des pans entiers de cette période : élection, grèves, mouvement sportif ouvrier ou culturel, Guerre d’Espagne…

« Un tournant dans l’Histoire »

La plus-value de l’exposition passe par la présentation de documents et photographies dont bon nombre peu connus ou inédits. « Les partenaires ont mis à disposition leurs fonds » souligne Frédérick Genevée. « L’exposition colle avec l’esprit du Front populaire à travers cette dynamique de tous les centres d’archives ». Une collecte de documentation a en outre été lancée. Une manière de refléter cette volonté de « reprendre le contrôle de l’espace et du temps » qu’avaient affirmée les militants de 36.

Les premiers échos récoltés depuis l’inauguration sont positifs. « C’est une période historique qui parle aux gens, y compris 80 ans après. Le Front populaire, c’est le tournant qui a permis les congés payés. Le symbole de la grève est aussi très présent ». Car au final, « le Front populaire démontre que la classe ouvrière est légitime à exercer des responsabilités ».

Sébastien Madau (La Marseillaise, le 7 mai 2016)

« La Marseillaise », 19 cours d'Estienne d'Orves. Marseille (1er) A partir du 10/05 à 18h. Infos : www.museehistoirevivante.fr.

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans hommage - souvenir
commenter cet article
9 mai 2016 1 09 /05 /mai /2016 08:36

Karl Marx
de : Friedrich Engels
samedi 7 mai 2016 - 12h36 - Signaler aux modérateurs

A l’occasion de l’anniversaire de la naissance de Karl Marx, nous publions l’article de Friedrich Engels, écrit en 1877, qui revient sur l’histoire de Marx et son apport au mouvement ouvrier.

L’homme qui a donné le premier au socialisme et, par suite, à tout le mouvement ouvrier contemporain une base scientifique, Karl Marx, est né à Trèves le 5 mai 1818. Il étudia le droit à Bonn et à Berlin, mais il se consacra bientôt exclusivement à l’étude de l’histoire et de la philosophie et, en 1842, il était sur le point de se faire nommer chargé de cours de philosophie, lorsque le mouvement politique qui prit naissance après la mort de Frédéric-Guillaume III le fit se diriger vers une autre carrière. Sous son impulsion, les chefs de la bourgeoisie libérale de Rhénanie, les Camphausen, Hansemann et autres, avaient fondé à Cologne la Gazette Rhénane (Rheinishe Zeitung), et Marx, dont la critique des débats de la Diète provinciale rhénane avait fait le plus grand bruit, fut appelé en automne 1842 à la direction de cette feuille. Naturellement la Gazette Rhénane était soumise à la censure, mais celle-ci n’en put jamais venir à bout.

La Gazette Rhénane arrivait presque toujours à faire passer les articles qu’elle voulait. On commençait par présenter au censeur le menu fretin à rayer jusqu’à ce qu’il finît par céder lui-même ou qu’il y fût obligé par la menace de ne pas faire paraitre le journal le lendemain. Avec dix journaux qui auraient eu le même courage que la Gazette Rhénane et dont les éditeurs auraient su sacrifier quelques centaines de thalers en frais supplémentaires d’impression, la censure, dès 1843, aurait été rendue impossible en Allemagne. Mais les propriétaires de journaux allemands étaient des philistins peureux, et la Gazette Rhénane mena toute seule la bataille. Elle fit une grande consommation de censeurs. On finit par lui imposer une double censure après la première censure, le journal était soumis au président du gouvernement, qui devait le censurer définitivement. Mais tout cela ne servit de rien. Aussi, au début de 1843, le gouvernement déclara qu’il n’y avait rien à faire avec ce journal, et il l’interdit sans plus de forme.

Marx, qui dans cet intervalle avait épousé la sœur du futur ministre réactionnaire de Westphalie, alla s’installer à Paris, où il y publia avec A. Ruge les Annales franco-allemandes (Deutschfranzosischen Jahrbücher), dans lesquelles il commença la série de ses écrits socialistes par une critique de la philosophie du droit de Hegel. Puis il publia avec Engels La Sainte Famille, Contre Bruno Bauer et consorts, critique satirique d’une des dernières formes dans lesquelles s’était égaré l’idéalisme philosophique allemand de cette époque.

L’étude de l’économie politique et de l’histoire de la grande Révolution française laissait encore assez de temps à Marx pour qu’il s’attaquât à l’occasion au gouvernement prussien. Celui-ci s’en vengea en obtenant du ministère Guizot au printemps de 1845 — c’est M. Alexandre de Humboldt qui, dit-on, servit d’intermédiaire — son expulsion de France. Marx alla se fixer à Bruxelles et y publia en langue française, en 1846, un Discours sur le libre-échange et, en 1847, Misère de la philosophie, critique de la Philosophie de la misère de Proudhon. En même temps, il trouva l’occasion de fonder à Bruxelles une association ouvrière allemande et commença ainsi à faire de l’agitation pratique. Cette dernière devint encore plus importante pour lui à partir du moment où il entra avec ses amis politiques, en 1847, dans la Ligue des Communistes, société secrète qui existait depuis de longues années. Toute cette institution en fut complètement transformée. L’association, jusqu’alors plus ou moins clandestine, devint une organisation ordinaire de propagande communiste restant secrète seulement lorsqu’elle ne pouvait faire autrement ; ce fut la première organisation du parti social-démocrate allemand. La Ligue exista partout où se trouvaient des associations ouvrières allemandes ; presque dans toutes ces associations d’Angleterre, de Belgique, de France et do Suisse ainsi que dans un très grand nombre d’associations d’Allemagne, les dirigeants étaient des membres de la Ligue, dont la participation au mouvement ouvrier allemand qui prenait naissance alors fut considérable. Mais cette Ligue fut aussi la première à mettre en relief le caractère international de tout le mouvement ouvrier et à le réaliser dans la pratique, car elle avait comme adhérents des Anglais, des Belges, des Hongrois, des Polonais, etc. ; à Londres en particulier, elle organisa des réunions ouvrières internationales.

La transformation de la Ligue s’accomplit dans deux congrès qui furent tenus en 1847 et dont le second décida de rassembler et de publier les principes du parti dans un manifeste que Marx et Engels furent chargés de rédiger. C’est ainsi que prit naissance le Manifeste du parti communiste, qui parut pour la première fois en 1848, quelque temps avant la révolution de février, et qui depuis a été traduit dans presque toutes les langues européennes.

Le Journal allemand de Bruxelles (Deutsche Brüsseler Zeitung), auquel Marx collaborait et dans lequel il dénonçait sans pitié le régime policier de sa patrie, avait de nouveau incité le gouvernement prussien à user de son influence pour obtenir l’expulsion de Marx, d’ailleurs vainement. Mais lorsque la révolution de février amena, à Bruxelles aussi, des mouvements populaires et qu’un changement de régime en Belgique parut imminent, le gouvernement belge arrêta Marx sans plus de façon et l’expulsa. Dans cet intervalle, le gouvernement provisoire de France l’avait fait inviter par Flocon à revenir à Paris, et Marx se rendit à cet appel.

A Paris, il commença par combattre le bluff des aventuriers révolutionnaires qui voulaient organiser en France les ouvriers allemands en légions armées pour aller en Allemagne faire la révolution et instaurer la république. D’une part, c’était à l’Allemagne à faire elle-même sa révolution ; d’autre part, chaque légion révolutionnaire étrangère qui se formait en France était immédiatement trahie par les Lamartine du gouvernement provisoire, qui la dénonçaient au gouvernement à renverser, comme cela se produisit d’ailleurs en Belgique et dans le grand-duché de Bade.

Après la révolution de mars, Marx partit à Cologne où il fonda la Nouvelle Gazette rhénane (Neue Rheinische Zeitung), qui parut du 1er janvier 1848 au 19 juin 1849. Ce journal était alors le seul qui, au sein du mouvement démocratique, soutint le point de vue du prolétariat. Ayant pris parti sans réserve pour les insurgés de juin 1848 à Paris, il perdit presque tous ses actionnaires. C’est en vain que la Gazette de la Croix (KreuzZeitung) signala le « cynisme monstrueux » avec lequel la Nouvelle Gazette rhénane attaquait tout ce qui était sacré, depuis le roi et le chancelier jusqu’au gendarme, et cela dans une ville prussienne fortifiée qui avait alors 8.000 hommes de garnison. C’est en vain que les philistins libéraux de Rhénanie, devenus soudain réactionnaires, tempêtèrent ; c’est en vain que l’état de siège proclamé à Cologne dans l’automne de 1848 entraîna une suspension prolongée de la feuille ; c’est en vain que le ministère de la Justice du Reich à Francfort dénonça aux fins de poursuites judiciaires un grand nombre d’articles au procureur de Cologne, le journal continua à être rédigé et imprimé en face du corps de garde principal, et sa diffusion et sa renommée ne firent que croître au fur et à mesure que les attaques du gouvernement et de la bourgeoisie devenaient plus violentes. Lorsque le coup d’Etat prussien éclata en novembre 1848, la Nouvelle Gazette rhénane invita le peuple, par un appel en tête de chaque numéro, à refuser les impôts et à répondre à la violence par la violence. Pour cet appel et aussi pour un autre article, elle fut traduite au printemps de 1849 devant les jurés, qui l’acquittèrent par deux fois. Finalement, lorsque les insurrections de mai 1849 eurent été écrasées à Dresde et en Rhénanie, et lorsque la Prusse entreprit contre le soulèvement du Palatinat et du grand-duché de Bade une campagne où furent concentrées et mobilisées des troupes considérables, le gouvernement se crut assez fort pour interdire par la violence la Nouvelle Gazette rhénane. Le dernier numéro, imprimé en rouge, parut le 19 mai.

Marx se rendit de nouveau à Paris, mais au bout de quelques semaines, après la manifestation du 13 juin 1849, il fut mis par le gouvernement français dans l’alternative de se fixer en Bretagne ou de quitter la France. Il prit ce dernier parti et alla s’installer à Londres, où il ne cessa depuis lors d’habiter.

On tenta en 1850 de continuer la publication de la Nouvelle Gazette rhénane sous forme de revue (à Hambourg), mais au bout de quelque temps il fallut y renoncer, la réaction se faisant de plus en plus violente. Immédiatement après le coup d’Etat de décembre 1851 en France, Marx publia Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte (Boston 1852 ; 2ème édition, Hambourg 1869, parue peu avant la guerre). En 1853, il écrivit ses Révélations sur le procès des communistes de Cologne (qui parurent d’abord à Boston, ensuite à Bâle, puis tout dernièrement à Leipzig).

Après la condamnation des membres de la Ligue des Communistes à Cologne, Marx ne s’occupa plus d’agitation politique, et se consacra, d’une part, pendant dix ans à l’étude des trésors que renfermait la bibliothèque du British Museum en matière d’économie politique, et, d’autre part, à sa collaboration à la Tribune de New-York, qui publia de lui, jusqu’au début de la guerre civile américaine, non seulement des correspondances signées, mais aussi de nombreux leaders sur la situation en Europe et en Asie. Ses critiques contre lord Palmerston, appuyées sur des études approfondies des documents officiels anglais, furent réimprimées à Londres sous forme de pamphlets.

Le premier fruit de ces études économiques, qui durèrent de longues années, fut la Contribution à la Critique de l’Economie politique, qui parut en 1859 (Berlin, Duneker). Cet ouvrage contient le premier exposé de la théorie de la valeur de Marx ainsi que sa théorie de la monnaie. Pendant la guerre italienne, Marx combattit, dans le journal allemand Le Peuple (Das Volk) paraissant à Londres, le bonapartisme qui se drapait alors dans le libéralisme et jouait au libérateur des nationalités opprimées, ainsi que la politique prussienne qui cherchait à pêcher en eau trouble sous le couvert de la neutralité. A cette époque il eut également à attaquer Karl Vogt, qui était à la solde de Louis Napoléon et qui, sur les directives du prince Plon-plon, faisait alors de l’agitation pour la neutralité, et même pour la sympathie de l’Allemagne à l’égard du Second Empire. Odieusement calomnié par Vogt, Marx lui répondit par Monsieur Vogt (Londres 1860), ouvrage dans lequel il dévoila les Vogt et consorts de la bande impérialiste de faux démocrates, et où il démontra, par des preuves directes et indirectes, que Vogt avait été acheté par le Second Empire. C’est ce qui fut confirmé dix années, plus tard dans la liste des pensionnés de Bonaparte trouvée aux Tuileries en 1870 et publiée par le gouvernement de Septembre, il y avait à la lettre V : « Vogt, versé en août 1859, 40 000 francs ».

Enfin, en 1867, parut à Hambourg le premier tome du Capital (Critique de l’économie politique), œuvre principale de Marx, qui y expose les fondements de ses opinions économico-socialistes et les traits principaux de sa critique de la société actuelle, du mode de production capitaliste et de ses conséquences. La deuxième édition de ce livre qui fait époque parut en 1872. L’auteur s’occupe actuellement de la préparation du deuxième tome.

Sur ces entrefaites, le mouvement ouvrier avait repris une telle force dans plusieurs pays d’Europe que Marx songea à réaliser un désir qu’il nourrissait depuis longtemps : la fondation d’une association ouvrière groupant les pays les plus évolués de l’Europe et de l’Amérique, association devant pour ainsi dire incarner aux yeux des ouvriers comme aux yeux des bourgeois et des gouvernements le caractère international du mouvement socialiste et encourager ainsi et fortifier le prolétariat en même temps qu’effrayer ses ennemis. Le 28 septembre 1864, une réunion publique, qui eut lieu à Saint-Martin’s Hall à Londres en faveur de la Pologne, dont une nouvelle insurrection venait d’être durement réprimée par la Russie, donna à Marx l’occasion de faire cette proposition, qui fut accueillie avec enthousiasme. L’Association internationale des Travailleurs était fondée ; un Conseil général provisoire ayant son siège à Londres fut élu par l’assemblée et l’âme de ce Conseil général et de ceux qui suivirent jusqu’au congrès de La Haye fut Marx lui-même. Marx rédigea presque tous les documents publiés par le Conseil général de l’Internationale, depuis l’Adresse inaugurale de 1864 jusqu’à l’Adresse sur la guerre civile en France en 1870. Décrire toute l’activité de Marx dans l’Internationale, ce serait écrire l’histoire même de cette association, qui vit encore d’ailleurs dans le souvenir des ouvriers européens.

Du fait de la chute de la Commune de Paris, l’Internationale se trouva dans une situation impossible. Elle était portée au premier plan de l’histoire européenne au moment où toute possibilité d’action pratique couronnée de succès lui était enlevée. Les événements qui l’avaient élevée au rang de septième grande puissance, lui interdisaient en même temps de mobiliser ses forces combatives et de les utiliser activement sous peine de défaite inévitable et de refoulement du mouvement ouvrier pour des dizaines d’années. En outre, de différents côtés, des éléments se mirent en avant pour exploiter dans un but de vanité personnelle ou par pure ambition le renom si soudainement accru de l’association, sans comprendre la situation réelle de l’Internationale, sans en tenir compte. Il fallut prendre une décision héroïque ; ce fut à nouveau Marx qui la prit et l’exécuta au congrès de La Haye. L’Internationale, par une résolution solennelle, déclina toute responsabilité pour les actes des bakouninistes, qui formaient le noyau de ces éléments bornés et louches ; puis, vu l’impossibilité, devant la réaction générale, de remplir les hautes tâches qu’elle s’était assignées et de maintenir sa pleine activité autrement que par une série de sacrifices qui auraient saigné à blanc le mouvement ouvrier, elle se retira provisoirement de la scène, tandis que son Conseil général était transféré en Amérique. La suite des événements a prouvé combien cette décision était juste, quoiqu’alors et depuis elle ait souvent été critiquée. D’une part, toute tentative de se livrer au nom de l’Internationale à des émeutes inutiles fut rendue impossible ; d’autre part, la continuation des rapports entre les partis ouvriers socialistes des différents pays prouva que la conscience de la communauté d’intérêts et de la solidarité du prolétariat de tous les pays, éveillée par l’Internationale, pouvait avoir son efficacité même sans l’existence d’une association internationale formelle dont les liens étaient devenus alors une chaîne.

Après le congrès de La Haye, Marx retrouve enfin la tranquillité et les loisirs nécessaires pour reprendre ses travaux théoriques. Espérons que le deuxième tome du Capital ne tardera pas trop à paraître.

Marx a inscrit son nom dans l’histoire de la science par de nombreuses et importantes découvertes, dont nous ne citerons ici que les principales.

La première est la révolution accomplie par lui dans la conception de l’histoire mondiale. On considérait auparavant que les raisons dernières de tous les changements historiques doivent être cherchées dans les idées changeantes des hommes et que, de tous les changements historiques, les plus importants, ceux qui dominent toute l’histoire, sont les changements politiques. Mais on ne se demandait pas d’où viennent les idées aux hommes et quelles sont les causes qui déterminent les changements politiques. Seule, la nouvelle école des historiens français, et en partie aussi des historiens anglais, en était venue à la conviction que, depuis le Moyen âge au moins, la force motrice, dans l’histoire européenne, était la lutte qui se développait entre la bourgeoisie et la féodalité pour la domination sociale et politique. Mais c’est Marx qui démontra que, jusqu’à nos jours, toute l’histoire est une histoire de luttes de classe, qu’il ne s’agit dans toutes les luttes politiques, multiples et complexes, que de la domination sociale et politique de telle ou telle classe, que pour la classe ancienne il s’agit de maintenir cette domination et pour les classes qui s’élèvent de conquérir le pouvoir.

Mais comment naissent et se maintiennent ces classes. Elles naissent et se maintiennent toujours en vertu des conditions matérielles, tangibles, dans lesquelles une société donnée produit et échange ce qui est nécessaire à la vie. La domination féodale du moyen âge reposait sur l’économie de petites communautés paysannes qui produisaient elles-mêmes presque tous les produits de leur consommation, ignoraient à peu près l’échange et étaient protégées contre l’étranger par la noblesse belliqueuse qui leur conférait une cohésion nationale, ou du moins politique. Lorsque les villes grandirent et qu’il se forma une industrie artisane distincte, qui donna lieu à un commerce d’abord purement national, puis international, la bourgeoisie urbaine se développa et, dans sa lutte contre la noblesse, conquit sa place dans le régime féodal en tant que classe sociale jouissant de droits spéciaux. Mais la découverte de nouveaux pays, à partir du milieu du XVe siècle, fournit à la bourgeoisie un champ d’affaires plus vaste et, par suite, un nouveau stimulant à son industrie. Le métier fut supplanté dans les branches les plus importantes par la manufacture qui, elle-même, après l’invention de la machine à vapeur, au siècle dernier, fut refoulée par la grande industrie. Cette dernière, à son tour, réagit sur le commerce en supplantant dans les pays arriérés l’ancien travail à la main, en créant dans les pays plus développés les moyens actuels de communication, les machines à vapeur, les chemins de fer et le télégraphe électrique. Ainsi la bourgeoisie concentrait de plus en plus entre ses mains les richesses et la puissance sociales, alors qu’elle resta longtemps encore écartée du pouvoir politique, qui se trouvait entre les mains de la noblesse et de la royauté appuyée sur la noblesse. Mais à un certain degré de développement — en France, par exemple, après la grande Révolution —, la bourgeoisie conquit aussi le pouvoir et devint à son tour la classe gouvernante en face du prolétariat et des petits paysans.

De ce point de vue s’expliquent tous les phénomènes historiques — si l’on a une connaissance suffisante de la situation économique de la société, situation que négligent nos spécialistes de l’histoire. Les idées et les croyances de chaque époque s’expliquent également de la façon la plus simple par les conditions de vie économiques de cette époque et par les rapports sociaux et politiques qui en découlent. Ce n’est que grâce à cette conception que l’histoire a été posée pour la première fois sur son véritable terrain. Le fait évident que les hommes, avant tout, mangent, boivent, s’abritent et s’habillent et qu’ils doivent travailler avant de pouvoir lutter pour le pouvoir, s’occuper de politique, de religion et de philosophie, ce fait manifeste, jusqu’à présent complètement négligé, a enfin obtenu droit de cité dans l’histoire.

Pour l’idée socialiste, cette nouvelle conception de l’histoire était extrêmement importante. Il est maintenant démontré que toute l’histoire de l’humanité se meut dans les antagonismes et les luttes de classe, qu’il y a toujours eu des classes dominantes et dominées, exploiteuses et exploitées, et que la grande majorité des hommes a toujours été condamnée à un dur labeur et à une misérable existence. Pourquoi cela ? Tout simplement parce qu’à toutes les étapes précédentes du développement de l’humanité la production était encore si faible que l’histoire ne pouvait avancer qu’avec l’existence de ces antagonismes ; que seule une petite minorité privilégiée contribuait à la progression historique, tandis que la masse était condamnée à gagner par son travail ses maigres moyens de subsistance et à accroître sans cesse la richesse de la minorité privilégiée.

Mais cette conception de l’histoire, conception qui explique si naturellement et si simplement la domination de classe, expliquée jusque-là par la méchanceté des hommes, conduit aussi à la conviction que, vu le développement formidable atteint actuellement par les forces de production, il ne reste plus aucune raison, tout au moins dans les pays avancés, de diviser les hommes en dominateurs et en dominés, en exploiteurs et en exploités.

La grande bourgeoisie dominante a rempli sa mission historique ; non seulement elle n’est plus capable de diriger la société, mais elle est devenue un obstacle au développement de la production, comme le démontrent les crises commerciales, principalement la dernière, et la dépression de l’industrie dans tous les pays. La direction historique est passée au prolétariat, classe qui peut s’affranchir uniquement parce que, en vertu de sa situation sociale, elle anéantit toute domination de classe, toute subordination et toute exploitation. Les forces productrices sociales, qui ont dépassé les capacités de la bourgeoisie, n’attendent que le moment de passer en la possession du prolétariat uni, qui établira un régime permettant à tous les membres de la société de participer non seulement à la production, mais aussi à la répartition et à la gestion des richesses sociales. Grâce à la régularisation rationnelle de toute la production, ce régime pourra élever les forces de production sociales et les produits créés par elles de façon à satisfaire de plus en plus les besoins raisonnables de chacun.

La deuxième découverte importante de Karl Marx est l’explication des rapports du capital et du travail, autrement dit, la démonstration de la façon dont s’accomplit l’exploitation des ouvriers par les capitalistes dans la société actuelle, avec le mode de production capitaliste existant. Depuis que l’économie politique avait établi que seul le travail est la source de toute richesse et de toute valeur, on devait fatalement se demander comment il se fait que le salarié ne reçoive pas toute la valeur produite par son travail et doive en abandonner une partie au capitaliste. C’est en vain que les économistes bourgeois et socialistes s’efforcèrent de donner une réponse strictement scientifique à cette question jusqu’au moment où Marx en apporta la solution. Le mode de production capitaliste actuel implique l’existence de deux classes sociales : d’un côté, les capitalistes, qui possèdent les instruments nécessaires à la production et à l’existence ; de l’autre, les prolétaires, qui ne possèdent rien et sont obligés, pour vivre, de vendre leur seule marchandise : leur force de travail. Mais la valeur d’une marchandise quelconque est déterminée par la quantité de travail socialement nécessaire pour la production et le renouvellement de cette marchandise ; par suite, la valeur de la force de travail d’un homme moyen pendant un jour, un mois, une année, est déterminée par la quantité de produits nécessaires à l’entretien de l’ouvrier pendant un jour, un mois, une année. Admettons que les produits nécessaires à un ouvrier pour un jour exigent six heures de travail, ou, ce qui revient au même, que le travail qui y est incorporé représente une durée de six heures. Dans ce cas, la valeur de la force de travail pour un jour s’exprimera par la somme d’argent nécessitant également six heures pour être produite. Admettons maintenant que le capitaliste qui occupe notre ouvrier lui paie cette somme, c’est-à-dire la valeur totale de sa force de travail. Si l’ouvrier travaillait actuellement six heures par jour pour le capitaliste, il rembourserait complètement au capitaliste la dépense effectuée par ce dernier : six heures de travail pour une somme valant six heures de travail. Mais alors il ne resterait rien dans la poche du capitaliste. Celui-ci, évidemment, raisonne tout autrement : j’ai acheté, dit-il, la force de travail de cet ouvrier non pas pour six heures, mais pour toute une journée. Par suite, il oblige l’ouvrier à travailler, suivant les circonstances, 8, 10, 12, 14 heures, et même davantage, de sorte que le produit des heures qui suivent la sixième heure de travail est le produit d’un travail impayé et s’en va dans la poche du capitaliste. Ainsi l’ouvrier au service du capitaliste non seulement rend à ce dernier la valeur qu’il en a reçue pour sa force de travail, mais produit encore une plus-value que le capitaliste commence par s’approprier et qui ensuite, en vertu de lois économiques déterminées, se répartit dans toute la classe capitaliste et forme la principale source d’où découlera la rente foncière, l’intérêt, l’accumulation capitaliste, en un mot toutes les richesses consommées et accumulées par les classes parasites.

Ainsi, il a été démontré que les richesses acquises par les capitalistes actuels proviennent de l’expropriation d’un travail d’autrui impayé, tout comme celles des propriétaires d’esclaves ou des seigneurs féodaux qui exploitaient le travail des serfs, et que toutes ces formes d’exploitation ne se distinguent que par la manière et les moyens employés pour s’approprier le travail d’autrui. Par suite, les classes possédantes ne peuvent plus arguer hypocritement que le Droit, la Justice, l’Egalité des droits et des devoirs, l’Harmonie générale des intérêts règnent dans l’ordre social actuel. La société bourgeoise d’aujourd’hui, comme les sociétés antérieures, est une forme gigantesque d’exploitation de l’immense majorité du peuple par une minorité infime, qui ne cesse en outre de diminuer.

C’est sur ces deux bases capitalistes que repose le socialisme scientifique contemporain. Dans le deuxième tome du Capital, ces découvertes scientifiques et d’autres non moins importantes concernant le système capitaliste seront plus amplement exposées, et ainsi les côtés de l’économie politique qui n’ont pas été traités dans le premier tome feront l’objet d’une étude fondamentale.

Puisse Marx être bientôt en mesure de publier ce deuxième tome !

http://www.marxiste.org/theorie/his...

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans hommage - souvenir
commenter cet article
9 mai 2016 1 09 /05 /mai /2016 07:37

« Informer n'est pas une liberté pour la presse mais un devoir »

7 mai 2016

La CIA contre Cuba : éliminer Fidel, Raúl et le Che

Lázaro Barredo Medina

Telle était la mission prioritaire des services de renseignement étasuniens bien avant le triomphe de la Révolution en 1959, afin d'empêcher la victoire des forces révolutionnaires.

Bien avant le triomphe de la Révolution en Janvier 1959, les services de renseignement étasuniens ont eu pour missions prioritaires d’empêcher la victoire des forces révolutionnaires et d’assassiner le commandant en chef Fidel Castro.

Par exemple, dès 1958, au moment où Fidel était dans la Sierra Maestra, le colonel Joseph Caldwell King, chef de la Section de l’Hémisphère Occidental de la CIA en charge des opérations cubaines, en collaboration avec William Pawley, ancien ambassadeur nord-américain au Brésil, au Pérou, et ami du dictateur Fulgencio Batista, avait planifié certaines mesures pour entraver l’avancée des forces révolutionnaires et assassiner le dirigeant cubain. Objectif : éviter l’arrivée au pouvoir de Fidel, et pour ce faire, activer complètement la Estación [base] à La Havane dirigée par James A. Noel, qui a développé une activité subversive intense contre Cuba et a occupé ce poste jusqu’à la fermeture de l’ambassade en Janvier 1961.

En Décembre 1958 le citoyen Alan Robert Nye a été arrêté dans la Sierra Maestra, armé d’un fusil à visée télescopique, et envoyé par le gouvernement yankee avec pour mission l’assassinat de Fidel.

Au début même du triomphe révolutionnaire les frictions avec les États-Unis commencent et les manœuvres conspiratrices pour décapiter la Révolution triomphante s’intensifient.

Dans ses mémoires Les années à la Maison Blanche, publié en 1966, le Président des États-Unis de cette époque, Dwight D Eisenhower, a reconnu : "En quelques semaines, après l’entrée de Castro à La Havane, nous, au gouvernement, nous commencions à examiner les mesures qui pourraient être efficaces pour réprimer Castro."

Le 21 Janvier 1959, treize jours après son entrée triomphale à La Havane, devant un grand rassemblement du peuple au Palais Présidentiel, Fidel a déclaré :

Et il a poursuivi :

"Comme le savent déjà mes ennemis : ils peuvent m’attaquer quand ils le souhaitent, pas de problèmes ! Et d’ailleurs, s’ils agressaient aussi Raúl, il y en viendra un autre derrière lui, et un autre derrière, et ainsi de suite ! Que le peuple de Cuba dans cette lutte ne manque ni de chef, ni de monde, parce que tout sera prévu. Comme nous avons su gagner la guerre contre toutes les ressources, nous saurons également gagner la Révolution contre tous les ennemis qui se placent devant nous."

Dans un bilan du développement des relations bilatérales depuis janvier 1959 présenté au Conseil National de Sécurité des États-Unis, Roy Rubottom, secrétaire adjoint pour les Affaires Inter-américaines, a fait ce résumé :

Livingston Marchant, pour justifier ses mesures punitives, a déclaré lors de cette réunion du Conseil de la Sécurité Nationale que le cas de Cuba était l’un des plus dangereux et difficiles en ce qui concerne les relations des États-Unis avec l’Amérique latine.

Le programme pour remplacer Castro était dans le plan d’une campagne réactionnaire contre le communisme, tandis la propagande contre-révolutionnaire prétendait diminuer l’influence populaire de Raul et du Che, en les attaquant comme les dirigeants révolutionnaires les plus susceptibles d’être communistes. Sans doute, ils étaient ceux qui avaient les idées les plus radicales, avec une profonde formation marxiste et étaient des partisans déterminés à progresser rapidement vers le socialisme.

La présence de Che Guevara dans les secteurs économiques stratégiques tels que le secteur bancaire, tout d’abord, et puis la direction du développement industriel naissant, avec ses premières activités internationales à la mi-1959, ont touché les secteurs du gouvernement étasunien et de la contre-révolution.

Ensuite, comme l’ont expliqué Luis M. Busch et Reinaldo Suarez dans leur livre Premiers pas dugouvernement révolutionnaire cubain, les nécessités de la défense de la Révolution rendaient impérative une profonde restructuration militaire qui garantirait l’identification complète des institutions armées avec les citoyens, une économie administrative et de gestion, et une véritable unité de commandement et d’action.

C’est ainsi qu’est créé le Ministère des Forces armées révolutionnaires le 21 octobre 1959. "Le commandant de l’Armée Rebelle qui réunissait toutes les qualités et les compétences nécessaires pour mener une telle tâche a été, sans aucun doute, Raúl Castro Ruz. En quelques mois de guérilla, il avait formé dans les montagnes d’Extrême-Orient de Cuba, un front méticuleusement organisé et efficace, militaire et civil. Virtuellement un État d’armes, avec des hôpitaux et des gestions administratives, d’éducation, de communications et d’équipements industriels, d’administration de justice et d’arbitrage. Il avait donné des preuves évidentes d’habilité spécifique au commandement et à l’organisation," ont rapporté les deux auteurs.

Raúl, en assumant le commandement, est catégorique sur les principes poursuivis par le concept de la nouvelle institution militaire :

Durant ces jours-là, les tentatives du gouvernement des États-Unis pour dresser des forces alternatives contre la direction révolutionnaire se sont soldées par un échec, car les tentatives traitresses d’Hubert Matos, alors commandant, ont échoué, comme avait déjà été un fiasco la trahison du commandant Pedro Diaz Lanz - chef de la force aérienne rebelle -, ou l’effondrement de la conspiration trujilliste[1. NdT : voir Rafael Leónidas Trujillo Molina], ou encore la crise nationale qui a pris fin avec le départ du noyau réactionnaire du premier Gouvernement Révolutionnaire, y compris celui du président Manuel Urrutia.

Activité subversive intense et phénoménale contre Cuba

En 1975, sur la base d’informations déclassifiées et de témoignages ou de comparutions lors des audiences, a été élaboré un rapport du Comité spécial du Sénat des États-Unis qui a étudié les opérations liées aux activités du renseignement, mieux connu sous le nom du Rapport de laCommission Church, parce que le comité était présidé par le sénateur Frank Church.

Par ces informations déclassifiées et ces témoignages on a pu connaître en détail certaines des opérations secrètes de la CIA pour attenter à la vie des principaux dirigeants de la Révolution cubaine. Le 11 décembre 1959, après avoir fait l’analyse opérationnelle de la Révolution, exprimant ses préoccupations sur le renforcement du processus et les mesures pour la détruire, le colonel J.C. King a envoyé un mémorandum à Allen Dulles, directeur de la CIA, dans lequel il a fait valoir qu’à Cuba il y avait maintenant une dictature "d’extrême gauche" qui, "si" elle était autorisée à continuer, encouragerait des actions similaires contre les positions étasuniennes dans d’autres pays d’Amérique latine.

L’une des quatre "Actions recommandées" par King était de considérer sérieusement l’élimination de Fidel Castro :

Dans l’une des marges du document il y a une note manuscrite où Dulles indique qu’avec l’accord de Richard Bissell, un ancien professeur d’économie qui a servi en tant que sous-directeur des Programmes de la CIA, il approuvait les recommandations. À partir de ce moment là, tous les efforts pour étêter le pays s’intensifient.

En janvier 1960 est organisée la Branche 4 (WH-4) de la Division de l’hémisphère occidental de la CIA en tant qu’Équipe Spéciale pour mener l’opération cubaine, avec pour principale « [...] mission le renversement du gouvernement Castro [...] » et elle avait sous sa responsabilité le Bureau de Cuba au quartier général de la CIA, ainsi que le soutien de la base établie au siège diplomatique de la Havane.

La chaîne de commandement au quartier général était intégrée par le directeur du Renseignement Allen Dulles, le directeur adjoint des Programmes Monsieur Richard M. Bissell, le chef de la Division de l’hémisphère occidental JC King, et le chef des Forces de Mission Jacob D. Esterline.

Selon le rapport de la Commission Church, le 13 janvier 1960, Dulles, au cours de ce qui était apparemment la première discussion du Groupe Spécial sur un programme clandestin pour renverser Castro, "a observé la possibilité qu’à la longue les États-Unis ne pouvaient pas tolérer le régime de Castro à Cuba, et a suggéré la planification de contingences secrètes pour obtenir la chute du gouvernement de Castro ..."

L’une des actions était de prendre en compte la gestion du Gouvernement Révolutionnaire cubain pour l’empêcher de s’approvisionner en armes et de poursuivre sa politique de création de milices populaires. Le 4 mars 1960 se produit le monstrueux sabotage du navire français La Coubre, qui a apporté depuis la Belgique une cargaison de 70 tonnes d’armes et de munitions et dont l’explosion a causé environ 100 morts et 400 blessés.

L’acte terroriste conçu par la CIA, dont les enregistrements sont encore classés 51 ans plus tard, avait prévu qu’après la première explosion, les principaux dirigeants de la Révolution se rendraient probablement immédiatement sur les lieux et c’était alors l’occasion de produire un deuxième bombardement pour en finir avec eux.

Fidel est arrivé à la conclusion qu’à partir du sabotage criminel de La Coubre, l’agression contre la Révolution se déchainerait avec une grande ampleur, et il a accéléré sa stratégie de préparer le peuple à y faire face, à y résister et à la vaincre.

Le rapport de la Commission Church confirme cette analyse et démontre que le gouvernement d’Eisenhower était à la recherche de prétextes.

Selon le mémorandum d’une réunion du 9 mars 1960, cinq jours après la Coubre, le colonel J.C. King a déclaré devant le Groupe Spécial qui était en charge des opérations cubaines, qu’il y avait "de plus en plus de preuves que certains "chefs" du gouvernement Castro font pression pour attaquer les installations de l’Armée des États-Unis à la baie de Guantanamo et disent qu’il est en effet possible d’attaquer l’installation."


Et selon le mémorandum lui-même : "le colonel King a déclaré (...) à moins qu’on élimine Fidel, Raul et Che Guevara, tous ensemble, ce qui est peu probable, cette opération pourrait être une affaire longue et laborieuse, et le gouvernement actuel ne sera vaincu que par la force."

Le rapport du comité sénatorial décrit également d’autres sujets abordés lors d’une réunion le lendemain, le 10 mars, du Conseil de Sécurité Nationale, où on a débattu sur la politique étasunienne de « placer un autre gouvernement au pouvoir à Cuba."

Le compte-rendu de cette réunion rapporte que l’amiral Arleigh Burke, chef de l’Assemblée des chefs d’état-major des Forces de l’armée yankee, a compris qu’on avait besoin d’un dirigeant cubain autour duquel des éléments hostiles à Castro pourraient être regroupés. "Monsieur Dulles a déclaré qu’il existait quelques dirigeants opposés à Castro, mais qu’ils ne se trouvaient pas actuellement à Cuba, et il se demandait ce que nous pourrions faire dans une situation de cette nature (...) ; Il a indiqué qu’on travaillait sur un programme pour changer la situation à Cuba. L’Amiral Burke a suggéré que tout plan pour remplacer les dirigeants cubains devait être mené jusqu’à ses ultimes conséquences, puisque la plupart des dirigeants proches de Castro Castro étaient encore pires que lui."

La Commission Church décrit une autre réunion du Groupe spécial à la Maison Blanche le 14 mars 1960, à laquelle ont assisté Allen Dulles et le colonel J.C. King.

Selon le témoignage sénatorial déclassifié 15 ans plus tard, le procès-verbal archivé de cette réunion informait qu’il y avait une discussion générale sur l’effet que provoquerait la disparition simultanée de Fidel, Raul Castro et Che Guevara sur la situation cubaine. L’Amiral Burke a déclaré que le seul groupe organisé à Cuba à cette époque était les communistes et que, par conséquent, il y avait le danger qu’ils arrivent à prendre le contrôle. M. Dulles était d’avis que cela n’était peut-être pas désavantageux car cela faciliterait une action multilatérale par l’OEA. Le Colonel King a dit qu’il y avait peu de dirigeants identifiés à ce jour capables de prendre en charge la situation.

Le 17 Mars 1960, le président Eisenhower a donné le feu vert au programme d’activités clandestines contre Cuba. (À suivre)

Auteur : Lázaro Barredo Medina

Source : Bohémia,"La CIA frente a Cuba desde 1959 (I) : eliminar a Fidel, Raúl y Che", le 21 avril 2016.

Traduction : Admin site France-Cuba le 27 avril 2016

»» http://www.francecuba.org/cia-contre-cuba-1959-eliminer-fidel-raul-che/

URL de cet article 30325
http://www.legrandsoir.info/la-cia-contre-cuba-eliminer-fidel-raul-et-le-che.html

Articles associés

Cuba

24/04 Contestation, élections et candidats auto-proclamés.

22/04 Discours de clôture de Raul Castro au 7ème Congrès du PCC

18/04 Raul Castro invite Cuba à se méfier des intentions des États-Unis

16/04 Cinquante-cinq ans après, quelques séquelles immédiates de la tentative étasunienne (...)

suite..

RSS Commentaires

AGENDA

mardi 10 mai 2016

TOULOUSE - 18h30. Librairie de la Renaissance - Rencontre exceptionnelle avec Didier Daeninckx

jeudi 19 mai 2016

20H15. CINEMA LA CLEF 34, RUE DAUBENTON 75005 PARIS - Guantánamo nous appartient - Invitation à la première du documentaire de Hernando Calvo Ospina

Même Thème

LES CHEMINS DE LA VICTOIRE

Fidel CASTRO

« En ce qui me concerne, à cette étape de ma vie, je suis en mesure d’offrir un témoignage qui, si cela a une certaine valeur pour les générations nouvelles, est le fruit d’un travail acharné. » "• Fidel Castro
Dans ce premier tome de son autobiographie, Fidel Castro révèle de façon inédite les coulisses de la révolution cubaine. Il fait part de sa défiance pour l’impérialisme des États-Unis qui asservissait les Cubains par l’entremise de Batista, et interdisait à l’île tout développement.
Il raconte le (...)

Agrandir | voir bibliographie

On l’appelle le "Rêve Américain" parce qu’il faut être endormi pour y croire.

George Carlin

L’UNESCO et le « symposium international sur la liberté d’expression » : entre instrumentalisation et nouvelle croisade (il fallait le voir pour le croire)

Le 26 janvier 2011, la presse Cubaine a annoncé l’homologation du premier vaccin thérapeutique au monde contre les stades avancés du cancer du poumon. Vous n’en avez pas entendu parler. Soit la presse cubaine ment, soit notre presse, jouissant de sa liberté d’expression légendaire, a décidé de ne pas vous en parler. (1) Le même jour, à l’initiative de la délégation suédoise à l’UNESCO, s’est tenu au siège de l’organisation à Paris un colloque international intitulé « Symposium international sur la liberté (...)

17

Colombie : Le poids des maux, le choc des photos.

Vous avez oublié les photos (bidons) du faux charnier de Timisoara en Roumanie ? En décembre 1989, elles démontrèrent au monde entier la férocité du régime communiste roumain. La presse avança le chiffre d’une dizaine de milliers de morts. Ceausescu renversé et exécuté, on a appris que les cadavres (moins de 200) avaient été sortis de la morgue d’un hôpital pour une mise en scène politico-macabre que les médias avalèrent illico et propagèrent urbi et orbi sans chercher à vérifier. Et voici que nous en (...)

12

Reporters Sans Frontières, la liberté de la presse et mon hamster à moi.

Sur le site du magazine états-unien The Nation on trouve l’information suivante : Le 27 juillet 2004, lors de la convention du Parti Démocrate qui se tenait à Boston, les trois principales chaînes de télévision hertziennes des Etats-Unis - ABC, NBC et CBS - n’ont diffusé AUCUNE information sur le déroulement de la convention ce jour-là . Pas une image, pas un seul commentaire sur un événement politique majeur à quelques mois des élections présidentielles aux Etats-Unis. Pour la première fois de (...)

21

Vos dons sont vitaux pour soutenir notre combat contre cette attaque ainsi que les autres formes de censures, pour les projets de Wikileaks, l'équipe, les serveurs, et les infrastructures de protection. Nous sommes entièrement soutenus par le grand public.
CLIQUEZ ICI

© Copy Left Le Grand Soir - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir

Contacts | Qui sommes-nous ? | Administrateurs : Viktor Dedaj | Maxime Vivas
Le saviez-vous ? Le Grand Soir a vu le jour en 2002.

82

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans Cuba
commenter cet article
6 mai 2016 5 06 /05 /mai /2016 08:43

« La volonté de marquer les chairs de la jeunesse »

Violences policières

MEHDI FIKRI, AVEC ALEXANDRE FACHE, LOAN NGUYEN ET MARION D’ALLARD.

MERCREDI, 4 MAI, 2016

L'HUMANITÉ

Interpellation musclée de la police à Lyon, le 28 avril, lors d’une manifestation contre la loi travail.

Photo : AFP

Flash-Ball, tonfas, grenades en tous genres… Les manifestants sont confrontés à l’arsenal policier et le nombre de blessés augmente à une vitesse astronomique. À Paris et en province, les militants témoignent d’une volonté de stopper le mouvement social à tout prix.

Des quartiers en état de siège, des manifs survolées par des drones ou des hélicos. Et des blessés, d’innombrables blessés. Un nouveau chapitre s’est ouvert dans l’histoire déjà bien chargée des exactions de la police française. « C’est complètement dingue, estime Pierre, militant nantais. Lors du CPE, Dominique de Villepin s’inquiétait, du moins publiquement, qu’un jeune ne se fasse tuer. Les socialistes font mieux : ils s’en foutent complètement. » Pierre avait 16 ans lors du CPE et un tir de Flash-Ball l’a privé de l’usage de son œil droit. Alors que la chasse semble ouverte et la bride lâchée sur le cou des agents, Pierre redoute un nouveau Rémi Fraisse : « C’est parti très fort dès le début. Et si ça continue comme ça, la police va finir par tuer un manifestant. » Pierre Douillard est auteur du livre l’Arme à l’œil, violence d’état et militarisation de la police. Derrière les techniques « d’encagement » des cortèges et les policiers qui ne retiennent pas leurs coups, il voit « la volonté politique de marquer les chairs de la jeunesse, le corps des gens, pour casser le mouvement à tout prix. La répression et l’antiterrorisme, ce gouvernement n’a plus que cela pour tenir debout, de toute façon ».

Difficile de tenir le compte des lycéens qui se font ouvrir le crâne, des artères sectionnées par des tirs de Flash-Ball, des yeux éclatés et des commotions diverses. « Effectivement, c’est un vrai miracle que personne ne soit encore mort », estime Gaspard Glantz, en insistant sur le terme « miracle ». Gaspard est le fondateur du site Taranis News, spécialisé dans la vidéo coup de poing filmée en tête de manif. Depuis 2009, il a observé les affrontements lors du contre-sommet de l’Otan, ceux de Sivens ou encore de Notre-Dame-des-Landes. « On a franchi un cap par rapport à cette époque. Le niveau de violence policière que j’observais une ou deux fois par an, aujourd’hui, je le vois deux fois par semaine. Et en plein Paris », raconte Gaspard Glantz. Il évoque les tirs tendus de lance-grenades fumigènes Cougar, les grenades de désencerclement tirées en l’air alors qu’elles sont censées être utilisées au niveau du sol. « C’est devenu le grand n’importe quoi, poursuit Gaspard. J’espère qu’il est clair pour tout le monde que la jeunesse de ce pays exprime autre chose que son rejet de la loi travail. Il est temps que le gouvernement entende cela et lâche du lest. »

« Il y avait tellement de lacrymo que même les CRS se sont mis à vomir ! »

À Paris, la manif du 1er Mai a tourné à la bataille rangée. Juliette, étudiante en anglais, hallucine encore : « Il y avait tellement de lacrymo et de bombes au poivre que même les CRS se sont mis à vomir ! » Dans le trajet entre Bastille et Nation, cinq rangées de policiers ont coupé le défilé en deux, pour séparer le bloc de tête et le reste cortège. Une fois les gens à peu près immobilisés, ils ont essuyé tirs de lacrymo et coups de matraque. « J’ai vu un homme d’une quarantaine d’années s’évanouir au pied des CRS, la police charger les gens assis dans l’herbe à Nation et tirer des grenades lacrymo jusque dans les bouches de métro. » Plus tard, à Nuit Debout, Juliette voit « des personnes se faire frapper au sol, dans une atmosphère de guerre civile ».

Un photographe présent à la manif du 28 avril raconte comment la BAC et les CRS les ont pris pour cible, à coups de grenades lacrymo et de « Alors, on fait moins les malins ! » Selon lui, l’objectif était de les empêcher de travailler : « Une fois neutralisés, nous ne pouvions plus prendre de photos des violences. » Ce n’est pas beaucoup mieux en province. Alors que l’usage du Flash-Ball reste – relativement – limité à Paris, c’est un véritable festival, à Rennes, Bordeaux, Lyon ou encore Nantes. Après avoir été lui-même blessé, le militant nantais Pierre Douillard s’est penché sur l’usage du Flash-Ball. L’engin arracheur d’œil a été mis entre les mains des policiers par Nicolas Sarkozy en 2002 mais ce sont les socialistes qui ont fait monter en gamme les agents, en généralisant l’usage du LBD 40. Cette version « fusil » du Flash-Ball, plus puissante et plus précise, fournit actuellement aux hôpitaux le gros des blessés graves. « Cette arme a réhabitué les policiers à tirer sur la foule et cela n’a rien d’anodin, pointe Pierre. C’est une rupture avec l’ancienne doctrine du maintien de l’ordre qui consistait à faire barrage et à repousser les manifestants. Aujourd’hui, les policiers nous rentrent dedans et font une utilisation industrielle de leur matériel contre toutes les composantes du mouvement social. »

Vincent, un tranquille expert-comptable de 66 ans, en a fait les frais alors qu’il défilait à Lyon le 28 avril. Il se croyait pourtant en sécurité, à une trentaine de mètres de la zone de confrontation. « J’ai été touché par un tir de Flash-Ball et une grenade de désencerclement. Une amie a également été touchée et j’ai été demander de l’aide aux policiers. » Ce qui lui a valu un coup de matraque d’un policier énervé, calmé de justesse par ses collègues qui l’ont empêché de frapper le sexagénaire.

Les techniques mises au point lors des guerres coloniales

Mathieu Rigouste, militant à Toulouse, n’est pas étonné par cette montée en puissance de la répression. Auteur de la Domination policière, une violence industrielle, véritable archéologie des pratiques répressives françaises, Mathieu pointe une nouvelle fois la très ancienne expertise de la police française, en matière de répressions de mouvements populaires. Les matraquages meurtriers et les techniques d’intimidation n’ont rien de nouveaux : les jeunes de banlieue en font les frais tout les jours. « Ces techniques, mises au point lors des guerres coloniales et utilisées en permanence dans les quartiers populaires ou les prisons, sont aujourd’hui déployées contre le mouvement social, pour protéger un pouvoir à la dérive. »Dans les rues de Paris, des policiers de commissariat, sans contrôle direct de leur hiérarchie, sont équipés de tenues anti-émeute et lâchés dans la foule où ils frappent à tout-va. Et pour le chercheur en sciences sociales, leur violence est tout à fait délibérée. « La férocité des unités répressives est en fait très maîtrisée, poursuit Mathieu Rigouste. Cette manière de faire a été observée lors des printemps arabes. Frapper la foule au hasard, et non plus seulement les meneurs, c’est transmettre un message clair : les anonymes seront touchés pour ce qu’ils sont, juste parce qu’ils sont là, parce qu’ils veulent protester. Ils veulent nous instiller la peur d’aller en manifestation. » Il remarque : « On observe ces effusions de violence dans tous les pays où le capitalisme traverse une crise et où l’État craint de perdre la main et s’attache à réagencer son système de contrôle. » De l’état d’urgence antiterroriste à des étudiants laissés en sang sur le trottoir, la même logique est à l’œuvre.

Face à la répression, les manifestants apprennent, parfois dans la douleur, à réagir. « La foule en tête de cortège augmente de manif en manif et cela aussi c’est nouveau, témoigne Gaspard Glantz. J’y vois des personnes de la quarantaine, des classes moyennes, avec des casques, des lunettes de plongées ou des masques à gaz. Les manifestants commencent à prendre le réflexe de se protéger les uns et les autres. Et lors du 1er Mai, lorsque la police a voulu « nasser » la foule, les manifestants ne se sont pas laissé faire et ont refusé d’être séparés du cortège de tête. » Il y a aussi les « street medics », des médecins volontaires, qui ont fait leurs armes lors de la COP21 et qui, ces dernières semaines, ramassent des blessés à la pelle. « Ils s’occupaient de sept personnes pour des brûlures, des arcades sourcilières explosées », racontait un manifestant le 28 avril.

Agression filmée mais impunie ? Parmi les nombreux documents qui circulent sur Internet, celui du cinéaste Matthieu Bareyre et de l’ingénieur du son Thibaut Dufait est l’un des plus accablants. Sur la place de la République, on voit un CRS décocher un violent coup de poing à un manifestant qui a les mains liés dans le dos.

Quand le préfet de mai 68 calmait ses troupes… En Mai 68, le préfet de police de Paris, Maurice Grimaud, a tout fait pour calmer les ardeurs de ses troupes. Le 29 mai, il s’adresse aux forces de police : « Frapper un manifestant tombé à terre, c’est se frapper soi-même en apparaissant sous un jour qui atteint toute la fonction policière. »

Le gouvernement interpellé «M. le ministre, allez-vous enfin renoncer à l’intimidation et à la stratégie de la tension pour faire respecter le droit constitutionnel de manifester?» Pierre Laurent, sénateur (PCF), lors des questions au gouvernement hier.

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans SECURITE
commenter cet article
5 mai 2016 4 05 /05 /mai /2016 14:21

« Haine anti flic » faisons plutôt une journée sur nos revendications !

Syndicat Général C.G.T. des Personnels de la Police Nationale du SGAP de Paris et de la Préfecture de Police

JEUDI, 5 MAI, 2016

Les Syndicats de police catégoriels ALLIANCE-CFE/CGC et SGP-FO, appellent les policiers à manifester contre «La haine anti flic » disent-ils. Nous défendons bien sur nos collègues lorsqu'il sont délibérément attaqués par des individus marginaux qui n'ont rien de manifestants, et la Justice doit parler.

Le droit de manifester dans notre pays est fondamental, le rôle de la police est de protéger les citoyens qui manifestent pacifiquement. Lorsqu’ils y a des violences, la police est en capacité de les faire cesser avec mesure, efficacité et discernement. C'est d'ailleurs là sa raison d'être. Il n'est dans l’intérêt de personne d'opposer les policiers aux manifestants, et de faire un amalgame fumeux entre manifestants et casseur.

Lorsqu'il il y a des blessés parmi les policiers, ce qui est inadmissible, c'est le résultat de missions mal maîtrisées, d'objectifs mal définis. Dans ces conditions la responsabilité revient directement aux donneurs d'ordre : le ministre de l'intérieur et son représentant immédiat, le préfet de police! Cette inertie met en danger les manifestants comme les policiers. Le gouvernement est aux abois, son but est clair, c'est celui du pourrissement des contestations sociales en laissant agir des casseurs bien identifiés afin de discréditer le mouvement revendicatif contre les lois antisociales qui prend chaque jour de l'ampleur.

Ce mouvement va encore s’amplifier car il se heurte à la surdité d'élus affaiblis par la finance internationale.

A la démagogie qui consiste à appeler les policiers à manifester contre la « haine anti-flic » qui n’existe que dans l'esprit des pourfendeurs du service public et surtout pas dans l'opinion publique, il serait plus opportun d'attirer l'attention sur les conditions de travail, les salaires et les réductions drastiques d'effectifs qui conduisent nos collègues au burn-out ! Les organisations syndicales catégorielles perdent du crédit au sein de la profession et espèrent ainsi rassembler leurs forces car les jeunes policiers se détournent de ces officines calquées sur le fonctionnement de l'administration.

Il paraît plus judicieux d'accompagner les agents du ministère de l’intérieur vers des revendications, qui portent sur l’amélioration des conditions de travail (45 suicides chez les policiers et 25 chez les gendarmes en 2015), pour plus d’effectifs (17000 suppressions de postes de policiers et gendarmes sous le gouvernement Sarkozy), l’augmentation des salaires, des droits nouveaux et le droit à la retraite à 55 ans à taux plein, Voila ce qui devrait motiver et mobiliser les policiers !

L’histoire démontre que toutes les avancées sociales dans la police nationale, comme ailleurs ont été obtenues grâce aux mouvements revendicatifs, pour lesquels la CGT et la CGT-Police ont pris une part importante et historique. L’action du 18 Mai devrait dénoncer le ras-le-bol des policiers. Il est inconcevable que nos collègues ne soient pas entendus et respectés par ceux qui en ont la charge. Cependant, lancer un mouvement social en proférant que la police subit « la haine » est profondément démagogique. La police ne subit pas la haine de la population ! Bien au contraire elle attire chaque jours de nouveaux candidats désireux d'apporter leur contribution à la lutte contre le trafic de drogue, le crime, le terrorisme... La CGT-Police Paris comme l'ensemble de la CGT défendent sans relâche la fonction publique, les revendications de tous les travailleurs et agents de l’État et ce n’est pas seulement par des discours sur l’autorité, la répression que les policiers seront entendus.

Nous appelons les syndicats du ministères de l’intérieur, les policiers et l'ensemble des agents du ministère le 12 mai à la manifestation Unitaire CGT - FO - FSU - Solidaires - UNEFUNL- FIDL, pour le retrait de la loi travail et dire non à l’austérité grandissante.

Rendez-vous le 12 mai à 14h00, place Denfert-Rochereau vers l’Assemblée Nationale.

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans SECURITE
commenter cet article
4 mai 2016 3 04 /05 /mai /2016 14:05

"Panama papers": Chassaigne (FG) réclame "la plus grande sévérité"

Le chef de file du Front de gauche à l'Assemblée nationale, André Chassaigne, le 19 novembre 2015 à Paris

afp.com/FRANCOIS GUILLOT

Paris - Le chef de file des députés Front de Gauche, André Chassaigne, a réclamé mardi la "plus grande sévérité" des autorités, au-delà des paroles, pour "s'attaquer aux braqueurs" d'argent public et au "cancer des paradis fiscaux".

S'il a trouvé "réjouissant" les apports de lanceurs d'alerte, "dont le rôle essentiel doit être renforcé", mais aussi des journalistes en l'occurrence, ce député communiste a déploré, lors d'une conférence de presse, "une forme de carence des autorités à agir concrètement sur le cancer des paradis fiscaux".

"On le fait insuffisamment, par manque de courage politique mais aussi, sans doute, en raison de la proximité entre les milieux politiques et financiers", selon lui.

Face à "une spoliation d'argent public et un coup de poignard quotidien contre le pacte républicain", le président du groupe de la Gauche démocrate et républicaine a appelé à "la plus grande sévérité et fermeté" pour "s'attaquer très fort aux braqueurs d'argent public avec la fraude et l'évasion fiscale".

Pour la seule France, les montants estimés de la fraude et l'évasion fiscale vont de 60 à 80 milliards d'euros par an, "quasiment le déficit annuel" du pays.

Il faut notamment, a plaidé M. Chassaigne, "faire sauter ce fameux +verrou de Bercy+", en vertu duquel des poursuites pénales pour fraude fiscale ne peuvent être engagées que par la commission des infractions fiscales.

Actuellement, le gouvernement préfère se contenter de négocier avec certains contribuables pour récupérer une partie de l'argent, a-t-il déploré. "C'est comme si, à l'auteur du plus grand braquage de banque des dernières années, à Cannes en 2013, on disait +sur les 103 millions, tu nous en rends 80 millions et on te laisse tranquille+", a considéré le chef de file des députés Front de Gauche.

A ceux qui, sur ces sujets, "parlent beaucoup aujourd'hui, montrent leurs muscles, je rappellerai ce vieux proverbe auvergnat +ce n'est pas la vache qui meugle le plus fort qui donne le plus de lait", a conclu cet élu du Puy-de-Dôme.

Repost 0
2 mai 2016 1 02 /05 /mai /2016 19:34

1er mai : Appel des 100

LUNDI, 2 MAI, 2016

HUMANITE.FR

nuitdebout.jpg

Photo AFP

Ensemble, favoriser l’irruption citoyenne pour construire l’alternative. Texte collectif.

Nous vivons une situation inédite : un capitalisme en crise et pourtant présenté dans le discours dominant comme seul système viable ; une Europe basée sur le libéralisme et éloignée des citoyens ; une crise écologique qui ne trouve pas de solutions à la hauteur ; le développement des tensions internationales et de politiques migratoires mortifères ; une crise globale de la vie politique marquée notamment par la forte montée de l’extrême droite… Cette situation appelle des réponses nouvelles, le refus de tout fatalisme. Nous sommes convaincus de la disponibilité de nombreuses forces et énergies citoyennes pour construire d’autres possibles par la mobilisation populaire.

Nous voulons contribuer à la transformation de notre société, par la remise en cause du productivisme et du consumérisme, par la redistribution des richesses mises au service du progrès social, y compris au plan international et européen, à rebours des politiques menées actuellement et sous les quinquennats précédents, sous l’aiguillon des organisations patronales et plus particulièrement du Medef, des marchés financiers et des institutions européennes.

Nous refusons les logiques de « guerre au terrorisme » et du tout sécuritaire, le recul des droits et libertés publiques, la recherche de boucs émissaires qui stigmatise des pans entiers de la population.

Nous considérons que l’indispensable transformation de notre société passe par la mobilisation la plus large aux plans politique et social, par des modes d’intervention politique novateurs qui favorisent l’intervention citoyenne et la participation de toutes et tous aux décisions qui les concernent. La puissante mobilisation contre le projet de loi Travail et la mise en échec de la constitutionnalisation de la déchéance de nationalité démontrent la profondeur de l’aspiration à une autre politique et les importantes disponibilités pour l’engagement citoyen.

Il y a débat à gauche sur la stratégie à l'orée des présidentielles, certains pensent que la réponse est dans une primaire, d'autres font d'autres choix : candidature déclarée, recherches de modalités nouvelles...Quel que soit le choix de chacun aujourd'hui il faut de toutes façons un démarche qui permette de débattre largement et sans exclusive et de sortir du fonctionnement politique habituel afin de mettre dans le paysage des propositions d'urgence susceptibles de rassembler et de redonner de l'espoir.

Nous pensons que le rassemblement des forces de progrès, dans les domaines politique, syndical, associatif, culturel et intellectuel est indispensable pour créer les conditions de la mobilisation populaire. Nous affirmons donc notre volonté commune d’œuvrer à ce rassemblement, pour l’inscrire dans la durée et favoriser l’irruption citoyenne dans le débat public.

Dans ce sens, nous voulons co-organiser des débats en territoire, ouvert à toutes et à tous sans exclusive, pour construire et adopter un corpus de propositions de mesures d’urgences qui contribueraient à améliorer significativement et rapidement les conditions de vie de toutes et tous.

Ces mesures d’urgences devraient être pleinement intégrées dans les propositions des candidat-e-s aux élections présidentielles et législatives de 2017.

Elles constitueraient notre bien commun pour mener une campagne et construire des candidatures d’unité lors de ces échéances électorales. »

Cet appel "Ensemble, favoriser l’irruption citoyenne pour construire l’alternative" est signé par des universitaires, des artistes, des syndicalistes, des militant-e-s associatif(ve)s et citoyen-ne-s, des élu-e-s et responsables politiques (socialistes, écologistes, communistes, Ensemble, République et socialisme, Front de gauche, ...)".

Si vous voulez nous rejoindre, merci d’envoyer un mel à : 1ermaiappeldes100@gmail.com

Premiers signataires :

Christophe Aguiton, altermondialiste,

Nils Anderson, ancien éditeur,

Marie-Christine Aragon, conseillère générale - PS-64,

Gérard Aschieri, syndicaliste,

Isabelle Attard, députée,

Clémentine Autain, porte-parole – Ensemble !,

Marinette Bache, conseillère de Paris - R&S,

Bertrand Badie, professeur des universités,

Guillaume Balas, député européen - PS,

Francine Bavay, Ecologie sociale,

Julien Bayou, porte-parole – EELV,

Roland Benarous, directeur de recherche scientifique,

Sophie Beroud, politiste,

Antoine Blocier, écrivain,

Jacques Boutault, maire du 2ème arrondissement de Paris - EELV,

Jean-Claude Branchereau, syndicaliste,

Patrick Brody, syndicaliste,

Ian Brossat, adjoint à la maire de Paris - PCF/ FdG,

Eric Cabanis, syndicaliste,

Jean-Marc Canon, syndicaliste,

Fanélie Carrey-Conte, députée - PS,

Françoise Castex, ancienne députée européenne,

Jean-Claude Chailley, secrétaire général - Résistance sociale,

Martine Chantecaille, conseillère municipale - La Roche sur Yon - PS,

Guy Chapouillié, professeur des universités, réalisateur

Tuncay Cilgi, syndicaliste, co-animateur - Collectif Stop 3 CDD,

Sergio Coronado, député - EELV,

Annick Coupé, syndicaliste,

Alexis Cukier, philosophe,

Cécile Cukierman, sénatrice - PCF/FdG, conseillère régionale Rhône-Alpes/Auvergne,

Olivier Dartigolles, porte-parole - PCF,

Caroline de Haas, féministe,

Christophe Delecourt, syndicaliste,

Karima Delli, députée européenne - EELV,

Héléne Derrien, militante santé,

Lina Desanti, syndicaliste,

Pascal Dessaint, écrivain,

Jean Pierre Dubois, militant droits de l'Homme,

Patrick Farbiaz, Ecologie sociale,

Gérard Filoche, bureau national - PS,

Esther Fouchier, militante féministe,

Jean-Pierre Fourré, porte-parole - R&S, ancien vice-président de l’Assemblée nationale,

Nadine Garcia, syndicaliste,

Bertrand Geay, sociologue et militant associatif,

Karl Ghazi, syndicaliste,

Jean Luc Gibelin, vice-président Midi-Pyrénées/Languedoc Roussillon - PCF/FdG,

Magali Giorgetti, syndicaliste,

Roland Gori, psychanalyste,

Pierre-Henri Gouyon, universitaire,

Sylvie Guinand, syndicaliste,

Jean-Marie Harribey, économiste, conseil scientifique - Attac,

Timini Hocine, acteur des quartiers,

Michel Jallamion, responsable - Convergence services publics,

Dominique Jobard, syndicaliste,

Marianne Journiac, secrétaire nationale - R&S,

Pierre Khalfa, Fondation Copernic,

Abdessalam Kleiche, co-responsable de la commission transnationale - EELV,

Daniel Labouret, responsable régional - R&S - Aquitaine-Limousin/Poitou-Charentes,

Annie Lahmer, conseillère régionale - EELV,

Didier Lassauzay, syndicaliste,

Ben Lefetey, militant écologiste et altermondialiste,

Didier Le Reste, maire-adjoint 10ème arrondissement de Paris - PCF/FdG,

Thierry Lescant, syndicaliste,

Isabelle Lorand, chirurgienne, exécutif national - PCF,

Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice, bureau national - PS,

Nöel Mamère, député écologiste,

Jean-Claude Mamet, Ensemble !,

Marc Mangenot, Fondation Copernic,

Bénédicte Manville De Cecco, conseillère régionale Ile de France - EELV,

Philippe Marlière, politiste,

Claude Martin, syndicaliste,

Myriam Martin, porte-parole - Ensemble !,

Christiane Marty, féministe,

Gus Massiah, altermondialiste,

Pierre Ménard, responsable - Convergence nationale Rail,

Roland Merieux, Ensemble !,

Claude Michel, syndicaliste.

Btissam Mnari, animatrice collectif Stop 3 CDD,

Ricardo Montserrat, auteur dramatique, scénariste,

René Monzat, journaliste, Espace Marx,

Gérard Mordillat, auteur, cinéaste,

Marie-Thèrése Mutin, éditrice, ancienne députée européenne,

Dominique Noguères, avocate, militante des droits de l’Homme,

Willy Pelletier, Fondation Copernic,

Jean-François Pellissier, porte-parole – Ensemble !,

Loïc Pen, urgentiste, comité de défense de l’hôpital,

Nathalie Perrin-Gilbert, maire du 1er arrondissement de Lyon,

Jean-Claude Petit, compositeur, chef d’orchestre,

Claire Pessin Garric, militante associative de l'éducation populaire,

Serge Regourd, professeur des universités,

Jean-Michel Sala, syndicaliste,

Nicolas Sansu, député-maire de Vierzon - PCF/FdG,

Pierre Santini, comédien,

Baptiste Talbot, syndicaliste,

Eric Thouzeau, conseiller régional Pays de Loire - PS,

Claude Touchefeu, conseillère municipale Toulouse - PS,

Stéphanie Treillet, Ensemble !

Guy Tresallet, syndicaliste,

Maryse Tripier, sociologue de l’immigration

Aurélie Trouvé, économiste, conseil scientifique - ATTAC,

Raymond Vacheron, syndicaliste,

Marie-Christine Vergiat, députée européenne - Front de Gauche,

Marie Pierre Vieu, éditrice, exécutif national - PCF,

Emmanuel Vire, syndicaliste.

Anne Weber, directrice de recherche émérite – CNRS.

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans ACTUALITES
commenter cet article

BRUNO FORNACIARI

HPIM3303

Recherche

Texte Libre