Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
24 décembre 2012 1 24 /12 /décembre /2012 18:50

 

Médias - le 31 Août 2012

De nouvelles pages d’histoire pour préparer l’avenir

Notre journal lance une collection exceptionnelle consacrée à des événements marquants du XXe siècle. Richement illustré, le premier volume rassemble vingt-sept articles. 


La grande histoire du XXe siècle vue, écrite, parfois vécue par de grandes plumes de l’Humanité et illustrée par les plus grandes signatures du photojournalisme... C’est le pari réussi de l’Humanité Histoire. Les grands événements du XXe siècle. Une nouvelle collection exceptionnelle consacrée à l’histoire que lance l’Humanité. Le premier volume est sorti jeudi. Il rassemble une sélection de vingt-sept articles parus dans les pages « Il était une fois » que vous retrouvez chaque semaine dans l’Humanité Dimanche depuis 2006.

 

Présenté en 160 pages et illustrés de plus de 300 photos, l’ouvrage se veut « un kaléidoscope du XXe siècle » selon les mots passionnés d’André Ciccodicola, rédacteur en chef de l’Humanité Dimanche et responsable de cette nouvelle collection. La place de l’image y est centrale. « On peut aussi lire ce précieux document en regardant les photographies », poursuit André Ciccodicola, soulignant leur grande qualité.

 

En le feuilletant, on passe ainsi de la crue de la Seine qui submerge Paris en 1910 à la grande crise de 1929, la guerre d’Espagne en 1936, les manifestations étudiantes contre l’occupant allemand en 1940 ou encore l’attaque de Pearl Harbor par les Japonais en 1941, le mouvement social de l’industrie sidérurgique française en 1979, la mort tragique de Coluche en 1986... Cette plongée dans la mémoire fait revivre des anecdotes à travers le regard original des journalistes. « Qui se souvient, par exemple, de la première équipe de football d’Algérie, en 1958, porte-drapeau d’une nation qui n’existe pas encore », raconte André Ciccodicola.

 

« Par leur diversité d’objet, dans leur continuité, à travers la multiplicité de leurs auteurs qui sont la plupart du temps des journalistes hautement qualifiés (...), ces chroniques consacrées à des épisodes, des faits ou des acteurs du XXe siècle, balisent une juste représentation de ce qu’on pourrait qualifier de moments significatifs de l’histoire du temps présent », estime l’historien Claude Mazauric à qui l’on a confié la préface de l’ouvrage.

 

Pour Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité, qui en signe l’éditorial, ces articles « redonnent sens et émotion à de grands épisodes historiques ». « Les dates marquantes et les événements appartiennent à la mémoire collective et forment l’intelligence du monde, souligne-t-il. Ils restent toujours des points de repère et façonnent les valeurs que nous voulons transmettre aux générations futures. »

 

Le volume relié est mis en vente sur le site Internet de l’Humanité et dans les Maisons de la presse à un prix de lancement de 9 euros. Avec l’objectif de publier ces ouvrages de qualité plusieurs fois par an. Il sera aussi disponible à la Fête de l’Humanité. Pour la rédaction, il s’agit aussi de perpétuer les valeurs de Jean Jaurès, le fondateur de l’Humanité, qui écrivait : « L’histoire enseigne aux hommes la difficulté des grandes tâches et la lenteur des accomplissements, mais elle justifie l’invincible espoir. » Une pensée mise en exergue dans cette nouvelle publication et qui nous servira de guide.

 

 

Anna Musso

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans MEDIAS et PLURALISME
commenter cet article
24 décembre 2012 1 24 /12 /décembre /2012 18:34

 

Culture - le 24 Décembre 2012

Hommage Aragon

Roland Leroy "Il n’existe pas plusieurs Aragon se contredisant. Il existe un homme multiple mais unique"

directeur de L’Humanité de 1974 à 1994, intime d’Aragon.

 

Demander à des hommes et à des femmes différents de parler d’Aragon ou d’écrire sur lui, c’est ouvrir la voie à des textes qui se compléteront, se répéteront, mais qui ne devraient jamais se contredire. Car mon opinion est solidement établie qu’Aragon a toujours été le même homme, certes se modifiant car sa pensée s’enrichissait sans cesse, sa vision du monde pénétrait un avenir toujours plus lointain.


Le hasard ou les circonstances historiques ou accidentelles ont fait qu’Aragon a tenu une place importante dans ma vie, dès mon adolescence. Mes premières actions dans la Résistance furent que, tout jeune, j’eus à distribuer des numéros clandestins de la presse communiste. Aux exemplaires de l’Humanité, de l’Avant-Garde, de la Vie ouvrière se trouvaient mêlés ceux des Lettres françaises. Puis, dès la Libération, je lus avec passion les Beaux Quartiers,

 

Aurélien… C’est au congrès de Gennevilliers du Parti communiste français, en 1950, que nous fûmes, en même temps, élus pour la première fois au Comité central du PCF. Les circonstances ont fait que nos relations personnelles se sont faites plus proches et plus amicales lorsque, il me semble que c’est fin 1955 ou début 1956, je visitai avec lui le musée de Rouen pour qu’il y voie les tableaux de Géricault, le héros de la Semaine sainte en cours d’écriture. À partir de ce moment, nos relations personnelles devinrent amicales. Elles se resserrèrent fortement lorsque la direction du Parti communiste me confia la responsabilité des « activités intellectuelles et culturelles ».

 

Les souvenirs se bousculent de nos relations quasi quotidiennes et profondément amicales. Les journées au moulin de Saint-Arnoult, les longues conversations, les inquiétudes politiques, les moments difficiles… la mort de Georges Sadoul, les problèmes avec Roger Garaudy, mai 1968 et sa rencontre faussement impromptue avec Cohn-Bendit, l’invasion soviétique en Tchécoslovaquie. Puis aussi des souvenirs de certains côtés plutôt amusants, par exemple, une rencontre soigneusement préparée avec René Char et sa simulation d’étonnement au moment de la rencontre, la visite chez Jacqueline Picasso, peu de temps après la mort de Pablo…

 

Je partage l’opinion exprimée il y a peu de temps par Maurice Ulrich, qui met en garde contre le fait qu’« il se trouve toujours, dans les milieux intellectuels des esprits brillants… pour ne retenir qu’un Aragon en tranches. Il y aurait le surréaliste, l’auteur des poèmes de la Résistance, puis l’homme de parti et puis l’homme vieillissant… » (1). Oui, la vérité c’est qu’il n’existe pas plusieurs Aragon se contredisant. Il existe un homme multiple mais unique dont la vie est faite de mouvements, de développements, d’épanouissements ; un homme, chevalier du « réalisme socialiste » qui ne doit pas être considéré comme une école fermée. Au contraire, sa conception est toujours valable : « Un réalisme socialiste ne peut être un réalisme de routine. Il doit, comme le socialisme, avoir constamment le caractère expérimental, il doit être un art de perpétuel dépassement. Rien ne lui est plus opposé que la formule, la recette, la répétition. Et, qu’il s’agisse de la peinture ou de l’écriture, l’art c’est toujours la remise en question de l’acquis, c’est le mouvement, le devenir » (2).

 

À cet égard, j’ai déjà exprimé mon regret que le Parti communiste ait durant longtemps fait le silence sur le fait que Paul Éluard le quitta au début de l’année 1932 et publia un texte plus que vigoureux contre Aragon dont il disait qu’il « devient un autre et son souvenir ne peut plus s’accrocher à moi ». C’était là un aspect de la rupture entre les surréalistes et les intellectuels membres du Parti communiste. Cette rupture avait plusieurs aspects. Elle s’exprime aussi dans le ralliement d’André Breton au trotskisme. Le même Éluard écrira en 1949 : « De tous les poètes que j’ai connus, Aragon est celui qui a le plus raison, raison contre les monstres et raison contre moi » (3).

 

Aussitôt après la mort d’Elsa, nous étions quelques-uns proches de lui. Edmonde Charles-Roux en était. À ce moment, j’ai proposé à Louis des occupations le liant à la vie. Il effectua plusieurs déplacements en Seine-Maritime, à Saint-Étienne-du-Rouvray et au Havre, et nous fîmes un voyage en Hongrie où nous avons rencontré, notamment, les grands écrivains Georges Illyes, Tibor Dhéry. Naturellement, nous rencontrâmes aussi Janos Kadar qui nous reçut très chaleureusement. La veille de notre départ de Paris avait paru les Lettres françaises, avec un article très vif qui revenait vigoureusement contre l’intervention en Tchécoslovaquie. À l’inverse des Soviétiques, les dirigeants hongrois ne critiquaient pas les Lettres françaises. Durant notre séjour à Budapest, un matin, il me lut de sa voix monotone un long passage de Matisse Roman qu’il avait écrit dans la nuit. La matinée qui suivait était consacrée à la réception par l’Union des écrivains. Je ne l’accompagnai pas et vins seulement le rejoindre en fin de matinée. À mon arrivée, une amie hongroise me dit : « Il parle depuis trois heures et demie. Il a d’abord parlé quelques minutes puis demandé des questions, il répond toujours à la première. » M’apercevant alors, Louis dit : « Que vous dirais-je de plus ? Rien, sinon que je n’ai pas écrit une ligne depuis la mort d’Elsa. »

 

Un autre aspect mérite d’être précisé. À la fin de sa vie, Aragon a exprimé sa douleur. Nous avions été obligés par les nécessités économiques à prendre la décision de cesser la publication des Lettres françaises. Cette décision fut prise par trois personnes : Louis, Georges Gosnat, alors trésorier du PCF, et moi-même. Au même moment les Nouvelles littéraires, le Figaro littéraire étaient contraints à la disparition. Nous vivions alors une période douloureuse, mais nous la vivions ensemble. Louis et son parti ne s’éloignaient pas, ne se séparaient pas, ils se serraient l’un contre l’autre.

 

De toute la période qui va du 20e Congrès du PCUS et des événements de Hongrie jusqu’à la fin de sa vie, on peut évoquer des moments douloureux et courageux pour lui : de la réécriture des Communistes jusqu’à la Valse des adieux. La douleur ne l’empêcha jamais de prouver son courage. Ses colères ne l’ont jamais conduit au renoncement, au contraire…

 

« Hommes de demain soufflez sur les charbons. À vous de dire ce que j’y vois. »

Repost 0
24 décembre 2012 1 24 /12 /décembre /2012 13:03

24-12-2012

Rétablissement de la retraite à 60 ans pour tous et à taux plein

André Chassaigne interpelle Monsieur le Monsieur le ministre du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social sur le rétablissement de la retraite à 60 ans pour tous et à taux plein.

Fin octobre 2012, en France métropolitaine, 5 202 500 personnes étaient inscrites à Pôle Emploi, toutes catégories confondues. La situation de l’emploi continue de se dégrader chaque mois, avec des difficultés de retour à l’emploi toujours plus difficiles pour les jeunes et les plus de 50 ans.

La réforme des retraites de juillet 2011 a imposé un report de l’âge légal de départ en retraite progressif à 62 ans d’ici 2017, et à 67 ans pour un départ à taux plein quel que soit le nombre de trimestres cotisés. Dans la situation économique que connaît notre pays, ces reculs sociaux font bondir chaque mois le nombre de salariés âgés licenciés dans les chiffres du chômage, alors qu’ils auraient pu bénéficier d’un départ à 60 ans.

Ces mesures plongent également plusieurs milliers de chômeurs âgés en fin de droits dans la plus grande précarité, au RSA, voire sans aucune ressource, avant d’avoir atteint l’âge légal, souvent parce que ne sont pas pris en compte l’intégralité des périodes de chômage ou de congés maternité dans le calcul des trimestres cotisés.

Chaque année 700 000 jeunes entrent sur un marché du travail atone, concourant ainsi à allonger considérablement le délai avant le premier emploi, et encore plus avant le premier stable. Les conséquences en matière de financement de notre système de retraite, et de perspectives de retraite pour ces nouveaux entrants sont dramatiques.

Seule une réforme des retraites juste, rabaissant l’âge de départ légal de la retraite à 60 ans pour tous et à taux plein est à même d’enrayer l’augmentation massive du chômage, de favoriser l’entrée des jeunes dans l’emploi et de lever les situations de précarité des chômeurs âgés en fin de droits. Elle pourrait mobiliser de nouvelles ressources pour le financement de notre régime de retraite par répartition, en touchant notamment les revenus financiers et en modulant les cotisations patronales d’assurance vieillesse en fonction des choix des entreprises en matière de répartition des richesses.

En conséquence, il souhaiterait connaître la position de Monsieur le ministre sur ces mesures de justice et de progrès pour nos concitoyens.


Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans RETRAITES
commenter cet article
23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 22:36

HONNEUR et GRATITUDE ETERNELLE du PEUPLE FRANÇAIS aux HEROIQUES COMBATTANTS DE STALINGRAD

Le Général de Gaulle et les Français reconnurent le rôle capital de l’Union Soviétique dans la victoire sur l’hitlérisme.

 

Alors que, de l’école aux médias en passant par les déclarations du « parlement européen », une propagande de chaque instant prétend amalgamer l’Union Soviétique au Troisième Reich, les vrais démocrates gardent au cœur les combattants de Stalingrad, de Koursk et de Leningrad qui, au prix de sacrifices inouïs, ont brisé la machine de guerre nazie, ont permis la contre-offensive générale de l’Armée rouge et la prise de Berlin, pendant qu’à l’Ouest s’ouvrait enfin le second front contre la Bête immonde hitlériennes.

 

L’impératif de l’histoire conduisit pendant la seconde guerre mondiale à « la belle et bonne alliance » entre l’URSS et la France combattante reposant sur la coopération entre peuples libres, égaux et fraternels, coopération toujours d’actualité au plan européen et mondial.

 

Le général de Gaulle en donna une illustration à son arrivée à Moscou, le 20 juin 1966, répondant au président NV Podgorny, il évoqua la grande Russie qu’il avait vue en 1944 : « tendue dans l’esprit guerrier qui allait assurer sa victoire et, pour une très large part celle de la France et de ses alliés », puis à la réception au Kremlin, en soulignant chez les Français le sentiment de solidarité, il revint sur « la part capitale que l’Union Soviétique prit à la victoire décisive », qui précise-t-il le 30 juin, a porté l’URSS « au plus haut degré de la puissance et de la gloire » À cette occasion fut signée une déclaration bilatérale qui donna une impulsion considérable à une coopération multiforme. Le domaine spatial en témoigne encore.

 

Quoi qu’on pense de l’URSS et de son histoire – et cela appelle de notre point de vue de nombreux débats exempts d’intolérance et de caricature – nul ne peut nier que la bataille de Stalingrad prend place dans l’Histoire au même niveau que celle de Marathon, où les jeunes démocraties grecques stoppèrent l’Empire mède – ou de Valmy, où l’armée de la Révolution française repoussa les envahisseurs de l’Europe contre-révolutionnaire.

 

Nous avons commémoré, le 2 février 2008 à Paris, le 65ème anniversaire de la victoire de Stalingrad car le sommet de l’ignominie avait été atteint par les gouvernements profascistes des Pays Baltes qui, avec la caution de l’Union Européenne, dressaient des monuments à la gloire des SS. Notre solidarité va à la puissante et légitime riposte qui s’est manifestée en Russie et dans les pays de la CEI défendant l’honneur et l’héroïsme des combattants qui sacrifièrent leur vie pour la liberté.

 

À l’heure où l’UE, arrogamment pilotée par Berlin, écrase les peuples, leur souveraineté nationale et leurs acquis sociaux, à l’heure où des dirigeants du MEDEF appellent publiquement à « changer d’aires » pour mieux liquider la nation et les conquêtes du CNR, à l’heure où les peuples se dressent de plus en plus contre les guerres impérialistes et contre la dictature des marchés financiers et de leur bras armé l’OTAN menaçant la Russie et les Etats de la CEI avec le bouclier antimissiles américain, à l’heure où la criminalisation du communisme en Europe de l’Est suscite une chasse aux sorcières liberticide et prépare la revanche posthume des fascismes, les signataires de cet appel, représentants de sensibilités politiques distinctes.

 

• Appellent la population de France à continuer le combat des héros de Stalingrad et de la Résistance antifasciste et patriotique en défendant l’indépendance nationale, la démocratie, les conquêtes sociales, pour qu’un nouveau Reich euro-atlantique destructeur des libertés ne prenne pas la succession de Hitler sous des oripeaux pseudo-démocratiques ;

 

• Appellent à combattre sous toutes ses formes le racisme et la xénophobie d’Etat ;

 

• Condamnent l’anticommunisme, qu’ils ne confondent pas avec la discussion contradictoire et argumentée sur le bilan de la première expérience socialiste de l’histoire, et dans lequel ils voient avant tout une arme idéologique de l’oligarchie capitaliste pour briser l’ensemble des conquêtes démocratiques de notre peuple et de tous les peuples.

 

• Demandent que le service public à France télévisions et à la radio programme des émissions sur l’Armée Rouge et à son année phare de 1943 avec les victoires de Stalingrad, Koursk, le lancement de l’offensive finale sur Berlin et la coopération du général de Gaulle-URSS, avec son plus beau fleuron : le régiment Normandie-Niemen ainsi que la participation soviétique au combat animée par le mineur ukrainien Vasil Porik , de 1942 à 1944, dans les mines et les corons du Nord-Pas-de-Calais, combat ouvert par la Grande Grève Patriotique de mai-juin 1941.

 

Dans le respect de leurs convictions propres, les personnalités signataires appellent également au rassemblement du 2 février 2013, place de la bataille de Stalingrad, à Paris.

 

C’est une exigence d’avenir que de célébrer le 70ème anniversaire de la victoire de Stalingrad dans l’union des forces patriotiques, républicaines et antifascistes, d’exprimer la gratitude éternelle aux combattants de l’Armée Rouge dans cette ville martyre où se joua le destin de l’humanité.

 

En multipliant les initiatives décentralisées allant dans le même sens dans la semaine précédant cet anniversaire les signataires de cette déclaration appellent les travailleurs, les femmes et les hommes, les jeunes défenseurs de la paix, du progrès et de l’indépendance nationale et résolus à contribuer à la défaite du fascisme, du racisme et de la xénophobie d’Etat, de l’impérialisme, à se mobiliser et à mobiliser pour que résonne dans la capitale de la France,

LE RASSEMBLEMENT NATIONAL AVEC UNE REPRESENTATION INTERNATIONALE qui aura lieu

SAMEDI 2 FEVRIER 2013 À 14 HEURES 30 (pour les organisateurs) et 15 heures (pour la manifestation), PLACE DE LA BATAILLE DE STALINGRAD (métro Stalingrad) avec prises de paroles et un dépôt de fleurs au monument des héros de Stalingrad.

 

Coordinateur : Pierre Pranchère, ancien résistant, député honoraire, 2 Puy Salmont 19800 Saint-Priest-de-Gimel, courriel :

 

Pierre.pranchere@orange.fr – tél : 05 55 21 35 55

 

Pour vous associer, envoyez votre signature à Jany SANFELIEU (jany.sanfelieu@wanadoo.fr), en indiquant :

Nom – prénom Qualités Adresse Courriel – tél.

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans MEMOIRES - HOMMAGES - SOUVENIRS
commenter cet article
23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 22:29

  - le 23 Décembre 2012

Hollande en Algérie, la page est loin d’être tournée ? (Analyse)

Alger, envoyé spécial. Si du côté du pouvoir algérien, c’est la satisfaction, côté acteurs de la société civile et politique, critiques et interrogations ne manquent pas que ce soit sur le passé colonial ou sur l’accord avec Renault.


Après la visite de François Hollande, l’Algérie et la France ont-elles mis fin à 50 ans de rapports crispés du fait d’un passé marqué par le poids de la colonisation et d’une guerre qui a laissé de terribles séquelles, des mémoires blessées ? La question fait débat. « François Hollande a reconnu les crimes de la colonisation, et encore le mot «crime » n’a jamais été prononcé, sans s’excuser. Il nous demande de tourner la page. On veut bien.

 

Certes, nous sommes les enfants de l’indépendance algérienne. Mais quand on voit que l’État français rend hommage à Bigeard le tortionnaire, la moindre des choses c’est que nos dirigeants exigent de Hollande de présenter des excuses. Ils ne l’ont pas fait. On n’est donc pas déçus parce qu’on n’est pas dupes. Hollande est venu pour faire des affaires et il a réussi parce qu’il aime son pays », explique Azwaw, 45 ans, employé à la SNCF algérienne, qui a

 

L’argent de l’Algérie attire les occidentaux


Place du 1er mai, à Belcourt, Kader, 30 ans, et ses copains ne sont pas allés place Audin quand Hollande a marqué un temps d’arrêt pour rendre hommage au militant communiste. « C’est bien ce qu’il a fait. Mais il y a ces milliers de jeunes disparus durant la bataille d’Alger, qu’est-ce qu’il en fait ? En regardant les télés françaises, il a dit qu’il parlerait des harkis. Ok ! Mais, écrivez-le : pas question que les harkis reviennent comme si de rien n’était. Ils ont choisi leur camp. Pour le reste, on est prêt à pardonner. Les enfants de harkis ? C’est comme les enfants des terroristes islamistes, ils n’ont pas à payer pour les crimes de leurs parents. Ils sont les bienvenus » explique-t-il. Rachid, 40 ans, cadre administratif, ne semble pas surpris. La mémoire ? « Hollande a fait un geste. Mais notre malheur, c’est l’argent de l’Algérie qui attire les occidentaux comme la confiture attire les abeilles et les guêpes. Et pour s’offrir un quatrième mandat, Bouteflika, qui a besoin du soutien de la France, est prêt à vendre le Sahara » !

 

Côté politique, les réactions sont plus contrastées. Sur le contentieux colonial, le chef de l’État français « a eu le discours que tout le monde attendait » a estimé le ministre de l’Intérieur algérien, Dahou Ould Kablia, surnommé « Dok » par certains commentateurs algériens. « C’est un discours qui n’a occulté ni le passé ni l’avenir » a renchéri le chef de la diplomatie algérienne Mourad Medelci ». Hollande a même trouvé grâce auprès de la tonitruante leader du Parti des travailleurs (trotskiste), Louisa Hanoune pour qui François Hollande « a reconnu les méfaits du colonialisme, l’injustice du système colonial. Il les a nommés ».

 

Et les excuses !


Seuls bémols, Saïd Bouhadja, dirigeant du FLN, qui a estimé que « le peuple algérien s’attendait beaucoup plus à des excuses, pas à des déclarations partielles » ou encore Ahmed Batache, chef du groupe parlementaire du Front des forces socialistes (FFS, socialiste), cité par El Watan assurant « quand le pouvoir français demande à la Turquie de reconnaitre les crimes qu’elle avait commis contre les Arméniens, le peuple algérien est lui aussi dans son droit de demander à la France non seulement de reconnaître ses crimes mais aussi des excuses ».

 

Et pour des raisons diamétralement opposés, les islamistes, surtout leurs sites, ont convoqué - pour les besoins de la cause - le million de martyrs tombés durant la guerre d’indépendance algérienne, font feu de tout bois contre cette visite et le fait qu’Hollande a fait des affaires sans faire « acte de repentance pour les crimes commis par son pays » !

 


Signe des temps, en dépit de l’accueil populaire réservé à François Hollande, les algériens agitant des drapeaux français se comptaient sur les doigts d’une main. Place Audin, il n’y avait qu’une seule personne brandissant l’emblème français. A Tlemcen, les gens ont refusé les drapeaux de l’ancienne puissance coloniale proposés par des employés de la municipalité. « S’il avait fait des excuses, au lieu de choisir ses mots pour ne pas heurter la droite française, les Algériens n’auraient pas hésité un instant à brandir l’emblème français » affirme Fayçal, militant associatif.

 

Pour résumer, « ce n’est pas tout à fait une page dans les relations franco-algériennes qui se tourne mais prosaïquement une nouvelle partition musicale qui s’écrit » commente Boubekeur Hamidechi, le chroniqueur du Soir d’Algérie. Pour lui « grâce à cette sortie sur l’impasse mémorielle, il (Hollande) peut justement demander à ses interlocuteurs algériens de passer à autre chose. Celle pour laquelle il a choisi de donner la priorité diplomatique de son voyage : le business ».

 

Renault, un contrat très politique


Et sur ce plan, notamment concernant la signature de quatre contrats, les interrogations et critiques ne manquent pas. L’accord sur l’installation d’une usine d’assemblage Renault en Algérie est celui qui suscite le plus de questions. Dans un article publié par des quotidiens algériens, l’économiste Abdrehamanne Mebtoul s’est montré plus que réservé. L’usine Renault qui sera construite à Oran revient plus cher que celle installée à Tanger pour un coût d’investissement équivalent, soit un peu plus d’un milliard d’euros. En termes de niveau d’emplois ou de productivité, elle est bien inférieure à sa sœur marocaine. L’usine de Tanger produira à termes 400 000 véhicules de gammes différentes par an dès 2013, alors que celle d’Oran, détenue à 51% par l’État algérien, n’en produira que 70 000 unités d’un seul modèle, avec quasiment un effectif de salariés équivalent. Qui plus est, Renault a obtenu qu’aucun autre constructeur ne s’installe en Algérie durant trois ans. Et le fait que Wolkswagen ait été écarté au profit de Renault fait dire à beaucoup d’algériens que le contrat obtenu par Renault est plus de nature politique que commerciale.

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans INTERNATIONAL
commenter cet article
23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 22:16

Le retour de Tapie suscite un tollé en Provence…

Pour 51 millions d’euros l’affairiste associé à la famille Hersant met la main sur les titres restants du Groupe Hersant Média. Le SNJ-CGT dénonce « un scandale absolu ».

 

Bernard Tapie, le retour ! Allié à la famille Hersant, il va mettre la main sur les titres restants du Groupe Hersant Médias (GHM) : les quotidiens la Provence, Nice-Matin, Var-Matin et Corse-Matin, ainsi que ceux des Antilles et de la Guyane – France-Antilles Guadeloupe, France-Antilles Martinique et France-Guyane. À l’issue d’une réunion mercredi après-midi avec les banques créancières du groupe Hersant sous l’égide du Ciri (comité interministériel de restructuration industrielle qui dépend du ministère d’Arnaud Montebourg) « les banques se sont décidées à valider la proposition Hersant-Tapie sans 
attendre », a expliqué une source proche du dossier. L’offre du groupe belge Rossel a été rejetée.

 

La proposition Hersant-Tapie, s’élevant à 51 de millions d’euros, est « en cours de signature » et « va être signée par l’ensemble des banques », a indiqué cette source mercredi soir à l’AFP. Le tribunal de commerce doit valider lundi cette reprise. Pour ce prix, Tapie et Hersant rachètent les dettes de GHM (215 millions d’euros). Ce qui signifie un abandon de créances des banques de 165 millions ! Si l’on se souvient de la bienveillance de Sarkozy et Lagarde, des 200 millions d’euros touchés par Tapie dans l’affaire Adidas-Crédit lyonnais, alors banque publique) et des 45 millions d’eurosde « préjudice moral » accordé par un tribunal arbitral, ce sont les fonds publics qui ont renfloué Tapie en faillite.

 

Aujourd’hui, il se présente comme le sauveur de la presse et dément toute arrière-pensée politique. Le maire UMP de Marseille, Jean-Claude Gaudin, voit dans cette arrivée une « bonne chose » pour « la liberté de la presse ». Quant aux ambitions électorales présumées de Tapie, « vous savez, en politique, quand on dit jamais, ça veut dire pas pour l’instant, alors je m’attends à tout » (voir ci-dessous). L’ancien député des Bouches-du-Rhône avait annoncé qu’il se retirait de la course, dénonçant une ingérence de l’État dans ce dossier, avant, mardi soir, de réactiver son offre.

 

Le SNJ-CGT dénonce « un scandale absolu », mettant l’affairiste Bernard Tapie et « l’exilé fiscal suisse Philippe Hersant » dans le même sac. « Qu’on se rappelle ce que Tapie a fait de Look, de Wonder, de Terraillon, d’Adidas, de ses écoles de vente, de l’Olympique de Marseille (déclaré en faillite après la sinistre affaire de match de football truqué entre le club marseillais et l’équipe de 
Valenciennes), au ministère de la ville, etc. Qu’on se rappelle ce que Philippe Hersant, le piètre héritier du “papivore” Robert Hersant, a fait de Paru Vendu (Comareg – NDLR), de 
Paris-Normandie, des journaux de la région Champagne-Ardenne. L’un et l’autre ont largement alimenté les cohortes qui, chaque jour, vont pointer à Pôle emploi. » Pour le syndicat, « le premier ministre, le ministre des Finances, la ministre de la Culture et de la Communication, notamment, doivent s’expliquer ». Le SNJ-CGT demande au président de la République de s’opposer à cette reprise.

 

Claude Baudry

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans MEDIAS et PLURALISME
commenter cet article
23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 14:59

A la RATP, intégristes et extrême-droite jouent à diviser le personnel

NE LAISSONS PAS LA LAÏCITÉ ET LE DROIT DES FEMMES À

L’ÉGALITÉ ÊTRE BAFOUÉS, NI INSTRUMENTALISÉS

Communiqué de la section RATP du PCF

 

Les réseaux d'extrême-droite font actuellement circuler sur le net une vidéo réalisée par un militant connu de

leurs rangs et où s’expriment anonymement des femmes machinistes de la RATP.

A l'origine, un vrai problème : les pratiques discriminatoires que tentent de promouvoir dans quelques

établissements de l’entreprise une petite minorité d'agents influencés par l'idéologie de l’intégrisme islamiste.

Cette réalité est utilisée par cette vidéo dans une opération politique qui ne vise qu’à opposer les salariés entre

eux, en pratiquant raccourcis et amalgames pour stigmatiser toute une frange du personnel.

Jeune recruté en banlieue = musulman = islamiste : telle est en effet l’ignoble équation que suggère cette vidéo.

Le but est de détourner les colères des questions sociales et d’attiser les peurs, selon une méthode bien rodée et

utilisée de façon récurrente par les forces du fascisme à travers l’Histoire.

Oui, il y a une bataille à mener pour faire respecter les valeurs de laïcité dans certains secteurs de la RATP.

La laïcité est une valeur fondamentale de la République et du Service Public car elle est étroitement liée à la

notion d’égalité. Elle garantit en effet à chaque individu, homme ou femme, les mêmes droits et libertés, quelles

que soient ses origines et ses convictions religieuses s’il en a. Aucune raison, fût-elle d’ordre religieux, ne saurait

porter atteinte à ce principe fondamental.

En fait, cette affaire est révélatrice du sinistre jeu de ping-pong qui s’est instauré entre l’extrême-droite et

l’intégrisme islamiste, chacun servant de repoussoir à l’autre. Alors qu’en réalité, ils ont plus d’un point commun :

 

Tous deux défendent des visions du monde fondées sur les différences ethniques et de religion pour mieux

faire oublier les différences de classe.

 

Ils se retrouvent dans la thèse du "choc des civilisations" qui laisse intacte la vraie source des injustices et

des inégalités : le capitalisme.

 

Et les projets de société qu’ils cherchent à promouvoir sont fondamentalement de même nature : ultra-

régressifs, notamment sur la place des femmes ; dans un cas comme dans l'autre, leur idéal, c'est la femme

au foyer et le refus de l'égalité des droits entre les sexes.

L'intérêt des personnels n'est pas de ces côtés-là. Il est du côté d’un projet de société qui libère les individus au

lieu de les enfermer dans des contraintes, une société débarrassée de toute forme d'exploitation et d'aliénation,

une société où la femme est l’égale de l’homme. C’est ce projet que défendent les communistes.

Au moment où les agents de la RATP souffrent de plus en plus d’un plan de productivité qui détruit l’emploi,

s’attaque aux conditions de travail, engendre de la souffrance et met en péril la qualité de service, l’heure n’est

pas à la division, mais bien à l’unité.

Tous ceux qui cherchent à créer des oppositions factices entre les salariés trouveront les communistes pour leur

barrer la route.

Paris, le 21/12/2012

PARTI COMMUNISTE FRANÇAIS

Section de la RATP

2, place du Colonel Fabien 75019 PARIS

www.section-ratp.pcf.fr

  
Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans LE SAVIEZ-VOUS
commenter cet article
22 décembre 2012 6 22 /12 /décembre /2012 19:05

 

MÉDIAS

 

MÉDIAS -  le 21 Décembre 2012

l'Humanité des débats. L'entretien

Pierre-Louis  Basse : "Dans notre société, les journalistes doivent s’engager"

 

 

Entretien. Pierre-Louis Basse a remporté un succès critique et public avec son livre Gagner à en mourir. De retour à l’antenne sur la chaîne Sport 365, sur Internet, il livre avec gourmandise son actualité. Et pose un regard sans complaisance sur les médias français.

Vous avez deux livres en écriture…

Pierre-Louis Basse. Je travaille sur deux livres. Le premier est un roman, à partir d’une histoire d’amitié de Jesse Owens avec le sauteur en longueur Lutz Long, le héros allemand que toute l’Allemagne d’Hitler attendait. C’est une histoire extraordinaire en noir et blanc. Mon second ouvrage m’excite, il portera sur les racines familiales, industrielles et politiques de l’extrême droite.

Et la chaîne Sport 365

Pierre-Louis Basse. C’est une très belle aventure, qu’il faut mettre au crédit de Patrick Chêne, et de toute l’équipe autour d’Arnaud de Courcelles, le rédacteur en chef. Il avait envie de mettre en place un grand magazine, chaque soir de la semaine, avec quatre présentateurs différents (Philippe Vandel le lundi, Jean-Philippe Lustyk le mardi, Benoît Maylin le mercredi et Pierre-Louis Basse, de 22 heures à minuit le jeudi – NDLR). Ce qui m’intéressait, c’est de travailler autour de la mémoire du sport. Depuis trois mois, j’ai reçu Bernard Chambaz, Bernard Pivot, Philippe
 Bordas, Finkielkraut. Nous avons abordé le sport sous le nazisme, splendeur et misère du sport au cinéma… Ma vie, c’est la radio et l’écriture, je ne suis pas un homme de télé, d’image. Mais je suis heureux le jeudi soir, l’équipe est très jeune et très curieuse, très chouette. J’y ai carte blanche. Un an après avoir quitté Europe 1, c’est une vraie belle lumière. Je n’oublierai jamais la main que m’a tendue Patrick Chêne et la liberté que j’ai. J’invite vraiment tous ceux qui aiment le sport, qui ne se satisfont pas du bruit, de la seule répétition des matchs et surtout de la vulgarité des commentaires sportifs, à regarder cette chaîne sur Internet. Où ce sont des valeurs de dignité, de sens, qui nous guident. Patrick voulait faire ça, et il est en train de réussir son pari.

Parce que ça a été un gros désert après 
votre départ d’Europe 1 ?

Pierre-Louis Basse. Je suis très heureux et je vis très bien sans Europe 1. Il n’y a aucun souci, je ne suis plus fâché. Un gros désert ? Non. J’écris, on publie mes livres, le dernier a très bien marché auprès du public. Je ne suis pas comme les filles de Moulinex, qui se font jeter à soixante ans et qui n’ont ni argent ni travail. Mais la radio, c’est ma vie.

Dans vos dernières interviews, vous donnez 
le sentiment de ne retenir des médias existants que du bruit et de la confusion…

Pierre-Louis Basse. Pas partout. Il y a des choses qui restent encore dignes. Par exemple, le matin, je me gave du journal de Patrick Cohen sur France Inter, qui est remarquable, du travail de Pascale Clarke. Il y a plein de très belles émissions sur le service public. J’aime bien le travail de Franck Ferrand sur Europe 1, c’est très digne, et avec un contenu de haute volée. Il ne s’agit pas de dire que tout vaut tout. Mais on a abdiqué, il y a quinze ou vingt ans, une partie de notre devoir. On n’est pas journaliste uniquement pour montrer sa gueule ou donner sa voix à entendre. On est dans une société qui bouge, qui vit, ça veut dire de l’engagement, une prise de risque. Ou alors, on sera éternellement dans la pâmoison devant Zola, devant Hugo. Mais avec nos contemporains ?

Mais il y a un credo, depuis au moins deux décennies, sur la prétendue objectivité, 
voire neutralité du journaliste…

Pierre-Louis Basse. C’est une illusion, ça. Nous avons tous notre propre subjectivité. C’est ce que je défends, et qui m’a coûté ma place à Europe 1.L’objectivité, c’est déjà un engagement sourd et plein d’hypocrisie. Je veux citer un seul exemple : si les journalistes n’avaient pas abdiqué, nous n’aurions pas cédé à la monomanie de l’expert. Qui sont des gens qui viennent vous voir le lundi et disent rouge, le mardi violet, le mercredi rose bonbon… Si l’on veut comprendre le monde, il faut pouvoir s’appuyer sur des gens qui en ont une lecture, des historiens, des philosophes, des écrivains. Le métier a abdiqué de ce point de vue.

Qui dans le métier ? Les gens qui dirigent l’audiovisuel ? Le journaliste de base ? 
Est-ce que les conditions économiques désastreuses dans lesquelles s’exerce notre métier ne participent pas, aussi, à une mise sous pression des individus ?

Pierre-Louis Basse. C’est un mélange de tout ça. C’est une pipolisation. Ce sont des connivences de réseau, de salon, les jeux de chaise musicale : un jour tu fais de la radio, le lendemain de la télé. Il y a une nomenklatura. Ceux qui dénonçaient l’Union soviétique ont créé la même structure dans nos sociétés hyperlibérales : il ne s’agit plus de la qualité au service du plus grand nombre, mais de quelques-uns qui se gavent. Et qui exploseront. Ce sont des signes que nous avons dans l’audiovisuel, mais aussi dans l’économie et le social. Ça ne pourra pas durer. Le FN naît aussi de ce qu’on offre du point de vue intellectuel et politique. Il n’est pas normal par exemple de voir très peu de gens de l’Huma, depuis des années, sur les plateaux ou dans les studios ? Ils ont peur de quoi ? De quelle parole ?

Vous critiquez beaucoup le recours systématique aux chroniqueurs, qui induisent selon vous une certaine forme d’hystérie.

Pierre-Louis Basse. On est passé d’un rire subversif à la Desproges, à une galerie des grimaces. Et le rire, dans l’émission, est tellement fort qu’il finit par pratiquement mordre sur l’éditorial. Et c’est aussi vrai avec le sport, la politique. Pour moi, ça s’appelle le fascisme froid, ça. L’expression est de Houellebecq et elle est tout à fait juste.

Et Internet ?

Pierre-Louis Basse. Il y a un flux d’infos. Il y a toute une jeunesse malicieuse qui va chercher du contenu culturel en ligne. On l’a vu dans les révolutions arabes, d’ailleurs. Certains blogs n’ont rien à envier à ce qui se passe sur certains plateaux de télévision. La télévision, c’est tellement effrayant qu’il ne restait qu’à décider comme Pflimlin : mettre Taddeï surFrance 2... À l’inverse, lors de la campagne de pub de D8, j’ai quand même vu des slogans comme « se distraire ou mourir » ! Au secours ! D’où le besoin d’inventer encore et encore.

Portrait d’un révolté. Pierre-Louis Basse a été, vingt-cinq ans durant, une des grandes voix d’Europe 1. Spécialiste du sport, il a animé sur la station privée des émissions sportives qui ne se contentaient pas de commenter des matchs, mais se mêlaient aussi de littérature, de cinéma, de politique.Bienvenue chez Basse, la dernière en date, c’était une émission vivante, qui se proposait aussi de réfléchir sur la place du sport dans 
la société. La direction d’Europe 1 a interrompu cette intéressante expérience à la rentrée 2011. Pierre-Louis Basse, qui a aussi, au fil de sa carrière, travaillé pour Canal Plus,France 5, ou l’hebdomadaire Marianne, a profité de ce temps pour se consacrer à sa seconde passion : l’écriture. Auteur d’ouvrages remarqués, dont 
le fameux Guy Môquet, une enfance fusillée, 
il associe désormais ses deux passions : le sport et la littérature. Avide de connaissances toujours nouvelles, Pierre-Louis Basse allie un esprit frondeur à une réelle générosité.

  • Vidéo : Pierre-Louis Basse raconte le match de l'horreur 

  • Lire aussi :

Pierre-Louis Basse comme chez lui à la Fête
« Il faut s'emparer de la lettre de Guy Môquet et l'expliquer » Par Pierre-Louis Basse, journaliste et écrivain (*).

Repost 0
22 décembre 2012 6 22 /12 /décembre /2012 19:03

25/07/2011

Richard Bohringer «Les communistes ont une lumière dans l’œil que les autres n’ont pas»

boringher.jpgRichard Bohringer «Les communistes ont une lumière dans l’œil que les autres n’ont pas»

Acteur populaire, chanteur éclectique, écrivain voyageur… Richard Bohringer ressemble à John, l’un des personnages de son nouveau livre, les Nouveaux Contes de la cité perdue (Flammarion), homme libre, engagé et détaché de tout, sauf de l’amour. Un révolté avant tout, dégoûté du monde d’aujourd’hui voué au culte de l’argent, bouffi d’orgueil et de préjugés.

Votre dernier livre, les Nouveaux Contes de la cité perdue (Flammarion), commence par évoquer Jésus… puis la révolution : « Paulo et John s’étaient rencontrés en ces temps troubles. […] Paulo avait été communiste. John aussi. » On ne vous savait pas aussi engagé politiquement ?

Richard Bohringer. À gauche, vous pouvez l’écrire... Les Tunisiens m’ont filé un sacré coup d’énergie alors que j’écrivais ce livre. Je voulais évoquer le parcours des gens qui s’indignent, se rebellent, n’acceptent pas. Cela va de Kerouac, qui prend la route à vingt ans, parfois naïvement, aux jeunes Tunisiens qui risquent leur vie pour changer le monde. Leur monde... Ils sont enthousiastes et utopiques. Ils se battent pour être libres. Je ne pouvais pas écrire ce livre sans évoquer ces peuples courageux de la Méditerranée...

Vous les appelez « le clan des affamés » 
et vous ajoutez : « Les gens étaient perdus, 
avec des promesses pas tenues... »

Richard Bohringer. Oui, c’est ça : le clan des affamés. Des bafoués dont on se moque… C’est pour ça que je cite Lumumba et Sankara, les deux leaders africains assassinés qui ont voulu plus de justice dans leurs pays. Ils ont connu le sort du commandant Massoud… S’il avait été accueilli par la grande porte, le sort de l’Afghanistan aurait été différent, c’est certain. Ce chaos interminable... Je ne m’adresse pas aux soi-disant élites quand j’écris. Mais aux gens comme moi, qui n’ont peut-être pas eu ma chance. S’ils s’y retrouvent, tant mieux. Je fais souvent des séances de dédicace où je constate qu’ils ont envie qu’on parle en leur nom. C’est souvent gênant, parce que je ne suis pas aussi bien qu’ils le croient… Ce n’est pas parce que tu es connu que tu n’es plus un citoyen lambda. Je suis comme les autres. La seule différence, c’est que j’ai la chance de faire un métier qui me passionne et de gagner ma vie avec. Je ne me lève pas à 6 heures du mat’ pour faire deux heures de transport et gagner à peine de quoi survivre… Je ne suis pas démago en disant ça : je suis et resterai de ce côté-là. Du côté des exploités, quoi. Du milieu d’où je viens… Moi aussi je m’inquiète pour mes enfants. L’avenir, c’est eux.

Tout au long de votre récit, vous évoquez 
Jack London, auteur de Martin Eden… 
En quoi vous inspire-t-il ?

martin eden-jack london.jpgRichard Bohringer. C’est sa manière de transcrire l’émotion et la vie. Je crois qu’il y a la littérature américaine avant Jack London et après… Je sais bien que je n’aurai jamais son génie, mais c’est lui qui m’a autorisé à écrire. Je n’ai pas été longtemps à l’école, mais comme Martin Eden, j’ai commencé en autodidacte. Et n’oublions pas que c’est un témoin socialiste de son époque. Les communistes lisaient tous Jack London… Les jeunes gens un peu trop mous à l’intérieur, à mon goût, en France, devraient lire. Martin Eden, c’est un livre de conquête, c’est un chef-d’œuvre orgueilleux, sur la résistance d’un homme au destin aventureux. London était une sorte de génie… Le jour où je me suis rendu compte que je n’avais que du talent, j’ai été soulagé finalement, tout est devenu plus simple. À mes débuts, j’étais dans l’attente du génie. Mes amis d’alors me disaient que j’avais quelque chose, du swing dans mes mots : j’y ai cru, alors j’ai écrit, du théâtre… Je sais que je n’écrirai pas de chef-d’œuvre, mais j’écris.

À quel âge avez-vous commencé ?

Richard Bohringer. À vingt ans… Zorglub et les girafes, ma pièce de théâtre, a été joué très tôt, en 1966. J’ai commencé à écrire comme un musicien de jazz improvise. Sans plan. Je me laisse inspirer par l’actualité. Ma phrase devait bien sonner. Après, je me suis intéressé à la syntaxe, à la grammaire, etc. J’écrivais mes phrases comme des solos de be-bop, ou des riffs de guitare de blues. Je viens du be-bop. L’époque des beatniks… J’aime les mots pour leur beauté et leur sonorité.

Que faites-vous en ce moment ? On vous voit moins au cinéma…

Richard Bohringer. Je cherche mes racines… Je réapprends le créole, par exemple. Je suis en train de découvrir des zones mystérieuses dans mon passé, ma généalogie. Ma grand-mère me disait que j’avais du sang maure ! Arabish, elle disait. Ce qui expliquerait pourquoi je suis tellement attiré par l’Afrique et La Réunion, où je suis tout le temps fourré, malgré toutes les complications que cela implique… Ils ont été tellement trahis, exploités, là-bas, qu’il faut savoir se faire accepter avec patience. Il y a un énorme décalage entre l’Occident et l’Afrique. Sinon, j’écris, vous voyez, et je continue à chanter, en tournée, seul, a cappella, tradition orale, je parle, comme un griot… blanc ! Je fais des lectures, je dédicace mes livres, et j’ai un beau projet pour la rentrée au cinéma. Le premier film d’une actrice qui s’appelle Hélène Vaissière, avec Laetitia Casta et Benoît Poelvoorde. Je serai le mari de la sublime Laetitia Casta. Je suis heureux de la façon dont ça s’est décidé… dans la joie : un beau cadeau.

Vous évoquez le bar du Bout du monde, 
et les amis qui vous manquent : 
Philippe Léotard, Roland Blanche, 
Bernard-Pierre Donnadieu et Bernard Giraudeau, qui viennent de nous quitter. L’amitié tient une grande place dans votre vie...

Richard Bohringer. Oui, mais pas forcément au bistrot, comme certains semblent encore le croire… Je ne bois plus depuis plus de dix ans ! Tous ces mecs m’ont appris beaucoup de choses. Comme dans les bars, d’ailleurs… Le type du bout du zinc qui vous parle enfin, après des jours et des jours de silence face à un verre : c’est le destin d’un homme qui est comme un présent somptueux. Il se lâche dans l’ivresse et tu découvres que c’est l’amour, la mort, la vie qui a fait que… Je ne le cite pas, mais j’ai souvent fait la fête avec Belmondo ! Il m’appelait le « fils de Levigan ». C’était l’époque de Blondin, l’Humeur vagabonde, les verres de contact… Jean-Paul était le casting parfait pour Un singe en hiver ! C’était un poète, il partait en ivresse, il était drôle, sympa, une crème. Un homme bon et modeste. Il était temps que le Festival de Cannes lui rende hommage. Jean-Paul, c’est pas « mon cul sur la commode », n’oublions pas que c’est non seulement À bout de souffle, mais aussi Léon Morin, prêtre, Pierrot le Fou, etc.

Dans votre livre, John dit qu’il a flingué 
sa carrière tout seul… Comme il est votre double, c’est ce que vous pensez de la vôtre ?

Richard Bohringer. Oui. J’ai ma part de responsabilité. L’époque a changé. Ce ne sont plus les mêmes à la tête des boîtes de production : on m’a mis l’étiquette d’ingérable, caractériel, comme Bernard-Pierre Donnadieu, qui était un acteur formidable, un homme intègre. J’ai arrêté de boire parce que c’était mauvais pour ma santé mentale. Cette belle fleur vénéneuse complote avec la folie… Sur les plateaux de ciné, lorsque j’étais au cul du camion, c’était pas seulement pour boire des pastis avec les machinos, c’était parce que je viens de là et que leur avis sur mon jeu était parfois plus pertinent que celui du réalisateur, qui ne savait pas ce qu’il voulait. Je reconnais que c’était pas fastoche de tourner avec moi à une certaine époque, mais quand tu vois un réalisateur ne sait pas où mettre sa caméra, que tu ne seras pas dirigé parce que tu vois dans son œil une fragilité de gallinacé, eh bien ça ne se passe pas bien. Pas de problème avec Peter Greenaway, alors que le tournage était difficile.

Vous avez vraiment la double nationalité 
franco-sénégalaise ?

Richard Bohringer. Je ne suis jamais allé chercher les papiers… J’ai fait ça pour le geste symbolique : une main blanche dans une main noire pour la vie ! Respect et style… Plus mon immense admiration pour le continent africain. Quand tu descends vers l’empire du Mali… La Terranga du Sénégal, c’est fort, mythique, mystique : le berger peul, il est à la verticale du prophète, sous le soleil, avec ses bêtes… Ses uniques compagnons, avec Dieu. Sous 45° de soleil le jour et – 2 la nuit… Va lui parler d’autre chose que de son Dieu ! Mais, là-bas, si tu ne veux pas prier, tu ne pries pas… Personne ne va te faire ch… Tu veux prier, tu pries, personne te fera ch… Je ne dis pas que c’est le paradis, mais l’Afrique c’est prenant. J’y vais par période.

Vous avez eu aussi 
votre période réunionnaise…

Richard Bohringer. Oui, une île très marquée politiquement par le Parti communiste. J’y ai chanté avec le groupe Zizkakan et mon ami Gilbert Pounia, là-bas… La moitié de la population de l’île est au RMI, faut pas l’oublier. Les niches communistes y restent rayonnantes. C’est toujours agréable de partager une mangeaille avec des communistes… Je suis parfois allé déjeuner au siège de l’Huma, à Saint-Denis. Je le lis de temps en temps… Les communistes ont une lumière dans l’œil que les autres non pas, comme à la Fête de l’Humanité, où je ne suis pas retourné depuis longtemps. C’est l’utopie qui est intéressante.

Comment John – vous-même – 
s’est-il mis à la politique ?

Richard Bohringer. Rhhaaaa, il sait bien qu’il ne s’est pas assez engagé, John… Il s’est perdu dans sa tourmente romanesque. C’est sur le tard qu’il se rend compte qu’il a toujours été de ce côté-là, mais il n’a pas laissé fleurir ses velléités révolutionnaires. Moi-même, je n’ai jamais milité mais j’ai eu de nombreux amis communistes. En ce moment, on ne sait plus où on en est.

Que pense le citoyen 
de la future élection présidentielle ?

Richard Bohringer. Je crains surtout le rassemblement de la droite. Parti comme c’est parti, la gauche est mal barrée… Mélenchon et le Front de gauche m’intéressent. S’ils font un gros pack d’avants, comme au rugby, on a des chances… Il faut que la vraie gauche réexiste. Que ce soit un poids que la gauche socialo-écologiste soit obligée de prendre en compte. Les écolos recommencent à dérailler. Moi j’aime bien la manière franche et claire du parler de Daniel Cohn-Bendit. On comprend ce qu’il dit. De toute façon, je voterai à gauche et je dis qu’il n’y a pas de vote inutile… Je me refuse à l’abstention. C’est à nous de régler nos comptes. J’attends que ce soit un peu plus clair…

Biographie express

Né en janvier 1942 (soixante-neuf ans), à Moulins, Richard Bohringer est comédien. Son mentor 
fut Antoine Blondin, auteur de l’Humeur vagabonde. César du meilleur acteur pour son rôle dans 
le Grand Chemin (1984), il reçoit le césar du second 
rôle pour l’Addition (1985). À ce jour, il a joué dans 
120 films et 50 téléfilms. Son livre, C’est beau 
une ville la nuit (1988) a été un best-seller et se vend encore. Il a publié depuis le Bord intime des rivières (1994), l’Ultime Conviction du désir (2005), Carnets 
du Sénégal (2007), Bouts lambeaux (2008). 
ll a également publié chez Flammarion : Zorglub et les Girafes (2009) et Traîne pas sous la pluie (2010). Puis les Nouveaux Contes de la cité perdue, qui s’est déjà vendu à 10 000 exemplaires.

Entretien réalisé par Guillaume Chérel pour l'Humanité

Repost 0
22 décembre 2012 6 22 /12 /décembre /2012 12:55

Le plan social au CIF est inacceptable, comme...

Jean-Jacques Candelier, Député à l'Assemblée nationale

21 décembre 16:31

Le plan social au CIF est inacceptable, comme les autres plans chez ArcelorMittal, E.On, PSA etc.

Tous les efforts n'ont pas été fait pour l'éviter, je le regrette, d'autant qu'un espoir avait été soulevé fin novembre par le Président de la République.

J'estime que l'exécutif n'a pas, dans ce dossier non plus, été à la hauteur des attentes et des enjeux (2 500 emplois supprimés par l'Etat). Il n'est pas sorti des habitudes, n'a pas joué franc jeu et n'a surtout pas voulu récuser les diktats des agences de notation et de la Commission européenne de Bruxelles. Il n'a pas voulu, non plus, imposer une solution à la Banque Postale.

J'ai lu que les représentants des salariés du CIF exigent que la solution retenue par l’Elysée le 27 novembre, préconisant la création d’une nouvelle entité en partenariat avec la Banque Postale, soit enfin entendue et appliquée par les fonctionnaires de l’Etat. C'est le sens d'une nouvelle question que je pose aujourd'hui même.

Type de questions QE
Ministère interrogé : ECO - Ministère de l'économie et des finances

Question n° 51-00641 : du :date non fixée

M. Jean-Jacques Candelier alerte M. le ministre de l'économie et des finances sur l'abandon complet, par le Gouvernement, des salariés du crédit immobilier de France. Le Gouvernement, pour commencer, n'a pas daigné répondre à la question n°4437 du parlementaire, question publiée au JO le 18/09/2012 dans laquelle il se prononçait pour la nationalisation du crédit immobilier de France afin de pérenniser ses activités. Le plan social au CIF reste inacceptable, comme les autres plans de liquidations de postes en France, dont la liste s'allonge dangereusement. Un espoir avait été créé fin novembre par le Président de la République. Mais, finalement, le Gouvernement n'aurait pas voulu récuser les diktats des agences de notation et de la Commission européenne de Bruxelles et n'aurait pas voulu imposer une solution à la Banque Postale, pourtant publique. Malgré les atermoiements, la gestion plus qu'hasardeuse du dossier et le manque de franchise du Gouvernement, les représentants des salariés du CIF continuent d'exiger que la solution retenue par l'Elysée le 27 novembre, préconisant la création d'une nouvelle entité en partenariat avec la Banque Postale, soit appliquée. Il lui demande s'il compte enfin être à la hauteur de cette exigence.

Repost 0

BRUNO FORNACIARI

HPIM3303

Recherche

Texte Libre