Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
1 octobre 2016 6 01 /10 /octobre /2016 18:31

1. Autoroutes Si l’état est le pigeon, les usagers sont les dindons !

JEUDI, 29 SEPTEMBRE, 2016

HUMANITÉ DIMANCHE

« L’usage des autoroutes est en principe gratuit. » Le gouvernement devrait relire la loi de 1955 portant sur le statut des autoroutes. Les péages devaient être provisoires… 50 ans plus tard, en 2006, il n’en était plus question. Le gouvernement Villepin vendait les sociétés concessionnaires d’autoroutes (SCA) 14,8 milliards d’euros – notamment à Eiffage, Vinci et Abertis. Pour la Cour des comptes, les bijoux de famille valaient plus 25 milliards. Les contrats de concession, eux, offrent un boulevard aux groupes privés. Chaque nouvelle demande d’investissement de l’État doit être compensée par un allongement de concession ou une augmentation des tarifs. Par exemple, pour installer du télépéage sous prétexte d’écologie, car ça limite les bouchons, les SCA ont lâché 800 millions d’euros… contre un an de rab de concession. Chaque année de péage leur rapporte 2 milliards. Au passage, elles ont supprimé 2 776 postes. Et engrangent 14,9 milliards de dividendes entre 2006 et 2013.

Sous François Hollande, les SCA ont été servies. Elles ont obtenu deux plans de relance. Le premier, élaboré sous Sarkozy, a été signé le 9 avril 2015. Il prévoit 3,2 milliards d’euros payés par les 7 sociétés concessionnaires d’autoroutes sur 21 chantiers. En échange, un allongement de 2,5 ans de leur concession et donc « une douzaine de milliards d’euros de péage », a calculé la CGT. Et qui fait les travaux ? À 50 %, des sociétés de Vinci ou Eiffage… Derrière ce plan, toujours le même credo, les caisses de l’État sont vides. Un grand plan d’investissement va créer de la croissance et de l’emploi.

Mais quelles contreparties ? Dans le document transmis à la Commission européenne, le gouvernement s’engageait à ce qu’il n’y ait pas d’augmentation tarifaire. Pourtant, en février 2016 : + 1,12 %… Pour Raymond Avrillier, qui est allé jusqu’au tribunal administratif pour obtenir les documents, « en plus de l’allongement, il y a eu augmentation tarifaire ». « C’est la preuve qu’il y a eu un arrangement secret entre les ministres et les SCA. Cette affaire est la parfaite illustration de la privatisation de la décision publique », analyse-t-il.

Les concessions sont une délégation de service public, donc soumises à contrôle. Sauf qu’un seul agent suit le dossier à la direction de la concurrence. De quoi ne pas être tatillon. « Les concessions sont incontrôlées du fait de leur durée, mais aussi de l’absence d’analyse de l’économie des contrats », continue Raymond Avrillier.

Après le fiasco de l’écotaxe, fin 2014 les députés y ont mis le nez. 150 socialistes écrivaient à Valls pour qu’il dénonce les contrats. La nationalisation, proposée par les communistes, a bien été examinée. Mais pas adoptée… « La ligne de défense du gouvernement, c’est que la nationalisation coûterait entre 20 et 30 milliards. Sauf que, d’ici à 2032, le gain serait de 40 milliards », explique Patrice Carvalho, député PCF.

Après la fronde des députés, le gouvernement a consenti à passer par un vote du Parlement pour tout allongement des concessions. Du coup, le nouveau plan de relance sera financé par les usagers et les collectivités. « C’est une opération de contournement du Parlement », continue le député. Les chantiers ne sont pas encore arbitrés. Mais, sur 100 euros de péage, entre 20 et 24 euros vont toujours directement dans les poches des actionnaires.

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans ACTUALITES
commenter cet article
1 octobre 2016 6 01 /10 /octobre /2016 16:29

Syrie: Les raisons d'un nouvel embrasement

VADIM KAMENKA ET NADJIB TOUAIBIA

VENDREDI, 30 SEPTEMBRE, 2016

HUMANITÉ DIMANCHE

syrie-afp.jpg

AFP

La paix s'éloigne en Syrie. L'accord de cessez-le-feu initié par Moscou et Washington n'aura tenu qu'une semaine. Les violations répétées de la trêve par chacune des parties ont favorisé une reprise du conflit. Encore une fois, les civils en paient le prix fort, comme à Alep. Les 250 000 habitants subissent un nouveau siège et des bombardements quotidiens qui font des milliers de victimes. Le contrôle de la ville syrienne reste le dernier enjeu géopolitique et militaire pour l'avenir du pays, d'où une polarisation des forces sur le terrain et la disparition des « modérés ». Un affrontement est lancé entre les forces de Bachar Al Assad et ses soutiens (Russie, Hezbollah, Iran) et les groupes djihadistes soutenus par les émirats du Golfe et certains pays occidentaux. Une telle imbrication des forces rend une solution militaire impossible. Seule une solution diplomatique au prix d'un effort collectif peut ramener encore la paix. Est-ce la volonté des États-Unis ?

Aux États-Unis, les nouveaux présidents reconduisent généralement la politique extérieure de leurs prédécesseurs. La ligne diplomatique étant assez similaire entre républicains et démocrates accordés sur un même objectif : le maintien de l'hégémonie. Concernant la Syrie, la divergence porte sur l'interventionnisme des candidats à la Maison-Blanche. Donald Trump apparaît moins favorable aux interventions militaires que son adversaire démocrate, la plus rassurante pour « l'establishment » diplomatique. Une élite désormais « entièrement composée de néoconservateurs à droite et d'interventionnistes libéraux à gauche », analyse Benjamin Friedman (1).
Hillary Clinton, à l'instar de son mari et ancien président, n'a eu que peu de divergences avec les républicains en termes de politique étrangère. Lorsqu'elle a été élue sénatrice de New York, elle a soutenu la ligne diplomatique de l'administration Bush (2000-2008), de l'invasion de l'Irak le 10 octobre 2002 jusqu'au concept de guerre préventive.
Face aux « choix de circonstance » opérés par Obama, bien malin qui peut saisir la stratégie américaine.

Et lors de son passage au secrétariat d'État, elle a clairement prôné les bombardements en Libye et défendu une intervention en Syrie. De son côté, Donald Trump n'entend pas se lancer dans une expédition au Proche-Orient.
« Nous y dépensons des milliers de milliards de dollars, alors que l'infrastructure de notre pays est en train de se désintégrer », a-t-il déploré le 3 mars, et il a inscrit « la montée du groupe "État islamique" au bilan de Barack Obama et de son ancienne secrétaire d'État, Hillary Clinton ». Malgré tout, pour John R. MacArthur, le directeur du « Harper's Magazine » : « La tentation du repli, qui hante la politique étrangère de Barack Obama depuis 2009, concerne désormais les deux grands partis. »

La nouvelle doctrine de Washington

Les « faucons budgétaires » l'auraient emporté sur les « faucons militaires » ? C'est loin d'être évident en ce qui concerne la Syrie et l'importance prise par la Russie dans ce conflit et dans la région. Le bombardement des positions de l'armée syrienne, qui a tué 70 soldats et en a blessé plus de 100 autres le 17 septembre, alors qu'un cessezle-feu était en vigueur depuis le 10 septembre, interpelle...
La stratégie menée en Syrie ainsi qu'en Libye par l'administration Obama apparaît comme un choix de circonstance afin de ménager les partisans d'un interventionnisme accru et ceux qui réclament la fin du recours à la force. Cette stratégie est présentée comme celle du « retranchement » relatif pour la plus grande armée au monde, ses dizaines de bases militaires (Irak, Afghanistan, Bahreïn, Djibouti, Italie...) et ses services de renseignements. Pour Benoît Bréville dans « le Monde diplomatique » (2) : « La décision syrienne d'août 2013 (celle de ne pas bombarder la Syrie ­ NDLR) représente un tournant pour la diplomatie américaine. (...)
La fin du réflexe d'une riposte militaire. Cette rupture a confirmé le choix par Washington d'une stratégie de "retranchement" afin de pouvoir se concentrer sur les problèmes intérieurs et remédier à l'activisme déstabilisateur des années Bush. » Une stratégie clairement formulée, explique-t-il, par le « Guide stratégique » publié en 2012 par le département de la Défense : « Pour atteindre nos objectifs de sécurité, nous développerons des tactiques à l'empreinte légère et peu coûteuses. (...) Les forces américaines ne seront plus en mesure de mener des opérations prolongées à grande échelle. »

Affrontements quotidiens à l'ONU

C'est dans cette logique que l'administration Obama semble alterner entre la tentation de trouver un accord de paix en Syrie et de ne pas laisser la Russie devenir un acteur incontournable dans la région. Il y a tout juste un an (3), la Russie a débuté son opération militaire en soutien au régime du président Bachar Al Assad, dévoilant des armements jamais utilisés : bombardiers, systèmes de missiles multirôles, GPS russe (le Glonass), radar, collecte d'informations... Depuis la fin de la trêve, mi-septembre, l'ONU est devenue le lieu d'un affrontement verbal quotidien entre les États-Unis (et ses alliés) et la Russie. Les bombardements sur le convoi humanitaire le 19 septembre et sur Alep le 23 septembre ont encore davantage figé les positions. « Ce que fait la Russie, c'est de la barbarie », a martelé Samantha Power, ambassadrice des États-Unis auprès de l'ONU. De leur côté, les autorités russes ont dénoncé le « peu de discipline des soldats américains », la « passivité » face à Daech et réclamé une enquête minutieuse sur l'attaque du convoi humanitaire détruit le 19 septembre.

Pour Didier Billion, directeur adjoint de l'IRIS : « La situation urgente et tragique de la Syrie ne se prête pas au décompte des bavures où les responsabilités sont par tagées. Jusqu'à aujourd'hui, les États-Unis et la Russie, deux membres du Conseil de sécurité des Nations unies, ont occupé le terrain. Mais la disposition est asymétrique. La Russie ­ alliée de Bachar Al Assad ­ a un projet politique sur la Syrie, alors que l'administration Obama est totalement en retrait depuis plus de 3 ans et modifiera sa stratégie à la fin de son mandat et à 2 mois des élections présidentielles. »

Le triple jeu turc

Les États-Unis font également face à un autre élément dans le dossier syrien : le rapprochement turco-russe. Un rebondissement jugé inattendu par de nombreux diplomates après l'attaque d'un bombardier russe par les forces turques à la frontière syrienne, en novembre 2015. Si le gel des relations a duré plusieurs mois, les forts liens économiques (gaz, tourisme...) entre les deux puissances les ont incitées à temporiser.
Au Moyen-Orient et sur la Syrie tout particulièrement, l'administration Obama doit faire face à une redistribution des alliances au gré du conflit. « Ce rapprochement (Poutine-Erdogan ­ NDLR) a engendré une révision des positions de la Turquie sur la Syrie.
Neutraliser la Russie, devenue un acteur majeur dans le conflit, reste un objectif prioritaire des états-Unis.

Erdogan, farouche opposant de Bachar Al Assad, rêvait autrefois de sa destitution au profit des Frères musulmans. Depuis sa visite à Moscou, le président turc est plus conciliant avec son homologue syrien », explique Karim Pakzad, de l'IRIS. À Saint-Pétersbourg, les deux chefs d'État ont annoncé davantage de « coopération technico-militaire ». Un rapprochement qui a soulevé des questions sur l'avenir des relations entre la Turquie et l'OTAN.
Les différents acteurs du conflit qui ravage la Syrie et menace toute la région veulent-ils vraiment la paix ?

Ces turbulences ne peuvent réellement aller jusqu'à une rupture. La Turquie demeure un fidèle allié états-unien et un membre prépondérant pour l'OTAN dans la région. Seulement, elle joue de plus en plus sa carte personnelle, comme en atteste sa récente intervention en Syrie avec son opération « bouclier de l'Euphrate ». Le but d'Erdogan est clair: freiner la montée en puissance militaire et politique du PYD (forces kurdes). « Les États-Unis ont donc fait un choix stratégique. Ils préfèrent une alliance forte, efficace et opérationnelle avec la Turquie plutôt qu'avec les groupes kurdes de Syrie. Pour eux, l'enjeu est bien plus important du point de vue géopolitique », résume Didier Billion.

Armes américaines, argent saoudien

Les États-Unis, l'Arabie saoudite et la kyrielle de groupes armés étiquetés « rebelles » constituent le trio infernal, acteur essentiel de la guerre qui ravage la Syrie, mais dont le rôle décisif est placé au second plan par la quasi-totalité des médias occidentaux. Les Américains fournissent les armes, les Saoudiens financent les opérations militaires des « rebelles » en s'assurant surtout de leur continuité sur les lignes syriennes. Durant le très bref cessez-le-feu à la mi-septembre, « plus de 300 attaques ont été menées par les groupes liés à al-Qaida », précise Fabrice Balanche, directeur du Groupe de recherche et d'études sur la Méditerranée et le Moyen-Orient (GREMMO).
L'objectif est en réalité d'empêcher la moindre amorce d'un processus de négociation tant que le régime de Bachar Al Assad est encore en place. Dans une déclaration signée par plus d'une trentaine d'entre eux, ces groupes, soutenus par les pays du Golfe, la Turquie et l'Occident, rejettent le parrainage des négociations par la Russie, soutien de Damas. Ils crient au « crime contre le peuple syrien », en prenant soin de maintenir le siège des quartiers dans leurs zones de contrôle, notamment à Alep, exposant les civils aux bombardements russo-syriens.
Ces groupes sont surtout assurés d'un approvisionnement permanent en armes. « Lorsque le président Obama a secrètement autorisé la CIA à commencer à armer les combattants rebelles de Syrie en 2013, l'agence d'espionnage savait qu'elle aurait un partenaire disposé à aider à financer l'opération clandestine. C'est le même partenaire sur lequel la CIA s'est appuyée pendant des décennies pour son argent et sa discrétion dans les conflits lointains : le royaume d'Arabie saoudite », rappelle un article du « New York Times » (28 janvier 2016), qui revient sur l'importance de cette dimension régionale dans le conflit.
« Le soutien aux rebelles syriens n'est que le chapitre en cours d'une relation qui dure depuis des dizaines d'années entre les services d'espionnage d'Arabie saoudite et les États-Unis, une alliance qui a traversé le scandale Iran-Contra, le soutien aux moudjahidine contre les Soviétiques en Afghanistan et les combats par procuration en Afrique », précise l'article.

L'énergie, nerf de la guerre

« Les États-Unis, les Européens et les Russes sont mus par "la flamme du pétrole et la fumée du gaz" », dénonce le poète syrien Adonis, dans un entretien à l'AFP à l'occasion du Salon du livre de Göteborg (Suède)... La question énergétique intervient en effet à plusieurs niveaux dans ce conflit. Le pétrole, c'est d'abord le nerf de la guerre pour Daech. La longévité de l'« État islamique » a été rendue possible grâce au contrôle de nombreux puits, à l'acheminement de l'or noir à travers les innombrables réseaux, avec la complicité évidente de la Turquie, et à sa vente, jusqu'en Europe. Stopper ces mouvements pour tarir la source de financement de Daech est un enjeu essentiel. Les Russes ciblent d'ailleurs ces milliers de camions-citernes qui se dirigent vers la frontière turque.
Les frappes de la coalition auraient, elles, plutôt tendance à les épargner, selon des sources concordantes. Ce sont les hydrocarbures qui déterminent également les positionnements géostratégiques des puissances occidentales et de leurs alliés.
Mais, « les Américains ne sont plus dépendants du pétrole saoudien. Ils sont indépendants et vont le rester au moins jusqu'à 2030 », rappelle le chercheur Fabrice Balanche. C'est cette marge de manoeuvre qui a facilité leur rapprochement avec l'Iran, au grand dam de l'Arabie saoudite. Les liens entre Riyad et Wasington se sont certes distendus, mais pas au point de remettre en cause les dispositifs de soutien financier et armé aux groupes satellites d'al-Qaida. La Syrie est enfin un corridor stratégique pour le transit de l'énergie, notamment depuis la découverte en Méditerranée de ressources pétrolières et gazières.

(1) www.foreignaffairs.com/articles/united-states/2014-01-28/state-union-wrong. (2) « les États-unis sont fatigués du monde », « le monde diplomatique », mai 2016. (3) le 30 septembre 2015, la russie lançait son opération de soutien au gouvernement syrien et affaiblissait daech.

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans INTERNATIONAL ACTUALITES
commenter cet article
1 octobre 2016 6 01 /10 /octobre /2016 13:23

Nouvelle baisse de la Dotation Globale de Fonctionnement : Un budget 2017 qui fragilise encore plus les finances des collectivités

Le Projet de Loi de Finances pour 2017 est marqué par la baisse de la Dotation Globale de Fonctionnement (DGF) aux collectivités territoriales à hauteur de 2,6 milliards d’euros ; portant à 9 milliards la baisse de la DGF en trois ans. L’éternel argument gouvernemental de réduction des déficits n’est pourtant pas entendable, là où l’endettement des collectivités ne représente toujours que 10 % de la dette publique.

Ce sont les finances des départements qui sont principalement visées avec une baisse de plus de 11 % (1,1 milliard) de la DGF qui leur est allouée. Cette baisse mettra en danger une institution indispensable à la vie de la République, ainsi que des politiques territoriales, éducatives et de solidarités quotidiennes qui y sont liées.

Si les acteurs de la vie locale semblent en partie avoir été entendus à travers les premières annoncent d’une augmentation de la péréquation verticale via une hausse de la Dotation de Solidarité Urbaine ainsi que de la Dotation de la Solidarité Rurale, celles-ci ne sont malheureusement pas à hauteur des espérances et ne parviennent pas à pallier à la baisse chronique de la DGF.

Nous resterons par ailleurs particulièrement attentifs aux modalités dans lesquelles la hausse de la DSU et de la DSR s’inscrira, ainsi qu’à une réforme de la DSU attendue par les associations d’élus. Nous serons également particulièrement vigilants enfin, quant à la proposition de suppression de l’article 150 de la Loi de finances portant à une réforme de la DGF.

Le volet Collectivités Territoriales du PLF 2017 tel qu’annoncé par le gouvernement s’inscrit donc dans la continuité d’un désengagement de l’État dont les conséquences ont pesé sur le quotidien des populations. Au-delà, ces baisses sont à l’origine d’une diminution chronique de l’investissement local à hauteur de 25 %, freinant le développement économique des territoires et empêchant de répondre aux besoins des citoyens.

À l’heure où la nation est plus que jamais fragilisée par les divisions et le repli sur soi, il est temps de changer de cap et de permettre aux collectivités territoriales, piliers de la République, d’être en capacité de mener à bien leurs missions de services publics. Lors des débats budgétaires à venir, nous continuerons, comme nous l’avons fait depuis cinq ans à appuyer les propositions des élus locaux.

Ceux-ci appellent à sortir des processus dévastateurs de réduction de la dépense publique. Cela passerait d’abord par une augmentation de la Dotation Globale de Fonctionnement en revenant au niveau de 2013, mais aussi par une réforme de la fiscalité locale, en s’appuyant sur la prise en compte des actifs financiers comme composante de la contribution économique territoriale. C’est pour nous, la première étape, du changement de cap tant attendu par de nombreux élus et acteurs de la vie locale, dont nous continuerons de nous faire les porte-paroles au Sénat.

Groupe CRC

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans collectivit economie finance
commenter cet article
30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 19:01
Repost 0
30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 10:49

Un plan d'urgence contre le réchauffement climatique !

par Alain Pagano 30 Septembre 2016, 08:46

Les années deviennent de plus en plus chaudes validant chaque jour un peu plus les prévisions alarmistes du GIEC (Groupe International d'Experts sur le Climat) !

Montée du niveau des mers, réfugiés climatiques, sécheresses, catastrophes météorologiques, extinction de la biodiversité ... Je ne développe pas sur les menaces, elles sont connues !

Dorénavant, il y a urgence écologique, pour la planète, pour le genre humain. Il y a besoin d’un grand plan d’urgence contre le réchauffement climatique global !

Concrètement. Rapidement.

Un plan d'urgence dans lequel on mettrait des mesures telles que

- le ferroutage, porteur de développement ferroviaire donc d’emplois ce qui semble bien approprié dans ce contexte de suppressions d’emplois à Alsthom ! L'Etat peut le décider rapidement

- la gratuité des transports en commun (qui a également le mérite de redonner un peu de pouvoir d’achat aux familles et de contribuer à rendre l'air moins pollué dans les grandes agglomérations de notre pays). Chaque municipalité peut le décider de manière volontariste. L'Etat doit accompagner. Il y a besoin d'un effort vigoureux pour le développement des transports en commun.

- la rénovation thermique du logement, pour économiser l'énergie et réduire les factures de nos concitoyens

- la croissance des énergies décarbonées au détriment des énergies carbonées…

Aujourd'hui qu'on soit maire, parlementaire, député européen ou ministre, on devrait tous viser ce même but: l'application rapide de ce plan d'urgence qui n'épargne pas d'autres mesures de court ou moyen terme.

Je suis atterré de tant d'inconséquences et de légèreté de la majeure partie de notre classe politique devant les conséquences de l'inaction... Je mets toutefois à part les communistes qui militent pour cela, notamment dans plusieurs agglomérations pour la gratuité des transports en commun + quelques élus locaux de différentes étiquettes politiques qui ont fait preuve de volontarisme dans ce sens.

C'est ce que j'ai affirmé au conseil municipal d'Angers il y a quelques jours. En cohérence avec la campagne que nous menons depuis plusieurs mois pour la gratuité des transports en commun à Angers.

L'actualité (météorologique) nous oblige à accélérer le mouvement. Avec des mesures plus larges, plus globales (que la seule gratuité des transports en commun, NDLR). Je ne renonce pas à convaincre qu'il est temps d'agir. Rapidement ! Les élections présidentielles et législatives, je l'espère, feront émerger ces propositions concrètes à usage immédiat.

Alain Pagano

Conseiller municipal (et communautaire) d'Angers

Responsable adjoint de la commission Ecologie du Conseil National du PCF

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans ACTUALITES ECOLOGIE PCF
commenter cet article
29 septembre 2016 4 29 /09 /septembre /2016 17:51

La démocratie contre le piège identitaire

Patrick e Hyarick

Les primaires de la droite donnent lieu à des scènes médiatiques aussi stupéfiantes que dangereuses.

Elles cachent l’unité profonde des candidats autour d’un programme économique et social d’une violence rarement égalée. Un projet de purge sociale d’une brutalité extrême qui se décline par un rabotage sur la dépense publique qui oscille entre 80 et 100 milliards d’euros, par la fin des trente-cinq heures et un « travailler plus pour gagner moins », l’allongement de l’âge de départ en retraite, le sabotage de la sécurité sociale, des offensives antisyndicales, une chasse aux chômeurs et aux pauvres, tous affublés du délicat qualificatif « d’assistés ». Ce ne sont ici que quelques exemples du coup de massue que veut assener l’ensemble des candidats de droite.

Tous s’accordent pour faire la poche aux travailleurs et accélérer le transfert de richesses du travail vers le capital. Ne les séparent que le ton et le temps laissé pour briser encore plus les fondements de notre société.

Ils ne promettent en substance que du sang et des larmes à une population déjà au bord de l’asphyxie sociale, comptant plus de 5 millions de chômeurs, avec l’explosion de la précarité. Pas de quoi faire bondir de joie le citoyen ou l’électeur, quand bien même celui-ci serait sensible aux thèses classiques de la droite ! Lui aussi est peu enthousiaste à ce qui lui est présenté, tandis que dans l’autre camp, ce dernier quinquennat aura largement contribué à entamer les espoirs en des jours meilleurs.

Le consensus des élites sur une prétendue « politique économique unique », dictée par les institutions internationales et européennes, pousse certains à se différencier en empruntant les bourbeux chemins de traverse de l’identité dans le but de construire un récit national falsifié, propre à séduire une base électorale déboussolée, dégoutée et sensibilisée aux thèses de l’extrême-droite.

Ainsi M. Sarkozy peut-il déclarer que «dès que l’on devient Français, nos ancêtres sont Gaulois». S’il s’agit évidemment d’une grossière provocation visant à extraire de la République nos concitoyens d’origines africaines et maghrébines et qui prolonge l’hystérie identitariste de l’été, c’est surtout une opération politique d’envergure visant à restaurer un discours national homogène, un récit cherchant à fédérer une partie de nos concitoyens sur des bases idéologiques, empruntées à la longue tradition réactionnaire et d’extrême-droite.

C’est là un signe extrêmement inquiétant de l’évolution du débat politique. Face aux impasses libérales qui ont produit un divorce profond entre les citoyens et ceux qui prétendent les représenter, certains cherchent à recréer une fiction nationale coulée dans le ciment, figée et édifiante, blanche et nationaliste. Cette démarche s’associe à des saillies verbales, essentiellement contre nos concitoyens de confession musulmane, visant à faire polémique et à créer des divisions mortifères.

Ce populisme de droite parcourt désormais le monde comme une étape nouvelle de la contre-révolution reaganienne. Elle vise à conquérir pour longtemps une nouvelle hégémonie politique et idéologique en tentant d’enfermer les citoyens dans une pensée régressive bouchant pour longtemps toute perspective de progrès humain et écologique. En Europe, ce national-populisme grignote des positions dans de nombreux pays, jusqu’à menacer de devenir majoritaire quand il ne l’est pas déjà dans certains pays de l’est du continent. Ce discours travaille en profondeur les sociétés pour tenter de flatter un peuple sonné par la violence du capital mondialisé et financiarisé. Son objectif fondamental est de construire une base idéologique pour créer des conditions durables à l’acceptation de cette situation jusqu’à discréditer l’action politique ou d’accréditer l’idée de son impuissance alors qu’elle sert précisément la caste contre l’immense majorité des populations. Des points ont été marqués dans ce sens. Ceci souligne l’urgence de ressusciter et de refonder la démocratie et non de lui passer sur le corps dans une démarche de type gaulliste ou bonapartiste. Seule une dynamique populaire, unitaire, pourrait offrir une perspective nouvelle d’émancipation et régénérer nos démocraties agonisantes.

L’enjeu du récit collectif à construire n’est pas anodin. Un nouvel élan démocratique pourrait permettre d’en écrire un nouveau qui, nourri par les travaux des historiens, puiserait dans ce que notre pays a su construire de meilleur, un récit ouvert aux cultures qui composent désormais la République. Il engloberait les luttes anticoloniales, les mouvements de libération nationale, les luttes sociales et politiques pour l’égalité, contre les dominations, pour la survie de la planète, pour le désarmement et la paix. National et internationaliste, il définirait les contours de ce que certains appellent une République cosmopolite, de pair avec une construction européenne refondée. Il porterait en son cœur un projet solidaire de développement des capacités humaines, dans le respect de la planète, mêlant dans un projet commun toutes celles et tous ceux qui la constituent.

Cette République-là prolongerait, dans les conditions de notre temps, le projet républicain à vocation universelle que nous ont légué les révolutionnaires de 1789 et 1793. Une République fondée sur une ambition d’égalité sociale, antiraciste, universaliste, démocratique et écologique.

Patrick Le Hyaric@PatrickLeHyaric

  • No Tweets Available

© Patrick Le Hyaric - Mentions légales

Repost 0
29 septembre 2016 4 29 /09 /septembre /2016 08:28

André Chassaigne : « Dans les conditions actuelles, il n’est pas possible de soutenir Mélenchon »

Le Parti communiste doit déterminer quelle candidature il propose ou soutient en 2017. André Chassaigne, député PCF et président du groupe Front de gauche à l’Assemblée, exprime ses doutes envers celle de Jean-Luc Mélenchon et n’exclut pas de présenter la sienne.

Regards. Vous sortez d’un conseil national décisif. Serez-vous en mesure d’arrêter une stratégie politique avant la mi-novembre, comme Pierre Laurent s’y était engagé ?

André Chassaigne. Au regard de l’urgence de la situation politique et de l’éclatement de la gauche, le Parti communiste français s’apprête à faire un choix décisif pour l’avenir. Mais comme nous l’avons toujours fait lors des moments cruciaux, nous prendrons nos responsabilités. C’est pour cela que nous nous réunirons en conférence nationale le 5 novembre pour arrêter les options définitivement soumises aux communistes.

Sur quoi reposera la consultation des communistes ?

Il y a trois hypothèses sur la table. La première est celle du statu quo pour marquer notre détermination à faire émerger une candidature de rassemblement. Dans ce cas de figure, le PCF ne ferait pas le choix immédiat d’un candidat pour parvenir à cette candidature de rassemblement. La deuxième hypothèse suggère une candidature issue du PCF. Il ne faudrait pas, pour autant, y voir un repli identitaire. Au contraire, nous aurions là une candidature qui défendrait certes les idées communistes, mais en poursuivant l’objectif d’un rassemblement large pour parvenir une candidature unique. Enfin, dernière option : un soutien à Jean-Luc Mélenchon. Mais il ne se ferait pas sans clarification.

« Avec Jean-Luc Mélenchon, on est face à une dérive égocentrique qui s’accompagne de divergences de fond. »

Justement, Éric Coquerel, interrogé la semaine dernière parRegards, nous disait que si le PCF privilégiait cette dernière hypothèse – ce qu’il appelle de ses vœux – « ça ne peut conduire à se soumettre aux conditions de ceux qui arriveraient en dernier », dit-il.

C’est terrible de dire cela. Cela veut dire qu’il ferme la porte à toute candidature de rassemblement. Personnellement, je n’exclus pas un soutien à la candidature de Jean-Luc Mélenchon, mais je ne peux pas admettre que ce soit à prendre ou à laisser. Je crois par ailleurs que l’on est face à une dérive égocentrique qui s’accompagne de divergences de fond. Nous devrons nécessairement avoir cette discussion avec Jean-Luc Mélenchon, comme nous pourrions l’avoir aussi avec d’autres candidats déclarés. Il nous faut rencontrer tout le monde avant de nous prononcer.

À ce stade, y a-t-il des désaccords de fond avec Jean-Luc Mélenchon et le mouvement des Insoumis ?

Nous avons une base commune qui s’appelle l’Humain d’abord, notre programme de 2012. Nous avons porté et défendu ce programme tout au long de ces cinq dernières années à l’Assemblée nationale avec les députés du Front de gauche. Il faut l’étoffer et l’adapter aux nouveaux enjeux. Je pense notamment aux questions internationales, de conflits, d’évasion fiscale, de migrations.

Pas de quoi vous fâcher avec Mélenchon, donc…

Il y a des expressions qui fâchent et une volonté de grappiller des voix un peu partout qui brouille les pistes. Des mots employés qui ne correspondent pas à ce que l’on souhaiterait d’une politique commune. Je n’entre pas dans les polémiques lancées sur les "migrants" ou les "Gaulois". Sur un sujet moins polémique en apparence, l’agriculture : je crois qu’on ne peut pas apporter des solutions durables en disant simplement qu’il faut changer les pratiques alimentaires. Tout ça pour accrocher un électorat. Ce sont des raccourcis fâcheux qui nourrissent les divergences de fond. Nous n’échapperons donc pas à ce débat. Il sera utile et nécessaire.

« Mélenchon veut construire "l’autre gauche", nous on se bat pour rassembler la gauche. »

Il n’est pas déjà un peu trop tard pour aborder ces questions programmatiques ?

Non. Il faut tout poser sur la table. Parce que je crois qu’il subsiste un désaccord stratégique qui a son importance. Je ne crois pas aux deux gauches irréconciliables, comme le suggère Mélenchon. Lui, il veut construire "l’autre gauche", nous on se bat pour rassembler la gauche, parler aux militants et aux élus socialistes en souffrance, aux écologistes, c’est notre combat et notre priorité pour reconstruire une gauche de transformation sociale.

Vous ne semblez pas convaincu par une candidature de Jean-Luc Mélenchon. Votre choix est-il arrêté parmi les trois hypothèses que vous venez de présenter ?

Je pense en effet que dans les conditions actuelles, il n’est pas possible de soutenir Jean-Luc Mélenchon : exiger la soumission comme il le fait est contre-productif. Ça ne marchera pas. Mélenchon n’aura d’ailleurs pas le soutien des militants communistes sans un accord préalable avec le PCF. Nous devons construire du commun et réveiller l’espoir. Pour autant, il peut devenir notre candidat commun, mais dans le cadre d’un rassemblement large.

Alors, que privilégiez-vous, finalement ?

L’échec d’une candidature de rassemblement serait lourd de conséquences. Nous devons rassembler toutes celles et tous ceux qui ne résignent pas et qui ne veulent pas renoncer à une vraie politique de gauche. Ensemble, nous sommes la seule alternative à gauche porteuse d’espoir. Mais pour y parvenir, pour être crédibles, nous devons être rassemblés. À la fois pour préparer une stratégie commune à la présidentielle et aux législatives, mais aussi pour reconstruire à gauche, demain. Je crois, à ce titre, qu’une candidature présentée par le PCF pourrait largement y contribuer et ainsi bousculer cette campagne présidentielle.

« C’est uniquement à la demande de la direction du Parti que je pourrais envisager d’être candidat. »

Vous pourriez être ce candidat ?

Si l’option d’une candidature communiste était celle retenue, il y aura sans doute un appel à candidatures. En ce qui me concerne, c’est uniquement à la demande de la direction du Parti que je pourrais envisager d’être candidat.

Au final, cette stratégie ne va-t-elle pas au contraire renforcer les querelles d’ego et ajouter de la division à la division ?

Non, puisque la candidature communiste – si cette hypothèse était retenue par les militants – s’engagera jusqu’au bout à créer les conditions d’une candidature de rassemblement. En mettant tout le monde autour de la table, je crois qu’une candidature peut s’imposer. Il y a celles qui sont présentes aujourd’hui dans le débat public. Et puis il y en a d’autres qui peuvent émerger et faire consensus. Je suis peut-être d’un optimisme béat, mais nous montrerions enfin un nouveau visage de la politique. Nous en sortirions tous grandis. Je crois qu’on ne pourra rabibocher la politique avec les citoyens qu’en lui redonnant ses lettres de noblesse.

Mais vous croyez vraiment qu’un candidat unique de la gauche qui s’oppose à la politique du gouvernement est encore possible aujourd’hui ?

Non seulement j’y crois, mais c’est surtout souhaitable et nécessaire. Je suis désespéré de cette dispersion à gauche. Alors que rassemblée, elle serait majoritaire dans le pays. J’en ai la conviction. Et s’il n’y a qu’un fenestrou [1] pour qu’on puisse passer à travers, il ne faut pas le boucher, mais au contraire l’élargir et saisir cette ouverture jusqu’au bout.

Repost 0
29 septembre 2016 4 29 /09 /septembre /2016 08:03

Faut-il débattre avec Sarkozy sur l'identité nationale?

Dans les colonnes du Figaro, Jean-Luc Mélenchon propose un « débat solide » avec Sarkozy « sur l'identité nationale ». Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF explique ici pourquoi il considère que débattre avec l'homme du ministère de l'immigration, de l'intégration et de l'identité nationale (...) est une erreur.

Elle m'interroge. Je ne reviens pas sur la séquence médiatique, sidérante, suite aux déclarations de Nicolas Sarkozy sur « nos ancêtres les gaulois ». Personnellement, j'y ai vu une nouvelle étape dans la stratégie du candidat à la primaire de la droite. Il s'agit aussi d'une véritable farce comme des historiens l'ont rappelé avec autorité et parfois non sans humour. C'est aussi, et cette réalité ne doit pas être négligée, une nouvelle opération de détournement des vrais sujets. Même affublés des habits d'Astérix, les derniers chiffes du chômage n'en sont pas moins douloureux pour des millions de familles.

Pour Jean-Luc Mélenchon, « l'histoire des gaulois de Sarkozy n'est pas dénuée de sens. Pourquoi faudrait-il aboyer en cadence, quoi qu'il dise ? Moi, je ne veux pas d'une ethnicisation gauloise du débat. Mais oui, je dis que nous sommes les filles et les fils des Lumières et de la grande Révolution. A partir du moment où l'on est français, on adopte le récit national ». Puis, il propose un « débat solide » avec Sarkozy « sur l'identité nationale ».

Si nous sommes les filles et les fils de ce qui émancipe et libère, un débat sur l'identité avec l'homme du ministère de l'immigration, de l'intégration, et de l'identité nationale, celui du discours de Dakar, et plus récemment, celui des « gauloiseries » et du travailler plus... pour gagner moins, est une erreur. Cela créditerait une opération qui tend à rendre centrale la question de l'identité dans le débat politique français.

Pour 2017, ouvrons le seul grand débat qui compte, « quelle société voulons-nous ? », ou « quelle Nation voulons-nous être ? », quand les interrogations de type « Quelles origines avons-nous » ne peuvent qu'alimenter les peurs, les stigmatisations, les divisions, et, au final, faire le jeu d'une droite extrémisée et d'un FN dangereusement banalisé. L'enjeu est aujourd'hui d'agréger toutes les mémoires, y compris les mémoires blessées, dans un nouveau récit républicain en ne laissant pas la plume à une droite qui attaque si durement les valeurs républicaines dans son projet politique pour 2017.

Comme l'a magnifiquement exposé Gérard Noirel dans une tribune publié dans Le Monde (27/09), la surenchère identitaire d'une partie de la droite est un danger pour notre démocratie. Le rappel historique de ce qui s'est déjà produit dans les années 30 devrait davantage être réfléchi, discuté et débattu de manière « solide ». On ne pourra alors pas dire que nous n'étions pas avertis. Je préfère un débat entre historiens qu'un débat instrumentalisé avec comme toile de fond un présidentialisme exacerbé qui ne permet pas de faire entendre les exigences populaires.

Lors de la dernière Fête de l'Humanité, un nombre considérable de jeunes ont rempli le questionnaire de la consultation citoyenne animée par le PCF. Une chose est certaine à la lecture de ces écrits, à l'écoute de ce qu'ils nous disent lors des échanges que nous avons eu avec eux, le « récit national » aurait tout à gagner à s'ouvrir aux aspirations des jeunes, notamment ceux des milieux populaires. Avant d’être les filles et les fils de je ne sais quel panthéon, ils sont les enfants d'une République qui ne les prend pas en considération et d'une société qui les violente en ne leur permettant d'y prendre leur place. Pour de vrai. C'est l'une des grandes questions de la prochaine période.

Repost 0
Published by bruno fornaciari
commenter cet article
28 septembre 2016 3 28 /09 /septembre /2016 06:59

Tout le monde le sait, avec Mélenchon qui s'est installé en diviseur, c'est perdu pour la, gauche dite alternative. Alors pourquoi se ranger dès aujourd'hui derrière la défaite annoncée ? C'est suicidaire. C'est un fait, depuis cinq ans, les écarts de Mélenchon, de l'esprit et de la lettre avec le Front de gauche qu'il a renié, et de "l'Humain d'abord" dont il s'est écarté en l'émasculant, constitue des obstacles infranchissables au succès d'une candidature aussi clivante. Poursuivre le l'organisation de son soutien au sein du parti communiste, est pour moi une faute politique. A double titre. Non pas seulement parce qu'elle se pose en contravention avec les décision du congrès qui a fixé la ligne politique et que donc elle en contrarie la mise en oeuvre, mais aussi pour le PCF lui-même, ainsi que pour tous ceux qui ne renoncent pas à conjurer la catastrophe annoncée. L'appel des 99 nous enjoint finalement à faire front commun... pour la candidature de l'échec. C'est irresponsable et je ne m'y associerai pas. L'argument massue de ce ralliement; serait que Mélenchon "serait installé" dans le paysage et qu'il serait incontournable et irréversible. Les signataires sont loin d'être des perdreaux de l'année et cet argument puéril est utilisé pour forcer la main.. En effet, pour l'instant, en l'absence d'autres choix, des communistes, 3000 nous dit-on, ont accepté de soutenir le candidat autoproclamé. Candidat non pas du Front de Gauche, mais des" insoumis" qui se tient à distance des partis politique qui l'ont fait candidat en 2012, mais en fustigeant et en insultant les dirigeants et du coup les militants du parti communiste. Est-ce de cette façon que l'on rassemble ? Ce n'est pas d'ailleurs l'objectif du tribun. Il exige la soumission, le suivisme des militants communistes qui ont fait sa campagne, dans un mépris inacceptable de leur dignité en tentant de les diviser et de les opposer à la direction qu'ils ont élue.

Plus ça va, plus il parle, plus nous découvrons qu'il a bien changé. Il n'est plus celui qui nous a enchanté et donner espoir. Depuis, il s'est fourvoyé dans un égocentrisme paranoïaque et nationaliste qui le disqualifie. Rassembler la gauche de la gauche ne suffira pas. Il faut rassembler au-delà de nous-même. Ce n'est ni l'objectif, ni la stratégie de JL Mélenchon qui ne vise, au fond, qu'à construire un "mouvement" dont il serait le chef soutenu par un peuple"médusé" pour qu'il "s'en aillent tous" Les électeurs de gauche, socialistes, communistes et d'autres mouvances, des progressistes, syndicalistes, etc...peuvent se rassembler à condition que l'on ne les divise pas ni qu'on les stigmatise. Mélenchon a choisi la voix de l'affrontement au sein de la gauche dont il espère, sortir vainqueur sur ses décombres ? Si cette direction est poursuivie, ce que cet appel des 99 était censé conjurer, la catastrophe de la disparition de la gauche et du parti communiste en particulier de l'hémicycle ne serait plus seulement un risque, mais une réalité programmée. C'est justement contre cette perspective funeste que la très grande majorité des communistes soutient la stratégie de "rassemblement" et de candidature commune à présidentielle et aux législatives exposée par Pierre Laurent, tout comme la direction du PCF comme vient de le démontrer les votes du conseil national il y a quelques jours. Ne nous laissons pas détourner de l'essentiel, allons à la rencontre des français pour faire connaître nos propositions et recueillir leurs avis. Le 8 octobre marquera une étape supplémentaire pour mettre en avant "ce que demande le peuple" afin de relancer les propositions qu'il aura valider et faire triompher les conditions politiques pour relancer l'espoir et la crédibilité et conquérir les âmes et les coeurs.

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans PCF THOUARSAIS ACTUALITES
commenter cet article
27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 11:37

Cadre hospitalier, un sacerdoce qui tourne au cauchemar

Le management hospitalier se transforme dans un contexte de restrictions budgétaires. Alors qu’on demande aux cadres des hôpitaux de faire plus et plus vite, une grande partie de leur travail ne repose plus sur l’activité soignante mais sur des compétences liées à l’encadrement.

Métro, boulot, dodo. Depuis un an et demi, Dominique fait fonction de cadre de santé aux urgences d’un hôpital de la banlieue parisienne. Chargée d’encadrer le personnel paramédical (infirmières et aides-soignantes), cette quadragénaire dynamique se retrouve entre deux eaux. Obligée de demander un « maximum » à son équipe tout en essayant de la préserver pour que le service reste « productif ». Le mot est lâché. Elle en sourit, de lassitude, car il va à l’encontre de ses principes, de sa déontologie. Mais Dominique a été tout bonnement happée par le système. Ses journées font rarement moins de dix heures, alors qu’elles ne devraient pas dépasser les sept heures et demie.

Son quotidien ? Trouver des lits pour faire entrer les malades et du personnel pour effectuer le travail. Il ne s’agit plus seulement de faire ou de superviser des plannings mais de trouver au pied levé une infirmière, un brancardier, une aide-soignante pour faire tourner le service malgré tout, en raison du manque de personnel permanent. Sans compter les évaluations et tous les petits tracas du quotidien. « On est constamment sous pression », lâche Dominique, qui passe d’une tâche à l’autre pour assurer du lien et maintenir de la cohérence. Du coup, « tout le monde est épuisé, à commencer par moi », reconnaît la responsable, qui constate que « c’est une fonction assez lourde, qui attire de moins en moins. C’est un poste où l’on se met en danger, car on doit prendre de lourdes responsabilités, explique-t-elle. Et c’est justement ce que nos responsables ne mesurent pas. »

De nombreuses études corroborent ce témoignage et mettent en évidence un paradoxe : les cadres hospitaliers sont aux prises avec les conséquences managériales des restructurations et des impératifs de retour aux équilibres financiers. Combien de cadres de santé ont été mis en diffi­culté par la direction ­devant leur équipe pour avoir ­dénoncé le nouveau projet de soins ou avoir simplement voulu respecter leur déontologie ? Et c’est compter sans l’explosion des « faisant fonction », qui atteignent jusqu’à 60 % dans certains grands centres hospitaliers, avec toutes les pressions qu’ils peuvent subir…

Les exigences de la nouvelle orga­nisation hospitalière conduisent à la transformation du cadre expert en cadre manager, ce qui provoque certains dégâts parmi l’encadrement dans nombre d’établissements. ­Devant ces difficultés, certains cadres utilisent la menace ou la contrainte pour amener les salariés à revenir sur leurs repos, leurs congés, à changer leur planning, avec tout le poids de la culpabilité intériorisée. Les références aux valeurs humanistes de soins qui s’appuient sur la relation engagée auprès du patient sont évacuées au profit de l’augmentation de la place du médicament, de la technicité protocolaire, de la gestion du personnel devenu interchangeable. Les cadres se retrouvent pris entre le marteau et l’enclume, l’application des outils de gestion du personnel s’oppose aux valeurs desquelles découlent les outils de soins.

« Depuis au moins 2005, entre la mise en place des pôles et de la tarification à l’activité et l’application de la loi hôpital, patients, santé, territoires, le métier de cadre a subi de profondes mutations », témoigne Graziella Raso, de l’Ugict-CGT (cadre CGT), faisant allusion à une l’annonce faite par l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), en juin dernier, de réduire de 189 à 128 le nombre de pôles. Ce qui, dans les faits, signifie une soixantaine de postes de cadres soignants supprimés, et autant de postes de cadres administratifs. « C’est une nouvelle attaque contre l’encadrement », analyse Graziella Raso.

Et pour cause. Si leur métier a été valorisé comme partenaire du corps médical, les cadres soignants se retrou­vent aujourd’hui contraints de s’adapter à des orientations dont la logique est essentiellement économique. Leurs mots d’ordre sont devenus « efficience », « management », « responsabilité », « résultats »… Farouchement opposée à la notion de « cadre manager », l’Ugict-CGT s’indigne de l’alignement de la fonction publi­que sur le privé, auquel n’échappe pas l’hôpital. « Désormais, nous avons des évaluations au mérite, avec des primes de résultats qui peuvent représenter jusqu’à 30 % de la rémunération. Pour l’instant, cela s’applique aux catégories A, mais cela va rapidement s’étendre à tout le monde », prévient Graziella Raso. Avec la rapidité à laquelle leur métier a évolué, les cadres de l’AP-HP ont fini par vivre un « profond malaise ». « On casse les services, on étend les tâches des cadres, on éclate les horaires… Tout cela crée un stress énorme. Ces conditions de travail ont même poussé certains cadres à des tentatives de suicide », déplore Graziella Raso, qui, à la CGT, milite pour que « les cadres soient rattachés à la filière métier ». Au final, toutes ces mutations ont surtout fait fuir les cadres. Et de fait, de plus en plus de « faisant fonction » occupent les postes et « s’exposent aux responsabilités sans avoir de compensation », regrette la militante.

De la souffrance, de l’isolement… Ce constat de grande insatisfaction au travail grandit et se voit largement partagé dans tous les secteurs hospitaliers. Un récent baromètre Ifop pour Acteurs publics, publié en mai dernier, montre que, parmi tous les cadres de la fonction publique, ceux du secteur hospitalier voient leurs conditions de travail en noir. Les cadres des hôpitaux sont de loin ceux qui ont la plus sombre opinion de l’effet des réformes sur leur environnement. 94 % d’entre eux pensent que les récentes réformes ont détérioré leurs conditions de travail. Et 70 % estiment que ces mêmes réformes ont dégradé la qualité des services rendus aux usagers.

Repères. Le travail des cadres de santé contribue à éviter les dysfonctionnements, à donner du sens aux différentes actions menées. Car il consiste à créer du lien entre les équipes de soins et les malades, mettant de la cohérence entre les actions éclatées. Cadre de santé est une profession qui souffre d’un manque d’attraction criant aujourd’hui du fait, notamment, des responsabilités de plus en plus grandes inhérentes à cette tâche et souvent difficilement mesurées par les responsables. C’est une fonction assez lourde qui attire de moins en moins. Jusqu’à 60 % de la profession est assumée par des « faisant fonction », c’est-à-dire des infirmier(e)s n’ayant pas le diplôme mais exerçant les fonctions de cadr

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans SANTE
commenter cet article

BRUNO FORNACIARI

HPIM3303

Recherche

Texte Libre