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28 avril 2016 4 28 /04 /avril /2016 03:25

Nous, intermittent-e-s, précaires, étudiant-e-s, salarié-e-s, nuit deboutistes, zadistes, chômeur-se-s, postier-e-s avons investi la salle Richelieu de la Comédie Française

Publié le 27 avril 2016 | Maj le 28 avril

1er arrondissement | violences policières | précaires | intermittence | Unedic | occupation

Communiqué des occupant-es de la Comédie Française le 27 avril 2016 :

Nous, intermittent-e-s, précaires, étudiant-e-s, salarié-e-s, nuit deboutistes, zadistes, chômeur-se-s, postier-e-s avons investi la salle Richelieu de la Comédie Française et fait annuler la représentation d’hier soir.
Cette initiative dénonce les violences policières qui ont eu lieu devant le théâtre de l’Odéon lundi soir et mardi. Il est inacceptable qu’un lieu public et culturel soit assiégé par les forces de l’ordre : nous exigeons l’ouverture de ce théâtre.

Nous, intermittent-e-s, précaires, étudiant-e-s, salarié-e-s, nuit deboutistes, zadistes, chômeur-se-s, postier-e-s avons investi la salle Richelieu de la Comédie Française et fait annuler la représentation d’hier soir.

Cette initiative dénonce les violences policières qui ont eu lieu devant le théâtre de l’Odéon lundi soir et mardi. Il est inacceptable qu’un lieu public et culturel soit assiégé par les forces de l’ordre : nous exigeons l’ouverture de ce théâtre.

Nous nous inscrivons dans la vague coordonnée d’occupations de théâtres en cours : les Théâtres Nationaux de l’Odéon et de Strasbourg, les Centres Dramatiques Nationaux de Bordeaux, Caen, Lille et Montpellier.

Ces occupations ont pour but de dénoncer la négociation en cours de l’assurance chômage du régime des intermittent-e-s. D’une part, le cadrage organisé par le Medef et la Cfdt est inacceptable : nous refusons le chantage du patronat qui voudrait, d’ici 2020, sous prétexte « d’économies », réduire de 25% les allocations des intermittent-e-s qui s’amenuisent déjà d’années en années.
D’autre part, nous exigeons un système d’indemnisation qui serait enfin solidaire, adapté à la discontinuité de l’emploi et pérenne : la Coordination des Intermittent-e-s et Précaires ainsi que la Cgt-Spectacle ont des propositions dans ce sens.
Enfin, nous exigeons l’exclusion du Medef de l’Unedic en attendant une refonte du paritarisme. Toute économie sur le dos des chômeur-se-s et précaires est inadmissible !

Nous luttons contre un système fondé sur l’exploitation et la précarité. Le projet de loi-travail, le décret socle et la nouvelle convention collective des cheminot-e-s, le plan Hirsch des hospitalier-e-s servent en effet les mêmes intérêts, ceux du patronat. Depuis plusieurs semaines, ces différents secteurs organisent la riposte et se mobilisent à travers des journées d’actions et de grèves communes. N’en restons pas là : les intermittent-e-s ont d’ores et déjà voté en faveur de la grève reconductible à partir du 28 ; les cheminot-e-s d’Austerlitz réunis en Assemblée Générale ont voté hier matin la grève reconductible à partir du 26 et jusqu’au 28 au moins. Nous voulons pouvoir nous réunir librement et exigeons la tenue d’une assemblée générale ouverte à tou-te-s au théâtre de l’Odéon mercredi 27 avril.

Cette détermination dont nous avons fait preuve jusqu’ici montre que nous sommes prêt-e-s à nous organiser ensemble pour la journée du 28 et la suite : seule la grève générale reconductible fera plier le gouvernement. C’est à celles et ceux qui luttent de décider de leurs moyens d’action : nous nous joindrons aux rencontres des secteurs en lutte pour la convergence ce jeudi à partir de 18h à République appelé par Nuit Debout, le collectif syndical Bloquons Tout et la Coordination Nationale Etudiante et appelons les autres secteurs à faire de même.

Tous et toutes ensemble en grève et dans la rue jeudi 28 avril et après !

Les occupant-e-s de la Comédie Française

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28 avril 2016 4 28 /04 /avril /2016 03:21

Manifestation, en cas de problème avec les forces de l'ordre appelez Defcol

Projet de loi Travail

DANIEL ROUCOUS

MERCREDI, 27 AVRIL, 2016

AFP/Loic Venance

Vous êtes témoin de violences policières, interpelé(e) lors d’une manif, mis en garde à vue, vous avez des droits que rappellent les juristes et avocats de Defcol (Défense collective)

Des juristes et des avocats ont mis en place une Defcol (Défense collective) de soutien juridique aux manifestants victimes de violence policière et/ou mis en garde à vue.

A l’occasion de chaque manifestation, de rassemblements, ils distribuent un tract intitulé « Groupe de défense soutien juridique ».

Un numéro de téléphone portable 07 53 82 19 10 et un e-maildefcol@riseup.net sont mis à disposition des manifestants témoins ou victimes de violences policières.

Ces coordonnées sont également utiles aux proches d’une personne en garde à vue. Le tract indique en effet que les personnes en garde à vue ne peuvent pas utiliser leur téléphone portable mais ont le droit de prévenir ou de faire prévenir une personne de leur choix.

Le groupe de Défense collective conseille dans leur tract de désigner un(e) avocat(e) et de garder le silence. Il précise « qu’il n’est pas besoin de connaître le numéro de téléphone de l’avocat(e), il suffit de donner son nom aux policiers et contrairement à leur dire, ça ne prolonge pas la garde à vue. Des noms circulent dans les manif, notez-les.A défaut d’en connaître un(e), on peut demander un avocat(e) commis d’office. »

Un livret « Info juridique » rappelle :

- les règles à connaître dans les manifestations (avoir sur soi le numéro d’un(e) avocat(e) ou celui indiqué ci-dessus, ne jamais avoir sur soi un couteau même un canif, un cutter, une bouteille en verre, des cailloux etc., ne pas dissimuler son visage, se disperser si l’attroupement n’est pas autorisé etc.),

- les règles en matière de contrôle d’identité, de fouilles, de garde à vue.

Ce livret peut être consulté ici https://paris-luttes.info

Ces groupes de défenses collectives sont également présents sous d’autres noms sur les ZAD. Par exemple le « Legal Team » sur les lieux du projet d’aéroport de Notre Dame des Landes. On peut le contacter au 06 75 30 95 45. Leur but et fonctionnement est le même.

Profitons-en ici pour rappeler les droits des citoyennes et citoyennes face aux fouilles et gardes à vue.

Fouilles et palpations

En théorie les policiers comme les vigiles etc. doivent observer des règles. En pratique c’est une autre histoire. Toujours est-il que les fouilles et palpations dans les manifestations, les rassemblements, les arrestations comme à l’entrée des lieux accueillant du public sont réglementées, état d’urgence ou pas. Pour connaître ces règles cliquez surhttp://www.humanite.fr/etat-durgence-fouilles-et-palpations-il-y-des-regles

Dans le cadre d’une garde à vue, la fouille est plus prononcée mais réglementée par les articles 63-5 à 63-7 du code de procédure pénale. Les policiers doivent s’assurer que la personne n’a aucun objet dangereux sur elle et lui retirent tout objet qui pourrait la blesser (lacets de chaussures, cordons de vêtement, ceintures, cravates, certains vêtements comme les soutiens-gorges, briquets, allumettes, sacs, bijoux, chaines, médailles etc.). Il est alors établi un procès-verbal que le gardé à vue doit signer après s’être assuré que tous ses objets ont été inventoriés.

Les fouilles corporelles sous les vêtements et internes doivent être faites par un officier de police judiciaire du même sexe, dans une pièce isolée. Quant aux fouilles en profondeur (anus, vagin), elles doivent se faire en présence d’un médecin.

La personne fouillée à droit au respect et à la dignité.

En garde à vue

Une notification des droits doit être immédiatement remise à la personne en garde à vue par un officier de police judiciaire. Cette notification ou déclaration des droits est téléchargeable ici http://www.justice.gouv.fr

Dans le même temps la police ou la gendarmerie doit obligatoirement en aviser le Procureur de la République qui est le seul à même de décider l’abandon des poursuites ou la remise d’une convocation à une audience ultérieure pour répondre des faits pour lesquels le gardé à vue a été arrêté.

Dans ce dernier cas un avocat est indispensable. Ceux qui n’ont pas les moyens peuvent bénéficier de l’aide juridictionnelle comme indiqué icihttp://www.humanite.fr/aide-juridictionnelle

Y penser : le gardé à vue a droit à appeler ou faire prévenir un proche et surtout son employeur. C’est important car ne pas justifier son absence du travail est une faute grave qui peut mettre en route une procédure de licenciement.

Attention la garde à vue n’est pas en soi un motif de licenciement ou de sanction par l’employeur.

La garde à vue est de 24 heures au plus. Elle peut être prolongée de 24 heures soit 48 heures au plus seulement si le Procureur de la République ou le juge d’instruction le décide. Ce n’est pas aux policiers ni aux gendarmes de décider.

Précisions que la garde à vue (GAV) démarre à partir du contrôle et de la vérification d’identité au poste de police ou de gendarmerie.

Les questions qu'on peut se poser

- Peut-on refuser de donner ses empreintes digitales ?

Lors de la garde à vue, un policier ou un gendarme est chargé de contrôler l’identité et de relever les empreintes digitales. Ces empreintes sont enregistrées sur un fichier dans lequel elles sont conservées de 25 à 40 ans selon les cas… même si aucune condamnation n’est prononcée.

Le gardé à vue et donc fiché.

Normalement le policier doit avoir l’accord de la personne mais le fait de refuser la prise d’empreinte est une infraction passible d’une contravention plus ou moins sévère.- article 55-1 du code de procédure pénale ci-jointhttp://www.legifrance.gouv.fr/affichCode

Les policiers peuvent également faire un prélèvement d’ADN (article 706-54 du code de procédure pénale).

- La garde à vue figure-t-elle sur le casier judiciaire ?

Non ! La garde à vue ne figure pas sur le casier judiciaire. Pour que ce soit le cas, il faut un jugement et encore, le juge doit décider si cette mention est portée sur le casier judiciaire.

INFOS +

- les règles de la garde à vue : articles 62-2 à 77 du code de procédure pénale téléchargeable sur http://www.legifrance.gouv.fr

- le CIDJ (Centre d’information de la jeunesse) à propos de la garde à vuehttp://www.cidj.com/controle-ou-convoque-par-la-police-vos-droits

- les consultations juridiques des avocats « Debout » entretien avec son initiateur sur notre site http://www.humanite.fr

- historique, but et conseils du groupe de Défense collective https://paris-luttes.info/communique-du-groupe-de-defense

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28 avril 2016 4 28 /04 /avril /2016 03:03
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27 avril 2016 3 27 /04 /avril /2016 07:33
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24 avril 2016 7 24 /04 /avril /2016 17:36

Fernand Grenier, ce communiste qui a permis le droit de vote des femmes !

Article de Nord Éclair du 21.04.2014

Il y a 70 ans, le Général de Gaulle signait l’ordonnance pour le droit de vote aux femmes. Mais que l’on doit en fait à Fernand Grenier, un Tourquennois.

Dans un vibrant hommage au grand leader socialiste Si l’ordonnance donnant le droit de vote aux femmes a été prise il y a 70 ans jour pour jour par le Général de Gaulle, cette avancée, on la doit à un Tourquennois. Fernand Grenier rédigera l’amendement, un mois plus tôt, lors de l’assemblée constituante provisoire, installée à Alger : « Les femmes seront électrices et éligibles dans les mêmes conditions que les hommes ». Un texte sans ambiguïté mais qui suscita le débat. Un amendement adopté par 51 voix sur 67 votants.

Dans un vibrant hommage au grand leader socialiste En janvier 1943 pourtant, lorsque se constitue l’assemblée consultative provisoire, « les débats sur l’organisation des pouvoirs publics ne prévoyaient pas le vote des femmes », relate Fernand Grenier dans un article de L’Humanité (18/04/1991). En 1943, le Tourquennois, au nom du parti communiste rejoint à Londres le Général de Gaulle. « C’est ainsi que je fus amené à poser la question du vote des femmes pour la première fois quand le Général de Gaulle me proposa de faire partie d’une commission de réforme de l’État, écrit-il encore. Je pensais qu’il serait injuste de continuer à considérer les femmes comme incapables de se servir du bulletin de vote ».

Dans un vibrant hommage au grand leader socialiste Mais comment ce Tourquennois a-t-il gravi les échelons ? Pour le comprendre, il faut remonter à la jeunesse de Fernand Grenier. Et cette figure du père qui va le marquer profondément. Édouard Grenier, marié à Léontine Ghesquière, tous deux belges, va donner naissance à Fernand le 9 juillet 1901. « Mon père arrivé illettré de sa Wallonie, va apprendre à lire et écrire par les cours du soir », raconte Fernand Grenier dans Ce Bonheur là.* Un père livreur, militant socialiste, organisateur du syndicat des transports de Tourcoing. En raison de son action syndicale, il sera licencié plusieurs fois.

C’est durant cette période que Fernand découvre l’univers socialiste : les lectures du père, l’achat du pain à la coopérative La solidarité ouvrière, les dimanches à la maison du peuple, siège du parti ouvrier, alors qu’il n’a que 11 ans. Cette figure paternelle va disparaître en 1917. Arrêté par les Allemands, il décédera dans une compagnie disciplinaire des travailleurs. « C’est une épreuve qui devait marquer ma jeunesse, j’avais 16 ans ». Et il était orphelin. Fernand Grenier avait perdu sa mère alors qu’il n’avait que 9 ans. « J’étais fier de mon père. À chaque événement marquant de ma propre vie de militant, le souvenir de mon père s’imposera », écrit Fernand Grenier.

Apprenti mouleur à la fonderie, apprenti boulanger où il sera licencié car syndiqué, Fernand est ensuite embauché comme aide comptable à l’école des Mutilés de Tourcoing. Il habite alors Neuville – où il épousera en 1926 Andréa Beulque – et, en février 1922, adhère à la section communiste. « J’avais sans m’en rendre compte découvert le chemin de la vie : la joie de servir le peuple auquel on appartient ».

Après le service militaire, Fernand Grenier intégrera l’école centrale du Parti et en sortira instructeur pour le Roubaisis et le Valenciennois. Élu au comité exécutif régional en 1925, Fernand sera dépêché à Halluin, comme employé de mairie pour « aider la municipalité communiste contre laquelle le puissant patronat de Roubaix Tourcoing concentrait tous ses moyens ».

Au début des années 30, Fernand Grenier est appelé à Paris, non sans hésitation. « À Neuville, en adhérant au parti, j’avais commencé à ouvrir les yeux aux réalités sociales. L’âpreté de la lutte sociale contre la bourgeoisie, Halluin me l’avait apporté », raconte-t-il.

Président des amis de l’URSS, Fernand Grenier bataillera à Saint-Denis où il sera élu conseiller municipal en 1937, puis en deviendra le député jusqu’en 1968. « C’était quelqu’un de très attaché à sa région, raconte Claudie Gillot-Dumoutier, fille d’Auguste Gillot, ancien maire de Saint-Denis. Il chantait tout le temps Le P’tit Quinquin ».

Arrêté en 1940, il s’évadera de Châteaubriant. En1943, il partira à Londres représenter le parti communiste clandestin auprès du Général de Gaulle. Il décédera en 1992 à Saint-Denis.

Ce bonheur Là, de l’horizon d’un homme à l’horizon de tous », Fernand Grenier, Éditions sociales, 1974

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Published by bruno fornaciari - dans democratie ELECTIONS
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24 avril 2016 7 24 /04 /avril /2016 14:50

Pays-Bas. Résultat du référendum sur l’accord UE/Ukraine: la population rejette la propagande militariste et le libre-échange néolibéral

Communiqué du Nouveau Parti Communiste des Pays-Bas (NCPN), 9 avril 2016,

En 2005, une part importante de la population néerlandaise avait dit non à la Constitution européenne. Ceci malgré une tentative écrasante des élites, du gouvernement d’alors et de leurs laquais dans les médias, pour amener l’opinion publique au oui.

La même chose se produit actuellement à l’occasion de ce référendum consultatif. Les opposants au traité ont à peine eu droit à la parole. Le super-spéculateur et anticommuniste George Soros a même payé le voyage à de jeunes Ukrainiens aux Pays-Bas pour qu’ils soutiennent le camp du oui. Pourtant malgré ce violent déploiement médiatique, ou peut-être en partie grâce à lui, plus de 61% des électeurs ont décidé de voter contre le traité, avec une participation nettement supérieure à 30%. Les représentants du gouvernement et les dirigeants de « l ‘opposition » unifiée sont sous le choc et la surprise.

Le référendum portait officiellement sur l’accord d’association avec l’Ukraine. Cependant, dès le départ, il a été dévié pour renforcer l’image d’ennemi de la Russie. L’action de l’OTAN, qui ne cesse d’accroître les menaces de guerre, a été ainsi justifiée. La nature du coup d’Etat antidémocratique en Ukraine, commis avec le soutien des fascistes, a été, dès le départ, minimisée et excusée. L’UE a été posée en sauveuse de la démocratie. Pas un mot n’a été dit sur les effets néfastes de cet accord et du plan du FMI pour la majorité de la population, pour les travailleurs.

Une grande majorité de l’électorat ne s’est pas laissée tromper par cette propagande de guerre et a compris que l’accord d’association n’était pas une bonne chose.

Le gouvernement a promis de rediscuter avec Bruxelles, mais il le fait avec une réticence évidente. Rien n’indique qu’il prend en compte le rejet clair du contenu politique de l’accord par le peuple. Le résultat du référendum souligne le progrès de la résistance à l’élargissement agressif et manipulateur de l’UE et à ceux qui font la promotion.

Bien que le camp du «oui» et celui du «non» manquaient d’homogénéité politique, il apparaît qu’un nombre croissant de personnes a voulu donner une leçon au gouvernement et aux partis qui soutiennent sa politique. Le résultat du référendum est un signal clair que, dans une partie de plus en plus grande de la population, l’élite politique n’est plus prise au sérieux. Le résultat peut également nourrir de nouvelles formes de résistance chez les adversaires du traité dans les 27 autres pays de l’UE.

Le NCPN a mené, conjointement avec l’organisation de jeunesse CJB, la campagne contre le traité. Ils continueront de le faire. Ils ont produit du matériel de campagne, des brochures, des articles, dans lesquels les implications du traité pour les travailleurs et les classes dirigeantes en Ukraine ont été exposées. Ont été abordées les implications géopolitiques et les ambitions de l’UE et de l’OTAN que l’accord doit faciliter. Dans nos publications, a été posée la nécessité centrale d’agir contre l’UE capitaliste et les politiques de droite du gouvernement. Le NCPN a organisé le samedi 2 avril une manifestation devant l’ambassade d’Ukraine, à laquelle environ 70 personnes – dont beaucoup de jeunes – ont participé.

La lutte contre la liquidation des droits démocratiques, le démantèlement des services publics, l’abaissement des salaires, des prestations sociales et des pensions connaît une forte impulsion avec le résultat du référendum. C’est pour cela que le pouvoir s’efforce, de toutes les manières possibles, de minimiser le résultat et ses conséquences. Il entend que sa politique de casse sociale, de flexibilisation du travail, de privatisation et de remise en cause des droits démocratiques se poursuive sans contrôle démocratique et avec le moins possible de perturbation. Pour cela, les partis néolibéraux aux Pays-Bas et dans l’UE veulent aller dans la même direction.

Toutefois, le résultat de ce référendum montre clairement qu’il existe un potentiel de briser le front néolibéral. Cette brèche peut être utilisée pour gagner de «vrais emplois», plus de pouvoir d’achat pour les salariés, pour les retraités, une amélioration du secteur public, des transports, des services sanitaires et sociaux. Pour cela, l’opposition à la politique de casse néolibérale doit être sortie des mains des populistes de droite. Par conséquent, nous appelons à:

Renforcer le mouvement ouvrier.
Renforcer le mouvement syndical.
Renforcer le Parti communiste.

La direction du NCPN, le 9 Avril 2016

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24 avril 2016 7 24 /04 /avril /2016 07:24

Indice de confiance : 18 % pour Michel Field (SNJ-CGT)

Nous publions un communiqué du SNJ-CGT France télévisions, qui fait suite au vote, mardi 19 avril, d’une motion de défiance à l’égard de Michel Field par les rédactions de France 2, France 3 et du site FranceTV info (Acrimed).

Moins de 20 % de confiance en 4 mois de fonction, bel exploit pour le directeur de l’information !

Nous n’épiloguerons pas sur ses provocations, ses dérapages et ses mensonges. Tout a été dit et confirmé par les urnes. Plus grave est l’obstination de la présidente Delphine Ernotte à traiter le malaise des rédactions à la légère.

La nomination d’un rapporteur sur « les dysfonctionnements au sein de l’information » n’est qu’une façon de repousser les décisions, voire de ne rien faire.

Sur les dysfonctionnements, il existe déjà deux rapports, cités par la présidente elle-même dans son projet stratégique, il y a un an : « La perte de confiance peut conduire à une crise sociale rampante… qui débouche généralement sur la démobilisation des uns face à la suractivité des autres et donc sur l’exacerbation des conflits internes. Un climat de défiance est source d’inefficacité et d’appauvrissement…. Voilà pourquoi il convient de donner rapidement des signes clairs sur la transformation du management de l’entreprise…. ».

Quels signes a-t-elle donné depuis un an ? A part le changement du directeur de l’info : les mêmes cadres, les mêmes DRH, les mêmes méthodes déloyales, la même brutalité, la taylorisation débridée…. le mensonge en plus !

Les rédactions ont dit non à l’externalisation des magazines, déjà largement sous-traités à des producteurs privés. Il y a suffisamment de compétences en interne : des journalistes, des techniciens, des monteurs qui refusent d’être cantonnés à la couverture de l’actualité pour les JT.

La grève des JRI de France 2 en novembre dernier posait déjà la question. Maintenant, il faut des actes.

Stop au mouvement de privatisation de l’information. Cela concerne France 2 comme France 3 et maintenant aussi, la rédaction des sports.

Non aussi à la fusion et à la disparition de la rédaction nationale de France 3. Pas besoin de médiateur pour comprendre ! Un vote à 80 % et une grève le 7 avril ont clairement demandé l’abandon du projet Thuillier. Ce qui est en cause, ce ne sont pas les conservatismes et la crainte du changement. Non, c’est la pluralité de l’offre d’information qui est en danger avec l’amputation de France 3 de sa rédaction nationale.

A 94% les journalistes ont aussi rejeté le choix du nom "France Info" pour la future chaîne info, négation de 5 années de travail d’une rédaction, pour asseoir le site Francetv info.

Hors micro, beaucoup de CDD nous ont fait part de leurs angoisses : contrats non renouvelés, contrats de grille qui s’arrêtent, chantage à l’emploi, des horaires sans fin. La précarité est aussi une atteinte à l’indépendance des rédactions et à la liberté de l’information.

La liste des griefs envers la présidente commence à s’allonger dramatiquement : Casse des métiers pour s’aligner sur « les médias jeunes » (comprendre BFM et itélé), mensonges sur le fichage des salariés, bévues sur le jeunisme, fusion à marche forcée, externalisation de l’info etc.

A un moment où France Télévisions affiche de grandes ambitions sur le numérique, avec la chaîne info, la présidente de France Télévisions doit mettre fin à la déstabilisation des rédactions.

Paris, le 20 avril 2016

Source : site du SNJ-CGT.

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23 avril 2016 6 23 /04 /avril /2016 12:50

France : La police s'éveille et dénonce un gouvernement qui protège ses intérêts au détriment du peuple

vendredi 22 avril 2016 à 20h46 Publication mise à jour le 23/04/2016

Voici une information assez inattendue délivrée dans un contexte ou la police est pointée du doigt de manière récurrente pour un usage de violence abusive. Il est sûrement trop tôt pour s'emballer, mais le contenu de ce texte pourrait bien réveiller en vous une lueur d'espoir qui fait cruellement défaut en cette période ou notre avenir s'assombrit jour après jour.

La police nationale commencerait-elle enfin à ouvrir les yeux et à comprendre qu'elle est instrumentalisée à outrance pour les intérêts d'une élite corrompue et contre ceux qu'ils sont censés défendre ? L'utilisation dans ce communiqué du syndicat CGT de la police de la phrase « La police avec nous ! Plus qu’un slogan, une possibilité », en arriverait presque à me faire verser une larme de joie !

Il est même fait allusion aux policiers italiens qui ont rejoint les manifestants à Turin après avoir retiré leurs casques anti-émeute, ajoutant aussi qu'« il est urgent que les personnels de la Police Nationale puissent exercer pour le bénéfice de toute la population » !

Je vous sens trépigner d'impatience, alors voici le communiqué du syndicat CGT-Police qui met en avant une version des faits que nos médias n’ont pas trop repris… Merci à Fawkes news ainsi qu'aux moutons enragés pour avoir déniché l'info.

Le Veilleur

Manifestation du 9 avril à Paris vécue par des collègues de terrain

Lors de la dernière manifestation parisienne du samedi 9 avril 2016 entre République et Nation, dès 14h00, toutes les forces employées ont été averties sur les ondes qu’en tête de cortège un point de rassemblement d’activistes violents était localisé boulevard du Temple avec une camionnette munie d’un drapeau « pirate ». Les autorités ont laissé partir la manif de République malgré la présence de groupuscules violents anarchistes cagoulés. Aucune action n’a été menée pour empêcher la progression vers Bastille puis vers Nation de ce groupe de casseurs.

À Bastille, un officier CRS a reçu un tir de mortier feu d’artifice tiré par ce groupe dans une jambe : plaies saignantes et profondes. Cet officier est transporté par les sapeurs pompiers. À Nation, les casseurs démontent la chaussée et le mobilier urbain pour les jeter sur des compagnies d’intervention et des gendarmes non protégés par des grilles…

Où sont les moyens de la DOSTL ? Tels que des barres ponts et les lanceurs d’eau, qui auraient pu éviter aux malheureux collègues des compagnies d’intervention de se faire bombarder pendant plus d’une heure. Plusieurs blessés parmi les collègues des compagnies d’intervention, qui auraient pu être évités si des moyens de protections existants avaient été utilisés. Merci à la haute hiérarchie, bien au chaud dans des bureaux, de se soucier du sort des fonctionnaires de police sur le terrain…

Ensuite, consigne est donnée de laisser partir les manifestants par petits groupes pour vider la place de la Nation puisqu’aucune action de maintien de l’ordre n’est ordonnée pour contenir, encercler et interpeller les casseurs. Ces derniers se fondent donc dans la foule des manifestants lambda pour quitter la place de la Nation par le boulevard Diderot, de bloquer celui-ci par de nombreuses barricades érigées avec des poubelles, barrières de chantiers et matériels de canalisation très volumineux, empêchant ainsi une progression rapide des véhicules de police… qui auraient pu éventuellement les poursuivre.

Nouvelle consigne : se rendre à Bastille puisque les casseurs, qui ont quitté Nation au nez et à la barbe des collègues, s’y regroupent avant de disparaître après de multiples dégradations. Tout a été fait pour ne pas inquiéter ces casseurs du début jusqu’à la fin de la manifestation et ce ne sont pas les 140 grenades mp7 lancées place de la Nation qui ont eu le moindre effet pour les contrer efficacement et permettre à la manifestation de se dérouler sereinement.

Toujours ce même samedi, plus tard dans la soirée dans le quartier République, une compagnie de CRS est stationnée boulevard Magenta. Vers 22h45, la station directrice parisienne l’avise qu’un groupe de 200 à 300 anarchistes arrivant de la gare du Nord justement par le boulevard Magenta pour rejoindre la place de la République. Ordre lui est donné de se déplacer à l’opposé de son emplacement et de stationner boulevard Voltaire… Encore une fois la hiérarchie préfère éviter toutes confrontations.

Ces individus ont rejoint sans encombre la place de la République et ont vu leurs rangs grossir avec des recrues supplémentaires récupérées parmi les plus virulents du rassemblement « nuit debout » déjà sur place. Cette « joyeuse bande » est ensuite tombée sur les collègues et n’a pu être repoussée qu’avec l’aide de quelques gendarmes mobiles. Enfin, au lieu de les pourchasser et de les interpeller, pour disperser ce groupuscule ultra violent, la compagnie de CRS a été libérée sur le champ et sommée de quitter les lieux…

Ces individus ont ainsi pu quitter l’avenue de la République et l’avenue Parmentier pour rejoindre la rueKeller, lieu de résidence du premier ministre. Sur le chemin, ils ont au passage saccagé le commissariat du 11e et de nombreux commerces. Enfin, des mesures ont été prises pour défendre le domicile du premier ministre !

La défense d’intérêts particuliers au détriment de l’avantage de tous ?

La CGT-Police constate qu’une fois de plus les forces de l’ordre ont servi à protéger les intérêts particuliers de certains. En effet, les policiers n’ont pas été autorisés (et on ne leur a pas donné les moyens) à intervenir pour protéger les manifestants pacifiques, les commerçants, les collègues, des biens, un commissariat… Par contre, pour protéger le domicile du premier ministre, là, tout à été fait.

La CGT-Police ne peut que rappeler la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, en son article XII :

L’État responsable

La CGT-Police ne peut que suggérer aux victimes de l’inaction de l’État à porter plainte.

Pour quel bénéfice ?

Les conséquences d’avoir laissé le champ libre aux casseurs :

  • Décrédibiliser les manifestations contre le projet de Loi EL KHOMRI et le mouvement « Nuit Debout» ;
  • Décrédibiliser les forces de police et creuser encore plus le fossé entre police/population ;
  • Faciliter des cas de « violences policières », en choisissant de rétablir l’ordre par la force, plutôt que d’écarter au plus vite les éléments perturbateurs ;
  • Laisser les personnes user de violences en toute impunité.

La tactique semble claire « diviser pour mieux régner » et éviter le débat de fond sur les choix de société, en mettant en avant des « faits divers ».

La police avec nous ! Plus qu’un slogan, une possibilité

Pour la CGT-Police, il est urgent que les personnels de la Police Nationale puissent exercer pour le bénéfice de toute la population. Nous sommes au service de la République malgré le Nouveau Code de Déontologie de la Police Nationale, qui reprend des dispositions du Code de la Fonction Publique de 1942.

Les attentats de 2015 ont rapproché la police de la population, ce qui semble intolérable pour le gouvernement en place. Le gouvernement a peut-être peur que l’on suive l’exemple des policiers italiens, qui ont retiré leur casque anti-émeute, lundi 9 décembre 2015 à Turin, en signe de solidarité avec les « forconi » (« fourches »), ces manifestants venus de tous les horizons pour dénoncer la politique d’austérité.

Nos collègues italiens ont été acclamés par la population, un exemple à suivre par nous, homologues du pays des Droits de l’Homme.

Une base de revendications communes à tous les salariés

Le mouvement social ne se gagnera pas pour nous policiers, en faisant des manifestations à quelques centaines dans notre coin. Non, il se fera avec les mouvements sociaux en cours. Nous sommes tous des salariés avec les mêmes revendications :

  • Augmentation des salaires ;
  • Des moyens pour effectuer correctement son travail ;
  • Un respect de la vie privée et familiale ;
  • Embaucher du personnel pour éviter les cadences infernales.

La CGT-Police demande plus particulièrement pour notre institution :

  • Retrouver un sens humain à notre métier, à savoir protéger la population et non remplir des statistiques, qui ne traduisent que les besoins de communication politique du moment ;
  • Une exemplarité de la haute hiérarchie ;
  • Un respect des textes en vigueur (dignité humaine, discrimination, harcèlement…) ;
  • Une transparence et une objectivité pour les mutations et les avancements ;
  • La fin des sanctions disciplinaires arbitraires ;
  • La fin des enquêtes sur la police par la police afin de privilégier et garantir la neutralité.

Vous voulez vous organiser et agir concrètement sur votre quotidien, dans le respect des valeurs de la République ? Contactez la CGT-Police.

A Montreuil le 13 avril 2016

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Published by bruno fornaciari - dans ACTUALITES SECURITE
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22 avril 2016 5 22 /04 /avril /2016 18:44

Petits règlements de compte dans le OK Koral médiatique dont Jean-Luc Mélenchon en est le prétexte et le héros. Ce dernier devrait ne pas en souffrir, au contraire puisqu'il est mis sur orbite avec insistance, dans cette radio "publique" qui éprouve les règles de la concurrence dont JLM fait son miel.

Acrimed détaille le conflit qui oppose, par personnes interposées, Mélenchon à Cohen et France Inter à TF1.

Du grand art de la communication politique.

"« Matinales » de France Inter : Humour de microcosme et connivences en direct

par Denis Souchon, Henri Maler, Vendredi 22 Avril 2016

En mars 2015, Pascale Clark, soudain rebelle, avait capturé, avec la complicité de Patrick Cohen, l’antenne à son profit pour s’insurger contre le non-renouvellement (réglementaire) de sa carte de presse. Nous avions alors protesté contre « une appropriation narcissique de l’antenne de France Inter par deux intouchables arrogants, solidaires… d’eux-mêmes » [1].

Deux chroniques récentes montrent que ce narcissisme n’a pas cessé depuis.

Charline Vanhoenacker au service de Patrick Cohen

Le vendredi 11 mars 2016, dans « Le 7/9 » de France Inter, à 7h55, Charline Vanhoenacker lit à l’antenne sa chronique humoristique (« Le billet de Charline »). Lors de sa mise en ligne sur le site de l’émission ce billet sera titré « Meluche, notre Sylvester Staline, tu nous manques... ».

Le lancement résume, sur le ton de la complicité, le thème de la chronique :

– Patrick Cohen : « Charline Vanhoenacker vous avez un message à faire passer à Jean-Luc Mélenchon. »

– Charline Vanhoenacker : « Oui Patrick, à France Inter nous n’avons plus de ses nouvelles depuis, ben depuis combien de temps au fait ? »

– Patrick Cohen : « Ça fait à peu près un an et demi. » [2]

On peut apprécier, ou non, l’humour de Charline Vanhoenacker : ce n’est pas notre propos. On peut même trouver très drôle la chronique du jour et il n’est pas exclu que des sympathisants de Jean-Luc Mélenchon, éventuellement agacés, s’en soient amusés : ce n’est pas notre propos non plus. Le droit à la satire n’est pas affaire de sympathie. Mais… Car il y a un « mais » : Charline Vanhoenacker intervient directement dans une controverse qui oppose Jean-Luc Mélenchon et Patrick Cohen et met ouvertement, qu’elle s’en rende compte ou pas, sa chronique au service de ce dernier et, plus généralement, de la petite bande de la « matinale ».

La chronique en question (dont la transcription intégrale figure en annexe), est construite de telle manière que les auditeurs pensent que si Jean-Luc Mélenchon n’a plus participé au 7/9 de France Inter depuis « à peu près un an et demi », c’est uniquement parce qu’il fait un caprice d’enfant (ou de héros américain à mobilité mentale réduite), vexé par les questions de Patrick Cohen :

– Charline Vanhoenacker : Oulalala. Bon alors, cher Jean-Luc Mélenchon, mon méluche. Je prends mon plus beau micro pour te dire ceci : je ne sais pas si France Inter te manque, mais toi tu nous manques follement, douloureusement. Avec ton côté sanguin tu nous en veux de vouloir te titiller. Je te vois encore, tes petits poings fermés, faire des moulinets avec tes bras, quand tu t’énerves comme ça tu as la détermination d’un Rocky Balboa, tu es un petit peu notre Sylvester Staline. Jean-Luc, tu dis, tu dis que tu vis mal les questions de Patrick, mais moi je sais pourquoi, je sais qu’elles te renvoient aux brimades de Madame Carpachou, ta maîtresse du CM2. […] Par pitié Jean-Luc, si ce n’est pas pour la France, fais-le au moins pour Patrick Cohen. [On entend une voix masculine (celle de Patrick Cohen ?) dire « Non ! »] Je le connais bien, il n’est qu’amour. Il est peut-être un petit peu insistant dans ses questions […] Si tu reviens on te posera pas de questions, enfin si, un peu quand même. Mon méluche, il n’y a pas d’un côté la France insoumise et de l’autre côté la France Inter. Allez Jean-Luc, viens à la maison de la radio, il y a le printemps qui chante l’Internationale.

Évidemment, Charline Vanhoenacker ne tient aucun compte des raisons (bonnes ou mauvaises) invoquées par Jean-Luc Mélenchon pour refuser de participer au « 7/9 » de France Inter. Satire oblige ? Peut-être… Sans doute… Mais du même coup, la chronique exonère Patrick Cohen et ses « partenaires » du matin. Et les dispense de répondre réellement aux propos tenus par Jean-Luc Mélenchon le 31 octobre 2014 sur les matinales radiophoniques et notamment sur celle de France Inter ainsi que sur son animateur… Patrick Cohen.

Extraits de ces propos [3]

Alors on nous raconte des histoires, on nous dit « oui mais France Inter c’est le service public, c’est différent ». Oui c’est différent parce que non seulement ils sont d’accord avec les autres mais en plus ils sont arrogants, parce qu’ils voudraient qu’on avale le potage sous prétexte qu’ils sont censés être de gauche.

Et Mélenchon de s’en prendre à l’orientation politique des matinales :

Donc ce n’est pas des matinales. C’est le début de la grand’ messe du libéralisme qui commence avec les émissions du matin. Et alors on nous dit « allez une petite cuiller pour tonton Sarkozy, une petite cuiller pour tata Merkel, une petite cuiller… » et on commence à absorber le catéchisme, mais même pas avec des nuances, quelque chose qui rendrait ça supportable.

Et de conclure, en nuançant quelque peu son propos, mais en ciblant directement Patrick Cohen de France Inter :

Ce n’est pas tous les mêmes hein. Bon par exemple aller discuter avec Achilli c’est quand même d’un niveau plus élevé que d’aller discuter avec Cohen. C’est moins la propagande quoi. Ça dépend des gens. Bon y’a des gens c’est plaisant, d’autres c’est très désagréable, et je n’hésite pas à leur dire. Je les déteste comme eux ils me détestent.

Que l’on partage ou pas les arguments du député européen, on ne peut que constater que l’humour de Charline Vanhoenacker n’a que fort peu à voir avec les critiques émises par Jean-Luc Mélenchon pour justifier son refus de participer au show animé par Patrick Cohen, qui est ainsi conforté dans sa position de maître de cérémonie au-dessus de toute contestation.

Cette souriante complicité, que les auditeurs sont invités à partager, n’est pas finie…

Donnant-donnant : Une pause de publicité

Charline Vanhoenacker achève sa chronique en tournant en dérision la décision (au demeurant discutable) de Jean-Luc Mélenchon de participer, non à la matinale de France Inter, mais à une émission de « mélange des genres », diffusée par TF1 et animée par Alexandra Sublet :

Quant à Patrick [Cohen], depuis qu’il sait que tu vas sur TF1 dans la nouvelle émission d’Alessandra Sublet, il a cessé de s’alimenter. Jean-Luc, mais qu’est-ce qui t’a pris d’accepter l’invitation de TF1 ? Rassure-nous, tu ne vas tout de même pas te présenter à la primaire à droite. Méluche ! Mon gros lapin, comment peux-tu participer à une émission qui s’appelle « Action ou vérité » ? Alors qu’en tant qu’homme de gauche tu es contre les actionnaires et en tant qu’homme politique tu es contre la vérité. Si c’est pour les charmes d’Alessandra Sublet, tu sais, Patrick est prêt à faire l’interview en résille.

La régie publicitaire de TF1 a dû se féliciter de cette publicité gratuite pour une émission dont la première diffusion a eu lieu le 18 mars.

Mais, pour savourer tout le sel de cette séquence, quelques rappels sont nécessaires. On se souviendra avec émotion qu’Alessandra Sublet a animé de 2009 à 2013 « C à vous » sur France 5 : une émission dont l’un des chroniqueurs depuis 2011 s’appelle … Patrick Cohen. On se souviendra également que Patrick Cohen anime depuis septembre 2010 « Le 7/9 » de France Inter, station dans laquelle Alessandra Sublet fut [une éphémère animatrice [4] de septembre 2010 à février 2011. Le monde (médiatique) est petit...

… Très petit : on ne sera donc pas surpris d’apprendre que Patrick Cohen n’a pas oublié, à la fin de cette chronique, de signaler que Charline Vanhoenacker co-anime aussi l’après-midi une émission sur France Inter, bouclant ainsi la boucle de l’entre-soi médiatique. Donnant-donnant…

L’humour de Charline Vanhoenacker, journaliste, mais qui fait des blagues [5] est suffisamment consensuel pour qu’elle ne connaisse pas le sort de deux de ses prédécesseurs humoristes sur France Inter, Didier Porte et Stéphane Guillon [6]. Aussi corrosif soit-il, son humour n’est en effet pas du genre à mettre en question les intérêts de la fraction du microcosme social auquel appartient la chefferie de France Inter, ce qui lui permet de se voir décerner des brevets de rebellitude par ses pairs, bien que nous soyons loin du jour où elle fera une chronique sur l’infatuation de certain animateur de matinale radiophonique avec le même ton et les mêmes biais que dans celle consacrée à Jean-Luc Mélenchon.

« Mélange des genres » : Patrick Cohen au service de Cohen Patrick

La chronique de Charline Vanhoenacker du 11 mars ne pouvait rester sans suites : ni la polémique contre Jean-Luc Mélenchon, ni l’étalage de complicités, ni la page de publicité offerte à l’émission d’Alessandra Sublet, ancienne patronne de Patrick Cohen dans l’émission « C à vous » sur France 5. Et c’est… Patrick Cohen qui s’en est chargé lors de sa chronique quotidienne du jeudi 17 mars 2016, dans le 7/9 de France Inter, intitulée « Le 7h43 » (et dont une transcription intégrale figure en annexe) :

– Patrick Cohen : Jean-Luc Mélenchon – qui n’a pas encore répondu à votre appel Charline [On entend Charline Vanhoenacker simuler un « Ooohhh » de dépit], mais on garde bon espoir de le retrouver à ce micro… –, Jean-Luc Mélenchon sera demain soir sur TF1 le tout premier invité de la nouvelle émission de divertissement d’Alessandra Sublet, « Action ou Vérité ».

En 2 minutes et 26 secondes, Patrick Cohen parvient à faire coup triple ou quadruple : poursuivre sa misérable polémique contre Jean-Luc Mélenchon, faire l’éloge des émissions de « mélange des genres » et de sa propre participation à l’animation de telles émissions, soutenir sa camarade et ex-patronne Alexandra Sublet et offrir une nouvelle page de publicité à sa nouvelle émission.

Quoi que l’on pense de la participation de Jean-Luc Mélenchon à une telle émission, ce n’est pas une première. Patrick Cohen semble amnésique car le 28 juin 2013, on pouvait voir dans « C à vous », une émission de divertissement sur France 5, Jean-Luc Mélenchon, Alessandra Sublet et… le chroniqueur Patrick Cohen. Après avoir fait la bise à Alessandra Sublet, Jean-Luc Mélenchon déclarera ce jour-là : « Je suis venu 9 fois ici. »

– Patrick Cohen : Mélenchon interviewé par Sublet, on entend déjà les lamentations contre la dérive « peopolitique » ou les comparaisons d’époque du style : non mais est-ce que vous imaginez Georges Marchais questionné par Denise Fabre ? Ou de Gaulle chez Guy Lux ? Ou Raymond Aron avec Danièle Gilbert ? Et là, stupeur, archive fatale, révélation renversante. Raymond Aron, professeur au Collège de France, sur le plateau de Midi Première, aux côtés de Danièle Gilbert, entre deux chansons de C. Jérôme… c’est arrivé – en voici la preuve – en mars 77.

Les critiques des émissions de « mélange des genres » et de la « peopolisation » ? De simples « lamentations », dont il suffit pour en venir à bout, d’évoquer, pour les tourner en dérision, un très ancien exemple [7].

Patrick Cohen diffuse alors des extraits des échanges entre Danièle Gilbert et Raymond Aron. C’est l’occasion pour lui et les personnes qui sont à ses côtés en studio (Emmanuelle Cosse, Léa Salamé et Charline Vanhoenacker, notamment), de rire, entre gens qui se croient très intelligents, à gorge déployée aux prises de parole d’une animatrice d’une époque révolue.

Et notre Monsieur Loyal de terminer avec la maestria d’un passeur de plats confirmé :

Et voilà le travail. Qui prouve que le mélange des genres n’a pas été inventé par la télévision commerciale. Et Alessandra Sublet sera l’invitée de Sonia Devillers tout à l’heure dans « L’instant M » à 9h40 sur Inter.

Du grand art au service de pauvres causes : exonérer la télévision commerciale d’un genre qui aurait été inventé par le télévision publique, clore le débat sur les émissions de « mélange des genres » (en faisant mine de l’ouvrir) et sur l’opportunité pour des responsables politiques ou des intellectuels de passer dans ce type d’émission, et surtout plaider indirectement sa propre cause puisqu’il participe et obtient des profits de ce type d’émission, en l’occurrence « C à vous » sur France 5. Et pour couronner le tout, Patrick Cohen signale enfin que son ancienne patronne Alessandra Sublet sera l’invitée d’une émission de France Inter le jour même (pour y parler de sa nouvelle émission), comme si l’un des objectifs de cette chronique était précisément d’assurer la promotion de la nouvelle émission d’Alessandra Sublet [8].

Vous avez dit « confiscation de l’antenne » ?

Henri Maler et Denis Souchon

Annexe 1 : Transcription de « Le billet de Charline » du 11 mars 2016.

- Patrick Cohen : « Charline Vanhoenacker vous avez un message à faire passer à Jean-Luc Mélenchon. »

- Charline Vanhoenacker : « Oui Patrick, à France Inter nous n’avons plus de ses nouvelles depuis, ben depuis combien de temps au fait ? »

- Patrick Cohen : « Ça fait à peu près un an et demi. »

- Charline Vanhoenacker : « Oulalala. Bon alors, cher Jean-Luc Mélenchon, mon méluche. Je prends mon plus beau micro pour te dire ceci : je ne sais pas si France Inter te manque, mais toi tu nous manques follement, douloureusement. Avec ton côté sanguin tu nous en veux de vouloir te titiller. Je te vois encore, tes petits poings fermés, faire des moulinets avec tes bras, quand tu t’énerves comme ça tu as la détermination d’un Rocky Balboa, tu es un petit peu notre Sylvester Staline. Jean-Luc, tu dis, tu dis que tu vis mal les questions de Patrick, mais moi je sais pourquoi, je sais qu’elles te renvoient aux brimades de Madame Carpachou, ta maîtresse du CM2. Mais mon méluche, je t’en prie, passe au dessus de ça et reviens. [Charline Vanhoenacker lance une musique de piano de centre commercial]. Depuis que tu es parti l’ambiance ici n’est plus la même, Thomas Legrand a recommencé à boire, je comprends encore moins bien ce qu’il dit. Quant à Patrick, depuis qu’il sait que tu vas sur TF1 dans la nouvelle émission d’Alessandra Sublet, il a cessé de s’alimenter. Jean-Luc, mais qu’est-ce qui t’a pris d’accepter l’invitation de TF1 ? Rassure nous, tune vas tout de même pas te présenter à la primaire à droite. Méluche ! Mon gros lapin, comment peux-tu participer à une émission qui s’appelle “Action ou vérité” ? Alors qu’en tant qu’homme de gauche tu es contre les actionnaires et en tant qu’homme politique tu es contre la vérité. Si c’est pour les charmes d’Alessandra Sublet, tu sais, Patrick est prêt à faire l’interview en résille. Et si c’est parce que c’est trop tôt la direction est prête à déclasser, à déplacer le 7/9 à 15 heures. On a même pensé à déplacer l’émission dans un mobile home stationné en face de L’Élysée pour te faire plaisir. Thomas a mis la vodka au frais et Bernard Guetta amène sa boîte de cigares cubains qu’il tient de Fidel. Par pitié Jean-Luc, si ce n’est pas pour la France, fais le au moins pour Patrick Cohen. [On entend une voix masculine (celle de Patrick Cohen ?) dire “Non !”] Je le connais bien, il n’est qu’amour. Il est peut-être un petit peu insistant dans ses questions mais regarde le le soir sur France 5 il lui arrive de ne rien dire de mordant. Ben si, quand il mange, la bouche pleine. [Charline Vanhoenacker fait un signe pour que la régie arrête la diffusion de la musique.] Jean-Luc, pour tout te dire, bon ben voilà, on est sacrément dans la merde quand on veut inviter un politique de gauche. Voilà, il n’y en a plus, si tu viens pas, il va nous rester qui à gauche ? Ah ben ouais, il nous reste NKM, elle est encore venue hier. Si tu reviens on te posera pas de questions, enfin si, un peu quand même. Mon méluche, il n’y a pas d’un côté la France insoumise et de l’autre côté la France Inter. Allez Jean-Luc, viens à la maison de la radio, il y a le printemps qui chante l’Internationale. [Les voix de Charline Vanhoenacker et Patrick Cohen se recouvrent] Tes amis t’attendent. Viens. Reviens ! »

- Patrick Cohen : « Charline Vanhoenacker. Et on vous retrouve à 17 heures avec Alex Vizorek, Si tu reviens j’annule tout. Merci à vous. »

Annexe 2 : Transcription du « 7h43 », la chronique de Patrick Cohen du 17 mars 2016

- Patrick Cohen : « Jean-Luc Mélenchon – qui n’a pas encore répondu à votre appel Charline [On entend Charline Vanhoenacker simuler un Ooohhh de dépit], mais on garde bon espoir de le retrouver à ce micro… – Jean-Luc Mélenchon sera demain soir sur TF1 le tout premier invité de la nouvelle émission de divertissement d’Alessandra Sublet, “Action ou Vérité”. Mélenchon interviewé par Sublet, on entend déjà les lamentations contre la dérive “peopolitique” ou les comparaisons d’époque du style : non mais est-ce que vous imaginez Georges Marchais questionné par Denise Fabre ? Ou de Gaulle chez Guy Lux ? Ou Raymond Aron avec Danièle Gilbert ? Et là, stupeur, archive fatale, révélation renversante. Raymond Aron, professeur au Collège de France, sur le plateau de Midi Première, aux côtés de Danièle Gilbert, entre deux chansons de C. Jérôme… c’est arrivé – en voici la preuve – en mars 77. »

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22 avril 2016 5 22 /04 /avril /2016 13:59

Pierre Laurent veut une "gauche debout face à la finance"

Boursorama avec AFP le 22/04/2016 à 14:46

Le secrétaire national du Parti communiste juge qu'il faut reconstruire une gauche pour tenir tête au patronat avant la prochaine présidentielle. Pour Pierre Laurent, François Hollande ne peut pas être le candidat de la gauche et Jean-Luc Mélenchon est "une partie" de la solution.

Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste (archive) ( AFP / BERTRAND GUAY )

"Il y a la Nuit debout, il faut la gauche debout face à la finance, qui soit fière de ses valeurs, qui dise qu'il faut augmenter les salaires et pas les revenus des dividendes", a déclaré Pierre Laurent vendredi 22 avril sur "France Info", en référence au mouvement citoyen lancé il y a trois semaines place de la République à Paris puis dans plusieurs villes de province. "Il faut construire une gauche qui soit, elle, debout, pas couchée devant les exigences du Medef", a-t-il dit.

Pierre Laurent a accusé François Hollande de "servir les intérêts d'une minorité". Il estime que le chef de l'État ne peut pas incarner la candidature de la gauche pour 2017. "Elle va nous conduire, toutes les enquêtes d'opinion le montrent, à un désastre face à la droite et à l'extrême droite", dit-il.

Jean-Luc Mélenchon "est une partie de la réponse", mais qui "ne suffit pas", a estimé Pierre Laurent. Le fondateur du Parti de gauche, qui avait recueilli plus de 11% des voix au premier tour en 2012, a présenté sa candidature en dehors du processus d'une éventuelle primaire souhaitée par de nombreux militants et dirigeants de gauche. "Mais je regarde aussi les enquêtes d'opinion : elle ne suffit pas pour faire face au danger de droite et d'extrême droite", note Pierre Laurent. "Donc il faut additionner les communistes, tout le Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon et tous ceux qui parmi les citoyens dans le reste de la gauche ne veulent pas de cette politique", a répondu Pierre Laurent.

Le secrétaire national du PCF a par ailleurs dénoncé les surenchères de Conforama et de la Fnac pour racheter Darty, alors que ces entreprises "paraît-il ne peuvent pas augmenter les salaires". Conforama propose 1,09 milliard d'euros pour s'emparer de Darty et la Fnac mis 987 millions sur la table. "Ces concentrations ne visent qu'à une chose: améliorer la rémunération des dividendes des actionnaires. Pas à améliorer le bien collectif. C'est ça qu'il faut changer", a-t-il lancé.

"Nuit Debout" place de la Republique in Paris le 21 avril 2016 ( AFP / THOMAS SAMSON )

Au sujet du mouvement Nuit Debout, la sénatrice de Paris Marie-Noëlle Lienemann, membre de l'aile gauche du PS, a estimé que la gauche devait être "attentive" à Nuit debout mais qu'elle ne devait "surtout pas" chercher à récupérer le mouvement. "La gauche ne peut pas faire comme si elle était capable de répondre sans se transformer, sans donner à ces gens qui veulent participer une part de pouvoir, une capacité à être reconnu" selon elle. Favorable à une primaire à gauche, à laquelle elle serait candidate, Marie-Noëlle Lienemann souhaite également que soit "créé un nouveau mouvement", qui rassemblerait "tous ceux et toutes celles qui considèrent qu'aujourd'hui on doit changer de cycle politique, de projet de société".

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BRUNO FORNACIARI

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