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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 14:59

Politique

Politique - le 15 Novembre 2012

Le Sénat dit "non" au budget de la Sécu 2013

Le Sénat a rejeté jeudi le budget de la Sécu 2013. Le vote du groupe CRC a été déterminant. La commission des Affaires sociales ayant ignoré l’intégralité 50 amendements déposés  par les communistes, les élus ont choisit de s’opposer à ce budget d’austérité.


La deuxième partie du budget de la Sécu, consacrée aux dépenses, "tombe" d'office et ne sera pas examinée par le Sénat. Une commission mixte paritaire (CMP, 7 sénateurs, 7 députés) sera convoquée mais elle est promise à un échec. Les élus du groupe communiste, républicain et citoyen (CRC), faute d’être entendus ont choisi de s’opposer au texte. "Nous n’avons pas ménagé nos efforts pour proposer d’apporter à la Sécurité sociale les ressources nécessaires lui permettant de jouer pleinement ses missions", a fait valoir Éliane Assassi, la présidente du groupe, au cours d’une conférence de presse mercredi. "Mais notre démarche, constructive, n’a pas été entendue, puisque, ce matin, la commission des Affaires sociales a rejeté nos amendements", a précisé la sénatrice de Seine-Saint-Denis.

Pourtant parmi la cinquantaine d’amendements CRC rejetés par la commission, plusieurs avaient été votés par le PS, alors qu’ils étaient dans l’opposition, il y a quelques mois, comme la proposition qui prévoyait la suppression des exonérations de cotisations sociales patronales aux entreprises ne respectant pas leurs obligations en matière d’égalité salariale.

Le texte reviendra donc devant les deux chambres du Parlement puis une troisième fois devant l'Assemblée nationale qui aura de toute façon le dernier mot.

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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 14:57

La politique de l'offre de Hollande, "une vraie rupture" dans l'histoire de la gauche

Le Monde.fr | 15.11.2012 à 13h02 • Mis à jour le 15.11.2012 à 14h28 Par Alexandre Lemarié


 

Il a assumé sa politique rigoureuse, et soucieuse des entreprises... loin des aspirations de la gauche radicale. Le président François Hollande a justifié, lors de sa conférence de presse, mardi 13 novembre, ses choix, niant ce qui s'apparente pourtant à un tournant opéré dans sa politique au bout de six mois d'exercice de pouvoir, avec des mesures qui s'éloignent de son discours de candidat.

Pour expliquer ce qui l'a poussé à opter pour un discours et une politique de l'offre, en mettant en œuvre un pacte de compétitivité, qui vise à consentir 20 milliards d'euros de baisses d'impôts aux entreprises à partir de 2014, le chef de l'Etat a relativisé ce virage en le situant à l'intérieur même de la pensée socialiste.

 
  • Hollande justifie le recours à une politique de l'offre

"Je connais bien la pensée socialiste, je l'ai étudiée pendant des années avec lucidité et en même temps espoir !", s'est-il d'abord amusé, lors de sa conférence de presse mardi 13 novembre. "Il y a toujours eu deux conceptions, une conception productive – on a même pu parler du socialisme de l'offre – et une conception plus traditionnelle où on parlait de socialisme de la demande", qui vise à soutenir la consommation des ménages, a-t-il ensuite expliqué après une question sur la baisse du coût du travail pour soutenir l'emploi.

"Aujourd'hui, nous avons à faire un effort pour que notre offre soit consolidée, plus compétitive et je l'assume ! Et en même temps, nous devons préserver la demande et faire la mutation, c'est-à-dire comprendre que le monde est en train de changer, que la transition vers une nouvelle façon de produire, de consommer, de nous transporter est en marche. Et c'est là que nous devons nous enrichir d'apports qui sont ceux de tout notre environnement. Nous devons faire cette révolution", a-t-il conclu.

  • Le discours d'un dirigeant socialiste pour une politique de l'offre : "une vraie rupture"

"Le pacte de compétitivité est un tournant très fort", estime Rémi Lefebvre, politologue à l'université de Lille, spécialiste du PS. Le discours de François Hollande franchement en faveur d'une politique de l'offre constitue "une vraie rupture" dans l'histoire de la gauche, renchérit Gérard Grunberg, directeur de recherche à Sciences Po et spécialiste de la gauche.

"Même s'il ne renie pas une politique de demande, c'est la première fois qu'un leader socialiste dit aussi clairement qu'il faut mener une politique de l'offre. A gauche, même du temps de Lionel Jospin ou de François Mitterrand, personne n'a jamais été partisan  d'une telle politique, estimant que trouver un compromis avec les entreprises revenait à mener une politique libérale", souligne-t-il.

Si certains dirigeants socialistes, comme Michel Rocard dans les années 1970, Laurent Fabius en 1984, puis Lionel Jospin à Matignon ont bien amorcé ce virage vers une politique de l'offre, en admettant que l'Etat devait prendre en compte les intérêts des entreprises, ils ont toujours dit que le rôle de celui-ci était fondamental, justifie M. Grunberg. En cela, la gauche a toujours été dominée par les keynésiens, estime le chercheur. 

  • Hollande dans les pas de "la deuxième gauche" ?

Faut-il en conclure que le président Hollande – avec sa politique de l'offre – s'inscrit dans "la deuxième gauche", ce courant idéologique apparu dans la seconde moitié des années 1970 avec Michel Rocard ? Ce n'est pas l'analyse des spécialistes de la gauche contactés par Le Monde.fr.

"Le tournant initié par François Hollande relève du social-libéralisme, tranche Rémi Lefebvre, proche de l'aile gauche du parti. Même si le candidat Hollande tenait un discours modéré, sans trop promettre, le pacte de compétitivité s'apparente au tournant de la rigueur en 1983, dans le sens où c'est un retour au réel et une forme de capitulation devant les injonctions des milieux économiques."

Gérard Grunberg a, de son côté, une position plus nuancée. Selon lui, le chef de l'Etat s'inscrit dans la gauche réformiste et "a compris que la social-démocratie moderne doit se situer en compromis avec les intérêts des entreprises". De cette manière, M. Hollande "recolle au peloton des social-démocraties européennes, qui, dans la crise, sont contraintes de composer avec les libéraux et le centre droit", d'après lui.  

  • Qu'est-ce que la "première" et la "deuxième" gauche ?

A l'origine, ce que l'on appelle "la première gauche" est un courant idéologique apparu en 1905 avec la création de la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO). La SFIO, qui donnera naissance au PS en 1969, est de culture marxiste et jacobine. Elle préconise l'instauration d'un Etat fort dans la tradition de la centralisation à la française, avec des nationalisations des grands groupes industriels du pays. Ce courant de la première gauche regroupait les partisans de François Mitterrand. 

La "deuxième gauche", de son côté, s'est construite en opposition avec la "première". Elle est apparue dans la seconde moitié des années 1970 avec Michel Rocard. Ce courant de pensée regroupait autour de l'ancien premier ministre, le Parti socialiste unifié (PSU) fondé en 1960 avant de s'auto-dissoudre en 1989, et une partie de la CFDT. "La 'deuxième gauche' n'était pas libérale. Rocard soulignait qu'il fallait prendre en compte les intérêts des entreprises. Mais il n'a jamais été pour autant favorable à une politique de l'offre. Il reste davantage un keynésien", explique Gérard Grunberg.

Par ailleurs, la "deuxième gauche" avait la particularité de "se méfier du communisme et s'opposait à la 'première' en disant que l'Etat ne devait pas s'occuper de tout, notamment de l'économie. C'est pour cette raison qu'elle prônait la décentralisation", explique-t-il. 

Lire aussi : François Hollande assume enfin le hollandisme

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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 14:51

 

 

 

 

 

 


Thouars le 14 11 12                           Mesdames et Messieurs les Conseillers Régionaux

                                                          Conseil Régional Poitou-Charentes

 

 

Mesdames et Messieurs les élu(e)s régionaux,

 

 

 

Le conseil régional va examiner le 19 novembre prochain l’éventualité de contribuer au financement de l’Hôpital de Faye-l’Abbesse  de façon à ce que l’Agence Régionale de Santé soumette au ministère une nouvelle version du plan de financement.

 

S’agissant de votre responsabilité, la démarche envisagée ne se limite pas à déplacer de l’Etat vers la Région 10 à 15 % des millions d’euros  d’emprunt nécessaire à l’opération.

 

Sous l’angle financier vous remplacerez simplement un emprunteur par un autre mais contribuerez de façon inchangée à augmenter la dette publique quand on nous dit par ailleurs qu’il est indispensable de la réduire.

 

Sous l’angle sanitaire vous cautionnerez et faciliterez la réduction de l’offre hospitalière de soins en Nord Deux-Sèvres et son éloignement pour une large fraction de la population. Vous permettrez un recul du service public hospitalier inscrit dans le Projet Régional de Santé à propos duquel vous avez pourtant émis un avis défavorable.

 

Pour le collectif la réponse à apporter aux besoins de santé du  Nord Deux-Sèvres et à la réduction des inégalités d’accès aux soins qui y sont constatées est autre.Elle passe d’abord par la reconnaissance du Nord Deux-Sèvres comme territoire de recours, préalable indispensable à tout engagement régional car seule garantie du maintien des services existants, puis par un réexamen du dossier sur cette base.

 

Il serait paradoxal que des élus, représentants de la population et dépositaires de ses intérêts, contribuent par leurs votes dans un domaine qui ne relève pas de leurs compétences, à dégrader la situation de leurs administrés en leur demandant en plus de payer l’addition, pour soutenir un projet que le Chef de l’Etat lui-même a qualifié de « rupture du pacte républicain » et dont la Ministre de la Santé dit devant le Sénat qu’il est « de nature à compromettre le pérennité du centre hospitalier Nord Deux-Sèvres ». (cf : dossier transmis à Madame la présidente de région)

 

En conséquence nous vous demandons :
- de ne pas engager la Région dans le financement de cette opération,
- d’exiger avec nous la reconnaissance du Nord Deux-Sèvres comme territoire de recours et le réexamen du dossier.

 

Veuillez agréer, Mesdames et Messieurs les élus régionaux, l’expression de notre considération distinguée.

 

 

Le président, Georges Tignon

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14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 04:55

Conférence de presse de François Hollande « Aucune des inquiétudes des Français n'a trouvé de réponse dans la parole présidentielle » (Pierre Laurent)

François Hollande a tenu sa première conférence de presse 6 mois après son élection. Aucune des inquiétudes des Français n'a trouvé de réponses dans la parole présidentielle. Le président de la République s'est livré à un exercice difficile : tenter de repeindre une politique de rigueur en politique de justice sociale. L'exemple le plus significatif étant le salto arrière accompli sur la TVA sociale. Parler de « restructuration des taux de TVA » ne fera pas disparaître les 7 milliards d'euros prélevés sur le budget des familles par l'impôt le plus injuste qui soit car exonérant les plus riches de payer en fonction de leur revenus. Il y a une grande déception, il confirme de report sine die du droit de vote des résidents étrangers. Ce recul fait mal à la gauche !

La pédagogie du renoncement a fait trop de dégât et donner bien des appétits au patronat qui monte le cran de ses exigences à chaque pas en arrière du Gouvernement. 309 milliards sont versés aux actionnaires et aux banques par les entreprises chaque années. C'est là que ce trouve le financement de la relance sociale dont a besoin notre pays.

 

Pierre Laurent, sénateur, secrétaire national du PCF

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14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 04:12

« Le capitalisme entre dans sa phase sénile »

Samir AMIN
Samir Amin. (Foto Skill Lab)

« La pensée économique néoclassique est une malédiction pour le monde actuel. » Samir Amin, 81 ans, n’est pas tendre pour plusieurs de ses collègues économistes. Et encore moins pour la politique des gouvernements. « Economiser pour réduire la dette ? Des mensonges délibérés » ; « Régulation du secteur financier ? Des phrases creuses. » Il nous livre son analyse au scalpel de la crise économique. (revue Solidaire)

 

Oubliez Nouriel Roubini, alias Dr Doom, l’économiste américain devenu célèbre pour avoir prédit en 2005 le tsunami du système financier. Voici Samir Amin, qui avait déjà annoncé la crise au début des années 1970. « A l’époque, des économistes comme Frank, Arrighi, Wallerstein, Magdoff, Sweezy et moi-même avions dit que la nouvelle grande crise avait commencé. La grande. Pas une petite avec des oscillations comme il y en avait eu des masses auparavant, rappelle Samir Amin, professeur honoraire, directeur du Forum du Tiers Monde à Dakar et auteur de très nombreux livres traduits dans le monde entier. On nous a pris pour des fous. Ou pour des communistes qui prenaient leur désir pour des réalités. Tout allait bien, madame la marquise… Mais la grande crise a bien commencé à cette époque, et sa première phase a duré de 1972-73 à 1980. »


Parlons d’abord de la crise des cinq dernières années. Ou plutôt des crises : celle des subprimes, celle des crédits, des dettes, de la finance, de l’euro… Qu’en est-il maintenant ?


Samir Amin. Quand tout a explosé en 2007 avec les crise des subprimes, tout le monde est resté aveugle. Les Européens pensaient : « Cette crise vient des Etats-Unis, nous allons l’absorber rapidement ». Mais, si la crise n’était pas venue de là, elle aurait débuté ailleurs. Le naufrage de ce système était écrit, et dès les années 1970. Les conditions objectives d’une crise de système existaient partout. Les crises sont inhérentes au capitalisme, qui les produit de manière récurrente, à chaque fois plus profonde. Il ne faut pas appréhender chaque crise séparément, mais de manière globale.

 

Prenez la crise financière. Si on se limite à celle-ci, on ne trouvera que des causes purement financières, comme la dérégulation des marchés. En outre, les banques et institutions financières semblent être les bénéficiaires majeurs de cette expansion de capital, ce qui rend plus facile de les pointer comme uniques responsables. Mais il faut rappeler que ce ne sont pas seulement les géants financiers, mais aussi les multinationales en général qui ont bénéficié de l’expansion des marchés monétaires. 40 % de leurs profits proviennent de leurs opérations financières.

 

Quelles ont été les raisons objectives au déclenchement de la crise ?


Samir Amin. Les conditions objectives existaient partout. C’est la domination de « oligopoles ou monopoles généralisés » qui a mis l’économie dans une crise d’accumulation, qui est à la fois une crise de sous-consommation et une crise de la profitabilité. Seuls les secteurs des monopoles dominants ont pu rétablir leur taux de profit élevé, mais en détruisant la profitabilité et la rentabilité des investissements productifs, des investissements dans l’économie réelle.

 

« Le capitalisme des oligopoles ou monopoles généralisés » est le nom que vous donnez à ce qui est, selon vous, une nouvelle phase de développement du capitalisme. En quoi ces monopoles sont-ils différents de ceux d’il y a un siècle ?

 

Samir Amin.  La nouveauté est dans le terme « généralisé ». Depuis le début du 20e siècle, il y a eu des acteurs dominants dans le secteur financier et le secteur industriel comme la sidérurgie, la chimie, l’automobile, etc.. Mais ces monopoles étaient des grandes îles dans un océan de PME réellement indépendantes. Or, depuis une trentaine d’années, nous assistons à une centralisation du capital sans commune mesure. Le magazine Fortune mentionne aujourd’hui 500 oligopoles dont les décisions contrôlent toute l’économie mondiale, dominant en amont et en aval tous les secteurs dont ils ne sont pas directement propriétaires.

 

Prenons l’agriculture. Autrefois, un paysan avait le choix entre plusieurs entreprises pour ses activités. Aujourd’hui, une PME agricole est confrontée en amont au bloc financier de banques et à d’énormes monopoles de production des engrais, des pesticides et des OGM dont Monsanto est l’exemple le plus frappant. Et, en aval, il est face aux chaînes de distribution et grandes surfaces. Par ce double contrôle, son autonomie et ses revenus se réduisent toujours plus.

 

Est-ce pour cela que vous préférez parler aujourd’hui d’un système basé sur « la maximalisation d’une rente monopolistique » plutôt que de la « maximalisation du profit » ?


Samir Amin. Oui. Le contrôle assure à ces monopoles une rente prélevée sur le bénéfice total du capital obtenu par l’exploitation de travail. Cette rente devient impérialiste dans la mesure où ces monopoles opèrent dans le Sud. La maximalisation de cette rente concentre les revenus et les fortunes dans les mains d’une petite élite au détriment des salaires, mais aussi des bénéfices du capital non monopolistique. L’inégalité grandissante devient absurde. A la limite, c’est comparable à un milliardaire qui possèderait le monde entier et laisserait tout le monde dans la misère.

 

Les libéraux avancent qu’il faut « agrandir le gâteau » en réinvestissant les bénéfices. C’est seulement après que l’on peut opérer le partage.

 

Samir Amin. Mais on n’investit pas dans la production, puisqu’il n’y a plus de demande. La rente est investie dans la fuite en avant sur les marchés financiers. L’expansion depuis un quart de siècle des investissements sur les marchés financiers est du jamais vu dans l’histoire. Le volume des transactions sur ces marchés est de plus de 2 500 000 milliards de dollars, alors que le PIB mondial est de 70 000 milliards de dollars.

 

Les monopoles préfèrent ces investissements financiers à ceux dans l’économie réelle. C’est la « financiarisation » du système économique. Ce type d’investissement est la seule issue pour la poursuite de ce « capitalisme des monopoles généralisés ». Dans ce sens, la spéculation n’est pas un vice du système, mais une exigence logique de celui-ci.

C’est sur les marchés financiers que les oligopoles – pas seulement les banques – font leurs profits et se concurrencent entre elles pour ces profits. La soumission de la gestion des firmes à la valeur des actions de la Bourse, la substitution du système de retraites par capitalisation au système par répartition, l’adaptation des changes flexibles et l’abandon de la détermination du taux d’intérêt par les banques centrales en laissant cette responsabilité aux « marchés » doivent tous être compris dans cette financiarisation.

 

Cette dérégulation des marchés financiers est dans la ligne de mire depuis quelques années. Les dirigeants politiques parlent de « moralisation des opérations financières » et d’ « en finir avec la capitalisme-casino ». La régulation serait donc une solution à la crise ?


Samir Amin. Tout ça, c’est du blabla, des phrases creuses pour tromper l’opinion publique. Ce système est condamné à poursuivre sa course folle à la rentabilité financière. La régulation aggraverait encore davantage la crise. Où irait alors le surplus financier ? Nulle part ! Il entraînera une dévaluation massive du capital qui se traduirait entre autres par une krach boursier.

Les oligopoles ou monopoles (les « marchés ») et leurs serviteurs politiques n’ont donc pour autre projet que de restaurer le même système financier. Il n’est pas exclu que le capital sache restaurer le système d’avant l’automne 2008. Mais cela nécessitera des sommes gigantesques des banques centrales pour éliminer tous les crédits toxiques et pour rétablir la profitabilité et l’expansion financière. Et la facture devra être acceptée par les travailleurs en général, et les peuples du Sud en particulier. Ce sont les monopoles qui ont l’initiative. Et leurs stratégies ont toujours donné les résultats recherchés, c’est-à-dire les plans d’austérité.

 

Justement, ces plans d’austérité se succèdent, soi-disant pour réduire les dettes des États. Or on sait que cela aggrave la crise. Les dirigeants politiques sont-ils des imbéciles ?

 

Samir Amin. Mais non ! C’est sur l’objectif qu’il y a mensonge. Lorsque les gouvernements prétendent vouloir la réduction de la dette, ils mentent délibérément. L’objectif n’est pas la réduction de la dette mais que les intérêts de la dette continuent à être payés, et de préférence à des taux encore plus élevés. La stratégie des monopoles financiarisés, au contraire, a besoin de la croissance de la dette – le capital y gagne, ce sont des placements intéressants.

Entre-temps, les austérités aggravent la crise, il y a clairement contradiction. Comme le disait Marx, la recherche du profit maximal détruit les bases qui le permettent. Le système implose sous nos yeux mais il est condamné à poursuivre sa course folle.

 

Après la crise des années 1930, l’Etat a tout de même pu surmonter partiellement cette contradiction, et une politique keynésienne de relance a été menée.


Samir Amin. Oui, mais quand cette politique keynésienne a-t-elle été introduite ? Au début, la riposte à la crise de 1929 a été exactement la même qu’aujourd’hui : des politiques d’austérité, avec leur spirale descendante. L’économiste Keynes disait que c’était absurde et qu’il fallait faire le contraire. Mais ce n’est qu’après la Deuxième Guerre mondiale qu’on l’a écouté. Pas parce que la bourgeoisie était convaincue par ses idées, mais parce que cela lui a été imposé par la classe ouvrière. Avec la victoire de l’Armée rouge sur le nazisme et la sympathie pour les résistants communistes, la peur du communisme était bien présente.

Aujourd’hui, quelques-uns – ils ne sont pas très nombreux – des économistes bourgeois intelligents peuvent dire des mesures d’austérité qu’elles sont absurdes. Et alors ? Tant que le capital n’est pas contraint par ses adversaires à mettre de l’eau dans son vin, cela continuera.

 

Quel est le lien entre la crise surgie voici quelques années et celle des années 1970 ?


Samir Amin. Au début des années 1970, la croissance économique a subi une chute. En quelques années, les taux de croissance sont tombés à la moitié de ce qu’ils avaient été lors des trente glorieuses : en Europe, de 5 à 2,5 %, aux États-Unis, de 4 à 2 %. Cette chute brutale était accompagnée d’une chute de même ampleur des investissements dans le secteur productif.

Dans les années 1980, Thatcher et Reagan ont réagi par des privatisations, la libéralisation des marchés financiers et une très dure politique d’austérité. Cela n’a pas fait remonter les taux de croissance, mais les a maintenus à un très bas niveau. Par ailleurs, le but des libéraux n’a jamais été le rétablissement de la croissance, quoi qu’ils en disent. Le but était surtout de redistribuer les revenus vers le capital. Mission accomplie. Et maintenant, quand on passe en Belgique de -0,1 % à + 0,1 % de croissance, certains jubilent : « La crise est terminée ! » C’est grotesque.

 

Vous comparez les années 1990 et 2000 avec celles d’un siècle auparavant : une sorte de deuxième « Belle Epoque ».


Samir Amin. J’ai fait le parallèle entre les deux longues crises parce que, c’est très curieux, elles commencent exactement avec cent ans d’écart : 1873 et 1973. En plus, elles ont les même symptômes au départ et la réponse du capital a été la même, c’est à dire trois ensembles de mesures complémentaires.

Premièrement, une énorme centralisation du capital avec la première vague des monopoles, ceux analysé par Hilfirding, Hobson et Lénine. Dans la deuxième crise, ce sera ce que j’appelle les « monopoles généralisés » qui se sont constitués dans les années 1980.

Deuxièmement, la mondialisation. La première grande crise est l’accélération de la colonisation, qui est la forme la plus brutale de la mondialisation. La deuxième vague, ce sont les plans d’ajustement structurel du FMI, que l’on peut qualifier de recolonisation.

 

Troisième et dernière mesure : la financiarisation. Quand on présente la financiarisation comme étant un phénomène nouveau, cela me fait sourire. Qu’est-ce qui a été créé en réponse à la première crise ? Wall Street et la City de Londres en 1900 !

Et cela a eu les mêmes conséquences. D’abord, une période courte ou ça semble marcher, parce qu’on pompe sur les peuples, surtout ceux du Sud. Ce fut de 1890 à 1914, la « Belle Epoque ». On a tenu les mêmes discours sur la « fin de l’Histoire » et la fin des guerres. La mondialisation était synonyme de paix et de colonisation pour une mission civilisatrice. Or, a quoi tout cela a-t-il mené ? A la Première Guerre mondiale, la Révolution russe, la crise de 1929, le nazisme, l’impérialisme japonais, la Deuxième Guerre mondiale, la révolution chinoise, etc. On peut dire qu’après 1989, il y a eu une sorte de deuxième « belle époque », jusqu’en 2008, bien qu’elle ait, dès le début, été accompagnée de guerres du Nord contre le Sud. Le capital a, dans cette période, établi les structures afin que les oligopoles puissent bénéficier de leur rente. Et, comme la globalisation financière a mené à la crise de 1929, elle a récemment mené à la crise de 2008.

Aujourd’hui, on a atteint un même moment crucial qui annonce une nouvelle vague de guerres ou de révolutions.

 

Pas très riant, comme image d’avenir… Vous écrivez qu’ « un nouveau monde est en train de naître, qui peut devenir encore bien plus barbare, mais qui peut aussi devenir meilleur ». De quoi cela dépend-il ?


Samir Amin. Je n’ai pas de boule de cristal. Mais le capitalisme est entré dans sa phase sénile, qui peut amener d’énormes bains de sang. Dans une telle période, les mouvements sociaux et les protestations amènent des changements politiques, pour le meilleur ou pour le pire, fascistes ou progressistes. Les victimes de ce système réussiront-elles à former une alternative positive, indépendante et radicale ? Tel est aujourd’hui l’enjeu politique.

« Le socialisme, c’est plus que le capitalisme sans capitalistes »

« En ces temps de capitalisme sénile, les protestations des mouvements sociaux amènent des changements politiques, pour le meilleur ou pour le pire, fascistes ou progressistes. » Telle était la conclusion de l’économiste marxiste Samir Amin dans la première partie de cette interview, publiée dans Solidaire n°38. Dans cette seconde partie, il aborde la question du dépassement du capitalisme en crise. « Il est temps pour la gauche d’avoir de l’audace ! Elle doit construire un front contre les monopoles. »

 

 

Pour l’économiste Samir Amin, professeur honoraire, directeur du Forum du Tiers Monde à Dakar et auteur de nombreux ouvrages traduits dans le monde entier, « être marxiste implique nécessairement être communiste, parce que Marx ne dissociait pas la théorie de la pratique — l’engagement dans la lutte pour l’émancipation des travailleurs et des peuples ». C’est ce que fait Samir Amin : dans la première partie de cet entretien, il analysait la crise ; ici, il aborde la lutte contre la toute-puissance des monopoles capitalistes et pour une autre société.

 

Quelles sont les caractéristiques de ce « capitalisme sénile » qui pourrait selon vous mener à une « nouvelle ère de grands bains de sang » ?

 

Samir Amin. Il n’y a plus d’entrepreneurs créatifs, mais des « wheeler-dealers » (magouilleurs). La civilisation bourgeoise, avec son système de valeurs — éloge de l’initiative individuelle naturellement, mais aussi ses droits et libertés libéraux, voire même la solidarité au plan national — a fait place à un système sans valeurs morales. Voyez des présidents des États-Unis criminels, des marionnettes et technocrates à la tête de gouvernements européens, des despotes dans le Sud, l’obscurantisme (talibans, sectes chrétiennes et bouddhistes...), la corruption généralisée (dans le monde financier en particulier)... On peut décrire le capitalisme d’aujourd’hui comme sénile, qui peut inaugurer une nouvelle ère de massacres. Dans une telle période, les protestations des mouvements sociaux amènent des changements politiques. Pour le meilleur et pour le pire, fascistes ou progressistes. La crise des années 1930 a par exemple mené au Front populaire en France, mais aussi au nazisme en Allemagne.

 

Qu’est-ce que cela signifie pour les mouvements de gauche actuels ?


Samir Amin. Nous vivons une époque où se profile une vague de guerres et de révolutions. Les victimes de ce système vont-elles réussir à former une alternative positive, indépendante et radicale ? Tel est l’enjeu politique aujourd’hui. Il faut que la gauche radicale prenne l’initiative de la construction d’un front, d’un bloc alternatif anti-monopoles comprenant tous les travailleurs et producteurs victimes cette « oligarchie des monopoles généralisés », dont une grande partie des classes moyennes, les agriculteurs, les PME...

 

Vous affirmez que la gauche doit renoncer à toute stratégie qui aiderait le capitalisme à sortir de la crise.


Samir Amin. Il est temps d’avoir de l’audace ! Nous ne sommes pas dans un moment historique où la recherche d’un « compromis social » capital/travail constitue une alternative possible comme dans l’après-guerre avec la social-démocratie des États-providence. Certains nostalgiques s’imaginent pouvoir « faire reculer » le capitalisme des monopoles sur leur position d’il y a quelques décennies. Mais l’histoire ne permet jamais de tels retours en arrière.

Nous sommes dans un moment historique ou la gauche radicale doit être audacieuse. Je parle de la gauche qui est convaincue que le système capitaliste doit être dépassé fondamentalement. Mais aussi une gauche qui ne perd pas de vue que le socialisme doit être inventé sans ayant nécessairement un modèle préexistant. Dans les pays du Nord, il y a les conditions objectives pour isoler le capital des monopoles. Cela commence par une alliance sociale et politique qui rassemble l’énorme majorité.

 

Cette audace existe-t-elle aujourd’hui ?


Samir Amin. Le manque d’audace à gauche est terrible à l’heure actuelle. Vous vous rappelez comme les sociaux-démocrates ont été contents quand le régime soviétique s’est effondré, et avec lui les partis communistes d’Europe occidentale ? Je leur ai dit : « Vous êtes stupides. La prochaine chute, c’est la vôtre, le capital avait seulement besoin de vous parce qu’il y avait la menace communiste. » Et, au lieu de se radicaliser, ils ont au contraire glissé à droite. Ils sont devenus sociaux-libéraux. Maintenant, que l’on vote social-démocrate ou à droite, c’est la même chose. Tous disent : « Nous ne pouvons rien faire, c’est le marché qui décide, les agences de notations, le super parti du capital des monopoles. »

 

Nous voyons même des segments importants de la gauche radicale accepter cela par crainte ou désarroi. Il y a même des gens qui se font appeler « communistes », mais disent qu’ils ne peuvent être qu’une aile gauche de la social-démocratie.

 

C’est toujours la même logique d’accommodation du capitalisme. Une logique du « moins pire ». « C’est imposé par l’Europe » est l’argument par excellence. « L’Europe, ce n’est pas bon, mais la destruction de l’Europe ce serait pire. » Mais aller de moins pire en moins pire, c’est en arriver in fine au « plus pire ». Il y a deux ans, on disait aux Grecs, allez, une petite cure d’austérité et ça ira ! On en est à la quantième ? La huitième ?

 

Quels pourraient être les mots d’ordre de « l’alliance sociale et politique » que vous prônez ?


Samir Amin. L’idée générale est la création d’un bloc anti-monopoles. Il faut un projet global qui remette en question le pouvoir des « monopoles généralisés » (voir première partie de cette interview dans Solidaire n°38). Nous ne pouvons pas rêver que les individus puissent changer le monde juste par le miracle de leur action individuelle – idée que l’on retrouve dans plusieurs mouvements socialistes et chez des philosophes comme Toni Negri.

 

Cela commence par le fait d’expliquer qu’il existe des alternatives aux politiques d’austérité. Sous une forme populaire, cela revient à casser le discours du capital de « compétitivité et modération salariale ». Pourquoi ne pas dire l’inverse, que les salaires ne sont pas suffisants et les profits trop gros ?

 

Dans le meilleur des cas, cela mène à une légère réduction des inégalités…

 

Samir Amin. Ce n’est naturellement pas assez. Une gauche authentique doit inverser le désordre social produit par les monopoles. Des stratégies pour assurer l’emploi maximal et garantir des salaires convenables, allant de pair avec la croissance. C’est tout simplement impossible sans exproprier les monopoles. Les secteurs clés de l’économie doivent donc être nationalisés. Les nationalisations sont, dans une première étape, des étatisations, le transfert de la propriété du capital privé à l’État. Mais l’audace consiste ici à « socialiser » la gestion des monopoles nationalisés.

 

Prenons ces monopoles qui contrôlent l’agriculture, les industries chimiques, les banques et la grande distribution. Les « socialiser » signifie que les organes de gestion comprennent des représentants des agriculteurs, des travailleurs de ces anciens monopoles bien sûr, mais aussi des organisations de consommateurs et des pouvoirs locaux (concernés par l’environnement, mais aussi l’école, le logement, les hôpitaux, l’urbanisme, le transport…)

Une économie socialiste ne se limite pas à la socialisation de son management. Le socialisme n’est pas juste le capitalisme sans les capitalistes. Il doit intégrer la relation entre l’homme, la nature et la société. Continuer dans la forme que le capitalisme propose revient à détruire l’individu, la nature et les peuples.

 

Que faites-vous de Wall Street et de la City ?


Samir Amin. Il faut une « définanciarisation ». Un monde sans Wall Street, pour reprendre le titre du livre de François Morin. Cela implique impérativement la suppression pure et simple des fonds de spéculations et des fonds de pensions, devenus des opérateurs majeurs dans la financiarisation. L’abolition de ces derniers doit se faire au bénéfice d’un système de retraites par répartition. Il faut repenser entièrement le système bancaire. Ces dernières décennies, le système bancaire est devenu beaucoup trop centralisé et seuls quelques géants font la loi. Dès lors, on pourrait concevoir une « banque de l’agriculture », ou une « banque de l’industrie » dans lesquelles les conseils d’administration élus sont composés des clients industriels et des représentants des centres de recherche et des services de l’environnement.

 

Comment voyez-vous le rôle de mouvements comme Occupy, les Indignés et les syndicats dans la lutte contre les monopoles ?


Samir Amin. Qu’il y ait aux États-Unis un mouvement comme Occupy Wall Street est un signal magnifique. Que l’on n’accepte plus comme ça les injonctions « il n’y a pas d’alternative » et « l’austérité est obligatoire » est très positif. Idem pour les Indignés en Europe. Mais ce sont des mouvements qui restent faibles, qui ne recherchent pas suffisamment des alternatives. Les syndicats jouent un rôle important, mais ils doivent se redéfinir. Les mots d’ordre d’il y a cinquante ans sont dépassés. Il y a cinq décennies, quatre travailleurs sur cinq avaient un emploi sûr et stable, et le chômage n’existait quasiment pas. Aujourd’hui, seuls 40 % ont un job stable, 40 % travaillent avec un contrat précaire et 20 % sont au chômage. La situation est radicalement différente. Les syndicats ne peuvent donc pas se limiter à des revendications qui ne concernent que la moitié de la classe des travailleurs. Il est absolument nécessaire que l’on prenne en compte le droit des chômeurs et des personnes sous contrat précaire. Il s’agit souvent de gens d’origine immigrée, de femmes et de jeunes.

 

Comment voyez-vous la relation entre la lutte des classes dans le Nord et dans le Sud ?


Samir Amin. Les conflits capitalisme/socialisme et Nord/Sud sont indissociables. Le capitalisme est un système mondial et les luttes politiques et sociales, si elles veulent être efficaces, doivent être menées simultanément dans l’arène nationale et sur le plan mondial. C’est-ce que Marx voulait dire avec « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! ». Être communiste veut également dire être internationaliste.

 

Il est absolument indispensable d’intégrer la question du climat, des ressources naturelles et de l’environnement dans le conflit Nord-Sud. L’appropriation privée de ces ressources et l’usage abusif de la planète mettent en danger le futur de toute l’humanité. L’égoïsme des oligopoles dans le Nord a été brutalement exprimé par Bush qui a déclaré « The American way of life is not negotiable » (le mode de vie américain n’est pas négociable). Cet égoïsme revient à nier l’accès aux ressources naturelles au Sud (80 % de l’humanité). Je crois que l’humanité ne pourra pas s’engager sérieusement dans la construction d’une alternative socialiste si l’on ne change pas ce « way of life » dans le Nord, ce qui ne veut pas dire que le Sud n’a qu’à patienter. Au contraire, les luttes dans le Sud réduisent la rente impérialiste et affaiblissent la position des monopoles dans le Nord, ce qui renforce les classes populaires du Nord dans leur lutte pour la socialisation des monopoles. L’enjeu dans le Nord est alors que l’opinion générale ne doit pas se limiter à la défense de ses privilèges vis-à-vis des peuples du Sud.

 

Les économies de pays émergents comme la Chine, le Brésil, la Russie et l’Afrique du Sud ne menacent-elles pas déjà quelque peu le pouvoir des « monopoles généralisés » ?


Samir Amin. Depuis 1970, le capitalisme domine le système mondial par cinq avantages : le contrôle de l’accès aux ressources naturelles, le contrôle de la technologie et de la propriété intellectuelle, l’accès privilégié aux médias, le contrôle du système financier et monétaire et, enfin, le monopole des armes de destruction massive. J’appelle ce système « apartheid on a global scale » (apartheid à l’échelle mondiale). Il implique une guerre permanente contre le Sud, une guerre entamée en 1990 par les États-Unis et ses alliés de l’Otan lors de la première Guerre du Golfe. Or les pays émergents, surtout la Chine, sont en train de déconstruire ces avantages. D’abord, la technologie. On passe de « Made in China » à « Made by China ». La Chine n’est plus l’atelier du monde pour des succursales ou les associés du grand capital des monopoles. Elle maîtrise la technologie à développer par elle-même. Dans certains domaines, notamment les domaines d’avenir de l’automobile électrique, le solaire, etc., elle possède des technologies de pointe en avance sur l’Occident.

 

Par ailleurs, la Chine laisse le système financier mondialisé se détruire. Et elle finance même son autodestruction en finançant le déficit américain et en construisant en parallèle des marchés régionaux indépendants ou autonomes à travers le « groupe de Shanghai », qui comprend la Russie, mais potentiellement aussi l’Inde et l’Asie du Sud-Est. Sous Clinton, un rapport de la sécurité américaine envisageait même la nécessité d’une guerre préventive contre la Chine. C’est pour faire face à cela que les Chinois ont choisi de contribuer à la mort lente des États-Unis en finançant leur déficit. La mort brutale d’une bête de ce genre serait trop dangereuse.

 

 

Et les pays d’Amérique du Sud ?


Samir Amin. Les démocraties populaires en Amérique latine ont sûrement affaibli la rente impérialiste. Mais ils auront des difficultés pour aller plus loin dans leur développement tant qu’ils berceront l’illusion d’un développement national capitaliste autonome. On le voit clairement en Bolivie, en Équateur ou au Venezuela. On le voit moins au Brésil parce que c’est un très grand pays qui a des ressources naturelles gigantesques. Ils ont amorcé la coopération entre eux avec l’ALBA. Mais l’ALBA reste très modeste jusqu’à présent en comparaison de la coopération militaire, économique et diplomatique du groupe de Shanghai, qui se déconnecte de l’économie mondiale dominée par les monopoles occidentaux. Par exemple, rien n’y est payé en dollars ou en euros. L’Amérique du Sud peut aussi se « découpler » du capitalisme des monopoles. Ils ont des possibilités techniques et les ressources naturelles pour faire du commerce Sud-Sud. Ce qui était impensable il y a plusieurs décennies.

 

Interview de Ruben Ramboer

 

SOURCE :


http://www.ptb.be/weekblad/artikel/interview-samir-amin-1-le...
et
http://www.ptb.be/weekblad/artikel/interview-de-samir-amin-2...

 

Version raccourcie d’une interview de Samir Amin parue dans Etudes marxistes n° 99.
Lire aussi Samir Amin, Sortir de la crise du capitalisme ou sortir du capitalisme en crise ?, Le Temps des cerises, 2009.

URL de cet article 18274

http://www.legrandsoir.info/le-capitalisme-entre-dans-sa-phase-senile.html
 
Samir AMIN

 

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14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 04:05

 

Politique - le 12 Novembre 2012

Pierre Laurent :"Le plan de financement de la sécurité sociale est vraiment décevant"

Dans l’Humanité de ce lundi matin puis sur France Inter, le secrétaire national du PCF est revenu sur les choix de vote des groupes Front de gauche à l’Assemblée et bientôt au Sénat. Particulièrement à propos du projet de loi de financement de la Sécu : « notre vote tiendra compte des réponses du gouvernement à nos propositions. » 

L’Humanité : Après les députés du Front de gauche, les sénateurs ont voté contre la loi de programmation des finances 2012-2017. Quelle sera votre attitude lors du vote du budget de la Sécurité sociale pour 2013 ?


Pierre Laurent. Nous avons voté contre le projet de programmation budgétaire parce qu’il se situe dans la droite ligne du traité de stabilité européen. Nous refusons l’installation dans la durée de ces choix d’austérité. C’est donc un vote cohérent.

 

Ce n’est pas seulement un refus. Nous avançons des propositions alternatives de nouvelles recettes fiscales pour mener de nouvelles politiques sociales. De même pour la Sécurité sociale, notre vote tiendra compte des réponses du gouvernement à nos propositions. Si Marisol Touraine et Jérôme Cahuzac, maintiennent le refus qu’ils ont opposé jusqu’ici à nos propositions, nous maintiendrons notre vote contre un projet qui n’est pas à la hauteur des urgences sociales, singulièrement dans les hôpitaux où la situation est devenue catastrophique.

 

"Cela m’étonne de la gauche"


Pierre Laurent est revenu également sur les explications de votes des groupes Front de gauche sur France Inter ce lundi matin. Sur le projet de loi de finances qui arrivera le 20 novembre au Sénat, le secrétaire National du PCF dit : "si rien ne bouge et que nos proposition ne sont pas reprises, nous nous abstiendrons, comme nos camarades l’ont fait à l’Assemblée Nationale." Et de justifier l’abstention plutôt que le vote contre, "parce qu’il y a certaines mesures fiscales qui ont corrigé le tir par rapport à Nicolas Sarkozy et nous voulons en tenir compte".

 

Pierre Laurent a également déploré le "manque d’action sur l’hôpital, le fait qu’on n’ait même pas décrété un moratoire sur les restructuration hospitalières et rouvert le débat sur la loi Bachelot, ça m’étonne de la gauche, surtout après le drame de Figeac. Malgré tout cela, le gouvernement semble ne pas vouloir bouger et le plan de financement de la sécurité sociale de ce point de vue là est vraiment décevant et d’ailleurs nous allons voter contre.

  • Retrouvez l’intégralité de notre entretien avec Pierre Laurent dans l’Humanité de ce lundi.
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14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 03:45

Le PCF soutient et appelle à participer à l'euromanifestation mercredi 14 novembre

Le PCF soutient et appelle, derrière les syndicats, à la mobilisation pour l'euromanifestation mercredi 14 novembre 2012. Il apporte son soutien aux salariés du privé comme du public, aux retraités ou aux privés d'emplois qui manifesteront solidairement contre les politiques d'austérité en France et en Europe dans plus d'une centaine d'endroits et à l'appel de 5 confédérations syndicales. Alors que les prétentions de la droite et du patronat n'ont jamais été aussi fortes sur le gouvernement, l'heure est à la mobilisation. Pierre Laurent, secrétaire national du PCF et sénateur de Paris sera présent à la manifestation parisienne aux côtés d'élu-e-s, militant-e-s du PCF et du Front de gauche.


Un point fixe du Front de gauche sera installé place Saint-François-Xavier (Metro St François Xavier). Partout, dans chaque manifestation, chaque rassemblement, les communistes distribueront et feront pétitionner leurs propositions nationales en faveur de l'emploi et de la croissance avec notamment l'exigence de droits et d'une loi pour empêcher et interdire les licenciements.


Parcours de la manifestation parisienne :


Départ 14h à Montparnasse de la manifestation vers le siège du Medef


Point de rencontre Front de gauche Place Saint-François-Xavier

 

 

Le Parti communiste appelle à manifester mercredi contre l'austérité

Créé le 13-11-2012 à 14h01 - Mis à jour à 15h10

Nouvel Observateur

PARIS (Sipa) - Le Parti communiste français (PCF) soutient l'initiative de la conférence des syndicats européens et appelle à manifester mercredi contre l'austérité.

"Alors que les prétentions de la droite et du patronat n'ont jamais été aussi fortes sur le gouvernement, l'heure est à la mobilisation", estime le PCF dans un communiqué.

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF et sénateur de Paris sera présent à la manifestation parisienne. Un "point fixe" du Front de gauche sera installé place Saint-François-Xavier.

Les communistes feront circuler une pétition "en faveur de l'emploi et de la croissance, avec notamment l'exigence de droits et d'une loi pour empêcher et interdire les licenciements", précise le communiqué.

Le Front de gauche appelle à manifester

AFP Publié le 13/11/2012    

Le Front de gauche appelle à participer à la manifestation européenne mercredi contre les politiques d'austérité, et Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent seront dans le cortège parisien, ont indiqué le Parti de gauche (PG) et le Parti communiste français (PCF) aujourd'hui.

Le PG "appelle à soutenir fortement mercredi les manifestations syndicales contre l'austérité et en solidarité avec les grèves générales de Grèce, Espagne et Portugal", affirme-t-il dans un communiqué.

De son côté, le PCF "soutient et appelle, derrière les syndicats, à la mobilisation", souhaitant apporter "son soutien aux salariés du privé comme du public, aux retraités ou aux privés d'emplois qui manifesteront solidairement contre les politiques d'austérité en France et en Europe".

"Alors que les prétentions de la droite et du patronat n'ont jamais été aussi fortes sur le gouvernement, l'heure est à la mobilisation", écrit-il dans un autre communiqué.


M. Mélenchon, ainsi que le secrétaire national du PCF Pierre Laurent, seront en début d'après-midi dans le cortège parisien.

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14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 03:29

 

Politique - le 14 Novembre 2012

Hollande, la promesse envolée et la chrysalide

Après la conférence de presse de François Hollande, "le changement n'est plus pour maintenant", et "l'électorat de gauche risque de ne pas trouver dans ce plaidoyer pro domo la réassurance que sa voix est respectée", estime Patrick Apel-Muller dans l'édito de l'Humanité de ce mercredi.


Les têtes de chapitre du programme présidentiel sont restées sur la table mais vides. Comme une fois 
la promesse envolée reste l’enveloppe 
de la chrysalide. Hier, au Bourget, 
il fallait résister aux marchés financiers ; désormais « il faut assurer la crédibilité de la France » devant leur évaluation. Une des trois priorités absolues était la « réorientation de l’Europe » et nous n’avons plus en main que le traité Merkozy serti d’un codicille de croissance. La justice sociale ? Peut-être... mais à ne pas confondre avec « la mise en accusation de ceux qui ont apporté le plus à leur économie » – voilà satisfaits les grands patrons et Mme Parisot – et ont gagné beaucoup d’argent.

 

François Hollande avait choisi hier de privilégier « l’esprit d’entreprise » et de mettre en cause « le coût du travail » dans une formule un peu floue : « Il n’est pas tout mais est tout sauf rien. » En tout cas, rendez-vous en 2014 pour une hausse de la TVA qui pèsera sur les consommateurs, les salariés pour l’essentiel. « Le redressement prendra du temps », a-t-il martelé ; 
« ce sera long », a-t-il dit de l’éducation. Le changement n’est donc plus pour maintenant. Dans la relecture 
de ses actes des derniers mois à laquelle le président convie les Français, il évoque désormais un cycle long, 
ne jouant « pas le sort d’une prochaine élection mais d’une prochaine génération ».

 

L’électorat de gauche, dont l’adhésion s’effrite d’après les derniers sondages, risque de ne pas trouver dans ce plaidoyer pro domo la réassurance 
que sa voix sera respectée. Bien entendu, des courants le traversent, les attentes sont diverses. Mais un an plus tôt, au lendemain d’une victoire au Sénat, socialistes, communistes, radicaux, EELV s’étaient retrouvés dans 
un contre-budget qui prenait le contre-pied 
du dogmatisme budgétaire, dans des réformes 
qui protégeaient des licenciements boursiers ou des injustices fiscales. Le cours du monde, la persistance 
de la crise, l’échec des politiques d’austérité ne rendent-ils pas ces mesures plus nécessaires encore ? Ce qui unissait 
il y a si peu ne le peut-il plus aujourd’hui ?

 

Le « récit » présidentiel, comme le disent 
si savamment les spin doctors, présente comme 
un cap constant ce que l’opinion interprète comme un virage libéral, « le coup de la parenthèse » selon la formule de la sénatrice socialiste Marie-Noëlle Lienemann. « On fait ce que tous les autres font », déplorait-elle hier, en ajoutant : « Sauf que, par manque de chance, ça ne marche pas très bien. Donc j’attends qu’on nous explique comment, par miracle, 
ça va marcher en France »...

 

L’emploi et la croissance seraient les premiers à pâtir d’une docilité à l’égard des marchés financiers et de la droite qui ne cessent de réclamer des coupes claires dans les dépenses publiques et sociales. 
Les Français peuvent être mobilisés pour leur résister. 
Les syndicalistes, les progressistes, les militants de gauche qui ne se résignent pas à ce que l’histoire bégaie peuvent sans tarder se mobiliser pour des alternatives crédibles 
à l’austérité, embrasser large pour unir une majorité. 
À la porte des choix politiques, l’espérance le dispute 
à la résignation lasse.

 

François Hollande a privilégié la crédibilité à l’égard des marchés financiers.

 

Par Patrick Apel-Muller

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14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 03:27

 

- le 9 Novembre 2012

Journée européenne d'actions du 14 novembre contre l'austérité : la carte des manifestations

A l’appel de la Confédération Européenne de Syndicats et en France des syndicats CGT, CFDT, FSU, UNSA, Solidaires se tiendra une journée européenne d’actions, de manifestations et de mobilisations.Chaque jour, dans toute l’Europe, les politiques d’austérité montrent leurs effets néfastes pour les salariés, les retraités et les privés d’emploi, pour la croissance et le bien vivre ensemble.
En France, les stratégies financières des grands groupes et les politiques d’austérité budgétaire ont comme effets : fermetures d’usines, délocalisations, chantage éhonté à l’emploi et aux salaires, précarisation, chômage record, taxation des pensions, restructurations des administrations et des services publics, coupes budgétaires...

  • Où manifester ? Cliquez sur la carte

Dans toute l’Europe, les syndicats expriment leur ferme opposition aux mesures d’austérité qui font plonger le continent dans la stagnation économique, voire la récession.

Les traitements de choc infligés aux travailleurs, notamment en Grèce, en Espagne et au Portugal, montrent l’impasse de politiques qui conduisent à la destruction des droits sociaux...

La France et l’Europe peuvent sortir de la spirale infernale ! à l’appel de la CES, la journée de mobilisation du 14 novembre permettra aux travailleurs de toute l’Europe d’agir, ensemble et solidairement, pour des conditions de travail et de vie décentes.

>>> Lire le communiqué commun des cinq organisations syndicales françaises

Avec les syndicats européens, nous exigeons :
- une véritable coordination des politiques économiques intégrant les dimensions sociales et des mesures de solidarité concrètes vis-à-vis des peuples les plus en difficulté ;
- la négociation d’un « contrat social » européen pour mettre fin au dumping social entre état ;
- des mesures de relance au plan européen pour renouer avec une croissance durable et favoriser l’emploi.

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13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 21:11

 

Stéphane Gatignon en grève de la faim sous une tente devant l'Assemblée nationale

  - le 13 Novembre 2012

Le Front de gauche de Sevran épingle la grève de la faim de Stéphane Gatignon

Les élus et militants du Front de gauche de Sevran rejettent la grève de la faim très médiatisée de Stéphane Gatignon comme mode d'action pour résoudre les problèmes de financements de la ville du 93. Dans un communiqué publié ce mardi, ils mettent en cause les choix politiques du maire EELV dans la gestion de la ville.


"L’action publique d’un élu ne peut se résumer à jouer sur l’émotion de la population", déplore d'entrée le communiqué émis par l'assemblée citoyenne du Front de gauche à Sevran qui explique préférer l'action collective "plutôt que de soutenir une action individuelle qui engendre de la désespérance et contribue à donner de notre ville une image désespérée."

 

 

"Le maire de Sevran doit aussi s’interroger sur sa gestion. Cette nouvelle opération de communication ne peut pas servir à masquer des choix politiques qui ont conduit à des échecs", estiment ces élus et militants qui listent trois erreurs du maire de la ville de Seine-Saint-Denis: 

  • "Stéphane Gatignon a soutenu le Traité d’austérité Sarkozy-Merkel qui étrangle les collectivités locales. Son parti, Europe écologie-Les Verts, approuve le budget du Gouvernement prévoyant la baisse drastique de 2,25 milliards d’euros des dotations aux communes dans les prochaines années. Quel sens y a-t-il à réclamer 5M d’euros supplémentaires aujourd’hui, et accepter la baisse des dotations dans les prochaines années?"
  • "Avant l’été, les élus sevranais du Front de gauche ont initié une action avec la population pour obtenir de l’Etat plusieurs millions pour financer la construction d’une école dans le sud de la ville. Le maire de Sevran a refusé d’y participer. Il a préféré recourir à un financement en partenariat public-privé qui avait pour conséquence automatique de faire perdre à la ville une subvention de 3 millions de la Région Ile-de-France!"
  • "Ce partenariat public-privé, contre lequel nous avions mis en garde, a depuis échoué et retardé d’ un an la construction de l’école. Déjà en 2010, à propos d'un précédent PPP sur l’éclairage public, la Chambre régionale des comptes avait mis en cause la responsabilité de la ville, en épinglant de « nombreuses irrégularités » aux règles légales et « son manque de compétences ». Pour solder le contentieux, Sevran a dû verser plus de 1,1 million d’euros de dommage, aux frais des contribuables sevranais ! Conclusion des magistrats : « la commune n’a pas correctement défendu ses intérêts »."

3 propositions pour sortir du marasme


Le Front de gauche de Sevran dévoile ses trois propositions pour sortir leur ville du marasme financier. Il appelle à "réformer totalement une fiscalité locale injuste, qui fait payer aux Sevranais deux fois plus d’impôts locaux qu’à Neuilly-sur-Seine", à "annuler tout ou partie de la dette qui asphyxie Sevran" et à "revaloriser les dotations de l’Etat aux collectivités". Plus globalement, il demande au "gouvernement PS-EELV" de "rejeter les mesures d'austérité" et de "mettre les richesses au service des citoyens, non des actionnaires et des marchés financiers".

 

Les chefs de file EELV à l'Assemblée trouvent que le gouvernement a "fait un geste ". Pour la coprésidente du groupe des députés écologistes Barbara Pompili, "le geste qui a été fait est un geste qui ne résout pas tous les problèmes, mais c'est un geste quand même, Cela a permis de mettre en lumière la question de la solidarité entre les collectivités." Pas de quoi satisfaire Stéphane Gatignon qui s'est dit déçu des débats dans l'hémicycle et déterminé à continuer sa grève de la faim. L'Assemblée nationale a voté mardi une hausse de 50% en 2013 de la dotation de développement urbain (DDU) bénéficiant aux 100 communes les plus pauvres, qui va passer de 50 à 75 millions d'euros comme annoncé lundi soir par Matignon face à la grève de la faim du maire de Sevran.

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BRUNO FORNACIARI

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