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19 novembre 2012 1 19 /11 /novembre /2012 09:44

 

  - le 17 Novembre 2012

Notre-Dame-des-Landes fait le plein d'opposants

Envoyée spéciale Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique). Chorales, cornemuses et percussions…  Les opposants au projet de transfert de l’aéroport Nantes-Atlantique vers Notre-Dame-des-Landes appelaient ce samedi à une nouvelle manifestation.


Venues de toute la France, de 13 000 personnes (selon la Préfecture) à 40 000 selon un porte-parole de l’Acipa (Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d’aéroport) ont constitué le lent cortège qui a commencé à quitter le cœur du village de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), aux environs de 11h30, samedi.

 

A l’issue de plus de deux heures de marche sur une étroite route goudronnée au milieu du bocage, les manifestants de tous âges, venus en famille, entre amis ou en militants politiques ou associatifs, ont atteint la Zone d’aménagement différé. Une zone rebaptisée « Zone à défendre » où, la veille, une trentaine de parlementaires d’Europe-Ecologie les Verts (EELV) avaient « symboliquement » et « illégalement » ré-ouvert une des maisons déjà préemptées.

 

Celles et ceux qui le souhaitaient étaient appelés à reconstruire des cabanes et des espaces de vie, détruits mi-octobre dans le cadre de l’opération « César », et abritant des squatteurs venus de toute l’Europe, présents sur les lieux depuis plusieurs mois. De quoi nourrir quelques slogans du type « Veni, vedi mais pas Vinci », la future structure aéroportuaire, projet d’Etat initié depuis les années 1970, s’inscrivant dans le cadre d’un partenariat public-privé entre les pouvoirs publics (23 collectivités locales et l’Etat soutiennent le projet, dont les régions Pays-de-la-Loire et Bretagne) et le groupe privé Vinci, déjà gestionnaire de l’actuel équipement situé en zone urbaine et proche de la saturation.

 

 

Quelques tracteurs, parmi la cinquantaine présents, ont acheminé du matériel (bois, pneus, évier, tuyaux, paille…). Les agriculteurs revendiquant le maintien des terres agricoles plutôt que de voir Vinci gérer « un aéroport de plus » sur ces « terres nourricières ». « C’est pas les agriculteurs et les squatteurs, c’est Vinci qu’il faut virer », lisait-on sur un des engins. « Faut pas pousser, sauf les légumes ! », disait une des banderoles.

 

 

Parmi les manifestants, Jean-Luc Mélenchon, sous les couleurs du Parti de Gauche, est venu dénoncer ce samedi  une « ineptie économique et environnementale ». José Bové, resté pour la manifestation à la différence des autres ténors d’EELV (Eva Joly, Noël Mamère, Jean-Vincent Placé…), a sommé, pour sa part, François Hollande et Jean-Marc Ayrault, ancien maire de Nantes fervent acteur du projet devenu premier ministre, de « nommer un médiateur » et de tout « reprendre à zéro ».  « Notre-Dame-des-Landes est aussi un moyen pour les Verts de se refaire une virginité », commentait un manifestant se présentant comme « citoyen » et rappelant au passage des groupes politiques que les drapeaux aux couleurs des partis ne devaient « normalement pas apparaître ici ».

 

 

Durant la mobilisation, les responsables du PS local porteur du projet ont souhaité être entendu : « Si nous respectons les opposants sincères au transfert (de l’aéroport - NDLR), nous voulons exprimer notre ras-le-bol devant la présentation unilatérale, caricaturale et à charge contre ce projet », affirment Jacques Auxiette, président du conseil régional des Pays-de-la-Loire, Philippe Grosvalet, président du conseil général de Loire-Atlantique, Gilles Retière, président de Nantes Métropole, et Patrick Rimbert, le maire de Nantes, dans un communiqué. « Nous ne sommes pas le Larzac. Il ne s’agit pas d’implanter un camp militaire, mais de transférer un équipement qui permettra la création de milliers d’emplois et le développement de tout un territoire», ont-ils revendiqué, assurant que les élus « de deux régions, quatre départements et plus de 50 communes soutiennent ce transfert qui profitera à tout le grand Ouest ». Un argument qu’avait repris, vendredi, le président de la République pour affirmer son soutien à l’aéroport dont les travaux sont prévus courant 2013 pour un début d’exploitation en 2017.

 

Le PCF, qui soutient le projet localement et nationalement, affirme qu’il veillera « au nombre et à la qualité des emplois générés par ce grand chantier », ainsi qu’à « la préservation de l’environnement et de l’agriculture », ajoutant qu’il s’engagera « à assurer qu’un contrôle rigoureux permettant le remboursement des sommes engagées par les pouvoirs publics » soit mis en place.

 

Laurence Mauriaucourt

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18 novembre 2012 7 18 /11 /novembre /2012 22:36

Jean-François Copé et Gilbert Collard sur les bancs de l'Assemblée en juin 2012

Politique - le 18 Novembre 2012

Droite

Florence Haegel : "La frontière est parfois poreuse entre militants UMP et FN"

Florence Haegel 
est professeure 
à Sciences-Po
 et publie les Droites 
en fusion (*).  Alors que l’UMP fête ses 
dix ans et s’apprête 
à élire, dimanche, 
son nouveau président, elle revient sur sa radicalisation idéologique.

Vous revenez sur la création de l’UMP en 2002. 
Qu’en est-il dix ans après ?


Florence Haegel. Lorsque l’UMP est créée, beaucoup doutent de sa longévité. Pourtant, 2002 marque bien une refondation de la droite française. Elle vient de passer le cap des dix ans, malgré les défections successives d’une partie des centristes, en 2002, en 2007, et encore aujourd’hui, avec la création de l’UDI par Jean-Louis Borloo. Il existe toujours cette pression du côté du centre droit, mais, de fait, elle a toujours été contenue. D’un point de vue interne, l’UMP s’apprête, pour la première fois, à appliquer ses statuts en introduisant les « mouvements », dans le vocabulaire de la droite partisane, pour pouvoir gérer cette diversité des groupes qui la constituent. Ce qui marque une rupture certaine dans un parti construit autour de la filiation gaulliste et dans une culture ni pluraliste ni délibérative. Ce tournant sera intéressant à observer. Il a été pensé par Copé comme un moyen de garder les centristes dans le giron du parti. Mais, au vu de la place que prennent « la droite populaire » et « la droite forte », il peut aussi encourager leur autonomisation. Si implosion il y avait, elle ne se ferait pas autour du duel Copé-Fillon, car ils ne représentent pas deux courants distincts. Elle ne pourrait se faire qu’en cas de rupture des centristes.

 

Comment analysez-vous la campagne interne et la mise en scène 
du duel pour la présidence du parti ?


Florence Haegel. La rivalité Fillon-Copé ne se fonde pas sur de véritables clivages idéologiques. Ils existent mais ne sont pas réellement structurants. Pour la plupart des militants, le choix du leader n’est pas seulement idéologique, mais porte surtout sur sa personnalité et la mobilisation des réseaux à l’échelle des départements. Je note des chassés-croisés intéressants entre les deux candidats. Jean-François Copé se met en scène comme le candidat du parti, des fédérations, opposé aux « barons parisiens » alors que ce n’est pas du tout sa trajectoire. Il sait que cette posture est populaire chez les adhérents. De la même manière, le maire de Meaux met en avant la question religieuse, tandis que l’ancien premier ministre semble la garder davantage à distance, alors qu’il est issu du catholicisme et du scoutisme.

 

Peut-on parler d’un storytelling copéiste s’inscrivant symboliquement dans les pas de Nicolas de Sarkozy ?


Florence Haegel. Oui. Pour prendre un exemple moins connu, Jean-François Copé a eu une courte formation de management aux États-Unis. Il a bien intégré les rouages du marketing politique, tandis que François Fillon a toujours affiché plus de distance avec la communication politique, même s’il y a également recours. Le secrétaire général de l’UMP souscrit à l’idée, constitutive de son parti, selon laquelle il faut une « américanisation » de la vie politique, entendue comme une simplification de l’offre et un recours aux technologies du marketing. Sur ce point, il s’inscrit clairement dans la filiation sarkozyste.

 

Parmi les quatre transformations de la droite que vous notez, prédomine la radicalisation idéologique.


Florence Haegel. Avant 2002, la droite française était beaucoup moins radicale que ses homologues européennes. Mais si un tournant a été introduit sous le précédent quinquennat dans le corpus idéologique de la droite française, c’est sur des sujets d’ordre sociétal et non économique et social. L’idée que la droite post-sarkozyste serait plus favorable au marché que sous Chirac est une erreur. Le tournant libéral de la droite française date des années 1980. C’est vraiment sur les thèmes de l’identité nationale et de l’immigration que la rupture s’est opérée, donnant corps à un discours droitier qui allie célébration de la nation et promotion de l’ordre. Un positionnement qui a permis à Nicolas Sarkozy de siphonner l’électorat du FN en 2007, mais aussi de capter une partie de l’électorat populaire. Ce qu’a tenté de réitérer le chef de l’État, en 2012, avec la ligne Buisson. Sans qu’un consensus n’émerge aujourd’hui à l’UMP sur l’analyse de cette stratégie d’entre-deux-tours. A-t-elle permis au candidat de rattraper son retard sur François Hollande ou l’a-t-elle mené à la défaite ? Les deux candidats à la présidence du parti ne semblent pas avoir la même analyse sur la question.

 

Vous notez que cette radicalisation de l’UMP n’a pas contribué à réduire l’audience du Front national.


Florence Haegel. Les chercheurs se sont d’abord intéressés, ces dernières années, à l’extrême droite europée

ne puis, dans un deuxième temps, aux stratégies des partis dominants vis-à-vis du FN. Ils ont alors montré que le fait de reprendre les thèmes du FN a indéniablement contribué à les banaliser, à les diffuser et à les rendre légitimes dans le débat public. L’UMP risque d’être prise en tenaille entre une légitimation des thèses frontistes et le maintien de la concurrence électorale d’un parti confiné dans ses positions contestataires par sa marginalisation dans le système d’alliances et qui revendique une virginité politique. Cela va être d’autant plus difficile à gérer pour l’UMP que, dans certains départements, la frontière est très poreuse. 
La droite populaire revendique un même univers idéologique. Les 
prochaines élections municipales vont constituer à ce titre un bon test.

 

Pensez-vous qu’une victoire 
de Jean-François Copé entérinerait cette radicalisation idéologique ?


Florence Haegel. Au vu de la campagne qu’il a menée, sa victoire pourrait être le signe de la ratification de sa ligne de radicalisation par les adhérents. Mais l’interprétation des résultats de dimanche ne pourra se réduire à cet aspect idéologique. Le vote va se jouer au niveau local, avec une incertitude quant à la capacité d’enrôlement des adhérents par les cadres, les élus et les militants les plus actifs. Les adhérents auront également en tête les profils et personnalités des deux candidats et des visées électoralistes. Tous ces facteurs, idéologiques, personnels mais aussi la capacité de mobiliser localement, vont compter et l’élection risque d’être serrée.

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18 novembre 2012 7 18 /11 /novembre /2012 22:31

 

  - le 16 Novembre 2012

Droite

L’UMP choisit un nouveau visage pour la droite

Les adhérents votent ce dimanche pour élire leur président et choisir leur stratégie politique. Quel que soit le nouveau leader de l’opposition, l’UMP devrait décider de poursuivre la révolution néoconservatrice engagée par Nicolas Sarkozy

 

.Il était temps pour l’UMP que la campagne s’arrête. La formation risquait d’y laisser des plumes. Car, en même temps qu’il savourera sa victoire dimanche, le nouveau président fêtera aussi les dix ans du « grand parti de la droite », dont l’objectif était de réunir sous un même drapeau toutes ses composantes historiques. Un anniversaire délicat, tant l’UMP n’a jamais été aussi fragile.« La droite est complètement à terre », soupire Roselyne Bachelot au lendemain de la défaite de Nicolas Sarkozy. « Soyons conscients des difficultés qui sont devant nous », prévient Édouard Balladur, tandis que se multiplient les appels à « la rénovation idéologique » et à « la clarification des valeurs ».

 

Mais les premières orientations choisies par François Hollande ont encouragé la droite à s’exempter d’une remise en question, au point de nier toute défaite idéologique. « La résignation de François Hollande à ratifier le traité de Nicolas Sarkozy sans en changer une ligne en est le symbole », raille un jeune militant de la Droite humaniste. La chute de leur champion serait la conséquence mécanique de la crise, le résultat d’un « acharnement médiatique » pour les autres. D’où la bataille entre les deux concurrents, François Fillon et Jean-François Copé, pour savoir qui incarnerait le mieux l’héritage sarkozyste.

 

Le culte du chef, structurant à droite


« Orphelins. » C’est le mot qui revient à la bouche d’une majorité de militants de l’UMP depuis que l’ancien président des riches a décidé de « prendre (ses) distances avec la vie politique ». « Nos militants aspirent à un parti, une ligne, un chef », rappelle Brice Hortefeux. Après avoir monopolisé le paysage politique à droite pendant dix ans, même en retrait, l’ancien locataire de l’Élysée continue de nourrir le doute sur un éventuel retour. « Depuis le départ de Nicolas Sarkozy, il n’y a plus à l’UMP de leader naturel. » La guerre est ouverte le 23 mai par François Fillon. L’enjeu est de taille : reprendre les rênes du parti, incarner l’opposition et se mettre sur les rangs pour 2017. D’autant que la droite a toujours eu besoin d’être personnifiée, biberonnée au culte du chef et au légitimisme.

 

Pour la première fois dans l’histoire du parti, les quelque 280 000 adhérents sont appelés à départager deux candidats. Un scrutin qui devrait d’abord permettre à l’UMP de se compter, et dont on ne sait pas encore s’il ressemblera à une « primaire avant l’heure » ou à la désignation d’« un chef de guerre, figure de l’opposition ». Très tôt favori dans les sondages, François Fillon a soigné son profil rassembleur, sa stature d’homme d’État, quand Jean-François Copé s’affichait en chef de file d’une « droite décomplexée », multipliant les déclarations fracassantes susceptibles de cliver.

 

>>> Lire : Le jeu de dupes entre Copé et le Front national


Guerre de personnalités ou divergences d’idées ?


Mais cette bataille de style, largement nourrie par les médias, ne trouve pas de réelle traduction dans leurs programmes. Sur le papier, ou plutôt à l’écran, l’ancien premier ministre, fort de son néogaullisme bon teint, offrirait une perspective plus sûre de victoires électorales. « Il veut nous la jouer à la Balladur des années 1990 », résume un lieutenant de Jean-François Copé. Pourtant, François Fillon a fait sienne, autant que le maire de Meaux, l’analyse de Patrick Buisson selon laquelle « la demande sociale et la question identitaire s’emboîtent désormais dans une même problématique ». En témoigne son manifeste « Ensemble, soyons les militants de la France », qui ressemble à s’y méprendre à un programme pour 2017, dans lequel il tape fort sur les thèmes chers à son électorat, la sécurité et l’immigration. Il y défend la « fin de l’automaticité de l’acquisition de la nationalité française », la généralisation à tous les délits du « principe des peines planchers » ou encore la création de « brigades fiscales chargées de lutter dans les quartiers contre les fraudeurs délinquants ». Les deux candidats se retrouvent aussi pour défendre un projet économique ultralibéral, qui aurait été celui de Nicolas Sarkozy s’il avait obtenu des prolongations : suppression des 35 heures, fin de la durée légale du travail ou création d’un contrat de travail unique.

 

>>> Lire : Florence Haegel : «La frontière est parfois poreuse entre militants UMP et FN »


Leurs prétendus clivages idéologiques apparaissent d’autant plus factices que leurs soutiens respectifs sont issus de sensibilités très différentes. Le « clan » des Alpes-Maritimes mené par Éric Ciotti et Christian Estrosi, mais aussi Claude Guéant, soutient François Fillon quand le centriste Marc-Philippe Daubresse fait campagne pour Jean-François Copé. Le sens de ces soutiens serait donc ailleurs, dans des contentieux personnels et des coups de billard à trois bandes.

 

Six motions soumises au vote

Le vote sur les motions en dira peut-être plus long sur l’état d’esprit des militants. Même si, sur les six textes soumis au vote, peu dessinent clairement de véritables courants de pensée. « Pour un humanisme social, libéral et européen » rassemble centristes et libéraux dans un magma idéologique à peine compréhensible. « On y perd notre latin », raille un jeune loup de la Droite forte. Celle-ci a au moins le mérite de la clarté, à savoir d’être un copié-collé du programme du FN. Son résultat, ainsi que celui de la Droite populaire, sera à scruter de près. Car ce seront les indicateurs les plus fiables de l’état d’esprit des militants, le meilleur baromètre d’une UMP prête à enterrer la droite républicaine.

 

François Fillon favori. Les derniers sondages confirment l’avance 
de l’ancien premier ministre. Dans un sondage Ifop, 
la préférence des Français 
irait à François Fillon (53 %) plutôt qu’à François Hollande (45 %) tandis 
que le chef de l’État (55 %) l’emporte sur Jean-François Copé (42 %). « C’est un formidable encouragement 
que nous adressent 
les Français et l’ensemble 
de nos sympathisants », 
a déclaré l’équipe de François Fillon. Mais, en 1999, Michèle Alliot-Marie avait créé la surprise alors que Jean-Paul Delevoye était favori.

 

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18 novembre 2012 7 18 /11 /novembre /2012 22:28

 

Photo : Patrick Nussbaum

  - le 18 Novembre 2012

"Les jeunes communistes passent à l’offensive contre le chômage et le précarité"

Entretien avec le nouveau secrétaire général du Mouvement jeunes communistes de France (MJCF), Nordine Idir, qui a été élu, ce week-end à l’occasion de son Assemblée nationale annuelle, pour succéder à Pierric Annoot.

Votre assemblée de ce week-end a été le premier rendez-vous national du MJCF depuis les élections, quel regard portez-vous sur la situation ?


Nordine Idir. Les attentes sont fortes dans la jeunesse. Car notre génération est à la fois particulièrement touchée par le chômage, la précarité et n’a connu que la droite au pouvoir. Notre mouvement et les jeunes en général ont contribué à virer Sarkozy. Mais ceux qui ont perdu l’élection mènent toujours la danse et se servent de la crise pour faire passer l’idée que des contraintes indépassables empêcheraient toute alternative. En clair, les mêmes logiques financières d’austérité sont toujours à l’œuvre.

Pour l’instant, le gouvernement de gauche n’est pas dans une posture de combat et de rassemblement des forces sociales. Emplois d’avenir, contrats de génération, pour les jeunes le compte n’y est pas. Des emplois sont créés mais sans ambition de qualification ni d’embauche à long terme et sans s’attaquer aux causes de la situation dramatique que connaissent les jeunes. Ils aspirent à pouvoir vivre dignement sans être condamnés à naviguer dans les sous-sols du salariat. Dans cinq ans, les jeunes doivent mieux vivre qu’en 2012 avait promis le président, à nous de transformer cette promesse en réalité.

 

Comment le MJCF entend agir dans ce contexte?


Nordine Idir. Nous sommes décidés, plus que jamais après notre Assemblée nationale de ce week-end, à passer à l’offensive contre le chômage et la précarité. C’est nécessaire car le Medef et la droite veulent imposer la fin de notre modèle social, du droit du travail, des services publics… Et au vu de la situation, si rien ne change, c’est le repli sur soi et le rejet de l’autre qui guettent. Alors nous voulons apporter des réponses concrètes aux problèmes des jeunes tout en brisant les fantasmes notamment sur le « coût du travail » ou la « compétitivité ». Nous voulons sortir de toutes ces formes d’emplois précaires et de dispositifs spécifiques aux jeunes qui ont fait la preuve de leur inefficacité tant sociale qu’économique. Le travail gratuit, ça suffit.

 

Vous parlez de  « fronts de luttes», quel en est le sens ?


Nordine Idir. Pour faire face à un Medef et à une classe dominante très organisés, nous voulons permettre l’engagement et l’action de tous les jeunes qui veulent changer concrètement leur vie. Pendant la campagne électorale, nous avons défendu, et continuons de défendre, avec les députés du Front de gauche une loi pour l’avenir des jeunes. L’Ugict CGT et l’Unef ont porté une loi pour les jeunes diplômés. La JOC a impulsé un appel pour un «big bang des politiques de jeunesse »… Avec de nombreuses organisations de jeunes,  nous avons fait le constat commun que les politiques d’exonération de cotisations pour l’embauche de jeunes des 30 dernières années n’ont pas créé d’emplois et ont, au contraire, aggravé la précarité. C’est à partir de cette réalité et de ce constat commun que nous voulons construire des fronts de luttes car il n’y a aucune raison pour que ce qui nous a rassemblés alors, ne nous réunisse plus aujourd’hui. Rassembler et mobiliser est indispensable pour que nos revendications, qui visent à sécuriser les parcours de formation et d’emploi, soient entendues et aboutissent.

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18 novembre 2012 7 18 /11 /novembre /2012 14:00

 

Economie : la duperie sociale-libérale

Dimanche 18 Novembre 2012 


Laurent Mauduit*


(CHESNOT/SIPA)
(CHESNOT/SIPA)

Il faut maintenant se rendre à l’évidence : la politique économique conduite par François Hollande n’a rien à voir avec ce qu’il avait laissé entendre durant la campagne présidentielle. Candidat, il avait suggéré qu’il fixerait le cap à gauche – pas à gauche toute, mais à gauche tout de même. Devenu président, voilà qu’il crée la surprise en conduisant une politique sociale-libérale.
 
Que l’on se souvienne des débats de la campagne présidentielle. A l’époque, François Hollande avait certes envoyé des signes multiples de sa prudence. Sur la politique budgétaire, en écornant le programme de son propre parti et en proposant que la réduction des déficits publics sous les 3 % du PIB soit atteinte dès 2013 et non en 2014 ou 2015. Sur la politique fiscale, en prenant insensiblement ses distances avec la « révolution » qui était aussi gravée dans le marbre du projet du PS et dont le projet phare devait être la fusion de l’impôt sur le revenu et de la CSG. Ou encore sur la politique salariale, en préconisant la modération.
 
Mais, envers et contre tout, François Hollande a veillé à ce que la petite musique de son projet garde une sonorité de gauche. C’était la raison d’être de sa proposition d’une taxation à 75 % des revenus au-delà de 1 million d’euros, ou encore de quelques-unes de ses sorties enflammées : « Mon ennemi, c’est la finance ! »
 
Et puis, voilà qu’à peine installé à l’Elysée il met en œuvre une politique économique qui n’a plus rien à voir avec cela – une politique dont les inspirations philosophiques ont beaucoup de points communs avec les brûlots libéraux qu’ont l’habitude de produire l’OCDE et le FMI pour promouvoir ce qu’ils appellent pudiquement des « réformes structurelles ».
 
La première illustration de ce changement de cap, c’est évidemment la priorité donnée à la question du coût du travail, dont l’allégement au profit des employeurs sera payé, au moins partiellement, par les consommateurs, par le biais d’une hausse de la TVA. Car, dans ce cas, la source d’inspiration ne fait guère de doute : il suffit de lire les rapports en faveur d’un « choc de compétitivité » publiés en janvier par l’Institut de l’entreprise ou en mars par l’Institut Montaigne pour comprendre que le gouvernement a été puisé dans des rapports patronaux pour construire la charpente idéologique de sa réforme.
 
Mais cet immense transfert de charges en faveur des entre- prises et au détriment des salariés n’est pas une embardée – une sorte de concession aux milieux patronaux, comme pour les amadouer. Non ! C’est une réforme libérale qui va s’articuler avec de nombreuses autres, dont l’inspiration sera la même. Le gouvernement s’apprête, ainsi, à ouvrir un autre grand chantier, dont le chef de l’Etat n’a parlé que de manière allusive, en évoquant les 60 milliards d’euros d’économies qu’il faudra réaliser sur la durée du quinquennat, soit les 50 milliards d’euros d’économies déjà programmés auxquels il faut ajouter 10 milliards d’euros de coupes supplémentaires du fait de la réforme de la compétitivité. D’une phrase, François Hollande a levé le voile sur ce qui est en gestation : « Cela représente 1 % des dépenses publiques et nous pourrons les trouver par une réforme de l’Etat, dans la protection sociale et par une nouvelle organisation territoriale. »
 
Pour être elliptique, la formule n’en est pas moins transparente : ce ne sera pas par un durcissement uniforme des normes d’évolution des crédits budgétaires que l’objectif sera atteint, mais par une « réforme de l’Etat ». Traduction : pour ne pas éveiller de mauvais souvenirs, ce nouveau chantier ne sera pas baptisé « RGPP » (révision générale des politiques publiques), mais cela y ressemblera fort.
 
Et puis, il y a un troisième grand chantier, que François Hollande a présenté comme un « rendez-vous majeur », celui de la réforme du marché du travail, qui fait actuellement l’objet d’une concertation entre les partenaires sociaux et sur lequel, en cas d’échec, le gouvernement légiférera. Or, ce projet, même si ces contours sont encore imprécis, a une inspiration qui est bien connue : dans une logique libérale ou sociale- libérale, il s’agit d’avancer vers l’un de ces systèmes dits de « flexisécurité », dont tous les rapports de l’OCDE ou du FMI font l’apologie. Pour la gauche, il s’agit donc d’une révision doctrinale majeure : en 1981, les socialistes estimaient que « le contrat de travail à durée indéterminée redeviendra la base des relations du travail » — c’était la 22e  des « 110 propositions » ; trois décennies plus tard, les mêmes socialistes plaident en faveur de davantage de flexibilité.
 
Et c’est en cela que la politique économique surprend. Non pas qu’elle ait été amendée au fil des mois, au point de devenir un tantinet cafouilleuse ou incohérente. C’est précisément l’inverse : progressivement, on comprend que la politique qui se met en place a une cohérence forte, s’inscrivant dans une philosophie économique qui a été à l’évidence mûrement réfléchie. Mais une philosophie qui n’avait pas été affichée pendant la campagne présidentielle.
 
S’il faut dire méchamment les choses, François Hollande s’expose à un procès inédit : non pas en reculade ou en reniement, mais en duperie.
 
* laurent.mauduit@mediapart.fr

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18 novembre 2012 7 18 /11 /novembre /2012 12:38

 

Harlem Désir présente sa nouvelle équipe, l'aile gauche du PS mise au ban

Le Monde.fr | 17.11.2012 à 16h07 • Mis à jour le 17.11.2012 à 16h42 Par Bastien Bonnefous
 
Harlem Désir, nouveau patron du PS, a présenté samedi son équipe dirigeante. L'aile gauche du parti ne fait pas partie de la direction.

A la veille de l'élection interne du futur président de l'UMP, le PS a réuni samedi 17 novembre un conseil national à Paris pour présenter sa nouvelle direction autour de son premier secrétaire Harlem Désir. Passage en revue des faits marquants de la nouvelle "équipe Désir".

  • Les postes clés inchangés

Malgré de longues semaines de discussions, jusque tard encore ce matin avant l'ouverture du conseil national salle de la Mutualité, le nouveau secrétariat national (SN) du PS présente peu de modification par rapport à celui mis en place en juin dernier par Martine Aubry avant que la maire de Lille ne quitte la tête de la rue de Solférino. Les 58 secrétaires nationaux (contre 69 précédemment) sont pour beaucoup inchangés.

A commencer par les postes-clés du parti, tous exclusivement réservés à des hommes malgré une parité totale au sein du SN : le très stratégique secrétaire national aux élections reste entre les mains de Christophe Borgel, député de Haute-Garonne, ancien strauss-kahnien et proche de Mme Aubry ; Alain Fontanel, adjoint au maire de Strasbourg et proche de Harlem Désir, conserve le décisif secrétariat national aux fédérations, comme David Assouline le porte-parolat ou Olivier Faure la communication. Guillaume Bachelay, député de Seine-Maritime, fidèle de Laurent Fabius et proche de Mme Aubry, est n°2 du parti, en charge de la coordination.

Seuls changements notables : la trésorerie n'est plus confiée au député de la Loire Régis Juanico, proche de Benoît Hamon, mais à Jean-François Debat, maire de Bourg-en-Bresse et ancien conseiller de Laurent Fabius. Et l'"organisation", occupée auparavant par Philippe-Xavier Bonnefoy, revient au député de Côte-d'Or Laurent Grandguillaume, tous deux proches de François Hollande et de Stéphane Le Foll.

  • Les proches de Harlem Désir récompensés

Ils étaient cinq – Luc Carvounas, Carlos Da Silva, Emeric Brehier, Alain Fontanel et Frédérique Espagnac - et s'étaient fait remarquer dès la fin du mois d'août à l'université d'été de La Rochelle en organisant un déjeuner de soutien à Harlem Désir alors en compétition interne avec Jean-Christophe Cambadélis pour le premier secrétariat. Ils ont été payés en retour, synthétisant à eux seuls la "bande des quatre" poids lourds du gouvernement (Valls, Le Foll, Peillon et Moscovici) qui ont fait campagne pour M. Désir.

Le sénateur du Val-de-Marne Luc Carvounas, proche de Manuel Valls, est promu aux "relations extérieures" avec les autres partis et formations de gauche, un poste sensible occupé en son temps par des poids-lourds du PS comme Claude Bartolone, Jean-Christophe Cambadélis ou Guillaume Bachelay. Carlos Da Silva, député de l'Essonne et autre proche du ministre de l'intérieur, fait son entrée au secrétariat national pour s'occuper de la "mobilisation" et des "campagnes du parti".

Emeric Bréhier, député de Seine-et-Marne et soutien du ministre de l'économie Pierre Moscovici, prend en charge l'éducation, et Frédérique Espagnac, sénatrice des Pyrénées-Atlantiques, ancienne collaboratrice de François Hollande et proche du ministre de l'agriculture Stéphane Le Foll, devient co-porte-parole du parti. Quant à Alain Fontanel, en plus des fédérations, il est nommé "conseiller politique" auprès de Harlem Désir.

  • L'aile gauche mise au ban

C'est l'autre fait marquant de cette nouvelle direction. L'aile gauche du PS, incarnée par le conseiller régional d'Ile-de-France, Emmanuel Maurel, qui a réalisé 13 % lors du vote des militants sur les motions, ne fait pas partie de la direction. Ni Emmanuel Maurel, ni le député de l'Essonne Jérôme Guedj, ni la sénatrice de Paris Marie-Noëlle Lienemann, n'occupent de secrétariats nationaux. "C'est une erreur politique ", estime un cadre de la nouvelle direction.

Du côté de Harlem Désir, la faute en revient à M. Maurel et à ses amis qui "n'ont fait aucun geste pour entrer dans l'équipe", explique un proche du premier secrétaire. "Harlem Désir n'a pas voulu de nous, estime au contraire M. Maurel. Il ne voulait pas de représentants forts de notre courant, mais des secrétaires nationaux bien disciplinés, le doigt sur la couture du pantalon".

Seuls deux postes leur auraient été proposés par le premier secrétaire. "Des postes gadgets et qui devaient être occupés par des femmes exclusivement, on a refusé", précise M. Maurel. Même si le conseiller régional, comme M. Guedj et Mme Lienemann siégeront au bureau national du PS, l'aile gauche regrette "cette absence de volonté de rassemblement de la part de la direction".

  • Un porte-parolat enfin connu

Un couple en chasse un autre. Le sénateur de Paris David Assouline reste porte-parole, avec la sénatrice Frédérique Espagnac, alors que dès le mois de septembre, étaient annoncés comme futurs représentants du parti dans les médias, le député de Seine-et-Marne Olivier Faure, proche de Jean-Marc Ayrault, et la députée des Hautes-Alpes Karine Berger, proche de Pierre Moscovici.

Après plusieurs semaines de querelles internes et face à une situation bloquée, l'hypothèse avait été envisagée de former un porte-parolat à quatre membres, paritaire, avec MM. Assouline et Faure, et Mmes Berger et Espagnac. Mais Karine Berger, vice-présidente de la commission des finances à l'Assemblée, semble avoir fait les frais de ses critiques récentes contre le pacte de compétitivité du gouvernement. Elle n'a donc pas été promue, mais conserve son secrétariat national à l'économie.

Mme Berger écartée, il n'était plus possible de conserver deux hommes porte-parole et une seule femme. M. Assouline a donc été préféré à M. Faure, dont les rapports avec Harlem Désir n'ont jamais été au beau fixe. "Harlem a privilégié la continuité au changement, c'est son choix de premier secrétaire", a simplement commenté le perdant. Par ailleurs, le duo Assouline-Espagnac a un sens politique. "Ils sont tous les deux sénateurs. C'est un geste fait par la direction envers le Sénat, irrité sur certains points dans la majorité, notamment le débat sur le non cumul des mandats", décrypte un responsable socialiste.

  • Un PS "de combat" selon Harlem Désir

Dans un discours ramassé d'à peine une vingtaine de minutes, le premier secrétaire a dressé sa prochaine feuille de route. Il a annoncé une mobilisation du parti en direction de deux "batailles" qui font actuellement débat au sein du PS et dans la société : le mariage pour tous et le droit de vote des étrangers aux élections locales. Sur le droit de vote, que François Hollande a soutenu du bout des lèvres lors de sa conférence de presse du 13 novembre, M. Désir compte prochainement "écrire à chaque parlementaire pour obtenir chaque vote qui manque pour réaliser cette grande réforme".

Dès la semaine prochaine, le PS doit aussi lancer "une grande campagne nationale de soutien" à la politique du gouvernement, et durant le premier semestre 2013, "plus de 500 ateliers du changement" devraient être organisés pour "faire dialoguer le PS avec les Français".

M. Désir, en chef de parti, a également rappelé à l'ordre les partenaires du PS au sein de la majorité gouvernementale et parlementaire. Alors que les tensions se multiplient avec les écologistes et les communistes sur plusieurs dossiers (aéroport de Notre-Dame-des-Landes, pacte de compétitivité...), il a déclaré que "le devoir de la gauche pour la France est plus important que nos états d'âme personnels et nos petites querelles de partis". Plaçant son discours dans la droite ligne du président de la République et du premier ministre, il a rappelé "l'orientation claire du PS : celle du socialisme du réel et du réformisme ancré à gauche".

Bastien Bonnefous

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18 novembre 2012 7 18 /11 /novembre /2012 00:11

Texte écrit sur le blog du FDG du Nord Deux sèvres

Bruno Fornaciari16 novembre 2012 23:19


Tout d'abord, je suis surpris que des personnes se présentent et parlent au nom du Front de Gauche à tort et à travers.


S'agissant notamment de l'aéroport de Notre-Dame-des-landes, je serai curieux de savoir à quel moment y-a-t-il eu discussion avec net entre les partenaires du front de gauche Nord 79 sur cette question. Pour ce qui concerne les communistes de la section thouarsaise ils ne l'ont pas été et ne s'associent pas ni à la position ni à la manifestation exprimée INDUMENT au nom du Front de Gauche, c'est-à-dire au nom aussi des communistes.

C'est une pratique courante de ne pas demander l'avis des communistes et de s'exprimer en leur nom. Le front de gauche dans le Nord-Deux-Sèvres en porte indûment le nom. Il serait plus honnête de votre part de s'en tenir à exprimer la position de l'Assemblée citoyenne peut-être, qui ne représente pas le Front de Gauche constitué du PCF, du PG, de la FASE de la GA etc.. puisque sur cette question il y a des désaccords et nous ne faisons donc pas Front de Gauche.

 


Pour info, ci-dessous la position des communistes

Aéroport Notre Dame des Landes : Poursuivre sa réalisation dans le respect des populations concernées

Entré dans sa phase de réalisation, le transfert de l’aéroport Nantes-Atlantique vers Notre Dame des Landes fait l’objet de fortes tensions ces dernières semaines. L’escalade dans la violence n’est pas acceptable.

Favorable avec constance cet équipement utile pour le grand Ouest, le PCF et ses élus restent mobilisés pour que toutes les populations concernées soient respectées.

Avec ses élus locaux, le PCF s’engage à assurer un contrôle rigoureux permettant le remboursement des sommes engagées par les pouvoirs publics, la préservation des 19 000 hectares de terres entre l’aéroport et la métropole nantaise inscrite dans le Périmètre de Protection des Espaces Agricoles et Naturels périurbains, la maitrise de l’étalement urbain favorisé par la libération de l’emprise aéroportuaire sur l’agglomération nantaise, le développement de l’emploi au Nord Loire comme au Sud Loire et l’amélioration des transports notamment ferroviaire entre les régions Bretagne et Pays de la Loire.

 

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18 novembre 2012 7 18 /11 /novembre /2012 00:06
Déplacement de l'aéroport de Nantes,le point de vue de Gilles Bontemps, vice président du conseil régional Pays de Loire en charge des transports....pour mieux comprendre...

En quoi déménager l’aéroport actuel profitera au territoire?

Gilles Bontemps. Sauf à s’inscrire dans une logique de décroissance, on savait et depuis longtemps qu’il faudrait un jour déplacer l’aéroport de Nantes. La région des Pays de la Loire est la 3e région industrielle de France. Elle affiche une ambition de croissance et de développement de l’emploi autour de ses industries, notamment aéronautiques, et de son port. S’arrêter, ce serait décliner. Airbus produit des A380 ou l’A350 qui ne peuvent pas être exploités à Nantes. La piste est trop étroite et l’aéroport actuel ne pourrait pas accueillir le flux de passagers occasionnés par l’exploitation de ce type d’appareil. Et puis, l’Europe se développe de plus en plus à l’est, ce qui nous éloigne des centres de grande activité. Permettre des relations au-delà de l’Europe, vers l’Amérique latine, par exemple, est tout aussi déterminant, y compris culturellement.

La qualité de vie des habitants va s’en trouver nettement améliorée?

Gilles Bontemps. La situation de l’aéroport actuel, à Bouguenais, pose effectivement des problèmes de sécurité et de qualité de vie. L’agglomération nantaise compte 600000 habitants. De 45000à 50000personnes subissent directement les nuisances sonores aujourd’hui. Le trafic est en croissance. Il atteindra bientôt 3,5millions de voyageurs. Le secteur de Notre-Dame-des-Landes a été choisi pour ce projet d’aéroport à la fois plus grand et extensible. Il sera accessible aux avions construits aujourd’hui et les nuisances toucheront beaucoup moins de personnes. La densité de population étant faible dans ce secteur. De l’ordre de 30000à 40000habitants. Le plan d’exposition au bruit ne concernera que 800 personnes à l’ouverture de Notre-Dame-des-Landes et 2700 à terme, avec une jauge possible de 9millions de passagers. Et les différents débats et enquêtes publiques ont permis d’éviter tout survol de bourgs en phase d’atterrissage et de décollage. Seul un outil neuf permettait tout cela.

La construction d’une piste réorientée sur l’aéroport actuel aurait été suffisante, selon certains opposants…

Gilles Bontemps. Créer une nouvelle piste réorientée à Nantes-Atlantique aurait occasionné un temps de roulage plus long des avions, avec ce que cela obère de coûts pour l’environnement et obligerait à des atterrissages et décollages vent de travers… C’est irréaliste. Le plan d’exposition au bruit concernerait 10000 personnes. Deux lycées, trois collèges et une école auraient été concernés et vingt-neuf villages urbanisés se situant à moins d’un kilomètre de cette piste auraient dû disparaître. La future infrastructure répondra aux normes BBC. Elle sera autosuffisante en énergie, un système de récupération des eaux usées est prévu, etc. Nantes-Atlantique est aujourd’hui loin de répondre à ces préoccupations. Mais cela ne semble pas émouvoir ceux qui se présentent comme les plus farouches défenseurs de l’écologie.
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17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 18:30

Dépassements d'honoraires

Les patients, grands perdants

Pour les associations d’usagers, comme pour la CGT, l’accord conclu mardi entre médecins libéraux et assurance maladie ne réglera pas la question des dépassements d’honoraires.

 

Pour la ministre de la Santé, Marisol Touraine, l’accord sur les dépassements d’honoraires entériné mardi est « un tournant majeur pour la prise en charge de la santé des Français ». Pas sûr que les principaux intéressés l’entendent de la même oreille. Car, au lieu de limiter le nombre de médecins autorisés à réclamer des dépassements, le texte a acté l’inverse. Une partie des praticiens aujourd’hui interdits de dépassements parce qu’ils ont choisi le secteur 1 au début de leur carrière pourront désormais passer en secteur 2 et donc facturer des dépassements d’honoraires.

 

Certes, un nouveau « contrat d’accès aux soins » va voir le jour. Les médecins qui choisiront de le signer s’engageront à ne plus augmenter leurs tarifs. Mais pas à les diminuer pour autant… En échange, la Sécu prendra en charge les cotisations sociales de ceux qui s’engageront, au même titre que les praticiens en secteur 1. Quant aux dépassements à proprement parler, le texte s’engage à les « limiter ». Mais il n’évoque qu’un « repère » de 150 % du tarif Sécu. Et pour évaluer le caractère abusif d’un dépassement, il faudra aussi tenir compte du « dépassement moyen annuel par patient », de la fréquence des actes ou encore des niveaux d’expertise du praticien… Bref, une complexité qui risque de laisser la situation en l’état.

 

De leur côté, les médecins de secteur 1 (ne pratiquant aucun dépassement) ont obtenu une revalorisation : un forfait de 5 euros va leur être versé chaque année par patient qui les choisit comme médecin traitant. Soit 5 000 euros d’honoraires en plus par an. Une manne financée soit par l’assurance maladie, et donc les cotisations des assurés, soit par les complémentaires santé, et donc ceux qui les financent : les patients, encore une fois ! De l’avis de Marc Morel, directeur du Collectif interassociatif sur la santé, qui représente les patients, « c’est un très mauvais signal légitimant les dépassements. Les usagers vont être les pigeons dans cette affaire ».

 

La CGT qualifie cet accord de « leurre ». « Aucune contrainte réelle n’empêchera les médecins de continuer à pratiquer des dépassements », affirme la centrale syndicale, rappelant « qu’aucun plafond n’est fixé, aucun système de sanction efficace mis en place ».

 

Alexandra Chaignon

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17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 18:22

 

PLFSS : « La solidarité majoritaire c'est de ne pas refuser en 2012 ce que l'on a porté ensemble en 2011 »

 

 

 

 

Même si le PLFSS comprend certes quelques annonces positives dont la mesure de la prise en charge à 100% des IVG, la loi Bachelot n'est nullement remise en cause, les ARS continuent les restructurations et les fermetures de services, de blocs opératoires, de maternités, de centres IVG.

 

Le PLFSS prétend lutter contre le renoncement mais ne propose aucune mesure contre les franchises médicales, la fiscalisation des indemnités journalières, le jour de carence, autant de mesures imposées par la droite.

 

L'augmentation du PLFSS votée est très nettement inférieure aux besoins exprimés par les professionnels comme l'a rappelé la Fédération Hospitalière de France. Alors qu'il faudrait entre 3,1 et 3,4%, il n'a été voté qu'avec une augmentation de 2,6%. Cela se traduira encore par des fermetures d'activités, de services publics.

 

Au niveau des recettes, la majorité de gauche sénatoriale ne s'est pas retrouvée autour d'amendements votés l'année dernière et que le groupe socialiste a refusé de voter cette année préférant mêler ses voix à la droite.

 

La « solidarité majoritaire » au Sénat, c'est de ne pas refuser en 2012 ce que l'on a porté ensemble en 2011.

 

Il est encore possible d'avoir un projet de financement de la sécurité sociale qui marque une orientation de gauche comme la suppression des exonérations de cotisations pour les entreprises ne respectant pas leurs obligations en matière d'égalité salariale. Pourquoi par exemple le PS a-t-il refusé avec la droite cet amendement ?

 

Les principaux amendements présentés par les parlementaires Front de gauche n'ont pas été retenus que ce soit à l'Assemblée ou au Sénat. Pourtant la majorité est diverse comme l'a été le rassemblement qui a permis de chasser la droite.

Cette diversité doit être respectée et entendue.

 

L'attente d'une politique de gauche est grande dans le pays, il faut y répondre avec des actes concrets pour une protection sociale solidaire et une sécurité sociale renforcée.

 

Le gouvernement doit entendre et mettre le cap à gauche !

 

Jean-Luc Gibelin, Responsable de la commission santé, protection sociale au PCF,

 

Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF,

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BRUNO FORNACIARI

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