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30 septembre 2012 7 30 /09 /septembre /2012 12:37

  - le 30 Septembre 2012

80.000 manifestants à Paris... et vous

Retour multimédia sur la mobilisation de ce dimanche contre l'austérité et pour un référendum sur le traité européen de stabilité.

 

Stéphane Guérard

Huit raisons de refuser le traité budgétaire

La marche nationale ce dimanche 
à Paris contre 
la ratification 
du TSCG se veut 
une démonstration de résistance aux logiques libérales.


Combien seront-ils, dimanche, d’empêcheurs de tourner en rond ? À l’heure où l’Élysée comme Matignon entendent refermer au plus tôt la page du traité européen, pressés qu’on ne leur impute plus une aggravation de la crise, voilà que la mobilisation nationale contre « l’austérité permanente » étire le temps au contraire. Collectifs locaux, rencontres, débats – la Fête de l’Humanité en a pris sa part – entendent poser les bonnes questions. Ci-contre, l’Humanité apporte un florilège de réponses à tout ce qu’est le TSCG et que vous ne lirez guère ailleurs, quand 65 % des Français sondés par Harris Interactive pour l’Humanité Dimanche se prononcent pour la consultation populaire.

 

 

1. Sur le fond du traité, le président Hollande 
bien moins exigeant que le candidat François


François Hollande, can- didat en campagne, ne trouvait pas de mots assez forts contre le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG), écrit à quatre mains par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy. « Je renégocierai le traité européen issu de l’accord du 9 décembre 2011 en privilégiant la croissance et l’emploi, et en réorientant le rôle de la Banque centrale européenne dans cette direction », promettait le onzième de ses 60 engagements. Il s’était fait plus précis : sans la création d’euro-obligations, sans une redéfinition du rôle de la Banque centrale européenne et sans mesures de relance, le pacte budgétaire serait jugé « inacceptable ».

Le sommet européen des 28 et 29 juin, celui d’un bras de fer annoncé entre le désormais président de la République Hollande et Angela Merkel a donc éveillé de grandes attentes. À sa sortie pourtant, seul un petit ajout, survendu sous le nom de « pacte de croissance » (lire page 5). Plus de traces des deux autres revendications sur le rôle de la BCE et les eurobonds. Quand au texte du traité lui-même, pas une ligne n’en a changé. À tel point que, mercredi, lors de l’audition de Pierre Moscovici et de Jérôme Cahuzac à l’Assemblée nationale à propos de la traduction du pacte en législation nationale, le président de la commission des Finances, Gilles Carrez (UMP), exultait : « Je me croyais revenu à l’an dernier. »

 

 

2. Les peuples et les Parlements placés 
sous la tutelle des commissaires de Bruxelles


À écouter les partisans du pacte budgétaire, celui-ci serait en fait plus « souple » que les traités existants, qui fixaient un seuil de déficit public réputé obligatoire à 3 % maximum du PIB de chaque État concerné – dans les faits, largement dépassé par la plupart des États. En avançant le principe d’un seuil de déficit « structurel » inférieur à 0,5 % du PIB à moyen terme, celui-ci se distinguerait du « déficit nominal » – le solde effectif entre dépenses et recettes – qui pourrait temporairement dépasser les 3 % de PIB en cas de fragilité générée par des « circonstances exceptionnelles », ou de « grave récession économique ». Au lieu de souplesse, le traité impose en fait un véritable carcan aux États pour au moins deux raisons.

  • La première, c’est que la notion de « déficit structurel » implique que les États doivent s’attaquer aux « structures » de la dépense publique, indépendamment des circonstances économiques, c’est-à-dire à l’emploi public et au périmètre même de l’intervention publique, pour tenir les objectifs.
  • La seconde raison est l’intervention de mécanismes de sanctions désormais automatiques en cas de « déficits excessifs », si l’État n’obtempère pas aux avertissements de la Commission européenne dès que la différence entre le déficit « nominal » ou « structurel », dépasse de 0,5 % du PIB sur un an (0,25 % deux ans de suite) les objectifs définis.

 

3. Plutôt qu’un traité qui éloigne de l’Europe, 
un non fondateur qui en rapproche


Comme durant la campagne référendaire de 2005 sur le traité constitutionnel européen, les défenseurs du pacte budgétaire européen expliquent qu’il n’y a pas de « plan B » à son adoption et promettent la dislocation de la zone euro si le traité est refusé. Ainsi du chef du gouvernement, Jean-Marc Ayrault, qui critiquait récemment la décision de la direction d’Europe Écologie-les Verts de rejeter le traité : « Nous, nous allons jusqu’au bout de la défense de l’euro. (...) Nous ne prendrons jamais la responsabilité de laisser disparaître l’euro. »

 

La ratification du traité en l’état ou le chaos : tel serait le marché entre les mains des parlementaires et du gouvernement français ! En vérité, ce sont les politiques d’austérité imposées par le traité qui poussent les peuples à rejeter l’Europe telle qu’elle se construit, tandis que la monnaie unique est minée par les difficultés économiques supplémentaires issues de cette austérité et sur lesquelles s’enrichissent les spéculateurs. Une autre voie existe : celle d’une renégociation véritable et en profondeur du traité européen, comme y invitait le candidat François Hollande lui-même durant la campagne présidentielle en déclarant, le 17 mars, à Paris : « Je ne serai pas seul parce qu’il y aura le vote du peuple français qui me donnera mandat. » Un non majoritaire au traité actuel donnerait ce mandat et cette force à François Hollande.

 

 

4. Le pacte budgétaire va creuser la dette au lieu de la réduire, enfonçant l’Europe dans la crise


Le pacte budgétaire européen serait l’outil indispensable au redressement des finances publiques et à la résorption de la dette des États de l’Union, préalable indispensable pour rétablir la confiance des marchés dans l’euro et la capacité des États à se financer à des taux acceptables. « Notre devoir, c’est de réduire le déficit. Non pas pour l’idée qu’il faudrait réduire le déficit en soi, mais parce que c’est la condition pour maîtriser la dette et donc pour assurer notre souveraineté, expliquait François Hollande, le 31 août, à Châlons-en-Champagne. Le sérieux budgétaire, c’est la condition pour ne pas être dans la main des marchés financiers. »

 

A priori, personne n’est contre réduire les déficits pour diminuer dans le budget le poids des intérêts de la dette. Tout dépend de la manière dont on compte s’y prendre, dans le contexte de crise et de récession qui met durement à mal les recettes publiques. Or, de nombreux économistes mettent en garde contre les effets contre-productifs des plans d’austérité : au lieu de permettre un redémarrage de la croissance, ils la plombent par les restrictions imposées à la population, entraînant une nouvelle dégradation de la conjoncture économique, qui génère en retour une baisse des recettes publiques, et donc un creusement des déficits, et ainsi de suite. La preuve par la Grèce, qui en est à son neuvième plan d’austérité, dont les effets successifs ont fait passer la dette du pays de 175 à 365 milliards d’euros.

 

 

5. Le traité Sarkozy revendiqué par la droite,
qui votera aux côtés du gouvernement


« Nous voterons le traité européen et nous voterons la loi organique. » Le président du groupe UMP à l’Assemblée nationale, Christian Jacob, sur la même ligne que les ténors socialistes ? Si sa justification embarrasse la majorité, elle conforte les tenants du non en pointant la filiation entre le traité Sarkozy-Merkel et le TSCG : « Ce traité nous convenait sous Nicolas Sarkozy, le même traité avec François Hollande nous convient. » Jean-François Copé et François Fillon oublient même leur rivalité quand il s’agit de soutenir « la rigueur budgétaire ». « Ce traité, c’est celui auquel on croit, qui permet de nous sauver de la crise. »

 

La droite appuie là où ça fait mal, se vengeant au passage de la défaite à l’élection présidentielle en attaquant « l’imposture » Hollande. Le secrétaire général de l’UMP rappelle la promesse du candidat : « S’il était élu, il ne demanderait pas la ratification du traité UE et de la règle d’or. » Or, pointe perfidement Jean-Louis Borloo, président de l’Union des démocrates et indépendants (UDI) : « François Hollande n’a évidemment aujourd’hui pas d’autre choix que de soumettre au vote du Parlement le traité européen négocié et élaboré par Nicolas Sarkozy et les exécutifs gouvernementaux européens. » Un texte qui « n’a pas changé d’une virgule », remarque Jean-Christophe Lagarde, président du groupe centriste de l’UDI. « Ceux qui, avant l’élection (présidentielle), disaient qu’il n’était pas bon, demandent aujourd’hui de l’adopter. Il y a ceux qui sont restés en cohérence, les Verts et le Front de gauche et une partie du PS, puis ceux qui ne sont pas cohérents. »

 

 

6. Dans la suite du pacte euro plus,
 le modèle social européen mis en cause


Dans son préambule, le texte du traité situe les dispositions envisagées concernant les finances publiques comme un aboutissement des accords déjà conclus par les pays de la zone euro, notamment du pacte euro plus du 25 mars 2011. Un pacte concocté également par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, qui révèle l’ampleur du dispositif austéritaire envisagé. Il ne concerne pas que les finances publiques, il ambitionne de transformer profondément le modèle social européen et menace, de ce fait, les salariés et tous ceux qui vivent de leur travail.

 

Le paragraphe 2.2.a. de ce pacte euro plus envisage ainsi de mettre les salaires sous surveillance car « des augmentations importantes et soutenues peuvent indiquer l’érosion de la compétitivité ». Pour éviter cela, il préconise « un réexamen des dispositions de fixation des salaires afin d’accroître la décentralisation dans le processus de négociation », tout cela afin de « veiller à la modération salariale ». Il réclame, notamment, une mise en cause des « restrictions disproportionnées sur les heures d’ouverture » dans le commerce, appelle à des « réformes du marché du travail, pour promouvoir la flexicurité », à un déplacement de « la fiscalité du travail vers la consommation par la fiscalité indirecte ». Par ailleurs, un règlement du Parlement et du Conseil européens du 16 novembre 2011 prévoit, lui aussi, la mise sur pied d’un dispositif d’alerte sur « la variation sur trois ans des coûts salariaux unitaires nominaux, avec un seuil fixé à + 9 % pour la zone euro ».

 

 

7 Comment réorienter l’Europe avec les mains liées par la règle d’or ?


Peut-on réorienter l’Europe en s’affranchissant du carcan austéritaire ? Pas pour les dirigeants socialistes, Jean-Marc Ayrault en tête. Le premier ministre argumente à la hache : la « conséquence logique » de la démarche de ceux qui, à gauche, ne veulent pas de la ratification du traité est « la sortie de l’euro ». Selon lui, si le traité n’est pas adopté, cela ouvrirait « une crise politique en Europe ». Comme si elle n’avait pas déjà lieu.

François Hollande s’était engagé à renégocier le traité ? Le premier ministre théorise après coup ce manquement à la parole donnée, conditionnant toute « réorientation politique » à l’adoption du pacte budgétaire. « Pour que l’Europe ne soit pas une contrainte, mais à nouveau l’espoir de tous les peuples », ajoutait-il sans rire. « Un début de commencement de réorientation de l’Europe », avance prudemment la députée PS Élisabeth Guigou. Elle le sait : si le traité était ratifié, il entérinerait une politique basée sur la limitation du budget. La fameuse règle d’or. La mise en garde d’Ayrault est un non-sens, selon Attac, qui retourne l’argument : le rejet « permettrait au contraire de rouvrir le nécessaire débat » de la réorientation européenne, sur d’autres bases. « Nos concitoyens attendent du gouvernement qu’il respecte ses engagements pour une réorientation sociale et démocratique de l’Europe », prévenait le député PCF-Front de gauche du Puy-de-Dôme, André Chassaigne, mardi, à l’Assemblée nationale.

 

 

8. Un « front du non » large
 pour « briser le mur du silence »


La manifestation de dimanche peut-elle faire plier le gouvernement, qui avance avec la volonté inflexible de faire ratifier le pacte par le Parlement ? Le premier enjeu est de « briser le mur du silence », rappelle le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent. D’abord pour interpeller les parlementaires : la position des Verts a été prise dans un élan « facilité par l’ampleur de la préparation de la manifestation », analyse Jean-Luc Mélenchon (l’Humanité du 26 septembre) .

La prise de conscience des citoyens se fera plus facilement si la manifestation est un succès. Les initiatives locales contre la ratification du traité étaient nombreuses, mais la couverture médiatique bien mince. Un rassemblement visible dans la capitale ne saurait être passé sous silence. Dans cette optique, les organisateurs veulent montrer un « front du non » regroupant « des forces de plus en plus larges », afin d’inciter « le peuple à se mêler de ses propres affaires », selon l’expression de Jean-Luc Mélenchon. En ligne de mire, la « bataille pour un référendum », portée par une partie des signataires de l’appel à manifester. Une bataille « dans la durée », selon Pierre Laurent, qui ne s’arrête pas au débat parlementaire et verra la naissance de « fronts contre l’austérité ». « On ne doit jamais renoncer à l’espérance démocratique », martèle Jean-Luc Mélenchon.

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30 septembre 2012 7 30 /09 /septembre /2012 12:35
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30 septembre 2012 7 30 /09 /septembre /2012 09:53

Le Premierministre Jean-Marc Ayrault au côté de ses ministres Pierre Moscovici et Jérôme Cahuzac

  - le 28 Septembre 2012

Budget 2013: les marchés financiers grands gagnants (analyse)

Dix milliards d'euros d'économies, vingt milliards de recettes nouvelles, les mesures présentées ce matin en Conseil des ministres n’ont qu’un seul objectif: celui de réduire le déficit à 3% du PIB l'an prochain.

Un budget de « combat », a lancé le premier ministre, Jean-Marc Ayrault,  à l’issue du Conseil des ministres.  Des mots repris en boucle par les différents ministres. Un combat « contre la crise, la dette et les injustices », a précisé de son côté Pierre Moscovici, ministre de l’économie.  Mais pour Nicolas Sansu, député communiste et membre de la commission des Finances, ce budget est avant tout celui « du traité et des 3%, dans lequel il y a des réductions de dépenses, des postes de fonctionnaire en moins et des collectivités qui vont être attaquées. »

  • Un budget pour satisfaire les marchés...

Sans nier, Pierre Moscovici a d’ailleurs déclaré qu’il s’agissait là d’une question de « crédibilité » vis-à-vis des marchés et de ses partenaires européens, pour continuer à emprunter à des taux intéressants. Une crédibilité qui pourrait être vite entachée par une baisse de la croissance qu’entrainerait la baisse des dépenses publiques et le manque de relance. D’autant que la prévision de croissance à 0,8% pour 2013 est jugée très optimiste et que beaucoup d’économistes estiment que les 3% ne seront pas atteints. Le gouvernement a d’ailleurs prévu plusieurs collectifs budgétaires.

  • .... sur le dos des fonctionnaires...

Le projet de loi de Finances présenté ce vendredi matin en Conseil des ministres comprend 10 milliards d'euros d'économies réalisées sur les dépenses. Si les ministères de l'Education, de l'Intérieur et de la Justice voient leur quotidien amélioré, les autres vont devoir se serrer la ceinture. L'Agriculture, la Culture, et l'Economie sont les grands perdants et voient leur crédit fortement baisser. Au total 12.298 postes seront supprimés et 11.000 créer. Ce seront donc 1.287 postes de fonctionnaires qui disparaîtront.

  • ... et des collectivités locales

Des suppressions d’emploi qui s’accompagnent d’un gel du point d’indice des fonctionnaires pour la troisième année consécutive.  Pis, pour la deuxième année consécutive les collectivités vont être mises au régime sec. L’Etat a décidé de geler leur enveloppe à 50,5 milliards d’euros en 2013. Puis de la réduire de 750 millions d'euros en 2014 et en 2015, selon le projet de loi de finances (PLF) pour 2013. Une catastrophe économique au moment où les collectivités, premiers investisseurs de France, ont du mal à se financer. Une catastrophe sociale quand les dépenses de solidarité sont assurées par ces collectivités et que le taux de chômage est au plus haut.

  • Un budget qui corrige des injustices fiscales...

La stratégie fiscale va dans un autre sens et corrige les injustices laissées par la droite, puisque ce sont 15,8 milliards de hausses d'impôts qui seront ponctionnés principalement chez les ménages aisés et les grandes entreprises. Avec la création d'une nouvelle tranche de l'impôt sur le revenu à 45% et la « taxe exceptionnelle » de 75% sur les revenus d'activité au-delà d'un million d'euros en sont les signes les plus spectaculaires. Et s'accompagnent d'une forte hausse de la taxation du capitall'alignement de la fiscalité des revenus du capital sur celle des revenus du travail.

« L'impôt total versé par le 1 % des ménages les plus aisés augmentera de plus de 2,8 milliards d'euros », insiste Bercy. Côté grands groupes, le projet mise sur un coup de rabot de 7 milliards d'euros sur plusieurs niches fiscales afin de « réduire de 30% l'écart" » qui voit aujourd'hui les grands groupes bénéficier d'un taux d'impôt sur les sociétés à 8%, inférieur de vingt points à celui des petites et moyennes entreprises (PME).

  • ... mais qui met à contribution les classes populaires

Reste que les classes populaires et moyennes seront également mises à contribution par le maintien du gel du barème de l'impôt sur le revenu, à l’exception des deux premières tranches, représentant une hausse de l’Impôt sur le revenu de 2%. A laquelle s’ajoute une hausse de la redevance télé de 4,5 euros par foyer.  Des mesures qui seront complétées, lundi, par 4 autres milliards de prélèvements inscrits dans le budget de la Sécurité sociale (taxes sur la bière, une hausse de prélèvement de 0,15% sur les pensions des retraités imposables, etc.), pour parvenir aux 20 milliards de recettes supplémentaires annoncés par François Hollande. « La justice par le refus de l’optimisation fiscale est présente dans ce projet, salue Nicolas Sansu. Il manque le rôle incitatif de l’impôt qui contraint les entreprises, par exemple, à réorienter leur stratégie. »

  • Des impacts négatifs sur la croissance et l'emploi?

Plutôt que « d’inverser la courbe du chômage », François Hollande risque de l’accroître en réduisant le filet de croissance qui perdure aujourd’hui. Selon l’Office français des conjonctures économiques, cette austérité supplémentaire « amputerait l’activité de 1%, avec un coût social catastrophique». « Le taux de chômage dépasserait la barre des 11 % dès 2014» et «coûterait plus de 160 000 emplois en cinq ans ». Et ce ne sont pas les 300 millions d'euros supplémentaires  alloués au ministère du Travail qui vont empêcher la dégradation de l’emploi.

 

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30 septembre 2012 7 30 /09 /septembre /2012 09:25

L'Humanité de ce vendredi, samedi et dimanche

Politique - le 28 Septembre 2012


Éditorial par Patrick Apel-Muller

Dans l'édito de l'Humanité de ce week-end, Patrick Apel-Muller estime que "les politiques d’austérité que planifie le traité budgétaire européen annoncent 
des régressions considérables pour les peuples du continent, le retour d’un autoritarisme politique qui bride 
les souverainetés populaires, un ordre communautaire dicté par la bureaucratie de Bruxelles."


« Partout en Europe, écrivait 
Jean Jaurès en 1914, 
la lutte est engagée entre 
les oligarchies et la démocratie sociale 
et politique. » Aujourd’hui, les nuées 
ne s’accumulent pas sur des perspectives de tranchées. Cependant, les politiques d’austérité que planifie le traité budgétaire européen annoncent 
des régressions considérables pour les peuples du continent, le retour d’un autoritarisme politique qui bride 
les souverainetés populaires, un ordre communautaire dicté par la bureaucratie de Bruxelles.

 

Angela Merkel, qui alors faisait tandem avec Nicolas Sarkozy, a résumé cela en septembre 2011 dans un nouveau concept « marktkonforme demokratie », en proclamant que « les exigences démocratiques doivent être compatibles avec le marché ». La loi viserait donc à satisfaire la Bourse et à imposer à tous cette logique : telle est la vocation du traité ourdi par la chancelière allemande et Nicolas Sarkozy, un texte strictement incompatible avec la gauche à qui il voudrait interdire les possibilités de légiférer en faveur de la justice 
et du progrès social. S’y soumettre, c’est se démettre.

 

C’est précisément ce que les électeurs ont blackboulé au printemps, un régime politique dévoué à l’infime minorité richissime, prêt à sacrifier tous les bonheurs du monde à l’impératif des dividendes maximums. François Hollande l’avait promis lors de sa campagne électorale : 
il refuserait la règle d’or, le traité Sarkozy-Merkel et les dogmes de l’austérité.

 

C’était le 11e de ses 60 engagements et pas le moindre. Il avait assuré aux électeurs de gauche qu’il résisterait aux conservateurs allemands et imposerait une renégociation. Las, le texte n’a pas bougé d’une virgule après deux petites journées de discussion, fin juin. Et c’est cela qui serait imposé au pays, avec le renfort de voix de la droite au Parlement, trop heureuse du succès posthume des options de Nicolas Sarkozy?

 

Dimanche, les rues de Paris diront le refus du diktat 
des marchés, la volonté 
de décider par référendum de l’avenir du pays et de l’Union européenne, l’aspiration à une gauche de courage. Certains laudateurs du texte Merkel-Sarkozy agitent le péril de la crise politique qu’ouvrirait 
sa non-ratification. Mais la crise n’est-elle pas déjà 
là qui malmène nos économies ? Les politiques d’austérité aggravent déjà tous les maux ; elles les décupleraient demain.

 

Le fossé qui se creuse entre les opinions publiques et les réalités de l’Union deviendrait un gouffre. Les replis nationalistes, le rejet des voisins s’amplifieraient. Plutôt que ces paroxysmes, ne vaut-il pas mieux une bouderie de la chancelière ? Et où le président français pourrait-il puiser le plus de force, s’il veut réorienter l’Europe vers plus de justice, sinon dans l’écrasante légitimité d’un vote populaire ?

 

En tout cas, la gauche a besoin d’être nombreuse au rendez-vous de la manifestation de la place de la Nation à la place d’Italie. Plus de 65 organisations syndicales, politiques, féministes ou associatives y convient. D’autres citoyens 
y ont toute leur place, militants et élus socialistes opposés au traité budgétaire, écologistes attachés à une Europe solidaire, intellectuels qui ne se résignent pas à ce que les rêves soient noyés dans les eaux glacées des calculs égoïstes.

 

L’opposition de la Confédération européenne 
des syndicats au traité budgétaire doit être entendue. Elle alerte aussi sur le sinistre cortège des réformes « structurelles » et des déréglementations qui accompagne ce texte. Elle témoigne des solidarités qui peuvent naître entre les peuples dont les révoltes se font entendre aujourd’hui. Loin des haines recuites de l’extrême droite, peuvent ainsi s’unir les étoiles européennes et les plis du drapeau tricolore.

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30 septembre 2012 7 30 /09 /septembre /2012 09:22

 

Le PCF exprime sa très grande inquiétude devant la décision des autorités françaises d’engager la France dans un soutien opérationnel à une intervention militaire de la CEDEAO au Mali.

 

Le PCF souligne son opposition catégorique à une telle expédition aux risques considérables. Les dangers d’enlisement et de déstabilisation régionale sont énormes et ils ont d’ores et déjà suscité des réserves au sein même de l’ONU. Le Secrétaire Général des Nations Unies, Ban Ki Moon, a exprimé ses réticences. Hilary Clinton elle-même, qui s’y connaît dans le domaine de la guerre, parle de «poudrière». Il est consternant que la France puisse s’engager militairement ainsi dans une aventure à l’issue plus qu’incertaine et dont les conséquences pourraient être désastreuses.

 

Il est par ailleurs particulièrement choquant que le sort des 6 otages français ne soit pas sérieusement pris en compte alors qu’à l’évidence cette intervention militaire met leur vie même en danger. Le PCF appelle à la responsabilité et à l'arrêt immédiat de tous les préparatifs de guerre. Les forces spéciales françaises déjà engagées sur le terrain, en contradiction avec les déclarations officielles, doivent être retirées.

 

Non satisfaites d’avoir déstabilisé hier l’ensemble de la zone sahélo-saharienne en Afrique de l’Ouest par la guerre de Libye, les autorités françaises d’aujourd’hui – au lieu de tirer les enseignements du passé le plus récent - prennent le risque évident de prolonger et d’aggraver encore la situation. C’est inacceptable.

 

Cette grave crise malienne doit être traitée par les maliens eux-mêmes. Ils ont été des milliers à marcher aujourd'hui dans les rues de Bamako contre la politique de la France et de la CEDEAO "pour un Mali souverain, libre, laïque et démocratique".  Ils demandent la tenue d'une Convention nationale souveraine et des moyens nationaux pour la libération des zones du Nord.

 

Toute l’aide nécessaire doit être apportée aux maliens afin de rétablir l’autorité de l’Etat, de reconstituer une armée et une capacité à récupérer la souveraineté nationale sur l’ensemble du territoire. Il est anormal et inadmissible que des armements qui auraient dû être délivrés aux autorités maliennes pour la défense du territoire aient été bloquées par la CEDEAO à Dakar et Conakry avec l’accord tacite de la France.

 

Les autorités de notre pays doivent aider le Mali à se redresser. Elles doivent exiger la fin d'un soutien périlleux et irresponsable de l’Arabie Saoudite et du Qatar à des forces de l’islamisme politique, y compris les plus réactionnaires, au Mali.

 

La CEDEAO et la France devraient encourager le dialogue interne de l’ensemble des forces politiques et sociales maliennes dont une partie importante s'opposent à la guerre, appellent à la reconstitution de l’Etat, à la concertation, à une solution politique et y compris des négociations.

 

Il est temps que l’Europe considère enfin l’Afrique et la constitution d’un grand partenariat pour le développement dans toutes ses dimensions comme une priorité, face à la pauvreté massive, à la crise alimentaire, aux exigences sociales les plus urgentes.

 

En France, l’ensemble des collectivités territoriales et des élus engagés durablement dans la coopération décentralisée, et très sensibilisés à l’avenir du Mali, sont prêts à s’investir pour contribuer à une réponse réelle à ces urgences. Il faut donner au peuple malien les ressources nécessaires pour qu’il puisse affronter l’agression dont il est l’objet. Le peuple malien, ami de la France et des citoyens de notre pays, a besoin de la solidarité, pas de la guerre.

 

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Réaction de José Fort ancien journaliste de "l'Humanité"

Il y a quelques mois, une déclaration du PCF favorable au coup d'Etat au Mali avait annoncé la couleur d'une grave dérive interne à sa section de pol ext. Le texte qui vient d'être publié affirmant l'hostilité à une intervention contre les fous furieux installés dans le nord du pays a fini de confirmer une attitude irresponsable et incompétente. Dans cette déclaration refusant l'intervention logistique de la France aux côté de forces africaines, (prenant étrangement appui sur Mme Clinton) il est dit que "cette affaire malienne doit être réglée par les Maliens eux-mêmes." C'est ne rien comprendre au drame vécu par les populations et au contexte régional. Il n'y a rien de commun entre la Libye et le Mali sinon l'armement récupéré par les extrémistes après le conflit et alors que des armes sont livrés régulièrement sur un aéroport proche de Goa par l'Arabie Saoudite et le Qatar aux intégristes. Le Mali est dans un état de mort clinique. Sans une intervention dirigée par l'ONU et avec la participation française les terroristes de tous poils vont s'installer dans ce qui représente trois fois la France. Les responsables progressistes maliens - compte tenu de l'état de délabrement général du pays et de son armée - ne voient pas d'autre solution que de s'affronter directement aux forces réactionnaires et obscurantistes. Le PCF, me disait cet après midi un responsable malien, ferait mieux de se taire ne sachant pas en fait de quoi il parle. Où alors, il est manipulé.
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30 septembre 2012 7 30 /09 /septembre /2012 09:19

le 28 Septembre 2012

Contre le Traité budgétaire européen, communiqué commun JC, JS, JEC, UNEF

Alors que les Etats européens s’enfoncent dans la crise, les libéraux européens continuent de nous précipiter dans le piège de l’austérité. Leur politique de coupes  budgétaires est un échec, car elle nous prive des moyens nécessaires pour sortir de la crise. Les plans de licenciements massifs tombent les uns après les autres alors que les agences de notation jouent avec les Etats en imposant des conditions de prêts toujours plus folles.

Les politiques menées au nom de la « libéralisation de l’économie » ont toutes été au service du profit et ont plongé l’Europe dans la crise actuelle. Alors qu’on nous  annonce que l’austérité est la seule politique possible, regardons ce qui se passe dans les pays voisins. La pauvreté et le chômage ont augmenté massivement (plus de  50% chez les jeunes espagnol et grec), la précarité est devenue la norme, alors que ces pays s’enfoncent un peu plus profondément dans la récession. Ces mesures, imposées par la troïka, (Banque centrale, commission européenne et FMI) tentent de nous imposer une austérité généralisée. Face à cette offensive, des millions de  personnes se mobilisent, salariés, jeunes, précaires, tous refusent de nouveaux reculs dans nos droits sociaux.

Encore une fois, le mépris des revendications populaires est clair de la part des conservateurs. C'était en effet, la volonté d'Angela Merkel et de Nicolas Sarkozy, tous deux,  porte flingue du libéralisme européen, d'enfermer l'Europe et ses peuples dans un carcan libéral. Pour prévenir d'un éventuel changement de majorité politique en Europe,   ces derniers ont pris soin d'élaborer un traité qui instaurerait une austérité généralisée, et confisquerait la démocratie. Souvenons-nous, les Etats africains, asiatiques ou sud-américains ont expérimenté ces recettes dans les années 1980 : en 2001, les politiques de dérégulation, de libre échange, de privatisation, prescrites par les libéraux, ont plongé le peuple argentin dans une misère totale. C’est cette Europe-là que nous promettent les libéraux. C’est cette Europe-là que contient le pacte budgétaire. Derrière le nom complexe de Traité européen pour la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance (TSCG), c’est l’austérité généralisée qui sera imposé à tous. Les banques, le MEDEF et les grandes fortunes ont décidé de profiter de la crise pour liquider notre modèle social. Mettons leur un coup d’arrêt !

 

Concrètement, ce traité va toucher notre quotidien, en s’attaquant à nos acquis sociaux : retraite, assurance maladie, services publics qui seront jugés trop coûteux. Mais il menace également la baisse des investissements publics des collectivités locales: transports publics, mission locales, maison de la culture et de la jeunesse, équipement  sportifs, subventions aux associations…

 

C’est pourquoi, nous, militants politiques et syndicaux conscients des attentes et des espoirs soulevés par la victoire du 6 mai et de l'importance de l'unité pour continuer à les porter, nous avons décidé de cette déclaration commune afin de manifester notre opposition à la ratification du TSCG. Nous nous opposons donc à la soi-disant « règle d’or ». Cette obligation limitera les États dans leurs moyens d'action contre la crise et menacera l’État social. Cela signifie que les gouvernements devront réduire les dépenses publiques de manière violente en baissant les salaires, en supprimant des postes dans les services publics et en allongeant l’âge de départ à la retraite.

 

Les économies grecques, portugaises et espagnoles en ont déjà subit les conséquences !

 

De la même façon, nous refusons que la commission européenne, non élue, donne son avis sur les budgets des Etats. C’est une véritable régression démocratique car ce ne sont plus des représentants élus qui décident. Une autre politique que l’austérité et la réduction des déficits deviendra alors impossible : priorité absolue au désendettement et à la réduction des déficits par des mécanismes « automatique de correction » !

 

Si un gouvernement refuse, une équipe d’experts est envoyée dans le cadre d’une procédure d’urgence pour imposer ces mesures. C’est ce qui est arrivé à la Grèce notamment. L’Union Européenne qui devrait être un projet d'émancipation des peuples, renforçant les citoyens européens dans la défense de leurs intérêts et du progrès universel vers plus de droits et libertés, s'affirme de plus en plus comme le moyen pour une oligarchie financière de nous ramener au XIXème siècle, quand le suffrage universel n'existait pas et qu'elle pouvait décider toute seule au détriment du plus grand nombre. C'est au peuple européen de se soulever, de se réapproprier et de réorienter la construction européenne pour qu'elle puisse être l'outil qui réponde au mieux à ses besoins économiques, sociaux et environnementaux. « Ils ont les milliards, nous sommes des millions ». Voilà le message que les français ont adressé aux marchés par les urnes. Nous avons assez payé pour les profits de quelques-uns, des plus riches qui n'aspirent qu'à s'évader là où il y aurait moins d'impôts, où l'on exploite plus librement son prochain. Notre pays n’a jamais été aussi riche, et ses richesses aussi mal réparties. La première étape est de mettre un frein à ce traité d’austérité et de régression. Ils veulent museler le débat, faisons-nous entendre pour que nos députés rejettent ce traité, et ouvrent la voie à la construction d’une alternative propice à la  paix et à l’émancipation de tous, auxquelles le capitalisme ne peut se résoudre.

 

L’ensemble de nos organisations appellent à signer la pétition unitaire, et à remplir le formulaire d’interpellation des parlementaires, tous deux disponibles sur les liens suivants, ainsi qu’à se joindre aux initiatives contre le traité et l’austérité :

Pétition contre l’austérité perpétuelle en Europe : http://www.avaaz.org/fr/ http:// www.audit-citoyen.org/


MJCF 78

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30 septembre 2012 7 30 /09 /septembre /2012 09:17

- le 28 Septembre 2012

contre le traité budgétaire. marche nationale à Paris

"Non à l’austérité permanente! Refusons le pacte budgétaire"

Tel quel: L’appel unitaire à manifester dimanche"Non à l’austérité permanente! Refusons le pacte budgétaire ",

DOCUMENT. L'Humanité.fr reproduit l'appel unitaire à manifester ce dimanche contre le nouveau traité européen, ainsi que les noms de toutes les organisations qui appellent à la mobilisation.  

"Le président de la République veut faire ratifier le “pacte budgétaire”, tel qu’il a été signé par Nicolas Sarkozy le 25 mars dernier. (...) Il (impose) que le “déficit structurel” d’un État soit inférieur 
à 0,5 %, (obligeant) à des coupes drastiques dans les dépenses publiques. (...) Or nous avons besoin au contraire 
de développer et de rénover les services publics et la protection sociale (afin de) réduire les inégalités sociales et réaliser l’égalité entre les femmes et les hommes. Nous avons besoin d’investissements publics considérables pour financer la transition énergétique, réduire les pollutions, assurer la reconversion écologique des modes de production et de consommation, créer des millions d’emplois. (...) Aujourd’hui le pouvoir d’achat stagne ou régresse, les entreprises et les collectivités locales réduisent leurs investissements : dans ce contexte, couper dans les dépenses publiques ne fera qu’aggraver le chômage. Dès 2013, selon une étude du FMI lui-même, ramener le déficit de la France à l’objectif de 3 % du PIB affiché par le gouvernement créera automatiquement 300 000 chômeurs de plus.

Économiquement stupide, ce pacte budgétaire est socialement insupportable car les “programmes d’ajustement structurel” aujourd’hui imposés (aux pays) en difficulté réduisent les protections, accroissent les inégalités et touchent le plus durement les populations les plus précaires. (...) Enfin, ce pacte budgétaire représente un déni démocratique : prévoyant des sanctions quasi automatiques en cas de non-respect et marginalisant les Parlements nationaux et européen, il fait de la Commission et de la Cour européenne de justice, organismes non élus, les juges des budgets nationaux. (...)

Les crises sociale, écologique et financière mondiales, lourdes de danger comme le montre le renforcement des extrêmes droites xénophobes et nationalistes (...), nécessitent une mobilisation de l’Europe fondée sur la solidarité et la démocratie (et) qui se dégage de l’emprise des marchés financiers. (...) Le refus de la France de ratifier ce traité serait un signal fort envoyé aux autres peuples européens afin d’ouvrir le débat sur la construction d’une autre Europe. Nous demandons qu’un large débat démocratique ait lieu (pour) mettre le président de la République, son gouvernement, les parlementaires devant leurs responsabilités.

Premiers signataires au 26 septembre : Act Up Paris, Aitec-Ipam, AC !, Anecr, Attac, À gauche par l’exemple, Cadac, CADTM, Cedetim-Ipam, Convergence services publics, CFF (Spuce CFDT), CGT cheminots, 
CGT finances, CGT Éduc’action, CGT équipement-environnement, 
CGT Livre (Filpac), CGT personnels des organismes sociaux, CGT-FSA, 
CGT-UGFF, Urif-CGT, CNDF, Démocratie réelle maintenant ! Paris, DIDF, Collectif des associations citoyennes, Les Économistes atterrés, Fédération Droit au logement, Fondation Copernic, Front de gauche, Parti communiste français, Parti de gauche, Gauche unitaire, Fase, République et Socialisme, Pcof, Convergences et Alternative, Gauche anticapitaliste, Femmes Égalité, FSU Île-de-France, EPA-FSU, Snac-FSU, Snasub-FSU, Snesup-FSU, 
Snetap-FSU, Snuas-FP-FSU, SNU Pôle emploi FSU, Snuitam-FSU, 
Snutefi-FSU, Snuclias-FSU, EE (École émancipée)-FSU, Jeunes Communistes, Les Alternatifs, Les efFRONTé-e-s, Marche mondiale des femmes France, Mémoire des luttes, M’PEP, Marches européennes, NPA, Osez le féminisme, Parti fédéraliste européen, Parti pour la décroissance, Réseau Éducation populaire, Résistance sociale, Solidaires finances publiques, 
Solidaires douanes, SUD BPCE, Transform !, Union syndicale de la psychiatrie, union syndicale Solidaires, Ufal, Utopia.

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29 septembre 2012 6 29 /09 /septembre /2012 06:01

 

Madame la Députée,

 

Au mois d'octobre, vous allez être appelée à vous prononcer sur la ratification du traité pour la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG). Le candidat François Hollande avait pris l'engagement (engagement n°11 de ses 60 propositions) de conditionner la ratification de ce traité à une renégociation aboutissant à de sérieuses modifications. Il avait précisé lui-même les trois points clés de cette renégociation : la possibilité pour la Banque centrale européenne de financer directement les États, la mise en place d’euro-obligations pour que les pays de la zone euro puissent emprunter solidairement, et des mesures de relance de la « croissance » en Europe. Il a donc été élu sur la base de cette promesse, comme tous les députés de sa majorité.

 

Or, le traité soumis à votre vote est exactement celui concocté par A.Merkel et N.Sarkozy, hormis les maigres mesures d'un pacte de croissance non pérenne adoptées par le Conseil européen fin juin. L'objectif de ce traité est clair : une institution non élue, la Commission Européenne, va contrôler le budget des États pour imposer l'austérité partout, y compris pour les collectivités territoriales. Il prévoit des sanctions automatiques contre les pays contrevenants aux mesures de discipline budgétaire, mettant la politique économique des états européens sous la coupe de la Troika (BCE, FMI, Commission Européenne) au détriment du choix des peuples.

 

Vous comprendrez aisément que l'austérité que cela implique sur tout le continent aura des conséquences catastrophiques sur l'économie et sur la vie des peuples. Ceux de Grèce, d'Espagne, du Portugal en sont déjà grandement victimes. Dans une démocratie, un tel choix ne peut se faire sans l'accord du peuple. Les peuples d'Europe attendent de la France, parce qu'il y a eu un changement de majorité, qu'elle cesse de promouvoir cette politique qui mène le continent dans le mur. Cette logique austéritaire conduit l’Europe à la catastrophe, et approfondit encore le gouffre qui sépare les peuples et les institutions européennes.

 

La seule façon d'y remédier, c'est qu'une majorité vote clairement non à ce traité et qu'elle initie une réflexion pour avancer vers une toute autre conception de l'Europe. En respect des engagements du candidat Hollande et de sa majorité, c'est ce vote de résistance et d'avenir que je souhaite vous voir exprimer. Il faut en finir avec les renoncements de la gauche face au pouvoir de la finance.

 

Je vous prie d'agréer, Madame la députée, mes respectueuses salutations.

 

 

J. Coutant

 

 

Lettre ouverte adressée à ggaillard@assemblee-nationale.fr  députée de la 1ère circonscription des Deux-Sèvres

 

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28 septembre 2012 5 28 /09 /septembre /2012 16:16

Politique - le 28 Septembre 2012

Pierre Laurent : "Nous sommes la chance de l’Europe"

Contre le traité budgétaire, marche nationale à Paris, J-2.  

 

Pour le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, la manifestation de dimanche n’est que la première étape de la lutte contre l’austérité.


Alors que le camp 
des partisans du non 
au traité européen s’élargit et à quelques jours de 
la discussion au Parlement, quels sont les enjeux de la manifestation de dimanche ?


Pierre Laurent. Elle couronnera un premier succès de la campagne engagée dès cet été contre la ratification du traité européen : 
briser le mur du silence. Nous sommes en train d’imposer le débat public dont on voulait priver les Français.

 

Cette mobilisation montrera aussi que des forces de plus en plus larges s’opposent à cette ratification : 65 organisations appellent maintenant à manifester, sans compter que le front du non va bien au-delà. Que des forces sociales et politiques, qui se reconnaissent dans les valeurs de la gauche, prennent cette initiative au nom d’une Europe solidaire est très important.

 

Notre combat est celui d’une rupture avec l’austérité pour une sortie de crise solidaire.

 

Le gouvernement a multiplié les rappels 
à l’ordre, arguant qu’il s’agissait de donner de la force à François Hollande pour réorienter l’Europe. Qu’en pensez-vous ?


Pierre Laurent. Ce sont ceux qui vont manifester, ceux à gauche qui refuseront de ratifier le traité au Parlement, qui donnent la meilleure chance à une réorientation de l’Europe, pas l’inverse. Car l’adoption du traité donnerait de la force au chantage des marchés financiers pour obtenir des normes drastiques de réduction des dépenses publiques. Or tout appel à se dégager d’urgence de ces logiques d’austérité : les chiffres du chômage sont catastrophiques, les plans de licenciement se multiplient, la crise se développe, singulièrement dans les pays qui ont engagé l’austérité la plus brutale. Il faut donc, au contraire, des politiques mobilisant l’investissement public sur de nouveaux critères pour sortir de la crise.

 

Le vote à l’Assemblée aura lieu dès 
le 9 octobre et au Sénat dans la foulée. 
Le débat parlementaire sera-t-il néanmoins l’occasion d’avancées ?


Pierre Laurent. Ce débat, grâce à la manifestation, se déroulera en pleine lumière et donnera à voir l’absence de consensus à gauche autour de ce traité et la forte exigence de rupture avec ses logiques. Nous devions être seuls à voter contre mais aujourd’hui, après la décision des écologistes et de certains députés socialistes – malgré les rappels à l’ordre du gouvernement –, le front contre ce traité d’austérité s’élargit au Parlement comme dans le pays. C’est une bataille en plein développement. Le 30 septembre est une étape décisive mais n’est qu’une étape. Au Parlement, elle se poursuivra avec la loi organique et le budget 2013.

 

Le traité sera vraisemblablement ratifié, 
cela signera-t-il la fin de la mobilisation unitaire engagée ?


Pierre Laurent. Non, nous engageons une bataille dans la durée. Nous amplifierons, en même temps et à la suite du débat parlementaire, la bataille pour un référendum. Car l’exigence démocratique de consultation des Français s’est renforcée considérablement au fil de la publicité donnée à ce débat. De plus, nous construisons un front uni, large, durable contre les logiques d’austérité et pour des politiques de relance alternatives. La contrainte de ramener dès 2013 les déficits à 3 % du PIB, par exemple, est de plus en plus contestée, y compris dans des cercles proches du gouvernement ou européens. De même, les élus locaux sont en train de comprendre que les normes qu’imposerait le traité pèseraient négativement contre l’investissement public de leur collectivité. Nous sommes à l’aube de la constitution de ces fronts contre l’austérité qui se déploieront dans les semaines et les mois à venir.

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28 septembre 2012 5 28 /09 /septembre /2012 16:14

 

 

Chers amis, chers camarades, citoyennes et citoyens,

 

Je veux d'abord remercier la Société des études robespierristes, Michel Biard son président, pour son action et l'initiative de ces deux journées de colloque conclues par la cérémonie qui nous rassemble ici ce soir.

 

En mai dernier, un chroniqueur du mensuel L'Express débutait un de ses compte rendu de lecture par ces mots : « En septembre de cette année, on pourra, si l'on veut, célébrer le 220e anniversaire de la naissance de la première République française. Il n'est pas certain que les célébrants seront légion. » Soyons donc heureux et fiers de pouvoir rassurer notre chroniqueur.

Votre présence active ce soir le contredit sur ce point. Oui, nous sommes légion à considérer que l'abolition des privilèges, et l'abolition de la monarchie – absolue puis constitutionnelle – qui ont présidé à la naissance de la République française est un événement digne, 220 ans plus tard, d'être fêté par ses enfants.

 

Événement d'autant plus digne d'être célébré que notre République souffre.

La République est malmenée quand on poursuit en son nom des syndicalistes, quand le pouvoir bafoue les droits sociaux, arrache à leurs bancs d'école des enfants d'immigrés, traque ces mêmes immigrés comme des parias, un pouvoir qui, par contre, distribue des milliards aux banques mais ferme des maternités ou des écoles pour « économiser » l'argent public.

Oui que cette République est bien malmenée, que les années que nous venons de traverser l'ont déformée par l'hyper-présidentialisation et l'effacement du Parlement, par des modes de scrutins qui tronquent la réalité politique de notre pays, déformée aussi par un exercice inique du pouvoir, soumis à la loi du marché et de la finance.

« La Liberté n'est qu'un vain fantôme quand une classe d'hommes peut affamer l'autre impunément, » cria l'Enragé, Jacques Roux, à la tribune de la Convention, le 25 juin 1793. Et si je suis parmi vous ici ce soir, avec mes camarades communistes, c'est pour rendre hommage aux femmes et aux hommes et à leurs représentants qui, il y a 220 ans, décrétèrent le peuple souverain et seul maître de son destin. C'est parce que cet anniversaire est plus que jamais d'actualité.

 

Est venu le temps de décréter à nouveau le salut commun.

 

La Ve République est à bout de souffle.

 

Elle ressemble plus à une sorte de monarchie déguisée, clandestine, qu'à la République que chaque Français, que chaque femme et homme qui a choisi notre nation pour s'établir, porte dans son coeur et qui garantit l'égalité des citoyens devant la loi, qui garantit les droits fondamentaux et leur égalité d'accès à tous.

 

« La première loi sociale est celle qui garantit à tous les membres de la société les moyens d'exister, toutes les autres lois sont subordonnées à celle-là. » disait Robespierre (2 décembre 1792).

 

C'est pourquoi, quel que soit notre engagement philosophique ou politique, ce qui nous réunit, nous rassemble, si nous sommes présents c'est parce que la République fonde notre engagement constant pour la justice, l'égalité, la liberté et la fraternité.

 

Contre elle, les forces qui s'accrochent à leurs privilèges et qui en veulent toujours plus sont mobilisées – elles ont un talent particulier pour instaurer la peur, la confusion, la division.

 

La République fut acquise dans le mouvement de l'histoire, au coeur de la grande Révolution française. « C'était une sublime nouveauté du monde », écrit Jean Jaurès dans L'histoire socialiste de la Révolution française, qui ajoute

 

« Il y avait eu des républiques aristocratiques ou fondées sur le travail des esclaves, sur toute une hiérarchie de la conquête. Il y avait eu des républiques barbares, courtes associations militaires où le courage suscitait et désignait des chefs. Il y avait de petites républiques oligarchiques, comme celles des cantons suisses. Il y avait la république des exilés, des proscrits, celle que, sur le sol vierge de l'Amérique, où il n'y avait aucune racine de monarchie, formèrent les descendants des puritains. Mais qu'un grand et vaste peuple, policé et riche, chargé de dix siècles d'histoire, qui avait grandi avec la monarchie et qui, hier encore, la jugeait nécessaire même à la Révolution, que ce peuple, où il n'y avait pas d'esclaves, où il n'y avait plus de serfs et où, depuis le 10 août, tous les citoyens étaient égaux, s'élevât à la République, et qu'il devînt vraiment, tout entier, dans tous ses éléments, un peuple de rois, voilà en effet la grande nouveauté et la grande audace. »

 

Oui, une sublime nouveauté du monde qui remontait aux droits imprescriptibles de l'homme pour en déduire ceux du citoyen. Cette conquête est restée une bataille, que l'on pense à 1848, à la Commune de Paris, à 1936 ou à la Libération. Aujourd'hui, à nouveau, la bataille est engagée.

 

Le Bicentenaire de la République, en 1992, coïncidait avec le référendum sur le Traité de Maastricht. Qui se souvient de ce bicentenaire ? Nos historiens, certes, mais le peuple n'a pas oublié ce qu'on lui a fait avaler et vivre depuis. À une courte majorité, le Traité de Maastricht a alors été ratifié mais à quel prix de peurs et de mensonges. Et quand il a rejeté par le vote le Traité constitutionnel européen, on le lui a imposé quand même par la seule signature d'un chef d'État au Sommet suivant.

 

Aujourd'hui si nous votions, nous serions 64% à rejeter Maastricht sans pour autant vouloir renoncer à toute idée européenne. Précisément, les anniversaires ont quelque chose de bon : notre peuple – auquel on dénie le droit de se prononcer directement sur le Traité budgétaire européen – pourrait à nouveau se saisir de son droit fondamental de décider de son avenir.

 

Que nous prépare ce traité, qui porte un nom de composé chimique TSCG ? Il prépare le plus grave abandon de souveraineté nationale depuis l'instauration de la République. C'est un bras-de-fer non entre l'Europe et les nations, mais entre les peuples et l'oligarchie ; il s'agirait ni plus ni moins de couper les vivres à la nation dès qu'elle oserait choisir par elle-même d'autre voies que celle de l'inégalité, de la domination. Il s'agirait de maintenir les nations d'Europe, les peuples d'Europe en permanence dans la restriction, dans une société qui finira par ne plus ressembler à rien à force d'être vidée de toute solidarité.

 

À l'aristocratie nobiliaire a succédé une espèce d'aristocratie financière qui voit dans toute dépense publique un manque à gagner insupportable. Pourquoi, selon elle, quand il y a tant de richesses, la partager avec ceux, les plus nombreux, qui les ont produites ?

 

Que cherchent ces forces qui se battent becs et ongles pour leur monde de fric ?

 

« La fonction du libéralisme dans le passé a été de mettre une limite aux pouvoirs des rois. La fonction du vrai libéralisme dans l'avenir sera de limiter le pouvoir des parlements. » (Herbert Spencer, Le droit d'ignorer l'État, 1851)

 

Voilà que nous y sommes : la République appelle à un nouvel âge – Les libéraux veulent se passer des parlements ? Les républicains veulent arracher des droits et des pouvoirs nouveaux pour les citoyens, les salariés dans les entreprises et dans les institutions.

 

Les libéraux – qui ne voient de liberté que dans la circulation des flux financiers et l'accumulation du capital – veulent démolir le code et la durée légale du travail, dépecer une bonne fois pour toutes les services publics et s'approprier tout ce qui peut se vendre et être rentabilisé ; la santé, l'énergie, les transports. Qu'importe qu'on fasse vivre les peuples sous l'urgence et la précipitation, le manque et le besoin constants, l'injustice et la concurrence, la compétition et les aliénations.

 

La République française méprisée, c'est le peuple et la nation de France qu'on méprise. Et que pour cela on invoque la nécessité européenne est une insulte à l'intelligence de notre peuple, de tous les peuples d'Europe.

 

Ce jour, 21 septembre, est devenu au long des siècles qui nous sépare de Valmy et de la naissance de la République en France, journée mondiale de la paix. Il ne peut y avoir pour les républicains que nous sommes, pour les démocrates que nous sommes, de plus belle association que celle de la République et de la paix, du désarmement et de la coopération entre les peuples.

 

Lorsque les Français firent leur révolution, les noblesses d'Europe s'allièrent pour la mettre en échec. Oui, la violence peut être présente dans une révolution, mais que de violence déployée lorsque les aristocrates, pour protéger leurs privilèges, déclenchèrent la guerre et la répandirent en Europe.

 

Aujourd'hui, les nouveaux aristocrates mènent à nouveau une guerre : les institutions financières, les banques, les transnationales ont imposé la guerre économique pour régir les relations entre les peuples et s'accaparer leurs richesses. Ils ont imposé le thème réactionnaire et pernicieux du "choc des civilisations" pour briser dans l'oeuf, rendre inconcevable, toute convergence des résistances populaires à travers le monde contre l'iniquité de l'ordre capitaliste.

 

Fidèles à la République qui mérite une seconde jeunesse qu'on nommerait 6e République, nous luttons contre le pouvoir de l'argent qui casse l'emploi et jette à la rue des centaine de milliers d'ouvriers, de techniciens, de scientifiques.

 

Nous luttons pour une République des droits de l'homme, de la femme, de l'enfant et du citoyen qui de son lieu d'études, de travail à son lieu de vie jouit de ses pleines capacités, émancipé de toute forme de domination et d'exploitation.

 

La République – la conjuration des Égaux – est un combat démocratique sans autres armes que la force de conviction, le rassemblement, l'imagination et l'élaboration auxquels chacun et tous peuvent contribuer. Il n'y a pas les uns qui pensent et les autres qui obéissent même au meilleur d'entre nous.

 

La République est cette invention de l'inconnu, ce courage commun, cette force collective où l'homme libre compte à part entière, où il choisit de faire société car la solidarité nous unit et fait de chacun d'entre nous un être pleinement humain.

 

Ce combat a sans doute plusieurs naissances mais il n'a pas de fin.

 

Merci.

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BRUNO FORNACIARI

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