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29 septembre 2012 6 29 /09 /septembre /2012 06:01

 

Madame la Députée,

 

Au mois d'octobre, vous allez être appelée à vous prononcer sur la ratification du traité pour la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG). Le candidat François Hollande avait pris l'engagement (engagement n°11 de ses 60 propositions) de conditionner la ratification de ce traité à une renégociation aboutissant à de sérieuses modifications. Il avait précisé lui-même les trois points clés de cette renégociation : la possibilité pour la Banque centrale européenne de financer directement les États, la mise en place d’euro-obligations pour que les pays de la zone euro puissent emprunter solidairement, et des mesures de relance de la « croissance » en Europe. Il a donc été élu sur la base de cette promesse, comme tous les députés de sa majorité.

 

Or, le traité soumis à votre vote est exactement celui concocté par A.Merkel et N.Sarkozy, hormis les maigres mesures d'un pacte de croissance non pérenne adoptées par le Conseil européen fin juin. L'objectif de ce traité est clair : une institution non élue, la Commission Européenne, va contrôler le budget des États pour imposer l'austérité partout, y compris pour les collectivités territoriales. Il prévoit des sanctions automatiques contre les pays contrevenants aux mesures de discipline budgétaire, mettant la politique économique des états européens sous la coupe de la Troika (BCE, FMI, Commission Européenne) au détriment du choix des peuples.

 

Vous comprendrez aisément que l'austérité que cela implique sur tout le continent aura des conséquences catastrophiques sur l'économie et sur la vie des peuples. Ceux de Grèce, d'Espagne, du Portugal en sont déjà grandement victimes. Dans une démocratie, un tel choix ne peut se faire sans l'accord du peuple. Les peuples d'Europe attendent de la France, parce qu'il y a eu un changement de majorité, qu'elle cesse de promouvoir cette politique qui mène le continent dans le mur. Cette logique austéritaire conduit l’Europe à la catastrophe, et approfondit encore le gouffre qui sépare les peuples et les institutions européennes.

 

La seule façon d'y remédier, c'est qu'une majorité vote clairement non à ce traité et qu'elle initie une réflexion pour avancer vers une toute autre conception de l'Europe. En respect des engagements du candidat Hollande et de sa majorité, c'est ce vote de résistance et d'avenir que je souhaite vous voir exprimer. Il faut en finir avec les renoncements de la gauche face au pouvoir de la finance.

 

Je vous prie d'agréer, Madame la députée, mes respectueuses salutations.

 

 

J. Coutant

 

 

Lettre ouverte adressée à ggaillard@assemblee-nationale.fr  députée de la 1ère circonscription des Deux-Sèvres

 

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Published by bruno fornaciari - dans PCF 79
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28 septembre 2012 5 28 /09 /septembre /2012 16:16

Politique - le 28 Septembre 2012

Pierre Laurent : "Nous sommes la chance de l’Europe"

Contre le traité budgétaire, marche nationale à Paris, J-2.  

 

Pour le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, la manifestation de dimanche n’est que la première étape de la lutte contre l’austérité.


Alors que le camp 
des partisans du non 
au traité européen s’élargit et à quelques jours de 
la discussion au Parlement, quels sont les enjeux de la manifestation de dimanche ?


Pierre Laurent. Elle couronnera un premier succès de la campagne engagée dès cet été contre la ratification du traité européen : 
briser le mur du silence. Nous sommes en train d’imposer le débat public dont on voulait priver les Français.

 

Cette mobilisation montrera aussi que des forces de plus en plus larges s’opposent à cette ratification : 65 organisations appellent maintenant à manifester, sans compter que le front du non va bien au-delà. Que des forces sociales et politiques, qui se reconnaissent dans les valeurs de la gauche, prennent cette initiative au nom d’une Europe solidaire est très important.

 

Notre combat est celui d’une rupture avec l’austérité pour une sortie de crise solidaire.

 

Le gouvernement a multiplié les rappels 
à l’ordre, arguant qu’il s’agissait de donner de la force à François Hollande pour réorienter l’Europe. Qu’en pensez-vous ?


Pierre Laurent. Ce sont ceux qui vont manifester, ceux à gauche qui refuseront de ratifier le traité au Parlement, qui donnent la meilleure chance à une réorientation de l’Europe, pas l’inverse. Car l’adoption du traité donnerait de la force au chantage des marchés financiers pour obtenir des normes drastiques de réduction des dépenses publiques. Or tout appel à se dégager d’urgence de ces logiques d’austérité : les chiffres du chômage sont catastrophiques, les plans de licenciement se multiplient, la crise se développe, singulièrement dans les pays qui ont engagé l’austérité la plus brutale. Il faut donc, au contraire, des politiques mobilisant l’investissement public sur de nouveaux critères pour sortir de la crise.

 

Le vote à l’Assemblée aura lieu dès 
le 9 octobre et au Sénat dans la foulée. 
Le débat parlementaire sera-t-il néanmoins l’occasion d’avancées ?


Pierre Laurent. Ce débat, grâce à la manifestation, se déroulera en pleine lumière et donnera à voir l’absence de consensus à gauche autour de ce traité et la forte exigence de rupture avec ses logiques. Nous devions être seuls à voter contre mais aujourd’hui, après la décision des écologistes et de certains députés socialistes – malgré les rappels à l’ordre du gouvernement –, le front contre ce traité d’austérité s’élargit au Parlement comme dans le pays. C’est une bataille en plein développement. Le 30 septembre est une étape décisive mais n’est qu’une étape. Au Parlement, elle se poursuivra avec la loi organique et le budget 2013.

 

Le traité sera vraisemblablement ratifié, 
cela signera-t-il la fin de la mobilisation unitaire engagée ?


Pierre Laurent. Non, nous engageons une bataille dans la durée. Nous amplifierons, en même temps et à la suite du débat parlementaire, la bataille pour un référendum. Car l’exigence démocratique de consultation des Français s’est renforcée considérablement au fil de la publicité donnée à ce débat. De plus, nous construisons un front uni, large, durable contre les logiques d’austérité et pour des politiques de relance alternatives. La contrainte de ramener dès 2013 les déficits à 3 % du PIB, par exemple, est de plus en plus contestée, y compris dans des cercles proches du gouvernement ou européens. De même, les élus locaux sont en train de comprendre que les normes qu’imposerait le traité pèseraient négativement contre l’investissement public de leur collectivité. Nous sommes à l’aube de la constitution de ces fronts contre l’austérité qui se déploieront dans les semaines et les mois à venir.

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28 septembre 2012 5 28 /09 /septembre /2012 16:14

 

 

Chers amis, chers camarades, citoyennes et citoyens,

 

Je veux d'abord remercier la Société des études robespierristes, Michel Biard son président, pour son action et l'initiative de ces deux journées de colloque conclues par la cérémonie qui nous rassemble ici ce soir.

 

En mai dernier, un chroniqueur du mensuel L'Express débutait un de ses compte rendu de lecture par ces mots : « En septembre de cette année, on pourra, si l'on veut, célébrer le 220e anniversaire de la naissance de la première République française. Il n'est pas certain que les célébrants seront légion. » Soyons donc heureux et fiers de pouvoir rassurer notre chroniqueur.

Votre présence active ce soir le contredit sur ce point. Oui, nous sommes légion à considérer que l'abolition des privilèges, et l'abolition de la monarchie – absolue puis constitutionnelle – qui ont présidé à la naissance de la République française est un événement digne, 220 ans plus tard, d'être fêté par ses enfants.

 

Événement d'autant plus digne d'être célébré que notre République souffre.

La République est malmenée quand on poursuit en son nom des syndicalistes, quand le pouvoir bafoue les droits sociaux, arrache à leurs bancs d'école des enfants d'immigrés, traque ces mêmes immigrés comme des parias, un pouvoir qui, par contre, distribue des milliards aux banques mais ferme des maternités ou des écoles pour « économiser » l'argent public.

Oui que cette République est bien malmenée, que les années que nous venons de traverser l'ont déformée par l'hyper-présidentialisation et l'effacement du Parlement, par des modes de scrutins qui tronquent la réalité politique de notre pays, déformée aussi par un exercice inique du pouvoir, soumis à la loi du marché et de la finance.

« La Liberté n'est qu'un vain fantôme quand une classe d'hommes peut affamer l'autre impunément, » cria l'Enragé, Jacques Roux, à la tribune de la Convention, le 25 juin 1793. Et si je suis parmi vous ici ce soir, avec mes camarades communistes, c'est pour rendre hommage aux femmes et aux hommes et à leurs représentants qui, il y a 220 ans, décrétèrent le peuple souverain et seul maître de son destin. C'est parce que cet anniversaire est plus que jamais d'actualité.

 

Est venu le temps de décréter à nouveau le salut commun.

 

La Ve République est à bout de souffle.

 

Elle ressemble plus à une sorte de monarchie déguisée, clandestine, qu'à la République que chaque Français, que chaque femme et homme qui a choisi notre nation pour s'établir, porte dans son coeur et qui garantit l'égalité des citoyens devant la loi, qui garantit les droits fondamentaux et leur égalité d'accès à tous.

 

« La première loi sociale est celle qui garantit à tous les membres de la société les moyens d'exister, toutes les autres lois sont subordonnées à celle-là. » disait Robespierre (2 décembre 1792).

 

C'est pourquoi, quel que soit notre engagement philosophique ou politique, ce qui nous réunit, nous rassemble, si nous sommes présents c'est parce que la République fonde notre engagement constant pour la justice, l'égalité, la liberté et la fraternité.

 

Contre elle, les forces qui s'accrochent à leurs privilèges et qui en veulent toujours plus sont mobilisées – elles ont un talent particulier pour instaurer la peur, la confusion, la division.

 

La République fut acquise dans le mouvement de l'histoire, au coeur de la grande Révolution française. « C'était une sublime nouveauté du monde », écrit Jean Jaurès dans L'histoire socialiste de la Révolution française, qui ajoute

 

« Il y avait eu des républiques aristocratiques ou fondées sur le travail des esclaves, sur toute une hiérarchie de la conquête. Il y avait eu des républiques barbares, courtes associations militaires où le courage suscitait et désignait des chefs. Il y avait de petites républiques oligarchiques, comme celles des cantons suisses. Il y avait la république des exilés, des proscrits, celle que, sur le sol vierge de l'Amérique, où il n'y avait aucune racine de monarchie, formèrent les descendants des puritains. Mais qu'un grand et vaste peuple, policé et riche, chargé de dix siècles d'histoire, qui avait grandi avec la monarchie et qui, hier encore, la jugeait nécessaire même à la Révolution, que ce peuple, où il n'y avait pas d'esclaves, où il n'y avait plus de serfs et où, depuis le 10 août, tous les citoyens étaient égaux, s'élevât à la République, et qu'il devînt vraiment, tout entier, dans tous ses éléments, un peuple de rois, voilà en effet la grande nouveauté et la grande audace. »

 

Oui, une sublime nouveauté du monde qui remontait aux droits imprescriptibles de l'homme pour en déduire ceux du citoyen. Cette conquête est restée une bataille, que l'on pense à 1848, à la Commune de Paris, à 1936 ou à la Libération. Aujourd'hui, à nouveau, la bataille est engagée.

 

Le Bicentenaire de la République, en 1992, coïncidait avec le référendum sur le Traité de Maastricht. Qui se souvient de ce bicentenaire ? Nos historiens, certes, mais le peuple n'a pas oublié ce qu'on lui a fait avaler et vivre depuis. À une courte majorité, le Traité de Maastricht a alors été ratifié mais à quel prix de peurs et de mensonges. Et quand il a rejeté par le vote le Traité constitutionnel européen, on le lui a imposé quand même par la seule signature d'un chef d'État au Sommet suivant.

 

Aujourd'hui si nous votions, nous serions 64% à rejeter Maastricht sans pour autant vouloir renoncer à toute idée européenne. Précisément, les anniversaires ont quelque chose de bon : notre peuple – auquel on dénie le droit de se prononcer directement sur le Traité budgétaire européen – pourrait à nouveau se saisir de son droit fondamental de décider de son avenir.

 

Que nous prépare ce traité, qui porte un nom de composé chimique TSCG ? Il prépare le plus grave abandon de souveraineté nationale depuis l'instauration de la République. C'est un bras-de-fer non entre l'Europe et les nations, mais entre les peuples et l'oligarchie ; il s'agirait ni plus ni moins de couper les vivres à la nation dès qu'elle oserait choisir par elle-même d'autre voies que celle de l'inégalité, de la domination. Il s'agirait de maintenir les nations d'Europe, les peuples d'Europe en permanence dans la restriction, dans une société qui finira par ne plus ressembler à rien à force d'être vidée de toute solidarité.

 

À l'aristocratie nobiliaire a succédé une espèce d'aristocratie financière qui voit dans toute dépense publique un manque à gagner insupportable. Pourquoi, selon elle, quand il y a tant de richesses, la partager avec ceux, les plus nombreux, qui les ont produites ?

 

Que cherchent ces forces qui se battent becs et ongles pour leur monde de fric ?

 

« La fonction du libéralisme dans le passé a été de mettre une limite aux pouvoirs des rois. La fonction du vrai libéralisme dans l'avenir sera de limiter le pouvoir des parlements. » (Herbert Spencer, Le droit d'ignorer l'État, 1851)

 

Voilà que nous y sommes : la République appelle à un nouvel âge – Les libéraux veulent se passer des parlements ? Les républicains veulent arracher des droits et des pouvoirs nouveaux pour les citoyens, les salariés dans les entreprises et dans les institutions.

 

Les libéraux – qui ne voient de liberté que dans la circulation des flux financiers et l'accumulation du capital – veulent démolir le code et la durée légale du travail, dépecer une bonne fois pour toutes les services publics et s'approprier tout ce qui peut se vendre et être rentabilisé ; la santé, l'énergie, les transports. Qu'importe qu'on fasse vivre les peuples sous l'urgence et la précipitation, le manque et le besoin constants, l'injustice et la concurrence, la compétition et les aliénations.

 

La République française méprisée, c'est le peuple et la nation de France qu'on méprise. Et que pour cela on invoque la nécessité européenne est une insulte à l'intelligence de notre peuple, de tous les peuples d'Europe.

 

Ce jour, 21 septembre, est devenu au long des siècles qui nous sépare de Valmy et de la naissance de la République en France, journée mondiale de la paix. Il ne peut y avoir pour les républicains que nous sommes, pour les démocrates que nous sommes, de plus belle association que celle de la République et de la paix, du désarmement et de la coopération entre les peuples.

 

Lorsque les Français firent leur révolution, les noblesses d'Europe s'allièrent pour la mettre en échec. Oui, la violence peut être présente dans une révolution, mais que de violence déployée lorsque les aristocrates, pour protéger leurs privilèges, déclenchèrent la guerre et la répandirent en Europe.

 

Aujourd'hui, les nouveaux aristocrates mènent à nouveau une guerre : les institutions financières, les banques, les transnationales ont imposé la guerre économique pour régir les relations entre les peuples et s'accaparer leurs richesses. Ils ont imposé le thème réactionnaire et pernicieux du "choc des civilisations" pour briser dans l'oeuf, rendre inconcevable, toute convergence des résistances populaires à travers le monde contre l'iniquité de l'ordre capitaliste.

 

Fidèles à la République qui mérite une seconde jeunesse qu'on nommerait 6e République, nous luttons contre le pouvoir de l'argent qui casse l'emploi et jette à la rue des centaine de milliers d'ouvriers, de techniciens, de scientifiques.

 

Nous luttons pour une République des droits de l'homme, de la femme, de l'enfant et du citoyen qui de son lieu d'études, de travail à son lieu de vie jouit de ses pleines capacités, émancipé de toute forme de domination et d'exploitation.

 

La République – la conjuration des Égaux – est un combat démocratique sans autres armes que la force de conviction, le rassemblement, l'imagination et l'élaboration auxquels chacun et tous peuvent contribuer. Il n'y a pas les uns qui pensent et les autres qui obéissent même au meilleur d'entre nous.

 

La République est cette invention de l'inconnu, ce courage commun, cette force collective où l'homme libre compte à part entière, où il choisit de faire société car la solidarité nous unit et fait de chacun d'entre nous un être pleinement humain.

 

Ce combat a sans doute plusieurs naissances mais il n'a pas de fin.

 

Merci.

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Published by bruno fornaciari - dans ACTUALITES
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28 septembre 2012 5 28 /09 /septembre /2012 15:47

 

« La République acquise dans le mouvement de l'histoire mérite une seconde jeunesse »

 

Chers amis, chers camarades, citoyennes et citoyens,

 

Je veux d'abord remercier la Société des études robespierristes, Michel Biard son président, pour son action et l'initiative de ces deux journées de colloque conclues par la cérémonie qui nous rassemble ici ce soir.

 

En mai dernier, un chroniqueur du mensuel L'Express débutait un de ses compte rendu de lecture par ces mots : « En septembre de cette année, on pourra, si l'on veut, célébrer le 220e anniversaire de la naissance de la première République française. Il n'est pas certain que les célébrants seront légion. »

Soyons donc heureux et fiers de pouvoir rassurer notre chroniqueur.

 

Votre présence active ce soir le contredit sur ce point. Oui, nous sommes légion à considérer que l'abolition des privilèges, et l'abolition de la monarchie – absolue puis constitutionnelle – qui ont présidé à la naissance de la République française est un événement digne, 220 ans plus tard, d'être fêté par ses enfants.

 

Événement d'autant plus digne d'être célébré que notre République souffre.

 

La République est malmenée quand on poursuit en son nom des syndicalistes, quand le pouvoir bafoue les droits sociaux, arrache à leurs bancs d'école des enfants d'immigrés, traque ces mêmes immigrés comme des parias, un pouvoir qui, par contre, distribue des milliards aux banques mais ferme des maternités ou des écoles pour « économiser » l'argent public.

Oui que cette République est bien malmenée, que les années que nous venons de traverser l'ont déformée par l'hyper-présidentialisation et l'effacement du Parlement, par des modes de scrutins qui tronquent la réalité politique de notre pays, déformée aussi par un exercice inique du pouvoir, soumis à la loi du marché et de la finance.

« La Liberté n'est qu'un vain fantôme quand une classe d'hommes peut affamer l'autre impunément, » cria l'Enragé, Jacques Roux, à la tribune de la Convention, le 25 juin 1793. Et si je suis parmi vous ici ce soir, avec mes camarades communistes, c'est pour rendre hommage aux femmes et aux hommes et à leurs représentants qui, il y a 220 ans, décrétèrent le peuple souverain et seul maître de son destin. C'est parce que cet anniversaire est plus que jamais d'actualité.

 

Est venu le temps de décréter à nouveau le salut commun.

 

La Ve République est à bout de souffle.

 

Elle ressemble plus à une sorte de monarchie déguisée, clandestine, qu'à la République que chaque Français, que chaque femme et homme qui a choisi notre nation pour s'établir, porte dans son coeur et qui garantit l'égalité des citoyens devant la loi, qui garantit les droits fondamentaux et leur égalité d'accès à tous.

 

« La première loi sociale est celle qui garantit à tous les membres de la société les moyens d'exister, toutes les autres lois sont subordonnées à celle-là. » disait Robespierre (2 décembre 1792).

 

C'est pourquoi, quel que soit notre engagement philosophique ou politique, ce qui nous réunit, nous rassemble, si nous sommes présents c'est parce que la République fonde notre engagement constant pour la justice, l'égalité, la liberté et la fraternité.

 

Contre elle, les forces qui s'accrochent à leurs privilèges et qui en veulent toujours plus sont mobilisées – elles ont un talent particulier pour instaurer la peur, la confusion, la division.

 

La République fut acquise dans le mouvement de l'histoire, au coeur de la grande Révolution française. « C'était une sublime nouveauté du monde », écrit Jean Jaurès dans L'histoire socialiste de la Révolution française, qui ajoute

 

« Il y avait eu des républiques aristocratiques ou fondées sur le travail des esclaves, sur toute une hiérarchie de la conquête. Il y avait eu des républiques barbares, courtes associations militaires où le courage suscitait et désignait des chefs. Il y avait de petites républiques oligarchiques, comme celles des cantons suisses. Il y avait la république des exilés, des proscrits, celle que, sur le sol vierge de l'Amérique, où il n'y avait aucune racine de monarchie, formèrent les descendants des puritains. Mais qu'un grand et vaste peuple, policé et riche, chargé de dix siècles d'histoire, qui avait grandi avec la monarchie et qui, hier encore, la jugeait nécessaire même à la Révolution, que ce peuple, où il n'y avait pas d'esclaves, où il n'y avait plus de serfs et où, depuis le 10 août, tous les citoyens étaient égaux, s'élevât à la République, et qu'il devînt vraiment, tout entier, dans tous ses éléments, un peuple de rois, voilà en effet la grande nouveauté et la grande audace. »

 

Oui, une sublime nouveauté du monde qui remontait aux droits imprescriptibles de l'homme pour en déduire ceux du citoyen. Cette conquête est restée une bataille, que l'on pense à 1848, à la Commune de Paris, à 1936 ou à la Libération. Aujourd'hui, à nouveau, la bataille est engagée.

 

Le Bicentenaire de la République, en 1992, coïncidait avec le référendum sur le Traité de Maastricht. Qui se souvient de ce bicentenaire ? Nos historiens, certes, mais le peuple n'a pas oublié ce qu'on lui a fait avaler et vivre depuis. À une courte majorité, le Traité de Maastricht a alors été ratifié mais à quel prix de peurs et de mensonges. Et quand il a rejeté par le vote le Traité constitutionnel européen, on le lui a imposé quand même par la seule signature d'un chef d'État au Sommet suivant.

 

Aujourd'hui si nous votions, nous serions 64% à rejeter Maastricht sans pour autant vouloir renoncer à toute idée européenne. Précisément, les anniversaires ont quelque chose de bon : notre peuple – auquel on dénie le droit de se prononcer directement sur le Traité budgétaire européen – pourrait à nouveau se saisir de son droit fondamental de décider de son avenir.

 

Que nous prépare ce traité, qui porte un nom de composé chimique TSCG ? Il prépare le plus grave abandon de souveraineté nationale depuis l'instauration de la République. C'est un bras-de-fer non entre l'Europe et les nations, mais entre les peuples et l'oligarchie ; il s'agirait ni plus ni moins de couper les vivres à la nation dès qu'elle oserait choisir par elle-même d'autre voies que celle de l'inégalité, de la domination. Il s'agirait de maintenir les nations d'Europe, les peuples d'Europe en permanence dans la restriction, dans une société qui finira par ne plus ressembler à rien à force d'être vidée de toute solidarité.

 

À l'aristocratie nobiliaire a succédé une espèce d'aristocratie financière qui voit dans toute dépense publique un manque à gagner insupportable. Pourquoi, selon elle, quand il y a tant de richesses, la partager avec ceux, les plus nombreux, qui les ont produites ?

 

Que cherchent ces forces qui se battent becs et ongles pour leur monde de fric ?

 

« La fonction du libéralisme dans le passé a été de mettre une limite aux pouvoirs des rois. La fonction du vrai libéralisme dans l'avenir sera de limiter le pouvoir des parlements. » (Herbert Spencer, Le droit d'ignorer l'État, 1851)

 

Voilà que nous y sommes : la République appelle à un nouvel âge – Les libéraux veulent se passer des parlements ? Les républicains veulent arracher des droits et des pouvoirs nouveaux pour les citoyens, les salariés dans les entreprises et dans les institutions.

 

Les libéraux – qui ne voient de liberté que dans la circulation des flux financiers et l'accumulation du capital – veulent démolir le code et la durée légale du travail, dépecer une bonne fois pour toutes les services publics et s'approprier tout ce qui peut se vendre et être rentabilisé ; la santé, l'énergie, les transports. Qu'importe qu'on fasse vivre les peuples sous l'urgence et la précipitation, le manque et le besoin constants, l'injustice et la concurrence, la compétition et les aliénations.

 

La République française méprisée, c'est le peuple et la nation de France qu'on méprise. Et que pour cela on invoque la nécessité européenne est une insulte à l'intelligence de notre peuple, de tous les peuples d'Europe.

 

Ce jour, 21 septembre, est devenu au long des siècles qui nous sépare de Valmy et de la naissance de la République en France, journée mondiale de la paix. Il ne peut y avoir pour les républicains que nous sommes, pour les démocrates que nous sommes, de plus belle association que celle de la République et de la paix, du désarmement et de la coopération entre les peuples.

 

Lorsque les Français firent leur révolution, les noblesses d'Europe s'allièrent pour la mettre en échec. Oui, la violence peut être présente dans une révolution, mais que de violence déployée lorsque les aristocrates, pour protéger leurs privilèges, déclenchèrent la guerre et la répandirent en Europe.

 

Aujourd'hui, les nouveaux aristocrates mènent à nouveau une guerre : les institutions financières, les banques, les transnationales ont imposé la guerre économique pour régir les relations entre les peuples et s'accaparer leurs richesses. Ils ont imposé le thème réactionnaire et pernicieux du "choc des civilisations" pour briser dans l'oeuf, rendre inconcevable, toute convergence des résistances populaires à travers le monde contre l'iniquité de l'ordre capitaliste.

 

Fidèles à la République qui mérite une seconde jeunesse qu'on nommerait 6e République, nous luttons contre le pouvoir de l'argent qui casse l'emploi et jette à la rue des centaine de milliers d'ouvriers, de techniciens, de scientifiques.

 

Nous luttons pour une République des droits de l'homme, de la femme, de l'enfant et du citoyen qui de son lieu d'études, de travail à son lieu de vie jouit de ses pleines capacités, émancipé de toute forme de domination et d'exploitation.

 

La République – la conjuration des Égaux – est un combat démocratique sans autres armes que la force de conviction, le rassemblement, l'imagination et l'élaboration auxquels chacun et tous peuvent contribuer. Il n'y a pas les uns qui pensent et les autres qui obéissent même au meilleur d'entre nous.

 

La République est cette invention de l'inconnu, ce courage commun, cette force collective où l'homme libre compte à part entière, où il choisit de faire société car la solidarité nous unit et fait de chacun d'entre nous un être pleinement humain.

 

Ce combat a sans doute plusieurs naissances mais il n'a pas de fin.

 

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28 septembre 2012 5 28 /09 /septembre /2012 15:25

Le ministère de l'Economie et des Finances de Bercy

  - le 28 Septembre 2012

Budget 2013: les chiffres clés du projet de loi de finance

Le projet de loi de finance 2013 présenté au Conseil des ministres ce vendredi entérine la lutte des déficits publics comme principal objectif. Les dépenses de l'Etat sont gelées pour affecter les 30 milliards d'euros de recettes supplémentaires au service de la dette. Les collectivités territoriales et la Sécurité sociale sont aussi mises à contribution.

  • Budget 2013

--> L'effort: le gouvernement a besoin de 30 milliards d'euros supplémentaires pour réduire les déficits, dont 10 milliards d'euros de restrictions de dépenses (à comparer avec les 376 milliards d'euros des dépenses de 2012), 10 milliards d'euros de hausses d'impôts sur les ménages et 10 milliards d'euros d'augmentation des prélèvements des entreprises.

--> Les impôts: les 20 milliards d'impôts nouveaux pour 2013 viennent s'ajouter aux 4,4 milliards déjà votés pendant l'été. Le gouvernement assure que la hausse vise les ménages les plus riches et les entreprises les plus grandes. Au total, de 2011 à 2013, les prélèvements obligatoires auront augmenté d'une soixantaine de milliards d'euros. (à lire: Budget 2013, le détail des 10 milliards de recettes fiscales en plus)

 

--> Les dépenses de l'Etat et de ses opérateurs: le gouvernement vise 0% d'augmentation en valeur, c'est-à-dire que les dépenses restent inchangées malgré l'inflation. Ce gel s'entend hors service de la dette et versement des pensions des agents publics retraités. Dans le détail:

  1. la masse salariale de l'Etat hors pensions s'établit à 80,6 milliards d'euros en 2013, contre 80,4 milliards d'euros en 2012, soit une quasi-stabilisation (+0,2%).
  2. Les effectifs globaux de fonctionnaires "sont stabilisés" en 2013, présentant un solde négatif de 1.287 postes.
  3. Les dépenses de fonctionnement (achats courants des administrations, charges de fonctionnement des universités ou de Pôle Emploi...) sont réduites de 5% en 2013 par rapport à leur évolution tendantielle.
  4. Les dotations aux collectivités territoriales seront gelées en 2013, c'est-à-dire qu'elles ne progresseront même pas au rythme de l'inflation.

--> Assurance-maladie: l'objectif de progression des dépenses (Ondam) a été fixé à 2,7% pour 2013, 2,6 % pour 2014 puis 2,5% pour chacune des années 2015 à 2017. Au total, cela représente en moyenne 2,7 milliards d'euros d'économies par an par rapport à la tendance d'évolution des dépenses.

 

--> Le gouvernement a revu à la baisse sa prévision d'évolution de l'ensemble des dépenses publiques (Etat, collectivités locales et Sécurité sociale) entre 2013 et 2017, à 0,7% au lieu de 0,8% en moyenne par an en volume, c'est-à-dire hors inflation.

 

--> Les ministères gagnants: 11.011 postes doivent être créés en 2013 dans les secteurs "prioritaires" (10.011 dans l'Enseignement, un millier dans la justice et la sécurité).

 

--> Les ministères perdants: tous les autres, qui ne relèvent pas des missions "prioritaires", seront mis à la diète. Ils devront réduire leurs effectifs de 12.298 postes. La Défense est la plus sollicitée avec 7.234 postes en moins et "un effort de 2,2 milliards d'euros". 2.353 emplois disparaîtront à Bercy, et les ministères de l'Egalité des territoires et de l'Ecologie subiront une amputation globale de 1.276 postes.

 

  • Principales hypothèses économiques retenues pour bâtir ce projet de loi de finance

--> Croissance: le gouvernement table sur +0,8% en 2013, après +0,3% cette année. Pour les années suivantes, il espère une croissance de 2% par an entre 2014 et 2017.

 

--> Déficit public: la France s'est engagée à le ramener à 3% du produit intérieur brut (PIB) fin 2013, après 4,5% en 2012. En revanche, les comptes publics de la France ne sortiront pas du rouge dès 2017 comme initialement prévu et le déficit du pays s'établira alors à 0,3% du PIB. Bercy table en revanche sur un retour dès 2016 à l'équilibre en termes structurels, c'est-à-dire sans tenir compte des aléas de la conjoncture.

 

--> Dette publique: elle atteindrait le niveau record de 91,3% du PIB l'an prochain, après 89,9% cette année, puis commencerait à refluer.

 

--> Inflation: +1,8%, après +2% cette année.

--> La dépense publique devrait rester stable l'an prochain à 56,3% du PIB, et le taux de prélèvements obligatoires grimper de 44,9% en 2012 à 46,3% en 2013.

 

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28 septembre 2012 5 28 /09 /septembre /2012 12:24

dcz

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28 septembre 2012 5 28 /09 /septembre /2012 07:52

Traité UE : le bon petit soldat Duflot

Par Fabienne Cosnay

Publié le 24 septembre 2012

© CAPTURE ECRAN FRANCE 2


La ministre du Logement a expliqué sur France 2 qu’elle était solidaire du gouvernement.

C’était il y a un mois tout juste. A l’occasion des journées d’été d’Europe Ecologie-Les Verts, le 24 août, Cécile Duflot tenait à rassurer ses camarades écolos : jamais elle ne perdrait son franc-parler. "Depuis trois mois, on m'a rajouté une muselière", confiait simplement la ministre du Logement. Mais, c'est "une muselière qui permet un petit peu de l'ouvrir !", assurait-elle. Il y a un mois, donc.

 

En pleine polémique après la décision d’Europe Ecologie-Les Verts de ne pas ratifier le traité européen, le ton n’est visiblement plus tout à fait le même. Invitée du JT de France 2 lundi soir, Cécile Duflot ne jure que par la solidarité gouvernementale. "Etre ministre, ça veut dire s'appliquer un principe de solidarité avec les autres membres du gouvernement (...) C'est normal et naturel", explique-t-elle.

 

"Une ministre qui assume son statut" :


Alors qu’on lui demande sa "position personnelle" sur le traité, la ministre du Logement botte en touche, assurant que cette position "n'est pas intéressante pour la bonne et simple raison qu'une ministre n'a pas à exprimer sa position personnelle sur tel et tel sujet".

"Vous imaginez la cacophonie ?"

Cécile Duflot serait-elle belle et bien muselée ? La ministre a en tout cas parfaitement joué le jeu du bon petit soldat, alors que sa présence au gouvernement est contestée par la droite, deux jours après le vote du conseil fédéral d'Europe Ecologie-Les Verts en faveur d'un rejet d'un traité budgétaire européen.

 

"Quand on est membre d'un gouvernement, on exprime la position du gouvernement sur des questions qui sont des questions importantes. Vous imaginez la cacophonie si les uns et les autres faisaient part de leurs états d'âme ?", a-t-elle souligné. Se définissant comme une "ministre qui assume son statut", Cécile Duflot a encore insisté sur l’importance du "principe de solidarité collective" et semble avoir fait sienne la maxime de Jean-Pierre Chevènement, "un ministre, ça ferme sa gueule ou ça démissionne".

 

Démissionner ? Cécile Duflot n’y songe d'aillleurs pas une seconde. "Tant que je suis utile à mon travail de ministre, utile à cette majorité et tant que le travail que mène le gouvernement de Jean-Marc Ayrault est bon pour notre pays, alors ma place est au sein de ce gouvernement", estime t-elle. Une . Dans l'après-midi, Jean-Marc Ayrault était venu à la rescousse des deux ministres écologistes, indiquant que "la question de leur participation au gouvernement "ne se posait pas".

 

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28 septembre 2012 5 28 /09 /septembre /2012 07:48

- le 20 Juillet 2012

Pétition pour un référendum sur le Pacte budgétaire européen

L'Humanité lance une pétition « pour un référendum sur le traité budgétaire ». L’urgence et la gravité de ce qui se joue imposent de réagir au cœur de l’été avec une étape retentissante lors de la Fête de l’Humanité les 14, 15 et 16 septembre. Ensemble, pour que vive la démocratie, pour que notre pays garde la possibilité de mener une politique de gauche, signez la pétition.

  • Les raisons de la pétition:

"Non à l'austérité dans le droit européen, exigeons un référendum", par Patrick Le Hyaric, directeur de l'Humanité

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28 septembre 2012 5 28 /09 /septembre /2012 07:33

Ce mercredi après-midi, des étudiants d’extrême droite du GUD ont attaqué de belle manière la rentrée. Ils ont tenté de provoquer une bagarre à la fédération communiste du Rhône, dans le 3e arrondissement de Lyon, qu’ils ont couvert d’autocollants. Trois personnes ont été interpellées et placées en garde à vue.


Reformé à Lyon en septembre dernier à l’université Lyon 3 (son fief historique), le Groupement Union Défense (GUD) a déjà fait parlé de lui pour des actions violentes. C’est pour cela que la direction départementale du PCF ne prend pas « l’agression » dont son siège a été l’objet à la légère, même s’il n’y a pas eu de coups distribués.

 

Ce mercredi, vers les 16h30, cinq militants communistes étaient en réunion à leur siège départemental. Ils préparaient la fête de l’humanité du Rhône quand un groupe de sept personnes ont tenté un coup de force, en recouvrant d’abord la porte d’autocollants du GUD et de l’organisation sœur, les Jeunesses nationalistes.

 

Parce qu’il entendait « gratter » derrière la porte, un des permanents de la fédération a ouvert et est tombé nez à nez avec les membres du GUD.


Les cinq communistes sont alors, en groupe, intervenus, avec à leur tête Ingrid Merlinc, une militante de l’Ouest lyonnais qui a la particularité de travailler dans la sécurité. Elle décrit sept jeunes hommes habillés tout en noir. Quatre auraient eu selon elle le visage masqué par une capuche et une écharpe.

 

Elle raconte que sa présence a fait capoter l’ »agression » :

« Ils étaient venus pour casser du communiste mais comme je me suis mise en avant, ils n’ont pas osé frapper une femme. Ils disaient « une femme ça vaut rien » et provoquaient les hommes ».

Jusqu’à l’arrivée de la police, quelques échanges d’amabilités ont eu lieu.
Les sept personnes se sont présentées comme des membres du GUD et des Jeunesses nationaliste et ont déclaré être étudiants en droit à l’université Lyon 3.


D’après la militante communiste, le leader du groupe s’est présenté comme « nazi » en tendant le bras.

 

 

Trois militants en garde à vue


Au son des sirènes de la police, ils ont tous détalé. Sur le signalement des communistes, trois personnes ont été interpellées à quelques centaines de mètre du siège du PCF et ont été placées en garde à vue. Les communistes sont allés porter plainte. Contacté par Rue89Lyon, la Direction Départementale de la Sécurité Publique n’a, pour l’instant, pas précisé ce qui était retenu contre les trois militants d’extrême droite.

Quant au responsable des Jeunesses nationalistes et membres du GUD, Alexandre Gabriac, il dit ne pas avoir été mis au courant de cette action :

« Un militant m’a prévenu qu’il y avait trois militants du GUD en garde à vue, arrêtés devant la permanence du PCF. Mais je ne les connais pas personnellement. Je ne sais pas ce qui leur est reproché mais je les soutiens car, quoiqu’il arrive, on soutient toujours nos amis ».

La secrétaire fédérale du parti communiste, Danielle Lebail-Coquet explique que « ce n’est pas la première fois que [le local] se fait agresser ». Il y aurait déjà eu des autocollants collés et croix celtiques taguées.

Elle considère que ce cas-là est « plus grave » car c’est la première fois que les communistes retrouvent leurs agresseurs dans l’allée. Le PCF veut « se donner le temps de la réflexion » pour savoir quelle réponse politique donnée à cette « agression ».

 

 

Tags néo-nazis et opérations coups de poing

Sous l’appellation d’UDJ (Union Défense de la Jeunesse), les « gentlemen fascistes », comme se surnomment les membres du GUD, ont demandé leur référencement à Lyon 3 en octobre dernier, ce que la direction de l’université leur a refusé.

Le GUD a notamment fait parlé de lui pour des tags néo-nazis dans une commune du Beaujolais en décembre dernier et, au printemps, pour une opération coup de poing lors des élections étudiantes.

 

 

 

 

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28 septembre 2012 5 28 /09 /septembre /2012 01:16

 

Traité européen: une camisole néolibérale sur les Parlements

Manifestation pour un référendum sur le traité européen, J-3.   Le traité budgétaire permet à la Commission et au Conseil européens de passer au-dessus des Parlements nationaux pour imposer partout rationnement des dépenses et réformes antisociales.


 

Si c’est en forgeant qu’on devient forgeron, nourris d’une riche expérience, les rédacteurs du traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG) ont fait un travail d’orfèvre. Car non seulement ce texte est le couronnement des directives, pactes, conclusions de sommet adoptés ces dernières années, mais il offre à la Commission et au Conseil européens les moyens coercitifs d’imposer des politiques austéritaires aux États. Comment ? Par un mélange de contraintes intérieures – le droit national – et de contraintes extérieures – le pouvoir des institutions européennes.

 

Budget sous surveillance

Depuis 1997, en vertu du pacte de stabilité et de croissance, un pays risque une amende de 0,2 % de son produit intérieur brut (PIB) si son déficit public dépasse 3 % du PIB. Aux dispositions actuelles, le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance innove : il impose une contrainte intérieure, qui a pour nom « règle d’or ». Selon le TSCG, le nouveau plafond de déficit, plus stricte que le précédent (0,5 % de déficit structurel), doit être inscrit dans le droit national « au moyen de dispositions contraignantes et permanentes, de préférence constitutionnelles ». Ce sera donc le droit national lui-même, par des « mécanismes de correction automatiques » qui se chargera de baliser le chemin du Parlement, qui ne pourra plus voter un budget en déficit structurel. La prérogative première du Parlement, voter le budget, serait quasiment abolie.

 

Dénonciation et amende

Le TSCG renforce également les contraintes extérieures. Les États se voient intimer l’ordre de se dénoncer les uns les autres pour vérifier si la règle d’or est bien traduite en droit national. Si la Commission estime que la copie n’est pas conforme, « la Cour de justice de l’Union européenne (CJE) sera saisie par » l’un des pays signataires du traité. Ensuite, celle-ci pourrait infliger au pays fautif une amende de 0,1 % de son PIB. Pour la France : une douloureuse de 2 milliards d’euros si la Commission estime que l’usine à gaz concoctée par le gouvernement (voir l’Humanité d’hier) ne correspond pas aux objectifs fixés par le traité.

 

Réformes structurelles

Des mécanismes pour tendre à la réduction des déficits à marche forcée existent déjà, comme nous l’avons vu, dans le pacte de stabilité et de croissance (PSC). En sus, si le TSCG entre en vigueur, un pays qui ne respecte pas les critères du PSC devra mettre « en place un programme de partenariat budgétaire et économique comportant une correction effective et durable du déficit ». Non seulement, ce plan prévoira des baisses de dépenses, mais aussi des « réformes structurelles ». Derrière ce vocable, se cachent réforme des retraites, casse du Code du travail, privatisations, contraction de l’emploi public.

 

Toutes ces politiques ont déjà fait la preuve qu’elles renforcent la précarité. Les Parlements nationaux empêchés de mener souverainement la politique de la nation, puisque ces programmes de partenariat devront être présentés « pour approbation » au Conseil et à la Commission. Pis, le texte demande l’engagement par les États d’approuver les « recommandations » de l’exécutif européen. Les gouvernements seront ravalés au statut de béni-oui-oui.

Manifestation pour un référendum sur le traité européen, J-3.   Le traité budgétaire permet à la Commission et au Conseil européens de passer au-dessus des Parlements nationaux pour imposer partout rationnement des dépenses et réformes antisociales.


 

Si c’est en forgeant qu’on devient forgeron, nourris d’une riche expérience, les rédacteurs du traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG) ont fait un travail d’orfèvre. Car non seulement ce texte est le couronnement des directives, pactes, conclusions de sommet adoptés ces dernières années, mais il offre à la Commission et au Conseil européens les moyens coercitifs d’imposer des politiques austéritaires aux États. Comment ? Par un mélange de contraintes intérieures – le droit national – et de contraintes extérieures – le pouvoir des institutions européennes.

 

Budget sous surveillance

Depuis 1997, en vertu du pacte de stabilité et de croissance, un pays risque une amende de 0,2 % de son produit intérieur brut (PIB) si son déficit public dépasse 3 % du PIB. Aux dispositions actuelles, le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance innove : il impose une contrainte intérieure, qui a pour nom « règle d’or ». Selon le TSCG, le nouveau plafond de déficit, plus stricte que le précédent (0,5 % de déficit structurel), doit être inscrit dans le droit national « au moyen de dispositions contraignantes et permanentes, de préférence constitutionnelles ». Ce sera donc le droit national lui-même, par des « mécanismes de correction automatiques » qui se chargera de baliser le chemin du Parlement, qui ne pourra plus voter un budget en déficit structurel. La prérogative première du Parlement, voter le budget, serait quasiment abolie.

 

Dénonciation et amende

Le TSCG renforce également les contraintes extérieures. Les États se voient intimer l’ordre de se dénoncer les uns les autres pour vérifier si la règle d’or est bien traduite en droit national. Si la Commission estime que la copie n’est pas conforme, « la Cour de justice de l’Union européenne (CJE) sera saisie par » l’un des pays signataires du traité. Ensuite, celle-ci pourrait infliger au pays fautif une amende de 0,1 % de son PIB. Pour la France : une douloureuse de 2 milliards d’euros si la Commission estime que l’usine à gaz concoctée par le gouvernement (voir l’Humanité d’hier) ne correspond pas aux objectifs fixés par le traité.

 

Réformes structurelles

Des mécanismes pour tendre à la réduction des déficits à marche forcée existent déjà, comme nous l’avons vu, dans le pacte de stabilité et de croissance (PSC). En sus, si le TSCG entre en vigueur, un pays qui ne respecte pas les critères du PSC devra mettre « en place un programme de partenariat budgétaire et économique comportant une correction effective et durable du déficit ». Non seulement, ce plan prévoira des baisses de dépenses, mais aussi des « réformes structurelles ». Derrière ce vocable, se cachent réforme des retraites, casse du Code du travail, privatisations, contraction de l’emploi public.

 

Toutes ces politiques ont déjà fait la preuve qu’elles renforcent la précarité. Les Parlements nationaux empêchés de mener souverainement la politique de la nation, puisque ces programmes de partenariat devront être présentés « pour approbation » au Conseil et à la Commission. Pis, le texte demande l’engagement par les États d’approuver les « recommandations » de l’exécutif européen. Les gouvernements seront ravalés au statut de béni-oui-oui.

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