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5 septembre 2012 3 05 /09 /septembre /2012 09:14

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Published by bruno fornaciari - dans LUTTES ET SOLIDARITÉ
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5 septembre 2012 3 05 /09 /septembre /2012 07:39

Françoise David rejoint Amir Khadir à l’Assemblée nationale

Rayonnante, Françoise David a remercié hier soir les électeurs de Gouin pour son élection : « Je pense que vous faites plaisir à beaucoup de monde. »
Photo : Pedro Ruiz - Le Devoir
Rayonnante, Françoise David a remercié hier soir les électeurs de Gouin pour son élection : « Je pense que vous faites plaisir à beaucoup de monde. »
La voix de Québec solidaire (QS) continuera de résonner à l’Assemblée nationale. Et elle sera plus forte, puisque les coporte-parole Françoise David et Amir Khadir y siégeront côte à côte dès l’ouverture de la nouvelle législature.

« Debout ! Debout ! Françoise ! Françoise ! », scandaient les 2000 solidaires rassemblés à l’Olympia, à Montréal, à l’annonce de l’élection de la présidente de la formation politique dans la circonscription de Gouin.


Le fief du Parti québécois (PQ) est tombé mardi soir dans l’escarcelle de Québec solidaire. Françoise David récoltait au moment de rédiger ces lignes 46 % des votes, comparativement à 32,5 % pour le député péquiste sortant, Nicolas Girard. « Quelle joie ! », a déclaré la nouvelle élue après s’être faufilée tout sourire entre ses sympathisants, agglutinés dans le parterre de la grande salle. Mme David a exprimé sa gratitude aux électeurs de Gouin qui « croient en [elle] et en Québec solidaire ». « Ce soir, vous, gens de Gouin, je pense que vous faites plaisir à beaucoup de monde », a-t-elle ajouté.


Pour sa part, Amir Khadir a été réélu avec facilité dans la circonscription de Mercier, arrachée au PQ lors des élections générales de 2008. Jean Poirier, qui briguait les suffrages sous la bannière du PQ, a échoué à ravir au premier élu solidaire la circonscription montréalaise, dont les limites épousent grossièrement celles de l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal. Le coporte-parole de QS jouissait, mardi en fin de soirée, d’une avance confortable d’environ 6800 votes sur l’ancien président du syndicat d’Aveos. En 2008, il s’était emparé de la circonscription, aux mains du PQ depuis plus de cinq ans, avec une majorité de 810 votes sur son principal adversaire, Daniel Turp.


D’autres espoirs


Québec solidaire a toutefois échoué à faire tomber le fief de Sainte-Marie -Saint-Jacques, aux mains du PQ depuis 1989. Récoltant plus du quart des votes, la candidate Manon Massé accusait un retard de près de 2250 voix sur le candidat vedette du PQ, Daniel Breton (35 %), au moment d’écrire ces lignes. « Nous sommes victimes du mode de scrutin… mais ça va changer. Il faut dès maintenant se mettre en marche ! », a déclaré Manon Massé aux militants en fin de soirée.


L’état-major de QS nourrissait d’autres fous espoirs dans la circonscription de Laurier-Dorion, soit celui de faire élire Andrés Fontecilla. Pari perdu. Profitant de la division du vote entre le PQ et QS, Gerry Sklavounos (PLQ) s’est faufilé au premier rang. « C’est pas grave. On bâtit pour l’avenir », a dit Amir Khadir.


Quelque 6 % des électeurs québécois se sont tournés vers QS. « Beaucoup plus de gens que ça nous aiment. On est même leur choix, leur favori, mais ce foutu mode de scrutin les a forcés à voter contre et non pour leurs idées », a affirmé M. Khadir, convaincu que son parti aurait pu récolter bien plus de votes.


« Je vais à l’Assemblée nationale parce que la justice, ce n’est pas qu’un mot, on veut que ça soit la réalité », a conclu Amir Khadir, qui savourait avec Françoise David un « moment de doux espoir pour le Québec et Québec solidaire ».

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Published by bruno fornaciari - dans INTERNATIONAL
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5 septembre 2012 3 05 /09 /septembre /2012 07:27

Emplois d'avenir: une "première réponse" non "durable" pour le Front de gauche

Alors que le projet de loi sur les emplois d'avenir doit être examiné la semaine prochaine par le Parlement, les députés du Front de gauche ont déposé une série d'amendements sur ce dispositif qui "peux apporter une première réponse" pour les jeunes concernés mais "ne permettra pas de leurs assurer un accès durable à l'emploi".


Les députés du Front de gauche "ont déposé des amendements visant à ce que ces contrats ouvrent vraiment un avenir. Ils les défendront âprement, pour que le changement se traduise concrètement et sans attendre, en particulier pour les jeunes", écrit dans un communiqué Marie-George Buffet, qui défendra les positions de son groupe lors du débat sur le projet de loi la semaine prochaine à l'Assemblée.

 

Selon la députée de Seine-Saint-Denis, "il est indispensable d'inclure dans ces contrats une formation qualifiante, un accompagnement sous la forme notamment d'un tutorat et une obligation de pérennisation de ces emplois" "En outre, les acteurs concernés (syndicats, élus, organisations de jeunesses, missions locales) doivent avoir un pouvoir de contrôle du dispositif", ajoute-t-elle.

 

"Les contrats d'avenir professeur, pour leur part, peuvent marquer une démocratisation de l'accès aux professions d'enseignement. Mais, là encore, ce dispositif ne saurait être assimilé à un véritable pré-recrutement par l’Éducation nationale, réclamé par les syndicats, qui préserverait le statut de la fonction publique", souligne Marie-George Buffet.

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5 septembre 2012 3 05 /09 /septembre /2012 03:10

Traité européen : Le Pen, telle un coucou, veut parasiter le nid de ses adversaires

A l'appel du Front de gauche et d'acteurs du mouvement social, la mobilisation contre le Traité européen, pour une Europe de la solidarité et contre l'austérité, prend de l'ampleur. Cela gêne Marine Le Pen qui a choisi pour sa rentrée, telle un coucou, de parasiter le nid de ses adversaires. La voilà donc qui réclame un réferendum mais pour demander de dissoudre la zone euro, autrement dit de remplacer la catastrophe de l'austérité généralisée par une autre catastrophe plus grande encore.

 

Personne n'est dupe. Les habituels discours de division des salariés européens qui opposent les peuples les uns aux autres ne sont pas les nôtres. Ils servent surtout de repoussoir idéal en faveur du camp qui veut l'adoption du traité Sarkozy/Merkel et ce, sans que les Français puissent donner leur avis.


Le Front de gauche ne tombera pas dans ce piège grossier. Face à la campagne égoïste du FN, nous portons face à l'Europe de l'austérité, le projet d'une Europe solidaire unissant les Italiens, les Grecs, les Espagnols victimes de l'austérité érigée en dogme par les promoteurs de ce traité.


Le Front de gauche, en lançant sa campagne, en mobilisant pour une grande manifestation fin septembre contre ce traité et pour la consultation des Français, veut promouvoir et refonder cette Europe. En somme, tout le contraire du discours du FN.

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5 septembre 2012 3 05 /09 /septembre /2012 03:08

Pour le PCF, Le Pen est un "coucou" qui "veut parasiter le nid de ses adversaires"

BFMTV ET AFP
Le 04/09/2012 à 17:30

Le Parti communiste français (PCF) a qualifié ce mardi Marine Le Pen de "coucou" qui "veut parasiter le nid de ses adversaires", après les déclarations de la présidente du Front national promettant "une grande campagne politique" contre le traité budgétaire européen.

 

"A l'appel du Front de gauche et d'acteurs du mouvement social, la mobilisation contre le Traité européen, pour une Europe de la solidarité et contre l'austérité, prend de l'ampleur", explique le PCF dans un communiqué. "Cela gêne Marine Le Pen qui a choisi pour sa rentrée, telle un coucou, de parasiter le nid de ses adversaires", est-il ajouté.

 

"La voilà donc qui réclame un référendum mais pour demander de dissoudre la zone euro, autrement dit de remplacer la catastrophe de l'austérité généralisée par une autre catastrophe plus grande encore. Personne n'est dupe", prévient le PCF.

"Le Front de gauche, en lançant sa campagne, en mobilisant pour une grande manifestation fin septembre contre ce traité et pour la consultation des Français, veut promouvoir et refonder cette Europe. En somme, tout le contraire du discours du FN", conclut le PCF.

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5 septembre 2012 3 05 /09 /septembre /2012 03:00

« La Cause et l’Usage » de Dorine Brun et Julien Meunier

L’enfer de la corruption

mardi 4 septembre 2012, par Mehdi Benallal

 

Serge Dassault est un homme de droite, un marchand d’armes et le patron du Figaro. Il a aussi été le maire de Corbeil-Essonnes, ville de la banlieue parisienne prise au Parti communiste en 1995. En 2009, le Conseil d’Etat le condamne pour avoir acheté le vote de nombreux habitants et invalide sa dernière réélection. De nouvelles élections sont alors organisées. Dassault, inéligible, avance son candidat, Jean-Pierre Bechter. Face à lui, le PCF compte sur une décision de justice qui légitime ses accusations de corruption pour emporter le suffrage. Dorine Brun et Julien Meunier ont filmé les réunions publiques des candidats, leurs démarchages à domicile, leurs discussions avec les Corbeil-Essonnois, les distributions de tracts sur les marchés, jusqu’aux résultats du second tour et la première tenue du nouveau conseil municipal. [1]

 

Il ne s’est pas agi, pour les réalisateurs, de « filmer l’ennemi » mais d’enregistrer un désordre social et moral. Il y a un « effet Dassault », et cet effet, il se voit, il s’entend : sous forme de regards, d’attitudes, de paroles, de silences, de lapsus. En faire un film était par conséquent la meilleure idée qui soit.

 

D’un côté, nous avons les partisans de Dassault : son homme-lige, Bechter, qui ne prononce pas une phrase sans rappeler le nom de son patron ; les militants, par exemple cette femme noire qui se jette dans la mêlée en traitant la gauche de « raciste » mais qui fuit dès qu’elle entend les mots « capitaliste » et « exploités » ; les sympathisants, tels ces jeunes qui entourent Dassault dès son arrivée, prennent sa défense face aux caméras, puis lui font noter leurs noms dans l’espoir que son « bras long » leur donnera du travail... De l’autre, il y a les candidats de la gauche qui disent se battre au nom d’une cause, celle d’une démocratie que l’argent ne viendrait pas entacher, où les décisions ne se prendraient pas par la force mais par l’honnêteté des idées.

 

Dans cette bataille à armes inégales, chacun des protagonistes joue sa partition, et il suffisait d’être là au bon moment pour capter la petite phrase révélatrice ou bien la situation comique ou désolante. Mais la grande idée de ce documentaire est qu’on n’y voit jamais quelqu’un donner seul à la caméra sa version de la vérité : dans chaque plan, on voit toujours au moins deux personnes se faire face, de sorte que personne ne parle sans être écouté et parfois contredit, interpellé, moqué...

 

Un film militant aurait mis en avant un discours plutôt qu’un autre, aurait désigné sans ambiguïté l’adversaire, appelé à prendre parti. Au contraire, dans La Cause et l’Usage, pas un discours n’est placé hors de son contexte, monté plus haut que les autres. Impossible de penser, par exemple, que le candidat écologiste a raison de se scandaliser des permis de conduire offerts par la mairie de droite sans se dire en même temps qu’il est en train de faire campagne, et sans voir en même temps que les jeunes devant lesquels il s’explique sourient en coin ou gardent le silence.

Ces mêmes jeunes, on les retrouvera plus tard autour de Dassault, en train de lui exprimer leur gratitude...

 

Puisque aucune parole tenue dans ce film n’est garante d’une vérité, que chacune d’elle est visiblement infiltrée et cernée d’arrière-pensées, que tous ceux qui traversent le film défendent leur intérêt bien compris sous couvert de bon sens, de générosité ou d’honnêteté, la situation apparaît vite comme inextricable et sans issue. Les paroles succèdent aux paroles, les masques aux masques, et plus rien ne se passe qui ne soit dégradé par le contexte général, désinvesti de sa force. Par exemple il y a ces ouvriers de l’imprimerie de Corbeil-Essonnes qui se mêlent aux élections en dénonçant bien haut l’augmentation de leur charge de travail. Or, l’un d’entre eux prendra soin de souligner à un militant de droite qu’ils ne font pas de politique pour autant…

 

Ce qu’ont filmé Dorine Brun et Julien Meunier, c’est une universelle duplicité, un enfer pavé de calculs et d’élans intéressés.

 

Dassault a fait de Corbeil-Essonnes un enfer et de sa candidature un veau d’or : soit on l’adore, soit on dénonce la supercherie, mais on est de toute façon piégé, obligé de se mesurer à lui, à son pouvoir. Contre l’extrême richesse, les grands principes sonnent faux, et le combat politique se fracasse contre le seul principe qui reste, celui de réalité. Et le nerf de la réalité, c’est bien entendu l’argent.

 

Que répondait le Keuner de Brecht [2] à la question : comment rendre quelqu’un incorruptible ? « En le rassasiant. » Serge Dassault n’a pas choisi par hasard une ville peuplée de pauvres gens et d’immigrés sans travail. On ne se nourrit pas avec de la moralité, des idéaux. Comment en vouloir aux jeunes des cités de profiter du passage d’un multimilliardaire pour lui faire allonger de quoi ouvrir un restaurant ? Logique terrifiante que Dorine Brun et Julien Meunier nous découvrent froidement, sans commentaire, nous laissant dévastés, pleins du sentiment que les bonnes intentions ne suffisent pas pour construire un paradis, que tout est à reprendre à zéro.

Notes

[1] La Cause et l’Usage, un film de Dorine Brun et Julien Meunier. Sortie en salles le 5 septembre.

[2] Bertolt Brecht, Histoires de monsieur Keuner, L’Arche, 1980.

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5 septembre 2012 3 05 /09 /septembre /2012 02:46

Pour la laïque, par Jean Jaurès (1892)

« La morale laïque, c’est-à-dire indépendante de toute croyance religieuse préalable, et fondée sur la pure idée du devoir, existe ; nous n’avons point à la créer. Elle n’est pas seulement une doctrine philosophique ; elle est devenue, depuis la Révolution française, une réalité historique, un fait social, car la Révolution, en affirmant les droits et les devoirs de l’homme, ne les a mis sous la sauvegarde d’aucun dogme. Elle n’a pas dit à l’homme : Que crois-tu ? Elle lui a dit : Voilà ce que tu vaux et ce que tu dois ; et, depuis lors, c’est la seule conscience humaine, la liberté réglée par le devoir, qui est le fondement de l’ordre social tout entier.

 

Il s’agit de savoir si cette morale laïque, humaine, qui est l’âme de nos institutions, pourra régler et ennoblir aussi toutes les consciences individuelles. Il s’agit de savoir si tous les citoyens du pays, paysans, ouvriers, commerçants, producteurs de tout ordre, pourront sentir et comprendre ce que vaut d’être homme et à quoi cela engage. Là est l’office principal de l’école.

 

Nos écoles […] sont donc tenues de découvrir et de susciter dans la conscience de l’enfant un principe de vie morale supérieure et une règle d’action. L’enseignement de la morale doit donc être la première préoccupation de nos maîtres.

 

[…] Qui donc, parmi les hommes, a qualité pour parler au nom de la loi morale et pour exiger le sacrifice de tous les penchants mauvais au devoir . Comment pourrons-nous, comment oserions-nous, avec nos innombrables faiblesses, parler aux enfants de la beauté et de l’inviolabilité de la loi ?

 

Il le faut pourtant, il faut oser, avec modestie, mais sans trouble. La majesté et l’autorité de la loi morale ne sont point diminuées, même en nous, par nos propres manquements et nos propres défaillances : et pourvu que nous sentions en nous une volonté bonne et droite, même si elle est débile et trop souvent fléchissante, nous avons le droit de parler, aux enfants, du devoir.

 

Au reste, les maîtres de nos écoles, dans leurs obscures et pesantes fonctions, ont bien souvent et tous les jours sans doute l’occasion de se soumettre librement au devoir : […] quand, se croyant méconnus, ils n’ont rien perdu de leur zèle, ils ont accompli la loi par respect pour la loi ; ils ont été libres serviteurs du devoir ; ils se sont élevés à lui, et ils peuvent s’y fixer par la pensée, même s’ils n’y restent pas invariablement attachés par la conduite ; et, alors, ce n’est pas nous qui parlons, c’est le devoir qui parle en nous et par nous, qui n’y sommes pas tout à fait étrangers.

 

Kant a dit qu’on ne peut prévoir ce que l’éducation ferait de l’humanité, si elle était dirigée par un être supérieur à l’humanité.

 

Or, cet être supérieur à l’homme, c’est l’homme lui-même […] Et ainsi l’humanité peut grandir par la vertu même de l’idéal suscité par elle : et, par un étrange paradoxe qui prouve que le monde moral peut échapper à la loi mécanique, l’humanité s’élève au-dessus d’elle-même sans autre point d’appui qu’elle-même. Donc, les maîtres […] doivent parler sans crainte de l’excellence du devoir, de la dignité humaine, du désintéressement, du sacrifice, de la sainteté. […]

 

[…] l’enseignement civique ne peut avoir de sens et de valeur que par l’enseignement moral, car les constitutions qui assurent à tous les citoyens la liberté politique et qui réalisent ou préparent l’égalité sociale, ont pour âme le respect de la personne humaine, de la dignité humaine.

 

La Révolution française n’a été une grande révolution politique que parce qu’elle a été une grande révolution morale.

 

[…] Ainsi, de tous nos devoirs les plus familiers en apparence, comme la propreté et la sobriété, il faut toujours donner les raisons les plus hautes, celles qui font le mieux sentir la grandeur de l’homme.

 

Par là, tous les enfants de nos écoles auront le sentiment concret et précis de l’idéal. Il semble, d’abord, que ce soit là un mot bien ambitieux pour nos écoles primaires et bien au-dessus de l’enfance. Il n’en est rien : l’âme enfantine est pleine d’ infini flottant, et toute l’éducation doit tendre à donner un contour l’esprit de l’enfant jusqu’à l’idée de la perfection morale, de la sainteté.

 

Et alors, combien grande serait une humanité où tous les hommes respecteraient la personne humaine en eux-mêmes et dans les autres, où tous les hommes diraient la vérité, où tous fuiraient l’ injustice et l’orgueil, et ne recourraient ni à la violence, ni à la ruse, ni à la fraude ! Ce serait la société parfaite, l’humanité idéale, que tous les grands esprits et les grands cœurs ont préparée par la promulgation du devoir et par la soumission au devoir, celle que tous les hommes, et les plus humbles, et les enfants mêmes, peuvent préparer aussi par la soumission libre à la loi morale ; car cette humanité idéale, quand elle prendra corps, sera faite avec la substance de tous les désintéressements et de tous les sacrifices.

 

Et, ainsi, non seulement l’enfant de nos écoles comprendra ce qu’est l’idéal moral pour tout individu humain, pour lui-même et pour l’ensemble de l’humanité, mis il sentira qu’il peut concourir lui-même, par la droiture, par la pratique journalière du devoir, à la réalisation de l’idéal humain. Du coup, sa vie intérieure sera transformée et agrandie : ou plutôt, la vie intérieure aura été créée en lui. Voilà le but suprême que doit se proposer l’école primaire.

 

Par quelle voie, par quelle méthode pourra-t-elle y atteindre le plus sûrement ? Quels doivent être les procédés pratiques d’enseignement de la morale aux enfants ? Et encore, est-ce que la vie morale, libre de toute croyance religieuse préalable, ne devient pas le point de départ d’une conception religieuse, rationnelle et libre, de l’univers ?

 

Questions difficiles ou périlleuses, mais qu’il faudra aborder aussi, si nous ne voulons pas traiter la conscience de la démocratie et l’âme du peuple comme une quantité négligeable. Mais il suffit, pour aujourd’hui, que nous ayons bien compris toute la grandeur de la mission de nos maîtres : ils doivent être avant tout des instituteurs de morale. »

 

(« L’instruction morale à l’école », La Dépêche, 8 juin 1892).

 

Jean Jaurès

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Published by bruno fornaciari - dans EDUCATION-FORMATION
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4 septembre 2012 2 04 /09 /septembre /2012 20:29
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4 septembre 2012 2 04 /09 /septembre /2012 20:24

 

Le premier ministre

s’affiche avec les patrons 


Jean-Marc Ayrault minimise l’événement, mais un Premier ministre de gauche qui ouvre l’université d’été du Medef,  c’est 
une première.

S’afficher avec le patronat dans une ren­trée marquée par une hémorragie 
de licenciements ne passe pas inaperçu et n'est pas anodin. Le premier ministre «(s)’étonne de l’étonne­ment» de certains, considérant sans doute que dialoguer avec les chefs d’entreprise fait partie des prérogatives «normales» de tout gouvernement. 
Certes. Mais rien n’est jamais totalement anodin 
en politi­que. Et la portée symbolique de ce choix tient aussi au fait que plusieurs représentants du gouvernement à foulent allègrement l’herbe du campus HEC de Jouy-en-Josas: 
une dizaine de ministres font le déplacement. «Je tiens le même discours pour les chefs d’entreprise que pour les salariés», se défend 
Jean-Marc Ayrault, (domage de ne pas relever les responsabilités de la crise) manière de dire que la gauche 
au pouvoir ne varie pas de ses objectifs, que, dans 
le paquet fiscal 
de la rentrée, continue 
de figurer l’alourdissement de l’ISF, la fisca­lisation 
du capital au même 
niveau que le travail 
ou encore la taxation 
des hauts revenus supérieurs à 1million d’euros à 75%, mesures combattues par le Medef.


Mais le message 
«de confiance» adressé par le Premier ministre 
aux patrons est, c’est le moins que l’on puisse dire, 
assez loin de la thématique de campagne si chère 
à François Hollande: «Mon adver­saire, c’est la finance.» La finance… Ces banquiers, actionnaires, barons de l’indus­trie, qui continuent de s’enrichir pendant la crise et présentent la facture aux peu­ples 
ne deviendront pas raisonnables avec de vibrants 
appels à la responsabilité et au patriotisme économique. 
Pour montrer aux marchés financiers qu’ils n’ont pas tous les pouvoirs, il y a besoin de poser des actes, des lois, des obligations, des sanctions, qui permettent réellement d’af­fronter la finance, de lui enlever des parts de marché au profit du droit social, d’un autre partage des richesses, du bien com­mun, des services publics, de l’humain.


Laurence Parisot, elle, est loin, très loin de l’idée 
que le dialogue social pourrait générer des compromis 
qui améliorent le sort et les droits des salariés. La patronne des patrons se pose en championne de la négociation sociale mais menace de boy­cotter celle sur la sécurisation des par­cours professionnels si le gouvernement n’inscrit pas dans sa lettre de cadrage la garantie pour 
les entreprises d’une plus grande flexibilisation du travail. «Le gou­vernement va s’apercevoir qu’il ne pourra pas être d’accord avec tout le monde», a rétorqué Bernard Thibault. Le secrétaire général de la CGT 
a invité «à prendre la mesure de l’urgence et des attentes». Le patronat, lui, reste sur le même tempo, obnubilé par la baisse du coût du travail et la saignée dans les dépenses publiques. Ce faisant, Laurence Parisot a appelé 
à «signer des deux mains» le traité budgé­taire européen.


Dans son discours devant les patrons, Jean-Marc Ayrault a promis qu’il n’y aura pas de «hara-kiri» pour 
les entreprises. Pour l’heure, l’austérité adoptée 
en Europe comme «réponse» à la crise, c’est le hara-kiri des peuples. C’est la raison pour laquelle le nouveau traité européen provoque un sérieux débat à gauche, jus­que dans les rangs du PS n


 

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Published by bruno fornaciari - dans EVENEMENT
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4 septembre 2012 2 04 /09 /septembre /2012 20:23

 

Europe : pour un référendum

Le fait que François Hollande se soit engagé à exiger une renégociation du traité a joué un rôle dans son élection. Le pacte budgétaire, qui risque de cadenasser l’Europe dans une austérité à perpétuité, va-t-il s’imposer aux peuples sans que ceux-ci aient droit au chapitre? Telle est la ques­tion qui se pose aujourd’hui dans toute sa gravité. Fidèles aux combats menés pour que l’Europe devienne enfin une chance pour un progrès social partagé, les communistes relancent à nouveau ce débat. Fonda­mental pour l’avenir de la construction européenne, pour la survie même de l’espoir européen, fondamental également 
pour préserver dans cha­que pays de l’Union la possibilité pour les citoyens de mettre en place de véritables politiques de gauche. Il faut débusquer les dangers que recèle le «traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l’union économique et monétaire». Des députés socialistes, comme Marie-Noëlle Lienemann, sont hostiles à la ratification par la France de ce traité, qui porte la marque de ses auteurs, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy. Ce texte apparaissait d’ailleurs tellement lié à la pression libé­rale de ces deux dirigeants de droite en Allemagne et en France, que, des deux côtés du Rhin, le pacte s’est fait connaître sous le patronyme de Merkozy.

La France disposait d’une opportunité de taille avec le changement politi­que survenu au printemps. Le fait que François Hollande se soit engagé tout au long de la campagne de l’élection présidentielle pour une rêne­gociation du traité joua un rôle certain dans le soutien majoritaire qui l’a conduit à l’Élysée. Cette prise de position allait à la rencontre des quatre millions d’électeurs du Front de gauche, dont le report des voix fut décisif, mais aussi d’un grand nombre de membres et de sympathisants du Parti socialiste qui avaient pris leur part dans la victoire du « non » à la consti­tution européenne en mai2005. Dans sa majorité, la gauche n’acceptait pas un texte qui érigeait le libéralisme économique en horizon indépassa­ble de toute politique européenne. À l’époque, le recours à la forme réfé­rendaire n’était pas inscrit d’avance dans l’agenda politique. Il a fallu un mouvement citoyen sans précédent pour exiger que le peuple fût con­sulté, pour porter le projet à la connaissance du plus grand nombre et pour organiser le débat public. Jamais, depuis la signature du traité de Rome en 1957, la question européenne ne suscita autant d’intérêt popu­laire qu’en 2005.

La suite des événements est connue: Nicolas Sarkozy, sitôt élu en 2007, foula aux pieds le vote des Français et, de concert avec Angela Merkel, imposa le traité de Lisbonne, qui devait éviter que l’Europe ne sombrât dans la crise. Les peuples ont durement mesuré la réalité qui s’en suivit. Force est de déplorer aujourd’hui que le nouveau président n’a pas honoré la promesse du candidat. Ce n’est pas renégocier un traité que se contenter d’ajouter un paragraphe sur la croissance sans remettre en question l’arsenal anti-souveraineté populaire qui le parcourt.

C’est au nom d’une haute conception 
de l’Europe, sociale et démocrati­que, que nous relançons le débat, diffusons une pétition, pour qu’en der­nière analyse le peuple soit l’unique souverain consulté 
par référendum. Donnons de la voix n

 

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BRUNO FORNACIARI

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