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14 janvier 2016 4 14 /01 /janvier /2016 15:02
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14 janvier 2016 4 14 /01 /janvier /2016 14:17
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14 janvier 2016 4 14 /01 /janvier /2016 09:31

Goodyear : Le PCF exige l'annulation de ce jugement inique et l'amnistie pour les militants syndicaux

La peine infligée hier aux huit salariés de Goodyear accusés de défendre leur entreprise et l'emploi est d une extrême gravité et appelle à une riposte d ampleur : comme tout récemment à Air France, elle est une atteinte insupportable aux droits de salariés, de syndicalistes de défendre leurs emplois, en défendant par là même l'intérêt de populations et de territoires saignés par les choix de grands Groupes dont la seule boussole est la rémunération des actionnaires au détriment de l'intérêt général.

Elle est aussi plus largement, au même titre que le projet de déchéance de la nationalité, une atteinte à la République et à ses valeurs : peut-on faire vivre les valeurs de liberté, d'égalité, de fraternité en criminalisant l'action syndicale, en interdisant aux salariés d'intervenir sur les choix de leur entreprise ? Contester les choix stratégiques patronaux, avancer d'autres propositions doit-il devenir un délit puni de prison ferme ?

Nous ne l'acceptons pas, nous ne le supportons pas ; nous n'acceptons pas que la dérive sécuritaire dans laquelle le gouvernement cherche à nous enfermer s'accompagne de violations des droits syndicaux et citoyens, des Droits de l'Homme.

Le Parti communiste français, ses parlementaires, ses élus, ses militants expriment avec une immense fraternité leur soutien et leur solidarité aux salariés de Goodyear. Ils exigent l'annulation de ce jugement inique et, au-delà, l'amnistie pour tous les militants syndicaux condamnés, conformément à l'exigence portée par le Groupe communiste républicain et citoyen au sénat. Ils portent l'exigence de moratoires immédiats dès l'annonce de licenciements ou suppressions d'emplois pour permettre aux salariés et à leurs représentants, aux populations et élus des territoires concernés de débattre de propositions, à égalité avec les représentants des directions et avec des droits renforcés en ce domaine.

Nous sommes disponibles et mobilisés pour toute action, tout débat en ce sens, pour que se lève dans ce pays l'espoir d'une alternative aux politiques d'austérité et à la mainmise de la finance sur les choix économiques et industriels du pays. Disponibles et mobilisés pour une extension des droits et des libertés au lieu de politiques de répression et d'étouffement des contestations.

Pour une République dont il est désormais urgent de redonner sens, celui de la démocratie et des droits pour tous.

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12 janvier 2016 2 12 /01 /janvier /2016 22:06

Prison ferme contre 8 syndicalistes

Le gouvernement devra rendre compte !

Communiqué de presse commun CGT, FNIC CGT, UD 80, UL AMIENS Z.I., SYNDICAT CGT Goodyear

Les 7 longues années de lutte des salariés de Goodyear, face à la multinationale, ont été marquées de conflits durs et âpres avec un patronat violent ayant recours à des vigiles, des hommes de main omniprésents dans les ateliers, l’entreprise, pour faire peur, faire taire les salariés et leur faire accepter la fermeture de leur usine.

Toutes les plaintes des militants CGT Goodyear pour que le droit du travail, la santé des salariés soient respectés, ont été déposées au commissariat, transmises au Procureur de la République ; mais mises au panier et classées sans suite.

Après 7 années de combat, un accord est signé entre la direction et la CGT, avec des dimensions sociales et l’abandon de toutes les procédures judiciaires à l’encontre des militants CGT.

Le Procureur de la République, sans doute soutenu par sa hiérarchie, voire le 1er Ministre, décide seul de poursuivre l’action devant les tribunaux contre 8 militants CGT. Il demande au juge de condamner ces 8 militants à 24 mois de prison dont la moitié ferme. Le juge vient de prendre la décision de suivre le pro- cureur en condamnant 8 représentants des salariés de Goodyear à 24 mois de prison dont 9 mois fermes avec 5 années de mise à l’épreuve.

Défendre les intérêts des salariés devient ainsi un délit aux yeux de ce pouvoir qui prétend rendre justice dans le pays ! Justice à soi-même, puisqu’il n’y a plus aucune plainte de la société Goodyear, ni de quelconque !

POURQUOI TANT DE HARGNE CONTRE LA CGT ?

C’est la première fois dans l’histoire de la République que, sous un gouvernement dit « de gauche », de telles peines sont infligées à des syndicalistes. Le gouvernement devra rendre des comptes aux salariés, à la population, aux électeurs le moment venu.

Le gouvernement est responsable de la justice de son pays ! Une justice qui place le militant syndical au rang de délinquant est une justice de classe.

Le contexte actuel qu’utilise le gouvernement de « l’état d’urgence » ne justifie pas la mise en cause de l’activité et de l’action syndicales. Cette décision est un choix politique répressif contre les droits et liber- tés des citoyens à se défendre dans leur travail avec les syndicats, ce que dénonce la CGT depuis l’instauration de « l’état d’urgence ».

LA CGT, TOUTE LA CGT, NE LAISSERA PAS EMPRISONNER SES MILITANTS !

Si le gouvernement veut déclarer la guerre au syndicalisme CGT, il devra en assumer les conséquences.

Toute la CGT, tous ses militants avec les salariés et tous ceux, pour qui la justice n’est pas un instrument politicien, sont appelés à organiser la riposte.

L’APPEL CONTRE CETTE DÉCISION EST ENGAGÉ ET DÈS MAINTENANT, PARTOUT, DES COMITÉS DE DÉFENSE POUR LES DROITS ET LIBERTÉS DOIVENT ORGANISER, RASSEMBLER, MOBILISER L’ENSEMBLE DES SALARIÉS, DE LA POPULATION CIVILE POUR LE RESPECT DES DROITS ET LIBERTÉS INDIVIDUELLES ET COLLECTIVES.

Montreuil, le 12 janvier 2016

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12 janvier 2016 2 12 /01 /janvier /2016 21:51

Indignation et colère après la condamnation de ces salariés

Goodyear -

Suite à la décision du tribunal correctionnel d’Amiens de sanctionner les salariés mobilisés contre la fermeture de leur entreprise à 9 mois de prison ferme, les sénatrices et sénateurs du groupe Communiste Républicain et Citoyen font part de leur colère face à cette condamnation et expriment à nouveau avec force leur engagement en faveur de l’action collective et de la défense des salariés victimes de la répression, alors que les sanctions à l’encontre des représentants du personnel se multiplient.

Les sénatrices et sénateurs du groupe CRC rappellent l’adoption par la majorité du Sénat de leur proposition de loi d’amnistie sur les faits commis à l’occasion de mouvements sociaux le 27 février 2013. Ils affirment vouloir continuer à défendre l’amnistie des faits commis à l’occasion de mouvements sociaux, mais aussi d’activités syndicales ou revendicatives ainsi que l’amnistie des sanctions disciplinaires actuellement en instance de débat à l’Assemblée nationale.

Aussi, les sénatrices et sénateurs du groupe CRC demandent l’inscription à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale dans les plus brefs délais de l’examen de leur proposition de loi d’amnistie pour les militantes et militants syndicaux.

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12 janvier 2016 2 12 /01 /janvier /2016 17:41

PRISON FERME POUR DES EX GOODYEAR

Deux poids, deux mesures innaceptables

Huit anciens salariés de Goodyear Amiens jugés pour avoir séquestré deux cadres de l’entreprise en 2014 viennent d’être condamnés à deux ans de prison, dont neuf mois fermes, par le tribunal correctionnel d’Amiens.

Je suis totalement indigné d’apprendre que la « justice » vient de condamner huit ex-salariés de l’usine Goodyear d’Amiens en lutte pour sauvegarder leur entreprise, leur outil de travail et leur emploi, à 9 mois de prison ferme (et 15 mois avec sursis).

C’est une décision inique qui montre une nouvelle fois que s’applique en France une justice de classe selon que l’on est ouvrier ou dirigeant, citoyen ou ministre, justiciable ou évadé fiscal. Ex-ministres, grands patrons et autres fraudeurs à grande échelle, eux, s’en sortent toujours à bon compte. Deux poids, deux mesures !

Les salariés de Goodyear se sont battus pour vivre dignement et empêcher l’usine de mettre la clé sous la porte. L’histoire récente a pourtant donné raison à leur combat alors que le pays connaît un certain regain de l’industrie automobile, particulièrement dans la région Nord Pas de Calais Picardie où les carnets de commande reprennent de la vigueur et qu’il y aura besoin ici de ces ouvriers qualifiés dans leur domaine.

Ce jugement vise purement et simplement à servir d’exemple pour étouffer dans l’œuf toute tentative de relever la tête contre les décisions les plus inacceptables. Nous refusons cette justice à deux vitesses et sommes solidaires des salariés condamnés injustement.

Fabien Roussel

Secrétaire départemental du PCF Nord

PRISON FERME POUR DES EX GOODYEAR

 
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Deux poids, deux mesures innaceptables

Publié le 12 janvier 2016

Huit anciens salariés de Goodyear Amiens jugés pour avoir séquestré deux cadres de l’entreprise en 2014 viennent d’être condamnés à deux ans de prison, dont neuf mois fermes, par le tribunal correctionnel d’Amiens.

 

Je suis totalement indigné d’apprendre que la « justice » vient de condamner huit ex-salariés de l’usine Goodyear d’Amiens en lutte pour sauvegarder leur entreprise, leur outil de travail et leur emploi, à 9 mois de prison ferme (et 15 mois avec sursis).

C’est une décision inique qui montre une nouvelle fois que s’applique en France une justice de classe selon que l’on est ouvrier ou dirigeant, citoyen ou ministre, justiciable ou évadé fiscal. Ex-ministres, grands patrons et autres fraudeurs à grande échelle, eux, s’en sortent toujours à bon compte. Deux poids, deux mesures !

Les salariés de Goodyear se sont battus pour vivre dignement et empêcher l’usine de mettre la clé sous la porte. L’histoire récente a pourtant donné raison à leur combat alors que le pays connaît un certain regain de l’industrie automobile, particulièrement dans la région Nord Pas de Calais Picardie où les carnets de commande reprennent de la vigueur et qu’il y aura besoin ici de ces ouvriers qualifiés dans leur domaine.

Ce jugement vise purement et simplement à servir d’exemple pour étouffer dans l’œuf toute tentative de relever la tête contre les décisions les plus inacceptables. Nous refusons cette justice à deux vitesses et sommes solidaires des salariés condamnés injustement.

Fabien Roussel

Secrétaire départemental du PCF Nord

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12 janvier 2016 2 12 /01 /janvier /2016 16:31

L'hommage à "Charlie" jauni par Hallydays

 

10 janvier, 21:48

 

'' Etrange dimanche d'hiver''
(Parole et musique Laffitte M)
Sur la grande place je cherchais le chêne
J'y ai surtout trouvé un gland. 
Difficilement, le vieil évadé fiscal 
a quitté les bords du lac Léman
voûté sous le poids de son hernie fiscale.
De la place de la République
Virés, les sans papiers 
pour célébrer la fraternité.
Commune de Paris et Victor Hugo cité
par ces misérables qui nous livrent au Medef et banquiers.
Qu'il est étrange ce dimanche d'hiver.

 
 
Photo de LM Laffitte.
 
 
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11 janvier 2016 1 11 /01 /janvier /2016 18:13
Jean-Baptiste Delgenes a partagé la photo de Pcf Thionvilledans le groupe PCF / FDG.
5 min
 
 
 
Photo de Pcf Thionville.
Pcf Thionville
9 min

Comme illustration de notre lettre, un article dans le journal d'hier.

NDLR : Non, ce n'est pas une nouvelle adhérente du PCF qui est en photo : impossible... c...

Afficher la suite
 
 

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11 janvier 2016 1 11 /01 /janvier /2016 14:08
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9 janvier 2016 6 09 /01 /janvier /2016 17:30

Source : http://vivelepcf.over-blog.fr/

Jean-Luc Mélenchon : « Maastricht est un compromis de gauche » blog de Vive le PCF.

Sénat, séance du 9 juin 1992

samedi 20 juin 2015, par Comité Valmy

Intoduction de Vive le PCF :

Nous reproduisons ci-dessous l’intervention de Jean-Luc Mélenchon, sénateur PS de l’Essonne, le 9 juin 1992, dans la discussion au Sénat sur le projet de loi constitutionnelle préalable à l’adoption du traité de Maastricht. Le texte est copié du Journal officiel. Les passages soulignés le sont par nous.

Rappelons le contexte dans lequel le débat a lieu. Quelques jours auparavant, le NON à Maastricht vient de l’emporter au référendum au Danemark. En France, Mitterrand annonce juste la tenue d’un référendum. Les sondages prédisent une victoire massive du oui.

L’intervention de Mélenchon a suscité l’indignation des sénateurs communistes. On les comprend. Loin de toute critique de l’Europe capitaliste ou « libérale », il défend en « homme de gauche », le « compromis de gauche » que représente selon lui Maastricht.

Son adhésion à l’intégration européenne est totale. Il célèbre la monnaie unique. Dans la foulée, il se livre à un véritable hymne à l’Europe, au « patriotisme européen », aux « éléments de puissance » que l’UE donne avec Maastricht. C’est du pur nationalisme européen, sinon une invitation au développement d’un impérialisme européen.

Mélenchon a-t-il changé ?

En 1992, il manifeste un mépris outrancier pour le choix démocratique du peuple danois qu’il caricature. En 2008, il prétend qu’il faut respecter le Non irlandais à Lisbonne.

En 2005, il se prononce pour le Non au projet de constitution européenne, comme d’autres chantres de Maastricht tels Fabius. Il faut dire que depuis 1992, l’opinion publique rejette de plus en plus massivement la « construction » européenne.

Mais au-delà des postures politiciennes, ne doit-on pas constater une permanence dans l’engagement ultra pro-européen de Mélenchon, teinté maintenant de la couleur de « l’Europe sociale » ?

En tout cas, le choix du « Front de gauche » et la place accordée dans celui-ci par la direction du PCF à Jean-Luc Mélenchon n’en finit pas de poser question. Sur la forme comme sur le fond ; sur la campagne d’ici le 7 juin comme sur les projets de recomposition politique qui pourraient suivre.

La rédaction de vivelepcf

NOTE du COMITE VALMY :

Mélenchon n’a pas modifié ses analyses supranationales rejetant à court terme la France en tant qu’Etat- nation républicain, pas plus qu’il ne s’est réveillé de son rève dogmatique et illusoire, qui l’amène à attendre de voir surgir du néant, une nation européenne fantasmée autour du mythe d’un peuple européen inexistant.

A noter que les dirigeants du PCF, dans les faits, se sont ralliés à ce type de démarche social-démocrate. Françis Wurtz ayant quant à lui, réalisé un virage à 180° par rapport aux idées hostiles à l’Europe supranationale, qu’il défendait, il n’y a pas si longtemps.

Jean Pierre Chevènement qui appelle au vote blanc ou nul pour ces élections européennes déclare dans un communiqué du 14 mai :" Le Front de Gauche méconnaît le ressort que peux constituer l’exercice de la souveraineté nationale, c’est-à-dire, la démocratie, dans une Europe qui est faite d’une trentaine de nations".

Voir en ligne : Mélenchon : l’Euro et l’outrance

Sénat, séance du 9 juin 1992

Examen du projet de loi constitutionnelle préalable à l’adoption du Traité de Maastricht.

Extrait du Journal officiel.

M. le Président. La parole est à M. Mélenchon. (applaudissements sur les travées socialistes).

M. Jean-Luc Mélenchon. Monsieur le président, monsieur le ministre d’Etat, monsieur le garde des sceaux, mes chers collègues, le vote du Danemark a pesé assez lourd sur le déroulement de nos débats pour que certains de nos collègues aient, à un moment, jugé opportun de faire un tableau justifié et apprécié des vertus de ce « grand petit peuple ».

Tableau justifié et apprécié, certes, mais incomplet : que de leçons seraient encore à tirées des vertus des Danois, clamées ici et portées si haut ? Pourquoi s’arrêter en si bon chemin ?

J’ai pensé, mes chers collègues, que vous apprécierez que l’on complétât ce tableau en rappelant qu’il y aurait peut-être quelque chose à apprendre des Danois en examinant le régime qu’ils appliquent aux étrangers aux élections locales ! (applaudissements sur les travées socialistes.)

M. Guy Allouche. Très bien !

M. Jean-Luc Mélenchon. Sans cette précision, que vaut ce portrait ? Rien, comme bien des prétextes qui ont été avancés dans la discussion.

Le vote des étrangers aux élections locales, qui a occupé tant de place dans la presse, a pris parfois un tour dur, injuste, blessant, lorsque, le prétexte se révélant trop inconsistant, il a fallu ajouter derrière le Belge ou l’Italien, qui ne faisaient peur à personne, l’ombre de l’Africain et du Maghrébin, qui paraît-il, sont ce qu’il y a de pire. Or, pour la majorité d’entre nous, Africains et Maghrébins sont des amis et nous espérons bien voir un jour le suffrage universel étendu à tous.

Certains ont prétendu que nous serions incapables de répliquer à l’argument selon lequel toute la procédure engagée devant notre assemblée résulterait d’un contresens, le traité étant devenu inapplicable et caduc.

L’essentiel a déjà été dit à ce sujet. Mais quoi ? après tant de gargarismes sur la grandeur de la France, sur son rôle dans le monde, on trouverait bon, un des partenaires venant à faire défaut, de renoncer à tout, en particulier à la volonté que nous portons en nous de faire l’Europe ?

N’ayons pas honte de ce traité. Déjà, il va au-delà de la situation actuelle, il constitue une avancée.

En tant qu’homme de gauche, je souhaiterais me tourner un instant vers certains de nos amis (l’orateur se tourne vers les travées communistes) pour leur faire entendre que Maastricht est un compromis de gauche : pour la première fois, dans un traité de cette nature, des mesures d’encadrement du marché sont prévues ; pour la première fois, citoyenneté et nationalité sont dissociées ; pour la première fois, les syndicats vont être associés aux processus décisionnels. (protestations sur les travées communistes. – Applaudissements sur les travées socialistes.)

Mme Marie-Claude Beaudeau. Les chômeurs vont disparaître ?

M. Jean-Luc Mélenchon. Si l’on veut dresser un tableau complet, tout cela doit être dit.

Politique politicienne, paraît-il. Nous gouvernerions ce pays l’œil rivé sur le rétroviseur, nous demandant ce que les uns ou les autres vont penser de ce que nous avons conclu. Vous plaisantez ! Aucune cause franco-française, à plus forte raison aucune cause de lutte politicienne ne parvient au niveau auquel se situent les enjeux de Maastricht. S’il en résulte un peu de désordre parmi vous, nous ferons avec !

Mme Hélène Luc. Pour le désordre, vous pouvez parler, parce que chez vous…

M. Jean-Luc Mélenchon. Le fil noir de l’intégration serait, a-t-on dit, un projet sans flamme ; on vérifie une fois de plus que la flamme ne s’allume pas aux mêmes objets pour tous !

Mais l’intégration représente un plus pour nous ; la construction de la nation européenne est un idéal qui nourrit notre passion. Nous sommes fiers, nous sommes heureux de participer à cette construction.

Nous sommes fiers de savoir qu’il va en résulter des éléments de puissance, qu’un magistère nouveau va être proposé à la France, à ma génération, dans le monde futur, qui est monde en sursis, injuste, violent, dominé pour l’instant pas une seul puissance.

Demain, avec la monnaie unique, cette monnaie unique de premier vendeur, premier acheteur, premier producteur, représentant la première masse monétaire du monde, l’Europe sera aussi porteuse d civilisation, de culture, de réseaux de solidarité, come aujourd’hui le dollar porte la violence dans les rapports simples et brutaux qu’entretiennent les Etats-Unis d’Amérique avec le reste du monde.

M. Emmanuel Hamel. Et la violence du 6 juin 1944 !

M. Jean-Luc Mélenchon. Il ya ici assez d’Européens de longue main pour regretter la décision des Danois sans se laisser pour autant détourner des objectifs qu’ils poursuivent et poursuivront sans relâche.

Il y va, je le répète, d’un enjeu de civilisation. L’alternative au monde violent et injuste, où la chute du mur de Berlin reçoit en écho les émeutes de Los Angeles, c’est l’avènement de la nation européenne porteuse de paix, de civilisation et de solidarité.

M. Félix Leyzour. Cela commence bien !

M. Jean-Luc Mélenchon. Et nous ne serons jamais autant Français qu’en y jetant toutes nos forces.

On a invoqué ici, de nombreuses fois, la tradition républicaine de la France pour argumenter contre le progrès de la citoyenneté européenne que constitue le droit de vote accordé aux étrangers communautaires. C’est à mes yeux commettre un contresens et faire preuve d’un archaïsme totalement contraire à la philosophie politique qui a présidé à la fondation de la République dans notre pays et qui garantit la continuité du principe républicain et sa formidable prégnance.

On a dessiné devant nous une identité de la France quasi métaphysique, dans laquelle la souveraineté nationale est confondue avec ses instruments, dont la pérennité tracerait la frontière entre la vie et la mort de la nation. Contresens !

La nation est un mot nouveau qui est né pendant la Révolution française, par opposition au morcellement féodal des peuples de France sous la monarchie.

La nation est le lieu de la citoyenneté ; elle n’est ni éthique, ni religieuse, ni linguistique. La citoyenneté est dans l’exercice collectif du pouvoir. Là où est le pouvoir réel, là doit s’exercer la citoyenneté. Là où est la citoyenneté, là est la nation.

Tout se tient dans la tradition française entre la démocratie et la nation. Si le pouvoir réel de maîtriser notre destin ne peut prendre toute sa réalité économique et sociale qu’à l’échelle de l’Europe, alors, les vrais démocrates ne peuvent que vouloir l’avènement de la nation européenne et, avec elle, de la citoyenneté européenne.

Mes chers collègues, quand on aime la France – et on peut l’aimer de bien des façons – on sait qu’on ne peut la faire dans un seul pays.

La véritable polarisation du débat politique est là, elle traverse l’histoire de nos deux siècles de République. D’un côté, le conservatisme – ce n’est pas honteux – qui s’oppose à chaque étape au processus qui voit la citoyenneté étendre son rôle. De l’autre, le camp du progrès, qui saisit toutes les occasions de confier le pouvoir réel au plus grand nombre et qui, pour cela, parie toujours sur la dimension universelle de la personne, renvoie les différences les plus essentielles – la fois, la langue, l’attachement aux identités locales dans le domaine privé – pour ne reconnaître comme sujet de l’histoire que le citoyen défini par les droits mutuels universels.

Ces principes, nous les portons avec fierté. A l’heur où nous travaillons à une cause aussi fondamentalement française, il ne peut être question de délibérer sous la pression des mots, des fantasmes et même des leçons de patriotisme.

Si j’adhère aux avancées du Traité de Maastricht en matière de citoyenneté européenne, bien qu’elles soient insuffisantes à nos yeux, vous devez le savoir, c’est parce que le plus grand nombre d’entre nous y voient un pas vers ce qui compte, vers ce que nous voulons et portons sans nous cacher : la volonté de voir naître la nation européenne et, avec elle, le patriotisme nouveau qu’elle appelle. (applaudissements sur les travées socialistes).

Mise en ligne : mai 2009

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Published by bruno fornaciari - dans EUROPE
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BRUNO FORNACIARI

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