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30 décembre 2015 3 30 /12 /décembre /2015 23:15
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Published by bruno fornaciari - dans PS ACTUALITES
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30 décembre 2015 3 30 /12 /décembre /2015 07:43

Marcel Trillat. « Quand il y avait Berlinguer »

Hommage circonstancié au dirigeant et intellectuel italien

MARDI, 29 DÉCEMBRE, 2015

L'HUMANITE

Guillaume CLEMENT

Par Marcel Trillat Réalisateur

La télévision, si souvent décevante, offre parfois des moments miraculeux, d’une beauté à pleurer. C’était le cas le soir du 15 décembre sur Arte. Deux documentaires diffusés coup sur coup, comme si, l’espace d’une soirée, s’affrontaient sous nos yeux le pire et le meilleur de cette espèce paradoxale : l’humanité. On venait de subir, accablés, les aboiements de haine de l’auteur de Mein Kampf et, sans transition, comme pour nous consoler, comme pour nous dire : « Attendez, ne perdez pas espoir, l’espèce humaine n’enfante pas que des monstres assassins de masse. Elle a parfois le visage d’un ange ! »

En une heure, Walter Veltroni faisait revivre l’un de ces êtres qui semblent avoir été touchés par la grâce, Enrico Berlinguer, secrétaire général du Parti communiste italien, symbole inoubliable de cet « euro-communisme » qui enchanta tellement notre jeunesse. Autre paradoxe, cet homme admirable avait fait son apparition en Italie une poignée d’années après la mise hors d’état de nuire de l’autre monstre qui galvanisait les foules en hurlant lui aussi à la mort, Benito Mussolini, l’inventeur du fascisme.

Difficile d’imaginer deux hommes, enfantés par la même nation, la même civilisation, plus opposés que ces deux-là : le matamore bouffi d’orgueil, brutal et sans pitié, et l’humaniste timide, nageant dans ses costumes, provoquant l’adhésion et l’affection de milliers de ses concitoyens grâce aux seules armes de son charme, de son intégrité, de son intelligence, de sa force de conviction, de sa main tendue fraternelle. Défenseur des humbles, ami des artistes, bête noire des Américains, des services secrets à leur solde et de la fameuse loge P2, c’est aussi un démocrate intransigeant et courageux qui n’hésite pas à faire l’apologie de la liberté, à Moscou, en plein congrès du Parti communiste soviétique, sous le regard glacial de Leonid Brejnev, qui vient tout juste d’envoyer ses chars mater à Prague les partisans du « socialisme à visage humain ».

Je sais, je sais, pour un marxiste « il n’est pas de sauveur suprême, ni Dieu, ni César, ni tribun », et ce sont les peuples qui décident de leur destin, pas les leaders, si charismatiques soient-ils. Parfois, pourtant, il y a comme un état de grâce entre les uns et les autres, fait de respect mutuel, étranger à toute manipulation. Enrico Berlinguer était l’ami de Salvador Allende et ce n’est pas par hasard. La dernière séquence du film tire les larmes. Berlinguer est en campagne électorale à Padoue. Il va jusqu’au bout de son dernier discours qui se termine par un hommage vibrant aux femmes luttant pour leur émancipation. Ivre de fatigue, il vacille sous les encouragements de la foule : « Enrico ! Enrico ! » Dans quelques heures, il va mourir dans sa chambre d’hôtel. Les images de ses obsèques à Rome sont bouleversantes. Tout un peuple en larmes, des jeunes, des vieux, des hommes, des femmes, des prolétaires, des intellectuels. Près du cercueil, un homme effondré, Marcello Mastroianni.

Quelques années plus tard, j’étais correspondant de France 2 à Rome. François Mitterrand est venu passer quelques jours de vacances en Toscane. À ma grande surprise, les premiers à venir se prosterner devant celui qu’on surnommait « le Florentin », dont l’excellent film de William Karel montrait, la veille justement sur France 2, à quel point il était la parfaite antithèse d’Enrico Berlinguer, furent ses successeurs – Occhetto, D’Alema – qui s’apprêtaient à faire du grand PCI un petit parti démocrate à l’américaine, converti sans état d’âme au plus pathétique des libéralismes. Berlinguer était bien mort. Deux fois !

Faire retrouver au communisme son fondement démocratique

Né le 25 mai 1922 en Sardaigne, celui qui en deviendra le secrétaire général de 1972 à sa mort, le 11 juin 1984, adhère au Parti communiste italien (PCI) en 1943 en même temps qu’il participe à la résistance antifasciste. Élu au Comité central en 1948, Enrico Berlinguer est nommé par Palmiro Togliatti responsable des jeunesses communistes italiennes en 1949. Élu député en 1968, il critique lors d’un congrès à Moscou l’invasion de la Tchécoslovaquie par les troupes soviétiques pendant le printemps de Prague. « Nous voulons parvenir à réaliser, dans l’Occident européen, un modèle économique, social, étatique, qui ne soit plus capitaliste mais qui ne recopie aucun modèle et ne répète aucune des expériences socialistes jusqu’ici réalisées, et qui, en même temps, ne se réduise pas à exhumer des expériences de type social-démocrate, lesquelles se sont limitées à la gestion du capitalisme », déclara-t-il dans un entretien à la Repubblica daté du 2 août 1978 intitulé « L’identité du PCI ». « Berlinguer voulait que le PCI se réapproprie pleinement la représentation de classe », écrit Guido Liguori, dans Berlinguer rivoluzionario. Ses héritiers politiques, qui poussseront à la dissolution du PCI en janvier 1991, liquideront son héritage en se mettant à la remorque du réformisme libéral.

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30 décembre 2015 3 30 /12 /décembre /2015 06:28

LE SAVIEZ-VOUS ? LE MASSACRE DES IMMIGRES ITALIENS À AIGUES-MORTES…

blog -massacre des saliniers italiens a Aigues-Mortes_en_1893

LE SAVIEZ-VOUS ?

Il y a un siècle, les Ritals …
Mohammed s’appelait alors Giovanni.

L’itinéraire des émigrants transalpins à la croisée des XIX et XX siècles …

En 1931, la France est l’un des premiers pays d’immigration du monde, avec 2,7 millions d’étrangers pour 42 millions d’habitants, c’est à dire 6,4 % de la population. On retrouvera cette proportion en … 1990.

Sur ces 2,7 millions, on recense 808 000 Italiens ; les clandestins renforcent en fait ce nombre qui dépasse probablement le million.

POURQUOI CETTE IMMIGRATION ?

Les transalpins sont d’abord venus pour échapper à la pauvreté et trouver du travail, avant d’être rejoints par une génération qui fuyait le fascisme. Il faut cependant admettre que l’émigration n’aurait pas pu prendre une telle ampleur si le pays d’accueil n’avait pas été demandeur …

PREMIER ARTISAN DE L’IMMIGRATION : L’ETAT.

Pendant la guerre de 14-18, parce qu’ils étaient arrachés au rythme des explosions dans les tranchées de la Meuse, les bras manquaient dans les champs ou les usines de fabrication d’armements ; des accords d’emploi furent ainsi conclus avec les pays amis, en particulier l’Italie. Un Office d’Etat dispersa sur le territoire les étrangers au gré des besoins, avec autant d’ardeur qu’il tenta de les renvoyer chez eux une fois le conflit achevé. Mais les syndicats d’employeurs avaient pris le relais…

DEUXIÈME ARTISAN DE L’IMMIGRATION :LE PATRONAT.

La révolution industrielle impliqua un énorme besoin de main d’oeuvre non qualifiée dans la deuxième moitié du dix-neuvième siècle. Une partie du patronat regardait déjà vers les réservoirs de main d’oeuvre étrangère pour d’abord pallier les insuffisances de l’offre nationale, puis rabattre les prétentions des ouvriers français : dans les années 1860, les houillères du nord envoyaient des agents recruteurs en Italie ; les soyeux lyonnais déléguaient des padroni et vantaient les qualités des Italiens, « véritables chinois de l’occident », prêts à se contenter d’un peu de polenta à défaut de riz. C’est sous la direction d’un capo maestro que les équipes italiennes arrivaient toutes constituées dans les oliveraies méridionales des années 20. Contrats fallacieux et dépôts clandestins fleurissaient… Le patronat du Midi, avant guerre, avait vite compris tout le parti à tirer de cette « fourmilière » d’où l’on tirait ou rejetait, au gré des besoins, des journaliers interchangeables…

Pour une raison évidente de proximité, la plus forte concentration transalpine se trouvait sur le littoral : Marseille était la plus grande ville italienne de France (100 000 personnes en 1911, soit 1/4 de la population), bien avant qu’on la taxe de « ville arabe ». Un chantier marseillais parmi d’autres en 1928 employait 98 Français sur 1200 ouvriers, la plupart italiens… Le quartier du Vieux Port devint une véritable enclave napolitaine, communauté portuaire des dockers et des pêcheurs, avec son organisation commerciale, ses dialectes, ses fêtes et spécificités culinaires. Quand le centre fut saturé, il déborda à la Belle-de-Mai et à l’Estaque.

L’accueil des Français fut inégal : d’abord indifférent, il devint hostile dans un contexte de crise et de nationalisme exacerbé par le boulangisme après la défaite de 1871.

La violence xénophobe finit par s’exprimer par des émeutes anti-italiennes en 1881 à Marseille et en 1894 à Lyon (après l’assassinat du président Carnot par un anarchiste italien, Caserio) ; elle culmina à Aigues-Mortes en 1893.

Plus tard, entre les deux guerres, on développa l’usage des termes gentiment mutins « macaroni », « pipi », « babi » ou « ritals ».

LES PEURS HABITUELLES

Les Italiens étaient aussi surnommés « christos » à une époque où la France était touchée par la déchristianisation.

Le comportement religieux très ostentatoire des premiers arrivants, « tristes brutes aveuglées de catholicisme » selon le Cri du Peuple, les éloigna des prolétaires français. A Marseille, les dockers transalpins déchargeaient les navires aux cris de « per Gesù e per la madonna… »

LA TUEURIE d’Aigues-Mortes

A la fin du dix-neuvième siècle, la récolte des sels dans les salines de Peccais était l’occasion pour plusieurs centaines de personnes, travailleurs itinérants, de venir au mois d’août grossir la population d’Aigues-Mortes… Les « trimards » français et italiens acceptaient ainsi un travail harassant en raison des salaires pratiqués.

La récolte de 1893 tourna au drame en se transformant en véritable « ritalade », conséquence de la Grande Dépression des années 1875, et des fantasmes relatifs à la préférence nationale ou à la protection du travail national (termes déjà employés à l’époque !) Les bilans firent état d’un nombre de morts italiens compris entre 8 et plus de 50.

Il est difficile et sans réel intérêt de définir précisément l’origine du massacre ; les tensions dans ce genre de chantier étaient courantes depuis de nombreuses années et les renforts de gendarmerie très prisés par la population locale.

Cet évènement permit à la presse locale de s’exprimer dans un véritable festival de propos nationalistes et de mauvaise foi xénophobe.

Les Italiens permettent donc au début du vingtième siècle l’ascension sociale des Français en se « chargeant des besognes que nos nationaux refusent » (un parlementaire en 1906).

Alors que la population hexagonale n’assurait plus son propre renouvellement, que les bras manquaient (les couples français réduisaient la natalité par la contraception naturelle), l’appel à l’immigration apparut comme une nécessité vitale. Celle-ci assura entre 1918 et 1939 l’essentiel de l’accroissement démographique en France.

Le développement de ces propos est intéressant par l’analogie évidente qui apparaît entre deux climats « fin de siècle ». On s’aperçoit que les vagues de xénophobie sont toujours liées à une crise économique ou politique, et non au dépassement d’un quelconque « seuil de tolérance ».

En 1897 déjà, il valait mieux être né au bon endroit pour prétendre profiter sereinement de la Promenade des Anglais. Cette année-là, la municipalité ouvertement italophobe (elle venait d’être réélue sur le slogan « Nice aux niçois ») décida de ne pas renouveler le permis de travail de cent cochers transalpins (l’annexion de Nice à la France date de 1860). »

Sources : http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=17996

 

 
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Published by bruno fornaciari - dans DOCUMENTS hommage - souvenir
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29 décembre 2015 2 29 /12 /décembre /2015 13:34
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29 décembre 2015 2 29 /12 /décembre /2015 05:35

La liberté dans l’histoire du PCF

Deux anciens dirigeants communistes proposent leur vision des rapports historiques entre PCF et liberté.

Francette Lazard*

C’est toute une histoire ! L’histoire d’une ambition pour la libération humaine qui, à travers le temps, motive et mobilise l’engagement communiste. L’histoire des structures qui la porte, de leurs contradictions et de leurs errements, de leurs conquêtes, de leurs effets dans la vie des individus et des peuples.

Le milieu des années 70 est un bon observatoire de cette histoire. Après 1968, deux ondes de choc vont cumuler leurs effets. En mai/juin 68 à Paris, l’espérance d’une société émancipée se manifeste avec une force inattendue dans la diversité de ses expressions. En août à Prague, les tanks soviétiques brisent l’espoir d’un « socialisme à visage humain ». Le PCF condamne Moscou et prend conscience de l’impératif d’une réflexion nouvelle sur la question des libertés.

Son système de référence est ébranlé. Ni le modèle fondateur de la IIIe Internationale ni l’évocation du « Front populaire » ne vont lui donner les clés de la période qui s’ouvre.

1920, 1936

Le retour sur ces deux moments essentiels du parcours du PCF permet de saisir la complexité de son rapport à la question des libertés. Son élan d’adhésion à l’Internationale proposée par Lénine trouve sa « force propulsive » dans la révolution d’Octobre. Tous les partis communistes vont ensuite devoir se structurer dans le moule unique des « principes du léninisme » codifiés dès 1924 par Staline. L’efficacité révolutionnaire prime, les droits et libertés devront s’y subordonner. Tragédie de l’histoire… Le jeune PCF va rapidement subir les effets de la dérive stalinienne. Ce sera l’autoritarisme, l’esprit de secte, la stratégie « classe contre classe » qui va renvoyer dos à dos le fascisme et la social-démocratie. Après la dramatique arrivée de Hitler en 1933, l’Internationale communiste va chercher une stratégie d’alliances antifascistes. La toute jeune direction du PCF, avec Maurice Thorez, va y contribuer avec audace et créativité. Sa conception du « Front populaire » plonge ses racines dans le riche terreau national des Lumières, de la Révolution française, de la Commune, de la République. La réunion du drapeau rouge et du drapeau tricolore va donner ses couleurs originales à la Résistance antinazie.

Devenu en 1944/45 le premier parti de France, le PCF va promouvoir une conception innovante des libertés politiques en les conjuguant avec la conquête de solidarités sociales et de droits nouveaux dans les entreprises. Il va, en même temps, continuer à se référer au modèle soviétique qui fixe son identité, son projet et son mode de fonctionnement. L’esquisse de réflexions nouvelles à la Libération demeure sans lendemain. La guerre froide va tout figer. Le PCF se ferme aux changements de société qui s’accélèrent. Certes, son influence se maintient élevée à travers l’engagement militant, les luttes sociales ou anticoloniales. Mais il va être pris au dépourvu par le renouveau des aspirations libératrices des années 60.

Le choc de 1968 d’autant plus rude

Dans la jeune génération étudiante, comme dans un monde du travail en pleine mutation, les débats d’idées se passionnent sur le type de société à construire. Le PCF définit et soutient les « justes » revendications, contribue à nombre d’avancées sociales. Il trace la voie du seul débouché politique à ses yeux possible : la signature d’un programme commun de gouvernement avec le PS. Son projet de parti « communiste » est intemporel, déconnecté de la « perspective démocratique ». Il se résume dans l’énoncé des étapes et de leurs « lois », démocratie avancée, socialisme. Mais le modèle soviétique est défiguré à Prague et va bientôt, se glacer puis se décomposer. L’affrontement politique sur la question des libertés devient crucial, au cœur d’une intense bataille d’idées que cristallise la publication de L’Archipel du goulag.

Après la signature du programme commun, le PCF s’attend à un grand élan populaire. Surprise : c’est l’attentisme qui prévaut. Le PCF stagne aux législatives de 1973. Georges Marchais propose de faire sauter « les butoirs » et lance de grands débats politiques avec Le Défi démocratique, son livre-manifeste. Cela ne va pas de soi. Nombre de communistes considèrent encore le modèle soviétique comme la carte d’identité de l’avenir. La direction communiste décide de marquer les esprits en affirmant une conception novatrice : la « charte des libertés » en 1975. Le PCF se distancie – enfin ! – des atteintes persistantes aux libertés en URSS et condamne de façon claire et nette le stalinisme. En 1976, à la veille du XXIIe congrès, Georges Marchais crée le choc qu’il recherche. Il annonce en direct au journal télévisé l’abandon de la notion de « dictature du prolétariat ». À relire les textes d’alors, leur souffle nous parvient encore. La vision proposée met en relation les grands acquis des droits et libertés existants et les nouvelles conquêtes qu’appelle le combat contre l’exploitation et la domination.

L’opposition stérile entre démocratie « formelle » et démocratie « réelle » semble bien dépassée. Le PCF se veut à l’offensive et ses initiatives sont perçues comme telles. Déception : leurs effets politiques sont demeurés très limités. En une période de bouleversements historiques majeurs, il serait bien simpliste d’opposer les novations des années 70 et les crispations des années 80 sur la pente du déclin. Il va falloir encore près de 20 ans, de 1979 à 1994, pour abandonner, une à une, les pierres angulaires du modèle « marxiste-léniniste » : socialisme scientifique, rôle d’avant-garde de la classe ouvrière, centralisme démocratique. Il ne suffit pas de se dégager d’un système doctrinaire pour disposer d’une visée révolutionnaire ancrée dans la créativité démocratique du peuple… Le chantier est encore devant nous !

Hors des chemins balisés

Dans ces décennies de turbulences et d’échecs, le PCF réussit à éviter un piège fatal à tant d’autres forces révolutionnaires : le repli de secte ou le renoncement social-démocrate. Il perçoit les nouveaux défis de l’époque sans cesser de contester la prétention hégémonique du capitalisme. Il tente, en tâtonnant, à bas bruit, de poursuivre la recherche d’une alternative. L’enjeu est existentiel. La question des libertés se pose désormais comme jamais. Les civilisations ont basculé dans l’ère de toutes les fragilités. L’humanité risque d’y sombrer si de nouvelles frontières d’émancipation ne parviennent pas à s’ouvrir. Aucun groupe humain, aucun cercle d’experts, aucun parti ni aucun prophète n’ont les clés de l’avenir. L’idée qu’il faut, dans l’urgence de la conjoncture politique, construire de nouveaux rapports des hommes entre eux et avec la nature commence à prendre vie partout. Nous le savons, aucun grand mouvement historique n’a jamais été préconçu. Des pratiques politiques et sociales sont à inventer, s’inventent.

À l’évidence vient le temps de la conquête de libertés et de pouvoirs inédits dans toutes les sphères de l’activité humaine. La politique saura-t-elle se ressourcer en contribuant à façonner les nouveaux leviers de l’émancipation humaine ? Belle raison de s’y engager ! n*Francette Lazard a été membre

du Comité central, à partir de 1969,

puis du Bureau politique du PCF jusqu’en 1997.

Henri Malberg*

Historiquement, le communisme semble avoir un problème avec les libertés, la démocratie, les droits de l’Homme. En convenez-vous ? Et comment l’expliquez-vous ?

Oui, j’en conviens. L’histoire est pleine de contradictions. Nous aussi. Il y a dans ces reproches une part de procès d’intention. C’est injuste et cela relève d’une guerre idéologique obsessionnelle. Mais il y a aussi dans ce questionnement une part légitime qui correspond à une contradiction de l’histoire au XXe siècle. Et elle ne concerne pas uniquement les communistes.

C’est-à-dire ?

Nous combattions pour les libertés et un socialisme démocratique et avions du mal à répondre à la question « Pourquoi pas en Russie et à l’Est ? » Nous le pensions aussi, et l’avons parfois dit. Notre espoir était que ces sociétés débouchent sur un socialisme démocratique. Cela n’a pas été le cas. C’est malheureux pour l’avenir du monde.

Mais qui peut nier que le communisme a été tout au long du XXe siècle un formidable levier des peuples dans leur lutte pour la liberté ?

Il suffit de citer l’antifascisme, les luttes de libération nationale et en général les luttes progressistes dans le monde. Sans l’apport direct des idées communistes, sans la révolution d’Octobre, sans la puissance de l’Union soviétique, qu’on l’aime ou non, et sans le militantisme de millions de personnes encouragées par le communisme, rien de ce qui a bougé dans le monde n’aurait été possible. Pour les dirigeants des pays capitalistes dominants, c’était clair. L’ennemi était là. Pour la France, ce que je dis est indiscutable. Le Parti communiste, en rapport avec ce qu’il y a de meilleur dans la tradition ouvrière et socialiste – je n’oublie pas Jaurès –, a tenu un très grand rôle dans toutes les luttes pour la liberté. Un rôle souvent moteur. Je pense à 1934, au Front populaire, à la Résistance, à la solidarité avec les peuples coloniaux. Et souvent au prix du sang des militants, de la guerre d’Espagne à la Résistance et au massacre de Charonne. À Charonne, où je me trouvais en février 1962 lors du martyre des personnes assassinées par la police de Papon, le sort de la guerre d’Algérie a été scellé. Charonne fut pour le général de Gaulle le signal qu’il fallait arrêter la guerre, signer avec le FLN et affronter définitivement les ultras d’Alger. J’ai le souvenir brûlant de cette manif, de l’entrée du métro et de mes sept camarades assassinés par la police, tous membres de la CGT et presque tous militants du Parti communiste.

Si je regarde ma vie, de dix-sept ans à plus de trente, une bonne partie de mon activité militante a été consacrée à soutenir les combats des peuples vietnamiens et algériens. Et me reviennent des noms qui résonnent, comme Nelson Mandela, les Rosenberg exécutés sur une chaise électrique aux États-Unis, Angela Davis… mais aussi Sacco et Vanzetti, Gabriel Péri, Henri Alleg, Maurice Audin, Henri Martin, Georges Séguy et Henri Krasucki, qui m’a honoré de son amitié, jeunes résistants à seize ans, déportés, dirigeants du Parti communiste et de la CGT. Et les milliers de militantes et militants dont les noms figurent sur les plaques des rues dans les villes de France. Et les femmes héroïques, comme Marie-Claude Vaillant-Coutu­rier, Danielle Casanova, Olga Bancic, décapitée à Hambourg par les nazis. Et tant d’autres. […] Quelles vies, quels destins !

Des générations de jeunes sont venues au communisme dans ces luttes pour la liberté.

On peut ajouter les rudes combats quo­ti­­diens dans les entreprises, les grèves étouffées, les militants syndicaux sanctionnés. Et les manifestations, les tracts, les affiches. Chaque fois qu’un risque pour la liberté s’est présenté pour le pays, pour le monde du travail, pour les libertés intellectuelles, le Parti communiste a répondu présent. Est-ce que cela a été linéaire, sans contradiction ? Non, j’y viendrai. […]

Des événements fondateurs de la pensée communiste sur les libertés et la démocratie se sont produits au sortir de la guerre froide dans les années 1960 et 1970. […] Ce furent les événements de Mai-Juin 1968 en France et les aspirations qu’ils traduisaient chez les étudiants et au sein de la classe ouvrière. Vint ensuite l’écrasement par l’Union soviétique du Printemps de Prague en Tchécoslovaquie en août de la même année. Le Parti communiste français entreprit dès lors un profond mouvement de remise à jour théorique. Ce fut une bouffée de créativité. Ainsi, le Manifeste de Champigny de 1968 confirma le tournant idéologique du Parti communiste. En 1973 parut un livre de Georges Marchais, Le Défi démocratique. En 1976, le XXIIe congrès du Parti communiste se tint sous le titre « Pour un socialisme aux couleurs de la France », et un petit livre exceptionnel fut publié, Vivre libres, qui anticipait de plus de vingt ans les positions progressistes de la gauche en France. Par exemple, la revendication de l’abolition de la peine de mort y figurait bien avant son abolition par Mitterrand et Badinter. […] Avec un minimum d’objectivité politique, il convient de noter que ces vingt années ont défriché un nouveau projet communiste pour la gauche et la France. Je me rappelle en février 1966 une une de l’Humanité. Elle publiait un texte de Louis Aragon qui fit événement. Il déclarait : « Je ne puis imaginer qu’un communiste considère avec indifférence le verdict rendu à Moscou dans l’affaire Siniavski et Daniel. » […] Lorsque je balaie ainsi l’histoire et le mouvement des idées, je me dis qu’une terrible injustice frappe les communistes. Est-ce que ce mouvement est linéaire, sans hésitation, débats internes ou errements divers ? Bien sûr que non. Nous avons tâtonné, parfois renoncé, puis nous sommes repartis. […] Aucun parti politique, à gauche, n’a autant poussé la réflexion historique critique sur l’histoire, son histoire, et sur l’avenir, que le Parti communiste. J’accepte ce débat avec des camarades socialistes comme avec des personnes de droite. Chiche.

Mais si votre regard sur l’histoire est exact, pourquoi ce doute sur le rapport du Parti communiste avec la liberté ? Pourquoi cette méfiance qui vous poursuit ?

D’abord, réponse facile, on ne nous fait pas de cadeau, et peu de regards objectifs sont portés sur nous. […] Mais ma réponse est insuffisante. Le rapport des communistes à la liberté, à la démocratie et aux droits de l’Homme a été traversé pendant des dizaines d’années par la contradiction entre notre combat déterminé pour la liberté dans le monde capitaliste et ce qui se passait à Moscou et en Europe de l’Est. […]

Le monde impérialiste, oppresseur et agressif, se prévalait de défendre les libertés, d’être « le monde libre ». En face, le monde socialiste, historiquement porteur de libération humaine, ne parvenait pas à relever le défi d’un socialisme démocratique.

Nous tentions de résoudre cette contradiction en distinguant entre les libertés formelles de la démocratie sous le capitalisme et les libertés réelles économiques et sociales sous le socialisme. Cela nous a fait perdre de vue que les libertés dites « formelles » et les libertés dites « réelles », libertés économiques et sociales, forment la même question. En vérité, cette séparation était artificielle et sans portée réelle. […]

L’histoire a tranché. Il n’y a pas de société nouvelle sans avancée de la liberté et de la démocratie. D’ailleurs, la conquête de nouvelles libertés et d’une démocratie plus réelle est au cœur de la construction d’une nouvelle société. […] Les communistes comprennent cela et savent également combien les libertés, la démocratie, les droits de la personne, le pluralisme, l’indépendance des médias, la liberté de la presse, le droit à l’information et à la culture, les droits des travailleurs dans les entreprises sont un combat vital et un objectif pour l’épanouissement humain. Il n’y a pas d’exception possible qui tienne durablement au nom d’un avenir heureux qui, de fait, ne vient jamais. La force d’une société nouvelle tient, dans la durée, à une vie politique libre, aux débats contradictoires, à la recherche de l’intervention permanente des citoyens dans la ville et des travailleurs dans les entreprises. Il reste beaucoup à faire et à inventer. C’est le sens du combat pour une VIe République.

*Henri Malberg a été membre du Comité central à partir de 1972 et secrétaire de la fédération de Paris jusqu’en 1995.

Le PCF et les libertés à travers quelques publications

• Charles Rappoport, « Le socialisme et la liberté »,

La brochure populaire, septembre 1934

• Charles Rappoport, Liberté capitaliste et liberté ouvrière, La brochure populaire, octobre 1934.

• René Maublanc, Le marxisme et la liberté, Paris, Éditions sociales, 1945.

• Vivre libres ! Projet de déclaration des libertés soumis à la discussion des Français, L ’Humanité, 1975.

• Georges Marchais, Le défi démocratique, Grasset, 1973.

• Pierre Juquin, Liberté, Grasset, 1975.

• Georges Marchais, Le parti de la liberté pour les femmes, PCF, 1975 (Discours à l’occasion de l’année internationale des femmes).

• Étienne Fajon, Les communistes et la liberté, PCF, 1976.

• Georges Marchais, La liberté guide nos pas, PCF, 1977.

• André Lajoinie, Liberté, justice, paix, Conférence nationale, 1987.

• Déclaration des libertés, Paris, PCF, 1987.

La Revue du projet n°43, janvier 2015.

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29 décembre 2015 2 29 /12 /décembre /2015 05:15

Ouverture de la COP21 : "Dire dans quelle civilisation voulons-nous vivre" (PCF)

MARDI, 1 DÉCEMBRE, 2015

HUMANITE.FR

Les négociations de la COP 21 sont d'ors et déjà bien engagées. L'accord global et universel, pour être un succès, devrait comporter un volet réduction des émissions de gaz à effet de serre afin de ne pas dépasser les 2°C et un volet financier de 100 milliards de dollars destinés à l'aide pour l'adaptation des pays en développement et les plus vulnérables.


La présence, dès l'ouverture, de 150 chefs d’États et de gouvernements, a t-elle permis de franchir un cap décisif afin de maintenir une planète vivable et permettre un développement humain durable de l'humanité ? Une fois la photo symbolique prise, les déclarations se sont succédées avec plus de questions que de réponses. Plusieurs chefs d’États Africains ont appelé à la solidarité en demandant que les « pays pollueurs payent ». L'enjeu de la transparence des engagements a également été abordé. En effet, le caractère juridiquement contraignant de l'accord semble quasiment mort-né après la confirmation de Barak Obama pour les USA d'en refuser le principe. Or les promesses ne suffisent pas. On ne peut envisager sereinement l'avenir sans un contrôle sur les avancées réelles et sans sanctions envers les pays récalcitrants. La revendication portée par les peuples et les États latino-américains de la création d'un Tribunal international de justice environnementale sous l'égide de l'ONU mérite d'être sérieusement examinée. Comme l'est tout aussi cruciale la discussion nécessaire sur l'engagement financier des pays riches qui devront pourtant bien payer leur dette historique auprès des pays pauvres.


Au fond il s'agit de dire dans quelle civilisation nous voulons vivre : celle de la poursuite de l'accaparement de 50% des richesses patrimoniales par 1% de la population mondiale ou bien celle d'un développement responsable ouvrant la voie à l'émancipation humaine en réduisant les inégalités, tant sociales qu'environnementales, partout dans le monde. Pour nous, pas question de laisser les seuls chefs d’États décider. Les citoyens veulent être, avec la société civile, dans la rue mais aussi et surtout autour de la table car ce n'est pas à eux de payer les hérésies du système consumériste et productiviste du capitalisme.


Parti communiste français

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Published by bruno fornaciari - dans PCF ECOLOGIE
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29 décembre 2015 2 29 /12 /décembre /2015 05:12

22ÈME CONGRÈS DU PARTI COMMUNISTE FRANCAIS

SOCIALISME ET LIBERTÉ

  • Le film retrace le déroulement du 22ème congrès du PCF qui s'est tenu à Saint-Ouen du 4 au 8 février 1976. Des extraits des principales allocations sont proposés pour rendre compte du virage idéologique que représente ce congrès puisque c'est à cette occasion qu'est abandonné le concept de « dictature du prolétariat ». Quelques séquences montrant la vie du congrès sont intercalées entre les interventions.
    Georges Marchais remet en cause le fonctionnement du système capitaliste et dénonce la « domination toute puissante d'une mince caste de milliardaires sur l'économie et sur l'État, autrement dit, le capitalisme monopoliste d'État ».
    Georges Fraison (délégué de la Saône-et-Loire) explique que la notion de « Dictature du Prolétariat » est désormais en inadéquation avec la situation française, c'est-à-dire avec le développement d'« un socialisme aux couleurs de la France ».
    Henri Malberg (délégué de la Fédération de Paris), quant à lui, déclare que le PCF est ouvert à une critique des erreurs du Socialisme.
    Janine Jambu (déléguée des Hauts de Seine) s'interroge sur le meilleur chemin pour aller vers le Socialisme. La réponse est celle d'une « démocratie poussée jusqu'au bout » dans laquelle le peuple serait le principal moteur.
    Francette Lazard (déléguée de Paris) rappelle que le « socialisme est à l'ordre du jour en France » et que « la liberté, le combat pour toutes les libertés sont au cœur de notre combat révolutionnaire ».
    Georges Marchais, reprenant la parole, insiste sur l'idée que « socialisme et liberté sont inséparables » et présente le PCF comme « le Parti de la Liberté ». Il déclare : « nous luttons pour le bonheur » et rend hommage à Jacques Duclos.
    Henri Krasucki (membre du Bureau Politique) s'attarde sur la nécessaire union entre la classe ouvrière et le PCF.
    Pour Aimé Halbeher (délégué des Hauts de Seine), « le PCF, c'est la force motrice du changement en France».
    Georges Marchais rappelle encore qu'il faut emprunter « une voie démocratique vers le socialisme » dont le but est « le bien-être pour tous ».
    Fernand Grenier, au nom des vétérans du Parti, fait l'éloge du Parti.
    Jean Kanapa dresse un bilan final où il évoque l'Union de la Gauche avant que le texte du congrès soit adopté par les délégués à l'unanimité. Celui-ci s'intitule La voie démocratique aux couleurs de la France.
    Le film s'achève sur les applaudissements de la salle.

    Le XXIIe congrès marque un tournant idéologique très important pour le PCF avec l'abandon du concept de « dictature du prolétariat ». Cette décision a été annoncée publiquement quelques mois plus tôt à la télévision par Georges Marchais. Bien qu'elle ait été désapprouvée par la Pravda, elle est entérinée par le XXIIe congrès, ce qui ne va pas sans susciter quelques remous en interne. En effet, toute une frange du PCF, notamment les intellectuels, comprend mal ce renoncement à l'un des piliers du marxisme. Cette attitude s'explique par la volonté d'aggiornamento du PCF dans la première moitié des années 1970. Elle se traduit par de nouvelles orientations politiques comme la mise en place d'une Union de la Gauche avec la signature d'un Programme Commun en 1972. La Déclaration des Libertés de 1975 en est une autre manifestation. En proclamant « Vive le socialisme aux couleurs de la France » pendant le XXIIe congrès, Georges Marchais repositionne aussi le PCF dans le mouvement communiste au niveau international. L'idée d'une voie unique vers le socialisme est alors rejetée au profit de la recherche de solutions diverses ; c'est le temps de « l'Eurocommunisme ». Concrètement, le PCF prend ses distances avec l'URSS et les Démocraties Populaires. De nombreux désaccords sont exprimés en 1976 et 1977 ; l'intervention d'Henri Malberg va dans ce sens en incitant à la critique des erreurs du Socialisme au sein du PCF. Le XXIIe congrès fait donc preuve d'une volonté d'ouverture. À noter que celle-ci sera de courte durée puisqu'en 1977 le PCF rompt l'Union de la Gauche et qu'à la fin des années 1970, il se ré aligne sur les positions soviétiques. Si le XXIIe congrès est novateur du point de vue idéologique, il ne l'est pas cinématographiquement parlant. La seule innovation réside dans l'emploi de la couleur.

    Contrairement à Nous sommes communistes, film du XXIe congrès de 1974, la réalisation est extrêmement classique. Elle s'inscrit dans la droite lignée des « films de congrès » du Parti. La narration est construite autour des interventions des participants qui sont entrecoupées de courtes scènes axées sur le congrès. L'ensemble est assez didactique : il s'agit de présenter un discours officiel, qui est celui du XXIIe congrès, images à l'appui. Le film du XXIIe congrès a été conçu pour être utilisé dans les réunions de cellules consacrées au bilan du congrès. Il se veut un support à la discussion dans un esprit fidèle aux décisions prises.

    Production : Unicité
    Réalisation : Jean-Patrick Lebel
    Opérateur : Christian Guillouet
    Son : Jean-Claude Brisson
    Montage : Christiane Lack
    Atelier de production : Martine Loubet
    Personnalités : Georges Marchais, Georges Fraison (délégué de la Saône et Loire), Henri Malberg (délégué de la Fédération de Paris), Janine Jambu ( déléguée des Hauts de Seine), Francette Lazard (déléguée de Paris), Henri Krasucki (membre du Bureau Politique), Aimé Halbeher (délégué des Hauts de Seine), Fernand Grenier, Jean Kanapa
    Lieux : St Ouen

    Mots Clé : France, St Ouen, PCF, communiste, militant, vie du Parti, congrès
    Dictature du prolétariat, Discours, rassemblement, applaudissement, Délégué

    Générique : image, Christian GUILLOUET / son, Jean-Claude BRISSON / montage, Christianne LACK / atelier de production Unicité, Martine LOUBET.

    Note: Résumé du 22° Congrès qui s'est tenu à Saint-Ouen du 4 au 8 février 1976.
    Présences de René Piquet, Georges Marchais, Georges Fraison (Saône et Loire), Henri Mlberg (Paris), Janine Jambu, Francette Lazard, Jean CARLIER (Radio-Télé Luxembourg, Journal inattendu), Henri KRASUCKI, Aimé HALBEHER (Hauts de Seine), Fernand Grenier, les Jeunesses Communistes, Jean KANAPA.
    Georges MARCHAIS: « Ce matin, il y a un journal qui dit "Le Parti Communiste ne change pas". Il le pense, il le dit, c'est son affaire, c'est pas la mienne. Ce sont les lecteurs qui jugeront... Bien. Ce que je pense honnête, c'est que la critique de notre politique, de notre activité, elle se fasse à partir des réalités de notre politique et de nos positions. Voilà, c'est tout...La crise que connaît la France, ce qui est en cause, ce n'est pas seulement le fonctionnement du système, c'est le système lui-même, c'est le capitalisme arrivé à son stade actuel caractérisé par la domination toute puissante d'une mince caste de milliardaires et sur l'économie et sur l'Etat, autrement dit le capitalisme monopoliste d'État. »
    Georges FRAISON, délégué de Saône-et-Loire : « Le concept de dictature du prolétariat ne correspond plus aux conditions et aux possibilités d'actions qui sont les nôtres pour construire le socialisme en France par la voie démocratique. Il n'exprime pas, dans toute sa richesse, notre conception du socialisme aux couleurs de la France et les moyens pour y parvenir. Pour être mobilisatrice, nos idées doivent être clairement et simplement exprimées, liées en permanence à la réalité. Aussi l'expression "dictature" est le plus souvent dans la réalité comprise comme se rapportant aux régimes fascistes, ou utilisés par nos adversaires en référence aux fautes, aux erreurs qui ont pu être commises et qui pourraient l'être encore dans la construction et le développement du socialisme. »
    Henri MALBERG, délégué de la Fédération de Paris : « C'est justement pourquoi - au nom du socialisme que nous voulons construire - comme au nom du socialisme dont nous sommes solidaires, que nous critiquons comme nous l'avons fait les manquements à la démocratie socialiste lorsqu'ils se produisent. Ce n'est pas seulement l'intérêt de la marche au socialisme en France qui nous guide, mais aussi le fait que nous sommes communistes, internationalistes et partie prenante du mouvement vers le socialisme. »
    Henri KRASUCKI, membre du Bureau politique : « Elle (la classe ouvrière) a besoin d'un Parti assuré sur les positions de classe, étranger à toute idée de collaboration de classes, résolu à combattre pour la transformation de la société. Avec la Parti communiste, elle a la certitude que ses intérêts seront défendus, la certitude que les sirènes de la bourgeoisie n'auront jamais aucune audience, la certitude que le contenu du Programme commun ne restera pas lettre morte. De même que rien ne sera fait sans la classe ouvrière, rien ne se fera si le Parti communiste n'est pas assez fort, assez organisé, assez influent, assez présent dans tous les combats. »


    Lieux de consultation : Ciné-Archives, Archives départementales de la Seine-Saint-Denis, Forum des images

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Published by bruno fornaciari - dans PCF
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29 décembre 2015 2 29 /12 /décembre /2015 04:14
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21 décembre 2015 1 21 /12 /décembre /2015 13:36

2 h ·

115 PARLEMENTAIRES FRANÇAIS ET EUROPÉENS INTERPELLENT LE GOUVERNEUR DE PENNSYLVANIE

A l'initiative de Patrick Le Hyaric, député au parlement européen, 115 parlementaires français et européens ont décidé d'interpeller le Gouverneur de Pennsylvanie à propos de la gravité de l'état de santé de Mumia et du refus de l'administration pénitentaire de l'autoriser à bénéficier d'un traitement lui pemettant de se soigner.

Cette initiative, sans précédent par son ampleur, a recueilli l'accord de très nombreux parlementaires issues de plus d'une quinzaine de pays et de toutes opinions.

Vous trouverez en cliquant sur le lien ci-dessous la lettre au Gouverneur et la liste des parlementaires signataires :

http://mumiabujamal.com/…/Lettre-parlementaires-au-Gouverne…

En cliquant sur le lien ci-dessous, vous accéderez à la vidéo où Patrick Le Hyaric et Jacky Hortaut rendent compte de leur visite récente à Mumia : "Une mobilisation politique et diplomatique pour sauver Mumia"

https://youtu.be/eRXAHTBXY6Q

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21 décembre 2015 1 21 /12 /décembre /2015 10:18

1 h ·

http://www.humanite.fr/et-maintenant-comment-reconstruire-g…

Des millions d’ouvriers, d’employés, de cadres et de techni-ciens, de chômeurs ulcérés par la politique du gouvernement ont choisi de ne pas voter pour le Front national voire, pour certains d’entre eux, de lui faire barrage au deuxième tour ; mais ils ont aussi choisi de cesser de voter à gauche et de ne pas soutenir le Front de gauche.
C’est pourtant dans ces classes sociales que résident les forces capables d’empêcher notre civilisation de basculer dans la violence, le racisme et le déchaînement des nationa-lismes. Mais pour que ces forces prennent conscience d’elles-mêmes, il faudra autre chose que des mots, des symboles et du rêve. Il faudra leur témoigner assez de respect pour leur dire la vérité : seules des luttes persévérantes pour des solu-tions précises aux problèmes posés par la crise du capita-lisme financiarisé permettront de réaliser les larges rassem-blements capables d’imposer une alternative face au chan-tage permanent des marchés financiers.
Depuis une vingtaine d’années, l’opinion a prévalu qu’être à gauche de la gauche ou se réclamer de l’antilibéralisme serait une base de rassemblement suffisante pour constituer une alternative politique. La nature exacte des mesures proposées pour s’opposer aux politiques d’austérité était considérée comme secondaire, ou plutôt, tout débat à leur sujet était esquivé de peur de créer des divisions. Les derniers événe-ments soulignent combien cette conception du rassemble-ment est inopérante.
Il faut donc un débat à gauche sur les objectifs que le mou-vement populaire devrait viser, les moyens nécessaires pour les atteindre et les pouvoirs à conquérir pour mobiliser ces moyens.
Pour le gouvernement actuel, la cause est entendue : il serait inutile de chercher à résister aux marchés financiers, et il n’y aurait donc qu’à aller au-devant de toutes leurs exigences ! Ce faisant, François Hollande renie chaque jour davantage tout ce pourquoi la gauche s’est identifiée à la liberté, au progrès et à la justice sociale. Il mène la société française à la catastrophe et la droite la plus dure au pouvoir.
Selon une autre conception, qui a pignon sur rue à la « gauche de la gauche », il suffirait de « refermer la paren-thèse libérale » et de revenir aux compromis sociaux de l’après-guerre, appuyés sur l’intervention de l’État dans l’économie, bref de revenir aux sources d’une authentique social-démocratie. Résultent de ce parti pris la croyance en la possibilité de changer la répartition des richesses par l’impôt (Piketty) sans changer la façon de produire les richesses, ou la foi dans des solutions imaginaires magiques, comme la sortie de l’euro, pour échapper au pouvoir des marchés fi-nanciers sans luttes concrètes pour changer l’orientation du crédit en Europe. Mais c’est précisément la crise de ce mode de régulation de l’économie, dans les années soixante-dix, qui a rendu irrésistibles la vague néolibérale et ses méfaits !
Être réaliste, c’est reconnaître que pour répondre à la vio-lence qui accompagne les bouleversements de notre civilisa-tion, corriger les dégâts du marché par l’action par l’État ne suffit plus. C’est aux ressorts les plus profonds du pouvoir de l’argent que nous sommes désormais condamnés à nous attaquer si nous voulons que la civilisation survive. Cela ne peut être réalisé que par la conquête par les citoyens eux-mêmes, « du local au mondial », de pouvoirs aujourd’hui confisqués par la finance ou délégués à l’État, au moyen de luttes sociales et politiques pour des objectifs à la fois con-crets, immédiats et radicaux, en ayant comme boussole la lutte contre la tyrannie des marchés financiers afin de faire baisser le coût du capital.
En effet, à la cohérence perverse de la rentabilisation du ca-pital qui conduit à l’effondrement social, écologique, poli-tique et moral, on peut opposer une autre cohérence répon-dant aux dangers mais aussi aux potentialités des révolutions qui affectent de nos jours l’environnement, les technologies, la démographie, la monnaie.
Réduire les prélèvements financiers et les prélèvements sur les ressources naturelles avec de nouveaux critères de gestion pour dégager les moyens de sécuriser l’emploi et la forma-tion. Développer de nouveaux services publics pour partager les potentialités de la révolution technologique information-nelle aujourd’hui accaparées par le capital multinational. De-puis le financement de projets industriels dans les entreprises et les territoires jusqu’à la construction avec les pays émer-gents d’un nouvel ordre monétaire international, se saisir du formidable pouvoir des banques et des banques centrales afin de financer les investissements nécessaires pour changer la façon de produire les richesses et réussir la transition éco-logique. Refonder la construction européenne jusque dans son cœur, en mettant l’euro au service de l’emploi et des ser-vices publics, à partir de luttes pour le financement de pro-jets concrets. Coopérer entre Nord et Sud, entre Orient et Occident, pour permettre l’émergence de cette nouvelle civi-lisation où l’émancipation de chacun serait la condition de l’émancipation de tous.
Il y a là bien autre chose que des recettes économiques des-tinées à meubler des programmes électoraux. Il y a une co-hérence politique dont le Parti communiste doit devenir le porteur car c’est seulement ainsi que des forces, nombreuses et diverses, pourront se rassembler en y reconnaissant leurs propres objectifs. Nous ne pouvons plus nous permettre de refouler nos idées communistes et de repousser à plus tard les confrontations de points de vue à gauche.

Et maintenant, comment reconstruire à gauche ? (3)

Denis Durand Membre du conseil national du PCF

HUMANITE.FR

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BRUNO FORNACIARI

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