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9 juillet 2016 6 09 /07 /juillet /2016 11:30

Une refondation de l’Union europénne pour une souveraineté populaire sur l’argent

MARDI, 28 JUIN, 2016

L'HUMANITÉ

Une tribune de Frédéric Boccara, Yves Dimicoli et Denis Durand Économistes, membres de la commission PCF

Le vote d’une majorité de Britanniques pour sortir de l’UE souligne le besoin urgent d’une refondation de la construction européenne. Il résulte pour une large part de la souffrance de ce peuple face aux politiques de baisse du coût du travail et de privatisations. Ce nouveau choc révèle l’ampleur du désaveu populaire vis-à-vis de l’Union européenne (UE) néolibérale et des dirigeants nationaux qui, au mépris de plusieurs alertes, ont persisté dans leur soumission aux injonctions des marchés financiers.

Ce sont ces politiques qu’il faut maintenant vraiment rejeter et changer ! Les peuples ont été dépossédés de toute maîtrise de leur devenir. Leur argent, celui des banques et de la Banque centrale européenne (BCE), alimente les « panzers » de l’austérité, avec un seul mot d’ordre : accroître les profits. La perspective immédiate au Royaume-Uni, c’est : encore plus d’austérité avec le danger d’une nouvelle récession, plus de soumission aux marchés, plus de tensions et de racisme dans la société. Une nouvelle crise financière couve dans toute l’Europe.

Ces catastrophes économiques nourrissent la catastrophe politique, avec le rejet des étrangers, la montée de l’extrême droite en Autriche, en Hongrie, en Pologne, en Allemagne et en France, selon les mêmes mécanismes qui ont permis aux forces les plus réactionnaires de gagner une majorité de Britanniques au vote pour le Brexit. On sait où peut mener un déchaînement de la xénophobie et des nationalismes.

Lutter sans attendre pour une refondation radicale de la construction européenne est donc indispensable.

Les objectifs tant vantés de paix et de prospérité sur le continent doivent cesser d’être contredits par les moyens avec lesquels les gouvernements prétendent les atteindre : concurrence libre et non faussée, monnaie unique monopolisée par les marchés financiers via une BCE à leur service, fuite en avant fédéraliste éloignant sans cesse davantage les décisions des citoyens. C’est la BCE qui, sur l’injonction du grand capital allemand et du fait de la lâcheté de dirigeants politiques comme François Hollande, a foulé aux pieds la volonté démocratiquement exprimée du peuple grec et de son gouvernement.

De l’autre côté, les nationalistes de tout poil occultent le cœur du sujet – la dictature de la finance – et proposent une véritable union sacrée de chaque nation derrière sa bourgeoisie prétendument nationale. Ce serait une folie. Cela lancerait les différents peuples européens dans un nouveau stade de guerre économique intra-européenne.

Nous souffrons du même ennemi : cette finance, qui n’a de cesse d’attaquer l’emploi, de délocaliser et de soumettre les services publics.

Nous savons donc où il faut frapper en priorité. En France, cela commence par le retrait immédiat de la loi El Khomri et le choix d’un budget de soutien à l’activité, à l’investissement efficace, ainsi qu’aux services publics. En Europe, il faut un programme de soutien des dépenses – pour les services publics, la protection sociale – et de l’emploi. Cela exige de mettre en cause le pacte de stabilité budgétaire, verrou des politiques d’austérité. Tout de suite, l’action de la BCE doit changer.

Le pouvoir de la BCE est immense car il porte sur l’utilisation de l’argent des Européens ; il est dans les mains des marchés financiers. La BCE a réduit ses taux d’intérêt à zéro, mais sans changer les critères de distribution du crédit ; elle déverse 80 milliards d’euros chaque mois sur les marchés financiers en les laissant décider où va cet argent ! De là, la faiblesse et la précarité de la reprise de la zone euro, à laquelle le Brexit peut donner le coup de grâce.

Ce ne sont pas les marchés, ce sont les peuples qui doivent décider de l’utilisation de ces euros. Cette exigence s’exprime dans toute l’Europe, par exemple avec la campagne Money for people. Quatre mesures immédiates peuvent être prises.

Tout de suite, avec une partie de ces 80 milliards d’euros mensuels, la BCE doit donner un ballon d’oxygène aux services publics (santé, enseignement, logement, recherche…) dans toute l’Union européenne au lieu de soutenir à bout de bras les cours de Bourse ! C’est possible en créant un fonds de développement européen qui financerait aussi bien les États que les collectivités territoriales lorsqu’ils développent les services publics.

Tout de suite, une autre partie des milliards de la BCE doit servir à refinancer des crédits bancaires, mais seulement si ces crédits financent des projets répondant à des critères économiques (création de valeur ajoutée), sociaux (emploi) et écologiques.

Tout de suite, la BCE doit refuser toute liquidité aux banques si elles nourrissent la financiarisation, les délocalisations, l’évasion fiscale.

Cela demande de mettre en place dans l’urgence un suivi démocratique de l’action de la BCE et des banques centrales nationales qui, avec elle, forment l’eurosystème. Ce serait une pièce centrale de la refondation d’une Union de type confédéral entre peuples et nations libres, souverains et associés. C’est ce que la France devrait réclamer à la table des négociations européennes.

Il s’agit au total d’organiser le combat pour une souveraineté populaire sur l’argent et pour un tout autre modèle social et écologique en Europe.

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9 juillet 2016 6 09 /07 /juillet /2016 10:46

POLITIQUE

LOI TRAVAIL EL KHOMRI

#NUITDEBOUT

NUIT DEBOUT

Ce mouvement naissant qui dit beaucoup !

PATRICK LE HYARIC

JEUDI, 7 AVRIL, 2016

HUMANITÉ DIMANCHE

L'éditorial de Patrick Le Hyaric. "Quelle force, quel souffle nouveau apporterait la rencontre de catégories sociales ou de groupes poussés au séparatisme social et aux revendications catégorielles, redécouvrant tout ce qu'ils ont en commun dans la vie qui leur est faite et dans les espoirs qu'ils partagent !"

Le projet de loi affublé du mot « travail », mais qui entend en réalité le débarrasser des règles de droit, est-il le projet de trop qui fait déborder le vase de la régression sociale ? Dans toutes les enquêtes, une large majorité de nos concitoyens se prononce contre lui. Les manifestations de la semaine dernière ont connu une forte participation, des millions de personnes se renseignent, cherchent à comprendre, comme en témoignent, parmi tant d'autres exemples, les ventes de l'édition spéciale de « l'Humanité » décryptant les conséquences du texte de loi. Le mouvement en germe mêle l'activité syndicale de la CGT, de FO, de la FSU, de Solidaires, de l'UNEF mais aussi des syndicalistes d'autres organisations qui ne partagent pas les orientations de leur direction, l'utilisation des réseaux sociaux et des plateformes d'information sur la loi, des prises de parole dans l'entreprise, à l'usine comme au lycée ou à l'université. Phénomène nouveau en France, des places publiques sont occupées derrière le mot d'ordre « Nuit debout ». Travailleurs, privés d'emploi, précaires, lycéens et étudiants mais aussi retraités s'y croisent. Quelle force, quel souffle nouveau apporterait la rencontre de catégories sociales ou de groupes poussés au séparatisme social et aux revendications catégorielles, redécouvrant tout ce qu'ils ont en commun dans la vie qui leur est faite et dans les espoirs qu'ils partagent !

En vérité, une partie de la jeunesse qui se considérait jusque-là épargnée par les incertitudes du lendemain se sent désormais menacée par l'insécurité de vie. En ce sens, les vieilles thèses giscardiennes actualisées par la fondation Terra Nova sur une société dite de « classes moyennes » volent en éclats sous les effets prédateurs du capitalisme financier mondialisé. Quant à la société d'entrepreneurs, à peine sortie des cerveaux d'idéologues patentés, elle vient de prendre un sérieux coup de vieux !

Désormais personne n'est assuré contre cette insécurité, devenue la règle se substituant au droit. Ce mouvement naissant est aussi celui d'une recherche de convergences de différentes causes. Celle des « sans » ne supportant plus les injustices et les inégalités de toutes sortes : migrants rejetés, sans-papiers, sans-emploi, sans-logement et sans-travail stable, précaires ou déclassés par le système, auxquels il faudrait ajouter les paysans, les travailleurs surexploités, les petits artisans, et aussi ces petites, voire moyennes entreprises qui ne peuvent survivre à un système qui les spolie, les pille, les écrase et travaille à leur ingestion par le capitalisme monopolistique qui se déploie sous couvert des dogmes néolibéraux de « la concurrence » ou de la « compétitivité ».

Que se rassemblent toutes celles et tous ceux qui refusent un monde de l'exclusion ­ si ce n'est de l'expulsion sociale ­ alors que chaque jour s'exhibent les orgies financières dont bénéficient les grands patrons, s'étalent les profits pharaoniques des multinationales et les dividendes en or des actionnaires, se dévoilent la danse des magots de l'évasion fiscale et la fiesta oligarchique dans les paradis fiscaux. Et que le club des éditorialistes attitrés du média-business cesse de nous seriner que ce n'est pas grave parce que ce ne serait pas de « l'argent public » ! Précisément si ! C'est la valeur issue d'abord du travail des ouvriers, des techniciens, des cadres dans les entreprises qui est accaparée par une minorité au détriment de leurs rémunérations et du bien public. Chacun peut constater que le montant colossal de l'argent versé aux grandes entreprises roule pour satisfaire dirigeants et actionnaires. Une chose est sûre, il n'aura servi ni à l'emploi ni à redresser le pays. Le succès populaire de films comme « Merci patron ! » ou « la Loi du marché », avec Vincent Lindon, donne une indication précieuse sur la possibilité de faire face au rouleau compresseur de ceux qui n'ont à la bouche que la régression, dans tous les domaines.

Cette aspiration à relever la tête trouve un écho dans ce beau slogan scandé par les lycéens et étudiants : « Nos rêves contre vos privilèges ! » Contre la propagande droitière qui a envahi les discours gouvernementaux et les grands journaux, l'idée grandit que le responsable du chômage ce n'est pas le Code du travail mais les marchés financiers. Dans ces conditions, qu'une majorité de nos compatriotes réclame le retrait du projet de loi n'est pas un hasard. Le problème n'est plus seulement « le barème des indemnités prud'homales » ni même le « référendum » par entreprise mais une philosophie générale que voudrait imposer un pouvoir se réclamant encore de la gauche, mais qui cherche son inspiration dans les doléances et injonctions du MEDEF et des forces de droite. Cela fait tant d'années que les travailleurs sont floués par des choix politiques et économiques qui vont toujours dans le sens du moins-disant, quelle que soit la couleur du gouvernement, des choix qui ont poussé le monde du travail et de la création dans l'âpreté du présent et l'incertitude de l'avenir. L'idée même de « négocier » est terriblement dévaluée dès lors que depuis longtemps les négociations ne portent plus sur des progrès démocratiques et sociaux mais sur le niveau d'acceptation des reculs. On s'étrangle d'ailleurs de la franchise du président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, M. Bruno Le Roux, avouant « qu'il faut que le contrat à durée déterminée ne soit pas une prison pour les chefs d'entreprise ». Tout s'éclaire donc ! La loi dite travail apparaît bien comme l'apothéose régressive d'un quinquennat qui, loin d'avoir fait de la « finance son ennemi », a renié son mandat en se mettant à son service.

Le mouvement actuel n'est donc pas un combat pour des codicilles à une loi, ni pour une nouvelle cosmétique politique de gauche, mais il peut devenir un rassemblement à vocation majoritaire du peuple pour que revive un nouveau progressisme à la française. Certes, il n'en est pas là, mais n'est-ce pas ce qui, à tâtons, se cherche en son sein ? La très bonne nouvelle du renoncement du pouvoir à changer la Constitution pour y inscrire la déchéance de nationalité et l'état d'urgence l'encourage à persévérer. La droite et l'extrême droite enragent. Tant mieux ! Rien de tel pour revigorer les débats pour une gauche d'alternative à un an des élections présidentielles et législatives.

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9 juillet 2016 6 09 /07 /juillet /2016 07:57

Mediatisation/Audiovisuel : Pierre Laurent interpelle le Président du CSA

Vous trouverez ci-dessous un courrier de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF et Président du Parti de la gauche européenne, adressé à Olivier Schrameck, Président du CSA.

"Monsieur le Président,

Ce week-end à Paris, place de la République, le PCF, le Front de gauche et le Parti de la gauche européenne ont organisé un événement politique d'une très grande portée pour la vie politique française et pour l'avenir de l'Europe, aujourd'hui à la croisée des chemins.

Cinq mille personnes, dont 200 invités venus de 20 pays, 42 organisations politiques, 18 organisations syndicales et 80 associations ont débattu pendant 2 jours, dans 3 plénières et 30 ateliers, des alternatives à l'austérité. Toutes les forces de la gauche française était présentes dans une ambiance de travail et d'écoute. Le samedi soir, un concert a donné un caractère populaire et festif à cette initiative et a rassemblé beaucoup de jeunes et de parisiens en solidarité avec les migrants.

Nous avons accueilli Giorgos Katrougalos, Ministre grec de la fonction publique et de la réforme de l’État, Zoe Konstantopoulou, Présidente du Parlement grec, ainsi que plusieurs membres de la direction de Syriza et des personnalités emblématiques de la lutte du peuple grec. Tous étaient à la disposition des citoyens pour expliquer la politique du gouvernement d'Alexis Tsipras, et débattre d'une alternative européenne commune.

Je ne peux m'expliquer l'absence totale des grands médias de l'audiovisuel de notre pays. Comment un tel événement a-t-il pu être passé sous silence ? Et je me permets la remarque suivante issue de mon expérience de Président du Parti de la gauche européenne : cette situation de blackout médiatique n'existe dans aucune autre démocratie européenne.

Un traitement, fut-il critique de l’événement, aurait été normal. Compte tenu de l'actualité européenne, de l'enjeu des négociations en cours entre la Grèce et ses partenaires, le Forum européen des alternatives et ses participants étaient un espace d'explications et de décryptages indispensables à l'information de nos concitoyens. Quel manque à gagner pour le pluralisme, la démocratie et le droit à l'information de nos concitoyens. Il y avait samedi deux actualités politiques. La première porte de Villette avec le congrès d'une UMP relookée; la seconde, place de la République, avec un rassemblement très large des forces progressistes françaises et européennes. Médiatiquement, il ne fut question que de la première alors qu'il y avait la possibilité de faire vivre le pluralisme. 10 ans près la victoire du "Non" au référendum sur le Traité constitutionnel européen, et alors que les grands médias avaient tous fait leur mea culpa, les leçons ne sont toujours pas tirées.

Monsieur le Président, je souhaite vous rencontrer pour échanger avec vous et réfléchir aux moyens d'empêcher qu'une telle situation ne se reproduise."

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9 juillet 2016 6 09 /07 /juillet /2016 07:24

François Hollande et l’emploi : le bilan c’est maintenant explique l’INSEE

GÉRARD LE PUIL

VENDREDI, 8 JUILLET, 2016

HUMANITE.FR

Photo : AFP

L’Institut national de la statistique et des études économiques a publié cette semaine un document intitulé « Emploi, chômage, revenus du travail». A moins d’un an de l’élection présidentielle, il convient de lire cet ouvrage en partant du nombre de chômeurs que comptait le pays en mai 2012 pour comparer les chiffres avec ceux de mai 2016. Histoire de voir si l’engagement de François Hollande de ne solliciter un second mandat que dans l’hypothèse de l’inversion de la courbe du chômage durant son quinquennat est encore tenable sans tricher avec la réalité.

En mai 2012, dernier mois imputable au bilan de Nicolas Sarkozy, il y avait 2 922 100 demandeurs d’emploi de catégorie A inscrits à Pôle emploi. En y ajoutant les inscrits en catégorie B et C, on totalisait 4 347 100 demandeurs d’emploi en France métropolitaine. En mai 2016, la catégorie A comptait 3 428 300 inscrits à Pôle emploi, soit 506 200 personnes de plus qu’en mai 2012 à ne pas avoir travaillé une seule heure dans le mois. Toutes catégories confondues, il y avait 5 428 300 demandeurs d’emploi en mai 2016, soit 1 081 200 de plus qu’en mai 2012. Ces chiffres nous montrent que pour inverser la courbe du chômage durant le quinquennat de François Hollande il faudrait que les chômeurs de catégorie A diminuent de 50 000 tous les mois d’ici avril prochain et les trois catégories cumulées voient sortir 100 000 personnes par mois des chiffres que publie Pôle emploi.

Ce pari de François Hollande est perdu à la lecture de la publication de l’INSEE. Certes, nous apprenons que le secteur marchand non agricole (qui englobe l’industrie, l’artisanat le commerce et les services du secteur privé) « a créé en net 59 000 emplois salariés en 2015». Mais, c’est pour toute l’année. Parallèlement, on a comptabilisé un recul de 33 000 emplois nets dans l’industrie et de 32 000 dans la construction. Dit autrement, les emplois productifs créateurs de richesses ont davantage reculé en France l’an dernier que n’ont augmenté les emplois de services consistant souvent à livrer de manière expresse des objets et de la nourriture commandés sur internet par des particuliers. On peut aussi se demander combien d’emploi de vigiles fouilleurs de sacs et palpeurs de corps humains, en de nombreux lieux publics et autres galeries marchandes, ont été créés en France depuis les séries d’attentats qui ont frappé le pays. Il ne s’agit pas ici de contester ces mesures de sécurité, mais de constater que ce type d’emploi ne crée aucune richesse.

L’INSEE nous dit aussi que « fin 2015, environ 1,5 million de personnes occupaient un emploi aidé en France » et que « ce volume est le plus élevé depuis 1990», quand feu Michel Rocard était Premier ministre. Ainsi « en 2015, 637 000 embauches en contrat initial ou en reconduction ont été réalisés, soit 10,9% de plus qu’en 2014». Et l’Institut de produire l’analyse suivante : « Les emplois aidés ont un impact à court terme sur l’emploi et le chômage dans la mesure où une partie des embauches n’aurait pas lieu sans l’aide de l’Etat (…) Les estimations réalisées suggèrent que la hausse récente du nombre de bénéficiaires d’emplois aidés aurait permis la création nette de 32 000 emplois en 2014 et 15 000 en 2015». C’est toujours ça de pris, mais on est loin du compte pour faire reculer le chômage.

L’augmentation du chômage a également été freinée par la croissance du nombre d’auto-entrepreneurs dont on n’a pas les chiffres les plus récents, mais qui comptaient pour 26% chez les 2,7 millions d’actifs hors salariat et hors secteur agricole en 2013. Toutefois, les auto-entrepreneurs n’exerçant pas parallèlement une activité de salarié, comme second ou premier métier, n’avaient que 500€ de revenu mensuel en moyenne cette année-là.

Alors que la durée effective moyenne du travail des salariés à temps complet est encore de 39,1 heures en France, 35% des salariés à temps complet ou partiel travaillent le samedi et 18% le dimanche. 4,4 millions de salariés travaillent à temps partiel, soit 30,9% des femmes et 7,4% des hommes pour une durée moyenne de 23,3 heures par semaine. L’INSEE ne précise pas quel est le pourcentage de temps partiel subi de par la seule volonté du patronat.

La « baisse du coût du travail » devait aussi favoriser les embauches grâce notamment au Contrat investissement compétitivité emploi (CICE) qui fait baisser ce coût de 6% sur tous les salaires jusqu’à 2,5 fois le SMIC. «Le CICE a eu pour effet de réduire de 2 points le coût du travail en 2013, puis de 1 point supplémentaire en 2014. En 2015, dans le cadre du Pacte de responsabilité et de solidarité, le taux de cotisation patronale pour allocations familiales a été réduit de 5,25% à 3,45%, pour les salaires inférieurs à 1,6 SMIC. Cette mesure a réduit d’environ 0,5 point l’indice du coût du travail », selon l’INSEE. Tout ça pour terminer la quatrième année du quinquennat de François Hollande avec une augmentation de 20% des inscrits à Pôle emplois, toutes catégories de chômeurs réunies !

Comme on pouvait le lire dans l’Humanité du 6 juillet, cette baisse du coût de travail, subventionnée en faveur du patronat avec l’argent des impôts directes et indirects que paient les salariés n’a pas été favorable à l’augmentation des salaires. En 2013, dans le secteur privé, il a diminué de 0,3% en euros constants en moyenne alors que l’augmentation moyenne annuelle avait été 0,5% pour l’ensemble des secteurs entre 1995 et 2012 inclus. « Entre 2009 et 2013, le salaire net moyen en euros constants a baissé de 0,4 point par an dans la fonction publique territoriale, il est resté stable dans la fonction publique d’Etat et, entre 2010 et 2013, il a baissé de 0,9% par an dans la fonction publique hospitalière. Cette baisse du salaire net moyen en euros dans chacun des versants de la fonction publique s’explique principalement par le gel de l’indice de la fonction publique en vigueur depuis juillet 2010 qui vient interrompre la progression des dix années précédentes», explique l’Institut.

De manière plutôt discrète, l’INSEE nous dit finalement que Sarkozy et Hollande ont mené le même combat pour réduire la rémunération de fonctionnaires d’une présidence à l’autre. Tous les deux ont également fait augmenter le chômage comme jamais auparavant. Et dire que tous les deux veulent encore rempiler.

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8 juillet 2016 5 08 /07 /juillet /2016 08:57

e PS actuel, du moins sa direction et la plupart des cadres dérivent vers la droite politique, philosophique,économique, et n'est même plus social. De nombreux militants ont quitté le navire en perdition. Les électeurs se raréfient eux aussi, mais demeure une base qui lui permet de "sauver" quelques citadelles. De nombreux députés PS sont dans leurs petits souliers, et pour certains n'osent plus "sortir".
Cette situation de fragilité et de déclin qui semble inexorable, affaiblit la gauche, toute la gauche, jusqu'à son existence même.
Le parti socialiste va-t-il mourir ? Et la place laissée vacante sera-t-elle occupée par un parti plus centriste ? Un nouveau PS plus à gauche naîtra-t-il de la décomposition ? ou bien la recomposition atteindra-t-elle toutes les formations de gauche ? Les militants , les électeurs socialistes orphelins rejoindront-ils le PCF ou une autre formation de gauche ? Y aura-t-il un effet "vase communiquant" ?
Gardons-nous de nous réjouir des malheurs du PS, le courant réformiste existe quoiqu'on en dise, et quelque soit notre volonté. Selon les périodes, il se situe plus à gauche ou plus à droite, mais il est toujours présent, sous une forme, ou une autre.
Bonne fin de semaine !

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8 juillet 2016 5 08 /07 /juillet /2016 08:20

19 h ·

Je suis intervenu à l'Assemblée nationale ce matin lors du débat d'orientation sur les finances publiques pour 2017 :

Monsieur le Président,
Monsieur le Ministre,
Madame la Rapporteure,
Mes chers collègues,

Après avoir clôturés les comptes de l’année 2015 lundi dernier pendant que le budget de l’année 2016 est en cours d’exécution, nous abordons aujourd’hui un débat important puisqu’il concerne l’orientation des finances publiques pour 2017. Un débat, qui doit nous permettre de préparer sereinement l’examen, à la rentrée, du projet de loi de finances pour 2017.
Au préalable, je tiens à remercier la Rapporteure qui, c’est très vrai aujourd’hui, travaille dans des conditions tout à fait délicates. Car une nouvelle fois, nous déplorons les conditions dans lesquelles ce débat se tient. Je n’évoquerais pas ici l’usage – brutal - de l’article 49 alinéa 3 qui prive, pour la deuxième fois, la représentation nationale de toute discussion sur le projet de loi Travail.
Non. Il s’agit ici de rappeler, comme cela a été fait en Commission, que ce débat doit normalement se tenir sur la base d’un rapport sur les orientations des finances publiques remis au préalable par le Gouvernement. Or, ce rapport a été remis très – trop - tardivement. Nous avons eu moins de 48 heures pour l’étudier. Dès lors, nous sommes aujourd’hui amenés à prendre part à un débat qui semble tronqué et qui ne permet pas de discuter de manière constructive.
Nous le déplorons et je tenais à le souligner.
En tout état de cause, mes chers collègues, l’actualité a mis en lumière les grandes options retenues par l’exécutif pour l’année 2017.
Force est de constater qu’il entend maintenir le cap de la politique de l’offre, cette politique qui vise à réduire inconditionnellement la fiscalité des entreprises, dont on a bien du mal à voir les résultats tant sur l’activité que sur l’emploi, l’investissement, les inégalités et la prise en compte – pourtant essentielle – des enjeux environnementaux.
En annonçant coup sur coup une diminution de la fiscalité des artisans, la diminution de l‘impôt sur les sociétés des PME et, surtout, une nouvelle augmentation du CICE (qui passerait ainsi de 6 à 7% de la masse salariale correspondant aux salaires inférieurs à 2 fois et demi le SMIC), l’exécutif persiste et signe au mépris d’une gestion saine et responsable de nos finances publiques que la situation appelle pourtant. Au mépris des véritables urgences auxquelles nous devons faire face et que j’évoquais au préalable.
On chiffre ainsi cette hausse du CICE à 4 milliards d’euros par an. 4 milliards qui viendront s’ajouter aux 21 milliards d’euros que coûte d’ores et déjà le dispositif.
Ainsi, en rythme de croisière, le CICE « coûtera » donc à nos finances publiques la bagatelle de 25 milliards d’euros par an.
Ainsi, en cinq ans, la majorité sera parvenue, de fait, à diviser par deux l’impôt sur les sociétés. Rappelons que l’impôt sur les sociétés rapportait, il y a encore quelques années, environ 50 milliards par an et qu’il en rapportera donc très rapidement deux fois moins.
Ainsi, notre pays prend donc pleinement sa part à cette course mortifère au moins-disant social et fiscal qui se mène au sein de l’Union européenne. Le Royaume-Uni ne vient-il pas d’annoncer une baisse probable de son taux d’impôt sur les sociétés, qui pourrait passer de 20 à 15% ? Les effets de l’absence d’harmonisation fiscale et de la concurrence effrénée entre Etats au sein d’une zone économique intégrée sont là, devant nous.
De fait, nous assistons à l’érosion progressive des bases fiscales car, en plus de cette concurrence entre Etats, les cancers que sont la fraude et l’évasion fiscales nous plombent. Mais qui paie le prix fort de ces pratiques ? Ce sont ceux qui ont peu de moyens. Ce sont ceux qui ont les services publics pour seule richesse. Ce sont les TPE et les PME, qui payent plein pot, victimes de la capacité des grands groupes à transférer leurs bénéfices vers les boites aux lettres des paradis fiscaux ou d’utiliser toutes les ficelles de l’optimisation fiscale que notre système permet grandement.
Dès lors, mes chers collègues, soyons très clairs : l’Europe ne se fera que si elle parvient à dépasser ces fléaux. Ou alors elle ne se fera pas.
Telle doit être la priorité politique du moment.
***
En réalité, avec la réduction progressive de la contribution des entreprises au financement du pays et du bien commun, c’est toute l’architecture fiscale qui est aujourd’hui bouleversée.
Les effets du CICE sur l’économie et l’emploi laissent pour le moins songeur, c’est un euphémisme. En revanche, ils sont tout à fait sensibles sur les finances publiques : l’impôt sur les sociétés constitue désormais moins de 10% des recettes fiscales de l’Etat. Et c’est la fiscalité des ménages, que ce soit la TVA ou l’impôt sur le revenu, qui compense cette diminution, ce qui pose des questions essentielles en termes de justice fiscale et sociale car on assiste à un transfert progressif de la contribution des entreprises au financement de l’Etat vers les ménages. A ce titre, la TVA, fiscalité la plus injuste car touchant les riches et les précaires de la même manière, représente quasiment 50% des produits fiscaux de l’Etat.
Dès lors, nous ne pouvons que déplorer l’enterrement de l’une des promesses de campagne de 2012 : celle de la grande réforme fiscale, tombée aux oubliettes, mais pourtant essentielle et que nous revendiquons toujours :
Progressivité de l’impôt sur le revenu, fiscalité tournée vers l’avenir et l’emploi durable, revue intégrale des niches fiscales et autres crédits d’impôts inutiles et inefficaces, démontage progressif des barrières contreproductives en matière de lutte contre la fraude fiscale comme le « verrou de Bercy » et la « Commission des infractions fiscales », telles devraient être les autres priorités de cette fin de quinquennat.
***
Les inégalités sociales sont devenues insupportables.
Quand on connait l’écart – minime – entre le niveau du SMIC et le seuil de pauvreté (à peine 100 euros), les rémunérations perçues par certains prétendus « super patrons » ne sont plus tolérables.
Or, notre fiscalité, et cela a été prouvé, ne garantit pas la juste contribution des plus hauts revenus à la vie collective. Les fameux 0,1% !
C’est d’ailleurs là l’une des raisons qui m’ont poussé à déposer une proposition de loi visant à encadrer – « à la source » en quelque sorte – les rémunérations dans les entreprises. Une proposition de loi qui visait bien sûr les grandes entreprises du CAC 40. Adoptée dans le cadre de notre niche parlementaire ses dispositions ont été retoquées, une par une, dans le cadre de la discussion sur le projet de loi Sapin II.
Ainsi, l’exécutif et sa majorité sont plus prompts à déréguler le marché du travail, quitte à utiliser la violence du 49-3 et envisager l’interdiction d’une manifestation, plutôt qu’à encadrer les rémunérations inacceptables de certains dirigeants d’entreprises.
Notons néanmoins la lucidité qui devrait conduire à la moindre diminution des moyens alloués par l’Etat aux collectivités. Après la fronde légitime des maires et des élus locaux, le Président de la République a en effet annoncé début juin que la réduction de la dotation globale de fonctionnement, fixée initialement à 3,6 milliards d’euros pour 2017, sera finalement deux fois moins importante, témoignant ainsi d’une prise de conscience de la part de l’exécutif des effets néfastes des coupes opérées dans le budget des collectivités territoriales depuis trois ans pour financer les cadeaux fiscaux accordés aux entreprises sans contrepartie.
A cet égard, le constat dressé par la Cour des Comptes dans son dernier rapport est très clair : la réduction drastique des moyens alloués aux collectivités a conduit à mettre en berne l’investissement public local. Il est en retrait de 9% en 2014 et de 10% en 2015, se traduisant par le fléchissement de l’emploi et de l’activité et participant, plus globalement, de cette politique déflationniste dont les méfaits sont très clairement sous-estimés.
***
Pour conclure, mes chers collègues, je ne reviendrai pas sur ce que certains d’entre nous appellent des « artifices » comptables conduisant à reporter l’impact budgétaire de certaines mesures sur un exercice ultérieur, telle la hausse du CICE, qui se traduira dans les comptes de l’année 2018, ou encore l’émission, par l’Agence France Trésor, de titres de dette sur des souches anciennes ayant généré des primes d’émission, ce qui a eu pour effet de réduire « facialement » notre taux d’endettement.
Parlant de dette, mes chers collègues, voilà bien la mère des batailles ! Comment faire pour affranchir notre pays et sa souveraineté de cette épée de Damoclès ? Comment faire pour regagner en liberté dans nos choix budgétaires ? Il est temps de prendre les mesures qui s’imposent. Nous interviendrons dans le débat budgétaire de l’automne en faisant des propositions fortes, basées sur la qualité des travaux menés par la mission d’évaluation et de contrôle sur la transparence de la dette qui a rendu ses travaux hier matin.
Plus globalement et comme à l’accoutumée, c’est dans un état d’esprit constructif que nous abordons les discussions budgétaires. Mais une nouvelle fois avec la conviction profonde qu’il nous faut du courage politique pour opérer ce changement de cap qu’appelle l’urgence sociale, économique et environnementale.
Nous proposerons donc de remettre la justice et la progressivité au cœur de notre système fiscal, afin que chacun contribue selon ses moyens.
Nous proposerons des mesures fortes pour qu’enfin soient mis derrière les barreaux ceux qui fraudent aujourd’hui impunément le fisc.
Enfin, nous proposerons de mettre un terme à cette politique de l’offre qui paupérise les peuples.

Je vous remercie.

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6 juillet 2016 3 06 /07 /juillet /2016 15:53

communiqué

Motion de censure des gauches et des écologistes

Nous, parlementaires des gauches et écologistes à l’Assemblée nationale, considérons que le deuxième recours à l’article 49-3 de la Constitution, par un gouvernement issu de la gauche, sur un texte portant réforme du Code du travail, est un acte très grave.

Nous ne pouvons accepter cet acte autoritaire confisquant le débat démocratique autour d’un projet de loi pour lequel le Gouvernement n’a pas reçu de mandat de ses électeurs.

Depuis plusieurs mois, les débats autour de ce projet de loi ont provoqué dans notre pays une profonde tension sociale. Comme une majorité des Français, nous nous sommes opposés aux risques graves d’atteinte à notre modèle social que comporte ce texte, à la consécration de l’inversion de la hiérarchie des normes et à la remise en cause du principe de faveur en droit du travail, qui généraliseront la possibilité pour une entreprise de recourir au moins disant social et de réduire le pouvoir d’achat des salariés (par exemple en abaissant la majoration des heures supplémentaires).

Nous nous sommes également opposés à d’autres mesures dangereuses, comme la facilitation des licenciements économiques, les accords dits « offensifs » de développement de l’emploi et la réduction des missions de la médecine du travail, avec un droit à l’inaptitude désormais moins protecteur.

Les parlementaires opposés au projet de loi, ou simplement inquiets de certaines de ses dispositions, ont à de nombreuses reprises ces dernières semaines, et jusqu’au dernier moment, manifesté une volonté de dialogue et de retour à la négociation. La majorité des syndicats ont également exprimé des propositions sérieuses d’évolution du texte.

A l’heure où notre pays traverse une profonde crise démocratique, où le fossé entre les citoyens et les gouvernants ne cesse de se creuser, la réponse de l’exécutif est une brutale fin de non-recevoir. Ce deuxième recours à l’article 49-3 adresse ainsi au pays, à toutes celles et ceux qui se sont mobilisés, le message d’un pouvoir oubliant les valeurs communes. Il prive le Parlement de son droit le plus essentiel : débattre et se prononcer sur un projet de loi portant sur un sujet aussi déterminant pour le quotidien de nos concitoyens que le Code du travail.

Dans ce contexte, la motion de censure que nous déposons se veut une réponse démocratique et responsable, face au coup de force de l’exécutif et au recours inacceptable à cet instrument de contrainte du Parlement qui n’a plus sa place dans une constitution du XXIème siècle.

Laurence Abeille, Sylviane Alaux, Brigitte Allain, Pouria Amirshahi, François Asensi, Isabelle Attard, Danielle Auroi, Philippe Baumel, Laurent Baumel, Huguette Bello, Jean-Pierre Blazy, Michèle Bonneton, Alain Bocquet, Marie-George Buffet, Jean-Jacques Candelier, Fanélie Carrey-Conte, Patrice Carvalho, Nathalie Chabanne, Gaby Charroux, André Chassaigne, Dominique Chauvel, Pascal Cherki, Sergio Coronado, Marc Dolez, Cécile Duflot, Hervé Feron, Aurélie Filippetti, Jacqueline Fraysse, Geneviève Gaillard, Linda Gourjade, Edith Gueugneau, Benoït Hamon, Mathieu Hanotin, Christian Hutin, Serge Janquin, Romain Joron, Régis Juanico, Jérôme Lambert, Jean Lassalle, Christophe Léonard, Jean-Luc Laurent, Noël Mamère, Alfred Marie-Jeanne, Jean-Philippe Nilor, Philippe Noguès, Christian Paul, Michel Pouzol, Patrice Prat, Barbara Romagnan, Jean-Louis Roumegas, Nicolas Sansu, Eva Sas, Gérard Sebaoun, Suzanne Tallard, Thomas Thévenoud, Paola Zanetti

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Même s'il faut féliciter les 56 députés qui se sont engagés sur un texte de censure de gauche, il faut constater que les députés du Front de gauche ne seront pas parvenus, cette fois encore à rassembler les 58 signatures nécessaires pour déposer une motion de censure de gauche. Les députés PS opposés à la loi "El Khomri" et les "frondeurs" n'auront pas fait pencher la balance comme cela eût été possible. Les pressions , les menacent d'exclusions et leurs propres illusions de peser lors de primaires auront eu raison de déclarations intempestives contre la loi, qui s'avèrent être une mascarade. C'est au "pied du mur que l'on voit le maçon" Une nouvelle fois, ils renoncent, le manque de courage et de détermination décevront ceux qui avaient cru en leur parole. Ils doivent savoir qu'ils ne peuvent pas compter sur les socialistes qu'ils soient ex ou frondeurs. Ils doivent compter sur eux-mêmes et tous ceux qui se mobilisent dans ls luttes multiformes pour faire échouer la loi et les politiques d'austérité. Construire une alternative progressiste est la tâche que doivent s'assigner les forces démocratiques en élaborant, avec notre peuple, un socle mesures et d'orientations de progrès économique, social, politique et démocratique.

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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 17:09
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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 09:16

01/07/2016

La NOUVELLE RÉPUBLIQUE

La gauche se lézarde le PCF tente un reformatage

Alors que le malaise grandit au PS, le Parti communiste appelle à des discussions sans préalable avec ceux qui contestent la ligne gouvernementale.

La semaine dernière, c'est le secrétaire de la section PS de Niort, Hermann Cadiou, qui démissionnait pour cause de désaccord avec la ligne gouvernementale. Et hier celui de la section de Chauray, pour les mêmes raisons : Christian Loustaunau s'en prend sans ménagement (lire ci-contre) à la politique Hollande-Valls. Dans le même temps, la section deux-sévrienne d'Europe Écologie-Les Verts annonçait en début de semaine sa rupture avec l'appareil du PS.

Les fissures apparues en interne ces derniers mois de ce côté-ci de l'échiquier politique, se transforment en lézardes de plus en plus béantes. C'est dans ce contexte qu'hier, la fédération départementale du Parti communiste a appelé à un rassemblement de tous ceux qui, à gauche, condamnent la politique gouvernementale. Le PCF veut reprendre langue avec EELV, toutes les composantes du Front de gauche, Nuit debout mais aussi Nouvelle Donne et ceux que Bruno Bonin, son secrétaire départemental, appelle « les socialistes en colère ». « Il n'y a pas de raison que les gens ne se réunissent pas pour discuter ensemble à partir du moment où ils partagent les mêmes valeurs », déclare-t-il.
Concrètement, le PCF suggère un événement « festif et convivial » à la rentrée pour discuter sans préalable « d'un nouveau Front populaire » à l'échelle des Deux-Sèvres. En ligne de mire, l'élaboration d'un « programme commun départemental ». Parmi les pistes de travail : la santé, la culture, l'éducation populaire, l'agriculture, les services publics.

" Je n'appelle pas ça de l'opportunisme "

Le PCF, en embuscade, ne cherche-t-il pas à récupérer à son profit le chaos ambiant ? Bruno Bonin se défend de tout calcul du genre : « Ne pas vouloir laisser les choses en l'état, alors que tout est en train d'exploser, je n'appelle pas ça de l'opportunisme. Ce n'est pas de l'opportunisme de vouloir éviter que tout cela se termine par la victoire de l'extrême-droite », tandis que Sébastien Coutant renchérit : « On peut plutôt parler d'une clarification ».
Pas question de confondre les calendriers, jure le PCF : il n'est pas demandé à ceux que la démarche intéresse de s'enrôler dans l'écurie Jean-Luc Mélenchon pour la présidentielle. « On est dans le temps de la reconstruction. C'est un temps long qui va au-delà de 2017. » Les militants PS tentés par cette main tendue n'auront pas non plus à déchirer la carte de leur parti comme on va à Canossa. Juste à manifester leur désapprobation de la ligne gouvernementale. En théorie, cela peut faire du monde.

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Si l'on peut se féliciter de "l'ouverture" du PCF 79 sur "tous ceux qui, à gauche" sont en désaccord avec la politique gouvernementale, pour construire un rassemblement populaire, les limites d'une telle réalisation seront vite atteinte, si, dans le même temps la FD du PCF se considère comme une écurie présidentielle de Jean-Luc Mélenchon. On remarquera au passage que les différentes options qui se succèdent au PCF 79 peuvent donner le tournis à qui n'est pas un observateur attentif. De plus croit-on au 23 rue des Fossés à Niort qu'un cartel d'organisation (encore que cela ne concerne que de personnalités socialistes qui agissent en leur nom propre) que c'est dans la réunionnite que les choses peuvent se résoudre. Le PCF 79 n'a-t'il lui-même pas d'idées propres et de propositions sur la santé et les services publics à mettre en débat ?

Il reste que pour l'heure, la loi El Khomri, le Brexit, le TAFTA, la politique gouvernementale, la Vie ou la 1ere République sont parmi les préoccupations qui s'expriment et qui font débat. Une majorité de français est hostile à la loi travail et dès le 5 juillet prochain, une 12e manifestation est organisée par l'intersyndicale, manifestation à laquelle appelle, depuis le début, reparti communiste français.

L'heure n'est pas à se ranger derrière un sauveur, mais de tout faire pour faire échouer cette loi de régression sociale qui en appelle d'autres.

Le 37e congrès des communistes qui s'est tenu début juin a lancé une grande initiative pour donner la parole au peuple et écrire avec lui un pacte d'engagements communs à 500 000 voix. Avec le questionnaire "QUE DEMANDE LE PEUPLE" mis à la disposition des communistes, combien de rencontres, de discussions avec plusieurs centaines voire de milliers de personnes allons nous être capables d'organiser ? Et la FD 79 est-elle prête à s'engager elle aussi pour sceller un engagement commun qui pourrait être acté par une votation citoyenne à l'automne et construire des candidatures communes aux législatives et à la Présidentielle ?

Et d'ailleurs, quelque soit le candidat et à fortiori le Président élu, nous aurons besoin de députés pour faire valoir ou mettre en oeuvre le cas échéant, les engagements communs.

L'heure n'est pas à se rallier à qui que ce soit, il est à construire, dans les luttes, au parlement comme le font les élus communiste et du front de gauche et dans les têtes les conditions d'une victoire politique et électorale.

Pressés, certains le sont d'enjamber le débat populaire des solutions pour se ranger derrière ou autour d'un candidat qui à lui seul résoudrait les problèmes. Cette conception du pouvoir personnel est à mille lieues des exigences populaires. Les récentes et puissantes manifestations contre la loi travail, les rassemblements de"Nuits debouts" les prises de positions d'intellectuels, d'économistes contre l'austérité, contre l'Europe de la finance etc...dégagent de potentialités que les communistes du 79 peuvent mettre à profit pour relancer leur militantisme et leurs actions auxquelles ils s'emploient à rassembler un maximum de contributeurs.

Notre 37ème congrès a envoyé le signe de communistes unis pour rassembler et construire un projet politique de gauche porté par un front populaire et citoyen. Une unité leur permettant de travailler ensemble sans effacer les opinions différentes, voire divergentes.

D'ailleurs à ce propos, on peut s'étonner que la FD 79 cherche à rassembler la gauche, alors qu'elle refus la diversité en son sein en refusant de remettre la carte 2016 à certains communistes et de les intégrer aux débats et à l'action.

Je termine par une citation de Pierre Laurent dans son discours de clôture du congrès : « J’entends déjà tous les sceptiques me dire, mais c’est trop tard. Cette idée elle est bonne mais on n’y arrivera pas. Je sais tous les obstacles réels qui existent. Jean-Luc Mélenchon va dire qu’il avance, quoi qu’il arrive, qu’il n’a pas de temps à perdre avec toutes ces discussions. Arnaud Montebourg prépare aussi son retour. Les écologistes se demandent comment faire entendre leur voix. Et beaucoup d’autres rêvent de concourir au moins dans une primaire ». « Mais à tous ceux qui sont venus ce week-end en répondant à notre invitation, je dis : Arrêtons ce gâchis. Non il n’est pas trop tard. Soyons conscients de nos responsabilités. La droite et l’extrême droite menacent. L’affaire est grave. La France que nous aimons peut le payer très cher. François Hollande et Manuel Valls emmènent la gauche au suicide. Tout ne peut pas attendre l’après 2017" »

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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 07:27

Echéances électorales : “Ne nous laissons pas détourner de l’essentiel” !

ROBERT CLÉMENT·JEUDI 30 JUIN 2016

Je lis, je prends connaissance des différents propos, des commentaires qu’ils suscitent sur ce qui semble être la question des questions : Quel candidat soutenir à la présidentielle ? Qu’elle soit une préoccupation, on peut le comprendre. Mais ne risquons-nous pas de se laisser enfermer dans un piège à notre corps défendant ? L’élection présidentielle est redoutable. Tout se ramène à une formule chère aux partisans de la Vème République : « la rencontre d’un homme avec le peuple ». Le projet politique, sa construction avec les citoyens deviennent l’accessoire. Tout se ramène à une seule question : « le ralliement ». Les communistes, partisans d’une VIème République depuis bien longtemps, ne sauraient en aucun cas participer à ce théâtre d’ombres. Mais, alors que faire ?

D’abord, et je reprends ici le titre de l’Humanité d’hier, « LOI TRAVAIL, PAS DE VACANCES POUR LA CONTESTATION ! » Alors que plus qu’une majorité des français continuent d’être opposés à cette loi scélérate. Qu’ils sont 73% à se dire opposés à un nouveau 49-3, il convient de redoubler d’efforts pour soutenir et participer aux mobilisations sociales et à poser le débat des perspectives pour que le mouvement populaire définisse et garantisse ses propres solutions.

Et puis, c’est un impératif, mettre en œuvre les décisions de notre 37ème congrès avec détermination, imagination et esprit de suite. Sans plus, mais c’est déjà beaucoup ! Donner la parole à notre peuple. Écrire avec lui, avec toutes les forces, les personnalités, un pacte d’engagements communs sur lequel on pourra se construire une candidature à gauche. Contribuer à la réussite de cette écriture c’est atteindre 500.000 mille rencontres avec le questionnaire « QUE DEMANDE LE PEUPLE ». Un pacte d’engagements soumis à une votation citoyenne nationale. C’est cela et seulement cela qui peut changer la donne ! J’ajoute que le processus collectif qu’a retenu notre congrès ne saurait concerner la seule élection présidentielle. Pour changer de politique, pour redonner du pouvoir au peuple, il ne suffit pas de changer de président. Il faut changer de majorité. Notre pays doit donc compter sur un parlement placé sous le contrôle des citoyens.

Je comprends et je partage l’agacement, pour ne pas dire davantage, que déclenchent les récents propos de Jean-Luc Mélenchon, n’hésitant pas à tordre les décisions du 37ème congrès, en écrivant : « Le PCF a choisi à une écrasante majorité de tourner le dos à ma candidature (…). Dont acte (…). Pour moi, la page est donc tournée. C’est clair la « France insoumise » est le cadre dans lequel se situe la campagne que j’anime pour les élections présidentielles et législatives ». Pour rassembler, il y a mieux à faire !

J’ai également pris connaissance de l’opinion de Marie-George Buffet. Personne ne conteste sa liberté d’expression. Pour ma part je ne partage pas son point de vue. Pour une raison extrêmement simple. N’évoquer aujourd’hui que le rassemblement « autour » de Jean-Luc Mélenchon, nous renvoie aux affres du présidentialisme, en expédiant aux oubliettes la construction citoyenne d’un pacte d’engagements communs et la désignation d’une candidature porteuse de cette démarche. Qui peut nier que des approches différentes existent sur certains sujets. Sur l’Europe par exemple pour rester dans l’actualité. Le débat entre les forces que nous voulons rassembler dans un nouveau front populaire et citoyen ne s’impose-t-il pas ? Pour qu’elles disent ce qu’elles souhaitent, jusqu’où elles veulent aller !

Mais c’est précisément là que le piège peut se refermer. Prenons garde. Ne nous engageons dans de vaines polémiques qui au bout du compte feraient le jeu de ceux qui voudraient tenir notre peuple en marge de cette nécessaire construction. C’est le but que poursuivent les chiens de garde des médias, montant en épingle telle ou telle déclaration pour faire échec à toutes les initiatives citoyennes qui constituent la feuille de route des communistes, de tous les communistes dans leur diversité. Ne leur faisons pas ce cadeau. Notre 37ème congrès a envoyé le signe de communistes unis pour rassembler et construire un projet politique de gauche porté par un front populaire et citoyen. Une unité leur permettant de travailler ensemble sans effacer les opinions différentes, voire divergentes.

Je fais mien ce que disait Pierre Laurent dans son discours de clôture du congrès : « J’entends déjà tous les sceptiques me dire, mais c’est trop tard. Cette idée elle est bonne mais on n’y arrivera pas. Je sais tous les obstacles réels qui existent. Jean-Luc Mélenchon va dire qu’il avance, quoi qu’il arrive, qu’il n’a pas de temps à perdre avec toutes ces discussions. Arnaud Montebourg prépare aussi son retour. Les écologistes se demandent comment faire entendre leur voix. Et beaucoup d’autres rêvent de concourir au moins dans une primaire ». « Mais à tous ceux qui sont venus ce week-end en répondant à notre invitation, je dis : Arrêtons ce gâchis. Non il n’est pas trop tard. Soyons conscients de nos responsabilités. La droite et l’extrême droite menacent. L’affaire est grave. La France que nous aimons peut le payer très cher. François Hollande et Manuel Valls emmènent la gauche au suicide. Tout ne peut pas attendre l’après 2017 »

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BRUNO FORNACIARI

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