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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 06:25

 

Soins palliatifs : « Des moyens pour un service de qualité »

 

 

 

 

En se rendant ce matin à la maison médicale Notre-Dame-du-Lac à Rueil-Malmaison, le président de la République a rendu hommage aux personnels de santé travaillant dans les soins palliatifs. C'est une juste reconnaissance de l’État. Annoncer une augmentation des lits de soins palliatifs répond à une attente des professionnels et des usagers.

 

Mais cela implique une augmentation significative du budget de la sécurité sociale pour que ces lits soient dotés de moyens humains qualifiés permettant de rendre le service de qualité qu'attend la population. Ce discours devra donc se concrétiser dans les actes lors du prochain examen du projet de loi de financement de la sécurité sociale.

 

Il est tout autant indispensable d'arrêter la mise en œuvre de la loi « Hôpital, patients, santé, territoires » (HPST) qui ferme les structures de proximité, concentre les services et remet en cause la dignité du service rendu à la population. Il y a urgence à décider dès cet été un moratoire avant d'engager le processus démocratique d'élaboration d'une nouvelle loi.

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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 06:06

 

Un rapport du Sénat propose la création d'un haut-commissariat contre l'évasion fiscale

Le Monde.fr | 24.07.2012 à 15h26 • Mis à jour le 24.07.2012 à 16h24

 

 

Le rapporteur de la commission sénatoriale, Eric Bosquet, a devant la presse parlé d"un risque fiscal compris entre 30 et 36 milliards d'euros".

 Il s'agit de mettre la main sur près de 50 milliards d'euros. Pour ce faire, le sénateur Eric Bocquet (PCF), rapporteur d'une commission d'enquête sénatoriale sur l'évasion des capitaux, a suggéré mardi 24 juillet au gouvernement la création d'un haut-commissariat pour lutter contre l'évasion fiscale. Les sénateurs ont présenté le fruit de cinq mois de travaux lors d'une conférence de presse.

 

Selon le socialiste Yannick Vaugrenard, membre de cette commission d'enquête présidée par Philippe Dominati (UMP), l'évasion fiscale "représente, au moins, le montant du remboursement des intérêts de la dette française chaque année".

 

Les sénateurs avouent avoir eu le plus grand mal à chiffrer le montant du butin. Si M. Vaugrenard a évoqué la fourchette de 50 à 60 milliards d'euros, Eric Bosquet a, devant la presse, parlé d"un risque fiscal compris entre 30 et 36 milliards d'euros", précisant que "cette évaluation ne compren(ait) pas une série de risques". "Si bien, ajoute-t-il, que la limite supérieure n'est pas définissable : est-ce 50 milliards, 80 milliards ?"

 


"MISÈRE DES ÉVALUATIONS"


 "C'est un axe politique majeur sur lequel le gouvernement va devoir travailler à la rentrée", ont estimé les membres de la commission qui mettent sur la table une cinquantaine de propositions. Pour Eric Bocquet, un "haut-commissariat à la protection des intérêts financiers publics" doit être "la pierre angulaire" du dispositif.

Placée sous l'autorité directe du premier ministre, il devrait être doté d'un "outil statistique" solide, qui fait "cruellement défaut actuellement", a insisté M. Bocquet, qui dénonce en particulier "la misère des évaluations" ainsi que l'existence d'une "véritable ingénierie de la fiscalité" qui rencontre "une culture de la faille secrétée par un système économique de la performance financière".

Parmi les mesures proposées pour "valoriser la citoyenneté fiscale" figurent également le renforcement des prérogatives des institutions représentatives du personnel en matière de prévention de la fraude fiscale ainsi que la création d'un corps interministériel d'"informaticiens-enquêteurs" pour amplifier la "force de frappe" de l'administration.

 

 M. Bocquet a accusé une "Europe trop absente" des voies de lutte engagée contre la fraude fiscale par l'OCDE, car elle est "paralysée par les concurrences fiscales qu'elle abrite en son sein" et que c'est sur son territoire que résident "les paradis fiscaux les plus puissants du monde". "La politique franco-française de lutte contre l'évasion fiscale porte la marque de ces enlisements", a-t-il aussi remarqué.

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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 05:53
A un jour de sa visite en France: Le parti communiste français « tire » sur Ouattara
25 juillet 2012 Armand B. Depeyla Soir info

 
L'AUTEUR Armand B. Depeyla
Ses articles


 
ADO_france_accueil
Véritable douche écossaise pour le chef de l’Etat Ouattara qui rencontre François Hollande demain à l’Elysée
« Boule puante » pour Alassane Ouattara, cette sortie du Parti communiste français (Pcf) contre son régime. Le chef de l’Etat ivoirien, qui effectue demain sa première visite officielle à l’Elysée, est la cible du parti communiste français qui cloue au pilori sa politique en matière de droit de l’Homme.

 Le Pcf,  dans un communiqué rendu public  le mardi 24 juillet 2012, a vertement condamné  la "politique répressive" du président ivoirien Alassane Ouattara. Ce pavé dans la mare intervient seulement à deux jours avant sa visite en France où il doit rencontrer le président François Hollande, notamment à l’Elysée. « Le Pcf "condamne la politique répressive de Ouattara", peut-on lire dans ce communiqué du parti de Pierre Laurent, nouveau secrétaire général.


"Les autorités françaises, lors de cette rencontre, doivent exprimer l`exigence vis-à-vis des autorités ivoiriennes du respect des libertés, de l`Etat de droit en Côte d`Ivoire et de la sécurité des populations", enfonce-t-il le clou. Le Pcf est un allié idéologique du Front populaire ivoirien ( Fpi), le parti de Laurent Gbago en prison à La Haye. Ce parti,  qui ne représente que l’ombre de lui-même aujourd’hui sur l’échiquier politique, envisage aussi à l`Assemblée nationale, où il compte une dizaine d`élus, "l`ouverture d`une commission d`enquête parlementaire concernant les responsabilités françaises dans la crise ivoirienne", rapporte l’Afp.

 

Les récentes tueries de Duékoué n’ont pas échappé aux « tirs » de ce parti contre le régime Ouattara.  "Le Parti Communiste Français  condamne la nouvelle attaque portée contre le camp de déplacés de Nahibly à l`ouest de la Côte d`Ivoire, ayant fait 13  morts et des dizaines de blessés", ajoute ce parti, déplorant que la mission de l`Onu (Onuci) soit "incapable d`assurer la sécurité des populations déplacées". Le Pcf est le premier parti politique français à prendre ainsi, officiellement position dans les affaires internes ivoiriennes  et se permettre une attaque en règle contre le régime Ouattara, après les condamnations de l’Union européenne et des Etats-Unis, notamment.

 

 Les communistes français se disent outrés des "emprisonnements arbitraires, impunité du régime actuel concernant les violences meurtrières commises en 2011, non respect des engagements pris dans la mise en place d`un processus de " rassemblement et de réconciliation ", violations des droits civils et politiques, les populations paient le prix d`une justice inéquitable", selon les communistes.

Jusqu’en fin de soirée hier, le gouvernement n’avait toujours pas réagi à cette sortie inamicale du parti communiste français.

 

                               Armand B. DEPEYLA

 

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Côte d'Ivoire : Le PCF condamne la politique répressive du Président Ouattara.

 

 

 

 

Le PCF condamne la nouvelle attaque portée contre le camp de déplacés de Nahibly à l’ouest de la Côte d’Ivoire, ayant fait une dizaine de morts et des dizaines de blessés. La mission de l’ONU (ONUCI) censée protéger ce camp, s’est révélée une nouvelle fois incapable d’assurer la sécurité des populations déplacées.

Après la visite controversée le 2 juillet dernier, de Guillaume Soro, accusé de crime de guerres et crime contre l’humanité par la Cour Pénale Internationale, à notre Président de l’Assemblée Nationale Claude Bartolone, le Président François Hollande s’apprête à recevoir jeudi 26 juillet Alassane Ouattara, qui use de la répression comme mode de gestion de l'État depuis son accession au pouvoir.

Emprisonnements arbitraires, impunité du régime actuel concernant les violences meurtrières commises en 2011, non respect des engagements pris dans la mise en place d’un processus de « rassemblement et de réconciliation », violations des droits civils et politiques, les populations paient le prix d’une justice inéquitable.

Les autorités françaises, lors de cette rencontre, doivent exprimer l’exigence vis à vis des autorités ivoiriennes du respect des libertés, de l'État de droit en Côte d’Ivoire et de la sécurité des populations. La réconciliation nationale est plus que jamais nécessaire pour rétablir la paix. Celle-ci doit s’accompagner d’une véritable volonté politique pour faciliter le retour au pays des exilés et assurer la protection de toutes les populations vivant sur le sol ivoirien.

Le PCF réaffirme son soutien aux populations ivoiriennes qui subissent la dégradation de leurs conditions sécuritaires, sanitaires, sociales et économiques et s’engage à porter à L’Assemblée Nationale la nécessité de rompre avec une politique interventionniste, l’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire concernant les responsabilités françaises dans la crise ivoirienne.

 

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24 juillet 2012 2 24 /07 /juillet /2012 15:54
Photo : la Une de Libération demain
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24 juillet 2012 2 24 /07 /juillet /2012 09:18

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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 22:12

Une vision trouble du Monde sur l’Argentine

par Jérémy Rubenstein , Nils Solari, le 23 juillet 2012

 

Lorsque Le Monde s’intéresse à l’Amérique latine, c’est rarement pour flatter les expériences qui s’émancipent du néolibéralisme. Les catastrophes que ce dernier a provoquées ont conduit de nombreux pays de la région à explorer d’autres voies que Le Monde s’emploie consciencieusement à dénigrer, quitte à piétiner l’histoire, comme on peut le vérifier à propos de l’Argentine.…

 

Dans un article paru le 25 juin 2012 sur la version web du « quotidien de référence », Claire Gatinois, rédactrice de la section « Économie » et Christine Legrand, correspondante en Argentine, affirment ainsi que « Le miracle argentin était en trompe-l’œil ». Miracle, vous avez dit miracle ? Mais de quel miracle s’agit-il ?

 

Jusqu’à ce que les journalistes du Monde s’emparent de l’expression, par « miracle argentin », les zélateurs de politiques libérales entendaient avant tout les effets de celle qui fut administrée à l’Argentine, sous la présidence de Carlos Saúl Menem (de 1989 à 1999 et dans le droit fil des « réformes » imposées à partir de 1976).

 

On a pu, il est vrai, parler de « miracle » - un « miracle », si l’on veut, mais tout autre - à propos de l’ère ouverte par les présidences du couple Kirchner (de 2003 à aujourd’hui). Mais il faut un goût prononcé pour les amalgames pour les confondre sous la même expression, surtout quand cet amalgame est épicé par un autre qui assimile le soulèvement populaire de décembre 2001 aux mouvements sociaux en cours en juin 2012. C’est pourtant à cette cuisine que se livrent, comme on va le voir, les journalistes du Monde qui, de l’analyse versent ainsi dans la propagande. Mais pour mieux en comprendre les procédés, un bref retour en arrière s’impose.

 

Un minimum d’histoire

 

- À l’instar des dictatures des pays voisins (Brésil, Chili, Uruguay, Paraguay, Bolivie) lors de la mise en place du Plan Condor, les doctrines des Chicago boys [1] ont commencé à s’imposer en Argentine à compter de 1976, sous la main de fer de la junte militaire et de son ministre de l’économie Martínez de Hoz.

 

- Le « retour de la démocratie » en 1983 a confirmé cette influence néolibérale et l’a même confortée à partir des années 1990 sous l’effet du consensus de Washington [2]. Carlos Saúl Menem, élu président en 1989, va en effet être l’artisan d’une vaste politique de libéralisation, de déréglementation et de privatisations, qui vaudra à l’Argentine d’être désignée « meilleur élève du FMI ».

 

Depuis les pays industrialisés et sous le regard bienveillant des institutions financières, cette « révolution économique qui a profondément bouleversé [le] pays » était ainsi qualifiée par certains de « miracle argentin » [3]. Le « miracle » en question eut des effets peu miraculeux : avec un taux de chômage supérieur à 20 % et plus de la moitié de la population vivant sous le seuil de pauvreté, la situation économique et sociale du pays à la fin 2001 est déplorable et provoque l’Argentinazo, le soulèvement populaire des 19 et 20 décembre 2001.

La situation est-elle similaire en 2012 ? Les journalistes du Monde s’emploient à le suggérer.

 

- Le soulèvement populaire de décembre 2001 ouvre une période d’instabilité politique et institutionnelle qui verra pas moins de cinq présidents se succéder jusqu’à l’arrivée au pouvoir de Néstor Kirchner en mai 2003. Parvenant « à remettre le pays sur pied, à la faveur d’une croissance économique rapide et stable » [4], il laisse la place à sa femme, Cristina, élue présidente en 2007 puis réélue en 2011. Avec un taux de croissance oscillant autour de 8 % durant près de sept années consécutives (à l’exception de 2009), certains commentateurs y ont vus « une réussite insolente » voir, à nouveau, l’expression d’un « miracle » [5].

 

L’attribution à l’Argentine de deux « miracles » - un premier à l’œuvre dans les années 1990 et qui s’est soldé par une crise des plus violentes ; et l’autre, en cours aujourd’hui, sous l’effet des politiques menées par le couple Kirchner - justifie-elle leur confusion ? C’est, sous couvert de comparaison, ce que nous proposent les journalistes du Monde

 

 

L’Argentine, de nouveau au bord du chaos ?


  Une question, faussement naïve, introduit une comparaison sans objet : « Planerait-il sur l’Argentine un parfum de "déjà-vu" ? Voilà que les cacerolazos, les tapeurs de casseroles, ont refait leur apparition ». Ciel, aurait-on raté un épisode ? L’Argentine serait, à en croire l’introduction de l’article, au bord du gouffre, comme il y a près de dix ans !

Frapper sur des casseroles est une forme de manifestation générique d’acteurs collectifs - les « cacerolazos » - et ne s’applique pas seulement à la rébellion populaire de fin 2001 qui avait mis fin au gouvernement de Fernando de la Rua.

 

C’est donc procéder à une étrange imprécision ou à singulier raccourci d’assimiler les « cacerolazos » de ces derniers jours à « ces manifestants qui tapaient nuit et jour sur leur batterie de cuisine pour protester contre le gouvernement […] et le Fonds monétaire international (FMI) […] »… Mais passons, sur ce qui peut passer pour un simple détail, puisque, nous dit-on, « Aujourd’hui, les Argentins sont de nouveau en colère  ». Ainsi, les quelques centaines de personnes qui se sont rassemblées – trois fois au mois de juin 2012 – dans les quartiers huppés de la capitale se trouvent assimilées aux centaines de milliers de manifestants qui avaient défié le couvre-feu les 19 et 20 décembre 2001, et qui avaient été reçus à balles réelles par la police…

 

Comme il semble difficile de présenter quelques centaines de personnes parmi les plus aisées comme un mouvement social d’envergure, les rédactrices, pour étayer le tableau d’un pays au bord de la rébellion, ont recours à un autre argument : « Pour la première fois depuis neuf ans, la puissante centrale syndicale, la CGT, principale alliée du gouvernement par le passé, a appelé à une grève nationale des camionneurs mercredi 27 juin ».

 

Serions-nous à la veille d’une grande mobilisation sociale ? Pour le laisser croire, il faut omettre de mentionner que « la puissante centrale syndicale » - qui n’a joué aucun rôle dans la révolte de 2001 - n’a pas exactement le même rôle en Argentine qu’ailleurs : elle est essentiellement une composante du mouvement péroniste actuellement au pouvoir.

 

Comment comprendre, dès lors, l’appel à la grève des camionneurs ? D’abord comme l’expression de conflits entre différents secteurs du péronisme. En l’occurrence, Hugo Moyano - chef de file du syndicat - occupait une place centrale dans l’organigramme du pouvoir, jusqu’à la mort de Nestor Kirchner en octobre 2010.

 

Éloigné du pouvoir, son appel à la grève, plutôt que le signe avant-coureur d’un puissant mouvement social, peut être compris comme une façon de se repositionner à l’intérieur du mouvement péroniste.

 

Mais, à défaut de savoir ou de faire savoir ce qu’il en est de la CGT argentine, nos journalistes connaissent fort bien les raisons du mécontentement si brillamment décrit. « En cause : une inflation à deux chiffres, une croissance qui ralentit et un chômage qui progresse. Les Argentins ont perdu confiance dans le peso, dont la valeur ne cesse de se déprécier, et préfèrent économiser en dollars ».

 

Aucun chiffre, aucune source ne vient étayer la première phrase. Nous devons donc croire les journalistes sur parole… En revanche, difficile de croire que la seconde affirmation au sujet de l’épargne, concerne « Les Argentins » dans leur ensemble, et pas seulement ceux qui ont des économies et qui, effectivement, préfèrent les garder en dollars...

 

Qu’importe, la confusion installée, le lecteur peu averti doit s’autoriser à penser, que la situation de 2012 peut s’apparenter à celle des années 2001-2003…

 

 

D’un « miracle » à l’autre…


 

«  De quoi démythifier le "miracle argentin"  [6] – clament nos deux journalistes ! La suite de la phrase révèle la visée mystificatrice de cette tentative de démythification.

 

Reprenons : « De quoi démythifier le "miracle argentin" que certains économistes ont vanté au point d’en faire un exemple à suivre pour la Grèce. Embourbé dans une crise de surendettement mêlée de récession, Athènes, entend-on ici ou là, aurait tout intérêt à sortir de la zone euro, retourner à la drachme, dévaluer sa monnaie et répudier sa dette […] Comme l’Argentine, qui avait, fin 2001, supprimé l’arrimage du peso au dollar afin de dévaluer massivement sa monnaie, tout en suspendant le remboursement de sa dette. […] ».

 

Une pseudo-analyse de la situation argentine est donc mise au service d’une prise de position sur la Grèce, experts soigneusement sélectionnés à l’appui : « Pourtant, "l’expérience argentine devrait dissuader plutôt qu’encourager" à suivre une telle voie estiment Mario Blejer […] et Guillermo Ortiz […] dans une tribune à l’hebdomadaire britannique The Economist, en février [7] ». Blejer et Ortiz sont respectivement présentés dans l’article comme un « ancien gouverneur de la banque centrale argentine » et un « ancien de la banque centrale du Mexique ». Certes, mais les journalistes auraient pu préciser que l’un et l’autre ont travaillé pour le Fonds monétaire international (FMI) et qu’à ce titre ils ont été parmi les personnes qui ont piloté la politique économique de l’Argentine durant les années 90, lors du « premier miracle » que l’on attribue à l’Argentine. Une politique dont on a remémoré plus haut les résultats… lesquels sont d’ailleurs rappelés – presque paradoxalement - dans les paragraphes suivants :

« Ne serait-ce que parce que le miracle argentin [avant 2001 !] a coûté cher au pays. Très cher. Avant que l’économie ne reparte, le produit intérieur brut (PIB) s’est effondré de 20 % l’année qui a suivi le défaut, quand l’inflation dépassait 23 %. Pendant des mois, le pays a été coupé du monde. Et la dévaluation massive a ruiné épargnants et entreprises. Plus de la moitié de la population, 58 %, a basculé sous le seuil de pauvreté, rappellent Gustavo Canonero et Gilles Moëc, économistes à la Deutsche Bank dans une note du 15 juin titrée "Argentina’s Phoenix Might not Fly in Greece" ("Le phénix argentin ne se déploiera sans doute pas en Grèce"). Une détresse sociale décrite aussi dans le documentaire de Fernando Ezequiel Solanas, Mémoire d’un saccage, rappelant les 39 morts qui ont eu lieu lors des violentes manifestations de cette époque  ».

À ce stade de l’article, difficile de ne pas sombrer davantage dans la confusion. En quelques paragraphes, ce sont deux « miracles » distincts – avant et après le défaut de paiement – qui sont évoqués, mais que l’article finit par confondre en les amalgamant. On peut difficilement imaginer plus perfide que cet arrangement avec l’histoire qui consiste à porter une charge contre le second « miracle », en invoquant le bilan catastrophique du premier.

 

Le comble est sans doute atteint lorsque les journalistes mentionnent le film de Fernando Solanas : un documentaire qui a précisément pour objet de dénoncer la politique de « rigueur » qui, exigée par les institutions internationales, a abouti à la crise de 2001. Ainsi, sans faire le lien entre cette politique, prônée entre autres par MM. Blejer & Ortiz durant les années 90 et la crise de 2001 qui a mené au défaut de paiement, les journalistes expliquent le jugement actuel des « experts » (« l’expérience argentine devrait dissuader plutôt qu’encourager ») par le coût social de ce défaut. Autrement dit, ce n’est pas la politique des années 90 qui a socialement coûté très cher à l’Argentine, mais le seul défaut. Un défaut de paiement dont on laisse entendre au passage qu’il résulterait d’un refus volontaire, et non de l’impossibilité de rembourser la dette : « Aujourd’hui encore, le pays n’a pas fini de faire les frais de cette faillite désordonnée. […] Et près de dix ans après avoir renié la majeure partie de sa dette (plus de 75 %), le pays n’a toujours pas accès au marché des capitaux pour se financer. »

 

 

Empêcher de susciter des vocations


 

Comme annoncé dans le titre de l’article, son propos général est donc bien de démontrer que « le modèle argentin vacille ». Pourtant, nos deux rédactrices sont tout de même obligées, même à demi-mot, de concéder que le pays a connu une embellie lors de ces années passées hors du dogme libéral : « Jusqu’ici, Buenos Aires a pu s’en sortir grâce à ses exportations de produits agricoles, et en particulier de soja », écrivent-elles, avant de rappeler un chiffre de croissance à faire blêmir les pays industrialisés, puisqu’elle est « estimée autour de 4 % cette année, contre plus de 8 % en 2011 ».

Sand doute, cette embellie doit-elle être nuancée, comme le fait la suite de l’article. Mais ce n’est que pour mieux signifier, une fois encore, que la Grèce ne doit pas emprunter la voie argentine : « Le miracle argentin des années 2002-2008 n’est donc pas si miraculeux et s’explique surtout par une combinaison de facteurs qui n’ont que peu de chance de se reproduire en Grèce ». La pseudo-analyse de la situation argentine a donc pour cible… la politique grecque. Convoqué alors par les auteures de l’article, il revient à Daniel Cohen, connu pour la finesse de son analyse sur la crise financière mondiale, de porter le coup de grâce : « Et si le pays dispose de deux avantages comparatifs forts, la marine marchande et le tourisme, indique Daniel Cohen, professeur à l’École normale supérieure et membre du Conseil de surveillance du Monde, son sol n’est pas aussi bien doté que celui de l’Argentine ».


L’article se conclut par une « expertise » des plus surprenantes : « "La Grèce n’a de matière première que le soleil", résume un expert  [8] ».

 

Qui sait si ce même soleil n’a pas étourdi nos journalistes, au point de les amener à confondre, voire à amalgamer volontairement, deux « miracles » argentins pourtant clairement opposés. À moins que leur objectif, délibéré et transparent, ne soit de discréditer tout contre-exemple qui porterait atteinte à la version libérale de la « rigueur budgétaire » : celle-là même qui a conduit autrefois l’Argentine au bord du gouffre, et qui s’impose aujourd’hui à l’Europe… et la Grèce en premier lieu.

 

De quelle pratique journalistique s’agit-il donc ? On se bornera à souligner que cet article n’est pas présenté comme un point de vue – discutable comme tel – mais comme une analyse. Or, celle-ci triture l’histoire passée et la situation présente de l’Argentine au service d’une prise de position sur la Grèce. Elle dégage en cela, un fort parfum de propagande…

Jérémy Rubenstein & Nils Solari (avec Henri Maler)

 

Notes

[1] Les Chicago boys sont des économistes qui, dans la foulée de la pensée de Milton Friedman, ont étudiés à l’école de Chicago et ont ensuite essaimé la pensée néolibérale à travers le monde, en particulier dans le Chili du général Pinochet.

[2] « Le "consensus de Washington" tire son nom d’un article de l’économiste John Williamson, qui a défini, en 1989, dix recommandations, notamment en direction de l’Amérique latine : Discipline budgétaire ; Réorientation de la dépense publique ; Réforme fiscale ; Libéralisation financière ; Adoption d’un taux de change unique et compétitif ; Libéralisation des échanges ; Élimination des barrières à l’investissement direct étranger ; Privatisation des entreprises publiques ; Dérégulation des marchés ; Prise en compte des droits de propriété. La Banque mondiale et le FMI ont ensuite décidé de subordonner leurs prêts à l’adoption de politiques inspirées de ces thèses » cf. glossaire de La Documentation française ; Voir aussi : Le Monde Diplomatique, Un cahier spécial sur l’Amérique latine – Le « Consensus de Washington ».

[3] Comme l’écrivait par exemple Michel Faure dans un article de L’Express  ; « Menem, le mégalo libéral  » , publié le 15 octobre1998.

[4] Selon les mots du Ministère des Affaires Étrangères français, consulté le 18/juillet 2012

[5] Voir par exemple : Alexandre Duyck & Éric Domergue, « Miracle au pays des "gauchos" », Le Journal du Dimanche, 12 novembre 2011.

[6] C’est nous qui soulignons.

[7] Nous ne nous arrêterons pas ici sur le fait que The Economist n’est guère connu pour ses positions antilibérales…

[8] C’est nous qui soulignons.

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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 22:08

Le DAL s'inquiète des "renoncements" du gouvernement sur le logement

Publié le 22.07.2012, 16h10

La fédération Droit au logement (DAL) a dénoncé dimanche les

La fédération Droit au logement (DAL) a dénoncé dimanche les "reculs" du gouvernement sur le projet de réalisation de 150.000 logements sociaux promis par François Hollande et remis en cause, selon elle, "au nom de la rigueur budgétaire". | Jacques Demarthon

 

La fédération Droit au logement (DAL) a dénoncé dimanche les "reculs" du gouvernement sur le projet de réalisation de 150.000 logements sociaux promis par François Hollande et remis en cause, selon elle, "au nom de la rigueur budgétaire".
Le DAL a réagi dans un communiqué à la présentation, mercredi, de la "feuille de route" de la ministre du Logement Cécile Duflot qu'il qualifie de "renoncements" par rapport aux engagements du candidat socialiste.

Si le gouvernement affiche toujours l'objectif de construire 500.000 logements neufs par an, dont 150.000 sociaux, ce programme est "menacé", estime le DAL, par les incertitudes qui pèsent sur le doublement du plafond du Livret A, des aides à la pierre, la mise à disposition gratuite de terrains aux communes pour faire des logements sociaux, autant de promesses de François Hollande.

Or, souligne le DAL, la perspective de doubler le plafond du Livret A, de 15.300 à 30.600 euros, suscite une forte réserve des banques et le DAL craint que le gouvernement y renonce pour satisfaire "l"appétit spéculatif" de ces dernières.
Le DAL affirme également que, dans la feuille de route de la ministre, le doublement des aides à la pierre est devenue "augmentation" et craint que la mise à disposition gratuite de terrains soit "soumise à conditions".
Enfin, la fédération critique le projet de l'Etat de solliciter plus que par le passé l'Action logement (ex-1% logement), en ponctionnant en 2013 1,8 milliard d'euros, et la hausse des tarifs de l'énergie qui "achèvent de détruire", à ses yeux, les promesses du gouvernement.

D'autant, souligne le communiqué, que la feuille de route de Mme Duflot n'évoque pas "la mise en oeuvre du Droit à l'hébergement, du Droit au logement opposable (DALO), de la lutte contre l'habitat indigne, contre le saturnisme infantile, contre les marchands de sommeil, et contre les expulsions locatives"
"Avant que la France de gauche n'enterre les droits des personnes vulnérables", Droit au Logement demande "la mise en place d'un plan d'urgence de 120 000 logements temporaires pour les sans logis (français, et étrangers avec ou sans papier) et les DALO, dont 60.000 en Ile-de-France".

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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 18:40

- le 16 Juillet 2012

Histoire 70è anniversaire

Annette Wieviorka: «La participation de la France, une tache indélébile»

A l'occasion du soixante-dixième anniversaire de la rafle du Vel' d'hiv, Annette Wieviorka, historienne française, spécialiste de 
la Shoah, revient 
pour l'Humanité sur l’épisode douloureux de la rafle du Vel’ d’Hiv, annonciateur d’une politique d’extermination effroyable dès 1942.

Les 16 et 17 juillet 1942, 
il y a soixante-dix ans, plus de 13 000 juifs, dont 4 000 enfants, ont été arrêtés. Comment expliquer une rafle 
de cette ampleur ?


Annette Wieviorka. La rafle du Vél’d’Hiv ne peut se comprendre que dans la continuité d’une politique mise en place après la défaite de la France avec l’occupation allemande. Tout commence par la persécution des juifs français qui sont recensés et exclus d’un certain nombre de professions. Des fichiers sur les juifs sont créés, dans un premier temps, en zone ­occupée. Ils comportent plusieurs informations : l’adresse, la profession et la nationalité de l’individu. Déjà, deux ans avant cette rafle, en octobre 1940, les juifs étrangers peuvent être internés sur décision administrative et leurs biens spoliés. Mais les premières arrestations massives de juifs ont lieu à partir du mois de mai 1941. À cette époque, il n’y a pas encore de politique de déportation. Le premier train de déportés quitte la France le 27 mars 1942 et correspond à une déportation de ­représailles pour actes de résistance. En organisant la Solution finale, la conférence de Wannsee du 20 janvier 1942 marque un changement radical. On y compte le nombre de juifs vivants et fusillés à l’est de ­l’Europe. En juin 1942, une sorte de petit « Wannsee régional » est mis en place à l’ouest, c’est-à-dire aux Pays-Bas, en Belgique et en France. À partir de là commencent des tractations avec les autorités françaises dont fait partie Pierre Laval, le ­président du Conseil, afin d’organiser les ­arrestations. Il a été prévu d’arrêter 30 000 juifs dans le département 
de la Seine qui, à l’époque, est beaucoup plus étendu que maintenant 
et ­comprend des villes comme Drancy ou Montreuil. La rafle est en marche.

 

Comment s’est déroulée la rafle du Vél’d’Hiv ?


Annette Wieviorka. Les juifs célibataires et les couples sans enfants sont arrêtés et emmenés au camp de Drancy. Les couples avec enfants sont conduits au vélodrome d’Hiver. À l’époque, le Vél’d’Hiv est très célèbre pour ses courses cyclistes comme les Six Jours de Paris. C’est aussi un grand lieu de meetings de partis politiques. Il devient un endroit où sont parqués, dans des conditions invraisemblables, des hommes, des femmes et des ­enfants pendant plusieurs jours avant d’être conduits dans les camps du Loiret, de ­Pithiviers et de Beaune-la-Rolande. Dans les camps du Loiret, les enfants sont séparés de leurs parents puis déportés après suggestion de Laval.

La déportation des enfants est-elle une décision allemande ?


Annette Wieviorka. Non. C’est une ­proposition française validée ensuite par Berlin. Laval cherchait une ­solution pour les enfants juifs dont les parents seraient déportés. Même si certains ne sont encore que des tout-petits, ils sont, tout d’abord, laissés seuls avec une ­poignée d’adultes dans des conditions ­abominables. Au début du mois d’août ils sont emmenés par trains à Drancy et de là ils sont déportés en Allemagne. Sur demande allemande, ces ­enfants sont mélangés avec les adultes 
dans les convois pour qu’ils ne soient pas repérés.

 

Première déportation de femmes et d'enfants

 

Pourquoi la rafle du Vél’ d’Hiv représente-t-elle un élément emblématique de toute l’histoire 
de la déportation ?


Annette Wieviorka. Parce qu’elle touche des femmes et des enfants pour la première fois. Avant, les rafles ne ­visaient que les hommes. Certains ont donc été prévenus par des policiers français résistants et se sont cachés, pensant que leurs femmes et leurs enfants ne pouvaient être concernés par l’assaut. C’est aussi la première fois que la déportation d’une grande partie des raflés se fait de manière si rapide. Et, surtout, il s’agit de la plus grande rafle de juifs de France. Mais les arrestations ne touchent pas que la zone occupée. Par exemple, mon ami Henri Borlant a été arrêté à Angers, en zone libre, le 15 juillet 1942. C’est une année terrible pour la France qui connaît le nombre le plus important d’arrestations et de déportations de toute la guerre.

 

Quelle est la responsabilité de 
la France dans ces arrestations ?


Annette Wieviorka. La politique de déportation et de Solution finale est une politique allemande. Ce sont les nazis qui décident. Mais l’administration française collabore. C’est donc la ­police française qui a la charge des ­arrestations. Il ne faut pas croire qu’elle souhaite se débarrasser des juifs, ce n’est pas du tout ça. L’obsession de Vichy est de garder la souveraineté administrative sur la France alors que l’obsession de ­Bousquet, le secrétaire général de la police française, est de maintenir l’ordre par l’action de la police française. On assiste donc à une sorte de logique perverse de lutte pour la souveraineté qui fait que la participation de la France à la rafle est une tâche indélébile.

 

Les policiers français savent-ils 
ce qui advient des juifs après 
ces captures ?


Annette Wieviorka. C’est une question très difficile. La bonne conscience rétrospective qui juge tout, notamment l’inaction des Alliés face à l’extermination des juifs, m’exaspère. En tant qu’historienne, mon travail consiste à se rapprocher au plus près de la vérité des contemporains et justement à me poser la question : « Qui savait quoi? » À l’époque, la population française ne sait pas que les juifs sont conduits à Auschwitz. On ne pense pas que la déportation mène à la mort. Pour beaucoup, les convois sont mis en place pour apporter de la main-d’œuvre en Pologne. Cependant, durant l’été 1942, un certain nombre de voix s’élèvent et s’étonnent de voir partir travailler des vieillards et des enfants. Je crois qu’il n’y a pas eu de vision claire de la déportation même si on se rend vite compte que les conditions d’arrestation et de détention sont effroyables. Elles suffisent pour que des élans de solidarité au sein de la société se développent. Nous, aujourd’hui, nous connaissons la fin de l’histoire mais à l’époque les Français ne savent rien.

 

Sait-on justement quelle a été la portée de l’entraide au sein de la population pour éviter les exactions contre les juifs ?


Annette Wieviorka. Il n’y a pas de données sur ce sujet à part le chiffre de 3 550, qui représente les personnes élevées par Israël au rang de « Justes parmi les nations ». Mais ça ne rend pas compte de la multitude de chaînes de solidarité exercées par les concierges d’immeuble, par exemple, qui ont permis à certains juifs de se cacher. Des fuites de la part de la préfecture ont aussi circulé, laissant le temps à quelques-uns de s’échapper avant la descente des policiers. Au moment de la rafle du Vél’d’Hiv, sur les 30 000 juifs initialement prévus, environ 13 000 ont été arrêtés, ce qui prouve bien qu’une partie des 17 000 juifs restants ont été avertis de la rafle.

 

Les juifs en France ont-ils été mieux protégés que dans les autres pays ?


Annette Wieviorka. Oui, si on prend la ­statistique de l’Europe occidentale : 80 % des juifs hollandais ont été assassinés, 50 % de Belges et 25 % de Français. Certes, c’est en France que les juifs ont le mieux survécu, mais on ne peut pas donner comme seule raison le soutien de la population. Il y a le type de régime du pays et le type de géographie qui rentrent en jeu. Les juifs ne sont pas restés passifs. Ils ont pu mettre en place des réseaux de résistance juive comme les Éclaireurs israélites.

 

En juillet 1995, Jacques Chirac prononce un discours reconnaissant les responsabilités de la France dans la rafle du Vél’d’Hiv. Que peut-on espérer de ce 70e anniversaire, notamment 
du discours de François Hollande ?


Annette Wieviorka. J’ai l’impression que ce ne sera pas une forte commémoration, malgré les soixante-dix ans. Mais il sera intéressant d’écouter le discours de François Hollande. Jacques Chirac a commencé son septennat par ce ­fameux discours du Vél’d’Hiv. Douze ans après, il termine sa présidence par un autre discours rendant hommage aux Français qui ont sauvé des milliers de juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Il salue les Justes de France. Cependant, il ne faut pas oublier que c’est sous François Mitterrand que le travail de mémoire débute. En 1993, le 16 juillet devient la Journée ­nationale commémorative à la mémoire des victimes des persécutions racistes et antisémites.

 

La France a donc bel et bien rendu des comptes

 

Des mesures concernant la mémoire de la Shoah peuvent-elles encore être envisagées ?


Annette Wieviorka. Aujourd’hui, je crois qu’il n’y a plus rien à attendre. Il n’y a plus aucune demande sur ce sujet. De 1987 aux années 2000, de nombreuses questions ont été réglées. Les procès de Klaus Barbie, Touvier et Papon ont permis la condamnation d’un nazi, d’un milicien français et d’un haut fonctionnaire. Ensuite, sur le plan symbolique, tout a été accompli avec le discours de Jacques Chirac ­notamment. Et enfin, la mission Mattéoli dont j’ai fait partie s’est penchée sur les restitutions matérielles des victimes. En 2000, nous avons, en effet, rendu un rapport élaboré avec d’autres historiens et experts. Trois mesures ont été prises immédiatement : une rente aux orphelins de la déportation, la création de la Commission pour l’indemnisation des victimes de spoliation (CIVS) et de la Fondation pour la mémoire de la Shoah sur le plan pédagogique. La France a donc bel et bien rendu des comptes : aux niveaux judiciaire, symbolique et matériel.

 

Malgré ces avancées, la commémoration du 16 juillet 
reste-t-elle importante ?


Annette Wieviorka. Oui, c’est important de se souvenir. Surtout parce que le temps passe et que les générations se succèdent. Les jeunes au collège ont des grands-parents qui sont nés après la guerre. Personne ne peut leur expliquer concrètement comment ça se passait avant. Ça devient vraiment de l’histoire. Heureusement, tout le travail accompli sur la Seconde Guerre mondiale depuis trente ans fait qu’on ne peut plus un seul instant penser que le monde va oublier ces atrocités. On n’a jamais eu autant de témoignages, d’érections de mémoriaux, ou de ­travaux historiques sur le sujet. Je ne me fais donc aucun souci, on ne risque pas d’oublier.

 

 

Entretien réalisé par 
Sonia de la Forterie

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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 18:19

 

Clash à la tête du FMI attaquée pour son "incompétence"

 

 

Peter Doyle, ancien membre du pôle Europe du FMI, vient de démissionner. Dans une lettre que CNN s'est procurée, il dénonce l'"incompétence" et le leadership défaillant de l'institution. Les oreilles de DSK et de Christine Lagarde ont sifflé.

Peter Doyle, ancien membre du pôle Europe du FMI, a décidé de démissionner et a adressé un courrier aux administrateurs du Fonds, en dénonçant leur "incompétence".
Peter Doyle, ancien membre du pôle Europe du FMI, a décidé de démissionner et a adressé un courrier aux administrateurs du Fonds, en dénonçant leur "incompétence".
REUTERS/Bogdan Cristel

Embarrassante démission au FMI. Peter Doyle, ancien membre du département européen du FMI chargé de la mise en oeuvre des plans d'aide en Grèce, en Irlande et au Portugal, vient de claquer la porte de l'institution. Dans un courrier daté du 18 juin dernier adressé aux dirigeants, cet économiste influent, qui a passé 20 ans au FMI, estime que l'organisation a trop tardé à avertir des dangers de la crise financière mondiale, et que la gestion actuelle continue de se détériorer.

 

Dans cette lettre, que CNN s'est procurée, il explique: "j'ai honte d'avoir été associé au FMI". Et de dénoncer "l'incompétence" du FMI, qui avait identifié les causes de la crise de la zone euro "de longue date" et n'a pourtant pas été capable de la prévenir. D'après Peter Doyle, toutes les tentatives du FMI ont été des "efforts désespérés", qui n'ont pas permis d'éviter les "souffrances" des peuples. Il regrette des failles dans la prévention du risque, l'analyse des effets de la crise et un manque de coordination avec les Européens.

Les directeurs de l'institution en prennent également pour leur grade. Ceux de "la dernière décennie" ont tous été "désastreux".

 

Christine Lagarde n'échappe pas à la règle: "ni sa féminité, ni son élan, ni son intégrité n'ont effacé l'illégitimité fondamentale du processus de désignation". L'économiste semble regretter le fait que le directeur du FMI soit toujours un européen, laissant fermées les portes aux représentants des pays émergents.

 

Peter Doyle conclut, avec une pointe d'autosatisfaction : "il y a ici des gens bien. L'un d'entre eux vous quitte. Vous devriez avoir à coeur de conserver les autres". Cette démission fracassante jette en tous cas le trouble sur la gestion, le rôle et la puissance du FMI, qui pour l'heure n'a pas encore fait de commentaires.

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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 18:02

Carte des fusions d'hôpitaux depuis 1997, à consulter en bas de cet article

  - le 23 Juillet 2012

Hôpitaux

Quand l'IGAS se rend compte que les fusions entre hôpitaux sont nocives

Si cette étude qui paraît ce lundi avait été publiée plus tôt, elle aurait permis d'éviter bien des gâchis humains et financiers. L'Inspection générale des affaires sociales (IGAS) a émis aujourd'hui un bilan très mitigé des fusions entre hôpitaux qui souhaiterait finalement voir rester "rares" dans l'avenir.


L'Igas a établi un bilan des fusions hospitalières impliquant des établissements publics de santé (EPS) ayant une activité de court séjour -médecine, chirurgie et/ou obstétrique-, et formule une série de 29 recommandations adressées au gouvernement. Son rapport final n'y va pas avec le dos de la cuillère: "A l'hôpital, comme dans le secteur des entreprises, beaucoup de fusions échouent à atteindre leurs objectifs, et certaines contribuent même à aggraver les difficultés des entités qu'elles ont réunies."

 

 

Intérêt pas démontré


Plusieurs facteurs compromettent "dès l'origine un rapprochement entre deux structures": un temps de trajet trop important entre elles, des bassins de vie trop différents ou encore l'absence de complémentarité des activités, note le rapport. Dès lors, "en raison des difficultés qu'elle soulève et des risques qu'elle présente, la fusion doit demeurer une opération rare, à réserver aux cas où elle paraît effectivement indispensable". Car, si les fusions "participent du vaste mouvement de restructuration hospitalière", leur intérêt "est loin d'être uniformément démontré".

 

 

Fusion inefficace financièrement


Sur le plan financier, la fusion n'est "en général pas l'outil le plus pertinent pour réduire les déficits hospitaliers", qui supposent surtout "un effort de réorganisation interne", explique l'Igas. "En théorie en effet, un établissement de plus grande taille rend des soins de meilleure qualité et réalise des économies d'échelle", mais "cet effet positif est particulièrement établi pour les plus petits établissements" (moins de 300 lits).

 

 

Au-delà d'un certain seuil, entre 600 et 900 lits de court séjour, "la grande taille présente pour un hôpital plus d'inconvénients que d'avantages" et "l'expérience enseigne que les processus de fusion sont en eux-mêmes sources de surcoûts ou de dysfonctionnements".

 

Au vu de cette étude, le gâchis est d'autant plus important que 90 fusions d'établissments public de santé ont été menés entre 1995 et 2011.

 

 

Préconisations de l'IGAS


Le rapport de l'IGAS, qui arrive donc un peu après la bataille, propose des pistes pour sortir du dogme de la fusion:

  • reconnaissance du rôle "important" des ARS (agences régionales de santé). Le ministère de la Santé doit "clarifier son discours en direction des ARS et des acteurs de l'hospitalisation sur la nécessité et les finalités des restructurations hospitalières", note le rapport
  • en obstétrique, "accorder des dérogations de longue durée aux maternités dont la disparition dégraderait notablement l'accès aux soins"
  • en chirurgie, "fixer un seuil d'activité pour les blocs opératoires et les plateaux techniques" et "de fermer ceux qui ne fonctionnent pas suffisamment"
  • continuer de promouvoir la pratique ambulatoire (sans hébergement à l'hôpital), mais "en veillant à éviter un développement trop anarchique, en particulier dans les petites structures"

Meilleur dialogue social


Le rapport propose enfin un meilleur accompagnement des personnels concernés par une fusion, par exemple en créant une instance de dialogue social "spécifique au projet". Au bout de quinze années de casse sociale dans les hôpitaux, cette préconisation fera au mieux rire jaune les salariés de la Santé.

 

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Les opposants  au projet de Fay-l'Abbesse, au rang des quels le PCF Thouarsais, peuvent trouver là un réconfort et un encouragement à exiger des pouvoirs publics qu'ils reconsidèrent, sur de nouvelles bases, et notamment sur celles des différents rapports qui concluent à la défiance d'un tel projet dispendieux qui ne résoudrait en rien, au contraire, les questions de la satisfaction de nos population du Nord-Deux Sèvres en matière de santé. L'association de défense de l'hôpital de proximité notamment, tout comme le PCF et le Front de gauche se prononcent pour des investissemments publics nécessaires au maintien et à l'adaptation de nos hôpitaux de proximité en réponse aux besoins de santé de nos populations. Ils souhaitent qu'un débat de large ampleur, associant usagers et personnels de santé, médecins, élus, puisse se dérouler démocratiquement afin de trouver les solutions tant sur le plan des besoins et de leur satisfaction, que sur le plan financier et démocratique.

 

BF

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BRUNO FORNACIARI

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