Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
26 juin 2012 2 26 /06 /juin /2012 11:50

La réponse de Mikis Theodorakis à ses détracteurs

par Thierry Aury, lundi 25 juin 2012, 22:31 ·

Pour tenter de ternir l'image de Jean- Luc Mélenchon et du Front de gauche, une partie des dirigeants de la droite et de l'extrême-droite avait développé l'idée d'une complaisance avec l'antisémitisme supposé de Mikis Théodorakis, en utilisant un morceau de phrase d'une interview de ce poète et compositeur grec, résistant antifasciste notoire.

Celui-ci répond d'une manière absolument sans ambiguïtés à ses détracteurs dans le texte ci-dessous que je reproduis en intégralité.

Décidément, tous les moyens sont bons pour tenter de démolir le Front de gauche qui de toute évidence, gêne bien des forces dans ce pays et en Europe.

Mais raison de plus pour "ne rien lâcher" !

 

La réponse de Mikis Theodorakis à ses détracteurs

 

Je suis Grec et fier de l’être, car nous sommes le seul peuple en Europe qui, pendant l’occupation allemande (1941-1944), non seulement n’a pas exercé de poursuites contre les Juifs mais, au contraire, les a aidés à vivre et à survivre avec tous les moyens dont nous disposions.

 

À l’époque, J’étais moi-même partisan de l’Armée populaire de Libération et je me souviens que nous avions pris sous notre protection de nombreuses familles de Juifs Grecs, que nous nous sommes souvent battus contre les SS pour les sauver et beaucoup d’entre nous l’ont payé de leur vie.

 

Plus tard, j’ai composé le cycle “Mauthausen” que, notamment en Israël, l’on considère quasiment comme un hymne national. J’ai ressenti une des plus grandes émotions de ma vie quand, dans les années 80, il m’a été accordé de diriger cette œuvre sur le site du camp de concentration de Mauthausen, tout d’abord chantée en grec par sa première interprète, Maria Farantouri, puis en allemand par Gisela May et en hébreu par la chanteuse israélienne, Elinoar Moav. Je l’ai dirigée une fois encore sur ces lieux et, depuis lors, l’œuvre enregistrée est diffusée sans interruption sur le site du camp. 

 

En 1972, j’ai bravé le boycottage européen et j’ai donné des dizaines de concerts en Israël, des moments que je qualifierais d’historiques en raison des liens d’amour mutuel qui nous unissaient. 

 

À cette même époque, Yigal Allon, alors Vice-Premier ministre du gouvernement israélien et Ministre de l’Éducation et de la Culture, m’a confié une première mission, celle de transmettre un message de paix à Arafat au nom de son gouvernement. C’est dans cette intention que je l’ai rencontré à Beyrouth et, à cette occasion, j’ai donné une conférence de presse dans une salle. Un groupe de fanatiques Palestiniens avait décidé de m’abattre, car il me considérait comme un complice des Juifs. C’est Arafat lui-même qui me l’a dit le lendemain avec, à ses côtés… le groupe de mes assassins en puissance. Qu’est-ce qui m’a sauvé ? Mon amour authentique pour les deux peuples martyrs : les Juifs et les Palestiniens. 

 

«Quand on t’a entendu pendant la conférence de presse», m’ont-ils dit, « on a compris que nous nous trompions». Qu’est-ce que j’avais dit au cours de la conférence de presse ? «Le conflit qui vous oppose ne sera pas résolu par les armes, mais par la compréhension mutuelle. De l’autre côté, il y a des hommes ordinaires qui vous ressemblent, simples et travailleurs, capables d’aimer et qui, comme vous, aiment leur famille et leur pays. C’est eux que vous devez trouver, parce que c’est avec eux que vous pourrez vivre dans la paix». 

 

Arafat m’a dit : «Tu as chanté les Juifs et tu as eu raison, car eux aussi c’est un peuple tourmenté. Comme nous. Alors, s’il te plaît, écris une chanson pour nous aussi…». C’est ainsi que j’ai écrit aussi un chant pour le peuple palestinien qui est devenu son Hymne national.

 

Bien plus tard, à l’occasion de la remise du prix Nobel de la Paix à Rabin (Israël) et à Arafat (Palestine), l’orchestre symphonique d’Oslo avec, en soliste, l’interprète finlandaise Arja Saijonmaa a joué “Mauthausen” en hommage à Israël et le chant que j’avais composé, reconnu comme Hymne National, en l’honneur du peuple palestinien. Ce moment symbolique suffit à démontrer la place que j’occupe dans l’esprit et dans les cœurs des deux peuples.

 

Je suis souvent allé en Israël, en Palestine et au Liban et c’était chaque fois la paix, l’amitié, la coexistence et la coopération entre ces deux peuples martyrs qui occupaient mes pensées. En tant que Grec, je me sens proche d’eux, comme si nous appartenions à la même famille. Et pourtant, pour certains fanatiques d’un côté comme de l’autre, je suis la cape rouge agitée devant le taureau.. Pourquoi ? Parce que j’ai la franchise et le courage de dire la vérité et de la dire même dans la gueule du loup. Ainsi, quand je suis en Palestine je m’exprime ouvertement et publiquement contre les fanatiques qui me haïssent et, quand je suis en Israël, je fais de même en critiquant tout aussi ouvertement et publiquement les fanatiques qui, en raison de la diaspora juive présente dans tous les pays du monde, ont la possibilité de transformer leur haine en venin et en mensonges monstrueux.

 

Dans mon opéra «les Métamorphoses de Dionysos» (dont j’ai écrit aussi le livret), il y a une scène où des Juifs sont déportés par des SS dans des camps d’extermination. Il s’agit d’un moment crucial de l’œuvre, d’une condamnation du Nazisme qui dévoile d’une façon très humaine, l’affliction psychique et intellectuelle que je ressens devant les souffrances des Juifs.

 

D’ailleurs, la dénonciation du racisme et la défense de ses victimes ont guidé mes décisions et mes actes tout au long de ma vie. Une vie jalonnée de poursuites qui m’ont souvent poussé jusqu’au seuil de la mort.

 

Donc, me qualifier de raciste et d’antisémite n’est pas une simple calomnie, mais l’expression de la pire bassesse morale, issue le plus souvent de cercles proches d’organisations et d’individus opérant dans la mouvance du Néonazisme et auxquels la crise a permis de relever la tête pour nous menacer et –incroyable, mais vrai– nous accuser, eux, d’….antisémitisme en utilisant un arsenal de mensonges et de déclarations insidieuses!

 

Il suffit de dire, par erreur manifeste, dans une interview de trois heures «antisémite» au lieu de «antiraciste», et on s’empare d’une seule et unique phrase dont on isole un mot, brandi comme un étendard, tout simplement pour servir l’intention de m’incriminer. Combien d’années était-on aux aguets pour une simple erreur ? Le mot «antisémite» correspond-il vraiment à ce qui suit ? «J’aime le peuple juif avec lequel nous avons vécu et souffert en Grèce pendant des années et je hais l’antisémitisme». Je suppose que mes différents ennemis se sont bien gardés de citer ces paroles. Et pourtant, c’est EXACTEMENT la phrase qui suit. Ce n’est pas quelque chose que je viens d’inventer, après-coup, en guise d’alibi. Il en EST ainsi et il est facile de le prouver de façon incontestable en écoutant TOUTE la phrase, exactement comme je l’ai prononcée et non pas en la tronquant comme l’ont voulu mes adversaires.

 

Peut-être va-t-on se demander pourquoi et comment certains persistent à vouloir discréditer un ami si fidèle d’Israël et des Juifs et tentent de me faire passer à tout prix pour un antisémite. (De qui parle-t-on ? De quelqu’un qui a connu les sous-sols de la Gestapo pour les sauver !)…

 

Toutefois, la réponse est finalement simple : beaucoup de mes amis juifs sont d’accord avec moi. Certains sont d’accord avec moi,-même s’ils vivent en Israël, donc dans la tourmente quotidienne des évènements. Alors, si les simples citoyens du peuple d’Israël entendent mes idées, telles qu’elles sont réellement exprimées, ils « risqueraient » (selon mes ennemis, bien sûr) d’être d’accord avec moi, en pensant que la solution du problème ne se trouve pas dans la violence et les armes, mais dans la coexistence et la paix. Ce qui ne plaît pas du tout à mes adversaires car, bien sûr, j’ai –à plusieurs reprises– totalement désapprouvé la politique de l’État d’Israël et j’ai exprimé ce désaccord avec force et de la façon la plus claire et la plus catégorique (comme je fais toujours). Pour ne pas courir le risque que ces citoyens se rangent à mes opinions, ils ne doivent pas les entendre. Et quelle est la meilleure et la plus sûre façon de procéder pour arriver à ses fins ? Et bien, leur tactique habituelle : me coller «l’étiquette» d’antisémite, de sorte qu’aucun Juif, où qu’il se trouve, ne veuille plus entendre non seulement mes idées, mais même mon nom. 

 

Et maintenant, particulièrement en France où brusquement on «s’est souvenu» d’une interview donnée il environ un an et demi, il existe -de toute évidence- une autre raison: porter atteinte à la Gauche. Leur prétendu «argument» (qui est totalement mensonger) est que son leader, M. Mélenchon me connaît et que, par conséquent…il a des amis antisémites ! Toutefois, la vérité –malheureusement pour eux– est évidente et je pense que tout homme animé de bonnes intentions peut s’en rendre compte.

 

Donc, même si après la lecture de ce qui précède, certains persistent encore à me faire passer pour quelqu’un que je n’ai jamais été et que, bien sûr, je ne suis pas, le doute n’est plus permis. Tout est fait sciemment pour servir d’autres finalités, car ma foi inébranlable dans la paix et la coexistence de ces deux peuples martyrs dérange plus d’un. 

 

Athènes, le 15 juin 2012 

Mikis Théodorakis 

mikis@mikistheodorakis.gr 

 

[Traduit du grec par Arlette Manoli]

Repost 0
Published by bruno fornaciari
commenter cet article
26 juin 2012 2 26 /06 /juin /2012 03:52

Fonctionnaires : ils devront cotiser plus pour la retraite !

Le 25/06/2012 -


Avec le retour partiel de la retraite à 60 ans, les fonctionnaires devront cotiser plus, pour rejoindre la cotisation du privé.

Les explications de Planet.fr.

François Hollande l'avait promis pendant sa campagne : il allait remettre au goût du jour le départ à la retraite à 60 ans... mais pas pour tout le monde. Si ce départ à 60 ans était encore possible pour une petite partie de la population (ceux qui avaient commencé à travailler avant 18 ans), il devrait bientôt l'être à nouveau pour d'autres catégories de travailleurs, y compris les membres de la fonction publique d'Etat, territoriale et hospitalière.

 

Jusqu'à présent, la grosse majorité des fonctionnaires ne pouvait plus prétendre au départ à la retraite à 60 ans.

En effet, en général plus diplômés que la moyenne nationale, les fonctionnaires ont rarement commencé leur carrière professionnelle avant 18 ans. Mais le décret que prépare François Hollande ouvrirait la possibilité de départ à la retraite à 60 ans pour ceux qui ont commencé à travailler dès 18 ou 19 ans. Dans ce cas-là, beaucoup plus de fonctionnaires pourraient être concernés.

 

"Une perte de pouvoir d'achat sensible"


Cependant, cet élargissement de la possibilité de départ dès 60 ans a bien un coût ! Et notamment pour les fonctionnaires, qui verront désormais leurs cotisations de retraite augmenter à la même vitesse que celles du privé afin de pouvoir financer le dispositif.

 

Dès le 1er novembre prochain, les cotisations des fonctionnaires augmenteront donc de 0,1 point pour la part salariale. Par la suite, la hausse se fera progressivement, pour finir à 0,25 point en 2016. Cela peut sembler être une faible augmentation, mais n'oublions pas qu'elle n'est pas la seule ! Dans la réforme des retraites votée sous Nicolas Sarkozy, il était également prévu d'équilibrer le taux de cotisation du public et du privé d'ici à 2020, avec des hausses plus importantes : 0,27 point par an. Au final, selon Jean-Marc Canon, secrétaire général de la CGT, "la perte de pouvoir d'achat pour les fonctionnaires sera sensible".

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans RETRAITES
commenter cet article
25 juin 2012 1 25 /06 /juin /2012 21:40
Repost 0
25 juin 2012 1 25 /06 /juin /2012 15:32

Le PCF a estimé que les conditions nétaient aujourdhui « pas réunies » pour que des communistes entrent
au gouvernement. 

Sur la résolution, adoptée par les militants com­munistes, il est dit : « aujourdhui, en dépit de nos appels répétés à la prise en compte de nos propositions, nous estimons que les conditions de notre participation au gouvernement Ayrault ne sont pas réunies ». Une décision confirmée par les 500 délégués lors de leur conférence nationale.

Le PCF se considère dans la majorité de gauche et ses membres ne seront pas « des empêcheurs de tourner en rond ». « Nous avons maintes fois réaffirmé que la prise en compte de nos propo­sitions était évidemment un critère essentiel. Ces appels sont restés lettre morte, le président répé­tant à de nombreuses reprises que la seule bous­sole gouvernementale serait son programme de premier tour », a expliqué Pierre Laurent. « Or, nous ne nous reconnaissons pas dans une con­ception présidentialiste du gouvernement, qui réduirait sa feuille de route au programme de premier tour du président », et ce alors que François Hollande a été élu « grâce notamment aux 4 millions de voix du Front de gauche ». De toute façon : « La volonté du PS de disposer de la majorité absolue pour se passer de la confron­tation didées et de solutions à gauche, notam­ment avec le Front de gauche, nest pas non plus un très bon signe ».

La porte nest pas définitivement fermée, puis­que Pierre Laurent a précisé, « nous restons dis­ponibles si ces conditions évoluaient ».

Une manière de dénoncer une injustice, lab­sence de place faite à la deuxième formation de gauche, dans la lignée des élections législatives : « Force est de constater que le mode de scrutin et linversion du calendrier électoral dénaturent la portée des élections législatives et déforment le paysage de lAssemblée nationale au profit du bipartisme. à gauche, la majorité législative est ainsi distordue par rapport à la réalité de la majorité politique de gauche dans le pays. Le PS totalise 65% des voix de la gauche à lélection présidentielle, près de 70% avec ses alliés aux législatives et obtient  plus de 90% des députés de gauche. Le Front de gauche totalise 25% des voix de gauche à la présidentielle, 15% aux législatives et compte moins de 5% des députés de gauche. Cest une anomalie provoquée par une logique institutionnelle implacable qui, de scrutins en scrutin, a permis aux deux plus gros­ses formations de monopoliser aujourdhui 90% des sièges à lAssemblée nationale ».

« Malgré cette injustice criante, nous aurons un groupe à lAssemblée nationale, confirmant notre place parmi les rares formations politiques qui en disposent dans les deux assemblées parle­mentaires. Avec notre influence dans le pays, et nos deux groupes, nous sommes une force incontournable à gauche ! » n 


 

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans PCF-FRONT DE GAUCHE
commenter cet article
25 juin 2012 1 25 /06 /juin /2012 12:27

- Description : http://www.humanite.fr/sites/all/themes/humanite2010/images/pictos/humanitefr.pngle 22 Juin 2012

La "hausse raisonnable" du Smic s'annonce très limitée

 

 

Matigon n'a aps cherché à démentir le coup de pouce au SMIC de 2% mentionné par "les Echos" ce vendredi matin. Les services du premier ministre évoquent juste une hausse "raisonnable" à compter du 1er juillet prochain.

Pas de quoi rassurer les syndicats.

 

L'entourage de Jean-Marc Ayrault  indiqué ce matin qu'une réunion technique consacrée à ce sujet, qui était prévue en fin de matinée à Matignon, avait été annulée pour cause de Conseil des ministres. "Mais cela n'empêche pas les discussions de se poursuivre", a-t-on ajouté. Promesse très attendue de François Hollande, le coup de pouce au Smic sera dévoilé mardi aux partenaires sociaux, réunis en Commission nationale de la négociation collective. Un décret sera pris le lendemain pour que la hausse s'applique dès juillet aux salariés concernés, environ un sur dix.

 

Pressions du patronat

En coulisses, les pressions se font plus insistantes du côté du patronat pour limiter à tout prix une hausse du Smic. Jeudi, la CGPME a réclamé "une suspension du coup de pouce envisagé", estimant qu'il mettrait "en danger" des milliers de petites entreprises. Même faible, un coup de pouce fera peser un "risque sérieux sur l'emploi", affirme aussi la présidente du Medef, Laurence Parisot.

L'hypothèse énoncée par Les Echos d'une hausse de 2% irait dans le sens des représentants des patrons. Car ce mini-coup de pouce serait un trompe l'oeil. La hausse constituerait en grande partie un à-valoir sur la future revalorisation légale qui doit intervenir le 1er janvier, à savoir l'inflation constatée depuis la dernière augmentation, soit 1,4%. Le "vrai coup de pouce" serait donc de 0,6%, écrit "Les Echos".

 

Déception en vue pour les salariés

Le gouvernement a déjà prévenu que le coup de pouce serait limité pour ne pas hypothéquer la compétitivité des entreprises, au risque de décevoir les salariés et contrarier de toute façon le patronat. La dernière augmentation au-delà de la revalorisation mécanique suivant l'inflation et le salaire de base ouvrier remonte à 2006 et elle était minime (+0,3 point). Le président François Hollande a promis de "rattraper ce qui n'a pas été accordé" durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy. Mais pas plus et pas tout de suite.

 

Smic= 9,22 euros de l'heure, soit 1.398,37 euros bruts pour 35 heures hebdomadaires. Une hausse de 1% représenterait 11 euros nets en plus pour un temps complet.

 

Entre les difficultés des salariés au Smic de boucler leurs fins de mois et la nécessité de ne pas infliger un choc de coût trop important, notamment pour les  petites entreprises, le gouvernement semble avoir arbitré en faveur des PME. Ce d'autant plus qu'une hause du Smic représente un coût pour l'Etat. Toute hausse entraîne en effet une augmentation des compensations à verser à la Sécurité sociale, pour les charges exonérées sur les bas salaires. L'Etat devra également ajuster les premiers salaires de la fonction publique.

 

25.000 emplois en moins

Le coût se situe entre quelques centaines de millions d'euros et un milliard pour un point de hausse, selon les experts. Sollicités, les ministères concernés n'ont pas fourni d'estimation. "On n'est pas dans un contexte qui va permettre de combler toutes les espérances", reconnaît-on à celui du Travail.

 

Autre mauvais signe , le groupe des cinq "experts" chargés de plancher sur le sujet sont contre un coup de pouce tangible. Ces cinq économistes, qui se sont opposés depuis 2009 et chaque année à une hausse du smic, estiment par l avoix de l'un d'entre eux, Francis Kramarz, qu'une hausse de 1% entraînerait la destruction de 1,5% des emplois au salaire minimum, soit environ 25.000.

 

Les syndicats inquiets

Le leader de FO Jean-Claude Mailly réclame une progression du Smic sur 5 ans de plus de 200 euros. Jeudi il a répété qu'une augmentation qui "ait du sens" et "tienne compte de la hausse des prix", devra être "autour de 5%". La CGT revendique elle 300 euros de plus. On en est loin du compte à lire les premières fuites dans la presse.

Au-delà du coup de pouce, le gouvernement entend ouvrir, lors de la conférence sociale des 9 et 10 juillet, le débat sur les règles de revalorisation du Smic. Une autre table ronde sera consacrée aux moyens d'éviter que des salariés ne restent toute leur vie au Smic.

 

___________________________________________________________________________________________________

 

UNE HAUSSE DERAISONNABLE

 

Actuellement le SMIC, lorsqu’il est appliqué, se monte à 9,22 € Si l’on calcule une augmentation de 2% cela aboutirait à un chiffrage horaire de 9,40 €/heure. Brut bien sûr.

 

Pour 35 h de travail semaine 9 ,40 X 35 = 329 € X 4 semaines = 1316 €/mois environ.

Soit une augmentation de 6,3 €/semaine et de 25,2 €/mois soit environ 150 F/mois (brut)

 

Raisonnable l’augmentation ?

 

NON, elle est déraisonnable.

 

Car les personnes qui ont voté Hollande, comptait sur une augmentation substantielle. Ce n’est pas un coup de pouce mais un effleurement auriculaire.

 

Beaucoup vont tomber de haut. Le Front de Gauche et les communistes exigeaient 1700 € brut soit une augmentation de 20%. Comme le FDG a participé à battre Sarkozy, les électeurs de François Hollande pouvaient en conclure que compte tenu que le FDG appelait à voter Hollande, ce dernier prendrait en compte peu ou prou certaines de ses exigences et notamment les plus urgentes et les plus justes. La justice, prônée par F. Hollande et le PS semble céder le pas sur le « réalisme » et le maintien de la compétitivité des entreprises chère à Sarkozy, Parisot et A. Montebourg.

 

Car si l'on considère que la hausse du SMIC, conséquente, participe tout à la fois d'une mesure de justice sociale et d'efficacité économique pour stimuler la relance de la consommation et la croissance, elle participe aussi à  rentrées fiscales agissant sur les déficts publics,

On peut d'ores et déjà dire que de ce point de vue c'est raté.Ce n'est pas de bon augure pour la suite.

 

En revanche, le message adressé ce de fait aux patrons, est celui qu'a constamment envoyé le précedent gouvernement Sarkozy. Il y a de de quoi s'inquiéter. Il nous faut prendre le taureau par les cornes, et agir pour imposer des solutions "justes" et efficaces. Faut-il déjà tirer des enseignements denos votes. Ne fallait-il pas donner plus de force au candidat commun de Front de gauche à la présidentielle et d'assurer la réélection et l'élection de nombreux députés communistes et Front de gauche ?. Assurémment !

 

Bien entendu, le FDG, le PCF agiront pour réussir. Mais là le signal est mauvais, très mauvais. Il ne faudrait pas que ces signaux, ces symboles (encore que ces mesures impactent directement des millions de salarié-e-s) «  de justice » se reproduisent. Car le soutien et la participation à cette majorité en vue de réussir le changement, n’aurait plus aucune crédibilité, ni d’objet.

Se retrouver dans une opposition au gouvernement formé par le candidat pour lequel nous avons voté au 2e tour des présidentielles, placerait la gauche, le PS, le FDG dans une situation inédite,une telle contradiction, que seule une révision drastique de la politique de ce gouvernement pourrait résoudre.

 

http://bruno-fornaciari.over-blog.com 

 

 

Repost 0
25 juin 2012 1 25 /06 /juin /2012 09:01

Le maire de Brignoles (Var), Claude Gilardo (PCF), est arrivé dimanche soir en tête du premier tour de l'élection cantonale partielle, devant le candidat du Front national, Jean-Paul Dispard, qui avait été élu en mars 2011 avant de voir son élection invalidée.

 

Seul candidat à gauche, ayant reçu le soutien du PS, du Front de gauche et des écologistes d'EELV, M. Gilardo a obtenu 39,6% des suffrages, contre 34,9% pour M. Dispard.

Avec 25,4% des voix et moins de 12,5% des inscrits, la candidate UMP, Annie Giusti, n'est pas en position de se maintenir au second tour.

L'abstention a atteint le taux record de 61,89% (56,86% au premier tour en mars 2011).

 

Le canton de Brignoles faisait partie des deux seuls remportés nationalement par le FN lors du dernier scrutin cantonal avec celui de Cavaillon, dans le Vaucluse.

 

M. Dispard l'avait emporté au second tour de cinq petites voix sur Claude Gilardo, conseiller général sortant. Il était déjà arrivé en tête au premier tour avec 32,97% des suffrages, devançant son adversaire communiste (31,53%), et des candidats UMP (23,69%) et EELV (11,80%).

 

A la suite d'un recours de M. Gilardo, le tribunal administratif de Toulon avait annulé en octobre 2011 l'élection de M. Dispard, relevant notamment "des discordances dans les listes d'émargement", qui auraient pu fausser le résultat du scrutin compte tenu du faible écart entre les deux candidats.

 

Le 19 mars dernier, le Conseil d'Etat avait confirmé ce jugement, rejetant l'argumentation de M. Dispard qui avançait qu'il "n'avait assigné ni assesseurs ni délégués dans les bureaux de vote" où ces discordances avaient été constatées.

I: 20.881

V: 7.958

E: 7.825

Abs: 61,89%

Claude Gilardo (PCF) 3.100 voix (39,6%)

Annie Giusti (UMP) 1.991 voix (25,4%)

Jean-Paul Dispard (FN) 2.734 voix (34,9%)

 

Rappel du scrutin de mars 2011

1er tour :

I: 19.805

V: 8.544

E: 8.361

Abs: 56,86%

Claude Gilardo (PCF) 2.636 voix (31,53%) Magda Igyarto-Arnoult (EELV) 987 voix (11,80%)

Jean-Michel Rousseaux (UMP) 1.981 voix (23,69%)

Jean-Paul Dispard (FN) 2.757 voix (32,97%)

2e tour :

I: 19.805

V: 9.557

E: 8.809

Abs: 51,74%

Claude Gilardo (PCF) 4.402 voix (49,97%) Jean-Paul Dispard (FN) 4.407 voix (50,03%) ELU
AFP  AFP  
Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans ACTUALITES
commenter cet article
24 juin 2012 7 24 /06 /juin /2012 23:55

"Sans Hénin-Beaumont, on n'aurait sans doute pas du tout parlé du Front de gauche"

Proposé par Julie Guesdon

[Même s'il était] justifié ue Jean-Luc Mélenchon relève ce défi contre le FN [...]notre campagne nationale a été décentrée et ne portait plus sur la question de l'alternative politique [proposée par le parti de gauche]

 

Le PCF Francis Parny regrette la focalisation de la campagne sur le Front national. Le Figaro relève, vendredi 22 juin, les critiques du parti de gauche après la débâcle des élections législatives. Ian Brossat, président du groupe communiste au Conseil de Paris, rejoint ce constat :

Il n'y a pas eu de campagne nationale du Front de gauche. Nous aurions dû être portés par une dynamique conquérante. Au lieu de cela, chacun a mené sa bataille sans ligne commune.

 

Pourtant, la sur-médiatisation de Hénin-Beaumont aux dépens des idées du PCF n'est pas la seule responsable. Le Parti socialiste est mis en cause. André Chassaigne, député du Puy-de-Dôme et président du groupe parlementaire communiste qui devrait être constitué, estime que sans Hénin-Beaumont, on n'aurait même pas parlé du Front de Gauche. Il en veut davantage au PS qu'à Jean-Luc Mélenchon :

La base communiste en veut terriblement aux socialistes de s'être comportés comme des chiens avec eux.


Moi-même, j'ai été l'objet d'attaques très frontales du PS.


C'est l'échec de l'accord avec le PS sur les circonscriptions menacées par le FN qui a brisé le lien entre le Front de gauche et le peuple de gauche qui voulait le changement incarné par Hollande.


Nous avons sous-estimé à quel point le PS allait faire un enjeu de battre Jean-Luc Mélenchon, d'où la présence sur le terrain de Martine Aubry et de Jean-Marc Ayrault

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans ELECTIONS
commenter cet article
24 juin 2012 7 24 /06 /juin /2012 16:03

                                                                                                                                   Yves DIMICOLI

 

INTERVENTION A LA CONFERENCE NATIONALE DU 20/06/2012

 

 

Après l'importante séquence électorale que nous venons de vivre, nous avons à mettre en œuvre notre démarche stratégique, celle du Front de gauche, dans un contexte qui s'annonce très chahuté.

 

L'explosion des difficultés en zone euro ravage l'Europe du sud et ébranle le couple franco-allemand.

 

Cette région est écrasée par le diktat de Merkel, la BCE, les marchés financiers et les politiques d'austérité. Elle inquiète le monde entier. Sa fragilité révèle au grand jour l'impasse de la construction actuelle et des plans censés la sauver.

 

« Rester dans l'euro, mais sans l'austérité », c'est sur ce message que Siriza a failli gagner en Grèce dimanche dernier. Entendre cet appel exige d'œuvrer à promouvoir une autre utilisation de l'euro et de la BCE. Et la France peut peser énormément en ce sens face à l'Allemagne. C'est dire sa responsabilité!

 

Cependant, Hollande a appelé les Grecs à voter pour la droite, prêtant main forte au chantage des créanciers. Et en France, il a commencé à reculer, face aux pressions, demeurant tendu vers l'objectif, fixé par Sarkozy, d'un déficit public à 3% du PIB en 2013 et 0% en 2017.

 

Pour respecter cette feuille de route, c'est au nom même du « redressement de la France » qu'il prépare un tour de vis!

 

Pourtant, il a été élu, certes pour en finir avec Sarkozy, mais aussi parce qu'il a critiqué l'insuffisance de croissance et l'austérité,  parce qu'il a dit vouloir « renégocier » le pacte Merkozy, réorienter la BCE, couper les banques de la spéculation, redresser notre industrie. Sous notre pression, il s'est dit opposé aux « licenciements boursiers » et prêt à « un coup de pouce au SMIC ».

 

Cette contradiction entre des promesses qui l'ont fait élire et le maintien d'un cap en matière de moyens qui les nie nous ouvrent la possibilité et nous placent devant la nécessité d'intervenir pour que les attentes des Français ne soient pas trahies, ce qui déboucherait sur le retour d'une droite extrémiste.

 

Dans les conditions actuelles, on ne saurait - c'est évident - participer au gouvernement. Mais cela ne doit pas signifier qu'il s'agit de rompre avec notre vocation à gouverner, au profit d'un comportement d'opposition irresponsable, déconnecté du besoin de réussite des électeurs de gauche et des salariés.

 

Ne croyons pas que notre non-participation va rendre notre tache plus facile. Le risque de marginalisation existe parce qu'il y a un risque d'illisibilité de notre utilité au regard des besoins impérieux de changements immédiats et à moyen-long terme.

 

D'ailleurs, l'opposition à des projets gouvernementaux que nous serons amenés à manifester peut engendrer le risque d'une confusion avec la droite, et nous ne le voulons pas.

 

Mais si nous ne sommes pas avec la droite, nous sommes alors dans la majorité parlementaire, ce qui peut engendrer un risque d'alignement sur le PS, et nous ne le voulons pas non plus.

 

Il va donc nous falloir déployer une ligne d'autonomie constructive mettant sans cesse en avant des contre-propositions cohérentes, crédibles, clairement en prise sur les exigences sociales et les luttes .

 

Cela va requérir une grande autonomie d'intervention rassembleuse du PCF œuvrant à une nouvelle phase du Front de gauche.

 

C'est pour cela-même qu'il faut que nous procédions à une évaluation critique de la façon dont nous avons mis en œuvre, jusqu'ici, la stratégie du Front de gauche.

 

Je pense qu'il n'y a pas d'alternative à cette stratégie et c'est pour cela-même qu'il est indispensable, en toutes circonstances, d'évaluer et de faire évaluer la façon dont on la met en œuvre, pour progresser et réussir.

 

Bien sûr, cela peut révéler des différences avec nos partenaires. Et c'est normal, il ne faut pas en avoir peur: Cherche-t-on à élargir le Front de gauche, à lui permettre d'être, avec des propositions cohérentes, opérationnelles, crédibles, liées aux luttes, le vecteur d'un très large rassemblement  populaire et de gauche, afin de réussir à accomplir ce que les français cherchent depuis le 6 mai ? Ou bien veut-on jouer l'échec de cette expérience en prétendant qu'on ne fera jamais bouger le PS et qu'on ramassera les fruits de cet échec au terme d'une bataille « Front contre Front »?

 

Cette seconde option, peu constructive, a prédominé nationalement dans une campagne des législatives qui a été cruellement privée d'impulsion nationale?

 

Le message du Front de gauche, loin des cohérences du programme  « L'humain d'abord »,  a été rétréci à un « plan com » anti Le Pen très contreproductif. Et cela, en même temps qu'une critique du PS, inutilement agressive et ne portant pas sur ses contradictions de fond pour valoriser la cohérence, le réalisme et l'utilité de nos propositions, a pu nourrir le vote utile pro-PS, ou l'abstention,  jusque chez nos propres électeurs de la présidentielle.

 

Avec la conférence sociale, avec les sommets européens, avec le débat budgétaire, avec la réforme bancaire vont s'ouvrir des chantiers de luttes et de propositions qui appellent notre intervention autonome au cœur du Front de gauche, pour le faire progresser et améliorer son efficacité rassembleuse.

 

C'est dans ces chantiers, ces fronts concrets que l'on devrait chercher à organiser et stimuler l'implication de tous ceux qui voudraient être des acteurs du Front de gauche avec des objectifs et des échéanciers précis, avec nos propositions concises, à enrichir sur le terrain et jusqu'au Parlement, sur la sécurisation de l'emploi et de la formation, sur la réorientation de la BCE, le pôle public financier pour un nouveau crédit, la réforme fiscale, la protection sociale, les services publics, les droits des salariés et usagers, pour réaliser des objectifs sociaux et sociétaux audacieux permettant de réussir.

Repost 0
24 juin 2012 7 24 /06 /juin /2012 16:03

Nicolas MARCHAND

intervention à la Conférence Nationale du PCF – 20 juin 2012

 

Trois remarques:

 

1- Le rapport affirme que « le parti sort renforcé » de la période électorale qui vient de s'achever. La réalité est plus contradictoire que ça! Pourquoi refuser de traiter les contradictions?

Il y a une contradiction entre des gains en voix et la perte de la moitié de nos élus ! Il faut analyser le réel, de façon dialectique, sinon l'analyse et les conclusions seront fausses. Prendre en compte le côté progrès, mais aussi le côté échec. D'autant que, je le rappelle, la promesse d'un progrès conséquent en élus aux législatives avait été présenté comme la contrepartie du choix de Jean-Luc Mélenchon pour la présidentielle.

On doit analyser aussi cette particularité qui est peu relevée: c'est la première fois que notre score aux législatives est en recul sur celui des présidentielles !

On ne peut pas tout renvoyer à des causes externes.

Bien sur, il y en a; le facteur institutionnel, la bipolarisation ont joué, et cela appelle une bataille pour la démocratie.

Mais attention: à n'invoquer que des causes externes, on débouche vite sur une conclusion d'impuissance: puisque ça ne vient pas de nous, on n'y peut rien ...

C'est ce que fait d'ailleurs, dans une interview à Médiapart, le n° 2 du PG, François Delapierre:

à la question « Est-ce que cela signifie qu’une dynamique comme celle du Front de gauche est irrémédiablement vouée à l’échec, dans le cadre des institutions de la Ve République ? », il répond: « Oui » !!!

Lutter pour démocratiser la politique et les institutions, pour une 6eme République, oui; mais faire d'un « grand soir » institutionnel le préalable à une perspective, non.

 

2- C'est pourquoi on ne peut pas dire seulement: « poursuivre et amplifier le Front de gauche ».

Il faut continuer, c'est sur, d'une part parce qu'il y a des acquis, et aussi parce qu'il n'y a pas d'alternative.
Mais l'expérience, les résultats font apparaître aussi des problèmes. Il faut les analyser pour voir ce qu'il faut changer, réorienter dans la mise en œuvre de la politique de Front de gauche.

 

Je prends un fait, vu ce matin sur internet, et qui a sa manière témoigne d'un des problèmes:

la page politique des infos d'Orange présente, pour illustrer un article sur le groupe parlementaire en cours de constitution, une belle photo d'André Chassaigne et Jean-Luc Mélenchon. Pourtant, dans l'article, pas un mot de Mélenchon, et pas de Mélenchon non plus dans la vidéo, qui est une interview d'André.[1]

Cette manip médiatique est scandaleuse, mais elle reflète malheureusement un aspect problèmatique de la situation, la tendance, fut-ce malgré nous, à un effacement progressif du PCF, de sa perception comme force politique autonome existante.

 

Alors n'ayons pas peur, pour l'avenir du Front de gauche, de procéder à une évaluation critique:

-        continuer le Front de gauche, avec quelle autonomie réelle du PCF? Alors qu'il y a un risque d'effacement contradictoire à une amplification du Front de gauche (et aussi avec quels autres leaders, notamment communistes: la présidentielle imposait une personnalisation, mais pourquoi laisser perdurer cette situation, maintenant que la présidentielle est terminée).

-        Continuer le Front de gauche, avec quelle ligne politique? alors qu'il y a, au sein du Front de gauche, chez certains de nos partenaires, chez JLMélenchon, une influence gauchiste contradictoire avec l'objectif d'un large rassemblement transformateur de toute la gauche.

-        Continuer le Front de gauche, avec quelles propositions précises, alors que, si JLMélenchon a fait avancer certaines idées dans la campagne , néanmoins nos propositions les plus importantes pour la crédibilité, particulièrement sur les moyens financiers et les pouvoirs des salariés, n'ont pas été suffisamment mises en avant et expliquées.

 

3- sur la question de la participation au gouvernement

J'approuve la proposition de ne pas participer; on n'a pas le choix.

Mais il ne faut pas s'en réjouir, comme peut en donner l'impression ce titre de l'Huma aujourd'hui, à propos de la consultation des communistes: « participer au gouvernement, une idée qui ne fait pas recette »! Le message d'un tel titre, ce n'est pas « on décide de ne pas participer, mais on reste disponibles et on va se battre pour que ca évolue », c'est « rassurez-vous on n'y va pas ». 

 

J'y vois le témoignage d'une certaine confusion, faute du débat préalable, qui nous aurait permis de faire de cette question, notre volonté de créer les conditions d'une politique à la mise en œuvre de laquelle nous aurions pu participer, un argument électoral.

Faute de cela, nous avons été dominé pendant toutes les campagnes par l'affirmation structurante de JLMélenchon selon laquelle il ne participerait à aucun autre gouvernement que celui qu'il dirigerait. Je pense que cela a plu aux gauchistes, mais renvoyé beaucoup d'électeurs au vote « utile », dès les présidentielles en fin de campagne, et aux législatives.

Maintenant, je pense qu'il est bien de ne pas mettre un point final après notre décision de ne pas participer, de dire que nous restons disponibles; mais pour ne pas le dire d'une façon formelle, je propose de préciser que « nous travaillerons à en faire avancer les conditions en liaison avec les luttes ».[2]



[2]    J'ai présenté cette proposition, comme amendement au projet d'appel. Elle a été refusée par le rapporteur, sans qu'un débat soit possible. Mais j'en ai retrouvé l'esprit dans le discours de Pierre Laurent, précisant notamment à propos des raisons motivant notre décision de ne pas participer au gouvernement: « nous voulons créer les conditions pour que cette situation change...Nous agirons pour changer cette situation...Nous ne considérons pas que la situation soit figée. »

Repost 0
24 juin 2012 7 24 /06 /juin /2012 16:01

 

TOURNER DEFINITIVEMENT LA PAGE DE LA POLITIQUE INITIEE PAR ROBERT HUE

Guy Poussy le 22 juin 2012.

 

Ces dernières semaines le nom de R. Hue a refait surface. Dans les médias son nom était avancé pour faire partie du gouvernement Ayrault à l’issue d’un remaniement ministériel. R. Hue - qui n’est plus membre du PCF- n’a pas été retenu. Le fait que son entrée au gouvernement ait pu être envisagé illustre bien les connivences existant entre lui et les dirigeants du PS. Elles sont anciennes en particulier avec F. Hollande. 

Devenu secrétaire général du PCF, 20 mois après en novembre 1995, R Hue publie communisme : LA MUTATION. Il déclare » Ce dont il s’agit c’est bien d’une mutation, c'est-à-dire une série de transformations profondes dans l’identité communiste elle-même » La participation au gouvernement devient d’ordre stratégique, et elle s’inscrit dans la durée. L’expérience de la gauche plurielle voit la participation de ministres communistes dans le gouvernement Jospin. Elle se fait au prix d’un total alignement. Il en fut ainsi en mars 1999 lors de la guerre contre la Serbie, engagée par Chirac et Jospin, et menée sous les ordres de L’OTAN et de Clinton A l’époque les dirigeants et les ministres communistes déclarent » Nous n’entendons pas miner la cohésion gouvernementale, nous resterons au gouvernement quoi qu’il fasse, même s’il y a l’engagement des troupes françaises au sol en Serbie (MG Buffet sur FR3 le 28 mars 1999 dans l’émission Dimanche politique) En politique Européenne les ministres communistes se sont ralliés au pacte de stabilité, au traité d’Amsterdam, à l’euro, c'est-à-dire des choix politiques qui remettent en cause la souveraineté populaire et nationale. Ils ont accepté l’Europe fédérale et politique, la mise sur pied d’une armée Européenne sous les ordres de Washington, autant de projets communs à Chirac et Jospin

Comment ne pas rappeler l’échec de la liste « BOUGE L’EUROPE » aux élections européennes de Juin 1999 ? Cette liste conduite par R Hue, Geneviève Fraisse, Ph Herzog, R Castro, Fodé Sylla, devait « Décoiffer » car elle n’était pas communiste, elle était la matrice du parti de l’an 2000. Certains candidats se prononcèrent pour la guerre au Kosovo. Le résultat de la liste Bouge l’Europe fut un retentissant fiasco. Le peuple, l’électorat communiste avait refusé de suivre les dirigeants dans la voie du renoncement aux luttes et de la connivence avec le gouvernement. S’agissant des questions Européennes, sur France Inter François Hollande » Saluait le courage de R Hue » en lui demandant de poursuivre l’ouverture du PCF. C’est ce qu’il fit avec sa tentative de constituer le nouveau parti communiste. Le choix stratégique était de faire du PCF la force supplétive du PS. Le congrès de Martigues entérine la disparition de la Faucille et du Marteau. JC Gayssot ministre des transports déclare « A la SNCF j’entends substituer la culture du dialogue à la culture du conflit » R Hue déclare » Si j’étais cheminot je ne ferai pas grève »

En 2000 sous l’impulsion de R. Hue le PCF abandonne le septennat et le programme du PCF, pour  se rallier au quinquennat voulu par Chirac et Jospin, et ce sans que les communistes aient à en débattre. L’expérience vécue avec Sarkozy atteste que cette réforme a aggravé le caractère anti démocratique de la 5e République en renforçant les pouvoirs monarchiques du président de la République. En 1958 le PCF avait appelé à voter NON à la constitution. En 1962 il mena une campagne argumentée contre l’élection du président au suffrage universel

RH n’est plus membre du PCF, mais comment ne pas voir que la stratégie définie dans la Mutation imprègne encore la politique mise en œuvre aujourd’hui par la Place du Colonel Fabien. Celle-ci se caractérise par l’effacement du  PCF. Chacun a pu le constater lors des dernières élections présidentielles et législatives. Engoncé dans le « FRONT de GAUCHE » l’image du PCF n’est plus visible. Il ne répond plus aux attentes et exigences du monde du travail, de la création et de la jeunesse. Comment ne pas voir que l’abstention record qui a caractérisé les élections législatives est de nature protestataire. Il en est de même du vote blanc. Le PCF ne répond plus  aux attentes de cette contestation. 7 députés communistes sur les 10 du front de gauche dans une situation marquée par une grave crise du système capitaliste, représente un échec. La crise de l’Europe, et la déconsidération dans l’opinion des instances Européennes et de sa politique d’austérité auraient  du s’illustrer dans le vote communiste. Cette situation demanderait une analyse approfondie. Il ne semble pas que ce soit le chemin pris par la direction du PCF. Fondamentalement elle reste fascinée par la participation des communistes au gouvernement » Si nous estimons que les conditions de notre participation au gouvernement Ayrault ne sont pas aujourd’hui réunies, notre objectif est de modifier cette situation ( P. Laurent au CN du 18 juin) Aller au pouvoir pour faire quoi ? Il est temps de désacraliser cette participation au gouvernement présentée comme seule perspective crédible pour changer de politique. Parti de gouvernement, ce n’est pas inscrit dans la table des lois. En soi cela est une vaste tromperie. Pour se rendre plus « Présentable » le PCF s’est éloigné de plus en plus de son identité révolutionnaire. Elle consiste à donner la priorité au mouvement populaire, à la lutte des idées, à maintenir la conscience de la classe ouvrière- au sens large du terme- à son plus haut degré en contribuant à l’éclairer, à animer les luttes populaires, ce qui suppose de ne pas se laisser paralyser ni les mains, ni la tête, en quémandant des maroquins. Contre vents et marées, y compris à contre courant, il convient de demeurer la voix des sans voix, celle du monde du travail et de la précarité, le défenseur, l’instrument du Peuple souverain. Ancré dans cette réalité le PCF serait plus efficace qu’au conseil des ministres. La voie suivie n’est pas bonne elle reste marquée par la mutation de R Hue La véritable perspective politique se situe dans le rassemblement populaire majoritaire à construire, acteur principal des transformations politiques. La priorité des priorités devrait être accordée aux luttes populaires et intergénérationnelles,  d’autant que au nom du « Redressement de la France » des vents mauvais s’annoncent.

Repost 0

BRUNO FORNACIARI

HPIM3303

Recherche

Texte Libre