Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
10 août 2012 5 10 /08 /août /2012 20:40

Politique - le 10 Août 2012

Communiqué

Pierre Laurent : "Règle d'or, François Hollande doit consulter les français par referendum"

 

En donnant son feu vert à l'inscription de la règle d'or dans le droit français, le Conseil constitutionnel ouvre la porte à une ratification parlementaire du pacte budgétaire européen. Cette décision ne change rien au problème de fond démocratique posé par cette ratification.


Je demande une nouvelle fois solennellement à François Hollande de consulter les Français par référendum sur cette question fondamentale pour l'avenir du pays et cela pour au moins deux raisons.


La première : la renégociation du pacte à laquelle il s'était engagé n'a pas été obtenue. C'est donc aux Français, qui ont élu François Hollande pour remettre en cause le pacte Sarkozy/Merkel, de se prononcer sur son éventuelle ratification.


La seconde : ce pacte prévoit un objectif de réduction de dépenses publiques plus drastique encore que Maastricht et la RGPP réunis. La France enfilerait un insupportable corset de fer.


Il s'agit de faire payer toutes les crises des marchés financiers par de l'austérité imposée aux salariés.


Maastricht a été une première et grave erreur en  sanctuarisant le pouvoir des marchés financiers. La ratification du pacte budgétaire serait une deuxième grave erreur qui se paierait chère très longtemps.


Le chemin d'une autre Europe doit être emprunté au plus vite. Pour sortir de la crise il faut sortir de l'austérité. La priorité doit être donnée à l'investissement public, social et écologique.


Le rôle de la Banque Centrale européenne doit être changé et mis au service de cet objectif. Le contrôle public sur les banques doit être reconstruit et une banque publique européenne doit être créée.

 

J'appelle toutes les forces disponibles à gauche, dans le monde syndical et associatif à se rassembler et à agir en commun pour refuser la ratification parlementaire envisagé par le gouvernement pour la fin septembre


Le PCF avec le Front de gauche prendra toutes les initiatives  en ce sens. La fête de l'Humanité doit être un rendez-vous majeur de cette mobilisation.

 

Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste français.

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans EUROPE
commenter cet article
10 août 2012 5 10 /08 /août /2012 15:09

litique - le 10 Août 2012

Les juges constitutionnels ont finalement décidé que le traité "Merkel-Sarkozy, qui prône l'austérité et le contrôle budgetaire pour les pays de la zone euro, ne comportait pas de clauses contraires à la constitution.


Le conseil constitutionnel, dans une décision rendue ce jeudi, n'a pas jugé contraire à la constitution la "règle d'or" imposé par le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance de l'UE (TSCG) signé le 30 janvier par 25 des 27 Européens (ni Grande-Bretagne ni République tchèque). François Hollande échappera donc à une procédure de révision constitutionnelle qui l'aurait obligé à réunir une majorité de trois cinquième au Congrès.  Le gouvernement de jean Marc Ayrault  va  donc pouvoir, par une simple loi organique, intégrer le traité négocié entre Merkel et Sarkozy, réajusté d'un volet croissance qui limitera les déficits structurels de l'Etat  0.5% du PIB et ouvrira la possibilité d'un mécanisme d'amendes quasi-automatiques en cas de dépassement.

 

Le Président de la république a demandé instamment à son gouvernement qu'il prépare la ratification du traité européen. Jean-Marc Ayrault a annoncé engager "immédiatement la préparation du projet de loi autorisant la ratification du traité et du projet de loi organique qui seront présentés au Parlement" qui pourraient être votés fin septembre.

Sous la présidence de Jean Louis Debré, les juges constitutionnels ont donc traité et donné leur aval à la fois au traité européen et à la Loi Rectificative des Finances (LFR) avant de partir en vacances. Nicolas Sarkozy, membre du Conseil Constitutionnel en sa qualité d'ancien Président, ne siégeait pas durant les délibérations, ne pouvant être juge et partie à la fois.

 

"Je ne crois pas à l'infaillibilité du gouvernement"


Ce matin sur europe 1, Jean-Vincent Placé, président du groupe EELV au Sénat, a rappeler son opposition au traité européen dire qu'on va voter non à un traité de ce type-là, préparé par Mme Merkel et M. Sarkozy ne me paraît pas être une contestation absolue du président de la République qui avait indiqué d'ailleurs dans sa campagne qu'il voulait renégocier ce traité ". Pour M. "Il aurait fallu négocier davantage, il y avait un espace pour aller plus loin dans le fédéralisme", expliquant que son non au traité était fédéraliste, pas souverainiste. "Je pense qu'il faut aller vers plus d'Europe, vers un gouvernement économique européen, un budget européen, une fiscalité européenne..."

 

"Il faut que le peuple se prononce"

La question divise donc à gauche. Et les raisons du refus du traité européen diverges. Pour le secrétaire national du Parti de Gauche, Eric Coquerel qui s'exprimait jeudi sur l'antenne RMC-BFMTV "Ce traité n'est pas mineur, il remet en question la souveraineté du parlement national sur le budget, ce qui n'est pas mince". Toujours selon lui,  l'intégration du traité européen nécessite "que le peuple se prononce et c'est pour ça que nous on est pour un référendum"

 

Lire à ce sujet : Pour la démocratie, un référendum sur le nouveau traité  par Patrick Le Hyaric.

 

Le PCF quant à lui , s'est peononé depuis longtemps contre le pacte budgétaire austéritaire et pour un référendum. Françpois Hollande tourne le dos à ses engagements électoraux et à la démocratie. Que le peuple ne soit pas muselé et qu'il décide lui-même de ses chois européens. La volonté et l'exigence démocratique du PS et au pied du mur. Le maçon le construira-t-il conformément au cahier des charges démocratique?

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans EUROPE
commenter cet article
9 août 2012 4 09 /08 /août /2012 21:40

Tuniscope

TUNISCOPEcom

TUNISCOPEcom Sidi Bouzid : Un bilan de 5 blessés et plusieurs arrestations fb.me/1PgiXfzAf 2 hours ago · 

TUNISCOPEcom Amnesty international : ''Le gouvernement tunisien restreint de manière croissante les libertés fond fb.me/1QfCg7cox 6 hours ago · reply · retweet · favorite

 


En Algérie: Arrestation de la chanteuse Yara pour violation du caractère sacré du mois de Ramadhan

 

publié le 08/08/2012

Envoyer à un ami

La chanteuse libanaise à la voix de velours, Yara, a fait l’objet d’une arrestation par les autorités algériennes pour violation du caractère sacré du mois de Ramadhan. 

En Algérie: Arrestation de la chanteuse Yara pour violation du caractère sacré du mois de Ramadhan

En Algérie: Arrestation de la chanteuse Yara pour violation du caractère sacré du mois de Ramadhan

La chanteuse libanaise de confession chrétienne a débarqué en Algérie pour participer à la 8e édition du Festival Arabe de Djemila. Alors que son chauffeur la conduisait d’un hôtel à Setif à un autre à Constantine, la chanteuse a allumé une cigarette.

 

Le chauffeur lui a donc demandé d’éteindre la cigarette et d’afficher un peu de respect à l’égard des jeûneurs du mois de Ramadhan, mais elle a refusé et a continué à fumer, rapporte Achourouk algérien. 

L’attitude de la chanteuse a provoqué la colère du chauffeur qui s’est vengé en s’arrêtant devant une patrouille de police pour la dénoncer. Les autorités algériennes ont, donc, arrêté la chanteuse Yara pour violation du caractère sacré du mois de Ramadhan.

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans LUTTES ET SOLIDARITÉ
commenter cet article
8 août 2012 3 08 /08 /août /2012 08:12

Etats-Unis : un attardé mental exécuté au Texas en dépit des protestations

 

Photo d'une salle d'exécution dans une prison américaine

Marin Wilson, un Afro-américain de 54 ans condamné pour meurtre en 1998, a été exécuté mardi au Texas en dépit du fait qu'il ait été diagnostiqué comme attardé mental, a-t-on appris auprès des autorités pénitentiaires de cet Etat du sud des Etats-Unis.

Après 18 mois dans le couloir de la mort, Marvin Wilson, qui avait été condamné pour le meurtre d'un informateur de la police commis en 1992, a été déclaré mort par injection létale à 18H27 locales (23H27 GMT), a-t-on précisé de même source.

Il s'agit du 25e detenu exécuté cette année aux Etats-Unis, dont sept au Texas. Dans l'après-midi, la Cour suprême des Etats-Unis avait rejeté un dernier recours de ses avocats.

Plusieurs organisations de défense des droits de l'homme se sont élevées contre cette exécution. Parmi elles, Amnesty International a jugé "particulièrement dérangeante" la décision de la Cour suprême de ne pas surseoir à cette exécution, selon un communiqué.

En 2004, avec un quotient intellectuel de 61 (très en-deça de la moyenne pour son âge), Marvin Wilson avait été diagnostiqué comme attardé mental léger selon des critères déterminés par l'American Association of Intellectual and Developmental Disabilities (AAIDD).

"Nous sommes profondément déçus et attristés que la Cour suprême ait refusé d'intervenir pour empêcher cette exécution", a déclaré dans un communiqué l'avocat du détenu, Lee Kovarsky. "C'est scandaleux que l'Etat du Texas continue d'utiliser des critères non scientifiques (...) pour déterminer quels citoyens ayant un handicap intellectuel doivent être exemptés d'une exécution", a-t-il ajouté.

Avant son exécution, Marvin Wilson s'est adressé aux membres de sa famille, leur assurant qu'il les aimait. "Ramène-moi à la maison, Jésus, ramène-moi à la maison, Seigneur", a-t-il également déclaré, selon des propos rapportés à l'AFP par un porte-parole des services pénitentiaires du Texas.

Puis, s'adressant à nouveau à sa famille, il a conclu: "Je vous aime tous. Je suis prêt".

En 2002, la Cour suprême des Etats-Unis a interdit l'exécution de condamnés attardés mentaux car leur handicap "ferait courir le risque d'une exécution arbitraire". Mais la Cour, dans l'arrêt "Atkins vs. Virginia", n'a pas donné de définition précise du retard mental, laissant chaque Etat fixer les conditions requises pour déterminer ce type de handicap.

Et selon les critères en vigueur au Texas, Marvin Wilson ne souffrait pas de handicap mental.

Le 18 juillet déjà, Yokamon Hearn, un Noir américain de 34 ans, avait été exécuté au Texas, en dépit de preuves de troubles mentaux depuis son enfance et de nombreuses protestations.

Le 23 juillet en revanche, l'exécution d'un condamné à mort souffrant lui aussi de troubles mentaux avait été suspendue en Géorgie (sud-est), à deux heures de l'horaire fatal, en raison d'un changement de procédure d'injection létale.

 

Copyright © 2012 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans SOCIETE
commenter cet article
7 août 2012 2 07 /08 /août /2012 11:29
Accueil > Politique > EELV et la Légion d'honneur : merci Cécile Duflot !

EELV et la Légion d'honneur : merci Cécile Duflot !

La ministre a récompensé plusieurs membres de son parti. La droite lui reproche "d'arroser de décorations ses camarades".

 
Abonnez-vous au
Nouvel Observateur

La ministre de l'Egalité des territoires et du Logement Cécile Duflot. (c) Afp

La ministre de l'Egalité des territoires et du Logement Cécile Duflot. (c) Afp

Cécile Duflot sait remercier ses amis. Pour la promotion du 14 juillet 2012 de la Légion d’honneur, de nombreux membres de son parti, EELV, ont été faits chevaliers (28) et officiers (2). C’est d’abord un blogueur, "Authueil", qui a révélé l’information le 14 juillet, reprise par "Le Point", le jeudi 2 août.

Parmi les personnes décorées, on retrouve Dominique Voynet, ancienne sénatrice de Seine-Saint-Denis, maire de Montreuil depuis 2008 et membre d’Europe Ecologie – Les Verts. Mais aussi, Catherine Calmet-Rebérioux, secrétaire générale du groupe EELV au conseil régional d'Ile-de-France. D’autres Verts figurent dans la promotion comme Jean-François Caron (maire EELV de Loos-en-Gohelle depuis 2001), Jean Malet (conseiller régional EELV et maire de Mezy-sur-Seine), Maryse Oudjaoudi, (militante et candidate EELV dans l'Isère aux dernières législatives) ou encore Michèle Rivet (vice-présidente écologiste du conseil régional du Centre).

"C'est ça le changement !"

Les commentaires à droite sont nombreux et assez virulents, notamment via les réseaux sociaux. D’autant plus qu’aucun élu de droite n’a été décoré. "C’est ça le changement !", ironise le député UMP Lionnel Luca :

 

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans ECOLOGIE
commenter cet article
7 août 2012 2 07 /08 /août /2012 04:28

Les médias et l’« insécurité » (2) : Les magazines télévisés (extraits de La France a peur)

par Laurent Bonelli, le 6 août 2012

 

Comment un certain traitement de la sécurité s’est-il imposé ? Quelles ont-été les modalités de ce traitement à la télévision, en particulier dans les magazines télévisés ? À ces deux questions, l’ouvrage de Laurent Bonelli – La France a peur [1] - apporte des réponses. Si l’enquête qu’il propose s’arrête en 2005, il ne fait aucun doute que, pour l’essentiel, elles valent pour les années qui ont suivi. Nous publions donc, avec l’accord de l’auteur, deux articles extraits de son livre.

Le premier – « Les médias et l’ "insécurité" (1) : Une irrésistible ascension ? » - s’achève sur le rôle joué par la télévision.

 

Voici le second consacré aux magazines télévisés (de 1995 à 2002), « pourtant présentés par leurs promoteurs, souligne Laurent Bonelli, comme des émissions permettant de donner de la "profondeur", de prendre le "temps de l’analyse", par rapport aux journaux télévisés. » (Acrimed)

 


II. Les magazines télévisés de 1995 à 2002

Par les invités qu’ils ont conviés et les reportages qu’ils ont diffusés, ces magazines ont largement participé à la construction d’images publiques de l’« insécurité » et à la diffusion de points de vue particuliers.

 

 

Que sont les magazines télévisés consacrés à « l’insécurité » ?


Nous avons recherché dans les archives de l’Institut national audiovisuel (INA) les magazines diffusés sur les télévisions hertziennes (TF1, France 2, France 3, la Cinquième, ARTE, M6 et Canal +) et consacrés pour tout ou partie aux sujets « délinquance », « insécurité » et « violences urbaines ». Entre le 1er janvier 1995 et le 17 juin 2002 [2], 53 émissions répondaient à ces critères [3]. France 2 arrive en tête quant au nombre d’émissions consacrées à « l’insécurité » (15), juste devant France 5/la Cinquième (14). Mais cette dernière a diffusé la moitié de ses émissions (7) durant l’après-midi, à une heure de moindre écoute. Inversement, la totalité des émissions diffusées en soirée (après 22h) l’ont été sur les trois grandes chaînes généralistes : TF1, France 2 et France 3.

 

La fréquence des magazines consacrés à « l’insécurité » suit assez fidèlement les priorités de l’agenda politique […]

 

Bien qu’elle ne soit que bimensuelle, l’émission animée par Arlette Chabot (en compagnie parfois de Alain Duhamel), Mots croisés, figure en tête, revenant six fois sur le sujet durant la période [4]. L’émission quotidienne d’Yves Calvi, C dans l’air vient ensuite, avec quatre occurrences, puis les programmes hebdomadaires amenés par Christine Ockrent (France Europe Express), Michèle Cotta (Polémiques) et Philippe Gildas (Le grand forum) : trois émissions. […] Les plus fortes récurrences de ce thème concernent l’élite du journalisme politique : Arlette Chabot est devenue directrice de l’information de France 2 ; Michèle Cotta fut directrice de l’information à TF1 de 1987 à 1992 et directrice générale de France 2 de 1999 à 2002 ; Christine Ockrent fut directrice adjointe de TF1 et Philippe Gildas est un ancien directeur de l’information de RTL. Si Yves Calvi ne peut se prévaloir de la carrière de ses aînés, son émission fut l’un des programmes phare de France 5, ce qui lui permit d’ailleurs de remplacer en septembre 2005 Arlette Chabot, comme présentateur de Mots croisés. Cette prépondérance des magazines politiques se reflète également dans le statut des invités, qui proviennent majoritairement du champ politique.

 

 

Qui sont les invités sur les plateaux de télévision ?

 

190 personnes ont été invitées dont 179 (94,2 %) étaient identifiables par leur profession ou leur statut [5]. Si l’on opère quelques regroupements, on s’aperçoit que 33 % des invités sont des professionnels de la politique (élus, membres du gouvernement), 27 % appartiennent aux institutions coercitives (police, gendarmerie et justice) et 16% interviennent comme « experts » (universitaires et consultants). C’est-à-dire qu’ils représentent plus de 75 % des invités, contre 7 % pour les institutions sociales, culturelles ou médicales, 2 % pour l’école ou 2 % pour ceux qui ont eu affaire à la police et à la justice.

 

Cette très inégale répartition enregistre le crédit qu’accordent les journalistes à ces différents agents sociaux pour agir contre « l’insécurité ». En effet, ces magazines ne se contentent pas de décrire des situations, mais entendent également prescrire des solutions (« mais alors, vous proposez quoi ? » est l’une des phrases récurrentes de ce type de débats). C’est sans surprise que le personnel politique est surreprésenté. Journalistes et hommes politiques partagent en effet les mêmes principes de vision et de division du monde (au premier rang desquels la croyance fondamentale en l’efficacité de l’action politique pour faire ou défaire le social et peser sur le quotidien des individus [6]) et le même accord sur les règles du jeu (le débat démocratique). Ces croyances communes sont facilitées par le fait qu’élites journalistiques et politiques sont souvent passées par les mêmes filières de formation (Sciences Po), et évoluent dans les mêmes milieux sociaux [7]. Ceci favorise une circulation circulaire des idées et des problématiques, qui fonctionnent sur le mode de l’évidence et ne font plus débat.

 

[…] Il va de soi que l’origine et la trajectoire des principaux journalistes politiques français les prédispose assez peu à connaître directement la situation des milieux et des quartiers populaires. Leurs interprétations vont de la sorte s’intégrer dans leurs grandes catégories d’analyse du monde comme la « crise du modèle français d’intégration », ou la « nécessaire réforme de l’État ». Au-delà des différences observables d’une émission à l’autre, les interventions de ces journalistes vedettes de télévision font ressortir des mêmes types d’impensés, dont on peut construire la structure logique comme un idéal type.

 

D’abord, tous concordent sur l’inexorable montée de la délinquance et de la violence, dont il faudrait rechercher des responsables. De manière étonnante, les auteurs de délits ne sont presque jamais mentionnés par les journalistes, pas plus qu’une quelconque cause sociale. Les coupables sont sans hésiter les services de l’État. Les juges, d’abord, accusés de relâcher les criminels que la police arrêterait péniblement. L’indépendance de la Justice (et notamment des magistrats du siège) est ainsi régulièrement fustigée, au nom de la défense de l’ordre public. Les policiers ensuite, présentés alternativement comme désabusés, en sous-effectif ou comme corporatistes, repliés sur leurs privilèges et refusant de travailler. On retrouve ici les stéréotypes les plus fréquents de la critique libérale de l’État qui habite nombre d’élites politico-médiatiques. Contre cet « immobilisme », ces « lourdeurs », les journalistes invitent à réagir. C’est le troisième axe. Ils vont alors énumérer toutes les solutions qui sont dans « l’air du temps », sans bien sûr les évaluer ou s’interroger sur leurs possibilités et leurs effets. Couvre-feux, centres renforcés, sanction des parents, ou réforme de l’ordonnance de 1945 sont ainsi proposés aux invités, qui doivent se prononcer. Dans un contexte marqué par le discrédit des politiques éducatives ou de prévention, aucune solution allant dans ce sens ne vint à l’esprit de ces journalistes.

 

On ne mesure sans doute pas complètement la force que ces préjugés, ces idées reçues exercent sur les hommes politiques. Non seulement, ils les partagent parfois pleinement, mais surtout les relations d’interdépendance qu’ils entretiennent avec les journalistes les rendent en effet plus attentifs aux critiques que ces derniers peuvent leur adresser. La crainte de la « mauvaise prestation » aussitôt décortiquée par leurs conseillers en communication, les amène sans doute à refuser d’argumenter sur des sujets « difficiles ». Le temps de parole, l’agressivité des interlocuteurs et le sentiment d’évidence rendent en effet difficile de prendre le contre-pied de la doxa sécuritaire, sauf à chercher l’affrontement.

 

Aux côtés des professionnels de la politique, policiers et magistrats (27 % du total) viennent confirmer que pour les journalistes politiques, l’insécurité est d’abord une question de police et de justice. Le contraste saisissant entre la place des institutions sociales, médicales et socioculturelles dans la régulation des désordres juvéniles et leur représentation parmi les invités (7 %) est sans doute la manifestation la plus claire de l’opinion des journalistes sur ces institutions. Alors que leur travail quotidien ne peut être ignoré (on verra ensuite que les reportages leur font une plus large place), elles sont tenues à l’écart des plateaux.

 

C’est également le cas des habitants des quartiers populaires. Qu’ils soient victimes, auteurs ou simplement qu’ils y résident, ils doivent laisser d’autres s’exprimer à leur place. La désorganisation des organes de représentation collective des classes populaires tend à faire de celles-ci un groupe social parlé et non parlant. Leur exclusion est une constante des plateaux de télévision. En 1989-1990, ces derniers ne comptaient que 10 % d’ouvriers et d’employés invités à s’exprimer, alors que ces deux groupes représentaient près de 60 % de la population active. À l’inverse, 53 % des invités appartenaient aux cadres et professions intellectuelles supérieures, un groupe qui ne totalisait alors que 10 % de la population active [8]. Ceci permet aux professionnels de la politique, aux journalistes et « experts » de se poser en porte-parole autorisés des « habitants des cités », une entité dont on aurait bien du mal à tracer les frontières sociales.

 

Les « experts » sont d’ailleurs le troisième groupe (16 % du total) en nombre d’invités. Qu’ils soient universitaires ou consultants, ils viendront dire les « demandes » des habitants des quartiers, donner de la profondeur historique ou sociologique aux propos, à condition bien sûr de le faire dans des formats adaptés. […] Les « bons » invités doivent en effet être un peu plus qu’un « expert », qu’un homme politique, qu’un chef de police ou qu’un magistrat en ajustant leurs propos et leurs attitudes aux règles non écrites du fonctionnement de ce type de dispositif médiatique. En d’autres termes, ce ne sont pas leurs propriétés prises en elles-mêmes et pour elles-mêmes qui importent mais la manière dont elles trouvent à se déployer dans les logiques du champ médiatique.

 

Sebastian Roché, qui cumule six invitations [9] durant la période étudiée est de ce point de vue emblématique. Né en 1961 et diplômé de l’Institut d’études politiques de Grenoble, il est recruté au CNRS en 1991, immédiatement après une thèse portant sur le « sentiment d’insécurité [10] ». Il devient directeur de recherche au CNRS et est l’auteur de nombreux ouvrages et articles sur la délinquance et l’insécurité [11]. Enseignant à l’IEP de Grenoble, il intervient également dans des formations spécialisées comme le DESS « métiers de la sécurité » de l’université Paris-5, ou celui de l’École nationale supérieure de la Police, de Saint-Cyr-au-Mont-d’Or (Lyon). Ses titres académiques, de même que l’abondance de ses publications lui confèrent une légitimité pour intervenir sur ces sujets dans les médias. Et ce à plus forte raison qu’il accepte volontiers de collaborer avec la presse, qu’elle soit écrite, radio ou télévisée. Persuadé que « ce qui est important en France, c’est la visibilité, plus que l’investissement à caractère scientifique [12] », il répond aux sollicitations, qui étant donné les logiques d’autoréférence des médias, tendent à se multiplier. Mais son omniprésence est également due à la nature de ses analyses. Théoricien du « sentiment d’insécurité » et du rôle des « incivilités » dans son développement, il offre aux journalistes un renouvellement des catégories de pensée sur un sujet qui risquait d’être limité aux affrontements police/justice [13].

 

C’est également le cas pour les invités qui proviennent de ces deux univers, comme le magistrat Georges Fenech, ou la commissaire de police Lucienne Bui-Trong, conviés à trois reprises. Ce sont des professionnels qui sont capables de tenir un discours s’affranchissant des manifestations les plus visibles du corporatisme (ce qui ne les empêche pas d’être profondément corporatistes) et d’opérer des montées en généralité au-delà de leur profession, en formulant des opinions sur « l’état de la violence » ou les évolutions de la société.

 

Quant aux hommes politiques, ils se divisent entre responsables gouvernementaux en charge de questions touchant à la sécurité et « spécialistes » du sujet. Aux côtés des ministres de l’Intérieur, de la Justice ou de la Ville, on retrouve des gens comme Julien Dray, député de l’Essonne, Pierre Bédier, maire de Mantes-la-Jolie de 1995 à 2005 et député des Yvelines, (quatre invitations) ; Jean-François Copé, qui fut le maire de Meaux et prit de nombreuses positions sur le sujet, par exemple au sein de l’association des maires d’Île de France (trois invitations) ou encore Bruno Le Roux, député-maire d’Épinay-sur-Seine (deux invitations). Le fait que ces professionnels de la politique soient individuellement moins présents sur les plateaux que les « experts », alors même qu’ils sont numériquement les plus importants parmi les invités s’explique peut-être par le fait qu’ils sont moins « rares ». Les maires de communes dites « sensibles », les députés auteurs de rapports ou d’ouvrages touchant à la sécurité sont en effet plus nombreux que les « experts ».

 

 

Les reportages


Après l’analyse des propriétés des invités, les 107 reportages qui ont été présentés lors de ces émissions ont été dépouillés. L’équilibre entre reportages et débats varie largement selon les émissions. Chaque programme repose de la sorte sur des formules et des équilibres différents, valorisant selon les cas l’un ou l’autre des points de vue, bien que la légitimité (politique, professionnelle ou intellectuelle) des invités leur permette bien souvent d’avoir le dernier mot en matière d’interprétation des reportages.

La structure des reportages

159 personnes ont été interrogées dans ces reportages, dont 147 (92,5 %) ont pu être identifiées par leur profession ou leur statut. Les institutions coercitives (police, gendarmerie, armée et justice) arrivent largement en tête (37 % du total), alors que le personnel politique et les « experts » sont très peu représentés (respectivement 3 % et 2 %). Les délinquants ou leurs familles apparaissent également de manière beaucoup plus fréquente que parmi les invités (16 % contre 3 %), notamment à travers des « portraits » plus ou moins spectaculaires. De la même manière, les institutions sociales, culturelles et médicales, sur lesquelles repose l’essentiel de la prise en charge quotidienne des « jeunes à problèmes » recouvrent un peu d’importance au travers des reportages.

 

Mais cette impression d’une « revalorisation » de ces institutions doit être replacée dans les dynamiques de construction des reportages. D’abord, près de 60 % des reportages mettent en scène les forces de l’ordre, des délinquants ou des victimes. Ensuite, il faut voir sous quel angle sont abordées les institutions sociales et de réhabilitation. En effet, si le nombre de reportages est un indicateur d’importance, il doit être rapporté au contenu de ces derniers. Un reportage sur la police n’a pas la même signification lorsqu’il met en scène l’intervention policière, ou s’il enquête sur la corruption d’un service.

La teneur des reportages

Une grille de mesure de la teneur de ces reportages a donc été élaborée qui les distribue en cinq catégories

Les résultats de l’enquête montrent que près de 80 % des reportages valorisent l’approche coercitive ou spectaculaire et alarmiste. La prévention, la réhabilitation ou la critique représentent moins de 10 % des reportages.

 


Faut-il dire que les magazines télévisés consacrés à « l’insécurité » présentent des reportages largement orientés ?

 

Plusieurs séries de raisons expliquent cette distribution, les reportages télévisés amplifiant les logiques journalistiques ordinaires dans le traitement de l’information. D’abord, le travail journalistique favorise des modes de présentation, dont les velléités pédagogiques induisent un travail de simplification, d’explicitation projeté sur les capacités de compréhension présumées du public. Tout événement complexe doit pouvoir être réduit à une explication simple. Ceci est d’autant plus vrai que les journalistes ont peu de temps pour enquêter et peu de place pour rendre compte des faits. De ce point de vue, un article du journal Le Monde est généralement moins réducteur que quelques minutes de reportage. Mais même en tenant compte de ces différences, le principe demeure. Le cadrage d’une question aussi vaste que celle des « banlieues », qui renvoie à des causes comme le chômage, les politiques urbaines, de transport, d’éducation, de sécurité, à l’immigration, à la décomposition de l’identité ouvrière est réduit dans les médias à quelques stéréotypes préétablis comme la dérive vers les ghettos à l’américaine, par exemple [14], le rajeunissement ou le durcissement de la violence. Cette volonté de simplification explique l’engouement pour les catégories explicatives sommaires (ou manichéennes), permettant d’attribuer bons et mauvais points, de désigner les « victimes » et les « coupables ».

 

La simplification s’accompagne également d’une tendance à la personnalisation des protagonistes. Que la focale soit mise sur une victime, sur un délinquant, sur un policier ou sur un juge, l’individu incarne le tout. Il symbolise l’ensemble des victimes, des délinquants des policiers ou des juges. Sa souffrance, sa méchanceté, ou son courage, sa résignation sont celles de tous ses homologues. Cette « écriture » renforce ainsi la proximité des faits et les rend bien plus réels qu’une explication abstraite. Elle fait primer l’émotion qui ressort du propos sur la froideur d’une analyse plus distanciée.

 

L’affaire de « Papy Voise » illustre de manière parfaitement caricaturale ce phénomène. Trois jours avant le premier tour de la présidentielle, le 18 avril 2002, un septuagénaire est agressé à Orléans. Selon son récit, deux « jeunes » auraient tenté de le rançonner avant de mettre le feu à son pavillon. Dans une campagne dominée par le thème de l’insécurité, ce fait divers est collectivement transformé en symbole. Comme l’indique ce journaliste : « le visage tuméfié du gentil vieillard tombait à pic. Comme si la fresque apocalyptique brossée toute l’année précédente, sur les écrans de télévision, avait besoin de l’image de la victime absolue, faible d’entre les faibles, un vieillard sans ressources, et naturellement dépourvu de toute méfiance, triplement faible, triplement victime, victime idéale [15] ». L’auteur supposé de cette agression (« un jeune maghrébin bien connu des services de police » selon la presse) a été ensuite innocenté par la justice et on apprit plus tard que « Papy Voise » fut condamné pour des faits qui entreraient directement dans la catégorie médiatique de « pédophilie »). Et les mea culpa postérieurs (renforcés par le traumatisme de l’accession de Jean-Marie Le Pen au second tour de l’élection présidentielle) n’empêchèrent pas la répétition à l’identique de ce qui peut être considéré comme une tendance lourde du traitement de l’information.

 

Ensuite, cette dramatisation est aussi l’un des procédés utilisés pour éviter le décrochage des publics. Titres, manchettes, photos, infographies en presse écrite, succession rapide des séquences et images choc à la télévision apparaissent comme autant de technologies visant à maintenir l’attention et, dans la logique de concurrence commerciale entre médias, à conquérir des publics. Or, certaines unités de police (comme les BAC) sont potentiellement pourvoyeuses d’images « choc ». Il suffit d’une course poursuite, d’une intervention un peu musclée, d’un jet de pierre, pour ramener des images, qui, montées et couplées avec une voix off auront l’effet recherché (ou du moins ceux qui se livrent à ce travail le croient-ils). L’exemple le plus abouti est sans doute l’émission Cops, diffusée aux États-Unis sur la chaîne Fox, dans laquelle des caméramans embarquent dans les voitures de police et suivent, caméra à l’épaule leurs interventions. S’ils sont moins « bruts » en France, ces reportages spectaculaires constituent une grande part de ceux qui sont présentés dans les magazines télévisés étudiés. Faciles à réaliser, ils ont l’avantage de concilier temporalité courte, images d’action et explication simple. Exactement le contraire de ce que pourrait être le traitement du travail d’un juge des enfants, d’un éducateur spécialisé ou d’un travailleur social, qui travaillent dans la durée, souvent sans résultats visibles et font coïncider causes sociales, familiales et personnelles.

 

Aux côtés de ces contraintes strictement professionnelles (ou du moins de ce qui est vécu comme tel), il ne faut sans doute pas sous-estimer la part d’attraction personnelle pour les actions spectaculaires des forces de l’ordre, que l’on observe chez certains journalistes (et notamment des journalistes d’image). Le sentiment que l’ordre ordinaire des choses est suspendu lors d’une « chasse » aux délinquants participe d’une forme de fascination dont certains chercheurs ne sont pas toujours exempts.

 

Et ceci d’autant plus que les institutions coercitives se prêtent assez facilement au jeu, allant parfois jusqu’à devancer les demandes. En mettant en scène leur lutte contre les formes de délinquance les plus visibles, ces reportages constituent en effet autant d’attestations publiques de l’action énergique de l’État (et de justification de l’utilité des forces de sécurité).

 

Laurent Bonelli


Un bon client : Alain Bauer


Alain Bauer incarne une sorte de figure-type de l’expert en sécurité. Outre le cumul de ces positions d’autorité, il possède trois atouts majeurs pour plaire aux médias : le sens de la formule, la mise en cause de « l’immobilisme » des administrations publiques et la disponibilité.

 

Le discours du consultant repose d’abord tant sur des « coups médiatiques » que sur des formules brèves et travaillées. « La France est plus criminogène que les États-Unis », assène-t-il contre toute vraisemblance dans Le Figaro (18 juin 2001) et sur les ondes de France Inter. « Nous vivons sous le règne des trois A : Aveuglement – Angélisme – Amateurisme (refus de voir un problème, exportation du problème et mauvais diagnostic du problème) » explique-t-il de conférence en plateau de télévision, de tribune de presse en émission de radio. Outre le caractère bref et percutant de ces formules (i.e. adaptées aux formats médiatiques), elles cadrent parfaitement sur le fond avec la mise en cause par les journalistes du traitement de « l’insécurité » par les pouvoirs publics. La cécité, les lourdeurs « bureaucratiques », les revendications « corporatistes » ne manquent en effet jamais d’être opposées aux « vraies » souffrances des gens.

 

L’invocation de « l’expert indépendant » donne à voir l’expression de leurs préjugés, en les plaçant sous la protection de son « autorité ». De cette manière, le rapport qu’il réalisa de sa propre initiative sur le temps de travail des policiers ne doit pas tant son succès à sa justesse (ses failles furent rapidement mises en lumière), à son « courage » (il fut fait avec l’aval du cabinet du ministre de l’Intérieur) qu’à l’image qui en fut donnée. En raison de dissensions internes au ministère de l’Intérieur, la polémique qui éclata conféra en effet à son auteur le statut de pourfendeur de la gabegie de l’institution policière. Catégorie médiatique dont certaines émissions télévisées (Combien ça coûte sur TF1) ou certains journalistes (François de Closets par exemple) se sont depuis longtemps fait les hérauts. Ajustés dans le fond et dans la forme, ces discours sont d’autant plus attractifs pour des journalistes qu’Alain Bauer n’est pas avare de ses interventions dans les médias. Comme il indiquait en entretien :

« Je refuse deux interviews sur trois parce qu’à force, ça n’a aucun sens et j’ai l’impression de rabâcher toujours la même chose. Ce que j’aime le plus, c’est plutôt la radio, des émissions où on a du temps. […] Sur l’affaire lilloise [16], là, j’ai fait deux télés, sept radios plus la BBC dans la même journée. Je le fais parce que je considère que c’est légitime, parce qu’on répond à la sollicitation, parce que le vide n’est pas une chose intelligente. […] De toute façon, une fois qu’ils récupèrent un expert, les journalistes se le refilent. Ils sont très gentils ; ils sont très partageurs. C’est-à-dire qu’il y en a beaucoup qui viennent par l’intermédiaire d’autres, qui disent : "Ah, ben Machin m’a parlé de vous". Et puis voilà. […] Comment vous voulez qu’un journaliste qui s’occupe de faits divers passe ses journées à dépiauter les statistiques. C’est pas son métier. Je le reconnais parfaitement. Notre métier à nous, c’est de lui dire : "Voilà ce qui se passe". Soit c’est un journaliste qui fait bien son travail et il dit : "Tiens, j’ai au moins un interlocuteur qui le jour nécessaire pourra mettre en perspective des choses" et il vient vous voir, soit il continue à raconter n’importe quoi gentiment » [17].

Notes

[1] Laurent Bonelli, La France a peur. Une histoire sociale de l’"insécurité", La Découverte, coll. « cahiers libres », 2008.

[2] Date du second tour des élections législatives, remportées par l’UMP et qui borne ce travail.

[3] Les reportages strictement consacrés à la police ont été écartés, pour éviter la surreprésentation logique des policiers parmi les invités qui en découlerait.

[4] « Quel remède à l’insécurité ? », 25 janvier 1999 ; émission du 11 décembre 2000 ; « La montée de la délinquance », le 12 février 2001 ; « Que faire des mineurs délinquants ? », le 11 juin 2001 ; « La violence des mineurs », le 3 décembre 2001 et « L’insécurité », le 13 mai 2002. Émissions auxquelles il faudrait rajouter celle du 5 novembre 2001 portant sur « Le malaise de la police française ».

[5] Il est probable que ceux dont les professions restent inconnues soient davantage liés au travail social ou à la vie des quartiers.

[6] E. Neveu, « Les émissions politiques à la télévision : l’impossible vulgarisation ? », Quaderni n°16, hiver 1991-1992, pp. 86 et suiv.

[7] Nombre de journalistes de premier plan, parmi lesquels certains présentateurs des émissions étudiées, ont ainsi pour partenaire des hommes politiques de premier rang. Sur les relations entre élites politiques, médiatiques et intellectuelles, voir S. Halimi, Les Nouveaux Chiens de garde, Liber-Raisons d’agir, Paris, 2005.

[8] S. Rouquette, L’impopulaire télévision populaire. Logiques sociales, professionnelles et normatives des palabres télévisées (1958-2000), L’Harmattan, Paris, 2001.

[9] Auxquelles il faudrait ajouter une interview présentée comme un reportage dans l’émission France Europe Express du 5 novembre 1997, animée par Christine Ockrent et consacrée à « L’insécurité dans la ville ».

[10] Elle sera publiée sous le titre Le Sentiment d’insécurité, Presses universitaires de France, Paris, 1993.

[11] Citons notamment Insécurité et Libertés, le Seuil, Paris, 1994, La Société incivile, le Seuil, Paris, 1996, Sociologie politique de l’insécurité, Presses universitaires de France, Paris, 1998, La Société d’hospitalité, le Seuil, Paris, 2000, La Délinquance des jeunes. Les 13-19 ans racontent leurs délits, le Seuil, Paris, 2001, Tolérance zéro ? Incivilités et insécurité, Odile Jacob, Paris, 2002.

[12] Le chercheur et les médias. Entretien avec Sebastian Roché, in A-C. Douillet et J-P. Zuanon, Quarante ans de recherche en sciences sociales. Regards sur le CERAT 1963-2003, Presses universitaires de Grenoble, 2004, pp. 167-177.

[13] Les arguments de Sebastian Roché seront développés au chapitre 11.

[14] L. Wacquant, Parias urbains. Ghetto, banlieues, État, La Découverte, Paris, 2006.

[15] D. Schneidermann, Le cauchemar médiatique, Denoël, Paris, 2003, pp. 63 et suiv.

[16] Affrontements dans le quartier de Lille-sud suite à la mort de Riad Hamlaoui, tué par un policier dans la nuit du 15 au 16 avril 2000.

[17] Entretien, 24 avril 2000. Cité dans P. Rimbert, « Les managers de l’insécurité »…, op. cit, pp. 272-273.

Repost 0
6 août 2012 1 06 /08 /août /2012 10:57

Lettre ouverte à Philippe Courroye, comédien et martyr (Syndicat de la magistrature)

Monsieur,

C’est avec beaucoup d’émotion que nous avons pris connaissance du vibrant plaidoyer pro domo que Le Figaro vous a offert de réciter dans ses colonnes le 24 juillet.

Ainsi, vous seriez la « victime d’une procédure d’exception », d’un « traitement inique » (et unique), point d’orgue d’une véritable « chasse à l’homme » orchestrée par « certaines organisations » dans le but de vous « lyncher ». Bigre ! Mais que font les défenseurs des droits de l’Homme ? Fort heureusement, votre « indépendance d’esprit », votre « force de caractère » et votre « ténacité », comme vous dites, vous permettent de faire face à cette épreuve atroce avec flegme, car vous n’êtes pas de « ceux qui subissent » ou « qu’on attelle » ou qui mettent « un genou à terre » ou qui cèdent aux « injonctions politiques ou syndicales », etc. Vous êtes, en effet, l’indépendance incarnée. Il est vrai que nous aurions pu nous en rendre compte plus tôt...

Ainsi, lorsque vous déjeuniez avec Jacques Chirac au domicile de l’homme d’affaires François Pinault quelques mois avant de requérir un non-lieu dans le dossier des emplois fictifs de la Ville de Paris (  cf. Le Monde , 16 mai 2009), vous militiez en réalité pour une justice indépendante et ouverte sur la société. De même, lorsque vous invitiez à dîner Nicolas Sarkozy, alors chef de l’exécutif (cf. L’Express, 12 novembre 2009), il est désormais clair que vous défendiez avec panache l’honneur des procureurs. Et vous poursuiviez ce combat courageux en acceptant de ce même Nicolas Sarkozy, qui vous donnait du « cher Philippe », les insignes d’Officier de l’Ordre National du Mérite (cf. L’Express , 12 novembre 2009).

C’est également votre « ténacité » qui vous a conduit, lorsque survint « l’affaire Woerth-Bettencourt », à concentrer vos forces contre un majordome indiscret et une comptable trop bavarde, à faire appel d’un supplément d’information embarrassant, à faire examiner les factures téléphoniques de plusieurs journalistes et de l’une de vos collègues et... à ne pas ouvrir d’information judiciaire, jusqu’à ce qu’il ne vous soit plus possible de faire autrement (Cf. Notre lettre ouverte au Conseil consultatif de juges européens » en date du 6 octobre 2010).

Autre illustration de votre remarquable « indépendance d’esprit »: cet enregistrement révélé par Mediapart dont il résulte que Patrick Ouart, alors conseiller pour la justice de Nicolas Sarkozy, était informé de la décision de classement sans suite que vous alliez rendre un mois plus tard concernant la plainte de la fille de Madame Bettencourt… Peut-être votre « force de caractère » avait-elle besoin du renfort de l’Elysée : même les héros ont leurs faiblesses.

A l’évidence, ces faits ont été très mal interprétés et nous devons aujourd’hui confesser notre aveuglement idéologique. De même avons-nous injustement toussé lorsque Le Canard enchaîné (du 8 avril 2009) a révélé que vous aviez dîné à votre domicile avec trois personnes directement concernées par des dossiers judiciaires parisiens intéressant le groupe Casino : Jean-Charles Naouri, PDG dudit groupe (et accessoirement employeur de votre épouse), Maître Paul Lombard, avocat de Casino, et Patrick Hefner, alors patron de la Brigade financière de Paris. Interrogé sur vos multiples aventures gastronomiques, vous aviez répondu : «Je déjeune et je dîne avec qui je veux». Ce qui dénote une farouche indépendance – et une sensibilité éthique à fleur de peau.

Certes, vous avez trouvé parfaitement normal d’être nommé procureur de Nanterre sans avoir jamais exercé dans un parquet de première instance et, surtout, contre l’avis du Conseil supérieur de la magistrature. Certes, nul ne vous a entendu protester contre la mutation-sanction par Rachida Dati du procureur général Marc Robert, annulée depuis par le Conseil d’Etat – celui-là même que vous saisirez (en invoquant le cas Robert ?) si le CSM valide le projet de la Chancellerie vous concernant. Certes, vous n’avez jamais réclamé de changement de statut pour les magistrats du parquet et, en particulier, vous n’avez pas jugé utile de signer la récente résolution de la Conférence nationale des procureurs de la République en ce sens (cf. AP, 8 décembre 2011). Mais il n’est jamais trop tard pour se révolter et dénoncer « un signal très négatif pour l’indépendance de la justice » ou une décision « politique ».

Il est vrai aussi qu’on vous dit fort peu présent au palais de justice de Nanterre et que la souffrance au travail est chaque jour plus palpable dans votre service.

Mais même un « grand magistrat » – pour reprendre les mots de votre avocat (cf. AFP, 20 juillet 2012) – ne peut pas être partout. Quant à vos collègues du parquet de Nanterre, ils peuvent bien demander leur mutation… De fait, ils sont de plus en plus nombreux à la souhaiter.

Vous êtes parfait, surtout ne changez rien. Lorsque vous déclarez « Je ne dis pas que je ne me suis jamais trompé – quel homme ne commet-il pas d’erreurs ? », vous faites bien de ne pas préciser lesquelles et de vous en tenir à cette clause de style, il n’est jamais bon de se remettre trop sérieusement en question. Vous risqueriez, sinon, d’épargner un peu l’institution judiciaire.

Lorsque vous êtes questionné sur le suicide d’un substitut dont vous étiez le supérieur, vous avez raison de vous retrancher derrière l’enquête sommaire du parquet de Créteil, d’accuser les syndicats de magistrats de « récupération abjecte » et d’occulter que, le 7 juin dernier, le Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) des Hauts-de-Seine a demandé, à l’unanimité des fonctionnaires et magistrats présents, qu’une inspection soit ordonnée à la suite de ce drame. La meilleure défense n’est-elle pas l’attaque et l’omission?

Qu’importe, au fond, que le Syndicat de la magistrature se soit gardé de toute conclusion hâtive, demandant seulement à son tour que toute la lumière soit faite (cf. Notre lettre ouverte à la garde des Sceaux en date du 20 juin 2012). On peut préférer l’ombre, après tout.

Qu’il nous soit permis, enfin, de vous remercier pour cette phrase magnifique : « Afin de préserver mon indépendance, je n’ai jamais été affilié à un syndicat ou à un parti ». Venant de vous, quel hommage ! Il appartient désormais au CSM – et à lui seul – de se prononcer sur le projet de mutation dans l’intérêt du service dont vous faites l’objet. Bien sûr, certains observateurs verront dans votre intention affichée de quitter la magistrature un chantage peu glorieux – et dans l’évocation d’une éventuelle « double peine » une ultime indécence, même si ce qui vous arrive n’est objectivement pas agréable ni facile à vivre. D’autres s’étonneront de vous voir dédaigner le poste d’avocat général près la Cour d’appel de Paris et se demanderont de quelle promotion vous rêviez. D’autres enfin trouveront honteux que le grand bénéficiaire d’un système vicié en devienne soudain le pourfendeur et se présente comme un bouc émissaire après avoir tant profité du pouvoir. Laissez-les donc à leurs médisances !

Bien cordialement,

 

Pour le Syndicat de la magistrature, Matthieu Bonduelle, président.


Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans SOCIETE
commenter cet article
6 août 2012 1 06 /08 /août /2012 10:47

06-08-2012

Projet de loi de finances rectificative pour 2012 : contribution exceptionnelle sur la fortune

Projet de loi de finances rectificative pour 2012

Première séance du jeudi 19 juillet 2012


Mme la présidente. L’ordre du jour appelle la suite de la discussion du projet de loi de finances rectificative pour 2012.(nos 71, 79, 77, 78)

Mme la présidente. Hier soir, l’Assemblée a poursuivi l’examen des articles de la première partie du projet, s’arrêtant à l’article 3.

Article 3

(…)

Mme la présidente. La parole est à M. André Chassaigne.

 

M. André Chassaigne. Cet article institue au titre de l’année 2012 une contribution exceptionnelle sur la fortune. Elle est d’un montant équivalent à ce qu’aurait dû être la contribution des ménages les plus aisés, si n’était intervenu l’an passé le tour de passe-passe particulièrement scandaleux orchestré par l’actuelle opposition. Cet article n’institue donc rien mais il restitue.


En quoi avait constitué ce tour de passe-passe ? En la suppression du bouclier fiscal, devenu, tel l’albatros échoué sur le pont du navire en perdition, un symbole d’injustice trop encombrant. Il fallait protéger « les plus pauvres » en substituant au bouclier fiscal un allégement de l’impôt de solidarité de 2 milliards d’euros. Ce tour d’escamoteur avait permis aux principaux bénéficiaires du bouclier fiscal, ceux dont le patrimoine excède 17 millions d’euros, de continuer dans les faits à bénéficier des mêmes réductions d’impôt voire de cumuler les avantages de la réduction de l’ISF avec ceux du bouclier fiscal, dont l’extinction était programmée sur deux ans.


Ce scandale était d’autant plus grand que, quelques mois après avoir amputé l’ISF de moitié, la majorité d’alors, qui pleure aujourd’hui sur le sort des travailleurs, décidait de nouvelles attaques contre le pouvoir d’achat des ménages modestes, avec le doublement de la taxe sur les contrats de santé des mutuelles et l’annonce d’une hausse de la TVA de 1,6 point ! Quelle indécence de l’entendre aujourd’hui !

 

Nous soutenons avec force la mesure que le Gouvernement nous propose aujourd’hui d’adopter. Nous espérons cependant qu’elle trouvera un prolongement dans le prochain projet de loi de finances, car l’ISF doit être profondément réformé, afin de mieux tenir compte du rendement moyen du capital, compris entre 3 et 4 %, et de remettre à plat l’ensemble des niches qui mitent littéralement cet impôt : l’abattement sur la résidence principale, qui est plafonné en pourcentage et non en valeur, le régime d’exonération des biens professionnels, qui mérite lui aussi un sérieux toilettage, les dispositifs d’exonération tel que le pacte Dutreil…

 

Nous aurons l’occasion d’évoquer, je l’espère, l’ensemble de ces questions à l’automne. Elles sont cruciales dans la perspective de la mise en place d’un ISF juste et rentable.

(…)

Compte-rendu intégral des débats sur le site de l’AN.

Pour en savoir plus : André Chassaigne - AC

Imprimer

Repost 0
6 août 2012 1 06 /08 /août /2012 04:11

Syrie : le PCF déplore l'échec de la mission Annan et appelle la France à reprendre le fil de la diplomatie

La démission de Kofi Annan de son mandat de médiateur pour l'ONU et la Ligue arabe est révélatrice de l'impasse dramatique de la crise syrienne. Malgré tous ses efforts pour maintenir la possibilité d'une solution politique et obtenir la fin d'un affrontement armé terriblement meurtrier et destructeur, la militarisation du conflit n'a cessé de s'accentuer en se muant en véritable guerre civile. Kofi Annan s'est heurté à une confrontation géopolitique régionale et internationale de grande dimension. Le Secrétaire général des Nations-Unies, Ban Ki Moon, a d'ailleurs appelé les grandes puissances à dépasser leur rivalités en déplorant explicitement une « guerre par procuration ».

Dans ce contexte, la mission de paix, initialement acceptée par tous est devenue impossible. Il revient maintenant à la France de prendre les initiatives nécessaires pour renouer le fil d'une diplomatie acceptable qui permette un consensus préservant la sécurité du peuple syrien et préparant un avenir démocratique pour le pays. 

Le PCF exprime son inquiétude et ses vifs regrets qu'une telle mission n'ait pas pu réussir. Plus la confrontation armée s'exacerbe, plus il sera difficile de garantir l'unité du pays et du peuple syrien dans un État de droit qui garantisse les libertés. Cette grave situation laisse la porte ouverte à une poursuite très préoccupante de la militarisation, des violences et même de règlements de compte et d'exécutions sommaires. Les troupes de Bachar Al Assad y puisent un insupportable prétexte pour continuer une répression criminelle et leurs offensives militaires massives. Même le camp palestinien de Yarmouk, proche de Damas, a subit un bombardement aux conséquences tragiques.

Il faudra pourtant qu'une solution politique intervienne et traduise réellement les aspirations légitimes du peuple syrien et sa volonté de voir les droits humains enfin respectés.

Le PCF réaffirme sa solidarité avec toutes les forces qui agissent pour la démocratie, la souveraineté et la dignité humaine en Syrie, pour la fin d'un régime de dictature incapable d'assurer un avenir à son propre pays.

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans INTERNATIONAL
commenter cet article
4 août 2012 6 04 /08 /août /2012 22:55

- le 3 Août 2012

 

Pacte budgétaire européen: le référendum a le vent en poupe

Des voix s’élèvent dans la majorité présidentielle contre une ratification sans consultation populaire du traité Sarkozy-Merkel, augmenté d’un timide volet sur la croissance. L’Élysée devra affronter le débat à la rentrée.

Tandis que François Hollande poursuit sa tournée téléphonique des dirigeants européens pour rassembler autour de lui les opposants à la ligne Merkel, des voix s’élèvent dans sa majorité pour refuser le Pacte budgétaire européen. Ainsi, le président du groupe Europe Écologie-les Verts (EELV) au Sénat, Jean-Vincent Placé, a déclaré qu’il voterait non au traité que le Parlement français doit ratifier fin septembre après avis du Conseil constitutionnel. « Je ne peux pas dire qu’il y ait assez d’avancées politiques pour que ce traité soit autre chose que ce qu’il a été prévu par Merkel et Sarkozy, c’est-à-dire un traité extrêmement austère et excessivement rigoureux », a détaillé l’élu écologiste, qui estime que cette position ne le met pas en marge de la majorité.

"Voter au canon"

« Je ne crois pas qu’une majorité soit des gens qui lèvent le bras quand le président de la République dit quelque chose », a-t-il dit, ajoutant : « J’espère que le président de la République ne souhaite pas que sa majorité soit là à voter au canon toutes ses dispositions. » « Le pacte de croissance va dans le bon sens », a-t-il estimé, saluant une « nouvelle donne depuis que François Hollande est là ». Il se démarque d’autres écologistes tel Pascal Canfin. Fin 2011, alors qu’il n’était pas encore ministre délégué en charge du Développement, le spécialiste de la finance dénonçait « l’impasse » du traité Sarkozy-Merkel, tout en suggérant de « faire en sorte que l’évaluation des projets de loi de finances nationaux par la Commission fasse l’objet d’une validation par le Parlement européen », actant donc l’abandon de souveraineté, souhaitant que l’Union européenne avance vers le fédéralisme.

Les amis de Benoît Hamon

Au sein même du PS, l’aile gauche se fait entendre. Après les Jeunes socialistes, la motion « Un monde d’avance » présente, en vue du prochain congrès du PS, une contribution qui appelle à ce que la ratification du traité, qui « engagerait l’avenir de notre pays aussi fortement que l’avait fait le traité de Maastricht », soit soumise à un référendum, rejoignant là le Front de gauche, mais sans remettre en cause la nécessité de réduction des déficits, souhaitant « adapter le calendrier afin que le modèle social joue son rôle d’amortisseur de crise ».

Le texte des amis de Benoît Hamon appuie là où ça fait mal, en rappelant les accents de la campagne qui a porté Hollande au pouvoir : « Ce fédéralisme européen sans démocratie fédérale (...) déciderait des marges budgétaires de chaque État membre. Exactement ce que François Hollande nous avait proposé d’affronter dans son discours du Bourget. » L’emploi du plus-que-parfait signe la crainte que l’engagement appartienne désormais au passé.

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans EUROPE
commenter cet article

BRUNO FORNACIARI

HPIM3303

Recherche

Texte Libre