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10 décembre 2015 4 10 /12 /décembre /2015 09:06
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8 décembre 2015 2 08 /12 /décembre /2015 13:53

Région > Douai et ses environs

Douaisis: Fabien Roussel et le Front de gauche ne sortent pas tête basse de ce scrutin

PUBLIÉ LE 07/12/2015

PAR JEAN-LUC ROCHAT

Dans le Douaisis, la liste Front de gauche conduite par Fabien Roussel, « L’Humain d’abord », réalise d’assez bons scores dans plusieurs communes, bien supérieurs aux 6,10 % récoltés dans le Nord.

Derrière le trio de tête Marine Le Pen, Xavier Bertrand, Pierre de Saintignon largement dominé par la candidate frontiste, que ce soit à l’échelle du Nord ou de la région, se place Fabien Roussel, le candidat du Front de gauche (FG). Bien distancé (6,10 % dans le Nord) et une division par deux si l’on compare aux résultats du 1er tour des précédentes régionales où la liste d’Alain Bocquet, candidat du Front de gauche, avait réuni 12 % des voix dans le département.

Mais M. Roussel a obtenu des résultats qui, dans le Douaisis, en partie, ne sont pas ridicules. À Waziers, grosse commune, il réalise son meilleur score, avec 33,10 % des voix, deuxième, mais pas si loin derrière l’intouchable Mme Le Pen (39,70 %). D’autres grosses communes, celles marquées à gauche, ou qui l’étaient encore il y a peu, lui réservent des scores très honorables dans ce contexte politique. 25,20 % à Guesnain, 17,40 % à Auby, 17,40 % à Masny, 16,80 % à Aniche, 15,70 % à Monchecourt, 15,40 % à Somain, 15 % à Fenain, 13,80 % à Lallaing, 12,20 % à Montigny. Dans ces villes, il est devant la liste de M. de Saintignon à l’exception de Fenain (égalité) et de Montigny.

Dans les communes plus petites, certains résultats sont aussi à prendre en considération : 29,30 % à Bruille-lez-Marchiennes, 27 % à Lewarde et plusieurs chiffres un peu supérieurs à 10 % (Arleux, Écaillon, Flines, etc.) On remarque par contre un 10,10 % décevant à Sin-le-Noble, un mauvais 6,30 % à Douai et des scores microscopiques, comme d’habitude, dans certaines des riches petites communes de la Pévèle (3,40 % à Aix-lez-Orchies, 4,60 % à Faumont, 5,30 % à Landas, etc.)

Mais globalement, Fabien Roussel et le Front de gauche n’ont pas à rougir de leurs résultats dans le Douaisis, dans la roue de ceux de MM. de Saintignon et Bertrand.

« Il s’en sort honorablement commente Freddy Kaczmarek, maire communiste d’Auby, car il souffrait de plusieurs handicaps. Il n’a pas la même notoriété qu’Alain Bocquet. En plus il n’y a pas eu de campagne électorale à cause des événements que l’on connaît. » Sans regret néanmoins sur l’absence d’entente pour partir avec le Parti socialiste à ces élections. « Impossible ! La politique de M. Hollande est de droite, il faut appeler un chat un chat. Et ce gouvernement a trahi son électorat et tracé la voie à ce nouveau succès du Front national. »

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8 décembre 2015 2 08 /12 /décembre /2015 13:42

Val MoRey

17 novembre, 09:57

UN TEXTE D'AKHENATON ...

" Il y a quelques jours, je regardais un documentaire dans lequel était interviewé un jeune homme qui participait à la fameuse "marche des beurs" en 1983. Un de mes fils, qui a 18 ans, me fit remarquer que ce jeune homme s'exprimait extrêmement bien, clairement et connaissait parfaitement son sujet. Je lui répondis que dans ces années là, les jeunes des quartiers étaient politiquement "conscientisés", qu'ils étaient capables de s'organiser au delà d'émeutes tiers-mondistes, et qu'ils pensaient en conjuguant tous les verbes avec "nous". Et pour moi, voilà le terrible changement auquel nos sociétés, principalement urbaines, doivent faire face : l'ultra-individualisme...

Et le 11 septembre 2001 a scellé le côté irréversible de ce changement, car le premier support culturel de notre pays qu'est la télévision a complètement basculé dans un flot d'informations tragiques et effrayantes, de publicités rassurantes et de téléréalité absurde. L'information se délecte de faits divers violents qui étaient cantonnés aux colonnes de la sixième page du journal local il y a 30 ans. Et tous les Français se disent," mon Dieu, que ce pays est devenu violent !". Violent ? Des aînés me racontaient l'autre jour comment ils se battaient dans les années 60, à 400 gars contre 400 bougres, ou à l'époque des "blousons noirs", comment le public s'affrontait à coup de chaises et de barres de fer pendant un concert de... Johnny ! Cela renvoie le grand méchant "gangster rap" français, si souvent décrié, dans la catégorie "musique pour enfants", si ça se passait aujourd'hui, ces "bastons" feraient la une du JT de 20 heures, et pour peu que les protagonistes soient des "caïds de cité - noirs - arabo - musulmans - armés jusqu'aux dents", on en aurait pour 6 mois...

Effectivement, les gamins des quartiers n'ont majoritairement plus aucune conscience sociale, ni politique. Ils veulent ressembler à "monsieur tout le monde", mais version riche. Car les formidables émissions télé qu'ils affectionnent leur rabâchent que l'apparence est primordiale, la forme l'emporte sur le fond. Du coup, ils veulent la femme avec la parfaite plastique, l'appart, la grosse voiture, les vêtements chers, et si possible: la rolex... Et si certains d'entre eux sont délinquants pour pouvoir accéder à leur idéal, ce ne sont pas des "robin des bois", ce sont des délinquants ultra-libéraux.

Ah... pour s'intégrer, ils se sont bien intégrés! Puis, lorsqu'ils s'aperçoivent que le modèle libéral ne fonctionne pas pour tous, ils partent en quête d'un idéal des origines, qu'ils ne connaissent pas pour la plupart, et le trouvent dans la voie des interprétations extrêmes car c'est la seule qui les valorise à leurs yeux, c'est la désintégration.

Dans tous ces changements de cap, les maître-mots sont "s'en sortir". Seul. Les réseaux sociaux sont là pour l'attester, tout comme les forums, les commentaires correspondent souvent à un gonflement de l'égo. Un quotidien coincé entre clics, buzz, tweets, et vues...

D'un autre côté, chez certaines personnes qui vivent un rêve gauchiste en habitant dans le 19ème à Paris ou au Panier à Marseille, qui vont aux "sardinades" comme les prolos, et qui nous distillent à nous les gens du Hip-Hop, des leçons de comportement à longueur de temps, on ne fait aucun effort pour cerner cette jeunesse. Puis vient la tarte, bien lourde, un dimanche, en rentrant chez soi, et on se fait voler son portable dans la foulée, les dangers du 19ème n'est-ce pas ? Ils étaient de gauche... jusqu'à l'agression.

Pour finir, dans cette France "profonde" ou on se jalouse, ou on vole la veste du petit camarade de son fils sur le portant de l'école maternelle tout en pestant contre les immigrés, ou on se délecte de voir des "stars" déchues de la télévision s'exploser dans une piscine en sautant de quinze mètres, on est convaincu que le pays sombre dans la violence. Oui, toute cette violence exhibée dans les médias est un formidable outil promotionnel, elle engendre la peur et la peur engendre la division, le désir de sur-consommation et la désignation de "l'autre" comme coupable d'une hypothétique situation critique. On s'isole, on essaie de "faire son trou" et les nouvelles valeurs télé-réalité-esques nous disent qu'on peut tricher, dénoncer, critiquer, faire des sale coups : c'est cool ! C'est le jeu ! Chacun sa mère comme on disait quand on était minots ! En bout de chaîne, les hommes et femmes politiques se sont adaptés à ce système, ils "squattent" les antennes radio, télé à tel point qu'on a le sentiment que c'est cela leur boulot finalement. Non, leur boulot c'est d'exécuter les tâches qu'ils ont promis d'accomplir quand ils ont été élus, à moins qu'ils ne travaillent depuis un bureau à BFM, i>Télé ou RTL... Auto-promo permanente... Il faut savoir se placer.

Dans tout ce chaos, je ne sais même pas ou me situer, je ne dis pas que je suis meilleur, je tombe certainement dans un de ces cas de figure parfois. Mais j'essaie de lutter contre, de penser au pluriel, éduquer mes enfants correctement, exprimer mon amour aux miens quotidiennement et faire des choses qui me semblent bien autour de moi constitue un premier pas. J'espère en tout cas, que notre beau pays dans les espoirs, les luttes et les épreuves qui l'attendent, conjuguera son futur avec "nous"..."

Akhenaton du groupe IAM

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8 décembre 2015 2 08 /12 /décembre /2015 12:23

Tout en devançant la gauche de 1.886 voix, la liste Calmels n’arrive en tête que dans six cantons et doit laisser au FN la prépondérance dans le Val de Thouet.

La droite aura beau jeu de revenir sur le découpage cantonal à Niort, où les trois entités ont placé la liste Rousset en tête des régionales, avec son meilleur score sur Niort 1. Mais la gauche, conduite en Deux-Sèvres par la Niortaise Nathalie Lanzi, n'a pas fait que réaliser le « triplé capitale », après des municipales malheureuses et des départementales largement contrecarrées. Elle est arrivée dimanche en tête dans sept autres cantons, confirmant son ancrage dans le sud Deux-Sèvres en y dépassant 40 % des exprimés à Paizay-le-Tort (Melle), Thorigné (Celles) et Fors (Frontenay-Rohan-Rohan), ainsi que, plus surprenant, à Saint-Jouin-de-Milly, dans un canton de Cerizay où la liste Rousset a fini à pratiquement 900 voix derrière la liste Calmels… et avec seulement 153 bulletins de plus que la liste frontiste. L'union PS-PRG doit se contenter de la 3e place du podium à Mauléon, avec un misérable 3,33 % à Ulcot et un passable 10,47 % à Saint-Maurice-
la-Fougereuse, en Gâtine, où le 1,85 % fait tache aux Forges, et dans le Val de Thouet, à l'image des 9,67 % à Assais-les-Jumeaux.

La droite devant, mais…

Avec 1.886 voix d'avance sur le tandem PS-PRG mais en tête dans seulement six cantons, l'entente LR-UDI-MoDem a dépassé les 40 % dans 31 communes – une sur dix ! –, assortis de la majorité absolue dans six d'entre elles, avec un étonnant 73,68 % à Pers, pourtant dans le Mellois. Plus classiquement, la droite républicaine a fait la différence dans les cantons de Bressuire, avec 40,86 % des voix à La Chapelle-Gaudin, de Cerizay, avec 44,15 % à Clessé, de Parthenay, avec 45,45 % à Adilly, de Mauléon (son meilleur score cantonal), avec 60 % à Ulcot, de Gâtine, avec 50,94 % à Oroux, et de Mignon et Boutonne, avec 39,58 % à Juillé. A l'opposé, la liste menée dans le département par la Niortaise Christelle Chassagne a fait chou blanc à Crézières (zéro voix !) et a obtenu un calamiteux 9,76 % à La Bataille, du Mellois.
Dimanche soir, Jean-Romée Charbonneau, tête de liste deux-sévrienne, pouvait se féliciter de la « conquête » du Val de Thouet, où le Front national a damé le pion aux deux listes majeures. Ce fut un véritable tir groupé, avec plus de 40 % à Marnes, Saint-Martin-de-Sanzay, Argenton-l'Eglise et Le Chillou et des scores les approchant à Pas-de-Jeu, Pierrefitte, Massais et Assais-les-Jumeaux. Le FN est devenu outsider dans les cantons de Mauléon et de la Gâtine, avec 39,02 % à Pressigny. A l'inverse, il n'a pas recueilli le moindre bulletin à Puihardy et ni atteint 7 % des suffrages à Xaintray, deux communes d'Autize-Egray. Ce match à trois, avec sept autres listes largement distancées, a pourtant connu une exception : Coutières, avec son maire écologiste Nicolas Gamache, tête de liste départementale, a offert à EELV pole position et majorité absolue (cas unique en Poitou-Charentes), avec 50,62 % des voix.

Daniel Dartigues

Régionales dans le Sud-Ouest : Olivier Dartigolles "meurtri mais combatif"

Publié le 08/12/2015 à 08h44 , modifié le 08/12/2015 à 08h52 par

Benoît Lasserre

Éliminé du deuxième tour, le chef de file du Front de gauche ne veut pas baisser les bras

BATS PASCAL

D

ouche froide pour Olivier Dartigolles et le Front de gauche, dimanche soir. Avec 4,85% des voix, la liste n'atteint pas les 5% indispensables pour pouvoir fusionner avec le socialiste Alain Rousset et donc siéger dans la future assemblée d'Aquitaine/Limousin/Poitou-Charentes. D'autant plus froide que les sondages attribuaient ventre 6 et 7% à l'élu palois. Pour lui comme pour d'autres candidats, les sondages se sont donc trompés. "Cela dit, ça ne m'avait pas tourné la tête, dit-il. depuis que j'ai fait campagne aux présidentielles avec Marie-George Buffet, je suis blindé."

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Sans rancoeur ni amertume, Olivier Dartigolles explique plutôt les raisons de son élimination par la présence de la liste La Vague Citoyenne. " Elle fait plus de 38 000 voix, il m'en manque 3000 pour passer les 5%. Cela dit, si les électeurs ont préféré voter pour cette liste que pour nous, c'est la démocratie et il n'y a rien à dire."

"Je devais m'attendre à un coup comme ça"

Rien à dire, pas tout à fait quand même... Car si Olivier Dartigolles salue le travail et la loyauté de ses partenaires du Parti de gauche, notamment en Limousin, s'il tient à remercier Jean-Luc Mélenchon pour le soutien qu'il lui a apporté et pour le coup de téléphone qu'il lui a passé dimanche soir, Olivier Dartigolles ne se prive pas de rappeler que des membres du Parti de gauche en Gironde étaient parmi les animateurs les plus influents de La Vague Citoyenne. "En me lançant dans la campagne, j'avais été prévenu par des copains girondins que je devais m'attendre à un coup comme ça."

Pas de regrets non plus sur l'alliance qu'il avait proposée aux écologistes et qui ne s'est pas concrétisée. "On avait des thèmes en commun mais les écologistes voulaient avoir leur propre liste. En tout cas, je suis très heureux pour eux qu'ils puissent siéger dans l'hémicycle."

Rousset a "fait le job"

S'il se dit "meurtri" par cet échec et aussi par le paysage politique français au lendemain du premier tour, Olivier Dartigolles n'en garde pas moins le souvenir d'une "magnifique campagne. Je suis surtout déçu pour toutes celles et tous ceux qui se sont impliqués à fond." Qu'Alain Rousset soit en tête ne le surprend pas. " Franchement, il faut dire qu'il a fait une très bonne campagne. Il a fait le job." S'il ne siégera pas à la Région, Olivier Dartigolles promet qu'il restera vigilant sur l'action du futur conseil Régional. "Mais être à l'extérieur, ce n'est pas pareil."

Et pour le deuxième tour ? " On verra. Mon message reste de toute façon le même : faire barrage à la droite et l'extrême-droite."

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6 décembre 2015 7 06 /12 /décembre /2015 12:05

https://youtu.be/DNz5St25nz4

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25 novembre 2015 3 25 /11 /novembre /2015 04:21

Mardi soir, sur Canal + , Manuel Valls invité du "petit journal" a indiqué que près de 20 000 peronnes étaient fichés "S" Tous ne sont pas des terroristes, disait-il, mais ils ont eu soit des comportements, soit des paroles, soit des relations avec ceux, qui , dans les mosquées "radicales" prônent l'Islam radical, ou ceux qui ont peu ou prou ont eu, ont, ou pourraient avoir des relations avec des organisations terroristes. Et de citer entre autres, le PKK. Yann Barthes, le "trublion" avec ces questions faussement dérangeantes, n'aura pas piper mot. Le PKK qui soutient les organisations qui combattent DAESH est assimilé à une organisation terroristes, tandis que les rebelles modérés proches de Al Nostra, et le gouvernement Turc, complice de DAESH sont adoubés par Paris,.Une fois de plus Manuel Valls retarde sur l'histoire qui s'écrit. François Hollande va-t-il confirmer les propos de son premier des Ministres ?

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24 novembre 2015 2 24 /11 /novembre /2015 09:54

André Chassaigne « Le caractère extrêmement grave de la situation »

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR ADRIEN ROUCHALEOU

LUNDI, 23 NOVEMBRE, 2015

L'HUMANITÉ

chassaigneassemblee.jpg

Photo : Joël Saget/AFP

Pour André Chassaigne, président du groupe communiste à l’Assemblée nationale, l’état d’urgence ne doit pas dissimuler « d’autres urgences ».

Quelles ont été les motivations de votre vote en faveur du projet de loi ?

André Chassaigne D’abord, nous avons pris en compte le caractère extrêmement grave de la situation avec toujours en tête que ce type d’attentats extrêmement meurtriers pouvait se reproduire. Nous avons pensé que des mesures exceptionnelles étaient justifiées parce qu’il s’agissait de mettre tout en œuvre pour arrêter les meurtriers, mais aussi démanteler les réseaux. Nous avons abordé ce débat avec la volonté chevillée au corps d’offrir la meilleure des sécurités à nos concitoyens, sans mettre en péril les libertés auxquelles ils sont, et nous sommes, tant attachés. C’est l’attente forte des populations que nous représentons. Dans les contacts que les députés ont, notamment dans leur circonscription, ils font part d’une exigence très forte de tout mettre en œuvre pour que les citoyens puissent voir leur sécurité garantie.

Enfin, notre décision s’est appuyée sur le texte lui-même. Même si les choses ont été faites dans l’urgence, nous nous sommes livrés à une étude approfondie du projet de loi, qui se place dans l’État de droit. Nous avons considéré que les mesures qui étaient proposées donnaient une garantie face à la question primordiale des libertés individuelles.

Bien sûr, nous avons tout à fait conscience que, même dans un cadre légal, l’état d’urgence restreint inévitablement certaines libertés. Mais, en l’occurrence, nous avons considéré que les garde-fous étaient présents dans ce projet de loi, notamment par sa limitation dans le temps (trois mois au maximum) et des garanties juridictionnelles, avec des voies de recours devant le juge administratif.

Dans le texte que nous avons voté, les voies de recours sont supérieures à celles qui figuraient dans la loi de 1955. Le juge des référés administratifs peut se prononcer rapidement et annuler des mesures prises.

Nous avons pris connaissance bien évidemment des appréciations des associations. Elles sont dans leur rôle et font fort justement part de leurs inquiétudes, notamment sur les libertés fondamentales. Mais ces prises de position portaient davantage sur la révision constitutionnelle que sur la prorogation de l’état d’urgence. Et nous l’avons dit et redit, ce que nous avons voté sur l’état d’urgence n’anticipe en aucun cas un vote similaire sur la révision constitutionnelle.

Le texte présenté mercredi par le gouvernement a évolué en séance par le biais d’amendements, certains provenant de la droite. Cela a-t-il modifié votre état d’esprit sur le texte.

André Chassaigne Il y a d’abord eu un changement positif. Une avancée que nous avons saluée concernant le contrôle parlementaire. La commission des Lois a établi un contrôle parlementaire, nous y reviendrons. C’est vrai que nous aurions pu aller plus loin et être plus exigeants dans un débat qui n’aurait pas été conduit dans l’urgence, avec la nécessité d’un vote conforme du Sénat.

Le texte a aussi durci les conditions d’assignation à résidence par une forme d’escalade sécuritaire, le gouvernement cédant sur certains points à la droite. Nous avons exprimé et réitérons nos inquiétudes sur ces évolutions.

Quant aux risques de dérapage, ils sont dans la définition même de ceux qui doivent être assignés à résidence, ainsi que dans la multiplication des perquisitions, effectuées parfois dans la démesure et la violence. C’est pour cela que nous sommes si attachés à un contrôle strict.

Être attentif à tout ce qui touche aux libertés, c’est dans notre ADN. Apporter notre soutien à la prorogation de l’état d’urgence, ce n’est pas quelque chose que l’on fait spontanément. Ce soutien a été décidé collectivement par l’ensemble des parlementaires du Front de gauche. Il a exigé de prendre en compte l’importance des enjeux et sans aucun doute du courage politique. Si nous n’avons pas considéré que les dispositions retenues étaient des atteintes démesurées aux libertés, c’est parce qu’elles sont limitées dans le temps, circonscrites dans un périmètre précis et contrôlées par le Parlement.

Le contrôle parlementaire prévu grâce à un amendement de la commission vous semble-t-il suffisant pour écarter tous risques d’abus ?

André Chassaigne En séance, le rapporteur de la commission des Lois a précisé ce que pourrait être ce contrôle : un rapport hebdomadaire sur la mise en œuvre de l’état d’urgence devant les commissions concernées de l’Assemblée nationale et du Sénat. À nous maintenant d’avoir suffisamment d’exigence pour que le rapport hebdomadaire ne soit pas qu’un ersatz de rapport, mais soit véritablement précis. Que l’on nous présente bien toutes les actions qui ont été menées dans le cadre de l’état d’urgence et leurs motivations. Les députés du Front de gauche seront en première ligne pour exercer cette mission de contrôle.

Mais nous appelons aussi à une vigilance citoyenne pour qu’il y ait des lanceurs d’alerte. Il faut que nous puissions être saisis si des citoyens constatent des abus. Nous ne devons pas en rester aux seuls comptes rendus du ministre de l’Intérieur. Pour conclure, je tiens à rappeler, comme nous l’avons dit dans notre intervention, que l’état d’urgence n’est qu’une réponse partielle à une situation qui dépasse nos frontières. D’autres urgences existent, notamment assécher les ressources de Daech et prendre pour cela, en France comme à l’international, les mesures nécessaires. Il faut également que l’intervention en Syrie soit désormais conduite sous l’égide de l’ONU, dans le cadre d’une coalition internationale qui soit la plus large possible. Enfin, et c’est au cœur de nos combats parlementaires, la priorité est aussi d’apporter dans notre politique nationale des réponses dans le domaine de l’éducation, de l’emploi et de tout ce qui touche au vivre-ensemble

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23 novembre 2015 1 23 /11 /novembre /2015 23:41

Par Roger Bataille

Relayé par les réseaux d’extrême droite il me semble...

"J'en ai marre d'entendre les gens (Jamel Debouze, Lambert Wilson et compagnie ) critiquer la Marseillaise à cause de cette phrase : « qu’un sang impur abreuve nos sillons »
On ne peut pas leur reprocher leur ignorance, et ça ne devrait pas être mon rôle de rappeler le sens, mais à l'Education nationale, lors des fameux cours d'éducation civique.
Avant de dire « beurk, c'est quoi ça, c'est raciste, c'est méchant » … blablabla …, il faudrait savoir ce qu’est le sang impur ainsi que les sillons.
> Alors explication de texte :
A l'époque, ce qu'on appelait le sang pur, c'était le sang des nobles qui, seuls, pouvaient prétendre au Pouvoir et à des fonctions d'officiers dans l'armée. Lors de la Révolution, et notamment de l'attaque des autrichiens, les nobles se sont enfuis et ne restaient donc que des "Sangs impurs" (Républicains), par opposition au "Sang pur" (royaliste). Au cri de la "Patrie est en danger", c'étaient des gens du peuple qui prenaient les armes pour combattre l'envahisseur et qui étaient disposés à verser leur sang pour la liberté.
C'est dans le même esprit qu'ont été composés le "Chant du départ" et plus récemment "Les africains". Et les sillons sont des tranchées creusées un peu partout dans la campagne et les champs, lors des sanglantes batailles.
> "Qu'un sang impur abreuve nos sillons" signifie donc que c'est notre "Sang impur" à NOUS, le peuple, qui nourrira nos terres.
En aucun cas il ne s'agit du sang de l'ennemi. Ce serait bizarre et incohérent quand même, de chanter que le sang de l'ennemi nourrit nos terres, nos sillons.
> On peut reprocher beaucoup de choses à la Marseillaise, notamment son esprit guerrier, mais pas le "Sang impur", désolé pour les incultes. A aucun moment de l'Histoire, la France n'a désigné ses adversaires en raison d'une notion raciste liée à la pureté du sang, notamment lors des guerres coloniales inspirées par des politiciens issus des "Lumières", comme les Saint- simoniens et les Francs-Maçons : la statue de la Liberté offerte à la jeune nation américaine illustre le propos... Méfions-nous de cette approche socio-libertaire et antimilitariste simpliste qui avance sournoisement pour adapter l'Histoire à sa guise !..

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20 novembre 2015 5 20 /11 /novembre /2015 10:05

Étiquetage/Régionales : Le ministre de l’intérieur récidive dans la manipulation politicienne

En mars dernier, lors des élections départementales, le ministre de l’intérieur avait été pris en flagrant délit de manipulation des étiquettes politiques des candidats. Fort de cette mauvaise expérience, nous avons interpellé par écrit le ministre, qui n'y a d'ailleurs jamais répondu.

C'est avec stupeur et indignation que nous avons pris connaissance de l’étiquetage des listes aux élections régionales. Il récidive dans la manipulation politicienne, l’arbitraire et le fait du prince : ainsi les listes de Front de gauche dans les Pays de la Loire et le Centre sont qualifiées arbitrairement de listes communistes, alors qu’aucune liste comportant des composants du Front de gauche ne leur est opposée. En PACA et Midi-Pyrénées-Languedoc Roussillon, les listes de rassemblement entre EELV et le Front de gauche sont dénommés bizarrement VECG. Dans le Nord-Pas-de-Calais-Picardie le ministère a décrété que le PCF, Ensemble et République & Socialisme, ne faisaient plus partie du Front de gauche et que leur liste était communiste. En Rhône-Alpes-Auvergne, c’est le PCF qui se voit exclu du Front de Gauche sur ordre de monsieur Cazeneuve et la présence de MRC est ignorée. L’engagement de citoyens investis dans la vie de la cité, de syndicalistes et d’associatifs est totalement méprisé par la classification du ministère.

Cerise sur le gâteau, toutes les listes du PS et de ses partis satellites obtiennent l’étiquette « Union de la gauche » alors qu’elles ne comportent ni les Verts, ni aucune composante du Front de gauche.

Pour redessiner à sa guise le paysage politique français, monsieur Cazeneuve et ses préfets seraient-ils aux ordres de la rue de Solferino plutôt qu’au service de la République ?

Monsieur Cazeneuve tente visiblement de faire perdurer la fiction d’un gauche dominée par l’hégémonie du PS et d’un PCF isolé, mais s’il lui reste un soupçon de souvenir de ses humanités, il devrait se rappeler que “Errare humanum est, perseverare diabolicum”.

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19 novembre 2015 4 19 /11 /novembre /2015 14:44

« Modifier notre Constitution sur injonction de Daech, c’est donner aux terroristes la victoire qu’ils espèrent »

PAR AGNÈS ROUSSEAUX 19 NOVEMBRE 2015

  • Comment lutter efficacement contre Daech et l’idéologie salafiste sans fouler du pied les principes du droit, sans renoncer à ce que nous sommes et avons bâti ? Quelles seront les conséquences sur notre démocratie déjà bien affaiblie de la révision de la Constitution et des mesures d’exception en préparation ? La réponse par les armes est-elle vraiment la seule possible ? Entretien avec le juriste Jean-Pierre Dubois, président d’honneur de la Ligue des droits de l’Homme, et secrétaire général adjoint de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH).

Basta ! : Les députés discutent aujourd’hui du prolongement de trois mois de l’état d’urgence. Quelle est votre réaction par rapport au discours de François Hollande devant le Parlement réuni en Congrès, le 16 novembre, après les attentats meurtriers ?

Jean-Pierre Dubois [1] : Nous faisons face à une situation exceptionnelle, qui appelle à des mesures exceptionnelles. Mais cela ne signifie pas des mesures d’exception. Cela suppose des moyens plus importants qu’en temps normal, avec la restriction de certaines libertés si cela est absolument nécessaire. Mais tout cela doit être décidé démocratiquement, et être accompagné à chaque fois de mesures de contrôle, politiques et judiciaires, pour éviter toute logique non-démocratique. De ce double point de vue, le discours du président de la République nous inquiète énormément. Le ton martial rappelle celui du président George W. Bush en 2001. Nous sommes dans une logique d’impuissance guerrière, avec d’autant plus de gesticulations qu’on ne sait pas quoi faire. La peur et la vengeance sont toujours des défaites de la raison. C’est normal que tous, nous ayons peur, mais nos responsables politiques doivent faire appel à la raison, ne pas être dans l’instantané et dans l’émotionnel.

Que pensez-vous des mesures proposées par François Hollande ?

Deux choses sont extrêmement inquiétantes. Premièrement, le fait de dire au Parlement : « Donnez-nous un blanc-seing pour trois mois et faites-le dans les trois jours. » C’est absolument impensable dans une démocratie normale. Ce qu’il faut faire dans les trois jours suivant les attentats, c’est que la police cherche les responsables et les mette hors d’état de nuire. On peut tout à fait comprendre que, dans l’urgence, nous ayons besoin de faire des perquisitions sans prendre les formes habituelles. Mais à condition que le contrôle judiciaire revienne le plus tôt possible, et qu’il soit réel. Réfléchir aux nouveaux cadres législatifs, aux nouvelles mesures juridiques que cette situation appelle, cela nécessite du temps et du débat ! Et ce n’est pas un homme seul qui peut le décider. Rien n’empêche par exemple que le Parlement se retrouve tous les mois pour décider s’il faut poursuivre l’état d’urgence ou pas. C’est un minimum de démocratie, sur lequel le président s’est malheureusement assis.

Deuxièmement, même s’il faut évidemment attendre d’en savoir plus, le contenu des mesures annoncées est aussi inquiétant. Tout le monde sait que la déchéance de nationalité, qui est une reprise des propositions de Nicolas Sarkozy sinon de celles du Front National, n’aura aucune efficacité. C’est absolument insensé, inadmissible. Est-ce qu’on lutte contre le terrorisme en disant à des gens « vous n’êtes pas complètement Français parce que vous avez aussi une autre nationalité » ? Ou bien est-ce qu’on est en train de créer des fractures entre les « Français de souche » et les autres, pour utiliser le vocabulaire de Marine Le Pen ?

Réviser la Constitution n’est pas une bonne idée, selon vous ?

Le Parti socialiste au temps de François Mitterrand voulait abroger l’article 16 de la Constitution [qui donne les « pleins pouvoirs » au président de la République en période de crise], et aujourd’hui le gouvernement veut le « perfectionner » ! Réviser notre Constitution sur injonction de Daech, c’est donner aux terroristes, aux assassins, la victoire qu’ils espèrent. Le but ultime de ces assassins n’était pas de tuer des gens – c’est ce qu’ils ont fait et c’est une horreur absolue : ils ne font pas cela parce qu’ils sont fous, ils le font pour obtenir ce que nos gouvernants semblent justement vouloir préparer. C’est-à-dire ce que Bush a fait aux États-Unis, cette stupidité politique de l’intervention en Irak, qui n’a fait que créer de nouvelles horreurs, de nouveaux réseaux terroristes. Nos gouvernants n’arrivent pas à sortir de cette logique, qui est non seulement contre-productive mais aussi destructrice de ce que nous sommes. C’est ce qui m’inquiète. C’est comme si on cherchait à faciliter le recrutement de nouveaux terroristes.

Sans faire de procès d’intention a priori, ce qui a été annoncé par François Hollande cette semaine est exactement le contraire d’une réponse démocratique acceptable. Dire que nous sommes dans une situation d’exception pour une durée indéterminée – qui pourrait durer cinq, dix ans ! – c’est renoncer à ce que nous sommes. C’est faire un cadeau incroyable aux assassins. Le Premier ministre de Norvège après la tuerie effroyable d’Oslo en 2011 avait déclaré : « Bien entendu nous ne changerons rien à ce que nous sommes ». L’inverse de notre gouvernement qui dit : « Bien entendu nous allons changer ce que nous sommes ». Nous devons choisir entre la ligne de la Norvège et la ligne de George W. Bush, qui a eu les conséquences que l’on sait.

« Nous sommes en guerre », martèlent nos dirigeants. La réponse « guerrière » apportée par le gouvernement avec les frappes aériennes, et cette forme de surenchère verbale, est-elle au fond un signe de notre impuissance, de notre vulnérabilité ?

Les discours martiaux sur le thème « On va tous les exterminer » ne sont rien d’autre que le masque de la peur. La panique est extrêmement dangereuse. Quand nos dirigeants ne savent pas quoi faire, ils prennent une posture guerrière, relèvent le menton et bombent le torse. Cela ne trompe personne et cela détruit ce que nous voudrions au contraire préserver. Nous savons tous que cela peut recommencer, qu’il ne faut pas beaucoup de moyens pour que des personnes prennent des ceintures d’explosifs et des mitraillettes et se mettent à tirer dans la rue. Il y a effectivement une peur terrible, contre laquelle il nous faut lutter.

Comment pouvons-nous lutter efficacement contre le terrorisme et l’idéologie salafiste, sans fouler les principes du droit ?

Il faut bien sûr traquer ces gens et les empêcher de nuire. Mais tant qu’il y aura la même logique à l’œuvre là-bas, il y aura les mêmes conséquences ici. Nous vivons dans un monde global. Il faut se poser les vraies questions : pourquoi Daech a-t-il autant de moyens ? Pourquoi est-ce l’organisation terroriste la plus riche au monde ? On le sait : Daech vend du pétrole. À qui ? Comment fait-on pour que cela s’arrête ? Sans cela nous continuerons à faire de nouvelles lois après de nouveaux attentats, et nous n’en sortions jamais.

Deuxième question : qu’est-ce que cherche Daech ? A convaincre de plus en plus de jeunes musulmans qu’ils sont les cibles de leur propre gouvernement. On nous parle de guerre civile, mais si la réponse aux attentats est de faire la guerre contre une partie de la population française, là encore nous faisons un cadeau à Daech, en facilitant leur recrutement. Il faut éviter de tomber dans leur piège, en dressant les gens les uns contre les autres.

La réponse politique rationnelle, c’est d’une part de bloquer leur tentative de construire un climat de guerre civile en France, et d’autre part de s’attaquer aux sources de la puissance de ce réseau terroriste là-bas. Et pas avec des bombardements qui font courir le risque de tuer des civils et d’augmenter le nombre de candidats de Daech. Mais en s’attaquant au nerf de la guerre, l’argent. Également en agissant sur ce qui a poussé des milliers d’Irakiens et de Syriens à se tourner vers Daech : l’injustice et les extrêmes violences qu’ils ont subies, les morts en Irak et en Syrie du fait de la guerre civile. Tant que l’on joue les sunnites contre les chiites et réciproquement, tant que l’on soutient des gouvernements comme l’Arabie Saoudite, cela continuera. Il faut cesser de financer indirectement ce que l’on combat, soit en achetant du pétrole soit en soutenant les gens qui sont des complices.

Cela suffira-t-il ?

Difficile de dire ce qui suffira. Je ne supporte pas l’idée qu’il pourrait y avoir une solution miracle, qui résoudrait 100% des problèmes. Mais il faut éviter les réponses imbéciles et se précipiter tête baissée dans le piège qu’ils nous tendent.

Au lendemain des attentats, le secrétaire général des Républicains, Laurent Wauquiez, a déclaré vouloir placer les personnes qui font l’objet d’une « fiche S » dans des centres d’internement. Que pensez-vous des propositions qui demandent un plus grand contrôle de ces personnes ?

Qui peut vraiment vouloir mettre 10 000 personnes dans des camps en France ? Car il faut le formuler ainsi, de manière concrète, pour sortir des grandes formules qui flattent l’idée de vengeance… Qui pense vraiment que cela pourrait servir à quelque chose ? Je ne sais pas si c’est de la peur ou du cynisme… Cette fameuse « fiche S » est un objet de fantasme. Il serait idiot de ne pas s’occuper de ces personnes en train de se radicaliser ou qui fréquentent des mosquées avec des prédicateurs fondamentalistes. Mais traiter des milliers de personnes comme des ennemis, c’est à coup sûr les transformer en terroristes potentiels. Exactement ce que veut Daech.

Il faut aussi se poser la question : pourquoi des gens qui sont nés, ont grandi, ont été éduqué ici, peuvent se tourner vers cela ? Qu’est-ce que cela nous renvoie en terme de désintégration de notre société ? Que produisons-nous à travers les discriminations, l’absence de toute perspective d’intégration sociale, la misère et les ghettos ? A travers le fait qu’il n’y a plus de réponses politiques organisées, de colère politique organisée – qui puisse s’exprimer par des mots et par des actes collectifs, et non par une violence suicidaire ? Quand cela n’est plus possible, des gens sont tellement déstabilisés qu’ils deviennent littéralement fous et sont prêts à tuer et à se tuer. Bien sûr, cela nécessite une effroyable instrumentalisation par des gens au Moyen-Orient. Mais aussi un terrain ici qui rend cela possible.

Si notre réponse est uniquement policière, nous aidons ce que nous voulons combattre. La réponse ne peut pas se résumer à des procédés de surveillance. Des parcours comme celui de Mohammed Merah et d’autres, si on les avait traités en amont et pas seulement en les mettant sur une fiche, beaucoup de choses auraient pu être évitées. Il faut les surveiller mais certainement pas les mettre encore plus à l’écart de la société.

Les mesures de surveillance généralisée, notamment avec la Loi Renseignementvotée au printemps, ont-elles montré avec ces événements leur inefficacité ?

Il y a en France une confiance aveugle dans les procédures de surveillance électronique générale. Mais nous gaspillons de l’énergie à côté de nos cibles. Nous consacrons des crédits gigantesques pour des systèmes qui analysent les communications de millions de personnes, alors que le « renseignement humain » serait probablement beaucoup plus efficace. Les communications SMS que l’on retrouve maintenant, tout comme les caméras vidéo, nous permettent de constater après-coup ce qui s’est passé. Les policiers, les services de renseignements ont besoin de pouvoir infiltrer des réseaux, c’est là qu’il faut mettre des moyens.

Le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble disait que pour lutter efficacement contre le terrorisme, il fallait traiter toute la population comme des terroristes potentiels. Non seulement c’est la mort de la démocratie, mais cela ne nous mène nulle part. Mais c’est un débat que les gouvernants essaient d’interdire, en nous disant qu’on se fait le complice des assassins si on ouvre ce débat. Il me semble que c’est pourtant en refusant ce débat qu’on fait le jeu des assassins.

L’ancien juge anti-terroriste Marc Trévidic explique que l’échec de la lutte contre le terrorisme n’est pas un problème de législation, mais un problème de moyens. Êtes-vous d’accord ?

Je suis d’accord avec lui sur l’essentiel. A la Ligue des droits de l’Homme, nous ne sommes pas des « angélistes ». Il faut évidemment faire du travail de renseignement, nous avons besoin d’action policière en la matière et cela nécessite plus de moyens. Mais dans le cadre de l’État de droit ! Il n’y a aucune raison de se comporter comme si on était en Russie ou en Chine. Ce n’est certainement pas en disant que grâce à des ordinateurs magiques, en surveillant 60 millions de Français, nous allons repérer les communications entre terroristes. Ce n’est pas une bonne méthode. Mais les méthodes plus ciblées, plus ingrates, c’est du travail à long terme, moins visible, et donc moins porteur politiquement.

Ces évènements tragiques et les réactions des responsables politiques font-ils le jeu du Front National ?

C’est un dégât collatéral. Mais madame Le Pen n’a pas grand-chose à dire, une partie des Républicains fait le travail pour elle. Et le gouvernement ne formule pas d’objection explicite aux propositions les plus dingues. Sur la question d’enfermer les « fiches S » dans des camps, nous en sommes au point où c’est Nicolas Sarkozy qui répond à ses amis Laurent Wauquiez et Christian Estrosi, « je ne veux pas un nouveau Guantanamo en France » ! Manuel Valls a vaguement bredouillé qu’il fallait que tout soit conforme à l’État de droit, mais il n’a pas été capable de dire que cette proposition est inadmissible.

Mais les stratégies politiciennes derrière tout cela sont sans importance. Ce n’est pas l’essentiel par rapport à ce qui peut arriver à notre démocratie. Nous vivons une crise du politique. Pour que des gens en viennent à se faire exploser pour faire un maximum de victimes, que le seul débouché à leur colère soit la haine aveugle, il faut quand même que toute réponse rationnelle, politique et collective soit bouchée, y compris dans leur tête. Je ne crois pas à la folie collective sans explication. Il y a certainement des gens fragiles ou qui deviennent incontrôlables, mais les passages à l’acte sont aussi le signe d’une crise. Il y a une absence d’intelligence et de principes qui malheureusement est contagieuse. C’était déjà le cas pour la crise des réfugiés.

Même s’il est dramatique – mais pas nouveau – que les réponses apportées soient démagogiques et purement sécuritaires, même si ce que je dis est assez pessimiste, il faut se rappeler que nous avons vécu des événements encore plus terribles. Et que des gens ailleurs vivent des choses encore bien plus terribles. Daech frappe d’abord des musulmans et les populations de sa région. Nous avons eu à Paris un échantillon de ce que vivent des gens au Moyen-Orient depuis des années, à une échelle beaucoup plus grande. Cela ne diminue pas l’horreur de ce qui s’est passé à Paris, mais il faut prendre cela en compte, et trouver des solutions pour y mettre un terme.

Propos recueillis par Agnès Rousseaux

Photo : CC The Apex Archive

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