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4 octobre 2015 7 04 /10 /octobre /2015 10:51

Colonnes ouvertes à Alain Hayot. Lettre ouverte à Monsieur Macron

Monsieur Macron vous nous prenez pour des ignares ne connaissant ni notre histoire ni le monde d’aujourd’hui. Le libéralisme n’est pas un perdreau de l’année. C’est une doctrine qui apparait dès le 17è siècle. Elle portera longtemps les idées des Lumières, de Voltaire à Rousseau, de Descartes à Diderot, de Montesquieu à Kant. Mais dès le 19è siècle, la bourgeoisie et le capitalisme affranchissent la doctrine libérale de ces pères fondateurs pour n’en retenir que la liberté du loup d’écraser la bergerie. Esclavagisme, colonialisme, exploitation ouvrière apparentent désormais le libéralisme à un impérialisme que Lénine qualifia de stade suprême du capitalisme. Il n’avait encore rien vu.

De quoi en effet le libéralisme est-il aujourd’hui le nom ? De la marchandisation à l’échelle de la planète de la nature et de l’humain, de la financiarisation de toutes les activités sociales dans un productivisme et un consumérisme dont la seule finalité est le profit ; de l’explosion des inégalités et de la précarité imposées à 99% de la population mondiale pendant que 1% se partage l’essentiel des richesses ; du contrôle et de la surveillance généralisé des individus ; de l’aliénation au moins-disant culturel uniformisé et formaté hors de tout esprit critique ; de la normalisation du travail soumis à un « management » des corps et des esprits ; d’une démocratie qui fonctionne comme un leurre car le vrai pouvoir est entre les mains d’oligarchies financières.

C’est cela le libéralisme. Pour affronter la fracture qui s’instaure entre lui et les peuples, il présente, tel Janus, un autre visage encore plus hideux, le national-populisme, sorte de néofascisme ou de néonazisme, qui n’est qu’une roue de secours destinée à préserver l’ordre établi. Quand on est de gauche, Monsieur Macron, on résiste au libéralisme et on lui oppose une autre vision de l’humanité, fondée sur des valeurs émancipatrices.

De quoi en effet la gauche est-elle le nom? Contre la concurrence et la recherche du profit, la gauche valorise la solidarité, la coopération et l’association entre les êtres humains ; contre l’idée que la liberté s’oppose à l’égalité, la gauche fait marcher du même pas liberté et égalité pour permettre à tous d’accéder à tous les droits ; contre l’érection de murs pour refuser d’accueillir ceux qui fuient la misère et la guerre provoquées par ceux-là même qui érigent ces murs, la gauche pratique la fraternité, la paix et la civilité, garantit la libre circulation des êtres humains et un co-développement équitable et durable des peuples et des territoires; contre le racisme et le sexisme, la gauche promeut l’égalité entre chaque personne quelque-soit son sexe, la couleur de sa peau, sa culture ou son origine ; contre leur privatisation la gauche fait des ressources de la nature et des services indispensables aux humains, des biens communs accessibles à tous ; contre la dictature technico-financière, la gauche revalorise la politique et la démocratie par l’exercice d’un vivre ensemble fondé sur une citoyenneté active du local au global.

Monsieur Macron, malgré votre jeunesse, vous appartenez au vieux monde qui se meurt. Il est vrai que le nouveau tarde à naître et que, dans ce clair-obscur, surgissent les monstres dont parle Gramsci. Mais cela ne justifie pas que vous ne fassiez plus la distinction entre la droite des oppresseurs et la gauche des opprimés. Mais sans doute avez-vous, dans ce combat de classes, choisi votre camp.

Alain Hayot (La Marseillaise, le 3 octobre 2015)

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2 octobre 2015 5 02 /10 /octobre /2015 14:17


N° 2983

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ASSEMBLÉE NATIONALE

CONSTITUTION DU 4 OCTOBRE 1958

QUATORZIÈME LÉGISLATURE

Enregistré à la Présidence de l’Assemblée nationale le 15 juillet 2015.

PROPOSITION DE RÉSOLUTION

tendant à la création d’une commission d’enquête chargée d’examiner la dette publique et les choix à opérer pour libérer la France de la pression des marchés financiers,

(Renvoyée à la commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire,
à défaut de constitution d’une commission spéciale
dans les délais prévus par les articles 30 et 31 du Règlement.)

présentée par

M. Jean-Jacques CANDELIER,

député.

EXPOSÉ DES MOTIFS

Mesdames, Messieurs,

Avec le Pacte de stabilité 2014-2017, le Gouvernement mène une politique d’austérité jamais vue en France. Les efforts demandés à la Nation, de l’ordre de 50 milliards d’euros, sont inédits. Les efforts d’économies seront supportés entre les différentes administrations publiques : l’État et ses opérateurs pour 18 milliards d’euros en trois ans, les collectivités territoriales pour 11 milliards d’euros, l’assurance-maladie à hauteur de 10 milliards d’euros et 11 milliards d’euros seront apportés par la protection sociale.

À ces coupes budgétaires s’ajoutent les contraintes découlant du semestre européen, à savoir, la planification pluriannuelle de la baisse du pouvoir d’achat des ménages par la précarisation du monde du travail, via l’adoption de réformes structurelles comme l’assouplissement des procédures de licenciement.

Les institutions de démocratie de proximité, les collectivités territoriales, pourtant faiblement responsables de la dette publique, sont visées. C’est la démocratie qui est remise en cause par l’austérité, alors que la politique doit commander l’économie et non l’inverse.

Les effets de cette saignée sont explosifs et lourds de conséquences sur les conditions de vie de nos concitoyens. Par son choix d’alléger les prélèvements obligatoires des entreprises sans aucune contrepartie pour l’emploi, tout en sacrifiant la qualité des interventions de l’État, des services publics et en rognant sur les droits sociaux, le Gouvernement nourrit la crise économique et sociale.

Les marchés financiers, les actionnaires, les grandes fortunes, eux, ne connaissent pas la crise. Alors que le pays n’a jamais été aussi riche, le chômage est au plus haut, les salaires, dans le public comme dans le privé, sont en berne, le recours aux emplois précaires devient la norme partout. La France est mise à genoux au nom de la compétitivité et de la dette.

Mais d’où vient la dette ? Quelle est sa source ?

Les pays de la zone euro sont empêtrés dans une crise budgétaire sans précédent et dont l’issue apparaît plus qu’incertaine. Depuis l’éclatement de la crise financière en 2008, la dette publique et privée des économies occidentales a connu une progression exponentielle.

Les origines de la crise de l’endettement des États européens sont multiples. Il est d’abord le fruit des risques irresponsables et inconsidérés pris, pendant des années, par des institutions financières, dont la rentabilité des activités, alimentée par la spéculation, s’est finalement effondrée, allant jusqu’à menacer la survie même des marchés financiers. L’intervention massive des États, en vue de garantir la stabilité financière de l’Europe, s’est faite au prix de la socialisation d’une crise financière privée et, in fine, d’un accroissement significatif de l’endettement public.

Les experts et responsables politiques libéraux qui refusent de s’attaquer aux vraies causes des 2 000 milliards d’euros de dette publique (93,6 % du PIB) s’accordent sur le même discours culpabilisateur : « le poids de la dette est insupportable pour les générations futures, il faut rassurer les marchés, les administrations publiques sont trop coûteuses, les élus gaspillent l’argent public, il faut supprimer les départements, regrouper les régions, réunir les communes au sein de grandes intercommunalités, généraliser les métropoles. »

Les pouvoirs publics auraient-ils gaspillé l’argent public en soignant les malades ? En éduquant et en formant la population ? En assurant la tranquillité publique ? En construisant des infrastructures sportives ou culturelles ? En assurant les contrôles sanitaires, douaniers et réglementaires indispensables ? Nous ne le pensons pas. Nous n’acceptons pas qu’au nom de l’alibi de la dette, soit remis en cause tout ce qui rendait encore vivables et civilisées nos sociétés, en France et en Europe.

Une étude a été réalisée par un groupe de travail du Collectif pour un Audit citoyen de la dette publique. La dette a-t-elle été contractée dans un but d’intérêt général, ou bien au bénéfice d’une minorité de privilégiés ? Qui détient la dette publique ? Peut-on alléger son fardeau autrement qu’en appauvrissant les populations ?

L’expérience historique récente montre que de nombreux pays, largement endettés, ont emprunté la voie de la restructuration, voire de l’annulation de tout ou partie de leurs dettes. C’est le cas, entre autres, de l’Allemagne (1953), la Pologne (1991), l’Équateur (2008) et l’Islande (2011). La renégociation de la dette de ces États leur a permis de prendre un nouveau départ, avec un rebond marqué de l’économie et la création de richesses.

Le discours dominant libéral ne résiste pas à l’examen des faits. L’augmentation de la dette de l’État – qui représente l’essentiel, soit 79 %, de la dette publique – ne peut s’expliquer par l’augmentation des dépenses dans la mesure où leur part dans le PIB a chuté de 2 points en 30 ans.

Si la dette a augmenté, c’est d’abord parce que tout au long de ces années, l’État s’est systématiquement privé de recettes en exonérant les ménages aisés et les grandes entreprises. Du fait de la multiplication des cadeaux fiscaux et des niches, la part des recettes de l’État dans le PIB a chuté de 5 points en 3 décennies.

Si l’État, au lieu de se dépouiller lui-même, avait maintenu constante la part de ses recettes dans le PIB, la dette publique serait aujourd’hui inférieure de 24 points de PIB (soit 488 milliards d’euros). De même, si l’État, au lieu de se financer depuis 30 ans sur les marchés financiers, avait recouru à des emprunts directement auprès des ménages ou des banques à un taux d’intérêt réel de 2 %, la dette publique serait aujourd’hui inférieure de 29 points de PIB (soit 589 milliards d’euros) à son niveau actuel. C’est parce que les taux d’intérêt ont souvent atteint des niveaux excessifs, notamment dans les années 1990 avec les politiques de « franc fort » préparant la mise en place de l’euro. L’effet « boule de neige » pèse encore lourdement sur la dette actuelle.

L’impact combiné de l’effet boule de neige et des cadeaux fiscaux sur la dette publique est majeur : 59 % du PIB, soit 1 077 milliards d’euros. Nous pouvons donc, en première approximation, dire que 59 % de l’actuelle dette publique proviennent des cadeaux fiscaux et des taux d’intérêts excessifs. Cette dette est illégitime. Si l’État n’avait pas réduit ses recettes et choyé les marchés financiers, le ratio dette publique sur PIB aurait été en 2012 de 43 %, et non de 90 % !

Le rapport d’audit citoyen propose aussi une évaluation des impacts des paradis fiscaux ainsi que de la crise financière de 2008 dans l’envolée de la dette publique. Il apparaît clairement que la dette publique a été provoquée par des politiques économiques largement favorables aux intérêts des créanciers et des riches, alors que les sacrifices demandés aujourd’hui pour chercher à la réduire pèsent sur les agents, les retraités et les usagers des services publics.

Il serait utile d’évaluer les conséquences de l’austérité imposée par les marchés financiers sur les recettes publiques, à travers leur effet récessif. Les coupes dans les dépenses publiques détriment la croissance et donc, les rentrées fiscales. Des travaux intéressants du FMI à ce sujet sont à prendre en compte.

Le rapport d’audit citoyen se conclut par une série de propositions destinées à alléger le fardeau de la dette (près de 50 milliards d’euros d’intérêts par an et plus de 100 milliards de remboursements) pour rompre avec le cercle vicieux des politiques d’austérité et financer les investissements publics dont l’urgence sociale et écologique n’est pas à démontrer.

Il nous apparaît très important de prendre le temps de définir les contours de la dette publique en évaluant de façon objective sa provenance, en réfléchissant aux préconisations pour la résorber.

On sait par exemple que les non-résidents détiennent 52 % de l’ensemble des titres émis en France (obligations d’entreprises, dette souveraine et actions), d’après une publication de la Banque de France au 31 mars 2014. Quels fonds étrangers détiennent la dette publique française ?

Pourquoi les États européens sont-ils obligés de s’endetter auprès des marchés financiers et des banques, alors que ces dernières peuvent emprunter à bas coût auprès de la Banque centrale européenne ? Quelle annulation partielle de la dette ? Quelle stratégie engager pour se libérer de la pression des marchés financiers ?

À titre d’exemple, la France bénéficie d’un taux élevé d’épargne des ménages, l’un des plus hauts d’Europe. Les voies de recours à l’épargne populaire interne existent donc. L’État pourrait définir les droits et les obligations des établissements bancaires acceptés comme intermédiaires entre les épargnants et lui-même, et financer son action en dehors des marchés financiers privés traditionnels.

Les citoyens méritent de savoir comment les richesses qu’ils produisent sont réparties et utilisées, et d’où provient la dégradation de nos finances publiques. Des solutions sont attendues par les citoyens pour sortir de la spirale infernale de la dette, créée volontairement et de manière idéologique pour affaiblir le rôle de l’État au profit d’une petite oligarchie financière.

Tel est l’objet de la présente demande de commission d’enquête.

PROPOSITION DE RÉSOLUTION

Article unique

En vertu des articles 137 et suivants du Règlement, il est institué une commission d’enquête de trente membres chargée d’examiner la dette publique et les choix à opérer pour libérer la France de la pression des marchés financiers.

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2 octobre 2015 5 02 /10 /octobre /2015 09:37

« Anciens et nouveaux « collabos ». Ils sont une offense à notre pays. Ils le déshonorent. | Page d'accueil

02/10/2015

Ambroise Croizat le bâtisseur de la Sécurité sociale

Ouvrier métallurgiste à treize ans, député communiste du Front populaire, il participe à l’élaboration, dans la clandestinité, du programme du Conseil national de la résistance qui débouche, à la libération, alors qu’il est ministre du Travail, sur la création de la Sécurité sociale.

« Jamais nous ne tolérerons qu’un seul des avantages de la sécurité sociale soit mis en péril. Nous défendrons à en perdre la vie et avec la plus grande énergie cette loi humaine et de progrès. »

Cette phrase, prononcée par Ambroise Croizat lors de son dernier discours à l’Assemblée nationale, le 24 octobre 1950 reste brûlant d’actualité à l’heure du détricotage des acquis et qui sonne comme un hommage à un parcours qui a fait du « bâtisseur de la Sécurité sociale », l’un de ceux qui ont forgé la dignité de notre identité sociale. Il faut rappeler ce chemin entamé un 28 janvier 1901, dans l’éclat des fours de Savoie ou son père, Antoine, est manoeuvre.

En cette aurore du siècle, dans la cité ouvrière de Notre-Dame-de-Briançon, on vit la misère qui court les pages de Germinal. Pas de Sécurité sociale, pas de retraite. L’espoir, c’est le père d’Ambroise qui l’incarne. Fondateur du syndicat CGT, il lance la première grève pour une protection sociale de dignité. Il l’obtient mais de vieilles revanches l’invitent à s’embaucher ailleurs. 1907. Ugine, autre grève, errance obligée vers Lyon.

C’est là qu’Ambroise prend le relais du père. à treize ans, il est ajusteur. Derrière l’établi, les mots du père fécondent : « Ne plie pas, petit. Le siècle s’ouvre… » Ambroise adhère à la CGT. à dix-sept ans, il anime les grèves de la métallurgie. Reste à faire le pas. Celui de Tours, ou il entre au PCF. « On le voyait partout, dit un témoin, devant les usines, au coeur d’une assemblée paysanne. Proche du peuple d’ou il venait. »

Antimilitarisme, anticolonialisme tissent les chemins du jeune communiste. 1927. Il est secrétaire de la fédération des métaux CGTU. « Militant ambulant », un baluchon de Vie ouvrière à vendre pour tout salaire. Commence un périple ou il anime les révoltes de Marseille et du Nord, tandis que sur le terreau de la crise germe le fascisme. « S’unir, disait-il, pas unis, pas d’acquis ! » Ces mots, il les laisse au coeur des luttes ou se dessinent les espérances du Front populaire.

En 1936, Ambroise est élu député du PCF dans le 14e arrondissement. Il impose la loi sur les conventions collectives. Présent à Matignon, il donne aux accords du même nom, la couleur des congés payés et de la semaine de quarante heures. Vient l’année noire, 1939. Arrêté le 7 octobre avec trente-cinq autres députés communistes, il est incarcéré à la Santé. Fers aux pieds, il traverse quatorze prisons avant de subir les horreurs du bagne d’Alger. Libéré en février 1943, il est nommé par la CGT clandestine à la commission consultative du gouvernement provisoire autour du général de Gaulle.

Là , mûrissent les rêves du La pl&ace Ambrouse Croizat se situe dans le 14è arrondissement de Paris, Conseil national de la résistance (CNR). La Sécurité sociale, bien sûr, dont le postulat colore le programme de mars 1944 : « Nous, combattants de l’ombre, exigeons la mise en place d’un plan complet de sécurité sociale vivant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence dans tous les cas ou ils sont incapables de se le procurer par le travail avec gestion par les intéressés et l’État. » à la tête d’une commission de résistants, Ambroise trace dès l’été 1943 les moutures de ce qui va devenir l’un des systèmes sociaux les plus enviés au monde. « Dans une France libérée, nous libérerons le peuple des angoisses du lendemain ! » écrit-il le 14 janvier 1944.

C’est cette réflexion collective, mûrie par François Billoux, ministre de la Santé, qui aboutit à l’ordonnance d’octobre 1945. Le texte écrit, reste à bâtir. Le chantier débute en novembre 1945, quand il est nommé au ministère du Travail. Centre trente-huit caisses sont édifiées en deux ans sous sa maîtrise d’oeuvre par un peuple anonyme après le travail ou sur le temps des congés. P. Laroque, technicien chargé de la mise en place du régime, déclarait en 1947 : « En dix mois et malgré les oppositions, a été construite cette structure solidaire alors que les Anglais n’ont pu mettre en application le plan Beveridge, qui date de 1942, qu’en 1948. Il faut dire l’appui irremplaçable d’Ambroise Croizat. Son entière confiance manifestée aux hommes de terrain est à l’origine d’un succès aussi remarquable. »

Rappelons combien le rapport de forces de l’époque permit la naissance de l’institution : un PCF à 29 % ; 5 millions d’adhérents à la CGT, qui a joué un rôle fondateur ; une classe ouvrière grandie par l’héroïsme de sa résistance. Là ne s’arrête pas l’héritage.

Ambroise laisse à l’agenda du siècle ses plus belles conquêtes : la généralisation des retraites, des prestations familiales uniques au monde, les comités d’entreprise, la médecine du travail, les statuts des mineurs et des électriciens et gaziers (cosignés avec M. Paul), la prévention dans l’entreprise, la reconnaissance des maladies professionnelles… « Jamais nous ne tolérerons que soit rogné un seul des avantages de la Sécurité sociale… »

Un cri répété demain, place Ambroise Croizat, pour que la Sécurité sociale ne soit pas une coquille vide livrée au privé mais demeure ce qu’Ambroise a toujours voulu qu’elle soit : un vrai lieu de solidarité, un rempart contre le rejet et l’exclusion. Ambroise meurt en février 1951. Ils étaient un million à l’accompagner au Père-Lachaise. Le peuple de France, « celui à qui il avait donné le goût de la dignité », écrivait Jean-Pierre Chabrol.

Michel Etiévent (*)

(*) Auteur d’Ambroise Croizat ou l’invention sociale et de Marcel Paul, Ambroise Croizat, chemins croisés d’innovation sociale. Livres disponibles auprès de l’auteur, 520 avenue des Thermes, 73600 Salins-les-Thermes (25 euros l’un + 5 euros de port l’unité).

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2 octobre 2015 5 02 /10 /octobre /2015 08:16

NON, NON, CE N’EST PAS LAROQUE MAIS CROIZAT !!!!!RETABLISSONS LA VERITE HISTORIQUE !!!!!5

.. Lors de l'hommage national du 70ème anniversaire de la sécu, entendez vous déjà à longueur de medias inféodés au pouvoir, (et ceci malgré l'énorme travail fait pour rétablir l'histoire) toutes les sirènes chanter que la sécu a été fondée par Pierre Laroque. Aurait t-on l’audace d’attribuer la paternité de la loi Veil a son obscur chef de cabinet ? Jamais ! ET ben là si ! Ce qui est curieux c'est que lorsque l'on évoque une loi, on lui donne toujours généralement le nom du ministre qui l'a promulguée et non du fonctionnaire qui a participé à sa mise en place: Ainsi dit-on :Loi Macron, Loi Juppé ou Loi Weil par exemple. Et bien non, là on vous dira loi Laroque qui n'était que le fonctionnaire de Croizat. Ben, tiens, on ne va pas donner à une institution enviée dans le monde entier et que socialistes, patrons et droite s’évertuent à casser, le nom d'un ministre communiste. Et puis quelle aubaine ! Cela permet d’effacer le rôle des ministres communistes qu’il l’on conçue et bâtie et de ce petit peuple d’ouvriers essentiellement CGT qui pendant 8 mois ont construit les caisses sur leur temps de congé et après leur temps de travail. Et tout cela rendu possible grâce au rapport de force de l’ époque (que l’on taira évidemment) et sans lequel nous n’aurions ni secu ni toutes les lois sociales. Ub rapport de force simple : 29 % des voix au PCF, 5 millions d’adhérents a la CGT, une classe ouvriere grandie par sa résistance, un patronat sali par sa collaboration.
Et pourtant c'est lui Ambroise CROIZAT, c’est lui le bâtisseur de ce beau conquis social de janvier 1946 à juillet 1946 alors qu'il était ministre du travail et de la Sécurité Sociale ( de novembre 1945 à mai 1947) , On vous parlera encore d’une création de De Gaulle... oui mais, voilà, De Gaulle avait déjà démissionné ( 15 janvier 1946) lorsque Croizat, après avoir conçu les lois créant la secu ( mai, juin 1946) ) , mit en place les 138 caisses avec la CGT et le peuple de France. (Malgré l’opposition violente de la droite, des assurances privées, des médecins, des patrons, des notables mutualistes, de la CFTC.)
De plus De Gaulle sera le premier à la casser en octobre 1967 avec les ordonnances Jeanneney qui suppriment les élections démocratiques des caisses, divisent la sécu en trois branches et établissent le paritarisme qui donne la gestion aux patrons.
Juste une petite vérité a rétablir: Pierre Laroque n'est que le commis d'écriture qui mit en forme l'ordonnance portant création de la sécu du 4 octobre 1945. Cette ordonnance est une émanation directe du CNR et de la réflexion et conception collective menée sous la maîtrise d'œuvre de Croizat dès sa nomination comme président de la Commission du Travail à l'assemblée consultative ( juin 1943) du Gouvernement provisoire à Alger. Et ceci en lien très actif avec les services du ministère de la Santé dirigé par François Billoux, autre ministre communiste, jamais évoqué lorsque l’on parle de la sécurité sociale.
Pierre Laroque ne prendra d’ailleurs ses fonctions qu’en septembre 1944. C'est sûr qu’il est difficile d'admettre la réalité de l’Histoire et surtout l'actualité brûlante et la modernité d'un homme comme Ambroise Croizat à l'heure où droite, patronat et socialistes veulent privatiser ce bien national qu'est notre belle sécurité sociale.
Le meilleur hommage que nous pouvons rendre à Ambroise Croizat est de nous battre sans cesse partout pour que la securité sociale ne soit pas une coquille vide livrée au privé mais qu’elle reste ce que Croizat et le peuple de France ont voulu qu’elle soit : un vrai lieu de solidarités, un rempart au rejet, à la souffrance et à l’exclusion

ET D’ETRE DANS LA RUE LE 8 OCTOBRE

Je ne serai pas malgré une invitation officielle, dans la cérémonie nationale du 70 eme anniversaire le 6 octobre à la Mutualité ( en plus !! quel scandale !) . Sachant qu’on refusera de me donner la parole pour rétablir l’histoire, je n’irai pas parader auprès de Marisol Touraine et Francois Hollande et tous ceux qui cassent la sécu…En espérant que le beau mouvement ouvrier en fera autant et sera plutôt par millions dans la rue le 8
Merci de partager abondamment

Amities a tous
MICHEL ETIEVENT

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1 octobre 2015 4 01 /10 /octobre /2015 08:08

INDÉCENT ! Les chômeurs ont besoin de travail pas d'être traqués

Le gouvernement a trouvé une idée géniale pour inverser la courbe du chômage : à défaut de créer des emplois, il va supprimer les chômeurs.

Plutôt que de traquer les chômeurs, poursuivons les entreprises qui touchent des fonds publics sans créer d'emplois. Baissons le coût du capital au nom de l'efficacité sociale, pas le « coût du travail ».

Le 8 octobre les salarié-e-s, manifesteront pour pour exprimer leurs attentes, leur exaspération grandissante face à une situation qui ne cesse de se dégrader et pour exiger une autre répartition des richesses qu’ils produisent.

FLIQUER NE CREE PAS D'EMPLOI

A dater du 28 septembre, Pôle Emploi met en place un nouveau dispositif de contrôle des chômeurs. Une brigade de contrôleurs vérifiera les démarches du demandeur d'emploi. Première sanction: 15 jours de radiation pour le premier manquement et, s'il se répète, six mois de radiation. Ce dispositif testé en Poitou-Charentes, a conduit à la radiation de 13 % de chômeurs. Le gouvernement a trouvé une idée géniale pour inverser la courbe du chômage : à défaut de créer des emplois, il va supprimer les chômeurs.

LES DIVIDENDES COMME OBJECTIF

Si les gens ne trouvent pas d’emploi, c’est simplement parce qu’il n’y a pas d’emploi, 5,5 millions de chômeurs sont inscrits pour seulement 320 000 offres disponibles sur le site de Pôle Emploi ! La majeure partie : des emplois précaires et sous payés. Avec des chiffres aussi misérables, comment peut-on demander de se justifier ? Les seuls emplois que créeront ces nouvelles mesures de contrôle seront les emplois de contrôleurs. Ces contrôleurs seraient plus utiles pour contrôler les milliards d'aides données aux entreprises soi-disant pour développer l'emploi et qui, en fait, ne servent qu'à améliorer leurs marges. 34 % d'augmentation des profits des entreprises du CAC 40 au premier semestre 2015. Quel-le salarié-e peut en dire autant ?

COUT DU TRAVAIL OU DU CAPITAL ?

Depuis des années, avec Sarkozy comme avec Hollande/Valls, nous n'avons droit qu'à un seul discours : il faut augmenter les marges des entreprises et réduire le « coût du travail ». C'est à dire bloquer les salaires, augmenter le temps de travail comme chez Smart, réduire les allocations et les retraites, chasser les demandeurs d'emploi.

Pour le PCF, il faut baisser le coût du capital au nom de l'efficacité sociale, plus aucun soutien public aux entreprises sans contrepartie chiffrée et contrôlable à l'opposé de la précarité. Il faut sécuriser l'emploi, la formation et les revenus des salariés et développer les services publics pour répondre aux besoins humains et de la planète.

LE 8 DANS LA RUE

Les organisations syndicales CGT, FSU et Solidaires appellent les salarié-e-s à une journée de mobilisation interprofessionnelle le 8 octobre prochain. Leurs revendications :

Augmenter les salaires, les retraites, les pensions, les minimas sociaux et le point d’indice des fonctionnaires

Promouvoir l’égalité salariale femmes/hommes

Améliorer les conditions de travail et réduire le temps de travail pour créer des emplois, combattre et réduire le chômage

Pérenniser et améliorer les garanties collectives

Pérenniser et améliorer la protection sociale, les retraites complémentaires, pour garantir les droits à la santé et à la retraite

Développer les investissements pour relancer l’activité économique en tenant compte des impératifs écologiques

Conforter et promouvoir les services publics

Les communistes et le Front de gauche seront mobilisés en soutien aux salariés en lutte.

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1 octobre 2015 4 01 /10 /octobre /2015 06:10

ONU / CUBA :

Discours du Président des Conseils d’État et des Ministres de la République de Cuba, Raul Castro Ruz, au Sommet des Nations Unies dédié à l'approbation de l'Agenda pour le Développement Post-2015.


NEW YORK, le 26 septembre 2015.
(traduction Michel Taupin)

Chers chefs d’États et de gouvernements,
Mesdames et Messieurs les chefs de délégations,
Monsieur le Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies,
Monsieur le Président,

L'instabilité dans de nombreuses régions prend ses racines dans la situation de sous-développement dans lequel les deux tiers de la population mondiale vivent.

L'Agenda pour le développement post-2015 semble être ambitieux, mais l'enthousiasme ne doit pas nous faire oublier les réalités.

Les progrès, quinze ans après l'adoption des Objectifs du Millénaire pour le développement, sont insuffisants et inégalement répartis. Ces réalités persistent, voire s'aggravent dans de nombreux cas, à des niveaux inacceptables de pauvreté et d'inégalité sociale, même dans les pays industrialisés eux-mêmes. La fracture entre le Nord et le Sud et la confiscation des richesses ont augmenté.

Nous notons que nous sommes encore très loin d'avoir un véritable partenariat mondial pour le développement. Pas moins de 2,7 milliards de personnes dans le monde vivent dans la pauvreté. Le taux global de mortalité infantile, chez les enfants de moins de cinq ans, est encore plusieurs fois supérieur à celui des pays développés. La mortalité maternelle dans les régions en développement est 14 fois plus élevée que dans ceux-ci.

Au milieu de la crise économique et financière actuelle, les riches et les sociétés transnationales sont de plus en plus riches et la pauvreté a considérablement augmenté comme les chômeurs et les sans-abri à cause des politiques cruelles dites "politiques d'austérité". Des vagues d'immigrants désespérés arrivent en Europe fuyant la pauvreté et les conflits que d'autres ont déchaînés.

Les moyens à mettre en œuvre à l'ordre du jour, sans engagements mesurables ni calendrier, ne sont pas à la hauteur des 17 objectifs de développement durable.

Si nous voulons un monde vivable, la paix et l'harmonie entre les nations, la démocratie, la justice sociale, la dignité et le respect des droits humains de tous, nous devrions prendre des engagements tangibles rapides en matière d'aide au développement et résoudre le problème de la dette déjà payée plusieurs fois.

Il faut construire une autre architecture financière internationale, éliminer le monopole des connaissances technologiques et modifier l'ordre économique international actuel.

Les pays industrialisés devraient accepter leur dette historique et exercer le principe de "responsabilités communes mais différenciées". On ne peut l'utiliser comme prétexte à un manque de ressources quand 1,7 milliards de dollars sont dépensés chaque année pour l'armement. Sans réduction de cette dette, le développement d'une paix stable et durable ne sera pas possible.

Monsieur le Président,

Le rétablissement des relations diplomatiques entre Cuba et les États-Unis, l'ouverture des ambassades et les changements que le président Barack Obama a évoqués sur la politique envers notre pays, sont une étape importante qui a obtenu le plus large soutien de la communauté internationale. Cependant, l'embargo économique, commercial et financier contre Cuba persiste depuis plus d'un demi-siècle, provoquant des privations au peuple cubain. Il est le principal obstacle au développement économique de notre pays, il affecte les autres nations par son application extraterritoriale et continue de nuire aux intérêts des citoyens américains et des entreprises. Cette politique est rejetée par 188 États membres de l'Organisation des Nations Unies qui exigent sa fin.

Néanmoins, Cuba a réalisé les Objectifs du Millénaire pour le développement et a offert sa coopération à d'autres pays en développement dans divers secteurs, et continue de le faire autant que nos modestes moyens le permettent.

Nous n'abandonnerons jamais la dignité, la solidarité humaine et la justice sociale, qui sont les convictions profondes de notre société socialiste.

Merci beaucoup

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30 septembre 2015 3 30 /09 /septembre /2015 19:58
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27 septembre 2015 7 27 /09 /septembre /2015 07:01
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24 septembre 2015 4 24 /09 /septembre /2015 08:42

Robert Clément

24 SEPTEMBRE 2000 : DRÔLE D'ANNIVERSAIRE ! LE QUINQUENNAT ADOPTE PAR REFERENDUM !
Le référendum du 24 septembre 2000 approuve le passage de 7 à 5 ans de la durée du mandat du Président de la République Le 5 juin 2000 Jacques Chirac, alors président de la République se prononce en faveur du quinquennat au nom des « exigences modernes de la démocratie », en excluant toute autre réforme institutionnelle. Quant au premier ministre Lionel Jospin, il rappelle « qu’il a toujours été en faveur de cette réforme et que c’est effectivement le moment d’agir ».

UNE ABSTENTION MASSIVE

La cohabitation bat son plein et l’organisation du référendum est menée au pas de charge. Il se déroulera le 24 septembre. Ses résultats tendent à montrer La confirmation d’une grave crise politique. Il sera marqué par une abstention record. La participation s’élève à 30,19%. Le « OUI » l’emporte avec 73,21%. Mais un électeur sur 5 se sera prononcé en sa faveur.

Cela ne fait aucun doute. Le quinquennat transformera la nature des institutions de la Vème République, renforçant encore davantage le « présidentialisme ». Les arguments développés pour justifier cette modification profonde de l’élection du président de la République sont partagés tant par la droite que le Parti socialiste. Ils peuvent être ainsi résumés : « Le septennat ne correspond plus au rythme de la vie démocratique, il convient donc de donne plus souvent la parole aux citoyens ». « Le quinquennat limite les inconvénients de la cohabitation ».

AGGRAVATION DE TOUS LES DÉSÉQUIBRES

Ainsi plutôt que de s’attaquer aux questions clés de la crise politique, la montagne accouchera du quinquennat, avec les graves conséquences que nous sommes à même de constater aujourd’hui. Les déséquilibres exorbitants dont souffre la Vème République favorisant à l’excès les pouvoirs de l’exécutif n’ont fait que s’aggraver. Il n’est pas inutile de rappeler ici quelle fut la position du PCF. Il avait alors dénoncé les dangers de la mise en place du quinquennat « sec » c'est-à-dire sans autres modifications de la constitution : « Le renforcement de la prédominance présidentielle », « l’atrophie du rôle du parlement » mais surtout « une accentuation de la bipolarisation de la vie politique ». Le bémol viendra du mot d’ordre alors décidé pour le référendum : « l’abstention active ». Contradiction flagrante à mes yeux, alors que la crise politique faisait déjà tant de dégâts. C’est ce qui m’a amené comme beaucoup d’autres communistes à voter « NON ».

VIème RÉPUBLIQUE, OUI MAIS LAQUELLE ?

Parfois il n’est pas inutile de jeter un coup d’œil dans le rétroviseur, de se reporter à des écrits, à des prises de position des uns et des autres. Particulièrement sur les questions institutionnelles et la démocratie. Où étaient-ils les censeurs en décembre 2005, eux qui reprochent aux communistes de traîner les pieds, alors qu’eux seraient les seuls à montrer le chemin. Je n’aurai pas la cruauté de rappeler où ils se trouvaient à cette époque.

Nous ne comptons plus le nombre de « politiques qui nous disent la nécessité d’en finir avec la Vème République. Il y a l’initiative de Jean-Luc Mélenchon avec la création de son mouvement « m6r ». Cécile Duflot croit aussi qu’il faut passer à la VIème République. Le PS n’est pas en reste. Claude Bartolone se dit favorable à « un nouvel équilibre incarné dans une VIème République. Même Xavier Bertrand « l’appelle de se vœux »

ALORS FOURRE-TOUT OU VÉRITABLE RÉVOLUTION INSTITUTIONNELLE ?

Il est tout d’abord utile de préciser que ce n’est pas par opportunisme que le Parti Communiste Français a porté un jugement négatif sur ces institutions. Il l’a fait en 1958 et sans discontinuer, accompagnant ces critiques de propositions pour les démocratiser. Il en est ainsi de sa revendication concernant la proportionnelle à toutes les élections. Tout le monde ne peut pas en dire autant. C’est en 2005 qu’il se prononce clairement pour une VIème République, en en définissant les contenus. Car là est bien la question. Ainsi pour Claude Bartolone, c’est un régime présidentiel, à un régime à « l’américaine que va ses préférences. Exit le premier ministre ! Quant à l’UMP on pense davantage à la « simplification du mille-feuille administratif ». Tout cela ne fait que trahir, au PS comme à l’UMP une inquiétude sur les doutes qu’expriment nos concitoyens sur le « politique » et sa capacité à répondre à ses attentes. Alors on fait « semblant » d’ignorer les véritables causes de cette crise démocratique.

LES CONTENUS DE LA VIème RÉPUBLIQUE QUE PROPOSE LE PCF

Certes s’attaquer aux institutions ou faire semblant peut-être un élément pour endiguer ce « désamour » et ces doutes. Mais l’autre plus essentielle et sûrement plus efficace serait de rompre avec ce refrain dominant selon lequel « un seul chemin serait possible » et que l’austérité serait une fatalité. C’est la raison pour laquelle il convient tout à la fois de dire quels seraient les contenus de la VIème République que nous proposons et l’alternative politique à construire. « Déclaration des droits fondamentaux et des droits de la personne, droits indivisibles : civils, politiques, économiques, sociaux, ou culturels s’appliquant à tous les résidents, services publics hors concurrence et obéissant aux principes d’égalité, de responsabilité et d’efficacité. Élargissement sous toutes ses formes de l’initiative citoyenne, citoyenneté de résidence, souveraineté populaire renforcée, proportionnelle généralisée à toutes les élections, durée des mandats réduits, élection POUR 5 ANS DU PRESIDENT DE LA RÉPUBLIQUE AU SUFFRAGE INDIRECT, citoyenneté à l’entreprise, droits d’intervention et de décision des salarié-e-s et de leurs organisations, indépendance de la justice…

DES PROPOSITIONS ALTERNATIVES

Mais ces propositions ne seraient rien si elles ne s’accompagnaient pas de propositions alternatives pour changer de cap, pour faire grandir l’idée qu’il est possible de faire autrement, qu’il existe un autre chemin que le choix de l’austérité et de la finance.

C’est dire l’importance que revêt l’invitation à écrire un projet d’émancipation humaine lancée par les communistes le 20 mai dernier. Une invitation qui vise à mobiliser les intelligences, les expériences au service de la gauche et de l’avenir de la France. Une démarche ouverte, constructive, offensive s’adressant à toutes celles et à tous ceux qui aspirent à se rassembler pour confronter leurs analyses, à donner corps à des propositions pour redonner des couleurs à l’envie de changer.

Robert Clément

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24 septembre 2015 4 24 /09 /septembre /2015 07:28

Contre l'austérité en Grèce et ailleurs : Un Fonds européen pour les services publics et un crédit des banques au service de l'emploi

Conférence de presse du 8 juillet à l'Assemblée nationale
Introduction de Fédéric Boccara


Commission économique
DEPUTE-E-S FRONT DE GAUCH
E Paris, le 7 juillet 2015

La Grèce veut rester dans l’euro, sortir de l’austérité. Elle en appelle à la solidarité des autres pays et peuples d’Europe face à la crise humanitaire que son peuple vit. C’est ce qui a été exprimé avec force par le référendum dimanche.

En réalité, sortir de l’austérité est un besoin commun à tous les peuples d’Europe, pas seulement ceux des pays du sud mais aussi la France et même l’Allemagne. En ayant accepté de renégocier avec la Grèce et en affirmant ne pas vouloir l’exclure de la zone euro, les responsables politiques actuels de l’Europe confirment à leur façon que nous sommes tous interdépendants. Au-delà, les pays d’Europe ne peuvent s’en sortir les uns au détriment des autres avec une guerre économique renforcée. Une solidarité de progrès et de coopération est nécessaire.

Désormais, c’est un débat de propositions qui s’ouvre. Certains continuent de parler de Grexit mais on reconnaît la nécessité d’un traitement au fond, soutenable, de la dette et de la croissance grecque impliquant la responsabilité de toutes les parties prenantes comme vient enfin de le reconnaître François Hollande. En effet, le cas grec est révélateur du besoin de commencer à changer l’Union européenne et la zone euro.

« Grexit or not grexit », le débat fait remonter un clivage gauche-droite. Nous ne voulons pas que la Grèce sorte de l’euro. Comme les Grecs, nous voulons aussi qu’elle s’arrache à l’austérité. C’est le sens de nos propositions, lesquelles permettraient de donner de la viabilité à moyen terme à l’ensemble de la zone euro et de l’Union européenne en faisant reculer l’emprise des marchés financiers.

Plusieurs constats s’imposent en effet.

► D’abord, l’austérité cela ne marche pas. Le recul de la croissance faisant diminuer les recettes publiques encore plus vite que les dépenses augmente ainsi le poids de la dette dans le PIB.

► Deuxième constat : l’austérité démolit encore plus le potentiel de croissance future et de développement. Car celui-ci repose sur les capacités et qualifications des hommes et des femmes, sur des services publics dynamiques (formation, recherche, santé, logement, transports..), repose sur des infrastructures de bonne qualité et sur des entreprises qui, en réalisant des investissements efficaces matériels et de recherche, créent des emplois correctement rémunérés, de qualité, et respectent l'environnement.

► Troisième constat : il est indispensable d’alléger le poids de la dette ainsi que les prélèvements des marchés financiers et du capital sur les économies européennes (intérêts des dettes, coûts des emprunts bancaires, dividendes, évasions et exonérations fiscales). Ils sont énormes. Au lieu de poursuivre dans l’obsession idéologique de la baisse du coût du travail, il appartiendrait à des dirigeants vraiment responsables de faire reculer ces coûts du capital !

► Mais, quatrième constat, alléger le poids de la dette sans changer le comportement quasi-parasitaire des banques ni agir sur les entreprises c'est reculer pour mieux sauter.

Il faut donc traiter le passé (la dette) et l’avenir (les nouvelles dépenses) dans toute l’Union Européenne, et pas seulement en Grèce, en s’appuyant sur nos potentiels communs pour les développer.

Précisément, le 22 janvier dernier, la BCE a annoncé mettre 1.140 milliards d’euros à disposition de la zone euro. En octobre dernier, elle avait lancé une série d'opérations de refinancement à long terme « ciblées » sur les investissements des entreprises, pouvant aller jusqu'à 1000 milliards d'euros. Cet argent est celui de tous les européens. Au lieu d’alimenter, comme aujourd’hui, les marchés financiers et la spéculation, il doit servir des buts de progrès économique et social.

Faute d'être fortement conditionnés par des objectifs chiffrés de développement des services publics et de l'emploi, les programmes de la BCE relanceront en fait l'inflation des marchés financiers et les délocalisations contre l'emploi et la croissance réelle.

Avec cet argent, il faut bien sûr restructurer la dette publique, l'annuler pour partie et alléger radicalement son coût. La BCE peut la racheter, y compris celle détenue par le FMI, mais sans conditionner son rachat à l'adoption de plans d'austérité par les pays émetteurs. Ceci est indispensable pour la Grèce comme pour les autres pays d’Europe. Par exemple, en France peut-on accepter que les seuls intérêts de la dette de l'ensemble des administrations publiques (47,5 milliards d'euros), soient l'équivalent du budget annuel de l'éducation nationale ? Traiter ainsi la dette apporterait une indispensable bouffée d’oxygène aux peuples d' Europe.

Mais il faut aussi s’occuper de l’avenir et des dépenses nouvelles. Il faut une réorientation efficace, sinon c’est la rechute dès demain. Cela nécessite de développer les services publics et d'inciter les entreprises à engager des investissements massifs mais efficaces, c'est à dire économes en moyens naturels, matériels et financiers et créateurs de valeur ajoutée très accrue disponible pour la promotion de toutes les populations et tous les territoires.

L’argent des Européens – l’euro – doit aller aux services publics et à l’emploi ! Pour cela quatre choses sont indispensables : un nouveau mécanisme précis immédiat pour les services publics ; une action ferme sur les banques pour qu’elles appuient l’investissement efficace créateur d’emploi au lieu de la spéculation et des délocalisations ; une vraie régulation financière ; la lutte contre le dumping fiscal et l’évasion au sein même de l’Europe. Il faut en outre des investissements massifs pour ré-hausser et ré-orienter le potentiel d’activité et de croissance de chaque pays.

C’est l’intérêt commun de tous les Européens, face à la déflation et face au déchirement humain et social qui nourrit l’extrême-droite.
Des voix s’élèvent en ce sens : la dernière déclaration de la confédération européenne des syndicats (CES), la récente déclaration du DGB allemand et de son président qui réclament une poursuite de la négociation contre le Grexit. En France, au-delà des organisations syndicales et politiques, plusieurs économistes parlent de plan d’investissement, voire de plan Marshall – de Robert Salais-Gabriel Colletis-Jean-Philippe Robé jusqu’à Thomas Piketty en passant par les « Économistes atterrés ».
Il s’agit pour nous de soutenir et de transformer à la fois la demande et l’offre en Europe, tout autrement que par les marchés financiers. C’est-à-dire par la création monétaire.

Il est du rôle de la France, en Europe et dans le monde, de mettre en discussion des propositions alternatives viables, hardies, réalistes et efficaces.

Bien sûr, il faut une conférence de la dette permettant une restructuration et des annulations partielles.

Dans le cadre de cette conférence, créer un Fonds européen de développement social et solidaire pour les services publics (école, recherche, santé, logement, …) comme nous le proposons avec nos camarades et amis du Parti de la Gauche européenne. Agissant de façon démocratique et financé par la BCE, ce Fonds financerait lui-même les dépenses des États européens pour développer les services publics à très bas taux. Ce financement est autorisé par le Traité de Lisbonne (article 123.2) qui interdit en revanche le financement direct des États par la BCE (article 123.1) ;

La BCE doit conditionner vraiment et autrement ses prêts aux banques. Il faut que les banques et les entreprises changent radicalement de comportement. Au lieu de leur prêter ses euros « à guichets ouverts » et sans conditions, la BCE a le pouvoir de conditionner son refinancement des banques à taux zéro à des crédits pour des investissements qui développent l’emploi, les recherches, les salaires, les conditions sociales. Elle a le pouvoir de refuser de financer la spéculation ou les délocalisations. Bref de baisser le coût du capital et non le coût du travail, pour permettre des dépenses d’efficacité nouvelle des entreprises.

Nous proposons la mise en place, impliquant notamment la Banque européenne d’investissements, d’un programme de soutien sélectif aux investissements des entreprises de la zone euro en faveur de l'emploi et de dissuasion de la spéculation. La sélectivité serait assurée moyennant un abaissement du taux d’intérêt des crédits pour ces investissements selon qu'ils programmeraient plus d'emplois et de formations correctement rémunérés et de progrès écologiques. Seuls les crédits finançant ces investissements bénéficieraient d’un accès aux refinancements à long terme ciblés de la BCE (TLTRO). À l’inverse, les crédits utilisés pour des placements financiers ou immobiliers seraient ne seraient pas refinancés par la BCE. Avec 100 milliards d'euros de bonification, ce programme pourrait faire levier sur 1.000 milliards d’investissements matériels et de recherche dans la zone euro.

Au total, sur les 1.140 milliards d'euros du « programme étendu d'achats de titres » de la BCE, nous proposons que 500 milliards soient consacrés au financement de ce fonds, 100 milliards à la distribution de garanties d'emprunts ou à des bonifications d'intérêts, 300 autres milliards étant réservés aux achats de titres publics les plus urgents.

Telles sont les quatre mesures que nous réclamons avec nos amis grecs de Syriza, et ceci pour l’ensemble des pays de la zone euro, voire de l’Union européenne.

La France, par la voix de son Président, F. Hollande, doit ouvrir sur ces propositions une discussion à la table des négociations européennes d’ici samedi prochain.

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BRUNO FORNACIARI

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