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29 juin 2016 3 29 /06 /juin /2016 19:08

Inventer l’Europe des peuples !

Inventer l’Europe des peuples !

Par Patrick Le Hyaric

Lundi, 27 Juin, 2016

L'Humanité

L'éditorial de Patrick le Hyaric Le choix souverain du peuple britannique doit être respecté sans chantage

Le choix souverain du peuple britannique doit être respecté sans chantage, sans menaces de représailles. Nous nous tiendrons à ses côtés dans le combat contre l’austérité renforcée, le chômage, la précarité et la pauvreté. Tenter de le punir pour en faire un exemple, comme ce fut le cas avec les Chypriotes puis les Grecs, ne ferait qu’attiser les tensions et les divisions. Si du feu de l’intégration capitaliste européenne ne doivent pas resurgir les pires nationalismes exacerbés par les guerres économiques, cela implique que les chefs d’État comme les institutions européennes prennent la mesure de l’ampleur de la faillite du projet austéritaire européen. Leurs volte-face, leurs postures, leurs proclamations et agitations ne feront pas oublier qu’ils l’impulsent, en dehors des attentes des peuples et contre eux.

Après les rejets exprimés dans les référendums grecs, néerlandais et français, le vote anglais signifie que la coupe est pleine ! Il bat en brèche la thèse selon laquelle l’intégration européenne serait irréversible. Fait nouveau de première importance qui va changer la nature de l’Union européenne et la perception qu’en ont les peuples. La demande d’une transformation profonde de la construction européenne et d’un changement radical des politiques nationales, qui en sont trop souvent des déclinaisons, est majoritaire en Europe. La refondation progressiste et écologique de la construction européenne à partir des aspirations populaires et démocratiques est donc posée avec force. Ceci pourrait se faire dans le cadre de grands forums citoyens avec les syndicats, les associations, les partis politiques, les comités économiques et sociaux, les Parlements. C’est dans ce foisonnement d’idées que pourrait être coélaboré un nouveau traité pour le progrès social, démocratique et environnemental. La Francedevrait se placer aux avant-postes d’une telle initiative d’ampleur.

Dans l’immédiat, tous les projets visant à traduire dans notre droit nationalles demandes européennes doivent être suspendus, à commencer par la loi de précarisation du travail, la directive « travailleurs détachés », le traité budgétaire, les déréglementations comme le quatrième paquet ferroviaire. Les 80 milliards d’euros que la Banque centrale européenne déverse chaque mois vers les banques privées doivent servir aux entreprises pour l’emploi qualifié, les salaires, aux services publics pour les biens communs. Les discussions sur les traités de libre-échange avec le Canada et les États-Unis doivent être interrompues.

Ces débats concernent d’abord les peuples, les travailleurs et ceux qui aspirent à l’être. L’élaboration d’un nouveau projet européen coopératif et solidaire, autour d’une union de nations et de peuples associés, souverains et libres, doit devenir une exigence incontournable alors que tous ceux qui conduisent l’Europe au bord du précipice se contorsionnent pour que rien ne change. Cette attitude est irresponsable et dangereuse. Elle fait le lit des extrêmes droites. Contre les nationalismes, il y a urgence à ce que convergent les aspirations des populations du continent pour que, dans l’unité, elles fassent plier les forces du capital.

http://www.humanite.fr/

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29 juin 2016 3 29 /06 /juin /2016 19:03

Contre l’insécurité sociale, une vraie loi travail !

JEUDI, 16 JUIN, 2016

HUMANITÉ DIMANCHE

edito_travail.jpg

AFP

Par Patrick le Hyaric. L'heure est à revaloriser le travail et non à l'intégrer dans le marché capitaliste pour le préssurer...

Nous avons donc raison ! La semaine dernière, trois économistes du département de la recherche du Fonds monétaire international ont sévèrement contesté les purges néolibérales à l’œuvre depuis la fin des années 1980. L’ouverture des marchés de capitaux, disent-ils, a considérablement augmenté les risques de crise financière au lieu de les diminuer. Les politiques d’austérité ont comprimé la demande et freiné l’activité. Bref, elles ont provoqué une insécurité économique et sociale.

Dans la foulée, un rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques s’alarme de la montée des inégalités et incrimine une politique démesurément obsédée par « la baisse du coût du travail », c’est-à-dire par la pressurisation des salaires.

Leurs mots sont choisis, soupesés, pour acter la défaite d’une stratégie de destruction des modèles sociaux qui laisse libre cours à la terrible « main invisible » du marché… capitaliste. Les mouvements sociaux qui ébranlent les pays européens, et singulièrement la France, auront fini de persuader ces apprentis sorciers à la fois de l’inefficacité économique des mesures imposées et des risques que fait courir leur cruauté sociale. Les économistes du Fonds monétaire international donnent un nom au système qu’ils critiquent : le néolibéralisme. C’est nouveau de leur part !

Le gouvernement devrait donc d’urgence tirer les leçons des impasses meurtrières de l’austérité et des déréglementations. En organisant un meeting pour critiquer les amendements de la droite sénatoriale à la loi de précarisation du travail, il ne rend pas plus présentable et acceptable son propre projet. Plus vite le pouvoir tournera le dos à cette doxa néolibérale inscrite dans tous les textes de recommandations des institutions européennes, mieux cela vaudra pour tout le monde et pour le pays.

Dans ses dernières recommandations toxiques, la Commission de Bruxelles appelle sans ambages à « donner plus de latitude aux entreprises pour adapter les salaires et le temps de travail à leur situation économique ». Elle souhaite également que « les dérogations par rapport aux accords de branche et aux dispositions légales générales sur l’emploi (soient) facilitées à travers la signature d’accords d’entreprise ». C’est toute la philosophie de l’article 2 de la loi Valls qui a été traduite de la novlangue bruxelloise contaminée par les certitudes néolibérales.

Les intérêts protégés du capital par des institutions politiques et financières, la conception d’un monde régi par les Bourses et ceux qui en détiennent les cordons empêchent nos sociétés de se projeter dans un projet moderne en accord avec les métamorphoses de notre époque qui demandent des citoyens et des travailleurs toujours mieux formés et mieux rémunérés.

L’heure est à revaloriser le travail et non à l’intégrer toujours plus dans le marché capitaliste pour le pressurer, le précariser, le déclasser. Une réforme progressiste moderne devrait tendre vers un droit du travail rattaché à la personne, et non plus à un emploi, dans le cadre d’un projet humain et plus efficace de sécurisation des parcours professionnels tout au long de la vie assurant à tous des progressions de qualification, de responsabilité et de rémunération. C’est l’invention d’un nouveau contrat de travail sécurisé, permettant de se former tout au long de la vie en fonction des métamorphoses industrielles, numériques, environnementales, biotechnologiques, en cours et aussi capable de répondre aux nouveaux besoins de la société comme ceux qu’induit le vieillissement de la population ou encore la participation à la vie associative et culturelle. L’enjeu du travail et du droit à la formation pour toutes et tous est donc à la confluence de l’entreprise, des services publics comme des quartiers populaires et de l’école. Toute la société serait ainsi tirée vers plus de coopération et de solidarité.

Le compte personnel d’activité, coquille quasi vide dans l’actuel projet de loi, pourrait être le ferment d’une sécurité sociale professionnelle constituée de droits individuels garantis collectivement. Cette sécurisation des parcours de vie se combinerait avec l’organisation d’une citoyenneté au travail, une nouvelle représentation salariale dans les lieux de décisions et de vrais pouvoirs d’intervention des salariés dans les orientations et les gestions des entreprises.

La robotisation et la révolution numérique qui s’accélèrent vont bouleverser beaucoup de choses. Il devient possible de réduire le travail répétitif pour des tâches plus complexes et attrayantes, avec des gains de productivité dont les salariés doivent être les principaux bénéficiaires, tant du point de vue de leur rémunération que de celui de la réduction de leur temps de travail.

On peut donc écrire une vraie loi travail ! Elle appelle un grand débat populaire pour un vrai projet ambitieux de développement humain, socialement et écologiquement durable, pour la France et l’Europe.

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27 juin 2016 1 27 /06 /juin /2016 12:06

Le PCF soutient la mobilisation sociale
et appelle à l’ampl
ifier

L’énorme manifestation du 14 juin a montré que la mobilisation contre la loi travail est plus forte que jamais. Le refus de voir pulvérisées les protections qu’ont gagnées les salarié-e-s grâce à leurs luttes et aux conquêtes politiques de la gauche continue d’être largement majo­ritaire dans une opinion publique acquise au soutien de ce mouvement. Ces mobilisations, les manifestations, les grèves et formes d’actions diverses utilisées par les salarié-e-s et les citoyen-ne-s, à l’appel d’un front syndical qui s’élargit et des organisations de jeunesse, sont totalement légitimes. Elles sont empreintes de la responsabilité, du refus de la violence et des provocations.

Alors que la mobilisation se poursuit depuis plus de quatre mois, l’opinion publique continue de la soutenir malgré les difficultés qu’elle entraîne, malgré les violences des casseurs en marge des défilés, celles de la police à l’encontre de manifestants pacifiques et du public et en dépit de la campagne haineuse contre la CGT. C’est que la population, les salarié-e-s, les jeunes n’acceptent pas cette fragilisation massive que l’on veut leur imposer, cette généra­lisation de la précarité et du dumping social contenues dans la loi El Khomri, dans un pays qui crée plus de richesses que jamais. La mobilisation a déjà payé, elle peut l’emporter. Le Parti communiste appelle à participer aux nouvelles mobilisations et à étendre la solidarité avec le mouvement et les actions grévistes.

Plutôt que de reconnaître la réalité de ce mouvement, le gouvernement et le président de la République s’enferment dans le déni, le mépris, l’autoritarisme pour faire passer en force leur projet. Incapables de trouver une majorité parlementaire, ils veulent renouveler l’utilisation du 493 pour empêcher le débat. L’opération qui consiste à laisser la droite faire le sale boulot au Sénat, malgré le combat offensif des seuls sénateurs et sénatrices communistes, a pour objectif de rendre acceptable auprès de l’opinion sa loi comme un moindre mal. Ils restent, malgré cette manœuvre, incapables de trouver un soutien populaire, ils mènent campagne contre la CGT et les syndicats, utilisent la division, le mensonge, la menace. Ils s’appuient sur les violences totalement condamnables des casseurs pour faire un amalgame odieux entre eux et les manifestants, entre les terroristes qui viennent de se livrer à d’abjects assas­sinats et la CGT. Ils menacent d’utiliser des armes inconstitutionnelles comme l’interdiction des manifestations. C’est inacceptable.

Le Parti communiste alerte l’opinion sur les dangers ouverts par l’attitude irresponsable du pouvoir. Cette attitude est totalement comptable du blocage que connaît le pays, blocage qui peut être immédiatement levé si le gouvernement suspend le débat parlementaire sur la loi travail et ouvre la négociation avec les syndicats. D’autres choix sont possibles. Nos parle­mentaires, au Sénat et à l’Assemblée nationale, mènent la bataille avec, sur toutes les ques­tions en débat, des contre-propositions. La loi El Khomri est la loi du Medef. C’est aussi une loi directement dictée par les institutions européennes. Pour combattre le chômage et le dumping social, nous avons besoin d’une loi de sécurisation de l’emploi et de la formation, d’une réduction du temps de travail, de lutter contre les coûts de la finance et du capital, comme celle qu’élaborent les parlementaires communistes.

L’entêtement du gouvernement est une preuve qu’il est aux abois, lâché par celles et ceux qui l’ont porté au pouvoir. Il provoque la rancœur, ouvre le risque d’une radicalisation, de fractures irréparables dans la société, de violences. D’une mise en cause de l’État de droit. L’obstination du gouvernement ouvre la porte à la droite extrêmisée et à l’extrême droite pour s’emparer du pouvoir dans moins d’un an et mettre en œuvre une politique de régressions sociales et démocratiques incommensurables. Devant cet immense danger, la mobilisation sociale en cours contre la destruction du Code du travail est une chance pour la France et pour la gauche. Face à l’autoritarisme du gouvernement, elle porte une logique d’espoir pour la défense des principes d’égalité et de solidarité, fondements de notre pacte républicain. Face à l’exploitation des peurs et des divisions de la société française, elle défend l’action collective des salarié-e-s, de la jeunesse, des citoyen-ne-s. C’est pourquoi, le PCF appelle à la soutenir et à se rassembler.

Le Parti communiste renouvelle l’appel à construire un nouveau Front populaire et citoyen. Il est temps d’ouvrir ensemble un débat populaire et citoyen pour définir un pacte d’engagements communs pour le pays ■

Censure, propagande et désinformation

Au JT de Pujadas, le 14 juin au soir, sur quinze sujets abordés, 13 parlaient d’un fait ignominieux.

Le crime de Magnanville, un quatorzième évoquait la manif d’un million de person­nes, « manif pas si réussie que ça » osait le bonimenteur, et le 15e sujet montrait des casseurs.

Tout sur le fait, rien sur la foule. Ainsi va l’info publique sous le règne de Hollande-Valls.

Dans les dernières années du Brejnev, à Moscou, les téléspectateurs soviétiques avaient coutume, quand arrivait le journal télévisé, de fermer le son, trop de propa­gande, trop de blabla, et ils remettaient le son en fin du journal, au moment de la météo !

Peut-être faudrait-il faire la même chose, couper le son quand s’affiche Pujadas ?

Reste, en ces temps de désinformation sans complexe et de médias alignés, un sujet de fierté : la Une de l’Huma du 15, colorée et heureuse, comme la manif de la veille ■

Italie défaite social-démocrate

« Et une de plus », serait-on tenté de dire après la gifle électorale infligée au « Parti démocrate » de Matteo Renzi, qui vient confirmer la lente agonie d’une social-démocratie noyée dans le marigot ultralibéral.

Cette défaite vient s’ajouter à une longue liste qui a déjà laissé sur le carreau nom­bre de leurs complices européens.

Les faits sont têtus : partout en Europe, les partis socialistes qui ont fait le choix de la rupture avec le progrès social, abandon­nant toute volonté de partage des richesses pour imposer des reculs sociaux par la force, ont été sanctionnés par les urnes. Partout, cette capitulation idéologique devant le capitalisme financier a conduit au naufrage.

t il n’y a aucune raison que ce long déclin de l’empire social-démocrate ne touche pas la France. D’autant que François Hol­ande et Manuel Valls mettent du cœur à l’ouvrage en s’acharnant à imposer, quoi qu’il en coûte au socle républicain, la loi dite « travail », grâce à laquelle le capi­talisme compte faire payer sa crise aux travailleurs.

C’est dire si l’échec de son « frère jumeau » italien devrait inquiéter Manuel Valls. Car le Premier ministre n’a jamais caché son admiration pour Matteo Renzi, celui qui a osé « bousculer pour réfor­mer ». Le chef du gouvernement italien aurait ainsi « révolutionné » le marché du travail avec le Jobs Act, cette muse de la loi El Khomri adoptée l’an dernier et elle aussi inspirée des « recommandations » de la Commission européenne, dont on con­naît l’efficacité des conseils avisés.

En imposant sans le vote de la représen­tation nationale une loi inspirée par la technocratie européenne, l’élève Valls a même dépassé le maître italien dans une parodie de bras de fer à la Thatcher.

Hollande et Valls pourront interdire les manifestations. Ils pourront même utiliser une nouvelle fois le 49-3 lors du retour du texte à l’Assemblée nationale. Mais la loi El Khomri s’annonce comme le chant du cygne d’un pouvoir voué à subir une défaite à la hauteur du désespoir qu’il a semé ■

Question migratoire les ONG critiquent l’UE

Après avoir négocié le renvoi de réfugiés en Turquie, l’UE compte « sous-traiter » à la Libye la question migratoire.
Pour protester, Médecins sans frontières ne veut plus percevoir de fonds europ
éens.

Une politique « honteuse » qui repousse « loin des côtes européennes les personnes et leurs souffrances ». Médecins sans fron­tières a tapé du poing sur la table pour dénoncer les décisions de l’Union euro­péenne vis-à-vis des migrants et des réfu­giés. Et l’ONG a lié les actes à la parole en annonçant qu’elle se passerait à l’avenir de financements européens, qui représen­tent pourtant près de 8 % de son budget. « L’Europe se focalise plus sur la dissua­sion que sur l’aide et la protection à apporter aux personnes qui en ont besoin », a expliqué son secrétaire général international, Jérôme Oberreit.

Comme d’autres associations, l’ONG dénonce les effets désastreux de l’accord passé avec Ankara, lequel prévoit le ren­voi de tous les nouveaux migrants arrivant sur les côtes grecques vers la Turquie et se cumule avec la fermeture des frontières européennes. Résultat : des hotspots, en Grèce et en Italie, gigantesques centres de rétention où des dizaines de milliers de personnes se trouvent coincées pendant des mois, « y compris des centaines de mineurs non accompagnés », dénonce MSF. Le nombre de migrants traversant la Méditerranée vers l’Italie, trajet encore plus périlleux, a explosé. La Péninsule a enregistré 4 118 arrivées entre le 6 juin et le 12 juin.

La réaction de MSF, soutenu par de nom­breuses ONG, vise surtout la volonté de la Commission européenne, validée par le Parlement le 8 juin dernier, de faire des copiers-collers de l’accord UE-Turquie avec d’autres pays tiers, en particulier en Afrique. Elle vise ainsi à imposer une réduction de l’aide au commerce et au développement de pays qui « n’endigue­raient pas la migration vers l’Europe ou qui ne faciliteraient pas les retours for­cés » de migrants irréguliers.

Et qu’importe si les pays à qui l’UE veut sous-traiter la gestion des frontières ne respectent pas les droits de l’homme ou sont de véritables zones de guerre. La priorité des dirigeants de l’UE, c’est aujourd’hui de signer un accord avec la Libye. Si les migrants survivent à la noyade, ils auront droit aux mauvais traitement des gardes-côtes libyens, aux détentions illimitée dans les centres de détention de ce pays.

Ces centres sont théoriquement gérés par le ministère libyen de l’Intérieur, mais dans la pratique, prévient Amnesty Inter­national, « beaucoup sont dirigés par des membres de groupes armés » et tortures et autres violences y sont légion.

« Le soutien de l’UE ne saurait contribuer à perpétuer les terribles violations des droits humains que les étrangers en Libye cherchent à fuir à tout prix » ■

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27 juin 2016 1 27 /06 /juin /2016 08:32

Le PCF appelle à la mobilisation massive les 23 et 28 juin

Après avoir envisagé d'interdire la manifestation contre le projet de loi Travail « El Khomri », prévue ce jeudi 23 Juin à Paris , le gouvernement vient d'autoriser celle-ci sur un parcours négocié avec les organisations syndicales.

C'est une victoire de la mobilisation et de la détermination des démocrates à faire respecter les libertés publiques fondamentales. L'interdiction aurait été une décision scandaleuse, injustifiée.

Après le passage en force du gouvernement au parlement pour imposer sa loi par l'utilisation de l'article 49-3, cette décision supplémentaire aurait été d'une extrême gravité. Le fait de l'envisager marque la dérive autoritaire du pouvoir. Il ne peut y avoir de débat démocratique si le droit de manifester est entravé.

Le pouvoir est minoritaire dans le pays. Il est incapable de dégager une majorité politique et parlementaire pour valider son projet de loi. Il choisit la politique de terre brûlée. Il prend la responsabilité devant le pays de créer un climat de tension.

Nous ne nous laisserons pas détourner de notre objectif : le retrait de la loi travail et des droits nouveaux pour les travailleurs pour une sécurisation véritable de l'emploi.

Nous demandons au Président de la République de suspendre le débat parlementaire afin de permettre l'ouverture de vraies négociations avec les organisations syndicales qui sont disponibles pour faire des propositions concrètes, porteuses de progrès social et de nouveaux droits.

Comme l'a demandé l'intersyndicale, le Président François Hollande doit « pour sortir de cette impasse, réunir les organisations syndicales et de jeunesse très rapidement ».

Les Parlementaires communistes, Front de gauche, à l'Assemblée nationale comme au Sénat continueront à porter ces exigences.

Nous appelons les salarié-es, jeunes, privé-es d’emploi et les retraité-es, les élu-es de la République à participer massivement aux manifestations des 23 et 28 juin et à la votation, organisée par les syndicats.

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Retrait de la loi Travail : le PCF soutient la mobilisation sociale et appelle a l'amplifier

►Pour faire passer cette loi rejetée par une large majorité de nos concitoyen-ne-s, contestée dans la rue, sur les places, dans les sondages et même à l'Assemblée nationale, le gouvernement envisage maintenant d'interdire les manifestations. Et prévoit un nouveau 49.3 début juillet.

►Le Parti communiste soutient la mobilisation sociale et appelle à l'amplifier pour gagner le retrait du projet. Cette mobilisation porte une grande aspiration politique qui doit s'imposer dans le débat et façonner l'avenir. C'est le sens de l'action des communistes. Voir la déclaration adoptée par le Conseil national du PCF (au verso).

Déclaration du Conseil national du PCF :
- Le PCF soutient la mobilisation sociale et appelle à l'amplifier -

L’énorme manifestation du 14 juin a montré que la mobilisation contre la loi travail est plus forte que jamais. Le refus de voir pulvérisées les protections qu'ont gagnées les salarié-e-s grâce à leurs luttes et aux conquêtes politiques de la gauche continue d’être largement majoritaire dans une opinion publique acquise au soutien de ce mouvement.

Retrait de la loi Travail

Ces mobilisations, les manifestations, les grèves et formes d’actions diverses utilisées par les salarié-e-s et les citoyen-ne-s, à l’appel d’un front syndical qui s’élargit et des organisations de jeunesse, sont totalement légitimes. Elles sont empreintes de la responsabilité, du refus de la violence et des provocations.

Alors que la mobilisation se poursuit depuis plus de quatre mois, l’opinion publique continue de la soutenir malgré les difficultés qu’elle entraîne, malgré les violences des casseurs en marge des défilés, celles de la police à l’encontre de manifestants pacifiques et du public et en dépit de la campagne haineuse contre la CGT. C’est que la population, les salarié-e-s, les jeunes n’acceptent pas cette fragilisation massive que l'on veut leur imposer, cette généralisation de la précarité et du dumping social contenues dans la loi El Khomri, dans un pays qui crée plus de richesses que jamais.

La mobilisation a déjà payé, elle peut l’emporter.

Le Parti communiste appelle à participer aux mobilisations des 23 et 28 juin prochains et à étendre la solidarité avec le mouvement et les actions grévistes.

Plutôt que de reconnaître la réalité de ce mouvement, le gouvernement et le président de la République s’enferment dans le déni, le mépris, l’autoritarisme pour faire passer en force leur projet. Incapables de trouver une majorité parlementaire, ils veulent renouveler l'utilisation du 49 3 pour empêcher le débat. L'opération qui consiste à laisser la droite faire le sale boulot au Sénat, malgré le combat offensif des seuls sénateurs et sénatrices communistes, a pour objectif de rendre acceptable auprès de l'opinion sa loi comme un moindre mal. Ils restent, malgré cette manœuvre, incapables de trouver un soutien populaire, ils mènent campagne contre la CGT et les syndicats, utilisent la division, le mensonge, la menace. Ils s’appuient sur les violences totalement condamnables des casseurs pour faire un amalgame odieux entre eux et les manifestants, entre les terroristes qui viennent de se livrer à d'abjects assassinats et la CGT. Ils menacent d’utiliser des armes inconstitutionnelles comme l’interdiction des manifestations. C'est inacceptable.

Les bloqueurs, ce sont Hollande, Valls et Cazeneuve

Le Parti communiste alerte l’opinion sur les dangers ouverts par l’attitude irresponsable du pouvoir. Cette attitude est totalement comptable du blocage que connaît le pays, blocage qui peut être immédiatement levé si le gouvernement suspend le débat parlementaire sur la loi travail et ouvre la négociation avec les syndicats.

D'autres choix sont possibles

Nos parlementaires, au Sénat et à l'Assemblée nationale, mènent la bataille avec, sur toutes les questions en débat, des contre-propositions. La loi El Khomri est la loi du Medef. C'est aussi une loi directement dictée par les institutions européennes. Pour combattre le chômage et le dumping social, nous avons besoin d'une loi de sécurisation de l'emploi et de la formation, d'une réduction du temps de travail, de lutter contre les coûts de la finance et du capital, comme celle qu'élaborent les parlementaires communistes.

Un pacte pour un Front populaire et citoyen

L’entêtement du gouvernement est une preuve qu’il est aux abois, lâché par celles et ceux qui l’ont porté au pouvoir. Il provoque la rancœur, ouvre le risque d’une radicalisation, de fractures irréparables dans la société, de violences. D’une mise en cause de l’État de droit. L’obstination du gouvernement ouvre la porte à la droite extrémisée et à l’extrême droite pour s’emparer du pouvoir dans moins d’un an et mettre en œuvre une politique de régressions sociales et démocratiques incommensurables.

Devant cet immense danger, la mobilisation sociale en cours contre la destruction du Code du travail est une chance pour la France et pour la gauche. Face à l'autoritarisme du gouvernement, elle porte une logique d'espoir pour la défense des principes d'égalité et de solidarité, fondements de notre pacte républicain. Face à l'exploitation des peurs et des divisions de la société française, elle défend l'action collective des salarié-e-s, de la jeunesse, des citoyen-ne-s. C'est pourquoi, le PCF appelle à la soutenir et à se rassembler.

Le Parti communiste renouvelle l’appel à construire un nouveau Front populaire et citoyen. Il est temps d’ouvrir ensemble un débat populaire et citoyen pour définir un pacte d’engagements communs pour le pays.

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27 juin 2016 1 27 /06 /juin /2016 08:30
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27 juin 2016 1 27 /06 /juin /2016 07:53
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27 juin 2016 1 27 /06 /juin /2016 06:57

Il n'aura pas fallu attendre longtemps pour que le "PCF"des Deux-Sèvres (entendez les responsables de la fédération) s'émancipent de la politique définie quelques jours plus tôt à Aubervilliers après des débats démocratiques de plusieurs milliers de communistes et approuvée par 81ù des congressistes.. On peut douter qu’elle en ait reçu le mandat des communistes, qui, pour la plupart désertent les instances fédérales. D’ailleurs la publication de l’état d’organisation comme le nombre des cotisants n’a pas été publié, pas plus que le nombre de votants sur les textes proposés au congrès.

L’on ne s’habituera jamais à l’absence de démocratie dans notre parti communiste. Le refus (écrit) du nouveau dirigeant fédéral Brun Bonin (dont on ne connaît pas non plus les modalités de son élection) de remettre la carte 2016 à plusieurs communistes du département, confirme le déni démocratique qui préside à la fédération du PCF qui mute en une fédération du PG financée par les communistes.

Nous sommes plusieurs à refuser la dérive gauchiste du parti qui conduit à une impasse et à soutenir la stratégie adoptée par la très grande majorité des communistes.

L'organisation du PCF dans les deux-sèvres se restreint et se cantonne à Niort laissant un désert militant dans le reste du département. De nombreux communistes restent à la marge et dans l’attente de débats dont sont exclus les opposants à cette dérive. L’exclusion est de mise et constitue le fil rouge de "dirigeants" plus soucieux d'arrangements électoraux avec le PG que le développement de la politique du PCF. Bruno Bonin peut s’enorgueillir d’avoir les faveurs du »Figaro » dont chacun sait l’engouement de ce journal pour le bien-être des travailleurs. On eût aimé que ce soit la lutte du PCF dans les Deux-Sèvres qui soit à la Une de la presse locale. Hélas !

Nous sommes plusieurs à condamner ses pratiques de déni démocratique.

Ceux qui attendent du PCF et ses militants une politique d’ouverture et de large rassemblement à gauche sur la base d’un projet progressiste commun, doivent relever la tête. Dans la prochaine période il sera proposer aux thouarsais un espace de rencontre pour ouvrir le débat du changement.

Bruno Fornaciari

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26 juin 2016 7 26 /06 /juin /2016 23:01

NDDL : "Se rassembler pour dépasser les raisons de la discorde"

A l’issue de la consultation, 55,17% des électrices et électeurs de Loire Atlantique se sont prononcés en faveur du transfert de l'aéroport de Nantes vers Notre Dame des Landes.

Ainsi, après plusieurs décennies de débats et de controverses, d’échanges d’arguments entre opposants et favorables au transfert de l’aéroport, le résultat de cette consultation doit permettre de débloquer la situation.

Cela confirme la légitimité des élu-e-s et des militant-e-s communistes du département qui se sont engagés dans les institutions et sur le terrain en faveur d'un projet de transfert qui respecte toutes les populations - dont celles qui sont actuellement survolées - et l'environnement.

Ce choix s’impose aujourd'hui à toutes et tous. Pour ce qui concerne le Parti communiste français nous le respectons totalement et nous appelons les habitants et les salariés à se rassembler pour dépasser les raisons de la discorde.

Pour cela, le président de la République et le premier Ministre doivent, comme ils l’ont proclamé, créer les conditions de sa réalisation même si nous considérons qu'ils portent la responsabilité de la très mauvaise gestion de ce dossier. Pour ce projet comme pour d'autres, nous estimons que les procédures démocratiques de concertation doivent être considérablement améliorées afin de tendre vers une co-élaboration qui permette aux citoyen-ne-s de véritablement s'impliquer, d'être écoutés ou de pouvoir se forger un point de vue réellement documenté.

Nous avons contribué au débat public en donnant notre point de vue sur ce dossier avec le souci de respecter les points de vue favorables ou opposés au transfert. Les conditions que nous avons exprimées contenues dans notre dossier restent plus que jamais d'actualité afin de répondre aux attentes des habitant-e-s comme des salarié-e-s, sur le plan économique et pour l'emploi.

La levée du Plan d'Exposition au Bruit lié au fonctionnement de l'aéroport de Nantes Atlantique va constituer un atout indéniable afin de favoriser la construction de la ville sur elle même et de répondre à la demande de logements à dominante sociale.

Enfin, au moment où chacun s’interroge sur le contenu à donner à la poursuite de la construction européenne, nous jugeons, par exemple, que la déréglementation du transport aérien, sa privatisation comme la gestion des plate-formes aéroportuaires doit cesser et revenir au secteur public.

Toutes ces conditions sont essentielles au bien vivre des populations concernées en Loire Atlantique. Nous développerons les luttes rassembleuses nécessaires pour qu'il en soit ainsi.

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26 juin 2016 7 26 /06 /juin /2016 18:21

Patrick Le Hyaric

Député pour refonder l'Europe

Note de travail et de prospective sur les conséquences du Brexit

Document disponible en PDF ici : Prospective sur le Brexit

L’idée européenne recule dans les opinions publiques.

Les sondages s’accumulent et l’hostilité, le scepticisme ou l’indifférence ne font que grandir dans pratiquement tous les pays de l’Union sous les effets de l’austérité, du chômage, de la pauvreté, du refus d’écouter les peuples.

Le désaveu est profond et répandu partout en Europe. Les raisons sont multiples: les politiques d’austérités appliquées en Europe du Sud, la gestion catastrophique de la crise des réfugiés, le dumping social, les paradis fiscaux au sein même de l’Europe, un Commission totalement décrédibilisée par le scandale Luxleak. Partout où l’austérité a été appliquée les gouvernements tombent et des partis différents émergent et remportent des succès électoraux, qu’ils soient anti-austéritaires et progressistes ou bien nationalistes et xénophobes.

Les récentes affaires sur les travailleurs détachés doivent nous rappeler ce qu’est devenue cette Europe, une Europe du marché qui ne respecte pas le droit social, une Europe qui organise le dumping social en son sein et qui ne protège plus de rien.

Le référendum britannique s’ajoute donc à la longue liste des consultations « perdues par cette l’Union européenne ». Elles s’enchainent depuis le traité de Maastricht. Il y a eu le non danois et suédois sur l’euro, le rejet du traité constitutionnel par les français et les hollandais, le rejet du traité de Nice par les irlandais (revoté ensuite), le rejet par ces mêmes irlandais du traité de Lisbonne (revoté également) et plus récemment le rejet de l’accord d’association avec l’Ukraine au Pays Bas.

  1. Le Royaume Uni sort de l’Union européenne

Les conséquences institutionnelles immédiates

Les négociations

La sortie de l’UE est gérée par l’article 50 du traité européen :

    1. Tout État membre peut décider, conformément à ses règles constitutionnelles, de se retirer de l’Union.
    2. L’État membre qui décide de se retirer notifie son intention au Conseil européen. À la lumière des orientations du Conseil européen, l’Union négocie et conclut avec cet État un accord fixant les modalités de son retrait, en tenant compte du cadre de ses relations futures avec l’Union. Cet accord est négocié conformément à l’article 218, paragraphe 3, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. Il est conclu au nom de l’Union par le Conseil, statuant à la majorité qualifiée, après approbation du Parlement européen.
    3. Les traités cessent d’être applicables à l’État concerné à partir de la date d’entrée en vigueur de l’accord de retrait ou, à défaut, deux ans après la notification visée au paragraphe 2, sauf si le Conseil européen, en accord avec l’État membre concerné, décide à l’unanimité de proroger ce délai.
    4. Aux fins des paragraphes 2 et 3, le membre du Conseil européen et du Conseil représentant l’État membre qui se retire ne participe ni aux délibérations ni aux décisions du Conseil européen et du Conseil qui le concernent. La majorité qualifiée se définit conformément à l’article 238, paragraphe 3, point b), du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne.
    5. Si l’État qui s’est retiré de l’Union demande à adhérer à nouveau, sa demande est soumise à la procédure visée à l’article 49.

Un État peut sortir, mais il doit d’abord « notifier » son intention au Conseil européen. L’UE négocie ensuite un accord de sortie qui doit être ratifié par le Conseil à majorité qualifié et le Parlement. L’accord doit être conclu d’ici 2 ans car 2 ans après la notification, « les traités cessent d’être applicables à l’État concerné ». Le délai de 2 ans peut être prolongé à l’unanimité du Conseil.

Donald Tusk a fait savoir que si le divorce peut être réglé en 2 années (le temps prévu par l’article 50), l’accord commercial prendrait au moins 5 années à être négocié et ne le serait qu’APRES le divorce. On serait donc à 7 années d’incertitudes. Il a répété aujourd’hui que « les procédures pour la sortie du Royaume-Uni sont claires et inscrites dans les Traités ».

Les britanniques, dont Boris Jonhson, proposent de négocier les deux en même temps avec une négociation informelle de la sortie sans utiliser l’article 50 immédiatement, annonçant une sortie effective pour 2019-2020. Entretemps le Royaume-Uni restera dans l’UE et maintiendra sa contribution au budget européen, il conservera également son accès au marché unique et le passeport européen de la City. C’est évidemment une position beaucoup plus confortable pour le Royaume-Uni.

Pour les partisans du Brexit, qui veulent tout de même apporter des gages immédiats après le référendum, la sortie différée n’empêchera pas le Royaume-Uni de limiter l’influence de la Cour européenne de justice (notamment sur les décisions de renvoi), de pouvoir légiférer sur la TVA et pour limiter la liberté de circulation.

Après ces déclarations, des officiels européens ont fait savoir que l’article 50 pourrait automatiquement être lancé en prenant l’annonce par Cameron du résultat du référendum comme la « notification », et qu’un non-respect des décisions de la Cour de justice pourrait amener à une suspension des droits britanniques dans le marché intérieur. Ca ne semble plus être sur la table aujourd’hui. Puisque les dirigeants des institutions de l’UE ont déclaré « attendre maintenant que le gouvernement du Royaume-Uni rende effective cette décision du peuple britannique dès que possible ».

Si on peut douter de le envie de faire des cadeaux au Royaume-Uni, tout se jouera au niveau des chefs d’états et les intérêts économiques pourraient prévaloir sur les symboles politiques.

Quel modèle pour les futures relations ?

Les modèles pour nouvelle relation sont connus :

– le modèle Norvège-Liechtenstein permet de rejoindre l’Espace Économique Europe donc de rester dans le marché unique, mais pour cela il faut payer une contribution au budget européen et plus grave pour les défenseurs du Brexit l’accès au marché unique va de pair avec la liberté de circulation des travailleurs car les 4 libertés de circulation sont liées (marchandises, capitaux, services, personnes). De plus, ce statut va avec une influence très limitée sur les futures législations européennes qui ont un impact sur le marché intérieur. Le référendum reviendrait finalement à ce que les britanniques aient rendu leur droit de vote avec très peu de contreparties.

– le modèle suisse est lui basé sur une suite d’accords bilatéraux pour l’accès au marché intérieur ; la liberté de circulation faisant partie de ces accords.

Conséquences économiques

Consensus sur des prédictions négatives

Rappelons que le Royaume-Uni est passé d’homme malade de l’Europe à son entrée à une des économies les plus dynamiques, son taux de croissance moyen sur les 43 années qui ont suivi l’accession est de 1,8% annuellement contre 1,4 pour la France. Le succès est donc réel.

Les estimations vont d’une perte de PIB de l’ordre de 1,9% à 9,5% d’ici 2030 mais les raisonnements sont les mêmes : pertes d’investissements extérieur et intérieur (du fait de l’incertitude) qui nuisent à la productivité britannique, hausse des couts de financements, dépréciation du pound qui augmente les couts des importations.

Le Trésor britannique prévoit 520 000 pertes d’emplois et une dévaluation du pound de 12%. Concernant le budget britannique le chancelier (ministre du budget) britannique George Osborne prévoit un trou de 30 milliards de pounds (comparé au 8 milliards de gains sans la contribution au budget) ; à combler par des hausses substantielles des taxes et coupes dans le secteur public.

Bien évidemment pertes d’influence de la City (10% du PIB, 11% des rentrées fiscales) que l’on voit aussi par les contributions (notamment des fonds américains qui s’alarment des couts de relocalisation) de la City pour le Remain, et l’activisme de Paris et Francfort pour en profiter.

Le renouveau économique thatchérien des Brexiters

Il est théorisé par Patrick Minford. La sortie de l’UE permettra de réduire drastiquement tous les droits d’importations et de se libérer des règlementations perçue comme handicapante notamment sur le droit du travail (le temps de travail est régulièrement cité), voir même celles sur l’égalité des genres ou pour limiter le réchauffement climatique, redonnant sa compétitivité au Royaume-Uni. Il prévoit un gain de 4% de PIB d‘ici 2020. Mais, Minford reconnait lui-même que sans protections, l’industrie britannique manufacturière serait éliminée par la compétition globale.

Le Think tank libéral Open Europe lui ne voit qu’un mouvement de 1% de PIB dans l’un ou l’autre sens, ce qui est intéressant c’est qui lui aussi voit les seuls gains dans la réduction des législations afférentes au travail alors que le Royaume-Uni est pourtant déjà classé 6ème pays le plus facile au monde pour faire du business d’après la Banque mondiale.

Conséquences politiques et sur les relations internationales

Fin de règne pour Cameron

David Cameron restera donc premier ministre pour quelques mois. Il devrait y avoir un nouveau premier ministre d’ici octobre. Il reste à trouver un terrain d’entente entre la large coalition des partisans du Brexit, allant des défenseurs d’un Royaume-Uni garant de ses frontières à des doctrinaires de la mondialisation.

La question des indépendances relancée

Nicola Sturgeon, première ministre écossaise, a déclaré qu’un second référendum sur l’indépendance de l’Ecosse s’impose comme une « évidence ». La réunification des deux Irlande est également sur la table, sans parler du problème que pose l’enclave de Gibraltar.

Ces questions vont avoir des conséquences partout en Europe. Les indépendantistes catalans et les flamands seront très vigilants sur cette question qui pourrait être un tournant dans leurs processus de séparatistes. En Italie, La Ligue du Nord a demandé un référendum sur la même question en Italie avec des arrières pensées. Cela dit les régionalismes, comme les nationalismes pourraient souffrir d’une sortie ratée du Royaume-Uni.

C’est d’ailleurs le calcul politique de la ligne dure sur le la sortie de Royaume-Uni, selon lesquels il faudrait punir pour éviter une propagation du mouvement.

L’Allemagne obligée de s’imposer ouvertement

Jusqu’alors, l’Allemagne pouvait s’appuyer sur des groupes de pays selon ses visions (Royaume-Uni pour le marché, pays de Nord sur les questions gouvernances économiques), elle devra désormais le faire plus clairement pour occuper le terrain politique. Elle sera donc beaucoup plus exposée politiquement.

Gérer les nationalismes, silence intenable de la France

On parle beaucoup des dérives des pays de l’Est mais ils sont tenus dans l’UE par les fonds structurels et la peur de la Russie. Le danger pour l’UE viendra des nationalismes de l’Europe de l’Ouest.

Reste les pays du sud qui peuvent être de solides alliées pourvu que l’on aille vers plus de solidarité, mais c’est aller contre les opinions publiques des pays du Nord. Dans tout cela le silence de la France sur les questions européennes passe d’inquiétant à intenable.

Une diplomatie et une politique commerciale européenne affaiblie

Sans le Royaume-Uni les sanctions contre l’Iran ou la Russie n’auraient pas eues le même impact, la diplomatie commerciale européenne bénéficie de son importance commerciale et de ses liens avec le Commonwealth.

Les négociations futures tout comme les gestes de politiques commerciaux (accès favorisé ou embargo) n’auront pas le même impact sans les britanniques.

Les priorités elles ne changeront pas (une grande majorité des pays européens veulent un agenda commercial ambitieux). On peut tout au plus espérer quelques ajustements sur des dossiers bloqués comme les nouveaux instruments de défense commerciales et une voix en moins pour une diplomatie passive vis à vis des exactions d’Israël.

Le sort des grands accords de libre échange en négociation actuellement est incertain pour l’instant. Le Royaume-Uni était un membre très actif des négociations, que ce passera-t-il maintenant qu’il n’est plus là, personne ne le sait.

Il sera de toute façon obligé de trouver sa propre voie dans un monde d’accords de zones

Le Royaume-Uni ne devra pas se contenter de négocier un accord commercial avec l’UE mais aussi avec tous les pays dont les relations commerciales étaient gérées par un accord européen. Les relations commerciales des pays du Commonwealth sont déjà fixées par d’autres accords de zones commerciales (Accord transpacifique, CETA) limitant d’autant l’approche de partenariat privilégié dont veut le Royaume-Uni.

Une défense européenne inexistante et le risque d’un Royaume-Uni trop occupé

L’argument d’une relance de la défense européenne avec un Royaume-Uni hors de l’UE ne tient pas : les États-Unis délaissant le continent pour l’Asie, le Royaume-Uni est trop important en termes de capacité de projection pour qu’une Europe de la défense se fasse sans lui. Ce sont d’ailleurs les britanniques qui jouent un rôle primordial dans le déploiement de bataillons de l’OTAN en Pologne et pays Baltes décidé ce mois-ci (la France a atteint ses limites avec opérations à l’extérieure et sécurité antiterrorisme).

Un Brexit peut d’ailleurs affaiblir la défense européenne en réduisant les dépenses militaires britanniques si les projections économiques se confirment au moment où le Royaume-Uni engage un programme de renouvellement de sa flotte de sous-marins nucléaires (Trident) extrêmement couteux (7 milliards d’euros par ans). À noter qu’en cas d’indépendance écossaise, les bases britanniques et notamment celle de la flotte classique et nucléaire devront être évacuée avec couts réduisant d’autant l’importance du Royaume-Uni.

    1. Quelles solutions pour sauver le projet européen ?

l’offensive fédéraliste

Les fédéralistes sont, en ce moment, à l’offensive pour nous rabâcher que si l’UE est en crise c’est par manque d’intégration. La solution serait, selon eux, la création d’un parlement et d’un gouvernement de la zone euro qui aurait le pouvoir et la légitimité de prendre des décisions pour les pays utilisateurs de la monnaie unique. C’est totalement irréaliste de penser que ce nouvel échelon sera plus légitime que les précédents.

Les élites fédéralistes européennes pensent que quel que soit le résultat du référendum, nous serons obligés d’intégrer d’avantage la zone euro. Le mandat des peuples ne les intéresse pas. Pour eux 2017 est une fenêtre de tir à ne pas manquer pour cette nouvelle intégration. François Hollande n’a dit pas autre chose lorsqu’il a déclaré aujourd’hui que « Le renforcement de la zone euro et de sa gouvernance démocratique est une nécessité ».

La construction européenne a été faite dans une logique qui appelle une intégration toujours plus poussée. C’est un effet boule de neige, les mises en commun successives de parties de la souveraineté nationale appellent toujours in fine à plus d’intégration pour résoudre les nouveaux problèmes qui se présentent. L’effet boule de neige de l’intégration économique de l’Union européenne doit être arrêté.

Au fil des ans nous en sommes donc arrivés à un marché unique une monnaie unique et donc des politiques économiques et fiscales que certains voudraient voir totalement intégrées. La question qui n’est jamais posée est sur quelle base ? Les allemands n’accepte pas une telle intégration aujourd’hui car cela impliquerait des transferts budgétaires de sa part vers les autres pays de la zone euro. On voit bien aujourd’hui ce qu’il en coute aux Grecques, dont le pays est détruit par l’austérité imposée par les gouvernements européens.

Si les peuples européens ne se reconnaissent pas et repoussent l’Europe austéritaire d’aujourd’hui, comment cela changerait-il en gardant les mêmes logiques ?

Comment un parlement de la zone euro et un ministre des finances européens pourraient résoudre cette crise ? C’est une crise politique et non pas seulement institutionnelle.

Le droit d’inventaire des politiques européennes

Devant le désamour des peuples pour la construction actuelle et le chemin qu’elle prend il faut dire stop, sous peine de voir le projet tout entier imploser. Il faut s’imposer l’inventaire des politiques européennes, pour ne garder que ce qui marche vraiment pour tous, car si les politiques européennes continuent de créer des perdants et des gagnants, l’Union ne tiendra pas. La poussée des populismes et des fascismes ne faiblira pas.

C’est l’un des enseignements de ce vote britannique, les classes populaires, les ouvriers, ont voté massivement contre une Union qui ne les protègent plus. L’immigration est finalement un exutoire facile de cette inquiétude là.

Le principe de subsidiarité qui veut qu’un pouvoir doit être exercé au niveau le plus efficace doit être appliqué d’une façon extrêmement restrictive. Aussi, pour que le projet puisse continuer il faut l’investir de compétences qui sont véritablement utiles à tous. Le marché commun est une création pour les entreprises et ne fait pas forcément de sens pour le citoyen.

Quelle politique sociale pour l’Union européenne ?

La destruction des droits sociaux dans les pays les plus avancés en la matière doit être stoppée. On ne pourra pas faire converger les peuples en rabotant les droits de certains, il faut au contraire les sanctuariser.

Il faudrait lancer au niveau social la même politique de l’effet boule de neige qui a été instaurée il y a plus de 50 ans pour l’économie. Il faut procéder par petits pas afin de protéger les travailleurs européens, en commençant par des secteurs bien précis où la mise en commun est bénéfique à tous. L’harmonisation n’a pas de sens si elle est faite vers le bas, il faut donc choisir des politiques où tous les travailleurs européens pourraient voir une différence nette.

Au bout de plusieurs années on obtiendrait alors un véritable socle de droits sociaux européens intégrés, qui empêcherait tout dumping entre état membre, comme l’avait proposé Juncker.

Le bilan de la politique de concurrence

Il faut faire le bilan de la politique de concurrence de l’Union européenne qui a détruit les services publics pour un résultat aujourd’hui catastrophique dans des secteurs clés de l’économie, les transports, l’énergie…

Il ne doit pas y avoir d’idéologie dans la gestion de ces dossiers, le néo-libéralisme a fait trop de dégâts. L’intérêt général ne peut pas être atteint par une hypothétique concurrence pure et parfaite, il doit être issu d’un consensus politique qui prenne en compte le droit des travailleurs.

Parer au plus urgent : remettre en avant la notion de frontière

Dans l’immédiat et avant de pousser plus loin l’intégration européenne, ou de décider de l’arrêter, il faut parer à l’immédiat. Que ce soit sur la question migratoire, ou en termes de politique commerciale pour mettre un terme aux pratiques de dumping extérieur (le dumping intérieur fera l’objet de cet inventaire), la notion de frontière extérieure doit être réappropriée (ne plus la laisser à la droite) et renforcée.

Frontières migratoires

Dans son angle politique migratoire il faut faire attention que le renforcement des frontières extérieures ne prennent pas la forme d’une perte de souveraineté sur les frontières avec des gardes-frontières européens se déployant contre la volonté des États (comme le proposent les fédéralistes du Parlement et de la Commission), d’une perte de contrôle-panique, avec des États européens fermant les frontières avec d’autres (comme les partisans d’une réforme de Schengen le souhaitent).

Le renforcement des frontières doit se faire en organisant la solidarité européenne pour que les frontières extérieures aient encore un sens : création d’une réserve de gardes-frontières, garde-côtes européens mobilisable rapidement à la demande d’un État ; abandon des règles Dublin de la responsabilité du pays d’entrée pour un partage équitable du fardeau par accueil volontaire ou subventions aux pays qui accueillent (pour ne pas forcer la main) ; cette responsabilité commune dans le traitement des demandes et l’accueil obligera également à une solidarité efficace pour que les frontières soient réellement une barrière car tous les États auront le même problème à gérer.

Frontières commerciales

Les frontières commerciales doivent également être affirmées, c’est pourquoi les négociations commerciales en cours doivent être gelées et les accords commerciaux existants faire parti des révisions à faire, à partir de critères de soutenabilité humaine et environnementale.

Tout ce qui est facteur de dumping social, environnemental, humain, aide aux exportations doit être refusé et surtout combattu aux frontières par des restrictions d’importations, quotas et droits de douanes réévalués.

Depuis décembre 2014 une minorité de blocage de 12-13 pays libre-échangistes mené par le Royaume-Uni bloque les nouveaux instruments de défense commerciale présentés par la Commission en avril 2013. Ces derniers refusent d’abolir la règle du « droit moindre » (lesser duty rule) qui limite les taxes anti-dumping au préjudice estimé. L’abolition de cette règle pourrait donner à la Commission la possibilité de surtaxer les produits rentrant au-delà de la marge de dumping estimé (rajoutant donc un aspect punitif -mais nécessaire).

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Pour autant même si on assiste à un déblocage de ces nouveaux instruments :

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  1. la rapidité de déclenchement doit être sérieusement travaillée (dans certains cas 9 mois dans l’UE pour une procédure antidumping qui se limitera à quelques produits spécifiques contre 2 mois aux États-Unis avec un spectre plus large) ;
  2. la tradition européenne de prendre en compte également les besoins des consommateurs (ce qui explique la durée des procédures) ne doit pas se faire à l’encontre des travailleurs ;
  3. surtout : la Commission doit faire preuve de volonté politique pour déclencher ces nouveaux instruments, et ne pas se laisser entraver par les intérêts commerciaux d’autres pays. Aujourd’hui, en cas de différents on bloque en attendant un accord.

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26 juin 2016 7 26 /06 /juin /2016 16:17

Le député Philippe Noguès quitte le PS: «J'aimerais que mon départ en entraîne d'autres»

25 JUIN 2015 | PAR MATHIEU MAGNAUDEIX

Le député frondeur Philippe Noguès, élu en 2012, quitte le parti socialiste. « Je suis socialiste, je le reste, mais je ne crois plus que le PS puisse être le moteur de l'espoir. Il est urgent de réagir et de proposer une autre politique. »

Beaucoup en parlent, mais peu le font. Philippe Noguès évoquait depuis quelques mois son possible départ du groupe PS de l'Assemblée nationale. Il saute le pas. Dans un entretien à Ouest-France, ce député du Morbihan, élu en 2012, annonce qu'il quitte le parti et le groupe socialiste à l'Assemblée nationale. Ancien cadre commercial chez un cigarettier (« je ne me suis jamais occupé de ces questions à l'Assemblée », précise-t-il), Philippe Noguès est entré au PS à 51 ans.

En 2012, il est choisi par les militants bretons contre l'appareil socialiste, tenu par des proches de l'actuel président de la République. « Il est urgent de réagir et de proposer une autre politique, urgent de proposer une autre image de la politique basée sur l’exemplarité, la loyauté, la transparence et l’écoute des citoyens », dit-il. Il a également expliqué sa décision sur son blog hébergé par Mediapart.

Vous avez annoncé votre départ du PS. Pourquoi ?
Oui, je quitte le PS, et aussi le groupe socialiste à l’Assemblée nationale. C’est une décision mûrie depuis de longs mois. Avec mes camarades frondeurs, nous nous battons pour infléchir la ligne économique dans un sens plus favorable aux salariés et aux classes moyennes et populaires. Ce mouvement a été utile, mais nos efforts ont été un peu vains. Le chemin tracé par le gouvernement, en particulier celui de Manuel Valls, vers une société libérale n’a pas bougé d’un pouce. L’idée qu’aucune alternative n’est possible continue d’imprégner les esprits. Mon espoir de transformer les choses de l’intérieur, au sein du PS ou du groupe, s’est évanoui.

Le fossé entre les citoyens et la politique n’a jamais été aussi grand. La prolifération du Front national est aussi le résultat de nos manques et de nos incohérences. À un moment, les mots ne suffisent plus, il faut passer aux actes. Je n’ai pas été élu député à 55 ans pour participer à des jeux d’appareil ou défendre une chapelle. Je suis socialiste, je le reste, mais je ne crois plus que le PS puisse être le moteur de l'espoir.

Parce que le PS n’est plus socialiste ? Il devient un parti social-libéral, une sorte de parti démocrate [comme en Italie ou aux États-Unis - ndlr]. C’est une décision douloureuse. Je fais le choix de la liberté, de l’indépendance et de la loyauté envers mes électeurs. J’ai fait campagne pour un projet en 2012, le PS avait fait campagne pour ce projet, mais il s’est droitisé et s’est orienté sur une ligne totalement différente. Le plus grand reproche qu’on pourra faire au président de la République, et à Manuel Valls qui a confirmé cette ligne, ce n’est pas d’avoir échoué : c’est de ne pas avoir essayé. C’est dramatique.

Pourquoi si peu de vos collègues franchissent-ils le pas ?
Le passage à l’acte est difficile : beaucoup sont au PS depuis longtemps, c’est la famille. Mais justement, ce n’est pas une famille, c’est un parti ! On doit être en cohérence avec ses idées et ses convictions. Si on ne l’est pas, il faut partir. Je ne bascule pas non plus dans l’opposition systématique, je voterai les projets qui vont dans le bon sens et je continuerai à me battre contre le Font national et la droite, qui n’a aucune solution crédible pour le pays, à part l’austérité accentuée.

Qu'allez-vous faire maintenant ?
C’est un nouveau départ. J'aimerais que mon départ en entraîne d'autres, afin de se retrouver et de construire la suite. Il est urgent de réagir et de proposer une autre politique, urgent de proposer une autre image de la politique basée sur l’exemplarité, la loyauté, la transparence et l’écoute des citoyens. On luttera beaucoup plus efficacement contre le FN et les populismes que par des incantations à la télévision. Les partis sont tous malades, ils ne fonctionnent plus et n’attirent plus. Au PS, beaucoup de militants partent. L’UMP a remis un coup de peinture mais ça ne marche pas. Les petits partis ne progressent pas, regardez ce qui se passe à Nouvelle Donne.

En même temps, ça bouge dans tous les partis. Il y a une floraison d'initiatives. Le député frondeur Pouria Amirshahi veut créer un mouvement national citoyen, l'ancien député européen Liêm Hoang-Ngoc a lancé un appel pour une « nouvelle gauche socialiste ». Je veux me battre pour rassembler et m’inscrirai dans ce type de mouvement. Mais il faut d'abord partir des territoires, redonner envie aux citoyens de s’intéresser à la politique. Je vais créer une structure dans ma circonscription pour demander aux citoyens de donner leur avis sur la loi. Il faudra ensuite fédérer au niveau national.

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Faut-il créer un groupe à l'Assemblée nationale ?
Ce serait l'idéal. Avec des écologistes, des socialistes, des proches de Jean-Pierre Chevènement, etc. On n'est pas si loin que ça. J'ai déjeuné hier avec une députée socialiste qui a toujours voté tous les textes du gouvernement, et qui assure qu'elle ne finira pas l'année au PS. Il y a un malaise au sein du parti, et il n'est pas exclu que cela fonctionne.

Quels sont les lois, les faits politiques, qui ont motivé votre départ ?
On n'a jamais essayé de mettre en place notre projet. Le traité européen (TSCG) que nous n'avons pas renégocié a été le péché originel : François Hollande n'a pas porté la bataille contre Angela Merkel. Si on reste sur la ligne libérale qui prévaut en Europe, on ne s'en sortira jamais. Il y a eu les lois de finances, le pacte de responsabilité, la loi renseignement, la loi Macron avec le 49-3 bien sûr, qui est un grand mépris du Parlement. Il y a un vrai problème avec les institutions. Le Parlement n'est là que pour assurer au détail près les commandes passées par l'exécutif. Il est temps que des députés se lèvent plus fortement. Cette question institutionnelle devra être au cœur de la campagne en 2017.

François Hollande sera-t-il votre candidat ?
Il serait souhaitable qu'il y ait des primaires. Je ne suis pas certain que François Hollande soit en mesure de représenter le peuple de gauche.

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Philippe Noguès ne tire pas, pas encore toutes les conclusions qu'il devrait de son départ. Il rest socialiste dit-il. Eh oui, hélas. Et les vieux réflexes avec, en étant disponible pour d'autres aventures "socialisantes", sans ouvrir les yeux vraiment sur ce qui se passe dans son dos. La construction d'un socle commun avec communistes, verts, socialistes, syndicalistes démocrates ne semble pas être pour lui l'option à laquelle il pourrait souscrire, pour le moment. Sa détermination et sa décision sont encore fragiles. Le temps arrangera peu-être les choses. Avec, ou sans lui.

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Published by bruno fornaciari - dans PS ACTUALITES
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BRUNO FORNACIARI

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