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9 août 2015 7 09 /08 /août /2015 09:46
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28 juillet 2015 2 28 /07 /juillet /2015 06:35

Ukraine/élections : "Nouveau coup de poignard dans le dos de la démocratie" (PCF)

Le PCF condamne avec force la décision prise par le ministre de la justice ukrainien Pavel Petrenko d’interdire au parti communiste d’Ukraine de prendre part aux processus électoraux.

Les communistes français apportent leur soutien à toutes les forces démocratiques du pays, dont le PC d’Ukraine, dans leur lutte contre ce nouveau coup de force porté à la démocratie par les autorités ukrainiennes. Ce décret témoigne de la faillite politique, économique et sociale dans laquelle se sont fourvoyés les oligarques de Kiev au détriment des intérêts de leur peuple et de l’unité du pays.

Comme l’a souligné le secrétaire général du PCU, Piotr Simonenko, ce décret, pris « dans l’urgence et la peur » et cette décision, visent à interdire « au peuple de pouvoir choisir ses représentants afin de lutter contre la politique d’appauvrissement », mais surtout, il a pour but d’ « interdire le droit de vote et d’empêcher de soutenir les idées de gauche ».

Le PCF soutient le PCU et son premier responsable dans sa détermination à participer aux prochaines élections locales en Ukraine prévues à l’automne prochain, d’autant que pour ce dernier le droit constitutionnel ne peut pas être modifié par un décret du ministre de la justice.

Rappelant que le PCU s’est toujours prononcé pour un règlement pacifique de la crise du Donbass, P. Simonenko a mis en garde contre la politique du pouvoir actuel qui ne peut conduire qu’ « à une dictature militaire » sans perspective.

Ce nouveau coup de poignard dans le dos de la démocratie est dans le droit fil des décisions d’avril dernier qui avait vu le Parlement voter des lois mettant « sur le même pied l’idéologie de la barbarie nazie et le communisme » et interdisant la production et l'utilisation publique de leur symboles, ce qui s’était traduit par une menace d’interdiction du PCU, alors que les collaborateurs du régime nazi étaient réhabilités.

Le PCF s’était alors élevé contre cette politique de « décommunisation » qui visait à « solder les comptes de la Seconde Guerre mondiale pour donner des gages aux partisans de l’adhésion de l’Ukraine à l’Otan et de la mise en coupe réglée des lois du FMI ». Et à « poursuivre, avec l’aide de mercenaires d’extrême droite, l’offensive dite anti-terroriste contre l’Est de l’Ukraine avec son cortège de victimes civiles et de destructions. ».

Cette décision-alors que les manœuvres militaires s’intensifient dans un pays en faillite- montrent l’incurie dont font preuve les autorités de Kiev pour oeuvrer à une application pleine et entière des accords de Minsk 2, qui respecte les droits et libertés fondamentaux de tous les ukrainiens. Le PCF appelle à une large mobilisation de la communauté internationale et de toutes les forces de progrès, pour que ceux-ci soient respectés.

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27 juillet 2015 1 27 /07 /juillet /2015 09:21

Le PCF des années 1970 et l'immigration. La véritable lettre de Georges Marchais au recteur de la Mosquée de Paris (6 juin 1981)

16 Juillet 2015 , Rédigé par Réveil CommunistePublié dans #Front historique, #Réseaux communistes, #Ce que dit la presse

lu sur le blog "Eole"

Monsieur le Recteur,

Vous m'avez envoyé un télégramme me demandant de condamner le maire communiste de Vitry et mettant en cause la politique de mon parti sur l'immigration. Ce message a été rendu public avant même que j'aie pu en prendre connaissance. C'est pourquoi je vous adresse cette lettre ouverte.

Tenant compte de la charge que vous occupez, je tiens d'abord à vous confirmer ma position, celle de mon parti, sur la religion. Je respecte, nous respectons la religion musulmane à l'égal de toutes les autres. Je sais que des centaines de milliers de travailleurs de mon pays professent l'Islam, qui est d'une des branches vivantes sur l'arbre millénaire de la civilisation.

Je me fais une règle de ne jamais intervenir dans des questions religieuses qui relèvent de la seule conscience des personnes ou des communautés. C'est donc seulement parce que vous avez adopté une position politique sur une question qui nous concerne que je prends la liberté de vous envoyer aujourd'hui, cette mise au point.

L'idéal communiste est effectivement opposé, comme vous voulez bien le reconnaître, à toute discrimination raciale ou religieuse.

Nous pensons que tous les travailleurs sont frères, indépendamment du pays où ils sont nés, de la couleur de leur peau, des croyances, de la culture, des valeurs ou des coutumes auxquelles ils sont attachés. Qu'ils s'appellent Mohamed, Kemal ou Jacques, Moussa, Mody ou Pierre, tous ont un droit égal à la vie, à la dignité, à la liberté. Nous nous appliquons à nous-mêmes cette loi d'égalité. Tous les travailleurs immigrés, musulmans ou non, membres du Parti communiste français, ont dans ce parti les mêmes droits et mêmes devoirs que leurs camarades français.

Nul plus que nous en France n'a combattu le colonialisme. Pour ne parler que du Maghreb, dès la fondation de notre parti, nous luttions contre la guerre du Rif. Et, plus récemment, nous avons milité pour la constitution du Maroc et de la Tunisise en États indépendants ; nous nous sommes opposés à la guerre menée contre le peulven algérien par les capitalistes français et leurs politiciens, avec la férocité de leurs tortures, de leurs camps, de leurs massacres, de leurs dévastations.
Aujourd'hui, je m'honore d'entretenir de bonnes relations avec les dirigeants du mouvement de libération nationale. Je me suis rendu plusieurs fois en Algérie. J'ai parcouru l'Afrique. Et j'ai l'intention de développer encore cette action. Je me suis particulièrement réjoui d'avoir contribué, l'été dernier, au nom du Comité de défense des libertés et des droits de l'homme, à la libération d'Abderrazak Ghorbal, le dirigeant syndicaliste tunisien. Avec ce comité, j'espère bien finir par obtenir justice pour Moussa Konaté, travailleur malien persécuté par l'arbitraire policier de M. Giscard d'Estaing. En France même, c'est la CGT et nous qui combattons énergiquement la politique des patrons et du gouvernement, la surexploitation, les atteintes à la dignité, les brimades et les discriminations odieuses qui frappent les travailleurs immigrés. Nous le ferons toujours. C'est ce que j'ai réaffirmé, en juillet 1980, en m'adressant aux travailleurs immigrés de l'usine Renault à Flins.

Au vu de ces réalités, puis-je vous rappeler cette belle parole : « le feu de l'hospitalité luit pour le voyageur qui distingue la flamme » ?

Pour la clarté, sur le sujet dont parle votre télégramme, il me faut en premier lieu rétablir la vérité des événements.

Votre message fait état d'une « décision précipitée et irréfléchie » que le maire communiste de Vitry aurait prise à l'encontre de travailleurs immigrés maliens. Voilà une condamnation bien hâtive. De fait, l'histoire réelle est inverse. C'est un dimanche, avant-veille de fête, au moment même où les communistes étaient réunis au Bourget pour le soixantième anniversaire de leur parti, qu'un autre maire — non pas communiste, mais giscardien celui-là — a déclenché l'affaire en prenant la révoltante décision de chasser les immigrés maliens de sa ville de Saint-Maur et de les refouler clandestinement sur Vitry. Pour parvenir à ses fins, cet individu n'a pas hésité à faire forcer — à l'insu du maire de Vitry et sans accord de la commission de sécurité — les issues murées d'un foyer au sujet duquel les négociations étaient officiellement engagées en vue d'y loger de jeunes travailleurs français.

Permettez-moi de vous le dire : comment se fait-il que vous n'ayez pas pris position contre le maire de Saint-Maur ? Je n'ose croire que c'est parce qu'il est un ami intime du président de la République française, qu'il a reçu deux fois en trois ans dans sa mairie. Il me faut bien constater toutefois, avec étonnement, que vous avez été plus prompt à organiser une manifestation contre un maire communiste qu'à prendre à partie les responsables des souffrances des immigrés en France, MM. Giscard d'Estaing, Stoléru ou le président du CNPF. Aux côtés de la droite et de l'extrême-droite, avec les dirigeants socialistes, la CFDT, la FEN et des groupuscules, vous vous trouvez, je le déplore, au cœur d'une opération politicienne anticommuniste qui prend les immigrés comme prétexte et ne peut en définitive que leur nuire.

Je vous déclare nettement : oui, la vérité des faits me conduit à approuver, sans réserve, la riposte de mon ami Paul Mercieca, maire de Vitry, à l'agression raciste du maire giscardien de Saint-Maur. Plus généralement, j'approuve son refuse de laisser s'accroître dans sa commune le nombre, déjà élevé, de travailleurs immigrés.

Cette approbation ne contredit pas l'idéal communiste. Au contraire.

La présence en France de près de quatre millions et demi de travailleurs immigrés et de membres de leurs familles, la poursuite de l'immigration posent aujourd'hui de graves problèmes. Il faut les regarder en face et prendre rapidement les mesures indispensables. Ce qui nous guide, c'est la communauté d'intérêts, la solidarité des travailleurs français et des travailleurs immigrés. Tout le contraire de la haine et de la rupture.

Certains — qui défendent par ailleurs le droit de vivre au pays pour les Bretons ou les Occitans — prétendent que l'immigration massive de travailleurs est une nécessité, voire un bienfait du monde contemporain. Non, c'est une conséquence du régime capitaliste, de l'impérialisme. Des millions d'hommes sont contraints au cruel exil en terre étrangère, loin de leur ciel et de leur peuple, parce qu'ils n'ont pas de travail chez eux. Dans beaucoup de leurs pays la colonisation, le développement inégal propre au capitalisme ont laissé des traces profondes ; même dans ceux d'entre eux qui s'engagent sur la voie d'un développement socialiste elles peuvent subsister pendant de nombreuses années. Ou bien encore les capitalistes qui dominent certains pays exportateurs de main-d'œuvre ne veulent pas ou ne peuvent pas résoudre les problèmes économiques et sociaux de leurs peuples et préfèrent tirer des profits immédiats de l'immigration, tout en affaiblissant par ces départs la classe ouvrière ; ainsi au Portugal ou en Turquie, malgré la lutte des forces les plus conscientes. Quant aux patrons et au gouvernement français, ils recourent à l'immigration massive, comme on pratiquait autrefois la traite des Noirs, pour se procurer une main-d'œuvre d'esclaves modernes, surexploitée et sous-payée. Cette main d'œuvre leur permet de réaliser des profits plus gros et d'exercer une pression plus forte sur les salaires, les conditions de travail et de vie, les droits de l'ensemble des travailleurs de France, immigrés ou non. Cette politique est contraire tant aux intérêts des travailleurs immigrés et de la plupart de leurs nations d'origine qu'aux intérêts des travailleurs français et de la France. Dans la crise actuelle, elle constitue pour les patrons et le gouvernement un moyen d'aggraver le chômage, les bas salaires, les mauvaises conditions de travail, la répression contre tous les travailleurs, aussi bien immigrés que français. C'est pourquoi nous disons : il faut arrêter l'immigration, sous peine de jeter de nouveaux travailleurs au chômage. À cet égard MM. Giscard d'Estaing et Stoléru font le contraire de ce qu'ils disent : ils contribuent à l'entrée clandestine organisée de travailleurs dépourvus de droits et soumis à une exploitation honteuse et inhumaine. Je précise bien : il faut stopper l'immigration officielle et clandestine, mais non chasser par la force les travailleurs immigrés déjà présents en France, comme l'a fait le chancelier Helmut Schmidt en Allemagne fédérale.

Nous disons également : il faut donner aux travailleurs immigrés les mêmes droits sociaux qu'à leurs camarades français. Nos propositions en ce sens sont les plus avancées qui soient.

Et nous disons encore : il faut instituer un nouvel ordre économique et politique mondial. Il faut une coopération fondée non sur les exigences de profits des trusts et sur des conceptions colonialistes, mais sur des rapports équitables correspondant en priorité aux besoins d'emploi et de développement de la France et des peuples du tiers monde. Cette question, vous ne pouvez l'ignorer, me tient particulièrement à cœur.

En même temps et dans le même esprit nous disons : il faut résoudre d'importants problèmes posés dans la vie locale française par l'immigration.

En effet, M. Giscard d'Estaing et les patrons refusent les immigrés dans de nombreuses communes ou les en rejettent pour les concentrer dans certaines villes, et surtout dans les villes dirigées par les communistes. Ainsi se trouvent entassés dans ce qu'il faut bien appeler des ghettos, des travailleurs et des familles aux traditions, aux langues, aux façons de vivre différentes. Cela crée des tensions, et parfois des heurts entre immigrés des divers pays. Cela rend difficiles leurs relations avec les Français.

Quand la concentration devient très importante — ce qui n'a rien à voir, soit dit au passage, avec la notion non scientifique et raciste d'un prétendu « seuil de tolérance » dont nous ne parlons jamais — la crise du logement s'aggrave ; les HLM font cruellement défaut et de nombreuses familles françaises ne peuvent y accéder. Les charges d'aide sociale nécessaire pour les familles immigrées plongées dans la misère deviennent insupportables pour les budgets des communes peuplées d'ouvriers et d'employés. L'enseignement est incapable de faire face et les retards scolaires augmentent chez les enfants, tant immigrés que français. Les dépenses de santé s'élèvent.

Les élus communistes, dans le cadre de leurs droits et de leurs moyens, multiplient les efforts pour résoudre ces problèmes difficiles au bénéfice de tous. Mais la cote d'alerte est atteinte : il n'est plus possible de trouver des solutions suffisantes si on ne met pas fin à la situation intolérable que la politique raciste du patronat et du gouvernement a créée.

C'est pourquoi nous exigeons une répartition équitable des travailleurs immigrés entre toutes les communes.

Parler à ce propos d'électoralisme, c'est nous faire injure. Notre position ne date pas d'aujourd'hui. Dès octobre 1969, quand j'étais chargé de l'immigration à la direction du Parti communiste français, les maires communistes de la région parisienne et les élus communistes de Paris ont adopté, sur ma proposition, une déclaration dénonçant la concentration des travailleurs immigrés dans certaines villes et demandant une répartition équilibrée. Si elles avaient été appliquées par le pouvoir, ces mesures, pour lesquelles nous n'avons cessé de lutter, auraient permis d'éviter les difficultés actuelles.

Encore un mot sur le racisme. Rien ne nous est plus étranger que ce préjugé antiscientifique, inhumain, immoral. Non, il n'existe pas de races d'élite et de races inférieures.

Ne partagez-vous pas l'indignation qui me soulève quand je considère les activités malfaisantes des passeurs, des trafiquants, des marchands de sommeil qui entassent des immigrés dans des conditions violant toutes les règles d'hygiène, de sécurité, de voisinage et que M. Stoléru laisse agir sans entraves comme les négriers d'autrefois ? Ce sont des délinquants qu'il faut réprimer.

Et n'éprouvez-vous pas le même dégoût que moi à la lecture d'une « petite annonce » comme celle que le journal «Libération» publiait récemment sous le titre : « Immigrés sex service », et que la décence m'interdit de reproduire ? Comme j'aimerais que nous soyons, chacun au nom de notre idéal respectif, du même côté contre des gens capables de bassesses aussi abominables, et, j'ose le dire, d'une telle barbarie !

Tout ce que la morale humaine réprouve avec force, l'inégalité, l'injustice, le mépris, la cruauté, nous le repoussons, nous le combattons. C'est pourquoi, dans les entreprises et les cités, nous invitons les travailleurs immigrés et français non pas à se combattre entre eux, mais à unir leurs forces contre leurs vrais ennemis communs, les exploiteurs et ceux qui les servent. Nous les appelons à tracer ensemble le sillon, à l'élargir sans cesse, pour libérer tous les hommes et toutes les femmes de la servitude et de la haine. C'est le sens de notre lutte pour la justice. De très nombreux prolétaires musulmans la comprennent et la soutiennent.

Veuillez agréer, Monsieur le Recteur, mes salutations.

Georges Marchais.

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27 juillet 2015 1 27 /07 /juillet /2015 08:58
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24 juillet 2015 5 24 /07 /juillet /2015 09:19

Les ravages de l’austérité sur l’accès aux soins

ALEXANDRA CHAIGNON

MARDI, 21 JUILLET, 2015

L'HUMANITÉ

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En Seine-Saint-Denis (ici l'hôpital Jean-Verdier de Bondy), l'espérance de vie est la moins élevée des départements d'Île-de-France.

Photo : Loic Venance/AFP

Suppressions de lits d’hôpitaux, fermeture de points d’accueil de la caisse primaire d’assurance maladie, réduction de l’offre de soins… En Seine-Saint-Denis comme dans le Nord-Pas-de-Calais, les politiques d’austérité ont un impact direct et concret sur les patients.

La lettre a été envoyée mi-mars par l’agence régionale de santé (ARS) du Nord-Pas-de-Calais à un hôpital présentant une « situation financière fortement dégradée ». Afin que l’établissement poursuive ses « efforts d’efficience », l’administration incite l’établissement à « retrouver progressivement un cycle d’exploitation équilibré en agissant sur la maitrise des charges et en particulier des charges de personnels ». L’injonction cachée derrière ce jargon administratif est claire : il faut réduire la masse salariale. « Ce n’est pas un, mais tous les hôpitaux de la région, qui sont confrontés à une cure d’austérité », s’inquiète Yannick Sobaniak, de l’union syndicale CGT Santé Action sociale du Nord, faisant allusion au plan d’économies de 3 milliards d’euros à réaliser sur les établissements de santé jusqu’en 2017, dont 860 millions sur les frais de personnel. La région Nord-Pas-de-Calais, elle, doit économiser 33 millions d’euros.

Mais cet objectif devrait être durci puisqu’il a été fixé avant le tour de vis sur l’Ondam (objectif national des dépenses d’Assurance maladie), qui doit tomber de 2 % cette année à 1,75 % en 2016 et 2017. « On s’oriente vers un plan de 70 millions d’euros d’économies sur la région. Le directeur de l’ARS n’a ni confirmé, ni infirmé l’information. Cela va se traduire par des fermetures de lits, d’activités, de services, avec pour conséquence plus de 1 500 suppressions d’emplois pour notre région. C’est le pronostic vital de certains hôpitaux de notre région qui est engagé », analyse Yannick Sobaniak.

"Des situations sanitaires et sociales catastrophiques"

Réduire le nombre de lits et le nombre d’emploi, aux yeux du gouvernement, ce sera possible grâce à ce qui est présenté comme le « virage ambulatoire ». Pourtant, à Lille, « le CHU (centre hospitalier universitaire) a constaté que le taux de retour aux urgences des patients qui ont été traités en ambulatoire avoisine les 40 à 50 %. Ils embolisent les services d’urgences et les spécialités derrière », dénonce le syndicaliste. Et il y a bien sûr la remise en cause des 35 heures. « A l’hôpital de Calais, ils ont perdu six jours de RTT en mai dernier. A l’hôpital de Denain, la direction a annoncé qu’elle allait revoir le protocole RTT. A l’hôpital de Béthune, c’est vingt postes qui sont menacés. A Wattrelos, on s’attend à ce que la direction tente à nouveau de fermer les urgences », énumère Yannick Sobaniak, également inquiet des conséquences de la mise en place programmée des groupements hospitaliers de territoire, rendus obligatoires par la loi Santé, sur les petits établissements. « Alors que la loi n’est pas votée, les ARS (agences régionales de santé) poussent à l’expérimentation pour que ces groupements soient effectifs au 1er janvier prochain. C’est le prélude à la fusion des hôpitaux publics entre eux mais aussi avec le privé et la suppression massive de postes dans le service public hospitalier. Or des études récentes ont montré que les “hôpitaux-usines” dotés de nombreux lits n’étaient pas ceux qui soignaient le mieux les patients », indique Mireille Stivala, secrétaire générale de la CGT Santé.

« On résonne en offre de soins alors qu’il faut réfléchir à partir des besoins de la population », estime Yannick Sobaniak, d’autant plus indigné que tous les indicateurs de santé sont dans le rouge. Comme le rappellent six élus communistes dans une lettre adressée le 19 mai dernier à Marisol Touraine, la ministre de la Santé, « l’espérance de vie y est de quatre années inférieure à celle de la moyenne nationale. La région a le triste record du plus grand nombre de décès par maladie veineuse, insuffisance cardiaque ou rénale, diabète… Le pourcentage d’accidents vasculaires cérébraux (AVC) est le plus élevé avec 59,5 décès pour 100 000 habitants, contre 45,8 nationalement. (…) Nous ne pouvons accepter que “moderniser” le système de santé se traduise par la réduction drastique des moyens. Et que l’austérité préside systématiquement aux politiques de mises en œuvre », concluent-ils. Quant au renoncement aux soins dans le Nord, il explose, assure Yannick Sobaniak. « C’est pour ça, d’ailleurs, que le nombre de cancers explose. Quand les patients arrivent aux urgences, on découvre des situations sanitaire et sociale catastrophiques ! Pourtant, rappelle le syndicaliste, il n’y a jamais eu autant de médecins en France. Mais ici, dans le Nord, on est les parents pauvres. A Wattrelos, il reste une trentaine de médecins généralistes pour 40 000 habitants. Et quasiment plus aucun spécialiste. Sans compter que l’ARS veut nous fermer les urgences. Comment on va faire pour se soigner ? »

Cette discrimination, la ville de Saint-Denis et le département de Seine-Saint-Denis les vivent eux aussi de plein fouet. La désertification médicale n’est, ici, pas un vain mot. Il reste ainsi à Saint-Denis un seul gynécologue, trois pédiatres, cinq ophtalmologues… De l’aveu de Stéphane Degl’Innocenti, délégué Sud de l’hôpital Delafontaine de Saint-Denis, l’inégalité d’accès aux soins est même « disproportionnée ». « Ici, tous les indicateurs sanitaire sont mauvais. La mortalité infantile est plus élevée que la moyenne régionale. Et sur le terrain, les moyens humains et financiers ne sont pas à la hauteur » L’hôpital Delafontaine en est l’exemple le plus frappant : alors que cet établissement accueille toujours plus de patients précaires - un-tiers sont bénéficiaires de l’Aide médicale d’Etat (réservée aux étrangers en situation irrégulière) ou de la Couverture maladie universelle (dispositif d’accès aux soins pour les personnes en situation de précarité) – il n’échappe pas aux chocs budgétaires. Le changement du mode de financement de l’AME, dont le coefficient de majoration prenant en compte la spécificité des patients précaires a été supprimé a coûté, selon les syndicats, 3,2 millions d’euros en 2015 à l’hôpital. Rapporté à son budget (175 millions d’euros), c’est l’hôpital le plus touché de France. « La dotation précarité est gelée depuis 2010. L’activité de l’hôpital est en hausse de 14 %, mais le budget est en baisse de 0,42 % », précise également Malika Faucher, déléguée CFDT de l’hôpital. « Accueillir des patients précaires, ça a un coût », résume Spencer Laidli, délégué CGT, prenant l’exemple des 25 assistantes sociales qu’emploie l’hôpital. « On en a besoin pour ouvrir des droits rapidement. Ca coute un million d’euros par an… » Même la Fédération Hospitalière de France (FHF) reconnait que l’hôpital public « répond à de nombreuses missions d’intérêt général, comme l’accueil des personnes en situation de précarité, [qui sont] très mal financées ».

Résultat des courses, l’hôpital va afficher pour 2015 un déficit de 3,2 millions d’euros. Mais n’échappe pas à la cure s’austérité. « On supprime des postes en pédiatrie ; la dotation attribuée à la pédopsychiatrie est loin de couvrir les besoins du territoire : il y a ainsi un an d’attente pour avoir un rendez-vous et 400 familles sont en attente ; aux urgences, l’activité a augmenté mais les postes n’ont pas suivi. Le taux de contractuels dépasse les 30 %. Et la seule réponse qu’apporte la direction, c’est le passage en douze heures », déplore Spencer Laidli. Face à cette situation, le syndicat Sud a déposé un recours pour discrimination territoriale auprès du défenseur des droits. « La situation est plus grave à Saint-Denis qu’à Neuilly », ironise Stéphane Degl’Innocenti.

Le « 93 » est le département le plus touché par la tuberculose

De fait, outre la situation très tendue du secteur hospitalier (hôpital Ballanger d’Aulnay, hôpital de Montreuil, établissement psychiatrique de Ville-Evrard), le département est caractérisé « par un déficit d’offre de soins » général. Le conseil départemental a ainsi vu ses activités de dépistage de la tuberculose, du VIH, des IST (infections sexuellement transmissibles), des cancers du sein et colo rectal et de vaccination menacées par une nouvelle réduction budgétaire. En 2014, la CPAM (Caisse primaire d’assurance maladie) avait mis fin au financement d’une partie de ses subventions compensées après plusieurs mois de lutte politique, par l’Etat à hauteur de 1,3 million contre 1,6 million auparavant. Aujourd’hui, l’ARS remet en cause ce financement pour des raisons comptables et compromet toute la politique de santé publique et de prévention menée par le département, mais aussi par ricochet, par les villes et les associations, dénonce Pierre Laporte, conseiller départemental Front de Gauche. Sachant que la récente mise à jour des données de Seine-Saint-Denis publiées par l’Observatoire régional de la Santé met en lumière une situation sanitaire alarmante : Le « 93 » est le département le plus touché par la tuberculose. La mortalité par tuberculose y a presque doublé et c’est aussi le département métropolitain le plus touché par l’épidémie de sida... « L’ARS annonce le virage ambulatoire, pour aller vers plus de soins de jour. C’est oublier que dans ce département qui n’a plus de kiné et de moins en moins de médecins, de nombreuses personnes sont fragiles et isolées », déplore Pierre Laporte, qui dénonce également la fermeture de la moitié des points d’accueil de la CPAM du département. 18 antennes sur 33 devraient fermées leur porte dès septembre, ce qui impactera 1,53 million d’assurés sociaux. Pour l’administration, il s’agit de réorganiser l’accueil pour homogénéiser et améliorer la qualité du service. L’élu, lui, pointe les difficultés d’accès à ces centres pour des populations « dont les situations sociales et sanitaires sont de plus en plus complexes. Quelqu’un qui habite Montfermeil devra aller au Raincy, alors qu’il n’y a pas de transport. Ca n’a pas de sens », fulmine Pierre Laporte.

« L’objectif, c’est de faire des économies. La convention d’objectif et de gestion prévoit de supprimer 8 000 postes à l’échelle nationale et de réduire les frais de gestion. Ca se décline au niveau local », explique Carlos Léal, secrétaire général adjoint CGT de la CPAM du 93. En Seine-Saint-Denis, la Sécu espère économiser 1,5 million par an, soit moins de 2 % de son budget. « Ici, avec le dernier projet d’entreprise, on a déjà perdu une trentaine de postes. On va en perdre autant. Du coup, on n’a plus les effectifs suffisants pour assurer le service, indique le syndicaliste. Pour ce dernier, c’est certain, on est en train de « créer un no man’s land ». « On nous dit qu’aucun assuré ne sera à moins de 30 minutes d’un accueil. On a du mal à y croire ! » Lui voit poindre le « syndrome de l’usine à gaz ». « A Bobigny, la CPAM enregistre parfois des pics de 900 personnes par jour. Ils vont avoir une hausse substantielle d’assurés par jour. Sans compter que la priorité est donnée à l’accueil et aux prestations en nature, mais tout le reste est délaissé : les indemnités journalières, les accidents du travail, les congés maternités… Comme il y aura moins d’agents pour s’en occuper, les dossiers vont encore s’accumuler. Et cela va générer encore plus d’incivilités… »

« Les problématiques de financement de la Sécurité sociale, des hôpitaux et des établissements sociaux et médicaux-sociaux ne sont pas liés à l’augmentation des dépenses, mais bien au manque de ressources organisées », ponctue la CGT du Nord-Pas-de-Calais. Comme conclut Pierre Laporte : « Le président du département de Seine-Saint-Denis s’indigne de la fermeture des CPAM et des économies imposées par l’ARS mais pas contre les 10 milliards d’économies du gouvernement ! »

En Seine-Saint-Denis, des indicateurs de santé alarmants. Un habitant sur quatre vit dans un foyer à bas revenus en Seine-Saint-Denis, contre moins de 15 % en Île-de-France et en France. 12 % de la population bénéficie de la CMU-C, soit deux fois plus que les taux régional et national. Le département concentre aussi un tiers des bénéficiaires de l’AME de la région. L’espérance de vie y est aussi la moins élevée des départements d’Île-de-France, et l’offre de soins plus déficitaire qu’ailleurs. Le taux d’incidence de la tuberculose y est en revanche le plus élevé de France : 26,8 cas pour 100 000 habitants ont été déclarés en 2012, soit trois fois plus qu’en France métropolitaine. La Seine-Saint-Denis est également le second département francilien le plus touché par le VIH après Paris, avec 31,2 personnes découvrant leur séropositivité pour 100 000 habitants (2011).

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Published by bruno fornaciari - dans SANTE
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23 juillet 2015 4 23 /07 /juillet /2015 20:33

Une prime de solidarité pour les vieux chômeurs

DANIEL ROUCOUS

LUNDI, 20 JUILLET, 2015

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Photo AFP/Philippe Huguen

Vous êtes demandeurs d’emploi en fin de droit et avez 60 ans. Voici les conditions et les démarches pour percevoir la PTS (prime transitoire de solidarité).

Ont droit à la PTS, les demandeurs d’emploi qui cumulent les conditions suivantes (décret n° 2015-860 du 15 juillet 2015) :

- être né(e)s entre le 1er janvier 1954 et le 31 décembre 1955,

- être en fin de droit c’est-à-dire ne plus percevoir l’ARE (allocation de retour à l’emploi) ou l’ASR (allocation spécifique de reclassement) ou l’ATP (allocation de transition professionnelle ou de sécurisation professionnelle),

- être bénéficiaires de l’ASS (allocation de solidarité spécifique) ou du RSA (revenu de solidarité active),

- ne pas avoir atteint l’âge légal de la retraite, soit 61 ans 7 mois pour celles et ceux nés en 1954, 62 ans pour celles et ceux nés en 1955,

- avoir validé le nombre de trimestres requis pour bénéficier d’une retraite à taux plein à la date de cessation du versement de l’ARE, l’ASR, l’ATP ou l’ASP, c’est-à-dire 165 trimestres de cotisation vieillesse pour celles et ceux nés en 1954 et 166 trimestres pour celles et ceux nés en 1955.

Le montant et la demande

Toutes ces conditions remplies, Pôle Emploi vous verser une PTS (prime transitoire de solidarité) de 300 € par mois en plus de l’ASS ou du RSA jusqu’à l’obtention d’une pension de retraite à taux plein.

Attention il faut avoir atteint 60 ans. Mais bien qu’entré en vigueur le 17 juillet 2015, cette prime est effective à effet rétroactif du 1er juin.

Autre possibilité

Celles et ceux qui ne remplissent pas les conditions pour le droit à la PTS, il est toujours possible de bénéficier de l’ATS (allocation transitoire de solidarité) qu’il est encore possible de demander jusqu’au 31 décembre 2015 par tous demandeurs d’emploi en fin de droit nés entre le 1er janvier 1952 et le 31 décembre 1953 et qui ne bénéficient pas encore d’une pension de retraite à taux plein. Son montant est de 35,09 euros par jour sous réserve de ne pas disposer de ressources supérieures à 48 fois le montant de l’ATS pour une personne seule ou 69 fois pour un couple.

En savoir plus sur http://www.pole-emploi.org/bulletinsofficiels/instruction-n-2013-45-du-22-avril-2013-bope-n-2013-48--@/bulletinsofficiels/1750/view-article-50216.html;jsessionid=12VJTv5SfbpgshqmDTMpJns15xL2mpY028hptGD82JnQvdGKckSk!516005409!799329666

En savoir plus sur le droit à l’ASS (allocation de solidarité spécifique) cliquez sur http://vosdroits.service-public.fr/particuliers/F12484.xhtml

En savoir plus sur la dispense de recherche d'emploi sur http://www.pole-emploi.org/statistiques-analyses/dispenses-de-recherche-d-emploi-a-fin-septembre-2014-@/524/view-article-91086.html

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22 juillet 2015 3 22 /07 /juillet /2015 17:57

Mesdames, Messieurs,

Un appel pluraliste a été lancé pour la dénonciation par la France du Traité de l’Atlantique nord et le retrait de ses armées du commandement intégré.

Le 21 mai 2015 à l’Assemblée nationale, lors du colloque intitulé « La France peut-elle retrouver une diplomatie indépendante ? », un ancien ambassadeur de France et ancien secrétaire général du Quai d’Orsay a déclaré que l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) n’aurait pas dû survivre à la disparition de l’URSS et à la dissolution du Pacte de Varsovie.

Les initiateurs d’un appel de sensibilités républicaines et patriotiques diverses, ayant dans le passé, approuvé ou non l’existence de l’OTAN affirment unanimement, qu’en effet aujourd’hui, cette organisation n’a plus de raison d’être.

L’OTAN s’est en réalité élargie en intégrant, contrairement aux engagements pris envers Gorbatchev, nombre de pays anciennement socialistes, avançant ainsi méthodiquement dans un processus d’encerclement de la Russie en multipliant les bases militaires étasuniennes dans ces pays.

Cette politique ouvertement agressive s’est accompagnée de l’installation d’un bouclier de missiles anti-missiles à proximité de la Russie éventuellement destiné à permettre une première frappe nucléaire sur ce pays, en stérilisant ou en limitant de façon drastique ses possibilités de réplique.

C’est dans ce contexte géopolitique que l’Ukraine a vécu la « révolution orange », téléguidée par les États-unis et soutenue par l’Union européenne, qui a permis la mise en place par la force d’un gouvernement hostile à la Russie avec la participation de néonazis notoires. Il est temps que la France se dissocie de cette politique antirusse provocatrice qui risque de déboucher sur une troisième guerre mondiale éventuellement nucléaire.

Organisation politique et militaire, l’OTAN est tout à la fois l’instrument diplomatique et le bras armé qu’utilisent les États-unis avec la complicité des États vassaux au premier rang desquels se trouvent la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne.

Le gouvernement américain, fort d’une doctrine militaire incluant la guerre préventive et l’usage d’armement nucléaire en premier, doté de plus de 700 bases militaires réparties sur tout le globe, et décidé à combattre la menace terroriste sans la volonté d’en rechercher les causes, conduit l’OTAN et donc la France à participer, dans un chaos organisé, à une guerre permanente au mépris de nos intérêts et de notre propre sécurité. De la Yougoslavie à l’Irak, de la Syrie à la Libye, la France use son potentiel militaire et son crédit diplomatique et oublie les valeurs de son peuple, au profit d’une politique définie à Washington.

En réalité, les États-unis mènent avec l’OTAN une politique d’agression et de guerre généralisée qui ne saurait demeurer plus longtemps celle de notre Nation. Il est grand temps que la France recouvre la souveraineté de ses décisions et la liberté de choisir ses partenaires en conformité avec sa philosophie et les intérêts du peuple français.

Il est tout à fait possible que la France renonce à son appartenance au traité de l’Atlantique nord et retire ses armées du commandement intégré. La France en redevenant libre devra exiger la dissolution de l’OTAN qui n’a plus de raison d’être.

Sous le bénéfice de ces observations, il vous est demandé de bien vouloir adopter la présente proposition de résolution.

PROPOSITION DE RÉSOLUTION

Article unique

L’Assemblée nationale,

Vu l’article 34-1 de la Constitution,

Vu l’article 136 du Règlement,

Est favorable à la sortie de la France du Traité de l’Atlantique Nord ainsi qu’à la dissolution de cette organisation.

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21 juillet 2015 2 21 /07 /juillet /2015 12:23
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20 juillet 2015 1 20 /07 /juillet /2015 07:37
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20 juillet 2015 1 20 /07 /juillet /2015 06:17
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BRUNO FORNACIARI

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