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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 13:57

Paul Boccara

Il faut partir  du défi de la gravité de la crise financière et sociale en Europe et en France. Tandis que la droite, cogne comme jamais contre les dépenses sociales, sous prétexte de rigueur, pour répondre aux exigences des marchés financiers. Il faut lui opposer la rigueur d’autres financements possibles, pour un progrès à la fois social et économique.


Après la formidable crise financière et des banques en 2008 aux Etats-Unis et en Europe, suivie de la récession à l’échelle mondiale en 2009, on a eu les énormes soutiens publics des banques et aussi des relances de la croissance à partir des fonds obtenus par les endettements des Etats. Mais on n’a pas changé  les critères des banques,  qui ont  relancé leurs activités spéculatives.

 

Tout cela a débouché sur la crise des dettes publiques européennes,  avec la spéculation contre ces titres de dettes. D’autant plus  que ces dettes avaient grossi considérablement, en liaison avec les facilités d’endettement en euros des Etats de la zone, malgré les capacités de remboursements limitées de plusieurs Etats, de la Grèce à l’Espagne. D’où les hausses intolérables des taux d’intérêt des nouvelles dettes, pour le remboursement de ces Etats, et les interventions de fonds européens pour soutenir ces endettements. C’est la crise de  la construction fondée sur l’euro.


 Cela a  engendré en 2011 de grandes difficultés de plusieurs banques et du crédit bancaire, contre l’emploi. Car les banques sont fragilisées par la masse de titres de dettes de leur capital, dévalorisés et attaqués par la spéculation. Après la Grèce avec ses  350 milliards d’€ de dettes publiques, l’Italie est menacée avec1900 milliards d’€ de dettes, tandis que  la France  en  a 1690 milliards.


Les mesures du sommet européen  le 27 octobre  ont entraîné  certains  répits  provisoires mais les graves problèmes  ne  sont pas résolus. Et les pressions continuent sur les dettes  italiennes, espagnoles  et mêmes françaises désormais. Outre le soutien conditionnel à la Grèce, ce sont :
-100 milliards€, la moitié de la dette publique grecque dans les banques, non remboursés. Ce n’est  qu’une partie limitée  des 350 milliards de dette,  sans compter les risques pour les autres pays, comme l’Italie.
 -  des recapitalisations des banques, une augmentation de leurs fonds propres ( de 106 milliards€), mais  en comptant sur leurs profits, et sans changement de leurs critères.


-Le Fonds européen de stabilité financière (FESF) à la capacité  portée à 1000 milliards€,  au lieu de 440 milliards, mais à partir des marchés financiers  et avec des garanties des Etats,  surtout l’Allemagne et la France.


Au contraire,nous avons proposé que  la prise de dettes par la  BCE soit amplifiée,  alors que déjà  la BCE en a acheté 187 milliards au 14 novembre 2011. Alors qu’on veut remplacer ses interventions par le Fonds de stabilité. Finalement   Sarkozy avait dû avancer l’idée d’un appel du FESF à la BCE, mais cela s’est heurté à l’opposition de Merkel et  il s’est incliné. 

Désormais Hollande lui- même a dû revendiquer cette  intervention de la BCE, quoique uniquement pour soutenir les dettes et non aussi pour le progrès social. Au G20, de novembre , notons que Sarkozy y a avancé les propositions de taxation européenne  des transactions financières.  Mais soulignons qu’elle ne touche pas aux mécanismes financiers eux- mêmes. Et d’ailleurs Tobin lui-même déclarait que cette taxe ne visait qu’à contribuer à organiser un autre crédit qui est la chose essentielle.

Les mesures d’austérité imposées aux peuples, de la Grèce à la France, les limitations des dépenses sociales et des dépenses pour les services publics, soi-disant pour réduire les déficits et l’endettement, tendent en réalité à déprimer la demande. Elles brident ainsi la croissance et  compriment  donc les recettes fiscales, relançant les difficultés. Ce sont
10% de baisse du PIB en Grèce en 3 ans et  une croissance  déprimée en France, en 2011 1er trimestre : +1,9%, 2ème trimestre -0,1%, 3 è trimestre+0,4%.  L’austérité et les difficultés du crédit  contribuent à la relance du chômage dans l’Union européenne. Le taux de chômage  a  dépassé 21% en Espagne, plus de 9,5% en France avec 2,8millions de chômeurs catégorie A et 4,4 millions  toutes catégories. Les services publics, école, santé, logement social, etc., sont attaqués. En France, l’austérité redouble, avec le plan Sarkozy- Fillon récent : contre les dépenses publiques et sociales, pour l’augmentation de la TVA, la désindexation-réduction des prestations familiales et des aides aux logements, la mise en cause de tous les transferts sociaux

Au cœur de la réponse à la crise économique et sociale, de l’alternative à gauche et de l’apport du PCF et du Front de gauche, il y a les banques et le financement.
.
Pour la bataille à gauche, il faut partir des contradictions du PS sur ces questions. S’appuyer sur les éléments positifs pour les développer contre les éléments négatifs qui prédominent.


 D’un côté, dans  le débat des primaires du PS, ont avancé des exigences de contrôle public des banques. Mais en contradiction, d’un autre côté, ce qui prédomine c’est l’obsession de la réduction du déficit et de la dette publics, et donc des dépenses publiques, en surenchère avec Sarkozy.


L’objectif  de Hollande serait de réduire, comme Sarkozy, la part du déficit public dans le PIB à 3% en 2013(actuellement  5,7%et 0% en 2017 ! 


Cependant le recours  aux mesures d’austérité pour réduire les dépenses sociales est renforcé sous la pression des marchés financiers. Ainsi la France  a été menacée par l’agence de notation Moody’s  de la dégradation de sa note AAA. Cette dégradation  entraînerait, dit-on  une augmentation des intérêts à payer, dont le taux passerait, dit-on , de 3% à 4,5% et de  50 milliards  à 70 ou 75 milliards€.( Mais déjà les taux à 10 ans  sont passés3,6% à la mi- novembre contre 1,7% pour l’Allemagne).


Les propositions  alternatives  doivent être articulées  aux luttes dans les entreprises, les services publics, les collectivités territoriales, pour les besoins d’emplois, de salaires, de services publics et de nouveaux pouvoirs.
Dans le PS  sont certes donc montées les idées d’un contrôle public des banques, avec des   représentants de l’Etat dans leurs conseils d’administration , voire leur  droit de veto,   et de mesures contre la spéculation, comme  pour la séparation  entre banques de dépôts et banques d’affaires. Mais persistent de grandes insuffisances sur l’importance   du contrôle public des banques, et surtout le vague sur  un autre comportement des banques et un autre crédit.

Les propositions du PCF et du Front de gauche concernent  4 grandes mesures :


1) Un Pôle  public financier en France.   Il participerait à une incitation  et à un contrôle public des banques. Face au défi de recapitalisation, des prises de participations et  certaines  nationalisations, avec de nouveaux pouvoirs, contribueraient à un pôle public financier,  également adossé  à la Caisse des dépôts, la  Banque postale,  les Caisses d’épargne, les banques mutualistes .

 

En outre, nous proposons  des mesures de taxation des banques  et  une mutualisation des garanties entre elles. Ce pôle, directement et par coopération avec toutes les banques, inciterait à un autre type de crédit : une baisse sélective  très forte des taux d’intérêt, jusqu’à zéro (voire négatifs  avec une diminution des remboursements), pour des crédits aux entreprises, avec des taux d’intérêt d’autant plus abaissés que sont programmés emplois et formations, et une efficacité des investissements avec recherche et formation.


2)Un refinancement des banques par la BCE,  pour le nouveau crédit. Cela implique de nouvelles missions pour la BCE (croissance, emploi, et non priorité à la lutte contre l’inflation),  et son contrôle  public démocratique.
Le 3 novembre, le taux de refinancement de la BCE pour les banques a été abaissé de 1,5 à 1,25% mais sans conditions pour les banques, et éventuellement pour la spéculation.


 Il  faut faire comprendre la force formidable de la création monétaire de la Banque Centrale. Si la création monétaire favorise les salaires, l’emploi, la  production réelle, elle ne développe pas l’inflation.
Il s’agit aussi de  rompre avec l’obsession libérale de la réduction des déficits et des dettes. Il peut exister une bonne dette pour favoriser un nouveau type de croissance fondé sur  la  progression de l’emploi et des services publics.


3) Une création monétaire par la BCE  pour développer sa prise de titres de dettes publiques européennes des Etats en difficultés.
 Alors qu’ au contraire, le FESF s’appuie sur les marchés financiers  et sur  les garanties  des Etats, avec la  dépendance des marchés financiers et leurs pressions sur les Etats.


 4)    Une prise de  titres de dette publique par la BCE pour le progrès social. Cela alimenterait un  « Fonds européen de développement social et écologique », pour   l’expansion des services publics. Cette  proposition du PCF a été reprise par le Parti de la Gauche Européenne (PGE), et par le Front de gauche.  Cela se rapproche des propositions des forces syndicales et de gauche en Allemagne pour une Banque publique.
 C’est dire l’importance de la  bataille pour une autre utilisation de la BCE, avec un contrôle politique démocratique de l’euro.
 Il ne s’agit pas de la fuir, avec la proposition de sortir de l’euro, de Marine Le Pen ou  de certains à l’extrême gauche, qui est dangereuse:


-Elle entraînerait une dévaluation des monnaies nationales  et la montée des dettes publiques, la pression renforcée contre les salaires, les dépenses sociales et la croissance.
-On se priverait de la force de la création monétaire en Europe,  à partir d’une base réelle  large et de solidarités.
.-On renforcerait la domination  mondiale du dollar, au lieu de l’appui  de l’euro pour  un autre FMI, avec  la création d’une monnaie commune mondiale émancipée de la domination du dollar, pour une autre mondialisation de progrès social.
Devant les luttes dans tous les pays, à commencer par la Grèce malgré le rejet   du référendum, de nouvelles négociations seraient possibles dans la zone euro pour modifier les mesures, en prenant en compte les exigences sociales.

 

Une construction nouvelle de l’Union européenne, de démocratie participative, sociale, internationaliste, dans une Confédération, peut s’opposer  au  fédéralisme d’une gouvernance européenne de domination du couple franco-allemand  où l’emporterait d’ailleurs  l’Allemagne. 

 Il faut maîtriser et commencer à dépasser  les marchés : de la  monnaie et de la  finance ; du travail,  en avançant vers une sécurisation de l’emploi et de la formation ;  des productions, avec de nouveaux critères de gestion des entreprises, pouvoirs des salariés,  une véritable politique industrielle ; du marché mondial,  avec des coopérations de réciprocité et des taxes,  protégeant contre les concurrences destructrices et les délocalisations, notamment contre les dumpings sociaux et écologiques à l’extérieur de l’Union européenne.  Il faut répondre au défi  du recul de l’emploi et même de la désindustrialisation en France  et dans l’Union européenne à l’exception de l’Allemagne, comme d’ailleurs aux Etats- Unis. Le recul de l’emploi industriel renvoie surtout aux progrès formidables de productivité, économisant le travail direct et le travail contenu dans les moyens de production. Cela exige de développer la demande de façon nouvelle avec l’expansion des services publics. Mais la désindustrialisation renvoie aussi aux délocalisations vers les pays à bas salaires, aux exportations de capitaux, aux difficultés nouvelles du crédit. D’où les bases d’un autre crédit et d’une politique industrielle, d’accords internationaux de réciprocité et de co-développement.

 

 Une autre mondialisation est possible,  également avec une autre BCE. Une véritable coopération euro-méditerranée,avec  l’enjeu de démocratisation dans les pays arabes,  on s’appuierait sur  un type de plan Marshall, avec des dons en euros aux banques centrales  de ces pays,  pour  des achats  aux pays de l’Union européenne, afin de favoriser  croissance et emploi des deux côtés.


 Une autre coopération est possible avec les  Pays émergents, à l’échelle mondiale. La Chine propose de participer au  FESF et  elle a déjà pris des dettes européennes. En négociant  avec elle de nouveaux rapports, il ne s’agit pas de s’y opposer comme le fait le PS. La Chine  tend d’ailleurs à s’émanciper du dollar. Et elle a  repris nos
propositions d’une nouvelle monnaie commune mondiale émancipée du dollar , à partir des DTS du FMI.  Cela permettrait un refinancement des banques centrales elles- mêmes, pour un autre crédit partout. Et cela  permettrait  aussi  la prise de  titres de dette publique par le FMI, pour les services publics, au plan mondial, avec des biens  ou services publics et communs de toute l’humanité.








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Published by bruno fornaciari - dans SOCIAL-ECONOMIE-FINANCES
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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 11:54

Financement 2010 des partis selon la Commission nationale des comptes de campagne

Rapport à l’argent : en France, les élus communistes sont

Au PCF, le versement des indemnités des élus à leur parti représente plus de quatre fois le financement public annuel, et près de la moitié des recettes. L’UMP se situe à l’opposé, avec une aide publique 15 fois supérieure au versement des indemnités. Et à La Réunion ?




"Le Monde" d’hier publie les résultats de l’analyse des données relatives au financement des principaux partis politiques en France. Cela permet d’avoir un aperçu sur le rapport à l’argent des élus.


Selon les chiffres de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques, c’est le PS qui a obtenu le plus de recettes en 2010, avec 55 millions d’euros, devant l’UMP et le PCF.


À noter que pour l’UMP, le financement public apporte 66,7% des recettes. Chez les communistes français, la contribution des élus s’élève à 49,6% des recettes, soit plus de quatre fois le financement public, alors qu’à l’UMP elle ne représente que 3,5% des recettes.


À la lecture de ses chiffres officiels, il existe bien deux types de parti : ceux où les élus contribuent au financement par le versement des indemnités, et ceux où les élus ne versent pas.


D’après les comptes 2010 de la CNCCFP, en France l’UMP est dans la catégorie des partis où les élus ne versent pas l’indemnité, tandis que les élus les plus vertueux sont les communistes.


Pour sa part, le PS se situe en dessous du PCF sur ce point, car malgré un nombre plus important d’élus, ces derniers ne versent pas autant que les communistes.

 


Voilà qui éclaire sur le rapport à l’argent des élus en France.

 

Cela fait pièce à ceux qui disent  : "ils sont tous pareils. Ils se servent de la politique et la place est bonne".

 

Les élus communistes sont des militants qui ne cherchent pas d'avantages à leur fonction d'élus, qui est une acitivité spécifique du militantisme. En ce sens, élus, ils servent les intérêts de la population sur la base des programmes et des engagements, et ils contribuent fortement avec leurs indemnités, au financemement de leur parti, comme le font les autres militants avec leurs cotisations et autres souscriptions.

 

 

Principales recettes des partis politiques

Voici en valeur absolue le détail du financement de quelques partis politiques en France.

 

Parti Recette totale Versement des élus Financement public Dons de personnes physiques Cotisation
PS 55 millions 15,1 millions 23,2 millions 880.000 9,35 millions
Parti communiste 32 millions 15,9 millions 3,8 millions 5 millions 3 millions
UMP 50 millions 1,75 million 33,35 millions 7 millions 5,5 millions
Europe écologie 8,8 millions 2 millions 1,8 million 440.000 1 million
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Published by bruno fornaciari - dans PCF-FRONT DE GAUCHE
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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 11:10

Intentions de vote aux élections

Présidentielle 2012

   
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2ème tour >>

Résumé des intentions de vote au 1er tour

Ifop R LH2 Ipsos Opinion- Way CSA BVA Ifop Opinion- Way Ifop Harris Opinion- Way CSA
Nathalie Arthaud 0 0,5 1 0,5 0 1 0,5 0,5 0 0,5 0,5 1
Philippe Poutou 0 0 0 1 0,5 0 0,5 1 0 0 1 0,5
Jean-Luc Mélenchon 7 8,5 7,5 6 7 8 6 7,5 6,5 6 6 6
François Hollande 28,5 30 29 27 29 28 28 27 27,5 28 29 32
Jean-Pierre Chevènement 0,5 0,5 0 0,5 0 1 0 0,5 0,5 1 0,5 1
Eva Joly 3 3 3 3 2 4 3 4 5 4 3 3
François Bayrou 12,5 14 14 15 13 11 12 14 11 11 11 11
Corinne Lepage 0,5 0,5 0,5 0,5 0 1 0,5 0,5 1 0,5 0,5 0,5
Hervé Morin 0,5 0 0 1 0 0 1 1 0,5 0,5 1 0
Dominique de Villepin 1,5 2 3 2 3 4 2,5 2 3,5 3 3 2
Frédéric Nihous 0 0 0 0 0 0
Nicolas Sarkozy 25 23,5 23 25 26 24 26 24 24 25 25 26
Christine Boutin 0 0,5 0 0,5 0,5 1 0,5 1 0 0,5 1 0,5
Nicolas Dupont-Aignan 1 0 0,5 1 0 0 0,5 1 0,5 1 1,5 0,5
Marine Le Pen 20 17 18 17 19 17 19 16 20 19 17

16

 

M

 

 

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Published by bruno fornaciari - dans ACTUALITES
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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 10:56

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, a estimé lundi lors de ses voeux que "l'espoir est permis" en 2012, estimant que le Front de gauche était "la solution" à la crise.

 

"Face à la chappe de plomb du système qui étouffe notre société, ces premiers jours de janvier" font espérer que "l'année 2012 sera celle où nous clamerons à nouveau "l'espoir est permis", a-t-il dit au siège du PCF, devant plus de 200 personnes dont Jean-Luc Mélenchon. Il faut "se débarrasser de Sarkozy et sa politique et tout autre soeur jumelle de cette politique", "ensemble nous sommes la solution", "à notre tour de prendre le pouvoir!", a-t-il ajouté, entouré de candidats aux législatives. Pour le numéro un communiste, "rien n'est joué" dans cette présidentielle, car "ce qui est en train de cheminer" c'est que le Front de gauche est "une réponse neuve et indispensable pour sortir de la crise". M. Laurent a alors "salué Jean-Luc Mélenchon, notre candidat commun" qui "mène une campagne formidable" et dont le nom a été très applaudi place du Colonel Fabien.

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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 21:24
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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 21:17

Le saviez-vous ?

Il y a eu un grand meeting du Front de Gauche à Nantes, ce week-end.

l'auteur : Place au Peuple
Site officiel de la campagne du Front de gauche, www.placeaupeuple2012.fr agrège non seulement les productions des élus, des militants, des sympathisants, mais aussi plus largement des citoyen-ne-s qui tiennent des sites d'information ou des blogs.
Le saviez-vous ? Il y a eu un grand meeting du Front de Gauche à Nantes, ce week-end.

Sur France 2, jeudi dernier, il a réalisé un sans faute de haute tenue au contenu politique fort qui a réhaussé un débat qui en avait bien besoin… De l’aveu même du Point, peu suspect de gauchisme, ce fût une très bonne émission, qui a exalté les militants, leur a redonné la pêche, et a fait renaître l’espoir non seulement auprès des soutiens traditionnels du Front de gauche, mais également auprès de personnes non politisées, des anonymes et des sans-voix qui l’ont parfois découvert à cette occasion, et ont été aussitôt conquises par son charisme et son parler-vrai, ainsi que par nos propositions. Par le blog gauchedecombat.


 

Lors du précédent meeting, à Talence, près de Bordeaux, il avait su également rassembler (plus de 3000 personnes !) , avec bien peu d’échos dans la presse nationale.

 

Ce week-end a eu lieu le plus important rassemblement du Front de gauche, à Nantes (voir ici la vidéo du meeting), depuis que Jean-Luc Mélenchon a annoncé sa candidature… Il a rassemblé plus de 6OOO personnes, ce qui n’est pas rien. Pourtant, qui en a parlé ? Qui le savait en dehors des sympathisants du front de gauche ? Les médias nationaux ont préféré évoquer davantage la promenade de Hollande sous le soleil des Antilles, ou la remontée de Bayrou dans les sondages, et n’ont retransmis de notre rassemblement à Nantes que les petites phrases et les bons mots, plutôt que l’essentiel. C’est sûrement plus médiatique..

 

Je ne tomberai pas dans le travers qui consiste à se poser en position victimaire et dans l’ostracisation propre aux leaders du front national. Je regrette simplement cet étrange silence qui porte atteinte à notre liberté d’être informés correctement, là où les médias préfèrent manifestement conditionner les opinions en parlant davantage des candidats portés par le système, où qui en tous les cas ne le dérangent pas fondamentalement… Même Marine Le Pen, qui tente de se situer si abusivement comme la candidate des plus modestes alors que son programme économique est bien de droite est plus connue et mieux médiatisée que Jean-Luc Mélenchon, et cela est bien triste pour notre démocratie…

 

Et ce n’est pas un blog aussi modeste que le mien qui y changera quoi que ce soit, même si je tente à ma façon d’apporter ma pierre à l’édifice en construction qu’est la campagne du Front de gauche… Cela est bien insuffisant. Place au peuple !

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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 14:12
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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 19:06

Monde - le 15 Janvier 2012

Szolidaritás : l'espoir à gauche en Hongrie

Entretien avec Tamás SZÉKELY, co-président du mouvement Szolidaritás, un mouvement qui se veut au dessus des partis, apte à réunir politiques, travailleurs et syndicats pour proposer une vraie alternative à gauche.

 

Vous êtes à la tête de Szolidaritás. Pourquoi avez-vous créé ce rassemblement ?

Ce mouvement a été créé en 2011 car beaucoup de Hongrois en ont marre des partis. Notre objectif est de défendre les travailleurs, les syndicats, la démocratie en Hongrie. Car ce qui se passe dans ce pays est tragique pour la démocratie, la liberté de la presse… Szolidaritás veut être un parapluie au dessus des partis.

 

Le gouvernement respecte-t-il les principes démocratiques ?

Dans les déclarations oui, mais dans les faits en aucun cas. Par exemple, en ce qui concerne les médias publics. Lors de la dernière grande manifestation, il y avait au moins 40000 personnes dans les rues. Les médias hongrois n’ont montré qu’une rue vide, sans manifestant. Il faut savoir autre chose : ces deux jours, le cours du change entre l’euro et le florint était de 340 florint. Hier, le florint était de 2 euros moins chers. Les médias ont dit que nous avions un euro fort. C’est de nouveau de la propagande, comme sous le régime communiste. Quant à la seule radio libre, elle ne fonctionnera plus à partir de février parce que sa fréquence a été attribuée à une autre radio !

 

Qu’attendez-vous des Européens et de l’UE ?

Tout d’abord, ce qui se passe en Hongrie est dangereux pour l’UE dans son ensemble. Pourquoi ? parce que la majorité d’Orban est très dangereuse. Ce qui s’est passé dans la dernière année et demi montre très bien que ce parti peut établir une nouvelle Constitution, une nouvelle loi sur les médias, et détruire toute l’organisation des instances démocratiques. Par exemple, l’indépendance de la banque centrale. Ce qui veut dire qu’en Europe, un modèle antidémocratique peut être établi, sans le moindre dialogue social. Par exemple, la nouvelle loi sur les conditions de travail a été élaborée sans une seule discussion avec le moindre partenaire social !

 

En Grèce, l’extrême droite est aussi arrivée au pouvoir. Avez-vous l’impression que l’UE ne prête aucunement attention à ce qui se passe dans les pays ?

Oui. Chez nous aussi, l’extrême droite s’est renforcée ces 8 dernières années. L’UE doit condamner clairement cette tendance. Dans les dernières grandes manifestations, il y a eu un affrontement entre les manifestants pacifiques et des militants de l’extrême droite. La police est restée sans agir.

 

Avez qui voulez-vous travailler ?

Szolidaritás veut être un parapluie au dessus des partis. Parce que c’est une bonne solution pour les prochaines élections législatives. Parce que les gens en ont assez des partis d’aujourd’hui quelque soit leur coloration, de droite ou de gauche.

 

Qu’attendez-vous en Hongrie pour les semaines et mois à venir ?

Dans les prochaines semaines et prochains mois, nous allons organiser une table ronde avec la société civile et les partis politiques, seulement les démocratiques. Et nous devons trouver une solution pour travailler ensemble, pour renforcer les liens avec la société civile. Les prochaines élections seront très difficiles pour les partis démocratiques en raison des changements dans la Loi fondamentale. Elles ne pourront être remportées que si tous les partis travaillent ensemble et sont capables de s’unir. Nous devons les coordonner et organiser une solidarité hongroise. La population hongroise est assez passive. Elle n’est en tout cas pas aussi active que la population française à cause des syndicats.

Entretien réalisé par Fabien Perrier

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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 18:37

Janvier 2012

AAA : "Ce pouvoir n'a pas les compétences requises pour sortir la France de la crise" (Pierre Laurent)

Une dégradation de la note de la France tombe à point, 5 jours avant le sommet anti-social. La perte de la note « AAA » de la France chez Standard & Poor's sera utilisée par Nicolas Sarkozy pour justifier l'adoption accélérée de sa règle d'or et de l'hyper-austérité. 


La Bourse est, elle, sereine, annoncent les dépêches. Ainsi les agences de notation s'imposent encore brutalement dans le débat présidentiel, tout comme elles ordonnent les orientations politiques du gouvernement. 

 

Faire peur à la population et rassurer les spéculateurs, pour que la première grossisse encore les profits des seconds ; tout cela pour aider Nicolas Sarkozy à poursuivre son entreprise de démolition sociale et économique.


Mais qui dira qu'en dehors de tout changement de la notation de la France, la dette publique devait passer de 85% du PIB en 2011, avec 1760 milliards d'euros, à 87% du PIB en 2012 à cause de la politique du président et de son gouvernement ?

C'est le résultat de la nocivité d'une politique soumise à la finance, c'est un fiasco. Ce pouvoir n'a pas les compétences requises pour sortir la France de la crise puisqu'il obéit à la domination financière.


Avec l'austérité, c'est la croissance réelle qui va baisser et diminuer les rentrées d'impôts et de cotisations. Pendant ce temps, les énormes cadeaux accordés aux entreprises et aux grandes fortunes comme la suppression de la taxe professionnelle, les 30 milliards d'euros annuels d'exonérations de cotisations sociales patronales ou la baisse de l'impôt de solidarité sur la fortune, continuent.


C'est aussi, et surtout, le résultat du soutien massif des banques et de l'activité par l'endettement public aux marchés financiers, sans aucune contrepartie exigée.


Ainsi, les grands groupes ont-ils pu continuer de délocaliser et de massacrer l'emploi en France, ou encore accroître la menace de le faire pour pressurer les salaires ; et les banques ont continué de spéculer contre les dettes publiques tout en fermant le robinet du crédit pour les PME.


Précisément, les banques françaises viennent de bénéficier, avec leurs principales homologues européennes, de 500 milliards d'euros de prêts à 1% sur trois ans accordés par la BCE. 


La dégradation de la note de la France va contribuer directement à cet enrichissement monstrueux des grands actionnaires des banques du fait de l'alourdissement des prélèvements en intérêts sur ses ressources publiques.


Or une hausse de un point du taux d'intérêt payé, du fait de la perte du triple A, augmenterait de 10 milliards d'euros la charge de la dette cumulée sur cinq ans.


L'obsession primordiale de la baisse de la dette, des déficits et des dépenses publics est incompatible avec l'urgence de répondre aux besoins sociaux.


La raison et la responsabilité à gauche commandent de rompre avec cette obsession. 


Il faut immédiatement reprendre le contrôle public des banques françaises - c'est indispensable.


Au lieu de diaboliser la dette publique, engageons un audit citoyen pour faire la part de la bonne et de la mauvaise dette.
La BCE doit décider de créer toute la monnaie nécessaire pour alléger les dettes publiques en France et en zone euro et de créer un Fonds social, solidaire et écologique de développement européen pour financer l'expansion des services publics nationaux et leurs coopérations.


Et c'est possible. La BCE peut et doit s'engager à prêter à la France et aux États européens à taux zéro.
Pour battre Sarkozy, il faut affronter le pouvoir financier. C'est cette autre logique que porte la candidature du Front de gauche avec Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle.

 

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF.

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14 janvier 2012 6 14 /01 /janvier /2012 20:23

Social-Eco - le 13 Janvier 2012

La France a perdu son Triple A, notre analyse

Le ministre de l'Economie François Baroin a confirmé ce vendredi soir que l'agence Standard & Poor's avait bien décidé de dégrader la note souveraine de la France et de plusieurs pays de la zone euro ce vendredi soir. "Ce n'est pas une bonne nouvelle mais ce n'est pas une catastrophe", a commenté François Baroin à propos de la nouvelle note AA+ au journal de 20 heures de France 2.

Standard & Poor's (S&P) n'a pas touché le triple A de l'Allemagne, des Pays-Bas, de la Finlande et du Luxembourg. La France recule d'un cran. En revanche, l'Italie, l'Espagne et le Portugal sont rétrogradés de deux crans (BBB+). Ces notes décernées par ces agences privées sont des indicateurs de confiance dans les capacités des pays, mais aussi des collectivités locales ou des entreprises, de rembourser leurs emprunts placés auprès des marchés.

 

Décryptage de Pierre Ivorra, spécialiste de l'économie à l'Humanité.

  • Pourquoi maintenant?

Standard and Poor's avait déjà annoncé lors du sommet européen du 8 et 9 décembre dernier qu'elle évaluerait les effets des mesures prises à ce moment-là pour revoir ou non la note de la France. La décision d'aujourd'hui ne veut pas dire que ces mesures sont insuffisantes, mais que leurs effets ne sont peut-être pas assez immédiats. A cela plusieurs raisons :
La zone euro s'enfonce un peu plus dans la récession. En Espagne, le déficit public se dégrade avec les mesures d'austérité qui contractent la dépense publique et instaure un peu plus la crise. Idem en Grèce. Même des pays comme la Finlande sont touchés. L'Allemagne n'est pas non plus dans une situation brillante. Par ailleurs, les politiques de récession prônées par le duo Sarkozy-Merkel engendrent du chômage. Les dépenses sociales vont s'accroître. Dans le même temps, la crise implique moins de rentrées fiscales, donc moins de cotisations. La dette publique augmente donc.  Enfin, malgré la baisse de son taux directeur et l'injection massive de liquidités dans les banques, celles-ci ne jouent pas le jeu et ne financent ni la dette publique, ni l'économie réelle. Les conditions de crédit se resserrent, particulièrement pour les PME.

  • Les conséquences?

Il est probable que la charge de la dette va s'alourdir, que les taux d'intérêt vont s'accroître et que le différentiel entre les taux d'emprunts de l'Allemagne et ceux de la France vont augmenter. Ces répercussions techniques vont produire des effets en cascade pour l'économie réelle. En première ligne se trouvent les banques. Celles-ci ont déjà annoncé qu'elles n'avaient pas vocation à acheter de la dette publique, donc à soutenir les Etats, comme le PDG de la Société Générale ce vendredi matin. Les compagnies d'assurance sont en deuxième ligne. Celles-ci contrôlent une bonne part de la dette française via leurs contrats d'assurance vie. Mais les Français se détournent de ces produits et préfèrent des produits d'épargne comme le Livret A. La France va avoir plus de mal à financer sa dette sur les marchés. Va-t-on vers un nouveau plan de rigueur pour contracter la dépense publique? Le cercle vicieux s'accélère.

  • Y a-t-il un plan B?

Doit-on rester sous la coupe des marchés, laisser notre sécurité sociale, nos emplois, nos salaires sous la contrainte du jugement des marchés? La question se pose un peu plus chaque jour. La dégradation de la note française est un coup porté contre la politique du gouvernement. La droite porte une énorme responsabilité dans la situation actuelle car elle a placé le financement de la dette publique sous la coupe des marchés financiers et de fonds étrangers.

La solution passe par un changement de politique du crédit, avec la création d'un pôle public du crédit comme le propose la Front de gauche. Elle passe aussi  par un changement d'orientation de la Banque centrale européenne (BCE). Celle-ci finance les banques. Pourquoi privilégier le sort des banques plutôt que celui des Etats? Il vaudrait mieux qu'elle finance directement un fonds de développement social et écologique, comme le propose encore le Front de gauche, afin de soutenir l'emploi dans le domaine public ou l'industrie.

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Published by bruno fornaciari - dans SOCIAL-ECONOMIE-FINANCES
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