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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 14:47
 
 
Fédération des Bouches-du-Rhône

 

Le système électrique et la vague de froid lors de la semaine du 16 au 20 janvier 2017

 

 

 

Le système électrique et la vague de froid lors de la semaine du 16 au 20 janvier 2017

Décidément, travestir la réalité devient un exercice régulier des politiques qui nous gouvernent. Ce matin sur France Info, Ségolène Royale vient de mentir, une nouvelle fois en jouant sur les chiffres, sur le passage de la pointe lors des journées froides de janvier.

Ci-dessous le document d’IED faisant une analyse fine et sérieuse de cette période. Elle place dans la réalité la place des énergies renouvelables.

 

 

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Published by bruno fornaciari - dans ECOLOGIE
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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 05:13
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Published by bruno fornaciari - dans PALESTINE
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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 02:14

Lettre à Patrick Cohen de France Inter

Bonsoir,

J'écoute France Inter parce qu'elle est une radio publique et que l'on pourrait croire à une information et des émissions pluralistes. Or il n'en est rien. Je vous écris à vous, mais je pourrais le faire tout aussi bien à Mr Demeurant qui après avoir pris "possession de "LIBÉRATION" s'en est fait éjecté par la rédaction et à trouvé refuge sur votre antenne dans un créneau aménagé pour lui. Bref, mon courroux est consécutif à des émissions qui "déroulent" et promeuvent sans contradicteurs, le programmes libéral et raciste du Front National. Il n'est pas rare que lorsque les dirigeants ne sont pas directement sur votre plateau ou celui de vos collègues de France Inter, l'espace politique est occupé en grande partie par les "hologrammes" de Marine Le Pen qui ont table ouverte à votre antenne. Non seulement il est irresponsable de se faire complice d'idées racistes, qui je le rappelle ne sont des opinions mas des délits, mais qu'en outre vous limitez l'antenne à ceux qui pourraient apporter éclairages et propositions en opposition frontale à ces idées rétrogrades de temps (horribles) anciens. Je veux parler de la quasi absence, et donc quasi censure des élus, dirigeants, élus, militants et idées communistes. Vous disposez d'un outil extrêmement important et décisif pour faire réfléchir nos concitoyens et leur soumettre la pluralité d'idées et de personnes. Ce que vous ne faîtes pas et je le regrette au nom de la démocratie et du pluralisme. La mise en cause "des" journalistes les plus médiatisée est souvent méritée, mais elle obère aussi l'honnêteté" et la qualité du travail d'autres journaliste qui n'ont pas la décision éditoriale qui est bien gardée par les tenants du régime. Je vous demande de bien vouloir porter attention à mes remarques qui ne sont certainement isolées, et qui ne visent, qu'au fond, à vous alerter et modifier des pratiques qui ne satisfont pas à l'exigence que porte les différentes protestations qu'elles soient épistolaires, numériques ou violentes : la vérité, l'honnêteté, le pluralisme et la fameuse transparence des faits.
Cordialement

Bruno Fornaciari

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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 14:19

Entre personnalisation et disqualification, la politique selon « C dans l’air »

par Maxime Friot

Réunissant éditorialistes de médias dominants et « experts » acceptant de jouer le jeu de l’émission de France 5, « C dans l’air » produit et reproduit des mécanismes de personnalisation et de disqualification politiques. En traitant de la politique via l’angle des stratégies personnelles, et en braquant la lumière sur quelques candidats bien placés dans les sondages – et pas sur les autres – « C dans l’air » propose un « décryptage » de l’actualité politique bien particulier.

Personnalisation politique

« C dans l’air », l’émission de France 5 animée par Caroline Roux du lundi au jeudi et par Bruce Toussaint les vendredis et samedis, fait la part belle à une analyse des comportements et stratégies des individus politiques. Les invités de l’émission s’intéressent en particulier aux rapports interpersonnels qui existent au sein du monde politique. Ils les commentent, les décryptent et les déchiffrent. Exemple ici, lorsqu’Hélène Pilichowski évoque la relation entre François Hollande et Emmanuel Macron, faite de rires et de clins d’œil :

C’est un peu l’enfant chéri, parce que François Hollande parlait d’Emmanuel Macron comme un père de son fils préféré, c’est-à-dire ils avaient une espèce de communication entre eux assez favorisée… beaucoup d’humour, beaucoup de rires entre eux, avec Jean-Pierre Jouyet, beaucoup de… une connivence, une connivence avec ce fils qui était dans le même état d’esprit, c’est-à-dire beaucoup d’aisance, beaucoup de facilité, la compréhension rapide, celui qui fonctionnait un peu comme lui intellectuellement, au quart de tour, on se fait des clins d’œil, on a tout compris, on fait un petit commentaire sur celui qui vient de sortir… (16 janvier 2017)

Cette « personnalisation et cette théâtralisation de la vie politique » se retrouve par ailleurs avec le recours au name dropping, pratique consistant à citer des noms et à montrer ses références culturelles – ou politiques, dans notre cas. Une pratique qui, il faut le dire, requiert parfois d’étonnantes qualités d’élocution. Et Christophe Barbier en a :

Oui Valls aurait probablement été en tête juste devant Benoît Hamon s’il n’y avait pas eu la candidature Peillon. Ça resterait un ballotage difficile parce qu’il y aurait toujours le renfort de Montebourg pour Hamon. Mais c’est vrai que symboliquement virer en tête ça serait quand même beaucoup plus confortable pour Valls. De ce côté-là, l’opération Hidalgo-Peillon a fonctionné, c’est-à-dire se débarrasser de Valls d’abord. (23 janvier 2017)

Voilà qui, chacun l’avouera, éclaire considérablement les téléspectateurs à propos des enjeux de la « primaire de gauche »… Une vision de la politique qui se résume aux querelles entre individus, aux alliances et aux trahisons – réelles ou supposées –, et qui relègue à l’arrière-plan, lorsqu’elles sont par miracle évoquées, les questions de fond. Une vision qui est loin d’être l’apanage du seul Christophe Barbier, comme nous avons pu le vérifier par une étude attentive du recours au name dropping au cours des émissions du mois de janvier.

Nous avons ainsi compté le nombre de fois qu’était prononcé un patronyme d’homme ou de femme politique, en prenant en compte tous les échanges (hors reportages) des émissions de janvier 2017 dont le thème était la politique intérieure [1] : soit quatorze émissions [2]. Cela ne permet pas de juger de ce qui est dit à leur sujet, mais nous pouvons par ce moyen montrer à quel point l’approche individualisée est prégnante.

Constat : les invités de « C dans l’air » ont cité 152 patronymes de personnages politiques différents. En quatorze émissions, on cumule 3126 citations de noms d’hommes (ou, plus rarement, de femmes) politiques. Plus clairement : sur 732 minutes d’antenne, cela fait, en moyenne, plus de quatre noms cités chaque minute, soit un nom cité toutes les quinze secondes. Voilà qui illustre et explicite la tendance de « C dans l’air » à centrer ses débats sur des questions de personnes (et de personnalités). On imagine en effet mal la place qu’il reste dans le débat pour analyser des idées et pour développer des argumentations solidement construites.

 

Ceux dont on parle… et ceux dont on ne parle pas

Cette méthode présente un autre atout, c’est qu’elle permet d’entrevoir de qui on parle… et de qui on ne parle pas.

Les acteurs politiques les plus cités sont (surprise !) Emmanuel Macron (son nom a été prononcé 471 fois, soit une fois toutes les minutes trente), François Fillon (441 fois) et Manuel Valls (403 fois).

Et puis il y a ceux, et surtout celles dont on parle peu. Avec seulement trois noms parmi les vingt les plus cités, les femmes politiques sont bien moins évoquées que leurs collègues masculins. Au total, 14,5% des personnes évoquées sont des femmes. Moins de femmes politiques donc, qui recueillent encore moins de citations (à peine 7,1% du total des citations !).

Enfin, il y a les invisibles, celles et ceux dont on ne prononce pas le nom, parfois appelés ailleurs « petits candidats » : Yannick Jadot (cité trois fois), Nicolas Dupont-Aignan (cité deux fois), Philippe Poutou (jamais cité), Nathalie Arthaud (jamais citée) [3].

 

 

Disqualification politique

Être cité n’est toutefois pas une garantie d’être bien traité, car les déséquilibres quantitatifs se doublent de distorsions qualitatives. Il y aurait ainsi, d’un côté, des acteurs politiques sérieux, et de l’autre des candidatures insolites, directement disqualifiées. Ainsi, pour Guillaume Roquette (2 janvier), « Hamon c’est un peu le copain d’université, c’est la gauche à l’ancienne quoi ». Même topo avec Carl Meeus (16 janvier) : « Ce n’est pas faire injure, mais Jean-Luc Bennahmias, excusez-moi, mais il n’est pas au niveau de ce qu’on attend d’une primaire pour l’élection présidentielle ».

La disqualification se retrouve aussi dès qu’il est question de la gauche de gauche, celle qui, selon la plupart des commentateurs, ne voudrait pas gouverner. Florilège [4] :
« Il y a une fracture classique à gauche, entre une gauche tribunicienne, qui au fond ne veut pas gouverner, et même le redoute pour certains, et puis une gauche de gouvernement » (Thierry Pech, 23 septembre 2016).
« C’est vrai que c’est vieux comme l’histoire de la gauche […] il y a toujours cette dialectique entre les gens qui veulent assumer le pouvoir, qui sont capables de faire des compromis – pas des compromissions – et ceux qui préfèrent être dans l’opposition parce qu’on peut avoir les idées pures et les slogans plus faciles » (Matthieu Croissandeau, 23 septembre 2016).
« Avec toujours cette rupture qui est à gauche entre la gauche gouvernementale, "est-ce qu’on se met à l’épreuve du gouvernement ou est-ce qu’on redevient pur dans l’opposition ?", et je pense que Mélenchon c’est ça, c’est la pureté dans l’opposition, pas de compromission » (Françoise Fressoz, 7 novembre 2016).


Suite logique, cette gauche qui ne veut pas gouverner est irréaliste, « utopique », voire « blanquette de veau » (sic) : 
« [Jean-Luc Mélenchon] peut bénéficier d’un attachement romantique désespéré à la gauche. C’est-à-dire qu’un électeur qui se dit "bon c’est foutu pour 2017 […] est-ce que le meilleur vote ce n’est pas un vote authentiquement de gauche, de gauche à l’ancienne, de gauche blanquette de veau, de gauche romantique, à savoir Jean-Luc Mélenchon ?" Ça fait du bien à la gauche, de voter Jean-Luc Mélenchon, pour quelqu’un qui a toujours considéré que la gauche devait servir les ouvriers, les prolétaires et l’égalité. On sait bien que ce n’est pas une solution d’avenir pour exercer les responsabilités et gouverner un pays mais c’est une solution de cœur pour un vote désespéré en 2017 » (Christophe Barbier, 17 octobre 2016).
« C’est toujours ce tribun un peu fou hein [Jean-Luc Mélenchon] » ; « Des propositions assez rocambolesques » (Ghislaine Ottenheimer, 9 janvier 2017).
« Et, dans un pays où quand même dans tous les sondages, le truc qui fait un malheur c’est "il faut qu’on cesse d’augmenter les dépenses il faut même baisser les dépenses", c’est des taux de 80% de Français qui disent qu’il faut baisser la défense publique [sic], parce que tout le monde se rend compte bien que c’est un peu plus d’impôts, un peu moins de prestations, un peu moins de déremboursements, à force à force… donc même tous les Français voudraient bien que la dépense publique… Et [à propos de Jean-Luc Mélenchon] lui il propose mais… ça n’arrête pas ! C’est toutes les cinq minutes qu’il y a un chèque en plus. Ce n’est pas parce qu’il va taxer les riches encore un peu plus que ça va aller mieux » (Ghislaine Ottenheimer, 9 janvier 2017).
« Ce qu’aime l’électorat de base de gauche, c’est qu’on lui donne une utopie non réalisatrice et puis pour après se plaindre d’avoir des chefs qui ne… voilà » (Catherine Nay, 23 janvier 2017).


« Voilà ». De toute évidence, si les commentateurs invités dans « C dans l’air » parlent souvent de Jean-Luc Mélenchon (son nom a été prononcé plus de 200 fois au cours des quatorze émissions étudiées), cela ne signifie pas qu’il rentre dans le cadre « autorisé » [5]. Un peu comme Emmanuel Macron, qui subissait dès le mois d’octobre les attaques en règle de Ghislaine Ottenheimer : « C’est vrai que son offre est très audacieuse. Elle est très nouvelle, mais elle est très construite, il y a une vraie réflexion sur l’État, la République et la laïcité. Son regard sur la laïcité et la République est très intéressant […]. Ce sont des déclarations de principes très encourageantes. Qu’il y ait quelqu’un comme ça sur la scène politique française, c’est très dynamisant, redynamisant » (17 octobre 2016). Dans la même émission, Christophe Barbier, à sa manière, plagiait Alain Minc, pour encourager Macron : « La vraie chance ça serait un duel Juppé Macron […] Si on arrivait à ce duo, ce duel Juppé-Macron, on serait vraiment dans le XXIe siècle » [6].

Un XXIe siècle marqué du sceau du pluralisme et de l’absence totale de parti pris de la part des commentateurs attitrés de la vie politique.

 

***


Ce pluralisme des idées est à l’image de l’échantillon peu hétérogène de chroniqueurs, éditorialistes et journalistes auquel France 5 a fait appel pour disserter à propos de cette actualité politique chargée. Ces invités travaillent habituellement dans les médias dominants, comme Le Figaro (Yves Thréard à trois reprises, Guillaume Roquette à deux reprises, Carl Meeus une fois), Le Monde (Vanessa Schneider à deux reprises, François Fressoz à deux reprises, Raphaëlle Bacqué une fois), L’Express (Christophe Barbier à quatre reprises) ou Paris Match (Bruno Jeudy à trois reprises) [7]. S’y ajoutent des « experts » et des « sondologues » : Brice Teinturier (à quatre reprises), Jérôme Fourquet (à quatre reprises), Pascal Perrineau (à deux reprises), Bernard Sananès (à deux reprises), Jean Garrigues (à deux reprises), Roland Cayrol (à deux reprises), Marc Lazar, Michel Wieviorka, Gérard Grunberg, Edouard Lecerf.

Ainsi, malgré le départ d’Yves Calvi, on retrouve toujours les mêmes cuisiniers (et les mêmes recettes) sur le plateau de « C dans l’air » : la situation est en effet très semblable à celle que nous relevions en mai 2014, avec notamment le même trio de tête en ce qui concerne les médias les plus représentés (Le MondeLe Figaro et L’Express).

Une remarquable continuité qui explique sans doute pourquoi la tambouille est toujours aussi indigeste…


Maxime Friot

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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 10:11
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12 février 2017 7 12 /02 /février /2017 15:38

D’où vient le financement des partis politiques ?

LE MONDE | 

Par Laura Motet

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Argent public, dons de particuliers ou d’autres partis, cotisations des adhérents, contributions des élus : le rapport de la Commission nationale des comptes de campagne détaille les nombreuses sources de financement des partis politiques.

  • Le financement public, première source de revenus pour LR, le PS et le FN

Les règles de financement des partis politiques ont été définies en 1988 avec la loi « relative à la transparence financière de la vie politique ». Elle instaure également une aide d’Etat, dépendante du nombre de parlementaires de chaque formation au Sénat et à l’Assemblée nationale.

Depuis 1990, les partis non représentés au Parlement peuvent également bénéficier du financement public, proportionnellement au nombre de voix obtenues au premier tour des élections législatives, à condition qu’ils aient présenté des candidats dans au moins soixante-quinze circonscriptions (sur un total de 577).

Principaux partis au Parlement, le Parti socialiste (PS) et Les Républicains (LR) sont donc les destinataires les plus importants des aides d’Etat. Viennent ensuite le Front national (FN), Europe écologie-Les Verts (EELV) et le Parti communiste français (PCF).

Le Parti socialiste, Les Républicains et le Front national tirent plus de 45 % de leurs recettes du financement public
Liste des partis ayant plus de 500 000 euros de recettes comptables
0 €10000000 €20000000 €30000000 €40000000 €50000000 €60000000 €Cotisations des adhérentsContributions des élusDons de personnes physiquesFinancement public en 2015Autres recettesParti socialisteLes RépublicainsParti communiste françaisFront nationalJeanneEurope écologie les verts
Parti communiste français
 Cotisations des adhérents : 4 135 887 €
 Contributions des élus : 9 417 909 €
 Dons de personnes physiques : 6 262 560 €
 Financement public en 2015 : 2 866 933 €
 Autres recettes : 6 607 696 €
SOURCE : CNCCFP

« Au-delà de l’aide publique budgétaire, l’Etat finance indirectement la vie politique en accordant aux donateurs et cotisants une réduction d’impôt de 66 % des sommes versées au mandataire d’un parti (y compris les contributions d’élus) », ajoute la commission.

  • Les contributions des élus, première ressource du PCF

Près d’un tiers du budget du PCF provient des contributions de ses élus. Une importance qui s’explique par les statuts du parti :

« Les élue-e-s, membres du PCF, ne tirent pas de revenus supplémentaires de leur mandat. Indépendamment de leur cotisation d’adhérent-e, elles et ils prennent l’engagement de verser leurs indemnités au parti (…). Par cette cotisation d’élu-e, les élu-e-s communistes participent ainsi à la mutualisation des moyens sur le territoire concerné. Le Parti contribue à leur assurer les moyens nécessaires à l’exercice de leur mandat. »

Le PS et EELV tirent également plus du cinquième de leurs ressources des contributions d’élus.

Des contributions obligatoires que les partis peinent parfois à encaisser. En décembre, plusieurs médias affirmaient qu’Arnaud Montebourg et Vincent Peillon, candidats malheureux à la primaire de la gauche, auraient eu de sérieux arriérés de cotisations.

La Commission assure d’ailleurs porter une attention particulière à ces contributions, « dont le montant n’est pas plafonné, contrairement aux dons et cotisations des adhérents. (…) Un contrôle est actuellement opéré afin de s’assurer que les barèmes décidés par les partis correspondent aux sommes réellement versées par les élus. »

  • Relative opacité autour des cotisations d’adhérents et des dons de personnes physiques

Le Parti de gauche tire près de la moitié de ses revenus (45 %) des cotisations de ses adhérents. Viennent ensuite Lutte ouvrière (LO, 35 %) et le FN (21 %). Le niveau des cotisations à payer dépend du niveau de revenu des adhérents pour le Parti de gauche et le PS, contrairement au FN ou aux Républicains où la cotisation est fixe. Chez LO, le montant de la cotisation est libre.

Indépendamment d’une adhésion, les particuliers peuvent également participer en effectuant des dons ponctuels. Ils représentent plus du cinquième des recettes pour LR (22 %), le PCF (21 %) et LO (24 %). Au contraire, le PS (2 %) et le FN (4 %) ne dépendent que peu des dons.

Depuis la loi du 11 octobre 2013, la somme des dons et des cotisations ne peut excéder 7 500 euros par personne et par an pour un ou plusieurs partis. « Avant [cette] loi, le montant maximal d’un don était de 7 500 euros par parti politique, ce qui permettait à une même personne de verser des dons à plusieurs partis politiques dans la limite de 7 500 euros par an pour chaque parti », explique la commission. La possibilité de faire des dons multiples a participé à l’éclosion de nombreux micropartis proches des grands partis (comme l’Association des amis d’Eric Ciotti, par exemple). Le nombre de partis est passé de 28 en 1990 à 408 en 2013. Aujourd’hui, la France en compte 451.

Vérifier que la somme des dons et des cotisations individuelles ne dépasse pas 7 500 euros par an reste une tâche extrêmement complexe pour la Commission. En dépit de ses demandes, les partis ne lui remettent pas systématiquement la liste de leurs donateurs. En 2016, seuls un tiers des partis (36 %) l’avait déposée, dont la moitié dans le format demandé par la Commission pour faciliter le traitement des données. La Commission regrette qu’aucune « sanction [ne soit] prévue en cas de non-communication de la liste (…). Le contrôle du plafond sur l’ensemble des partis politiques ne pourra être effectif que si la totalité des financements sont retracés dans une base de données unique (…). L’incapacité ou l’absence de volonté des partis à produire une telle liste est significative de déficiences dans leurs procédures de perception, contrôle et comptabilisation des fonds qui devraient (…) faire l’objet d’une attention particulière des commissaires aux comptes. »

  • Les « autres recettes », de la refacturation aux candidats aux dons reçus d’autres partis

Dans le poste « autres recettes », la Commission a rassemblé des ressources très variées : « Dévolution de l’excédent des comptes de campagne, contributions reçues d’autres formations politiques, produits des manifestations et colloques, produits d’exploitation (y compris les refacturations de prestations aux candidats) (…). »

Jeanne, structure officieuse de Marine Le Pen et cinquième parti de France en termes de recettes, tire l’essentiel de ses fonds de la facturation des « services rendus aux candidats pour les campagnes électorales ». Il s’agit de « kits de campagne » (tracts, affiches, sites Web…) de 16 500 euros proposés – puis quasiment imposés – à l’ensemble des candidats du Front national. En 2012, 99 % des candidats aux législatives de 2012 y ont souscrit, selon l’ancien commissaire aux comptes de Jeanne.

Le poste « autres recettes » contient également les dons effectués par d’autres partis. Sens commun, mouvement politique issu de La Manif pour tous, reverse ainsi une partie de ses recettes au parti Les Républicains.

 
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10 février 2017 5 10 /02 /février /2017 20:03

Livre du Samedi : Charonne, 8 février 1962 / Alain Dewerpe

18AVR

image
Charonne, 8 février 1962 : anthropologie historique d’un massacre d’Etat / Alain Dewerpe

Ouvrage dédié à sa mère Fanny Dewerpe qui fut, à l’âge de 31 ans, l’une des victimes.

 

la revue Vacarme a publié cet entretien avec Alain Dewerpe

8 février 1962. Après une série d’attentats perpétrée par l’OAS, une manifestation est organisée à Paris malgré l’arrêté préfectoral qui l’interdit. La police charge les manifestants alors qu’ils se dispersent à la station de métro Charonne. Huit sont tués sur le coup. Quelques mois après la répression meurtrière de la manifestation du FLN le 17 octobre, ce nouveau drame conduit à s’interroger sur les conditions de possibilité d’un massacre dans un État démocratique.

Dans l’introduction de votre ouvrage, vous qualifiez le massacre de Charonne d’« événement déraisonnable qui a ses raisons » : qu’entendez-vous par là ?

La factualité brute du 8 février nous apparaît simple, alors qu’en réalité il faut, pour en rendre raison, faire jouer un ensemble complexe de données historiques. Il convient en effet de prendre en compte plusieurs échelles d’analyse, qui sont ancrées dans des épaisseurs historiques très diverses. Celles-ci vont à un moment coaguler pour, non pas expliquer — le terme est trop fort —, mais énoncer les conditions de possibilité du massacre, qui est un possible ouvert mais ne survient pas par nécessité.

Qu’est-ce qui alors fait que Charonne a lieu ?

Dans une première direction, le massacre est rendu possible parce que la police parisienne, qui agit selon des logiques qui lui sont propres, a des habitus de violence. Ceux-ci sont historiquement situés, et ils se sont déjà manifestés dans des périodes historiques particulièrement révélatrices : chasse aux résistants et rafles de Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, répression anti-communiste pendant la Guerre froide, répression des nationalistes durant les guerres coloniales (Madagascar, Indochine, Algérie). Pour les policiers, ces combats politiques ont désigné des ennemis, identifié des personnes ou des groupes susceptibles d’être objets de violence, tout en leur permettant d’acquérir les moyens les plus brutaux de lutte contre eux. Une deuxième direction concerne laconjoncture : la fin de la guerre d’Algérie est particulièrement tendue et propice à un déchaînement de la brutalité. La profondeur des engagements, l’importance des enjeux portent plutôt à la montée aux extrêmes qu’à la réduction de la violence. La manifestation du 8 février 1962 a ainsi lieu dans un contexte d’opérations meurtrières du FLN contre la police, et d’une campagne d’attentats de l’OAS, c’est-à-dire dans une situation de pré-guerre civile. C’est un moment d’hésitation et de doute des institutions d’ordre. Ça a été le cas pour l’armée au moment du putsch d’avril 1961, et c’est le cas pour la police parisienne dans l’hiver 1961-1962. Troisième niveau enfin : la décision d’une politique répressive, alors qu’étaient ouvertes d’autres possibilités.

Pourquoi est-ce l’interdiction de la manifestation qui est retenue par le pouvoir ?

Les raisons n’en sont pas très explicites, car les sources nous disent peu du processus de décision (et de moins en moins quand on monte dans l’appareil d’État). Je retiens l’hypothèse, déjà formulée par les contemporains, que l’interdiction s’inscrit dans l’appréciation qui est faite par le pouvoir du rapport de forces entre acteurs politiques en cette période finale de la guerre. Avant la négociation d’Évian qui aboutit en mars, les délégués français et algériens se sont rencontrés aux Rousses en février ; il devient clair que le conflit va se terminer, et que le terme en sera l’indépendance algérienne, mais les modalités et les rythmes demeurent opaques. Le gouvernement, le chef de l’État, le Premier ministre, ont probablement jugé que ne pas réprimer la gauche anticolonialiste pouvait donner des arguments à l’OAS, aux partisans de l’Algérie française, aux hésitants à l’intérieur de l’État (police, armée, haute fonction publique), bref qu’il ne fallait pas être soft on communism. La répression libérait les sommets du pouvoir d’une imputation de faiblesse, voire de complicité.

Votre livre présente Charonne comme un massacre d’État, en l’inscrivant dans une série d’autres moments où des décès sont liés à l’usage de la force publique. Pouvez-vous revenir sur cette notion ?

L’étude du 8 février permet d’analyser un cas très particulier de violence politique. Le mot massacre implique une modalité de quantité — pas une mais de nombreuses victimes. Mais combien faut-il de morts pour que ce soit un massacre ? Si j’ai choisi ce mot, c’est parce que la dimension collective est importante dans l’interprétation que nous pouvons donner de la violence d’État. Or si l’échelle compte, c’est qu’elle renvoie à la présence de conduites partagées, de comportements collectifs, de pratiques communes, qui sont le fait d’un grand nombre de policiers, et qui ne se trouvent pas, ou pas toujours, dans le cas de meurtres d’État qui ne font qu’une seule victime et qui pourraient passer pour des « accidents ». Le fait qu’il y ait eu le 8 février neuf tués et des dizaines de blessés, dont certains l’ont été très grièvement et avec des séquelles de longue durée, nous oblige à penser les conditions de construction sociale de la violence, donc tant les logiques de l’institution policière que les arbitrages politiques qui les activent. Le second mot est État : Charonne est un massacre en démocratie représentative, commis par l’instance considérée comme le garant des principes de fonctionnement (représentation, arbitrage, réduction des conflits, transparence) de l’espace public. La question de l’usage légitime (ou illégitime) de la violence se pose donc ici dans un cadre très différent de celui des massacres en régime de tyrannie, là où il n’existe pas de contradiction apparente entre les principes d’un gouvernement fondé sur la force et les modalités de son exercice.

Il n’y a pas besoin de prouver une volonté de tuer pour parler de massacre d’État ?

Il y a des événements qui « arrivent ». Ils ne font pas l’objet d’une délibération préalable, ne sont pas le fruit d’un projet conscient. Mais ils n’arrivent pas « par hasard ». C’est le cas pour la tuerie de Charonne, où la répression a fait l’objet d’une décision politique du pouvoir, mais pas le massacre lui-même. Il existe certes, en démocratie, d’autres formules possibles, comme celle du massacre planifié, la violence étant conçue, et parfois revendiquée, comme un outil politique. Un bon exemple est celui de la stratégie de la tension dans l’Italie des années 1970. On ne peut pas dire du massacre de la gare de Bologne [1] qu’il est « arrivé » : des personnes ont déposé des bombes et savaient qu’elles le faisaient ; des commanditaires ont décidé et planifié l’attentat. Celui-ci a été pensé comme une arme politique.

Le 17 octobre 1961, on tue en plusieurs endroits de Paris, plusieurs compagnies sont impliquées. Par contraste, Charonne semble localisé. Peut-on toutefois penser ces deux événements dans une continuité ?

Absolument. Certes, d’un côté, les différences sont fortes. Les circonstances d’abord : une manifestation du FLN pour protester contre le couvre-feu imposé par la police aux Algériens et une manifestation politico-syndicale française pour protester contre les attentats de l’OAS. Le nombre de victimes ensuite, beaucoup plus élevé le 17 octobre (plusieurs dizaines, voire plus d’une centaine de morts) et le caractère presque clandestin de la répression du 17 octobre qui, bien qu’ayant eu de nombreux témoins, permet au pouvoir de le censurer quasi totalement (on ne connaît toujours pas aujourd’hui le nombre exact de victimes). Les réactions de l’opinion publique, des partis de gauche et des syndicats enfin, dont les protestations ont été discrètes après le 17 octobre, massives après le 8 février. Pourtant les rapprochements faits par de nombreux contemporains nous invitent aussi à prendre en considération la continuité, comme une sorte de filiation, de l’un à l’autre. C’est en effet la même logique répressive qui prévaut. Non seulement le pouvoir adopte une posture agonistique très explicite, mais par la suite, dans les deux cas, il nie, se tait, censure. Ce sont d’ailleurs le même gouvernement, les mêmes institutions, les mêmes policiers. On retrouve dans les deux massacres le même modèle de « laisser faire, laisser aller » de la brutalité d’État.

Le livre donne l’impression d’être le récit détaillé d’un événement vécu de l’intérieur [2]. Quand est né le projet, et à partir de quand commencez-vous à accumuler de la documentation ?

J’ai commencé fin 1996, mais pendant 4 ou 5 ans j’ai fait ça de façon très incidente, pour mon tiroir. À partir de 2001-2002, les sources devenant plus accessibles, j’y ai consacré plus de temps. L’histoire de la collecte de la documentation est compliquée. J’ai d’abord commencé avec l’idée que les sources publiques seraient soit inexistantes, soit inaccessibles. J’ai donc utilisé des sources alternatives classiques, comme la presse et les entretiens avec des acteurs ou des témoins. C’est peu à peu que j’ai découvert des sources, publiques (préfecture de police, ministères de l’Intérieur et de la Justice, présidence de la République, Premier ministre, conseil d’État), et privées (CGT, CFTC, Secours populaire français, PCF), et que j’ai pu mener un travail plus classique d’historien. Un deuxième élément à prendre en considération est que, à la lecture de la presse, il était manifeste qu’il existait des contradictions, en particulier en ce qui concernait les responsables du déclenchement de la violence, dans les récits de la manifestation (que reflétaient bien les points de vue opposés des manifestants et de la police dans la controverse qui a suivi le massacre). J’ai donc été amené à m’interroger longuement sur le déroulement « événementiel » des faits, ce qui exigeait de reprendre le dossier à zéro. C’est probablement ce qui contribue à donner une impression de « récit de l’intérieur ».

Vous utilisez aussi beaucoup la presse. Comment avez-vous travaillé avec ces sources ?

La presse s’est révélée une source riche. D’abord par la pluralité des positions des journalistes : peu de choses en commun entre le reporter, qui décrit la manifestation, et l’éditorialiste, qui la commente. Pluralité des récits — L’Humanité ne voit pas la même chose que L’Aurore. Pluralité des médias : au texte s’ajoute la photographie, un vecteur important de présentation et d’interprétation de l’événement.

À travers la presse, vous étudiez aussi la genèse et la structuration de la controverse qui naît après le massacre.

La presse a produit un récit, le premier, et un récit qui s’est inscrit dès l’origine dans une controverse dans l’arène civique. Pour les uns la manifestation était une émeute, les manifestants ayant attaqué la police, qui avait dû se défendre ; pour les autres, le massacre était le produit d’une répression policière organisée contre un cortège pacifique. Plusieurs versions opposées formulaient donc explicitement la question décisive : « à qui fallait-il imputer la responsabilité du massacre ? ». De ce point de vue, la presse est ici une source moins importante pour l’établissement des faits que pour ce qu’elle nous permet de comprendre du travail de production d’un récit légitime, susceptible d’être tenu pour vrai par les lecteurs. Je m’en suis tenu à une analyse, très élémentaire, de contenu, et il est sûr qu’il faudrait aller beaucoup plus loin et analyser en détail le champ journalistique à la fin de la guerre d’Algérie. Plusieurs points se sont néanmoins dégagés, qui tiennent aux modalités de circulation de l’information et de l’interprétation. Ainsi l’hétéronomie d’une partie de la presse est patente, presque caricaturale : jeune journaliste ayant couvert la manifestation comme reporter, Jean-François Kahn a raconté qu’a été substitué à son récit un texte qui dédouanait la police et imputait la responsabilité de la violence aux manifestants. Cela lui a suffisamment déplu pour qu’il ait répété plusieurs fois son témoignage, sans d’ailleurs être démenti. Un second point concerne le combat pour l’imposition d’une interprétation légitimement reconnue. On peut ainsi voir, face à des récits de presse qui, pour l’essentiel, valident le point de vue du pouvoir, comment les organisations manifestantes luttent efficacement, par le témoignage oculaire, afin d’imposer leur propre point de vue et résoudre la controverse en leur faveur.

Vous montrez que l’AFP a joué un rôle important dans la stabilisation d’un récit légitime de ce qui s’est passé.

On peut montrer clairement que les dépêches de l’AFP fournissent le récit premier, un canevas sur lequel broder, qui est ensuite retravaillé dans chaque rédaction. La structure du récit, les étapes de la narration, la chronologie des articles, sont copiées sur les dépêches. Mais il est en revanche plus difficile de faire la part de ce qui revient aux informations rapportées par les reporters censément présents dans la rue et racontant ce qu’ils ont vu et celles contenues dans les dépêches de l’AFP.

Vous citez les travaux du journaliste Jacques Derogy comme vous citeriez un collègue, alors que vous mettez en œuvre une critique des sources pour les autres. Pourquoi ?

Jacques Derogy était un bon journaliste, qui a réalisé sur le 8 février un vrai travail d’enquête. Le récit publié par L’Express s’appuie sur des témoignages de manifestants, et est vérifié (mais ces sources ne sont pas citées) par des informations provenant de syndicalistes policiers. Ces informations sont précises, détaillées — le jet de grilles d’arbre sur les manifestants entassés dans la bouche de métro, l’identification des unités de police ayant chargé, etc. De ce point de vue, Derogy a donné le premier récit public vrai de la répression, qui n’a pas été substantiellement modifié depuis, alors que certains récits d’historiens contiennent de nombreuses inexactitudes. Il s’agit donc, en un sens, d’un travail d’historien du présent.

À la suite du Dimanche de Bouvines de Duby et donc des Annales, votre ouvrage prend pour objet un événement, mais le dépasse largement : vous vous intéressez à Charonne pour ce qui s’y passe ce soir-là, mais aussi pour ce que cet événement donne à voir.

S’il faut éviter de prétendre qu’un événement témoigne pour tout fait analogue à lui, son étude peut contribuer à poser des questions sur des réalités proches et sur les ensembles historiques plus larges à l’intérieur desquelles celles-ci s’inscrivent. Du coup, Charonne nous dit quelque chose sur le fonctionnement de l’État démocratique au XXe siècle, sur le rapport des citoyens à la violence, sur les formes de mobilisation dans l’arène civique, sur le mensonge d’État. Mais cette généralisation implicite, en fond de champ, n’est valide qu’au travers de l’étude précise de l’événement lui-même et de ses conditions de possibilité.

Votre précédent ouvrage, Espion, était semblablement sous-titré « une anthropologie historique du secret d’État contemporain ». Pouvez-vous précisez ce que recouvre ce terme pour vous ?

Dans les traités de sciences politiques qui font autorité, le secret est très discret… On devrait donc en conclure qu’il s’agit là d’une question intellectuellement illégitime ou inintéressante. C’est un peu contre cette perspective, ces oublis, que j’ai choisi ce sous-titre. L’anthropologie historique, c’est une manière de ne pas prendre l’instance politique comme quelque chose d’autonome, de replié sur soi, une tentative de croiser plusieurs types de questionnements, souvent séparés de la discipline historique, et dans une approche plus pragmatique que théorique.

Lors du choix du sous-titre de Charonne…, l’une des possibilités était histoire politique, qui n’a finalement pas été retenue. Ce qui me séduit dans anthropologie historique, c’est l’accent mis sur le fait que sociologues, historiens, anthropologues, politistes peuvent parler la même langue.

Post-scriptum

Alain Dewerpe est l’auteur de Charonne, 8 février 1962. Anthropologie historique d’un massacre d’État, Gallimard, « Folio-Histoire », 2006.

Notes

[1] Entre 1969 et 1980, plusieurs attentats frappent l’Italie. Le 12 décembre 1969, plusieurs bombes éclatent à Rome et à Milan. Celle posée devant la Banque nationale de l’agriculture, sur la piazza Fontana à Milan, fait 16 morts. Le 2 août 1980, 85 personnes sont tuées dans une explosion à la gare de Bologne. Immédiatement attribués à l’extrême gauche, les attentats furent en fait réalisés par des groupuscules néo-fascistes et commandités par des responsables politiques. Ils sont dénoncés comme autant de « strage di Stato », terme souvent traduit en français par « massacre d’État » mais qui connote ici l’intentionnalité et la préméditation.

[2] La mère d’Alain Dewerpe est l’une des victimes de Charonne.

entretien réalisé par Étienne Ollion

Publiée dans Vacarme 40, été 2007, pp. 84-87.

 
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9 février 2017 4 09 /02 /février /2017 16:20
PENELOPEGATE 

Petits arrangements avec le salaire de Penelope Fillon

GUILLAUME DUVAL 
 

Pour limiter l’ampleur apparente de ses turpitudes, François Fillon a utilisé un procédé classique lorsqu’il a présenté le 6 février dernier les salaires perçus par sa femme comme « assistante parlementaire » : ne pas tenir compte de l’inflation y compris pour des sommes perçues il y a 30 ans.

Si on corrige ses déclarations de ce facteur et qu’on ramène l’ensemble aux prix de 2017 ce n’est plus au salaire net moyen (déjà très élevé) présenté (et longuement justifié) par François Fillon de 3 678 euros par mois qu’on aboutit pour Penelope Fillon comme « assistante parlementaire » mais à un salaire net moyen de 4 517 euros par mois, 23 % de plus. 

En 2014, dernière année connue, le salaire net médian des salariés du privé (50 % gagnent plus et 50 % gagnent moins) était de 1 783 euros, le salaire net moyen d’un cadre était de 4 104 euros, et le salaire net des 10 % des salariés les mieux payés était supérieur à 3 599 euros par mois. Même en tenant compte des hausses de salaires intervenues depuis 2014, Penelope Fillon a donc gagné davantage que la moyenne des cadres du privé et a fait à coup sûr partie des 10 % des salariés les mieux payés de France et même des 5 % de femmes salariées les mieux rémunérées. Et cela pour un « travail » qui n’a visiblement guère laissé de traces…

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9 février 2017 4 09 /02 /février /2017 16:05

DES DEPUTE-E-S AU SERVICE DE L’INTERET GENERAL ET DU PROGRES SOCIAL !

 

Alors que les débats politiques s’enlisent dans les affaires politico-financières et judiciaires des candidats « Fillon » et « Le Pen », les députés communistes et Front de gauche font voter quatre propositions législatives au service du progrès social. 

 

► Organisation sous l’égide de l’ONU d’une « COP de la finance mondiale », pour l’harmonisation et la justice fiscale

► Revalorisation des retraites agricoles

► Allongement de la durée des congés maternité et paternité

► Proposition de résolution européenne demandant que le Parlement français soit consulté avant la mise en œuvre du traité de libre-échange  commercial entre l’Europe et le Canada (traité CETA)

 

En déposant de telles propositions législatives, et  en les faisant adopter , ils ont une nouvelle fois fait la démonstration de l’importance d’avoir à l’Assemblée Nationale un groupe de  députés communistes et Front de gauche qui agissent en permanence au service du plus grand nombre, loin des lobbies et des pression de toutes sortes.

 

♦ Proposition de « COP de la finance mondiale » 

Cette proposition vise à lutter contre la fraude, l’évasion, et l’optimisation fiscale, qui représentent à l’échelle planétaire des milliards de dollars qui sont soustrait des politiques publiques au service du développement, en particulier dans les pays les plus pauvres. Cette « évaporation » fiscale est devenue un frein au développement. Une telle conférence internationale, à l’image de la COP environnementale, permettrait de réunir dans l’action les représentants des Etats, mais aussi les Banques, les syndicats, les ONG et les lanceurs d’alerte.

♦ Proposition de revalorisation des retraites agricoles 

Cette proposition de loi vise à élever le niveau minimum de pension agricole, à rétablir l’équilibre financier du régime de retraite complémentaire obligatoire, à la revalorisation des pensions de retraite dans les outre-mer. La première mesure pose le principe d’une retraite à 85 % du SMIC net au 1er janvier 2018. Cette revalorisation sera rendu possible par un prélèvement de 0.1% sur les transactions financières.

 

♦ Allongement de la durée des congés maternité et paternité

Cette mesure était initialement contenue dans une proposition de loi relative à l’égalité femmes-hommes prévoyant notamment des pénalités renforcées pour les employeurs qui ne négocient pas d’accord de réduction des inégalités salariales et qui recourent abusivement au temps partiel. Malheureusement des amendements adoptés ont supprimé ces mesures, l’allongement du congés maternité à 18 semaines et paternité à 14 jours (initialement proposé à 4 semaines).

 

♦ Proposition demandant la consultation du Parlement avant toute mise en œuvre de l’accord CETA 

La catastrophe économique, sociale et environnementale que nous promet ce traité de libre-échange entre l’Europe et le Canada est rendue possible par le mépris avec lequel les Parlements nationaux et l’opinion publique ont été traités. Une telle situation exige plus que jamais que cet accord soit débattu. Cette proposition de résolution invitait le Gouvernement à consulter le Parlement avant toute mise en œuvre.

 

 
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9 février 2017 4 09 /02 /février /2017 14:54

La grosse manip’ des élus FN pour embaucher leurs conjoints au parlement européen

Les députés européens ont l’interdiction d’embaucher leur conjoint comme assistant parlementaire mais le FN a trouvé une petite combine: les faire recruter par un autre eurodéputé du parti.

Frederick Florin / AFP / Getty Images

À la différence de l’Assemblée nationale ou du Sénat, en France, le parlement européen interdit formellement à un député d’embaucher un «parent proche» (femme, enfant, frère, sœur…) en tant qu’assistant parlementaire. «Les députés ne peuvent pas engager de parents proches comme assistants», rappelle notamment le site de l’administration dans la section «dispositions relatives au personnel»:

Pour contourner cette règle —tout en restant dans les clous de la légalité— le Front national a donc trouvé une astuce: faire embaucher un proche par un autre député européen du même groupe.

Au FN, un organigramme familial

Lorsqu’on regarde de près l’organigramme frontiste du parlement européen, on s’aperçoit que cette manip’ a été répétée à plusieurs reprises pour les élus membres du groupe Europe des nations et des libertés (ENL).

  • La députée FN Mylene Troszczynski a fait embaucher son époux Laurent Guiniot en tant qu’assistant parlementaire de la députée FN Joëlle Mélin. En échange, Mylene Troszcynski emploie Grégoire Faugeron qui vient de PACA selon l’Oise Hebdo… la même région où est élue Joëlle Mélin.
  • La députée FN Marie-Christine Arnautu a fait embaucher son époux Philippe Chevrier comme assistant parlementaire de la députée FN Marie-Christine Boutonnet.
  • La députée FN Dominique Bilde a fait embaucher son fils Bruno Bilde par la députée Sophie Montel. Bruno Bilde a démissionné depuis.

Sollicité par BuzzFeed News, le parlement européen, après avoir «lancé des vérifications», admet que ce procédé «est conforme au règlement». «La règle en vigueur depuis 2009 ne vaut que pour les proches d’un député. Je ne sais pas si c’est un vide réglementaire, mais tant qu’il n’y a pas de conflit d’intérêts, les eurodéputés qui embauchent un membre de la famille d’un autre député sont dans les clous», ajoute une source au sein du parlement.

La députée Marie-Christine Arnautu a fait embaucher son époux Philippe Chevrier comme assistant parlementaire d’une autre députée FN. Valery Hache / AFP / Getty Images

«La vie au Front est faite de gens qui se sont rapprochés»

Contactée pour qu’elle s’explique sur cette combine, la députée FN Joëlle Mélin, qui a embauché l’époux de sa collègue, s’agace:

«Je n’ai pas à vous répondre. Si vous voulez que votre profession de journaliste trouve de la hauteur, ne vous lancez pas dans ce genre d’investigation.»

Et de finalement expliquer:

«Tout est validé par le parlement. Et c’est parfaitement justifié, car mon assistant parlementaire a toutes les compétences requises. Il faut savoir que c’est très dur de travailler pour le FN, après votre réputation est détruite. Alors quand on a des gens de talent au FN, on les garde, et parfois ce sont des membres de la même famille. La vie au Front est faite de gens qui se sont entraidés, rapprochés…»

Bruno Bilde, qui a été l’assistant parlementaire d’une collègue de sa propre mère, assume aussi:

«J’étais au Front national avant ma mère. Je n’ai pas été embauché pour ça et d’ailleurs, cela n’a pas posé de problème pour le parlement.»

Il précise en outre n’avoir travaillé que quelques mois comme assistant parlementaire avant de démissionner.

Les Le Pen, spécialistes du genre

Et cette pratique ne s’est pas limitée à trois eurodéputés frontistes. Comme l’a révélé Le Canard enchaîné ce mercredi, à la demande de Jean-Marie Le Pen, Bruno Gollnisch avait recruté sa fille Yann Le Pen, la mère de Marion Maréchal-Le Pen, comme assistante parlementaire entre 2009 et 2014. Et ce pour la modique somme de 7000 euros brut par mois.

En 2013, Mediapart avait révélé une autre combine du FN pour faire embaucher un proche. Marine Le Pen avait embauché son compagnon Louis Aliot comme assistant local à temps partiel. Grassement payé, le vice-président du Front national pouvait compter sur un salaire mensuel de 5006,95 euros brut par mois pour une activité à temps partiel de 17,5 heures par semaine.

Gérard Onesta, ex-vice-président du parlement européen et l’un des principaux rédacteurs du statut des assistants aujourd’hui en vigueur, est bien conscient de cette manipulation. «On y a pensé lors de la rédaction des règlements et nous avons fait évoluer les textes en exigeant de rendre public le nom des assistants parlementaires», explique-t-il à BuzzFeed News, avant de préciser:

«Pourquoi? Tout simplement parce que si un député dit à un autre député, j’embauche ta fille, tu embauches mon fils, cela se verra. Nous avons essayé de border au mieux les textes, mais on ne pouvait pas vraiment faire plus.»

 
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BRUNO FORNACIARI

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