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3 août 2017 4 03 /08 /août /2017 14:03

Venezuela : Le PGE condamne la tentative de coup d’État parlementaire

L'ouverture annoncée d'un dialogue entre le gouvernement du président Nicolas Maduro et les représentants de l'opposition, avec le soutien de l'UNASUR et des présidents Lionel Fernandez, Martin Torrijos et José Luis Rodriguez Zapatero et avec la médiation du représentant du Vatican Emil Paul Tscherrig s'est écrasé devant le mur du refus de l'aile la plus extrémiste de l'opposition.

 Depuis toujours, la confrontation brutale et le rejet de tout dialogue fait partie des méthodes utilisées par cette opposition. Après les élections législatives de décembre 2015, la nouvelle majorité des représentants des vieux partis cherche à hâter la fin du gouvernement progressiste venezuelien et imposer ses politiques néolibérales.

 Le Tribunal suprême de Justice en reconnaît plus la légitimité de ce parlement qui a imposé, de la manière la plus autoritaire, que trois députés de l'opposition siègent malgré leur élection contestée et entachée par la fraude.

 L'opposition utilise la provocation en voulant imposer un référendum révocatoire cette année alors que les partis de l'opposition ont toujours su qu'ils en pourront obtenir ce référendum puisqu'ils n'ont pas entamé la procédure nécessaire dans les temps prévus par la constitution. L'objectif de ses dirigeants est, encore une fois, la déstabilisation politique, et porter ombre sur la légitimité du gouvernement chaviste.

 La déclaration que l'Assemblée nationale vient de faire publique est un pas de plus dans cette guerre déclarée contre la révolution bolivarienne et est une tentative flagrante de provoquer un coup d’État parlementaire qui rappelle d'autres qui ont eu lieu contre d'autres gouvernements progressistes de la région.

 L'accuser le président Nicolas Maduro d'être l'auteur d'un coup d’État es une manière cynique d'inverser les rôles. Le véritable coup d’État en cours au Venezuela aujourd'hui est celui que l'opposition essaye de mettre en place en d’arrogant des compétences dont elle en peut pas disposer et qui lui permettraient de soumettre le président élu à un procès politique, nommer un nouveau Conseil national électoral et designer des nouveaux magistrats au Tribunal suprême de Justice.

 L’ingérence de la part des alliés de Washington dans la région en s'est pas fait attendre. Le Secrétaire exécutif de l'OEA, le président argentin Mauricio Macri et d'autres représentants des gouvernements de droite ont fait des déclarations qui rappellent les temps où les Etats-Unis pouvaient faire et défaire des gouvernements en Amérique latine.

 Le Parti de la gauche européenne condamne énergiquement cette nouvelle tentative de coup d’État contre le gouvernement légitime du président Nicolas Maduro et déclare son soutien le plus ferme et sa solidarité avec le peuple venezuelien et avec les forces progressistes qui font face à l'offensive des forces du passé.

 Être solidaires avec le Venezuela est favoriser le dialogue qui reste la seule voie pour trouver une issue à la crise actuelle.

 

Source: Parti de la Gauche Européenne

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3 août 2017 4 03 /08 /août /2017 11:53

Le candidat "insoumis" aux législatives à Thouars adjoint au Maire PS de Thouars(79) soutenu par la fédération du PCF passée elle aussi chez les "insoumis" est contesté sur des emplois précaires et sous-payés qu'il choisit de proposer aux animateurs du centre Fleury.

 

La Nouvelle République dans son édition du 03/08/2017 rend compte d'une situation contestée et qui aboutit à la grève du personnel qui refuse de faire les frais d'une politique d'accompagnement austéritaire. 

Cela est d'autant plus surprenant que Philippe Cochard lors de la campagne des "insoumis" combattait  l'austérité salariale. Hélas Philippe Cochard n'est pas à un revirement prêt. Déjà à l'époque il soutenait le projet Ministériel de l'Hôpital à Faye-l'abbesse qui (réduirait de fait l'offre de soin en mettant en cause les urgences et le développement des entités locales dans le nord dur département), contre le PCF et le front de gauche, ainsi que celle de l'association de défense des hôpitaux de proximité thouarsaise. Las, quelques années plus tard le même Philippe Cochard changeait sa casquette de position.

Cette fois-ci c'est dans la rue que les animateurs dénoncent la démagogie du candidat "insoumis" qui est mis dans le même sac que Macron.

Sans accord, la grève continue au centre Fleury

Les animateurs du centre Fleury poursuivent leur mouvement. Hier, à la mairie, il n'ont pas trouvé d'accord avec les élus. 
 

La troisième rencontre, hier, entre les animateurs du centre de loisirs et la municipalité n’a pas abouti. Le mouvement se poursuit.

Contrat Exploitation Esclavagistes ou « Insoumis macronistes, Cochard tête de liste ». Hier, à 18 h 30, les pancartes des animateurs du centre de loisirs Fleury ornaient les grilles de la mairie de Thouars. Au même moment, dans la salle Marguerite-d'Ecosse, leurs représentants rencontraient pour la troisième fois les élus. Depuis lundi, ils sont en grève. Ils dénoncent le contrat d'engagement éducatif (CEE) signé avec la municipalité et le salaire qui est lié, inférieur au Smic.

" Pas satisfaisantes "

Après une heure d'échange, leurs trois représentants sont revenus avec les propositions de la collectivité, jugées « pas satisfaisantes ». « Nous demandons une revalorisation dès cet été, a commenté Anaïs Pointecouteau. Là, ce ne sera applicable qu'en septembre. Nous en sommes au même point. » « La solution est là, a enchaîné Vanessa Couturier, secrétaire générale de l'Union départementale CGT. Il faut revenir, avec un effet rétroactif, au contrat de droit public. Ils disent qu'ils ne peuvent pas sans vote du conseil municipal. » Ils ont décidé de poursuivre le mouvement.
Une rétroactivité impossible selon le code des collectivités territoriales insiste la municipalité. Patrice Pineau, maire, et Philippe Cochard, adjoint à l'éducation, ont proposé qu'à partir de septembre l'équipe d'animateurs des mercredis après-midi soit embauchée en CDD. Le CEE sera proposé uniquement pour les vacances scolaires. « Ils ne les empêchent pas de travailler plus de 80 jours par an. Il faut juste signer un contrat d'un autre type. Ce premier point me paraît réglé », estime Patrice Pineau « surpris » par l'ampleur du mouvement. « La mesure a été adoptée sans problème par les différentes commissions, le comité technique dont fait partie la CGT et à l'unanimité par le conseil municipal. Les animateurs l'ont signé le 8 juillet, mais ils avaient été prévenus en mai. »
La crispation reste autour de la rémunération. Les élus reconnaissent une baisse de 5,35 € pour juillet, août et septembre pour les animateurs diplômés et de 124,13 € pour les non-diplômés. « Nous nous engageons à revaloriser à partir de septembre pour tendre vers les Smic », a indiqué Patrice Pineau. Des mesures qui coûteraient 10.000 € à la collectivité.
Mercredi, sur les 80 enfants attendus, 33 étaient présents. « Tous les enfants qui arrivent au centre peuvent être accueillis. Nous avons du personnel formé mobilisé. Les activités se poursuivent », a assuré Philippe Cochard.
Hier soir, les animateurs devaient échanger sur les propositions et « trouver les éléments juridiques » pour modifier les contrats. Une nouvelle rencontre est prévue aujourd'hui.

nr.thouars@nrco.fr

 

 

 

Pour leur part les communistes thouarsais apportent leur soutien aux animateurs du centre Fleury et exigent que les représentant de la municipalité socialiste aborde les discussions avec les animateurs dans un esprit constructif pour satisfaire leurs revendications légitimes. C'est au pouvoir de la finance qu'il faut s'en prendre et non aux statuts des personnels et à leur rémunération.

 
 
 
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Published by bruno fornaciari - dans PCF THOUARSAIS
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1 août 2017 2 01 /08 /août /2017 18:26
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Laurence Cohen
6 h

Venezuela : Un vote qui appelle le retour immédiat à la paix et au dialogue 🇻🇪

41,53% des Vénézuéliens ont pu se rendre aux urnes ce dimanche 30 juillet, malgré un climat de violence accru par l'opposition au président Nicolas Maduro qui refusait de présenter des candidats au scrutin et qui entendait l'empêcher en rendant la situation incontrôlable. 10 personnes ont ainsi perdu la vie au cours de cette journée de vote, montant le bilan macabre de ces quatre derniers mois d'affrontements politiques aigus à près de 130 morts.

Le peuple vénézuélien paie d'un lourd tribut son aspiration à la paix. La veille du vote, des militants masqués prétendant défendre la démocratie avaient saccagé du matériel électoral en le brûlant en place publique.

L'opposition appelle déjà à des actions lundi et mercredi, jour d'installation de l'Assemblée constituante ; elle est notamment appuyée par l'Administration américaine qui parle, avec l'élection de dimanche, d'un "pas vers la dictature" et qui brandit à nouveau la menace de sanctions, et par les autorités de Colombie, où 1 million de Vénézuéliens ont émigré pour fuir les violences et trouver du travail.

C'est continuer à jeter de l'huile sur le feu alors qu'il s'agirait pour la communauté internationale de créer les conditions d'une médiation internationale sous égide de l'ONU afin de rétablir la paix et la sécurité au Venezuela.

Le Parti communiste français, partisan de la paix et du dialogue national, appelle le gouvernement français à agir fermement en ce sens plutôt que d'emboîter le pas à un président Trump qui multiplie ces jours-ci les déclarations et décisions agressives.

Le PCF adresse aux forces de la paix, de la justice sociale et de la démocratie vénézuéliennes sa solidarité et affirme la nécessité d'un arrêt immédiat des violences qui endeuillent le peuple du Venezuela.

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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 19:16

« Chers amis,

Mme la Présidente du groupe CRC au Sénat, chère Eliane Assassi, MM. les Conseillers de Paris, cher Hervé Béguet, cher Sergio Tinti, cher Didier Le reste, M. le Conseiller Régional, cher Jean-Michel Ruiz, Mme la présidente du Conseil national du PCF, chère Isabelle De Almeida, M. le président de la Société des lecteurs et lectrices de l’Humanité, cher Nicolas Dreyfus,

Chers camarades,

Chaque année, à cette même date, nous nous retrouvons comme un devoir, une fidélité, pour rendre hommage à Jean Jaurès, le fondateur de l’Humanité. Il fut assassiné ici même par le chauvinisme exalté qui prit, le 31 juillet 1914, la veille de la déclaration de guerre, le visage du sinistre Raoul Vilain armé d’un revolver.

Nous ne célébrons pas ici une statue coulée dans le bronze, ni même le portrait sépia d’une gloire passée, ou l’image d’Epinal du tribun du peuple que chacun peut à sa guise, une fois expurgée la teneur des idées et des écrits, encenser ou glorifier comme a pu s’y exercer ces temps derniers cette extrême droite qui l’assassina pourtant, pour mieux tromper le peuple et salir la mémoire ouvrière.

Nous célébrons la mémoire d’un homme de pensée et d’action, l’une étant, pour Jaurès, indissociable de l’autre ; l’une nourrissant l’autre.

Nous célébrons l’artisan patient de l’union des familles socialistes, le promoteur de la propriété sociale et coopérative, le défenseur du travail souverain et libéré, l’infatigable et obstiné combattant de la paix, l’artisan de loi de séparation des Eglises et de l’Etat, l’humaniste radical qui ne voyait comme frontière au combat émancipateur que l’Humanité, dans la diversité des peuples qui la compose.

Ces peuples qui restent, aujourd’hui encore, jetés les uns contre les autres par les besoins d’une concurrence acharnée au bénéfice exclusif de quelques uns.

Cette cérémonie est un appel à l’action. Jaurès reste pour nos temps si troublés, si chahutés, un inspirateur, un repère solide et fiable.

Il est l’un des jalons décisifs du combat pour l’émancipation humaine, une référence utile dans nos actuels engagements pour faire triompher l’idéal révolutionnaire et républicain dans la cité comme dans le travail, quand il est bafoué par les inégalités, les restrictions de liberté, et les divisions entretenues.

Nous célébrons l’homme de plume qui mit sans cesse son journal l’Humanité à disposition du mouvement ouvrier, syndical et coopératif ; un journal utile à la rencontre entre les ouvriers, les employés, les paysans, les créateurs et les penseurs. Ce journal que nous avons la lourde mais exaltante responsabilité de faire vivre chaque jour et chaque semaine ; ce journal qui nous permet de nous retrouver par centaines de milliers lors de la fête de l’Humanité dans quelques semaines à la mi-septembre.

Une fête que nous souhaitons grande et belle, joyeuse et combative, utile à fédérer tous les humanistes, tous les progressistes, toutes celles et ceux qui cherchent les voies pour dépasser le capitalisme grégaire et affamé qui rythme autant nos vies qu’il les menace.

Commémorer Jaurès aujourd’hui, 103 ans après son assassinat, n’est pas pour nous une tentative de se draper d’une onction suprême, de s’auréoler du souvenir d’une si belle figure.

 

Commémorer Jaurès aujourd’hui, c’est raviver toute la force et la conviction de l’homme de gauche, engagé par le dialogue et la force des arguments dans le combat pour la libération des producteurs, des travailleurs, de l’oppression capitaliste. C’est offrir à la jeune génération, aux militants, aux citoyens des arguments et analyses pour les confronter au temps présent.

C’est saisir dans la multitude d’écrits, de prises de positions, d’actions politiques menées au cours d’une existence dédiée au combat pour la justice sociale et l’émancipation, des enseignements pour aujourd’hui.

Celui pour la paix résonne encore, plus d’un siècle après sa mort. Elle était pour Jaurès mère de toutes les luttes.

Il avait bien saisi que les travailleurs, les producteurs, les plus pauvres subissent toujours les premiers, et presque exclusivement, les conséquences terrifiantes des conflits. Il avait compris que la guerre n’était en rien étrangère à la lutte des classes. Dans son dernier discours prononcé à Bruxelles l’avant-veille de son assassinat devant le Parti ouvrier belge et le Bureau de l’Internationale socialiste, il s’exclamait : « Voulez-vous que je vous dise la différence entre la classe ouvrière et la classe bourgeoise? C’est que la classe ouvrière hait la guerre collectivement, mais ne la craint pas individuellement, tandis que les capitalistes, collectivement, célèbrent la guerre, mais la craignent individuellement ».

Ce sont bien des intérêts contraires aux classes populaires écrasées par les injustices, les dominations et les privations de liberté qui poussent à la guerre toute une jeunesse laborieuse, en Irak, en Syrie et dans de si nombreux pays africains, qui périt atrocement ou grandit avec des images d’horreurs inscrites à jamais dans les mémoires.

Cette spirale de violence donne vie au terrorisme fondamentaliste, cette vermine qui se nourrit du désespoir instillé dans des millions de consciences acculées et déshumanisées par la multiplication des « guerres de proies », comme les nommait Jaurès.

Il avait bien saisi que c’est la guerre économique qui, toujours, accouche des conflits sanglants.

« Il n’y a qu’un moyen d’abolir la guerre entre les peuples écrivait-il, c’est d’abolir la guerre économique, le désordre de la société présente, c’est de substituer à la lutte universelle pour la vie, qui aboutit à la lutte universelle sur les champs de bataille, un régime de concorde et d’unité. »

Les guerres ne surgissent pas de quelques coups de sangs éruptifs. Elles puisent leurs causes dans les désordres du monde, accentués de nos jours par  d’éprouvantes offensives du capitalisme qui n’épargne aucun continent.

Depuis une vingtaine d’années et la mise en échec par les mouvements sociaux des accords commerciaux multilatéraux diligentés par l’Organisation mondiale du commerce, se multiplient dans l’ombre des ambassades et des conseils d’administration, de nouveaux traités dits « de libre-échange ».

Partout ils fleurissent comme des plantes vénéneuses, prêtes à inoculer le venin de la concurrence, de l’abaissement de toutes les normes sociales sanitaires et environnementales pour permettre au capital d’élever sans cesse son taux de profit entravé par des droits sociaux, aussi imparfaits soient-ils, conquis de haute lutte.

Partout ces traités suivent la méthode de Dracula : ils naissent et grandissent dans les chambres noires des institutions internationales qui ont portes communes avec celles des transnationales qui veulent placer le monde, les vies humaines comme l’environnement en coupes réglées.

Leur mise à jour par les associations, syndicats et élus progressistes sous la lumière crue du débat public permet des reculs qui sont, pour nous, autant de victoires.

Ces traités suivent une géopolitique de tensions. Les zones de libre-échange accompagnent des lignes de forces de conflits en gestation. Ils dessinent une carte de guerre.

Les partisans du libre-échangisme effréné assurent agir pour un rapprochement entre les peuples. C’est pourtant le chaos migratoire auquel ils contribuent par l’épuisement des ressources et l’ultra spécialisation des systèmes productifs, industriels et agricoles, des pays les plus pauvres.

C’est pourtant le réchauffement climatique et les ravages écologiques qu’ils génèrent en abaissant les normes environnementales ou en encourageant le pillage des ressources naturelles.

C’est pourtant la concurrence entre les peuples qu’ils organisent en jetant les uns contre les autres sur le marché concurrentiel les travailleurs de différents pays, choisis en fonction de leur supposé « coût ».

Comment ne pas voir que cette accélération de la mondialisation capitaliste s’accompagne d’une course délirante à l’armement, que des blocs se recréent, que des murs partout s’érigent contre la liberté de circulation des êtres humains tout en protégeant celle des marchandises ?

Le 23 septembre prochain nous marcherons pour la paix avec toutes les associations, citoyens, partis et mouvements qui voudront s’y associer. Nous y appellerons la France à rejoindre les 122 pays signataires du traité d’interdiction des armes nucléaires, voté par l’Organisation des Nations unies au début du mois.

C’est à l’action que le souvenir de Jaurès nous oblige. Car qui peut nier aujourd’hui que la guerre menace sur chacun des continents, qu’émergent un peu partout ces figures inquiétantes et autoritaires qui espèrent pouvoir flatter les instincts nationaux pour mieux concentrer l’ensemble des pouvoirs en sacrifiant les droits sociaux et démocratiques ?

L’offensive libérale est bien le décor dans lequel se meuvent les ombres guerrières.

Jaurès nous enseigne que c’est la coopération, la seule coopération qui peut permettre d’enrayer la spirale de la méfiance, la course aux prébendes commerciales. C’est la coopération qui peut contribuer à faire sortir de la pauvreté voire de la famine des peuples entiers que les vautours obscurantistes espèrent attirer dans leurs griffes et entrainer dans des guerres infâmes ou des actes barbares.

Oui, comme Jaurès, nous proclamons que la paix, loin d’être un supplément d’âme, est un combat politique majeur, toujours recommencé, indissociable de tous les autres ; elle est la clef de voute de l’émancipation sociale et politique de chacune des femmes et chacun des hommes qui peuplent cette planète.

Cette paix ne peut se réaliser qu’en s’appuyant sur un internationalisme conséquent qui refuse de pointer du doigt les travailleurs étrangers poussés hors de leur pays par les logiques capitalistes ; qui refuse de céder à la facilité du chauvinisme en jetant l’opprobre sur des peuples voisins.

Souvenons-nous que Jaurès était accusé d’être un agent de Berlin par la propagande nationaliste. Les fauteurs de guerres ne supportaient pas qu’il appelle à la fraternité prolétarienne entre les classes ouvrières allemande et française pour empêcher la déflagration guerrière. Il l’appelait « Jaurès le boche » ou « Herr Jaurès » parce qu’il refusait toute exaltation du sentiment national, tout chauvinisme qu’il qualifiait de « bourgeois » dans son essence même. N’oublions pas que ces infamies répétées lui coutèrent jusqu’à la vie.

Oui la paix universelle n’est possible que dans un monde libéré de l’appât du gain, libéré des divisions entretenues entre les travailleurs des différents pays, libéré enfin du travail asservi que commandent les intérêts capitalistes.

« Tout individu humain a droit à l’entière croissance. Il a donc le droit d’exiger de l’humanité tout ce qui peut seconder son effort. Il a le droit de travailler, de produire, de créer, sans qu’aucune catégorie d’hommes soumette son travail à une usure et à un joug », écrivait Jaurès en 1901.

Par la patiente analyse de la révolution industrielle, par un minutieux travail de compréhension des métamorphoses de la société française, Jaurès, marchant dans les pas de Marx et Engels, comprit la nécessité de mettre au cœur de sa pensée et de son action la vaste question du travail.

C’est en effet par le travail que l’Homme s’accomplit et c’est par la libération du travail qu’il se libérera des chaines qui entravent son cheminement vers une totale émancipation, individuelle et collective.

« Les travailleurs ne concourent ni à déterminer le but du travail, ni à régler le mécanisme d’autorité sous lequel le travail s’exécute. C’est-à-dire que le travail est doublement serf, puisqu’il va à des fins qu’il n’a point voulues, par des moyens qu’il n’a pas choisis », constatait-il.

Certes les structures de la propriété privée des moyens de production à l’époque de Jaurès étaient bien différentes de celles que nous connaissons aujourd’hui. Mais comment ne pas voir la permanence d’une domination qui s’exerce aujourd’hui par le pouvoir exorbitant et illégitime de l’actionnariat ?

Cet actionnariat vorace – mis il y a quelque jour en lumière  par L’Humanité – qui a permis à l’actuelle ministre du travail d’empocher en douce plus d’un millions d’euros en organisant le licenciement de 900 salariés du groupe Danone dont elle était la directrice des ressources humaines.

« Il n’y a pas, il ne peut y avoir un fond humain dans l’égoïsme capitaliste » écrivait Jaurès.

Comment ne pas saisir, derrière la description que nous fait Jaurès du travail asservi, le sort des salariés de Tati, de l’entreprise GM&S, des ouvriers des chantiers navals, ceux de la FNAC/ Darty, toutes et tous soumis à l’incertitude du bon vouloir de multinationales adossées à des fonds de pension ou des fonds dits vautours qui ne cherche qu’à sucer le sang des travailleurs pour toujours faire grandir leur taux de profit.

De la même manière que Jaurès s’adressait aux mineurs de Carmaux et de Courrières, aux verriers d’Albi, aux Vignerons Libres de Maraussan, dépossédés de leur travail par la simple volonté patronale et capitaliste, nous sommes aujourd’hui au service des ouvriers de l’entreprise GM&S, de ceux des chantiers navals de Saint-Nazaire.

Au service des millions de salariés contraints au travail précaire, aux employés de la grande distribution, aux paysans victimes des appétits voraces des multinationales de l’agro-alimentaire, aux ouvriers du bâtiment et de la voirie, odieusement ciblés par la suppression du compte pénibilité alors qu’ils sont exposés comme personne aux risques et aux maladies professionnelles.

Au service du rassemblement, de la rencontre, de l’unité  entre l’ouvrier et le créateur, de l’écrivain et de l’employé, du philosophe et du paysan, du chercheur et de la jeune ouvrière précarisée. C’est ainsi chaque jour avec l’Humanité, c’est le sens de la Fête de L’Humanité.

Notons combien cet enjeu  du travail est au cœur des préoccupations des libéraux !

Pourquoi passent-ils leur temps à s’attaquer aux règles qui encadrent le travail et à vouloir précariser l’activité des salariés ?  Précisément parce que les puissances d’argent et leurs commis politiques savent que le travail est autant la source de toute richesse qu’une activité indispensable à l’être humain. Ils ont compris que c’est en pressurant le travail, en se rendant propriétaire de la force de travail que le capital assure sa domination et impose son ordre injuste à la marche du monde.

Précariser le travail, supprimer les protections salariales, s’attaquer à la cotisation sociale, réduire les instances de discussions dans l’entreprise, est le moyen le plus sûr d’engager la course à ce qu’ils appellent « la compétitivité » qui n’est que le faux nez de la guerre économique. Ils veulent faire des citoyens des fantassins envoyés au front d’une guerre économique mondiale pour s’assurer, dans l’ombre des palais ministériels et des conseils d’administration, une domination économique et sociale totale.

Voilà qu’une loi inique vient à peine d’être imposée par la force à coups de 49.3 sous le précédent quinquennat, que le pouvoir macroniste souhaite par ordonnances nous en imposer une nouvelle qui en aggrave tous les aspects !

C’est bien le travail qu’ils veulent asservir de nouveau en revenant sur toutes conquêtes qui dans les pas de Jaurès, du Front populaire et de la Libération, ont fait éclore un projet social avancé, un droit du travail, et permis aux travailleurs d’exercer avec leurs syndicats un droit de regard sur la production.

Le nouveau Président de la République, en lien étroit avec le MEDEF, cherche à asservir le travail pour couler la France dans le moule de la mondialisation capitaliste.

Qu’avons-nous entendu le mois dernier le nouveau président de la République commencer son discours césariste devant le Congrès par un appel étrange à « l’amour de la patrie » ! Comment comprendre cette saillie qui rappelle la sinistre et meurtrière « Union sacrée » de la Grande guerre, si ce n’est comme un appel à l’ensemble de la Nation à faire corps derrière la destruction programmée par ordonnances du code du travail ?

De cette manière, M. Macron cherche à gommer les clivages flagrants qui fracturent la société, à cacher sous sa bannière princière et bonapartiste les intérêts divergents qui opposent d’un côté les producteurs et travailleurs et de l’autre les propriétaires des grands moyens de production, ceux qui accumulent richesses et pouvoirs au détriment du plus grand nombre.

Il n’y a pas besoin d’être grand clerc pour comprendre que cette « Union sacrée » sert de paravent à la guerre économique qui s’intensifie chaque jour.Cette même Union sacrée que Jaurès refusait en son temps, permet également d’attenter aux libertés publiques.

Nous appelons la majorité de celles et ceux qui n’ont que leur travail pour vivre et ceux privés d’emploi à ne pas y mettre le doigt et à répondre positivement à l’appel de la CGT le 12 septembre prochain.

A l’heure de l’inscription de l’état d’urgence dans le droit commun, comment ne pas méditer cette saillie de Jaurès contre la « propagande de la peur » en 1912 où il accuse le pouvoir de vouloir « halluciner les cerveaux et affoler les cœurs, de demander à la société française de répudier toutes les lois humaines sur le sursis, sur la libération conditionnelle que ce fut son honneur de promulguer ». Comment ne pas se souvenir de son combat parlementaire acharné, face à Clémenceau, contre les lois scélérates justifiées par une vague de terrorisme anarchiste mais dont il avait vu qu’elles visaient, en réalité, à museler les luttes pacifiques d’un mouvement ouvrier en pleine effervescence ?
 

Chers amis,

La vie et la mort de Jaurès nous enseignent l’âpreté du combat et la nécessité d’y faire face avec force et humilité. Elles nous enseignent que la grande famille pour le progrès humain, écologique et démocratique a besoin de se serrer les coudes, de s’entendre, de fraterniser, de mettre à disposition de toutes et tous ses intelligences, ses volontés et ses outils. De cheminer toujours avec pour boussole le devenir de notre planète et l’intérêt des femmes, des hommes qui travaillent chaque jour à réaliser par leur travail et leurs créations le monde dans lequel nous vivons, de dépasser les divergences par un objectif commun, de ne pas céder à la tentation du repli et de « la petite phrase », aux vaines polémiques et aux procédés obliques, que Jaurès exécrait tant, car elle nuit au combat fondamental pour que se réalise enfin l’Humanité.

Retenons son appel à l’Unité de 1897, où il met en garde, je le cite, contre une « Unité despotique et morte : les diverses organisations socialistes, poursuit-il, peuvent et doivent subsister, mais il faut qu’elles puissent toujours se concerter et délibérer cordialement pour l’action commune.

Jaurès, insistant sur l’intérêt du Capital à toujours diviser, continue : l’essentiel, écrit-il, est que nul ne se grise de sa propre action ; tous ceux qui travaillent à l’organisation économique, tous ceux qui fondent, gèrent, développent des syndicats ou des coopératives, tous ceux qui répondent à l’appel des travailleurs en lutte, tous ceux qui arrachent au capital un lambeau du pouvoir municipal et du pouvoir législatif, tous ceux qui dans la bataille parlementaire portent des coups et déploient le drapeau dans l’enceinte même où l’ennemi forge ses armes, tous ceux-là sont les soldats de la même armée, les combattants du même combat, les frères de la même espérance. »

C’est à ce souvenir et à cette conception de la lutte que nous cherchons à vous associer chaque jour et chaque semaine avec L’Humanité qu’il a fondé.  C’est à cette conception du combat que nous devons nous attacher pour faire gagner les idées et les projets d’émancipation humaine et faire fleurir l’espérance, qu’il avait résumé dans cette déclaration forte de 1902, je le cite « le communisme doit être l’idée directrice de tout mouvement ».

En vous remerciant de votre présence, je vous donne rendez vous chaque jour dans l’Humanité et l’Humanité-Dimanche et les 15-16-17 septembre dans une grande, combative, joyeuse et fraternelle Fête de L’Humanité. »

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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 06:04
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Marie-France Nunez

"Les faits révélés par la presse disqualifient l'actuelle ministre du Travail !"

Communiqué des député.e.s communistes et républicains
Paris, 27 juillet 2017

La ministre du Travail est disqualifiée pour parler organisation du travail et emploi, elle peut parler actions et profitabilité des actions

Les révélations du quotidien L'Humanité (édition du 27 juillet 2017) sur le montant des stock-options perçues par Mme Muriel Pénicaud, alors qu'elle était directrice générale des ressources humaines (DGRH) chez Danone, sont une illustration supplémentaire du mélange des genres entre milieux d'affaires et sphère politique que nous avons dénoncé sans relâche à l'Assemblée nationale ces jours-ci à l'occasion de l'examen du projet de loi de confiance en l'action publique.

Celle qui est aujourd'hui ministre du Travail a pu encaisser en avril 2013, 1 million d'euros en une seule journée pour ses états de service au comité exécutif du groupe agro-alimentaire, par un simple jeu d'écritures.

Ce que révèle le quotidien est proprement stupéfiant : le bénéficie de la vente d'actions que Mme Pénicaud a effectuée, qui atteint plus de 50% de la mise de départ, n'a pu être atteint que parce que l'annonce d'un plan de restructuration au sein du groupe, quelques semaines plus tôt, a fait grimper les cours des actifs de la multinationale. Autrement dit, si ces informations graves sont confirmées, c'est au prix de la mise sur la sellette de 900 emplois de cadres dont 230 en France que la DGRH de Danone a pu s'enrichir personnellement à hauteur de plus de 1 million d'euros.

Madame la ministre Nicole Pénicaud va devoir s'expliquer sur ces faits, et sur sa conception de l'entreprise, sur la manière dont elle appréhende la participation de l'entreprise au bien commun de la société.

Au-delà de cette mise au point indispensable, de ces nécessaires éclaircissements, que la représentation nationale et le peuple français sont en droit d'attendre d'un représentant du gouvernement, plus encore, c'est le crédit de la ministre en charge de porter des ordonnances, qui vont profondément modifier les droits du travail dans notre pays, qui est désormais très fortement sujet à caution. Au moment où se dessinent les contenus des futures ordonnances avec, notamment, une annonce grave sur la dérégulation future des contrats courts qui laisserait la possibilité aux entreprises, sous l'égide des branches, d'instaurer leurs propres normes quant à l'usage du CDD, Mme Pénicaud peut-elle vraiment discuter avec le monde du travail, les représentants des organisations syndicales et les parlementaires de ce pays ?

Nous, députés communistes, considérons que les faits révélés par la presse disqualifient l'actuelle ministre du Travail pour discuter valablement du code du travail et prétendre défendre l'emploi à travers les ordonnances en cours d'écriture.

Nous considérons qu'au-delà de la personne, qu'il ne nous appartient pas de juger, c'est tout un système de pensée et les réformes qu'il prétend mettre en oeuvre dans notre pays qui sont également disqualifiés par ce qu'éclairent ces révélations de presse. En réalité, l'objectif poursuivi par ce système et ceux qui le servent est davantage celui des profits financiers immédiats, d'une économie spéculative qui se nourrit de dérégulation, que celui de l'emploi, du renouveau industriel et de l'économie réelle dans notre pays.

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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 05:53

Avec près de 6000 rues, Paris peut paraître un vrai labyrinthe…même pour les parisien(ne)s ! Mais savez-vous que la numérotation de ses voies n’a pas été faite au hasard, et que si vous en comprenez la logique vous pourrez vous repérer sans problème ? Paris ZigZag vous propose un petit topo surl’ordonnance des rues parisiennes.

La Seine comme référence

Alors que la capitale voit fleurir des plaques portant le nom des rues à chaque angle dès 1729, il faudra attendre le début du 19ème siècle pour que la numérotation actuelle soit instituée. Désormais, dans toutes les rues perpendiculaires à la Seine les immeubles seront numérotés depuis la Seine vers les extérieurs, et pour les rues parallèles au fleuve, les immeubles seront numérotés de l’est vers l’ouest. Dans les deux cas, les numéros pairs sont toujours à droite et les numéros impairs à gauche.

Les exceptions qui confirment la règle

Ayant été construites pour aller vers le village de Charenton qui était situé au sud-est de Paris, les rues de Charenton, Picpus, Reuilly, Wattignies et l’avenue Daumesnil (qui font aujourd’hui partie du 12ème arrondissement) sont les exceptions à cette règle. Les immeubles sont donc numérotés des extérieurs vers la Seine et de l’ouest vers l’est…en revanche les numéros pairs sont toujours bien placés à droite et les impairs à gauche !

Astuce pour vous repérer

Faites ce petit exercice : si vous voulez monter une rue (c’est-à-dire aller du plus petit au plus grand numéro) mettez les nombres pairs sur votre droite, et avancez. Si vous voulez la descendre (soit aller du plus grand au plus petit numéro), mettez les nombres pairs sur votre gauche, et avancez. Simple, non ?

Article du 28 juillet 2017

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Published by bruno fornaciari - dans LE SAVIEZ-VOUS
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30 juillet 2017 7 30 /07 /juillet /2017 06:51
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28 juillet 2017 5 28 /07 /juillet /2017 18:16
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Published by bruno fornaciari - dans DOCUMENTS
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28 juillet 2017 5 28 /07 /juillet /2017 17:51

« Le courage c’est de chercher la vérité et de la dire», même sur le pactole de Muriel Pénicaud

GÉRARD LE PUILL
VENDREDI, 28 JUILLET, 2017
HUMANITE.FR

Une information révélée par l’Humanité doit-elle être jugé moins crédible a priori que si elle est sortie par le Canard enchainé ou par le Monde ? On peut se poser la question au regard de la discrétion de la presse après la publication de nos informations, hier, sur la manière dont s’est enrichie chez Danone la ministre choisie par Emmanuel Macron pour défaire le code du travail.

La phrase de Jean Jaurès affirmant que « le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire » prononcée avant qu’il ne lance l’Humanité ne serait-elle plus d’actualité quand certaines révélations sont faites par …  l’Humanité  ? On peut se poser la question  devant la discrétion de la presse écrite et audiovisuelle, suite aux révélations faites hier par notre journal sur le coup de bourse réalisée par Muriel Pénicaud. Cette vente d’actions succédait à une annonce de « licenciements boursiers » en avril 2013. Le dernier jour de ce mois là, Muriel Pénicaud vendit, à 58,41 euros l’unité, 52.220 actions du groupe Danone dont elle était la Directrice générales de ressources humaines. Ces actions avaient été précédemment acquises à 34,85€ l’unité et c’est le plan de licenciement de 900 emplois dans le groupe Danone qui avait fait monter les actions du groupe en 2013. Le phénomène est connu depuis longtemps au point qu’on qualifie désormais ces effets d’aubaine des « licenciements boursiers » quand une réduction d’effectifs où des délocalisations de productions vers des pays à bas coûts de main d’œuvre fait monter en flèche le cours des actions en Bourse.
Le 30 avril 2013, Muriel Pénicaud a empoché une plus-value de 1 129 034,54€ en donnant un ordre de vente d’actions dont on peut penser que beaucoup étaient des actions gratuites données chaque année aux hauts cadres en fonction des résultats financiers des entreprises. La plus-value correspond grosso-modo à 20 ans de salaire pour un cadre moyen payé 50 000€ par an et la personne qui a perçu cette somme a été nommée ministre du Travail pour continuer le sale boulot de la Loi travail du gouvernement Valls dont Emmanuel Macron a toujours pensé qu’elle n’allait pas assez loin dans la précarisation du code du travail.

« Ce point est extrêmement grave sur le plan éthique », déclare  Eliane Assassi

Alors que le Sénat débattait hier de la nouvelle Loi que porte Muriel Pénicaud pour détricoter encore plus le code du travail, la sénatrice communiste Eliane Assassi avait mille fois raison quand elle a interpelé la ministre sur son coup de Bourse en ces termes :
« La plus-value réalisée s’élève à 1 million cent vingt mille euros. Elle a été réalisée grâce à une flambée boursière en faveur de Danone suite à l’annonce de la suppression de 900 emplois. Ce point est extrêmement grave sur le plan éthique et peut-être sur le plan juridique car de par vos fonctions vous avez organisé ce plan social et en avez  récolté les fruits pour votre profit personnel. De là à parler de délit d’initié, il n’y a qu’un pas à franchir. Cette révélation  est grave sur le plan politique ».
Grave sur le plan politique ?  Pas pour Libération de ce matin qui ignore l’information tout comme le Parisien et son jumeau Aujourd’hui-en-France. Dans la toute dernière question d’une page d’entretien avec la ministre, le Figaro évoque la question qui fâche sans préciser de quoi il retourne et la ministre se justifie en affirment que dans le privé le niveau de sa rémunération « était fixé en toute transparence, avec une part fixe et une part variable différée comme les 200 autres dirigeants de l’entreprise ». Les Echos font une allusion incompréhensible à cette affaire dans leur compte rendu du débat au Sénat. Il n’y avait rien sur le sujet Pénicaud dans les journaux du soir hier sur les télévisons publiques. Si France Info a bien relayé l’information, BFMTV, qui avait d’autres chats à fouetter hier soir, l’a seulement évoquée ce matin au journal de 5 heures. A cette heure là on ne touche pas beaucoup de téléspectateurs.
 
Pourtant, ce sujet est plus important et beaucoup plus scandaleux que « l’oubli » d’appel d’offre dont on accuse par ailleurs Muriel Pénicaud concernant la soirée du ministre Macron à Las Vegas en janvier 2016. Pas aux yeux de nos médias semble-t-il et encore moins de la ministre du Travail dont voici un extrait de la réponse faite à Eliane Assassi :
« La seule chose que je veux dire ici, très fermement  et avec force, c’est qu’il s’agit d’une rémunération  décidée des années avant le plan de départs volontaires qui a concerné 200 salariés chez Danone».
Muriel  Pénicaud ment par omission. Il y avait 900 suppressions d’emplois dans ce plan, dont 200 en France. Et c’est bien l’annonce de ces licenciements dans le groupe qui a fait monter l’action Danone. Au point de pousser la responsable de ce plan à vendre un gros paquet d’actions pour profiter de l’aubaine.
  propos, c’est aussi pour défiscaliser ce genre de plus value que le président Macron et son gouvernement veulent modifier l’Impôt de solidarité sur la fortune (ISF) tandis qu’on augmentera de 1,7%  le prélèvement de la CSG, y compris pour 60% des retraités.
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28 juillet 2017 5 28 /07 /juillet /2017 13:13

Communiqué des député-e-s communistes

 
 
La ministre du Travail est disqualifiée pour parler organisation du travail et emploi
 
La ministre du Travail est disqualifiée pour parler organisation du travail et emploi, elle peut parler actions et profitabilité des actions 

Les révélations du quotidien L’Humanité (édition du 27 juillet 2017) sur le montant des stock-options perçues par Mme Muriel Pénicaud, alors qu’elle était directrice générale des ressources humaines (DGRH) chez Danone, sont une illustration supplémentaire du mélange des genres entre milieux d’affaires et sphère politique que nous avons dénoncé sans relâche à l’Assemblée nationale ces jours-ci à l’occasion de l’examen du projet de loi de confiance en l’action publique. 

Celle qui est aujourd’hui ministre du Travail a pu encaisser en avril 2013, 1 million d’euros en une seule journée pour ses états de service au comité exécutif du groupe agro-alimentaire, par un simple jeu d’écritures. 

Ce que révèle le quotidien est proprement stupéfiant : le bénéficie de la vente d’actions que Mme Pénicaud a effectuée, qui atteint plus de 50% de la mise de départ, n’a pu être atteint que parce que l’annonce d’un plan de restructuration au sein du groupe, quelques semaines plus tôt, a fait grimper les cours des actifs de la multinationale. Autrement dit, si ces informations graves sont confirmées, c’est au prix de la mise sur la sellette de 900 emplois de cadres dont 230 en France que la DGRH de Danone a pu s’enrichir personnellement à hauteur de plus de 1 million d’euros. 

Madame la ministre Muriel Pénicaud va devoir s’expliquer sur ces faits, et sur sa conception de l’entreprise, sur la manière dont elle appréhende la participation de l’entreprise au bien commun de la société. 

Au-delà de cette mise au point indispensable, de ces nécessaires éclaircissements, que la représentation nationale et le peuple français sont en droit d’attendre d’un représentant du gouvernement, plus encore, c’est le crédit de la ministre en charge de porter des ordonnances, qui vont profondément modifier les droits du travail dans notre pays, qui est désormais très fortement sujet à caution. Au moment où se dessinent les contenus des futures ordonnances avec, notamment, une annonce grave sur la dérégulation future des contrats courts qui laisserait la possibilité aux entreprises, sous l’égide des branches, d’instaurer leurs propres normes quant à l’usage du CDD, Mme Pénicaud peut-elle vraiment discuter avec le monde du travail, les représentants des organisations syndicales et les parlementaires de ce pays ? 

Nous, députés communistes, considérons que les faits révélés par la presse disqualifient l’actuelle ministre du Travail pour discuter valablement du code du travail et prétendre défendre l’emploi à travers les ordonnances en cours d’écriture. 

Nous considérons qu’au-delà de la personne, qu’il ne nous appartient pas de juger, c’est tout un système de pensée et les réformes qu’il prétend mettre en œuvre dans notre pays qui sont également disqualifiés par ce qu’éclairent ces révélations de presse. En réalité, l’objectif poursuivi par ce système et ceux qui le servent est davantage celui des profits financiers immédiats, d’une économie spéculative qui se nourrit de dérégulation, que celui de l’emploi, du renouveau industriel et de l’économie réelle dans notre pays.
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Published by bruno fornaciari - dans ACTUALITES PCF groupe GDR-CRC
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