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14 avril 2016 4 14 /04 /avril /2016 17:34

22.000 postes supprimés dans les hôpitaux d'ici fin 2017

Le plan d'économies pour les hôpitaux révélé vendredi par "Challenges" est de 3 milliards d'euros sur trois ans.

Le budget des hôpitaux jusqu'en 2017 s'annonce serré-serré : quelque trois milliards d'euros d'économies sont prévues, dont 860 millions issus de la "maîtrise de la masse salariale", ce qui doit se traduire par la suppression de 22.000 postes, soit 2% des effectifs.

Le ministère de la Santé ne communique pas vraiment sur le sujet, évoquant "non pas une réduction des dépenses mais une évolution maîtrisée de l'augmentation des dépenses" mais "Challenges", qui a publié l'information vendredi, a pu consulter le document interne qui détaille cette "évolution maîtrisée".

Trois milliards sur trois ans, ce n'est pas rien. Dans le détail, 1,2 milliard d'euros doit être économisé grâce à une mutualisation des achats des hôpitaux et une obtention de meilleurs tarifs auprès des fournisseurs. Une baisse de prix des médicaments doit par ailleurs permettre de dégager 350 millions d'euros, alors que des rapprochements entre hôpitaux voisins doivent permettre d'économiser 450 millions d'euros.

On trouve aussi dans ce document le développement de la chirurgie ambulatoire, c'est-à-dire sans nuit passée à l'hôpital, pour une économie de 400 millions ou la réduction des durées d'hospitalisation pour 600 millions d'euros.

Mais le sujet vraiment explosif, c'est bien cette fameuse "maîtrise de la masse salariale" grâce à la suppression de 22.000 postes pour une économie de 860 millions d'euros. Cette réduction de la masse salariale - puisque c'est ainsi que ça s'appelle vraiment - ne se fera bien entendu pas par des licenciements. Comme cela se fait souvent, il s'agira essentiellement de non-remplacements des départs à la retraite. Mais n'oublions pourtant pas qu'au passage, des vacataires intérimaires pourront, eux, se voir remerciés.

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Published by bruno fornaciari - dans SANTE
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14 avril 2016 4 14 /04 /avril /2016 08:36

Évasion fiscale : Éric Bocquet dénonce "l'horreur économique"

MARDI, 24 JUILLET, 2012

HUMANITE.FR

Évasion fiscale : Éric Bocquet dénonce "l'horreur économique"

Le sénateur communiste Eric Bocquet, rapporteur d'une commission d'enquête sénatoriale sur l'évasion des capitaux, a suggéré mardi au gouvernement la création d'un Haut-commissariat pour lutter efficacement contre l'évasion fiscale évaluée annuellement en France à plus de 50 milliards d'euros.

Les sénateurs avouent avoir eu le plus grand mal à chiffrer l'évasion fiscale. Si le sénateur PS Yannick Vaugrenard, membre de la commission a évoqué la fourchette de 50 à 60 milliards d'euros, Eric Bocquet a, devant la presse, parlé d'"un risque fiscal compris entre 30 et 36 milliards d'euros", précisant que "cette évaluation ne compren(ait) pas une série de risques". "Si bien, ajoute-t-il, que la limite supérieure n'est pas définissable: est-ce 50 milliards, 80 milliards ?"

"Il y a donc une impérieuse nécessité à faire cesser cette fraude fiscale", ont souligné les sénateurs au cours d'une conférence de presse rendant compte de cinq mois de travaux de leur commission dont le rapport a été adopté à l'unanimité. "C'est un axe politique majeur sur lequel le gouvernement va devoir travailler à la rentrée", ont estimé les membres de la commission qui proposent une cinquantaine de propositions pour lutter efficacement contre l'évasion fiscale. Pour le sénateur communiste du Nord, Eric Bocquet, un "Haut-commissariat à la protection des intérêts financiers publics" doit être "la pierre angulaire" d'une politique efficace contre l'évasion fiscale. Placée sous l'autorité directe du Premier ministre, cette autorité devrait bien sûr être dotée d'un "outil statistique" solide, dispositif qui fait "cruellement défaut actuellement", a insisté le sénateur.

Eric Bocquet a dénoncé en particulier "la misère des évaluations" ainsi que l'existence d'une "véritable ingénierie de la fiscalité" qui rencontre "une culture de la faille secrétée par un système économique de la performance financière". Le sénateur communiste a fait part de son "effarement" devant "l'horreur économique" recelée par la fraude fiscale, de son "malaise" aussi: "quel sentiment voulez-vous que l'on éprouve à constater que des jeunes gens intelligents consacrent toute leur activité à inventer des moyens de jouer avec les lois?"

Eric Bocquet a accusé une "Europe trop absente" des voies de lutte engagées contre la fraude fiscale par l'OCDE et le GAFI (Groupe d'action financière) , car elle est "paralysée par les concurrences fiscales qu'elle abrite en son sein" et que c'est sur son territoire que résident "les paradis fiscaux les plus puissants du monde". "La politique franco-française de lutte contre l'évasion fiscale porte la marque de ces enlisements", a-t-il aussi remarqué. Aussi, les sénateurs veulent-ils, parmi leurs propositions, "intégrer la fraude et l'évasion fiscales au débat parlementaire" et procéder à une "évaluation régulière" des différents dispositifs qui seront mis en place.

Ils proposent aussi tout une série de mesures pour "valoriser la citoyenneté fiscale" comme le renforcement des prérogatives des institutions représentatives du personnel en matière de prévention de la fraude fiscale ou pour amplifier la "force de frappe" de l'administration notamment en créant un corps interministériel d'"informaticiens-enquêteurs".

La Commission d'enquête, mise en place sur demande du groupe CRC (communiste) en janvier dernier, a auditionné d'avril à juillet 130 personnes, dont 90 au Sénat, et 40 lors de déplacements en Suisse, en Belgique, à Londres et à Jersey. Parmi les personnes entendues : les services de Bercy, la Société générale et BNP Paribas, les groupes LVMH, Total, Saint-Gobain…, des ONG, des syndicalistes, des journalistes d'investigation, des avocats fiscalistes, mais également Laurence Parisot et les tennismen Yannick Noah et Guy Forget. Durant les travaux de la commission, le rapporteur, Eric Bocquet, sénateur communiste du Nord, a tenu un blog.

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Published by bruno fornaciari - dans groupe GDR-CRC PCF economie finance
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13 avril 2016 3 13 /04 /avril /2016 12:12
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29 mars 2016 2 29 /03 /mars /2016 12:30

Vous connaissez Elisabeth Pinot ? Non. moi non plus. mais maintenant grâce à Claire Servagent de France Inter c’est chose faîte, ce lundi de Pâques.

Elysabeth Pinot est l’auteur de l’ouvrage édité chez Bernard Laffont , qui s’intéresse au « vestiaire des politiques » Quelle audace ! C’est sans doute la raison de la présence de l’auteure dans les studio s de France Inter.

Ce thème, combien important dans les jours sombres que nous traversons, où nous sommes confrontés à des crimes horribles de populations innocentes dans plusieurs pays européens et du moyen-orient, qui saisi les populations d’angoisse et de solidarité.

En effet, Elisabeth Pinot est heureuse de nous faire savoir que pour elle, la question du moment est celle de savoir que Bernard Cazeneuve, actuel Ministre de l’intérieur porte des chemises sur mesure marquées de ses initiales, confectionnées par un grand couturier. Claire servent quant à déclare « avoir appris des choses dans votre livre » Et de citer cette audace incroyable de Marisol Touraine de porter des vêtements de couleurs devant l’assemblée Nationale jusque dans les hôpitaux qu’elle visite régulièrement. Et ce contrairement à Roselyne Bachelot qui revêtait des couleurs sombres et le pantalon. La différence entre le PS et l’UMP saute aux yeux. Madame Alliot-Marie Ministre de la défense qui avait donné ses conseil et offert ses services à Ben Ali, avait masculinisé son apparence et portait des cheveux courts pour honorer la fonction. On découvre aussi que Cécile Dufflot Ministre du Logement à l’époque avait été raillée par des députés machistes lorsqu’elle exhibait un robe à poisson bleu, lors de sa réponse à la question d’un des députés.

Palpitant aussi de savoir que Arnaud Montebourg, l’homme à la marinière, a failli poser en slip. On l’ échappé belle mais c’eût été rigolo. Nous ne sommes pas surpris que Elisabeth Pinot souligne que François Hollande s’habille de façon ordinaire, avec des chaussures de ville et sa légendaire cravates de travers.

Claire Servaient, sans en avoir l’air, pose, avec cette interview, les enjeux de la prochaine présidentielle. Quel est celui ou celle des candidats qui sera le mieux représenter la mode française et son industrie. En effet, « les vestiaires des politiques » est un ouvrage fondamental pour comprendre la politique aujourd’hui. Merci à Claire Servagent de France Inter d’y avoir consacré 5 minutes, avec toute sa perspicacité.

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10 mars 2016 4 10 /03 /mars /2016 17:59
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6 mars 2016 7 06 /03 /mars /2016 14:46

Le Conseil national du PCF adopte le « Projet de base commune de discussion » du 37ème congrès

Réuni les 5 et 6 mars à Paris, le Conseil national du PCF a adopté une résolution appelant à amplifier sous toutes ses formes la mobilisation contre le projet de loi El Khomri et à participer aux journées d'action des 9 et 31 mars. Cette résolution lance également une campagne nationale d'actions et de propositions sur le thême « Zéro chômage, pour une sociéte de partage ». (Voir déclaration en pièce jointe).

Le Conseil national a adopté le « Projet de base commune de discussion » soumis par la direction nationale aux débat des communistes pour le 37eme congrès du PCF qui aura lieu du 2 au 5 juin.

Ce projet comporte trois textes.

Le premier intitulé « Le temps du commun » porte sur le projet du Parti communiste.

Le second, intitulé « 2017 : une autre voie pour la France » propose de « construire dans les conditions inédites crées par l'échec du quinquennat de François Hollande une nouvelle étape de rassemblement à gauche pour ouvrir un chemin d'espoir ». Il s'agit de « poursuivre la démarche du Front de gauche et d'écrire une nouvelle étape »

Le PCF lance « une grande consultation citoyenne pour construire un mandat populaire pour 2017 », avec l'objectif de rencontrer 500.000 personnes d'ici la fin de l'été. Le PCF propose de construire dès maintenant, à travers des « état généraux » dans chaque circonscription des candidatures aux élections législatives pour une majorité sur un contrat de législature démocratique et d'intégrité.

Il propose de s'incrire dans le processus de primaire à gauche sur la base de la construction avant l'été d'un socle commun d'entrée dans cette primaire. Pour le conseil nattional, « ce processus, pour réussir, passe par une démarche collective, populaire et citoyenne ». Il doit viser à « écarter l'impasse Hollande et Valls par l'émergence d'une autre voie à gauche ».

Enfin, le troisième texte vise à construire « les transformations utiles et concrètes pour un Parti communiste de nouvelle génération », ce texte doit déboucher sur l'adoption d'un relevé de décisions lors du Congrès.

Les 3 textes de la base commune ont été respectivement adopté par 90 %, 81 % et 88 %. Il seront rendus publics lors d'une conférence de presse qui précédera « les lundi de gauche » :

Lundi 6 mars à 18h au siège du conseil national

Espace Neimeyer, 2 place Colonel Fabien, Parie 19eme

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, présentera et commentera pour la presse les travaux du Conseil national.

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6 mars 2016 7 06 /03 /mars /2016 13:25

Mobilisé-e-s le 9 mars contre la « Loi Travail - El Khomri »

► Avec la loi dite « El Khomri », le gouvernement Valls/Hollande a encore frappé. L’avant-projet de loi sur la négociation collective, le travail et l’emploi, contient des attaques sans précédent contre le droit du travail. Tout y passe.

► Sous l'effet des premières mobilisations, notamment la pétition, le gouvernement a reculé l'examen de la loi. Mais ce projet n'est pas amendable, il doit être retiré. Le 9 mars, les salarié-e-s, les jeunes (voir appel au dos) seront dans la rue. Pierre Laurent, Secrétaire national du PCF, appelle les députés de gauche au dépôt d'une motion de censure.

PRECAIRES UN JOUR PRECAIRES TOUJOURS ?
Les jeunes, étudiant.e.s, et lycéen.ne.s disent non au projet de loi Travail !

A travers le projet de la Loi Travail, le gouvernement vient de déclencher une offensive sans précédent contre les jeunes et les salarié.e.s. Nous, lycéen.ne.s, étudiant.e.s, jeunes chômeur.se.s, sommes déjà précaires pendant nos études et notre insertion professionnelle, il faudrait maintenant que nous acceptions d’être précaires à vie !

Le contenu de ce projet, directement inspiré des revendications du MEDEF, représente un véritable retour au siècle dernier pour le monde du travail avec une fois de plus les jeunes comme cibles favorites. Les accords se-raient négociés au sein de l'entreprise et primeraient sur les accords de branche et le Code du Travail, exerçant un dangereux chantage pour les salarié.e.s. Ceux-ci auront pour conséquences d'imposer des augmentations de temps de travail et des baisses de salaires aux salarié.e.s. Ce que le gouvernement nous promet c’est :

Travailler plus pour gagner moins : avec cette réforme le patronat pourra nous imposer des semaines allant jusqu’à 46 heures et des heures supplémentaires moins rémunérées qu’auparavant. Les apprenti.e.s de moins de 18 ans pourront être contraint.e.s de travailler jusqu’à 10h par jour et 40h par semaine.

Se faire virer plus facilement : les licenciements seront possibles sans réels motifs économiques et même de façon abusive avec le plafonnement des indemnités prudhommales

Augmenter encore le chômage : du temps de travail supplémentaire pour celles et ceux qui ont un emploi, et moins d'offres d’emplois disponibles pour notre génération alors que 25% d’entre nous sommes au chô-mage voire 40 ou 50% dans les quartiers populaires ou en Outre-mer.

Avec cette réforme le gouvernement veut donc nous précariser à vie. La succession de réformes libérales ren-force le bizutage social dont nous sommes victimes, nous obligeant à enchaîner les contrats précaires, les stages et les services civiques rémunérés à la moitié du Smic.

L’ensemble de ces mesures est inacceptable et nous appelons tou.te.s les jeunes de ce pays à se mobiliser pour exiger le retrait du projet de loi Travail et des mesures immédiates pour la dignité des jeunes et des salarié.e.s :

Pour les apprenti.e.s et les stagiaires : rémunération et droits à la hauteur du poste occupé. Pas de rémunéra-tion en dessous du SMIC et mêmes droits que les autres salarié.e.s comprenant une protection sociale. Les années d’apprentissage doivent être prises en compte dans le calcul de la retraite. L’apprentissage ne doit être légal qu’à partir de 16 ans et doit déboucher sur un emploi stable.

La mise à disposition de budgets supplémentaires pour offrir à tous les jeunes une éducation avec une formation de qualité, qui joue son rôle d'ascenseur social. Mettre en place et une véritable protection sociale durant leurs études avec un revenu, ainsi que compter les années d’études dans le calcul de la retraite et de l'assurance chômage.

En finir avec la précarité : le CDI comme norme d’emploi, la répartition par la diminution du temps de travail sans baisse de salaire entre toutes et tous pour en finir avec le chômage et assurer une protection sociale suffisante à chacun, salarié.e.s comme personnes sans emploi.

Pour cela nous appelons tou.te.s les jeunes à se réunir, à débattre et à s’organiser dans les lycées, les universi-tés, les quartiers et les entreprises. Nous appelons à une journée d’actions et d’initiatives le mercredi 9 mars, à l’occasion du passage du projet de la loi travail en Conseil des ministres.

À L’image de la mobilisation contre le Contrat Première Embauche, où la jeunesse avait fait reculer gouvernement aux côté des salarié.e.s, nous appelons à poursuivre le mouvement, notamment lors des journées de mobilisation intersyndicale.

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Published by bruno fornaciari - dans PCF LUTTES
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6 mars 2016 7 06 /03 /mars /2016 13:23

Loi travail : Le PCF appelle à la mobilisation le 9 mars

La mobilisation ne cesse de grandir dans notre pays contre le projet de loi El Khomri et le dynamitage, inédit depuis 1945, du code du travail qu'il prépare.

Le PCF, ses militant-e-s, ses élu-e-s, ses parlementaires, sont entièrement mobilisés pour s'opposer à ce texte, pour participer à toutes les initiatives, pour contribuer à ce que cette mobilisation se renforce jusqu'au retrait de ce texte rétrograde.

La riposte doit être à la hauteur de la gravité de l'attaque portée au monde du travail, aux salariés, à la jeunesse, à l’emploi.

Ce texte organise, au nom de la « modernité », le retour au 19ème siècle : il cherche à tuer l'idée même de progrès humain et d'extension des droits, il dilapide les conquêtes sociales et progressistes conquises de haute lutte. Il veut en finir avec l'existence en France d'une gauche de transformation sociale qui agit au service des intérêts populaires, pour la réduire à la simple obéissance aux exigences du MEDEF.

Le PCF français refuse cette perspective.

Les centaines de milliers de signatures recueillies en quelques jours, les convergences sur le front syndical, des organisations de la jeunesse, de l'évolution du débat à gauche ont permis un premier recul du gouvernement.

La mobilisation doit se poursuivre jusqu'au retrait du texte. Pour y contribuer, le PCF invite ses militant-e-s et elu-e-s à agir pour atteindre et dépasser le million de signatures, à être présents et contribuer partout au succès de la mobilisation, en commençant par celle prévue pour la journée du 9 mars.

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Published by bruno fornaciari - dans PCF LUTTES
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5 mars 2016 6 05 /03 /mars /2016 18:41
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4 mars 2016 5 04 /03 /mars /2016 18:18
Chroniques Latines

Retour à l'accueil du blog« Chroniques Latines »

Les chroniques Latines de Jean Ortiz portent un regard loin des clichés sur les luttes de libération du continent sud-américains... Toujours un oeil vif sur l'Espagne et les enjeux sous-jacents du quotidien...

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Photo : AFP /Chris Carlson

Jean Ortiz

Vendredi, 4 Mars, 2016 - 16:22

Obama a Cuba ! Qui l’eut cru ? Qui le croit... Désintéressé ?

"L’heure est à se réjouir des reculs de « l’empire », tout en surveillant ses manœuvres, jamais gratuites. On connaît la fable du renard libre dans le poulailler libre."

Nous n’allons pas bouder notre plaisir. Avec ou sans mea culpa de la part du sieur président Obama, la visite obamesque à Cuba, hier encore « Etat voyou », «portion de l’ empire du mal », « menace terroriste », île satanisée, constitue pour le petit POUCET une énorme victoire diplomatique et politique. D’autant plus, paraît-il, que « tout sera mis sur la table » à l’occasion du voyage en terre rouge. A n’en pas douter, le président finissant, n’ayant plus rien à perdre, profitera de cette opportunité historique... Il annoncera au monde entier la levée du blocus (promise du bout des lèvres en 2007), ce cordon sanitaire qui étouffe l’île depuis 55 ans (depuis les sanctions économiques de juillet 1960, l’opération Mangosta du bon président Kennedy en 1961, etc.). Ce reste de « guerre froide » a coûté plus de 100 milliards de dollars à l’économie cubaine. Au bas mot, le président Obama annoncera urbi et orbi, n’en doutons pas, la restitution à Cuba du territoire cubain de Guantanano, occupé par une base militaire exogène depuis plus d’un siècle. Le brave Obama présentera donc des excuses, au nom de Dieu et de tous ses prédécesseurs, pour tentative d’affamer un peuple afin de le mettre à genoux (crime contre l’humanité), pour violation de pays-domicile, propagation permanente de mensonges à l’égard d’un pays minuscule géographiquement, mais grand par sa dignité. Les Etats-Unis, eux, sont grands géographiquement, mais... Obama devra se souvenir de Bush fils qui, en octobre 2007, clamait, « vatenguerre » : « peu de pays ont défié notre nation autant que Cuba ». Ce que les impérialistes n’ont en réalité jamais pardonné à Cuba la rebelle, c’est son existence... Aujourd’hui les tartuffes se bousculent pour aller y « faire des affaires ». Le gouvernement cubain, averti, joue le jeu (à risques assumés), sans brader l’indépendance ni la souveraineté du pays.

Ce cher Barak nous réhabilitera aussi, en quelque sorte, nous les amis de Cuba qui en avons pris plein la figure depuis des décennies, pour défendre un « goulag tropical », une « dictature castriste », devenus aujourd’hui « l’endroit où il faut être vu ». Nous qui depuis 1959 répétons : Cuba n’est pas une situation virtuelle, ni un petit morceau de l’URSS qui s’obstine à survivre sous le soleil caribéen. Et il est impossible de comprendre sa révolution en contournant le contexte, le bras de fer historique entre La Havane et Washington (qui a toujours rêvé d’annexer Cuba).

La révolution cubaine, surdimensionnée internationalement par Fidel Castro, fruit d’une histoire autochtone, prolongement nécessaire des Guerres d’Indépendance, issue du nationalisme révolutionnaire, d’un processus endogène de libération nationale, n’a pas débarqué des cuirassés de l’Armée rouge. Peu de pays ont payé aussi cher leur liberté (trois Guerres d’Indépendance au 19ième siècle contre les Espagnols, une victoire frustrée), peu de pays ont résisté à 55 ans de siège, de déstabilisations multiples, de sabotages, d’attentats, d’étranglement renforcé par les lois Torricelli en 1992 et Helms-Burton en 1995.

Si les 21 et 22 mars 2016 « tout est mis sur la table » à La Havane, attention elle va craquer. Et à charge contre « l’empire ». Les Etats-Unis devront dédommager une révolution qui, à cause des ingérences et agressions innombrables, n’est sans doute pas tout à fait ce qu’elle aurait souhaité être. Elle a dû composer avec, et compter, sur l’Union Soviétique (« que nous avions déifiée » confia Fidel Castro en 1991 après la chute du Mur de Berlin) pour tenir et afficher un bilan social, éducatif, culturel... à faire pâlir les voleurs de peuples.

Aujourd’hui en crise sévère, la révolution cubaine, engagée dans un processus complexe, difficile, « d’actualisation du modèle », vit, dans un climat de tension sociale, le changement le plus important depuis 1959. Il faut remédier à une économie peu productive, un modèle trop centralisé, trop étatisé, inefficient, une crise de valeurs préoccupante, un égalitarisme excessif, le sous-développement comme forme d’insertion dans l’économie mondiale, des déformations structurelles dues en partie à l’ex-dépendance du « camp socialiste » (réserve sucrière, carence de démocratie...), un dynamisme et des contre-pouvoirs émoussés... Raul Castro et son équipe mettent en place une nouvelle donne économique , une désétatisation de secteurs non stratégiques, des mécanismes d’offre et de demande, stimulent l’initiative individuelle, privée, dans le cadre moins contraignant qu’hier d’une planification souhaitée plus participative, moins bureaucratique. Désormais chacun peut vendre (s’il en a un, une !) son appartement, sa voiture, créer sa petite entreprise, embaucher, les paysans reçoivent la terre en usufruit, vendent directement leur production...Le secteur d’Etat (la quasi totalité des salariés), a été ramené à des proportions plus raisonnables, sans « thérapie de choc ». Le salaires sont désormais calculés en fonction de la quantité et de la qualité de travail fourni... Près de la moitié de la population a accès au dollar, l’autre non... Cela créée des inégalités mal supportées dans une révolution égalitaire en diable, qui les avait bannies. Aux commandes depuis février 2008, le cadet des CASTRO œuvre à une réactivation politique et économique devenue absolument indispensable; elle passe par l’introduction de réformes structurelles, de mécanismes de marché (à surveiller, notamment par l’implication des travailleurs). Pas à pas, Raul Castro jette les bases d’un socialisme « non de marché », mais avec des mécanismes de marché ; il accélère la transition générationnelle (tardive) en cours.

Miguel Díaz Canel (55 ans), premier vice-Président, politique et expert, ancien dirigeant du parti en province (Holguin), ancien ministre de l’Enseignement supérieur, devrait prendre le relais pour deux mandats de cinq ans.

Les mêmes en « occident » qui hier critiquaient « l’immobilisme » castriste... et castrateur, se réjouissent aujourd’hui du « retour au capitalisme », souhaité par l’Europe et les Etats-Unis... mais les changements en cours ne sont pas tout à fait ceux que voudraient F.Hollande et B. Obama. Cuba « s’ouvre » parce qu’elle a besoin d’investissements étrangers, de capitaux, d’entreprises mixtes à capital extérieur (mais à participation majoritaire cubaine et qui embauchent aux conditions négociées avec Cuba), besoin d’accéder à des financements normaux de la part des pays et organismes financiers internationaux (le blocus les rend encore très limités et coûteux)

Comme le reconnaissait Hillary Clinton il y a deux ans environ : « la politique cubaine des Etats-Unis a échoué ». Seul 25% des Nord-Américains considèrent Cuba comme une menace ; la grande majorité souhaite que les familles séparées puissent se retrouver ; les jeunes, hostiles au blocus, veulent « voir Cuba », se bronzer au soleil, se doper à la musique... Dans ce contexte, contraint de lâcher du lest, de rétablir les relations diplomatiques, le président Obama a déclaré : si la politique de Washington a changé, l’objectif final reste le même : avaler, liquider, la révolution cubaine. Et le marché, le dollar, l’ « invasion » de touristes, les vols désormais quotidiens des compagnies aériennes « gringas » entre Cuba et quelques grandes villes nord-américaines, le concert des Stones à La Havane, l’apologie du consumérisme, lui paraissent plus efficaces que GI’s et Marines d’antan.

Le président Obama veut donner l’impression que le conflit cubain est réglé... alors que le blocus reste toujours en place... mais :« je n’y peux rien !!», « c’est la faute aux Républicains », « au congrès ». Eh camarade, tu es président ou débardeur aux halles ? Coquin va ! Pour aller bombarder des peuples tu as plus de pouvoirs ! L’heure est à se réjouir des reculs de « l’empire », tout en surveillant ses manœuvres, jamais gratuites. On connaît la fable du renard libre dans le poulailler libre.

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BRUNO FORNACIARI

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