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30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 07:41

Eric Zemmour, journaliste éditorialiste au Figaro Magazine et chroniqueur célèbre de l’émission « On n’est pas couché » de Laurent Ruquier sur France 2 crée le buzz en permanence avec des petites phrases assassines et des prises de position de plus en plus racistes.

 

Ce qu’il écrit et ce qu’il dit est souvent objet de controverses et de polémiques. Nouveauté, les vagues permanentes d’indignation face à certaines de ses prises de positions ont dépassé le cadre des médias français pour trouver des échos chez nous en Tunisie.

 

Soufiane Ben Farhat, journaliste à « La Presse » (le quotidien le plus vendu en Tunisie les dimanches avec plus de 100 000 exemplaires) vient de consacrer dans l'édition du dimanche 21 mars du journal un article critique sur les « sorties loufoques » de Zemmour.

 

Lorsque La Presse tunisienne critique Eric Zemmour, cela donne l’article suivant…

 

Zemmour et les vieilles lunes d’extrême droite Par : Soufiane Ben Farhat la_Presse_

 

Depuis des années qu’on subit ses sorties loufoques. Eric Zemmour a des abcès de fixation orientés: Arabes, Musulmans, Africains, Noirs font fréquemment les frais de ses pointes assassines Il les a presque toujours dans le collimateur. A coup de sentences débitées sans état d’âme. Avec, en sus, l’air hautain qui sied à la suffisance de monsieur-je-sais-tout.

 

Sa dernière trouvaille fut ni plus ni moins que des allégations mensongères et pour le moins injurieuses à l’endroit des Arabes et des Noirs africains. C’était le 6 mars dans l’émission "Salut les Terriens", présentée par Thierry Ardisson et diffusée en clair sur Canal+. Eric Zemmour y a déclaré tout de go que"les Français issus de l’immigration étaient plus contrôlés que les autres parce que la plupart des trafiquants sont noirs et arabes... C’est un fait". Timide levée de boucliers en France.

 

Plusieurs journalistes et commentateurs font le mort. Ils n’auraient rien su, rien vu, rien entendu. Toutefois, la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) réagit une dizaine de jours après le grave incident. Elle décide de poursuivre en justice Eric Zemmour pour ses propos racistes et insultants. Le président de la Licra, Alain Jakubowicz, l’a annoncé le 16 mars, lors d’un point de presse: "La Licra va poursuivre Eric Zemmour devant le tribunal correctionnel pour les propos qu’il a tenus sur Canal+", a-t-il déclaré tout en estimant que le chroniqueur a "franchi un cran". Deux jours après, la Licra déplore que M. Zemmour"recycle les vieilles lunes de l’extrême droite". Elle lui a même enjoint de "se souvenir de cette époque pas si lointaine d’avant-guerre où, dans notre pays, pour les tenants de cette rhétorique il ne faisait pas bon s’appeler… Zemmour".

 

Mais Zemmour, précisément, n’en a cure. Pis, il persiste et signe, se permettant d’élever ses propos injurieux au titre de "vérité". Dans un entretien auParisien, il a dit ne rien regretter tout en réitérant son forfait: “Ce n’est pas un dérapage, c’est une vérité. Je ne dis pas que tous les Noirs et les Arabes sont des délinquants ! Je dis juste qu’ils sont plus contrôlés parce qu’il y a plus de délinquance parmi eux”, a-t-il surenchéri. Belle dialectique, on n’est pas délinquants dans l’ensemble, mais on l’est en majorité! On tait l’affaire. Le forfait est dissous dans le non-événement.

 

On imagine pourtant le tollé retentissant qu’auraient provoqué des affirmations ou simples allusions sur Zemmour en liaison avec sa provenance ou sa religion. Pour la petite histoire, il faut savoir qu’Eric Zemmour est lui aussi un pur produit de l’immigration. Ses parents, anciens juifs d’Algérie, s’étaient installés en France lors de la guerre de Libération nationale algérienne. Par ailleurs, M. Zemmour est réputé pour avoir la dégaine facile. Suffit-il de critiquer Israël qu’il crie à hue et à dia à l’"antisémitisme".

 

Hurler avec les loups, il s’y connaît. Et il sait broder sur certaines vagues ambiantes. Comme cette lame de fond écœurante, fétide, qui tend à ressusciter les vieilles grimaces du rejet et de la peur. Certains brandissent volontiers, un peu partout en Europe, la vieille peur du Sarrazin, du Musulman, de Saladin. La crise économique aidant, les mentalités exaspérées et chauffées à blanc s’abîment dans les méandres de la conscience malheureuse. En rajouter en surfant sur les pulsions instinctives primaires de la xénophobie, de l’islamophobie et de l’ostracisme, procède des facteurs aggravants. Zemmour le sait. Et cela semble bien être le dernier de ses soucis.

 

Vilipender l’Arabe, clouer le Musulman et le Noir au pilori, cela a bon dos. Misère des jours oblige. Bien souvent, hélas, l’invective, la calomnie et l’anathème deviennent des armes de destruction massive. Et l’insulte est au discours ce que la violence et la torture sont à la politique : la forme primaire de l’exercice du pouvoir. De tout pouvoir, quel qu’il soit. Même celui de l’animateur ou du chroniqueur sur un plateau de télévision. L’ennui, quoi qu’on dise, demeure l’impunité de certains semeurs de brutales ruptures et de clivages raciaux, religieux et ethniques.

 

Autoproclamés heureux élus, ils se croient tout permis en raison précisément de l’attentisme face à leurs forfaits. L’impunité devient arrogance, arbitraire. Et la loi semble en l’occurrence sinon silencieuse, du moins timide et réticente. Il semble pour le moins étrange que l’on n’ait guère entendu parler de quelque autosaisine par les instances judiciaires appropriées sur l’affaire Zemmour. Sachant de quoi cela retourne, Eric Zemmour joue davantage la provocation et la surenchère. La liberté du plus fort opprime, la loi protège. Enfin, devrait protéger.

 

Soufiane Ben Farhat

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30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 02:26

Les arrêts maladies : le Parti communiste voit rouge...très rouge

Par Juritravail | 29-11-2011 | 0 commentaire(s) | 262 vues

 

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Ce matin, la majorité UMP et le gouvernement se sont accordés sur une solution de repli au sujet des arrêts maladie. Ils ont décidé de diminuer le montant des indemnités journalières pour arrêt maladie pour les salaires au-dessus de 1,8 fois le Smic au lieu d’instaurer un quatrième jour de carence.

 

Roland Muzeau, chef de file des députés communistes, s'est exprimé aujourd’hui sur ces mesures à venir. Il s’est dit « très en colère » puisqu’il estime qu’une « fois encore, ce sont les salariés qui vont trinquer ».

 

Il dit également que le PCF a « fait des dizaines de propositions en montrant qu'il est possible de trouver des financements autres pour la Sécurité sociale : retraites-chapeaux, bonus, stock-options... »...

 

 

Source : AFP 29 novembre 2011


En effet, devant l'énorme protestation et incompréhension dans l'opinion, l'UMP remt dans la poche de droite ce qu'elle reprend dans la poche de gauche. Avec une injustice supplémentaire. Ceux qui cotisent plus, en raison d'un salaire plus élevé,seront moins bien indemnisés proportionnellement. Décidémment les intentions ont la vie dure. Toujours les mêmes : faire payer les pauvres et épargner les riches.


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Published by bruno fornaciari - dans ACTUALITES
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30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 01:47

 

Les députés EELV ferment la porte du groupe parlementaire qu'ils formaient depuis 2007 avec les députés du PCF et du PG.

En début de journée, dans un communiqué signé à l'unanimité des quatre députés EELV, les écolos annoncent qu'ils claquent la porte du «groupe tech­nique» qu'ils forment depuis 2007 avec les députés communistes.

 

À l'époque, le seuil nécessaire pour former un groupe était de vingt élus. Les écolos n'étant que quatre et les communistes moins de vingt, ils ont alors décidé de s'unir pour former «La Gauche démocrate et républicaine» (GDR), en emmenant avec eux deux élus d'outre-mer. Ils convinrent d'adopter une présidence tournante entre communistes et Verts…

 

Depuis, le seuil pour former un groupe a été abaissé à quinze mais le Groupe GDR poursuivait sa route.

 

Pourquoi cette réaction étonnante par sa signification? Pourquoi ce départ spectaculaire?

 

Parce que, dans un courrier adressé à Martine Aubry et François Hollande, Roland Muzeau, qui devrait prendre la tête (tournante) à l'origine du groupe GDR, juge ainsi «profondément choquant que des accords PS et EELV soient envisagés contre des députés communistes sortants»(François ASENSI à Tremblay-en-France). Les députés du Front de gauche (PCF et PG et FASE), ont assez peu goûté l'accord de législature signé entre la première secrétaire du PS, Martine Aubry, et la secrétaire nationale d'EELV, Cécile Duflot, et le font savoir, c'est la moindre des choses. Et ils ont décidé de reprendre la présidence à leurs «amis» écolos.

 

Le sénateur Jean-Vincent Placé, avait pourtant appelé à l'apaisement, en lançant sur Europe  1 un «halte au feu à gauche», après le nouveau coup de chaud de la veille entre socialistes et écologistes. Auquel lui-même n'était pourtant pas totalement étranger…Les Verts ont aussitôt dénoncé un «diktat» et annoncé qu'ils siégeraient désormais parmi les non-inscrits. François de Rugy, député EELV de Loire-Atlantique, qui devait remplacer la semaine prochaine à la présidence du groupe son collègue parisien Yves Cochet, désigné pour aller siéger au Parlement européen, y voit un «prétexte» qui sent bon les vieux réflexes socialistes fort peu attachés au plura­lisme.

 

Pour Rugy,(EELV) «cette attitude montre bien que le Front de gauche est dans une phase identitaire» (sic). «Ils veulent nous couper la chique pour tenter d'exister», dit-il. À la vérité, dans le rôle de «vic­times», les Verts ne sont certainement pas non plus tout blancs, ils aiment la provocation et n'acceptent pas  de leurs "alliés" communistes qui peuvent être légitimement agacés par cette attitude "non amicale" ce qu'ils ont dû avaler pour obtenir de leurs alliés socialistes (non sans psychodrame) la promesse d'un groupe parlementaire au Palis Bourbon, pour partie sur le dos des communistes ?Cela est-il le signe d'une campagne électorale des verts dont la cible serait principalement le PCF? Espérons qu'ils sauront raison garder. A suivre

 

 

 

 

 

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29 novembre 2011 2 29 /11 /novembre /2011 16:31
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29 novembre 2011 2 29 /11 /novembre /2011 16:09

 

Robert Hue n’aurait-il que le Front de gauche comme ennemi ?

Dans un entretien au Parisien, Robert Hue critique la candidature du Front de gauche à la présidentielle et se range derrière François Hollande. Il se défend aussitôt : "je ne suis ni un supplétif ni un satellite du candidat PS". Comment qualifier cette prise de position ? Navrante, désolante... triste, tout simplement.

 

Pour justifier sa position, Robert Hue n’en finit pas de travestir celle du Front de gauche en le présentant comme un ennemi de François Hollande. N'est-ce pas au contraire Robert Hue qui n'a qu'un seul ennemi : le Front de gauche ? Ce triste épisode d’un parcours politique qui finit en queue de poisson a tout d’un mauvais remake du radeau de la méduse.

 

Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF

 

PS voir mon point de vue publié le 26/09 : Robert Hue, candidat du PCF sur la liste socialiste dans le Val-d'Oise

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29 novembre 2011 2 29 /11 /novembre /2011 10:56

Le (dés)accord entre le PS et EE-LV a laissé des traces et rappelle le devoir d’union pour 2012.

 

Par LAURE BRETTON et MATTHIEU ÉCOIFFIER


«Gardez-moi de mes amis, mes ennemis je m’en charge.» C’est l’adage qui le dit et, ces derniers jours, il s’applique à merveille à François Hollande et ses alliés de gauche. A cinq mois du premier tour, les attaques contre le candidat socialiste à l’Elysée, d’Eva Joly à Jean-Luc Mélenchon, ravivent le spectre de la division à gauche.
Hollande lui-même ne facilite pas l’apaisement, grignotant l’accord passé entre le Parti socialiste et Europe Ecologie-les Verts à chacune de ses prises de parole.
Voire soufflant sur les braises quand il tend la mainà François Bayrou si ce dernier sort de son «ambiguïté» entre droite et gauche en 2012. «Tous ceux qui ont contribué au changement peuvent gouverner le pays dans le cadre du projet que j’ai présenté», a-t-il déclaré hier sur RMC au risque de braquer son opposition interne au PS et le reste de la gauche.
Pour Eric Coquerel, conseiller spécial de Mélenchon, Hollande se trompe lourdement, sur la forme et le fond : «Au lieu de sommer tout le monde de se rallier à lui, il doit dire clairement s’il veut discuter avec le Modem ou le Front de gauche. […]Tribord et bâbord en même temps, cela ne donne pas un cap mais l’échouage assuré.»

«Suicidaire». Des remous qui font dire à Maïder Beffa, codirectrice de l’institut Viavoice, que «le pire ennemi de Hollande, c’est son propre camp. Si la gauche ne se montre pas suffisamment unie, elle ne pourra pas gagner»...De fait, notre sondage indique que 57% des Français (et 53% des sympathisants de gauche) voient dans la candidature d’Eva Joly «plutôt un risque pour la gauche qui pourra apparaître divisée». La candidate écologiste est tombée à bras raccourcis sur Hollande la semaine dernière, simple «marionnette» du lobby nucléaire, et a refusé de dire qu’elle appellerait à voter pour lui au deuxième tour. Même si elle a ensuite dû rectifier le tir sous la pression. Tout est parti de l’accord entre PS et EE-LV, dont aucun n’a assuré le service après-vente.

 

Ce qui a autorisé chacun à y aller de son interprétation. Soucieux d’affirmer son autorité après un pataquès retentissant sur le combustible nucléaire MOX, Hollande, dont certains proches comptent sur un très fort vote utile au printemps, n’a pas hésité à en rajouter une couche hier. Dans le Monde, le député de Corrèze juge que, «loin d’être affaiblie, l’industrie nucléaire sera à plusieurs titres sollicitée et donc renforcée» sous sa mandature. De quoi faire siffler les oreilles écologistes. «Entre la gauche MOX et la gauche molle, la synthèse va être difficile», constate un dirigeant socialiste.

 

 

«Points essentiels». De son côté, la droite a eu beau jeu de piocher dans le texte pour enfoncer des coins entre les deux partis, comme avec la création souhaitée d’un siège européen au Conseil de sécurité de l’ONU et la suppression envisagée du droit de veto. Gouvernement et UMP, suivis par Jean-Pierre Chevènement, ont embrayé sur le mode : «Hollande brade l’indépendance de la France.» Si la suppression du droit de veto figure bien dans l’accord, elle s’entend dans le cadre d’une réforme globale des Nations unies. Hier, le socialiste a donc été contraint à une mise au point, nuançant une nouvelle fois le texte commun. S’il est élu en mai, il n’y aura «pas de remise en cause unilatérale du droit de veto de la France». Plus globalement, il a dit ne pas se sentir lié par l’accord PS-EE-LV, négocié de parti à parti, et n’en appliquera que les «points essentiels». Une attitude hégémonique condamnée par le sénateur Vert Jean-Vincent Placé. «Depuis un mois, Hollande reprend tous les travers de la Ve République, a-t-il expliqué sur BFM TV. Il pense que seule sa parole compte […]. Je pense qu’il a intérêt à rectifier le tir et écouter davantage son propre parti et ses alliés.»

 

PS Voir mon point de vue publié le 18/10 : La crise "oblige" Hollande à s'éloigner du projet du PS

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29 novembre 2011 2 29 /11 /novembre /2011 07:46

 

5 MESURES ANTI-AUSTERITE

DEFENDUES PAR LE FRONT DE GAUCHE


FACE AUX BANQUES ET AUX MARCHES FINANCIERS AGIR TOUT DE SUITE avec une loi de création

d’un pôle public financier qui changera critères et politique du crédit. Réorientation des missions et

du rôle de la BCE, pour lui permettre de prêter directement aux Etats.

Limitation du pouvoir des agences de notation.

 

REINDUSTRIALISER LA France

 

Le Front de gauche engagera une politique d’aménagement industriel et du territoire, fondée sur les

exigences d’emplois, de formation et de qualification, de recherche et d’environnement, moteur

d’une nouvelle croissance.

 

LA RELANCE PAR LES SALAIRES Hausse du SMIC à 1700 € brut ce qui contribuera à augmenter le pouvoir d’achat et faire tourner la machine économique. SALAIRE MAXIMUM à 20 fois le plus bas salaire dans les entreprises. Pensions de retraites et minima sociaux alignés sur le SMIC

 

CONTRE LE CHÔMAGE ET LA PRECARITE

APPLICATION EFFECTIVE DES 35 H avec embauches correspondantes et limitation des Heures

supplémentaires. Pour faire reculer la précarité le Front de Gauche installera une « sécurité

emploi/formation ». Le recours au CDD limité à 5% dans les grandes entreprises et à 10% dans les

PME. L‘autorisation administrative de licenciement sera rétablie, avec interdiction des licenciements

boursiers. 800 000 précaires de la fonction publique seront titularisés.

 

RETRAITE A 60 ANS

 

Le Front de Gauche rétablira la retraite à taux plein à 60 ans avec 37,5 ans de cotisation, avec départ

anticipé selon la pénibilité

 

CREATION DU COLLECTIF CITOYEN DU FRONT DE GAUCHE D’AIRVAULT


MERCREDI 30 NOVEMBRE


salle Jean EMMENEAU à AIRVAULT 20 H 30

ENTREE LIBRE

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Published by bruno fornaciari - dans PCF THOUARSAIS
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29 novembre 2011 2 29 /11 /novembre /2011 07:42

 

10 principes pour une transition énergétique réussie

Extraits de L'humain d'abord, programme du Front de gauche

 

«  Nous proposerons un débat public national immédiat sur la politique énergétique en France. Ce grand débat devra permettre la remise à plat des choix énergétiques et du nucléaire et préparer l’alternative aux énergies fossiles. Il se déroulera sous contrôle citoyen de l’information jusqu’à la prise de décision et se terminera par un référendum. Dans le domaine du nucléaire civil, l’ensemble des possibilités – dont la sortie du nucléaire ou le maintien d’un nucléaire sécurisé et public – sera alors tranché. Aucun choix définitif en matière de politique énergétique ne sera effectué avant la conclusion de ce grand débat public.  »

Le Front de gauche propose dans son programme, L'humain d'abord, un grand débat public national sur les choix énergétiques de la France et un référendum à l'issue de ce débat pour, notamment, trancher la question de l'avenir du nucléaire civil.

C'est, plus que jamais, la seule voie sérieuse et réaliste. Et cela, pour trois raisons :

1- L'énergie est un droit universel pour chaque être humain.

L'énergie est, en même temps, la condition du développement et du progrès humain pour chaque peuple de la planète. Les besoins sont considérables. Or les conditions d'accès à ce droit vont être bouleversées par la fin prévisible du pétrole et la nécessité de lutter contre le réchauffement climatique, qui imposent comme premier impératif la sortie des énergies carbonées (aujourd’hui 84 % de la production d’énergie planétaire). Nous devons donc repenser nos modèles énergétiques et, sans attendre, engager la France dans une transition durable et ambitieuse.

2- L'avenir énergétique de la France est mis en danger par la politique de la droite et de Nicolas Sarkozy au service des marchés et des intérêts financiers.

La démagogie à laquelle se livre aujourd'hui même le président de la République devant la centrale du Tricastin, comme il le fit à Gandrange en 2008 en prétendant défendre l'emploi industriel, n'y change rien. Sa politique menace l'avenir de dizaines de milliers de salariés de la filière, y compris dans le nucléaire. Sous l'impulsion de la droite depuis 10 ans, la France s'est engagée dans une politique de déréglementation et de privatisation qui vise à livrer progressivement tout le secteur énergétique, nucléaire compris, aux logiques de rentabilité. C'est une folie qui, si elle était poursuivie, priverait la France des moyens de maîtriser et de planifier la transition énergétique nécessaire.

Les actes sont légion : transformation des entreprises EDF et GDF en sociétés anonymes, mise en concurrence des acteurs de la filière au détriment des coopérations, démantèlement du service public intégré, filialisation, privatisation de GDF sous la coupe de Suez, augmentation des tarifs, sous-traitance à tout-va (notamment au détriment de la sécurité dans le nucléaire), détricotage du statut du personnel des industries électriques et gazières, loi NOME, ouverture à la concurrence des concessions hydrauliques et de la distribution du gaz et de l'électricité, incapacité à engager la France dans une politique industrielle ambitieuse et durable en matière d'énergies renouvelables... En 10 ans de libéralisation du marché, plus de 300 000 emplois ont été supprimés en Europe dans ce secteur, parmi lesquels 30 000 en France. La nécessité de changer de cap est devenue impérieuse.

3- L'accord PS-EELV n'est en aucun cas à la hauteur.

Alors qu'un grand débat public, sérieux, approfondi et transparent doit être mené dans tout le pays en associant citoyens, salariés, syndicats, élus et tous les partis politiques, cet accord politique bâclé en quelques jours, adossé à un échange de circonscriptions législatives, s'inscrit en complète opposition à cette exigence. Il fragilise l'une des plus grandes filières industrielles françaises, principale productrice d'électricité de notre pays, sans établir de scénario alternatif convaincant. Il conduirait à consacrer plus de moyens au démantèlement de la filière nucléaire qu'à l'investissement dans d'autres moyens de production d'énergie, pourtant indispensables s'il s'agit de compenser la baisse de la part de l'électronucléaire de 75 % à 50 %.

Le minimum pour des forces de gauche devrait être de conduire le grand débat public nécessaire en respectant quatre principes : qu'il soit mené au grand jour, sous contrôle citoyen, en associant salariés et syndicats ; qu'il dispose du temps nécessaire pour se déployer et aller au fond des questions et solutions proposées ; qu'il aborde l'ensemble des enjeux et ne se réduise pas au nucléaire ; qu'aucun choix définitif ne soit engagé avant la conclusion de ce débat et sa validation par référendum.

C'est dans cet esprit, pour les verser au débat, que le PCF rend aujourd'hui publics ces 10 grands principes.

Nous refusons de nous laisser enfermer dans un débat piégé et caricatural, en répondant à des ultimatums ou à des injonctions binaires. Toutes celles et tous ceux qui sont attachés au développement social de notre pays, à l'avenir écologique de la planète, doivent pouvoir se reconnaître dans ces principes de débat.

Dans le domaine du nucléaire civil, l'ensemble des possibilités – dont la sortie du nucléaire ou le maintien d'un nucléaire sécurisé et public – doivent pouvoir être débattues.

Les 10 principes

Les principes sur lesquels devrait reposer, à nos yeux, la planification d'une transition énergétique réussie, et que nous soumettons au débat, sont au nombre de dix.

  • Un principe fondamental : garantir le droit universel à l'énergie et au développement.

  • Un impératif immédiat : sortir des énergies carbonées fortement productrices de gaz à effet de serre.

  • Quatre urgences :

    • lancer un programme national de rénovation thermique de l’habitat ;

    • rééquilibrer l’usage des transports en favorisant les moins polluants ;

    • mener de pair réindustrialisation et planification écologique ;

    • engager un développement massif et diversifié des énergies renouvelables.

  • Une exigence : sécuriser le nucléaire dont le recours reste pour le moment nécessaire dans un mix énergétique rééquilibré.

  • Trois conditions :

    • assurer la maîtrise publique de l’ensemble du secteur énergétique ;

    • programmer un effort de recherche massif dans toutes les directions ;

    • garantir des financements importants et pérennes pour réussir cette transition énergétique.

1. L’énergie, un droit universel

Le droit à l’énergie pour chaque être humain et au développement pour chaque peuple de la planète n’est pas aujourd’hui correctement assuré. 1,6 milliard d’êtres humains n’a pas accès à l’électricité. 80 % des ressources énergétiques de la planète sont consommées par 20 % de la population.

En France, la précarité énergétique touche plus de 3,7 millions de foyers soit 10 millions de personnes. 100 000 coupures de gaz et 150 000 coupures d’électricité ont lieu chaque année. Les élus communistes demandent dans un projet de loi leur interdiction en période hivernale.

La demande mondiale d’énergie aura doublé d’ici 2050 et ce,même dans l’hypothèse de la mise en œuvre de forts programmes d’économies d’énergie dans les pays aujourd’hui les plus consommateurs.

Répondre aux besoins du développement humain dans un monde solidaire, tout en réduisant massivement les émissions de gaz à effet de serre et en préservant l’environnement et les écosystèmes, nécessite d’engager des investissements colossaux pour garantir des capacités nouvelles de production d’énergie aptes à répondre correctement à l’ensemble de ces exigences.

Les pays les plus riches se sont appuyés majoritairement sur un recours massif aux ressources fossiles. Il en va de leur responsabilité de donner la priorité à d’autres modes de production plus respectueux de la planète, de mettre en place de vrais plans d’’économie et d’efficacité énergétiques.

Le droit à l’énergie pour tous impose de conduire cette transition énergétique en bannissant les scénarios qui livrent l’énergie au marché et conduisent à l’explosion des tarifs. L’énergie doit rester ou redevenir un bien commun, maîtrisé publiquement et accessible à tous.

2. Un impératif absolu : sortir des énergies carbonées

Alors que les prévisions du GIEC sur le réchauffement climatique nous commandent de réduire de 50 % les émissions planétaires de CO2 d’ici 2050 et de 80 % dans les pays industrialisés les plus développés, nous sommes très loin, même en Europe, de nous diriger vers la tenue de ces objectifs.

Cet impératif absolu semble avoir disparu du débat public, et même du discours de certains écologistes qui focalisent tout sur le nucléaire depuis la catastrophe de Fukushima. La sortie annoncée du nucléaire par l’Allemagne ou la Belgique va se traduire par un recours accru aux énergies fossiles, gaz et charbon.

Le respect des exigences du GIEC doit rester une priorité. Les révisions de politique énergétique que doit assumer notre pays, ainsi que l’ensemble des pays développés et des grands pays émergents, doivent être dominés par la nécessité de maîtriser un réchauffement climatique qui menace l’avenir de nos sociétés humaines : migration forcée de millions d’êtres humains, submersion de grandes villes ou désertification de régions, voir de pays entiers, perte de biodiversité et menaces sur la santé.

Cette maîtrise implique le recul massif de l’utilisation des énergies fossiles. Pour prendre le relais, nous estimons que la diversification complémentaire des autres sources d’énergie est nécessaire. Il faut effectuer des choix, des priorités afin de composer le meilleur mix énergétique possible à même de satisfaire les besoins en énergie à un prix abordable par tous.

C’est pourquoi nous considérons que le développement impératif des énergies renouvelables pour prendre le relais des énergies utilisant les ressources fossiles ne saurait exclure le recours à un nucléaire mieux sécurisé dans un mix énergétique rééquilibré.

Le recul des énergies émettrices de CO2 entraînera forcément une augmentation notable de la part de production d'électricité décarbonée dans le bilan énergétique global.

3. Un plan national pour l’efficacité énergétique dans l’habitat

Un programme national de rénovation thermique de l'habitat du parc de logement existant – public comme privé – doit être immédiatement lancé.

Un million de nouveaux logements sociaux doit être construit pour répondre à la demande. Ce levier doit être utilisé pour promouvoir une politique publique innovante en matière de normes énergétiques de l'habitat.

Les réseaux de chauffage urbain utilisant le recyclage des déchets et les systèmes de récupération de chaleur doivent être généralisés.

Un plan national de formation et de création d'emplois qualifiés doit être élaboré pour faire face aux besoins.

4. Une politique nationale des transports favorisant le recul de l'utilisation des énergies carbonées

Nous préconisons l'élaboration d'un vaste programme d'économie et d'efficacité énergétiques en matière de transports, basée sur 4 grands axes:

  • la priorité donnée aux transports collectifs urbains et interurbains

  • un plan national de ferroutage sous le contrôle public de la SNCF, à l'opposé de la politique actuelle qui veut autoriser les camions de 60 tonnes sur nos routes

  • le développement du transport fluvial

  • le soutien à tous les investissements industriels pour la voiture propre de demain

5. Une ré-industrialisation écologiquement innovante

Notre pays a besoin d'une nouvelle politique industrielle, innovante. Cela suppose de produire l'énergie nécessaire en conséquence. Le développement industriel est lui-même nécessaire pour faire face aux besoins de la transition énergétique. Mais cette ré-industrialisation doit être conduite dans le cadre d'une planification écologique soutenant la mutation des modes de production industriels, vers des modèles plus économes en énergie et moins producteurs de déchets.

6. Un plan national cohérent et ambitieux de développement des énergies renouvelables nouvelles

Le développement d'énergies nouvelles (solaire, éolien, géothermie...) est indispensable. Des politiques publiques de filières – cohérentes et pérennes – doivent être déployées. Elles doivent permettre d'abaisser le prix de revient des énergies renouvelables hors CO2. L'hydraulique ne doit pas être livré à la concurrence comme le prévoit la loi NOME.

La montée en charge de ces énergies renouvelables nouvelles, non émettrices de CO2, dans notre mix énergétique, ne suffira cependant pas à résoudre tous les problèmes. Le dernier rapport du GIEC de 2011 sur les énergies renouvelables le montre. Qui plus est, ces énergies sont intermittentes et doivent être compensées, en cas d'arrêt, par des centrales au gaz ou au charbon. Il reste que le retard pris par la France à les développer deviendra gravement préjudiciable s'il perdure. Là aussi, cette nouvelle ambition doit être conduite sous maîtrise publique.

7. Un nucléaire sécurisé, 100% public, dans un mix énergétique rééquilibré

La croissance à venir des besoins, l'impératif de la lutte contre le réchauffement climatique et les capacités réelles de montée en charge de nouvelles énergies renouvelables nous conduisent à considérer que la présence du nucléaire civil dans le mix énergétique restera nécessaire et qu'il est une garantie de maîtrise de la facture énergétique des Français.

Dans notre pays, où les atouts de maîtrise de la filière, à certaines conditions, sont réels, la sortie immédiate ne nous paraît pas nécessaire. Elle aurait un coût énorme et constituerait un gâchis préjudiciable.

En même temps, l'accident nucléaire de Fukushima, intervenu dans un pays aussi technologiquement avancé que le Japon, interroge l'avenir de l'industrie nucléaire. La poursuite du nucléaire impose de nouvelles exigences.

La première est la totale maîtrise publique des installations.

Le PCF estime de plus que la question essentielle immédiate qui se pose en matière de nucléaire civil est celle d'une élévation décisive, nationale et internationale, des garanties de sûreté nucléaire.

Notre pays dispose en la matière (recherche, technologies et structures indépendantes de contrôle de l'ASN et de l'IRSN) de moyens avancés. Il doit les conforter et les développer.

L'intégration de la sous-traitance, la protection et les droits des personnels doivent redevenir des priorités, contre la recherche actuelle d'économies sur la sécurité.

Plutôt que de programmer une sortie coûteuse et hasardeuse du nucléaire, nous devrions travailler à dépasser le nucléaire d'aujourd'hui, en finalisant l'EPR de Flamanville, qui renforce la sécurité des réacteurs actuels, en soutenant les projets de générateurs de 4e génération (projet Astrid) plus sûrs, moins producteurs de déchets et économes en matières premières, en investissant dans la recherche, notamment pour être capable de recycler les déchets nucléaires existants. Pour un futur plus lointain, le projet de recherche international ITER sur la maîtrise de la fusion peut ouvrir d'autres perspectives.

8. Une condition expresse: la maîtrise publique

L'énergie doit sortir du marché. Nous défendons le principe d'une gestion de l'énergie 100% publique, avec la création d'un pôle public de l'énergie.

Nous proposons d'abroger la loi NOME.

Ce service public doit avoir la capacité d'investir dans la recherche, la promotion d'énergie nouvelles et de nouvelles capacités de production, tout en maintenant un coût d'accès à l'énergie acceptable pour tous.

Il s'agirait de fédérer tous les acteurs de la filière énergétique (recherche, production et distribution), en premier lieu EDF, GDF, le CEA, AREVA et Total, et ceci pour aller vers de nouvelles formes de nationalisations. L'ASN et l'IRSN doivent rester des outils indépendants de contrôle de la sureté et de la radio-protection.

Se limiter à garder les réseaux de transport et de distribution sous maîtrise publique, comme le propose l'accord PS-EELV, mettrait à la charge des consommateurs le coût de l'infrastructure territoriale, tandis que serait livrée au privé la production électrique.

Nous sommes pour la création d'une véritable Europe de l'énergie au service de la même ambition. L'Europe doit rompre avec la libéralisation du secteur énergétique, la suppression des services publics nationaux, la hausse des tarifs pour les consommateurs.

La démocratie à tous les niveaux doit être le moyen de garantir aux citoyens, aux élus et aux salariés, les droits d'information, de co-élaboration, de contrôle des décisions, d'évaluation de l'impact écologique des productions et des risques industriels et sanitaires.

9. Investir dans la recherche

Une condition sine qua non de la réussite d'une transition énergétique aussi ambitieuse est le déploiement d'un effort public massif de recherche, qui doit être mené dans toutes les directions et sans tabou : énergies renouvelables nouvelles ; énergie nucléaire ; projet ITER ; charbon propre et captage de CO2 ; énergie océanique ; carburant hors carbone ; stockage de l'électricité ; économies d'énergies...

10. Garantir des financements pérennes

La maîtrise publique est indispensable pour empêcher le captage par les appétits privés des ressources financières nécessaires au développement de la recherche et d'énergies nouvelles, aux péréquations de tarifs, aux mutualisations et aux coopérations industrielles.

Le système bancaire et financier, et les politiques fiscales doivent soutenir l'ambition de programmes de transition énergétique en faisant prévaloir l'intérêt général et le droit à l'énergie de tous sur les logiques financières de rentabilité.

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Published by bruno fornaciari - dans PCF-FRONT DE GAUCHE
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29 novembre 2011 2 29 /11 /novembre /2011 06:52
  • Hollande tend la main à Bayrou

    Mots clés : PS, MoDem, Alliance, FRANCE, François Bayrou, François Hollande

    Par Jim Jarrassé Mis à jour le 28/11/2011 à 22:06 | publié le 28/11/2011 à 15:41 Réactions (222)
    François Bayrou et François Hollande, en 2007, à l'Assemblée nationale.
    François Bayrou et François Hollande, en 2007, à l'Assemblée nationale.Crédits photo : Jean-Christophe MARMARA/Le Figaro

    Le candidat socialiste considère que le président du MoDem fera partie de la majorité présidentielle s'il appelle à voter en sa faveur dans l'entre-deux-tours. Une position qui ne fait pas l'unanimité à gauche.

    François Bayrou l'a promis : en 2012, s'il n'est pas qualifié au second tour, il se prononcera clairement pour l'un ou l'autre des candidats encore en lice. Histoire de ne pas reproduire la période de flottement de l'entre-deux-tours de 2007, lorsque le président du MoDem avait attendu trois jours avant d'annoncer finalement qu'il ne donnerait pas de consigne de vote. Façon aussi pour François Bayrou, ministre de l'Education entre 1993 et 1997, de s'inscrire dans la perspective d'une alliance qui lui permettrait de renouer avec une expérience gouvernementale.

«Bayrou se vendra au plus offrant», raille le radical Dominique Paillé. Depuis qu'il s'est déclaré, jeudi, candidat à la présidentielle, le leader centriste, crédité de 7% des voix, est courtisé de toutes parts. Dimanche, Xavier Bertrand invitait ainsi Bayrou à «ne pas se tromper d'adversaire», notant que le ton du président du MoDem à l'égard de Nicolas Sarkozy avait changé. Jean-Christophe Lagarde, numéro deux du Nouveau Centre, souhaite que le candidat du MoDem vienne «retravailler avec la majorité». «Sa vraie famille d'origine n'est pas le Parti socialiste», juge pour sa part Alain Juppé.

 

Côté socialiste, François Hollande a créé la surprise, lundi matin, au micro de RMC. «Je n'écarterai personne mais à la condition que les formations politiques ou les dirigeants politiques aient appelé à voter pour moi au second tour. Si François Bayrou fait un choix, nous verrons lequel, au second tour, il sera dans la majorité présidentielle qui se sera constituée autour du vainqueur. (…) Tous ceux qui ont contribué au changement peuvent gouverner le pays dans le cadre du projet que j'ai présenté», a-t-il assuré, tout en demandant à François Bayou de sortir de «l'ambiguïté» vis-à-vis d'une éventuelle alliance avec la gauche. Un peu plus tard dans la journée, il a précisé ses propos : «Je n'ai pas proposé de ministère à qui que ce soit», a assuré le candidat socialiste à la présidentielle.

 

Pour Eric Coquerel, conseiller spécial de Mélenchon, Hollande se trompe lourdement, sur la forme et le fond : «Au lieu de sommer tout le monde de se rallier à lui, il doit dire clairement s’il veut discuter avec le Modem ou le Front de gauche. […]Tribord et bâbord en même temps, cela ne donne pas un cap mais l’échouage assuré.»

 

  • «Il est dans une autre logique», selon Emmanuelli

    • Rien n'est fait, donc. D'abord parce que le président du MoDem, qui a vu son espace réduit par le positionnement social-démocrate du candidat socialiste, ne retient pas ses coups contre le député de Corrèze et son programme «insoutenable». «On ne créera pas 60.000 à 70.000 postes d'enseignants, on ne fera pas une allocation générale d'autonomie pour les étudiants, on ne reviendra pas à la retraite à 60 ans», a-t-il martelé jeudi soir sur TF1. Avant d'accuser les socialistes et les écologistes de brader la place de la France à l'ONU, en prévoyant dans leur accord commun la suppression du droit de veto.
    • De quoi crisper encore un peu plus les nombreux socialistes qui ne veulent pas d'une alliance avec le centre. La question divise profondément le PS depuis 2007. Si François Hollande a posé la question d'un rapprochement avec le MoDem dès les municipales de 2008, Martine Aubry s'est fait élire à la tête du parti en faisant du rassemblement de la gauche sa priorité. Et les responsables de la gauche du parti, comme Arnaud Montebourg ou Benoît Hamon, n'ont jamais caché leur scepticisme sur une alliance jugée «contre-nature». «Sur le domaine social, je ne l'ai jamais vu avec nous. Il est dans une autre logique», expliquait la semaine dernière Henri Emmanuelli.
  • L'appel du pied de François Hollande risque aussi de heurter les partenaires des socialistes à gauche. A commencer par les écologistes, incontournables, qui, suite à des désaccords sur le nucléaire, n'ont pas encore confirmé leur participation à un gouvernement de coalition en cas de victoire de François Hollande. La perspective d'une cohabitation avec François Bayrou ne devrait rien arranger. Car à la différence de Daniel Cohn-Bendit, Cécile Duflot, patronne d'Europe Ecologie-Les Verts, a toujours refusé une alliance avec le MoDem. «Pas question d'échanger le PCF contre le MoDem», disait-elle au Figaro en 2009. «Si le MoDem défend la libéralisation des services publics, ça n'est pas compatible avec une politique écologiste».

Même raisonnement du côté de la gauche radicale. «Sur les retraites, la règle d'or, la dette... nous disons l'exact contraire de François Bayrou», a résumé sur Parismatch.fr François Delapierre, bras droit de Jean-Luc Mélenchon, pour qui un gouvernement dans lequel cohabiteraient le Front de gauche et le MoDem «ne pourrait qu'exploser à la moindre difficulté». Et de prévenir François Hollande : «Entre Bayrou et nous, il faudra choisir»

 

 

 

 

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    AvatarMachepro

    Si Bayrou fait montre d'autant de conviction et d'agressivité que les Verts, il peut multiplier l'effet de ses quelques 7 pour cent, et obtenir de Hollande d'importantes promesses... de capitaine. Ce serait en définitive assez bien que Bayrou se fasse un temps Socialiste, pour ajouter à la confusion de la Gauche.

    Le 29/11/2011 à 02:24 AlerterRépondre
    AvatarJULIEN7544

    c'est une manie au PS de courtiser Bayrou....apres Royal c'est le tout de Hollande ! c'est maladif
    mais Bayrou toujours le derriere entre deux chaises ....où trouvera t il sa place ?

    Le 29/11/2011 à 00:13 AlerterRépondre
    Avatarandrea manteca

    Il a refuse la mandoline au balcon,

    et il dirait oui au tambour du recruteur ?

    Ce serait la fin pour lui....

    Le 28/11/2011 à 23:40 AlerterRépondre
    AvatarMémoire 31

    Pas mal le titre de l'article : Hollande tend la main à Bayrou.
    Ce que Mr Hollande ne se rappelle peut-être plus, c'est la baffe magistrale que Mr Bayrou avait prodigué à ce gamin d'une cité, qui lui faisait les poches. Approchez-vous Mr Hollande, une baffe de plus ou de moins, quelle importance. Des alliances contre nature ne tiennent jamais la distance !

    Le 28/11/2011 à 23:39 AlerterRépondre
    AvatarOlicar

    C'est stratégiquement très mal joué : Hollande devrait savoir que Bayrou, qui rêve d'être président depuis qu'il est tout minot, n'acceptera JAMAIS ce genre d'offres de service. Et du coup, lui proposer un poste (forcément, de premier ministre), c'est reconnaître au leader centriste une forte légitimité.

    Le 28/11/2011 à 23:28 AlerterRépondre
    Avatarvictoire10

    François ne craint pas les préliminaires : Qui sera au balcon, cette fois ci ?

    si François Bayrou avait fait preuve de plus d'audace, s'il avait dit oui à Ségolène Royal qui jouait de la mandoline sous son balcon. Il a failli succomber, il était proche de céder devant la démone tentatrice. Elle le raconte drôlement dans son ouvrage qui sort cette semaine : « Ma plus belle histoire c'est vous » (Editions Grasset). Quelle histoire ! Quelle famille !

    Le 28/11/2011 à 22:48 AlerterRépondre
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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 19:20

 

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Published by bruno fornaciari - dans SOLIDARITE INTERNATIONALE
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