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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 22:47

François Hollande et Michel Sapin, en charge du programme présidentiel du candidat socialiste

Politique - le 18 Novembre 2011

Rigueur: François Hollande joue la surenchère

Douze milliards  d'euros d'économies pour le gouvernement en août, suivis de 8 milliards il y a quinze jours. Qui dit mieux? Cinquante milliards, semble surenchérir le candidat socialiste François Hollande. Selon une information de Reuters publiées ce vendredi, le programme du vainqueur des primaires socialistes envisage un effort de 50 milliards d'euros de redressement budgétaire supplémentaire sur 2012 et 2013 pour réduire le déficit public à 3%.

 

 

Rigueur puis croissance


Une loi de programmation fixera clairement l'évolution de la fiscalité et des dépenses pour trois ans pour donner un horizon aux partenaires de la France. Michel Sapin, en charge du programme présidentiel de François Hollande, explique la logique suivie en cas de victoire du candidat PS: retour à 3% de déficit puis soutien à la croissance. "Lorsque la gauche arrivera au pouvoir, ce ne sera pas pour donner pendant deux ans pour ensuite reprendre pendant trois ans. Cela peut être l'inverse : être extrêmement sérieux pendant deux ans pour pouvoir distribuer un peu plus pendant les trois ans qui suivront."


"Ce qui est sûr, c'est que le déficit diminuera et que l'endettement s'inversera", a ajouté cet ancien ministre des Finances. "Quand François Hollande dit 3% du PIB en 2013 et tendre vers zéro déficit à la fin de son quinquennat, c'est un élément intangible."

 

 

Contrôle strict des dépenses publiques

 


Selon Karine Berger, économiste conseillère de François Hollande, les efforts d'économies porteront sur 50 milliards d'euros. "On parle de 50 milliards. On est un peu tôt dans la campagne pour donner des éléments précis mais notre ligne est qu'il faut évidemment continuer un contrôle des dépenses extrêmement strict." Trois leviers principaux sont évoqués pour parvenir au contrôle des dépenses

  1. Fiscalité. Deux tiers des économies viendraient de mesures fiscales, dont l'annulation du "paquet fiscal" de 2007, et un tiers d'économies. Mais cette répartition peut évoluer jusqu'à moitié-moitié.
  2. Fonctionnaires. Le nombre de fonctionnaires n'augmentera pas, les 60.000 emplois supplémentaires prévus dans l'Education nationale étant compensés par des départs en retraite ailleurs.
  3. Comptes sociaux. "Il y a aura des propositions fortes sur la façon de limiter l'évolution des dépenses de santé de manière socialement juste", a dit Karine Berger. L'objectif de progression des dépenses d'assurance maladie nettement inférieur au 2,5% par an désormais prévu par le gouvernement, en mettant notamment les consultations médicales à contribution.

A la poursuite du Triple A


Le PS suit comme l'UMP le même objectif: la sauvegarde du triple A donnée par les agences de notation à la France. "On fera tout pour conserver la note 'triple A' et si, par malheur, on devait la perdre, on s'engage à tout faire pour la rétablir", affirme Karine Berger. "Mais si la France doit sauver son 'triple A' pour 12 mois, ce n'est pas suffisant. Un 'triple A', ça doit être durable."


Mais les voies pour y parvenir ne sont pas les mêmes. Les premières pistes du programme du candidat socialiste conjuguent rigueur puis croissance là où l'UMP ne parle pour le moment que d'austérité et de détricottage de l'"Etat providence". "La France est attendue sur une parole très forte et très claire de rétablissement des finances publiques. Avoir  deux plans d'austéritéde moins de 10 milliards d'euros à deux mois d'intervalle n'est pas la bonne solution pour faire comprendre ce qu'on veut faire aux marchés financiers", estime l'économiste Karine Berger. Mais quelle que soient les voies évoquées, les marchés sont au coeur du projet socialiste. Un point commun avec celui de l'UMP.

 

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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 14:33
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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 14:28

 

5 MESURES ANTI-AUSTERITE

DEFENDUES PAR LE FRONT DE GAUCHE

FACE AUX BANQUES ET AUX MARCHES FINANCIERS AGIR TOUT DE SUITE avec une loi de création

d’un pôle public financier qui changera critères et politique du crédit. Réorientation des missions et

du rôle de la BCE, pour lui permettre de prêter directement aux Etats.

Limitation du pouvoir des agences de notation.

 

REINDUSTRIALISER LA France

 

Le Front de gauche engagera une politique d’aménagement industriel et du territoire, fondée sur les

exigences d’emplois, de formation et de qualification, de recherche et d’environnement, moteur

d’une nouvelle croissance.

 

LA RELANCE PAR LES SALAIRES Hausse du SMIC à 1700 € brut ce qui contribuera à augmenter le pouvoir d’achat et faire tourner la machine économique. SALAIRE MAXIMUM à 20 fois le plus bas salaire dans les entreprises. Pensions de retraites et minima sociaux alignés sur le SMIC

CONTRE LE CHÔMAGE ET LA PRECARITE

APPLICATION EFFECTIVE DES 35 H avec embauches correspondantes et limitation des Heures

supplémentaires. Pour faire reculer la précarité le Front de Gauche installera une « sécurité

emploi/formation ». Le recours au CDD limité à 5% dans les grandes entreprises et à 10% dans les

PME. L‘autorisation administrative de licenciement sera rétablie, avec interdiction des licenciements

boursiers. 800 000 précaires de la fonction publique seront titularisés.

 

RETRAITE A 60 ANS

 

Le Front de Gauche rétablira la retraite à taux plein à 60 ans avec 37,5 ans de cotisation, avec départ

anticipé selon la pénibilité

 

CREATION DU COLLECTIF CITOYEN DU FRONT DE GAUCHE D’AIRVAULT

MERCREDI 30 NOVEMBRE

salle Jean EMMENEAU à AIRVAULT 20 H 30

ENTREE LIBRE

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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 01:15

Nicole Borvo Cohen-Seat, auteure de la proposition de loi, et les élu(e)s du groupe CRC se réjouissent de l’adoption par le sénat de la proposition de loi relative à l’abrogation du conseiller territorial.

 

Cette proposition de loi, consignée par l’ensemble de la majorité, a réuni non seulement toute la gauche sénatoriale et même au-delà au vu des résultats du scrutin. Seulement 137 sénateurs de droite sur 172 ont voté contre et la majorité est montée de 177 à 180.

 

On se souvient que le débat sur la réforme des collectivités territoriales a été au centre de la campagne des sénatoriales. Car cette réforme de 2010 remet en cause l’existence même des communes et des départements. Elle instaure la tutuelle pour les collectivités au lieu de leur donner plus d’autonomie et de moyens.

 

La création du conseiller territorial était un point central de cette réforme. Elle pose la question de l’exercice même de la démocratie locale et de la proximité entre élus et citoyens. Cette évolution se fait au détriment de la proportionnelle et donc de la parité.

 

En abrogeant le conseiller territorial, la majorité sénatoriale permet au Sénat de jouer son rôle constitutionnel, n’en déplaise à une droite sénatoriale qui a multiplié les procédures et mesures d’obstruction tout au long des débats. Il a légiféré dans l’intérêt des collectivités et de leurs habitants.

 

Communiqué du Groupe Communiste, Républicain, Citoyen - Sénat

Paris, le 17 novembre 2011

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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 01:11

Le 6ème OTAGE français (oublié ?)


de : Ministère des Affaires Etrangères
jeudi 17 novembre 2011 - 02h05

JPEG - 5.8 ko

Salah HAMOURI, franco-palestinien (sa mère est originaire de Bourg-en-Bresse) a été accusé sans preuve et sans témoin, de projeter un attentat contre un rabbin, parce qu’il est passé devant son domicile à Jérusalem.


Un tribunal militaire israélien lui a imposé de plaider coupable pour un délit d’intention que Salah a toujours nié, sinon il effectuait 15 ans de prison. Il l’a condamné à 7 années d’emprisonnement.

Libérable le 28 novembre 2011, il ne sera remis en liberté que le 12 mars 2012 selon la porte-parole de l’administration pénitentiaire israélienne, Madame Sivan Weizman, en vertu de la « nouvelle » loi Shalit. Cette « ancienne » loi israélienne réactualisée offre à la justice militaire la possibilité de convertir au cours d’une peine les années administratives (345 jours) en années civiles (365) ce qui ferait pour Salah 140 jours supplémentaires d’emprisonnement !

 

Malgré les nombreuses démarches de ses parents et de ses comités de soutien auprès du Président de la République et des Ministres des Affaires Etrangères qui se sont succédés au Quai d’Orsay, Salah aura effectué plus que la peine qui lui a été arbitrairement infligée.

 

La France doit agir pour la libération de Salah.

 

Venez exprimer votre indignation et exiger sa libération.

(apportez des bougies)

 

Lundi 28 novembre 18 h 30


Place de la Comédie (devant l’opéra)

 

Lyon 69001


Salah Hamouri est citoyen d’honneur de la Ville de Grigny (Rhône) depuis le 17 mai 2009.

 

Comité de soutien à Salah Hamouri et Ville de Grigny

 

(tél : 06 01 91 52 18 – courriel : palestine69@orange ) ----

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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 01:05

 

PLus de 40 000 manifestants contre l'austérité en Grèce ce jeudi

Monde - le 17 Novembre 2011

Grèce: le 17 novembre, le souvenir de la lutte des Etudiants de Polytechnique

Athènes (Grèce), envoyé spécial. Le 17 novembre 2011, l’hymne national n’a pas retenti de la voix de Dimitris Papachristos. Ce fut, pourtant, ce qu’il fit le 17 novembre 1973. Alors à la tête de la révolte contre les Colonels, qui dirigeaient la Grèce depuis 1967, il était LA voix de la radio des étudiants. Il était celui qui a diffusé Mikis Theodorakis, chanteur interdit et qui a dit « chacun se bat avec ses armes ».

 

Le 17 novembre 2011, il n’a pas chanté l’hymne national. Mais sa voix a retenti dans le lycée de Koridallos, en banlieue d’Athènes. Depuis la chute des Colonels, en 1974, il n’y a pas de cours dans les écoles ce jour-là. Mais des événements pour se souvenir. L’ancien élu étudiant a maintenant 61 ans. Il est allé à la rencontre des élèves pour leur expliquer ce qu’il a vécu, la peur ressentie, la peur dépassée. Mais surtout, dès ses premières phrases, il a déclaré : « Aujourd’hui, nous devons faire un lien direct avec la période de 1973. A l’époque, nous avons détruit la junte, mais aujourd’hui, n’avons-nous pas à faire à une junte ? » Les élèves écoutent, méditatifs. « La junte n’est pas tombée en 1973. Les temps sont difficiles. Et c’est vous qui allez payer » prévient-il. « Quand on regarde le taux de chômage, déjà élevé, et qui augmente, on se demande ce que vous allez faire ! »

Il invite les élèves à penser la vie qu’ils voudraient dans la société : « La politique n’est pas d’être citoyen de temps en temps mais d’être tous les jours un citoyen en action.

 

La démocratie représentative est plutôt oligarchique de nos jours ». Il déplore une « crise civilisationnelle, de l’être humain et même de la gauche ».

 

Tout en développant un message d’espoir en comparant, là encore, à la période des colonels. « A l’époque, nous avons commis un acte passé dans l’Histoire. Nous l’avons fait parce qu’il était nécessaire de le faire. Nous avions créé une vision et une unité. C’est ce que vous devez retenir ». Avant de conclure : « Sans croire à quelque chose, sans vision, tu ne peux rien faire. Votre place n’est pas seulement, là, dans une salle. Elle est dans la rue ».

 

Des milliers de Grecs ont manifesté, calmement, à Athènes. Mais « il aurait fallu que nous soyons plus » déplorait Dimitris Papachristos en fin de journée.

 

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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 01:00

Sécurité sociale

D’autres choix que l’austérité sont possibles pour financer la protection sociale : la majorité de gauche en fait la démonstration.

Sécurité sociale, le Sénat voit rouge… ou presque. Dans la nuit de lundi à mardi, la majorité de gauche a détricoté le projet de loi de finances de la Sécurité sociale (PLFSS) adopté précédemment par la majorité de droite de l’Assemblée nationale.

 

Dans celui-ci, explique la sénatrice PCF Annie David, présidente de la commission des Affaires sociales, « le gouvernement avait ménagé les riches et fait peser les contraintes financières pour un retour à l’équilibre de la Sécurité sociale sur le dos des assurés et des malades ».

 

L’exercice auquel s’est livrée la majorité de gauche de la Haute Assemblée consistait à montrer « que d’autres choix étaient possibles pour augmenter les recettes tout en assurant une meilleure prise en compte de la santé et de la protection sociale des citoyens », explique l’élue. C’est ainsi que le Sénat a ramené, par exemple, à 3,5 % la taxe sur les mutuelles complémentaires au lieu des 7 % prévus par le gouvernement et que l’augmentation de celle des étudiants a été supprimée. De même, le Sénat a voté contre le projet de faire passer les indemnités journalières de 50 % du salaire brut à 60 % du salaire net.

 

Alors que le gouvernement prévoyait une économie de 10 milliards d’euros, la gauche sénatoriale en a trouvé 13. Comment ?

 

En supprimant l’exonération des heures supplémentaires pour les patrons. Ce qui ramènerait 4,5 milliards d’euros à l’État, dont 2,9 à la Sécurité sociale. Autres mesures significatives adoptées, le relèvement de 8 % à 11 % du forfait social qui taxe les dividendes versés aux actionnaires ou bien encore un accroissement des taxes sur les retraites chapeau et autres stock-options.

 

« La droite était haineuse au Sénat », explique Annie David, d’autant « que nous faisions la démonstration qu’en faisant justement payer le capital nous pouvions sauvegarder notre système de protection sociale ».


Le texte va repasser à l’Assemblée nationale, alors même que François Fillon annonce déjà qu’un autre tour de vis sera nécessaire pour de nouvelles économies. Mais, souligne la sénatrice communiste de l’Isère, « la droite devra alors assumer de revenir sur les mesures d’austérité alors que nous avons démontré que d’autres choix financiers étaient possibles ».


Max Staat

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17 novembre 2011 4 17 /11 /novembre /2011 18:47

 

« Le débat énergétique ne peut se satisfaire de tractations de couloirs »

Le débat public et citoyen sur la politique énergétique de la France prend de l’ampleur dans le cadre des élections présidentielles et  législatives 2012. Ce débat doit se poursuivre de manière sérieuse et approfondie.
 
Or des tractations sont en cours, entre le Parti Socialiste et Europe Ecologie-Les Verts visant à attribuer quelques postes de députés à ces derniers sur la base de la fermeture d’unités de production nucléaire ou l’arrêt du chantier de l’EPR de Flamanville
 
Les communistes n’ont pas l’intention de laisser les batailles politiciennes guider la politique énergétique de la France. Ils proposent, avec leurs partenaires, dans le cadre du programme populaire partagé du Front de Gauche, un grand débat public sur les enjeux énergétiques permettant aux citoyen-nes et aux salarié-es d’en être partie prenante.
 
En effet, en aucune façon, la politique énergétique de la gauche pour la France et l’Europe ne peut s’affranchir des enjeux énergétiques planétaires tels que le droit à l’énergie pour tous à un prix abordable, le réchauffement climatique, l’épuisement des ressources, le développement de la recherche, la complémentarité des sources d’énergie avec les ENR, la sécurité de toutes les installations … La gravité de la situation qui peut mettre en péril l’avenir de notre planète et de l’humanité mérite l’examen de réponses pertinentes et réalistes sans exclusive. Ce débat ne peut se satisfaire de tractations de couloirs.
 
C’est d’autant plus déterminant que l’avenir de bons nombres de salariés et de familles de ces régions en découle, tout comme les factures énergétiques des Français qui atteignent déjà les limites du tolérable.
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Published by bruno fornaciari - dans ECOLOGIE
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17 novembre 2011 4 17 /11 /novembre /2011 09:26

 

 

Le ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, Laurent Wauquiez, a assuré mercredi 16 novembre que l'instauration de jours de carence lors d'un arrêt maladie – un dans le secteur public, un quatrième dans le privé – était "une question de principe" et de "responsabilisation".

"Si jamais, quand vous tombez malade, cela n'a aucun impact sur votre indemnité et votre salaire, ce n'est pas très responsabilisant. Du coup, on a un peu l'impression que la sécurité sociale est quelque chose sur lequel on peut tirer sans qu'il y ait un impact", a lancé sur BFM TV-RMC le dirigeant de la Droite sociale au sein de l'UMP.

"Il faut qu'il y ait un petit signal", a lancé M. Wauquiez. "Quelqu'un qui est en arrêt maladie, il faut qu'il se rende compte : tout ça, ça coûte à la sécurité sociale".


"C'est une question de principe", a martelé le ministre, opposant "celui qui joue le jeu, qui, quand il est un petit peu malade, fait l'effort d'aller au travail", et celui qui se dit "quand je suis malade, c'est pas grave parce que je suis indemnisé".


"Ce n'est pas juste", selon M. Wauquiez, évoquant encore celui qui finance le système "par ses cotisations" qui "viennent pour compenser des gens qui n'en ont rien à faire et, se disent que parce que c'est gratuit, tirent sur le tiroir-caisse". Le ministre a par ailleurs appelé à lutter contre la "fraude d'en haut", préconisant de faire payer l'impôt dès lors qu'on vit trois mois en France, pour contrer les évadés fiscaux.

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17 novembre 2011 4 17 /11 /novembre /2011 08:37

L'intervention de Jean-Pierre Brard à l'Assemblée nationale le 3 mai au nom du groupe des députés communistes, républicains et du parti de gauche.


Je voudrais commencer par deux citations. La première est de Jaurès, que je ne fais pas que citer, mais que je lis, à la différence du Président de la République : « Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ». Madame la ministre, vous avez péché par omission. Vous n’avez pas dit toute la vérité.

 

La seconde citation est de Jean-Pierre Vernant, brillantissime helléniste et grand résistant, mort récemment, qui a dit : « Le vrai courage, c’est, au-dedans de soi, de ne pas céder, ne pas plier, ne pas renoncer, être le grain de sable que les plus lourds engins, écrasant tout sur leur passage, ne réussissent pas à briser. » Or, vous, vous n’avez pas résisté. Vous avez plié. Vous avez renoncé, parce que vous n’aviez pas envie de résister. Nous reviendrons sur tout cela au cours du débat, madame et monsieur les ministres.

 

La crise actuelle est le dernier épisode en date de la crise financière mondiale. La crise des subprimes apparaîtra bientôt comme anecdotique. Les spéculateurs n’attaquent plus une monnaie, ils attaquent un État, avant le prochain épisode, qui s’appellera Portugal, Irlande, Espagne. Et à quand le tour de la France ? Et peu importe la monnaie dans laquelle les spéculateurs récupèrent les profits de leurs turpitudes.

 

Cette crise est grave : c’est la crise d’un système, de votre système. D’un système à bout de souffle ! Sauver la Grèce, dites-vous ? Non, sauver les créanciers de la Grèce sans qu’ils n’aient à contribuer au financement de leurs propres turpitudes. Leurs noms : Société générale, Crédit agricole, BNP, Deutsche Bank, Hypobank, Crédit suisse. Et il y en a dont on ne parle pas : ce sont les fabricants d’armes allemands et français, qui ont des créances très importantes. Nous y reviendrons, mais vous êtes parfaitement au courant, madame Lagarde, je n’en doute pas : rien d’important ne saurait vous échapper. « Jamais, dans une cité, les lois n’auraient la force qui convient, si elles n’étaient pas maintenues par la peur », disait Sophocle. Oui, madame la ministre, je vous accuse de gouverner par la peur et de ne pas dire la vérité ; je vous accuse, vous et votre gouvernement, d’avoir attendu qu’il y ait urgence, pour exploiter cette urgence avec vos collègues des autres États – Jérôme Cahuzac l’a d’ailleurs dit tout à l’heure.

 

Depuis la fin de l’année 2009, tous les analystes économiques s’inquiètent de la situation grecque. Depuis plus de cinq mois, tous les spécialistes ont attiré l’attention des gouvernements sur les risques que faisait peser sur l’économie mondiale le niveau de la dette grecque. Pourtant, vous avez attendu le mois de mai pour nous présenter – en urgence – un plan d’aide à notre partenaire européen.

 

Est-ce de l’incompétence en matière économique, ou cela relève-t-il du calcul politique ? Madame la ministre, je ne dis pas cela par complaisance, mais je ne vous crois vraiment pas incompétente. (Sourires.) Vous faites d’autres choix que les nôtres, on le voit bien, mais vous êtes cohérente.

 

Entre le mois de novembre 2009 et aujourd’hui, vous avez laissé les spéculateurs poursuivre leur course folle et réaliser des bénéfices indécents – sur le dos, bien sûr, de la population grecque. Les spéculateurs et les marchés vous fascinent, madame Lagarde, on l’a déjà vu ; vous n’imaginez pas le monde sans eux.

 

Vous avez aussi laissé se développer un sentiment de panique, renforcé par l’utilisation d’un jargon incompréhensible du commun des mortels : des credit default swaps – c’est comme cela que l’on dit, madame la ministre ? – aux ventes à découvert, en passant par le rôle des agences de notation, des montages financiers complexes aux défaillances structurelles de la zone euro, vous enfumez les esprits pour pouvoir expliquer que le Gouvernement contrôle la situation et qu’il suffit de vous faire confiance.

 

Eh bien, nous ne vous faisons pas confiance ! Nous ne faisons confiance ni à vous, ni au Gouvernement, ni aux dirigeants actuels de l’Union européenne, ni au Fonds monétaire international. La complexité de la situation vous sert à occulter le fait que ces crises économiques ne sont pas si difficiles à comprendre lorsqu’on se demande qui en profite, et qui en paie la note.

 

En ce qui concerne la crise financière internationale, tout le monde a compris aujourd’hui que les pratiques spéculatives des banques et le système du casino financier mondial ont très largement contribué à précipiter les économies réelles dans la récession. Ceux qui s’étaient engraissés pendant des années en spéculant sur les dettes immobilières des particuliers – les fameuses subprimes – ont pu renouer très rapidement avec ces bénéfices, grâce à l’intervention de l’argent public. Mais ceux qui n’étaient pas responsables de la crise continuent aujourd’hui d’en payer la facture : pour notre seul pays, plus de 600 000 emplois ont été détruits, et le plan de relance – rendu nécessaire par l’irresponsabilité des banques, ou leur cupidité, je vous en laisse juge – est la cause principale d’un déficit record d’environ 150 milliards d’euros pour 2010.

En ce qui concerne la crise grecque actuelle, il faut comprendre qu’elle s’inscrit dans la droite ligne de la crise financière mondiale. Si tous les pays européens, si toutes les économies réelles subissent aujourd’hui les conséquences de la crise financière, l’économie grecque a été tout particulièrement touchée. Certes, le ralentissement de l’économie mondiale a eu de graves conséquences pour les deux piliers de l’économie grecque : le tourisme et le commerce maritime. Mais la raison fondamentale est le rôle joué par les établissements financiers, en particulier par Goldman Sachs, fort légitimement stigmatisé par le Président de la République – mais s’il a vu l’arbre de Goldman Sachs, le Président de la République n’a pas vu la forêt : la Société générale, la BNP, le Crédit agricole, pour les établissements français, ou encore le Crédit suisse, que je cite à nouveau : dans cette affaire, il va tirer les marrons du feu sans même que la Confédération helvétique soit mise à contribution.

 

En clair, après avoir spéculé sur les difficultés financières des familles américaines surendettées, les établissements financiers se sont rabattus sur la dette des États, en particulier celle de la Grèce. Ils ont ainsi franchi une étape nouvelle. Comme l’aurait dit un ancêtre auquel je fais souvent référence et avec lequel vous êtes en train de vous familiariser, madame Lagarde, il y a une sorte de bond qualitatif – c’est un bond qualitatif vers le pire ! La crise grecque n’est que le premier avatar d’une nouvelle forme, gravissime, de la crise. C’est une menace pour tous les peuples, aggravée par les gouvernements qui – par absence de volonté politique de s’y opposer – relaient les intérêts des spéculateurs.

Le casino est reparti. Si la cible a changé, les conséquences seront encore plus désastreuses pour la grande majorité d’entre nous. Les réponses proposées par le Gouvernement sont encore plus injustes aujourd’hui qu’il y a un an. L’avenir du peuple grec ne compte pour rien dans vos calculs, et votre cynisme ne connaît plus aucune limite. On a entendu s’exprimer la compassion pour les Grecs, mais votre plan n’est pas un plan de solidarité avec les Grecs, avec l’État grec, avec le peuple grec ; c’est un plan de solidarité avec les créanciers de l’État grec, ce qui est, vous en conviendrez, plus qu’une nuance.

 

Comparons brièvement le plan de sauvetage des banques des années 2008 et 2009 avec celui que vous soumettez aujourd’hui à l’Assemblée nationale, et que vous osez qualifier de plan de « solidarité nationale avec la Grèce ». En réalité, c’est tout le contraire, et vous l’avez-vous-même confirmé, madame la ministre, en vous vantant du fait que les intérêts gagnés par la France s’élèveraient à 160 millions d’euros.

 

J’imagine, madame Lagarde, le petit paysan grec ramassant des olives, que vous allez presser encore davantage pour lui faire rendre quelques centimes d’euros qui iront dans la poche des actionnaires de la BNP ou de quelques autres ! C’est immoral ! C’est insupportable, de s’enrichir ainsi du travail et de la misère de ces pauvres gens – car je n’ai pas entendu dire que ce sont les armateurs descendant d’Onassis qui vont payer la note. Vous souriez, madame la ministre, et vous avez même l’air de croire ce que vous dites. Que vous êtes candide ! Que vous êtes naïve ! Depuis quand, sous l’empire de vos régimes, avez-vous vu les riches mis à contribution ? Ils mettent les pauvres à contribution pour s’enrichir, oui, mais dès lors que vous exercez le pouvoir cela ne va jamais dans l’autre sens.

 

Lors de la crise financière, la France n’a pas hésité à mettre sur la table, dans les conditions qui ont été rappelées tout à l’heure, près de 350 milliards d’euros pour sauver les banques de la faillite ; et au niveau européen, c’était 3 600 milliards d’euros ! Aujourd’hui, l’Union européenne consent, dans sa grande magnanimité, à prêter la bagatelle de 30 milliards d’euros – un peu plus maintenant, si on se rapporte à la durée que vous évoquez – à notre ami grec, au nom de la solidarité, bien sûr.

 

Madame Lagarde, monsieur Baroin, je n’évoquerai pas ici les 50 milliards d’euros de réparations dues par l’Allemagne à la Grèce. Comme vous le savez, il y a un accord entre ces deux pays pour le paiement des réparations après la guerre : cet accord prévoyait que les réparations devaient être payées après la réunification. Malgré les relances des victimes du nazisme, malgré les relances du gouvernement grec, l’Allemagne ne s’est toujours pas acquittée de sa dette, qui représente aujourd’hui 50 milliards d’euros. Pourquoi n’en parlez-vous pas avec Mme Merkel ? Mme Merkel, sans doute parce qu’elle est fille de pasteur, fait volontiers la morale à la terre entière. Mais pourquoi donc n’honore-t-elle pas ses dettes avant de critiquer les autres ? Compte tenu du fondement de cette dette, on ne le répétera jamais trop, c’est une question de morale. Cette dette a été payée à la France, pourquoi ne le serait-elle pas à la Grèce ?

C’est une bonne référence : la Russie assume effectivement les engagements de l’Union soviétique, car il y a une continuité des États malgré les événements qui marquent les histoires nationales. C’est une règle internationale intangible, ne vous en déplaise !

 

Monsieur Chartier, ce n’est pas parce que vous conservez, dans les paires de draps de votre grand-mère, quelques titres d’emprunts russes que vous n’avez pas réussi à vous faire rembourser, que vous allez nous faire sortir les mouchoirs de la poche ! J’espère que vous avez d’autres titres, et en particulier des titres de gloire : cela vaut toujours mieux que les actions qui se développent au détriment de ceux qui les font prospérer dans les entreprises.

 

L’aide à la Grèce rapportera 160 millions d’euros à la France, environ 240 millions à l’Allemagne, et près de 700 millions d’euros à l’ensemble des pays prêteurs. De la solidarité, ça ? Non ! C’est de l’usure au petit pied !

Vous êtes âpres, inexorables. Prenons-en pour preuve les contreparties exigées de ceux à qui vous prêtez, les banques en 2008-2009, le peuple grec maintenant. Faisons la comparaison.

 

Votre gouvernement n’a exigé aucune contrepartie sérieuse des banques qu’il a renflouées ; il n’a exigé aucun contrôle, aucune participation au capital de ces banques. Quant à la moralisation du capitalisme – comme si ces deux termes n’étaient pas par essence contradictoires – promise par le Président de la République dans son fameux discours de Toulon, sans doute dans un moment d’égarement, l’avez-vous vue arriver ? Avez-vous vu une régulation de la finance internationale ? La crise actuelle montre, avec éclat, que ces paroles n’étaient que fariboles.

 

En revanche, lorsqu’il s’agit de prêter quelques sous à la Grèce, la France, l’Europe et le FMI s’acharnent contre son peuple en exigeant un plan d’austérité d’une ampleur sans précédent. Les « partenaires » européens de la Grèce, si l’on peut ainsi les qualifier, exigent une baisse de 15 % des salaires dans les secteurs public et privé, un relèvement de l’âge de la retraite à soixante-sept ans, une baisse des pensions, des milliers, voire des centaines de milliers de suppressions d’emplois dans le secteur public, l’abolition des conventions collectives, la remise en cause de toute restriction légale à la suppression d’emplois dans le secteur privé, sans parler des privatisations et des nombreuses coupes dans les budgets de la santé, de l’éducation ou de la recherche. N’a-t-on pas même entendu parler ce matin d’une exigence de privatisation des transports publics ?

 

Pour vous, le principal est ailleurs. Le plan européen concernant la Grèce a, lui aussi, pour but de garantir les bénéfices des banques et des marchands d’armes. Les banques françaises détiennent en effet plus de 50 milliards d’euros d’obligations de l’État grec et les établissements bancaires allemands en possèdent pour près de 30 milliards d’euros. Venir en aide à la Grèce, dites-vous ? Non, il s’agit de garantir que les banques seront remboursées de leurs prêts sans avoir à mettre la main à la poche !

 

Que se passerait-il sinon, nous dit-on ? Mais quels sont les plus apeurés lorsque survient un sinistre ? Ce sont ceux qui ont prêté l’argent ! Si un accident survenait, alors les conditions politiques, surtout sous la pression d’États volontaristes, existeraient pour que les banquiers soient contraints de mettre la main à la poche, alors qu’ils ont très largement profité de la fragilité grecque en exigeant, vous le savez comme moi, des taux d’intérêt particulièrement élevés.

 

La responsabilité des gouvernements grecs successifs, particulièrement pointée du doigt par nos amis d’outre-Rhin, est réelle. Rassurez-vous, mes chers collègues, les députés du groupe de la Gauche démocrate et républicaine ne vont pas vanter les mérites de la classe dirigeante grecque. Tout comme en France, celle-ci a abandonné aux marchés financiers le pouvoir dont elle a été démocratiquement investie par la population. Cela justifie-t-il pour autant un acharnement moralisateur, nourri parfois de chauvinisme et de préjugés nationaux ?

 

Je vous rappelle, mes chers collègues, que le maquillage des comptes publics grecs n’est pas une nouveauté. Depuis l’année 2004, au moins, l’Institut européen de statistiques, Eurostat, a attiré l’attention sur l’existence de ces pratiques. Jusqu’à aujourd’hui, cela n’a dérangé personne parce que toutes les grandes banques européennes et américaines ont tiré profit du surendettement grec. Cela n’a pas dérangé l’économie allemande parce que ces crédits ont servi à financer ses exportations.

 

D’ailleurs, madame la ministre, monsieur le ministre, quand on y regarde bien, on voit toujours le même phénomène. Certains ont fait semblant de découvrir les subprimes, en 2008. En réalité, le danger était dénoncé bien avant, y compris par des diplomates français qui écrivaient des notes au Gouvernement français, notes qui n’ont peut-être jamais été lues.

Rappelez-vous l’affaire Kerviel ! Les turpitudes de Kerviel ne gênaient personne tant que cela permettait à la Société générale de gagner. Mais le jour où on constate une contre-performance, malheur aux pelés et aux galeux ! Il en va de même pour la Grèce : ce qui s’ y est passé était connu – je viens de le rappeler – grâce à Eurostat, mais, à ce moment-là, personne n’a protesté dans les hautes instances.

 

J’en reviens à l’acharnement de nos amis allemands, et en particulier de la droite au pouvoir. Il ne s’explique pas tant par des considérations d’ordre économique ou monétaire. Cet acharnement – cette arrogance parfois – repose sur un calcul électoral, et même, quand il s’agit de M. Westerwelle, sur le populisme, pour faire prospérer son électorat sur des bases, il faut le dire, un peu nauséabondes. J’en reste là pour ne pas évoquer le passé.

 

Parce que la droite allemande risque de perdre le Land le plus peuplé du pays, elle a voulu jouer sur un sentiment national, celui de la fierté, sans doute légitime, lié au souvenir d’une monnaie forte et d’une gestion économique plutôt efficace.

Mais le peuple allemand lui-même, qui a produit tant de grands esprits, n’est pas dupe. Il y a quelques jours, un sondage a montré que près des deux tiers des Allemands souhaitaient que les banques soient mises à contribution pour le sauvetage des finances publiques grecques. Vous reconnaîtrez avec moi que les Allemands sont fort sages, plus sages que leur Chancelière, qui mérite effectivement de perdre les élections dimanche prochain puisque, si les Allemands traduisent dans leur bulletin de vote les convictions exprimées dans les sondages, cela ne correspondra pas à la ligne de la Chancelière.

N’est-ce pas du cynisme et de la soumission que d’associer les banques non pas au sauvetage des finances grecques, mais aux profits que ce sauvetage rapportera à certains États ? Or, je le répète, les fonds levés pour « aider » les Grecs seront levés sur les marchés financiers. Les banques prêtent aux États qui, eux, prêtent à la Grèce. Les banques et les États y gagnent tandis que le peuple grec paie de ses droits sociaux.

 

N’est-ce pas du cynisme que d’offrir un crédit à une personne qui se trouve, pour évoquer un projet de loi récent, en situation de surendettement, précisément parce que les crédits précédemment vendus ont été beaucoup trop chers ? En effet, comme dans le cas des personnes privées qui se retrouvent avec une dette colossale parce que les taux d’intérêt pratiqués par les banques sont tellement élevés qu’ils déclenchent le cercle vicieux de l’endettement, l’État grec a lui aussi subi les appétits insatiables des usuriers de la finance mondiale.

 

N’est-ce pas du cynisme que de se cacher derrière les dispositions juridiques du traité de Lisbonne pour pouvoir profiter des remboursements grecs ? Certes, le traité de Lisbonne interdit à la BCE de prêter directement aux États de la zone euro, alors que cela avait été possible pour venir en aide à la Lettonie ou à la Roumanie.

 

Reconnaissez, madame la ministre, que c’est un mauvais traité. On juge de la valeur du traité non pas par les bâtons qu’il vous met dans les roues, mais plutôt par les facilités qu’il vous offre pour sortir des difficultés. On a trouvé que ce traité était bon pour la Lettonie et la Roumanie, mais les contraintes qu’il impose beurrent la tartine des marchés financiers, alors que la Banque centrale est là et devrait jouer ce rôle que vous lui refusez.

 

Quand un outil n’est pas adapté, c’est simple, il faut en changer ! Le traité de Lisbonne n’est pas bon, renégociez-le ! Je vous rappelle le sort que le peuple français lui avait réservé. Ce n’est que parce que la démocratie a été piétinée que ce traité peut aujourd’hui s’appliquer, il faut le rappeler. C’est un mauvais traité, qui assujettit l’Europe à la domination des marchés financiers et empêche de construire une Europe solidaire et respectueuse des aspirations des peuples. Non ! Le juridisme vous sert de bouclier ! Il vous sert de cache-sexe des intérêts que vous défendez.

 

Qui, à part les banques et les États, profiteront de votre « plan d’aide » ? Les Grecs certainement pas ! En imposant au peuple grec un plan d’austérité comme on n’en a jamais vu, en démantelant la fonction et les services publics, en détruisant le système de sécurité sociale et en vidant le droit du travail de sa substance, vous allez aggraver la concurrence déloyale au sein du marché de l’Union européenne et, surtout, vous préparez tous ces secteurs potentiellement lucratifs – la santé, l’éducation, les retraites – aux appétits des grands groupes privés. Mais n’est-ce pas le même sort que vous préparez pour les retraites chez nous, avant – si, par, malheur pour notre peuple, Sa Majesté était réélue en 2012 – que le même sort ne soit réservé à la sécurité sociale !

 

Il ne faut pas ignorer l’histoire du peuple grec. Le peuple grec a une vieille, une belle histoire. Et comme le peuple français, il a parfois des émotions. Vous êtes en train de pousser le peuple grec à la révolte. Vous ne parlez, pour l’instant, que de son gouvernement. Imaginez ce qui se passerait s’il y avait dimanche prochain des élections ! Le gouvernement grec passerait par la fenêtre !

 

Ce qui ne se fera pas par des élections, avec la purge que vous voulez imposer au peuple grec, peut se passer dans la rue, parce que vous avez la même démarche que le FMI avec les pays d’Afrique ou d’ailleurs. C’est une politique néocoloniale, nous y reviendrons au cours de la discussion.

 

Madame la ministre, monsieur le ministre, vous verrez les constantes de la politique française et allemande vis-à-vis de la Grèce depuis presque deux siècles. Si l’on établit une comparaison, à un siècle de distance, on voit que les mêmes banquiers – la Société générale, le Crédit lyonnais et l’ancêtre de la BNP, le Comptoir national d’escompte – étaient déjà à Athènes et assujettissaient déjà le peuple grec. On trouve cela dans l’ouvrage La politique impériale de la France – si l’on utilise un adjectif plus contemporain, cela signifie la politique impérialiste. Mais c’est en fait une politique néocoloniale du nord de l’Europe vers le sud.

 

Ce n’est pas nouveau, c’est une constante. C’est ainsi que vous comptez construire une Europe de la solidarité, une Europe de la fraternité, en assujettissant, en humiliant un grand peuple comme le peuple grec, auquel nous devons tant dans notre histoire ! C’est une faute politique majeure et nous serons solidaires des révoltes du peuple grec. Je ne doute pas qu’il y aura des axes de solidarité entre tous ceux qui rejetteront cette injustice que vous voulez leur imposer pour essayer de mieux faire prospérer les dividendes des actionnaires, des banquiers.

 

Mais souvenez-vous, mes chers collègues, de cet aphorisme d’Étienne de La Boétie : « Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux. ». Notre peuple, pas plus que le peuple grec, n’a vocation à vivre à genoux. Malheur à ceux qui veulent lui imposer cette posture !

 

Mes chers collègues, parce que vous avez l’occasion de vous lever au nom de tous ceux que vous représentez dans cet hémicycle, parce que ce n’est pas la Grèce qui a une dette envers nous, mais parce que c’est toute l’Europe qui a une dette envers le peuple grec, je vous demande, en votre âme et conscience, de réfléchir. Pensez à notre histoire ! Pensez aux ponts qui se sont établis entre nous dans les moments les plus difficiles de notre histoire ! À ce moment-là, vous ferez le bon choix en votant cette motion de renvoi en commission, parce qu’il y a d’autres solutions que ce qui nous est proposé.

Si, d’aventure, la motion que je viens de défendre n’était pas adoptée, nous développerions nos propositions tout au long de la discussion. Nous ferons la démonstration que la piste que vous avez empruntée est unilatérale. Elle va toujours dans le même sens, à savoir abonder les ressources de ceux qui ne vivent que du malheur des autres.

 

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Published by bruno fornaciari - dans SOLIDARITE INTERNATIONALE
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