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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 17:57

La démocratie comme réponse à la crise européenne,

L'alignement de Nicolas Sarkozy derrière les positions de la Chancelière Merkel, accompagné d'un matraquage médiatique sur le « modèle allemand » , vise à préparer l'opinion publique à plus d'austérité et à moins de souveraineté. De sommet en sommet, la crise de l'Union européenne s'est dangereusement aggravée. Ce processus infernal vient de connaître un nouvel épisode, peu glorieux, lors du dernier Conseil européen.

 

Après une nuit entière de négociations entre chiens et loups, avec les rapaces des marchés financiers invités à la table des discussions, les dirigeants européens ont décidé d'un soutien massif aux banques et d'une nouvelle saignée pour les peuples. Quelle audace ! Les caractéristiques anti-démocratiques des régressions en cours, dissimulées derrières les expressions de « gouvernance économique », de « saut fédéral », viennent d'éclater au grand jour avec le vent de panique provoqué par la décision du gouvernement Papandréou de consulter le peuple grec.

 

Pour les dirigeants européens, les marchés financiers et les agences de notation, les peuples n'ont pas à être consultés.

 

Pour eux, la cure d'austérité, les pertes de souveraineté et la mise sous tutelle ne se discutent pas. Cette modification en profondeur de la construction européenne telle que nous l'avons connue ne date pas d'aujourd'hui. La fuite en avant des derniers mois se traduit par le durcissement de l'opposition frontale entre les pressions des marchés financiers et l’intervention des peuples. « L'Europe allemande » qui se dessine est donc à la fois une cure d'hyper-austérité et un processus ultra-centraliste et autoritaire.

 

Dans son inénarrable Discours sur l'État de l'Union, le 28 septembre dernier, M.Barroso a proposé « d'aller plus loin » dans la voie d'une « intégration » permettant de « réaliser pleinement les objectifs convenus à Maastricht », une intégration que « pas seulement les fédéralistes réclament, mais aussi les marchés ». Plusieurs dirigeants européens jugent, les uns près les autres, qu'il y a aujourd'hui urgence à modifier les traités européens après n'avoir cessé de rappeler au cours des 20 dernières années que cela était tout simplement impossible. La modification vise à pouvoir contrôler et surveiller les budgets des États, allant jusqu'à permettre des modifications en cours d'exercice en passant par dessus les parlements et les gouvernements nationaux. Une mise sous tutelle pure et simple qu’un ancien commissaire européen italien, Mario Monti, pourtant lui-même très libéral, n’a pas hésité à comparer à celle que, sous le fascisme des années 20, dans son pays, le « podestat » était chargé d’exercer dans chaque ville à la place des organes démocratiques.

 

 

Défendre la promotion des droits démocratiques


Avec le refus de l'austérité, la mise en cause de la toute-puissance des marchés financiers, il nous faut donc défendre à l'échelle européenne la promotion des droits démocratiques. Avec quelles propositions ?En juillet dernier, le Parti de la gauche européenne, réagissant au rapport Duff sur le « manque de légitimité populaire » des institutions européennes, a avancé une série de propositions précises.•

 

La création de véritables pouvoirs d’intervention des citoyens et des salariés européens. Cela pourrait commencer par une simplification de la procédure d'Initiative citoyenne européenne qui est, aujourd'hui, parsemée d'obstacles ; et une réelle prise en compte des revendications des syndicats de travailleurs et des ONG.

 

• L'organisation de débats publics européens aboutissant à la consultation des peuples sur les grands enjeux qui les concernent, par référendum partout où les lois fondamentales le permettent.

 

• La garantie institutionnelle de la parité aux niveaux national et européen.

 

• La garantie institutionnelle de la représentation des minorités.

 

• La clarification des rôles des différentes institutions afin d'obtenir une réelle séparation des pouvoirs.

 

• Le renforcement des pouvoirs du parlement européen par rapport à ceux de la commission européenne et des instances de « gouvernance intergouvernementale », à commencer par la remise en cause du monopole d'initiative législative aujourd'hui accordé à Bruxelles.

 

• Le renforcement du rôle des parlements nationaux pour contrôler et participer aux décisions concernant l'UE au niveau national.

 

• La coopération des institutions européennes avec les parlements nationaux dont les modes d'élections doivent tendre vers plus de proportionnelle, afin de mieux représenter l'ensemble des citoyens et pour ne pas déformer leurs choix.

 

• Les dénis de démocratie comme le passage en force du traité de Lisbonne après le rejet massif du traité constitutionnel européen par les peuples français et néerlandais ne doivent pas se reproduire.•

 

La mise sous tutelle des politiques économiques et budgétaires nationales par la « Troïka » (UE/FMI/BCE) doit cesser. Les peuples européens sont souverains, ils doivent pourvoir élire des représentants dans leurs parlements nationaux qui ne soient pas pieds et poings liés par une gouvernance européenne autoritaire.

 

L'enjeu européen sera au centre de la campagne pour l'élection présidentielle et les élections législatives de 2012. Avec le Front de gauche, nous proposons d'en finir avec le traité de Lisbonne que nos concitoyens, avec d'autres, ont rejeté alors que la droite et la majorité du PS l'approuvaient, pour répondre à l'urgence sociale, résoudre la catastrophe écologique et régler la crise démocratique et construire une autre Europe. Seul un changement radical peut sauver l'Europe.

 

L'Union européenne est face à un choix d'orientation majeur : ou la fuite en avant dans l'austérité fondée sur l'ultralibéralisme et un fédéralisme autoritaire, ou sa refondation sur des bases sociales et démocratiques, libérées de l'emprise des marchés financiers et des banques.*Olivier Dartigolles est porte-parole du PCF, responsable aux questions européennes.

Olivier Dartigolles*

La Revue du Projet, n° 11, octobre-novembre 2011

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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 17:53

 

Pas d’alternative à gauche sans démocratisation des médias, Jean-François Téaldi*

Le débat à la Fête de L’Humanité, entre les « responsables médias » du Front de Gauche (PCF, PF, GU) et du PS, a montré le fossé séparant les différentes propositions.Aussi loin que remonte le pouvoir médiatique, la question de sa démocratisation a régulièrement fait l’objet d’envolées politiques avant chaque élection, tant il est vrai que de l’ORTF à aujourd’hui, de la « télévision voix de la France » à la décision de Sarkozy de nommer les PDG de l’audiovisuel public, la droite a toujours eu la main mise sur les contenus des journaux radios ou télévisés. Le pluralisme n’a jamais été respecté et les positions communistes sont quasiment exclues des reportages. Il en va de même pour la presse écrite dominante, où jamais comme aujourd’hui, la constitution de groupes multimedias autour de quelques grand oligopoles, les attaques contre la distribution coopérative et la faiblesse des aides aux journaux à faibles ressources publicitaires, posent un grave problème démocratique. Malheureusement, après la parenthèse de liberté amorcée entre 1981 et 1983, la gauche au pouvoir n’a jamais pris les mesures permettant cette démocratisation ; le débat à la fête de L’Humanité, entre les « responsables médias » du Front de Gauche (PCF, PF, GU) et du PS, a montré le fossé séparant les différentes propositions.

 

Au-delà des luttes des personnels pour le développement industriel, les emplois ou les contenus, grèves de plus en plus défensives, la question d’une alternative permettant le respect du pluralisme est posée à l’ensemble de la gauche. En cas de victoire législative, la gauche majoritaire au parlement devra sans attendre abroger la nomination des PDG de l’audiovisuel public par le président de la République et inscrire le Droit à l’information et à la culture dans la Constitution, tant pour les médias publics que privés.

 

 

Redonner vie au pluralisme

 

La loi devra renforcer les dispositifs anti-concentration par abaissement des seuils et interdire, pour les groupes financiers, industriels et de services, les situations de monopole national ou régional ; interdire aux groupes tributaires de commandes de l’Etat de posséder des médias. Il faudra créer une structure de régulation de la presse écrite. Nous conforterons les principes coopératifs mis en place à la Libération par un soutien accru au réseau de distribution et de vente, l’aide aux journaux à faible ressource publicitaire, l’aide postale et l’aide aux transports.

 

Nous renforcerons le droit d’auteur mis à mal par la loi Hadopi et par la Commission européenne. T F 1 ne respectant pas le cahier des charges, nous relancerons un appel d’offre pour l’exploitation de sa concession. L’AFP conservera son statut.

 

Pour remplacer un Conseil supérieur de l’audiovisuel déliquescent, nous créerons un Conseil supérieur des Médias qui contrôlera le respect des obligations. Il élaborera un statut des médias publics, privés et associatifs, en relation avec les syndicats. Sa composition sera tripartite : parlementaires, professionnels et citoyens dans les représentations qu’ils se donnent (syndicats, associations) ; son président(e) sera élu(e) par le CSM. Il rendra compte de son travail devant les États généraux des médias et sollicitera le Parlement.

 

Pour assurer la souveraineté populaire nous créerons des États généraux des Médias, constitués de professionnels, de parlementaires, de syndicats, d’associations. Les ÉGM pourront interpeller le CSM ou les Conseils d’administration des entreprises du pôle public.

 

Le droit des salariés et leur représentation dans les Conseils d’Administration seront accrus dans toutes les entreprises. Dans le secteur public, leur représentation sera portée à 50% ; un collège des usagers sera institué.

 

Les PDG seront élus par les Conseils d’administration sur proposition du CSM et sur un projet d’entreprise. Dans toutes les entreprises de presse nous permettrons aux rédactions de s’opposer aux nominations des responsables éditoriaux par saisine des Comités d’entreprises.

 

Les groupes privés de communication seront imposés en fonction de leur politique de l’emploi en CDI et de leur respect des Conventions collectives. Nous donnerons un statut légal aux entités rédactionnelles comme le réclament les syndicats de journalistes et légiféreront pour assurer une étanchéité entre les actionnaires et les rédactions.

 

Malheureusement force est de constater que les propositions pour la presse, adoptées par le PS, sont très loin de toutes ces mesures indispensables. Certaines sont même inquiétantes pour l’audiovisuel public ; rien n’est dit sur les industries, les aides à la presse, le statut de l’AFP, peu sur l’intervention des salariés, les concentrations. Oui c’est bien de ruptures dont le pluralisme a besoin, du type de celles proposées par la commission médias du PCF et que nous allons travailler dans les prochaines semaines avec nos partenaires du Front de gauche, afin de les décliner avec les citoyens dans les ateliers législatifs du programme partagé. *Jean-François Téaldi est responsable du secteur médias du PCF.

 

La Revue du Projet, n° 11, octobre-novembre 2011

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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 17:44

 

 

Hier, dans ces colonnes ("Libération"), Jean-Claude Gayssot a cru pertinent de publier une tribune ayant pour titre: «Le Front de gauche ne doit pas alimenter la machine à perdre». Dans la mesure où elle s'inscrit dans une campagne menée depuis quarante-huit heures par l'entourage de François Hollande contre Jean-Luc Mélenchon, elle mérite une réponse.

Après les outrances de MM. Moscovici, Montebourg et Lang, Jean-Claude Gayssot rejoint donc cette petite équipe.

J'irai à l'essentiel. Cette tribune est très décevante, car de quoi parle-t-elle au juste ? D'abord, qui est responsable des défaites précédentes ? Qui était donc aux commandes de «la machine à perdre» en 2002 et en 2007, quand le PS a perdu lourdement par deux fois contre la droite ? Jean-Luc Mélenchon? Non, perdu. C'était François Hollande. Le même qui, cette fois ci, selon Gayssot, va faire gagner la gauche. Comment? Sur quelle ligne? Par quelle action magique rompant avec les erreurs passées? Mystère. Il n'y a pas le début d'une réponse à ces questions. M. Gayssot se contente de répéter des affirmations sans démonstrations, comme pour s'en convaincre lui même, assénant que seul François Hollande a «la stature d'un présidentiable», mieux placé pour «rassembler», etc. C'est son droit de le croire. Il reste à le prouver. Lui, écrit cela car il l'a lu dans les sondages. Ces mêmes instituts de sondages qui donnaient Jospin et Royal vainqueurs il y a quelques années. C'est un peu maigre.

On se pince!

Selon M. Gayssot, Jean-Luc Mélenchon serait aussi coupable «d'affaiblir les arguments en faveur des changements nécessaires». On se pince ! Mais où sont «les ruptures» jugées comme indispensables par M. Jean-Claude Gayssot, dans le discours actuel de François Hollande? Nulle part. Et, le problème précisément, est que le candidat socialiste refuse d'en avancer une seule.

A la lecture de cette tribune, on cherchera en vain un argument efficace pour convaincre le peuple de gauche et les abstentionnistes de voter Hollande. Il n'y est pas. On cherchera une idée efficace, prenant la mesure de la crise, pour lutter contre les dégâts de la crise financière qui pourraient avoir une influence sur le candidat socialiste. Aucune.

Résignez-vous! Résignez-vous! N'attendez rien de significatif de la victoire de la gauche en 2012! Voilà comment ce type de contribution nous propose de battre Sarkozy dans quelques mois. Qui y croit ?

Une triste résignation pour la gauche

Cette ligne politique et stratégique, c'est le visage d'une triste résignation pour toute la gauche. Son seul horizon intellectuellement envisageable, c'est un impuissant social libéralisme, voulant «donner du sens à la rigueur» tel que prévient François Hollande. Tout le reste? Les propositions du Front de gauche? Impossible à obtenir pour la gauche. N'y pensez pas. Résignez-vous, vous dis-je. Il ne faut même pas essayer de faire entendre une autre voix, sinon, vous vous verrez accuser de déclencher «la machine à perdre». Parole d'expert pourrait-on dire. En matière de défaite électorale cinglante, Jean-Claude Gayssot en connaît aussi un rayon depuis une dizaine d'années.

Car, en quoi son expérience, son action politique nous aide et nous éclaire? Depuis des années, son bilan politique est aux antipodes de ce que nous proposons. Dans le Languedoc-Roussillon, M. Gayssot où il est encore Vice-Président de la Région, est devenu progressivement la triste caution de tous les renoncements des potentats socialistes, préférant soutenir jusqu'au bout le système pourrissant de Georges Frêche, aujourd'hui disparu, même quand ce dernier mélangeait publiquement provocations vulgaires et saillies xénophobes. En 2009, M. Gayssot a soutenu Frêche contre la liste du Front de Gauche en Languedoc-Roussillon, qui obtint pourtant près de 9% des voix. Il soutint Frêche même contre la liste officielle du PS, qui n'en pouvait plus des délires de l'autocrate.

Faire du ski nautique derrière le pédalo

Ainsi, cette tribune repose sur une imposture. A la lire, on pourrait avoir l'impression que la critique qu'elle porte vient de l'intérieur du Front de gauche. Ce n'est pas le cas. Depuis deux ans, M. Gayssot est hostile au Front de gauche et soutient publiquement François Hollande depuis un an.

Cette résignation caricaturale à accepter la dégénérescence de la gauche, telle que l'a incarnée le «frêchisme», pour quelques sièges de conseillers régionaux est radicalement à l'inverse de ce que propose depuis trois ans le Front de gauche. Elle est la pire ennemie de la gauche car elle créera en 2012 les conditions d'une nouvelle victoire de Sarkozy et la progression du FN.

En définitive, la ligne politique de Jean-Claude Gayssot, c'est se résigner à faire du ski nautique derrière le pédalo d'une gauche en crise. Non merci. Dan la tempête et face à la droite, c'est le risque assuré de la noyade. Ne lui en déplaise, nous voulons mieux pour la gauche, car nous voulons vraiment chasser Sarkozy en 2012. Et si nous sommes nombreux à le vouloir, nous l'obtiendrons.

Contre la résignation, le Front de gauche !

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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 23:25

 le fanatisme à l’œuvre 


Autodafé. Mot sinistre qui,
sous le paravent d’un acte de foi, masque le fanatisme pourvoyeur de bûchers.

Ce spectre vient d’être ranimé par les incendiaires des locaux 
de Charlie Hebdo. Sont-ils des illuminés, une organi­sation structurée, des provocateurs dési­reux de souffler sur 
les braises de la haine avant les élections? L’enquête doit le dire. Reste une débâcle intellectuelle, celle où l’on brûle des mots et des dessins, parce qu’on est incapable de s’y confron­ter et, au fond, de leur résister.

Ici, des islamistes bornés sont soupçonnés d’avoir jeté les cocktails Molotov et d’avoir piraté le site de l’hebdomadaire satirique pour y jeter une page proclamant «No God but Allah» (pas d’autre dieu qu’Allah). Il y a une dizaine de jours, c’étaient des catholiques intégristes qui interrompaient une représentation théâ­trale «blasphématoire», Sur 
le concept du visage du fils de Dieu, de Romeo Castellucci, où d’autres encore qui, huit mois plus tôt, vandalisaient l’œuvre d’Andres Serrano exposée en Avignon.

Ils prétendent respecter le sacré sans respecter ce qu’il 
y a de plus sacré, l’infi­nie diversité de la pensée humaine et ce qu’elle a 
de plus émancipé, 
la création artistique. 
Et le droit de chacun de ne pas manifester déférence ou dévotion à l’égard du culte d’un autre.

Avec un numéro spécial baptisé Charia Hebdo, ce journal dénonçait l’instauration de la charia par le CNT 
en Libye, dans le sillage des bombardiers de l’Otan. À leur manière, provocatrice et grinçante, ils mettent le doigt là où 
ça fait mal, comme dans 
ce pays où l’invocation de la liberté aboutit à la mettre 
au ban. C’est en faisant cela que la presse gagne 
ses lettres de noblesse. C’est aussi pourquoi les puis­sants du monde, en turban ou en costume trois pièces, 
la préfèrent domestiquée et uniforme, ou bien étouffée par manque de moyens. Et il faut dire le courage de l’équipe de Charlie pour propager leur saine insolence, malgré les vents mauvais de l’économie de la presse et 
les tentati­ves de l’apprivoiser.

Ces territoires d’intolérance que recon­quièrent les fanatismes religieux et les partis racistes 
qui s’en nourrissent sont une menace pour tous, 
en ces temps de crise. Les uns brandissent l’anathème, d’autres agitent des apéros-saucisson comme des armes d’exclusion massive. Lansquenets de la guerre 
des civilisa­tions, ils rêvent d’un retour vers un passé obscur.

Derrière eux, à mots prudents puis caril­lonnants, des responsables politiques vont tenter de faire leur profit de ces secousses. Ils s’attachent, selon le mot de Jaurès, 
à «exploiter contre la démocratie, toutes les émotions 
de la conscience publique»…n 


 

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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 23:22

Nicolas Sarkozy termine son quinquennat comme il l’a commencé.

À peine élu, au printemps 2007, le prési­dent de la République s’était fait le porte-voix 
des dirigeants de l’Union euro­péenne pour effacer le vote des Français qui avaient rejeté le projet de constitution européenne, en mai 2005. Aujourd’hui, c’est le peuple grec qui fait l’objet d’un chantage éhonté et d’une ingérence inad­missible de la part du duo Sarkozy-Merkel. à la proposition de Papandréou d’organiser un référendum sur le nouveau plan d’austérité conditionnant l’aide de l’UE 
à son pays, le président français et la chancelière allemande ont opposé leur prétention commune à en formuler les ter­mes de la question et la date de la consul­tation.

Au mépris et à l’humiliation, s’ajoute une grossière tentative d’enfermer la Grèce dans un faux dilemme: ce n’est pas le plan européen du 27octobre qui serait soumis au suffrage des citoyens, mais le maintien ou non de la Grèce dans la zone euro! En d’autres termes : « Acceptez de nouvelles souffrances ou partez ! » La « résistance » de Papandréou aura été de courte durée. C’est le temps des diktats et des menaces. « Nous ne verserons plus un centime », a déclaré Nicolas Sarkozy au Premier ministre grec. Nous sommes désormais bien loin des professions de foi enflammées en faveur d’une construction européenne facteur de progrès social, de solidarité et de paix. Évanoui le progrès social, quand on pousse des pans entiers de la population grecque dans la pauvreté, quand on coupe dans les retraites et quand on réduit l’accès aux médicaments… Pié­tinée la solidarité, quand le ministre fran­çais des Affaires européennes, Jean Leonetti, déclare 
qu’« on peut se passer de la Grèce ». La paix cède la place aux conflits économiques et aux plans drasti­ques, dignes d’un régime de guerre.

Les destructeurs de l’idée européenne sont au pouvoir, à Bruxelles, Paris et Berlin. Une fois de plus, les eurolibéraux sont pris la main dans le sac. Ils ne supportent rien moins que la démocratie. Que les peuples réclament d’être consultés sur leur propre avenir, et voilà que, d’une seule voix, Nicolas Sarkozy et Christine Lagarde, directrice générale du FMI, parmi d’au­tres, frémissent devant cette outrecui­dance. De son côté, Papandréou découvre bien tard les vertus de la démocratie pour que l’on ne voie pas dans son annonce éphémère de référendum une manœuvre visant à s’extraire de la nasse où il est emmêlé et de son isolement vis-à-vis de ses concitoyens, qui lui reprochent fort justement d’avoir jusqu’à présent accepté tous les plans d’austérité.

Et le monde du travail, les retraités, les jeunes, les familles modestes n’en peuvent plus. On parle d’un cabinet d’union natio­nale en Grèce, 
qui serait plus fort pour tenter de serrer d’un nouveau cran le car­can qui étouffe le peuple grec.

Mais la limite du supportable a peut-être déjà été franchie, et les responsables poli­tiques auront sans doute du mal à éviter de nouvelles élections générales, qui permet­tront d’établir un débat public et l’émer­gence –pourquoi pas ?– d’idées alterna­tives autres que le garrot ou la porte.

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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 23:21

 

Le Secours catholique demande plus de moyens pour soutenir
la «
génération précaire».
Selon l’association caritative,
les 18-25 ans sont surreprésentés dans les lieux d’accueil. 

« La jeunesse sera-t-elle présente dans la campagne électorale? » Le ton du prési­dent national du Secours catholique, Fran­çois Soulage, se fait très militant.

Habituée à faire « rayonner la charité chrétienne », son association met l’accent sur la « génération précaire » dans ses sta­tistiques annuelles d’accueil. « Le risque de pauvreté des jeunes est plus élevé que pour le reste de la population. » Bien qu’ils ne représentent que 12% des per­sonnes reçues par le Secours catholique, la proportion de 18-25 ans y est supérieure à celle de jeunes dans la société française. Pis, leur situation est bien plus dramatique que celles des bénéficiaires de plus de 25 ans, alors même qu’ils sont en moyenne plus diplômés qu’il y a une dizaine d’années.

Un tiers des jeunes aidés en 2010 sont sans ressource et profitent peu du parc social: 36% d’entre eux vivent dans des hôtels, campings, ou autres logements de substitution. De plus, 40% sont au chô­mage, soit une hausse de sept points en dix ans. Mal-logement, chômage, préca­rité… « Ils sont les plus durement mar­qués par la pauvreté, souligne Bernard Schricke, directeur adjoint  du Secours catholique. Et ils sont aussi ceux qui, paradoxalement, profitent le moins des aides sociales. » Raison pour laquelle le Secours catholique défend l’extension du RSA activité à tous les jeunes en situation de travail dès 18 ans.

Parmi les 17 autres propositions avancées par cette association figurent la construc­tion de logements sociaux supplémentai­res pour cette catégorie d’âge, un renfor­cement des moyens des missions locales et la création « d’une allocation de soutien à l’autonomie des jeunes ». Une piste d’autant plus nécessaire que la pauvreté des jeunes est aussi celle de leurs familles, note le rapport: « Autant que les autres, les familles en difficulté gardent leurs enfants avec elles tant qu’ils ne sont pas en mesure d’être indépendants. » Une charge qui pèse encore plus lourdement sur les foyers modestes, qui ne bénéficient plus des allocations familiales dès les 18 ans de leurs progénitures n 


 

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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 23:20

 

Provocation sociale

Gel des dépenses de l’État, diminution des prestations sociales et avan­cée d’un an du passage à 62 ans de l’âge légal de départ en retraite, augmentation de la TVA... Le plan annoncé par François Fillon est une véritable provocation sociale, une accélération fracassante et catastrophi­que dans l’austérité généralisée. C’est le début d’un scénario à la grecque et on connaît la fin du film. La saignée sociale n’assainira pas les finances publiques mais tuera le malade. Au terme de cette politique, il n’y aura pas de déficit 0 en 2016, mais bien tout à la fois une catastrophe sociale, une catastrophe économique et une catastrophe pour les finan­ces publiques. 

Le Premier ministre François Fillon vient en fait de confirmer aux institu­tions financières la soumission du gouvernement français aux plans d’ajustement structurels, qu’avec la BCE, la Commission européenne et le FMI, les marchés imposent à tous les peuples d’Europe, un par un et en les dressant les uns contre les autres. Faut-il rappeler à Monsieur Fillon qu’en 1945, c’est la mise en œuvre du programme du Conseil national de la résistance (CNR) fondée sur une politique de progrès social et de solidarité qui a reconstruit le pays. Est-ce alors aujourd’hui le retour au ticket de rationnement ?

Reprendre le contrôle public des institutions financières et bancaires, taxer réellement les revenus du capital et la spéculation financière sont aujourd’hui des préalables pour qui veut sortir le pays et l’Europe de la crise.

Le Front de gauche propose de construire une politique de sortie de crise qui s’appuie sur la réévaluation des salaires, le rétablissement du droit à la retraite à 60 ans à taux plein pour toutes et tous et la relance de l’investissement public n

 

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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 23:03

"Palestine, yes we can": la banderole des jeunes communistes bannie du Stade de France

14/11/2011 | 16H36
Crédits photo:  Capture d'écran

Une cinquantaine de militants jeunes communistes souhaitaient attirer l’attention sur la situation palestinienne au Stade de France vendredi 11 novembre dernier en brandissant une banderole "Palestine, yes we can", lors du match France-Etats-Unis. Une action qui ne fut pas du goût du service d'ordre du stade. 

"Palestine, yes we can." La banderole est déployée sur les hauteurs du stade de France à l’occasion du dernier match de l’équipe de France vendredi dernier face aux Etats-Unis.

Une cinquantaine de militants jeunes communistes souhaitent attirer l’attention sur la situation palestinienne après son adhésion surprise à l’Unesco et la condamnation de l’administration Obama. Cette manifestation n’est pas du goût de tout le monde. Et surtout pas du service d’ordre du stade : "Pour commencer, ils sont venus nous la retirer violemment des mains. Ils n’ont pas hésité à marcher sur certains spectateurs", témoigne Fabien Gay, coordinateur du mouvement des jeunes communistes.

Après s’être vu retirer leur banderole, les activistes ne désarment pas. Ils sortent leurs drapeaux palestiniens soigneusement dissimulés. "On a pu aller jusqu’à la mi-temps en les agitant", raconte un participant. Lorsque les deux équipes reviennent sur la pelouse, changement d’ambiance. Une dizaine de stadiers interviennent en tapant dans le tas.

"Ils ont poussé des gens dans les escaliers, ils ont frappé des filles et certains militants mineurs. Des appareils photos ont été cassés ou volés", énumère Fabien Gay.

Guénolé, jeune militant, s’est vu arracher ses chaussures. "Pour m’écraser les pieds", raconte le jeune homme. Un certificat médical, établi par un médecin des hôpitaux de Paris, vient attester de la véracité de ses blessures. L’opération Palestine tourne au casse-pipe. Tout cela, sous l’œil – bienveillant ? – de la police. Les militants sont donc expulsés manu militari du stade. Dans les coursives, les forces de l’ordre prennent le relais : les fauteurs de trouble sont rassemblés, interpellés et ramenés un par un dans un car de police.

Direction le commissariat du 18ème arrondissement. Les défenseurs de la cause palestinienne sont juste en rétention pour un contrôle d’identité. "Ils nous ont fait signer un procès verbal pour attroupement illicite sur la voie publique", rapporte un militant.

"Le déploiement de banderole politique dans l’enceinte d’un stade est illégal", explique-t-on à la préfecture de police.

L’autorité policière dit ne pas avoir été témoin d’éventuelles violences commises par les vigiles du stade de France. "Faux, ils ont même filmé la scène", rétorque Guillaume Bulcourt, conseiller municipal PCF à Villejuif, présent ce soir là. Les militants avaient eux aussi leur propre caméra. "La personne a arrêté de filmer lorsque l’intervention violente a commencé de peur de se voir confisquer l’objet", rapporte Guénolé.

 

 

"C’est incompréhensible, s’insurge Fabien Gay. Nous sommes venus avec un message de paix, sans aucune violence et voilà qu’on vient nous casser la gueule."

Au passage, le coordinateur national n’oublie pas de rappeler que les supporters parisiens, auteurs de la banderole anti-Ch'tis, avaient pu suivre la finale de la coupe de France jusqu’à son terme. "C’est un poids deux mesures", estiment les militants. Les jeunes communistes réfléchissent à un éventuel dépôt de plainte contre le service d’ordre du stade de France.

Manuel Sanson

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12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 22:47

Ce samedi au marché d'Airvault, les communistes distribuaient tracts du Front de gauche et Programme Populaire :" l'Humain d'abord".  Bon contacts, discussions intéressantes, et engagements de certains à participer aux prochaines initiatives, notamment pour la constitution  d'une assemblée citoyenne pour  enrichir le programme et débatte  des mesures que la gauche devra entreprendre en 2012.  Cela ne fait que commencer. A suivre...

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12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 05:40

Monde - le 11 Novembre 2011

Le Sénat italien a voté vendredi le train de mesures que Berlusconi avait promises à l'Union européenne. Au programme : une réforme des retraites, des privatisations à tout va et une mise à mal du droit du travail.


La Chambre haute a très largement adopté ces mesures par 156 voix pour, 12 contre et 1 abstention. Elles pourront ainsi être définitivement validées à l'Assemblée dès samedi. Berlusconi devrait ensuite démissionner.


Ces mesures, censées relancer la croissance, ne sont qu'une vague de libéralisation de l'économie et de destruction des services publics italiens. Et c'est d'une violence rare.

 

L'âge de départ en retraite dans le cadre des "pensions de vieillesse" augmentera à 67 ans, contre 65 ans actuellement.
On privatise à tout va et les services publics devront accepter la concurrence du privé. Les collectivités locales devront ainsi ouvrir les services publics locaux comme l'énergie, les transports, l'eau, et le traitement des déchets déchets à la concurrence et réduire leur participation dans les sociétés gérant ces services. L’État de son côté devra vendre une grande partie de ses possessions immobilières. Les fonctionnaires en prennent pour leur grade aussi. Ils pourront être mutés ou mis en disponibilité durant deux ans avec une indemnité d'environ 80% de leur salaire, et ce dans les administrations dont les effectifs sont en excédent.

 

Le droit du travail est également attaqué. L'apprentissage, le temps partiel et le télétravail sont favorisés par incitation fiscale. Les ordres professionnels seront réformés et les tarifs minimums abolis. Et cerise sur le gâteau, mais qui ne devrait arriver que dans un second temps, le gouvernement promet aux Italiens des mesures visant à faciliter les licenciements.

 

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1 commentaire
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Europe

Puisque nous sommes un 11 Novembre,rappelons que des gens qui ont ,comme Papandréou ou Berlusconi aliéné volontairement l'indépendance de leurs pays auraient été jugés il y a peu de temps pour haute trahison.......Et il y aurait d'autres candidats à la sentence ,leurs pays étant abandonnés aux diktats allemands.....

 

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Published by bruno fornaciari - dans EUROPE
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