Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
30 juin 2015 2 30 /06 /juin /2015 13:09

LA PROPOSITION DE LA TROÏKA ET LA RÉPONSE DU GOUVERNEMENT GREC

Publié le juin 29, 2015 par VangelisGoulas

La Commission européenne a rendue publique la proposition des institutions, dans l’optique du référendum du dimanche 5 juillet.

En effet, son président Jean-Claude Juncker, renvoie,via Twitter, au communiqué de la Commission, afin que le peuple grec soit informé avec « une plus grande transparence ».

Détail du communiqué de la Commission européenne au sujet de la Grèce:

« Information de la Commission européenne relative aux dernières propositions dans le cadre des négociations avec la Grèce

Bruxelles, le 28 Juin 2015
Pour l’information du peuple grec et dans un esprit de transparence, la Commission européenne publie ses dernières propositions en accord avec les institutions (Commission européenne, Banque centrale européenne, Fonds monétaire international), lesquelles prennent en compte les propositions des autorités grecques des 8, 14, 22 et 25 Juin 2015 ,mais aussi les négociations au niveau politique et technique tout au long de la semaine.

Les discussions sur ces propositions ont continué avec les autorités grecques dans la soirée de vendredi soir en vue de l’Eurogroupe du 27 Juin 2015. Il y a eu une compréhension commune, de la part de toutes les parties concernées, que cette réunion de l’Eurogroupe pouvait permettre d’atteindre un accord global pour la Grèce, qui aurait contenu non seulement des mesures en vue d’un commun accord, mais aurait couvert les besoins futurs de financement ainsi que la viabilité de la dette grecque. Elle comprenait également le soutien d’un paquet pour un nouveau départ pour la croissance et l’emploi à l’initiative de la Commission soutenant la reconstruction et l’investissement dans l’économie réelle, comme cela a été discuté et adopté lors de la réunion du Collège des commissaires le mercredi 24 Juin 2015.
Malgré cela, il n’a pas été possible de finaliser formellement et de présenter à l’Eurogroupe la version finale de ce document, ni le résumé d’un accord global, en raison de la décision unilatérale des autorités grecques d’abandonner la procédure le soir du 26 Juin, 2015″.

La proposition publiée par la Commission européenne (PDF)

De la part du bureau du Premier ministre grec: La proposition de la Commission européenne met fin aux arguments des partisans du « oui à tout »

Le texte rendu public par la Commission européenne met fin à la para-littérature, comme il met fin aussi aux arguments des partisans du « oui à tout », lesquels affirmaient jusqu’ici qu’il n’y avait pas de texte des institutions, selon des sources gouvernementales.

Comme il est mentionné, dans le texte d’aujourd’hui et celui du 25 juin, posé comme un ultimatum, les institutions exigent, entre autres:

  • l’imposition d’une TVA à 23% sur la restauration collective
  • l’abolition de la baisse de la TVA dans les îles

  • l’application d’une avance d’impôt de 100% sur les sociétés et les travailleurs indépendants

  • l’abolition des réductions pour les agriculteurs (pétrole, impôt sur le revenu)

  • que soient baissées de 900 millions € (0,5% du PIB) les dépenses de l’aide sociale (subventions, etc.).

  • la limitation immédiate des pré-retraites

  • l’abolition progressive de la retraite complémentaire.

  • l’application complète de la loi de mémorandum 3863/2010 sur la sécurité sociale

  • l’application de la clause de déficit zéro et que le financement des caisses complémentaires soit réalisé uniquement par des fonds particuliers

  • l’abolition de toutes les participations en faveur de tiers qui financent les caisses de sécurité sociale, qui a pour conséquence une baisse de leurs recettes de plus de 700 millions €

  • l’augmentation des prélèvements pour soins de santé sur les pensions de 4% à 6%

  • le gel des retraites jusqu’en 2021

  • une législation sur les licenciements collectifs et la non-réintroduction des conventions collectives, si les institutions ne le permettent pas

-la diminution à 1500€ du montant des dépôts non saisissable

  • l’augmentation du taux en vigueur pour le règlement des dettes
  • la réduction des salaires dans le secteur public

  • la mise en oeuvre complète des boîtes à outils de l’OCDE (lait, pain, pâtisseries, dimanches, …)

  • un coup important contre les médicaments grecs

  • la poursuite de la privatisation du secteur de l’éléctricité.

-la vente des actions de l’OTE(Compagnie du téléphone) détenues par l’État

  • la non-application d’une taxe spéciale de 12% sur les bénéfices supérieurs à 500.000 pour l’exercice 2014
  • le non-retour des cotisations sociales patronales au niveau de l’année 2014

Tout ceci constitue un ensemble de propositions qui s’inscrivent dans la conception du Fonds monétaire international, qui ont été posées comme ultimatum à la Grèce, ce qui ressort aussi de l’Eurogroupe, rapporte le bureau du Premier ministre grec qui ajoute: la seule différence concerne la TVA sur les hôtels dont le taux, dans le texte actuel posté sur le site Web de la Commission européenne, est passé de 13% à 23% pour le 25 Juin.

Partager :
Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans EUROPE grece
commenter cet article
30 juin 2015 2 30 /06 /juin /2015 12:53

- Christine Lagarde est mise en examen dans l'affaire de l'arbitrage favorable rendu à Bernard Tapie (403 millions d'€) : elle était alors ministre de l'économie.
> http://www.liberation.fr/…/la-mise-en-examen-une-bonne-et-u…

- Jean-Claude Junker a été premier ministre du Luxembourg, favorisant l'évasion fiscale massive vers son pays au détriment de ses partenaires européens.
> http://www.lemonde.fr/…/evasion-fiscale-tout-sur-les-secret…

- Mario Draghi était vice-président Europe de Goldman Sachs lorsque la banque privé a aidé le gouvernement grec de l'époque a maquiller son déficit avec des produits dérivés.
> http://www.humanite.fr/goldman-sachs-et-la-grece-une-histoi…

Voici les visages de la Troïka qui donne des leçons à Alexis Tsipras et qui appelle à voter Oui-Oui et à accélérer l'austérité en Grèce !

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans EUROPE
commenter cet article
30 juin 2015 2 30 /06 /juin /2015 06:49

Crise grecque: «un jour suffit pour abattre comme pour élever toute chose humaine

Un jour, quand on se retournera sur ce moment de notre histoire, on se demandera comment un tel gâchis aura été possible. On aura honte du spectacle donné – un spectacle d’arène – et de l’incapacité à élaborer une solution stratégique visionnaire pour la Grèce et l’Europe, sans avoir l’œil obsessionnellement rivé sur la prochaine échéance d’une dette. Intérêts particuliers, idéologie, entêtement, jeux de pouvoir, manque de vision, orgueil : c’est tout cela qui, depuis des semaines, domine une scène européenne qui se met aujourd’hui au bord d’un précipice.

C’est d’autant plus irresponsable qu’au vu de ce qui se passe en Tunisie et dans un monde arabe pris en otage par l’Etat Islamique, l’Europe apparaît plus que jamais comme une terre de repli. C’est l’un des biens les plus précieux pour nous qui en sommes citoyens, mais aussi pour tant d’autres à l’extérieur.

Nous devrions tout faire pour pérenniser cet ensemble construit autour d’une communauté de valeurs : l’égalité, la solidarité, la prospérité, le respect des droits et des libertés des hommes. L’espace européen reste un havre par rapport à ces autres coins du monde où la pauvreté, le terrorisme, la dictature idéologique ou de conscience sont à l’œuvre. Après Charlie Hebdo, après Sousse, nous savons plus que jamais à quel point ce ne sont pas que des mots, comme nous l’avons longtemps et innocemment cru.

L’Europe, au bord du précipice ? Oui, mais pas pour des raisons économiques et financières. En cas de « Grexit » – de plus en plus inévitable apparemment –, le reste de la zone euro ne devrait pas basculer dans le chaos. Cette sortie inédite d’un pays de la zone monétaire européenne est certes dangereuse, car elle peut provoquer une spéculation contre d’autres monnaies ou des pays faibles. Mais, comme l’a dit dès samedi le ministre des Finances allemand Schaüble, « on va mettre le paquet » pour que ce soit jouable et gérable. Il faudra gérer un choc difficile, mais le Grexit ne devrait pas porter un coup terrible à l’Union économique et monétaire.

Le péril est ailleurs, il est politique et démocratique. Si la Grèce sort de l’euro, après un référendum de son peuple rejetant le plan d’assainissement, Tsipras aura réussi à ce que cet événement sans précédent soit perçu dans une partie du continent, non comme la punition de gauchistes grecs entêtés et irresponsables, mais comme la victoire de l’austérité contre la croissance, de l’orgueil contre la fragilité, des riches contre les pauvres, des embusqués contre les ébranlés, de l’égoïsme contre le désespoir. Une défaite infligée par des « frères », des membres de ce qui a été toujours vendu comme une grande et même famille. Cette sortie sera interprétée comme la victoire de l’idéologie libérale sur la démocratie, et comme la volonté d’une Europe qui ne respecterait le résultat des élections et l’avis des peuples, que lorsqu’ils correspondent à sa vision de la gestion de la chose publique et de l’économie.

Un des graffitis qui fleurissent sur les murs d’Athènes.

Les choses sont à l’évidence moins manichéennes : la Grèce, pays sans Etat digne de ce nom, avec une Eglise et des armateurs qui échappent toujours à l’impôt, a une large part de responsabilité dans ce qui se produit aujourd’hui. Elle n’est d’ailleurs pas le pays le plus mal loti d’Europe (la Slovaquie le souligne assez) ou de la planète (le PIB grec par habitant est supérieur au mexicain ou au brésilien). Et reconnaissons que notre cœur saignerait moins si c’était la Slovénie, dont nous ne savons rien, et non la Grèce, qui devait sortir de l’euro.

L’Europe par ailleurs, telle qu’elle est désormais travaillée par Jean-Claude Juncker, se veut plus ouverte, plus volontariste. Sur la Grèce - hier soir encore -, comme sur les migrants il y a quelques semaines, le nouveau président de la Commission a fait ce qu’il a pu, prenant des initiatives et des risques, allant jusqu’à dénoncer publiquement l’incapacité des États à pratiquer une Europe à la hauteur de leurs grands principes. Un dirigeant historique de l’Union nous le confiait ce week-end : « Il manque au projet européen un grand élan personnalisé par trois ou quatre personnes. Un projet ambitieux ne peut être géré par des gens qui ont les mains perpétuellement dans la crise. L’Europe doit choisir entre le déclin et la survie : cette prise de conscience n’est pas encore assez grande ».

Si le Grexit est explosif, c’est parce qu’il risque de ne pas s’adresser à la raison, mais au ressenti des citoyens. Nombreux sont ainsi ceux qui aujourd’hui ont fait leur deuil du rêve européen de jadis, pour ne plus voir dans cette Union de pays, qu’un diktat inefficace de contraintes économiques et/ou un concentré d’égoïsmes qui rejettent à la mer un pays, des migrants…

La grande inconnue, et donc le grand péril, résident dans la réponse à cette question : quelles seront les réactions des peuples face à une Europe qui, pour la première fois, se sépare de l’un des siens ? Les mouvements populistes, d’extrême gauche ou d’extrême droite, mais aussi des intellectuels, des jeunes, des citoyens démocrates, du sud comme du nord (c’est nouveau) de l’Europe pourraient rompre avec une certaine forme de démocratie et en tout cas, avec un projet qui est devenu l’incarnation, à leurs yeux, d’un système économique dont ils jugent qu’il les broie. Et dont ils ne veulent plus.

Cette crainte de lourds dégâts politiques vit chez des « consciences » de l’Europe. C’est aussi celle que formulait ce samedi, Dominique Strauss Kahn, en conclusion d’un texte de trois pages : « Forcer le gouvernement grec à céder, créerait un précédent tragique pour la démocratie européenne et pourrait mettre en marche une réaction en chaîne incontrôlable ». L’homme est déconsidéré, et sa parole d’expert avec lui.

Mais dans un moment où l’intelligence et l’audace des solutions se font rares, force est de constater que la proposition alternative de l’ex-dirigeant du FMI – proche sur le fond de celles émises par d’autres économistes –, est pertinente et séduisante. Elle a le mérite de sortir l’Europe du bras de fer financier à trois jours, et la Grèce de l’arène des pouces levés ou baissés, pour donner un ballon d’oxygène au pays débiteur, tout en la mettant face à ses propres devoirs. Cela aurait d’ailleurs dû être cela, le vrai défi lancé à Tsipras : faire plier ses riches, plutôt que le faire d’abord s’agenouiller devant les dirigeants de l’Europe.

Le philosophe Socrate. © AFP

Il y aurait des vertus à (re)lire l’Ajax de Sophocle, entre deux rapports du FMI. Le philosophe y raconte qu’à la mort du héros Achille, les deux Atrides, Agamemnon et Menelas, chefs des armées grecques, remettent les armes d’Achille à Ulysse. Insupportable pour Ajax, ami intime d’Achille durant toutes ces années et qui ne tolère pas d’être ainsi ignoré. Il en perd la raison. Pour se venger, il veut tuer tous les compagnons d’Ulysse, mû par un seul et unique sentiment : l’humiliation. C’est bien cela qu’il faut craindre du Grexit : la contamination imprévisible de la colère qui pourrait naître de l’humiliation d’un peuple, quelles que soient les (bonnes ?) raisons qui y ont conduit.

« Que ce spectacle te persuade, face aux dieux, de ne jamais proférer de parole arrogante ; ne t’enfle jamais d’orgueil si tu l’emportes sur autrui par la vigueur de ton bras ou par l’amas d’insondables richesses. Un jour suffit pour abattre comme pour élever toute chose humaine, les dieux ont les sages en amitié, les méchants en horreur ». C’est en ces termes que la déesse Athéna s’adressa à Ulysse (1). Et si le temps passe, le cœur des hommes, lui, ne change guère.

(1) « Ajax » Sophocle, traduction de Robert Davreu, chez Actes Sud-papiers , mis en scène par Wajdi Mouawad mardi au Manège/Mons 2015.

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans grece INTERNATIONAL
commenter cet article
28 juin 2015 7 28 /06 /juin /2015 13:41

Anne Sabourin : "La solidarité politique doit se doubler d'une solidarité concrète avec les Grecs"

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR VADIM KAMENKA

VENDREDI, 26 JUIN, 2015

HUMANITE.FR

grece_sabourin_hd1mon.jpg

Photo Patrick Nussbaum

Représentante du PCF à la direction du parti de la gauche européenne (PGE) et coordinatrice du Forum européen des alternatives, qui s’est tenu à paris, Anne Sabourin revient sur le coup de force que les dirigeants européens et les institutions financières tentent d’imposer au gouvernement dirigé par Alexis Tsipras.

HD. Peut-on empêcher le crime contre la grèce ?

ANNE SABOURIN. Heureusement, la Grèce bouge encore. Il faut donc empêcher cette tentative. Les peuples européens l’ont clairement démontré, ces dernières semaines, en se mobilisant massivement contre cette politique libérale. Pour la stopper, il faut au plus vite une solution politique qui permette la stabilité financière de la Grèce. Il faut en finir avec la stratégie d’asphyxie. L’accord qui sera trouvé doit respecter les lignes rouges fixées par le gouvernement grec. Pour cela, il faut que les créanciers acceptent un certain nombre de points proposés par Alexis Tsipras: pas de nouvelles mesures d’austérité, une restructuration de la dette publique grecque et des solutions durables. Il faut donc laisser au gouvernement grec une marge de manœuvre pour relancer son économie. Cela passe par une baisse des exigences en termes d’excédent budgétaire et un plan d’investissement dans l’économie grecque. Pour Athènes, ce sont les bases d’un futur accord que les dirigeants européens, la Commission et la BCE doivent accepter. Cette solution politique doit être portée par l’ensemble des forces progressistes.

HD.comment aider le gouvernement grec dans sa bataille contre les créanciers ?

A. S. Actuellement, le rapport de forces n’est pas en faveur de la Grèce. Il faut donc mobiliser les opinions publiques pour éviter de laisser les autorités grecques dans le seul cadre des discussions, qui ne sont même pas publiques. La pression populaire sur nos gouvernements est incontournable. L’appel que nous avons adressé à François Hollande pour que la France soit aux côtés du peuple grec a fonctionné. Le président a admis, lorsque nous l’avons rencontré, le 22 juin, le caractère inacceptable des mesures. Il nous a donné un signal positif sur le rôle qu’entendait jouer la France. Maintenant, nous attendons des autorités françaises qu’elles agissent en ce sens lors du sommet européen des 25 et 26 juin.

HD. l’exemple de la grèce démontre que l’europe semble se diriger vers plus de libéralisme et moins de démocratie.

A. S. Lors de ces négociations, Alexis Tsipras a soulevé un point fondamental: l’avenir de l’Europe. Pour que cela fonctionne, il faut remettre le politique et la démocratie au cœur du projet. Nous devons tous porter cette revendication. La construction européenne doit remettre en cause la place laissée à la troïka, aux institutions dites indépendantes et à la finance. Que vient faire, par exemple, le FMI dans des négociations entre États européens ? Dans la zone euro, les États doivent pouvoir mener la politique économique et sociale qu’ils souhaitent. Sinon, nous allons vers encore plus d’autoritarisme. Une forte mobilisation populaire est nécessaire pour arriver à ces réformes et construire un nouveau projet. En ce moment, la plupart des pays ne soutiennent pas forcément la Grèce. Car plusieurs gouvernements sont clairement dominés par des intégristes libéraux. Au Portugal et en Espagne, la droite craint un effet domino de l’alternative que représente la Grèce.

HD. La France peut-elle jouer un rôle clé ?

A. S. L’évolution de l’opinion publique française est positive. Et je pense que la France peut jouer un rôle déterminant dans ce bras de fer entre la Grèce et ses créanciers. Une majorité de Français se prononcent contre le grexit. 10 ans après le « non », les défenseurs d’une autre Europe sont majoritaires. Forcément, Tsipras bénéficie d’un élan de sympathie de la part de l’opinion publique en France car il fait face à ce même bloc libéral, emmené par les institutions et les dirigeantseuropéens.

HD. Comment aider concrètement le peuple grec et son gouvernement à ne pas subir un coup de force ?

A. S. La semaine de mobilisations européennes doit se poursuivre.

Des initiatives publiques doivent être prises pour notamment informer sur la situation en Grèce. L’ offensive contre le gouvernement dirigé par Alexis Tsipras est largement relayée par les médias. Les gens ont clairement l’impression d’être désinformés. À nous de mener la bataille médiatique pour informer sur les réalisations du gouvernement grec, la nature des négociations, les contre­propositions. Il faut maintenir la pression sur les autorités françaises en mobilisant avec les réseaux sociaux, des pétitions, des initiatives symboliques, contre les institutions européennes.

« JUMELAGES, ENVOIS DE MÉDICAMENTS ET D’APPAREILS DE SOINS, RÉCOLTES FINANCIÈRES, ÉCHANGES CULTURELS, TOURISME SOCIAL... UNE SOLIDARITÉ SE MET EN MARCHE. »

Nous devons mener une campagne internationale de soutien aux côtés du gouvernement grec. Cette bataille doit être durable. Les élections régionales doivent aussi permettre de porter la question de la coopération avec des régions grecques. Mais nous devons aussi mener une campagne de solidarité concrète: jumelages de villes, collectes de médicaments et d’appareils médicaux, échanges culturels, récoltes financières, financements participatifs, tourisme social ... Cette solidarité se met en marche. Les fonds nous permettent aussi d’aider des associations, comme Solidarité pour tous, qui jouent un rôle social important en Grèce. Bien évidemment, pour que cette démarche soit victorieuse, c’est au gouvernement, aux associations et au peuple grec de nous dire aussi leurs besoins et leurs attentes. La santé est au cœur de leurs préoccupations. Car tout leur système de soin et de protection est ravagé. Ce qui explique une hausse des cas de syphilis et de tuberculose, mais aussi un recul de la lutte contre le cancer ou le sida. Des structures existent déjà, comme le collectif de solidarité France­Grèce (1).

(1) solidaritefrancogrecque. wordpress.com

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans grece INTERNATIONAL PCF
commenter cet article
28 juin 2015 7 28 /06 /juin /2015 10:17

Papa, papa, mon petit papa chéri.

Depuis quelques mois je voyais bien que quelque chose n'allait pas. Toi qui ne te plaignais jamais, tu évoquais parfois, du bout des lèvres, un certain mal-être. "Il y a quelque chose qui ne va pas" "Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond" disais-tu. "Je ne me sens pas bien, mais ça va passer".


Il y a longtemps tu avais eu des calculs dans un rein. Il avait fallu t'opérer à l'époque et c'était douloureux. Puis il y près de 10 ans les médecins avaient diagnostiqué un cancer sur l'autre rein qu'ils ont finalement enlevé. Petit à petit celui qui te restait, blessé par les calculs devenait de moins en moins efficient. Mais avec les traitements et ta robustesse tu continuais ton chemin, normalement. Je t'avais alors proposé l'un des miens. Tu as refusé mon offre, naturellement.


Tu vivais avec maman, à Bourth, dans ce petit village de Normandie. La rénovation du centre-ville, et l'arrivée récente de la maison médicale et d'un petit commerce d'alimentation facilitait la vie. "Ici on est bien" , "on a tout ce qu'il faut, " disais-tu : "Boulanger, pharmacien, docteur, commerces, que veux-tu de plus ? "Maman e toi, vous fréquentiez le club des anciens où vous vous étiez faits de nombreux amis. "Ils sont gentils avec nous" disait-tu encore. Tu avais une prédilection pour les parties de boules tous les samedis. Chaque matin, tu partais tôt effectuer 1 heure de marche, pour garder la forme.

Papa, papa, mon petit papa chéri.

Vous viviez paisiblement et maman Ida qui te voyais de prêt, avec qui j'avais des conversations hebdomadaires, décrivait une évolution sanitaire qui appelait mon attention. Mes visites se faisaient donc plus rapprochées. Il y a 6 mois un début d'AVC avait nécessité une première hospitalisation, puis une infection pulmonaire, une autre, puis une autre encore. Inquiets, Mario, Rawia et Sofia étaient venus te voir à l'hôpital avec Ida, puis ce fut au tour de Virna et Mourade. Ces derniers mois papa se couchait tôt et se levait tard. Lui, qui toute sa vie à fait le contra


Depuis quelques mois je voyais bien que quelque chose n'allait pas. Toi qui ne te plaignais jamais, tu évoquais parfois, du bout des lèvres, un certain mal-être. "Il y a quelque chose qui ne va pas" "Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond" disais-tu. "Je ne me sens pas bien, mais ça va passer".

Il y a longtemps tu avais eu des calculs dans un rein. Il avait fallu t'opérer à l'époque, c'était douloureux. Puis il y près de 10 ans les médecins avaie

ire. Il a dû, par nécessité, changé ses habitudes. Il ne se plaignait pas, tout au contraire, il ne voulait pas nous inquiéter et se préoccupait plutôt de la santé de Ida, sa femme depuis 67 ans, qu'il complimentait à nouveau il y a quelques jours seulement : "tu as toujours tes beaux yeux bleus "lui disait-il, ajoutant avec un regard admiratif : "tu es belle".

Mario est né en 1926 à Reggio Emilia en Italie. Son père Nello, communiste, pourchassé par les fascistes mussoliniens, avait dû fuir l'Italie en 1933. Réfugié en France il fit venir sa famille l'année suivante, en1934. Papa arrive à l'âge de 8 ans, avec sa mère et son frère. Quelques années plus tard son père, victime d'un accident de travail décède, laissant sa femme Ermine et ses trois jeunes enfants. Elle, travaillait comme ouvrière, à la Cellophane à Bezons.

Adolescent pendant la guerre, le jeune Mario participe à des actes de résistance avec les partisans de la Seine et Oise. Jeune homme après une formation de chaudronnier, il travaille dans diverses entreprises métallurgiques de la région, avant de se fixer chez OTIS PIF à Argenteuil comme ouvrier qualifié P3. Il devient délégué syndical CGT et adhère au parti communiste. Puis, après son mariage en 1947, il est embauché chez Renault à Billancourt où il suit le même parcours. Il devient aussi délégué syndical CGT. Je me souviens que lors d'une grève, mon père, qui allait travailler à vélo, revint le midi, pour manger avec. Alors que nous nous étonnions de sa présence avec, nous il nous expliqua que malgré la solidarité, il n'y avait pas assez de ravitaillement pour tout le monde, il préférait laisser sa part aux autres soucieux qu'il était de ne favoriser aucun obstacle à la poursuite du mouvement de grève.

Mario était aussi un militant actif au sein de la section du PCF de Boulogne Billancourt.

Chez Renault, les travailleurs immigrés étaient nombreux sur les chaînes. Ce qui conduisit la direction du Parti communiste, au milieu des années 50, à proposer à Mario de venir travailler au secteur immigration du PCF. Il rejoignit ainsi Charles Barontini qui dirigeait la commission nationale d'immigration auprès du comité central. Il lui sera confié la responsabilité du travail en direction de l'immigration arménienne et italienne. Il se déplaçait souvent, en Isère, en Meurthe-et-Moselle et dans le Rhône où la présence d'immigrés italiens était forte, ainsi qu'en région parisienne.

Puis Mario, et Ida emménagent à Aubervilliers dans un HLM de la Cité Casanova ou nous étions, mon grand frère Serge et ma petite soeur Léa, éblouis de disposer d' une salle de bain avec une baignoire sabot et d'un WC personnel, ainsi qu'une chambre chacun. Le grand confort quoi. Je me souviens que petit , tu étais le premier levé dans la maisonnée. Tu nous réveillais pour aller à l'école, d'un "aller, aller, c'est l'heure, debout la-dedans!" Je sens encore l'odeur du café que tu préparais chaque matin, qui embaumait la cuisine. Souvent le dimanche, à ton tour, tu te levais tôt pour "faire la tournée d'Huma". Dans ta musette remplie tu emportais des dizaines de journaux d'HD, de JA et de PIF le Chien que tu diffusais au porte à porte.

Malgré un emploi du temps chargé, tu trouvais le moyen de venir me voir jouer au foot au CMA, que tu supportais, chaque fois que cela était possible. Tu étais fier de moi, et j'en étais content. Il t'es arrivé aussi de me rendre visite à la colonie de vacances à Autry le Châtel dans le Loiret où à l'heure de ton départ en fin d'après-midi, je pleurais toutes les larmes de mon corps pour te retenir. Tu t'éloignais les yeux rougis.


Tu aimais voir tes petits-enfants, et de tes arrières petits enfants Léa, Emma, Luciano, Sofia, Farah et Giulia.Ton visage rayonnait d'un large sourire, tu étais heureux.

"Nous avons une bonne famille" aimais tu rappeler. En effet nous nous voyions souvent lorsque nous habitions tous la région parisienne. Repas en famille, fêtes et anniversaires, Noël et jour de l'An. Tu avais toujours le sourire quand nous venions vous voir. Tu aimais nous recevoir du mieux que tu pouvais. Pour nous faire plaisir tu n'hésitais pas à te lever à 6 h du matin le dimanche pour confectionner i capeletti, ou i gnocchi à la sauce "bolognèse". C'était un régal.

A l'époque, dans les années 60, il n'était pas simple d'être à la fois immigré et communiste ou syndicaliste. Une politique liberticide et répressive avait cours. Je me souviens que dans ces années là un délégué CGT immigré avait été expulsé de France en raison de son activité syndicale. C'est dans ce contexte, que papa, nous recommandait de ne pas dire qu'il travaillait pour le PCF au risque de subir le même sort. Ainsi, il tronquait son nom lorsqu'il écrivait dans "France Nouvelle" ou "les Cahiers du communisme" et signait d'un pseudonyme. On l'appelait Mario.

Un petit patron italien, communiste, qui fabriquait de la laine, l'avait salarié. Ainsi, officiellement Papa était représentant des laines Fal et OL. Le matin, il partait au travail, au CC, avec une sacoche qui emportait des échantillons de laine, au cas où.

Cette époque était difficile en raison des campagnes anti-communistes liées à la "guerre froide" et aux guerres coloniales.

Le nombre de députés s'était réduit et les moyens financiers du parti avec lui. Il n'était pas rare que la paie ne soit donnée avec retard. Jamais à se plaindre papa. Altruiste et généreux, solidaire, il pensait aux autres avant lui. La fraternité, à cette époque, était une des grandes qualité des communistes. La camaraderie, l'unité dans le combat, l'entr'aide, le souci de l'autre la solidarité concrète, scellaient leur combat. Ainsi sont nées des amitiés indéfectibles. Je veux citer ici, en m'excusant auprès de ceux qui ne le seront pas, Georges et Catherine Valbon, André Karman, Claude Billard, Guy Poussy, Aimé et Béatrice Halbeher, Babacar, Fernand Tuil, Raphaël et Monique Straniero, Jean-Claude Gayssot, Jean Colpin, Bato, Lambert, Zanca et tant d'autres encore, avec qui il travaillait.

Son activité, ses compétences, son dévouement et sa représentativité en faveur de l'immigration italienne, furent reconnues jusqu'au gouvernement italien, qui le nomma au comité consultatif pour l'immigration qui siégeait à Rome. Il eût, lors de ces déplacements dans cette belle ville italienne, l'opportunité de rencontrer aussi des dirigeants du PCI, dont Giancarlo Paglietta. Il rencontra ici même en France, à Fabien,, Enrico Berlinguer. Le Ministère italien des affaires étrangères en France l'avait, quant à lui, invité à son ambassade à Paris rue de Varennes, pour lui décerner la distinction de "commandator" pour son oeuvre, l'équivalent de la légion d'honneur et de l'ordre du Mérite en France, qu'accompagnaient une médaille et un collier qu'il n'a jamais porté et qu'il a rangé dans un tiroir.

Il déployait également une grande activité au sein de l'Association Franco-Italienne. Chaque année le stand des "démocrates Italiens " avec son journal 'l'Emigrante" participait à la Fête de L'Humanité où l'on y dégustait charcuterie italienne, tagliatelle à la Bolognaise et Chianti.

Il avait plaisir à militer avec les camarades de sa cellule Ho Chi Minh dont il fût plusieurs années le secrétaire, puis le responsable à l'Huma. Ils t'aimaient bien ces copains. D'ailleurs, à chaque fois que le les croise ils me demandent de tes nouvelles, de vos nouvelles.

Papa, mon petit papa chéri, tu étais de ceux qui avaient consacré leur existence à un noble idéal. Construire un monde plus juste et fraternel. Tu peux être fier de tes engagements. Comme me l'écrit Emile Clet, Mimile, l'un de tes camarades avec qui, en compagnie de son épouse Madeleine, vous étiez maman et toi partis en vacances en Hongrie au lac Balaton, il m'écrit : "tu connais trop bien les bons, passionnants, et parfois durs combats que nous avons menés et dans lesquels Mario s'est donné sans compter" .

Oui, en effet, et ils ont été nombreux ces combats. Parmi eux me vient à l'esprit ce jour de 1958 où les communistes, réveillés en pleine nuit, organisaient un rassemblement de protestation à la mairie d'Aubervilliers contre la menace de putsch fasciste de l'OAS, qui, finalement a été repoussé. Ou bien ce jour du 8 février 1962 où ils avaient participé, comme des milliers d'autres, à la manifestation organisée pour la Paix en Algérie, interdite par le Préfet de police. J'écoutais à la radio le reportage de cette manifestation à laquelle il n'avait pas voulu m'emmener, j'étais trop petit. Les forces de répression de la police de Papon, sous les ordres du ministre de De Gaule, Roger Frey, déchaînèrent une violence inouïe contre les manifestants au métro Charonne et assassinaient 9 pacifistes, tous communistes, dont Daniel Féry 15 ans et Suzanne Martorelle une ouvrière communiste d'Aubervilliers de la cité Robespierre voisine. Oui il était de tous les combats anti-fascistes, et anti racistes, d'autant que les travailleurs immigrés en étaient, et sont, aujourd'hui encore, la cible privilégiée de ces attaques . Aussi, vous imaginez sûrement la réaction de Mario lorsque François Hollande compara les propos de Marine Le Pen à un tract communiste des années 70. Mon père et ses camarades, étaient eux dans la rue pour les combats contre ceux avec lesquels, incroyablement, il essaye de nous assimiler. "C'est honteux, c'est la négation de nos luttes de toujours " disait-il.

En 1986, Mario prend sa retraite avec sa femme qui l'avait rejointe depuis de nombreuses années à la commission immigration ou elle était la cheville ouvrière du Journal "l'Emigrante" dont elle assumait les traductions et le secrétariat de rédaction, ainsi que la rubrique "femme" . Richard Sanchez, alors secrétaire de Georges Marchais témoigne : "C'était un grand Monsieur ! Fait de courage, de finesse politique et d'élégance. Quand il est parti à la retraite, Georges Marchais l'a invité dans son bureau pour l'apéro. Il est venu avec son épouse. C'était un plaisir de l'entendre parler, il n'avait pas le culte du passé, ses yeux ne cessaient de briller et son sourire éclairait son visage, parce qu'il ne cessait de tutoyer l'avenir".

Mes parents avaient acquis une petit maison accrochée à la montagne dans le val d'Aoste à Morgex, qu'il retapait chaque été. A la retraite, dès mi-avril il rejoignaient ce "coin de paradis" comme ils l'appelaient, et y passaient l'été. Et là, pas de repos. Le jardin, la vigne, les balades, les amis, emplissaient les journées. Chaque année ils recevaient la visite de leurs amis, leurs camardes, qui pour nombre d'entre eux ont fait une halte au "Montet".

Papa se félicitait d'avoir une vie bien remplie, active, et d'être arrivé "jusque-là", "bientôt 89 ans" disait-il, "c'est pas si mal". Nous en parlions encore il y a quelques jours.

Il nous manquera beaucoup à tous, je le sais. A moi particulièrement, à la fois comme père et comme communiste. Toute sa vie il l'a passée pour le mieux être, d'abord des autres. Lui, altruiste, passait toujours après. Jamais il se mettait en avant. Il accomplissait les tâches qui lui étaient confiées du mieux possible avec sérieux et compétence. Ce qui faisait dire à Claude Billard lors de leur départ en retraite : "Mario aimait le travail bien fait". C'était aussi l'avis de Jean-Claude Gayssot qui m'avait fait des éloges de mon père il y a quelques années. Apprenant son décès, il y a quelques jours il m'adressa le message suivant : " Cher Bruno, j'apprends le décès de Mario. J'en suis profondément affecté. J'ai longtemps, à la direction du Parti Communiste, travaillé avec ton papa. Il nous a beaucoup aidé à adopter des positions humaines et internationalistes sur les questions de l'immigration. Sa sagesse, son militantisme lui donnait beaucoup de force de conviction. A toi, à Ida, à tous les vôtres , je vous embrasse très fort. Avec vous je pleure Mario que je n'oublierai pas."

Depuis que je suis petit, puis comme adulte militant, je n'ai eu qu'à me louer des regards toujours positifs des camarades sur mon père Mario et des éloges qu'il lui étaient destinées. Que ce soit chez les "immigrés" du CC ou des autres camarades qu'il côtoyait dans les FD et les sections. Oui, Mario était un communiste clairvoyant. Il était honnête, désintéressé, droit, juste, loyal. Il était aussi généreux, tolérant compréhensif. Dans sa cellule où il était assidu il faisait toujours en sorte de faire progresser l'ensemble, écouter, expliquer, convaincre. Il avait le souci d'aider les jeunes générations de communistes. Oui, Mario était un communiste, un vrai. Il est resté fidèle à son parti auquel il avait adhéré très jeune. Il ne militait plus bien sûr, mais participait financièrement à chaque souscription de son parti et de "l'Humanité" dont il est encore abonné aujourd'hui.

Oui papa, tu étais un homme bon au grand coeur. Oui je suis fier de toi, militant. Je suis fier de t'avoir côtoyer durant 66 ans. Je suis fier de porter ton nom.


Ces derniers jours tu nous parlais de ton jardin au Montet, de la vigne, de la famille et des amis. Nous voyions bien que tu t'affaiblissais? Ma soeur Léa et Patrick étaient venus vous rendre visite. Patrick te tenait compagnie la nuit lors de tes insomnies. Ils ont fait venir un lit médicalisé pour que tu puisses mieux te reposer. Puis un fauteuil relaxe sur lequel tu ne dormais pas non plus, mais que tu ne quittais pas. Je les rejoignis et nous nous sommes tous retrouvés chez vous à ce moment-là. Tu étais content qu'à leur retour programmé, ils passent par chez nous au Chillou. "C'est bien" disais-tu. Lorsque nous t'avons laissé, tu n'allais pas vraiment mal. Mais comme d'habitude ces derniers temps tu étais agité la nuit. Maman devait se lever plusieurs fois pour t'aider. "Heureusement que tu es là" lui disais-tu souvent. C'est une semaine après que les choses se sont précipitées. Tu n'avais plus beaucoup d'appétit, tu ne dormais plus guère la nuit, ni le jour. Maman, qui a pris soin de toi, particulièrement ces derniers mois, a dû être hospitalisée en urgence pour une phlébite. Virna et Mourade, d'abord, puis Evelyne et moi sommes accourus. Sur ton fauteuil la respiration se faisait haletante malgré un apport d'oxygène. Tu avais des douleurs au ventre. Nous t'avons apporté une attention de tous les instants, nous avons de notre mieux pour t'aider et t'assister dans ces moments difficiles que nous espérions passagers. Tu ne dormais plus, avec Evelyne, je restais à tes cotés jour et nuit. Ton état s'est dégradé rapidement, et il a fallu t'hospitaliser en urgence. Les dernières heures, tu étais soucieux, comme toujours, de la santé de maman, dont tu demandais constamment des nouvelles. Tu avais même l'intention d'aller la voir. "Pas aujourd'hui, parce que je ne me sens pas très bien, mais demain, j'irais la voir à l'hôpital" espérais-tu. Dans les derniers moments tu n'avais d'yeux que pour elle, Ida. A ton chevet à l'hôpital, maman, Evelyne et moi essayions de te soutenir et te réconforter. Dans les derniers instants, mi-conscient tu as pris Ida par le cou, tu as serré ma main, une dernière fois.

Je suis, nous sommes tous bouleversés, profondément. Tu quittes notre monde, tu auras vécu presque 89 ans.

J'ai mal, je pleure mon petit papa chéri. Je ne t'oublierai jamais, je te garderai dans mon coeur, je penserai à toi souvent, tu vivras en moi encore et encore, pour toujours.

-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Pierre Laurent
Secrétaire national

Sénateur de Paris

Mme Ida FORNACIARI
10, rue de C
handais
27580 BOURTH

Ref/JZ/Mnp

Paris, 18 mai 2015

Chère Ida,

C'est avec beaucoup d'émotion que j'ai appris le décès de Mario. En ce moment si difficile pour toi, ta famille, tes proches, je souhaite vous adresser un message de sympathie, et de solidarité. Bruno me rappelait le parcours extraordinaire de Mario et sa collaboration au sein du comité central. Mario était un communiste. Cela voulait tout dire... Il avait en lui les valeurs humanistes, fraternelles, solidaires du communisme. Militant syndical et politique, cela n'a pas été toujours simple. Il a subi la répression patronale et policière. Militant politique exemplaire, avec Fernand Thuil, Babacar, et tant d'autres, il a mis son savoir faire au service commun du Parti. Responsable dans le secteur immigration du Parti pour l'immigration italienne et arménienne en France , son rôle était connu et reconnu. Avec une retraite bien méritée et votre installation à Bourth, vous avez continué à votre façon d'aider le Parti en participant régulièrement à son financement.

Toute sa vie, il est resté fidèle à son engagement. Au nom des communistes, et particulièrement ceux qui travaillent aujourd'hui place du colonel Fabien, d'Aubervilliers et de Seine-Saint-Denis et en mon nom, je vous présente toutes mes condoléances.

Bien fraternellement,

Pierre Laurent

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans hommage - souvenir
commenter cet article
28 juin 2015 7 28 /06 /juin /2015 04:38

Tyrannie européenne ?

PAR JACQUES SAPIR · 27 JUIN 2015

Alexis Tsipras avait décidé de convoquer un référendum le 5 juillet, demandant au peuple souverain de trancher dans le différent qui l’oppose aux créanciers de la Grèce. Il avait pris cette décision devant les menaces, les pressions, et les ultimatums auxquels il avait été confronté durant les derniers jours de la négociation avec ce que l’on appelle la « Troïka », soit la Banque Centrale Européenne, la Commission Européenne et le Fond Monétaire International. Ce faisant, et dans un geste que l’on peut qualifier de « gaullien », il avait délibérément renvoyé au domaine politique une négociation que les partenaires de la « Troïka » voulaient maintenir dans le domaine technique et comptable. Ce geste à provoqué une réaction de l’Eurogroupe d’une extrême gravité. Nous sommes en présence d’un véritable abus de pouvoir qui a été commis ce 27 juin dans l’après-midi, quand l’Eurogroupe a décidé de tenir une réunion sans la Grèce. Ce qui se joue désormais n’est plus seulement la question du devenir économique de la Grèce. C’est la question de l’Union européenne, et de la tyrannie de la Commission et du Conseil, qui est ouvertement posée.

La déclaration d’Alexis Tsipras

Le texte de la déclaration faite par Alexis Tsipras dans la nuit du 26 au 27 juin sur la télévision d’Etat grecque (ERT), est de ce point de vue extrêmement clair :

« Après cinq mois de négociations, nos partenaires en sont venus à nous poser un ultimatum, ce qui contrevient aux principes de l’UE et sape la relance de la société et de l’économie grecque. Ces propositions violent absolument les acquis européens. Leur but est l’humiliation de tout un peuple, et elles manifestent avant tout l’obsession du FMI pour une politique d’extrême austérité. (…) Notre responsabilité dans l’affirmation de la démocratie et de la souveraineté nationale est historique en ce jour, et cette responsabilité nous oblige à répondre à l’ultimatum en nous fondant sur la volonté du peuple grec. J’ai proposé au conseil des ministres l’organisation d’un référendum, et cette proposition a été adoptée à l’unanimité »[1].

Ce texte court, empli de gravité et de détermination, entrera vraisemblablement dans l’Histoire. Ce texte est prononcé par un homme jeune, qui a été confronté à la mauvaise fois, aux manipulations, à ce qu’il faut bien appeler toutes les bassesses de la politique, depuis 5 mois. Il dit aussi sa colère, froide et déterminée. Et c’est peut-être là l’échec principal de l’Eurogroupe et des institutions européennes : avoir transformé un partisan de l’Europe en un adversaire résolu des institutions européennes. Tsipras n’était pas il y a cinq mois de cela un opposant à l’idée européenne. Mais, la multiplication des humiliations, des tentatives de coup de force, l’ont obligé à réviser nombre de ses positions, qui pour certaines d’entre-elles relevaient de l’illusion. Tsipras et Varoufakis sont aujourd’hui sur une trajectoire de collision avec l’Eurogroupe et l’UE non pas de leur fait, mais de celui des « institutions européennes ». Ceci est d’une immense importance pour la suite.

Les leçons de la déclaration de Tsipras

On peut découvrir dans cette courte déclaration trois points importants.

Le premier est que le désaccord entre le gouvernement grec et ses partenaires a été d’emblée politique. La BCE et la Commission Européenne n’ont eu de cesse que de rechercher une capitulation du gouvernement grec, ce que Tsipras appelle «l’humiliation de tout un peuple ». Ce qu’a cherché l’Union européenne, par le biais de l’Eurogroupe, c’est à cautériser le précédent ouvert par l’élection de janvier 2015 en Grèce. Il s’agit de faire la démonstration non seulement en Grèce, mais ce qui est en fait bien plus important en Espagne, en Italie et en France, qu’on ne peut « sortir du cadre de l’austérité » tel qu’il a été organisé par les traités. Il faut ici se souvenir de la déclaration de Jean-Claude Juncker pour qui il ne peut y avoir de choix démocratique allant contre les traités.

Le deuxième point important de cette déclaration est que, pour la première fois un dirigeant légalement élu et en fonction déclare que les institutions européennes font des propositions qui, dans leur fond comme dans leur forme «violent absolument les acquis européens ». C’est une accusation très grave. Elle revient à dire que les institutions européennes qui sont censées être des garants de la démocratie agissent au contraire de celle-ci. Elle revient aussi à dire que ces mêmes institutions, dont la légitimité n’existe que par délégation de la légitimité des Etats membres ont des comportements qui violent la légitimité et la souveraineté de l’un des dits Etats membres. Cela revient donc à dire que les institutions de l’Union européennes se sont constituées en Tyrannus ab exercitio soit en un pouvoir qui, quoi qu’issu de procédures légitimes, se conduit néanmoins en Tyran. Cela revient à contester radicalement toute légitimité aux instances de l’Union européenne.

Le troisième point se déduit des deux premiers. Il est contenu dans la partie du texte qui dit : «Notre responsabilité dans l’affirmation de la démocratie et de la souveraineté nationale est historique en ce jour, et cette responsabilité nous oblige à répondre à l’ultimatum en nous fondant sur la volonté du peuple grec ». Il place désormais les enjeux non plus au niveau de la dette mais à celui des principes, de la démocratie comme de la souveraineté nationale. Et c’est en cela que l’on peut parler d’un véritable « moment gaullien » chez Alexis Tsipras. Si l’on veut pousser l’analogie historique jusqu’à son terme, alors que Paul Raynaud en 1940 ne soumet pas au Conseil des Ministres la question de faut-il continuer la guerre, Alexis Tsipras a osé poser la question de l’austérité et du référendum, et a reçu un soutien unanime, y compris des membres de l’ANEL, le petit parti souverainiste allié à SYRIZA. Il s’est ainsi réellement hissé à la stature d’un dirigeant historique de son pays.

La réaction de l’Eurogroupe, qui avait qualifié de nouvelle « triste » (sad) ce référendum[2], confirme bien les options antidémocratiques qui ont cours aujourd’hui au sein de l’Union européenne. Mais, cette réaction a elle-même était dépassée par une décision d’une importance réellement dramatique.

Le coup de force de l’Eurogroupe et la Tyrannie européenne

La réaction de l’Eurogroupe, qui se réunissait ce samedi à Bruxelles, a en effet consisté en un acte qui conjugue l’illégalité la plus criante avec la volonté d’imposer ses vues à un Etat souverain. En décidant de tenir une réunion en l’absence d’un représentant de l’Etat grec l’Eurogroupe vient de décider d’exclure de fait la Grèce de l’Euro. Ceci constitue à l’évidence un abus de pouvoir. Et il faut ici rappeler plusieurs points qui ne sont pas sans conséquences tant juridiquement que politiquement.

  1. Aucune procédure permettant d’exclure un pays de l’Union Economique et Monétaire (non réel de la « zone Euro ») n’existe actuellement. S’il peut y avoir une séparation, elle ne peut avoir lieu que d’un commun accord et à l’amiable.
  2. L’Eurogroupe n’a pas d’existence légale. Ce n’est qu’un « club » qui opère sous couvert de la Commission Européenne et du Conseil européen. Cela signifie que si l’Eurogroupe a commis un acte illégal – et il semble bien qu’il en soit ainsi – la responsabilité en incombe à ces deux institutions. Le gouvernement grec serait donc fondé d’attaquer la Commission et le Conseil à la fois devant la Cour Européenne de Justice mais aussi devant la Cour Internationale siégeant à La Haye. En effet, l’Union européenne est à la base une organisation internationale. On le constate par exemple dans le statut, et les exemptions fiscales, des fonctionnaires européens. Or, la règle dans toute organisation internationale est celle de l’unanimité. Le traité de Lisbonne a bien prévu des mécanismes de majorité qualifiée, mais ces mécanismes ne s’appliquent pas à l’Euro ni aux questions des relations fondamentales entre les Etats.
  3. Le coup de force, car il faut l’appeler par son nom, que vient de faire l’Eurogroupe ne concerne pas seulement la Grèce. D’autres pays membres de l’Union européenne, et l’on pense au Royaume-Uni ou à l’Autriche, pourraient eux-aussi attaquer devant la justice tant européenne qu’internationale la décision de fait prise par l’Eurogroupe. En effet, l’Union européenne repose sur des règles de droit qui s’appliquent à tous. Toute décision de violer ces règles contre un pays particulier constitue une menace pour l’ensemble des membres de l’Union européenne.
  4. Il faut donc ici être clair. La décision prise par l’Eurogroupe pourrait bien signifier, à terme, la mort de l’Union européenne. Soit les dirigeants européens, mesurant l’abus de pouvoir qui vient d’être commis, se décident à l’annuler soit, s’ils persévèrent dans cette direction ils doivent s’attendre à une insurrection des peuples mais aussi des gouvernants de certains Etats contre l’Union européenne. On voit ainsi mal comment des Etats qui ont juste recouvré leur souveraineté, comme la Hongrie, la République Tchèque ou la Slovaquie, vont accepter de telles pratiques.

Il est alors symptomatique que la crise induite par un pays ne représentant pas plus de 2% du PIB de l’UE ait pris cette tournure. En fait, cela révèle au grand jour la nature fondamentalement antidémocratique des institutions de l’UE et le fait que cette dernière soit en train de se constituer en Tyrannie.

Le spectre de la démocratie dans les couloirs de Bruxelles

On ne peut, et on ne doit, préjuger du résultat de ce référendum. Il est même possible que, devenu sans objet, il ne se tienne pas. Mais on doit souligner qu’il représente le retour de la démocratie dans un espace européen dont elle était absente. De ce point de vue, l’initiative prise par Alexis Tsipras représentait la dernière chance d’introduire de la démocratie dans le système européen.

Il est aussi probable que les partis d’opposition, que ce soitNouvelle Démocratie ainsi que le Parti de centre-gauche La Rivière (To Potami) protestent et cherchent à empêcher par divers recours légaux ce référendum d’avoir lieu. On ne peut plus exclure le fait que ces partis, avec l’aide des nervis fascistes d’Aube Dorée, ne tentent de déstabiliser le gouvernement grec. Ces réactions sont exemplaires des comportements antidémocratiques qui s’épanouissent aujourd’hui en Europe. Ils apportent de l’eau au moulin d’Alexis Tsipras. On sent comment les acteurs européistes de ce drame sont aujourd’hui terrorisés par le spectre de la démocratie.

En France même, on ressent très distinctement le malaise que provoque l’initiative d’Alexis Tsipras. Que ce soit au Parti Socialistes ou chez les « Républicains », on ne peut ouvertement s’opposer à une telle décision sans contredire immédiatement et brutalement tous les discours qui ont été tenu sur la démocratie. Mais, en réalité, le référendum grec fait planer le spectre d’un autre référendum, celui de 2005 sur le projet de traité constitutionnel en Europe. La manière dont la classe politique française, dans sa large majorité, de Nicolas Sarkozy à François Hollande, de l’UMP au PS, avait été désavouée par la victoire du « Non », mais avait fait passer en contrebande à peu de choses près le même texte lors du Traité de Lisbonne qui fut ratifié par le Congrès à Versailles, est l’un des épisodes les plus honteux et les plus infamants de la vie politique française. Les acteurs de cette tragique mascarade sont toujours parmi nous. Il y a une continuité de projet, si ce n’est une continuité d’action, entre la décision de ne pas respecter un vote, celui des électeurs français mais aussi néerlandais, et le coup de force inouï de l’exclusion de la Grèce de l’Eurogroupe.

Tsipras ne doit ainsi pas s’attendre à un quelconque soutien de la part de François Hollande, renvoyé sans ménagement à sa propre médiocrité et à ses basses compromissions, ni de celle d’Angela Merkel dont la politique est la véritable cause de cette crise. Mais il peut s’attendre au soutien de tous ceux qui, en Europe, se battent pour la démocratie et la souveraineté.

[1] Traduction de Vassiliki Papadaki, sur le site de SYRIZA-France, http://syriza-fr.org/2015/06/27/allocution-du-premier-ministre-a-tsipras-au-peuple-grec-la-choix-au-peuple-souverain-referendum/

[2] Déclaration du Président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, samedi 27 juin,http://www.france24.com/en/20150627-eurogroup-says-sad-greece-referendum-closes-door-talks?ns_campaign=reseaux_sociaux&ns_source=twitter&ns_mchannel=social&ns_linkname=editorial&aef_campaign_ref=partage_aef&aef_campaign_date=2015-06-27&dlvrit=66745

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans grece INTERNATIONAL
commenter cet article
27 juin 2015 6 27 /06 /juin /2015 04:43

ALLOCUTION DU PREMIER MINISTRE A. TSIPRAS AU PEUPLE GREC. LA CHOIX AU PEUPLE SOUVERAIN .#RÉFÉRENDUM

Publié le juin 27, 2015 par VangelisGoulas

 

"Nous avons livré un combat dans des conditions d’asphyxie financière inouïes pour aboutir à un accord viable qui mènerait à terme le mandat que nous avons reçu du peuple. Or on nous a demandé d’appliquer les politiques mémorandaires comme l’avaient fait nos prédecesseurs. Après cinq mois de négociations, nos partenaires en sont venus à nous poser un ultimatum, ce qui contrevient aux principes de l’UE et sape la relance de la société et de l’économie grecque. Ces propositions violent absolument les acquis européens. Leur but est l’humiliation de tout un peuple, et elles manifestent avant tout l’obsession du FMI pour une politique d’extrême austérité. L’objectif aujourd’hui est de mettre fin à la crise grecque de la dette publique. Notre responsabilité dans l’affirmation de la démocratie et de la souveraineté nationale est historique en ce jour, et cette responsabilité nous oblige à répondre à l’ultimatum en nous fondant sur la volonté du peuple grec. J’ai proposé au conseil des ministres l’organisation d’un référendum, et cette proposition a été adoptée à l’unanimité.
La question qui sera posée au référendum dimanche prochain sera de savoir si nous acceptons ou rejetons la proposition des institutions européennes. Je demanderai une prolongation du programme de quelques jours afin que le peuple grec prenne sa décision.

Je vous invite à prendre cette décision souverainement et avec la fierté que nous enseigne l’histoire de la Grèce. La Grèce, qui a vu naître la démocratie, doit envoyer un message de démocratie retentissant. Je m’engage à en respecter le résultat quel qu’il soit. La Grèce est et restera une partie indissoluble de l’Europe. Mais une Europe sans démocratie est une Europe qui a perdu sa boussole. L’Europe est la maison commune de nos peuples, une maison qui n’a ni propriétaires ni locataires. La Grèce est une partie indissoluble de l’Europe, et je vous invite toutes et tous à prendre, dans un même élan national, les décisions qui concernent notre peuple."

Traduction:Vassiliki Papadaki

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans grece INTERNATIONAL
commenter cet article
25 juin 2015 4 25 /06 /juin /2015 10:44
Repost 0
25 juin 2015 4 25 /06 /juin /2015 04:27

~~ Appel au Président de la République « La place de la France est aux côtés du peuple grec » Monsieur le Président de la République, La crise grecque s'exacerbe de façon alarmante. Chaque jour qui passe peut, soit nous rapprocher d'un accord utile à toute l'Europe, soit d'une rupture dont personne ne peut prévoir les conséquences. L'intransigeance des principaux dirigeants européens peut nous conduire alors au bord de l'abîme. Il est aussi vital que pressant de sortir de ce piège. Le moment est crucial. La responsabilité de chaque acteur concerné est directement engagée. Il serait sordide -et au demeurant parfaitement vain- d'escompter une capitulation du gouvernement grec. La fidélité de celui-ci au mandat que lui a confié son peuple n'est pas un défaut mais un exemple à suivre. S'il refuse la compromission, il s'est, en revanche, montré prêt au compromis. Une solution à la fois digne et réaliste est donc à portée de la main. Le moment ultime est venu pour la concrétiser. C'est dans ce contexte que nous vous lançons un appel solennel : la France ne peut, dans un tel moment, apparaître inerte sinon suiviste des puissants. Son message ne peut se réduire à un rappel docile des "règles" à respecter quand la maison brûle. D'autant que ces règles sont aujourd'hui massivement récusées par les peuples et reconnues contre-productives par nombre de leurs anciens protagonistes eux-mêmes. Aujourd'hui, alors que la crise de confiance entre les citoyens et les institutions européennes est à son comble, c'est en se montrant capable d'entendre l'exigence de justice, de dignité et de souveraineté d'un peuple debout qu'un pays comme le nôtre sert la cause européenne bien comprise. A l'inverse, qui humilie la Grèce obère l'avenir de la construction européenne. Car le refus de l'austérité et l'aspiration démocratique sont aujourd'hui en Europe les attentes les plus partagées. C'est pourquoi nous attendons de vous, que vous preniez une initiative politique de nature à débloquer les négociations entre l'"Eurogroup" et les autorités grecques. Nous n'évoquerons pas ici les transformations profondes à promouvoir en Europe qui font débat entre nous. L'acte urgent que nous vous demandons d'accomplir est de refuser de participer à la stratégie d'isolement de la Grèce, concernant en particulier le chantage financier et la nature des "réformes" exigées du gouvernement et du Parlement de ce pays. Apportez un soutien explicite aux mesures saines prises par les autorités grecques, telles que celles qui s'attaquent à la crise humanitaire en Grèce, ou qui permettent enfin de lutter contre l'évasion fiscale. Désolidarisez-vous en revanche nettement des exigences insoutenables de l'"Eurogroup" en matière de dérégulation du marché du travail, de révision du système des retraites ou de privatisations. Acceptez enfin le principe d'une renégociation de la dette grecque, dont une large part est notoirement illégitime. Cette situation est sans précédent dans l'Union européenne. La France doit prendre la place qui est la sienne dans l'Histoire, celle-ci est aux côtés du peuple grec et de son gouvernement. Signataires : Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, président du PGE Dominique Adenot, PCF, président de l'ANECR, maire de Champigny, Pouria Amirshahi, député PS François Asensi, député de Seine St Denis GDR, maire de Tremblay en France Eliane Assassi, Présidente du groupe CRC au Sénat Isabelle Attard, députée Nouvelle Donne Clémentine Autain, porte parole d'Ensemble Marinette Bache, Conseillère de Paris, RetS, Guillaume Balas, député européen PS Julien Bayou, porte parole EELV Martine Billard, Bureau national du PG Michel Billout, Sénateur CRC Frédéric Boccara, économiste Eric Bocquet, Sénateur CRC Jean-François Bolzinger, syndicaliste Marie George Buffet, députée GDR Fanelie Carrey-Conte, députée PS André Chassaigne, Président du groupe GDR, Laurence Cohen, Sénatrice CRC Eric Coquerel, coordinateur général du PG Catherine Coutard, Vice présidente du MRC Thomas Coutrot, Mouvement associatif, Karima Delli, députée europénne EELV Michèle Demessine, Sénatrice CRC Bernard Devert, syndicaliste Jean Pierre Dubois, militant associatif Marc Dolez, député GDR Hervé Falciani, lanceur d'alerte Bastien Faudot, SN et porte-parole du MRC Jean Pierre Fourré, Vice président honoraire Assemblée nationale, Ret S Jacqueline Fraysse, Députée GDR Elisabeth Gauthier, réseau Transform ! Europe Liem Hoang Ngoc, socialiste affligé Frédéric Hocquart, conseiller PS de Paris Nordine Idir, secrétaire général Jeunes communistes Lucien Jallamion, Secrétaire Général République et Socialisme Michel Jallamion, Convergences des Services Publics Eva Joly, députée européenne EELV Pierre Khalfa, Co-président Fondation Copernic Pierre Larrouturou, Nouvelle Donne Jean Luc Laurent, député, maire de Kremlin Bicètre, Président du MRC, Marie-Noelle Lienemann, Sénatrice PS Patrick Le Hyaric, député européen GUE-NGL, directeur de l'Humanité Emmanuel Maurel, député européen PS Gus Massiah, mouvement social Jean Luc Mélenchon, député européen GUE-NGL Alain Obadia, PCF, Président fondation Gabriel Péri Younous Omarjee, député européen GUE-NGL Christian Picquet, Gauche Unitaire Barbara Romagnan, députée PS Sandrine Rousseau, porte-parole EELV Anne Sabourin, PCF - Coordinatrice Forum européen des Alternatives Lydia Samarbakhsh, PCF, responsable International Nicolas Sansu, député GDR, maire de Vierzon Laura Slimani, Présidente MJS, présidente jeunes socialistes européens Aurélie Trouvé, militante associative Marie-Christine Vergiat, députée européenne GUE-NGL Francis Wurtz, PCF, député européen honoraire

Je signe !

Nom:

* Prénom:

* Courriel:

* Orga / Profession:

Code postal:

* Je souhaite rester informé-e:

* OuiNon

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans PCF grece INTERNATIONAL
commenter cet article
24 juin 2015 3 24 /06 /juin /2015 06:58

Mardi, 23 Juin, 2015 Humanite.fr

Les chefs d’Etats de la zone Euro étaient réunis ce lundi soir à Bruxelles pour tenter, une énième fois, de trouver un accord permettant le déblocage d’une nouvelle tranche d’aide financière destinée à la Grèce et garantissant l’avenir européen du pays. Confrontée à une situation d’une gravité inédite, la Grèce fait face à d’importantes échéances de remboursement à l’adresse du FMI. Un accord avant le 30 juin apparait indispensable pour éviter un défaut de paiement qui plongerait le peuple grec dans une nouvelle vague de souffrances. Depuis l’arrivée au pouvoir de Syriza en janvier dernier, les « institutions » et le Gouvernement grec se livrent à une véritable partie d’échec qui met à mal l’avenir d’une Europe aujourd’hui en panne de solidarité et d’entente mutuelle. Les créanciers jouent de manière irresponsable la carte de l’asphyxie financière du pays et exigent de nouvelles mesures d’austérité, inacceptables pour un peuple qui n’en peut plus. Cette intransigeance, dont l’objectif est aussi de prouver aux autres peuples qu’il n’y a pas d’alternative à l’austérité, ainsi que ce chantage à la faillite ne sont plus acceptables. L’austérité doit cesser de toute urgence. Les dégâts de cinq ans de politique récessive sont connus : richesses nationales exsangues, chômage endémique, pauvreté alarmante, et endettement en hausse. La situation exige en réalité des mesures d’une toute autre nature : c’est bien à une restructuration, voire à une annulation d’une partie substantielle de la dette grecque qu’il convient d’opérer. La Commission sur « la vérité de la dette grecque » vient d’ailleurs de rendre ses premières conclusions. Il apparait qu’une partie de la dette grecque est illégale et illégitime. Les plans d’aide « concoctés » par les « institutions » n’avaient pas pour objectif principal d’aider le peuple grec mais de sauver avant tout les banques étrangères, notamment françaises et allemandes. L’Europe est aujourd’hui à un tournant et les décideurs européens doivent prendre toutes leurs responsabilités. La position défendue par les créanciers est particulièrement contradictoire : affichant leur volonté de voir la Grèce rester dans la zone euro, ils font tout pour que le contraire advienne. Dans ces négociations, le rôle de la France doit être clair : elle ne peut, dans un tel moment, apparaître inerte sinon suiviste des puissants, comme nous le clamions, aux côtés d’autres personnalités, dans une tribune parue vendredi dernier dans Libération et adressée au Président de la République. Nous tenons à réaffirmer tout notre soutien au combat mené par le Gouvernement grec, qui est parvenu à redonner un peu de dignité à un peuple dont les droits les plus élémentaires ont été bafoués. L’Europe doit aujourd’hui cesser d’être le gendarme de l’austérité et la gardienne des intérêts de l’oligarchie financière.

Repost 0

BRUNO FORNACIARI

HPIM3303

Recherche

Texte Libre