Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
15 juin 2015 1 15 /06 /juin /2015 19:06
piscine chillou
Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans divers
commenter cet article
13 juin 2015 6 13 /06 /juin /2015 04:47

Une tribu aborigène refuse 1 milliard de $ d’une compagnie pétrolière

L’information est pratiquement passée inaperçue des grands médias, elle est pourtant symbolique d’un combat mené par des minorités au nom de la planète entière. Au Canada, une petite communauté d’amérindiens a refusé un « pot de vin » (officiellement, un dédommagement) d’ 1 milliard de dollars qui aurait dû ouvrir la voie à la construction d’un port pour le transport du gaz naturel liquéfié.

Avec la raréfaction des puits de pétrole, le secteur doit se diversifier dans des sources non-conventionnelles et repousser toujours plus les limites de l’exploitation des milieux naturels. Ceci implique notamment la construction de nouveaux ports industriels. C’est ainsi que le groupe pétrolier Malaysien Petronas avait l’ambition de construire un port spécialisé pour l’acheminement du gaz naturel liquéfié au Canada. Un sous-projet d’un plan d’exploitation plus large de 36 milliards de dollars canadiens lancé par le groupe Pacific NorthWest LNG.

Malheureusement leur projet va, au moins momentanément, prendre l’eau tout récemment avec la décision des Lax Kw’ alaams, une tribu amérindienne, de refuser la construction de ce port pétrolier adapté au gaz naturel. Par la même occasion, la tribu constituée de quelques 3600 membres fait une croix sur la bagatelle d’1 milliard de dollars. « Ce n’est pas une question d’argent. L’enjeu est environnemental et culturel. » exprime Garry Reece, porte parole du groupe, au New York Times.

Après six consultations publiques et débats, le conseil de la tribu va s’opposer au paiement et au projet. Ainsi, la communauté située en Colombie-Britannique à l’extrême Ouest du Canada, pose un acte écologique fort et courageux. En effet, les habitants craignent que le projet de Petronas puisse avoir un impact important sur les poissons et l’environnement, causant des dégradations irréversibles des « terres sacrées » qui appartiennent aux Lax Kw’ alaams. La plus grande inquiétude concerne la survie des jeunes saumons sauvages dont l’habitat naturel pourrait être détruit et est déjà malmené par d’autres sources de pollutions. Mais la compagnie pétrolière avance des études environnementales exprimant un avis contraire. L’agence environnementale canadienne n’a pas encore remis son avis. Dans une réflexion plus globale, c’est une opposition locale à un souhait de construire sans tarder une ère post-pétrolière à l’heure même d’une crise écologique sans pareille mesure.

Une petite bataille de gagnée mais certainement pas la victoire. La compagnie pétrolière annonce qu’elle continuera à évaluer la viabilité du projet pour répondre aux attentes des natifs amérindiens. De nouvelles « négociations » auront probablement lieu. Plusieurs batailles locales contre des projets similaires se déroulent au même moment au Canada, au Québec et dans le nord des États-Unis. À titre d’exemple, le projetKeystone XL, un pipeline géant devant transporter les sables bitumineux du Canada à travers les USA, est au point mort à ce jour. D’autres tribus aborigènes font opposition à cet autre projet de manière effective pour l’instant. Jusqu’à quand ces peuples vont-ils résister à « la marche du progrès » ? Le progrès ne serait-il pas désormais d’envisager de nouvelles énergies sans plus tarder ?

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans ECOLOGIE LE SAVIEZ-VOUS
commenter cet article
11 juin 2015 4 11 /06 /juin /2015 23:55

Élections régionales : le PCF appelle au rassemblement et à la convergence citoyenne

RÉSOLUTION DU CONSEIL NATIONAL

Les élections régionales auront lieu en décembre prochain.

Au lendemain de l'adoption de la loi NOTre qui bouleverse l'organisation de la République, la portée territoriale, nationale et européenne des nouvelles régions souligne l’importance de ce scrutin. Après les départementales il s'agit pour le pouvoir et le Medef de faire de ces entités territoriales des relais de la mise en concurrence des territoires au détriment de l'emploi, du progrès social, de la démocratie locale et des dépenses publiques d’intérêt général. A la clef, ce seront de nouvelles souffrances pour les populations.

Ces élections seront également la dernière consultation électorale avant 2017 dans un contexte de politique austéritaire aggravée et de recomposition politique accélérée.

Deux enjeux sont mêlés avec ces élections :

- L'avenir de la République : des régions au service de la solidarité et de l'égalité ou des régions au service de la compétition et des inégalités.

- Une issue véritablement de gauche à la crise politique ou l'enfoncement dans une situation qui bloque tout espoir.

Nous refusons la perspective de régions au service exclusif de la métropolisation libérale laissant à l'autre bout de la chaîne, des « déserts» et des territoires d’exclusion.

Nous voulons préserver le droit à l'égalité territoriale, travailler à une harmonisation des territoires dans une vision équilibrée de l'aménagement. Nous voulons promouvoir un nouveau modèle de développement économique, agricole et urbain en liaison avec de nouveaux droits de la personne et des salarié-e-s. Nous voulons des régions solidaires citoyennes, démocratiques, écologiques, féministes.

Nous voulons faire entrer dans le pouvoir régional les exigences populaires de solidarité et d'égalité, faire des élections régionales un moment du rassemblement de toutes celles et ceux qui veulent des politiques de gauche alternatives à l'austérité, à l'offensive sécuritaire et liberticide actuelle.

Nous voulons construire pour cela des dynamiques politiques et citoyennes jusqu'aux urnes qui mettent en échec la droite et l'extrême droite et ouvrent la possibilité de politiques publiques de gauche offensives.

Dans les régions dirigées par des majorités de gauche, les communistes avec leurs élu-e-s ont permis des avancées pour les populations que nous revendiquons dans le contexte actuel : un réseau ferré public œuvrant au désenclavement et défendant des politiques de tarification sociale, des espaces de gratuité ou de nouveaux droits ; des engagements conséquents dans la construction et la rénovation des lycées, le développement de la formation professionnelle incluant les publics défavorisés ; le soutien à l’innovation et la recherche, aux PME PMI et la création de politiques d'ESS favorisant l’emploi de proximité ; la promotion de la culture du sport pour toutes et tous et de l’éducation populaire, l'avancement de politiques d'égalité entre les hommes et les femmes.

Le PCF a fortement contribué à ces acquis que nous ne voulons pas voir abandonner ou brader. Nous refusons que la droite et l’extrême droite s’emparent de nouveaux pouvoirs et points d’appui pour 2017. Mais nous ne découplons pas cet objectif d’œuvrer à des politiques solidaires, citoyennes, écologiques remettant l'humain au coeur des priorités régionales à rebours des logiques financières de concurrence imposées par l'Europe.

Aujourd'hui, il s'agit de permettre de nouvelles avancées en combattant les logiques de compétitivité et leurs effets ravageurs pour les politiques publiques locales. Il s'agit encore de s'attaquer au coût du capital , de mobiliser de nouveaux moyens financiers au service d'objectifs d'emploi, de formation, de promotion de tous les services publics.

Pour une nouvelle union populaire, nous appelons au rassemblement et à la convergence citoyenne.

Le PCF a pris la décision de rencontrer dans chaque région l'ensemble des forces de gauche et de travailler avec elles les conditions du rassemblement politique et citoyen le plus large à gauche.

Les régions ne sauraient être les relais des choix gouvernementaux et européens. La situation de crise sociale économique écologique ou encore démocratique appelle au contraire des politiques clairement anti austéritaires et anti libérales.

Des convergences de projet s'affirment entre les forces du Front de gauche, écologistes, Nouvelle donne, des militants ou personnalités socialistes, acteurs sociaux, militant-e-s antiracistes, et féministes, culturels, intellectuels et syndicalistes qui, comme nous, cherchent à œuvrer à l’alternative à gauche ouvrant la possibilité de plate formes régionales et de listes de large rassemblement de 1er tour pour des politiques régionales d'une gauche offensive et citoyenne.

Un premier état des lieux montre que le débat des communistes s'oriente très majoritairement vers ce choix et sa mise en œuvre. Il y a de la disponibilité pour favoriser l'implication politique et citoyenne la plus large possible sous toutes les formes et à tous les niveaux.

Il atteste également de la volonté largement partagée des communistes de travailler pour le second tour à la fusion des listes capables de battre ensemble la droite et l’extrême droite.

Nous travaillerons à ce rassemblement en fonction des configurations régionales, avec l'objectif de pousser tout au long de la mandature les objectifs que nous aurons portés dans la campagne du premier tour et d'assurer la présence de nombreux élu-e-s communistes, Front de gauche et issus de nos listes de rassemblement dans les nouvelles assemblées.

Leur présence sera un facteur déterminant pour les politiques qui y seront menées et pour travailler les rapports de force en lien avec les citoyen-e-s et le mouvement social.

Les discussions montrent le besoin pour le PCF d’être à l’offensive pour faire vivre nationalement notre démarche.

Dans les semaines qui arrivent les communistes seront appelés à déterminer leurs choix de rassemblement et leurs chefs de file région par région. Ils resteront maîtres de leurs décisions jusqu'au terme des consultations en cours. Les options diverses, si elles existent dans les régions, devront être soumises à leur choix.

Le Conseil national tient à souligner que notre démarche de pactes régionaux et de listes de large rassemblement au premier tour autour de ces pactes sera d'autant plus forte et efficace si elle est mise en œuvre nationalement dans toutes les régions.

Passer à la vitesse supérieure.

Alors que nous tenons ce Conseil national du PCF, le débat politique est en train de s’accélérer. Nationalement comme dans les régions. Le congrès du PS a attesté de sa volonté de sceller son unité autour d’un soutien au Président de la République. Tout montre que le malaise reste pourtant aussi profond

De plus en plus de voix, socialistes comme du Front de gauche, d’EELV , de Nouvelle Donne, de la sphère sociale disent leur volonté d’en finir avec cette politique gouvernementale qui conduit tout droit à la montée de l'abstention, à la désespérance, la montée de l'abstention nourrissant le vote FN et celui pour la droite la plus revancharde. Le champ des possibles grandit pour construire des majorités de projets et d’idées, des majorités pour gouverner.

Aujourd’hui il ne suffit plus de désigner ce que nous refusons, il s’agit alors d’affirmer ensemble et dans le respect de chacun ce que nous entendons faire.

Les élections régionales seront déterminantes pour les politiques qui y seront menées bien sûr, elles pourront être également déterminantes dans notre capacité à relancer l'intervention populaire. Le CN du PCF appelle à se rassembler faisant de ces élections un moment utile à nos concitoyens, permettant de faire grandir une nouvelle gauche porteuse d'alternative.

Il ne s’agit pas de nier les différences ni même de se cacher qu’il reste encore un long chemin à parcourir, mais notre responsabilité comme celle du Front de gauche est de nous mettre au service du mouvement citoyen, de celles et ceux qui continuent à lutter comme ils sont aujourd’hui des dizaines de milliers à le faire au sein de leur entreprise, pour préserver des lignes SNCF, des lycées, des hôpitaux de proximité, pour une mobilisation citoyenne face à la finance et une autre utilisation de l'argent des banques et des budgets, le maintien d’une agriculture paysanne, d’une association culturelle..

Le PCF entend s’engager sans réserve dans cet objectif !

Conseil national du PCF

Paris, le 10 juin 2015.

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans PCF REGIONS
commenter cet article
10 juin 2015 3 10 /06 /juin /2015 19:26

Grèce - « abécédaire » de la lutte pour le changement

Quelques éléments pour apprécier la situation en Grèce et les objectifs poursuivit par le gouvernement d'Alexis Tsipras.

A comme « Austérité »
B comme « Bilan »
C comme « Cigale »
D comme Dette
E comme « Ensemble »
G comme Goldman Sachs
M comme « mensonge »
O comme « Orthodoxe » (Église)
S comme Syriza
T comme Thessalonique
V comme Vouli solidarité

A comme « Austérité »

L'Union européenne, et tout particulièrement les gouvernements français et allemand de Manuel Valls et d'Angela Merkel, exercent une pression maximale pour exiger de la Grèce que les « réformes » engagées par les précédents gouvernements soient poursuivies. Ils prétendent que l'austérité finira par payer.

On nous raconte une jolie fable, celle des prémices de reprise de la croissance (2,5 % en 2015 et 3,6 en 2016 selon Bruxelles). Pourtant, en 2011 déjà, les mêmes nous annonçaient le retour de la croissance pour 2013. Finalement, le PIB grec avait chuté de 4,7% cette année-là...

L'évidence est pourtant là, les résultats des politiques menées, de réduction de la dépense publique, de privatisation et de casse des droits sociaux sont sans appel : en 2014, le PIB de la Grèce est inférieur de 25,8 % à son niveau de 2007. L’investissement a chuté de 67%. Le taux de chômage est de 26% alors même que nombre de jeunes et de moins jeunes ont dû quitter leur pays pour trouver un emploi. 46% des Grecs sont au-dessous du seuil de pauvreté, la mortalité infantile a augmenté de 43%, la malnutrition des enfants de 19 % ! Plus d’un quart de la population ne bénéficie plus de couverture sociale. La tuberculose, la syphilis ont réapparu. Quel beau résultat !

Alors, si Bruxelles exige la poursuite de cette politique « austéritaire », ce n'est pas parce que grâce à elle, la reprise serait à portée de main, mais bien parce qu'elle est conforme aux intérêts des plus riches.

B comme « Bilan »

Cinq mois après l'accession au pouvoir de Syriza et d'Alexis Tsipras, il est forcément trop tôt pour tirer un bilan complet de l'action de ce nouveau gouvernement. Pourtant, nombres de médias, après avoir tenté d'effrayer les opinions publiques sur le dangereux programme gauchistes de Syriza, affirment aujourd'hui que, confronté à la réalité, le gouvernement grec reculerait sur tous ses engagements.

Il est vrai, la bataille est âpre face aux gouvernements de droite et sociaux libéraux qui veulent à tout prix éviter que le succès de Syriza ne fasse école dans le reste de l'Europe. La guérilla financière menée par les marchés et orchestrée par la Troïka met les bâtons dans les roues du gouvernement grec. Pourtant, les premiers résultats sont là. Ils démentent la fable du renoncement et fournissent un début d'explication au soutien populaire dont le gouvernement de Tsipras continue de bénéficier.

En cinq mois, le gouvernement a engagé d'importantes réformes, conformément aux engagements pris dans son programme électoral, appelé aussi programme de Thessalonique. Il a :

  • fait voter une loi d'aide humanitaire pour les plus démunis, avec par exemple la suppression du forfait de 5 euros dans les hôpitaux ;
  • réintégré 4.500 fonctionnaires illégalement licenciés et recruté des personnels hospitaliers ;
  • suspendu toutes les « réformes » prévues qui auraient abouties à des baisses de pensions ;
  • fermé les camps de rétention pour les immigrés ;
  • lancé l'audit de la dette du pays ;
  • accrues les recettes fiscales par le rééchelonnement des mensualités pour tous ceux qui ont une dette envers l’État ;
  • priorisé la lutte contre la corruption et l'évasion fiscale avec la création d'un ministère dédié : 2,5 Mds € d'impôts devraient être récupérés d'ici l'été (sur 7 Mds € de fraudes) ;
  • engagé la reconstitution de l'audiovisuel public ;
  • engagé une réforme humanitaire du système pénitencier ;

Au cœur de l'action du gouvernement grec se trouve bien sûr la bataille des négociations avec la troïka : FMI, Union Européenne et Banque centrale européenne. Certes, la modestie de la puissance économique de la Grèce en fait un David contre le Goliath libéral (c'est David qui a finalement gagné contre Goliath), mais la profonde légitimité démocratique de ce gouvernement, le mandat donné par le peuple grec au début de cette année constitue un point d'appui considérable.

Contrairement à tout ce qui était annoncé, le gouvernement grec poursuit, sans sectarisme mais avec opiniâtreté son combat contre l'austérité, en recherchant un accord qui permette de sortir du cercle vicieux « Dette – Austérité – Augmentation de la dette – etc... ». Auparavant étrillée, humiliée, la Grèce est aujourd'hui aux avant-postes du combat pour une réorientation de la construction européenne.

C comme « Cigale »

On parle souvent de gabegie dans les dépenses publiques de la Grèce. Pourtant, elles ne représentent que 42 % du PIB, contre 45 % en Allemagne ou 52 % en France. La fable de la Cigale grecque s'évapore…

Contrairement aux idées reçues, les dépenses publiques sont même restées stables depuis les années 1990. Ce qui a gonflé la dette, c'est la politique de cadeaux fiscaux (entre 2004 et 2008 la Grèce a réduit les droits de succession, diminué par deux fois les taux d’imposition sur le revenu et décrété trois lois d’amnistie fiscale pour les fraudeurs) et les taux d'intérêts excessifs (7,5 % en moyenne !).

Mais la principale flambée de la dette grecque est essentiellement consécutive à la crise financière : de 103 % du PIB en 2007 à probablement 190 % en 2015, avec la spirale infernale : dette – austérité – ralentissement de l'activité - augmentation de la dette.

Depuis 2010, l'essentiel des sommes empruntés (207 Mds €) a été absorbé par la recapitalisation des banques privées (58Mds€) ou versé aux créanciers de l’État grec, principalement les banques françaises, allemandes ou Étasuniennes (101Mds€). Seul 20 % sont allés dans les caisses de l’État grec, utilisés pour l'essentiel et versement d'intérêts aux créanciers. Au final, 14,7 Mds € seulement ont servi à financer les dépenses publiques en Grèce…

Les seuls à se goinfrer, se sont les créanciers.

D comme Dette

On entend souvent comparer la gestion d'un État à celle d'une famille. C'est pourtant une analogie erronée. Pour faire face à leurs échéances de remboursement de leur dette, tous les États ont recours au même procédé : ils empruntent. C'est de la création monétaire.

Mais lorsque l'endettement est trop élevé et que l’État n'a plus la maîtrise de la création monétaire, comme c'est le cas pour les pays membres de la zone euro, la perspective du « défaut », c'est à dire du non remboursement total ou partiel d'une échéance se profile. De nombreuses expériences de pays surendettés (Allemagne 1953, Pologne 1991, Irak 2003, Équateur 2008, Islande 2011, Irlande 2013…) ont pourtant abouti à la même conclusion : quand la dette est trop lourde (190% du PIB pour la Grèce !), il faut l’annuler et/ou la restructurer pour permettre un nouveau départ.

En Grèce, une renégociation est indispensable, à partir des travaux d'une conférence européenne dont l'objectif sera de définir la part légitime de la Grèce, celle qui a concouru non pas à l'enrichissement d'une poignée de spéculateurs, mais à financer des investissements et des politiques utiles à la population.

E comme « Ensemble »

Les politiques d'austérité ne sont pas une fatalité. La résistance acharnée du gouvernement grec est un atout pour tous les peuples européens, attachés à la construction d'une alternative aux politiques menées. En affichant notre solidarité, notre soutien au peuple et au gouvernement grec, comme au puissant mouvement citoyen Podemos en Espagne, nous consolidons l'idée que d'autres choix sont possibles en Europe. C'est le sens du grand rassemblement organisé par le Parti de la gauche européenne à Paris, Place de la République, les 30 et 31 mai dernier et qui a rassemblé des milliers de participants venus de l'Europe toute entière : construire, ensemble, à l'échelle de l'Europe, une alliance contre toutes les politiques « austéritaire ». Comme c'est le sens de la semaine d'action européenne du 20 au 26 juin prochains

G comme Goldman Sachs

Goldman Sachs est l'une des banques les plus rentables au monde, avec environ 30 % de rentabilité. Conseil des gouvernements grecs successifs dans les années 2000, la banque aura été l'artisan de la falsification des comptes publiques pour permettre à la Grèce de continuer de s'endetter sur les marchés. Plus grave, la banque a invité les spéculateurs financiers à jouer « le défaut grec », c'est à dire à parier sur la faillite grecque à laquelle elle a contribué. Le résultat a été un renchérissement sans précédent des taux d'intérêts imposés à la Grèce pour se refinancer, dépassant les 20 % et contribuant à la spirale des déficits : entre 2007 et 2014, la dette publique est passée de 103 % du PIB à 177 % pour l'essentiel en raison du renchérissement des taux d'intérêts.

Le rôle notoirement néfaste joué par Goldman Sachs n'aura pas empêché l'un de ses principaux dirigeant, responsable de la branche européenne de la banque, de connaître une belle promotion. Mario Draghi est aujourd'hui président de la banque centrale européenne (BCE)…

M comme « mensonge »

Une petite musique est en train de naître, relayée par le gouvernement français et visant à désolidariser le peuple français du peuple grec. Le gouvernement grec voudrait faire payer le contribuable français. On avance même des chiffres : l'engagement français sur la dette grecque ferait peser une ardoise de 6 ou 700 euros par français. C'est un mensonge. D'abord, les 40 Mds € de garantie sont déjà comptabilisés dans la dette publique française. Leur annulation n'augmenterait donc pas la dette publique française. La seule chose que perdraient les contribuables français, ce sont les intérêts versés par la Grèce, soit 15 € par Français et par an. Enfin, la Banque centrale européenne pourrait racheter aux États et au Fonds européen de solidarité financière (FESF) les titres grecs et les annuler, ou comme le demande la Grèce, les transformer en obligations perpétuelles à taux fixes et faible, sans remboursement de capital.

O comme « Orthodoxe » (Église)

Parmi les conséquences de l'absence de séparation de l’Église et de l’État en Grèce, l’Église orthodoxe grecque se trouve exemptée de nombreuses taxes, en particulier sur la propriété foncière, alors qu'elle est le deuxième propriétaire foncier du pays. Elle dispose également d'un important patrimoine immobilier, y compris dans les quartiers chics d'Athènes ou dans les stations balnéaires à la mode, et d'actifs financiers considérables. La mise à contribution par l'impôt de cet État dans l’État auquel tous les gouvernements ont jusqu'alors renoncé constitue un enjeu important pour la nouvelle majorité.

S comme Syriza

Syriza est un acronyme, signifiant textuellement « coalition de la gauche radicale ». Née en 2004 du rapprochement de différents partis de gauche, d'extrême gauche et de l'écologie politique, dont Synaspismos, issu d'une scission du Parti communiste grec (KKE) en 1991, la Gauche du renouveau écologique et communiste (AKOA), les Citoyens actifs...

Au cœur du projet de Syriza ont retrouve la volonté de rupture avec les politiques libérales, la promotion de politique visant la justice sociale, la défense de droits fondamentaux (anti-racisme, féminisme,…) et l'anti-fascisme.

Syriza est présidée par Alexis Tsipras, 40 ans, ancien président de Synaspismos et premier ministre de la Grèce depuis le 26 janvier 2015. Syriza est membre du Parti de la Gauche Européenne co-présidé par Pierre Laurent et ses députés siègent au Parlement européen au sein de la GUE-NGL

T comme Thessalonique

Le programme dit de « Thessalonique » est le programme de gouvernement présenté par Syriza à l'occasion de l'exposition commerciale internationale annuelle de Thessalonique, le 13 septembre 2014. C'est sur la base de ce programme que Syriza a été élue. Le cœur de ce programme s'appuie sur 4 piliers :

  • traiter en urgence la crise humanitaire en Grèce (1,9 Mds €) : fourniture de l'électricité gratuite et subvention alimentaires à 300.000 foyers, gratuité des transports publics, augmentation des remboursement (voire gratuité) des soins médicaux, 13ème mois pour les retraités, etc....
  • relancer l'économie réelle (6,5 Mds €) : instauration d'un impôt progressif sur la fortune immobilière, suspension des saisies sur les résidences principales, fondation d'une banque de développement, rétablissement d'un salaire minimum.
  • restaurer l'emploi et les droits des travailleurs (5 Mds € dont 3 la 1ère année) : rétablir une législation du travail, plan de création de 300.000 emplois dans les secteurs publics, privé et dans l'économie solidaire, mieux indemniser et étendre le nombre de bénéficiaire de l'allocation chômage et la durée du droit de celle-ci.
  • engager une refonte citoyenne des pouvoirs de l’État.

Le coût estimé de ce programme est de 11,3 Mds €. Il est financé. Le plan de recouvrement et de relance pour l'économie créeront 3 Mds € de recettes, et 3 de plus avec le plan de lutte contre les pratiques d'évasion fiscale. La réaffectation des recettes issues des programmes européens apporteront 3 Mds €, ainsi que celles issues du Fond de stabilité financière (3 Mds €).

La question du traitement de la dette souveraine est au cœur du projet. Le programme de Thessalonique affirme qu'elle sera l'objet d'une négociation prioritaire avec les partenaires européennes, avec comme objectif d'aller vers un effacement partiel de celle-ci, ou encore la mise en place d'un moratoire sur les intérêts.

V comme Vouli solidarité

La Vouli est le Parlement grec. Composé de 300 députés élus au suffrage universel direct, ces derniers sont élus à la proportionnelle en dehors de 50 sièges attribués à la formation politique arrivée en tête.

Le 25 janvier 2015, avec 35,7 % des voix, un score historique pour une formation qui réalisa 4,6 % aux législatives de 2009, Syriza a manqué de peu la majorité absolue des sièges. Pour gouverner, elle constitue immédiatement une coalition avec Anel, parti souverainiste de droite, autour d'un programme de rupture avec les politiques d'austérité imposées par Bruxelles.

Note réalisée le 8 juin 2015

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans grece
commenter cet article
9 juin 2015 2 09 /06 /juin /2015 03:55
Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans PCF-FRONT DE GAUCHE
commenter cet article
3 juin 2015 3 03 /06 /juin /2015 06:15
Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans EUROPE PCF
commenter cet article
3 juin 2015 3 03 /06 /juin /2015 05:25

POLITIQUE

MADELEINE RIFFAUD

RÉSISTANCE

LIBÉRATION DE PARIS

Tous les combats de Madeleine Riffaud

Histoire

ALAIN RUSCIO, HISTORIEN.

VENDREDI, 22 AOÛT, 2014

L'HUMANITÉ

madeleineriffaud.jpg

Madeleine Riffaud

Archives de l'Humanité

Résistante, militante anticolonialiste, puis journaliste dans nos colonnes, repoussant toujours plus loin les limites de l’investigation, Madeleine Riffaud fête ses 90 ans, ce 23 août. L’occasion de revenir sur un parcours exceptionnel.

Ce 23 août, Madeleine Riffaud – mais elle est, elle reste, pour des milliers de ses amis, Madeleine, tout simplement – a 90 ans. La connaissant, nous savons déjà que nous allons subir ses foudres, pour ne pas dire plus, de rappeler ce simple fait. « Je n‘ai jamais fêté mes anniversaires, ce n’est pas maintenant que je vais commencer ! » Et pourtant, Madeleine doit l’accepter : son destin appartient un peu à la grande communauté de ses amis, de ses camarades. Et nous avons bien le droit, nous, de saisir chaque occasion pour lui dire combien nous l’aimons, nous l’admirons. Un jeune cinéaste franco-vietnamien, Philippe Rostan, avait réalisé, il y a quelques années, un film remarqué, les Trois Guerres de Madeleine Riffaud (Résistance, Algérie, Vietnam). Nous pourrions ajouter : … et tout le reste, alors ? Elle a 18 ans lorsqu’elle établit le contact avec la Résistance à la faculté de médecine de Paris. Elle y adopte le nom de guerre de Rainer (clin d’œil internationaliste au grand poète allemand Rainer Maria Rilke). Et son courage amène ses camarades de lutte à lui confier des missions de plus en plus périlleuses. En 1944, alors que la Wehrmacht est partout en recul, la Résistance décide de franchir un cran dans la lutte armée dans la capitale, avant l’arrivée des troupes alliées. « Nous voulions que Paris se libère elle-même », rappelle-t-elle (Madeleine Riffaud toujours en Résistance, film de Jorge Amat). Elle est volontaire pour une mission périlleuse : abattre un officier allemand. Elle passe à l’acte sur le pont de Solferino. « Neuf balles dans mon chargeur / Pour venger tous mes frères / Ça fait mal de tuer / C’est la première fois / Sept balles dans mon chargeur / C’était si simple / L’homme qui tirait l’autre nuit / C’était moi. » Arrêtée par un milicien, livrée à la Gestapo, torturée, condamnée à mort, elle échappe in extremis au peloton d’exécution grâce à un échange de prisonniers. Cela se passe le 19 août, au moment précis où commence l’ultime combat pour la libération de Paris. Madeleine, rejoint son groupe, Saint-Just (quel plus beau nom trouver ?), commandé par le capitaine Fénestrelle, dont elle prend le commandement d'un détachement et sera élevée au grade de lieutenant FFI. Le 23 août, ce groupe prend d’assaut et bloque un train blindé allemand au tunnel des Buttes-Chaumont. 23 août 1944 ? Le jour de ses 20 ans. Mais pour elle, pas de trêve : le 25, elle est, toujours à la tête de sa compagnie, à l’assaut du tout dernier bastion allemand, la caserne de la place de la République. C’est ce jour-là que de Gaulle prononce sa célèbre phrase : « Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! mais Paris libéré !... » Libéré par son peuple, oui. Mais à ce moment, Michel Tagrine, jeune héros FTP de 22 ans, compagnon d’armes de Madeleine, vient d’être fauché, l’un des derniers martyrs de la Libération. Ce soir-là, raconte Madeleine, alors que tout Paris riait, nous, ses compagnons d’armes, pleurions comme des gosses… Cette première expérience exceptionnelle, cette Résistance d’une très jeune femme, sera plus tard contée par elle sous le titre « On l’appelait Rainer ».

« Ta place est en France, pour y éclairer ton peuple, pour y participer aux luttes »

C’est ensuite, après la Libération, une nouvelle vie, le tourbillon un peu fou de la victoire, d’un début de célébrité. « Je suis tombée dans la légalité comme on plonge les fesses dans un seau d’eau froide », dit-elle (film Jorge Amat). Elle rencontre les dirigeants du PCF, fait la connaissance d’Éluard, de Picasso (qui fera plus tard son portrait), d’Aragon, de Vercors, à qui elle voue depuis une grande admiration. Elle devient l’épouse de Pierre Daix, un autre héros de la Résistance, dont elle se séparera dès 1947. Madeleine dit : « À cette époque, je ne savais que manipuler les armes. » Trop de modestie ! Il n’y a pas que cela : elle écrit. Des poèmes. Et magnifiquement. Son premier ouvrage, le Poing fermé, est préfacé par Paul Éluard. Simultanément, elle choisit la carrière journalistique. Elle entre à Ce soir, alors l’un des grands quotidiens progressistes français, dirigé par Aragon. Elle y croise une grande, grande dame, qui sera d’une influence déterminante sur le cours de sa vie : Andrée Viollis, naguère auteure de SOS Indochine (1935). Andrée Viollis lui présente alors Hô Chi Minh, en visite officielle en France pour tenter d’éviter le déclenchement de la guerre d’Indochine – ce qu’il ne parviendra pas à faire. Madeleine a gardé un souvenir ému de cette première rencontre (il y en eut tant d’autres !). L’oncle Hô lui dit : « Ma fille, le journalisme est un métier. Apprends, apprends, puis ensuite viens me voir dans mon pays. » Ce qu’elle fit dix ans plus tard. Entre-temps, de Ce soir, elle est passée à la Vie ouvrière, où elle participe, par la plume, aux campagnes de la CGT (appel de Stockholm, luttes contre la guerre d’Indochine, notamment lors de l’affaire Henri Martin). Elle trouve pourtant, toujours, le temps de poursuivre une carrière littéraire (le Courage d’aimer, recueil de poésies, les Baguettes de jade, récit romancé des rencontres faites avec la délégation vietnamienne, notamment du poète Nguyen Dinh Thi, lors du festival de Berlin, en 1951). La guerre « française » d’Indochine, justement, s’achève. Madeleine avait été de ceux qui, depuis le début, avaient soutenu l’indépendance du Vietnam, avaient prédit les impasses tragiques de la politique française. Diên Biên Phu leur donna raison. Madeleine est volontaire pour partir, toujours pour la VO, couvrir les tout premiers temps de l’existence du nouvel État indépendant vietnamien, installé à Hanoi. Mais aussi, pourquoi le masquer, pour retrouver Nguyen Dinh Thi. Elle passera là, sans doute, les plus belles années de sa vie, au milieu de ce peuple qui alors commence la reconstruction, croyant éviter une seconde guerre, contre les États-Unis cette fois. Sa proximité avec Hô Chi Minh est une chose connue de tous. Pour beaucoup, Madeleine est un peu « la fille française de l’oncle ». Épisode heureux, épisode trop court. « Ta place est en France, pour y éclairer ton peuple, pour y participer aux luttes », lui dit alors Hô. Grandeurs et douleurs de l’engagement…

Elle échappe miraculeusement à un attentat de l’OAS mais est gravement blessée

Nous sommes alors en 1956. Depuis deux ans, une nouvelle épreuve vient de commencer. L’aveuglement colonialiste, qui n’a aucune limite, amène les dirigeants français à engager le pays dans une nouvelle guerre, en Algérie. C’est pour l’Humanité, cette fois, que Madeleine va reprendre le combat. Elle intègre l’équipe prestigieuse de la rubrique internationale, dirigée par Pierre Courtade, où elle se fera des amitiés définitives, les si regrettés Yves Moreau, Robert Lambotte, Jean-Émile Vidal, François Lescure… Madeleine va partager tous les combats de ce journal. De Paris, elle écrit des pages émouvantes (qui a pu oublier son « Adieu aux martyrs de Charonne » ? ses polémiques, elle, l’ancienne résistante, avec l’ex-collabo Papon devenu préfet de police ?). Mais ce diable de femme n’aime que le terrain. Avec l’accord de son journal, elle part, clandestinement, en Algérie, avec les dangers encourus que l’on imagine, en cette période où les « ultras » de l’Algérie française haïssent les journalistes de métropole et tout ce qui ressemble à la gauche. Alors, une journaliste communiste… Elle échappe d’ailleurs miraculeusement à un attentat de l’OAS mais est gravement blessée. La guerre d’Algérie se terminant comme la précédente, en Indochine, par l’accès à l’indépendance du peuple colonisé, Madeleine est de retour à Paris. Pas pour longtemps. Le cycle infernal des guerres menées par l’Occident contre la liberté des peuples ne cessant pas, c’est de nouveau sur le Vietnam que l’actualité braque ses projecteurs. Là, les États-Unis, prenant le relais de la France coloniale – c’est l’époque où le monde ne voit que le beau sourire de Kennedy, oubliant un peu vite l’impérialisme américain –, ont décidé d’ériger une barrière « contre le communisme », en fait d’interdire au peuple vietnamien de s’unir et de choisir son destin. Madeleine, qui a évidemment gardé le Vietnam au cœur, y repart, toujours pour l’Humanité. Ce journal aura alors sur place un tandem d’exception : Charles Fourniau, historien devenu un temps journaliste, pour les analyses de fond, les éclairages indispensables ; Madeleine Riffaud, pour le vécu, la sensibilité. Madeleine l’intrépide est sur le terrain, parmi ses sœurs et ses frères vietnamiens, au sud, Dans les maquis viêt-cong (titre d’un ouvrage paru en 1965 reprenant ses reportages) ou Au Nord-Vietnam : écrit sous les bombes (autre ouvrage, 1967). Ses reportages d’ailleurs dépassent largement le lectorat habituel de l’Huma. Ses textes sont traduits dans plusieurs langues, les micros se tendent vers elle à chaque nouvelle étape de la lutte du peuple vietnamien. Enfin, Madeleine ne sait pas seulement écrire : elle parle. Tous ceux (une génération entière !) qui sont venus l’écouter à la Mutualité raconter, toujours avec des détails choisis, significatifs, teintés souvent d’humour, le quotidien de la résistance du Vietnam, n’ont pu oublier la sensation de cette femme, apparemment frêle, à l’héroïsme (elle n’aime pas, mais pas du tout, le mot) tranquille, parlant simplement des dangers encourus.

« Trois guerres de Madeleine Riffaud », « trois victoires partagées »

Cette phase américaine de la guerre du Vietnam s’achève en 1975. Madeleine, à sa place, celle d’une journaliste-écrivain-témoin d’exception, y a contribué. Les « trois guerres de Madeleine Riffaud » s’achèvent. On pourrait plus précisément dire les « trois victoires partagées »… Madeleine continue ensuite ses combats humanistes de mille manières. L’une d’entre elles est de se couler incognito, durant plusieurs mois, dans la peau d’une aide-soignante, de connaître là encore de l’intérieur le travail, les luttes, les espoirs et parfois les désespoirs du personnel hospitalier. Au terme de cette expérience naîtra un livre choc, lu encore aujourd’hui, sur la vie quotidienne de ces autres héroïnes, les Linges de la nuit. Même si les années ont passé, elle est encore et toujours active. L’un des derniers témoins de la Libération de Paris, elle est très sollicitée, en ce 70e anniversaire de ce grand événement. Et le Vietnam, toujours, la taraude… On l’a vue, il y a quelque temps, sur le parvis des Droits-de-l’Homme, aux côtés d’Henri Martin, dénoncer les effets terribles de l’agent orange, aujourd’hui encore, sur les enfants de ce pays. Elle était présente, parlant debout, droite, une heure durant, lors de la soirée d’hommages qui fut rendue récemment au Centre culturel vietnamien, à elle-même, à Raymonde Dien, elle aussi présente, et à Henri Martin. Alors, oui, nous savons que nous allons nous faire houspiller. Mais nous prenons le risque de dire, avec tant d’autres : « Bon anniversaire, Madeleine. »

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans hommage - souvenir humanite
commenter cet article
2 juin 2015 2 02 /06 /juin /2015 09:10

Les dirigeants de la Société Générale étaient au courant des agissements de Jérôme Kerviel.

C’est une policière chargée de l’enquête depuis le début qui l’affirme, et dont les propos sont rapportés par Mediapart, qui demande une révision du procès Kerviel.

« À l’occasion des différentes auditions et des différents documents que j’ai pu avoir entre les mains, j’ai eu le sentiment puis la certitude que la hiérarchie de Jérôme Kerviel ne pouvait ignorer les positions prises par ce dernier », a affirmé la commandante de police Nathalie Le Roy devant le juge.

Elle cite notamment en exemple le témoignage accablant d’un ancien salarié de la banque, opérant au sein de l’entité « risques opérationnels ». Celui-ci a assuré à l’enquêtrice que « l’activité de Jérôme Kerviel était connue » et affirmé avoir lui-même alerté, en avril 2007, soit 9 mois avant le scandale, Claire Dumas, adjointe au directeur des risques opérationnels, et d’autres par le biais d’un message électronique « avec une tête de mort pour attirer leur attention ». L’enquêtrice a demandé, par la voie d’une réquisition judiciaire, à recevoir les échanges entre Mme Dumas et le salarié par messagerie électronique, requête qui serait restée lettre morte.

La commandante de police ne s’était jusqu’ici pas exprimée de peur d’interférer avec la justice. C’est à la demande du juge d’instruction Roger Le Loire qu’elle a accepté de briser le silence, « à son grand soulagement ».

La banque affirmait depuis maintenant plus de 7 ans avoir été victime d’un trader fou, Jérôme Kerviel, qui lui a coûté 4,9 milliards d’euros. La cour d’appel a confirmé la version de la banque, comme l’avait fait le tribunal correctionnel de Paris avant lui : Jérôme Kerviel fut « l’unique concepteur, initiateur et réalisateur » d’un « système de fraude » qui l’a conduit à exposer la banque pour des montants colossaux. « J’ai eu le sentiment d’avoir été instrumentalisée par la Société générale » reconnait la commandante de police Nathalie Le Roy. « C’est la Société générale qui m’a dirigé tous les témoins ».

Un témoignage accablant qui pourrait retourner le procès Kerviel en procès de la Société générale. Un nouveau procès civil doit justement se tenir du 20 au 22 janvier 2016 pour établir la répartition des responsabilités dans cette perte.

Il fait suite aux deux plaintes déposées par Jérôme Kerviel contre la banque pour « escroquerie au jugement », « faux » et « usage de faux » 

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans ACTUALITES economie finance JUSTICE
commenter cet article
2 juin 2015 2 02 /06 /juin /2015 09:05

Lettre de Marie-George Buffet à Michel Boyon, Président du CSA

le 05 June 2008

Monsieur le Président,

L'univers des médias a connu ces dernières années des bouleversements majeurs : multiplication des canaux de diffusion, irruption et massification des nouvelles technologies de communication, évolution des usages...

Ces bouleversements ont été porteurs d'avancées concrètes. Mais ils ont aussi fragilisé un secteur d'activité déjà lourdement malmené par les logiques de concentration capitalistique et de financiarisation de leur gestion. La course aux recettes publicitaires a ainsi eu tendance à unifier les programmations et à envisager information et divertissement en fonction de seuls critères de recherche d'audience, sans pour autant empêcher une répartition inégale de ces recettes.

Entre révolutions technologiques, attentes des citoyen-ne-s et assimilation des médias à une activité économique comme les autres, l'avenir de ce secteur reste incertain, alors qu'il est naturellement au coeur de la vie culturelle et démocratique de la Nation.

Depuis quelques mois, la confusion se trouve accélérée. L'omniprésence médiatique du chef de l'Etat et les pressions politiques inadmissibles à l'encontre des journalistes, et notamment de l'AFP, posent de nouveaux problèmes de garantie du pluralisme de l'information dans notre pays.

Et ce déséquilibre dans l'information s'aggrave donc dans le rapport gauche/droite mais aussi de façon caricaturale à l'intérieur de la gauche. Les derniers chiffres que vous avez publiés sur les temps d'intervention font apparaître une véritable disparition du courant d'opinion représenté par le Parti communiste. L'exemple nous concerne. Mais il pose avant tout la question de la représentation légitime dans les médias d'un parti dont les résultats lors des dernières élections cantonales et municipales ont montré qu'il se positionnait à la troisième place dans notre pays.

La bipolarisation de la vie politique française, que certains appellent de leur voeux, se trouve ainsi confirmée voire anticipée par des pratiques éditoriales qu'il vous revient de qualifier et de corriger. Il en va du respect du pluralisme politique et de l'information auquel je le sais un grand nombre de journalistes est attaché.

Il va sans dire que notre conception du pluralisme ne se résume pas, comme nous vous l'avons déjà signifié, au seul décompte des temps de parole des partis politiques ; l'absence de pluralisme dans le choix des éditorialistes, l'absence répétée de « paroles » citoyennes et syndicales à hauteur de leur place dans la société ne font que confirmer et aggraver « l'excommunication » dont notre peuple est victime.

Cette situation me semble être symptomatique d'un malaise plus profond, touchant directement à l'honnêteté de l'information.

Qu'il s'agisse des lourdes incertitudes financières qui pèsent sur l'avenir du service public audiovisuel et des rédactions régionales, ou des pressions exercées sur l'Agence France Presse, tout indique que la situation actuelle ne peut perdurer. Les pressions, ou les restructurations contre nature portent atteinte au travail mené par les journalistes, et mettent en danger l'information et l'impartialité de son traitement.

Je me félicite du rendez vous que vous m'avez accordé pour mardi prochain, mais je tenais par la présente à vous indiquer quelques aspects de notre réflexion et qui seront, je l'espère, au coeur de notre échange.

Je vous prie d'agréer, Monsieur le Président, l'expression de mes sentiments respectueux.

Marie-George Buffet Députée - Ancienne ministre Secrétaire nationale du PCF

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans pluralisme information PCF
commenter cet article
2 juin 2015 2 02 /06 /juin /2015 09:02

Mediatisation/Audiovisuel : Pierre Laurent interpelle le Président du CSA

Vous trouverez ci-dessous un courrier de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF et Président du Parti de la gauche européenne, adressé à Olivier Schrameck, Président du CSA.

"Monsieur le Président,

Ce week-end à Paris, place de la République, le PCF, le Front de gauche et le Parti de la gauche européenne ont organisé un événement politique d'une très grande portée pour la vie politique française et pour l'avenir de l'Europe, aujourd'hui à la croisée des chemins.

Cinq mille personnes, dont 200 invités venus de 20 pays, 42 organisations politiques, 18 organisations syndicales et 80 associations ont débattu pendant 2 jours, dans 3 plénières et 30 ateliers, des alternatives à l'austérité. Toutes les forces de la gauche française était présentes dans une ambiance de travail et d'écoute. Le samedi soir, un concert a donné un caractère populaire et festif à cette initiative et a rassemblé beaucoup de jeunes et de parisiens en solidarité avec les migrants.

Nous avons accueilli Giorgos Katrougalos, Ministre grec de la fonction publique et de la réforme de l’État, Zoe Konstantopoulou, Présidente du Parlement grec, ainsi que plusieurs membres de la direction de Syriza et des personnalités emblématiques de la lutte du peuple grec. Tous étaient à la disposition des citoyens pour expliquer la politique du gouvernement d'Alexis Tsipras, et débattre d'une alternative européenne commune.

Je ne peux m'expliquer l'absence totale des grands médias de l'audiovisuel de notre pays. Comment un tel événement a-t-il pu être passé sous silence ? Et je me permets la remarque suivante issue de mon expérience de Président du Parti de la gauche européenne : cette situation de blackout médiatique n'existe dans aucune autre démocratie européenne.

Un traitement, fut-il critique de l’événement, aurait été normal. Compte tenu de l'actualité européenne, de l'enjeu des négociations en cours entre la Grèce et ses partenaires, le Forum européen des alternatives et ses participants étaient un espace d'explications et de décryptages indispensables à l'information de nos concitoyens. Quel manque à gagner pour le pluralisme, la démocratie et le droit à l'information de nos concitoyens. Il y avait samedi deux actualités politiques. La première porte de Villette avec le congrès d'une UMP relookée; la seconde, place de la République, avec un rassemblement très large des forces progressistes françaises et européennes. Médiatiquement, il ne fut question que de la première alors qu'il y avait la possibilité de faire vivre le pluralisme. 10 ans près la victoire du "Non" au référendum sur le Traité constitutionnel européen, et alors que les grands médias avaient tous fait leur mea culpa, les leçons ne sont toujours pas tirées.

Monsieur le Président, je souhaite vous rencontrer pour échanger avec vous et réfléchir aux moyens d'empêcher qu'une telle situation ne se reproduise."

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans pluralisme information PCF
commenter cet article

BRUNO FORNACIARI

HPIM3303

Recherche

Texte Libre