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21 avril 2016 4 21 /04 /avril /2016 07:07

Lundi, 18 Avril, 2016 - 12:57

Faut-il essuyer tous les crachats ?

"Dès qu’un crachat, réel ou fantasmé, retombe sur la tête d’un cracheur habituel, patenté, labellisé ; intouchable, hyper-médiatisé, tous les « ils » crient tous au scandaaale, au totalitarisme."

Faut-il essuyer tous les crachats ? Cela devrait être la norme, mais elle se révèle sélective.

Il y a crachat et crachat. Il ya même selon plusieurs témoins, des crachats virtuels.

On peut cracher dans l’air du temps, cracher sur les Gitans, les cocos, les mélenchonniens, les syndicalistes (de classe), les « satrapes », les « populistes », la gauche « radicale », les révolutions latino-américaines, les immigrés, les révolutionnaires, les fonctionnaires, les faignasses de chômeurs, les jeunes « beurs » des banlieues ; on peut ethniciser, « racialiser » leurs révoltes, répandre la haine. On peut, et même l’on doit, cracher son venin contre les tyrans à la Chavez, Maduro, Morales, Castro, cracher contre les « Noirs », les « musulmans », les « gauchistes », les nationalisations, les retraites, le code du travail... Crachez sur ces cibles, et visez bien !

Ces crachats-là, légitimes, mérités, fielleux, quotidiens, de mots dits -et qui tuent-, n’ont pas à être essuyés. Ces « blasphèmes anti Républicains » (Emmanuel Todd), contre les « Noirs et les Arabes » (2005), contre l’équipe nationale de foot qui serait « black-black-black », « ce qui provoque des ricanements dans toute l’Europe », et des flatulences au bar des fachos. Quel talent, quelle finesse de pensée, quelle hauteur de vue !... L’Académie, cela se mérite. « Et moi et moi et moi ». Ces crottes-là, jadis maoïstes, ne nécessitent pas aujourd’hui de motocrottes. Elles sont salutaires, saluées par la « classe politique » et ses médias de soi(e). En espagnol, les « medias » ce sont les « bas » ; ces chaussettes hautes blindent contre les crachats.

Dès qu’un crachat retombe sur la tête d’un cracheur habituel, patenté, labellisé ; intouchable, hyper-médiatisé, tous les « ils » crient tous au scandaaale, au totalitarisme. Ils croassent, ils vacarment, ils crapautent à tue-mots.

Quel émoi ! Quelle indignation ! Que de sermons, d’esclandres, d’apitoiements sincèèèères! C’est pire que lors des bombardements de Gaza ! La condamnation coule à flots, de toutes parts. « Et moi et moi et moi ».

Enfant, fils d’immigré pauvre, je crachais - évidemment- souvent... mais par terre. « El padre » et les hussards de la République, m’engueulaient, me tapaient sur la bouche. « Cela est mal élevé », « impoli », « ne se fait pas ». C’est vrai. J’adoptai donc le mouchoir, les bonnes manières. Je finis même par comprendre que cracher en l’air (s’auto-cracher) peut vous salir la tête, vous souiller, que les mots peuvent criminaliser et tuer davantage que les crachats, que lorsque l’on sème la bave, la discrimination, une certaine forme de racisme, l’intolérance, la provocation, on récolte la pire des cracheries : le mépris, le rejet, la violence (« inexcusable »). Et la République, qui se doit d’assurer le pluralisme des idées, des médias, leur expression publique, leur confrontation (sans crachats), fait tout le contraire. Pensée unique et bâillon. Alors, alors, alors...

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20 avril 2016 3 20 /04 /avril /2016 21:06

Appel du congrès de la CGT

En direct sur le site UCR/CGT

Durant toute la journée de mercredi, les partisans d’une grève "générale, reconductible" et du "blocage" de l’économie du pays ont monopolisé bruyamment le temps de parole reprenant ainsi une déclaration d’Olivier Besancenot allant dans ce sens. A croire que l’ensemble du congrès partageait cette démarche alors que Philippe Martinez avait souligné à l’ouverture des travaux : « une grève ne se décrète pas » Un délégué a résumé une opinion partagée : « la CGT propose, les salariés disposent ». Le congrès a adopté à une large majoré un appel dont voici l’intégralité.

"Les 1 000 délégués réunis en congrès à Marseille du 18 au 22 avril 2016 ont analysé la situation économique et sociale, le contexte des mobilisations désormais ancrées dans le pays depuis plus d’un mois et demi.

"La CGT lance un appel fort et déterminé à l’ensemble des salariés du privé et du public, des jeunes, des privés d’emploi, des retraités et de ses syndicats, à poursuivre et amplifier partout le rapport de force jusqu’au retrait du projet de la loi dite « Travail » dynamitant notre modèle social.

"Il s’agit d’organiser dans toutes les entreprises et les établissements des réunions d’information, des rencontres afin de s’opposer encore plus fort à tous les mauvais coups et à imposer de nouvelles conquêtes sociales. Un espoir immense s’ouvre pour le monde du travail grâce à la lutte unitaire menée par une CGT moderne, porteuse de propositions en phase avec l’ensemble des travailleurs-euses), à l’image du rejet massif du projet de loi El Khomri exprimé par 70% de l’opinion publique. Un mouvement qui fait face à un gouvernement désavoué, en rupture profonde avec la population et singulièrement toute la jeunesse. Un exécutif à l’écoute d’un patronat rétrograde et menaçant, privilégiant la finance à la réponse aux besoins sociaux et ambitionnant de détruire toutes les garanties collectives en fixant comme seul horizon la précarité généralisée, l’incertitude du lendemain.

Le désespoir est dans le renoncement, l’espoir est dans la lutte.

Dans ce cadre, la CGT appelle toutes les organisations à amplifier la riposte, dès le 28 avril, par la grève interprofessionnelle et les manifestations pour obtenir dans un premier temps le retrait du projet de loi de casse du code du travail.

D’ici le 28 avril, la poursuite de la construction de l’action implique la tenue d’assemblées générales dans les entreprises et les services publics pour que les salariés décident, sur la base de leurs revendications et dans l’unité, de la grève et de sa reconduction pour gagner retrait et ouverture de véritables négociations de progrès social.

Le 28 avril, comme le 1er mai, journée internationale de lutte des travailleurs-euses sont autant d’étapes vers la victoire.

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20 avril 2016 3 20 /04 /avril /2016 20:29

«Aujourd’hui ce sont les milliardaires qui vous informent»

Printemps de L'Humanité

CLAUDE BAUDRY

LUNDI, 11 AVRIL, 2016

L'HUMANITÉ

magali COHEN

La concentration des médias bat son plein dans le monde et en France. La finance et les grands industriels du CAC 40 investissent dans la presse, dans l’audiovisuel et dans les télécoms. Comment faire vivre un journal comme l’Humanité dans cet univers ?

Peut-il encore exister des journaux indépendants des pouvoirs financiers ? Ce n’est pas qu’une question de moyens, c’est avant tout une question politique. Aujourd’hui, des titres comme l’Humanité, la Croix, le Monde diplomatique, Politis, ou encore la Marseillaise (…), indépendants des entreprises du CAC 40, doivent démultiplier des trésors d’imagination pour vivre. Paradoxe, les quotidiens qui perçoivent le plus d’aides à la presse sont aussi ceux qui sont adossés aux milliardaires de ce pays.

Le phénomène est global. Tous les continents sont touchés par la concentration des médias. En quelques années, de nouveaux acteurs, souvent de l’Internet et des télécoms, de riches industriels sont venus bouleverser l’univers médiatique et mettre la main sur l’information mondiale. Dans son dernier rapport, Reporters sans frontières (RSF), qui estime que la concentration des médias n’a jamais été aussi forte dans le monde, relève qu’aux États-Unis, 6 groupes (GE, News Corp, Disney, Viacom, Time Warner, CBS) possèdent 90 % des médias. Ils étaient une cinquantaine de « compagnies » en 1983. Comment ne pas penser que cette mainmise sur la diffusion culturelle menace le pluralisme et d’indépendance de l’information ? Dans l’ouvrage 100 Photos pour la liberté de la presse, photographies de Sebastiao Salgado, tout juste en vente, Reporters sans frontières, sous le titre « Les oligarques font leur shopping », pointe les fortunes qui, en Inde ou en Chine, en Russie ou aux États-Unis, ont acheté à tour des bras et de façon boulimique des moyens d’information.

Seuls les quotidiens la Croix et l’Humanité sont indépendants

En France aussi, selon ce rapport, une poignée de milliardaires contrôle 90 % des médias. De nouveaux acteurs, aux stratégies d’acquisition très agressives, ont fait leur apparition comme Vincent Bolloré, Xavier Niel ou Patrick Drahi. 57e fortune mondiale, 3e française, Drahi pèse plus de 20 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires du groupe Altice, qu’il a fondé, représentait, en 2014, 13,5 milliards d’euros. À la tête du câblo-opérateur Numericable, l’homme d’affaires a acquis l’opérateur SFR, mis sur le marché par Vivendi, multiplié les rachats dans le câble, la téléphonie mobile et l’Internet. Et le groupe, par l’intermédiaire de sa filiale Altice Media Group, est devenu l’un des principaux acteurs financiers du marché de la presse et des médias. L’Express, l’Expansion, Libération… une vingtaine de magazines sont passés sous sa coupe. BFMTV, RMC, du groupe NextRadio, suivent le chemin qui mène à Drahi, lequel poursuit ses emplettes à coups de réduction des coûts et de plans sociaux, tout en s’endettant (40 à 45 milliards d’euros). Le résident suisse possède la chaîne d’information israélienne i24news, basée à Tel-Aviv, dont le patron des rédactions est aujourd’hui Paul Amar, ancien journaliste de la télé française.

« Aujourd’hui, en France, avance Michel Diard, journaliste, docteur en sciences de l’information et de la communication, cinq des sept quotidiens nationaux sont la propriété de quatre des dix plus grandes fortunes du pays : la première (Bernard Arnault) contrôle les Échos et le Parisien, la cinquième (Serge Dassault), le Figaro, la sixième (Patrick Drahi), Libération, la dixième (Didier Niel), le Monde ; seuls la Croix et l’Humanité sont indépendants des milieux industriels et financiers. Le constat ne s’arrête pas aux quotidiens nationaux ; l’audiovisuel privé (chaînes de télévision et de radio), la presse magazine et la presse spécialisée sont contrôlés par des conglomérats industriels ; la presse régionale est, elle, sous l’étroite dépendance des banques, le Crédit mutuel et le Crédit agricole essentiellement. »

Les faits de censure et d’autocensure se multiplient

Depuis le rachat du Figaro par l’avionneur Serge Dassault en 2004, puis, en 2007, des Échos par le leader du luxe Bernard Arnault, on a changé d’époque. Arnault rachète Investir, le Monde de la musique, Radio Classique, puis, plus récemment, le Parisien-Aujourd’hui en France au groupe Amaury. Un trio d’actionnaires – Pierre Bergé, Xavier Niel et Matthieu Pigasse – va, lui aussi, faire parler de lui en investissant 110 millions d’euros dans le rachat du Monde. Niel, le fondateur de Free, et Pigasse, codirecteur de la banque Lazard et propriétaire des Inrockuptibles, se joignent au milliardaire Pierre Bergé pour acquérir le Monde, qui a déjà mis la main sur les publications de la Vie catholique (Télérama, la Vie). Le Monde acquiert avec sa nouvelle équipe le Nouvel Observateur, devenu depuis l’Obs, ainsi que Rue89.

Les plus grands magazines français, l’Express, l’Obs, le Point, Paris Match, appartiennent tous à des milliardaires, dont certains vivent de commandes de l’État et sont proches des pouvoirs. Parmi eux, Vincent Bolloré, l’homme qui a prêté son yacht, le Paloma, à Nicolas Sarkozy juste après l’élection présidentielle de 2007. Bolloré est aujourd’hui à la tête d’un groupe diversifié qui fait aussi bien dans la voiture électrique, le commerce en Afrique ou dans les médias. Vincent Bolloré est devenu le premier actionnaire de Vivendi, en a pris la présidence du conseil de surveillance, avec elle celle de Canal Plus. Dès sont arrivée, il ne s’est pas privé de mettre son nez dans les programmes et a renouvelé quasiment toutes les directions. Les Guignols sont passés en crypté, avant une mort prochaine. Des têtes tombent ou vont tomber, comme celle de Patrick Menais, le M. Zapping, coupable d’avoir passé des extraits d’une enquête sur l’évasion fiscale du Crédit mutuel, diffusée sur France3 après avoir été interdite sur Canal Plus. Le magazine Spécial Investigation voit également nombre de ses sujets retoqués. Aujourd’hui, comme le dit Michel Diard, ex-secrétaire général du SNJ-CGT, ce sont « les milliardaires (qui) vous informent ».

Pourquoi une telle concentration ? On se souvient qu’en son temps, Nicolas Sarkozy avait souhaité, en 2008, à la suite des états généraux de la presse écrite, la constitution de « champions nationaux », pour faire face aux géants mondiaux de l’Internet, les fameux Gafa – Google, Apple, Facebook et Amazon –, dont le profit est la priorité et le formatage des esprits, une règle commerciale.

Dans ce contexte, les temps sont durs pour une presse écrite fragilisée par les bouleversements numériques et plus encore pour celle qui porte les alternatives au libéralisme. Les faits de censure et d’autocensure se multiplient à mesure que les médias se concentrent entre quelques portefeuilles. La bataille du secret des affaires, du secret des sources bat son plein pour y résister. La Commission européenne va étudier une directive liberticide sur le secret des affaires. Si elle avait été en vigueur, le scandale fiscal planétaire dit Panama Papers ne serait jamais sorti. Car la stratégie des grands financiers d’avaler tous les groupes de presse est claire : faire taire le contre-pouvoir à rengaine libérale « Il n’y a pas d’alternative ». Nous voulons croire que si.

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20 avril 2016 3 20 /04 /avril /2016 04:30

Accueil » Actualités » Réforme du collège 2016 » ATC & la réforme du collège » « Madame la Ministre, vous rendez-vous compte ? » article paru dans le journal l’Humanité du 22 mars 2016

« Madame la Ministre, vous rendez-vous compte ? » article paru dans le journal l’Humanité du 22 mars 2016

Robert Delord 18 avril 2016 ATC & la réforme du collège, Les actualités du site, Réforme du collège 2016Commenter cette publication 1,363 Vues

Notre article paru dans l’Humanité du 22 mars 2016
http://www.humanite.fr/maintenant-comment-sauver-les-enseig…

Madame la ministre de l’Éducation nationale, à quoi bon vous parler de la réforme du collège ? Toutes les demandes d’audience faites depuis un an sont restées lettre morte et il semble évident que vous ne souhaitez pas aborder la question avec des personnes qui la maîtrisent. À quoi bon vous parler des Humanités, dont vous reconnaissez toutes les qualités mais dont vous aviez pourtant planifié la disparition pure et simple ? Je préfère vous parler ici d’humanité, ou plutôt du manque d’humanité dont le ministère a fait preuve dans la conception et la mise en œuvre de cette réforme. Comment, en effet, un ministre de la République (du latin minister : « serviteur, domestique » et res publica : « la chose publique ») a-t-il pu oublier à ce point son devoir d’exemplarité, traiter ainsi certains de « pseudo-intellectuels » et prétendre que l’opposition massive à cette réforme proviendrait d’un malentendu, d’une mauvaise compréhension des enseignants ?

Vous avez ouvert la boîte de Pandore des insultes contre les enseignants inquiets à juste titre pour l’avenir de l’école. Réactionnaires, conservateurs, corporatistes, élitistes, privilégiés : ces invectives ont profondément blessé les hommes et les femmes dont vous avez la tutelle (tutela : « protection, défense »). Vous avez laissé ce phénomène prendre une ampleur nationale. Et votre cabinet de déclarer que latin et grec n’étaient pas assez « sexy » ; Stéphane Le Foll d’ironiser sur leur démantèlement : « Comment j’ai pu devenir ministre sans avoir fait de latin ? » ; Gilles Savary, député PS, de qualifier les élèves latinistes de « singes savants ». Le site Internet du gouvernement a participé au lynchage en publiant une caricature du prof de latin en vieux schnock forcément atteint de calvitie et sans élève. Le président lui-même, pour désigner les enseignants soucieux de préserver le collège républicain, parlera de « concert des immobiles ».

À l’insulte et au mépris, vous ajoutez intimidation et brimades qui ne sont pas le fruit d’initiatives individuelles mais bien une volonté délibérée de mettre au pas des opposants à une réforme bouclée dans la précipitation, sans concertation, à des fins idéologiques et politiques.

Des recteurs d’académie demandent aux proviseurs de dénoncer les enseignants rebelles. Certains subissent des retenues sur salaire pour avoir préféré faire cours à leurs élèves qu’assister aux formations à la réforme bâclées, sans contenu ni réponses, où l’on infantilise les stagiaires en les faisant émarger deux fois par jour, de peur qu’ils ne s’enfuient à midi.

Dans le même temps, on promet aux formateurs trouvés au pied levé (certains n’ont jamais enseigné au collège) évolution de carrière plus rapide ou agrégation au mérite. Les recteurs voient leur prime annuelle augmenter de 10 000 euros, dépassant ainsi les 25 000 euros, tandis que le gouvernement annonce, à la veille de 2017, une augmentation du point d’indice des fonctionnaires de 1,2 %, moins de 10 euros pour la plupart d’entre eux ! Des inspecteurs d’académie demandent aux enseignants de se contenter de fonctionner comme de bons fonctionnaires, sans poser de questions. Des proviseurs usent et abusent de la nouvelle autonomie qui leur est confiée, brandissant soit la menace de la note administrative, soit celle de la fermeture de poste pour les professeurs de lettres classiques qui se résoudraient trop mollement au démantèlement de leurs disciplines. Et pour mieux garder le contrôle, on ne demande aucun bilan de formation aux enseignants stagiaires ou on les rend nominatifs quand ils étaient anonymes. Les chaînes de télévision les plus regardées se voient même refuser par les rectorats les demandes d’autorisation de tournage qui portent sur la réforme.

Vous rendez-vous compte de la violence faite aux enseignants de lettres, qui perdent 40 % des heures d’enseignement de latin et de grec, dont certains postes sont supprimés et qui entendent Florence Robine, directrice générale de l’enseignement scolaire, déclarer dans son vocabulaire scientifique que « le français ne doit pas phagocyter la grille horaire des élèves », alors que vous nous aviez promis de faire du « renforcement du français un fondamental » de la réforme ? Vous rendez-vous compte de la violence faite aux élèves désireux d’étudier le latin ou le grec ancien (ils sont plus de 500 000 aujourd’hui, la troisième langue étudiée au collège) mais qui en seront privés dès septembre soit parce que l’enseignement va disparaître de leur collège, soit parce que le nombre de groupes sera divisé par deux ? Qui décidera alors quel élève a le droit ou non d’accéder à cet enseignement ? Sur quels critères si ce n’est celui des résultats dans les autres matières ? Vous rendez-vous compte que vous allez priver les élèves les moins favorisés de cet accès aux langues et cultures de l’Antiquité, que votre réforme va amplifier les phénomènes d’inégalité et d’élitisme qu’elle prétendait combattre ?

R. Delord
Président de l’Association ATC

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20 avril 2016 3 20 /04 /avril /2016 04:19

L’AFFICHE QUI AGITE L’EXTREME DROITE ET FAIT OUBLIER L’ACTEUR PRINCIPAL DANS CES VIOLENCES : LE GOUVERNEMENT !

mardi 19 avril 2016

L’AFFICHE QUI AGITE L’EXTREME DROITE ET FAIT OUBLIER L’ACTEUR PRINCIPAL DANS CES VIOLENCES : LE GOUVERNEMENT !

L’affiche du syndicat CGT Info Com sur les « violences policières », tourne en bouccle dans les médias, tous les réactionnaires de la droite au FN, certains syndicats de police ; en passant par le ministre de l’intérieur lui-même, la trouvent choquante et aussi « immonde », dixit le F.N.

Mais le plus choquant n’est-ce-pas de voir des jeunes lycéens se faire matraquer gratuitement alors qu’ils manifestent pacifiquement pour leur devenir. On ne peut pas annoncer faire de son mandat que la jeunesse sera au centre de la politique mise en œuvre et dans le même temps quand cette même jeunesse se bat pour un avenir meilleur lui donner comme seule réponse la répression.

L’affiche du syndicat CGT Info Com a le mérite de denoncer des faits pour ramener un gouvernement dit de gauche dans la voie du progrès social et non de l’arbitraire.

Quand les images du policier qui matraquait sans justification un jeune manisfestant lycéen, tournaient aussi en boucle, des millions de citoyens s’en sont émus et le ministre de l’intérieur a été contraint de le condamner et d’envoyer le policier en correctionnelle.

Le message de l’affiche est justement d’empêcher que de tels faits ne puissent se reproduire ; et la meilleure façon de défendre les intérêts des policiers, c’est justement de ne pas leur donner comme mission la seule répression qui conduit inéluctablement aux dérapages que le ministre de l’intérieur est obligé de condamner.

Pour les syndicats CGT-Police et son Union fédérale de Retraités CGT-Police, cette affiche ne doit pas créer d’amalgame sur le fait que tous les policiers violentent les manifestant mais bien que certains policiers ont un usage illegitime de la violence et que le gouvernement est bien à la manœuvre. Cette communication qui fait le buzz doit être salutaire pour les droits et intérêts des Policiers, dont la mission première est d’assurer la sécurité de nos concitoyens.

Paris le 19/04/2016

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20 avril 2016 3 20 /04 /avril /2016 04:09

Léa Salamé : vaillante garde-frontières (sociales) sur France Inter

Depuis le 25 août 2014, Léa Salamé produit et présente, du lundi au jeudi sur France Inter, l’émission « L’invité de 7h50 », qui consiste en une interview d’une durée de 7 à 9 minutes.

L’analyse de certaines des caractéristiques des invités de la saison 2014/2015 (c’est-à-dire de la période allant du 25 août 2014 au 2 juillet 2015) montre qu’une logique sociale de soutien à la perpétuation de l’ordre établi est à l’œuvre dans les invitations que lance Léa Salamé.

Une intervieweuse pas vraiment féministe

Il semble que pour Léa Salamé la question de la parité n’entre pas en considération dans la sélection de ses invités : sur 149 interviews recensées, 28 ont été accordées à des femmes, soit 18,8 %. Pas de quoi ébranler l’ordre patriarcal...

Circulation circulaire des invités

« L’invité de 7h50 » précède la séquence « L’invité de 8h20 » (qui est interrogé par Patrick Cohen) et « Interactiv’ » (où généralement l’invité de 8h20 est interrogé par des auditeurs et Patrick Cohen).

25 des invitations de « L’invité de 7h50 » (soit 16,8 % du total) ont été lancées à des personnes qui, au cours de la période analysée, ont aussi été invitées par Patrick Cohen.

Depuis septembre 2014 Léa Salamé est aussi chroniqueuse/ intervieweuse dans l’émission produite et présentée par Laurent Ruquier « On N’est Pas Couchés » sur France 2.

14 des invitations de L’invité de 7h50 (soit 9,4 % du total) ont été lancées à des personnes qui, au cours de la période analysée, ont aussi été invitées par Laurent Ruquier.

Personne ne sera surpris d’apprendre que les invités permanents des médias François Bayrou, Nicolas Hulot, Bernard Kouchner, Bruno Le Maire, Jean-Luc Mélenchon [1], Michel Onfray [2] et Ségolène Royal ont ainsi fait honneur au pluralisme en participant aux émissions de Léa Salamé, Patrick Cohen et Laurent Ruquier [3].

Rien ne vaut l’exposition de personnes surtout « connues pour leur notoriété » (et pour avoir des propos très prévisibles) afin d’empêcher l’irruption d’idées dissonantes : il est ainsi rassurant de savoir que les chiens de garde Nicolas Baverez, Alain Finkielkraut, Bernard-Henri Lévy, Alain Minc, Dominique Reynié ont eu les honneurs du micro de Léa Salamé.

De bons et proches clients : les gens des médias

36 des invitations de L’invité de 7h50 (soit 24,2 % du total des invitations) ont été lancées à des personnes travaillant et ayant des positions établies dans les médias.

Par cette pratique décomplexée de l’entre-soi Léa Salamé donne notamment la parole :
- à des collègues de France Inter (Christian Chesnot, Isabelle Autissier, Sara Ghibaudo)
- à un ancien patron de France Inter (Philippe Val)
- à de potentiels futurs employeurs (Rodolphe Belmer, le millionnairePierre Bergé, le milliardaire Michael Bloomberg, le millionnaire Matthieu Pigasse, le milliardaire Vincent Bolloré, le milliardaire Marc Ladreit de Lacharrière)
- à son ancien collègue d’ i>Télé Eric Zemmour qu’elle considère comme un « chic type ».

Ce fonctionnement en circuit fermé a pour effet d’entretenir, de renforcer et de diffuser la croyance dans l’idée (fausse) que les seuls sujets dignes d’êtres traités sont les (petites) préoccupations des dominants du champ médiatique.

Donner la parole aux damnés de la terre : les patrons

En 1998 Christine Ockrent écrivait : « Les patrons en France ont mauvaise presse. On les entend à peine dans le débat public. Cette frilosité des grands patrons à s’exprimer sur des sujets d’intérêt général constitue une vraie carence de la démocratie. » [4]. Dix-sept ans plus tard Léa Salamé répare courageusement cette injustice en invitant à 16 reprises des patrons (soit10,8 % du total des invitations) et en n’invitant qu’une seule fois un syndicaliste (Jean-Claude Mailly le 27 août 2014). Dans le monde vécu de Léa Salamé il y a 16 fois plus de patrons que de salariés ou de représentants des salariés...

Notons qu’en 2013 les « Chefs d’entreprise de 10 salariés ou plus » représentaient 0,3 % de la « population de 15 ans ou plus selon la catégorie socioprofessionnelle » [5] : Léa Salamé est une véritable dame de fer dans la sélection sociale de ses invités...

Politique-spectacle et spectacle font bon ménage chez Léa Salamé

Cette ancienne admiratrice de Thierry Ardisson [6] a compris que « le mélange des genres » peut être source de fortes audiences.

Il n’est donc pas étonnant qu’à côté des invités politiques français (qui cumulent 54 invitations (soit 36,2 % du total) 28 des invitations (soit18,8 % du total) aient été faites à des personnes faisant la publicité soit de leur dernier livre ou article (21 personnes), soit de leur dernier film ou de leur dernière pièce (7 personnes). Voilà qui est, chacun l’avouera, beaucoup plus intéressant que d’inviter un représentant de salariés en lutte. Et voilà qui ne risque pas de renverser la tendance décrite par Fakir dans une lettre à Laurence Bloch (directrice de France Inter) à l’occasion de la campagne « De l’air à France Inter » :

Les classes populaires sont presque absentes de votre antenne. Selon les comptages, l’espace qui leur est réservé varie entre 0,7 % et 2 % du temps de parole. Qu’importent ces chiffres : à l’évidence, le monde du travail (et du chômage !) est marginalisé. Tandis que la promotion de produits culturels, elle, s’avère ultra-présente.



Le 18 mars 2015 Léa Salamé reçoit Enrico Letta qu’elle présente comme étant un ancien président du Conseil italien [7].

Mais le 21 avril 2015 Les Échos nous apprennent qu’ « Enrico Letta, 48 ans, a annoncé sa démission du Parlement italien pour prendre la direction de l’Ecole des affaires internationales de Sciences Po Paris (PSIA). »

Au journaliste des Échos qui lui demande : « Pourquoi avez-vous décidé de rejoindre Sciences-Po ? » Enrico Letta répond : « Pour moi, c’était le choix idéal en cette période. (...) C’est un travail auquel je veux me consacrer pleinement, dans la lignée du fondateur de l’école, Ghassan Salamé. »

Coïncidences (?) : Ghassan Salamé est le père de Léa Salamé, et Léa Salamé est une ancienne élève de Sciences Po Paris. Le monde est petit…

La boucle est bouclée et Léa Salamé a réussi – au moins – une chose : confirmer qu’un des nombreux moyens de la « classe dominante mondialisée » [8] pour imposer les points de vue les plus favorables à ses intérêts consiste en l’appropriation et l’occupation de la scène médiatique, ici l’antenne d’une radio de service public.

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17 avril 2016 7 17 /04 /avril /2016 17:59
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Published by bruno fornaciari - dans PCF ELECTIONS ACTUALITES
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17 avril 2016 7 17 /04 /avril /2016 09:12

Primaire de la gauche : le PCF refuse de soutenir Hollande

Le parti a confirmé qu'il était "disponible" pour participer à une primaire et propose même aux "forces politiques et sociales" de "passer aux actes".

Publié le 15/04/2016 à 20:43 - Modifié le 16/04/2016 à 09:23 | Le Point.fr

Le Parti communiste a rappelé vendredi qu'il était "disponible" pour participer à une primaire des gauches, tout en soulignant qu'il ne pourrait "en aucun cas" soutenir le président de la République, selon une motion approuvée à une large majorité par son conseil national. "La candidature de gauche à laquelle nous voulons travailler ne peut évidemment en aucun cas être celle de François Hollande qui s'acharne, malgré le rejet populaire, à vouloir repartir, ni celle d'un autre représentant de la même politique, soutenue, depuis 2012, par la direction du parti", affirme la motion.

Le PCF se dit néanmoins "disponible pour (...) une primaire citoyenne à gauche", à condition qu'elle ait pour ambition de "construire une candidature en phase avec les attentes citoyennes de changement et s'appuyant sur un contrat populaire et citoyen le plus large possible". La place du Colonel-Fabien renouvelle son souhait de voir s'organiser d'ici l'été des débats qui permettent l'émergence d'une "plateforme politique" dont devrait tenir compte le gagnant de la primaire. Au terme des débats "on pourrait imaginer une votation citoyenne pour valider la plateforme politique (...) et désigner le ou la candidate qui en serait porteur", écrit le PCF.

"D'abord les débats, ensuite les candidats"

Alors que le processus de la primaire semble piétiner depuis le lancement de l'idée dans Libération en janvier, les communistes proposent aux "forces politiques et sociales" de "passer aux actes". Ils préconisent ainsi "à tous ceux qui veulent avancer de se rencontrer très vite pour organiser une première vague de débats citoyens avant l'été dans les départements". Ils proposent également qu'aient lieu en juin "quatre grandes rencontres de dimension nationale" autour de thèmes d'actualité (emploi et travail, lutte contre l'évasion fiscale, démocratisation des institutions, Europe).

"D'abord les débats, ensuite les candidats", a commenté le secrétaire national du PCF Pierre Laurent au cours d'une conférence de presse. Le PCF participera pour sa part à l'émergence d'un projet citoyen en lançant dès ce week-end une "grande consultation citoyenne" avec l'objectif de parler à 500 000 citoyens. Les "40 000 à 50 000" adhérents du parti seront mobilisés pour soumettre aux citoyens un questionnaire en quatre feuillets qui fera l'objet d'une "grande restitution nationale" à la fête de l'Humanité.

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Published by bruno fornaciari - dans PCF ELECTIONS
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15 avril 2016 5 15 /04 /avril /2016 07:01

Les affaires des entreprises seront encore plus secrètes

JEAN-JACQUES RÉGIBIER

JEUDI, 14 AVRIL, 2016

HUMANITE.FR

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Malgré une levée de boucliers, le Parlement européen a voté la directive européenne sur la protection des informations des entreprises.

Photo : AFP

Après le vote du Parlement européen sur les « secrets des affaires », il sera désormais beaucoup plus facile aux entreprises d’empêcher la publication d’informations internes qui concerneraient l’ensemble des citoyens. Journalistes, syndicats et ONG dénoncent une régression sans précédent du droit d’informer et de la liberté d’expression.

« Pour vivre heureux, vivons cachés. » Le vieux dicton est appelé à reprendre du service, encadré et bien en vue, dans les bureaux des patrons d’entreprises. La mobilisation de dizaines d’associations qui défendent la liberté d’informer, d’ONG, de syndicats, de journalistes, de citoyens, d’élus, les pétitions massivement signées, les appels aux responsables politiques, au président de la République, n’y auront finalement rien fait. Les lobbies industriels, puissamment relayés au sein du Parlement européen, auront fini par réussir à imposer le vote d’une directive qui leur donne les coudées franches : il va être désormais beaucoup plus difficile de dévoiler des informations sur des entreprises sans s’exposer à de graves poursuites. Le prix de la vérité en Europe vient de monter d’un cran. On ne peut s’empêcher de repenser à ce que nous disait il y a quelques jours Julian Assange, le fondateur de Wikileaks, bien placé pour savoir ce que coûte la vérité, quand on lui demandait si le jeu en valait la chandelle : « si vous êtes convaincu que la qualité du journalisme est le baromètre d’une démocratie, alors oui, ça vaut la peine, » répondait-il, après avoir expliqué que c’était « un abus scandaleux de protéger les secrets des entreprises en obligeant les journalistes à renoncer à la publication de certaines informations.» Il demandait à l’Europe, à l’inverse de ce qui se profilait avec la directive sur les « secrets des affaires » d’être au contraire cette instance qui s’érige en protectrice des lanceurs d’alerte au niveau mondial, et leur accorde l’asile quand ils seraient pourchassés. C’est raté.

Ce que la loi Macron n’avait pas pu faire, l’Europe l’a fait

Avec le vote au Parlement européen, chaque journaliste d’investigation, chaque lanceur d’alerte, chaque citoyen sait désormais à quoi s’en tenir. Simple hypothèse ? Certainement pas. Rappelons que la loi Macron prévoyait déjà, avant le tollé qui avait fait retirer cette mesure, 350 000 euros d’amende et jusqu’à 3 mois de prison pour celui qui oserait divulguer des informations qui ne plairaient pas à une entreprise. A ce compte là, le scandale des « Panama Papers » pourrait rapporter gros… aux entreprises mises en cause. N’oublions pas que certaines d’entre elles ont effectivement menacé de poursuites les journalistes et les lanceurs d’alerte par qui le scandale est arrivé, à commencer par la première concernée, Mossack Fronseca qui organisait l’évasion fiscale pour des centaines d’entreprises, de banques et de particuliers : « nous ne doutons pas que vous sachiez parfaitement qu'utiliser des informations ou de la documentation obtenus illégalement est un crime, et nous n'hésiterons pas à utiliser tous les recours pénaux et civils disponibles, » a prévenu dans une prose digne d’un mauvais polar, le cabinet panaméen .En bonne logique, on appelle ça le monde à l’envers. Ce que la loi Macron n’avait pas pu faire, l’Europe l’a fait.

« Le Parlement européen se déshonore »

« C’est un coup dur pour les lanceurs d’alerte », a immédiatement réagi la députée écologiste Karima Delli ( Verts/ALE ). Jean-Luc Mélenchon ( Gauche unitaire européenne / GVN ) a pointé du doigt de son côté la responsabilité des députés socialistes qui ont fait passer un texte dont il pense, lui aussi, qu’il va durcir les possibilités d’action des lanceurs d’alerte. « Le Parlement européen se déshonore », a ajouté la députée Marie-Christine Vergiat ( GUE/GVN ) à la sortie de l’hémicycle, rejetant les arguments avancés par la droite et la Commission européenne pour justifier leur projet de directive. « On sait très bien que le problème, ce n’est pas la protection des PME comme on l’a entendu dire pendant les débats, » rappelle-t-elle, « et les quelques concessions qu’on semble faire dans cette directive pour protéger les journalistes et les lanceurs d’alerte ne sont rien de plus que ce qui figure déjà dans la Charte des Droits fondamentaux. » La députée du Front de Gauche approuve la démarche qu’avait tentée les Verts, qui demandaient qu’on adopte un texte sur la protection des lanceurs d’alerte, avant de passer à la question de la protection des secrets des affaires des entreprises. « Qu’on ne nous fasse pas croire que ça viendra après, parce qu’on n’est jamais sûr de ce que fera le Parlement européen, et jamais sûr non plus de ce que décidera la Commission, » constate-t-elle.

« Ce vote est une catastrophe pour les journalistes, les lanceurs d’alerte et les syndicalistes », confirme Patrick Kamenka, SNJ-CGT.« Quelques jours après la publication des Panama Papers, le Parlement européen enterre le droit à l’information sur les abus des grands groupes industriels. Il ne sortira pas grandi de ce vote. »

La décision est d’autant plus grave que si la directive prévoit un socle commun en Europe pour protéger les entreprises des révélations qui les dérangeraient, elle n’empêche en rien chaque état de prendre des mesures encore plus coercitives contre les lanceurs d’alerte et les journalistes s’ils le souhaitent. Elle n’offre donc en rien, contrairement à ce que prétendent ses promoteurs, comme la rapporteur Constance Le Grip, du PPE, une garantie aux lanceurs d’alerte, puisque ce « socle juridique commun » à tous les états ne marche que dans un sens : les états pourront prévoir des restrictions au droit d’informer plus fortes encore.

« Le message envoyé à l’opinion publique, explique Patrick Kamenka, c’est qu’on ne peut rien faire contre les grands groupes industriels internationaux. Les entreprises sont les seules à pouvoir décider ce qu’il est bon ou non de divulguer sur leurs activités, leurs finances, leurs impôts etc. » De nombreux syndicats et des journalistes ont déjà fait remarquer qu’avec les contraintes imposées par la directive sur les secrets des affaires, les scandales du Luxleaks ou des Panama Papers n’auraient pas pu être divulguées. L’argument de « l’harmonisation » des règlements entre les différents pays européens, laissant entendre que des états ne disposeraient pas de suffisamment de moyens pour s’opposer à la divulgation d’informations, a bon dos. Rappelons que dans le scandale du Luxleaks, le Luxembourg, directement mis en cause en tant qu’état, n’a pas attendu le vote de la directive sur les « secrets des affaires » pour poursuivre le principal lanceur d’alerte Antoine Deltour qui avait copié des centaines de « tax rulings », ces accords fiscaux conclus entre le fisc luxembourgeois pour le compte de multinationales afin qu’elles paient moins d’impôts que dans les pays où elles leurs activités réelles. Les états et les entreprises ont donc déjà parfaitement les moyens juridiques d’attaquer les lanceurs d’alerte - et ils le font - s’ils le souhaitent.

"Le droit à l’information est menacé dans tous nos pays"

« Avec ce vote du Parlement européen, le droit à l’information est menacé dans tous nos pays, analyse Patrick Kamenka. Le Sénat américain a voté un texte similaire. Tout ça mis bout à bout va peser lourd dans les négociations sur le Tafta ( le grand Traité transatlantique en cours de négociation et qui suscite partout une opposition grandissante .) Les entreprises ne veulent plus qu’on mette le nez dans leurs affaires. L’intérêt des grands groupes passe avant l’intérêt général, la santé, la liberté ou les droits des syndicats. » Et il conclut : « On touche là au fondements mêmes de la société qu’on promet aux nouvelles générations. »

  • Réactions :

Marie-Christine Vergiat, Jean-Luc Mélenchon, Younous Omarjee et Patrick Le Hyaric, du Groupe confédéral de la Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique :

Directive "Secrets d'affaires" : pour nous, c'est non. Le Parlement européen vient d'approuver le texte instituant une Directive sur les secrets d'affaires. N'écoutant ni les oppositions des journalistes, ni des syndicalistes de tout le continent, restant sourd aux appels de la société civile et de nombreux lanceurs d'alerte, il a décidé de passer en force.

Les défenseurs de ce texte arguent qu'il permettrait aux petites entreprises de défendre leurs processus de production et leurs inventions face aux grandes multinationales. Dire cela, c'est être en dehors des réalités du système financier mondialisé. Ce texte ne bénéficiera justement qu'aux grands groupes désirant utiliser les secrets d'affaires pour contourner les législations et garde-fous sanitaires et sociaux mis en place par les Etats membres. Les artisans, les PME n'ont en réalité rien à y gagner.

De lourds précédents existent. Aux États-Unis, les produits chimiques toxiques utilisés pour l'exploration et l'exploitation du gaz de schiste ne peuvent être rendus publics car ils sont justement classés "secrets d'affaires". Le cabinet d'avocat panaméen Mossack Fonseca responsable du scandale des "Panama papers" a ainsi menacé de poursuites les journalistes qui voulaient relayer l'information, justement au nom du secret d'affaire.

L'action de nos parlementaires n'aura pas été vaine sur ce dossier puisque nous avons obtenu quelques concessions protégeant le droit à l'information. Cependant, ce texte refuse de clairement protéger les lanceurs d'alerte si utiles à nos sociétés, fait peser une menace sur le droit à l'information, à l'action des syndicalistes et la mobilité des travailleurs.

Ce texte est le reflet d'une société qui préfère l'opacité des affaires à l'information libre.

Nous continuerons d'avancer ensemble avec les mobilisations citoyennes et syndicales pour gagner une nécessaire et réelle protection de tous ceux qui, courageusement, informent les sociétés du comportement dangereux de certaines grandes entreprises.


Le groupe Verts-ALE s'est opposé à cette législation qui renforce les droits déjà existants protégeant les secrets d'affaires au détriment du droit à l'information.

Les intérêts privés prévalent sur le droit à l'information

Pascal Durand, membre de la Commission des affaires juridiques et Porte-Parole sur les questions de transparence et de démocratie :


""En plein scandale des Panama Papers, l'urgence n'était pas de protéger les secrets d'affaires, mais bien les lanceurs d'alerte. C'est pourquoi les écologistes exigeaient le report du vote sur le secret des affaires tant que rien n'était fait pour protéger celles et ceux ont le courage de parler, malgré les poursuites et les pressions, au nom de l'intérêt public. En votant un texte qui fait de l'opacité la règle et de la transparence l'exception, une majorité de députés a donc choisi défendre les intérêts privés plutôt que le droit à l'information. Désormais, les grands groupes pourront décider seuls de ce qu'ils souhaitent rendre publics ou garder secret. L'information des consommateurs, la capacité d'enquête des journalistes, la mobilité des travailleurs sont donc reléguées au second plan des préoccupations politiques. C'est pour rétablir l'équilibre entre la protection de l'intérêt général et des intérêts privés que les écologistes ont donc entrepris la rédaction d'un projet de directive instaurant une protection européenne des lanceurs d'alerte (2)."

Michèle Rivasi, vice-Présidente Verts-ALE, membre de la Commission environnement et santé publique:


"Cette directive qui élargit de manière inconsidérée la définition du secret d'affaires risque d'avoir un impact négatif sur l'accès à l'information pourtant crucial dans les domaines sanitaires et de l'environnement. Des logiciels truqués de Volkswagen au tabac, en passant par l'amiante ou les denrées alimentaires, les scandales sanitaires ne manquent pourtant pas pour démontrer le caractère fondamental de la transparence aussi bien pour les consommateurs que pour le travail scientifique indépendant. Le cas du glyphosate, dont certaines études sont classées secrets d'affaires, est un autre exemple parlant. Manifestement, l'humeur politique actuelle privilégie l'opacité et la prétendue simplification réglementaire (REFIT) au risque d'affaiblir les législations protégeant la santé et l'environnement."

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Published by bruno fornaciari - dans EUROPE economie finance
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14 avril 2016 4 14 /04 /avril /2016 17:34

22.000 postes supprimés dans les hôpitaux d'ici fin 2017

Le plan d'économies pour les hôpitaux révélé vendredi par "Challenges" est de 3 milliards d'euros sur trois ans.

Le budget des hôpitaux jusqu'en 2017 s'annonce serré-serré : quelque trois milliards d'euros d'économies sont prévues, dont 860 millions issus de la "maîtrise de la masse salariale", ce qui doit se traduire par la suppression de 22.000 postes, soit 2% des effectifs.

Le ministère de la Santé ne communique pas vraiment sur le sujet, évoquant "non pas une réduction des dépenses mais une évolution maîtrisée de l'augmentation des dépenses" mais "Challenges", qui a publié l'information vendredi, a pu consulter le document interne qui détaille cette "évolution maîtrisée".

Trois milliards sur trois ans, ce n'est pas rien. Dans le détail, 1,2 milliard d'euros doit être économisé grâce à une mutualisation des achats des hôpitaux et une obtention de meilleurs tarifs auprès des fournisseurs. Une baisse de prix des médicaments doit par ailleurs permettre de dégager 350 millions d'euros, alors que des rapprochements entre hôpitaux voisins doivent permettre d'économiser 450 millions d'euros.

On trouve aussi dans ce document le développement de la chirurgie ambulatoire, c'est-à-dire sans nuit passée à l'hôpital, pour une économie de 400 millions ou la réduction des durées d'hospitalisation pour 600 millions d'euros.

Mais le sujet vraiment explosif, c'est bien cette fameuse "maîtrise de la masse salariale" grâce à la suppression de 22.000 postes pour une économie de 860 millions d'euros. Cette réduction de la masse salariale - puisque c'est ainsi que ça s'appelle vraiment - ne se fera bien entendu pas par des licenciements. Comme cela se fait souvent, il s'agira essentiellement de non-remplacements des départs à la retraite. Mais n'oublions pourtant pas qu'au passage, des vacataires intérimaires pourront, eux, se voir remerciés.

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Published by bruno fornaciari - dans SANTE
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BRUNO FORNACIARI

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