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29 mai 2015 5 29 /05 /mai /2015 14:40

L’entrée des communistes dans la Résistance avant le 22 juin 1941 : la preuve par le sang

PIERRE CHAILLAN

MERCREDI, 27 MAI, 2015

L'HUMANITÉ

Un des premiers actes de résistance dans Paris occupé: le 11 novembre 1940, les lycéens et étudiants bravent l’interdit et manifestent pour commémorer la victoire de la France contre l’Allemagne en 1918. Parmi eux, beaucoup sont venus à l’appel de l’UEC.

Photo : Collection du Musée de la résistance nationale de Champigny-sur-Marne/Fonds Nicolo-Vachon

Les communistes n’ont pas attendu l’invasion de l’URSS par l’armée nazie pour entrer dans la Résistance. Ils s’organisent à partir de 1940, forment les premiers noyaux clandestins de la Résistance armée. La lecture du dictionnaire des fusillés permet de mesurer la réalité de cet engagement des militants.

Nous sommes en 1940. Marcel Delattre, jeune militant, est arrêté à Bègles (Gironde) suite à une distribution de tracts du Parti communiste clandestin. Interné au camp de Mérignac, il est fusillé le 21 octobre 1941 au camp de Souge. 148 communistes sont arrêtés dans la région bordelaise le 22 novembre 1940. La plupart seront fusillés… Jean Lemoine vit à Romainville (Seine-Saint-Denis). Le 26 avril 1941, il y est interpellé par des policiers français pour « activités de propagande communiste ». Il est condamné à dix ans de travaux forcés, transféré à la prison de Caen (Calvados). Le 11 mai 1942, il est désigné pour faire partie du contingent d’otages exécutés en représailles d’une action de la Résistance en Seine-Maritime. Recherché pour « menées communistes » et pour avoir participé à la grande grève des 100 000 mineurs du Nord et Pas-de-Calais de mai-juin 1941, Léon Bailleux est fusillé le 14 avril 1942 au fort du Vert-Galant, à Wambrechies (Pas-de-Calais). Ouvrier tourneur chez Hispano-Suiza, Georges Vigor est interpellé à son domicile le 20 janvier 1941 par des policiers de Gentilly (Val-de-Marne), étant considéré comme un « meneur très actif et dangereux ». Fin septembre 1940, la mairie avait informé le commissariat que l’ouvrier était susceptible de s’occuper d’impression et de distribution de tracts communistes clandestins. Il est fusillé le 15 décembre 1941 à Châteaubriant (Loire-Atlantique). Ces vies retirées par l’occupant nazi avec l’aide active de l’État vichyssois que l’on retrouve parmi les milliers de biographies de fusillés dans le dictionnaire qui vient de paraître à l’occasion du soixante-dixième anniversaire de la Libération (1) illustrent tragiquement à quel point l’engagement des communistes est considéré comme une menace à anéantir aux premières heures de l’Occupation. Les militants du PCF qui s’organisent dans les premiers réseaux clandestins se voient sévèrement réprimés. Emprisonnés dès 1940, nombreux sont internés. Certains sont exécutés. D’autres, dont de nombreuses femmes, sont déportés…

Force clandestine et Organisation spéciale : l’engagement est total

Au regard de ce travail biographique sans précédent, la thèse qui voudrait que les communistes aient attendu l’invasion de l’URSS le 22 juin 1941 pour entrer en résistance ne tient pas. L’engagement incontestable des militants mené au péril de leur vie dans de nombreuses régions de France et secteurs de travail se trouve mis en lumière. Par dizaines, ils participent ou sont à l’initiative des premières manifestations antinazies et actes de sabotage, comme le note la Gestapo le 21 février 1941 (2). Les communistes pour leur part commencent à se constituer en force clandestine, capable de mener des campagnes de distribution de tracts, de journaux et des attentats. Au niveau national : Charles Tillon, futur responsable des FTP, lance un appel le 17 juin 1940, les deux dirigeants politiques du PCF Maurice Thorez et Jacques Duclos le 10 juillet de la même année. L’Organisation spéciale (OS) est constituée, elle est chargée de protéger les imprimeries clandestines, ainsi que les responsables pourchassés. À la Libération, l’OS est reconnue « unité combattante à partir d’octobre 1940 ». On en retrouve les acteurs, pour la plupart fusillés entre 1941 et 1942. La liste des noms est trop longue pour qu’ils soient tous énumérés, citons Gaston Carré, Raymond Losserand, Antonin Revéreault, Louis Coquillet, Louis Marchandise, Marcel Viaud… Autres organisations ayant joué un rôle important dans la lutte armée, les FTPF et les FTP-MOI combattent à partir de mai 1941. En zone occupée ou « libre », les militants dans leur entreprise, leur ville ou village, les anciens des Brigades internationales ayant combattu en Espagne, les étrangers, juifs, Arméniens, antifascistes italiens, ceux de l’Affiche rouge… Là encore, leurs biographies jalonnent le dictionnaire et sont éloquentes. Une preuve irréfutable. Les communistes, par milliers, ont pris une part conséquente à la lutte contre l’occupant et ont subi la répression nazie à partir de 1940 et jusqu’aux dernières heures de la Libération.

(1) Les Fusillés (1940-1944). Éditions de l’Atelier, 1 952 pages, 30 euros.

(2) Lire la France dans la tourmente, 1939-1944, de Roger Bourderon et Germaine Willard. Éditions sociales, 1982.

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29 mai 2015 5 29 /05 /mai /2015 05:55

JEUDI 28 MAI 2015

L'hommage à Eugène Alliot

Au moment où la République rendait un bel hommage à Pierre Brossolette, Geneviève de Gaulle Anthonioz, Germaine Tillion et Jean Zay, nous honorions la mémoire du résistant Eugène Alliot, notre ancien maire, député communiste, devant l'école qui porte son nom.
Jean-Michel Ruiz a également rendu hommage à Missak Manouchian et Joseph Epstein, qui se sont rencontrés à Mériel : il a notamment proposé qu'une rue du futur quartier de la gare porte leur nom.
Nous publions ci-après le texte de Jean-Michel, et le remercions pour ce juste moment de partage d'une mémoire qui ne doit exclure personne.

Mesdames, Messieurs, Chers amis,

Aujourd’hui, le président de la République a conduit au Panthéon les cendres de quatre superbes figures de la Résistance française. Ce choix serait parfait, si la grandeur des héros célébrés ne servait aussi à masquer l’incompréhensible absence de ceux qui seront oubliés.

La Résistance sauva l’honneur d’une France ternie par le choix de ceux qui, le 10 juillet 1940, voulurent en promouvant Philippe Pétain ajouter à l’amertume de la capitulation militaire l’opprobre du renoncement républicain. Ce fut alors une bien triste manifestation d’union nationale (569 députés et sénateurs sur 669) qui, quatre ans à peine après l’élection d’une majorité de Front populaire, mit fin à la République pour installer le régime collaborateur et dictatorial de « l’État français ».

Ce qui permit à la Résistance d’atténuer l’indélébile tache, ce furent trois aspects indissociables : le courage inouï de ses combattants, sa fibre sociale confortant l’élan patriotique (le programme du Conseil National de la Résistance) et l’unité de toutes les composantes résistantes. Alors que la résistance se déchirait en Pologne, en Grèce ou en Yougoslavie, elle resta unie en France, malgré les désaccords politiques et tactiques. L’aristocrate Philippe de Hautecloque dit "Leclerc" et le métallurgiste Henri Tanguy dit "Rol" combattirent sous le même uniforme. Avec Marie-Claude Vaillant-Couturier, 230 femmes résistantes, communistes et gaullistes indistinctement mêlées, franchirent les portes du camp de concentration de Birkenau en chantant la Marseillaise, le 23 janvier 1943.

Sans cette unité que rien ni personne ne put briser, la Résistance aurait-elle eu l’impact qui fut le sien, dans les combats de 1944 et dans la reconstruction qui les suivit ? On peut sans crainte répondre par la négative. Célébrer les quatre noms symboliques de l’union résistante est donc un devoir. Oublier ceux qui auraient dû être associés au convoi est une faute. Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle sont irréfutables, mais Danielle Casanova et Marie-Claude Vaillant Couturier ne l’auraient pas moins été. Certes Jean Zay et Pierre Brossolette méritent le respect, cependant Charles Debarge, Missak Manouchian ou Joseph Epstein ne méritent pas l’oubli.

En un jour de reconnaissance nationale, laisser de côté la mémoire communiste est proprement incompréhensible. Voilà désormais les communistes retirés de la grande photographie nationale, exclus à jamais du Panthéon républicain.

Faudra-t-il maintenant parler de la défaite militaire du nazisme sans Stalingrad, de la prise de Berlin sans Joukov, de la Yougoslavie libérée sans Tito, de la Libération française sans les FTP, de la reddition de Von Choltitz à Paris sans Maurice Kriegel-Valrimont et sans Henri Rol-Tanguy ? Évoquera-t-on la composition du CNR sans Pierre Villon et André Mercier, celle du Comité français de libération nationale sans François Billoux et Fernand Grenier ? Et pourquoi pas, si l’on y est, le Front Populaire sans Maurice Thorez, la Sécurité sociale sans Ambroise Croizat ?

Le PCF d’août 1944 est clandestin depuis sa dissolution par le gouvernement français, le 24 septembre 1939. Il a connu des hauts et des bas, harcelé par une répression féroce qui a décimé à plusieurs reprises ses militants et ses dirigeants. Mais il est le seul parti politique, déjà installé avant guerre, qui soit présent en tant que tel, sur tout le territoire métropolitain. Au moment où se déclenche l’insurrection parisienne, on estime que ses effectifs sont autour de 60 000, contre sans doute 5 000 au printemps et à l’été de 1940. Ses militants animent des comités populaires, sur les questions angoissantes de la vie quotidienne, participent à la reconstitution d’un mouvement syndical indépendant et sont pleinement engagés dans l’action armée directe contre l’occupant, par le biais des FTP, des Bataillons de la jeunesse, de la MOI, puis des FFI. Ils ont pour eux la force d’une idéologie et une cohérence à toute épreuve. Dans la nuit noire de l’Occupation, ils sont animés par la flamme de l’espérance, celle de la victoire militaire inéluctable, comme celle de la régénération sociale qui sortira du conflit. Communistes et Gaullistes ont la volonté partagée de tout faire pour la victoire. L’esprit d’indépendance manifeste du Général et le réalisme communiste ont permis un rapprochement qui a compté pour beaucoup dans cette originalité de la Résistance française : son unité solide, par-delà les clivages idéologiques et les différences stratégiques.

Contrairement aux idées reçues, et largement véhiculées par les médias, les communistes n’ont pas attendu l’entrée en guerre de l’Union soviétique pour s’engager dans le conflit.

Tout d’abord, beaucoup des militants communistes, entrés dès 1940 dans la Résistance, avaient combattu de 1936 à 1938 dans les brigades internationales pour défendre la jeune République espagnole alors que le gouvernement socialiste de Blum prônait la non-intervention laissant Franco et Hitler museler le pays.

Le 10 juillet 1940 Maurice Thorez et Jacques Duclos lançaient un appel à la résistance au peuple Français. Cet appel disait : « "Notre pays connait maintenant les terribles conséquences de la politique criminelle suivie par les gouvernements indignes, responsables de la guerre, de la défaite, de l'occupation... La France encore toute sanglante veut vivre libre et indépendante, jamais un grand peuple comme le nôtre ne sera un peuple d'esclaves... C'est dans le peuple que résident les grands espoirs de libération nationale et sociale et c'est seulement autour de la classe ouvrière, ardente et généreuse, pleine de confiance et de courage que peut se constituer le front de la liberté, de l'indépendance et de la renaissance de la France".

A l'automne 1940, le Parti constitue l'O.S (organisation spéciale) qui comprend surtout des militants communistes. Les actes de sabotage s'étendant, surtout dans les entreprises et à la S N C F... Cette simple évocation permet de mesurer combien l'appel du 10 juillet a été un moment exceptionnel pour l'engagement des communistes dans la résistance.

Fin 1942-début 1943, naissent les glorieux F.T.P. Fer de lance de la résistance armée, leur exemple a constitué un facteur d'entraînement. La Jeunesse communiste, qui a donné tant de héros - dont le Colonel Fabien ou Guy Moquet, - a tenu une place exceptionnelle dans la bataille.

Les militants communistes sont de tous les combats et sont traqués. Je prendrai deux exemples qui concernent directement notre commune.

Le premier est Eugène Alliot qui fut Maire communiste de Mériel de 1977 à 1980. Eugène Alliot est venu habiter à Mériel en 1925, tout près d’ici, rue des Rosiers. Eugène Alliot était un cheminot qui s’est rapidement engagé dans le syndicalisme et dans le Parti Communiste qui venait de se constituer. Il a payé très cher ce double engagement puisqu’à l’époque les délégués syndicaux ne bénéficiaient d’aucun statut et le patronat et l’encadrement des grandes sociétés n’hésitaient pas à les persécuter. Il a pris rapidement des responsabilités dans ces deux organisations. Son engagement politique lui a valu d’être arrêté pendant la guerre, par les autorités de Vichy et d’être enfermé de 1941 à 1944 dans divers camps d’internement dont celui de Pithiviers.

Après son retour de captivité, Eugène Alliot a une activité politique intense, en 1947 il est élu député, puis Conseiller général du canton de l’Isle Adam sur deux mandatures en 1945 et 1958. A l’origine, le quartier de Bois du Val où nous nous trouvons se composait surtout de résidences secondaires, mais à la fin des années cinquante les résidences principales sont devenues majoritaires et il était devenu nécessaire de créer une école pour les enfants du quartier. Dans le cadre de son mandat de conseiller général, Eugène Alliot a œuvré pour que cette école soit créée, et cela justifie pleinement qu’elle porte son nom. Il décède en 1988.

Les deuxièmes personnalités de la Résistance en lien avec Mériel peuvent sembler plus surprenante, et pourtant …. . Il s’agit de Missak Manouchian et Joseph Epstein. Missak Manouchian, Arménien, communiste, est le héros de « l’Affiche rouge » et l’un des responsables des FTP-MOI (Francs tireurs et partisans- Main d’œuvre immigrée). Joseph Epstein, Polonais, communiste, est le chef des FTP en région parisienne. Les deux seront fusillés au Mont Valérien. Ils nous rappellent le rôle joué par les immigrés, « ces étrangers et nos frères pourtant », dans la Résistance pour que vive la France. Revenons-en à Mériel, Les policiers Français, qui collaborent avec ardeur, suivent depuis quelques temps Manouchian. Je cite le rapport de police : « Le 28 septembre 1943. Manouchian sort de son domicile à 10 heures 30 et prend le métro à Alésia pour descendre à la gare du Nord ; son train étant vraisemblablement parti, il déjeune à la terrasse d'un café voisin de la gare ; à 12 heures 05, il prend le train et descend à 13 heures 10 à la gare de Mériel dans l'Oise. A la sortie de la gare, il rencontre un homme. Ils circulent ensemble, et, sur la route de L'Isle-Adam, ils pénètrent dans le café-restaurant Majestic, sis à cet endroit. Ils s'enfoncent dans les bois sous une pluie battante ; nous sommes, pour ne pas éveiller leur méfiance, obligés de cesser la surveillance ». Cet homme rencontré par Manouchian n’est autre que Joseph Epstein. En attendant de connaitre sa véritable identité, les policiers et les Allemands le surnommeront « Mériel ». Je fais donc la demande – auprès de la municipalité et aux habitants de notre ville - pour que dans le quartier de la gare qui va voir le jour, une rue porte le nom de Missak Manouchian et une autre celle de Joseph Epstein.

Afin que l’on oublie pas ! Afin que l'on oublie jamais !

A une époque où les migrants sont poursuivis ou meurent dans la Méditerranée, où le Maire de Béziers fiche les enfants des écoles, où les acquis sociaux du Conseil National de la Résistance sont mis à mal par les gouvernements successifs, deux ans après l’assassinat de Clément Méric par des fascistes, les valeurs de la Résistance et de la République doivent être mises en avant. Lorsque le Front national, parti raciste, xénophobe et réactionnaire, fait 32% aux dernières élections sur notre ville, lorsqu’on encourage, par la mise en place de « Voisins solidaires ou vigilants », la surveillance entre citoyens, on s’écarte des idéaux de vivre ensemble et d’égalité portés par les Résistants.

Heureusement, les victoires de Syriza en Grèce et de Podemos en Espagne nous donnent espoir. Je vous appelle à venir ce week-end à République au Forum européen des alternatives où nous travaillerons à la construction d’une alternative aux politiques libérales, bien plus proche de celle qu’envisageaient ceux qui sont tombés sous les balles allemandes ou des collaborateurs français.

L'histoire montre que le Parti communiste a été la force décisive pour le progrès social et démocratique. Il a tenu avec honneur, courage et lucidité toute sa place dans la résistance. Animés par cette riche histoire, avec toute notre conviction, nous travaillons à le renforcer, à le rendre toujours plus efficace au service de notre peuple. A l'exemple de ses vétérans et des camarades de la résistance, toutes générations confondues, nous faisons nôtre la dernière pensée de notre camarade, assassiné en 1941 par les nazis, le député communiste d’Argenteuil-Bezons, Gabriel Péri : "Et si c'était à refaire, je referais ce chemin".

Oui, ensemble, construisons un autre chemin !

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28 mai 2015 4 28 /05 /mai /2015 11:13

2ÈME GUERRE MONDIALE

RÉSISTANCE

BRIGADES INTERNATIONALES

HENRI ROL-TANGUY

LIBÉRATION DE PARIS

Henri Rol-Tanguy, résistant hors normes

ROGER BOURDERON, HISTORIEN

VENDREDI, 7 SEPTEMBRE, 2012

L'HUMANITÉ

Ancien des Brigades internationales, résistant de la première heure, cet ouvrier métallurgiste a dirigé en août 1944 l’insurrection parisienne qui a conduit à la libération de la capitale. Indépendance d’esprit et fidélité au Parti communiste le caractérisaient.

Il y a dix ans, le 8 septembre 2002, décédait Henri Rol-Tanguy – Rol, comme on l’appelait, dernier pseudo clandestin en hommage à un combattant des Brigades internationales tué en 1938 sur le front de l’Ebre. Né le 12 juin 1908 à Morlaix, reçu au certificat d’études en 1921, à Paris en 1923, Henri Tanguy devient ouvrier métallurgiste hautement qualifié. Les journées de février 1934, la menace du fascisme, déterminent son engagement total au Parti communiste et surtout au syndicat CGT des métaux de la région parisienne, dont il est permanent en octobre 1936, puis fin 1938, après la dissolution des Brigades internationales où il s’est engagé en 1937 (il sera commissaire politique de la 14e Brigade en 1938). Il épouse le 15 avril 1939 Cécile Le Bihan, l’une des secrétaires du syndicat des métaux et sa marraine de guerre.

Mobilisé en septembre 1939, il reprend contact dès sa démobilisation en août 1940 avec ses camarades des métaux et participe à la création des premiers comités populaires clandestins. Responsable politique d’un secteur parisien du Parti communiste début 1941, il est contacté en juillet pour militer dans la lutte armée que le Parti commence à organiser. Il sera responsable militaire des FTP parisiens jusqu’en août 1942, puis responsable politique en Anjou, Poitou, et à nouveau à Paris en avril 1943. Affecté fin 1943 au titre des FTP dans les FFI en cours de constitution, élu chef régional de l’Île-de-France en juin 1944, il prépare et conduit avec son état-major l’insurrection parisienne (19-25 août). Il poursuit la guerre dans la 1re armée du général de Lattre de Tassigny et est titularisé en décembre 1945 officier d’active, lieutenant-colonel à titre temporaire.

Suspect comme communiste, il est victime de la guerre froide, relégué « personnel sans emploi » puis mis à la retraite d’office en 1962. Il est membre du Comité central du PCF de 1964 à 1987, mais jusqu’à ses derniers jours il se consacre surtout à la mémoire de la guerre d’Espagne et de la Résistance, mission pour lui essentielle.

Cette vie intense repose sur un principe majeur, la volonté d’avoir les compétences professionnelles indispensables pour accomplir ses tâches. Ce fut le cas quand il était ouvrier métallurgiste. Ce le fut pour le métier des armes, découvert avec passion lors du service militaire, forgé par l’expérience essentielle de la guerre d’Espagne, perfectionné par de nombreuses lectures sur la théorie et la pratique militaires, consolidé dans la Résistance, avec le souci permanent de la préparation minutieuse des opérations, liée à la connaissance du terrain, à la réalité des rapports de forces, aux impératifs tactiques et stratégiques. Rol ne cessa de souligner l’importance capitale du travail collectif et des relations de confiance entre les membres de l’état-major, comme il ne cessa de rappeler combien il tenait pour essentiel le rôle, souvent sous-estimé, des femmes dans la Résistance. Cécile Rol-Tanguy, qui fut continûment sa secrétaire et son agent de liaison, en est un remarquable exemple.

Dans le cadre d’une fidélité constante au Parti communiste – il n’était pas de ceux qui prétendent avoir tout compris d’emblée de la réalité du stalinisme –, une réelle indépendance d’esprit traverse la vie de Rol : pour lui, l’accord politique est un cadre, non un carcan. Attitude permanente : remplissant sa « bio » lors de la guerre d’Espagne, il ne répond pas aux questions inquisitoriales ; face au pacte germano-soviétique, il affirme que son existence ne doit obérer en rien la lutte antifasciste – comme des milliers d’autres militants, il n’apprendra qu’après la guerre les tentatives légalistes du parti à l’été 1940 ; responsable FTP, il ne donne pas suite aux consignes qu’il estime inadaptées vu le rapport des forces ; chef régional FFI, il estime ne devoir désormais dépendre que de la hiérarchie FFI, et non des FTP ; élu au Comité central, il refuse d’être reversé dans le travail syndical, pour lequel il se trouve désormais incompétent, comme il refusera d’être responsable des questions militaires sous l’exclusive autorité de Georges Marchais. Cette éthique militante lui valut des inimitiés et la non-utilisation de ses compétences dans les instances du PCF, mais son rôle éminent dans la libération de Paris le préserva de toute réaction publique officielle.

Le 23 août 2004, dans le discours qu’il prononça lors de l’inauguration de l’avenue Rol-Tanguy à Paris, le général de Boissieu, chancelier de l’ordre de la Libération – Rol avait été fait compagnon de la Libération par le général de Gaulle le 18 juin 1945, date hautement symbolique –, dira d’Henri Rol-Tanguy : « Militant communiste et syndicaliste, il restera, toute sa vie durant, fidèle à ses idéaux d’humanisme et de justice sociale, imprégné des valeurs de la tradition française. »

Bibliographie : Libération de Paris, les cent documents, de Colonel Rol-Tanguy et Roger Bourderon, avant-propos de Jacques Chaban-Delmas, Hachette Littérature, Paris 1994 ; Rol-Tanguy, de Roger Bourderon, préface de Christine Levisse-Touzé, Tallandier, 2004.

Rol avant la guerre

1908. Henri Rol-Tanguy naît dans une famille de marins bretons, fils d’un officier marinier et d’une blanchisseuse. Il est ouvrier métallurgiste dès l’âge de quatorze ans.

1925. Il est tôlier en carrosserie chez Renault. Il adhère aux Jeunesses communistes.

1929. Il fait son service militaire en Algérie au 8e régiment de zouaves. Il quitte l’armée combattant d’élite avec une formation de mitrailleur mécanicien, de télémétreur et d’armurier.

1930. Embauché à l’entreprise Nessi à Montrouge (Hauts-de-Seine), puis chez Bréguet, il suit des cours de perfectionnement et devient tôlier-formeur, chaudronnier en cuivre, tuyauteur, soudeur.

1936. Il devient secrétaire du syndicat des travailleurs de la métallurgie CGT de la région parisienne.

1937. Rejoint les Brigades internationales en Espagne. Il est blessé sur le front de l’Èbre.

1939. Il épouse, le 15 avril, Cécile Le Bihan, une des secrétaires du syndicat des métaux.

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27 mai 2015 3 27 /05 /mai /2015 21:31

Laurent (PCF): l’absence des communistes au Panthéon, «une faute politique»

AFP 27 MAI 2015 À 12:28

Pierre Laurent, numéro un du PCF, juge que l’absence de tout représentant communiste parmi les résistants dont les cercueils font leur entrée au Panthéon mercredi après-midi est «une faute politique».

QUESTION: L’hommage rendu à quatre figures de la Résistance par François Hollande vous satisfait-il?

REPONSE: «Nous saluons le fait que le président donne cette importance à la Journée nationale de la Résistance et l’entrée au Panthéon des quatre personnalités. Ils représentent toutes les sensibilités de la Résistance, sauf une, la communiste. Un oubli présidentiel que nous trouvons extrêmement regrettable. La composante communiste a été majeure, il est incompréhensible qu’elle soit absente. Nous avons publiquement protesté auprès de l’Elysée, j’ai renouvelé mes remarques à l’occasion de la polémique sur la comparaison faite le 19 avril par François Hollande entre le FN et des tracts PCF des années 70. Je n’ai pas eu de réponse directe. Je serai présent cependant au côté de Marie-George Buffet au Panthéon. Je n’ai jamais eu dans l’esprit de boycotter les cérémonies, mais je continue de ne pas comprendre le silence de l’Elysée».

Q - Les débats autour de l’attitude du PCF au moment du Pacte germano-soviétique ont-ils, selon vous, influé sur la décision présidentielle ?

R - «J’ose espérer que des arguments de ce genre n’ont pas interféré, parce que le travail des historiens a fait litière de l’argument selon lequel les communistes seraient rentrés plus tard en Résistance. Non! Leur entrée est immédiate pour un grande nombre d’entre eux. Par ailleurs, puisque on nous annonce un discours de rassemblement, comment délaisser le rôle unificateur des communistes dans le mouvement? Rien ne peut expliquer l’absence de la principale composante de la Résistance intérieure. Je ne peux y voir qu’une volonté délibérée d’effacer ou minorer le rôle communiste, une très probable volonté de réécrire l’Histoire de cette période pour des profits politiciens d’aujourd’hui. Je pense que c’est une faute politique parce que l’enseignement majeur de la Résistance, c’est précisément que face au danger fasciste et pétainiste de l’époque, la victoire n’a été possible que dans un effort d’unification. On n’a pas fait le tri, il fallait être fidèle à cet esprit».

Q - Qui auriez-vous voulu voir aux côtés de Pierre Brossolette, Geneviève de Gaullle-Anthonioz, Germaine Tillion et Jean Zay?

R - «Marie-Claude Vaillant-Couturier et Missak Manouchian. Elle a symbolisé à l’égal des deux figures féminines honorées mercredi l’engagement des femmes dans ce combat, déportées comme elles. Lui (ndlr: héros de l’Affiche Rouge, combattant des FTP-MOI - main d’œuvre immigrée - fusillé en février 1944) est le symbole de tous ces immigrés qui sans avoir la nationalité française, se sont jetés dans la défense du pays. C’aurait été un beau symbole. Je pense que cette faute sera corrigée un jour. Nous organisons après le Panthéon, au siège du parti, une grande soirée d’hommage à l’ensemble de la Résistance. Le secrétaire d’Etat aux anciens combattants, Jean-Marc Todeschini, a annoncé sa présence».

Propos recueillis par Corinne DELPUECH

AFP

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27 mai 2015 3 27 /05 /mai /2015 16:43

JOURNEE NATIONALE DE LA RESISTANCE - DECLARATION D’ANDRE CHASSAIGNE ET MARIE-GEORGE BUFFET

Aujourd’hui les cendres de quatre figures de la Résistance vont être transférées au Panthéon, quatre personnalités qui se sont illustrées dans le combat contre la barbarie nazie.
La nation toute entière affirme dans ce geste sa reconnaissance à Pierre Brossolette, Geneviève de Gaulle, Germaine Tillion et Jean Zay, deux femmes et deux hommes qui ont incarné les valeurs de la France, face à la collaboration.
Ces hommes et ces femmes confèrent un visage et une âme à l’aventure collective de la Résistance.
Les députés du Front de gauche s’associent pleinement à l’hommage qui leur est aujourd’hui rendu.
Alors que les cendres de ces quatre hommes et femmes d’exception vont rejoindre celles de Jean Moulin, l’artisan de l’unification de la Résistance, nous regrettons que le chef de l’Etat ait porté atteinte au symbole de cette unité en n’accueillant pas, parmi ces personnalités dont nous saluons collectivement la mémoire, une figure de la résistance communiste.
Les communistes ont été une composante essentielle de la Résistance sur le sol français. Ne pas honorer la mémoire de ces hommes et de ces femmes, c’est amoindrir la force et la grandeur d’une Résistance unie dans l’insurrection et l’espérance, qui donnera naissance au programme de renouveau social et démocratique de la Libération.
Pour notre part, nous participerons à la cérémonie organisée au Panthéon en rendant hommage à toute la Résistance, à ses combats et aux engagements qui sont toujours les nôtres.

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27 mai 2015 3 27 /05 /mai /2015 08:24
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27 mai 2015 3 27 /05 /mai /2015 06:49

Publié par Le Mantois et Partout ation de la patrie et précoce. Elle s'établit bien avant le 22 juin 1941, date de l'invasion de l'URSS communiste par les troupes du Reich hitlérien.

On aurait pu croire que la répression policière du régime de Vichy s'excerce sur les partisans du général de Gaulle lequel, le 18 juin 1940, lance son appel de Londres. Non, la répression touche essentiellement les communistes en ce début d'occupation. Et dès le 5 octobre 1940, pour contraindre cette "agitation anti-nationale", Marc Chevalier, préfet de Seine-et-Oise, réquisitionne la sanatorium d'Aincourt pour en faire un "centre de séjour surveillé" pour les militants du Pcf interdit et ceux de l'ex-CGTU.

Outre le zèle absolu de l'administration française à l'occupant nazi et à la politique pétainiste (cote 1W 70-71 AD 78), le fonds Répression du communisme (cote 1W 66-67 AD 78) révèle l'activité communiste réprimée par la police et la gendarmerie française.

Exemple ci-dessous:

Dans le Mantois, un embryon de résistance communiste se crée autour de Louis Racaud cheminot et de Gabriel Rouleau ex-secrétaire général de l'Union locale CGT dissoute par décret du dernier gouvernement de la 3e République. Leur souci, la propagande et le tirage des tracts et quelques sabotages. Avant la dissolution de l'Union locale, avisé par un policier sympathisant communiste, Gabriel Rouleau a dissimulé la roneo cégétiste. Durant l'occupation, elle sera transportée de cache en cache.

La Résistance communiste va s'amplifier, y compris à l'intérieur du camp d'Aincourt. de ce fait, l'administration française classifie les internés en 3 catégories. Les "plus dangereux" sont transférés dans d'autres camps ouverts par la suite. Parmi eux, les otages que l'Allemagne nazie demandera à Pétain pour le peloton d'exécution ou la déportation.

Concernant "l'activité des différentes tendances politiques" selon le vocable des collaborationnistes concernant la résistance plurielle en Seine-et-Oise, le rapport du préfet à Vichy et aux allemands en date du 14 février 1941. extraits:

Indiscutablement, on est loin du 22 juin 1941, date pout laquelle la pensée uniquecapitaliste fixe le départ de la résistance communiste en France.

Pour vous en convaincre plus encore, Aincourt, le camp oublié aux éditions l'Harmattan

Les fusillés 1940-1944 aux éditions de l'Atelier ou la preuve par le sang

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26 mai 2015 2 26 /05 /mai /2015 11:40
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25 mai 2015 1 25 /05 /mai /2015 20:49
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25 mai 2015 1 25 /05 /mai /2015 20:34

Roland Leroy : « Les communistes, parmi les premiers et les plus actifs combattants »

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR PIERRE CHAILLAN

VENDREDI, 22 MAI, 2015

L'HUMANITÉ

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© LAPI / Roger-Viollet

Les militants du PCF ont joué un rôle important au sein de la Résistance. Jeune cheminot engagé dans la lutte clandestine, Roland Leroy revient sur ce combat libérateur qui a vu de nombreux résistants internés, tués.

Le président de la République a décidé d’honorer la Résistance au travers de Pierre Brossolette, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Germaine Tillion et Jean Zay. N’y a-t-il pas une forme d’injustice de ne pas avoir fait entrer toute la Résistance au Panthéon ?

ROLAND LEROY Il est impossible d’évoquer convenablement la Résistance en omettant le rôle des communistes. Aucun d’entre eux n’a été choisi pour figurer au Panthéon. Le choix aurait pourtant été facile parmi Guy Môquet, Henri Rol-Tanguy, Marie-Claude Vaillant-Couturier, Gabriel Péri, Missak Manouchian et tant d’autres… Ce n’est pas seulement une grave injustice. C’est une falsification profonde de l’histoire nationale.

Pourquoi les communistes ont-ils été les moteurs du combat clandestin en de nombreux endroits ?

ROLAND LEROY Le PCF avait combattu la venue du fascisme en Italie, puis en Allemagne, sa poussée en Espagne. Il avait été à l’initiative de la création du Front populaire en France dès 1934-1935 pour faire barrage au fascisme ; il avait dénoncé et combattu vigoureusement la politique de non-intervention en Espagne et l’odieuse capitulation de Munich. Il avait enfin préconisé la conclusion d’une véritable alliance de la France et de la Grande-Bretagne avec l’Union soviétique, contre Hitler et Mussolini, ce qui aurait rendu impossible le traité de non-agression germano-soviétique. C’est donc tout naturellement que ses membres ont été parmi les premiers et les plus actifs combattants de la résistance anti-hitlérienne.

Vous avez participé à cette lutte dans l’ombre. Quelle forme a pris cet engagement ?

ROLAND LEROY Ma famille était engagée dans la lutte antifasciste avant la guerre. Elle a, dans la région d’Elbeuf, participé à l’organisation du soutien aux républicains espagnols, de la condamnation de l’accord de Munich. Jeune cheminot, j’ai d’abord été, dès le début 1940, un des premiers organisateurs de la jeunesse communiste clandestine dans la région. À cette époque, j’ai participé à la réalisation de déraillements de trains et d’attentats contre des soldats allemands. Un de mes cousins germains, Maurice Boulet, a été fusillé comme sanction à un des attentats auxquels j’avais pris part. Le responsable interrégional, qu’on appelait Guillou et dont le vrai nom était Jean Collet (devenu après-guerre adjoint au maire à Vitry-sur-Seine), me demanda de devenir un des dirigeants illégaux de la Jeunesse communiste. Je quittai donc mon activité cheminote et devins secrétaire régional d’organisation de la Jeunesse communiste pour la Seine-Inférieure, puis premier secrétaire de la Jeunesse communiste clandestine dans le département de l’Oise, ensuite premier secrétaire pour la Seine-Inférieure, puis, enfin, peu de temps avant le débarquement allié, responsable interrégional adjoint. Avec Jean Collet, nous assumions la direction de la Jeunesse communiste pour huit départements (la Normandie, plus l’Oise, la Somme et l’Eure-et-Loir). La densité énorme de l’occupation hitlérienne dans la région rendait impossible l’organisation de maquis. Nous fîmes cependant deux tentatives (l’une près de La Bouille, l’autre à côté de Fleury-sur-Andelle). Nous n’avions pour armes que celles que nous prenions aux ennemis hitlériens et vichyssois, souvent grâce à des attentats car les parachutages étaient réservés aux organisations gaullistes. Il nous fallut, dans la Somme, faire pénétrer une organisation par une camarade afin de « bénéficier » ainsi d’un parachutage.

Groupe FTP en dordogne. Les francs-tireurs et partisans étaient l’organisation de résistance armée créée par le PCF.

Photo : Lapi/Roger-Viollet

Quelle place originale les communistes tenaient-ils au sein de la Résistance ?

ROLAND LEROY Il n’est pas sans importance de signaler que les troupes américaines étaient munies d’une monnaie de guerre destinée à la population française après le débarquement. Le général de Gaulle réagissait avec rapidité et fermeté, patriotiquement, pour empêcher les Américains de déposséder les Français de leur pouvoir national. Ce fut le sens de son discours de Bayeux. Il faisait installer les commissaires régionaux de la République et les préfets, et la valeur de la monnaie française. On peut rapprocher de cela la percée du détachement français sous les ordres du général Leclercq qui contribua, avec les Forces françaises de l’intérieur (FFI) de la capitale, à la libération de Paris. Les communistes tenaient leur place dans les FFI. Le PCF associé à de nombreuses organisations (le Front national de lutte pour la libération et l’indépendance de la France, les FTP, l’UFF…) participaient, dans le Conseil national de la Résistance (CNR) et les comités départementaux de la libération, à l’union de la Résistance. Avançant lentement, détruisant par bombardements aériens les villes de Normandie (Le Havre, Rouen et sa banlieue, Caen, Argentan, etc.), les troupes anglo-américaines piétinaient et ainsi ne soulageaient pas le front de l’est tenu par les Soviétiques. Le général de Gaulle ne participa jamais dans les années suivantes aux commémorations anglo-américaines du débarquement. Il avait – dès décembre 1944 – fait le voyage de Moscou pour y conclure le pacte d’alliance franco-soviétique. Ce qui eut pour conséquence, parmi d’autres, l’insistance mise par les Soviétiques pour que le gouvernement français participe aux négociations du traité de paix à Berlin.

Les artisans du dictionnaire les Fusillés, 1940-1944 (Éditions de l’Atelier) parlent de 20 000 fusillés, exécutés et morts au combat, et jusqu’à 30 000 hors du territoire national. À la Libération, le PCF, « parti des fusillés », donne un chiffre que les manuels d’histoire réfutent. Quel est votre sentiment ?

ROLAND LEROY Un chiffre de 75 000 fut avancé par la direction communiste dès la Libération. Certes, il était supérieur à la réalité. La vérité s’établit, selon moi, entre les deux chiffres que vous citez. Il n’en reste pas moins que le peuple français a payé lourd sa libération et que les communistes ont donné leur part importante. Il demeure aussi que – dès la Libération et grâce à la clairvoyance et à la fermeté du général de Gaulle – un gouvernement d’union patriotique fut constitué, les ministres communistes y tenaient une place décisive pour de grandes questions (par exemple, le statut des fonctionnaires réalisé par Maurice Thorez ; la Sécurité sociale et la retraite, grâce à Ambroise Croizat ; EDF-GDF, due à Marcel Paul…). Ils s’appuyèrent sur le programme du CNR. Les leçons de cette histoire sont toujours d’actualité.

La « résistance unie » au Panthéon et place du Colonel-Fabien. Le 27 mai, Journée nationale de la Résistance, date anniversaire de la création du CNR unifiant la Résistance, quatre héros de la Résistance feront leur entrée au Panthéon. François Hollande, qui a fait le choix de quatre noms, a pris soin de rassembler toutes les familles politiques (gaulliste, socialiste, radicale et sans parti) sauf une : les communistes. Ce choix partial a suscité une vive émotion. Des campagnes pour soutenir la candidature de figures majeures de résistants communistes, étrangers de la MOI, issus de la classe ouvrière, se sont développées dans plusieurs régions. Le 27 mai, le PCF organisera partout en France des hommages sur le thème : « Célébrons la Résistance unie ». Une soirée est prévue au siège national 2, place du Colonel-Fabien à Paris à partir de 19 h 30.

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BRUNO FORNACIARI

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