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25 mai 2015 1 25 /05 /mai /2015 09:09

Ceux de Châteaubriant fusillés le 22 octobre 1941 à la Sablière :

Charles MICHELS, de Paris, communiste, secrétaire général de la Fédération du Cuir et député de la Seine. 38 ans

Jean POULMARC’H, d’Ivry-sur-Seine, communiste, secrétaire général de la Fédération des Produits chimiques. 31 ans

Jean Pierre TIMBAUD, de Paris, communiste, secrétaire général de la Fédération de la Métallurgie. 31 ans

Jules VERCRUYSSE, de Paris, communiste, secrétaire général de la Fédération des Textiles. 48 ans

Désiré GRANET, de Vitry-sur-Seine, communiste, secrétaire général de la Fédération des Papiers et cartons. 37 ans

Maurice GARDETTE, de Paris, communiste, conseiller général de la Seine. 49 ans

Jean GRANDEL, de Gennevilliers, communiste, secrétaire de la Fédération postale, maire de Gennevilliers et conseiller général de la Seine. 50 ans

Jules AUFFRET, de Bondy, communiste, conseiller général de la Seine. 39 ans

Pierre GUEGUEN, communiste, maire de Concarneau. 45 ans

Raymond LAFORGE, de Montargis, communiste, instituteur. 43 ans

Emile DAVID, de Nantes, communiste, dentiste. 19 ans

Guy MOQUET, de Paris, étudiant, fils de Prosper Môquet, député communiste de la Seine. 17 ans

Henri POURCHASSE, d’Ivry-sur-Seine, communiste. 34 ans

Victor RENELLE, de Paris, communiste, ingénieur. 53 ans

Maurice TENINE, d’Antony, communiste, docteur en médecine. 34 ans

Henri BARTHELEMY, de Thouars, communiste. 58 ans

Raymond TELLIER, d’Amilly, communiste, imprimeur. 44 ans

Marc BOURHIS, de Trégunc, instituteur. 34 ans

Titus BARTOLI, de Digoin, communiste, instituteur. 58 ans

Eugène KERIVEL, de Basse-Indre, communiste, capitaine côtier. 50 ans

HOUYNK-KUONG AN, de Paris, communiste, professeur. 29 ans

Claude LALET, de Paris, communiste, étudiant. 21 ans

Charles DELAVAQUERIE, de Montreuil, communiste, imprimeur. 19 ans

Antoine PESQUE, d’Aubervilliers, communiste, docteur en médecine. 55 ans

Maximilien BASTARD, de Nantes, communiste, chaudronnier. 21 ans

Edmond LEFEBVRE, d’Athis-Mons, communiste, métallurgiste. 38 ans

Julien LE PANSE, de Nantes, communiste, peintre. 34 ans


Cérémonie, octobre 2010

Ceux de Nantes fusillés le 22 octobre 1941 au Terrain du Bêle :

Léon JOST, de Nantes, 57 ans. Président des anciens combattants. Groupe des ACVG de L. Inf, organisateur des évasions des camps de prisonniers.

Alexandre FOURNY, de Nantes. 53 ans. Avocat et socialiste. Conseiller Général et Municipal de Nantes. Groupe des anciens combattants.

Maurice ALLANO, de Nantes. , 21 ans, violences contre un soldat allemand.

Paul BIRIEN, de Nantes, 50 ans. Groupe des anciens combattants.

Joseph BLOT, de Nantes, 50 ans. Groupe des anciens combattants.

Auguste BLOUIN, de Nantes, 57 ans. Groupe des anciens combattants.

René CARREL, de Nantes. 20 ans, communiste soupçonné de résistance.

Frédéric CREUSE, de Nantes. 20 ans, soupçonné de résistance.

Michel DABAT, de Nantes. 20 ans, a hissé les couleurs nationales avec Christian de Mondragon, le 11 novembre 1940 sur la cathédrale.

José GIL, de Nantes. 19 ans, communiste soupçonné de résistance.

Jean-Pierre GLOU, de Nantes. 19 ans, soupçonné de résistance.

Jean GROLLEAU, de Nantes. 21 ans, soupçonné de résistance.

Robert GRASSINEAU, de Nantes. 34 ans, communiste soupçonné de résistance.

Léon IGNASIAK, de Saint-Herblain. 22 ans, communiste soupçonné de résistance.

André LE MOAL, de Nantes. 17 ans, violences contre les soldats allemands.

Jean PLATIAU, de Nantes. 20 ans, soupçonné de résistance.

Ceux fusillés le 20 octobre 1941 au Mont Valérien. vers 16 h

Emprisonnés au Fort de Romainville

Hubert CALDECOTT, 35 ans, de Nantes.. Résistant

Marcel HEVIN, 35 ans de Nantes. ( chef du groupe Hévin.)

Philippe LABROUSSE, 32 ans, de Saint-Nazaire. Résistant.

Alain RIBOURDOUILLE, 33ans, de Nantes. ( Originaire de Dinard ) Résistant.

Victor SAUNIER, 27 ans de Nantes. ( Originaire de St Suliac 35) Résistant.

Document(s) à télécharger :

  • Titre : Les 48 fusillés d’octobre 1941

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  • Format : JPEG
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25 mai 2015 1 25 /05 /mai /2015 06:59

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF qui participera vendredi à l’hommage solennel aux fusillés du Groupe Manouchian au Mont-Valérien en présence de François Hollande, estimerait « choquante » « l’absence d’un résistant communiste » dans la liste des panthéonisés que doit annoncer le président, a-t-il déclaré jeudi.

« Le président de la République pourrait annoncer l’entrée au Panthéon de quatre héros de la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale » qui « seraient Geneviève Anthonioz de Gaulle, Germaine Tillion, Pierre Brossolette et Jean Zay. Tous y ont effectivement leur place. Leurs combats ont honoré les valeurs de la République », écrit Pierre Laurent dans un communiqué.

Cependant, le secrétaire national du PCF estime que « si cette information était confirmée en l’état par les annonces officielles du président de la République, au moment même où il honorera les martyrs de l’Affiche Rouge, l’absence d’un résistant communiste dans cette liste serait choquante ».

« Comment honorer la Résistance sans que des militant(e)s de la principale force qui combattit le nazisme en France ne trouvent la place qui leur est due », ajoute-t-il.

« Des personnalités d’horizons divers ont fait des suggestions en ce sens. Je pense par exemple à Marie-Claude Vaillant-Couturier. Elles furent nombreuses les compagnes communistes de Geneviève Anthonioz de Gaulle et de Germaine Tillion à Ravensbrück », précise Pierre Laurent.

Il se dit également « surpris que le choix présidentiel ne privilégie pas le rééquilibrage face à l’inégalité scandaleuse de représentation des femmes au Panthéon » et « espère que les annonces de François Hollande à la cérémonie de (vendredi) permettront de réparer cette absence incompréhensible ».

François Hollande devrait annoncer vendredi le transfert au Panthéon des cendres de Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Pierre Brossolette et Jean Zay, lors de l’hommage qu’il rendra à la Résistance au Mont-Valérien où furent fusillés il y a 70 ans 22 membres du Groupe Manouchian.

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25 mai 2015 1 25 /05 /mai /2015 00:16

Villes de France et l’Association des régions de France (ARF) ont défendu, mercredi, les trains d’équilibre du territoire

Villes de France et l’Association des régions de France (ARF) ont défendu, mercredi, les trains d’équilibre du territoire (TET, Intercités), alors que la commission parlementaire, présidée par le socialiste Philippe Duron, concernant l’avenir de ces liaisons ferroviaires doit rendre ses conclusions, mardi. « Nous redoutons des choix budgétaires de court terme et le risque d’un abandon programmé des lignes TET, pourtant essentielles pour garantir le droit à la mobilité », a ainsi déclaré Caroline Cayeux, sénatrice-maire UMP de Beauvais et présidente de Villes de France. Même son de cloche du côté de l’ARF, qui plaide pour l’ouverture d’un débat parlementaire au sujet de ces lignes nationales placées directement sous l’autorité de l’État. Pourtant, force est de constater que de la loi Macron, qui libéralise le transport en autocars, à la réforme ferroviaire, les parlementaires de droite et socialistes ont voté comme un seul homme les lois qui favorisent la désertification ferroviaire.

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24 mai 2015 7 24 /05 /mai /2015 04:43

Pierre Laurent
Secrétaire national

Sénateur de Paris

Mme Ida FORNACIARI

Ref/JZ/Mnp

Paris, 18 mai 2015

Chère Ida,

C'est avec beaucoup d'émotion que j'ai appris le décès de Mario. En ce moment si difficile pour toi, ta famille, tes proches, je souhaite vous adresser un message de sympathie, et de solidarité. Bruno me rappelait le parcours extraordinaire de Mario et sa collaboration au sein du comité central. Mario était un communiste. Cela voulait tout dire... Il avait en lui les valeurs humanistes, fraternelles, solidaires du communisme. Militant syndical et politique, cela n'a pas été toujours simple. Il a subi la répression patronale et policière. Militant politique exemplaire, avec Fernand Thuil, Babacar, et tant d'autres, il a mis son savoir faire au service commun du Parti. Responsable dans le secteur immigration du Parti pour l'immigration italienne et arménienne en France , son rôle était connu et reconnu. Avec une retraite bien méritée et votre installation à Bourth, vous avez continué à votre façon d'aider le Parti en participant régulièrement à son financement.

Toute sa vie, il est resté fidèle à son engagement. Au nom des communistes, et particulièrement ceux qui travaillent aujourd'hui place du colonel Fabien, d'Aubervilliers et de Seine-Saint-Denis et en mon nom, je vous présente toutes mes condoléances.

Bien fraternellement,

Pierre Laurent

2, place du Colonel Fabien 75167 Paris Cedex 19 – tel 01 40 40 11 94 – fax 01 40 40 11 91

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le 18 mai 2015

Papa, papa, mon petit papa chéri.

Depuis quelques mois je voyais bien que quelque chose n'allait pas. Toi qui ne te plaignais jamais, tu évoquais parfois, du bout des lèvres, un certain mal-être. "Il y a quelque chose qui ne va pas" "Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond" disais-tu. "Je ne me sens pas bien, mais ça va passer".


Il y a longtemps tu avais eu des calculs dans un rein. Il avait fallu t'opérer à l'époque, c'était douloureux. Puis il y près de 11 ans les médecins avaient diagnostiqué un cancer sur l'autre rein qu'ils ont finalement enlevé. Petit à petit celui qui te restait, blessé par les calculs devenait de moins en moins efficient. Mais avec les traitements et ta robustesse tu continuais ton chemin, normalement. Je t'avais alors proposé l'un des miens. Tu as refusé mon offre, naturellement.


Tu vivais avec maman, à Bourth, dans ce petit village de Normandie. La rénovation du centre-ville, et l'arrivée récente de la maison médicale et d'un petit commerce d'alimentation facilitait la vie. "Ici on est bien, on a tout ce qu'il faut " disais-tu "Boulanger, pharmacien, docteur, commerces, que veux-tu de plus ?" Maman et toi, vous fréquentiez le club des anciens où vous vous étiez faits de nombreux amis. "Ils sont gentils avec nous" disait-tu encore. Tu avais une prédilection pour les parties de boules tous les samedis. Chaque matin, tu partais tôt effectuer 1 heure de marche, pour garder la forme.

Vous viviez paisiblement et maman Ida qui te voyais de prêt, avec qui j'avais des conversations hebdomadaires, décrivait une évolution sanitaire qui appelait mon attention. Mes visites se faisaient donc plus rapprochées. Il y a 6 mois un début d'AVC avait nécessité une première hospitalisation, puis une infection pulmonaire, une autre, puis une autre encore. Inquiets, Mario, Rawia et Sofia étaient venus te voir à l'hôpital avec Ida, puis ce fut au tour de Virna et Mourade.

Ces derniers mois papa se couchait tôt et se levait tard. Lui, qui toute sa vie à fait le contraire. Il a dû, par nécessité, changé ses habitudes. Il ne se plaignait pas, tout au contraire, il ne voulait pas nous inquiéter et se préoccupait plutôt de la santé de Ida, sa femme depuis 67 ans, qu'il complimentait à nouveau il y a quelques jours seulement : "tu as toujours tes beaux yeux bleus "lui disait-il, ajoutant avec un regard admiratif : "tu es belle".

Mario est né le 29 septembre 1926 à Reggio Emilia en Italie. Son père Nello, communiste, pourchassé par les fascistes mussoliniens, avait dû fuir l'Italie en 1933. Réfugié en France il fit venir sa famille l'année suivante, en1934. Papa arrive à l'âge de 8 ans, avec sa mère et son frère Dino. Quelques années plus tard, après la naissance de soeur Sylvianne, son père, victime d'un accident de travail décède, laissant sa femme Ermine et ses trois jeunes enfants. Elle, travaillait comme ouvrière, à la Cellophane à Bezons.

Adolescent pendant la guerre, le jeune Mario participe à des actes de résistance avec les partisans de la Seine et Oise. Jeune homme après une formation de chaudronnier, il travaille dans diverses entreprises métallurgiques de la région, avant de se fixer chez OTIS PIF à Argenteuil comme ouvrier qualifié P3. Il devient délégué syndical CGT et adhère au parti communiste. Puis, après son mariage en 1947, il est embauché chez Renault à Billancourt où il suit le même parcours. Il devient aussi délégué syndical CGT. Je me souviens que lors d'une grève, mon père, qui allait travailler à vélo, revint le midi, pour manger. Alors que nous nous étonnions de sa présence avec, nous il nous expliqua que malgré la solidarité, il n'y avait pas assez de ravitaillement pour tout le monde, il préférait laisser sa part aux autres soucieux qu'il était de ne favoriser aucun obstacle à la poursuite du mouvement de grève.

Chez Renault, les travailleurs immigrés étaient nombreux sur les chaînes. Ce qui conduisit la direction du Parti communiste, au milieu des années 50, à proposer à Mario de venir travailler au secteur immigration du PCF. Il rejoignit ainsi Charles Barontini qui dirigeait la commission nationale d'immigration auprès du comité central. Il lui sera confié la responsabilité du travail en direction de l'immigration arménienne et italienne. Il se déplaçait souvent, en Isère, en Meurthe-et-Moselle et dans le Rhône où la présence d'immigrés italiens était forte, ainsi qu'en région parisienne.

Puis Mario, et Ida emménagèrent à Aubervilliers dans un HLM de la Cité Casanova ou nous étions, mon grand frère Serge et ma petite soeur Léa, éblouis de disposer d' une salle de bain avec une baignoire sabot et d'un WC personnel, ainsi qu'une chambre chacun. Le grand confort quoi ! Je me souviens que petit , tu étais le premier levé dans la maisonnée. Tu nous réveillais pour aller à l'école, d'un "aller, aller, c'est l'heure, debout la-dedans!" Je sens encore l'odeur du café que tu préparais chaque matin, qui embaumait la cuisine. Souvent le dimanche, à ton tour, tu te levais tôt pour "faire la tournée d'Huma". Dans ta musette remplie tu emportais des dizaines de journaux d'HD, de JA et de PIF le Chien que tu diffusais au porte à porte.

Malgré un emploi du temps chargé, tu trouvais le moyen de venir me voir jouer au foot au stade Auguste Delaune, que tu supportais le CMA, chaque fois que cela était possible. Tu étais fier de moi, et j'en étais content. Il t'es arrivé aussi de me rendre visite à la colonie de vacances d' Autry le Châtel dans le Loiret où à l'heure de ton départ en fin d'après-midi, je pleurais toutes les larmes de mon corps pour te retenir. Tu t'éloignais les yeux rougis.

Tu aimais voir tes petits-enfants, et de tes arrières-petits-enfants Léa, Emma, Luciano, Sofia, Farah et Giulia.Ton visage rayonnait d'un large sourire, tu étais heureux.

"Nous avons une bonne famille" aimais tu rappeler. En effet nous nous voyions souvent lorsque nous habitions tous la région parisienne. Repas en famille, fêtes et anniversaires, Noël et jour de l'An. Tu avais toujours le sourire quand nous venions vous voir. Tu aimais nous recevoir du mieux que tu pouvais. Pour nous faire plaisir tu n'hésitais pas à te lever à 6 h du matin le dimanche pour confectionner i capeletti, ou i gnocchi à la sauce "bolognèse". C'était un régal!

A l'époque, dans les années 60, il n'était pas simple d'être à la fois immigré et communiste ou syndicaliste. Une politique liberticide et répressive avait cours. Je me souviens que dans ces années-là, un délégué CGT immigré avait été expulsé de France en raison de son activité syndicale. C'est dans ce contexte, que papa, nous recommandait de ne pas dire qu'il travaillait pour le PCF au risque de subir le même sort. Ainsi, il tronquait son nom lorsqu'il écrivait dans "France Nouvelle" ou "les Cahiers du communisme" et signait d'un pseudonyme. On l'appelait Mario.

Un petit patron italien, communiste, qui fabriquait de la laine, l'avait salarié. Ainsi, officiellement Papa était représentant des laines Fal et OL. Le matin, il partait au travail, "au CC à Fabien", avec une sacoche qui emportait des échantillons de laine, au cas où.

Nous, enfants, avons toujours gardé le secret. Et lorsque l'on nous demandait : "que fais ton papa?" invariablement nous répondions : "il travaille dans la laine". Il partait tôt, il n'avait pas d'heure pour rentrer, tard souvent.

Cette époque était difficile en raison des campagnes anti-communistes liées à la "guerre froide" et aux guerres coloniales.

Le nombre de députés s'était réduit et les moyens financiers du parti avec lui. Il n'était pas rare que la paie ne soit donnée avec retard. Jamais à se plaindre papa. Altruiste et généreux, solidaire, il pensait aux autres avant lui. La fraternité, à cette époque, était une des grandes qualité des communistes. La camaraderie, l'unité dans le combat, l'entr'aide, le souci de l'autre la solidarité concrète, scellaient leur combat. Ainsi sont nées des amitiés indéfectibles. Je veux citer ici, en m'excusant auprès de ceux qui ne le seront pas, Georges et Catherine Valbon, André Karman, Claude Billard, Guy Poussy, Aimé et Béatrice Halbeher, Babacar, Fernand Tuil, Raphaël et Monique Straniero, Jean-Claude Gayssot, Jean Colpin, Bato, Lambert, Zanca et tant d'autres encore, avec qui il travaillait.

Son activité, ses compétences, son dévouement et sa représentativité en faveur de l'immigration italienne, furent reconnues jusqu'au gouvernement italien, qui le nomma au comité consultatif pour l'immigration qui siégeait à Rome. Il eût, lors de ces déplacements dans cette belle ville italienne, l'opportunité de rencontrer aussi des dirigeants du PCI, dont Giancarlo Paglietta. Il rencontra ici même en France, à Fabien,, Enrico Berlinguer. Le Ministère italien des affaires étrangères en France l'avait, quant à lui, invité à son ambassade à Paris rue de Varennes, pour lui décerner la distinction de "commandator" pour son oeuvre, l'équivalent de la légion d'honneur et de l'ordre du Mérite en France, qu'accompagnaient une médaille et un collier qu'il n'a jamais porté et qu'il a rangé dans un tiroir.

Il déployait également une grande activité au sein de l'Association Franco-Italienne. Chaque année le stand des "démocrates Italiens " avec son journal 'l'Emigrante" participait à la Fête de L'Humanité où l'on y dégustait charcuterie italienne, tagliatelle à la Bolognaise et Chianti.

Il avait plaisir à militer avec les camarades de sa cellule Ho Chi Minh des "Quatre-chemins à Aubervilliers dont il fût plusieurs années le secrétaire, puis le responsable à l'Huma. Ils t'aimaient bien ces copains. D'ailleurs, à chaque fois que le les croise ils me demandent de tes nouvelles, de vos nouvelles.

Papa, mon petit papa chéri, tu étais de ceux qui avaient consacré leur existence à un noble idéal. Construire un monde plus juste et fraternel. Tu peux être fier de tes engagements. Comme me l'écrit Emile Clet, Mimile, l'un de tes camarades avec qui, en compagnie de son épouse Madeleine, vous étiez maman et toi partis en vacances en Hongrie au lac Balaton, il m'écrit : "tu connais trop bien les bons, passionnants, et parfois durs combats que nous avons menés et dans lesquels Mario s'est donné sans compter" .

Oui, en effet, et ils ont été nombreux ces combats. Parmi eux me vient à l'esprit ce jour de 1958 où les communistes, réveillés en pleine nuit, organisaient un rassemblement de protestation à la mairie d'Aubervilliers contre la menace de putsch fasciste de l'OAS, qui, finalement a été repoussé. Ou bien ce jour du 8 février 1962 où ils avaient participé, comme des milliers d'autres, à la manifestation organisée pour la Paix en Algérie, interdite par le Préfet de police. J'écoutais à la radio le reportage de cette manifestation à laquelle il n'avait pas voulu m'emmener, j'étais trop petit. Les forces de répression de la police de Papon, sous les ordres du ministre de De Gaule, Roger Frey, déchaînèrent une violence inouïe contre les manifestants au métro Charonne et assassinaient 9 pacifistes, tous communistes, dont Daniel Féry 15 ans et Suzanne Martorelle une ouvrière communiste d'Aubervilliers de la cité Robespierre voisine. Oui il était de tous les combats anti-fascistes, et anti racistes, d'autant que les travailleurs immigrés en étaient, et sont, aujourd'hui encore, la cible privilégiée de ces attaques . Aussi, vous imaginez sûrement la réaction de Mario lorsque François Hollande compara les propos de Marine Le Pen à un tract communiste des années 70. Mon père et ses camarades, étaient eux dans la rue pour les combats contre ceux avec lesquels, incroyablement, il essaye de nous assimiler. "C'est honteux, c'est la négation de nos luttes de toujours " disait-il.

En 1986, Mario prend sa retraite avec sa femme qui l'avait rejointe depuis de nombreuses années à la commission immigration ou elle était la cheville ouvrière du Journal "l'Emigrante" dont elle assumait les traductions et le secrétariat de rédaction, ainsi que la rubrique "femme" . Richard Sanchez, alors secrétaire de Georges Marchais témoigne : "C'était un grand Monsieur ! Fait de courage, de finesse politique et d'élégance. Quand il est parti à la retraite, Georges Marchais l'a invité dans son bureau pour l'apéro. Il est venu avec son épouse. C'était un plaisir de l'entendre parler, il n'avait pas le culte du passé, ses yeux ne cessaient de briller et son sourire éclairait son visage, parce qu'il ne cessait de tutoyer l'avenir".

Mes parents avaient acquis une petit maison accrochée à la montagne dans le val d'Aoste à Morgex, qu'ils "retapaient" chaque été. A la retraite, dès mi-avril ils rejoignaient ce "coin de paradis" comme ils l'appelaient, et y passaient l'été. Et là, pas de repos. Le jardin, la vigne, les balades, les amis, emplissaient les journées. Chaque année ils recevaient la visite de leurs amis, leurs camardes, qui pour nombre d'entre eux ont fait une halte au "Montet".

Papa se félicitait d'avoir une vie bien remplie, active, et d'être arrivé "jusque-là", "bientôt 89 ans" disait-il, "c'est pas si mal". Nous en parlions encore il y a quelques jours.

Il nous manquera beaucoup à tous, je le sais. A moi particulièrement, à la fois comme père et comme communiste. Toute sa vie il l'a passée pour le mieux être, d'abord des autres. Lui, altruiste, passait toujours après. Jamais il se mettait en avant. Il accomplissait les tâches qui lui étaient confiées du mieux possible avec sérieux et compétence. Ce qui faisait dire à Claude Billard lors de leur départ en retraite : "Mario aimait le travail bien fait". C'était aussi l'avis de Jean-Claude Gayssot qui m'avait fait des éloges de mon père il y a quelques années. Apprenant son décès, il y a quelques jours il m'adressa le message suivant : " Cher Bruno, j'apprends le décès de Mario. J'en suis profondément affecté. J'ai longtemps, à la direction du Parti Communiste, travaillé avec ton papa. Il nous a beaucoup aidé à adopter des positions humaines et internationalistes sur les questions de l'immigration. Sa sagesse, son militantisme lui donnait beaucoup de force de conviction. A toi, à Ida, à tous les vôtres , je vous embrasse très fort. Avec vous je pleure Mario que je n'oublierai pas."

Depuis que je suis petit, puis comme adulte militant, je n'ai eu qu'à me louer des regards toujours positifs des camarades sur mon père Mario et des éloges qu'il lui étaient destinées. Que ce soit chez les "immigrés" du CC ou des autres camarades qu'il côtoyait dans les FD et les sections. Oui, Mario était un communiste clairvoyant. Il était honnête, désintéressé, droit, juste, loyal. Il était aussi généreux, tolérant compréhensif. Dans sa cellule où il était assidu il faisait toujours en sorte de faire progresser l'ensemble, écouter, expliquer, convaincre. Il avait le souci d'aider les jeunes générations de communistes. Oui, Mario était un communiste, un vrai. Il est resté fidèle à son parti auquel il avait adhéré très jeune. Il ne militait plus bien sûr, mais participait financièrement à chaque souscription de son parti et de "l'Humanité" dont il est encore abonné aujourd'hui.

Oui papa, tu étais un homme bon au grand coeur. Oui je suis fier de toi. Je suis fier de t'avoir côtoyer durant 66 ans. Je suis fier de porter ton nom.


Ces derniers jours tu nous parlais de ton jardin au Montet, de la vigne, de la famille et des amis. Nous voyions bien que tu t'affaiblissais? Ma soeur Léa et Patrick étaient venus vous rendre visite. Patrick te tenait compagnie la nuit lors de tes insomnies. Ils ont fait venir un lit médicalisé pour que tu puisses mieux te reposer. Puis un fauteuil relaxe sur lequel tu ne dormais pas non plus, mais que tu ne quittais pas. Je les rejoignis et nous nous sommes tous retrouvés chez vous à ce moment-là. Tu étais content qu'à leur retour programmé, ils passent par chez nous au Chillou. "C'est bien" disais-tu. Lorsque nous t'avons laissé, tu n'allais pas vraiment mal. Mais comme d'habitude ces derniers temps tu étais agité la nuit. Maman devait se lever plusieurs fois pour t'aider. "Heureusement que tu es là" lui disais-tu souvent. C'est une semaine après que les choses se sont précipitées. Tu n'avais plus beaucoup d'appétit, tu ne dormais plus guère la nuit, ni le jour. Maman, qui a pris soin de toi, particulièrement ces derniers mois, a dû être hospitalisée en urgence pour une phlébite. Virna et Mourade, d'abord, puis Evelyne et moi sommes accourus. Sur ton fauteuil la respiration se faisait haletante malgré un apport d'oxygène. Tu avais des douleurs au ventre. Nous t'avons apporté une attention de tous les instants, nous avons fait de notre mieux pour t'aider et t'assister dans ces moments difficiles que nous espérions passagers. Tu ne dormais plus, avec Evelyne, je restais à tes cotés jour et nuit. Ton état s'est dégradé rapidement, et il a fallu t'hospitaliser en urgence. Les dernières heures, tu étais soucieux, comme toujours, de la santé de maman, dont tu demandais constamment des nouvelles. Tu avais même l'intention d'aller la voir. "Pas aujourd'hui, parce que je ne me sens pas très bien, mais demain, j'irais la voir à l'hôpital" espérais-tu. Dans les derniers moments tu n'avais d'yeux que pour elle, Ida. A ton chevet à l'hôpital, maman, Evelyne et moi essayions de te soutenir et te réconforter. Dans les derniers instants, mi-conscient tu as pris Ida par le cou, tu as serré ma main, une dernière fois.

Papa, papa, mon petit papa chéri, je suis, nous sommes tous bouleversés, profondément. Tu quittes notre monde, tu auras vécu presque 89 ans.

J'ai mal, je pleure mon petit papa. Je ne t'oublierai jamais, je te garderai dans mon coeur, je penserai à toi souvent, tu vivras en moi encore et encore, pour toujours.

Bruno fornaciari

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Le 7mai vers 6 heures du soir, tu as cessé ton combat, le combat pour ta propre vie et celui plus grand, pour les autres que tu as mené avec dévouement et conviction durant toute ta vie, ton combat pour une humanité plus libre. « Rien n’est précaire comme vivre, Rien comme être n’est passager... ». disait Aragon. Tu as choisi de partir en mai, ce joli mois de mai, dans ton jardin le pommier que tu as fait naître commençait ses premières fleurs, ces quelques rangées de vigne que tu as transplantées au grand étonnement des passants étaient pour toi et Ida une partie de l’Italie sur la terre Normande. Le lilas est maintenant fleuri et son parfum apaise notre douleur.

"La vie n’a pas d’âge La vraie jeunesse ne s’use pas. On a beau l’appeler souvenir, On a beau dire qu’elle disparaît, On a beau dire et vouloir dire que tout s’en va, Tout ce qui est vrai reste là. Quand la vérité est laide, C’est une bien fâcheuse histoire. Quand la vérité est belle, rien ne ternit son miroir. Les gens très âgés remontent en enfance Et leur cœur bat là où il n’y a pas d’autrefois." Jacques Prévert

Les mots, tu les aimais quand ils étaient justes et percutants, « parler pour ne rien dire » comme tu aimais à le dire, n’était pas ton fort. Ce qui me manquera et qui me manque déjà, c’est ta belle voix large et profonde qui en impressionnait plus d’un. Ta présence, faite aussi souvent de silence, mais d’un silence plein de présence. Ta grande pudeur et ton humilité provoquait parfois une grande retenue dans l’expression de tes sentiments. Maintenant, pour ma part, je n’ai pas de regrets de n’avoir pu dire, je te l’ai écrit plusieurs fois, tu as été un père formidable et généreux, et tu as toujours pensé aux autres avant toi-même. Je n’étais pas présente durant tes tout derniers moments mais je garde en mémoire quelques jours avant, le regard intense que nous avons échangé lors de mon départ, peut-être savions nous déjà que ce serait le dernier.....

Pour terminer je vais lire un texte d’Aragon : « L’étranger »

Léa Fornaciari

Pierre Laurent
Secrétaire national

Sénateur de Paris

Mme Ida FORNACIARI
10, rue de Chandais
27580 BOURTH

Ref/JZ/Mnp

Paris, 18 mai 2015

Chère Ida,

C'est avec beaucoup d'émotion que j'ai appris le décès de Mario. En ce moment si difficile pour toi, ta famille, tes proches, je souhaite vous adresser un message de sympathie, et de solidarité. Bruno me rappelait le parcours extraordinaire de Mario et sa collaboration au sein du comité central. Mario était un communiste. Cela voulait tout dire... Il avait en lui les valeurs humanistes, fraternelles, solidaires du communisme. Militant syndical et politique, cela n'a pas été toujours simple. Il a subi la répression patronale et policière. Militant politique exemplaire, avec Fernand Thuil, Babacar, et tant d'autres, il a mis son savoir faire au service commun du Parti. Responsable dans le secteur immigration du Parti pour l'immigration italienne et arménienne en France , son rôle était connu et reconnu. Avec une retraite bien méritée et votre installation à Bourth, vous avez continué à votre façon d'aider le Parti en participant régulièrement à son financement.

Toute sa vie, il est resté fidèle à son engagement. Au nom des communistes, et particulièrement ceux qui travaillent aujourd'hui place du colonel Fabien, d'Aubervilliers et de Seine-Saint-Denis et en mon nom, je vous présente toutes mes condoléances.

Bien fraternellement,

Pierre Laurent

2, place du Colonel Fabien 75167 Paris Cedex 19 – tel 01 40 40 11 94 – fax 01 40 40 11 91

Bruno Fornaciari
bciari@orange.fr

http://bruno-fornaciari.over-blog.com/

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20 mai 2015 3 20 /05 /mai /2015 02:52
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16 mai 2015 6 16 /05 /mai /2015 17:10
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16 mai 2015 6 16 /05 /mai /2015 08:44

https://youtu.be/nSmpbGHe8oE

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16 mai 2015 6 16 /05 /mai /2015 06:39
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14 mai 2015 4 14 /05 /mai /2015 01:24

Cuba : "La France doit agir pour la levée immédiate du Blocus qui frappe Cuba"

La visite du président de la République François Hollande à Cuba marque un moment fort, un geste politique de grande importance dans les relations entre la France et Cuba. Elle ouvre un large éventail de possibilités de coopération dans des domaines différents.

Cette coopération, qui concerne les échanges universitaires, le domaine scientifique et de la recherche et la possibilité d'investissements, peut sur le plan politique se traduire par des convergences nouvelles avec Cuba et avec les pays de l'Amérique latine.

La sécurité internationale, la lutte contre les inégalités, le développement durable et le changement climatique ont été mentionnés par François Hollande comme champs possibles de travail commun. Une telle convergence implique de renoncer au recours à la force et de favoriser la résolution politique et diplomatique des conflits, ainsi qu'une action déterminée en faveur de la justice sociale et de la protection de la planète ainsi que la reconnaissance des responsabilités des grandes puissances industrialisées.

Cette visite aurait malgré tout pu avoir une portée bien plus importante si elle avait eu lieu avant le 17 décembre, date de l'annonce de la reprise des relations entre Cuba et les États-Unis.

La France aurait pu ainsi montrer son attachement à l'indépendance et au respect du modèle choisi par Cuba que le président français met en valeur aujourd'hui.

François Hollande a fait à La Havane une promesse : celle de faire de la France une « alliée fidèle » de Cuba. C'est une promesse qu'il peut honorer en agissant maintenant avec détermination en faveur de la levée immédiate effective du blocus qui frappe Cuba depuis un demi-siècle – position prise par la France depuis 1992.

François Hollande va t-il honorer cette promesse ou la France va-t-elle accommoder sa conduite en fonction de son principal allié, les États-Unis comme elle l'a fait devant les sanctions imposées par Washington contre la Banque BNP-Paribas pour ses liens d'affaires avec Cuba. Dans cette affaire, qui date de moins d'un an, la banque française a accepté de payer plus de 6 milliards d'euros de pénalités sans la moindre protestation des autorités françaises.

La position commune adoptée par l'UE en 1996 qui conditionne toute coopération avec Cuba reste en vigueur encore aujourd'hui malgré la volonté de la France d'instaurer un dialogue politique et de coopération entre Cuba et l'Union européenne.

Le Président de la République doit exiger l'annulation de cette mesure anachronique qui nuit aux bonnes relations avec Cuba.

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13 mai 2015 3 13 /05 /mai /2015 15:33
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BRUNO FORNACIARI

HPIM3303

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