Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
20 juillet 2015 1 20 /07 /juillet /2015 08:37
Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans pluralisme
commenter cet article
20 juillet 2015 1 20 /07 /juillet /2015 07:17
Repost 0
19 juillet 2015 7 19 /07 /juillet /2015 19:13

La victoire à la Pyrrhus des maîtres chanteurs de l’austérité

ROSA MOUSSAOUI

VENDREDI, 17 JUILLET, 2015

L'HUMANITÉ

308244 Image 0

Manifestation contre les mesures d’austérité à Bruxelles le 15 juillet. PHOTO THIERRY ROGE/AFP/BELGA

Photo : Thierry Roge/AFP/Belga

Avec une majorité de membres du comité central opposés à la ratification de l’accord, Syriza entre dans une dangereuse zone de turbulences. Les appels à préserver la cohésion du parti se font pressants, alors que des élections anticipées se profilent à l’automne.

Athènes (Grèce), envoyée spéciale. Au son des détonations, manifestants et badauds ne tressautent même plus. Mercredi soir, alors que la Vouli, le Parlement grec, s’apprête à entériner, avec les voix de l’opposition, le sévère plan d’austérité que le premier ministre Alexis Tsipras qualifie luimême de catalogue de « réformes libérales » propres à entretenir la récession, le ballet des policiers antiémeute, sur la place Syntagma, entre flammes des cocktails Molotov et fumée des grenades lacrymogènes, rappelle les nuits athéniennes tendues de juin 2011, avant la signature du deuxième mémorandum.

À quelques mètres de là, sur les bancs du Parlement, commence un rude débat, qui se conclura par l’adoption, à 229 voix contre 64 et 6 abstentions, du bien mal nommé « accord » de Bruxelles, signé par le gouvernement grec sous la menace d’une ruine planifiée de l’économie du pays. Le projet de loi, présenté en urgence aux députés, n’est entériné qu’avec l’appui de l’opposition. Les Grecs indépendants de Panos Kamménos soutiennent le texte mais dans les rangs de Syriza, 6 députés s’abstiennent et 32 votent contre. Parmi ces voix dissonantes, celle de la présidente de la Vouli, Zoé Konstantopoulou, qui s’élève contre un odieux chantage, tout en faisant l’éloge de Tsipras, celle du ministre de l’Énergie Panayotis Lafazanis, indigné par le « terrorisme » et le « colonialisme » des créanciers et celle de l’ex-ministre des Finances Yanis Varoufakis, révolté par un protocole aux allures de « traité de Versailles ».

Tsipras, lui, exhorte les siens à voter oui, tout en évoquant un accord avec lequel il est en désaccord, et des mesures qui « ne profi teront pas à l’économie ». Même s’il jouit toujours du large soutien d’une opinion grecque, terrorisée par la perspective d’un e™ ondrement financier et d’une expulsion de la zone euro, il sait sa majorité parlementaire perdue, et prend des accents de chef de guerre qui vient de perdre une bataille cruciale. « Nous avons affronté, dans un combat inégal, de puissants pouvoirs fi nanciers, dit-il. Le peuple grec sait distinguer entre ceux qui perdent une bataille déséquilibrée et ceux qui rendent les armes. »

C’est que les menaces n’ont pas pris fi n au sortir du tragique sommet européen du 12 juillet. Instrument du coup d’État financier, la Banque centrale européenne a attendu le lendemain du vote à la Vouli pour desserrer le nœud coulant en relevant le plafond des liquidités d’urgence dont dépendent les banques grecques.

Alors que se profile une sérieuse crise politique, Tsipras ne pouvant gouverner sans Syriza, la Grèce, toujours sous pression, pourrait aller, à l’automne, à de nouvelles élections anticipées.

Alors que les Grecs accueillaient avec soulagement, ce jeudi, la bouffée d’air consentie par la BCE, après trois semaines d’état d’exception financier (les banques devraient ouvrir de nouveau leurs portes lundi), sur le terrain politique, l’incertitude régnait toujours, dans l’attente d’un remaniement annoncé. Étaient cités, entre autres, le ministre de l’Énergie Panayotis Lafazanis, qui affirmait la veille à la Vouli tenir sa démission à disposition de Tsipras, s’il le souhaitait, et Dimitris Stratoulis (Sécurité sociale). Tous deux sont, il faut le dire, en première ligne des privatisations et de la réforme des retraites exigées par les créanciers. Les ministres adjoints Nadia Valavani (Finances), Costas Issychos (Défense) et Nikos Chountis (Affaires européennes) avaient, eux, déjà officialisé leur départ du gouvernement. Élue par les députés, la présidente de la Vouli, Zoé Konstantopoulou, qui évoquait mercredi soir, dans un discours sans concession, « un jour noir pour la démocratie », semble, elle, déterminée à rester au perchoir. Au sein du cabinet Tsipras, on n’écartait plus, toutefois, la perspective d’élections anticipées à l’automne. « Il est très possible que des élections aient lieu en septembre ou octobre, en fonction de l’évolution de la situation. Ce sera le résultat d’une évaluation globale de la situation, pas seulement par le gouvernement », a expliqué le ministre de l’intérieur Nikos Voutsis à l’antenne de la radio Sto Kokkino, proche de Syriza. Des membres du gouvernement confiaient au même moment n’avoir appuyé l’accord de Bruxelles que pour conjurer la menace du chaos économique promis à Tsipras. « Ce n’est pas tenable. Le premier ministre ne peut pas gouverner sans majorité, contre Syriza, avec le secours des voix de l’opposition. Le retour aux urnes, à court terme, est inévitable », juge un ministre. Au sein du parti, la situation est tout aussi incertaine et « les débats d’autant plus durs que tout semble instable », déplore une députée qui a choisi l’abstention. Avec une majorité de membres du comité central opposés à la ratification de l’accord, Syriza entre en effet dans une dangereuse zone de turbulences et les appels à préserver la cohésion du parti dans cette tempête se font pressants. « Toute la direction de Syriza s’accorde sur le fait que le gouvernement grec a dû faire face, ces derniers jours, à un coup d’État économique sans précédent. Cela laissera des traces et pèsera à jamais sur l’Europe et sa direction, explique Rania Svigkou, membre du secrétariat politique et porte-parole du parti. Cet accord est le résultat d’une capitulation obtenue par le chantage, dans un contexte où le mandat de négociation restait dans le cadre de la monnaie unique. Indépendamment des points de vue, nous partageons tous la même volonté de préserver l’unité de Syriza. »

Tsipras, en effet, n’a pas perdu la confiance des Grecs

Devant les députés, Tsipras affichait lui, mercredi, la ferme intention de continuer le combat, malgré des marges de manœuvre étroites, pour ne pas dire réduites à néant par le retour de la troïka, et les abandons de souveraineté inédits imposés à Bruxelles. « Nous n’avons pas perdu le soutien de la société. Nous ne permettrons pas qu’un gouvernement de gauche soit renversé. Nous ne ferons pas à nos opposants la faveur d’être une parenthèse », a-t-il insisté, en promettant de s’attaquer à la corruption et aux intérêts enchevêtrés impliquant les oligarques grecs. Le paradoxe de cette situation, c’est que Tsipras, en effet, n’a pas perdu la confiance des Grecs, majoritairement attachés au principe d’un compromis permettant le maintien de la Grèce dans la zone euro et prêts à faire peser sur ses homologues et sur les créanciers la responsabilité d’un mauvais accord auquel personne ne croit, pas même l’opposition qui l’a ratifié. Toujours profondément discréditée, celle-ci ne peut, malgré l’appui grossier de Jean-Claude Juncker, prétendre incarner une alternative, six mois après la sévère sanction des urnes confirmée avec fracas par la cuisante défaite du « oui » au référendum. Tsipras joue-t-il encore la montre ? Dans un entretien à l’ERT, mardi soir, il a admis que la défaite grecque n’écartait pas pour autant, avec certitude, le scénario du Grexit, que défend toujours l’impitoyable ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble. « J’ai cru que cette Europe pouvait être changée, que le droit pouvait primer sur les intérêts des banques. Nous étions seuls, face à tout le système financier mondial. La vérité, c’est que cet accord a été imposé de manière cruelle, a expliqué le premier ministre grec. Mais c’est pour eux une victoire à la Pyrrhus, qui finira par se retourner contre eux. Durant cinq mois, nous avons semé des graines de démocratie et de dignité, elles finiront par fleurir. Les fissures dans le mur de l’austérité sont là, il ne résistera pas. »

Habermas dénonce le « châtiment » infligé aux Grecs. Dans le quotidien britannique The Guardian, le philosophe Jürgen Habermas, figure de l’École de Francfort, étrille la grande coalition allemande à l’attaque de la Grèce et du gouvernement Tsipras. « Je crains que le gouvernement allemand, incluant sa branche sociale-démocrate, n’ait dilapidé en l’espace d’une nuit tout le capital politique qu’une Allemagne meilleure avait accumulé depuis un demi-siècle », déplore le penseur, élève de Theodor Adorno et figure des révoltes étudiantes en Allemagne à la fin des années 1960. Et d’ajouter : « Forcer le gouvernement grec à donner son accord à un fonds de privatisation économiquement discutable et éminemment symbolique ne peut être compris que sous l’angle d’un châtiment décrété contre un gouvernement de gauche. »

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans grece
commenter cet article
18 juillet 2015 6 18 /07 /juillet /2015 14:42

La dette grecque remise par le… FMI

Alors que la Commission européenne propose un prêt relais pour permettre à la Grèce de rembourser ses créanciers, le FMI clame que cette dette grecque est « non-viable » et doit être revue.

La dette grecque est « totalement non viable ». C’est ce qu’affirme le FMI dans une note diffusée publiquement mardi. Avant même l’accord imposé par l’Europe aux Grecs, cette note avait été donnée aux dirigeants européens. Sans effet. Mais l’Allemagne poussant pour que le FMI participe au nouveau plan d’aide, l’institution dirigée par Christine Lagarde a diffusé son document et lâché via un membre affirmant à l’agence Reuters sous couvert d’anonymat : « nous l’avons fait savoir clairement (…) Il nous faut une solution concrète et ambitieuse au problème de la dette ». Non que le sujet ne gène d’un point de vue éthique, le rapport de l’audit sur la dette grecque ayant montré que la non-viabilité mais aussi l’illégalité et l’illégitimité de la dette grecque étaient connues des créanciers dès de la départ parmi lesquels figurent le FMI. Mais là, non seulement la Grèce n’a pas remboursé ses dernières échéances en juin et juillet –ce que l’institution ne supporte pas– mais la débâcle semble trop proche. Le FMI annonce ainsi que la dette grecque va passer de 175% à 200% « dans les deux prochaines années ». Il propose donc trois options : étendre le délai durant lequel la Grèce n’aurait pas à rembourser ses créanciers, transférer annuellement des fonds à la Grèce ou un effacement.

Or, l’accord imposé par les créanciers stipule qu’on ne peut pas faire de coupe dans la dette et que les remboursements sont une priorité.

Quelles que soient les motivations de cette institution, sa sortie a remis le sujet de la dette sur la table.

Un sujet que le gouvernement grec tente désespérément d’imposer à une Union européenne très majoritairement hostile, une Allemagne qui en a fait un casus belli et une France qui reste dans le flou. Encore hier, le Ministre Sapin a dit être sur la même position que le FMI. Laquelle ? Le délai ou l’effacement ?

« Cette dette, que ni le peuple ni le gouvernement actuel n’ont ni créée et gonflée, est utilisée depuis cinq ans comme instrument d’asservissement du peuple par des forces qui agissent à l’intérieur de l’Europe dans le cadre d’un totalitarisme économique » a rappelé Zoé Konstantopoulou, Présidente du parlement grec, avant d’annoncer son vote contre le projet d’accord. Un accord « en total contradiction avec le résultat du référendum » a souligné Eric Toussaint, Président du CADTM(*) ayant piloté l’audit sur la dette commandée parle parlement grec, qui assure qu’une « répudiation » légale de la dette grecque est possible.

Pas de quoi cependant ébranler une Europe arqueboutée sur son refus de négocier la dette. Au contraire. Hier, la Commission européenne a proposé un prêt d’urgence de 7 milliards d’euros… Histoire d’honorer les prêts en cours.

La Marseillaise, le 16 juillet 2015

(*) Comité pour l'annulation de la dette du Tiers Monde.

L’accord en débat au parlement grec hier soir

Initialement prévu à 14h, le débat puis le vote au Parlement grec sur l’accord désormais surnommé de Bruxelles a finalement commencé à 19h à Athènes. Devant la Vouli, le Parlement Grec, une centaine de manifestants se sont rassemblés en matinée puis en fin de journée au moment des débats, tandis que le syndicat des fonctionnaires (Adedy) a lancé hier un appel à la grève de vingt-quatre heures, le premier depuis l’arrivée au pouvoir de Syriza.

A midi, le parti d’Alexis Tsipras s’était réuni en comité central, rejetant à 109 voix sur 201 l’accord imposé et dénonçant : « un coup d'État à Bruxelles contre la démocratie et la souveraineté populaire » dont « l’objectif (…) était d’infliger un châtiment exemplaire à un peuple qui avait envisagé un autre chemin, différent du modèle néolibéral de l’extrême austérité ». Et de demander à ses Députés de voter contre.

Dans la journée, seuls une quarantaine des 149 Députés que compte Syriza avaient annoncé vouloir respecter cette consigne.

Parmi eux, la Vice-Ministre aux Finances, Nadia Valavani, ayant démissionné dans la matinée, ou le Ministre de l’énergie, Panagiotis Lafazanis et la Présidente du Parlement grec, Zoé Konstantopoulou, qui pourtant a accueilli Alexis Tsipras par des applaudissements à son arrivée à la Vouli. Même annonce de vote contre dans les rangs des Députés KKE qui n’ont cessé d’annoncer la « trahison » de Syriza.

En revanche, les 76 députés conservateurs de Nouvelle Démocratie, les 13 socialistes du Pasok et les 17 centristes de To Potami avaient annoncé un vote en faveur de l’accord.

Selon des journaux italiens, Alexis Tsipras aurait mis sa démission dans la balance devant les Députés grecs.

La Marseillaise, le 16 juillet 2015

Accepter la défaite

En politique, il vaut mieux reconnaître ses défaites.

A condition de savoir les encaisser, les analyser et s’en servir pour rebondir. Cela permet d’empêcher de se bercer d’illusions et de vouloir les faire avaler à autrui.

Incontestablement, l’accord signée à Bruxelles entre la Grèce et ses créanciers est à placer au rang des défaites des partisans d’une Europe démocratique. Alexis Tsipras semble en être le premier conscient. Cette défaite risque de coûter cher au peuple grec si son gouvernement ne réussit pas à renverser la tendance. Par quels moyens ?

Bien malin celui ou celle qui réussira à trouver la solution miracle à une constat de contradiction majeure. On a compris qu’il y avait deux tendances au sein de l’équipe gouvernementale grecque à l’issue du référendum. La ligne « Varoufakis » visant à attaquer de front la troïka en se reposant sur les 61% de Non, quitte à subir le Grexit. Et la ligne « Tsipras » faisant du maintien dans la zone euro un préalable inamovible. Alexis Tsipras se trouve aujourd’hui dans une situation politique délicate, au parlement, dans son gouvernement et au sein de Syriza. Dans l’adversité mais pas discrédité. En effet, les critiques portent plus sur le contenu de l’accord que sur son attitude. L’opinion -y compris allemande- s’étant rendu compte que le Premier Ministre grec était tombé dans un guet-apens institutionnel visant à le pousser à la démission. Des chantres de l'austérité qui à trop vouloir museler une gauche de transformation sociale -et du fait d'une social-démocratie et d'une droite traditionnelle disqualifiées- ferait le lit de l'extrême droite. Il faut en effet être aveugle pour ne pas voir qu'Aube dorée n'attend que le pourrissement total de la situation pour sortir du bois et rafler la mise par tous les moyens. L'heure est donc grave en Grèce. Courageux est celui qui admet sa défaite et repart de plus belle au combat.

Sébastien Madau (La Marseillaise, le 16 juillet 2015)

Repères

François Hollande se « réjouit ». De passage à Marseille hier, François Hollande s’est « réjoui » des résultats du vote des parlementaires français, « une très forte majorité » permettant « d’envoyer un signe avant que le parlement grec n’ait à se prononcer ». Et d’insister sur les réformes : « C’était la condition, je sais qu’elle est dure pour Alexis Tsipras, qui sait que son peuple a déjà beaucoup souffert » avant de plaider pour l’euro, « cette monnaie unique, une aventure exceptionnelle qui va donner, qui donne, une force à l’Europe et qui doit être préservée dans l’intérêt du monde ».

La Marseillaise, le 16 juillet 2015

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans grece
commenter cet article
16 juillet 2015 4 16 /07 /juillet /2015 05:17

Le roi est nu: le "modèle allemand" est un poison pour l'Europe

Le coup d'état monétaire perpétré contre la Grèce traduit le niveau de brutalité à laquelle la classe dirigeante allemande est prête à recourir pour perpétuer le système ordo-libéral qui lui permet d'assurer son hégémonie sur le continent.

La chancelière Angela Merkel a cédé en fin de compte aux partisans de la ligne la plus inflexible. En menaçant Alexis Tsipras d'une sortie immédiate et chaotique de la monnaie unique, elle a réussi en effet à lui imposer un nouveau programme de super austérité, voué comme les précédents à l'échec et, au passage, à la démultiplication des souffrances pour le peuple grec. Ce qui ne peut que rendre un grexit inéluctable à terme.
Aux yeux des dirigeants allemands qui font, de fait, front derrière les positions, présentées bien à tort souvent jusqu'ici comme "radicales et isolées" du ministre des finances, Wolfgang Schäuble, l'essentiel n'est plus de maintenir la Grèce dans l'euro mais d'organiser sa sortie, à terme. Selon un processus qui permette de se prémunir des effets déstabilisateurs qu'un grexit immédiat pourrait avoir sur le reste de la zone euro. Schäuble prétend depuis des mois qu'avec le Mécanisme Européen de Stabilité (MES) la zone euro aurait les moyens d'organiser cette "sortie bien ordonnée " de la Grèce de l'euro.
La vraie bataille pour le maintien de la Grèce dans l'euro commence donc par la résistance et la désobéissance aux nouveaux diktats austéritaires décrétés par Berlin et Bruxelles. En Grèce bien entendu. mais aussi et sans doute surtout dans le reste de l'Europe où la soumission aux règles du "modèle allemand" possède les mêmes conséquences sociales et économiques désastreuses. A commencer par celles que subit le peuple allemand dans sa grande majorité depuis la mise en oeuvre de l'agenda "anti-social de l'ex chancelier Schröder .
L'émotion suscitée dans toute l'Europe par le coup contre le gouvernement grec élu - jusqu'en Allemagne où la presse de ce 15 juillet réagissait globalement de façon critique au diktat de Merkel - peut constituer le point de départ d'une résistance à l'échelle du continent exigeant la mise en oeuvre d'une Europe qui se fonde enfin sur le principe de la solidarité et non plus sur celui de la compétition entre ses peuples. Des millions de salariés , de citoyens peuvent se rassembler de Paris à Lisbonne en passant par Madrid, Athènes et Berlin, pour une civilisation européenne enfin émancipée de la loi des plus forts, et singulièrement de celle du capital allemand. Et des idées alternatives fortes autour d'un autre rôle de la BCE, d'une politique du crédit s'émancipant peu à peu des marchés financiers, se plaçant au service de l'emploi et d'un vrai co-développement , ont commencé de germer et ont gagné en crédibilité tout au long du bras de fer de ces dernières semaines.
L'enjeu de cette lutte paneuropéenne est immense. Car le couronnement de l'Europe de la compétition tant voulue par Angela Merkel rime inéluctablement avec régression nationaliste. Celle ci est déjà présente si l'on veut bien y regarder de plus près, dans les débats au sein des cercles dirigeants allemands les plus "radicalisés" qui voudraient rejouer de "l'atout" monétariste - n'a-t-il pas permis d'organiser jadis une annexion en bonne et due forme de l'ex RDA - pour élargir encore leur domaine d'influence en Europe grâce au Deutsche mark ressuscité ou à un "euro du nord".
Bruno Odent

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans grece
commenter cet article
15 juillet 2015 3 15 /07 /juillet /2015 20:07

Pierre Laurent au Sénat sur l’accord du 13 juillet avec la Grèce

Intervention de Pierre Laurent au Sénat sur l’accord du 13 juillet avec la Grèce - Seul le prononcé fait foi.

Nous abordons le vote crucial d’aujourd’hui, toujours sous le choc, et certains que le coup porté ce week-end à la démocratie marquera durablement les esprits et les relations entre pays européens.

Trois sentiments animent le groupe CRC :

La volonté de défendre l’intérêt du peuple grec qui a eu le courage de se lever - le 25 janvier et lors du référendum - pour crier à la face de l’Europe sa souffrance et son exigence de voir lever le pilon qui l’écrase !

Vive le peuple grec digne et libre.

Et vive Alexis TSIPRAS dont le courage et la responsabilité politique sont exemplaires.

Le second sentiment, c’est la colère contre la violence de dirigeants de l’UE - au premier rang desquels Angela MERKEL et Wolfgang SCHAUBLE.

Ils viennent de montrer quels intérêts ils défendent.

Qu’un peuple se lève contre l’ordre libéral et l’oligarchie financière, et ils s’affairent à le soumettre et le punir.

Depuis le premier jour, ils n’ont jamais recherché un accord viable avec la Grèce et ont organisé son asphyxie financière.

Ils voulaient la tête d’Alexis TSIPRAS.

Le référendum a douché leur tentative de coup de force.

Ils se sont alors acharné jusqu’à la dernière minute à provoquer un « GREXIT » de fait. Alexis TSIPRAS, porteur du mandat de son peuple de rester dans la zone euro et de faire respecter la souveraineté de la Grèce, dans l’UE, s’y est refusé avec juste raison.

Dès lors, leur choix a été l’humiliation et le chantage pour imposer le couteau sous la gorge, un nouveau plan drastique à la Grèce. Ces dirigeants et leur méthode sont la honte de l’Europe ! Ils ne servent que les pouvoirs financiers, quitte à s’appuyer sur l’extrême droite. Des millions d’Européens ne l’oublieront pas. Le troisième sentiment est alors celui d’une très grande inquiétude pour l’avenir de l’Europe.

Elle meurt dans les cœurs et dans les têtes si elle continue ainsi. Tous ceux qui persistent à soutenir de telles méthodes prennent une très grave responsabilité devant l’histoire !

Des frustrations et des humiliations générées par une telle arrogance et la seule loi du plus fort naîtront des monstres politiques ! Ils grandissent déjà au coeur de l’Europe !

La leçon première à tirer, est l’impérieuse nécessité de la refondation sociale et démocratique de l’UE, et son émancipation urgente des logiques financières qui l’étouffent.

L’accord qui nous est soumis écarte à première vue le « GREXIT » qui était et qui reste l’objectif des dirigeants allemands.

Alexis TSIPRAS a dit hier, avec une grande loyauté à l’égard de son peuple, dans quelles conditions il a assumé un accord contraint et forcé, pour éviter ce cauchemar à la Grèce.

Je sais, que devant la brutalité de cet accord, certains en viennent à penser que le GREXIT ne serait plus qu’un moindre mal.

Je ne le crois pas.

Les Grecs non plus.

Parce qu’une sortie de la zone euro ferait passer la Grèce de la crise humanitaire à l’hécatombe.

Parce que toutes nos économies seraient déstabilisées.

Parce que c’est aussi une affaire politique et géopolitique qui peut ouvrir le chemin à un nouveau choc des nations. Regardez comment dans le dos des irresponsables comme monsieur SCHAUBLE, Marine LE PEN et les siens attendent le « GREXIT » comme la victoire enfin remportée, qui sonnerait le glas de la solidarité européenne !

Mais l’accord n’a pas réellement levé ce risque en choisissant d’imposer à la Grèce une mise sous tutelle insupportable et de nouvelles mesures d’austérité draconiennes.

Joseph STIGLITZ, prix NOBEL, a déclaré : « les efforts demandés à Athènes dépassent la sévérité, ils recèlent un esprit de vengeance ! », comme si le peuple grec devait payer le prix de son insoumission.

Si les exigences des créanciers sont toutes respectées, elles s’avéreront une nouvelle fois injustes socialement et empêcheront les objectifs de redressement productif du pays.

Alexis TSIPRAS a redit sa volonté de protéger les plus faibles et d’aller chercher de nouvelles recettes fiscales auprès de ceux qui s’enrichissent. Il a redit la nécessité absolue d’investissements productifs pour relancer l’économie et d’allègement du fardeau de la dette.

Mais tout est fait pour l’en empêcher.

Ainsi en va-t-il du programme démentiel de privatisations. Les rapaces sont déjà à pied d’œuvre.

Vinci est paraît-il déjà sur place pour racheter les aéroports !

Plusieurs engagements financiers sont envisagés par l’accord à la demande de la Grèce :

- un programme de refinancement de 82 à 85 milliards d’euros,

- un rééchelonnement partiel de la dette,

- un plan d’investissement pouvant aller jusqu’à 35 milliards d’euros.

Sans ces engagements, tout le monde le sait, aucune relance ne sera possible !

Or, sous la pression de l’Allemagne, tous ces engagements sont rendus hypothétiques et seront soumis au chantage permanent des créanciers !

Quant à la France, si le Président de la République a joué tardivement un rôle pour éviter le « GREXIT », elle a accepté que le prix exorbitant à payer soit fixé par Angela MERKEL, qui a dicté, une fois de plus ses conditions.

Je le dis solennellement, pour la Grèce mais aussi pour la France, nous ne sommes pas quittes. Et ne nous pouvons encore moins après ça, nous remettre à célébrer, comme si de rien n’était, le couple « indestructible » franco-allemand. La bataille ne fait que commencer. TSIPRAS est en première ligne. Certains voudraient refermer la parenthèse grecque. Notre intérêt commun, grecs, français, espagnols, européens de toute nationalité est au contraire de pousser au changement dans toute l’Europe, de la libérer des forces libérales et des marchés financiers.

La France doit agir immédiatement pour :

- obtenir le déblocage immédiat des liquidités de la BCE sans les soumettre à de nouvelles conditions

- mobiliser le plus vite possible les 35 milliards d’investissements prévus en engageant sans tarder la contribution de la France et en proposant à d’autres pays de se joindre à la création d’un fonds de développement pour la Grèce qui pourrait préfigurer un fonds de développement pour l’Europe toute entière

- Travailler à concrétiser le rééchelonnement de la dette.

Notre vote est aujourd’hui un acte de lutte et de solidarité aux côtés du peuple grec, d’Alexis TSIPRAS et de nos camarades de SYRIZA.

Nous sommes solidaires de leurs choix et assumons leur difficile et courageux combat.

Nous sommes à leurs côtés pour dire non à l’expulsion de la Grèce.

Mais nous disons d’un même mouvement, au nom de la France, que l’accord scandaleux imposé à Bruxelles n’est pas digne de l’Europe et qu’aucun maintien dans l’euro ne le peut légitimer.

Le Groupe CRC votera majoritairement contre.

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans grece groupe GDR-CRC
commenter cet article
13 juillet 2015 1 13 /07 /juillet /2015 23:59
Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans DETENDEZ-VOUS EN MUSIQUE
commenter cet article
11 juillet 2015 6 11 /07 /juillet /2015 13:32
Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans grece INTERNATIONAL
commenter cet article
10 juillet 2015 5 10 /07 /juillet /2015 21:48

Site du secteur international du PCF

Grèce - Les chemins d'une autre Europe

Depuis 5 ans, les politiques d'austérité menées en Grèce ont dramatiquement échoué : le chômage et la pauvreté ont atteint des seuils critiques, l'économie s'est arrêtée, la dette publique a explosé : elle représentait 120% du produit national avant la mise en place des plans d’austérité et équivaut aujourd’hui à 180% du PIB. Il est temps d’admettre que l’expérience a échoué.

Un nombre croissant d'économistes partagent ce point de vue. En France, 3 personnes sur 4 considèrent qu'il existe d'autres solutions que l'austérité pour sortir de la crise.

Avec le référendum, le peuple grec s'est lui aussi clairement exprimé pour un changement de politique et pour rester dans la zone euro. Cette victoire du Non rend possible une issue positive à la crise, qui écarterait à la fois les diktats de l’ancienne Troïka et un Grexit aux coûts exorbitants. C’est une chance pour la Grèce et pour toute l’Europe, à commencer par les pays de la zone euro.

La solution à cette crise qui n'est pas grecque mais européenne, est à portée de main. La France doit s'engager sans faiblir pour la rendre possible, rejeter les stratégies visant à l'expulsion de la Grèce de la zone Euro, envisager la restructuration de la dette, pour un plan d'investissement et soutenir le gouvernement dans ses réformes pour une fiscalité plus juste et une lutte renforcée contre la corruption.

Extrait de l'intervention de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF devant le Sénat (8 juillet 2015)

L'Europe, et non seulement la Grèce, est face à un choix qui concerne son avenir. C'est un enjeu démocratique qui nous concerne tous. Le débat n'est pas technique, car tous les ingrédients d'un accord viable sont sur la table. Comme l'a encore montré Alexis Tsipras ce matin au Parlement européen, le débat est politique.

Qui décide en Europe ?

Est-ce la finance qui gouverne, dicte sa loi ou les peuples ont-ils le droit de maîtriser démocratiquement l'utilisation du système monétaire et bancaire. Un peuple qui vote a-t-il voix au chapitre ou sommes-nous entrés dans la « forme d'inconnue » qui ressemble bien à une dictature de marché ? De la réponse à ces questions, dépend notre avenir commun (…).

Dix ans après le Non des Français au Traité constitutionnel européen, les inventeurs de la démocratie, le berceau de notre civilisation, « Le petit peuple qui combat sans épée ni balle » du poète Yannis Ritsos, nous lancent donc un appel salutaire à repenser l'avenir de l'Europe. Ils s'adressent aujourd'hui à la France des Lumières, de la Révolution, de la Liberté, de l'Egalité et de la Fraternité, à la France solidaire, frondeuse, indépendante, résistante et intelligente.

Le débat n'oppose pas pro et anti européens. Il oppose les dogmatiques de l'ordre libéral, des partisans de la destruction de l'Europe comme le FN et ses alliés, à ceux qui veulent comme Alexis Tsipras, comme nous, comme les syndicalistes allemands, retrouver le chemin d'une Europe solidaire.

L'Europe d'Alexis Tsipras, est celle du progrès social et écologique, de la solidarité et de la démocratie, de la coopération consentie et du respect des choix démocratiques, c'est la nôtre. C'est à ce peuple debout et à cette idée de l'Europe que la France doit s'allier dès maintenant et jusqu'au bout (…).

Il ne suffit plus de répéter que des propositions responsables doivent être mises sur la table par les Grecs. Elles le sont. La France doit maintenant user de tout son poids pour conclure un accord rapide sur ces bases.

Pour rejeter le Grexit, maintenir la Grèce dans la zone Euro, en s'opposant à toute stratégie visant à sa sortie, en usant si nécessaire de notre droit de veto.

Pour engager sans tarder les discussions sur la restructuration de la dette grecque, et plus généralement des Etats européens, jusqu'à proposer la tenue, pourquoi pas à Paris, d'une conférence européenne de la dette.

Pour soutenir le gouvernement Grec dans les nécessaires réformes pour une fiscalité plus juste et une lutte renforcée contre la corruption, en refusant de nouvelles mesures d'austérité visant de manière indiscriminée la population grecque déjà exsangue.

Pour appuyer un grand plan d'investissements européen destiné à financer le redressement de l'économie productive et la transition écologique.

La BCE en a les moyens. Depuis janvier, elle crée chaque mois 60 millions d'euros avec l'objectif d'aller jusqu'à 1 140 milliards au lieu de les injecter sur les marchés financiers, elle doit mobiliser son formidable pouvoir de création monétaire à travers un fond de développement économique, social et écologique européen, démocratiquement géré. La Grèce mais aussi tous les européens qui souffrent de l'austérité pourraient en bénéficier.

La solution est à portée de main. La France doit s'engager sans faiblir pour la rendre possible.

Comprendre - Chronologie de la crise

2000-2008 – Les origines

Les gouvernements de droite et du Pasok successifs truquent les comptes avec la complicité de Goldman Sachs pour faciliter l’entrée dans l’euro. Les jeux olympiques sont ruineux (sauf pour les affairistes du BTP,… ), le budget militaire surdimensionné (pour les plus grands profits des vendeurs d’armes français, anglais, etc.. ), et s'ouvre une politique d’endettement à guichet ouvert liée à la recherche de marchés plus rémunérateurs par les grandes banques occidentales, en particulier allemandes et françaises.

2008-2009 – La crise financière

Pour sauver les banques occidentales, les Etats engagent de vaste plan de sauvetage, avec un plan de soutien de la Banque Fédérale aux États-Unis (29 000 milliards de dollars) et par la Banque Centrale Européenne (5 000 milliards d’euros). En Grèce, de nombreux ménages se retrouvent brutalement dans l’incapacité de payer leurs échéances et les banques sont aux abois.

2009 – Intervention de la Troïka

L'objectif de la Troïka n'est pas de sauver la Grèce mais les banques (principalement française et allemandes) qui ont prêtées et spéculées sur la dette grecque. L’intervention de la Troïka prendra donc deux aspects :

La mise en place d'un plan d'austérité qui ne touchera pas ou peu les plus riches, tout en supportant des taux d’intérêts de plus en plus élevés des banques.

En contrepartie de cette austérité la Troïka va verser en deux temps en 2010 et 2012, pour 110 et 130 milliards d’euros. Mais cet argent pour l’essentiel n’ira jamais en Grèce, ni aux Grecs. Pour plus de 4 euros sur 5, il a servi à racheter les emprunts d’Etat détenus par des banques privées européennes.

Le bilan de 5 ans de régime Troïka

Le bilan de cette « intervention » pour la Grèce est catastrophique : loin de « soigner » la Grèce, ce traitement « libéral » aggrave la situation : en quelques années, le pays perd 25 % de son PIB (-42 % entre 2008 et 2015), voit son taux de chômage tripler pour atteindre 27 % (60 % chez les jeunes et 72 % chez les jeunes femmes), et en lieu et place d’une diminution de la dette publique, on voit celle-ci augmenter jusqu’à 320 milliards d’euros pour représenter 177 % du PIB en juin 2015.

Et maintenant ?

Quelques jours après le référendum la volonté de la Troïka est toujours la même : «Soit vous signez le mémorandum, soit votre économie va s’effondrer. Comment ? Nous allons faire tomber vos banques. » (Propos du président de l'Eurogroupe à l'ex-ministre des finances grec, Yanis Varoufakis)

À VISITER

Site du secteur international du PCF

LETTRE RELATIONS INTERNATIONALES

Télécharger

Télécharger

DERNIÈRE PUBLICATION

Télécharger

PARTI DE LA GAUCHE EUROPÉENNE

Grèce - Les chemins d'une autre Europe

Depuis 5 ans, les politiques d'austérité menées en Grèce ont dramatiquement échoué : le chômage et la pauvreté ont atteint des seuils critiques, l'économie s'est arrêtée, la dette publique a explosé : elle représentait 120% du produit national avant la mise en place des plans d’austérité et équivaut aujourd’hui à 180% du PIB. Il est temps d’admettre que l’expérience a échoué.

Un nombre croissant d'économistes partagent ce point de vue. En France, 3 personnes sur 4 considèrent qu'il existe d'autres solutions que l'austérité pour sortir de la crise.

Avec le référendum, le peuple grec s'est lui aussi clairement exprimé pour un changement de politique et pour rester dans la zone euro. Cette victoire du Non rend possible une issue positive à la crise, qui écarterait à la fois les diktats de l’ancienne Troïka et un Grexit aux coûts exorbitants. C’est une chance pour la Grèce et pour toute l’Europe, à commencer par les pays de la zone euro.

La solution à cette crise qui n'est pas grecque mais européenne, est à portée de main. La France doit s'engager sans faiblir pour la rendre possible, rejeter les stratégies visant à l'expulsion de la Grèce de la zone Euro, envisager la restructuration de la dette, pour un plan d'investissement et soutenir le gouvernement dans ses réformes pour une fiscalité plus juste et une lutte renforcée contre la corruption.

Extrait de l'intervention de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF devant le Sénat (8 juillet 2015)

L'Europe, et non seulement la Grèce, est face à un choix qui concerne son avenir. C'est un enjeu démocratique qui nous concerne tous. Le débat n'est pas technique, car tous les ingrédients d'un accord viable sont sur la table. Comme l'a encore montré Alexis Tsipras ce matin au Parlement européen, le débat est politique.

Qui décide en Europe ?

Est-ce la finance qui gouverne, dicte sa loi ou les peuples ont-ils le droit de maîtriser démocratiquement l'utilisation du système monétaire et bancaire. Un peuple qui vote a-t-il voix au chapitre ou sommes-nous entrés dans la « forme d'inconnue » qui ressemble bien à une dictature de marché ? De la réponse à ces questions, dépend notre avenir commun (…).

Dix ans après le Non des Français au Traité constitutionnel européen, les inventeurs de la démocratie, le berceau de notre civilisation, « Le petit peuple qui combat sans épée ni balle » du poète Yannis Ritsos, nous lancent donc un appel salutaire à repenser l'avenir de l'Europe. Ils s'adressent aujourd'hui à la France des Lumières, de la Révolution, de la Liberté, de l'Egalité et de la Fraternité, à la France solidaire, frondeuse, indépendante, résistante et intelligente.

Le débat n'oppose pas pro et anti européens. Il oppose les dogmatiques de l'ordre libéral, des partisans de la destruction de l'Europe comme le FN et ses alliés, à ceux qui veulent comme Alexis Tsipras, comme nous, comme les syndicalistes allemands, retrouver le chemin d'une Europe solidaire.

L'Europe d'Alexis Tsipras, est celle du progrès social et écologique, de la solidarité et de la démocratie, de la coopération consentie et du respect des choix démocratiques, c'est la nôtre. C'est à ce peuple debout et à cette idée de l'Europe que la France doit s'allier dès maintenant et jusqu'au bout (…).

Il ne suffit plus de répéter que des propositions responsables doivent être mises sur la table par les Grecs. Elles le sont. La France doit maintenant user de tout son poids pour conclure un accord rapide sur ces bases.

Pour rejeter le Grexit, maintenir la Grèce dans la zone Euro, en s'opposant à toute stratégie visant à sa sortie, en usant si nécessaire de notre droit de veto.

Pour engager sans tarder les discussions sur la restructuration de la dette grecque, et plus généralement des Etats européens, jusqu'à proposer la tenue, pourquoi pas à Paris, d'une conférence européenne de la dette.

Pour soutenir le gouvernement Grec dans les nécessaires réformes pour une fiscalité plus juste et une lutte renforcée contre la corruption, en refusant de nouvelles mesures d'austérité visant de manière indiscriminée la population grecque déjà exsangue.

Pour appuyer un grand plan d'investissements européen destiné à financer le redressement de l'économie productive et la transition écologique.

La BCE en a les moyens. Depuis janvier, elle crée chaque mois 60 millions d'euros avec l'objectif d'aller jusqu'à 1 140 milliards au lieu de les injecter sur les marchés financiers, elle doit mobiliser son formidable pouvoir de création monétaire à travers un fond de développement économique, social et écologique européen, démocratiquement géré. La Grèce mais aussi tous les européens qui souffrent de l'austérité pourraient en bénéficier.

La solution est à portée de main. La France doit s'engager sans faiblir pour la rendre possible.

Comprendre - Chronologie de la crise

2000-2008 – Les origines

Les gouvernements de droite et du Pasok successifs truquent les comptes avec la complicité de Goldman Sachs pour faciliter l’entrée dans l’euro. Les jeux olympiques sont ruineux (sauf pour les affairistes du BTP,… ), le budget militaire surdimensionné (pour les plus grands profits des vendeurs d’armes français, anglais, etc.. ), et s'ouvre une politique d’endettement à guichet ouvert liée à la recherche de marchés plus rémunérateurs par les grandes banques occidentales, en particulier allemandes et françaises.

2008-2009 – La crise financière

Pour sauver les banques occidentales, les Etats engagent de vaste plan de sauvetage, avec un plan de soutien de la Banque Fédérale aux États-Unis (29 000 milliards de dollars) et par la Banque Centrale Européenne (5 000 milliards d’euros). En Grèce, de nombreux ménages se retrouvent brutalement dans l’incapacité de payer leurs échéances et les banques sont aux abois.

2009 – Intervention de la Troïka

L'objectif de la Troïka n'est pas de sauver la Grèce mais les banques (principalement française et allemandes) qui ont prêtées et spéculées sur la dette grecque. L’intervention de la Troïka prendra donc deux aspects :

La mise en place d'un plan d'austérité qui ne touchera pas ou peu les plus riches, tout en supportant des taux d’intérêts de plus en plus élevés des banques.

En contrepartie de cette austérité la Troïka va verser en deux temps en 2010 et 2012, pour 110 et 130 milliards d’euros. Mais cet argent pour l’essentiel n’ira jamais en Grèce, ni aux Grecs. Pour plus de 4 euros sur 5, il a servi à racheter les emprunts d’Etat détenus par des banques privées européennes.

Le bilan de 5 ans de régime Troïka

Le bilan de cette « intervention » pour la Grèce est catastrophique : loin de « soigner » la Grèce, ce traitement « libéral » aggrave la situation : en quelques années, le pays perd 25 % de son PIB (-42 % entre 2008 et 2015), voit son taux de chômage tripler pour atteindre 27 % (60 % chez les jeunes et 72 % chez les jeunes femmes), et en lieu et place d’une diminution de la dette publique, on voit celle-ci augmenter jusqu’à 320 milliards d’euros pour représenter 177 % du PIB en juin 2015.

Et maintenant ?

Quelques jours après le référendum la volonté de la Troïka est toujours la même : «Soit vous signez le mémorandum, soit votre économie va s’effondrer. Comment ? Nous allons faire tomber vos banques. » (Propos du président de l'Eurogroupe à l'ex-ministre des finances grec, Yanis Varoufakis)

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans grece
commenter cet article
9 juillet 2015 4 09 /07 /juillet /2015 01:09

Grèce. Pierre Laurent : « La solution est à portée de main, la France doit s'engager pour la rendre possible »

MERCREDI, 8 JUILLET, 2015

HUMANITE.FR

pn_laurent_tscg_senat_007.jpg

L'intervention que Pierre Laurent, sénateur de Paris, à prononcé cet après-midi devant le Sénat à propos de la Grèce.

Monsieur le Premier Ministre,

Mesdames, Messieurs les ministres,

Chers collègues

Face au chantage et à l'injustice, le peuple grec a envoyé dimanche dernier un message d'espoir à toutes celles et ceux qui souffrent de l'austérité. Pour la deuxième fois en 6 mois, le peuple grec a exprimé sa soif de dignité, de démocratie et de liberté.

Il a voté sans céder à l'arsenal de pressions politiques, médiatiques, financières, aux chantages, aux tentatives de détournement de la question qui lui était posée.

Après 5 ans d'une austérité inhumaine, et je rappelle que vous avez tous voté ces mécanismes, 61 % des Grecs, ont dit « non » à une nouvelle baisse des retraites, à l'augmentation de la TVA sur les produits de consommation courante, à une nouvelle saignée d'austérité qui aurait affaiblie encore un peu plus leur pays.

Ils ont réaffirmé leur volonté: sortir de l'austérité et trouver une solution durable et profitable à la Grèce comme à l'ensemble des pays européens au sein de la zone euro.

En somme, ils ont conforté la démarche de négociation honnête et raisonnable qu'Alexis Tsipras n'a cessé de défendre sur la scène européenne depuis son élection.

Monsieur le Ministre, vous savez comme moi que cette démarche n'a pas été celle de ses partenaires, de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international qui pendant ces longs mois ont joué la faillite du pays, cherchant l'abdication politique de ces nouveaux dirigeants démocratiquement élus.

C'est l'ultimatum du FMI, alors qu'un accord était en bonne voie, qui a contraint le gouvernement grec à se tourner à nouveau vers son peuple.

Ce référendum a remis les pendules à l'heure face à ce coup de force larvé. Il a permis la reprise des négociations. Le fait est que certains gouvernements ne veulent pas qu'une politique s'écartant du dogmatisme libéral dominant puisse être expérimentée dans l'Union Européenne.

L'Europe, et non seulement la Grèce, est face à un choix qui concerne son avenir.

C'est un enjeu démocratique qui nous concerne tous.

Le débat n'est pas technique, car tous les ingrédients d'un accord viable sont sur la table. Comme l'a encore montré Alexis Tsipras ce matin au Parlement européen, le débat est politique.

Qui décide en Europe ?

Est-ce la finance qui gouverne, dicte sa loi ou les peuples ont-ils le droit de maîtriser démocratiquement l'utilisation du système monétaire et bancaire

Un peuple qui vote a-t-il voix au chapitre ou sommes-nous entrés dans la « forme d'inconnue » qui ressemble bien à une dictature de marché ?

De la réponse à ces questions, dépend notre avenir commun.

Français, Grecs, Européens, nous sommes tous concernés. Le Grexit serait irresponsable et serait d'ailleurs la solution la plus coûteuse et de loin pour tous. Nous ne pouvons pas en rester au maintient aveugle des règles qui nous ont déjà conduits à la catastrophe, elles ne sont un avenir ni pour la Grèce, ni pour la France, ni pour l'ensemble des peuples européens.

Dix ans après le Non des Français au Traité constitutionnel européen, les inventeurs de la démocratie, le berceau de notre civilisation, « Le petit peuple qui combat sans épée ni balle » du poète Yannis Ritsos, nous lancent donc un appel salutaire à repenser l'avenir de l'Europe. Ils s'adressent aujourd'hui à la France des Lumières, de la Révolution, de la Liberté, de l'Egalité et de la Fraternité, à la France solidaire, frondeuse, indépendante, résistante et intelligente.

Comme les dizaines de personnalités de gauche, et parfois même de droite, et du mouvement social, syndical, culturel qui ont pris parti pour le peuple grec,

comme les milliers de citoyens qui ont défilé dans notre pays en solidarité,

comme les 67% de Français qui déclarent nécessaires d'autres solutions que l'austérité, le groupe CRC considère que la place de la France est avec les Grecs, pour les sortir de l'impasse, mais aussi parce que la Grèce se bat aujourd'hui pour nous tous, contre les irresponsables qui ont mené l'Europe à la catastrophe ET contre ceux qui en profitent pour vendre leurs camelote populiste et nationaliste.

Le débat n'oppose pas pro et anti européens. Il oppose les dogmatiques de l'ordre libéral, des partisans de la destruction de l'Europe comme le FN et ses alliés, à ceux qui veulent comme Alexis Tsipras, comme nous, comme les syndicalistes allemands, retrouver le chemin d'une Europe solidaire.

L'Europe d'Alexis Tsipras, est celle du progrès social et écologique, de la solidarité et de la démocratie, de la coopération consentie et du respect des choix démocratiques, c'est la nôtre.

C'est à ce peuple debout et à cette idée de l'Europe que la France doit s'allier dès maintenant et jusqu'au bout.

Nous aurions souhaité, monsieur le Premier Ministre, que notre parlement s'exprime sur un mandat de négociations, comme cela se fait dans plusieurs pays démocratiques, dont la Grèce.

Cela aurait peut-être empêché des fautes politiques comme l'éviction du Ministre des finances de la République Hellénique, lors de l'Eurogroup samedi dernier, et la signature par Michel Sapin du texte inhumain instaurant la fin du programme de financement d'urgence des banques grecques, provocant la fermeture de celles-ci, alors même que le Président de la République nous assurait de sa détermination à trouver un accord le lundi précédent.

La France n'a rien à gagner au double langage, à l’ambiguïté, à la faiblesse.

L'heure est au choix et à une parole forte de la France dans ce moment crucial.

Il ne suffit plus de répéter que des propositions responsables doivent être mises sur la table par les Grecs. Elles le sont. La France doit maintenant user de tout son poids pour conclure un accord rapide sur ces bases.

Pour rejeter le Grexit, maintenir la Grèce dans la zone Euro, en s'opposant à toute stratégie visant à sa sortie, en usant si nécessaire de notre droit de veto.

Pour engager sans tarder les discussions sur la restructuration de la dette grecque, et plus généralement des Etats européens, jusqu'à proposer la tenue, pourquoi pas à Paris, d'une conférence européenne de la dette.

Pour soutenir le gouvernement Grec dans les nécessaires réformes pour une fiscalité plus juste et une lutte renforcée contre la corruption, en refusant de nouvelles mesures d'austérité visant de manière indiscriminée la population grecque déjà exsangue.

Pour appuyer un grand plan d'investissements européen destiné à financer le redressement de l'économie productive et la transition écologique.

La BCE en a les moyens. Depuis janvier, elle crée chaque mois 60 millions d'euros avec l'objectif d'aller jusqu'à 1 140 milliards au lieu de les injecter sur les marchés financiers, elle doit mobiliser son formidable pouvoir de création monétaire à travers un fond de développement économique, social et écologique européen, démocratiquement géré.

La Grèce mais aussi tous les européens qui souffrent de l'austérité pourraient en bénéficier.

Monsieur le ministre, la solution est à portée de main. La France doit s'engager sans faiblir pour la rendre possible.

Pierre Laurent, sénateur de Paris.

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans grece PCF
commenter cet article

BRUNO FORNACIARI

HPIM3303

Recherche

Texte Libre