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12 avril 2011 2 12 /04 /avril /2011 07:46

La direction communiste se réunit aujourd'hui et demain pour définir la ligne politique pour 2012. Elle ne devrait pas se prononcer ce week-end sur le nom du candidat à l'Élysée.

Il ne fait aucun doute qu'une ligne politique sera adoptée pour les échéances électorales de 2012 au Conseil national du PCF qui se réunit aujourd'hui et demain au siège, place du Colonel-Fabien. On est en revanche moins sûr qu'il se prononce sur le candidat du Front de gauche à la présidentielle. Alors que ses partenaires, le Parti de gauche (PG) et la Gauche unitaire (GU), ont déjà choisi Jean-Luc Mélenchon, le PCF veut conditionner le nom du prétendant à l'Élysée à un « accord global incluant le programme partagé, la stratégie politique et les législatives », explique Pierre Laurent.

Certes, dans son rapport d'ouverture, le dirigeant communiste entend souligner que « les candidatures en présence doivent être étudiées avec leurs avantages et leurs inconvénients », estimant que celle de « Jean-Luc Mélenchon doit être examinée comme une hypothèse sérieuse », mais, précise-t-il, « dans le cadre d'un accord global ». La précision semble d'autant s'imposer que les pourparlers entre responsables du Front de gauche coincent sur les législatives. « Si c'est pour avoir 75 % de candidats PCF, ça ne va pas, explique à l'AFP Éric Coquerel. Il faut un équilibre qui reconnaisse son poids, mais pas dans un rapport hégémonique. »

Le dirigeant du PG plaide pour des discussions sur la base de 50 % de candidats PCF, 30 % pour son parti et 20 % pour la Gauche unitaire et autres associatifs ou syndicalistes. Quant au PCF, il en revendique 80 %. « L'accord législatif doit respecter l'ancrage territorial des forces en présence, car il s'agit de créer une dynamique sur le terrain », réplique Pierre Laurent. Mais, selon Christian Picquet, « tout le monde est d'accord pour que le PCF soit la force la mieux représentée. Néanmoins, les autres composantes ne peuvent être en état de subordination totale ». Le porte-parole de la GU estime « essentiel d'afficher la diversité du Front de gauche. Nous sommes un rassemblement de partenaires égaux, même si nous ne sommes pas de taille équivalente ».

Durant ce week-end, le Conseil national du PCF devra prolonger cette discussion ; plus généralement, il devra étudier le texte sur la stratégique politique. Adopté lors d'une rencontre au sommet du Front de gauche, le 31 mars 2011, le document se prononce pour « une campagne présidentielle et législative collective, avec un programme partagé, des candidatures partagées, des temps de parole partagés, des tribunes partagées, un matériel officiel partagé et une ambition partagée ». Ce texte est, selon Pierre Laurent, « la première pièce de l'accord global que l'on veut conclure ».

Il appartiendra ensuite aux communistes de discuter de l'ensemble des éléments jusqu'au vote de la conférence nationale du PCF, les 4 et 5 juin 2011. Cette instance réunissant les délégués devra se prononcer sur le nom du candidat qui portera les couleurs du Front de gauche. Laquelle proposition sera ratifiée par le vote des adhérents.

Mina Kaci

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12 avril 2011 2 12 /04 /avril /2011 07:15

A l'issue du Conseil national du PCF les 8 et 9 avril 2011, où plus de 100 membres du Conseil national sont intervenus, la résolution a été adopté par 87 voix, contre 30, et 9 abstentions.


Le texte de la résolution :

Le Conseil national s'est réuni les 8 et 9 avril. Il a tiré le bilan des élections cantonales. Compte tenu du niveau de l’abstention, les résultats de ces élections ne peuvent conduire à des projections hâtives sur les futures échéances politiques. Les grands traits de la situation qui en découlent sont cependant clairs : notre pays est plongé dans une crise et une instabilité politiques inédites, qui appellent des réponses alternatives fortes à gauche. Faute de cela, les  dérives droitières, voire d’extrême-droite, risquent de s'accélérer.

Dans cet objectif, les bons résultats du Front de gauche nous incitent a poursuivre la démarche engagée avec nos partenaires pour crédibiliser un chemin pour sortir la France de la crise et réussir le changement.

 

Nous vivons, depuis 2008 et la crise financière mondiale, une situation politique exceptionnelle:  Nicolas Sarkozy n'a fait qu'enfoncer la France dans cette crise et a fragilisé l'économie nationale en sacrifiant la production des richesses aux intérêts du capitalisme financier. Notre peuple souffre mais n'a pas renoncé à l'espoir : les résistances continuent d'être massives et multiformes. A l'échelle européenne, le pacte de l'euro + constitue une machine de guerre contre les travailleurs, les services publics et la souveraineté des Etats. Au plan international, Sarkozy engage notre pays dans des aventures guerrières, contraires au rôle positif que pourrait jouer notre pays.

Comment ouvrir dans cette situation le chemin d'une alternative avec nos concitoyens ?

C'est à cela qu'il convient de consacrer toute notre énergie et notre créativité politique.

Alors que la gauche n'apparaît pas capable de s'unir sur la politique de changement attendue par les Français, le Front de gauche est pour nous la meilleure chance de relancer la gauche et de contribuer à son rassemblement pour gagner une majorité de gauche à la hauteur de ces attentes.

 

Dans le contexte des échéances de 2012, le Conseil national identifie deux conditions de la réussite :

  • La première est que se conclut entre toutes les forces actuelles du Front de gauche un accord à la hauteur des défis posés par la situation politique actuelle,un accord qui permette à chacune, et toutes ensemble, de s’engager pleinement dans la bataille, où chacun soit respecté et où le Parti communiste tienne toute sa place.

Après l'adresse aux communistes adoptée en janvier, la délégation du PCF a acté avec nos partenaires un texte portant sur notre ambition politique. Des discussions sont aussi engagées sur le programme partagé et sont résumées dans un document de travail provisoire. Ces textes sont soumis  à l'appréciation des communistes et doivent être enrichis, évalués puis validés par la Conférence Nationale. Nos ambitions pour les élections législatives sont également partie intégrante des choix que nous voulons arrêter en juin sur les échéances de 2012 et sont elles aussi débattues nationalement. Elle doivent se poursuivre en intensifiant les échanges avec les fédérations, avec les communistes dans les circonscriptions, et ouvrir dès maintenant le débat sur les candidatures en plaçant la parité des candidatures titulaires ainsi que l'ouverture au monde du travail et aux forces citoyennes engagées à nos côtés au cœur de nos objectifs.

  • La deuxième condition de la réalisation de notre ambition politique est que le Parti communiste investisse pleinement la démarche du Front de Gauche, avec toute l’énergie, l’esprit d’initiative et de rassemblement dont il est capable, comme viennent encore de le montrer les cantonales, après la bataille des retraites et bien d’autres avant.

Nous devons ambitionner une campagne du Front de Gauche 2012 qui mette au cœur du débat politique les choix de la future majorité législative pour battre la droite et l'extrême droite et sortir la France de la crise. Nous pouvons mener une campagne qui s'appuie sur des centaines de candidat-es qui portent l'objectif d'ouvrir les portes du pouvoir au peuple pour en faire l'acteur du changement : 1200 voix pour porter nos objectifs de transformation sociale et exprimer la diversité et la force collective de notre rassemblement. L'objectif essentiel sera d'aboutir à un groupe du front de gauche où la composante communiste sera renforcée pour mieux répondre aux attentes de la population.

 

Dans cet objectif, le Conseil national verse au débat des communistes les propositions suivantes :

  • 1. Construire des fronts autour des grandes urgences sociales : la lutte contre la précarité, pour le logement, l'école, la santé, les transports, l'égalité femmes hommes, contre les discriminations. ... Nous proposons en particulier un front contre la vie chère, pour l'augmentation des salaires, des retraites et des minima sociaux ; autour de grandes réformes sans lesquelles le changement sera impossible : maîtrise publique bancaire, renouveau industriel et technologique, construction d'une 6ème République, planification écologique  .. Nous proposons notamment un front contre le pacte euro+ et pour une autre Europe avec l'organisation d'un meeting du Front de gauche et du PGE le 3 mai à Paris.
  • 2. Travailler à l'élargissement de la dynamique du Front de gauche en mobilisant l'engagement citoyen d'une part croissante des forces vives du pays à travers des assemblées citoyennes ou sous toute autre forme : en construisant dès maintenant des dynamiques de débats, d'ateliers, d'actions, de mobilisations. Nous pourrions par exemple créer des ateliers législatifs pour élaborer avec les citoyens dans les circonscriptions des propositions de lois qui répondent aux attentes populaires.
  • 3. C'est avec cette ambition de déploiement populaire du Front de gauche que le conseil national a instruit la question de la candidature à l'élection présidentielle.

 
Quatre candidatures sont soumises au débat des communistes, celles d'André Gérin, d'Emmanuel Dang Tran, d'André Chassaigne et de Jean-Luc Mélenchon. Compte tenu de l'engagement très majoritaire des adhérents dans la stratégie du Front de gauche, nous considérons que l'essentiel de la discussion des communistes porte déjà sur le choix entre ces deux dernières candidatures.


Le conseil national invite les communistes à faire leur choix non pas en soutien à une personnalité  car aucune de ces deux candidatures à elle seule ne clôt l'accord d'ensemble  mais au regard de deux critères politiques :
une volonté, celle d'aboutir à un accord qui permette à la dynamique que nous avons initiée de franchir une étape décisive en 2012 .
Une exigence claire, celle que le choix d'une candidature respecte les objectifs que nous exprimions dans l'adresse aux communistes adoptée début janvier. Elle est pour nous  conditionnée à la conclusion d'un accord d'ensemble satisfaisant nos objectifs politiques, un accord qui garantisse le respect d'engagements collectifs, la diversité de notre rassemblement, et la place de notre Parti.
Le processus de préparation de la conférence Nationale est désormais ouvert.

Nous versons au débat des communistes l'ensemble des éléments issus de ce Conseil National :
L'introduction au débat de Pierre Laurent, secrétaire national de notre Parti, les analyses et les opinions  qu'elle contient,en particulier celle qu'il exprime sur la candidature à la Présidentielle,  la discussion qui a suivi, les textes discutés avec nos partenaires, l'adresse, toujours d'actualité, que le Conseil national a adressé aux communistes en janvier.

 

Nous appelons dès maintenant à la tenue d'assemblées générales de communistes pour mener un débat le plus large possible permettant la participation de toutes les adhérent-e-s.

Ces réunions doivent faire l'objet de compte rendus envoyés à la Présidence du Conseil National . La présidence mettra en place une commission, représentative de la diversité des opinions exprimées,  chargée de récolter ces procès verbaux ,  de les mettre à la disposition de tous les communistes, ainsi que tous les éléments qui les aideront à formuler leur choix, notamment les argumentaires explicitant le sens des différentes candidatures..

 

Chaque fédération décidera de la forme la plus efficace que pourra prendre  la mise en commun départementale de ces discussions.
Nous avons en effet besoin de l'apport et de l'implication de tous les communistes, dans un débat serein et responsable, pour que nos décisions soient élaborées collectivement et que chaque adhérent se retrouve dans les décisions qui seront prises.
Les fédérations devront veiller à envoyer des délégations à la conférence nationale représentatives de la diversité de leurs débats, sur la base d'une proposition de représentation conforme à nos statuts : des délégations élues par les conseils départementaux que nous proposons de fixer à 3 délégué-e-s par département plus 1 par tranche de 5OO, l'ensemble des membres du Conseil National qui sont délégué-e-s de droit, et des délégations des parlementaires communistes, dans lesquelles nous proposons qu'ils soient tous et toutes présentes.
La conférence nationale serait ainsi composée de 800 délégué-e-s environ, à jour de leurs cotisations.


Cette conférence nationale des 3, 4 et 5 juin, après débat instruit à partir de tous ces éléments d'appréciation, élaborera le bulletin de vote comportant la proposition de candidature pour l'élection présidentielle et les adhérents se prononceront en toute souveraineté les 16, 17 et 18 juin sur cette proposition.

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12 avril 2011 2 12 /04 /avril /2011 07:15

Jean-Luc Mélenchon, coprésident du Parti de gauche, s'est dit samedi "ému et gratifié" par le fait que la direction du PCF se soit prononcée pour sa candidature à la présidentielle sous les couleurs du Front de gauche.


"Mon nom est proposé, comment voulez-vous que je réagisse sinon en me sentant ému et gratifié?", a déclaré M. Mélenchon à des journalistes à Bagneux où se réunissait le Conseil national du PG. Mais il faut qu'"il y ait ce temps de débat qui appartient aux communistes", a poursuivi l'eurodéputé, prudent. "C'est un devoir de me préparer à une réponse positive" et "j'en ressens toute la gravité", a-t-il ajouté, soucieux de ne pas heurter le processus démocratique interne du PCF. "Si vous me désignez, je serai prêt!", a-t-il assuré.


Pour l'ex-sénateur socialiste, "l'implosion de l'UMP ouvre la présidentielle d'une manière tout à fait nouvelle". L'alternance "ne se fera pas sur la couleur des cravates" mais "sur des contenus", a-t-il fait valoir, comptant "changer radicalement la vie de tous les jours des gens". L'ancien ministre de Lionel Jospin s'est aussi dit "très attaché" à ce que le FG "parle une langue claire, compréhensible par tout le monde, et pas le marshmallow politicien" comme dans le programme du PS.


Il a également balayé la question de la répartition des candidatures aux législatives qui conditionne le soutien du PCF : "ça va être très facile", "on ne va pas se fabriquer des difficultés qui n'existent pas". Quant à l'effacement supposé du PCF, "c'est l'inverse", "j'ai intérêt à un Parti communiste en bonne santé avec des bonnes joues rouges, actif et dynamique et heureux d'être dans la coalition".


Interrogé sur sa présence dans un futur gouvernement de gauche : "Je ne serai membre d'aucun autre gouvernement que celui que je dirige moi", a-t-il répété, comptant "passer en tête de la gauche".

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12 avril 2011 2 12 /04 /avril /2011 07:09

Ce que gagnent les compagnies pétrolières sur un litre de SP95

 

Hors taxes publiques, la formation des prix des carburants est de plus en plus opaque et complexe. En février dernier, le cours de référence Opep (l’Organisation des pays producteurs de pétrole) était de 100 dollars le baril de 159 litres, ce qui donnait le litre à 0,629 dollar, soit environ 0,46 euro.

Ce prix de référence est déterminé à partir d’un panier de bruts produits par les membres de l’organisation allant du Sahara Blend algérien au Merey vénézuélien. Cependant, au fi l des années, le prix du Brent, le pétrole de la mer du Nord, s’est imposé comme la référence mondiale bien que ses volumes échangés soient très en deçà de ceux de l’Arabie saoudite.

Aujourd’hui, le Brent serait utilisé pour fixer les deux tiers des pétroles bruts vendus dans le monde. Qu’exprime cette évolution ? D’abord cette réalité : les livraisons de l’Opep ne représentent que 36 % de la production mondiale. Ensuite et surtout, il y a là l’un des effets de la prise de pouvoir de la finance sur l’activité physique et du rôle grandissant des marchés à terme, notamment celui de Londres, dans le domaine des matières premières.

Comme nous l’avons déjà fait remarquer dans nos colonnes, ces marchés sont très spéculatifs. Pour se protéger des évolutions de cours ou de taux de change, les intervenants achètent et vendent du pétrole virtuel dans des quantités bien plus importantes que le pétrole réel sortant effectivement des puits.

Aussi, dans des situations où la demande est supérieure à l’offre, la spéculation fait gonfler les cours comme un soufflé. Elle y parvient d’autant plus facilement qu’en raison de la surexploitation des travailleurs, des économies de coûts permises par les nouvelles technologies et du soutien sans faille des États, il y a une énorme quantité de capitaux accumulés dans le monde qui ne trouvent pas dans l’activité réelle les moyens de se rentabiliser et qui, de ce fait, se rabattent sur les marchés financiers. Les pétroliers qui interviennent à la fois sur ces marchés spéculatifs, et par ailleurs exploitent et vendent le pétrole réel, en tirent des profi ts colossaux. En France, pour un litre de SP95 à 1,46 euro, 0,84 euro échoit à l’État. Sur le prix hors taxe de 0,62 euro, on peut considérer qu’au pire 0,15 euro, soit environ 26 %, tombe dans l’escarcelle des pétroliers. C’est considérable. C’est d’ailleurs ce qui explique les énormes profits réalisés par ces derniers en 2010. Dix milliards d’euros de bénéfices pour Total qui fait aussi bien qu’en 2009 ; vingt milliards de dollars pour Shell qui les augmente de 61 % ; trentre milliards pour Exxon Mobil qui les booste de 58 %

Pierre Ivorra

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8 avril 2011 5 08 /04 /avril /2011 10:20

Le PCF se félicite de la forte mobilisation pour sauver la santé partout en France, samedi 2 avril dernier. Par leur participation aux rassemblements dans toute la France, usagers, professionnels de la santé, élu-es et militant-e-s, ont montré leur détermination à ne pas laisser le gouvernement et ses directeurs généraux d'ARS zélés, planifier la déstructuration du système de santé publique pour le seul profit du privé. Totalement engagé dans sa construction, le PCF entend tout faire pour que ce 2 avril soit une étape importante dans la construction commune d'une véritable alternative à la logique actuelle des ARS. Il appelle dans chaque région, chaque département, à la poursuite de rassemblements les plus larges pour s'opposer à ceux qui considèrent l'hôpital comme une entreprise et la santé comme une marchandise. Le PCF met à la disposition du mouvement le principe des Assises Régionales de Santé pour un véritable contre-pouvoir et un contrôle démocratique à installer de manière pérenne. C'est aussi l'occasion de lancer largement, et chaque fois que possible de manière contradictoire, le débat sur "la perte d'autonomie" pour lequel nous versons nos propositions.

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5 avril 2011 2 05 /04 /avril /2011 09:20

Monde - le 4 Avril 2011


Il faut croire que le front libyen, avec ses « frappes ciblées » et ses premiers « dégâts collatéraux »,  ne suffisait plus à Nicolas Sarkozy. Voilà la France désormais ouvertement engagée dans la dangereuse confrontation armée qui déchire la Côte d'Ivoire (retrouvez les événements d'hier ici).

 

 Ce lundi soir, des hélicoptères de la force française Licorne  et de la mission de l'ONU en Côte d'Ivoire (Onuci) ont fait feu, à Abidjan,  sur le palais et la résidence du président ivoirien sortant Laurent Gbagbo, ainsi que sur les camps militaire d'Agban et d'Akouédo. « Nous avons lancé l'opération destinée à protéger les populations en mettant hors d'état de nuire les armes lourdes utilisées par les forces spéciales de Laurent Gbagbo contre les populations et contre les Casques bleus de l'ONU », a justifié le porte-parole de l'Onuci, Hamadoun Touré. Lequel invoque la résolution 1975 du Conseil de sécurité de l'ONU autorisant l'Onuci a faire usage de « tous les moyens nécessaires pour mettre en œuvre son mandat de protéger les civils (…) y compris pour prévenir l’usage d’armes lourdes ».

Cette intervention militaire, que laissait entrevoir le quasi doublement des effectifs de Licorne ces derniers jours et la prise de contrôle de l'aéroport d'Abidjan, résulterait d'une demande onusienne. Dans une lettre adressée dimanche à Nicolas Sarkozy, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki Moon, jugeait « urgent de lancer des opérations militaires nécessaires pour mettre hors d'état de nuire les armes lourdes qui sont utilisées contre les populations civiles et les Casques bleus ». Après avoir laissé faire, voir encouragé l'offensive armée des forces pro-Ouattara qui s'est traduite, à Duékoué, dans l'ouest du pays, par des massacres et de graves exactions sous l'œil impassible des casques bleus de l'Onuci, voici donc Nicolas Sarkozy et Ban Ki Moon soudainement très  préoccupés du sort des populations civiles...

 Le but de l'opération semble bel et bien ailleurs. En visant le palais et la résidence présidentielle, ces forces prétendument « impartiales » offrent au camp Ouattara et au chef rebelle devenu Premier ministre, Guillaume Soro, l'appui militaire tant sollicité. Quitte à outrepasser un mandat qui ne prévoit pas, que l'on sache, l'élimination physique de Laurent Gbgabo. En s'accrochant au pouvoir, celui-ci porte une lourde responsabilité dans l'engrenage de violence qui meurtrit aujourd'hui la Côte d'Ivoire. Il n'est pas le seul. En fermant systématiquement, depuis quatre mois, la porte au dialogue, Alassane Ouattara, lui aussi, est comptable du chaos dans lequel le pays est aujourd'hui plongé.

Les combattants sur lesquels il s'appuie, issus des rangs des Forces nouvelles de Guillaume Soro, ne sont ni des enfants de chœur, ni des parangons de démocratie et de respect des droits humains. L'Onuci, nous confiait lundi le président du mouvement ivoirien des droits de l'homme, Me Drissa Traoré, a « failli à sa mission, depuis le début de la crise, en refusant de protéger les civils ». L'ex-puissance coloniale, la plus mal placée pour résoudre cette crise profonde, qu'on ne saurait résumer à un contentieux post-électoral, a elle aussi joué la carte aventureuse de la confrontation.

Il y a quelques semaines, lors de la visite Jacob Zuma, Nicolas Sarkozy souhaitait sur un ton railleur « bon courage » au président sud-africain, opposé à une intervention militaire et membre du panel de chefs d'Etat désigné par l'Union africaine pour tenter de dégager une solution pacifique. Le président français fait aujourd'hui le choix de mettre aux avant-postes de la confrontation armée une force à l'histoire lourde en matière de « protection des civils ». Le 9 novembre 2004, les soldats français de Licorne faisaient feu sur des manifestants  désarmés aux abords de l'Hôtel Ivoire, à Abidjan, faisant plusieurs dizaines de morts et des centaines de blessés.

Rosa Moussaoui

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5 avril 2011 2 05 /04 /avril /2011 06:24

2011

 Le choix d'une solution militaire ne sera pas sans conséquences (PCF)

En Côte d'Ivoire, les violents et intenses combats, les affrontements à l'arme lourde, entre les militaires fidèles à Laurent Gbagbo et les forces d'Alassane Ouattara suscitent une forte inquiétude. Les conséquences humaines risquent d'être graves et le nombre de victimes élevé.

Quelle que soit son issue politique, cette dangereuse confrontation aura inévitablement des effets durables pour l'ensemble du pays, déjà profondément divisé depuis des années. C'est le peuple ivoirien qui paie depuis trop longtemps.

L'effort multilatéral considérable entrepris depuis 2003, avec l'ensemble des Etats africains, pour trouver, face à la complexité de la crise ivoirienne, une solution politique dans la réconciliation et la reconstitution d'une unité a été réduit à néant depuis le dernier scrutin.

Encouragée notamment par les autorités françaises, la solution militaire prévaut à nouveau alors qu'il fallait et qu'il était possible de faire autrement pour trouver un accord électoral et politique. Tous ceux qui ont poussé dans la voie de la confrontation, au mépris de ses risques et de ses conséquences, en porteront la responsabilité.

Parti communiste français

Paris, le 1er avril 2011.

 

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5 avril 2011 2 05 /04 /avril /2011 06:22

Pour remplacer les profs, Chatel recrute à Pôle emploi

Société - le 4 Avril 2011

Le ministre de l'Education, Luc Chatel, a affirmé dans un entretien lundi au Figaro que les proviseurs pourront recruter des remplaçants avec Pôle emploi en cas d'absentéisme.

Pour le ministre "ce n'est pas en recrutant davantage de titulaires remplaçants que ça marchera mieux, les vacataires, étudiants ou jeunes retraités, peuvent très bien remplir ce rôle".

Dans cet entretien, le ministre affirme que les proviseurs pourront recruter des remplaçants avec Pôle emploi en cas d'absentéisme. En réponse à l'initiative des parents d'élèves de vouloir recruter des profs via les petites annonces de la presse quotidienne et sur internet, il ajoute que "ce n'est pas le rôle des parents de passer des annonces de recrutement". "En revanche, j'ai demandé aux proviseurs qu'ils le fassent et qu'ils se mettent en contact avec Pôle emploi".

Selon le ministre de l'Education, l'absentéisme dans les établissements scolaires n'"est pas plus développé qu'ailleurs" - 4% d'absences sur une année. "Et 96,2% de ces absences sont remplacées". "Mais notre système de remplacement doit s'améliorer en étant plus souple et plus réactif", déclare Luc Chatel dans l'édition de lundi du Figaro.

Lutte des classes! Témoignez ici contre la casse de l'école

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5 avril 2011 2 05 /04 /avril /2011 06:21

Education

Le ministre va tester en ZEP des profs uniques pour la physique, les SVT et la techno.

Luc Chatel a présenté hier son « plan » censé redonner le goût des matières scientifiques aux petits Français, plutôt mal classés dans ce domaine selon la dernière étude Pisa. Au milieu d’une batterie de mesures jugées « dilatoires » par le Snes-FSU (séance quotidienne de calcul mental, nomination d’inspecteurs spécialisés pour « mieux piloter le système », partenariat avec le monde des entreprises, etc.), il en est une qui promet de faire du bruit.

Dès la rentrée prochaine, le ministère envisage la mise en place, dans 400 collèges en « zones difficiles », de professeurs qui enseigneront à la fois la physique-chimie, les sciences de la vie et de la terre (SVT) et la technologie ! Un prof multitâche censé, selon les mots du ministre, faire comprendre aux enfants des quartiers populaires « la fluidité de la démarche scientifique »...

En fait, cet enseignement polyvalent, dit « intégré », des sciences est expérimenté depuis 2006 dans 50 collèges, en classe de 6e et 5e. Son bilan ? « On ne le connaît pas, explique Monique Daume, secrétaire nationale du Snes, chargée du collège. Mais les collègues nous disent qu’il est compliqué d’enseigner efficacement trois matières. Ils ne se sentent vraiment à l’aise que dans leur discipline de recrutement. »

Sur le fond, cette mesure réservée aux « zones difficiles » apparaît surtout, pour Monique Daume, comme un pas de plus dans « l’abandon » des milieux populaires. « On y construit, peu à peu, une école au rabais où l’ambition, en termes de savoirs, se limite au socle commun et où, maintenant, les professeurs n’ont plus besoin d’être spécialistes de leur discipline. » À l’heure où le gouvernement ne remplace qu’un fonctionnaire sur deux, cette polyvalence des profs de sciences semble également une aubaine pour faire de nouvelles économies de postes...

Laurent Mouloud

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5 avril 2011 2 05 /04 /avril /2011 06:18

le 31 Mars 2011

événement. Hopitaux

Catherine Mills, « Plus un système de santé est gratuit, plus il est économe et efficace »

économiste, spécialiste de la protection sociale, ouvre des pistes pour bâtir un nouveau système de santé basé sur la solidarité.

L’objectif poursuivi par les promoteurs de la loi Bachelot est-il véritablement de privatiser notre système de santé ?

CATHERINE MILLS. Je ne dirais pas qu’ils recherchent la privatisation complète. Ce qu’ils veulent, c’est un socle public de base, notamment pour les plus malades, les plus vieux, les plus pauvres, en somme pour tout ce qui coûte trop cher, n’est pas rentable. Et une partie privée pour tous ceux qui peuvent payer. Ce qui signifie la démolition complète de nos principes de santé solidaire, avec égalité d’accès aux soins sur tout le territoire, des soins de qualité pour tous. L’idée est donc de garder un « mix », en recourant de plus en plus à des partenariats public-privé. Dans la logique libérale à l’oeuvre, en effet, il faut réduire les dépenses publiques et sociales de santé, faire monter la part prise par le complémentaire et le privé, qui ne font pas partie des prélèvements obligatoires. Ce qui permet, d’un même mouvement, de réduire ces prélèvements, comme le réclame le patronat pour faire baisser le « coût du travail ».

 Le secteur marchand se targue de réaliser les mêmes soins que le public à un moindre coût. Qu’en est-il ?

CATHERINE MILLS. Les réformes visent à harmoniser les financements des secteurs public et privé de la santé en mettant les deux en concurrence, c’est le but de la tarification à l’activité. L’hôpital public, qui doit accueillir tous ceux que le privé n’accueillera jamais parce que c’est trop cher, et qui assume la recherche, les équipements très lourds, les maladies rares, la formation, est évidemment cher. Le privé, lui, accueille tout ce qui peut être standardisé, facile à traiter. On peut parler d’une concurrence faussée et déloyale.

 Autre aspect : le rétrécissement de la couverture de la Sécu et la sollicitation croissante des assurances. Quelle est la perspective, ici, selon vous ?

 CATHERINE MILLS. On s’éloigne de plus en plus du principe de la Sécu où l’on cotise selon ses moyens, et l’on reçoit selon ses besoins. Contre l’idée de besoins sociaux à couvrir, on promeut l’idée de risques individuels, d’autant mieux couverts qu’on paie plus. On avance vers un système à plusieurs vitesses, à l’image des Pays-Bas, où les mutuelles privées ont un rôle très important, et où une sélection s’opère selon la nature du risque, lourd ou mineur, selon les revenus, l’âge… Un système porteur d’inégalités sociales, d’inégalités de santé, et qui dégrade les résultats de santé : les indicateurs d’espérance de vie et de mortalité infantile sont moins bons aux Pays-Bas qu’en France.

 Bâtir un système de santé à la fois solidaire et effi cace, qu’est-ce que cela suppose, selon vous ?

 CATHERINE MILLS. D’abord de débattre de ce que sont les dépenses de santé. Elles vont croître, en liaison avec le niveau de développement, le vieillissement, et ce n’est pas un handicap. Elles contribuent à la croissance (à hauteur de 10 % du PIB), à la création d’emplois, à développer les débouchés des entreprises au niveau d’un territoire, à renouveler la force de travail. Bien sûr, les dépenses de santé doivent être réorientées, notamment vers la prévention, la santé au travail, les risques environnementaux. Il faut définir des objectifs sociaux pour un nouveau système allant vers la gratuité, c’est-à-dire vers un remboursement à 100 % Sécu, les mutuelles devant jouer un autre rôle, notamment dans la prévention. On s’aperçoit que plus un système de santé est gratuit, comme dans les pays scandinaves, plus il est économe, dans le bon sens du terme, avec plus de coordination, de suivi du malade, de meilleures relations entre l’hôpital et son environnement. Et meilleurs sont les indicateurs de santé. Il faut réformer le financement de la Sécu en modulant le taux de cotisations patronales selon la politique d’emploi et de salaires des entreprises, ce qui augmenterait les ressources. En outre, une cotisation sur les revenus financiers des banques et des entreprises, du même niveau que la cotisation patronale à l’assurance maladie (12,8 %) rapporterait des dizaines de milliards d’euros. Bâtir un nouveau service public implique aussi de sortir de la gouvernance autoritaire mise en place par la loi Bachelot, concentrée sur le directeur de l’hôpital, et qui méprise les droits des personnels et des patients. Il faut aller vers de nouveaux pouvoirs pour les usagers, au sein de l’hôpital et au niveau local. Et face aux ARS, pour faire contre-pouvoir, il faut des assises régionales de la santé, partant des besoins.

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR YVES HOUSSON

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Published by bruno fornaciari - dans SANTE
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