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2 mai 2015 6 02 /05 /mai /2015 07:37
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1 mai 2015 5 01 /05 /mai /2015 07:12

Édition : La Revue du Projet

Le PCF et l’Europe, quelle souveraineté dans une union de nations ?, Patrick Le Hyaric

30 AVRIL 2015 | PAR LA REVUE DU PROJET

  • La nation est le cadre vivant de l’expression démocratique, l’espace privilégié des luttes, des rassemblements et du combat politique. Elle est un outil précieux dans le cadre d’une coopération internationale et de la solidarité internationaliste pour ouvrir des brèches face aux politiques libérales.

Entretien avec Patrick Le Hyaric*

Lors de sa dernière convention nationale sur l’Europe, le PCF a choisi de redéfinir son projet européen comme celui d’une « union de Nations et de peuples souverains, libres et associés ». Qu’entendez-vous par là ?

Favorables à la construction européenne, nous voulons profondément la transformer. Les peuples se détourneront de plus en plus d’une Europe qui se fait sans eux et contre eux. On est passé de l’idée de Communauté européenne au concept politique d’« Union européenne ». Cela signifie une intégration toujours plus poussée sur la base de politiques unifiées, uniques, régies par deux traités, le traité de Maastricht et de Lisbonne, complétées par le traité budgétaire et le pacte dit « Euro Plus » (voir le Le pacte des rapaces, éditions de l’Humanité). On voit ainsi comment les institutions européennes pilotent nos politiques budgétaires et monétaires et déterminent des choix quotidiens comme, par exemple, avec la loi Macron qui découle du pacte « Euro-plus ». Ce sont des instances supranationales, non élues au suffrage universel, comme la Commission de Bruxelles, la Cour de Justice et la Banque centrale européenne, qui gouvernent le dispositif.

L’actuelle construction européenne se fait donc contre la souveraineté populaire, au service de la finance et du capital international. Notre objectif de refondation vise à renverser ce type de construction à partir du respect des spécificités historiques, culturelles, politiques de chaque nation. Chacune d’elle serait dans une démarche d’union choisie parce que bénéfique pour tous, respectueuse de la singularité de chacun et, en même temps, porteuse de ce que les nations auront librement décidé de faire solidairement ensemble. Le contraire d’une uniformisation qui, comme on le constate, conduit à une exacerbation des nationalismes. Cela suppose, à l’échelle du continent, d’inventer des procédures démocratiques qui permettent aux citoyens, dans leur cadre national, de choisir librement ce qu’ils veulent réaliser en commun. Ce processus est à l’opposé de la mise en concurrence actuelle.

Prenons la question essentielle des services publics. Alors que la conception française du service public s’est traditionnellement référée aux principes d’égalité, de continuité et d’adaptabilité, une autre logique lui est opposée. Cette logique est de nature essentiellement économique et financière, c’est l’option d’une économie de marché et de concurrence dont les critères sont essentiellement monétaires comme le taux d’inflation, les fluctuations monétaires, les déficits des finances publiques, les taux d’intérêt à long terme, les taux de rentabilité. Cette conception ne permet pas de garantir le respect de l’idée d’intérêt général et du principe d’égalité, qui se retrouvent indexés aux dogmes ultralibéraux inscrits dans les traités, et ainsi relégués aux marges des politiques menées par les institutions européennes. Il en est de même des enjeux de l’accès au crédit pour un nouveau développement humain. La Banque centrale européenne ne se fixe pas cet objectif mais celui « prioritaire pour elle », de la valeur de la monnaie unique comme outil de spéculation. Dire cela ne signifie pas que nous voulions imposer aux autres notre conception mais que nous voulons que les autres peuples puissent avec nous dégager des principes communs pour que la vie s’améliore pour toutes et tous, que l’environnement soit sauvegardé.

Nul ne doit être entraîné dans un engrenage aboutissant à un type de société violant ses choix fondamentaux et les droits humains à vivre mieux. Tous doivent pouvoir s’engager dans tel ou tel champ de la politique européenne si et seulement si ils en ont choisi souverainement le cadre et la finalité. Une clause de sauvegarde permettrait à un peuple souverain de se soustraire d’un pan de la politique européenne ou d’une directive, dès lors qu’il considère qu’elle remet en cause ses choix souverains.

Cela ne l’empêcherait pas de poursuivre les débats voire les négociations avec les autres États pour des projets communs. Les parlements na­tio­naux seraient impliqués en amont de l’élaboration des lois et règles européennes. Un tel projet implique nécessairement de profon­des transformations structurelles et institutionnelles.

Comment, dans la forme que vous avez définie, parvenir à unir les peuples européens autour de projets et d’objectifs communs ?

De nombreux enjeux auxquels sont confrontés les citoyens de tous les pays européens leur sont communs et nécessitent des projets coopératifs. De grandes questions ne peuvent être résolues qu’à l’échelle du continent : mouvements migratoires internationaux, défi climatique, développement industriel selon des principes écologiques, nouveaux choix agricoles et alimentaires, développement numérique, création monétaire au service d’un nouveau développement hu­main, mais aussi droits nouveaux des salariés dans les comités de groupes, transition énergétique et autonomie énergétique, ou encore nouvelles coopérations avec les pays du Maghreb et de l’Afrique. Ce ne sont là que quelques exemples. J’y ajouterai l’indispensable projet de faire de l’avenir de la petite enfance et de la jeunesse une grande cause européenne. Prise sous cet angle, la construction européenne n’est pas un pis-aller subi mais bien une nécessité choisie.

Une des conditions de la réalisation de ces objectifs est évidemment le respect des choix démocratiques de chacun des peuples qui composent l’Union. À l’opposé de l’actuelle situation, l’exercice partagé de la souveraineté des nations peut et doit permettre l’émergence de grands projets européens, utiles, créateurs d’emplois. À la condition qu’ils fassent l’objet d’une concertation préalable, non seulement avec les parlements nationaux mais aussi avec les assemblées locales, les citoyens, particulièrement celles et ceux qui s’organisent en associations ou en syndicats. C’est le ciment du principe coopératif que nous avons à cœur de substituer au règne de la compétition de tous contre tous, dont on voit bien actuellement qu’elle est la loi d’airain qui permet la mise au pas de certains pays au profit des plus puissants. Bref, la démocratie serait un facteur d’efficacité sociale, économique et écologique. Une confiance mutuelle peut alors s’instaurer entre les peuples et fédérer une espérance commune à l’échelle du continent.

La victoire de Syriza en Grèce s’est faite dans un cadre national. Est-ce à dire que seul le cadre national est susceptible de permettre l’émergence de politiques de progrès social ?

Il y a une tension entre le cadre national et les institutions européennes qui n’est pas due à l’idée de la construction européenne, mais aux politiques mises en œuvre au nom de l’Union européenne – qu’on confond trop souvent avec tout projet européen – et à des conceptions qui n’ont plus rien à voir avec l’esprit de solidarité et de coopération. On a vu comment, en quelques semaines, le gouvernement Syriza a ouvert un débat fondamental sur la sortie de l’unicité des politiques imposant l’austérité, le chômage, la précarité de vie. L’enjeu de la solidarité des salariés, des privés d’emploi, des créateurs, des petites entreprises, des autres pays est considérable pour le peuple grec certes, mais pour tous les peuples européens.

Les cadres nationaux en Grèce, en Espagne, en Irlande, au Portugal, en Italie ou en France, s’alimentent l’un et l’autre comme les maillons d’une chaîne qui un à un se brisent pour faire émerger une autre cohérence européenne. En ce sens, la réussite du gouvernement d’Alexis Tsipras intéresse chacune et chacun d’entre nous au nom d’une alternative progressiste possible. C’est d’ailleurs ce que redoutent les puissances d’argent.

Il est donc indispensable de créer un rapport de forces solide et de manifester notre solidarité avec le peuple grec qui traverse et va traverser des moments de forte turbulence sous les coups de boutoir des marchés financiers et de leurs relais politiques.

Agir ainsi, c’est défendre et faire vivre la démocratie. Jusqu’ici la nation reste l’espace privilégié des luttes, des rassemblements et du combat politique. Mais l’horizon d’une coopé­­­­ration internationale et de la solidarité internationaliste me paraît indispensable pour engager le bras de fer avec le capitalisme mondialisé et financiarisé.

On remarquera d’ailleurs avec une certaine ironie que ce sont les adulateurs de l’actuelle construction européenne qui brandissent l’argument – fallacieux qui plus est – des 750 euros que chaque Français devrait payer pour le peuple grec, utilisant par là d’étroits ressorts nationalistes pour briser la solidarité européenne susceptible d’émerger.

La nation est donc le cadre vivant de l’expression démocratique, avec, pour les individus qui la composent, des réflexions qui, et de plus en plus, vont bien au-delà des frontières géographiques. Elle est un outil précieux pour ouvrir des brèches face aux politiques libérales. En même temps, les politiques de progrès social, de développement humain, écologique, imbriquées plus que jamais à l’échelle européenne et planétaire, nécessitent de penser l’intervention citoyenne, sociale et politique, au-delà du cadre strictement national. La pertinence de l’échelon pour mener des politiques de progrès est un vieux débat qui a autrefois divisé le mouvement ouvrier sur la construction du socialisme. Il serait judicieux de repenser cette question à l’aune de la mondialisation et des actuelles mutations du capital et du travail.

« Un peu d’internationalisme éloigne de la patrie beaucoup d’internationalisme y ramène. Un peu de patriotisme éloigne de l’internationale, beaucoup de patriotisme y ramène » clamait Jean Jaurès.

*Patrick Le Hyaric est membre du Comité exécutif national du PCF. Il est responsable du projet européen du PCF et député européen.

Propos recueillis par Clément Garcia.

La Revue du projet n°46, avril 2015.

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1 mai 2015 5 01 /05 /mai /2015 06:35

Questions à Pierre Laurent dans le cadre de sa présence à l'émission de France Inter ce matin 1er mai

Vous recevez Pierre Laurent secrétaire national du PCF ce matin.

1) Je suis adhérent dans les Deux-Sèvres et la direction fédérale nous déni la qualité de communiste à moi-même et à 2 autres camarades, et nous a interdit récemment l'accès à la conférence fédérale. La présence d'un dirigeant national n'y a rien fait. Pierre Laurent couvre-t-il cette décision d'exclusion, et sinon que compte-t-il faire pour que les communistes concernés recouvrent leurs droits de communiste, de s'exprimer et de militer ?

2) Lors d'une visite récente dans le Centre Pierre Laurent a valorisé les investissements dans les énergies renouvelables et les éoliennes et préconisé dans son commentaire, le"remplacement à terme" du nucléaire. Est-ce la nouvelle position du PCF sur le nucléaire ?

3) les derniers votes nationaux internes du PCF ont dénombré un peu plus de 24000 votants.

65000 communistes sont à jour de leur cotisation et auraient pu prétendre à participer à ces votes. En outre le Parti annonce un effectif de 130 000 communistes. Les 65000 qui ne cotisent pas sont-ils aussi pour lui,des communistes ? Pierre Laurent a relever que la présence des organisations du PCF dans les milieux populaires et singulièrement chez les ouvriers était insuffisante. Compte-t-il s'attacher à renforcer le nombre de ces organisations de base dans les milieux populaires et comment ?

Bruno Fornaciari

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1 mai 2015 5 01 /05 /mai /2015 05:59

ÉDITION : La Revue du Projet

La Revue du Projet est une revue mensuelle politique de réflexion et de propositions pour la construction d'un projet de transformation sociale. Ouverte, innovante et critique, elle est proposée par le PCF. Elle valorise une discussion "républicaine" exigeante capable de relever la complexité des débats contemporains et implique à ce titre le monde de l'art et la recherche, les intellectuel(le)s comme le mouvement social ou associatif.

Le Parti communiste français et la Nation, Jean Vigreux

30 AVRIL 2015 | PAR LA REVUE DU PROJET

Le projet et les discours politiques du PCF s’inscrivent dans une culture politique nationale, dans une langue et un héritage historique lié au roman national né avec 1789, celui de la République.

Par Jean Vigreux*

Un tel rapprochement peut paraître surprenant tant les adversaires politiques, voire l’État républicain ­ – puis celui de Vichy –, mais aussi après 1947, ont pu présenter le PCF comme un « parti de l’étranger ». Si les prolétaires n’ont pas de patrie et restent internationalistes selon l’héritage marxiste, il n’en demeure pas moins que la culture nationale de l’école républicaine irrigue la société et la culture des militants de la SFIC (section française de l’Internationale communiste) puis du PCF : d’ailleurs le passage d’une dénomination à l’autre souligne bien cette logique identificatrice. Le Parti communiste revendique alors son caractère national au cours des années trente, lorsqu’il propose le rapprochement avec les autres forces démocratiques contre le danger fasciste. L’onde de choc de l’arrivée d’Hitler au pouvoir, mais également les enjeux de la crise économique, sociale et politique des années trente – avec les événements du 6 février 1934 – ancrent définitivement ce rapport à la nation qui est interprété comme l’héritage de la grande Révolution de 1789 et d’une République en danger.

Le front populaire

Le Front populaire permet non seulement d’associer le drapeau bleu-blanc-rouge au drapeau rouge, La Marseillaise à L’Internationale, mais il offre aussi la possibilité d’une implantation nationale plus importante, tant d’un point de vue électoral que militant. Généralement, on retient la poussée communiste aux élections législatives de 1936 avec 72 députés – c’est-à-dire représentants de la nation – mais il ne faut pas oublier dans ce schéma les élus locaux (maires, conseillers municipaux et conseillers généraux) qui incarnent aussi la « petite patrie » dans la « grande patrie ».

Véritable laboratoire, ce moment du Front populaire est celui de la rencontre du PCF avec la nation. Un tel rapprochement culturel peut se voir dans le film réalisé par Jean Renoir La vie est à nous où, dès les premières scènes, l’instituteur pré­sente la France comme « un des pays les plus riches et les plus beaux du monde » faisant l’inventaire des richesses patrimoniales héritées de l’histoire nationale. Cette lecture s’inscrit dans l’idéal républicain, celui du roman national où le peuple est mis à l’honneur au sein des publications du Parti (tant nationales que régionales ou locales). Les reportages de la presse (L’Humanité, La Terre, Regard), mais aussi le congrès d’Arles fin décembre 1937 participent à cet élan. On insiste avec force sur le dévouement patriotique du Parti comme l’illustre le documentaire réalisé pour ce congrès par Jacques Becker La grande espérance : la défense du patrimoine national et des cultures régionales sont au cœur des préoccupations communistes. Cette lecture renoue alors avec la geste de la Révolution française dont le 150e anniversaire en 1939 est dignement célébré. Toutefois, l’entrée en guerre et la signature du pacte germano-soviétique bouleversent quelque peu cet élan. Si les députés communistes votent les crédits de guerre, très vite la diplomatie soviétique reprend le dessus, révélant de fait des contradictions que certains ne surmontent pas et quittent le parti.

Une guerre patriotique

Certes, en juin 1941 après l’attaque de l’URSS par les troupes hitlériennes, la guerre devient « patriotique ». La Résistance communiste qui s’est affirmée auparavant reprend alors la matrice nationale du Front populaire. Le sacrifice de ses martyrs en devient un symbole au moment de la Libération et de l’immédiat après-guerre. Même la Guerre froide, qui rejette à nouveau le PCF, devenu premier parti de France comme « parti de l’étran­ger », n’annihile pas cet élan. Annie Kriegel évoque même avec une certaine ironie (ou provocation) l’idée d’un « national-thorézisme » (le « national-socialisme » est encore présent dans les mémoires…). Plus que jamais face au danger américain, le PCF joue la carte nationale sur des registres variés, comme celui de la défense de la boisson nationale, le vin, face au Coca-Cola.

Ainsi la culture politique du PCF est marquée par l’horizon national. Certes, il faut composer avec la patrie du socialisme réel, l’URSS, les démocraties populaires, mais ce rapport à la nation est primordial pour comprendre l’action militante, la pratique politique des communistes.

Le « socialisme aux couleurs de la France »

« La belle histoire du village de France » (tract édité au lendemain de la guerre par le PCF pour être distribué aux élèves des écoles primaires rurales avec cette mention « enfant qui avez cette belle image, montrez-la à vos parents ») reprend en vingt vignettes l’histoire de la « petite patrie dans la grande patrie » rappelant avec force les images d’Épinal. La logique n’est pas uniquement liée à la propagande, mais elle emprunte des chemins classiques de la politisation que Maurice Agulhon a mis en évidence. Pour compléter ce tract, il y a un volet urbain, intitulé « L’histoire de Jean, ouvrier de notre beau pays de France » qui reprend la même rhétorique. On prend alors la mesure de la référence nationale dans la culture politique du Parti et ses pratiques militantes sur le temps long. Comme l’écrit Roger Martelli : « L’apogée de la référence française [est] atteint au milieu des années 1970, quand le PCF valoris[e], face à l’Union soviétique, son “socialisme aux couleurs de la France” ». Au moment du programme commun, mais aussi de ses tensions, le PCF se démarque des logiques atlantistes des droites et du nouveau Parti socialiste de François Mitterrand, tout en « se distanciant d’un bloc soviétique qui, au temps de Brejnev, plaidait ouvertement pour la “souveraineté limitée” ». La voie de l’eurocommunisme est aussi une expérience nationale face aux dérives du marché européen. Cette identité a marqué durablement l’expérience du PCF, même au moment où il renoue avec son alignement sur l’URSS au début des années 1980 : nombreux sont ses militants qui préfèrent écouter Le Bilan de Jean Ferrat, renouant avec l’idéal national émancipateur…

Repenser un nouvel internationalisme

Plusieurs interprétations ont été avancées pour comprendre ce rapport à la France. Si pour certains, il s’agit d’un leurre, d’une simple tactique qui masque l’emprise du centre sur sa périphérie (de Moscou et du modèle soviétique), il n’en demeure pas moins que les cadres, les militants, les électeurs ne sont pas un corps étranger à leur nation ; le projet et les discours politiques s’inscrivent dans une culture politique nationale, dans une langue et un héritage historique lié au roman national né avec 1789, celui de la République. Certes, elle peut (et doit) être émancipatrice (et non garante de « l’ordre bourgeois et impérialiste »), mais l’horizon est bel et bien celui d’une patrie commune. Pour autant cette République peut être aussi celle des soviets et on mesure ici la double affirmation identitaire qui hérite du mythe d’Octobre 1917, de la naissance du socialisme réel et de la fidélité à l’URSS. D’autre part, plusieurs courants politiques exclus ou dissidents du Parti ont théorisé l’abandon de son internationalisme en insistant sur sa dérive bureaucratique et nationale reprenant de fait la grille d’analyse de la dégénérescence stalinienne.

Rechercher les tensions entre ces deux pôles, les moments de conflits ou conflictualités affirmés, semble vain, car le Parti comme organisation politique est inséré dans le système politique national. Il faut alors composer avec le jeu d’échelles pour appréhender au mieux les logiques à l’œuvre. La période de la Guerre froide où le PCF est hors du jeu politique gouvernemental – « Vous les communistes, je ne vous ai jamais situés à gauche mais à l’Est », comme le disait Guy Mollet en reprenant les mots d’Édouard Depreux – peut être analysée à l’échelle des départements (des conseils généraux), des communes ou municipalités soulignant alors le poids du paradigme national.

Depuis la disparition du modèle soviétique et du bloc de l’Est, la mondialisation a permis à la culture nationale d’exister comme unique référentiel, mais il semble toutefois opportun de repenser un nouvel internationalisme pour éviter d’être inaudible face aux courants politiques nationalistes d’extrême droite qui prolifèrent…

*Jean Vigreux est historien. Il est professeur d’histoire contemporaine à l’université de Bourgogne.

La Revue du projet n°46, avril 2015.

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1 mai 2015 5 01 /05 /mai /2015 05:39
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1 mai 2015 5 01 /05 /mai /2015 04:35

Fernand Grenier, celui qui a permis le droit de vote des femmes

PUBLIÉ LE 21/04/2014

Nord Eclair

Il y a 70 ans, le Général de Gaulle signait l’ordonnance pour le droit de vote aux femmes. Mais que l’on doit en fait à Fernand Grenier, un Tourquennois.

RÉCIT

Si l’ordonnance donnant le droit de vote aux femmes a été prise il y a 70 ans jour pour jour par le Général de Gaulle, cette avancée, on la doit à un Tourquennois. Fernand Grenier rédigera l’amendement, un mois plus tôt, lors de l’assemblée constituante provisoire, installée à Alger : « Les femmes seront électrices et éligibles dans les mêmes conditions que les hommes ». Un texte sans ambiguïté mais qui suscita le débat. Un amendement adopté par 51 voix sur 67 votants.

En janvier 1943 pourtant, lorsque se constitue l’assemblée consultative provisoire, « les débats sur l’organisation des pouvoirs publics ne prévoyaient pas le vote des femmes », relate Fernand Grenier dans un article de L’Humanité (18/04/1991). En 1943, le Tourquennois, au nom du parti communiste rejoint à Londres le Général de Gaulle. « C’est ainsi que je fus amené à poser la question du vote des femmes pour la première fois quand le Général de Gaulle me proposa de faire partie d’une commission de réforme de l’État, écrit-il encore. Je pensais qu’il serait injuste de continuer à considérer les femmes comme incapables de se servir du bulletin de vote ».

Mais comment ce Tourquennois a-t-il gravi les échelons ? Pour le comprendre, il faut remonter à la jeunesse de Fernand Grenier. Et cette figure du père qui va le marquer profondément. Édouard Grenier, marié à Léontine Ghesquière, tous deux belges, va donner naissance à Fernand le 9 juillet 1901. « Mon père arrivé illetré de sa Wallonie, va apprendre à lire et écrire par les cours du soir », raconte Fernand Grenier dans Ce Bonheur là.* Un père livreur, militant socialiste, organisateur du syndicat des transports de Tourcoing. En raison de son action syndicale, il sera licencié plusieurs fois. C’est durant cette période que Fernand découvre l’univers socialiste : les lectures du père, l’achat du pain à la coopérative La solidarité ouvrière, les dimanches à la maison du peuple, siège du parti ouvrier, alors qu’il n’a que 11 ans. Cette figure paternelle va disparaître en 1917. Arrêté par les Allemands, il décédera dans une compagnie disciplinaire des travailleurs. « C’est une épreuve qui devait marquer ma jeunesse, j’avais 16 ans ». Et il était orphelin. Fernand Grenier avait perdu sa mère alors qu’il n’avait que 9 ans. « J’étais fier de mon père. À chaque événement marquant de ma propre vie de militant, le souvenir de mon père s’imposera », écrit Fernand Grenier.

Apprenti mouleur à la fonderie, apprenti boulanger où il sera licencié car syndiqué, Fernand est ensuite embauché comme aide comptable à l’école des Mutilés de Tourcoing. Il habite alors Neuville – où il épousera en 1926 Andréa Beulque – et, en février 1922, adhère à la section communiste. « J’avais sans m’en rendre compte découvert le chemin de la vie : la joie de servir le peuple auquel on appartient ». Après le service militaire, Fernand Grenier intégrera l’école centrale du Parti et en sortira instructeur pour le Roubaisis et le Valenciennois. Élu au comité exécutif régional en 1925, Fernand sera dépêché à Halluin, comme employé de mairie pour « aider la municipalité communiste contre laquelle le puissant patronat de Roubaix Tourcoing concentrait tous ses moyens ».

Au début des années 30, Fernand Grenier est appelé à Paris, non sans hésitation. « À Neuville, en adhérant au parti, j’avais commencé à ouvrir les yeux aux réalités sociales. L’âpreté de la lutte sociale contre la bourgeoisie, Halluin me l’avait apporté », raconte-t-il. Président des amis de l’URSS, Fernand Grenier bataillera à Saint-Denis où il sera élu conseiller municipal en 1937, puis en deviendra le député jusqu’en 1968. « C’était quelqu’un de très attaché à sa région, raconte Claudie Gillot-Dumoutier, fille d’Auguste Gillot, ancien maire de Saint-Denis. Il chantait tout le temps Le P’tit Quinquin ». Arrêté en 1940, il s’évadera de Châteaubriant. En1943, il partira à Londres représenter le parti communiste clandestin auprès du Général de Gaulle. Il décédera en 1992 à Saint-Denis. FLORENT STEILING

Ce bonheur Là, de l’horizon d’un homme à l’horizon de tous », Fernand Grenier, Éditions sociales, 1974

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30 avril 2015 4 30 /04 /avril /2015 15:10
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29 avril 2015 3 29 /04 /avril /2015 11:21

Quand le député Le Pen proposait une «amnistie fiscale»

LE SCAN POLITIQUE/VIDÉO - En 1986, à peine élu à l'Assemblée nationale, le fondateur du FN avait déposé une proposition de loi pour en finir avec le «totalitarisme» de la fiscalité en limitant les moyens de contrôle de l'administration.

Le texte est depuis longtemps tombé dans les oubliettes du Palais-Bourbon. Mais la proposition de loi n°140, déposée en 1986 par le député Jean-Marie Le Pen et exhumée par Le Scan, trouve un certain écho dans l'actualité, alors que le fondateur du Front national est soupçonné d'avoir caché 2,2 millions d'euros, dont 1,7 million en lingots et pièces d'or, sur un compte en Suisse. Dans son texte, enregistré un mois seulement après son arrivée à l'Assemblée nationale à la faveur du scrutin proportionnel mis en place par François Mitterrand, Jean-Marie Le Pen propose ni plus ni moins qu'une «amnistie fiscale».

Avec des mots choisis, un brin pompeux, les 35 députés du groupe FN dénoncent dans l'exposé des motifs de la proposition de loi le poids excessif des impôts et des contrôles fiscaux. «L'impôt n'est plus seulement écrasant. Il est devenu un moyen d'asservissement de l'homme (...)L'oppression fiscale nous conduit inéluctablement au totalitarisme. Le problème des droits de l'Homme et de la fiscalité est aujourd'hui posé avec acuité», peut-on y lire. Et d'enfoncer le clou un peu plus loin: «Nous savons maintenant que le totalitarisme peut emprunter la voie insidieuse de la fiscalité».

«Agression», «répression», «exactions»...

En cause, selon Jean-Marie Le Pen et ses co-signataires, l'apparition d'une «fiscalité oppresssive» et le «harcèlement» opéré par les agents du fisc sur les citoyens. «Les vérifications et, plus généralement, la technique du harcèlement utilisée par les agents de contrôle marquent l'émergence d'une cause nouvelle d'insécurité pour les citoyens. Nous connaissons maintenant un nouveau type d'agression: l'agression fiscale. Chaque année, plusieurs dizaines de milliers de contribuables sont soumis aux tracas d'une contrôle ; plusieurs milliers d'entre eux sont victimes d'exactions odieuses. La politique de répression de la fraude fiscale n'est, à maints égards, qu'une vaste opération de caractère démagogique».

Voilà pour le constat de préambule. Jean-Marie Le Pen passe ensuite en revue les modifications législatives préconisées par la proposition de loi. Le président du groupe FN, baptisé «Rassemblement national», propose d'abord de «supprimer le principe de l'exigibilité immédiate des impositions, cause de traumatismes inutiles pour les contribuables». Les autres mesures sont destinées à affaiblir les pouvoirs de l'administration fiscale lors des contrôles et des contentieux: encadrement du droit de visite et de perquisition des agents, fin de la taxation d'office en cas de défaut de réponse du contribuable...

Enfin, en ce qui concerne les contrôles douaniers, le texte propose de «mettre fin aux abus du droit de perquisition et de saisie» et «d'éviter des actes de spoliations, notamment à l'occasion de la saisie de lingots et de monnaies d'or»...

» L'exposé des motifs de la proposition de loi:

Proposition de loi de Jean-Marie Le Pen sur l'"amnistie fiscale" publié par LeFigaro

Transmise à la commission des Finances, la proposition de loi n'a jamais été examinée en hémicycle.

Le compte suisse de Jean-Marie Le Pen, une vieille histoire

À l'époque de la rédaction de cette proposition de loi, Jean-Marie Le Pen avait déjà déposé de l'argent en Suisse. En avril 2013, en pleine affaire Cahuzac, il a reconnu avoir détenu un compte ouvert à l'UBS en 1981. En réalité, l'affaire du compte suisse présumé de Jean-Marie Le Pen n'est pas nouvelle. Dans un livre publié en 1996, Les Liaisons dangereuses, le journaliste Guy Konopnicki évoquait déjà l'existence d'un compte suisse à partir duquel Jean-Marie Le Pen aurait réalisé de «juteuses opérations boursières». Dans son ouvrage consacré à Marine Le Pen, l'essayiste Caroline Fourest rappelait quant à elle les déclarations à la presse faites à la fin des années 1980 par Pierrette Le Pen, au moment de son divorce. Selon elle, son ex-mari avait placé en Suisse, à l'UBS puis à la banque Darier, une partie de l'héritage qu'il avait reçu d'Hubert Lambert, un ami dont il a reçu l'héritage. «Nous l'avons transporté nous-mêmes. Trois milliards (en anciens francs, soit 4,5 millions d'euros), je n'en avais jamais vu autant. (…) À ce moment-là, j'avais la signature du compte. Évidemment, Jean-Marie n'a rien déclaré au fisc», assurait-t-elle au magazine Rolling Stone. «Elle a démenti tout cela depuis longtemps!», rappelait Jean-Marie Le Pen à Mediapart, en 2013.

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29 avril 2015 3 29 /04 /avril /2015 10:41

Lorsque j'netends le mot "gauche" je pense Parti Communiste Français. Pourtant lorsque j'écoute médias, presse et audiovisuel confondus, c'est une toute autre impression qui se dégage. D'abord, la gauche, c'est tout le monde sauf le PCF. Y passe les socilaistes de tous bords, de droite de gauche et du centre, puis, les individus et organisations issues ou proche de la "social-démocratie", proche des "ex)communiés" du PCF torskistes et autres mouvances, jusqu'au FN aujourd'hui que certains présentent, (sur le plan économique) comme de gauche. si l'on dénombre les personnalités invités dans tous les médias l'on constatera, objectivement, une ségrétation, un ostracisme vis-à-vis du PCF et de ses dirigeants, intellectuels, élus. Et j'inclus dans ces constatations, des médias qui colporte une réputation de gauche comme France Inter ou France Culture. Il en est de même de l'émission de Danile Mermet autrefois diffusée sur France Inter. La liberté d'expression et de diffusion des idées, comme des faits, est encore à conquérir, partout. Ni la démocratie, ni les solutions à la crise de notre société ne pourront émerger sans elle.

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29 avril 2015 3 29 /04 /avril /2015 09:36

VOICI L'ENTRETIEN RÉALISÉ PAR GAËL DE SANTIS LE MARDI, 6 JANVIER, 2015 POUR

L'HUMANITÉ

Euclid Tsakalotos : « Ce qui est irréaliste, c’est de ne pas changer de direction »

Professeur d’économie et porte-parole sur les questions économiques pour la coalition de la gauche radicale (Syriza) au Parlement grec, Euclid Tsakalotos ­explique la stratégie de sa formation pour faire face à la crise humanitaire. 300 000 familles vivent au dessous du seuil de pauvreté. Entretien.

Si Syriza est amené à gouverner après les élections du 25 janvier, vous devrez affronter des forces puissantes. Quelle est votre stratégie pour appliquer votre programme ?

Euclid Tsakalotos Nous avons un ensemble de propositions à mettre en œuvre les cent premiers jours. Elles le seront quelle que soit la manière dont avancent les négociations. Ces mesures visent à faire face à la crise humanitaire. Elles vont du logement à l’accès des gens au fioul pour faire face à la précarité énergétique. D’un autre côté, nous ferons face à la question des prêts non recouvrables, ou de la dette au fisc que certains contribuables sont dans l’incapacité de payer. Parallèlement, nous expliquerons à nos créditeurs que les politiques menées jusqu’alors ont échoué. La Grèce a, depuis le début de la crise, perdu 27 % de son produit intérieur brut et a vu se développer un chômage de masse et une pauvreté endémique. Revenir à une dette soutenable en dégageant pendant des années des surplus budgétaires est inconcevable. Des économistes de gauche comme orthodoxes sont forcés de constater que la dette n’est plus soutenable. Nous paierons une partie seulement de la dette, mais dans des conditions nouvelles.

Avez-vous travaillé à une plate-forme commune avec d’autres forces en Europe ?

Euclid Tsakalotos Il existe maintenant une convergence de forces qui disent qu’il faut alléger les mesures d’austérité, que les objectifs budgétaires fixés aux pays européens sont bien trop stricts. Ces forces disent qu’il faut faire quelque chose concernant la dette, mais aussi que l’architecture de l’Union européenne (UE) ne fonctionne pas. Ces forces, de gauche comme de droite, indiquent que l’Union n’est bâtie ni sur la justice ni sur la démocratie. Nous disons que si l’on ne va pas vers la gauche, si l’on ne promeut pas une Europe plus démocratique et plus juste, les forces nationalistes – et peut-être pire encore – vont gagner du terrain. La zone euro serait en danger, non du fait de la gauche, mais des politiques actuelles qui proviennent de Berlin. Nous nous réjouissons que Podemos soit bien crédité en Espagne, que Sinn Féin progresse en Irlande. Si les citoyens voient que les gouvernements de gauche peuvent gagner, il peut y avoir un effet d’entraînement.

La dette est centrale pour Syriza. Que se passera-t-il si l’ensemble des autres pays européens bloquent l’annulation partielle de la dette ?

Euclid Tsakalotos Je ne vais pas dévoiler à un journal notre stratégie de négociations. Dans des pourparlers, on n’abat pas d’entrée toutes ses cartes. Mais nous dirons que si nos partenaires ne veulent pas parler à un gouvernement nouvellement élu, porteur d’un mandat fort, ce serait le signal que l’Union européenne a un problème avec la démocratie. Cela aurait un coût politique énorme.

Certains médias avancent que vous avez modéré votre programme. Qu’en dites-vous ?

Euclid Tsakalotos Syriza constitue une force qui est à la fois dans le réel et dans la confrontation. Nous sommes réalistes car nous avançons qu’il faut affronter les politiques d’austérité alors que nos opposants, en Grèce, disent qu’ils sont incapables de changer de politique, parce que Merkel domine l’Europe. Ils pensent que la seule chose réaliste est de courber l’échine, d’accepter tout ce qui provient de la chancellerie allemande et de la troïka. Il est irréaliste de ne pas changer de direction.

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BRUNO FORNACIARI

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