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10 juillet 2015 5 10 /07 /juillet /2015 21:48

Site du secteur international du PCF

Grèce - Les chemins d'une autre Europe

Depuis 5 ans, les politiques d'austérité menées en Grèce ont dramatiquement échoué : le chômage et la pauvreté ont atteint des seuils critiques, l'économie s'est arrêtée, la dette publique a explosé : elle représentait 120% du produit national avant la mise en place des plans d’austérité et équivaut aujourd’hui à 180% du PIB. Il est temps d’admettre que l’expérience a échoué.

Un nombre croissant d'économistes partagent ce point de vue. En France, 3 personnes sur 4 considèrent qu'il existe d'autres solutions que l'austérité pour sortir de la crise.

Avec le référendum, le peuple grec s'est lui aussi clairement exprimé pour un changement de politique et pour rester dans la zone euro. Cette victoire du Non rend possible une issue positive à la crise, qui écarterait à la fois les diktats de l’ancienne Troïka et un Grexit aux coûts exorbitants. C’est une chance pour la Grèce et pour toute l’Europe, à commencer par les pays de la zone euro.

La solution à cette crise qui n'est pas grecque mais européenne, est à portée de main. La France doit s'engager sans faiblir pour la rendre possible, rejeter les stratégies visant à l'expulsion de la Grèce de la zone Euro, envisager la restructuration de la dette, pour un plan d'investissement et soutenir le gouvernement dans ses réformes pour une fiscalité plus juste et une lutte renforcée contre la corruption.

Extrait de l'intervention de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF devant le Sénat (8 juillet 2015)

L'Europe, et non seulement la Grèce, est face à un choix qui concerne son avenir. C'est un enjeu démocratique qui nous concerne tous. Le débat n'est pas technique, car tous les ingrédients d'un accord viable sont sur la table. Comme l'a encore montré Alexis Tsipras ce matin au Parlement européen, le débat est politique.

Qui décide en Europe ?

Est-ce la finance qui gouverne, dicte sa loi ou les peuples ont-ils le droit de maîtriser démocratiquement l'utilisation du système monétaire et bancaire. Un peuple qui vote a-t-il voix au chapitre ou sommes-nous entrés dans la « forme d'inconnue » qui ressemble bien à une dictature de marché ? De la réponse à ces questions, dépend notre avenir commun (…).

Dix ans après le Non des Français au Traité constitutionnel européen, les inventeurs de la démocratie, le berceau de notre civilisation, « Le petit peuple qui combat sans épée ni balle » du poète Yannis Ritsos, nous lancent donc un appel salutaire à repenser l'avenir de l'Europe. Ils s'adressent aujourd'hui à la France des Lumières, de la Révolution, de la Liberté, de l'Egalité et de la Fraternité, à la France solidaire, frondeuse, indépendante, résistante et intelligente.

Le débat n'oppose pas pro et anti européens. Il oppose les dogmatiques de l'ordre libéral, des partisans de la destruction de l'Europe comme le FN et ses alliés, à ceux qui veulent comme Alexis Tsipras, comme nous, comme les syndicalistes allemands, retrouver le chemin d'une Europe solidaire.

L'Europe d'Alexis Tsipras, est celle du progrès social et écologique, de la solidarité et de la démocratie, de la coopération consentie et du respect des choix démocratiques, c'est la nôtre. C'est à ce peuple debout et à cette idée de l'Europe que la France doit s'allier dès maintenant et jusqu'au bout (…).

Il ne suffit plus de répéter que des propositions responsables doivent être mises sur la table par les Grecs. Elles le sont. La France doit maintenant user de tout son poids pour conclure un accord rapide sur ces bases.

Pour rejeter le Grexit, maintenir la Grèce dans la zone Euro, en s'opposant à toute stratégie visant à sa sortie, en usant si nécessaire de notre droit de veto.

Pour engager sans tarder les discussions sur la restructuration de la dette grecque, et plus généralement des Etats européens, jusqu'à proposer la tenue, pourquoi pas à Paris, d'une conférence européenne de la dette.

Pour soutenir le gouvernement Grec dans les nécessaires réformes pour une fiscalité plus juste et une lutte renforcée contre la corruption, en refusant de nouvelles mesures d'austérité visant de manière indiscriminée la population grecque déjà exsangue.

Pour appuyer un grand plan d'investissements européen destiné à financer le redressement de l'économie productive et la transition écologique.

La BCE en a les moyens. Depuis janvier, elle crée chaque mois 60 millions d'euros avec l'objectif d'aller jusqu'à 1 140 milliards au lieu de les injecter sur les marchés financiers, elle doit mobiliser son formidable pouvoir de création monétaire à travers un fond de développement économique, social et écologique européen, démocratiquement géré. La Grèce mais aussi tous les européens qui souffrent de l'austérité pourraient en bénéficier.

La solution est à portée de main. La France doit s'engager sans faiblir pour la rendre possible.

Comprendre - Chronologie de la crise

2000-2008 – Les origines

Les gouvernements de droite et du Pasok successifs truquent les comptes avec la complicité de Goldman Sachs pour faciliter l’entrée dans l’euro. Les jeux olympiques sont ruineux (sauf pour les affairistes du BTP,… ), le budget militaire surdimensionné (pour les plus grands profits des vendeurs d’armes français, anglais, etc.. ), et s'ouvre une politique d’endettement à guichet ouvert liée à la recherche de marchés plus rémunérateurs par les grandes banques occidentales, en particulier allemandes et françaises.

2008-2009 – La crise financière

Pour sauver les banques occidentales, les Etats engagent de vaste plan de sauvetage, avec un plan de soutien de la Banque Fédérale aux États-Unis (29 000 milliards de dollars) et par la Banque Centrale Européenne (5 000 milliards d’euros). En Grèce, de nombreux ménages se retrouvent brutalement dans l’incapacité de payer leurs échéances et les banques sont aux abois.

2009 – Intervention de la Troïka

L'objectif de la Troïka n'est pas de sauver la Grèce mais les banques (principalement française et allemandes) qui ont prêtées et spéculées sur la dette grecque. L’intervention de la Troïka prendra donc deux aspects :

La mise en place d'un plan d'austérité qui ne touchera pas ou peu les plus riches, tout en supportant des taux d’intérêts de plus en plus élevés des banques.

En contrepartie de cette austérité la Troïka va verser en deux temps en 2010 et 2012, pour 110 et 130 milliards d’euros. Mais cet argent pour l’essentiel n’ira jamais en Grèce, ni aux Grecs. Pour plus de 4 euros sur 5, il a servi à racheter les emprunts d’Etat détenus par des banques privées européennes.

Le bilan de 5 ans de régime Troïka

Le bilan de cette « intervention » pour la Grèce est catastrophique : loin de « soigner » la Grèce, ce traitement « libéral » aggrave la situation : en quelques années, le pays perd 25 % de son PIB (-42 % entre 2008 et 2015), voit son taux de chômage tripler pour atteindre 27 % (60 % chez les jeunes et 72 % chez les jeunes femmes), et en lieu et place d’une diminution de la dette publique, on voit celle-ci augmenter jusqu’à 320 milliards d’euros pour représenter 177 % du PIB en juin 2015.

Et maintenant ?

Quelques jours après le référendum la volonté de la Troïka est toujours la même : «Soit vous signez le mémorandum, soit votre économie va s’effondrer. Comment ? Nous allons faire tomber vos banques. » (Propos du président de l'Eurogroupe à l'ex-ministre des finances grec, Yanis Varoufakis)

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Grèce - Les chemins d'une autre Europe

Depuis 5 ans, les politiques d'austérité menées en Grèce ont dramatiquement échoué : le chômage et la pauvreté ont atteint des seuils critiques, l'économie s'est arrêtée, la dette publique a explosé : elle représentait 120% du produit national avant la mise en place des plans d’austérité et équivaut aujourd’hui à 180% du PIB. Il est temps d’admettre que l’expérience a échoué.

Un nombre croissant d'économistes partagent ce point de vue. En France, 3 personnes sur 4 considèrent qu'il existe d'autres solutions que l'austérité pour sortir de la crise.

Avec le référendum, le peuple grec s'est lui aussi clairement exprimé pour un changement de politique et pour rester dans la zone euro. Cette victoire du Non rend possible une issue positive à la crise, qui écarterait à la fois les diktats de l’ancienne Troïka et un Grexit aux coûts exorbitants. C’est une chance pour la Grèce et pour toute l’Europe, à commencer par les pays de la zone euro.

La solution à cette crise qui n'est pas grecque mais européenne, est à portée de main. La France doit s'engager sans faiblir pour la rendre possible, rejeter les stratégies visant à l'expulsion de la Grèce de la zone Euro, envisager la restructuration de la dette, pour un plan d'investissement et soutenir le gouvernement dans ses réformes pour une fiscalité plus juste et une lutte renforcée contre la corruption.

Extrait de l'intervention de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF devant le Sénat (8 juillet 2015)

L'Europe, et non seulement la Grèce, est face à un choix qui concerne son avenir. C'est un enjeu démocratique qui nous concerne tous. Le débat n'est pas technique, car tous les ingrédients d'un accord viable sont sur la table. Comme l'a encore montré Alexis Tsipras ce matin au Parlement européen, le débat est politique.

Qui décide en Europe ?

Est-ce la finance qui gouverne, dicte sa loi ou les peuples ont-ils le droit de maîtriser démocratiquement l'utilisation du système monétaire et bancaire. Un peuple qui vote a-t-il voix au chapitre ou sommes-nous entrés dans la « forme d'inconnue » qui ressemble bien à une dictature de marché ? De la réponse à ces questions, dépend notre avenir commun (…).

Dix ans après le Non des Français au Traité constitutionnel européen, les inventeurs de la démocratie, le berceau de notre civilisation, « Le petit peuple qui combat sans épée ni balle » du poète Yannis Ritsos, nous lancent donc un appel salutaire à repenser l'avenir de l'Europe. Ils s'adressent aujourd'hui à la France des Lumières, de la Révolution, de la Liberté, de l'Egalité et de la Fraternité, à la France solidaire, frondeuse, indépendante, résistante et intelligente.

Le débat n'oppose pas pro et anti européens. Il oppose les dogmatiques de l'ordre libéral, des partisans de la destruction de l'Europe comme le FN et ses alliés, à ceux qui veulent comme Alexis Tsipras, comme nous, comme les syndicalistes allemands, retrouver le chemin d'une Europe solidaire.

L'Europe d'Alexis Tsipras, est celle du progrès social et écologique, de la solidarité et de la démocratie, de la coopération consentie et du respect des choix démocratiques, c'est la nôtre. C'est à ce peuple debout et à cette idée de l'Europe que la France doit s'allier dès maintenant et jusqu'au bout (…).

Il ne suffit plus de répéter que des propositions responsables doivent être mises sur la table par les Grecs. Elles le sont. La France doit maintenant user de tout son poids pour conclure un accord rapide sur ces bases.

Pour rejeter le Grexit, maintenir la Grèce dans la zone Euro, en s'opposant à toute stratégie visant à sa sortie, en usant si nécessaire de notre droit de veto.

Pour engager sans tarder les discussions sur la restructuration de la dette grecque, et plus généralement des Etats européens, jusqu'à proposer la tenue, pourquoi pas à Paris, d'une conférence européenne de la dette.

Pour soutenir le gouvernement Grec dans les nécessaires réformes pour une fiscalité plus juste et une lutte renforcée contre la corruption, en refusant de nouvelles mesures d'austérité visant de manière indiscriminée la population grecque déjà exsangue.

Pour appuyer un grand plan d'investissements européen destiné à financer le redressement de l'économie productive et la transition écologique.

La BCE en a les moyens. Depuis janvier, elle crée chaque mois 60 millions d'euros avec l'objectif d'aller jusqu'à 1 140 milliards au lieu de les injecter sur les marchés financiers, elle doit mobiliser son formidable pouvoir de création monétaire à travers un fond de développement économique, social et écologique européen, démocratiquement géré. La Grèce mais aussi tous les européens qui souffrent de l'austérité pourraient en bénéficier.

La solution est à portée de main. La France doit s'engager sans faiblir pour la rendre possible.

Comprendre - Chronologie de la crise

2000-2008 – Les origines

Les gouvernements de droite et du Pasok successifs truquent les comptes avec la complicité de Goldman Sachs pour faciliter l’entrée dans l’euro. Les jeux olympiques sont ruineux (sauf pour les affairistes du BTP,… ), le budget militaire surdimensionné (pour les plus grands profits des vendeurs d’armes français, anglais, etc.. ), et s'ouvre une politique d’endettement à guichet ouvert liée à la recherche de marchés plus rémunérateurs par les grandes banques occidentales, en particulier allemandes et françaises.

2008-2009 – La crise financière

Pour sauver les banques occidentales, les Etats engagent de vaste plan de sauvetage, avec un plan de soutien de la Banque Fédérale aux États-Unis (29 000 milliards de dollars) et par la Banque Centrale Européenne (5 000 milliards d’euros). En Grèce, de nombreux ménages se retrouvent brutalement dans l’incapacité de payer leurs échéances et les banques sont aux abois.

2009 – Intervention de la Troïka

L'objectif de la Troïka n'est pas de sauver la Grèce mais les banques (principalement française et allemandes) qui ont prêtées et spéculées sur la dette grecque. L’intervention de la Troïka prendra donc deux aspects :

La mise en place d'un plan d'austérité qui ne touchera pas ou peu les plus riches, tout en supportant des taux d’intérêts de plus en plus élevés des banques.

En contrepartie de cette austérité la Troïka va verser en deux temps en 2010 et 2012, pour 110 et 130 milliards d’euros. Mais cet argent pour l’essentiel n’ira jamais en Grèce, ni aux Grecs. Pour plus de 4 euros sur 5, il a servi à racheter les emprunts d’Etat détenus par des banques privées européennes.

Le bilan de 5 ans de régime Troïka

Le bilan de cette « intervention » pour la Grèce est catastrophique : loin de « soigner » la Grèce, ce traitement « libéral » aggrave la situation : en quelques années, le pays perd 25 % de son PIB (-42 % entre 2008 et 2015), voit son taux de chômage tripler pour atteindre 27 % (60 % chez les jeunes et 72 % chez les jeunes femmes), et en lieu et place d’une diminution de la dette publique, on voit celle-ci augmenter jusqu’à 320 milliards d’euros pour représenter 177 % du PIB en juin 2015.

Et maintenant ?

Quelques jours après le référendum la volonté de la Troïka est toujours la même : «Soit vous signez le mémorandum, soit votre économie va s’effondrer. Comment ? Nous allons faire tomber vos banques. » (Propos du président de l'Eurogroupe à l'ex-ministre des finances grec, Yanis Varoufakis)

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9 juillet 2015 4 09 /07 /juillet /2015 01:09

Grèce. Pierre Laurent : « La solution est à portée de main, la France doit s'engager pour la rendre possible »

MERCREDI, 8 JUILLET, 2015

HUMANITE.FR

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L'intervention que Pierre Laurent, sénateur de Paris, à prononcé cet après-midi devant le Sénat à propos de la Grèce.

Monsieur le Premier Ministre,

Mesdames, Messieurs les ministres,

Chers collègues

Face au chantage et à l'injustice, le peuple grec a envoyé dimanche dernier un message d'espoir à toutes celles et ceux qui souffrent de l'austérité. Pour la deuxième fois en 6 mois, le peuple grec a exprimé sa soif de dignité, de démocratie et de liberté.

Il a voté sans céder à l'arsenal de pressions politiques, médiatiques, financières, aux chantages, aux tentatives de détournement de la question qui lui était posée.

Après 5 ans d'une austérité inhumaine, et je rappelle que vous avez tous voté ces mécanismes, 61 % des Grecs, ont dit « non » à une nouvelle baisse des retraites, à l'augmentation de la TVA sur les produits de consommation courante, à une nouvelle saignée d'austérité qui aurait affaiblie encore un peu plus leur pays.

Ils ont réaffirmé leur volonté: sortir de l'austérité et trouver une solution durable et profitable à la Grèce comme à l'ensemble des pays européens au sein de la zone euro.

En somme, ils ont conforté la démarche de négociation honnête et raisonnable qu'Alexis Tsipras n'a cessé de défendre sur la scène européenne depuis son élection.

Monsieur le Ministre, vous savez comme moi que cette démarche n'a pas été celle de ses partenaires, de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international qui pendant ces longs mois ont joué la faillite du pays, cherchant l'abdication politique de ces nouveaux dirigeants démocratiquement élus.

C'est l'ultimatum du FMI, alors qu'un accord était en bonne voie, qui a contraint le gouvernement grec à se tourner à nouveau vers son peuple.

Ce référendum a remis les pendules à l'heure face à ce coup de force larvé. Il a permis la reprise des négociations. Le fait est que certains gouvernements ne veulent pas qu'une politique s'écartant du dogmatisme libéral dominant puisse être expérimentée dans l'Union Européenne.

L'Europe, et non seulement la Grèce, est face à un choix qui concerne son avenir.

C'est un enjeu démocratique qui nous concerne tous.

Le débat n'est pas technique, car tous les ingrédients d'un accord viable sont sur la table. Comme l'a encore montré Alexis Tsipras ce matin au Parlement européen, le débat est politique.

Qui décide en Europe ?

Est-ce la finance qui gouverne, dicte sa loi ou les peuples ont-ils le droit de maîtriser démocratiquement l'utilisation du système monétaire et bancaire

Un peuple qui vote a-t-il voix au chapitre ou sommes-nous entrés dans la « forme d'inconnue » qui ressemble bien à une dictature de marché ?

De la réponse à ces questions, dépend notre avenir commun.

Français, Grecs, Européens, nous sommes tous concernés. Le Grexit serait irresponsable et serait d'ailleurs la solution la plus coûteuse et de loin pour tous. Nous ne pouvons pas en rester au maintient aveugle des règles qui nous ont déjà conduits à la catastrophe, elles ne sont un avenir ni pour la Grèce, ni pour la France, ni pour l'ensemble des peuples européens.

Dix ans après le Non des Français au Traité constitutionnel européen, les inventeurs de la démocratie, le berceau de notre civilisation, « Le petit peuple qui combat sans épée ni balle » du poète Yannis Ritsos, nous lancent donc un appel salutaire à repenser l'avenir de l'Europe. Ils s'adressent aujourd'hui à la France des Lumières, de la Révolution, de la Liberté, de l'Egalité et de la Fraternité, à la France solidaire, frondeuse, indépendante, résistante et intelligente.

Comme les dizaines de personnalités de gauche, et parfois même de droite, et du mouvement social, syndical, culturel qui ont pris parti pour le peuple grec,

comme les milliers de citoyens qui ont défilé dans notre pays en solidarité,

comme les 67% de Français qui déclarent nécessaires d'autres solutions que l'austérité, le groupe CRC considère que la place de la France est avec les Grecs, pour les sortir de l'impasse, mais aussi parce que la Grèce se bat aujourd'hui pour nous tous, contre les irresponsables qui ont mené l'Europe à la catastrophe ET contre ceux qui en profitent pour vendre leurs camelote populiste et nationaliste.

Le débat n'oppose pas pro et anti européens. Il oppose les dogmatiques de l'ordre libéral, des partisans de la destruction de l'Europe comme le FN et ses alliés, à ceux qui veulent comme Alexis Tsipras, comme nous, comme les syndicalistes allemands, retrouver le chemin d'une Europe solidaire.

L'Europe d'Alexis Tsipras, est celle du progrès social et écologique, de la solidarité et de la démocratie, de la coopération consentie et du respect des choix démocratiques, c'est la nôtre.

C'est à ce peuple debout et à cette idée de l'Europe que la France doit s'allier dès maintenant et jusqu'au bout.

Nous aurions souhaité, monsieur le Premier Ministre, que notre parlement s'exprime sur un mandat de négociations, comme cela se fait dans plusieurs pays démocratiques, dont la Grèce.

Cela aurait peut-être empêché des fautes politiques comme l'éviction du Ministre des finances de la République Hellénique, lors de l'Eurogroup samedi dernier, et la signature par Michel Sapin du texte inhumain instaurant la fin du programme de financement d'urgence des banques grecques, provocant la fermeture de celles-ci, alors même que le Président de la République nous assurait de sa détermination à trouver un accord le lundi précédent.

La France n'a rien à gagner au double langage, à l’ambiguïté, à la faiblesse.

L'heure est au choix et à une parole forte de la France dans ce moment crucial.

Il ne suffit plus de répéter que des propositions responsables doivent être mises sur la table par les Grecs. Elles le sont. La France doit maintenant user de tout son poids pour conclure un accord rapide sur ces bases.

Pour rejeter le Grexit, maintenir la Grèce dans la zone Euro, en s'opposant à toute stratégie visant à sa sortie, en usant si nécessaire de notre droit de veto.

Pour engager sans tarder les discussions sur la restructuration de la dette grecque, et plus généralement des Etats européens, jusqu'à proposer la tenue, pourquoi pas à Paris, d'une conférence européenne de la dette.

Pour soutenir le gouvernement Grec dans les nécessaires réformes pour une fiscalité plus juste et une lutte renforcée contre la corruption, en refusant de nouvelles mesures d'austérité visant de manière indiscriminée la population grecque déjà exsangue.

Pour appuyer un grand plan d'investissements européen destiné à financer le redressement de l'économie productive et la transition écologique.

La BCE en a les moyens. Depuis janvier, elle crée chaque mois 60 millions d'euros avec l'objectif d'aller jusqu'à 1 140 milliards au lieu de les injecter sur les marchés financiers, elle doit mobiliser son formidable pouvoir de création monétaire à travers un fond de développement économique, social et écologique européen, démocratiquement géré.

La Grèce mais aussi tous les européens qui souffrent de l'austérité pourraient en bénéficier.

Monsieur le ministre, la solution est à portée de main. La France doit s'engager sans faiblir pour la rendre possible.

Pierre Laurent, sénateur de Paris.

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8 juillet 2015 3 08 /07 /juillet /2015 06:41

Yanis Varoufakis : « Nous ne voulons plus du régime colonial incarné par la troïka »

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR ROSA MOUSSAOUI ET GAËL DE SANTIS PHOTOS HUGO AYMAR

MARDI, 17 MARS, 2015

L'HUMANITÉ

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photo : Hugo Aymar

En voulant empêcher le gouvernement grec de conduire la politique de rupture avec l’austérité pour laquelle il a été élu, les institutions européennes mettent en cause le principe même de démocratie, estime le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis. Entretien.

Pouvez-vous nous expliquer la différence entre la troïka et ce que vous appelez désormais le « Groupe de Bruxelles », qui inclut, outre les représentants de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne (BCE) et du Fonds monétaire international (FMI), ceux du Fonds européen de stabilité financière (FESF) ? La Grèce ne sera-t-elle pas soumise aux mêmes formes de contrôle politique ?

Yanis Varoufakis La principale différence, c’est que durant les cinq dernières années, les gouvernements successifs, en Grèce, étaient complètement dépendants de la volonté des créanciers. Ils ont capitulé face à la logique des créanciers, face à l’Union européenne. Cette dernière a fonctionné comme un despote très dur, qui a imposé à une nation en faillite des prêts dont le but était simple : permettre à l’Europe officielle de prétendre que la Grèce était sauvée tout en restant dans le déni des failles architecturales de la zone euro. La troïka était un groupement de technocrates envoyés en Grèce par nos créanciers pour appliquer un programme inapplicable, un programme qui devait aggraver la crise. Pourquoi ont-ils fait cela ? D’abord parce que, dans la première phase de la crise, après 2010, il y a eu une tentative cynique de transférer les pertes des banques françaises et allemandes vers les contribuables. Ils ont réussi cette opération, tout en prétendant que la crise grecque était réglée. Le coût, et c’est en cela que la troïka est synonyme en Grèce de régime colonial, fut une crise humanitaire massive. Voilà à quoi a servi la troïka. Nous avons été élus parce que le peuple grec a décidé de porter au pouvoir un parti condamnant ce processus. Le traitement administré à la Grèce a échoué. Nous avons été élus pour contester la philosophie et la logique politique du programme d’austérité. Bien sûr, nous appartenons à la zone euro. Nous n’avons pas notre propre banque centrale. Notre point de vue, comme gouvernement de gauche, est qu’il ne faut pas sortir de la zone euro. Nous n’aurions pas dû y entrer. Mais en sortir, dans les circonstances actuelles, causerait une perte massive de revenus et plongerait encore des millions de personnes dans la pauvreté. Sortir de la zone euro n’apporterait au peuple grec aucun progrès. Lorsque vous appartenez à une union, vous devez la réparer, pas la démanteler. Ce qui implique une négociation. À la différence de la troïka, le Groupe de Bruxelles est le fruit de l’accord que nous avons arraché dans la douleur le 20 janvier à l’Eurogroupe. Nous avons ouvert un nouveau processus. Mesurons le chemin parcouru : au lendemain des élections, les instances européennes nous intimaient l’ordre d’accepter leurs conditions, sous peine de couper les vivres aux banques grecques. Nous avons réussi à convenir d’un règlement créant une situation hybride. Nous mettrons en œuvre notre programme de réformes, nous serons jugés sur cette base. L’ambiguïté persiste, puisque nos interlocuteurs entendent aussi nous juger sur une partie du précédent programme. Le Groupe de Bruxelles témoigne de notre volonté de poser le problème au cœur de l’Europe. Pas dans un avant-poste colonial. Ce n’est pas le régime colonial qui envoie ses technocrates, ses fonctionnaires à la périphérie. Nous sommes désormais dans un processus européen. C’est notre tentative pour regagner la démocratie. Pas seulement pour la Grèce, mais pour toute l’Europe.

Jeudi dernier, au siège de l’Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE), Alexis Tsipras a clairement affirmé que la dette grecque n’était pas viable. Comment cette dette non viable peut-elle être restructurée ?

Yanis Varoufakis Vous savez, les capitalistes connaissent parfaitement la réponse à cette question. Lorsque la firme américaine General Motors a traversé, dans les années 2000, une grave crise de surendettement, sa dette a été effacée à 90 %. General Motors n’existerait plus aujourd’hui si sa dette n’avait pas été restructurée. Les avocats spécialistes des faillites traitent ce genre d’affaires tous les jours à Wall Street, à la City de Londres, à Paris, à Francfort. Ils renégocient les prêts contractés par les entreprises qui se retrouvent dans l’incapacité de surmonter leur dette. J’admets qu’il y a une certaine ironie à ce que nous adoptions, à gauche, la mentalité d’avocats d’affaires spécialisés dans les faillites ! N’oublions pas les raisons pour lesquelles le capitalisme a décollé au XIXe siècle. Parmi celles-ci, on trouve la création des sociétés anonymes. Que signifie cette innovation ? Que la dette n’est pas une dette ! Si la société anonyme coule, personne ne peut saisir votre maison. En fait, toute la logique du capitalisme est basée sur l’idée selon laquelle une dette qui ne peut être payée doit être restructurée. Tout le monde sait cela ! Sauf dans la zone euro… Mais dans les faits, même la dette grecque a déjà fait l’objet d’une vaste restructuration en 2012. Ils n’ont pas appelé ce processus « restructuration » ou « haircut » mais « PSI » pour « private sector involvement ». C’est l’ironie de la situation, un gouvernement de gauche radicale rappelle l’Europe à la logique même du capitalisme. C’est aussi dur que cela…

Lorsque vous consentez à des « réformes structurelles », qu’entendez-vous par là ? Le terme « réformes structurelles » ne sonne pas très bien à nos oreilles ici en France, où cette expression est synonyme d’ajustement néolibéral…

Yanis Varoufakis Lorsque j’étais plus jeune, le terme « réforme » renvoyait plutôt à une logique de gauche ! Plus tard, avec la crise de la dette dans les pays du tiers-monde et les plans d’ajustement structurel, le FMI s’est approprié ce terme. Il est devenu synonyme du prix que les pays pauvres devaient payer en contrepartie des prêts du FMI : fermetures d’écoles, d’hôpitaux, privatisation des services et des entreprises publics, etc. Aujourd’hui en Grèce, comme en France d’ailleurs, lorsque les gens des classes populaires entendent le mot « réforme », ils se disent immédiatement que leur retraite va être amputée, que leur accès aux soins va être entravé, que leurs enfants peuvent faire une croix sur une éducation de qualité. Le destin du terme « réforme » est comparable à celui du terme « démocratie » en Irak. Aujourd’hui lorsqu’un Irakien entend le mot « démocratie » à Bagdad, surtout s’il est prononcé avec l’accent américain, il prend peur et s’enfuit ! Mais les mots se chargent de la signification qu’on leur donne. Il y a une tradition réformiste de la gauche démocratique, nous nous y inscrivons. Des changements profonds sont indispensables. Depuis cinq ans en Grèce, tout comme en France, les réformes signifient une rétractation de l’État-providence, plus de libertés pour le capital, moins de libertés pour le travail. En Grèce, le résultat de cette grande dépression est que nous n’avons plus ni capital ni travail. Le capital a fui vers Paris, Francfort, Lausanne, Genève, New York. Le petit capital grec est aujourd’hui dans une position plutôt misérable, sans accès au crédit bancaire, sans demande interne pour écouler la production. Quant au travail… Il n’y a plus de travail. Et même lorsque les gens travaillent, ils ne sont pas vraiment payés. Six cent mille personnes, dans le secteur privé, n’ont pas reçu de salaire depuis des mois. Ils continuent de travailler, parce qu’ils ne peuvent rien faire d’autre et surtout parce qu’ils craignent de ne jamais percevoir les sommes qui leur sont dues s’ils s’en vont. C’est pire que l’esclavage, puisque vous n’avez même pas la nourriture et l’abri. Jusqu’ici, les réformes étaient synonymes d’attaques contre les plus faibles et de mansuétude pour les cartels et les oligarques. Nous pensons que la crise, au-delà de l’architecture défaillante de la zone euro, s’explique aussi par le poids de ces cartels, de ces oligarques, avec cette structure de pouvoir qui étouffe le dynamisme et l’énergie de la société grecque. Par nos « réformes », nous entendons nous attaquer à l’oligarchie, aux rentes, à des pratiques qui entravent l’innovation, le progrès, et empêchent la jeunesse de s’unir et d’exprimer sa créativité.

Comment expliquez-vous l’intransigeance, l’agressivité de la chancelière allemande, Angela Merkel, et de son ministre des Finances, Wolfgang Schäuble, à votre égard ?

Yanis Varoufakis Ce n’est pas du tout une affaire personnelle ! C’est un problème idéologique. C’est aussi la nature humaine. Rien ne se reproduit aussi aisément que la structure du pouvoir. Nous l’avons appris des grands philosophes, de David Hume à Karl Marx. Ceux-ci expliquent très bien comment nos croyances dans les conventions, qui en un sens relèvent de l’idéologie, s’ancrent dans l’esprit des gens et sont à l’origine d’attentes et d’un faux sens du droit. « Je dispose de quelque chose, donc j’y ai droit. » Les familles riches voyageant en première classe pensent que c’est leur droit. Bien entendu, ce n’est pas un droit. Hume parlait de « vertu artificielle ». Il décrit de façon très belle, dans son Traité de la nature humaine, la façon dont les gens qui ne se conforment pas aux attentes de ceux qui pensent avoir du pouvoir sur eux déchaînent une sorte de rage. C’est ce qui se passe. Depuis cinq ans, tous les ministres des Finances des pays frappés par la crise de la dette entrent à l’Eurogroupe en demandant où ils doivent signer. Parce que le mandat du peuple grec l’exigeait, nous avons au contraire demandé à examiner ce que l’on nous pressait de signer. Nous ne sommes pas arrivés avec l’intention d’imposer notre volonté. Nous représentons un petit pays affaibli, nous le savons. Nous sommes lourdement endettés, nous ne pouvons pas rembourser cette dette, mais nous avons le droit de poser des questions avant d’emprunter encore de l’argent, comme le fait n’importe quelle autre entité endettée ! Soudain, le fait qu’un ministre pose des questions et exprime une opinion sur ce qu’on veut lui faire signer jurait avec ce qu’on attendait de lui ! Ils espéraient de nous un consentement docile, comme celui de nos prédécesseurs. Comme nous ne nous sommes pas pliés à cette attente, il y a eu dissonance et tension. Le résultat de ce clash, c’est que certains dirigeants des États membres les plus puissants de l’Union européenne peuvent être tentés de nous écraser. Ce serait terrible pour l’Europe. Cela signifierait que la démocratie n’y a plus sa place. J’espère… J’ai confiance dans le fait que nous saurons trouver un terrain d’entente. Je le dis avec optimisme : c’est ainsi que l’Europe progresse, en surmontant ses contradictions.

Avez-vous vraiment dit à Wolfgang Schäuble que s’il refusait de traiter avec vous, il pourrait se trouver confronté, dans l’avenir, aux crânes rasés d’Aube dorée ?

Yanis Varoufakis Je l’ai dit à l’ensemble de l’Eurogroupe. Avant les élections, les médias nous dépeignaient comme des populistes. Ils faisaient l’amalgame avec Marine Le Pen en France, avec Nigel Farage au Royaume-Uni. Nous sommes pourtant sincèrement proeuropéens, aux antipodes du nationalisme ! Contester les choix politiques de l’Europe officielle, ce n’est pas être antieuropéen. Il est de notre devoir de critiquer ce qui ne fonctionne pas, c’est ce que nous apprend l’histoire de ce continent. La Grèce s’est vue imposer un programme guidé par des considérations idéologiques, un programme qui engendre l’humiliation, la faim, les privations et le désespoir. Nous savons, depuis les années 1930, qu’un tel cocktail, combiné au chômage massif, produit… le nazisme. Ce phénomène existe en Grèce aujourd’hui. Le parti arrivé en troisième position aux élections législatives se réclame ouvertement du nazisme. Comme la République de Weimar, le centre a échoué. Le Pasok s’est effondré. La Nouvelle Démocratie est discréditée. J’ai clairement dit à mes homologues de l’Eurogroupe que notre échec profiterait à l’extrême droite. Si l’on nous empêche de conduire une politique alternative, Le Pen arrivera au pouvoir en France et Aube dorée prendra les rênes de la Grèce. En quoi cela serait-il une avancée pour l’Europe ?

Vous avez rencontré votre homologue français, Michel Sapin, la semaine dernière, à Paris. Une entrevue plutôt brève…

Yanis Varoufakis Non, je l’ai rencontré longuement.

Êtes-vous déçu de l’attitude du gouvernement français ? Espériez-vous plus de soutien de Paris ?

Yanis Varoufakis Non. C’était ma deuxième rencontre avec Michel Sapin à Paris. J’insiste sur le fait que nous sommes confrontés non pas à un « problème grec » ou à un « problème français », mais à un problème systémique, un problème européen posé par-delà les nations. Comme internationalistes, c’est ainsi que nous devrions analyser la situation. Où que j’aille, que mes interlocuteurs soient français, allemands, néerlandais, irlandais, britanniques, je leur dis que nous devrions tous nous asseoir du même côté de la table et placer le problème de l’autre côté, plutôt que de nous affronter pour défendre chacun des intérêts à courte vue. C’est mon attitude depuis le début. C’est très dur d’avancer, le langage même est marqué par cette logique de confrontation. Mais nous continuons sur cette voie. Le jour où je ne serai plus capable de soutenir cette approche, il sera temps pour moi de partir, je démissionnerai.

Respirerez-vous mieux si Podemos remporte les élections espagnoles à l’automne ?

Yanis Varoufakis Mon message à l’actuel gouvernement espagnol, comme à tous les gouvernements, est que s’ils font l’erreur de traiter le gouvernement Syriza en ennemi, ils perdront une opportunité. Il y a deux approches. L’une consiste à attiser la confrontation. Les conséquences seraient dramatiques pour tous. Une autre approche consisterait à voir en nous une opportunité. Si nous parvenons à un accord mutuellement bénéfique, ils pourront revendiquer ce bénéfice. Ils ont le choix. De notre côté, nous avons choisi d’être coopératifs.

Le premier ministre Alexis Tsipras a encore insisté la semaine dernière sur le paiement de la dette contractée de force par l’Allemagne durant l’occupation nazie. Pourquoi la Grèce est-elle attachée à cette revendication, quand elle demande elle-même une restructuration de sa propre dette ?

Yanis Varoufakis Je ne suis pas le ministre auquel il faut poser cette question. Je répondrai donc en tant que citoyen, en tant qu’homme politique. Durant l’Occupation, les forces allemandes ont contraint la Banque de Grèce à leur accorder cet emprunt. Il a été rédigé une reconnaissance de dette, prévoyant même des intérêts. La Banque de Grèce est toujours en possession de ce document. Cette question n’a jamais été réglée. Je ne sais pas quelles sommes cela représente. Personnellement, je pense que toute dette peut être restructurée, qu’aucune dette n’est sacrée. Mais cela doit être réglé dans le cadre d’un accord mutuel. Pour nous, la guerre ne s’est pas achevée en 1944, quand l’armée allemande a quitté le pays. Nous avons connu ensuite une guerre civile entre les collaborateurs des nazis et la gauche. Aucune famille en Grèce n’a été épargnée. J’ai moi-même grandi, de 1967 à 1974, sous une dictature. Ces dirigeants étaient des néonazis, des néofascistes qui, pour certains, ont été formés pendant l’Occupation. C’est une dette morale, qui doit être réglée.

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6 juillet 2015 1 06 /07 /juillet /2015 10:42
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6 juillet 2015 1 06 /07 /juillet /2015 06:40

Le peuple grec s'est prononcé par référendum. plus de 61 % des électeurs ont, comme leleur demandait Alexis Tsipras, de refuser et de dire OXI aux injonctions des créantiers et de la Troi¨ka. Le gouvernement et Tsipras en sortent renforcés pour des négociations qu'ils appellent de leurs voeux avec les "co-propriétairesé de la amison commune Europe.

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5 juillet 2015 7 05 /07 /juillet /2015 08:13

La concentration des richesses nuit à la croissance, et c’est le FMI qui le dit

PIERRIC MARISSAL

MARDI, 16 JUIN, 2015

HUMANITE.FR

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AFP

Plus les riches s’enrichissent, plus faible est la croissance. Moins il y a de syndiqués, plus le revenu des 1% les plus riches augmente. Et la flexibilisation du travail accroît les inégalités. A contre-pied total de sa politique, des économistes du FMI publient une étude appelant à la redistribution des richesses.

Selon leur calcul, si les 20 % les plus riches augmentent leur fortune de 1 %, le PIB global lui baisse de 0,08%. "Cela semble suggérer que les bénéfices ne retombent pas" sur les plus pauvres, écrit le FMI qu’on peut croire gêné aux entournures. Car depuis 1714, et la fable des abeilles de Bernard Mandeville, tous les économistes libéraux assurent que l’enrichissement des plus riches bénéficie in fine à tous, soit par le biais de leur consommation, soit par celui de l'investissement profitant ainsi à l'activité économique générale et à l'emploi dans le reste de la société. C’est la « théorie du ruissellement » brandie depuis 3 siècles par tous les détracteurs de la redistribution et de la régulation économique.
A l’inverse, une hausse similaire des revenus des 20% les plus pauvres doperait la croissance de près de 0,4 point explique ainsi l’étude.

Une charge contre les inégalités

Ces chercheurs du FMI ne s’arrêtent pas à ces formules mathématiques. "Des règles plus souples d'embauche et de licenciement, des salaires minimums plus bas (...) et des syndicats moins puissants sont associées à de plus grandes inégalités", explique cette étude, qui prend ainsi à contre-pied total la politique du FMI, en particulier ses positions dans le cadre de la Grèce…

C'est le FMI qui le dit : la diminution du taux de syndicalisation est fortement corrélée à la hausse des revenus des 1 % plus riches. Casser le droit du travail augmente donc les inégalités. Mais ces économistes montrent également que l’enrichissement « croissant » des plus riches et la stagnation des bas revenus est un facteur de déclenchement des grandes crises financières. "Une période prolongée d'inégalités plus élevées dans les économies avancées a été associée à la crise financière (de 2008-2009) en renforçant l'endettement par effet de levier (...) et en permettant aux groupes de pression de pousser vers plus de dérégulation financière", explique l'étude. Ces économistes préconisent donc davantage de taxes sur le patrimoine et la propriété immobilière, un renforcement de la lutte contre l'évasion fiscale, le tout pour mieux répartir les richesses.

Ce n’est pas la première fois que des économistes hétérodoxes s’expriment au FMI et réalisent des études passionnantes (exemple : Le FMI le confirme : l’austérité était une erreur de calcul). Et ce n’est pas malheureusement celle-ci qui fera bouger les lignes austéritaires de l’institution.
L’ONG Oxfam s’est toutefois saisie de l’occasion offerte par ce rapport pour relancer sa campagne contre les inégalités. « Le FMI démontre que l’enrichissement des plus riches est mauvais pour la croissance, alors que se concentré sur les plus pauvres et les classes moyennes, cela marche ! […] Les gouvernements doivent de manière urgente réorienter leur politique, pour réduire le fossé qu’il y a entre les plus riches et les autres, s’ils veulent une reprise de la croissance économique. »

L’OCDE avait également publié une étude allant dans ce sens il y a quelques mois, plaidant pour une meilleure répartition des richesses. Partant du constat que les inégalités n’avaient jamais étaient aussi fortes, ce rapport « estime que le creusement des inégalités a coûté plus de 10 points de croissance au Mexique et à la Nouvelle-Zélande, près de 9 points au Royaume-Uni, à la Finlande et à la Norvège et de 6 à 7 points aux États-Unis, à l’Italie et à la Suède »

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3 juillet 2015 5 03 /07 /juillet /2015 15:04

Alexis Tsipras : "Le «non» n’est pas un simple slogan"

VENDREDI, 3 JUILLET, 2015

HUMANITE.FR

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Allocution télévisée prononcée à Athènes le 1er juillet 2015 par le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, en prévision du référendum du dimanche 5 juillet. Traduit par Dimitris Alexakis Δημήτρης Αλεξάκης

Grecques, Grecs,

Nous nous trouvons aujourd'hui à un tournant de notre histoire, à un moment crucial pour l’avenir de notre pays.

Dimanche, ce n’est pas entre le maintien de notre pays dans l’euro et la sortie de la monnaie unique que nous serons appelés à choisir ― l’appartenance de la Grèce à la zone euro ne peut être contestée par personne ―, mais entre l’acceptation de l’accord proposé par les Institutions et la revendication d’une solution viable ― une revendication renforcée par le verdict des urnes.

Le peuple grec doit savoir que le gouvernement a la ferme intention de parvenir à un accord durable, ouvert sur l’avenir.

Dès l’annonce de la tenue du référendum, nous avons de fait reçu de meilleures propositions sur la dette et sa nécessaire restructuration que celles que nous avions en mains jusqu’à vendredi. Ces propositions ne sont pas restées lettre morte ; nous avons sans délai adressé aux Institutions nos contre-propositions, guidées par la recherche d'une solution viable ; c’est dans ce but que s’est tenue hier une réunion extraordinaire de l’Eurogroupe qui reprendra cet après-midi. Si cette réunion aboutit à un résultat positif, nous ne nous défausserons pas, nous y répondrons sans attendre. Le gouvernement grec demeure en tout état de cause à la table des négociations et y restera jusqu’au bout. Ce gouvernement sera là, lundi, et sortira renforcé de la consultation populaire. Car le verdict du peuple a toujours plus de force que la volonté d’un gouvernement.

Je veux redire que le choix démocratique est au cœur des traditions européennes.

Les peuples européens ont eu recours au référendum à plusieurs moments-clé de leur histoire. Cela a été le cas de la France, notamment, lors du référendum sur la Constitution européenne. Cela a eu lieu en Irlande : le référendum a permis de suspendre l’application du Traité de Lisbonne et a conduit à une renégociation à la faveur de laquelle des termes plus favorables ont été obtenus.

Malheureusement, dans le cas de la Grèce, d’autres poids et d’autres mesures ont été appliqués.

Je n’aurais pour ma part jamais imaginé que l’Europe démocratique refuserait à un peuple le temps et l’espace dont ce peuple a besoin pour décider souverainement de son avenir.

Le leadership exercé par des cercles conservateurs extrêmes a conduit à la décision d’asphyxier les banques grecques, dans un but évident : intimider non seulement le gouvernement mais aussi, désormais, chacun des citoyens de ce pays.

Dans une Europe de la solidarité et du respect mutuel, il est inacceptable que les banques soient fermées pour la seule et unique raison que le gouvernement a décidé de donner la parole au peuple.

Il est inacceptable que des milliers de personnes âgées ― dont les pensions, malgré l’asphyxie financière, ont cependant pu être versées ― se retrouvent ainsi dans la tourmente.

À ces milliers de citoyens, nous devons une explication.

C’est pour protéger vos retraites que nous nous battons depuis des mois, pour défendre votre droit à une retraite digne de ce nom et non à un vulgaire pourboire.

Les propositions que nous avons été sommés de signer auraient entraîné une réduction drastique des pensions de retraite. C’est la raison pour laquelle nous les avons rejetées et c’est pour cela que nous nous trouvons aujourd’hui en butte à des mesures de rétorsion.

Le gouvernement grec a été confronté à un ultimatum, sommé de mettre en œuvre à l'identique les politiques d'austérité et de faire passer l’ensemble des dispositions du mémorandum en attente d’application, sans le moindre volet concernant la dette et le financement.

Cet ultimatum a été rejeté.

Le moyen le plus évident de sortir de cette voie sans issue était d’en appeler au peuple, car la démocratie ne connaît pas d’impasses.

Et c’est ce que nous faisons aujourd’hui.

Je sais parfaitement qu’en ce moment même les sirènes hurlent à la catastrophe.

Elles vous soumettent au chantage et vous appellent à voter «oui» à toutes les mesures demandées par les créanciers ― des mesures qui ne sont accompagnées d’aucune perspective de sortie de la crise.

Elles vous appellent à dire à votre tour, à l’instar des députés de ces journées parlementaires de sinistre mémoire, «oui» à tout.

Elles vous appellent à vous rallier à eux et à vous faire les complices de la perpétuation des mémorandums.

Le «non», de son côté, n’est pas un simple slogan.

Le «non» est un pas décisif vers un meilleur accord, un accord que nous pourrons signer aussitôt après la consultation de dimanche.

Le «non» reflètera le choix très clair du peuple sur la façon dont il entend vivre dès le jour suivant.

Le «non» ne signifie pas rupture avec l’Europe mais retour à l’Europe des principes.

Voter «non», c’est faire pression en faveur d’un accord économiquement viable qui apportera une solution à la dette au lieu de la faire exploser ; d’un accord qui ne sapera pas indéfiniment les efforts que nous accomplissons afin de redresser la société et l’économie grecques ; d’un accord socialement juste transférant sur les possédants les charges qui pesaient jusqu’alors sur les salariés et les retraités.

Un accord qui ramènera à brève échéance le pays sur les marchés internationaux et permettra à la Grèce de s’affranchir du contrôle et de la mise sous tutelle.

Un accord sur des réformes portant un coup définitif à l’enchevêtrement d’intérêts et à la corruption qui alimentent le système politique grec depuis des décennies.

Un accord permettant enfin de répondre à la crise humanitaire, de créer un vaste filet de sûreté pour tous ceux qui se trouvent aujourd’hui en marge, précisément à cause des politiques appliquées dans notre pays au cours de ces longues années de crise.

Grecques, Grecs,

J’ai pleinement conscience des difficultés présentes et je m’engage auprès de vous à faire tout ce qui est en mon pouvoir pour qu’elles ne durent pas.

Certains s’évertuent à lier le résultat de la consultation de dimanche au maintien de la Grèce dans la zone euro ; ils prétendent même que j’ai le projet secret, si le «non» l’emporte, de sortir le pays de l’Union Européenne. Mais ils mentent de façon éhontée.

Ces mensonges nous ont déjà été servis, par les mêmes, au cours de la période précédente, et ceux qui les propagent rendent aujourd’hui un bien mauvais service au peuple et à l’Europe.

Vous n’ignorez pas que je m’étais porté candidat il y a un an, lors des dernières élections européennes, à la présidence de la Commission. J’avais alors eu l’occasion de dire aux Européens qu’un terme devait être mis aux politiques d’austérité, que les mémorandums ne nous permettaient pas de sortir de la crise, que le programme mis en œuvre en Grèce avait échoué, que l’Europe devait cesser de se comporter de manière antidémocratique.

Quelques mois plus tard, en janvier 2015, cette analyse a été validée par le peuple.

Malheureusement, certains s’obstinent en Europe à refuser de le comprendre, de l’admettre.

Ceux qui veulent une Europe cramponnée à des logiques autoritaires, à des logiques de non-respect de la démocratie, ceux qui veulent que l’Europe ne soit qu’une union superficielle au sein de laquelle le FMI ferait office de liant ne proposent aucune véritable vision pour l’Europe. Ce sont des hommes politiques sans audace, incapables de penser en Européens.

À leurs côtés, l’establishment politique grec, après avoir mis le pays en faillite, projette aujourd’hui d’en rejeter la responsabilité sur nous alors que nous nous efforçons d’arrêter cette marche vers la catastrophe.

Ils rêvent de revenir aux affaires comme s’il ne s’était rien passé. Ils s’y préparaient il y a quelques jours encore, croyant que nous accepterions l’ultimatum, et demandaient publiquement la nomination d’un Premier ministre de paille pour l’appliquer ; ils s’y préparent aujourd’hui alors que nous donnons la parole au peuple.

Ils parlent de coup d’État. Mais une consultation démocratique n’est pas un coup d’État ; le coup d’État serait la mise en place d’un gouvernement imposé.

Grecques, Grecs,

Je veux de tout cœur vous remercier de la lucidité et du sang-froid dont vous faites preuve à chaque heure de cette difficile semaine et vous assurer que cette situation ne durera pas longtemps. Elle sera de courte durée. Les salaires et les retraites ne s’évanouiront pas. Les dépôts des citoyens qui ont choisi de ne pas transférer leur argent à l’étranger ne seront pas sacrifiés aux calculs des uns et des autres, ni au chantage.

Je m’engage personnellement à trouver une solution immédiate dès la fin du référendum.

Dans le même temps, je vous appelle à soutenir cet effort de négociation ; je vous appelle à dire «non» à la poursuite de ces mémorandums qui sont en train de détruire l’Europe.

Je vous appelle à répondre par l’affirmative à la perspective d’une solution viable.

À ouvrir une page nouvelle, une page démocratique, pour un meilleur accord.

C’est la responsabilité que nous avons envers nos parents, nos enfants et nous-mêmes, et c’est notre dette à l’égard de l’Histoire.

Je vous remercie.

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3 juillet 2015 5 03 /07 /juillet /2015 14:59

Cécile Cukierman 2015

2 h ·

Nous voulons construire une alternative moderne et progressiste pour le renouveau de la gauche !

Hier, EELV a présenté sa liste pour les élections régionales de décembre 2015, liste à laquelle s’est rallié le PG. Etait également présent Nouvelle Donne ainsi qu’Ensemble.

Avec un angélisme qui ne trompera personne, nous entendons certains qui « ne comprendraient pas la [notre] position des communistes », estimant que « Le PCF a choisi d’attendre »…

Je m’en étonne. Loin d’attendre, les communistes se mobilisent. Ils sont dans l'action (pour la Grèce, contre le coût du Capital, contre la loi liberticide sur le Renseignement, contre la loi Macron, contre la loi NOTRE ou encore la loi Rebsamen, contre la Métropole Lyonnaise), aux cotés des salariés mobilisés pour défendre l’emploi dans toute la région, pour un rassemblement démocratiquement élaboré avec les acteurs du mouvement social. Ils considèrent, à ce jour, que rien n'est définitivement arrêté.
Ils demandent avec insistance, depuis plusieurs jours, une rencontre collective, dont la date n’est toujours pas arrêtée. Ils souhaitent que celle-ci puisse se ternir rapidement, dans un calendrier qui permette à toutes et tous d’y participer pleinement.

L'enjeu est de construire, tous ensemble, un programme alternatif avec ceux qui sont dans l'action (sociale, écologique, démocratique et anti autoritaire, de développement du droit des femmes et des minorités et bien d'autres). La défense et le développement des Services Publics par une Fonction Publique rénovée, le renouveau de l'éducation et de la formation, la relocalisation de l'activité économique condition de la relance de l'emploi, le rehaussement d'un Enseignement Supérieur et de la Recherche au service de la culture et de l'innovation, répondant aux besoins des populations font partie des axes forts et fondateurs d'une Région alternative, anticapitaliste et donc écologiste, car il ne peut y avoir dissociation de l'un et de l'autre.

Le Parti communiste, fidèle à l’esprit du Front de Gauche, continuera durant tout l’été ses « Mille rencontres », avec les forces vives de la société, afin d’élaborer avec toutes celles et ceux qui le veulent, une véritable alternative aux politiques libérales, pour une Région au service de l’égalité des citoyens et des territoires, qui promeuve les services publics, les coopérations, et la solidarité.

D’ores et déjà de nombreuses mobilisations ont eu lieu dans les villes d’Auvergne et Rhône Alpes, d’autres sont prévues ce soir et ce week-end, pour exprimer notre solidarité au gouvernement grec qui fait la démonstration qu’une voie alternative au libéralisme est possible.

Saint Etienne, vendredi 3 juillet 2015
Cécile Cukierman
Cheffe de file des Communistes Auvergne Rhône Alpes

Cécile Cukierman 2015

2 h ·

Nous voulons construire une alternative moderne et progressiste pour le renouveau de la gauche !

Hier, EELV a présenté sa liste pour les élections régionales de décembre 2015, liste à laquelle s’est rallié le PG. Etait également présent Nouvelle Donne ainsi qu’Ensemble.

Avec un angélisme qui ne trompera personne, nous entendons certains qui « ne comprendraient pas la [notre] position des communistes », estimant que « Le PCF a choisi d’attendre »…

Je m’en étonne. Loin d’attendre, les communistes se mobilisent. Ils sont dans l'action (pour la Grèce, contre le coût du Capital, contre la loi liberticide sur le Renseignement, contre la loi Macron, contre la loi NOTRE ou encore la loi Rebsamen, contre la Métropole Lyonnaise), aux cotés des salariés mobilisés pour défendre l’emploi dans toute la région, pour un rassemblement démocratiquement élaboré avec les acteurs du mouvement social. Ils considèrent, à ce jour, que rien n'est définitivement arrêté.
Ils demandent avec insistance, depuis plusieurs jours, une rencontre collective, dont la date n’est toujours pas arrêtée. Ils souhaitent que celle-ci puisse se ternir rapidement, dans un calendrier qui permette à toutes et tous d’y participer pleinement.

L'enjeu est de construire, tous ensemble, un programme alternatif avec ceux qui sont dans l'action (sociale, écologique, démocratique et anti autoritaire, de développement du droit des femmes et des minorités et bien d'autres). La défense et le développement des Services Publics par une Fonction Publique rénovée, le renouveau de l'éducation et de la formation, la relocalisation de l'activité économique condition de la relance de l'emploi, le rehaussement d'un Enseignement Supérieur et de la Recherche au service de la culture et de l'innovation, répondant aux besoins des populations font partie des axes forts et fondateurs d'une Région alternative, anticapitaliste et donc écologiste, car il ne peut y avoir dissociation de l'un et de l'autre.

Le Parti communiste, fidèle à l’esprit du Front de Gauche, continuera durant tout l’été ses « Mille rencontres », avec les forces vives de la société, afin d’élaborer avec toutes celles et ceux qui le veulent, une véritable alternative aux politiques libérales, pour une Région au service de l’égalité des citoyens et des territoires, qui promeuve les services publics, les coopérations, et la solidarité.

D’ores et déjà de nombreuses mobilisations ont eu lieu dans les villes d’Auvergne et Rhône Alpes, d’autres sont prévues ce soir et ce week-end, pour exprimer notre solidarité au gouvernement grec qui fait la démonstration qu’une voie alternative au libéralisme est possible.

Saint Etienne, vendredi 3 juillet 2015
Cécile Cukierman
Cheffe de file des Communistes Auvergne Rhône Alpes

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3 juillet 2015 5 03 /07 /juillet /2015 11:50

Nicolas Maur... Régionales 2015/ARA : Le PG et Ensemble font voler le Front de gauche en éclat ... pour 13 places Nicolas Maury Le Parti de gauche et Ensemble ont décidé de rejoindre Europe Ecologie Les Verts (EELV) pour les élections régionales. Le prix de ce grand marchandage 13 places sur (230) offert à nos chers camarades du PG et d'Ensemble et 1 tête de liste départementale (pour le PG) "Une alternative moderne et progressiste (sans le PCF) pour Rhône-Alpes-Auvergne"… clament les écologistes de Die sur leur site. Les écolos de Die (vous savez, ceux qui ont fait passer la mairie à droite en refusant de fusionner avec la liste communiste au 2nd tour) se vantent de refuser les propositions du PCF pour les régionales, au nom du "Rassemblement citoyen"... et publient au passage un accord d'appareils, base de leur futur liste, garantissant plus des 3/4 des places aux partis engagés dans ce cartel, là où le PCF propose une liste à parité "militants politiques / citoyens engagés". Dans cette histoire purement technique, on apprend que le PG, englué dans ses illusions grenobloises, à vendu son âme pour une dizaine de places et une tête de liste départementale, j’imagine pour Corinne Morel-Darleux. Régionales 2015/ARA : Le PG et Ensemble font voler le Front de gauche en éclat ... pour 13 places Dans un courrier du 2 juin, EELV annonçait rompre les négociations avec le PCF pour constituer une liste commune EELV-Front de gauche pour les élections régionales de décembre 2015 dans la "grande" région Auvergne-Rhône-Alpes (ARA). Pourtant les très nombreux points de divergences entre écologistes et communistes avaient été aplanis. Un accord devait être annoncé le 5 juin. Il est très clair que le "modèle grenoblois" l'a emporté, mais l'opportunisme aussi, pour 13 places. PG et Ensemble rejoignent un parti qui vote l'austérité en France Les anciens ministres EELV (Cécile Duflot et Pascal Canfin) et les députés d'Europe écologie les verts (EELV) ont été de loyaux agents du gouvernement et du capitalisme. Ils ont voté TOUS les textes de loi portant la régression sociale, ils ont voté POUR le TSCG, ils ont voté POUR le soi-disant ANI, ils ont voté POUR la retraite à 67 ans. Faisons le bilan de ces bons et loyaux services : - EELV a voté POUR la hausse de la TVA qui sanctionne les plus faibles - EELV a voté POUR l'austérité budgétaire qu'ils nomment faussement "rigueur" qui tue les services publics - EELV a voté POUR la loi Fioraso sur les universités laissant celles ci mourir a petit feu - EELV a voté POUR le plan de finance de la sécurité sociale (PLFSS) qui prévoit de moins rembourser les malades - EELV a voté POUR les cadeaux fiscaux au patronat et les 30 milliards du CICE - EELV a voté POUR la loi "Duflot" qui renforce les droits des propriétaires contre les locataires - EELV a voté POUR le TSCG qui impose l'austérité budgétaire aux pays membres de l'UE - EELV a voté POUR l'ANI qui tue les politiques salariales et les droits des travailleurs - EELV a voté POUR la retraite à 67 ans - EELV a voté POUR la réforme territoriale - EELV a voté POUR les baisses des dotations aux communes On peut rajouter que EELV a voté les confiances aux gouvernements de Manuel Valls. Au final chacun prendra ses responsabilités, mais nous ne lâcherons pas notre objectif, malgré les embûches : œuvrer au rassemblement de toutes les forces qui se battent contre l'austérité. Parce-que pour les communistes, il ne s'agit pas d'un enjeu d'appareil, mais bien d'une nécessité politique pour notre Pays et notre Peuple. Régionales 2015/ARA : Le PG et Ensemble font voler le Front de gauche en éclat ... pour 13 places "Construisons Auvergne-Rhône-Alpes en commun !" l'Appel des communistes pour les régionales Les communistes de la région Auvergne-Rhône-Alpes soulignent que cette région dispose de grands atouts, il s'agit d'une des régions les plus riche d'Europe. Chaque année le PIB de cette région est de 230 milliards d'euros, les banques disposent de 200 milliards d'euros en stock, que de l'argent il y en a. Pourtant c'est une région de fortes inégalités. Les communistes estiment que le Front de gauche porte un projet capable de renverser la logique libérale de la réforme territoriale. L'urgence est d'inventer des réponses innovantes et concrètes. Il faut d'importantes transformations sociales, écologiques, démocratiques, il faut des moyens pour financer des politiques de proximités et de coopérations. Les communistes veulent une région qui affronte les intérêts égoïstes des puissants, qui affronte les politiques d'austérités gouvernementales et européennes. Les communistes estiment que les habitants de Auvergne-Rhône-Alpes ont droit à une égale dignité, au respect, à un emploi dans une région où le développement profiterait à tous. Une région centrée sur l'écologie, la culture, la démocratie et le travail. Mais cette ambition n'est possible que par la défaite de la droite réactionnaire, portant une vision ultralibérale et de mise en concurrence des régions entres-elles, incarnée par Laurent Wauquiez, et la mise en échec du Front national. Construisons Auvergne-Rhône-Alpes en commun ! Athènes (Grèce), Barcelone (Catalogne), Madrid (Espagne) montrent la nécessité d'exprimer des alternatives citoyennes. Une rassemblement largement ouverts aux forces citoyennes (syndicats, associatives...) doit permettre l'implication des habitants de la région. Il faut donner les moyens d'écouter, d'associer, de mettre toutes ces énergies au service d'un projet d'égalité et de développement social et écologique. Il faut construire une région Auvergne-Rhône-Alpes en commun ! Les communistes veulent construire une majorité régionale populaire, de gauche, avec toutes les forces qui luttent contre l'austérité, qui affrontent la règle d'or de la finance. C'est autour du Front de gauche que les communistes estiment ce rassemblement possible. Les délégués représentant les 11.000 communistes de la région Auvergne-Rhône-Alpes estiment qu'il faut continuer l'aventure du Front de gauche et élargir son implication aux militants syndicaux, associatifs, écologistes, progressistes et socialistes (et non au PS). Cécile Cukierman et André Chassaigne pour porter cette volonté commune Cécile Cukierman (39 ans), sénatrice PCF, a été élue, à l'unanimité des délégués, cheffe de file des communistes. Elle a la lourde tache de constituer la liste du Front de gauche, et c'est autour de 1000 rencontres qu'émergera une alternative citoyenne. André Chassaigne sera le porte parole des communistes régionaux.

Nicolas Maur...

Régionales 2015/ARA : Le PG et Ensemble font voler le Front de gauche en éclat ... pour 13 places

Nicolas Maury

Le Parti de gauche et Ensemble ont décidé de rejoindre Europe Ecologie Les Verts (EELV) pour les élections régionales. Le prix de ce grand marchandage 13 places sur (230) offert à nos chers camarades du PG et d'Ensemble et 1 tête de liste départementale (pour le PG)

"Une alternative moderne et progressiste (sans le PCF) pour Rhône-Alpes-Auvergne"… clament les écologistes de Die sur leur site.

Les écolos de Die (vous savez, ceux qui ont fait passer la mairie à droite en refusant de fusionner avec la liste communiste au 2nd tour) se vantent de refuser les propositions du PCF pour les régionales, au nom du "Rassemblement citoyen"... et publient au passage un accord d'appareils, base de leur futur liste, garantissant plus des 3/4 des places aux partis engagés dans ce cartel, là où le PCF propose une liste à parité "militants politiques / citoyens engagés".

Dans cette histoire purement technique, on apprend que le PG, englué dans ses illusions grenobloises, à vendu son âme pour une dizaine de places et une tête de liste départementale, j’imagine pour Corinne Morel-Darleux.

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2 juillet 2015 4 02 /07 /juillet /2015 13:17

La “lettre ouverte » d’Alexis Tsipras aux citoyens Allemands sur ce qu’on ne leur a jamais dit sur la dette Grecque

Par Alexis Tsipras le 1 février 2015

Alexis Tsipras, le nouveau premier ministre de la Grèce, a envoyé ce courrier le 13 janvier au journal Allemand Handelsblatt.

« Chers lecteurs de Handelsblatt,

Je sais d’avance que la plupart d’entre vous ont probablement une opinion déjà formée sur le contenu de cette lettre. Je vous invite, cependant, à la lire sans préjugés. Les préjugés n’ont jamais été un bon conseiller, et encore moins à un moment où la crise économique les renforce, en entretenant l’intolérance, le nationalisme, l’obscurantisme, et même la violence.

Avec cette lettre ouverte, je souhaite vous exposer un récit différent de celui qui vous a été fait au sujet de la Grèce depuis 2010. Et je tiens aussi et surtout à exposer avec franchise les projets et les objectifs de SYRIZA, si le 26 Janvier par le choix des électeurs devient le nouveau gouvernement grec.

En 2010, l’État grec a cessé d’être en mesure de servir sa dette. Malheureusement, les dirigeants européens ont décidé de faire croire que ce problème pourrait être surmonté par l’octroi du plus grand prêt jamais consenti à un état, sous condition que certaines mesures budgétaires seraient appliquées, alors que celles ci, manifestement, ne pouvaient que diminuer le revenu national destiné au remboursement des nouveaux et anciens prêts. Un problème de faillite a été donc traité comme s’ il s’ agissait d’un problème de liquidité. En d’autres termes, l’attitude adoptée, était celle du mauvais banquier qui, au lieu d’admettre que le prêt accordé à la société en faillite a « sauté », il lui accorde des prêts supplémentaires, prétextant que les anciennes dettes restent servies et prolonge ainsi la faillite à perpétuité.

Il s’agissait pourtant d’ une question de bon sens de voir que l’application de la doctrine «extend and pretend» [étendre les maturités de la dette et prétendre que payer les intérêts ne pose aucun problème] dans le cas de mon pays aboutirait à une tragédie. Qu’au lieu de stabiliser la Grèce, l’application de ce dogme installerait une crise auto-alimentée qui sape les fondations de l’UE.

Notre parti, et moi-même, nous nous sommes opposés à l’accord de prêt de mai 2010, non pas parce que l’Allemagne et nos autres partenaires ne nous ont pas donné assez d’argent, mais parce que vous nous avez donné beaucoup plus d’argent que ce qu’il fallait et que nous pouvions accepter. De l’argent qui par ailleurs ne pouvait ni aider le peuple grec puisqu’il disparaissait aussitôt dans le trou noir du service de la dette ni arrêter l’alourdissement continu de celle-ci, obligeant de la sorte nos partenaires prolonger ce fardeau à perpétuité aux frais des citoyens.

Et cette vérité était bien connue par les gouvernants allemands, mais ils n’ont jamais voulu vous la dévoiler.

Et en effet, et avant même que la première année ne se soit écoulée et depuis 2011, nos prévisions ont été vérifiées. L’enchaînement des nouveaux prêts aux réductions drastiques des dépenses a non seulement échoué à dompter la dette, mais il a par surcroît puni les citoyens les plus faibles, en transformant les citoyens ordinaires qui avaient un emploi et un toit à des chômeurs sans-abri qui ont tout perdu, de plus, leur dignité.

L’effondrement des revenus a conduit à la faillite de milliers d’entreprises, augmentant ainsi le pouvoir oligopolistique des entreprises qui ont survécu. De ce fait, les prix diminuaient moins que les revenus tandis que les dettes, publiques et privées, ne cessaient de s’alourdir. Dans ce contexte, où le déficit d’espoir a dépassé tous les autres déficits «l’œuf du serpent » n’a pas mis longtemps pour éclore – et les néo-nazis ont commencé à patrouiller les quartiers en semant la haine.

Malgré son échec manifeste, la logique de «extend and pretend» continue à s’appliquer systématiquement encore aujourd’hui. Le deuxième accord de prêt de 2012, a ajouté une charge supplémentaire sur les épaules affaiblies de l’état grec, en réduisant les fonds de pension, en donnant un nouvel élan à la récession, en finançant aussi une nouvelle kleptocratie avec l’argent de nos partenaires.

Des commentateurs sérieux ont parlé récemment de stabilité et même de croissance à propos de mon pays pour « prouver » que les politiques appliquées ont été efficaces. Aucune analyse sérieuse ne soutient cette «réalité» virtuelle. L’ augmentation récente de 0,7% du revenu national réel ne marque pas la fin de la récession mais sa poursuite, puisqu’elle a été réalisée dans une période d’inflation de 1,8%, ce qui signifie que (en euros) le revenu national a continué de baisser. Simplement, il diminue moins que la moyenne des prix – tandis que les dettes augmentent.

Cet effort de mobilisation des «statistiques grecques», pour démontrer que l’application de la politique de la troïka est efficace en Grèce, est outrageant pour tous les européens qui ont enfin le droit de connaître la vérité.

Et la vérité est que la dette publique grecque ne peut pas être honorée tant que l’économie sociale grecque se trouve en situation de simulation de noyade budgétaire (fiscal waterboarding).

En outre, persévérer dans ces politiques misanthropes et sans issue, dans le refus de reconnaître une simple question d’arithmétique, coûte au contribuable allemand et condamne en même temps un peuple fier à l’indignité. Et le pire: de cet fait, les Grecs se retournent contre les Allemands, les Allemands contre les Grecs, et l’idée d’une Europe Unie Démocratique est offensée cruellement.

L’Allemagne, et plus particulièrement le contribuable allemand qui travaille dur n’a rien à craindre d’un gouvernement SYRIZA. Au contraire. Notre objectif n’est pas d’entrer en conflit avec nos partenaires. Notre objectif n’est pas d’obtenir des prêts supplémentaires ou un blanc-seing pour de nouveaux déficits. Notre objectif est la stabilité économique, des budgets primaires équilibrés et, bien sûr, la cessation des saignées fiscales opérées sur les contribuables depuis quatre ans par un accord de prêt inadéquat aussi bien pour la Grèce que pour l’Allemagne. Nous exigerons la fin de l’application du dogme «extend and pretend» non pas contre le peuple allemand, mais pour le bénéfice de nous tous.

Je sais, chers lecteurs, que derrière les demandes d’une «stricte application des accords» se cache la peur que « si nous laissons les Grecs faire ce qu’ils veulent, ils vont refaire le même coup». Je comprends cette inquiétude. Mais ce n’était pas SYRIZA qui a érigé en institutions dans mon pays la collusion des intérêts privés et la kleptocratie qui feignent de se soucier de l’observation «des accords» et des réformes puisque celles ci ne les affectent pas, comme le démontrent les quatre dernières années des réformes engagées par le gouvernement Samaras sous la direction de la troïka. Nous, nous sommes prêts à entrer en conflit avec ce système afin de promouvoir des réformes radicales au niveau du fonctionnement de l’état, en établissant la transparence de l’administration publique, la méritocratie, la justice fiscale, la lutte contre le blanchissement d’argent. Ce sont ces réformes que nous soumettons à l’appréciation des nos citoyens aux prochaines élections.

Notre objectif est la mise en place d’ un New Deal pour l’ensemble de la zone euro qui permettra aux grecs comme à l’ensemble des peuples européens de respirer, de créer, de vivre avec dignité. Avec une dette publique socialement viable. Avec une croissance qui est stimulée par des investissements publics financés – seul moyen de sortir de la crise – et non pas par la recette échouée de l’austérité qui ne fait que recycler la récession. En renforçant la cohésion sociale, la Solidarité et la Démocratie.

Le 25 Janvier en Grèce, une nouvelle opportunité surgit pour l’Europe. Ne ratons pas cette chance ».

Alexis Tsipras | 13 janvier 2015

Article original : Open letter to the German readers: That which you were never told about Greece (Traduction: Vassiliki Papadaki)

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