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14 avril 2011 4 14 /04 /avril /2011 07:57

Le PCF "s'oppose radicalement" à la réforme de l'hospitalisation d'office PARIS - Le PCF "s'oppose radicalement au projet de loi "relatif aux droits et à la protection des personnes faisant l'objet de soins psychiatriques", voté le 22 mars à l'Assemblée et actuellement à l'examen au Sénat, selon un communiqué. Le texte, voté à l'Assemblée nationale le 22 mars, et dont le déclencheur avait été le meurtre en 2008 à Grenoble d'un étudiant par un malade mental enfui de l'hôpital, instaure notamment la possibilité de "soins" ambulatoires sans consentement, et non plus seulement une hospitalisation. D'après le PCF, ce "projet liberticide vise à faire passer la psychiatrie d'un dispositif sanitaire au service des malades à un dispositif de contrôle social au service du ministère de l'Intérieur". "Nous refusons la mise en place d'une garde à vue psychiatrique de 72 heures, l'instauration d'un fichier des personnes ayant à un moment de leur vie fait l'objet d'un soin sous contrainte", précise le communiqué. Selon le parti, "une réforme progressiste de la psychiatrie est possible", qui "suppose d'affirmer que l'objet de la psychiatrie est de soigner des sujets en souffrance et non de normaliser des individus et des comportements". "La société entière doit se saisir de ce débat", estime le PCF. (©AFP / 13 avril 2011 18h31)

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13 avril 2011 3 13 /04 /avril /2011 11:58

11 Avril 2011

Scandaleux

 

Après l'annulation d'une interview de Marine Le Pen sur Radio J, la police du PAF joue les outrées. Crédibilité zéro.

 

La polémique remonte au 13 mars dernier.

Un dimanche un peu spécial pour la rédaction de Radio J, « radio de la communauté juive », qui s'apprête à recevoir pour la première fois la présidente du Front national.

Pourtant, la rencontre historique n'aura pas lieu : à la dernière minute, la direction cède au mécontentement de ses auditeurs et substitue Nadine Morano à Marine Le Pen. Pas de gouaille grasse et rauque à l'antenne. Le journaliste Frédéric Haziza, censé mener l'interview, est terriblement déçu. « Je comprends que l'idée ait suscité l'émoi d'auditeurs », mais « je voulais simplement faire mon travail de journaliste », confie-t-il dans la foulée au micro de Pascale Clark sur France Inter, déplorant la décision de sa hiérarchie.

« L'invitation est venue après ses déclarations au Point, où elle qualifiait la Shoah de "summum de la barbarie" », explique-t-il alors, confessant malgré tout s'interroger sur le caractère opportuniste de ce revirement du FN. La réaction de Marine Le Pen, affirmant que des menaces de mort avaient été proférées à la station pour l'empêcher de dire aux juifs de France « qu'ils n'ont rien à craindre du FN, bien au contraire », ne laisse quant à elle que peu de doutes sur le sujet, en pleine campagne pour les cantonales.

Mais poursuivant son entreprise de banalisation, Frédéric Haziza persiste et signe. Non content de s'obstiner à mener, d'ici 2012, cette interview « intransigeante », le journaliste s'est fait fort de saisir le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) pour crier à l'injustice. Une démarche couronnée de succès. Dans un courrier daté du 5 avril, le président du CSA, Michel Boyon, sonne les cloches de la direction de Radio J. L'ancien directeur de Radio France, nommé par Nicolas Sarkozy en personne en 2007, lui rappelle avec fermeté qu'elle a ratifié une convention l'engageant « à respecter les recommandations du CSA pendant les périodes électorales ». La rhétorique habituelle s'ensuit : « La règle de l'équité doit être appliquée pour ce qui concerne l'accès à l'antenne des partis non représentés au Parlement », il en va de la « nécessité d'assurer une présentation et un accès équitables à l'antenne pour les candidats et leurs soutiens ». Tout un poème. Voir le président du CSA se faire le chantre du pluralisme pour voler au secours de la présidente du FN, en pleine débandade médiatique il faut bien l'avouer, il y a de quoi se réjouir. Sans doute lui faudrait-il une piqûre de rappel afin qu'il s'émeuve à plus juste titre... La voici : de janvier 2010 à mars 2011, sur les 64 éditions de C politique, débat animé alors par Nicolas Demorand sur France 5, le FN a bénéficié de quatre invitations, contre une seule pour le PCF. Sur le plateau d'Á vous de juger, Marine Le Pen a été conviée à trois reprises sur la même période. Le PCF et le PG étant, eux, relégués aux abonnés absents de l'imaginaire politique d'Arlette Chabot.

Flora Beillouin

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12 avril 2011 2 12 /04 /avril /2011 09:21


Lors d'une manifestation sur les retraites à Thouars organisée par l'intersyndicale, la rue Thiers à Thouars a été débatisée symboliquement et remplacée le temps de la cérémonie, par la rue du Progrés social.

 

Les élus communistes Niortais quant à eux, ont eu l'heureuse initiative de proposer à la municipalité de débaptisé Thiers pour la remplacer par la rue Ferrat.

 

Et pourquoi pas à saint-Varent ?

 

 

 

 

 

Dans le prochain numéro du "Vivre à Niort", Frédéric Giraud propose, au nom du groupe communiste et apparenté, de débaptiser la rue Thiers pour en faire la rue Ferrat:

 

Inutile de vous présenter Jean Ferrat : artiste généreux, sincère, humble, il a chanté l’amour, la vie, l’espoir pour les progressistes et humanistes français. Engagé et regardant l’histoire en face, il a créé et chanté Nuit et Brouillard, Potemkine, mais aussi la Commune. Cette chanson créée en hommage à la Commune de Paris, est une période de l’Histoire française souvent ignorée, y compris des manuels scolaires.

Pourtant ce fut une période où les citoyens de Paris prirent leur destin en mains pour construire une société différente. Vous connaissez la suite, Thiers assassina des milliers de Parisiens et massacra la Commune de Paris.


 


Aujourd’hui, la rue qui mène à l’Hôtel de ville porte le nom de ce sinistre personnage. Quel paradoxe! Quelle «honte» pour l’ensemble des citoyens Niortais d’honorer Monsieur Thiers! Nous demandons que la Rue Thiers soit débaptisée et nous vous proposons le nom de Jean Ferrat pour cette rue. Par cet acte symbolique, nous rendons hommage à ces citoyens morts pour la liberté, l’égalité et la fraternité, mais aussi a ce poète aimé de beaucoup de Niortais.


 Frédéric Giraud


 

 

 


 

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12 avril 2011 2 12 /04 /avril /2011 08:58

Tribunes - le 26 Mars 2011

 

 Jack Ralite, Sénateur communiste de la Seine-Saint-Denis « Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde. » (Albert Camus) Voici 50 ans qu’à des titres divers, je suis élu de cette banlieue dont Saint-Denis et Aubervilliers sont si symboliques de la vie populaire, de l’histoire ouvrière. Je connais les efforts gigantesques d’invention et d’action, pour et avec les habitants, que ces villes ont dû faire pour sortir de leur statut de « communs de la société ». Et comme chacun, aujourd’hui, je mesure ce qui se joue à Aubervilliers, à Saint-Denis et dans le Val-de-Marne : placés par les électeurs loin derrière les candidats Front de Gauche au premier tour, des candidats PS/EELV ont décidé de se maintenir au second, au rebours de toute l’histoire de la gauche -et ceci malgré les réticences de nombreux militants de ces deux partis, ouvrant par là même la boîte de Pandore des divisions à gauche Cette affaire n’est pas une guerre picrocholine. Elle pose, très au-delà des enjeux de pouvoir et de postes, une question fondamentale de morale. En balayant les principes qui avaient permis les victoires passées, les candidats PS/EELV concernés obèrent celles de l’avenir. Surtout, ils lâchent les digues de la compromission au pire moment, à l’un de ces instants où seule l’éthique peut sauver la politique. Je le dis à hauteur d’homme, mais avec force : cela me déchire. Les choses sont simples : pour l’emporter, les candidats PS/EELV ont besoin des voix non pas seulement de la droite, mais aussi de l’extrême droite. Et la droite, pour la première fois explicitement à Saint-Denis, appelle à voter PS/EELV. En lui-même, cet élément suffirait à disqualifier ce qui se produit ici. Mais allons au-delà. Imagine-t-on ce que serait un conseiller général de gauche qui, devancé au premier tour, l’emporterait au second par l’apport de voix de droite mais surtout, dans le rapport des forces actuels, par l’arbitrage du FN ? Mesure-t-on le désarroi, la confusion, la brèche que cela créerait ? Ainsi, un homme, une femme de gauche pourrait être élu-e à la faveur de pratiques devant lesquelles certains hiérarques de droite même reculent ? Et dans des territoires si emblématiques de ce que la gauche peut faire de meilleur au service des populations ? Mais c’en serait fini de la dignité de la politique, de l’honneur que l’on a, tous, de croire en quelque chose qui dépasse nos seuls intérêts ! Que l’on n’invoque pas ici le pluralisme, encore moins la démocratie. Ce qui blesse le pluralisme, ce n’est pas qu’un candidat respecte les principes du désistement républicain. Et ce qui souille la démocratie, c’est bien que l’on puisse sacrifier les valeurs fondamentales aux intérêts égoïstes. Que l’on n’invoque pas davantage le vécu quotidien des habitants : je connais les souffrances de ceux que rongent le chômage, l’insécurité, l’échec scolaire. J’habite en HLM à Aubervilliers, je n’ignore rien de Saint-Denis : ces souffrances me taraudent et me font lutter et chercher depuis 50 ans, avec d’autres, des réponses nobles, nouvelles, avec échecs et réussites. Mais au grand jamais, face à ces souffrances je ne proposerai d’agir autrement qu’envers les vrais responsables. Jamais je ne détournerai la colère ailleurs que vers ceux qui mettent le monde à l’envers, jamais je n’instrumentaliserai le malheur et la misère. Et jamais je ne dévaloriserai ce que des décennies de gestion de gauche ont gagné pour les habitants d’Aubervilliers, de Saint-Denis, et de bien d’autres villes, dans le domaine de la santé, de la culture, du social, de la jeunesse. Car dénigrer, instrumentaliser, c’est à terme ajouter les désillusions à la souffrance, remplacer la colère par la rancœur, le chemin de l’action par la fausse route de l’abstention et du rejet de l’autre. Face à la misère, bien plus qu’ailleurs, il faut toujours et toujours rassembler. Et rien d’autre. Je suis bien placé pour savoir que, même à gauche, il est souvent difficile de ne pas être celui qui l’emporte. Ministre communiste avec François Mitterrand, j’ai été minoritaire dans son gouvernement. J’y suis resté sincère, loyal, mais fidèle à moi-même. Maire d’Aubervilliers, j’ai travaillé avec mes partenaires dans le plus digne d’eux-mêmes. Ce ne fut jamais facile. Mais ce fut l’honneur de la gauche que d’avoir respecté ses composantes. Aujourd‘hui, nombreux sont les électeurs socialistes ou écologistes qui sont troublés. Leur choix, ils le savent, dépasse les enjeux locaux. Ils m’en parlent. Je leur dis en sincérité : en votant dimanche pour les candidats arrivés en tête au premier tour, ils ne se renient pas : ils réaffirment leurs valeurs. En s’inscrivant dans la longue histoire du progrès social en France et de la gauche de ce pays, ils ne vivent pas au passé : ils préservent l’avenir. Je leur dis en franchise : au moment où le Front national est plus menaçant que jamais, rien ne doit être fait qui le mette au centre du jeu, et rien ne doit être fait qui favorise la contamination par ses idées. Je leur dis avec détermination : la période qui s’ouvre va être dure, violente pour les gens les plus pauvres, pour ceux qui sont au cœur de notre action et de notre pensée. En ces temps, abdiquer nos valeurs et nos principes, au nom d’un prétendu modernisme ou d’un opportunisme affamé, ce serait indigne. Je leur dis enfin avec un grand respect : électeurs socialistes, écologistes, progressistes et aussi électeurs communistes : il vous appartient, très simplement, sans grandiloquence, de confirmer votre attachement à la gauche et de préserver l’honneur de vos partis, cet honneur qui sans vous va sortir entaché de ce triste épisode. Ce que les appareils n’ont pas encore su faire, c’est aux électeurs et électrices de le réaliser : rassemblez-vous dimanche derrière le candidat de gauche qui est arrivé en tète au premier tour. Il n’est pas trop tard. Jack Ralite Sénateur communiste de la Seine-Saint-Denis Ancien ministre de François Mitterrand

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12 avril 2011 2 12 /04 /avril /2011 08:55
 

Dans un article important publié par la site internet de l'Humanité, samedi 26 mars 2011, le sénateur communiste Jack Ralite, ancien ministre, exhorte la gauche, toute la gauche, à se ressaisir avant le deuxième tour des élections cantonales, ce dimanche. Citant en avant-propos Albert Camus : «Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde», Jack Ratite, non sans émotion et une certaine solennité, ne mâche pas ses mots concernant l'attitude de certains candidats de gauche.

«Voici 50 ans qu’à des titres divers, je suis élu de cette banlieue dont Saint-Denis et Aubervilliers sont si symboliques de la vie populaire, de l’histoire ouvrière, rappelle le sénateur. Je connais les efforts gigantesques d’invention et d’action, pour et avec les habitants, que ces villes ont dû faire pour sortir de leur statut de « communs de la société.» Puis il précise : «Et comme chacun, aujourd’hui, je mesure ce qui se joue à Aubervilliers, à Saint-Denis et dans le Val-de-Marne : placés par les électeurs loin derrière les candidats Front de Gauche au premier tour, des candidats PS/EELV ont décidé de se maintenir au second, au rebours de toute l’histoire de la gauche -et ceci malgré les réticences de nombreux militants de ces deux partis, ouvrant par là même la boîte de Pandore des divisions à gauche.»

Nous y voilà. Ajoutant que «cette affaire n’est pas une guerre picrocholine», mais «pose, très au-delà des enjeux de pouvoir et de postes, une question fondamentale de morale», Jack Ralite déclare qu’en «balayant les principes qui avaient permis les victoires passées, les candidats PS/EELV concernés obèrent celles de l’avenir. Surtout, ils lâchent les digues de la compromission au pire moment, à l’un de ces instants où seule l’éthique peut sauver la politique.» On ne saurait mieux exprimer ce que tous les citoyen(ne)s authentiquement de gauche pensent intimement, parfois avec colère, depuis quelques jours…

«Je le dis à hauteur d’homme, mais avec force: cela me déchire», écrit le sénateur communiste et ancien maire d’Aubervilliers. Les choses sont simples: pour l’emporter, les candidats PS/EELV ont en effet besoin des voix non pas seulement de la droite, mais aussi de l’extrême droite. Et la droite, pour la première fois explicitement à Saint-Denis, appelle à voter PS/EELV... Vous avez bien lu ! Jack Ralite l’écrit sans détour: «Imagine-t-on ce que serait un conseiller général de gauche qui, devancé au premier tour, l’emporterait au second par l’apport de voix de droite mais surtout, dans le rapport des forces actuels, par l’arbitrage du FN? Mesure-t-on le désarroi, la confusion, la brèche que cela créerait? Ainsi, un homme, une femme de gauche pourrait être élu-e à la faveur de pratiques devant lesquelles certains hiérarques de droite même reculent? Et dans des territoires si emblématiques de ce que la gauche peut faire de meilleur au service des populations? Mais c’en serait fini de la dignité de la politique, de l’honneur que l’on a, tous, de croire en quelque chose qui dépasse nos seuls intérêts!»

En ces heures de grands troubles républicains, particulièrement dans ces quartiers populaires où les souffrances de ceux que rongent le chômage, l’insécurité, l’échec scolaire sont immenses et dévastatrices, je pense exactement comme Jack Ralite: «Que l’on n’invoque pas ici le pluralisme, encore moins la démocratie. Ce qui blesse le pluralisme, ce n’est pas qu’un candidat respecte les principes du désistement républicain. Et ce qui souille la démocratie, c’est bien que l’on puisse sacrifier les valeurs fondamentales aux intérêts égoïstes.»

Jack Ralite a raison: «Jamais je ne détournerai la colère ailleurs que vers ceux qui mettent le monde à l’envers, jamais je n’instrumentaliserai le malheur et la misère. Et jamais je ne dévaloriserai ce que des décennies de gestion de gauche ont gagné pour les habitants d’Aubervilliers, de Saint-Denis, et de bien d’autres villes, dans le domaine de la santé, de la culture, du social, de la jeunesse. Car dénigrer, instrumentaliser, c’est à terme ajouter les désillusions à la souffrance, remplacer la colère par la rancœur, le chemin de l’action par la fausse route de l’abstention et du rejet de l’autre. Face à la misère, bien plus qu’ailleurs, il faut toujours et toujours rassembler. Et rien d’autre.»
De fait, comment peut-on, en toute (in)conscience, mettre le Front national, plus menaçant que jamais, au centre du jeu, favorisant ainsi «la contamination par ses idées». L’indignité a-t-elle encore des bornes, quand elle se cache derrière une République blessée, souillée?

POUR LIRE L'INTEGRALITE DU TEXTE DE JACK RALITE
ET LE DIFFUSER LARGEMENT :
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12 avril 2011 2 12 /04 /avril /2011 08:51

Médias - le 8 Avril 2011

l'Humanité des débats. L'entretien

Ignacio Ramonet « Le citoyen vit dans un sentiment d'insécurité informationnelle »

« L'homme contemporain court le risque de devenir un ignorant bourré d'information », explique Ignacio Ramonet, spécialiste des médias, dans son nouveau livre l'Explosion du journalisme (Éditions Galilée). Le développement d'Internet, s'il menace la presse papier, pourrait aussi marquer l'essor d'une démocratie renouvelée dans laquelle transparence et fluidité éroderaient toutes les dominations.

Vous dites que « le journalisme traditionnel se désintègre complètement ».


Ignacio Ramonet. Oui, parce qu'il est attaqué de toutes parts. D'abord il y a l'impact d'Internet. Il est clair qu'Internet, en créant un continent médiatique inédit, a produit un journalisme nouveau (blogs, pure players, leaks.) directement en concurrence avec le journalisme traditionnel. Ensuite, il y a ce qu'on pourrait appeler la « crise habituelle » du journalisme, qui préexistait à la situation actuelle, c'est-à-dire la perte de crédibilité, directement liée à l'accélération générale des médias ; la consanguinité entre un certain nombre de journalistes et d'hommes politiques. Le tout suscitant une méfiance générale du public. Enfin, il y a la crise économique qui provoque une chute très importante de la publicité, principale source de financement des médias privés. Ce qui entraîne de lourdes difficultés de fonctionnement pour les rédactions.

 

Vous évoquez une perte de crédibilité, pourquoi ?

Ignacio Ramonet. La perte de crédibilité des grands médias s'est accentuée ces deux dernières décennies essentiellement comme conséquence de l'accélération du fonctionnement médiatique. La presse n'a jamais été parfaite, faire du bon journalisme a toujours été un combat. Mais depuis le milieu des années 1980, nous avons assisté à deux substitutions. D'abord, l'information en continu à la télévision, plus rapide, a pris le pas sur l'information délivrée par la presse écrite. Cela a abouti à une concurrence plus vive entre médias, une course de vitesse qui laisse de moins en moins le temps de vérifier les informations. Ensuite, à partir du milieu des années 1990 avec le développement d'Internet, et depuis deux ou trois ans avec l'irruption de « néojournalistes », ces témoins-observateurs d'événements (sociaux, politiques, météorologiques, faits divers. ) qui sont une nouvelle source d'information extrêmement sollicitée par les médias eux-mêmes.

 

Malgré ces pratiques de proximité, le public semble avant tout justifier sa défiance à l'égard de la presse par la promiscuité entre le pouvoir et les journalistes.

Ignacio Ramonet. Pour la plupart des citoyens, le journalisme se résume à quelques journalistes : ceux que l'on voit toujours et partout. Une vingtaine de personnalités connues, qui vivent un peu « hors sol », qui passent beaucoup de temps « embedded » avec les hommes politiques, et qui sont globalement fort conciliants avec eux. Bref, il s'est ainsi constituée une sorte de noblesse du quant à soi, leaders politiques et journalistes célèbres vivent et se marient même entre eux, c'est une nouvelle aristocratie. Mais ce n'est pas du tout la réalité du journalisme. La caractéristique principale de ce métier, aujourd'hui, c'est avant tout : la précarisation. La plupart des jeunes journalistes sont exploités, très mal payés ; ils travaillent à la pige, à la tâche, dans des conditions préindustrielles. Plus de 80 % des journalistes ont de petits salaires, toute la profession vit sous la menace de licenciements. Donc, à tous égards, la vingtaine de journalistes célèbres n'est pas représentative et masque la misère sociale du journalisme français. Et cela n'a pas changé avec Internet, cela s'est même aggravé. Dans les sites d'information en ligne créés par la plupart des médias, les conditions de travail sont encore pires. Est ainsi apparue une nouvelle sorte de journalistes exploités : les forçats de l'info, les pigistes d'abattage, les OS du Web, les galériens du clavier. Ce qui peut les consoler c'est que, peut-être, l'avenir leur appartient.

 

Dans ces conditions le journalisme peut-il encore se prévaloir du titre de quatrième pouvoir, agit-il encore comme un contre pouvoir ?

Ignacio Ramonet. On assiste à une extraordinaire concentration des médias. Si on observe la structure de la propriété de la presse nationale française, on constate qu'elle est entre les mains d'un très petit nombre de groupes. Une poignée d'oligarques - Lagardère, Pinault, Arnault, Dassault. -, est devenue propriétaire des grands médias français. Des médias qui expriment de moins en moins une pluralité mais sont soupçonnés de protéger les intérêts des grands groupes financiers et industriels auxquels ils appartiennent. En ce sens il y a crise du « quatrième pouvoir ». Sa mission historique, qui consiste à créer une opinion publique disposant d'un sens critique et susceptible de participer activement au débat démocratique, n'est plus garantie. Aujourd'hui, les médias cherchent, au contraire, à domestiquer la société pour éviter toute remise en cause du modèle dominant. Les grands médias ont créé un consensus autour d'un certain nombre d'idées (la mondialisation, la construction européenne, le nucléaire, le libre-échange.) considérées comme étant « bonnes pour tout le monde » et qui ne peuvent être contestées. Si vous les contestez, vous quittez ce qu'Alain Minc appelle le « cercle de la raison ». Vous êtes donc dans la déraison.

 

Vous appelez de vos voux un cinquième pouvoir.

Ignacio Ramonet. Oui, si l'on fait le constat que le « quatrième pouvoir » ne fonctionne pas, cela pose un grave problème à la démocratie. Car il n'est pas imaginable de concevoir une démocratie sans véritable contre-pouvoir de l'opinion publique. L'une des spécificités d'une démocratie réside dans cette tension permanente entre le pouvoir et son respectif contre-pouvoir. C'est ce qui fait la versatilité, l'adaptabilité et la réalité de ce système. Le gouvernement a une opposition, le patronat a les syndicats. Mais les médias n'ont pas - et ne veulent pas avoir ! - de contre-pouvoir. Or il y a une forte demande sociale d'informations sur l'information. Beaucoup d'associations, comme l'Acrimed, par exemple, passent déjà au crible de la véracité, le fonctionnement des médias. Les gens veulent savoir comment fonctionne la manipulation médiatique. Pour mieux s'en défendre. C'est ainsi qu'aujourd'hui nos sociétés démocratiques construisent, dans le tâtonnement bien entendu, un « cinquième pouvoir ». Le plus difficile étant de faire admettre aux médias dominants que ce « cinquième pouvoir » puisse exister et qu'ils lui donnent la parole.

 

Vous faites dans votre ouvrage un constat alarmant sur l'avenir de la presse écrite en général, qu'en est-il de la presse d'opinion ?

Ignacio Ramonet. Les journaux les plus menacés sont, selon moi, ceux qui reproduisent toutes les informations générales et dont la ligne éditoriale se dilue totalement. Si pour le citoyen il est important que toutes les opinions s'expriment, cela ne veut pas dire que chaque média, en son sein, soit obligé de reproduire toutes ces opinions. En ce sens, la presse d'opinion, non pas une presse idéologique qui se ferait le relais d'une organisation politique, mais une presse d'opinion capable de défendre une ligne éditoriale définie par sa rédaction, est nécessaire. Dans la mesure où, pour tenter de combattre la crise de la presse, des journaux ont décidé de mettre sur le même plan, dans leurs colonnes, toutes les thèses politiques, de l'extrême gauche à l'extrême droite, au prétexte que tout se vaut, de nombreux lecteurs ont cessé d'acheter ces journaux. Parce que l'une des fonctions d'un journal, en plus de fournir des informations, est de conférer une « identité politique » à son lecteur. Or désormais, « leur » journal ne dit plus, aux lecteurs, qui ils sont. Au contraire, ils troublent son identité politique et l'égarent. Ils achètent, mettons, Libération et y lisent, par exemple, un entretien avec Marine Le Pen. Pourquoi pas ? Mais ils peuvent y découvrir qu'ils ont peut-être quelques idées en commun avec le Front national. Et nul ne les rassure. Et cela les inquiète. Un tel brouillage de ligne a confondu de nombreux lecteurs. D'autant qu'aujourd'hui le flot d'informations qui circule sur Internet peut leur permettre de se faire leur propre opinion. En pleine crise des médias, le succès de l'hebdomadaire allemand Die Ziet est significatif. Il a choisi d'aller à l'encontre des idées et des informations dominantes, avec des articles de fond, longs, parfois ardus. Et il voit ses ventes s'accroître. Au moment où toute la presse fait la même chose : des articles de plus en plus courts, avec un vocabulaire d'à peine 200 mots. Die Ziet a choisi une ligne éditoriale claire et distincte, et se souvient par ailleurs que le journalisme est un genre littéraire.

 

S'agissant de cette hyperabondance d'informations, d'Internet et de ses réseaux sociaux, vous évoquez tour à tour sagesse collective et abrutissement collectif. ?

Ignacio Ramonet. Jamais dans l'histoire des médias on a vu les citoyens contribuer autant à l'information. Aujourd'hui, si vous mettez une information en ligne, elle peut être contredite, complétée, discutée par tout un essaim d'internautes, qui, sur beaucoup de sujets, seront au moins aussi qualifiés, voire plus, que le journaliste auteur de l'article. Donc on assiste à un enrichissement de l'information grâce à ces « néojournalistes », ceux que j'appelle les « amateurs-professionnels ». Rappelons que nous sommes dans une société qui n'a jamais produit autant de diplômés de l'enseignement supérieur, le journalisme s'adresse donc aujourd'hui à un public, qui par segments, bien sûr, très éduqué. Par ailleurs, les dictatures qui veulent contrôler l'information n'y parviennent plus, on l'a vu en Tunisie, en Égypte et ailleurs. Souvenons-nous que l'apparition de l'imprimerie, en 1440, n'a pas uniquement transformé l'histoire du livre, elle a bouleversé l'histoire et le fonctionnement des sociétés. De même, le développement d'Internet n'est pas qu'une rupture dans le champ médiatique, il modifie les rapports sociaux. Il crée un nouvel écosystème qui produit parallèlement une extinction massive de certains médias, en particulier de la presse écrite payante. Aux États-Unis quelque 120 journaux ont déjà disparu. Cela veut-il dire que la presse écrite va disparaître ? La réponse est non, l'histoire montre que les médias s'empilent, ils ne disparaissent pas. Cependant, peu de journaux vont résister. Survivront ceux qui auront une ligne claire, qui proposeront des analyses fouillées, sérieuses, originales, bien écrites. Mais le contexte d'hyperabondance d'informations a également pour effet de désorienter le citoyen. Il n'arrive plus à distinguer ce qui est important et ce qui ne l'est pas. Qu'est-ce qui est vrai, qu'est-ce qui est faux ? Il vit dans un sentiment permanent d'insécurité informationnelle. De plus en plus, les gens vont donc se mettre rechercher des informations de référence.

 

Comment assurer un avenir à l'information et à ceux qui la font alors que celle-ci est désormais accessible gratuitement ?

Ignacio Ramonet. S'il est incontestable que c'est la presse en ligne qui va dominer l'information dans les années à venir, reste évidemment à trouver un modèle économique viable. Pour l'instant, la culture dominante d'Internet est effectivement la gratuité. Mais nous sommes, au moment actuel, entre deux modèles, et aucun des deux ne fonctionne. L'information traditionnelle (radio, télévision, presse écrite) est de moins en moins rentable, et le modèle de l'information en ligne ne l'est pas encore, à de très rares exceptions près.

 

Au fond, ces nouveaux espaces médiatiques ont-ils une chance de modifier les rapports de domination qui prévalent aujourd'hui au sein même de la société ?

Ignacio Ramonet. J'ai consacré, dans mon ouvrage, un chapitre important à WikiLeaks (site Internet qui donne audience aux « fuites d'informations » - NDRL). C'est le domaine de la transparence. Dans nos sociétés contemporaines, démocratiques, ouvertes, il sera de plus en plus difficile, pour le pouvoir, d'avoir une double politique : l'une vis-à-vis de l'extérieur, et l'autre plus opaque, plus secrète, à usage interne, où le droit et les lois peuvent être transgressés. WikiLeaks a fait la démonstration que les médias traditionnels ne fonctionnaient plus et n'assumaient plus leur rôle. C'est dans la niche de leurs carences que WikiLeaks a pu pousser et se développer. Ce site a aussi dévoilé que la plupart des États avaient un côté obscur, caché. Mais le grand scandale, c'est qu'après les révélations de WikiLeaks, il ne se soit rien passé ! Par exemple, WikiLeaks a révélé que, à l'époque de la guerre d'Irak, un certain nombre de dirigeants socialistes français allaient faire allégeance à l'ambassade des États-Unis à Paris pour expliquer aux Américains que s'ils avaient été au pouvoir, ils auraient engagé la France dans cette guerre. Et cela n'a pas fait de vague. Alors que c'était presque de la haute trahison.

 

Cette évolution vers plus transparence peut-elle alors avoir des effets concrets ?

Ignacio Ramonet. Elle va nécessairement jouer sur les privilèges des élites et les rapports de domination. Si les médias peuvent jusqu'ici s'attaquer au pouvoir politique, c'est parce que le politique a perdu beaucoup de son pouvoir au profit des sphères financières. C'est sans doute dans l'ombre de la finance, des traders, des fonds de pension. que s'établit aujourd'hui le véritable pouvoir. Or ce pouvoir demeure préservé parce qu'il est opaque. Il est significatif que la prochaine grande révélation de WikiLeaks concerne justement le secret bancaire ! Il est possible aujourd'hui, grâce aux nouveaux systèmes médiatiques, de s'attaquer à ces espaces occultes. Ce pouvoir est comme celui des vampires, la lumière le dissout, le réduit en poussière. On peut espérer que, grâce aux nouveaux médias numériques, ce sera au tour du pouvoir économique et financier d'être désormais interrogé et dévoilé.

 

Entretien réalisé par Frédéric Durand

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12 avril 2011 2 12 /04 /avril /2011 08:48

Les syndicats FO, CFDT et CGT appellent à la grève samedi dans tous les hypermarchés Carrefour pour exiger de la direction qu'elle revoit à la hausse ses propositions salariales pour 2011 afin de maintenir le pouvoir d'achat des 65.000 salariés.

Cet appel intersyndical, peu habituel chez le géant de la grande distribution (le dernier remonte à février 2008), fait suite aux négociations salariales au cours desquelles la direction a proposé une augmentation de 1% en mars et de 1% en octobre, assortie d'une remise de 10% (au lieu de 7%) sur les achats dans les magasins de l'enseigne et d'une participation aux frais d'entretien des tenues de travail de 6 euros par trimestre.

FO, premier syndicat chez Carrefour (environ 45% des voix), a jugé ces propositions "minimalistes" et refusé de signer un projet d'accord "qui n'augmente pas les salaires à la mesure de l'inflation annoncée à 2% en 2011". La direction de Carrefour a de son côté annoncé vendredi à l'AFP qu'elle allait "rouvrir les négociations" et proposait "à ses partenaires sociaux de se retrouver à la table des négociations la semaine prochaine", selon le directeur des ressources humaines, Jean-Luc Masset.

Pour les trois syndicats, la direction "tente de casser la grève et de faire diversion en annonçant une nouvelle réunion de +négociations+ à la veille d'un mouvement social national qui s'annonce d'ampleur". "Cela ne change rien pour nous, c'est une tentative de déstabilisation, ça montre que notre mobilisation porte, le mouvement va être très suivi", a affirmé à l'AFP Dejan Terglav, délégué FO. "Depuis trois ans, nous avons perdu 10% de pouvoir d'achat", a expliqué M. Terglav, "alors que les profits explosent et que nos dirigeants viennent de mettre en vente les magasins Ed avec à la clé six milliards qui vont aller dans les poches des actionnaires".

"Les hausses proposées par la direction correspondent à une augmentation de 1,64% sur l'année 2011", selon Serge Corfa, délégué CFDT. Il a déclaré à l'AFP être "surpris de l'ampleur que prend le mouvement". Pour la CGT, "les bénéfices sont au rendez-vous, ils ne doivent pas servir qu'à gonfler le portefeuille déjà très grassouillet des dirigeants du groupe".

Carrefour a annoncé en mars des bénéfices en hausse de 11% en 2010 (382 millions d'euros), malgré des charges importantes dues notamment à la réorganisation du groupe au Brésil. Le groupe a aussi récemment annoncé sa volonté de scinder son activité de hard-discount (enseigne Dia) et 25% de sa filiale Carrefour Property (propriétaire des murs des magasins).

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12 avril 2011 2 12 /04 /avril /2011 08:46

La direction communiste se réunit aujourd'hui et demain pour définir la ligne politique pour 2012. Elle ne devrait pas se prononcer ce week-end sur le nom du candidat à l'Élysée.

Il ne fait aucun doute qu'une ligne politique sera adoptée pour les échéances électorales de 2012 au Conseil national du PCF qui se réunit aujourd'hui et demain au siège, place du Colonel-Fabien. On est en revanche moins sûr qu'il se prononce sur le candidat du Front de gauche à la présidentielle. Alors que ses partenaires, le Parti de gauche (PG) et la Gauche unitaire (GU), ont déjà choisi Jean-Luc Mélenchon, le PCF veut conditionner le nom du prétendant à l'Élysée à un « accord global incluant le programme partagé, la stratégie politique et les législatives », explique Pierre Laurent.

Certes, dans son rapport d'ouverture, le dirigeant communiste entend souligner que « les candidatures en présence doivent être étudiées avec leurs avantages et leurs inconvénients », estimant que celle de « Jean-Luc Mélenchon doit être examinée comme une hypothèse sérieuse », mais, précise-t-il, « dans le cadre d'un accord global ». La précision semble d'autant s'imposer que les pourparlers entre responsables du Front de gauche coincent sur les législatives. « Si c'est pour avoir 75 % de candidats PCF, ça ne va pas, explique à l'AFP Éric Coquerel. Il faut un équilibre qui reconnaisse son poids, mais pas dans un rapport hégémonique. »

Le dirigeant du PG plaide pour des discussions sur la base de 50 % de candidats PCF, 30 % pour son parti et 20 % pour la Gauche unitaire et autres associatifs ou syndicalistes. Quant au PCF, il en revendique 80 %. « L'accord législatif doit respecter l'ancrage territorial des forces en présence, car il s'agit de créer une dynamique sur le terrain », réplique Pierre Laurent. Mais, selon Christian Picquet, « tout le monde est d'accord pour que le PCF soit la force la mieux représentée. Néanmoins, les autres composantes ne peuvent être en état de subordination totale ». Le porte-parole de la GU estime « essentiel d'afficher la diversité du Front de gauche. Nous sommes un rassemblement de partenaires égaux, même si nous ne sommes pas de taille équivalente ».

Durant ce week-end, le Conseil national du PCF devra prolonger cette discussion ; plus généralement, il devra étudier le texte sur la stratégique politique. Adopté lors d'une rencontre au sommet du Front de gauche, le 31 mars 2011, le document se prononce pour « une campagne présidentielle et législative collective, avec un programme partagé, des candidatures partagées, des temps de parole partagés, des tribunes partagées, un matériel officiel partagé et une ambition partagée ». Ce texte est, selon Pierre Laurent, « la première pièce de l'accord global que l'on veut conclure ».

Il appartiendra ensuite aux communistes de discuter de l'ensemble des éléments jusqu'au vote de la conférence nationale du PCF, les 4 et 5 juin 2011. Cette instance réunissant les délégués devra se prononcer sur le nom du candidat qui portera les couleurs du Front de gauche. Laquelle proposition sera ratifiée par le vote des adhérents.

Mina Kaci

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12 avril 2011 2 12 /04 /avril /2011 08:15

A l'issue du Conseil national du PCF les 8 et 9 avril 2011, où plus de 100 membres du Conseil national sont intervenus, la résolution a été adopté par 87 voix, contre 30, et 9 abstentions.


Le texte de la résolution :

Le Conseil national s'est réuni les 8 et 9 avril. Il a tiré le bilan des élections cantonales. Compte tenu du niveau de l’abstention, les résultats de ces élections ne peuvent conduire à des projections hâtives sur les futures échéances politiques. Les grands traits de la situation qui en découlent sont cependant clairs : notre pays est plongé dans une crise et une instabilité politiques inédites, qui appellent des réponses alternatives fortes à gauche. Faute de cela, les  dérives droitières, voire d’extrême-droite, risquent de s'accélérer.

Dans cet objectif, les bons résultats du Front de gauche nous incitent a poursuivre la démarche engagée avec nos partenaires pour crédibiliser un chemin pour sortir la France de la crise et réussir le changement.

 

Nous vivons, depuis 2008 et la crise financière mondiale, une situation politique exceptionnelle:  Nicolas Sarkozy n'a fait qu'enfoncer la France dans cette crise et a fragilisé l'économie nationale en sacrifiant la production des richesses aux intérêts du capitalisme financier. Notre peuple souffre mais n'a pas renoncé à l'espoir : les résistances continuent d'être massives et multiformes. A l'échelle européenne, le pacte de l'euro + constitue une machine de guerre contre les travailleurs, les services publics et la souveraineté des Etats. Au plan international, Sarkozy engage notre pays dans des aventures guerrières, contraires au rôle positif que pourrait jouer notre pays.

Comment ouvrir dans cette situation le chemin d'une alternative avec nos concitoyens ?

C'est à cela qu'il convient de consacrer toute notre énergie et notre créativité politique.

Alors que la gauche n'apparaît pas capable de s'unir sur la politique de changement attendue par les Français, le Front de gauche est pour nous la meilleure chance de relancer la gauche et de contribuer à son rassemblement pour gagner une majorité de gauche à la hauteur de ces attentes.

 

Dans le contexte des échéances de 2012, le Conseil national identifie deux conditions de la réussite :

  • La première est que se conclut entre toutes les forces actuelles du Front de gauche un accord à la hauteur des défis posés par la situation politique actuelle,un accord qui permette à chacune, et toutes ensemble, de s’engager pleinement dans la bataille, où chacun soit respecté et où le Parti communiste tienne toute sa place.

Après l'adresse aux communistes adoptée en janvier, la délégation du PCF a acté avec nos partenaires un texte portant sur notre ambition politique. Des discussions sont aussi engagées sur le programme partagé et sont résumées dans un document de travail provisoire. Ces textes sont soumis  à l'appréciation des communistes et doivent être enrichis, évalués puis validés par la Conférence Nationale. Nos ambitions pour les élections législatives sont également partie intégrante des choix que nous voulons arrêter en juin sur les échéances de 2012 et sont elles aussi débattues nationalement. Elle doivent se poursuivre en intensifiant les échanges avec les fédérations, avec les communistes dans les circonscriptions, et ouvrir dès maintenant le débat sur les candidatures en plaçant la parité des candidatures titulaires ainsi que l'ouverture au monde du travail et aux forces citoyennes engagées à nos côtés au cœur de nos objectifs.

  • La deuxième condition de la réalisation de notre ambition politique est que le Parti communiste investisse pleinement la démarche du Front de Gauche, avec toute l’énergie, l’esprit d’initiative et de rassemblement dont il est capable, comme viennent encore de le montrer les cantonales, après la bataille des retraites et bien d’autres avant.

Nous devons ambitionner une campagne du Front de Gauche 2012 qui mette au cœur du débat politique les choix de la future majorité législative pour battre la droite et l'extrême droite et sortir la France de la crise. Nous pouvons mener une campagne qui s'appuie sur des centaines de candidat-es qui portent l'objectif d'ouvrir les portes du pouvoir au peuple pour en faire l'acteur du changement : 1200 voix pour porter nos objectifs de transformation sociale et exprimer la diversité et la force collective de notre rassemblement. L'objectif essentiel sera d'aboutir à un groupe du front de gauche où la composante communiste sera renforcée pour mieux répondre aux attentes de la population.

 

Dans cet objectif, le Conseil national verse au débat des communistes les propositions suivantes :

  • 1. Construire des fronts autour des grandes urgences sociales : la lutte contre la précarité, pour le logement, l'école, la santé, les transports, l'égalité femmes hommes, contre les discriminations. ... Nous proposons en particulier un front contre la vie chère, pour l'augmentation des salaires, des retraites et des minima sociaux ; autour de grandes réformes sans lesquelles le changement sera impossible : maîtrise publique bancaire, renouveau industriel et technologique, construction d'une 6ème République, planification écologique  .. Nous proposons notamment un front contre le pacte euro+ et pour une autre Europe avec l'organisation d'un meeting du Front de gauche et du PGE le 3 mai à Paris.
  • 2. Travailler à l'élargissement de la dynamique du Front de gauche en mobilisant l'engagement citoyen d'une part croissante des forces vives du pays à travers des assemblées citoyennes ou sous toute autre forme : en construisant dès maintenant des dynamiques de débats, d'ateliers, d'actions, de mobilisations. Nous pourrions par exemple créer des ateliers législatifs pour élaborer avec les citoyens dans les circonscriptions des propositions de lois qui répondent aux attentes populaires.
  • 3. C'est avec cette ambition de déploiement populaire du Front de gauche que le conseil national a instruit la question de la candidature à l'élection présidentielle.

 
Quatre candidatures sont soumises au débat des communistes, celles d'André Gérin, d'Emmanuel Dang Tran, d'André Chassaigne et de Jean-Luc Mélenchon. Compte tenu de l'engagement très majoritaire des adhérents dans la stratégie du Front de gauche, nous considérons que l'essentiel de la discussion des communistes porte déjà sur le choix entre ces deux dernières candidatures.


Le conseil national invite les communistes à faire leur choix non pas en soutien à une personnalité  car aucune de ces deux candidatures à elle seule ne clôt l'accord d'ensemble  mais au regard de deux critères politiques :
une volonté, celle d'aboutir à un accord qui permette à la dynamique que nous avons initiée de franchir une étape décisive en 2012 .
Une exigence claire, celle que le choix d'une candidature respecte les objectifs que nous exprimions dans l'adresse aux communistes adoptée début janvier. Elle est pour nous  conditionnée à la conclusion d'un accord d'ensemble satisfaisant nos objectifs politiques, un accord qui garantisse le respect d'engagements collectifs, la diversité de notre rassemblement, et la place de notre Parti.
Le processus de préparation de la conférence Nationale est désormais ouvert.

Nous versons au débat des communistes l'ensemble des éléments issus de ce Conseil National :
L'introduction au débat de Pierre Laurent, secrétaire national de notre Parti, les analyses et les opinions  qu'elle contient,en particulier celle qu'il exprime sur la candidature à la Présidentielle,  la discussion qui a suivi, les textes discutés avec nos partenaires, l'adresse, toujours d'actualité, que le Conseil national a adressé aux communistes en janvier.

 

Nous appelons dès maintenant à la tenue d'assemblées générales de communistes pour mener un débat le plus large possible permettant la participation de toutes les adhérent-e-s.

Ces réunions doivent faire l'objet de compte rendus envoyés à la Présidence du Conseil National . La présidence mettra en place une commission, représentative de la diversité des opinions exprimées,  chargée de récolter ces procès verbaux ,  de les mettre à la disposition de tous les communistes, ainsi que tous les éléments qui les aideront à formuler leur choix, notamment les argumentaires explicitant le sens des différentes candidatures..

 

Chaque fédération décidera de la forme la plus efficace que pourra prendre  la mise en commun départementale de ces discussions.
Nous avons en effet besoin de l'apport et de l'implication de tous les communistes, dans un débat serein et responsable, pour que nos décisions soient élaborées collectivement et que chaque adhérent se retrouve dans les décisions qui seront prises.
Les fédérations devront veiller à envoyer des délégations à la conférence nationale représentatives de la diversité de leurs débats, sur la base d'une proposition de représentation conforme à nos statuts : des délégations élues par les conseils départementaux que nous proposons de fixer à 3 délégué-e-s par département plus 1 par tranche de 5OO, l'ensemble des membres du Conseil National qui sont délégué-e-s de droit, et des délégations des parlementaires communistes, dans lesquelles nous proposons qu'ils soient tous et toutes présentes.
La conférence nationale serait ainsi composée de 800 délégué-e-s environ, à jour de leurs cotisations.


Cette conférence nationale des 3, 4 et 5 juin, après débat instruit à partir de tous ces éléments d'appréciation, élaborera le bulletin de vote comportant la proposition de candidature pour l'élection présidentielle et les adhérents se prononceront en toute souveraineté les 16, 17 et 18 juin sur cette proposition.

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12 avril 2011 2 12 /04 /avril /2011 08:15

Jean-Luc Mélenchon, coprésident du Parti de gauche, s'est dit samedi "ému et gratifié" par le fait que la direction du PCF se soit prononcée pour sa candidature à la présidentielle sous les couleurs du Front de gauche.


"Mon nom est proposé, comment voulez-vous que je réagisse sinon en me sentant ému et gratifié?", a déclaré M. Mélenchon à des journalistes à Bagneux où se réunissait le Conseil national du PG. Mais il faut qu'"il y ait ce temps de débat qui appartient aux communistes", a poursuivi l'eurodéputé, prudent. "C'est un devoir de me préparer à une réponse positive" et "j'en ressens toute la gravité", a-t-il ajouté, soucieux de ne pas heurter le processus démocratique interne du PCF. "Si vous me désignez, je serai prêt!", a-t-il assuré.


Pour l'ex-sénateur socialiste, "l'implosion de l'UMP ouvre la présidentielle d'une manière tout à fait nouvelle". L'alternance "ne se fera pas sur la couleur des cravates" mais "sur des contenus", a-t-il fait valoir, comptant "changer radicalement la vie de tous les jours des gens". L'ancien ministre de Lionel Jospin s'est aussi dit "très attaché" à ce que le FG "parle une langue claire, compréhensible par tout le monde, et pas le marshmallow politicien" comme dans le programme du PS.


Il a également balayé la question de la répartition des candidatures aux législatives qui conditionne le soutien du PCF : "ça va être très facile", "on ne va pas se fabriquer des difficultés qui n'existent pas". Quant à l'effacement supposé du PCF, "c'est l'inverse", "j'ai intérêt à un Parti communiste en bonne santé avec des bonnes joues rouges, actif et dynamique et heureux d'être dans la coalition".


Interrogé sur sa présence dans un futur gouvernement de gauche : "Je ne serai membre d'aucun autre gouvernement que celui que je dirige moi", a-t-il répété, comptant "passer en tête de la gauche".

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BRUNO FORNACIARI

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