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10 avril 2015 5 10 /04 /avril /2015 21:24

Rapport au Conseil National du 10 avril (Olivier Dartigolles)

Chers camarades,

Avant de présenter les questions à débattre lors de ce Conseil national, et qui ont fait l'objet d'un premier échange mardi lors de la réunion du CEN, on peut légitimement ouvrir nos travaux sur l'engagement des communistes au cours des dernières semaines. Alors que le contexte pour ces élections départementales était peu favorable, les efforts de rassemblement, de mobilisation et le travail accompli par notre collectif humain et militant ont produit des résultats. Pas partout, pas toujours, mais là où nous y sommes arrivés, malgré les obstacles – à commencer par le redécoupage des cantons –, ces résultats sont la plus belle des réponses au traitement médiatique dominant dont nous avons fait l'objet, parfois jusqu'à la nausée, avec des reportages et des articles délirants sur le Val-de-Marne dont les politiques publiques d'égalité et d'innovation vont se poursuivre. Il s'en est valu de peu pour qu'il en soit de même dans l'Allier. Ils nous parlaient « derniers bastions », nous répondions par la nature des politiques départementales de solidarité, grande oubliée de cette campagne. Ils nous disaient « vous allez disparaître », en oubliant qu'ils nous avaient déjà fait le coup des chrysanthèmes, on n'a cessé de vouloir faire vivre un espoir de gauche. Car il était très important, et c'est chose faite, de maintenir contre vents et marée – et ça souffle fort – la possibilité de faire autrement, de faire du neuf à gauche.

Nos travaux aujourd'hui et demain porteront, à partir de la situation actuelle, sur notre niveau d'ambition pour la prochaine période. A quel niveau veut-on mettre la barre et quels moyens nous nous donnons pour la franchir ? Parlons franchement de nos objectifs politiques. Nous devons faire face à des réalités politiques et des processus électoraux très préoccupants. Une nouvelle étape vient d'être franchie. Pour éviter le scénario pouvant conduire au retour de la droite ou même au pire, il faut d'urgence que quelque chose se passe à gauche. Comment en sortir par le haut, éviter le risque d'une marginalisation durable des valeurs, des idées, des combats, d'un choix de société progressistes ? Qu'est-il possible d'engager ? Comment refonder un espoir ? Sur quoi ? Avec qui ? A quel rythme, pour quelles échéances ? La prochaine présidentielle va très vite devenir le centre du débat médiatique et politique. Nous en connaissons mieux les poisons que les délices et nous savons combien cette échéance, qui reste pour une grande partie de l'électorat le moment où les choses se jouent, est déterminante. Même si la Ve République agonise sous nos yeux sans que, pour autant, le neuf n'émerge. En effet, c'est dans cet entre-deux que peuvent surgir les monstres. Soyons extrêmement vigilants.

Le 27 mai est la journée nationale de la Résistance, qui est marquée par la création du Conseil national de la Résistance. A cette occasion sera organisée par le Président de la République la panthéonisation de Germaine Tillon, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Pierre Brossolette et de Jean Zay, Le Parti communiste français rend hommage à ces personnalités. Il invite le Président de la République française à ne pas oublier les femmes et les hommes communistes qui comptèrent dans ses rangs des milliers de résistantes et résistants dont de nombreuses grandes figures.
Nous appelons nos militantes et militants, les citoyennes et citoyens, à organiser devant la place de la mairie, au cimetière, devant une plaque commémorative dans une rue, sur un monument... des cérémonies dans toute la France, pour rendre hommage aux résistantes et résistants qui ont combattu pour des jours heureux.
Une évolution politique dangereuse
Aujourd'hui, comment caractériser la nature d'une crise politique qui s'aggrave ?

L'abstention est massive et se double d'un phénomène de non-inscription et de désinscription électorale chez les 18/35 ans. Une abstention qui concerne d'abord les quartiers populaires et la jeunesse. Une abstention qui touche plus fortement les femmes et les hommes de gauche, sidérés par la tournure prise par ce quinquennat, alors que la droite mobilise son électorat et que le FN poursuit sa progression et son implantation nationale. Pour un nombre croissant de personnes, la vie devient de plus en plus difficile. Les vies ne vont pas bien. Il y a bien longtemps que pour beaucoup, la politique a disparu de l'horizon, tandis que d'autres viennent de basculer lors des derniers scrutins dans ce premier parti de France, celui des abstentionnistes. Quand ils sortent du bois pour retourner aux urnes, c'est parfois pour choisir un bulletin différent de celui de la famille politique à laquelle ils s'identifiaient avant de déserter l'isoloir. Pour tous, le système politique est impuissant. Mesurons combien cette réalité, et plus particulièrement l'abstention massive des 18/35 ans, constitue un obstacle majeur à un changement progressiste.

La droitisation du paysage politique – et non de l'ensemble de la société, j'y reviendrai – est une autre réalité. L'ensemble des droites, du Modem aux divers droite en passant par l'UDI et l'UMP, avec 38 % des exprimés ne progresse pas par rapport aux élections cantonales de 2008 et 2011 où elles rassemblaient 40 % des suffrages. Mais grâce à l'affaissement du PS et à un très bon report des voix de l'électorat FN au second tour, les droites sont, comme aux municipales de 2014, les grands vainqueurs de cette élection en termes de sièges, passant de 1 676 conseillers généraux à 2 336 conseillers départementaux, et gagnant en métropole 25 présidences de départements. On revient ainsi à la situation antérieure à celle de 1998. Ce qui aura des conséquences très négatives pour les populations de ces territoires. Le FN, en obtenant presque 26 % des suffrages exprimés en France métropolitaine est en forte progression par rapport aux précédentes cantonales et consolide son score des européennes. Contrairement à Manuel Valls, nous n'éprouvons donc aucune forme de soulagement au prétexte que le FN se situe en deçà des prévisions des instituts de sondage.

Pour la première fois, le FN avait des candidates et candidats dans la quasi-totalité des cantons. La part des électeurs de droite prête à voter FN au second tour progresse de scrutin en scrutin. Au-delà de ses fondements racistes, sécuritaires et xénophobes, le FN se nourrit des peurs et des divisions du peuple et, plus que toute autre chose, de l'absence de politique et de projet progressiste politiquement crédible en réponse aux crises et aux grands bouleversements qui travaillent la société. Comment mieux combattre le FN ? Oui, en faisant la vérité sur son programme, en le débusquant derrière une pseudo "dédiabolisation", car les saillies de Jean-Marie Le Pen ne sont pas seules en cause : des dizaines de candidat de ce parti se sont vautrés dans l'ignominie raciste, antisémite, homophobe et haineuse. Oui, en continuant à en dessiner le vrai visage avec une Marine le Pen qui vient de s'exprimer contre le Smic, dont le soutien à Syriza face à la Commission européenne n'a pas tenu plus de 48 heures et dont le représentant au conseil municipal du Mans vient de demander la suppression des subventions municipales au planning familial. Mais il nous faut exprimer plus fortement une évidence. Seul un changement de politique permettra de dégonfler le FN. Quand l'égalité sera au cœur des politiques nationales et publiques, alors les questions d'identité et de sécurité seront moins prégnantes et le FN moins influent. L'arme qu'il faut utiliser pour combattre le FN, c'est de donner l'espoir d'une vie meilleure.

Le total des forces de gauche - FG, EELV, PS, PRG et DVG - ne rassemble au premier tour que 36,5 % des exprimés, alors que pour les dernières élections de ce type, il s'élevait à 48,2 %. Ce qui vient quelque peu doucher les analyses de la direction du PS attribuant la perte des sièges et des départements à la "désunion de la gauche" au 1er tour. D'autant que lorsque l'on regarde de plus près les 564 cantons où la gauche est éliminée du 2e tour, dans 304 d'entre eux, le total des voix de gauche est inférieur à celui de la droite comme du FN. Dans les autres cas, si on enlève les cas où le rapport droite/gauche est très défavorable à la gauche, on ne compte au final qu'une centaine de cantons où un ballottage qui aurait été incertain. La réalité, n'en déplaise aux éléments de langage du PS qui ont tourné en boucle, est que la défaite s'explique par le dégoût et le rejet provoqués par la politique menée depuis le printemps 2012. La défaite des socialistes, qui perd un tiers de ces élus, est d'autant plus sévère que le PS avait découpé sur mesure tous les cantons et qu'il voulait utiliser cette nouvelle carte cantonale et le nouveau mode de scrutin pour des unions forcées avec les autres forces de gauche. La politique qu'il soutient nationalement l'isole.

EELV s'est présentée à ces élections dans des configurations d'alliances très diverses : binômes avec des composantes du FG, avec le PS, en autonomie. Ces différents binômes voisinaient parfois sur un même département, alors que, dans d'autres territoires, il y avait un accord global, y compris programmatique, soit avec les forces du FG soit avec le PS. L'ensemble des binômes où EELV avait au moins un titulaire rassemble 5,08 %.

Le Front de gauche (FG), toutes composantes et alliances de binômes confondues, totalise 9,46 % des exprimés sur la France métropolitaine en étant présent dans 76% des cantons. Ce chiffre marque une légère progression (0,6 %) sur les 8,8 % réalisés par le PCF et le FG lors des élections cantonales de 2008/2011. Sur la base des seuls cantons où le FG était présent, il réalise 11,69 % des exprimés. Sur les cantons où était présent un binôme FG et EELV, ces binômes mixtes totalisent un score moyen de 13 %. Le FG, par rapport aux dernières cantonales, progresse dans 60 départements. Le redécoupage des cantons rend difficile les comparaisons entre le vote du 22 mars et les cantonales précédentes. On peut cependant constater que le FG se développe sur de nouveaux territoires tout en se consolidant sur les terres de fortes influences du PCF, même si le contrecoup des pertes aux municipales de 2014 s'est fait sentir dans certaines communes. Le FG obtient 176 conseillers départementaux, dont 166 PCF et apparentés. Certes, cela représente une perte par rapport aux 227 conseillers généraux sortants. Malgré de bons scores au premier tour, les redécoupages rendaient très difficiles l'élection dans des départements comme la Gironde, la Corrèze, le Loiret, la Sarthe, l'Indre-et-Loire, sans parler du Rhône où les trois cantons communistes ont disparu dans la métropole. Au 2e tour, les binômes auxquels nous participions ont remporté l'élection dans 74 % des cas, ce chiffre monte à 93 % lorsqu'il s'agit de duel contre le FN. Le FG et le PCF ont été au 2e tour de bien meilleurs rassembleurs de l'électorat de gauche que le PS. Le PCF et le FG font mieux que résister. Mais ce résultat est loin d’être à la hauteur des enjeux de la situation politique.

Au final, ces élections départementales confirment et consolident le sombre paysage politique qui s'est installé depuis l'élection de F. Hollande. Saluons quand même une nouvelle avancée pour la parité avec des assemblées départementales qui changent de visage. Ce qui ne sera pas le cas pour les postes de président des exécutifs avec seulement 10 présidentes.

Aujourd'hui, l'idée de l’exécutif, qui est aussi celle des institutions européennes, on a pu le vérifier concernant la Grèce et la victoire de Syriza, est que les réformes libérales doivent se poursuivre quoi qu'il en coûte, indépendamment des consultations électorales et des résultats du suffrage universel. L'austérité n'aime pas la démocratie ; la démocratie n'aime pas l'austérité. Le tripartisme vient très confortablement prendre sa place dans ce dispositif avec un pôle social-libéral autour de l'orientation actuelle du PS et de l'exécutif, un pôle de la droite libérale traditionnelle unissant l'UMP et l'UDI et un pôle national populiste incarné par un FN jouant le rôle d'une pseudo contestation du système pour y intégrer les mécontentements et les colères. On se souvient d'un rapport de Terra Nova en 2011 intitulé « Gauche : quelle majorité pour 2012 » qui préconisait l'abandon des classes populaires, présentées comme irrécupérables, vouées à l'abstention et au FN. Ce tripartisme, ou pour être plus précis cette tri-polarité, est une véritable tentative de verrouillage de toute alternative à gauche. Elle implique de fait, on l’a vu lors de la campagne électorale, de mettre le Front national au cœur du débat politique. Manuel Valls et la direction socialiste espère ainsi, en agitant le danger de la droite et de l’extrême droite, éviter tout débat sur l’échec de sa politique et, au final, permettre la réélection de François Hollande en 2017. Un calcul politique dangereux, hasardeux, voire improbable, tant sont grandes les désillusions des électeurs de gauche et les souffrances des classes populaires et des salariés. Cadenasser ainsi toute perspective à gauche est le plus beau cadeau fait à Marine Le Pen et à la droite, une porte grande ouverte pour s’emparer du pouvoir, ensemble ou chacun pour son compte.
Et ce calcul politicien et périlleux explique pourquoi le problème principal posé à la direction du PS est de nettoyer tout ce qui se trouve à sa gauche dans le PS et hors du PS pour être en mesure d'accéder au second tour de la présidentielle. Il fait le pari de la division du peuple de France, de l’incapacité du mouvement social à se politiser à l’image de la Grèce ou de l’Espagne. Il fait également abstraction de la lourde tendance à la porosité entre l’électorat de droite et celui du FN. Ce qui pourrait donner la victoire à Marine Le Pen. Cette éventualité existe aujourd'hui.

Une gauche qui se cherche, un exécutif qui s’entête

Cette recomposition politique prend place par défaut et dans un climat de très grande confusion idéologique, un grand bazar dans les têtes, avec des pertes de repères, de sens. Combien de celles et ceux que nous rencontrons, avec qui nous discutons, questionnent aujourd'hui la notion même de « gauche », s'interroge et nous le disent sans détour sur ce qu'est la gauche aujourd'hui. Ils ne sont d'ailleurs en rien coupables de cela. Quand les alternances droite/gauche se suivent, sans que la vie quotidienne ne s'améliore ; quand, après dix ans de droite dont cinq ans de sarkozysme, l'élection de F. Hollande annonce un changement de gauche qui ne se produit pas, alors comment considérer la gauche, et pas uniquement la gauche gouvernementale ? Toute la gauche est emportée. Nous avons tous des souvenirs, des anecdotes de campagne. J'en livre une qui m'a marqué. J'ai demandé à une femme, agent d'une collectivité territoriale, catégorie C, qui élève sa fille seule et qui a pris un 80 %, ce qu'elle attendait de la gauche. Sa réponse : « Avec Hollande, je ne vois pas d'amélioration par rapport à avant… Avec la droite, c'était aussi compliqué que maintenant. Mais je n'ai pas la tête à tout ça, j'essaye de m'en sortir et je n'ai pas de temps pour penser à la gauche. » Une gauche qui ne parle plus ni à sa vie, ni à son imaginaire. Il y a des millions de personnes qui vivent cette situation et qui ne s'autorisent plus à penser et à imaginer une autre vie. C'est aussi cela l'austérité, elle ne fait pas que casser les existences et les territoires, elle est aussi dévoreuse de rêves. « Rien n'est aussi menacé que l'espérance », disait Saint-Exupéry. Si la droite et le FN sont en position de force, c'est par défaut de réponses, de solutions, de résultats et de perspectives incarnés par la gauche.

Malgré ces aspirations et les défaites électorales qui se suivent et s'amplifient depuis 2012, l’entêtement libéral de l'exécutif se poursuit. Hollande, Valls et Macron sont les trois singes de cette caricature démocratique qui consiste à ne rien dire, à ne rien voir et à ne rien entendre du niveau inégalé de souffrances, de mécontentements et de désespérance provoqués. Avant le vote, ils ont assumé crânement la poursuite d'une orientation pro-Medef et pro-Merkel, qui n'est pas celle qui avait été annoncée lors de la campagne présidentielle par le candidat Hollande, qui allonge la trop longue liste des promesses non tenues et qui provoque une défiance maximale dans la parole publique et politique. Après le vote, ils ne tirent aucun enseignement de la grève des urnes et de cette nouvelle débâcle. Les annonces de mercredi après le Conseil des ministres vont dans la mauvaise direction sur l’investissement, pourtant essentiel pour une reprise économique et le redressement du pays. La relance de l'investissement doit se faire en lien avec des objectifs clairs, suivis et contrôlés, en terme d'emplois et de formation et avec des carnets de commandes qui se remplissent et donc avec une augmentation du pouvoir d'achat. Une nouvelle fois, le gouvernement décide d'un allégement de la fiscalité avec 2,5 milliards de plus pour les entreprises. A ce méga euro-million, le patronat gagne à chaque tirage, même s’il se fait un peu gratter l’oreille par le Premier ministre qui juge que le « compte n'y est pas » en termes de contreparties au pacte de responsabilité. Il s'agit en fait d'un immense fiasco que résume le théorème de Macron, que les communistes ont distribué hier, lors de la manifestation : « Les profits d'aujourd'hui sont les dividendes de demain et l'évasion fiscale d'après-demain. »

Quant aux annonces en direction des collectivités territoriales, l'avance de la TVA sur les investissements publics locaux ne règle en rien les conséquences des 28 milliards d'euros de saignée budgétaire dans les dotations de l’État avec comme première conséquence la chute de l’investissement local, moins de services publics et d'équipements de proximité et un formidable appel d'air pour le privé.
Il existe aujourd'hui au sommet de l'Etat une énorme illusion sur la reprise de la croissance. On connaît malheureusement, depuis 2012, la manière dont les prophéties présidentielles se fracassent sur le réel. Ce frémissement qui, à en croire l'exécutif, pourrait se traduire par une croissance de 1,5 % à la fin de l'année est précaire, contradictoire et surtout très pauvre en emplois créés. La vérité, c'est que les processus en cours à l'échelle mondiale et européenne, avec, de nouveaux, des comportements irresponsables des marchés financiers, peut se conclure par une prochaine crise du système bien plus grave et ravageuse que celle de 2008.
La France souffre. Le chômage de masse poursuit sa terrible progression, mois après mois, et la dernière note de conjoncture de l'INSEE en dit long sur l'échec de la politique du gouvernement.

De réelles disponibilités pour prendre une autre direction

Il demeure dans le pays une grande disponibilité pour autre chose. Des millions de personnes cherchent à vivre mieux, à travailler autrement, à ne plus subir des privations et des frustrations. Le monde du travail voit bien que le modèle actuel est à bout de souffle, qu'il mène à des difficultés plus grandes encore. Les classes moyennes, frappées par l'austérité, vivent avec la peur du déclassement. Cette disponibilité s'exprime, en partie, dans nos résultats aux élections départementales. Les citoyennes et citoyens de notre pays cherchent, tâtonnent. Il peut y avoir de l'irrationalité dans leurs comportements électoraux. Ils cherchent d'ailleurs le plus souvent en dehors de la politique.
Discutons et débattons de cette complexité, de ces contradictions. L'opinion publique est l'objet d'une guerre d'idées ravageuse. On la présente volontiers renfermée, déprimée, crispée. Et c'est vrai que la dureté de la vie pousse souvent au chacun pour soi, au repli identitaire, à la défiance, à la recherche de boucs émissaires. Le débat politique et citoyen en est rendu plus difficile, nos militants en font quotidiennement l'expérience. Mais une évidente droitisation de la vie politique ne résume pas l'état du peuple et de la société. La majorité des gens est bien plus préoccupée par les questions économiques et sociales que par les leitmotivs sécuritaires ou identitaires. Même échaudée, cette opinion publique exprime dans nombre d’enquêtes récentes son envie de changement. Le refus des inégalités demeure massif, les valeurs de combativité et de justice ont la cote. Idem pour l'envie de réformer en profondeur le capitalisme. Quand les priorités s'expriment, elles sont claires : priorité à la lutte contre le chômage, priorité au pouvoir d'achat et critique massive de l'argent-roi. On les voudrait libéraux mais ils sont attachés à l'Etat social, aux services publics dans les secteurs clés, au système de Sécurité sociale dont nous allons fêter le 70e anniversaire et qui demeure un choix de société moderne. On les voudrait dans l'attente d'autorité, mais ils se montrent désireux d'échange, de débat, de participation démocratique dès lors que leur avis est réellement pris en compte, qu'ils sont considérés et écoutés. La mise en condition de l'opinion est considérable, de puissantes forces agissent pour reconfigurer l'imaginaire collectif. Ces pressions accompagnées de la désespérance ambiante ne sont pas sans résultats, on le mesure aussi dans les dernières élections. En même temps, l'imaginaire français repose sur un socle puissant, la réaction populaire aux attentats terroriste de janvier en a fait une magnifique démonstration. Les idées de liberté, d'égalité et de fraternité restent les meilleurs antidotes à l'intolérance, l'injustice et le sectarisme. Plus que le vivre-ensemble, comment faire société-ensemble pour une émancipation humaine ?

Une question se pose alors : comment arriver, dans les conditions actuelles, à ouvrir une perspective de gauche en rupture avec le projet Hollande/Valls/Macron ? Parlons des luttes et des ripostes, des idées et des solutions, du rassemblement majoritaire à gauche pour leur mise en œuvre. Parlons-en parce que nous proposons que le Conseil national prenne l’initiative d’interpeller toutes les forces de transformation, politiques, syndicales, associatives : Comment ensemble faire émerger des réponses de gauche, des réponses de progrès, des réponses favorables aux classes populaires, aux salariés, des réponses en alternative à l’austérité ? Comment agir ensemble pour que ces solutions l’emportent ?

La question des luttes et des ripostes reste essentielle

La journée d'actions et de mobilisations intersyndicales et interprofessionnelles de mercredi, avec 120 000 personnes à Paris et près de 300 000 dans les 80 rassemblements en province, marque le retour d'un mouvement social d'ampleur. Le succès de cette journée, à l'initiative de la CGT, de FO, de Solidaires et de la FSU, pour permettre la création d'emplois en changeant de politique économique, garantir et promouvoir le service public, augmenter les salaires, est un point d'appui qui arrive au bon moment. Alors que la magnitude de cette journée sociale est très forte, les grands médias, eux, n'ont presque rien diffusé des défilés, rien dit des revendications, préférant passer en boucle la famille le Pen, les analyses des Philippot, Alliot, Collard, Gollnisch. Cela pose quand même un sérieux problème.

Les sujets de ripostes et de résistance ne manquent pas. Après son passage en force à l'Assemblée nationale avec l'utilisation du 49-3, la discussion sur le projet de loi Macron s'est engagée mardi au Sénat. Comme l'a précisé Pierre dans son intervention, cette discussion au Sénat va de nouveau permettre de questionner « le contenu et les objectif du développement économique qui doivent être repensés pour impulser un nouveau modèle productif, social et écologique ». Notre groupe a déposé près de 500 amendements et, à chaque fois, comme cela a été fait à l'Assemblée, nos parlementaires proposeront, article par article, de poursuive nos efforts d'opposition à la loi Macron, qui pose la question du choix de société et des alternatives. Le meeting unitaire de mardi à Japy, à l'initiative du Collectif 3A, a donné à voir l'arc de rassemblement, très large, politique, syndical et associatif pour refuser ces régressions et cette impasse.

D'autres sujets sont d'ores et déjà inscrits à l'agenda des luttes et de la contestation des projets gouvernementaux. Je pense notamment à l’enjeu fondamental des offensives contre le contrat de travail et la représentativité des salariés. Le projet de loi Rebsamen, qui sera présenté le 22 avril en Conseil des ministres, présente des dangers contre les droits sociaux et syndicaux avec des reculs sur la représentation des salariés à l'entreprise. Une nouvelle fois, le Medef inspire la politique du gouvernement qui ferait mieux de se tourner vers les syndicats. Les brins de muguet des communistes le 1er Mai symboliseront notre attachement aux conquêtes sociales et notre combativité, notre solidarité, pour les défendre. Prenons des dispositions dans nos départements pour la mobilisation des communistes dans les cortèges d'un 1er Mai qui se tiendra dans une actualité politique et sociale très chargée.
La situation dans les services publics se dégrade à une très grande vitesse.

Notre Conseil national exprime son soutien aux salariés de Radio France qui entament aujourd'hui leur 23e jour de grève, la plus longue dans l'histoire du groupe public. Si le déblocage des 80 millions pour financer les travaux de la Maison ronde est une bonne chose, cela reste largement insuffisant pour permettre le maintien et le développement des missions du service public radiophonique. Le jeu de billard a trop duré. L'Etat vient de nommer un médiateur. Les personnels et l'emploi ne sont pas une variable d'ajustement pour faire passer une austérité qui s'accompagne d'un désengagement inacceptable de l’État.
D'autres secteurs publics vivent des conditions de plus en plus dégradées, comme à la SNCF, La Poste. C'est aussi le cas dans le domaine de la santé, de la fonction publique hospitalière. Le massacre programmé dans les hôpitaux avec la suppression de 22 000 postes par an sur les trois prochaines années doit nous faire prendre des initiatives fortes en soutien aux personnels en lutte et aux usagers. Dans un contexte d'annonces de fermetures de classes pour la prochaine rentrée scolaire, avec des mobilisations d'enseignants et de parents d'élèves, nous sommes à l'initiative, le 23 mai prochain au lycée Diderot à Paris, d'une rencontre nationale des acteurs de l'école et de l'éducation. L'enseignement supérieur et la recherche subissent eux aussi les conséquences de l'austérité budgétaire.

La journée de la convergence nationale des comités de défense des services publics organisée les 13 et 14 juin prochains à Guéret est un rendez-vous à inscrire à nos agendas. Nous proposons l'organisation d'une semaine d'initiatives pour la défense et le développement des services publics partout dans le pays, la semaine avant le rendez-vous de Guéret. Une affiche et un tract seront mis à disposition pour animer cette semaine où nous pourrons, à l'échelle de nos territoires, sensibiliser sur un service public attaqué par les orientations politiques au niveau national et européen.
Les batailles pour la défense de l'emploi sont nombreuses. Le groupe Vivarte (La Halle) vient d'annoncer la suppression de 1 655 postes. Son ancien PDG, Marc Lelandais, a quitté ses fonctions fin octobre 2014, après deux ans à la direction du groupe, avec 3,075 millions d'euros en poche. Un groupe qui a reçu un bien joli chèque du trésor public d'un montant de 15 millions d'euros au titre du CICE. La liste des entreprises qui, pour engraisser les actionnaires, massacrent l'emploi, s'allonge jour après jour. La liquidation de MoryGlobal va frapper 2200 postes et autant de familles. Organisons partout et systématiquement des solidarités concrètes auprès des salariés dont les emplois sont menacés.

Sur cette question de notre soutien aux luttes et aux ripostes, nous devons avoir le courage d'une évaluation critique de nos pratiques et de notre activité réelle.
Pierre a entamé son tour de France avec les premières étapes régionales. On peut déjà en tirer quelques enseignements. En réponse à celles et ceux qui se mobilisent, avec de très nombreuses initiatives qui se mènent hors du champ politique, et parfois dans un espace éloigné de nos propres représentations, de notre culture politique, notre discours, nos propositions ne sont-ils pas trop normés, parfois trop plaqués et stéréotypés ? Apportent-ils des réponses qui correspondent à ce qui s'exprime à partir de l'intelligence du réel, de la complexité de cette réalité ? On le sait, la forme parti est attaqué et, avec elle, au final, tout le système de représentation. Il nous faut y répondre avec une réflexion sur nos pratiques et nos initiatives. On a un beau travail devant nous pour être plus réactifs, en agissant avec des solidarités concrètes, des batailles d'idées et des luttes. Cette question se pose aussi dans notre manière d'envisager les problématiques de la jeunesse dont le présent et l'avenir n'ont jamais été autant attaqués avec une précarisation qui résume à elle seule l'état de notre société. Avec le Mouvement jeunes communistes, prenons des initiatives pour faire rapidement grandir un débat national sur la situation des jeunes. Le millier de jeunes en tête du cortège syndical hier à Paris a adressé un signal fort. Il nous faut y répondre.
Avant d'aborder les enjeux européens, permettez-moi une dernière réflexion sur les luttes. Nous ne pouvons mener cette résistance nécessaire en étant le dos au mur, toujours condamnés à défendre des acquis en recul. Résister, c'est aussi proposer de grandes réformes et mesures positives, qui mettent en cause la politique libérale, celle du capital. Il faut aujourd'hui une hausse massive des salaires, du SMIC, des pensions. Il faut ouvrir le droit à une retraite pleine et entière à 60 ans. Il faut, comme l'a fait le secrétaire général de la CGT, mettre sur la table le débat sur les 32 heures, développer la Sécurité sociale et les droits nouveaux des salariés. C'est une condition pour mener le débat frontal avec le Medef, mobiliser les espoirs du monde du travail, associer les syndicats à la recherche d'alternatives.

La Grèce est l'objet d'une énorme bataille politique et idéologique. Le bras de fer entre le nouveau gouvernement de la Grèce après la victoire de Syriza le 25 janvier et les instances européennes n'est pas uniquement une question grecque mais une question européenne et française qui porte sur la question de l'alternative politique à l'austérité et la crédibilité d'une réponse de gauche, en Grèce et dans l'Europe tout entière. Médiatiquement, le traitement de feuilleton veut laisser croire à un choix à deux entrées : soit la sortie de l'Europe comme le propose le FN, soit rester et se plier aux traités européens actuels, au chantage, à l'asphyxie financière pouvant aller jusqu'à obliger le gouvernement Tsipras à renoncer aux engagements pris devant le peuple grec. Il y a donc, dans cette tension, l'idée que la démocratie, le résultat du suffrage universel ne pèse rien face aux dogmes austéritaires de l'Union européenne dans ses orientations actuelles. Nous devons nous hisser au niveau de la bataille de solidarité avec le peuple et le gouvernement grecs.

La Grèce ne veut pas sortir de l'euro ou quitter l'Union européenne. Syriza veut mettre en œuvre une politique différente dans le cadre même de l'UE. Il y a donc un enjeu très important à faire connaître et à valoriser les avancées sociales votées en Grèce. Depuis l'adoption de la première loi humanitaire, 300 000 familles peuvent désormais bénéficier d'une aide alimentaire et ont accès à l'électricité. 30 000 foyers reçoivent une aide au logement. Le forfait hospitalier va être supprimé. Autant de mesures qui peuvent faire écho et avoir du sens dans la population française. Dans un rapport extrêmement défavorable, le gouvernement grec a imposé la négociation et le respect et des choix de son peuple. C'est le retour de la politique négociée entre partenaires et une remise en cause profonde de la troïka. C'est la victoire de la démocratie. Le niveau de soutien du gouvernement grec dans son pays demeure très élevé. Mais ce qui est aujourd'hui déterminant, c'est le niveau de soutien qu'il obtiendra en Europe. En France, un collectif national « Avec les Grecs », composé de forces politiques de gauche, du mouvement social et associatif, se réunit depuis début janvier. Les analyses peuvent diverger sur l'état des négociations mais nous sommes unis pour dire que la meilleure façon d'aider les Grecs est de lutter contre l'austérité en France.

Le 14 mars dernier, Pierre Laurent, lors du conseil des présidents du PGE à Athènes, avec Alexis Tsipras, a proposé de lancer une nouvelle dynamique politique européenne avec le projet d'une alliance de toutes les forces anti-austérité. C'est à cela que va servir le Forum européen des alternatives les 30 et 31 mai prochains à Paris, place de la République. Il doit être un temps fort de notre solidarité au peuple grec et, plus généralement, à l'ensemble des peuples européens.

Nous proposons de rassembler les forces européennes, politiques, sociales, syndicales, intellectuelles, citoyennes pour débattre et construire ensemble les axes de propositions pour une nouvelle Europe. Près de 2 000 invités, dont une grande partie d'Européens, participeront à trois grandes plénières, une trentaine d'ateliers thématiques avec un grand concert, le samedi soir, intitulé "Peuples debout !" La réussite de ce forum va nécessiter une très forte mobilisation et implication militante de notre organisation. Je complète ce panorama européen en rappelant les gros enjeux autour de la négociation qui se poursuit entre l'Europe et les Etats-Unis sur le grand marché transatlantique, la crise ukrainienne et les tensions qu'elle envenime entre l'UE, les Etats-Unis et la Russie. Sans oublier la mobilisation européenne des acteurs culturels. On peut l'accompagner et lui donner de la force.

Construire des réponses et des solutions dans le rassemblement populaire

Ces luttes sont parties prenantes de la recherche de perspectives, elles sont une invitation forte aux débats sur le sens de la société que nous voulons et sur les solutions. « On a déjà pensé à tout, le problème est d'y penser de nouveau », écrivait Goethe.

Nous sommes confrontés à ces deux questions. Beaucoup de citoyennes et de citoyens, qui espèrent une perspective à gauche et qui doutent, voudraient pouvoir nous identifier sur des contenus précis. Sur des mesures d'urgence, qui peuvent d'ailleurs être des mesures structurelles. Un exemple : de partout monte la question du rôle des banques, du crédit, des financements. Ce sont des sujets concrets auxquels il nous faut répondre concrètement. C'est ce que nous portons avec la campagne « Je rêve d'une banque qui… » que nous proposons de démultiplier, sous la forme d'initiatives diverses, dans le pays.

Les solutions pour le redressement du pays, pour une relance économique et sociale n'ont pas besoin d'incantation mais d'une offre politique claire et précise. Retravaillons l'idée des processus, l'idée de réformes progressistes. Nous donnons trop souvent l'image de distribuer des bons et des mauvais points, surtout des mauvais. A quelles conditions, pour nous, les choses deviennent possibles ? Il n'est pas question ici d'en rabattre sur les contenus. Bien au contraire, la période invite plutôt à des ruptures claires avec tout ce qui échoue et il faut mettre sur la table nos propositions. « La sagesse, c'est d'avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu'on les poursuit » (Oscar Wilde). Nous invitons au débat sur l'alternative. Le fait de dire où nous en sommes, comme vient de le faire le collectif socialiste "Vive la gauche", est une condition pour que ce débat se mène, se développe et s'aiguise sur les moyens à mobiliser pour une politique de gauche dans les conditions actuelles.

Nous préparons un texte qui sera présenté lors d'une réunion nationale le 20 mai avec les membres du CN, les parlementaires, les secrétaires fédéraux, les membres du comité du Projet, des collaborateurs, des élus. Le comité du Projet travaille à la rédaction de ce texte qui présentera d'abord les grandes questions d'avenir, les enjeux de la période et les priorités essentielles pour sortir de la crise politique et de l'austérité. Une seconde partie traitera des mesures immédiates pour répondre aux urgences sociales et écologiques. Trois critères ont été retenus : que ces propositions fassent rassemblement dans le peuple de gauche; quelles paraissent crédibles et soient mobilisatrices pour mener des batailles d'idées, de sens; qu’elles permettent des ruptures avec les politiques libérales.

Cette contribution du PCF fera l'objet d'une brochure puis de débats et de rencontres dans le pays avec une convention nationale du projet au premier semestre 2016 avant notre prochain Congrès.

Avec quelle stratégie de rassemblement ? Ce sujet peut aujourd'hui susciter des questionnements, des doutes, des réflexions où tout se mêle : l'urgence d'ouvrir une brèche, les difficultés à s'y engager résolument. Comment libérer nos initiatives de rassemblement ? Il nous faut là aussi une évaluation critique de nos résultats. Si nous sommes encore loi de l'émergence d'une nouvelle gauche lors des élections départementales, nous ne devons pas sous-estimer, dans un contexte difficile, les résultats obtenus qui sont un point d'appui. Regardons de près les expériences positives dans de nombreux cantons. Elles sont souvent le fruit d'initiatives en lien direct avec les populations, sur des sujets qui touchent et intéressent la vie quotidienne, l'avenir des territoires. On doit vraiment se confronter à la question de notre rapport aux gens, à la question de la construction politique pour un véritable rassemblement populaire. Comme y invite le journal l'Humanité, « déverrouillons la politique ! » Les premières contributions publiées demandent à retisser un nouveau rapport à la politique avec de nouvelles manières de la pratiquer.
C'est un immense défi politique qui va se poser dans les prochaines semaines avec la préparation des élections régionales. On confond trop souvent la question d'un large rassemblement populaire, indispensable pour dégager le chemin d'une alternative, et celle des alliances politiques lors des élections qui tiennent compte des modes de scrutins. Fixons-nous l'objectif d'un travail beaucoup plus large et plus intense, en utilisant les forces de notre collectif militant, pour échanger et construire avec plus de forces et de personnes. Cela pose très certainement des questions cruciales pour notre organisation, nos directions et nos adhérents. Une nouvelle fois, la campagne que nous venons de vivre a fait la démonstration de la richesse humaine dont nous disposons. Comment la faire fructifier ? Très certainement par une réflexion et des décisions en termes de formation et d'accompagnement. Nous avons encore trop de déperdition, des synergies internes trop souvent bloquées.

Questionner les chemins du rassemblement, c'est aussi évaluer la situation du Front de gauche. Il est toujours un espace identifié par des millions de gens, certes abîmé, ayant perdu de son énergie positive, mais présent dans le paysage politique pour contester le tripartisme. Ce n'est pas rien, c'est un acquis précieux, quand bien même il n'a pas réussi à décoller pour ces élections départementales. Notre rassemblement s'est trop figé, il doit sans plus tarder retrouver un esprit de grande ouverture, tendre la main, prendre des initiatives en direction de toutes les forces de gauche disponibles pour faire du neuf. Il nous faut bannir tout ce qui entrave, tout ce qui rabougri cette coalition qui, trop souvent, donne nationalement plus le sentiment de se regarder le nombril que de s'occuper des affaires du pays. Alors que dans le même temps, localement, des militants du Front de gauche agissent et avancent. Sans attendre, car les choses s’accélèrent autour de nous, l'actualité du Front de gauche doit être à une forme de revitalisation et de dépassement en s'ouvrant au maximum à de nouvelles forces. Des forces syndicales engagées sur le terrain des luttes, des forces associatives qui, au quotidien, agissent au plus près des populations, des réseaux citoyens et naturellement des forces politiques disponibles pour refonder une identité de gauche autour d'un certain nombre de valeurs et d'exigences. Si le Parti communiste n'engage pas cette démarche, personne ne le fera à notre place.

Notre Conseil national propose de prendre des initiatives pour franchir une étape dans le débat d'alternative à gauche. Nous proposons un débat public aux socialistes critiques. Regroupés dans « Vive la gauche », ils ont fait la proposition d'un « contrat de rassemblement », qui mérite un débat public. Nous avons des convergences sur de nombreux sujets et aussi des appréciations différentes sur le niveau des ruptures à opérer et aussi des désaccords. Alors que le débat d'orientation au sein d'EELV a marqué l'actualité des derniers jours, nous sommes disponibles pour un séminaire de travail portant sur la question d'un nouveau type de croissance.
Pierre va poursuivre son tour de France, avec des étapes en mai dans les régions Centre, Aquitaine-Poitou-Charentes-Limousin et Corse ; en juin en Franche-Comté, Nord-Pas-de-Calais-Picardie, Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne et Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon ; en juillet en Auvergne-Rhône-Alpes puis en Ile-de-France. Autant de moment pour démultiplier les contacts et les échanges avec les forces vives de notre pays.
Nationalement, le processus engagé par les Chantiers d'espoir propose un espace avec un éventail très large. La réunion nationale de demain est une étape importante. Ces Chantiers sont constitués autour d’un appel qui est paru dans la presse en janvier tenant compte des événements tragiques de ce début d’année. Une première initiative a eu lieu à Paris en février. Depuis, à partir de l’appel national, de premières réunions ont eu lieu localement pour trouver les formes d’initiatives appropriées pour le faire vivre. Demain, des rencontres auront lieu dans plus d'une vingtaine de villes.

Bref, pour nous, tout ce qui peut être proposé pour faire vivre le débat et le faire progresser dans la bonne direction doit être inscrit à l'agenda des prochaines semaines. L'objectif doit être un climat de travail, de respect des partenaires, d'innovation, d'initiatives, de confiance en notre capacité collective à construire un rassemblement qui peut s'élargir, grandir et gagner.
Concernant les prochaines élections régionales, c'est cette démarche qui doit nous mobiliser. Notre Conseil national doit lancer la préparation de cette échéance. Fixons-nous l'objectif d'aller le plus loin possible dans de nouvelles formes de rassemblement à gauche. Prenons, à l'échelle des nouvelles grandes régions, des contacts tous azimuts avec les forces de l'alternative à gauche. Avec quels objectifs ? Ne pas laisser les régions basculer à droite et prendre très au sérieux le risque FN au regard de son implantation et du mode de scrutin. Rassembler à gauche pour des pactes régionaux de progrès social, écologique et démocratique. Ouvrons le débat et réunissons les adhérents et les directions. Un conseil national sera convoqué à la mi-juin pour un premier bilan de ces débats et définir une orientation nationale. Les conférences régionales pourraient se tenir en juin et septembre. Débattons aujourd'hui de cette démarche et de ce calendrier.

Et 2017 ? Cette question est dans les têtes. L'UMP communique sur la prochaine organisation des primaires en novembre 2016. Le PS va tenir son congrès en juin puis se mettra en ordre de marche avec, très certainement, un remaniement gouvernemental donnant l'illusion d'un élargissement de la majorité autour de F. Hollande mais sans changement de politique. Marine Le Pen profite de la séquence médiatique l'opposant à son père pour peaufiner son image moderne et dédiabolisée.

Il nous faut commencer à discuter de cette échéance, du calendrier et de la méthode. Nous n'irons pas à la présidentielle derrière François Hollande sur l'orientation actuelle. Face à un danger immense de victoire de la droite, il faut créer les conditions d'une dynamique nouvelle porteuse d'une identité de gauche, forte et claire, attractive et crédible, et d'une candidature pour l'incarner à la hauteur des enjeux. Nous reviendrons dès la prochaine rentrée sur ces enjeux.

Pour conclure, les travaux de notre Conseil national doivent vraiment être centrés sur notre ambition et nos objectifs politiques. Ce rapport pose de nombreuses questions, avance des pistes, il appartient maintenant à notre direction nationale d'y répondre. Pas d'une manière abstraite. En partant d'une nouvelle situation politique, avec ses dangers et ses possibles, comment, par des initiatives concrètes nous mettre à la hauteur des défis du moment ?

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10 avril 2015 5 10 /04 /avril /2015 21:14

Les classes sociales sont-elles toujours un point de répère pertinent dans notre société ?

MARDI, 7 AVRIL, 2015

L'HUMANITÉ

Photo : DR

Par Paul Bouffartigue, sociologue au CNRS, Marie Cartier, de l'université de Nantes, Isabelle Coutant, du CNRS, Olivier Masclet, de l'Université Paris-Descartes, Nicolas Renahy, de l'Inra, Yasmine Siblot de l'Université Paris-VIII (1) et Nasser Mansouri- Guilani, économiste.

  • Quand la lutte des classes brouille les repères de(s) classe(s)…par Paul Bouffartigue Sociologue au CNRS, a dirigé le Retour des classes sociales (nouvelle édition, février 2015).

À l’aide de Marx, pour qui les classes se construisent dans leur(s) lutte(s), on comprend mieux les paradoxes du présent. Notre société est plus que jamais une société de classes : s’y radicalise et s’y universalise un conflit central entre une oligarchie soudée aux intérêts de la finance et le peuple. D’ailleurs, la conscience qu’il existe une lutte des classes semble vivace. Pourtant, il nous faut prendre acte – et tenter d’en comprendre les sources et les implications – du bouleversement des anciens contours et identités de classe, du basculement du sentiment d’appartenance à la classe ouvrière vers celui de classe moyenne. Y compris dans de larges segments des classes populaires. C’est que les formes actuelles de la lutte de classe se traduisent par un paysage social où ont été largement balayées les représentations des classes consolidées lors des années 1930 à 1960, et profondément modifiées les conditions matérielles d’existence qui leur sont associées. En tant que classe en soi, il n’est guère difficile de repérer une vaste classe des travailleurs salariés, subalternes et intermédiaires, diversement soumise aux processus d’exploitation et de domination. Mais elle ne fait pas face, en soi, à la grande bourgeoisie, quant à elle toujours aussi consciente et mobilisée. Elle paraît éclatée, sous l’effet, entre autres, du chômage de masse, de la précarité, des discours populistes et xénophobes, d’un sentiment d’abandon par les gauches.

Point de repère pertinent pour décrire notre société, les classes le demeurent. Les sources statistiques le confirment : les inégalités, les distances et les proximités entre grands groupes socioprofessionnels ont un caractère systémique. Classes populaires, moyennes et supérieures peuvent être distinguées au regard de la distribution de leurs avoirs et de leurs pouvoirs. Les sources socio-ethnographiques permettent quant à elles d’affiner ce tableau. Elles montrent comment s’intriquent aux rapports de classe d’autres rapports sociaux – de sexe, de race, de générations – en construisant pratiques et identités sociales concrètes… Tout en amenant rarement les individus, par ailleurs objectivement membres des classes populaires, à se reconnaître subjectivement dans ces dernières. La montée d’un sentiment de paupérisation ou de déclassement social et d’hostilité aux classes dirigeantes va de pair avec la montée des conflits identitaires et du ressentiment pour les plus pauvres, perçus comme assistés. Et même lors des hauts de cycles de conflictualité sociale, la contestation peine à se situer sur le terrain de l’alternative politique.

Parmi les nombreux éclairages à ces paradoxes, un retour critique sur l’histoire du mouvement ouvrier est utile : des séquelles laissées par la marginalisation des orientations syndicales et politiques privilégiant l’auto-organisation des dominés, à celles de la question coloniale, en passant par les questions du travail et du consumérisme, de l’adhésion au mode de développement fondé sur le fordisme. La nostalgie des classes d’antan paralyse l’action. Aucun groupe ne remplacera le groupe ouvrier comme noyau fédérateur. Une nouvelle vision, moins sociologique et plus politique, de la mobilisation, de l’unification et de la promotion possibles des opprimés dans les conditions contemporaines, reste à construire.

  • Des inégalités reproduites de génération en génération par Marie Cartier Université de Nantes, Isabelle Coutant CNRS, Olivier Masclet Université Paris-Descartes, Nicolas Renahy Inra et Yasmine Siblot Université Paris-VIII (1)

Il semble aujourd’hui plus facile de parler de classes sociales pour décrire le haut de la société que le bas. La croissance des inégalités de richesse économique, le maintien des écarts de richesse culturelle en dépit de la massification scolaire, la culture d’un entre-soi résidentiel dans des espaces proches des centres urbains offrent aux groupes sociaux les mieux dotés des conditions d’existence et un avenir privilégiés, pour eux-mêmes comme pour leurs enfants. Finalement, que de larges parties de la France d’en haut, quand bien même celles-ci sont loin de se reconnaître toujours comme telles, forment une classe à la fois sur le papier (on peut repérer des propriétés communes et distinctives) et mobilisée (qui sait défendre ses intérêts), est un fait peu discuté.

Mais parler de classes populaires fait davantage problème. Ces groupes seraient trop fragmentés pour qu’on puisse parler de classe. Il est vrai que les classes populaires contemporaines que l’on définit un peu mécaniquement en agrégeant les ouvriers et les employés forment un ensemble hétérogène, lui-même structuré par des inégalités qui désavantagent les non-qualifiés, les femmes et les immigrés. Ces inégalités, plus documentées qu’autrefois, sont aussi plus fortes du fait de la divergence des conditions d’emploi : ouvriers et employés stables des fonctions publiques et des grandes entreprises ont aujourd’hui un avantage certain sur ceux des petites entreprises ou sur les contractuels voués au chômage et à la précarité. Mais, s’il existe bel et bien des écarts en matière de stabilité des conditions économiques d’existence et de style de vie entre ouvriers et employés et en leur sein, ces écarts sont moins importants que ceux qui, encore et toujours, les séparent des classes moyennes et supérieures.

C’est net en termes de salaires (écarts de 1 à 3) et encore plus de patrimoine (écarts de 1 à 10, voire de 1 à 100 si on compare les ouvriers non qualifiés aux professions libérales), mais aussi sur tous les autres plans : les ouvriers et les employés consacrent une part toujours plus importante de leur budget pour se loger et se nourrir et toujours moins pour se distraire ou partir en vacances. La mortalité des employés et surtout des ouvriers est plus élevée, de même que leur exposition aux maladies et accidents professionnels ou encore à la vieillesse en situation de dépendance. L’accès aux études pour leurs enfants se fait toujours principalement dans des filières courtes et peu valorisées. Enfin, la hausse continue de l’abstention et des votes intermittents parmi les ouvriers et les employés, l’éclatement de leurs votes entre gauche et extrême droite, mais aussi le recul de leur part parmi les dirigeants politiques, les élus, les militants marquent une différence forte avec les autres groupes sociaux.

Par-delà ces indicateurs d’inégalités, trois processus rapprochent aujourd’hui ouvriers et employés, et entretiennent leur position sociale dominée. 1. L’assignation des moins diplômés à des activités professionnelles peu considérées, souvent usantes physiquement mais aussi psychologiquement (les véritables situations de tension au travail, celles où les exigences du travail sont élevées, mais les ressources pour y faire face absentes, concernent davantage les salariés d’exécution) et qui s’effectuent de plus en plus souvent selon des horaires atypiques ou décalés, très contraignants pour la vie familiale et personnelle. 2. Une raréfaction depuis les années 1980 des voies de promotion vers les professions intermédiaires et des possibilités d’accès au statut de petit fonctionnaire ou d’indépendant : à l’inverse, les circulations entre employés et ouvriers se sont accrues entre générations. 3. Les alliances conjugales restent fortement inscrites dans la classe sociale d’origine – 40 % des couples sont formés d’ouvriers, d’employés ou d’inac- tifs –, cette homogamie sociale contribuant largement aux mécanismes de la reproduction des inégalités d’une génération à l’autre. Ces processus concrets donnent aujourd’hui à l’expérience individuelle du salariat d’exécution la consistance d’une condition de classe. La démobilisation politique des ouvriers et des employés, visible depuis les années 1980, n’enlève rien à la pérennité de cette condition.

(1) Auteurs de Sociologie des classes populaires contemporaines. Éditions Armand Colin, 2015, 368 pages, 34 euros.

  • Nourrir la conscience de classe par Nasser Mansouri-Guilani, économiste

La réponse se trouve dans les propos d’un financier américain : il y a une lutte des classes dans le monde et, pour l’instant, c’est ma classe qui l’emporte ! Cette formulation exprime une identité de classe à travers la lutte des classes. Sans cette identité, le mot devient pervers, par exemple lorsqu’on parle de la classe politique qui gouverne le pays de façon indifférenciée. Une telle formule favorise le simplisme et l’extrême droite.

Le concept de classe est un repère pour la compréhension de la société et la transformation sociale. Dans un système capitaliste, les rapports sociaux sont définis selon les intérêts conflictuels de deux entités bien distinctes : le capital et le travail. Il s’agit de l’exploitation du travail par le capital. L’identité de chaque classe est déterminée selon sa place dans les rapports d’exploitation et de domination ; elle s’exprime par un ensemble de positionnements politiques, idéologiques, voire culturels. Le concept de classe exprime une réalité mouvante car le système évolue en permanence, ce qui rend plus difficiles la compréhension et l’explication de l’exploitation et des rapports conflictuels entre les individus ou les groupes d’individus qui représentent le travail et le capital. Jadis, le patron représentait le capital et l’ouvrier le travail. À présent, le monde du travail englobe un ensemble plus vaste : un salariat plus qualifié mais précarisé et une armée de réserve de privés d’emploi. Le patron, à qui on a affaire quotidiennement, est souvent salarié, représentant et agissant pour le compte des propriétaires ou actionnaires. Les actionnaires sont souvent anonymes et transnationaux. Parfois, ce sont des fonds de pension ou autres fonds qui agissent pour le compte des salariés. Enfin, le salarié peut être aussi actionnaire et porter en son sein la contradiction entre le travail et le capital.

Malgré ces complexités, la réalité demeure : dans le système capitaliste, les intérêts du capital et du travail sont conflictuels. Si, en tant que salariés, les gens veulent avoir de meilleures conditions, plus de salaire, plus de formation…, ces revendications entrent en conflit avec la logique de rentabilité qui motive la production capitaliste. Dans le contexte de la mondialisation et du développement des marchés financiers, partout dans le monde la part des travailleurs dans les richesses qu’ils produisent diminue. Plus que jamais, nous assistons à une communauté d’intérêts des travailleurs.

Contrairement aux apparences, les travailleurs français résidant dans les régions sinistrées ont plus d’intérêts communs avec les travailleurs des autres pays qu’avec leurs compatriotes français propriétaires des sites fermés ou des entreprises délocalisées. Comprendre et expliquer cette réalité est difficile mais indispensable pour la transformation sociale. On retrouve là la question de la construction d’une conscience de classe pour connaître ses intérêts et devenir acteur de la transformation sociale. De ce point de vue, les détenteurs de capitaux et leurs protecteurs sont en avance. Un ensemble de facteurs contribue à l’affaiblissement de la conscience de classe des travailleurs : pratiques patronales et pression idéologique des libéraux et des médias ; abandon de l’idée de progrès social par une partie de la gauche ; peur d’assumer l’identité de classe des travailleurs par crainte d’être taxé d’archaïsme…

Profitant des dégâts du libéralisme, le FN mobilise le vote populaire au service des intérêts du capital. Assumer, haut et fort, l’identité de classe des travailleurs – au lieu d’employer des formules vagues comme les classes moyennes – est, pour les progressistes, le meilleur moyen de lutter contre la montée du FN.

UN OBJET SOCIOLOGIQUE RETROUVÉ

« La fin des classes sociales semblerait une évidence pour de nombreux auteurs contemporains, au point que cette question a disparu de la production des sciences sociales (…). Objectivement visibles mais subjectivement désarticulées, les classes sociales sont porteuses d’un avenir plus ouvert qu’on ne le conçoit généralement. » Louis Chauvel (OFCE).

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10 avril 2015 5 10 /04 /avril /2015 17:59

Robert Clément

4 h · Modifié ·

Voici le texte que j'avais publié en décembre 2014. Il concernait la véritable censure dont est l'objet le PCF !!!!
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PAS DE LIBERTÉ, PAS DE DÉMOCRATIE SANS UN PLURALISME VÉRITABLE !
Adresse à Monsieur Olivier SCHRAMECK, Président du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel
Depuis des mois la discrimination à l’égard du Parti Communistes Français dans les médias télévisés est devenue une constante insupportable pour les citoyens attachés à la démocratie et au pluralisme.
Pierre LAURENT, son secrétaire national fait l’objet d’un ostracisme révoltant. Cela fait au moins douze ans qu’aucun secrétaire du Parti communiste n’a été invité à participer à une émission de début de soirée.

TROP C’EST TROP, C’EST L’OVERDOSE !

La mise en scène d’un match à trois (UMP-PS-FN) est un jeu dangereux et une grave atteinte à la démocratie !

• Le Front national a table ouverte permanente sur tous les plateaux de télévision.
• Le petit écran est envahi par l’UMP et le retour de celui qu’une grande partie de nos compatriotes ne veulent plus.
• Nous sommes invités à passer notre dimanche en compagnie du Parti socialiste et du premier ministre.

Et pendant ce temps :
• Les communistes réunis en conférence nationale lancent un appel pour construire une alternative à l’austérité : PAS UN MOT !
• Les parlementaires communistes se rendent à un péage pour dénoncer le scandale des sociétés d’autoroutes : PAS UN MICRO NE LEUR EST TENDU !
• Des militants communistes défilent grimés en patrons pour dénoncer le Medef qui en demande toujours plus : LES TÉLÉSPECTATEURS N’EN SAURONT RIEN !

CE SILENCE EST ASSOURDISSANT !

C’est à une véritable disparition du courant d’opinion représenté par le Parti communiste à laquelle nous assistons !
C’est intolérable ! Cela pose la question de la représentation légitime dans les médias d’une formation, fondatrice du Front de gauche, comptant 120.000 adhérent et restant la troisième force politique en termes d’élus locaux !

La France va mal ! Elle souffre ! Elle connaît une grave crise de confiance, une grave crise démocratique ! La majorité de notre peuple ne veut plus de la politique actuellement mise en œuvre !
Quelle alternative ? La question est posée !
Y répondre appelle débat, confrontations, écoute de la société, propositions d’alternatives syndicales, sociales, économiques, écologiques, politiques et culturelles !
La parole des communistes doit être respectée et entendue !

C’est pourquoi nous exigeons que soit mis un terme à la mise à l’écart du Parti communiste français et de son secrétaire national ! C’est tout simplement faire droit au respect du pluralisme sans lequel la démocratie serait une coquille vide !

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10 avril 2015 5 10 /04 /avril /2015 11:28

Vous avez aimé la crise financière de 2008, vous allez adorer la prochaine

Surabondance de liquidités, écrasement des taux d’intérêt, sophistication des outils financiers, garde-fous illusoires. Autant d’éléments qui poussent, à nouveau, “au crime”.

par Philippe Plassart

C’est un signe révélateur. Jusqu’au bout, les marchés n’ont pas voulu intégrer le risque d’un défaut de paiement de la Grèce. Grisés par les liquidités, ils font preuve d’un optimisme inébranlable. Rien ne vient entamer ce dernier, pas même les mauvaises nouvelles qui ne manquent pourtant pas. Déstabilisation de la péninsule arabique, signes de ralentissement de l’économie mondiale, etc., peu importe, l’indice VIX qui mesure la volatilité des marchés, autrement dit leur degré de stress et de peur, reste à son étiage. Très loin de ses sommets atteints pendant la crise de 2007 et 2008. “L’idée même du risque semble avoir disparu de la tête des investisseurs. Comme s’ils avaient souscrit une assurance tous risques auprès des banques centrales”, observe Christopher Dembik, analyse chez Saxo Bank. Pourtant, quelque chose ne va pas.

“L’idée même du risque semble avoir disparu de la tête des investisseurs. Comme s’ils avaient souscrit une assurance tous risques auprès des banques centrales”

“Les marchés d’actions surperforment et voient la vie en rose, alors que l’économie réelle continue de donner des signes de souffrance. Ce n’est pas cohérent, une partie se trompe” analyse Véronique Riches-Flores, économiste indépendante. Les marchés n’ont pas de mémoire. Ils ont oublié les crises passées – la crise boursière de 1987, la crise monétaire de 1993, la faillite et le sauvetage in extremis du fonds LTCM, ainsi que la crise de la balance des paiements des pays asiatiques en 1998, l’éclatement de la bulle Internet en 2001, et surtout la plus terrible d’entre elles, celle des subprimes et de la titrisation en 2007-2008, au cours de laquelle la planète financière avait failli exploser. Or les germes d’une prochaine crise – impossible, bien sûr, à dater, mais potentiellement plus dévastatrice – sont probablement déjà semés. Et il n’y a pas pire sans doute que ce sentiment actuel de fausse sécurité qui conduit à fermer les yeux sur ces risques.

Un déversement de liquidités sans précédent

Pour éviter un effondrement financier, feu Milton Friedman préconisait un largage de liquidités “par hélicoptère”. Les banques centrales ont suivi la recommandation du maître. Sans doute, à leur décharge, n’avaient-elles d’autre choix. La réserve fédérale américaine a ainsi injecté près de 3 500 milliards de dollars, et la Banque centrale européenne veut racheter 1 100 milliards d’euros d’actifs d’ici septembre 2016. Quant aux autres banques centrales (Angleterre, Japon), elles ne sont pas non plus en reste. Au total, le bilan des banques centrales a doublé, passant d’un peu moins de 3,5 % à quasiment 6,5 % du PIB mondial. Problème : cet argent censé soutenir l’économie n’est pas arrivé, jusqu’à présent, à ses destinataires, les ménages et les entreprises, via une relance du crédit. “Le canal bancaire sur lequel comptent les banques centrales ne fonctionne pas bien. Tant il est vrai que le financement de l’économie n’est plus au cœur de l’activité bancaire” analyse Jézabel Couppey-Soubeyran, spécialiste d’économie bancaire et financière.

“Problème : cet argent censé soutenir l’économie n’est pas arrivé, jusqu’à présent, à ses destinataires, les ménages et les entreprises, via une relance du crédit”

Où est passé alors cet argent ? Dans les marchés financiers. Le cours des actions a doublé en cinq ans à Wall Street, en deux ans à Tokyo, et les bourses européennes leur emboîtent le pas depuis que la Banque centrale européenne a annoncé, à son tour, la mise en œuvre de mesures non conventionnelles. Or ces mouvements haussiers sont largement déconnectés de la réalité économique et d’une croissance qui n’a rien de flamboyant. “On a confondu création monétaire et création de richesses” tranche l’économiste Charles Gave.

Une zone de taux d’intérêt inédite

Cet afflux de liquidités a eu pour effet d’écraser les taux d’intérêt à des niveaux historiquement bas, désormais proches de zéro sur quasiment toute la courbe. Une évolution souhaitée par les banques centrales elles-mêmes. “Cela fait plus de six ans que la Réserve fédérale fournit de l’argent gratuitement. Et la BCE l’a suivie. Or quand l’argent ne coûte rien, on ne peut faire que des bêtises”, déplore l’ex-banquier Jean-Michel Naulot. Pire, sur certaines échéances, les taux sont même devenus négatifs. Une situation qui peut être vue comme aberrante puisqu’elle revient à faire payer au prêteur le prix de sa sécurité. “Comment un système économique peut-il fonctionner sans une prime à l’incertitude liée au passage du temps ? Cela n’est tout simplement pas possible. On n’est plus dans un monde logique” estime Charles Gave.

“Quand l’argent ne coûte rien, on ne peut faire que des bêtises”

Quoi qu’il en soit, cette zone de taux d’intérêt inédite et ses anomalies ont pour effet de biaiser bon nombre de calculs économiques et financiers. Et donc de perturber la rationalité des acteurs. “Les investisseurs qui recherchent du rendement n’en trouvent plus par les voies traditionnelles. Priçant mal le risque, ils se tournent vers des actifs de moins en moins sûrs : junk bonds , actions spéculatives”, observe Christophe Nijdam, secrétaire général de l’ONG Finance Watch.

La finance, toujours un champ de mines

En 2009, les dirigeants du G20 avaient, on s’en souvient, affiché leur volonté de remettre la finance “à sa place”, c’est-à-dire au service de l’économie. Six ans, plus tard, force est de constater que la sphère financière, toujours hypertrophiée, tourne plus que jamais – et de plus en plus vite – sur elle-même, sans autre considération que son propre intérêt. “La finance mondiale reste un champ de mines”, diagnostique l’expert Paul Jorion. Et un champ en expansion continu. Le marché des dérivés s’élève désormais à près de 700 000 milliards de dollars, soit l’équivalent de dix fois le PIB mondial.

“Le marché des dérivés s’élève désormais à près de 700 000 milliards de dollars, soit l’équivalent de dix fois le PIB mondial”

Quant au “shadow banking”, cette finance de l’ombre qui échappe à la régulation, elle a continué à se développer, souvent au sein même de la finance officielle. Des instruments nouveaux, à fort potentiel déstabilisateur, sont apparus, tel le trading à haute fréquence (THF) qui n’existait quasiment pas avant la crise de 2008, et qui représente désormais la moitié des transactions. Par ailleurs, des segments de marchés connaissent de forts engouements comme celui des “repos” et des “prêts de titres” dans lequel des titres, par exemple de dettes, peuvent servir de garantie à de nouveaux emprunts. Des mécanismes où la fertilité de l’innovation financière le dispute à sa complexité. Un cocktail qui n’est pas sans rappeler les montages de titrisation qui avaient précédé la crise des subprimes et dans lesquels bon nombre de professionnels s’étaient eux-mêmes perdus.

Les failles d’une régulation inachevée

Autre promesse non tenue, celle de réguler le secteur de la finance. “On a fait deux pas en avant et un pas en arrière. En tout état de cause, le chemin parcouru n’a pas été suffisant” analyse Christophe Nijdam. “Les activités spéculatives des banques n’ont toujours pas été interdites” s’alarme pour sa part Jean-Michel Naulot. Le lobby des banques et des établissements financiers a opposé il est vrai une résistance farouche à toutes les tentatives d’encadrement. Si bien que les célèbres ratios prudentiels de Bâle III, censés mettre le secteur à l’abri d’une rechute, apparaissent à l’examen bien édulcorés. “Les banques ont gardé la main sur l’évaluation de leurs propres risques, ce qui les conduit naturellement à minimiser ces derniers. Résultat, les coussins de fonds de propres exigés apparaissent insuffisants.

“Les activités spéculatives des banques n’ont toujours pas été interdites”

Quoi qu’il en soit, le dispositif complet de prévention des risques ne sera pas opérationnel avant 2019 et 2020”, analyse Jézabel Couppey-Soubeyran. Un cadre qui laisse de toutes les façons sceptique Paul Jorion “Les niveaux de réserves ont été choisis sur la base d’une probabilité gaussienne d’accidents, c’est-à-dire ayant une répartition en cloche. Or les chocs financiers ne relèvent pas de cette catégorie du fait de leur caractère systémique. On l’a bien vu avec la faillite de l’assureur américain AIG en 2008. Celui-ci avait constitué des réserves à hauteur de 4 milliards de dollars. Or il a essuyé d’emblée des pertes de 85 milliards.” Garde-fous bien fragiles, les ratios prudentiels, en rassurant donc à bon compte, accroissent surtout dangereusement le sentiment d’une fausse sécurité.

Les signes d’exubérances irrationnelles

Surabondance de liquidités, écrasement des taux d’intérêt, sophistication des outils financiers, garde-fous illusoires. Autant d’éléments qui poussent, à nouveau, “au crime”. Certains acteurs ont renoué avec les pratiques à très haut risque. Selon le régulateur britannique, plus d’un hedge fund sur dix utilise actuellement un effet de levier supérieur à 50, ce qui veut dire qu’ils gèrent des positions de marché correspondant à 50 fois le montant des fonds qu’ils ont en gestion ! De l’acrobatie sans filet. “Je retrouve actuellement à New York les mêmes signaux que ceux que j’avais observés pendant la période qui avait précédé la crise de 2007-2008 : un relâchement assez général de la vigilance, des prises de risques inconsidérées, des pratiques d’allocations de crédit qui ne font pas sens”, témoigne Édouard Tétreau, associé gérant de Mediafin.

“Surabondance de liquidités, écrasement des taux d’intérêt, sophistication des outils financiers, garde-fous illusoires. Autant d’éléments qui poussent, à nouveau, “au crime””

Et comme en 2007, le foyer de ces excès semble logé aux États-Unis. Selon le prix Nobel Robert Shiller, grand expert de la formation des bulles spéculatives, le PER (price earning ratio) ajusté du cycle économique s’élève, à Wall Street, à 27, un niveau jamais atteint sauf en… 1929, 2000 et 2007. D’autres signes “d’exubérance irrationnelle” se manifestent, comme la multiplication d’“entreprises zombies” capables, par exemple dans les biotechs ou les réseaux sociaux, de drainer des capitaux sans aucun résultat, observe Christopher Dembik. Mais c’est surtout le retour spectaculaire des subprimes et des activités de repackaging et de titrisation des dettes qui fait remonter le souvenir de la crise. “40 % des crédits à la consommation distribués sur le marché américain le sont à destination de ménages… insolvables”, s’alarme Édouard Tétreau.

La menace bien réelle d’une crise systémique

Ne sommes-nous pas alors partis pour revivre une crise, du type de celle des Sicav monétaires qui, en août 2007, avait brutalement interrompu le marché interbancaire international ? Une crise de nature systémique donc, dans laquelle la chute d’un acteur de la chaîne entraîne tous les autres comme dans un jeu de dominos. L’interconnexion entre les acteurs – et donc leur dépendance les uns aux autres – n’a pas cessé de croître ces dernières années, et recommence à donner des sueurs froides à certains observateurs.

“Un même titre peut être revendiqué actuellement en moyenne par deux acteurs et demi, ce qui pose le problème de leur attribution en cas de course soudaine à la liquidité”

De véritables nœuds se sont formés. Sur le marché des “prêts de titres” et de “repos”, estimé à 20 000 milliards, un même titre peut être revendiqué actuellement en moyenne par deux acteurs et demi, ce qui pose le problème de leur attribution en cas de course soudaine à la liquidité. Les failles des chambres de compensation des marchés dérivés constituent une autre source d’inquiétude. Une demi-douzaine de banques de données ont certes été constituées, mais elles ne disposent pas de registres standardisés, si bien qu’en cas d’urgence à dénouer les positions, aucun opérateur n’y retrouvera ses petits. Panique assurée.

Quel sera le détonateur ?

Quel sera cette fois le détonateur de la crise ? Viendra-t-il des compagnies d’assurance-vie allemandes qui ont pris tous les risques pour tenir leurs promesses de rendement à 3 % dans un contexte de taux zéro ? Des craquements du vaste marché des “students loans” américains dont le manque de traçabilité commence à effrayer les professionnels les plus aguerris ? Ou bien de la bombe à retardement de la prochaine hausse des taux d’intérêt ? “Lorsque les taux sont à zéro comme aujourd’hui, le risque de sensibilité des titres à la remontée des taux est à son maximum, rappelle Christophe Nijdam. Une hausse des taux de 0 % à 1 % entraîne mécaniquement, pour une obligation à trente ans de 100, une perte en capital de 26 %, quasiment le double de l’impact d’une hausse de 4 à 5 %.”

“Une hausse des taux de 0 % à 1 % entraîne mécaniquement, pour une obligation à trente ans de 100, une perte en capital de 26 %, quasiment le double de l’impact d’une hausse de 4 à 5 %.”

Un carnage qui pourrait déstabiliser bien des portefeuilles obligataires, y compris institutionnels. La hausse des taux impactera aussi le marché des dérivés composés à 85 % de dérivés de taux… Stupeur et tremblements. Mais la crise viendra sans doute de là où personne ne l’attend, tel le battement de l’aile du papillon qui provoque l’ouragan à des milliers de kilomètres. Lorsqu’en octobre 2006 dans un comté perdu de l’État de Californie, le prix des maisons avait affiché ses premières baisses après plusieurs années de boom immobilier, personne n’avait prêté beaucoup d’attention à l’information. Ce fut pourtant le point de départ de ce qui allait devenir quelques mois plus tard la plus grave crise depuis 1929.

Publié le 08/04/2015

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10 avril 2015 5 10 /04 /avril /2015 00:16

Droits de l'Homme aux États-Unis et à Cuba : Parlons-en !
(par Netfa Freeman 08/04/2015, traduction Michel Taupin)

Cuba a ouvert des discussions avec les États-Unis sur les droits de l'homme, la semaine dernière, en rappelant que les États-Unis ne sont pas un modèle pour les autres nations. Les Cubains ont cité entre autres "la discrimination et le racisme dans la société américaine, l'aggravation des brutalités policières, les actes de torture et les exécutions extrajudiciaires dans la lutte contre le terrorisme et la situation de vide juridique des prisonniers du camp de la prison étasunienne de Guantanamo."

"La présence de Cuba sur la liste des pays terroristes établie par les Etats-Unis est un moyen de faire respecter le blocus américain contre Cuba. "
A tour de rôle, les médias qui ne cessent de mentir à propos de Cuba, racontent que la réunion du 31 Mars entre les États-Unis et Cuba sur les droits de l'homme, serait gênante pour Cuba. La propagande américaine a constamment matraqué que Cuba violait les droits humains de ses citoyens et emprisonnait des personnes simplement pour fait de dissidence politique. Mais, au contraire, c'est le sujet même des droits de l'homme qui donne l'occasion d'exposer la réalité dans les deux pays.
Pas d'annonces majeures ont émergé de la rencontre, le premier dialogue formel entre les pays sur les droits de l'homme depuis que le président américain Barack Obama et le président cubain Raul Castro ont annoncé le 17 Décembre 2014 qu'ils cherchaient à rétablir les liens diplomatiques.
Toutefois, le chef de la délégation cubaine aux pourparlers, Pedro Luis Pedroso a dit : "Nous avons exprimé nos préoccupations concernant les modes de discrimination et le racisme dans la société américaine, l'aggravation de la brutalité de la police, les actes de torture et d'exécutions extrajudiciaires dans la lutte contre le terrorisme et les formes juridiques floues des prisonniers dans le camp de la prison américaine de Guantanamo". Lors d'une conférence de presse à Washington, le directeur général adjoint pour les affaires multilatérales et du droit international au ministère cubain des Affaires étrangères a déclaré que la délégation de l'île avait également mis en avant sa préoccupation au sujet de la limitation des droits du travail et des libertés syndicales."

Certains d'entre nous qui travaillent dans le mouvement de solidarité avec Cuba, estiment que c'est aussi une fenêtre d'opportunité pour informer et soulever les questions des incarcérations de masse des États-Unis, de l'épidémie de meurtres de la police et du sort des prisonniers politiques comme le combattant de la liberté Leonard Peltier de l'American Indian Movement et du journaliste révolutionnaire noir Mumia Abu Jamal. Actuellement Mumia lutte pour sa vie en raison d'une exécution extrajudiciaire impitoyable à travers une faute médicale soutenue par l'État.

"Contrairement aux États-Unis, l'éducation, la santé, l'emploi ou les droits humains à Cuba ne sont pas un privilège."
Pendant trois mois, Mumia a montré des signes de diabète. Il a été examiné par les médecins de la prison à plusieurs reprises. Son sang a été prélevé trois fois en Février seulement, mais le diabète n'a pas été diagnostiqué jusqu'à ce qu'il a dû être transporté dans un hôpital extérieur après s'être évanoui dans la prison avec un taux de sucre dans le sang près du niveau du coma diabétique. Deux jours après, il était renvoyé dans la même prison, gardé par ceux-là même qui l'ont amené aux portes de la mort.
Il est compréhensible que les membres de la famille et tous ceux qui le soutiennent estiment que c'est une tentative consciente de procéder à une exécution extra-judiciaire par négligence médicale. À tout le moins, cela témoigne du traitement inadéquat et inhumain des personnes âgées incarcérées.

Seulement l'hypocrisie audacieuse du gouvernement américain en général et de Barak Obama en particulier, c'est de miser sur l'interprétation peu crédible de Cuba parce que "connu comme violeur des droits de l'homme" et sur le fait que c'est un sujet à aborder plus tard lors des négociations sur la normalisation des relations, tout en pratiquant un sanglant mépris pour la vie humaine, ici et ailleurs.

Compte tenu de la corrélation entre les droits humains et la justice économique, une comparaison entre Cuba et les États-Unis révèle de plus grands contrastes encore. Contrairement aux États-Unis, à Cuba, dans l'éducation, la santé, l'emploi ou les droits humains, il n'y a pas de privilèges. Cuba fournit une éducation gratuite, de la maternelle jusqu'au niveau universitaire, et la santé pour tous ses citoyens est entièrement gratuite. A Cuba révolutionnaire pas un emprisonné ne subirait ce à quoi Mumia Abu Jamal est actuellement confronté.

Qui sont les «dissidents» à Cuba?
Il faut une sorte d'éducation aux médias et de l'information contextuelle pour déconstruire les nouvelles de la presse ainsi que la propagande du gouvernement américain. Un rapport de Reuters sur les pourparlers dit, "Les Etats-Unis ont pressé Cuba pour améliorer les conditions des droits humains sur l'île communiste et s'inquiètent, en particulier, de l'emprisonnement de dissidents et de militants politiques et du traitement des prisonniers politiques ... Cuba a répondu à Washington qu'il ne tolérera pas d'ingérence dans ses affaires intérieures et a demandé que les États-Unis cessent de soutenir les dissidents ".
Les États-Unis ne reconnaissent pas, ni la presse d'ailleurs, l'existence de prisonniers politiques étatsuniens qui, certainement, ne sont pas à l'abri des conditions notoirement inhumaines d'autres prisonniers. En fait, ils sont souvent traités plus mal, enfermés en cellule d'isolement (aka le trou), une pratique étrangère à Cuba, selon une délégation de travailleurs sociaux des États-Unis qui a visité les prisons de l'île.
Si l'on n'est pas prudent, cependant, il peut être facile d'oublier la déclaration, rapportée par Reuters, que Cuba "ne tolérera aucune ingérence dans ses affaires intérieures et a demandé que les États-Unis cessent de soutenir les dissidents."

Cela devrait amener la question : qui sont ces «dissidents» et comment les Etats-Unis les soutiennent ?
"Cuba a des préoccupations de sécurité nationale très valables qu'aucun pays ne peut tout simplement se prévaloir."

Un document déclassifié datant d'Octobre 1961 rédigé par l'inspecteur général de la CIA, Lyman Kirkpatrick, «L'histoire du Projet cubain (US) commence en 1959» en souligne les aspects fondamentaux :
a) Formation d'une organisation cubaine en exil ... pour diriger les activités de l'opposition et fournir une couverture pour les opérations de l'Agence.
b) Développement d'une propagande offensive au nom de l'opposition.
c) Création à l'intérieur de Cuba d'une agence de renseignements clandestine et d'un appareil d'action pour répondre aux demandes de la direction de l'organisation en exil.
d) Développement hors de Cuba d'une petite force paramilitaire destinée à être introduite à Cuba pour organiser, former et diriger des groupes de résistance.

Ces activités restent en vigueur aujourd'hui sous le titre "Programme Cuba", en complément de l'Agence américaine pour le développement international (USAID). Cela signifie que Cuba a des préoccupations de sécurité nationale très valables ce qu'aucun autre pays ne peut tout simplement se prévaloir.
En réponse à ces attaques, Cuba a promulgué des lois spécifiquement conçues pour préserver ses citoyens de la nocivité de la loi américaine dite Helms-Burton, immorale et condamnée internationalement. La loi Helms-Burton (The Cuban Liberty and Democratic Solidarity - Libertad - Loi de 1996) renforce et étend l'application territoriale de l'embargo initial US, en le transformant en blocus - un acte de guerre - contre Cuba et incite les ressortissants cubains à commettre une trahison en se prétendant dissidents politiques tout en diffusant des informations fausses et trompeuses permettant aux États-Unis de justifier le blocus.

En 2003 Cuba a arrêté plusieurs de ses citoyens sur ces accusations. Le gouvernement américain et les medias ont utilisé ces arrestations pour accuser Cuba de "réprimer la dissidence" en dépit d'une impressionnante et très détaillée Conférence de presse tenue à Cuba le 9 Avril 2003 pour lutter contre la désinformation et les mensonges propagés par l'impérialisme américain.
Des décennies d'utilisation par les États-Unis d'une combinaison d'efforts internes de déstabilisation de l'île et de son vaste appareil de propagande internationale, a généré du scepticisme sur les droits de l'homme à Cuba. Mais ce sont aussi les informations de base étasuniennes qui peuvent nous donner un fond plus précis et nous permettre de comprendre.

Une note de service de 1994 envoyée par Joseph Sullivan, ancien chef de la Section des intérêts américains à La Havane, à l'ancien secrétaire d'Etat, Warren Christopher, à la Central Intelligence Agency CIA) et au Service de l'immigration et de la naturalisation (INS), examine les difficultés rencontrées pour trouver des cas légitimes de violations des droits de l'homme à Cuba. La note de service a été transmise aux Cubains par des «mains amies», et a été distribuée par Cuba aux Etats membres de l'Organisation des Nations Unies le 2 Mars 1994 afin de fournir des preuves des contorsions intentionnelles du gouvernement américain sur la situation des droits de l'homme à Cuba pour justifier sa politique d'agression.
"Certains ressortissants cubains se posent en dissidents politiques tout en diffusant des informations fausses et trompeuses au nom des États-Unis pour justifier le blocus."
La note va même jusqu'à admettre, même après que la Section des intérêts américains à La Havane ait assoupli ses conditions pour que plus de cubains puissent se qualifier "dissident politique", que l'on pourrait les classer au mieux dans la case "asile économique".

L'hypocrisie des États-Unis lorsqu'il s'agit de ses accusations contre Cuba est des plus étonnantes. Ils incluent même Cuba dans sa liste des "Etats soutenant le terrorisme", après que les États-Unis ont pratiqué et soutenu des décennies de terrorisme contre Cuba. Ce qui a conduit Cuba à envoyer 5 cubains en mission aux USA. Les 5 Cubains ont infiltré les groupes d'extrême-droite d'exilés cubains violents, basés à Miami, et devaient trouver des moyens non violents pour mettre fin ou contrecarrer leurs plans de terrorisme. Au lieu d'arrêter les terroristes, les États-Unis ont arrêté les 5 cubains. Les trois derniers qui étaient encore emprisonnés en Décembre ont été libérés dans le cadre du premier geste dans la normalisation des relations entre les deux pays. Il est important que la désignation de Cuba sur la liste du terrorisme par les Etats-Unis ne soit ni sous-estimée ni considérée inoffensive, quoique fausse accusation. La désignation est un moyen de faire respecter le blocus américain contre Cuba. C'est un moyen de dénier à d'autres pays d'accorder des crédits dans le système bancaire des EU et international. Il oblige le pays à faire des transactions en espèces, ce qui est pratiquement impossible pour n'importe quel gouvernement dans l'économie mondiale et en fait un fardeau pour sa mission diplomatique aux États-Unis qui doit mener à bien les fonctions normales du consulat ou de l'ambassade.

Il est clair que les intérêts américains dans la normalisation des relations ne sont pas un changement de cœur ou l'abandon de leurs intentions de saper la révolution cubaine. Peu importe, c'est un développement bienvenu. À tout le moins, il nous donne à tous l'occasion de placer les dossiers de ces deux pays côte à côte et de demander: "S'il vous plait, que le vrai violeur des droits de l'homme se lève!"

Netfa Freeman est depuis longtemps panafricaniste, militant des droits de l'homme, basé à Washington DC, travaillant à l'Institut d'études politiques et est co-animateur / producteur pour Voix Avec Vision sur WPFW 89,3 FM.

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9 avril 2015 4 09 /04 /avril /2015 04:21

Valls ne trouvera pas la paix sociale

MERCREDI, 8 AVRIL, 2015

© ERIC FEFERBERG / AFP

L'éditorial de Maud Vergnol : Lui, président, devait inscrire dans la Constitution le rôle du dialogue social et la place des grandes organisations représentatives. Trois ans plus tard, son gouvernement mené par Manuel Valls propose de jeter aux oubliettes ce que les salariés et leurs syndicats ont patiemment conquis : des cadres institutionnels pour se défendre et conquérir de nouveaux droits.

Lui, président, devait inscrire dans la Constitution le rôle du dialogue social et la place des grandes organisations représentatives. Trois ans plus tard, son gouvernement mené par Manuel Valls propose de jeter aux oubliettes ce que les salariés et leurs syndicats ont patiemment conquis : des cadres institutionnels pour se défendre et conquérir de nouveaux droits. Le projet de loi Rebsamen, que l’exécutif souhaite expédier avant l’été, reprend une nouvelle fois à son compte les suppliques du Medef et propose notamment la fusion des institutions représentatives du personnel, dont les prérogatives seraient réduites. L’objectif ? Appuyer sur l’accélérateur libéral pour « lever les freins à l’embauche ». Un argument éculé depuis le bilan accablant du pacte de responsabilité : 40 milliards de cadeaux aux entreprises qui n’ont pas créé un seul emploi, comme le démontrait encore la semaine dernière un rapport de l’Insee.

Le premier ministre aura beau jeu, aujourd’hui, de jeter des miettes à sa majorité pour la faire taire, à quelques semaines du congrès du Parti socialiste. Les propositions de son ministre du Travail sont une nouvelle provocation pour tous ceux qui ne se résignent pas à la liquidation des politiques de progrès. Et il en faudra plus qu’un nouvel os à ronger sur « l’investissement » pour faire oublier la gifl e électorale et le désaveu populaire qui s’est exprimé le 29 avril. Le matador du socialisme parviendra peut-être à amadouer ses opposants au sein du PS. Mais il n’achètera pas la paix sociale. C’est le sens de l’appel à la grève de demain, porté par la CGT, FO, Solidaires et la FSU, convaincus que contre les politiques d’austérité, l’alternative est possible. Salariés du commerce opposés au travail du dimanche, grévistes de Radio France, professionnels de santé, chômeurs, chauffeurs routiers, artistes, cheminots, chercheurs, retraités… tous ont décidé de relever la tête et de rappeler à Matignon que le peuple peut reprendre l’offensive

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6 avril 2015 1 06 /04 /avril /2015 09:50

Nos tâches aujourd'hui, et pour la période qui s'ouvre.


Après les 3 défaites électorales que vient de subir le PS et ses alliés, aux municipales , puis les européennes, et maintenant les départementales , où il faut souligner toutefois que le front de gauche, et singulièrement le PCF, même s'il perd des élus et la Présidence d'un département, résiste et progresse même presque partout où il présentait des candidats, seul où en alliance diversifiée à gauche. "Maintenant reconstruisons la gauche" s'époumone "l'Humanité". Le PCF doit marcher sur ses deux jambes. La gauche dite radicale, pour de multiples raison qu'il serait trop long d'aborder ici, est morcelée, et tout à la fois unie et divisée. Cela tient au caractère et à la personnalité de chaque composante du Front de Gauche et de ceux qui, comme,une partie de EELV, Nouvelle Donne, ou des "frondeurs" regardent et acceptent de parler avec le PCF et où lr Front de gauche. Le constat politique général nous est commun, mais pas encore celui des solutions alternatives et stratégiques. C'est donc pour nous au PCF, une tâche majeure de créer les conditions d'un rapprochement de toutes ces forces et d'assigner à celui-ci un objectif qui ne sera pas le socialisme, tel que nous le concevions, lui et la voie de passage dans les années passées. La tendance droitière à l'oeuvre dans la société et les contingences politiques nous obligent à redéfinir les objectifs, les possibles, et les moyens d(y parvenir. Il serait toutefois illusoire, expérience oblige, de ne compter que sur la bonne volonté de ceux qui aujourd'hui s'insurgent à gauche contre la politique gouvernementale. Il est de toute urgence aussi la nécessité, pour les communistes de conquérir à nouveaux les idées et les coeurs. Cela passe irrémédiablement par les communistes eux-mêmes, avec leur parti qui doit encore se transformer pour devenir le parti communiste des communistes (ce n'est pas une tautologie) où le militantisme et la démocratie permette le débat et les prises de décision, et l'action. Négliger ce qui fait l'originalité de la gauche française, avec un PCF certes affaibli mais présent, identifié (parfois mal), avec son histoire et ses "héros" (plusieurs artistes par exemple ne cachent pas l'origine politique de leur parents communistes) est un signe de l'enracinement du PCF dans notre pays et sa mémoire, et un encouragement à rester nous-mêmes tout en se renouvelant. Notre parti n'est plus, hélas, à mon avis un objet pour le parti lui même. Qui d'entre nous se souvient d'une séance du comité national consacré au parti et à son organisation. Mon souvenir, lointain, est celui présenté par Pierre Zarka, (nous sommes un parti de militants) il y a plusieurs décennies. Il est temps de nous occuper aussi de notre outil commun, notre parti communiste.

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4 avril 2015 6 04 /04 /avril /2015 11:46
3 avril 2015
Projet de loi Macron : nous déposons 480 amendements contre ce texte libéral

Avec les sénatrices et les sénateurs du groupe Communiste Républicain et Citoyen, nous nous préparons à débattre du projet de loi Macron à partir du 7 avril prochain.

Tout au long de cette discussion, nous porterons l’idée qu’une politique de gauche alternative rompant avec les choix libéraux symbolisés par le texte est possible.

Pour eux, le choix d’une politique de croissance, c’est le choix du développement économique au service de l’intérêt général.

C’est une nouvelle réorientation des richesses, une nouvelle utilisation du produit du travail de tous, qui fondera cette nouvelle politique.

Nous avons déposé 480 amendements sur ce texte, véritable fourre-tout libéral de 254 articles, pour s’opposer tout au long du débat à cette dérive libérale mortifère pour notre pays et son peuple en proposant d’autres choix.

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4 avril 2015 6 04 /04 /avril /2015 08:54
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4 avril 2015 6 04 /04 /avril /2015 07:15

Trois dirigeants de l’Institut de l’entreprise intègrent le Conseil National Education Economie : mauvaise nouvelle pour la diffusion de la culture économique et sociale à l’Ecole (Communiqué de presse de l’APSES)

APSES 2 avril 2015

jeudi 2 avril 2015

Trois dirigeants de l’Institut de l’entreprise intègrent le Conseil National Education Economie : mauvaise nouvelle pour la diffusion de la culture économique et sociale à l’Ecole

Par Arrêté du 28 mars 2015, le Ministère de l’Education nationale renouvelant les membres du Conseil National Education Economie a notamment accueilli 3 anciens ou actuels dirigeants de l’Institut de l’entreprise : Jean-Pierre BOISIVON (ancien délégué général du think tankpatronal), Xavier HUILLARD (son actuel président), et Michel PEBEREAU (ancien président).

Depuis de nombreuses années, l’Institut de l’entreprise s’emploie à transformer le contenu de l’enseignement de Sciences économiques et sociales (SES) au lycée avec un objectif idéologique clairement assumé, comme en attestent les propos tenus par Michel Pébereau en 2006 lors d’une conférence publique : « il serait peut-être bon d’effectuer un travail pédagogique de fond sur nos lycéens, comme cela a été fait par les entreprises depuis 20 ans auprès de leurs salariés, afin de les sensibiliser aux contraintes du libéralisme et à améliorer leur compétitivité, en adhérant au projet de leur entreprise … ».

Suite à un lobbying efficace, ce projet s’est traduit par un appauvrissement de l’étude des entreprises en SES. En classe de seconde, le programme en vigueur depuis 2010 présente l’entreprise uniquement comme une entité abstraite qui cherche à combiner le plus efficacement possible ses facteurs de production, et a supprimé toute étude du contrat de travail et des relations professionnelles. De même, en terminale les enjeux liés à l’organisation du travail ont été tout bonnement supprimés du nouveau programme de 2012. Des questions essentielles à la formation économique et sociale de tout citoyen et qui passionnaient pourtant les élèves.

Plus récemment, Michel Pébereau a présidé une commission du CNEE consacrée à la culture économique des élèves. Les conclusions de ce groupe étaient atterrantes : opposition entre l’économie comme discipline d’enseignement qualifiée de « théorique et macroéconomique » et une pseudo « culture économique », fondée sur « une approche plus individuelle et microéconomique » qu’il faudrait promouvoir. Pour Michel Pébereau, il ne s’agit donc pas de former des citoyens aptes à comprendre la complexité des enjeux entourant les entreprises, mais de « susciter le goût d’entreprendre ».

Contre cette vision partiale d’une culture économique réduite au point de vue des seuls dirigeants de (très grandes) entreprises et visant à réanchanter ces dernières, l’APSES appelle le CNEE à promouvoir au contraire une culture économique et sociale ambitieuse, ouverte et pluraliste, qui n’évacue pas les débats suscités par les grands enjeux contemporains. Il faut donc s’inspirer de la réussite des sciences économiques et sociales au lycée, qui ont contribué à développer avec succès la culture économique et sociale de générations de bacheliers depuis bientôt 50 ans.

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BRUNO FORNACIARI

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