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10 avril 2015 5 10 /04 /avril /2015 01:16

Droits de l'Homme aux États-Unis et à Cuba : Parlons-en !
(par Netfa Freeman 08/04/2015, traduction Michel Taupin)

Cuba a ouvert des discussions avec les États-Unis sur les droits de l'homme, la semaine dernière, en rappelant que les États-Unis ne sont pas un modèle pour les autres nations. Les Cubains ont cité entre autres "la discrimination et le racisme dans la société américaine, l'aggravation des brutalités policières, les actes de torture et les exécutions extrajudiciaires dans la lutte contre le terrorisme et la situation de vide juridique des prisonniers du camp de la prison étasunienne de Guantanamo."

"La présence de Cuba sur la liste des pays terroristes établie par les Etats-Unis est un moyen de faire respecter le blocus américain contre Cuba. "
A tour de rôle, les médias qui ne cessent de mentir à propos de Cuba, racontent que la réunion du 31 Mars entre les États-Unis et Cuba sur les droits de l'homme, serait gênante pour Cuba. La propagande américaine a constamment matraqué que Cuba violait les droits humains de ses citoyens et emprisonnait des personnes simplement pour fait de dissidence politique. Mais, au contraire, c'est le sujet même des droits de l'homme qui donne l'occasion d'exposer la réalité dans les deux pays.
Pas d'annonces majeures ont émergé de la rencontre, le premier dialogue formel entre les pays sur les droits de l'homme depuis que le président américain Barack Obama et le président cubain Raul Castro ont annoncé le 17 Décembre 2014 qu'ils cherchaient à rétablir les liens diplomatiques.
Toutefois, le chef de la délégation cubaine aux pourparlers, Pedro Luis Pedroso a dit : "Nous avons exprimé nos préoccupations concernant les modes de discrimination et le racisme dans la société américaine, l'aggravation de la brutalité de la police, les actes de torture et d'exécutions extrajudiciaires dans la lutte contre le terrorisme et les formes juridiques floues des prisonniers dans le camp de la prison américaine de Guantanamo". Lors d'une conférence de presse à Washington, le directeur général adjoint pour les affaires multilatérales et du droit international au ministère cubain des Affaires étrangères a déclaré que la délégation de l'île avait également mis en avant sa préoccupation au sujet de la limitation des droits du travail et des libertés syndicales."

Certains d'entre nous qui travaillent dans le mouvement de solidarité avec Cuba, estiment que c'est aussi une fenêtre d'opportunité pour informer et soulever les questions des incarcérations de masse des États-Unis, de l'épidémie de meurtres de la police et du sort des prisonniers politiques comme le combattant de la liberté Leonard Peltier de l'American Indian Movement et du journaliste révolutionnaire noir Mumia Abu Jamal. Actuellement Mumia lutte pour sa vie en raison d'une exécution extrajudiciaire impitoyable à travers une faute médicale soutenue par l'État.

"Contrairement aux États-Unis, l'éducation, la santé, l'emploi ou les droits humains à Cuba ne sont pas un privilège."
Pendant trois mois, Mumia a montré des signes de diabète. Il a été examiné par les médecins de la prison à plusieurs reprises. Son sang a été prélevé trois fois en Février seulement, mais le diabète n'a pas été diagnostiqué jusqu'à ce qu'il a dû être transporté dans un hôpital extérieur après s'être évanoui dans la prison avec un taux de sucre dans le sang près du niveau du coma diabétique. Deux jours après, il était renvoyé dans la même prison, gardé par ceux-là même qui l'ont amené aux portes de la mort.
Il est compréhensible que les membres de la famille et tous ceux qui le soutiennent estiment que c'est une tentative consciente de procéder à une exécution extra-judiciaire par négligence médicale. À tout le moins, cela témoigne du traitement inadéquat et inhumain des personnes âgées incarcérées.

Seulement l'hypocrisie audacieuse du gouvernement américain en général et de Barak Obama en particulier, c'est de miser sur l'interprétation peu crédible de Cuba parce que "connu comme violeur des droits de l'homme" et sur le fait que c'est un sujet à aborder plus tard lors des négociations sur la normalisation des relations, tout en pratiquant un sanglant mépris pour la vie humaine, ici et ailleurs.

Compte tenu de la corrélation entre les droits humains et la justice économique, une comparaison entre Cuba et les États-Unis révèle de plus grands contrastes encore. Contrairement aux États-Unis, à Cuba, dans l'éducation, la santé, l'emploi ou les droits humains, il n'y a pas de privilèges. Cuba fournit une éducation gratuite, de la maternelle jusqu'au niveau universitaire, et la santé pour tous ses citoyens est entièrement gratuite. A Cuba révolutionnaire pas un emprisonné ne subirait ce à quoi Mumia Abu Jamal est actuellement confronté.

Qui sont les «dissidents» à Cuba?
Il faut une sorte d'éducation aux médias et de l'information contextuelle pour déconstruire les nouvelles de la presse ainsi que la propagande du gouvernement américain. Un rapport de Reuters sur les pourparlers dit, "Les Etats-Unis ont pressé Cuba pour améliorer les conditions des droits humains sur l'île communiste et s'inquiètent, en particulier, de l'emprisonnement de dissidents et de militants politiques et du traitement des prisonniers politiques ... Cuba a répondu à Washington qu'il ne tolérera pas d'ingérence dans ses affaires intérieures et a demandé que les États-Unis cessent de soutenir les dissidents ".
Les États-Unis ne reconnaissent pas, ni la presse d'ailleurs, l'existence de prisonniers politiques étatsuniens qui, certainement, ne sont pas à l'abri des conditions notoirement inhumaines d'autres prisonniers. En fait, ils sont souvent traités plus mal, enfermés en cellule d'isolement (aka le trou), une pratique étrangère à Cuba, selon une délégation de travailleurs sociaux des États-Unis qui a visité les prisons de l'île.
Si l'on n'est pas prudent, cependant, il peut être facile d'oublier la déclaration, rapportée par Reuters, que Cuba "ne tolérera aucune ingérence dans ses affaires intérieures et a demandé que les États-Unis cessent de soutenir les dissidents."

Cela devrait amener la question : qui sont ces «dissidents» et comment les Etats-Unis les soutiennent ?
"Cuba a des préoccupations de sécurité nationale très valables qu'aucun pays ne peut tout simplement se prévaloir."

Un document déclassifié datant d'Octobre 1961 rédigé par l'inspecteur général de la CIA, Lyman Kirkpatrick, «L'histoire du Projet cubain (US) commence en 1959» en souligne les aspects fondamentaux :
a) Formation d'une organisation cubaine en exil ... pour diriger les activités de l'opposition et fournir une couverture pour les opérations de l'Agence.
b) Développement d'une propagande offensive au nom de l'opposition.
c) Création à l'intérieur de Cuba d'une agence de renseignements clandestine et d'un appareil d'action pour répondre aux demandes de la direction de l'organisation en exil.
d) Développement hors de Cuba d'une petite force paramilitaire destinée à être introduite à Cuba pour organiser, former et diriger des groupes de résistance.

Ces activités restent en vigueur aujourd'hui sous le titre "Programme Cuba", en complément de l'Agence américaine pour le développement international (USAID). Cela signifie que Cuba a des préoccupations de sécurité nationale très valables ce qu'aucun autre pays ne peut tout simplement se prévaloir.
En réponse à ces attaques, Cuba a promulgué des lois spécifiquement conçues pour préserver ses citoyens de la nocivité de la loi américaine dite Helms-Burton, immorale et condamnée internationalement. La loi Helms-Burton (The Cuban Liberty and Democratic Solidarity - Libertad - Loi de 1996) renforce et étend l'application territoriale de l'embargo initial US, en le transformant en blocus - un acte de guerre - contre Cuba et incite les ressortissants cubains à commettre une trahison en se prétendant dissidents politiques tout en diffusant des informations fausses et trompeuses permettant aux États-Unis de justifier le blocus.

En 2003 Cuba a arrêté plusieurs de ses citoyens sur ces accusations. Le gouvernement américain et les medias ont utilisé ces arrestations pour accuser Cuba de "réprimer la dissidence" en dépit d'une impressionnante et très détaillée Conférence de presse tenue à Cuba le 9 Avril 2003 pour lutter contre la désinformation et les mensonges propagés par l'impérialisme américain.
Des décennies d'utilisation par les États-Unis d'une combinaison d'efforts internes de déstabilisation de l'île et de son vaste appareil de propagande internationale, a généré du scepticisme sur les droits de l'homme à Cuba. Mais ce sont aussi les informations de base étasuniennes qui peuvent nous donner un fond plus précis et nous permettre de comprendre.

Une note de service de 1994 envoyée par Joseph Sullivan, ancien chef de la Section des intérêts américains à La Havane, à l'ancien secrétaire d'Etat, Warren Christopher, à la Central Intelligence Agency CIA) et au Service de l'immigration et de la naturalisation (INS), examine les difficultés rencontrées pour trouver des cas légitimes de violations des droits de l'homme à Cuba. La note de service a été transmise aux Cubains par des «mains amies», et a été distribuée par Cuba aux Etats membres de l'Organisation des Nations Unies le 2 Mars 1994 afin de fournir des preuves des contorsions intentionnelles du gouvernement américain sur la situation des droits de l'homme à Cuba pour justifier sa politique d'agression.
"Certains ressortissants cubains se posent en dissidents politiques tout en diffusant des informations fausses et trompeuses au nom des États-Unis pour justifier le blocus."
La note va même jusqu'à admettre, même après que la Section des intérêts américains à La Havane ait assoupli ses conditions pour que plus de cubains puissent se qualifier "dissident politique", que l'on pourrait les classer au mieux dans la case "asile économique".

L'hypocrisie des États-Unis lorsqu'il s'agit de ses accusations contre Cuba est des plus étonnantes. Ils incluent même Cuba dans sa liste des "Etats soutenant le terrorisme", après que les États-Unis ont pratiqué et soutenu des décennies de terrorisme contre Cuba. Ce qui a conduit Cuba à envoyer 5 cubains en mission aux USA. Les 5 Cubains ont infiltré les groupes d'extrême-droite d'exilés cubains violents, basés à Miami, et devaient trouver des moyens non violents pour mettre fin ou contrecarrer leurs plans de terrorisme. Au lieu d'arrêter les terroristes, les États-Unis ont arrêté les 5 cubains. Les trois derniers qui étaient encore emprisonnés en Décembre ont été libérés dans le cadre du premier geste dans la normalisation des relations entre les deux pays. Il est important que la désignation de Cuba sur la liste du terrorisme par les Etats-Unis ne soit ni sous-estimée ni considérée inoffensive, quoique fausse accusation. La désignation est un moyen de faire respecter le blocus américain contre Cuba. C'est un moyen de dénier à d'autres pays d'accorder des crédits dans le système bancaire des EU et international. Il oblige le pays à faire des transactions en espèces, ce qui est pratiquement impossible pour n'importe quel gouvernement dans l'économie mondiale et en fait un fardeau pour sa mission diplomatique aux États-Unis qui doit mener à bien les fonctions normales du consulat ou de l'ambassade.

Il est clair que les intérêts américains dans la normalisation des relations ne sont pas un changement de cœur ou l'abandon de leurs intentions de saper la révolution cubaine. Peu importe, c'est un développement bienvenu. À tout le moins, il nous donne à tous l'occasion de placer les dossiers de ces deux pays côte à côte et de demander: "S'il vous plait, que le vrai violeur des droits de l'homme se lève!"

Netfa Freeman est depuis longtemps panafricaniste, militant des droits de l'homme, basé à Washington DC, travaillant à l'Institut d'études politiques et est co-animateur / producteur pour Voix Avec Vision sur WPFW 89,3 FM.

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Published by bruno fornaciari - dans INTERNATIONAL Cuba
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9 avril 2015 4 09 /04 /avril /2015 05:21

Valls ne trouvera pas la paix sociale

MERCREDI, 8 AVRIL, 2015

© ERIC FEFERBERG / AFP

L'éditorial de Maud Vergnol : Lui, président, devait inscrire dans la Constitution le rôle du dialogue social et la place des grandes organisations représentatives. Trois ans plus tard, son gouvernement mené par Manuel Valls propose de jeter aux oubliettes ce que les salariés et leurs syndicats ont patiemment conquis : des cadres institutionnels pour se défendre et conquérir de nouveaux droits.

Lui, président, devait inscrire dans la Constitution le rôle du dialogue social et la place des grandes organisations représentatives. Trois ans plus tard, son gouvernement mené par Manuel Valls propose de jeter aux oubliettes ce que les salariés et leurs syndicats ont patiemment conquis : des cadres institutionnels pour se défendre et conquérir de nouveaux droits. Le projet de loi Rebsamen, que l’exécutif souhaite expédier avant l’été, reprend une nouvelle fois à son compte les suppliques du Medef et propose notamment la fusion des institutions représentatives du personnel, dont les prérogatives seraient réduites. L’objectif ? Appuyer sur l’accélérateur libéral pour « lever les freins à l’embauche ». Un argument éculé depuis le bilan accablant du pacte de responsabilité : 40 milliards de cadeaux aux entreprises qui n’ont pas créé un seul emploi, comme le démontrait encore la semaine dernière un rapport de l’Insee.

Le premier ministre aura beau jeu, aujourd’hui, de jeter des miettes à sa majorité pour la faire taire, à quelques semaines du congrès du Parti socialiste. Les propositions de son ministre du Travail sont une nouvelle provocation pour tous ceux qui ne se résignent pas à la liquidation des politiques de progrès. Et il en faudra plus qu’un nouvel os à ronger sur « l’investissement » pour faire oublier la gifl e électorale et le désaveu populaire qui s’est exprimé le 29 avril. Le matador du socialisme parviendra peut-être à amadouer ses opposants au sein du PS. Mais il n’achètera pas la paix sociale. C’est le sens de l’appel à la grève de demain, porté par la CGT, FO, Solidaires et la FSU, convaincus que contre les politiques d’austérité, l’alternative est possible. Salariés du commerce opposés au travail du dimanche, grévistes de Radio France, professionnels de santé, chômeurs, chauffeurs routiers, artistes, cheminots, chercheurs, retraités… tous ont décidé de relever la tête et de rappeler à Matignon que le peuple peut reprendre l’offensive

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Published by bruno fornaciari - dans SOCIAL-ECONOMIE-FINANCES
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6 avril 2015 1 06 /04 /avril /2015 10:50

Nos tâches aujourd'hui, et pour la période qui s'ouvre.


Après les 3 défaites électorales que vient de subir le PS et ses alliés, aux municipales , puis les européennes, et maintenant les départementales , où il faut souligner toutefois que le front de gauche, et singulièrement le PCF, même s'il perd des élus et la Présidence d'un département, résiste et progresse même presque partout où il présentait des candidats, seul où en alliance diversifiée à gauche. "Maintenant reconstruisons la gauche" s'époumone "l'Humanité". Le PCF doit marcher sur ses deux jambes. La gauche dite radicale, pour de multiples raison qu'il serait trop long d'aborder ici, est morcelée, et tout à la fois unie et divisée. Cela tient au caractère et à la personnalité de chaque composante du Front de Gauche et de ceux qui, comme,une partie de EELV, Nouvelle Donne, ou des "frondeurs" regardent et acceptent de parler avec le PCF et où lr Front de gauche. Le constat politique général nous est commun, mais pas encore celui des solutions alternatives et stratégiques. C'est donc pour nous au PCF, une tâche majeure de créer les conditions d'un rapprochement de toutes ces forces et d'assigner à celui-ci un objectif qui ne sera pas le socialisme, tel que nous le concevions, lui et la voie de passage dans les années passées. La tendance droitière à l'oeuvre dans la société et les contingences politiques nous obligent à redéfinir les objectifs, les possibles, et les moyens d(y parvenir. Il serait toutefois illusoire, expérience oblige, de ne compter que sur la bonne volonté de ceux qui aujourd'hui s'insurgent à gauche contre la politique gouvernementale. Il est de toute urgence aussi la nécessité, pour les communistes de conquérir à nouveaux les idées et les coeurs. Cela passe irrémédiablement par les communistes eux-mêmes, avec leur parti qui doit encore se transformer pour devenir le parti communiste des communistes (ce n'est pas une tautologie) où le militantisme et la démocratie permette le débat et les prises de décision, et l'action. Négliger ce qui fait l'originalité de la gauche française, avec un PCF certes affaibli mais présent, identifié (parfois mal), avec son histoire et ses "héros" (plusieurs artistes par exemple ne cachent pas l'origine politique de leur parents communistes) est un signe de l'enracinement du PCF dans notre pays et sa mémoire, et un encouragement à rester nous-mêmes tout en se renouvelant. Notre parti n'est plus, hélas, à mon avis un objet pour le parti lui même. Qui d'entre nous se souvient d'une séance du comité national consacré au parti et à son organisation. Mon souvenir, lointain, est celui présenté par Pierre Zarka, (nous sommes un parti de militants) il y a plusieurs décennies. Il est temps de nous occuper aussi de notre outil commun, notre parti communiste.

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4 avril 2015 6 04 /04 /avril /2015 12:46
3 avril 2015
Projet de loi Macron : nous déposons 480 amendements contre ce texte libéral

Avec les sénatrices et les sénateurs du groupe Communiste Républicain et Citoyen, nous nous préparons à débattre du projet de loi Macron à partir du 7 avril prochain.

Tout au long de cette discussion, nous porterons l’idée qu’une politique de gauche alternative rompant avec les choix libéraux symbolisés par le texte est possible.

Pour eux, le choix d’une politique de croissance, c’est le choix du développement économique au service de l’intérêt général.

C’est une nouvelle réorientation des richesses, une nouvelle utilisation du produit du travail de tous, qui fondera cette nouvelle politique.

Nous avons déposé 480 amendements sur ce texte, véritable fourre-tout libéral de 254 articles, pour s’opposer tout au long du débat à cette dérive libérale mortifère pour notre pays et son peuple en proposant d’autres choix.

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Published by bruno fornaciari - dans groupe GDR-CRC
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4 avril 2015 6 04 /04 /avril /2015 09:54
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4 avril 2015 6 04 /04 /avril /2015 08:15

Trois dirigeants de l’Institut de l’entreprise intègrent le Conseil National Education Economie : mauvaise nouvelle pour la diffusion de la culture économique et sociale à l’Ecole (Communiqué de presse de l’APSES)

APSES 2 avril 2015

jeudi 2 avril 2015

Trois dirigeants de l’Institut de l’entreprise intègrent le Conseil National Education Economie : mauvaise nouvelle pour la diffusion de la culture économique et sociale à l’Ecole

Par Arrêté du 28 mars 2015, le Ministère de l’Education nationale renouvelant les membres du Conseil National Education Economie a notamment accueilli 3 anciens ou actuels dirigeants de l’Institut de l’entreprise : Jean-Pierre BOISIVON (ancien délégué général du think tankpatronal), Xavier HUILLARD (son actuel président), et Michel PEBEREAU (ancien président).

Depuis de nombreuses années, l’Institut de l’entreprise s’emploie à transformer le contenu de l’enseignement de Sciences économiques et sociales (SES) au lycée avec un objectif idéologique clairement assumé, comme en attestent les propos tenus par Michel Pébereau en 2006 lors d’une conférence publique : « il serait peut-être bon d’effectuer un travail pédagogique de fond sur nos lycéens, comme cela a été fait par les entreprises depuis 20 ans auprès de leurs salariés, afin de les sensibiliser aux contraintes du libéralisme et à améliorer leur compétitivité, en adhérant au projet de leur entreprise … ».

Suite à un lobbying efficace, ce projet s’est traduit par un appauvrissement de l’étude des entreprises en SES. En classe de seconde, le programme en vigueur depuis 2010 présente l’entreprise uniquement comme une entité abstraite qui cherche à combiner le plus efficacement possible ses facteurs de production, et a supprimé toute étude du contrat de travail et des relations professionnelles. De même, en terminale les enjeux liés à l’organisation du travail ont été tout bonnement supprimés du nouveau programme de 2012. Des questions essentielles à la formation économique et sociale de tout citoyen et qui passionnaient pourtant les élèves.

Plus récemment, Michel Pébereau a présidé une commission du CNEE consacrée à la culture économique des élèves. Les conclusions de ce groupe étaient atterrantes : opposition entre l’économie comme discipline d’enseignement qualifiée de « théorique et macroéconomique » et une pseudo « culture économique », fondée sur « une approche plus individuelle et microéconomique » qu’il faudrait promouvoir. Pour Michel Pébereau, il ne s’agit donc pas de former des citoyens aptes à comprendre la complexité des enjeux entourant les entreprises, mais de « susciter le goût d’entreprendre ».

Contre cette vision partiale d’une culture économique réduite au point de vue des seuls dirigeants de (très grandes) entreprises et visant à réanchanter ces dernières, l’APSES appelle le CNEE à promouvoir au contraire une culture économique et sociale ambitieuse, ouverte et pluraliste, qui n’évacue pas les débats suscités par les grands enjeux contemporains. Il faut donc s’inspirer de la réussite des sciences économiques et sociales au lycée, qui ont contribué à développer avec succès la culture économique et sociale de générations de bacheliers depuis bientôt 50 ans.

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3 avril 2015 5 03 /04 /avril /2015 22:44

L'ANECR s’engagent pour le rail

MARION D’ALLARD

MERCREDI, 1 AVRIL, 2015

HUMANITE.FR

Alors que la SNCF, dans un document interne révélé par l’Humanité, envisage de porter un coup fatal au Trains d’équilibre du territoire (TET), les élus communistes réunis au sein de l’Association nationale des élus communistes et républicains (ANECR) montent au créneau, et dénoncent la casse du service public ferroviaire.

« Nous somme déterminés à ne pas laisser faire cette fuite en avant et demandons l’arrêt immédiat des nouvelles remises en cause des dessertes, d’arrêts dans les gares et ce, dès le prochain service » a annoncé Pierre Mathieu, vice président de la région Champagne-Ardennes, en charges des transports. Sans attendre la remise du rapport de la Commission parlementaire Duron, chargée par l’Etat de lui remettre ses préconisations sur l’avenir des liaisons TET - autrement appelées trains Intercités -, la direction de la SNCF ne cache plus son ambition de réduire drastiquement l’offre intercités en supprimant 160 des 300 trains nationaux quotidiens. A cela s’ajoute la suppression programmée des 20 trains de nuit encore en circulation.

Les TET, lignes nationales, sont gérées par l’Etat, autorité organisatrice de transport (AOT). Et si certaines dessertes risque de disparaitre purement et simplement – c’est le cas des dessertes nationales des lignes Caen-Le Mans-Tour, Reims-Dijon ou encore Bordeaux-Clermont-Ferrand-Lyon -, d’autres seraient, selon les plans de la SNCF, transférées aux Régions qui ont déjà en charge le trafic TER. Or, relève Pierre Mathieu, « l’Etat refuse de donner aux régions la possibilité de disposer d’une ressource propre, pérenne et dynamique pour assurer leur mission en faveur du transport régional ». C’est un cercle vicieux. D’un côté l’Etat se désengage de la gestion des lignes dont il a la charge en les transférant aux collectivités qui, dans le même temps, voient leurs dotations publiques diminuer d’année en année.

D’autant qu’à la question centrale du maintient des dessertes pour assurer à tous le droit à un véritable service public de transport ferroviaire, s’ajoute une autre question fondamentale : celle de l’entretien d’un réseau vieillissant et du remplacement d’un matériel en voie d’obsolescence. En 2014, note l’ANECR, la vitesse de circulation des trains est réduite sur 4000 kilomètres de voies pour des raisons de mauvais entretien du réseau, contre seulement 617 kilomètres en 2005, « ce qui occasionne une dégradation de la qualité de service pour les usagers ».

Dans un contexte où la loi Macron va ouvrir les vannes du transport longues-distances en autocars, en concurrençant directement l’offre ferroviaire, la SNCF, qui développe en parallèle sa propre filiale d’autocars IDBUS, enfonce le clou en sacrifiant des milliers de kilomètres de rail et des dizaines de gares.

Dans cette affaire, c’est à l’Etat que revient le dernier mot. Mais si le plan de la SNCF était accepté et ses recommandation suivies, « il conduirait à une régression sans précédent pour tous ceux qui ont besoin du train pour leurs déplacements quotidiens, pour se rendre à leurs lieux de travail ou d’études », dénonce Pierre Mathieu qui y voit « un renoncement total en termes d’aménagement avec des conséquences terribles pour nombres de territoires ».

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3 avril 2015 5 03 /04 /avril /2015 21:45
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2 avril 2015 4 02 /04 /avril /2015 07:34

Alstom: Mélenchon favorable à une "nationalisation temporaire"

Paris (AFP)© 2014 AFP

Jean-Luc Mélenchon, coprésident du Parti de gauche (PG), a jugé dimanche que les pouvoirs publics devaient "évidemment" s'opposer à la cession d'Alstom et procéder à une "nationalisation temporaire".

Interrogé pour savoir si les pouvoir publics devaient essayer de s'opposer à la cession d'Alstom, Jean-Luc Mélenchon a répondu "évidemment et de toutes les façons possible" lors de l'émission le Grand Jury (RTL/ LCI/Le Figaro)

Il a également approuvé l'idée d'une "nationalisation". "Une nationalisation temporaire", a précisé le coprésident du Parti de gauche.

Quant à l'idée de créer un groupe européen avec Siemens, le député européen s'est dit favorable à une "politique européenne, le regroupement de moyens", "mais on en discute calmement, pas sur le dépeçage des uns par les autres, ça ce n'est pas de la politique européenne c'est du cannibalisme".

Soulignant la "technique fine" et le "prolétariat de haut niveau de formation" d'Alstom, Jean-Luc Mélenchon a jugé que l'entreprise est "malade du fait qu'il n'y a pas de carnets de commandes. Et pourquoi il n'y a pas de carnets de commandes? Parce que l'Europe est entrée en austérité et le gouvernement ne fait aucun investissement".

"Peut-être que cette crise va nous permettre d'imaginer ce que doit être le grand groupe français pour la production des machines dont nous avons besoin pour assurer l'avenir énergétique de notre pays", a-t-il dit.

Plus généralement, Jean-Luc Mélenchon estime que "ce qui est en cause c'est l'incurie des pouvoirs politiques en France et la démission des capitalistes français comme M. Bouygues et autres qui vendent tout sans s'occuper aucunement de leur responsabilités envers la patrie".

"Ceux-là on les retrouvera un jour ou l'autre pour en parler avec eux quand il viendront nous donner la leçon", a-t-il ajouté.

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2 avril 2015 4 02 /04 /avril /2015 07:24

3 décembre 2012

CAPITAL – Les trois maisons londoniennes de Mittal valent trois fois son investissement à Florange

Lakshmi Mittal, patron du groupe sidérurgique mondial ArcelorMittal, en 2010 à Bombay. (AFP PHOTO/ Pal PILLAI)

Il aura fallu plusieurs semaines et une menace de nationalisation temporaire pour que le gouvernement parvienne à un accord avec le géant de l'acier ArcelorMittal – accord en forme de compromis qui permet d'éviter, pour le moment du moins, la destruction d'emplois sur le site sidérurgique de Florange, en Lorraine. Résultat : le groupe a promis d'investir 180 millions d'euros sur les cinq prochaines années "afin de consolider et de renforcer la position de l'aval de Florange en tant que fournisseur d'acier à haute valeur ajoutée".

180 millions d'euros... Une somme qui devient toute relative quand on sait qu'elle représente à peine un tiers du patrimoine immobilier que le patron du groupe, Lakshmi Mittal, s'est récemment constitué à Londres. En effet, selon le Daily Mail, l'homme d'affaires vient d'acheter l'ancienne ambassade des Philippines (70 millions de livres, soit 86 millions d'euros), supposément pour sa fille Vanisha. Peu avant, c'est à son fils Aditya que le généreux père de famille avait offert une demeure de 117 millions de livres (144 millions d'euros). Les deux propriétés se situent avenue Kensington Palace Gardens, surnommée l'allée des milliardaires, non loin du palace paternel. Le logement de Lakshmi Mittal est en effet connu comme la "maison privée la plus chère du monde" et, détaille le Daily Mail, possède bain turc, piscine incrustée de joyaux, marbre issu de la même carrière que celui du Taj Mahal, suites et quartier pour les domestiques... Au total, donc, ces trois demeures valent 542 millions d'euros, soit trois fois les 180 millions de Florange.

La somme investie dans l'aciérie lorraine devient encore plus relative quand on la compare à la fortune personnelle de M. Mittal, qui s'élève, d'après le Daily Mail, à 27,7 milliards de livres (34 milliards d'euros). Lui qui "a grandi en Inde dans une maison modeste sans eau courante ni électricité, où les 20 membres de sa famille partageaient quelques chambres", a décidément été bien nommé – d'après Lakshmi, la déesse hindoue de la richesse – note aussi le quotidien.

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BRUNO FORNACIARI

HPIM3303

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