Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
7 mars 2015 6 07 /03 /mars /2015 09:29

Les retraités dans la rue le 17 mars

l

Le symbole est suffisamment exceptionnel pour être significatif : sept organisations syndicales départementales de retraités (Solidaires, FSU, FO, FGR, CGT, CFTC et CFE CGC) seront ensemble à Tulle, le mardi 17 mars, à 15 heures, pour dénoncer la situation inquiétante de nombreux retraités.
Non, les retraités ne sont pas des nantis qui partent tous en voyages organisés et dont les revenus sont supérieurs à la moyenne... Les représentants syndicaux réunis hier, pour présenter les revendications «presque unitaires» (il manque comme «à l’accoutumé» l’Unsa et la CFDT) veulent démentir les idées reçues (qui arrange bien les gouvernements successifs pour faire passer la pilule).
Les exemples s’accumulent (chez nos proches) : untel obligé de vendre sa maison ne pouvant plus faire face à l’augmentation des dépenses contraintes, comme les augmentations du chauffage, de l’alimentation, et des prélèvements spécifiques (CASA, disparition de la demi part parent isolé, fiscalisation de la majoration pour trois enfants, augmentation de la TVA, modification de l’assiette de la CSG...). «Certains retraités qui ne payaient pas d’impôt sont aujourd’hui imposables et cela entraîne d’autres taxes, foncières, d’habitation... Ne pouvant plus faire face, certains ont recours aux crédits à la consommation. De nombreux dossiers de sur-endettement touchent les retraités».
Depuis 2013, les pensions de retraites n’ont pas été revalorisées. La part qui reste «pour vivre» diminue. «Beaucoup se privent de nouvelles lunettes, de prothèses auditives ou de mutuelle santé. Ils prennent des mutuelles à bas coût qui ne remboursent pas tout : en cas de pépin c’est dramatique».
«On voit aussi des gens qui retirent leurs parents des Epadh, car ils ne peuvent plus payer. La charge repose sur les enfants qui sont aussi parents». Certains se souviennent «il y a quinze ans, on voyait à la télé, aux états-Unis, des retraités devoir travailler pour s’en sortir, aujourd’hui, c’est arrivé en France.»
Ici, le constat est unanime, comme la décision de ce rassemblement, qui se déroulera mardi 17 mars prochain à Tulle. L’unité réjouit les syndicalistes. «Comme les gouvernements ne veulent pas s’attaquer aux riches et à la finance, ils comptent nous dépouiller de ce qui nous reste et pour lequel on s’est battu, en espérant que l’on ne bougera pas, que l’on se laissera faire. C’est là où ils se trompent, nous serons nombreux et unis le 17 mars !»
Les retraités veulent qu’en 2015, «soit porté un coup d’arrêt aux politiques rétrogrades d’austérité. «Les moyens existent de financer nos revendications comme les cotisations impayées par les employeurs (20 milliards d’euros)». Un rendez-vous a été demandé au préfet de Tulle, à 16h30, «on attend sa réponse».
Un co-voiturage au départ de Brive est lancé : rendez-vous à 14h sur le parking du Teinchurier et 14h15 aux Trois Provinces. La manifestation débutera à 15h, à la Cité administrative.

Murielle Babin Dupuy

En chiffres
10% des retraités en-dessous du seuil de pauvreté
7% des retraités de 60 à 69 ans, ont été obligés d’avoir recours à un emploi (ce chiffre à doubler de 2006 à 2012)
En 2015, l’état veut réduire 50 milliards d’e les prestations sociales.

Les revendications
Retour de la revalorisation annuelle et rattrapage des 30 mois, indexation sur l’évolution des salaires, retour à la retraite à 60 ans, rétablissement de la demi part fiscale, exonération fiscale des majorations familiales et mise en place d’une vraie réforme fiscale, amélioration des pensions de réversion, développement du service publique, prise en charge de la perte d’autonomie par la Sécurité sociale, suppression de la CASA, participation au Conseils départementaux de la citoyenneté et de l’autonomie.

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans RETRAITES
commenter cet article
6 mars 2015 5 06 /03 /mars /2015 07:29

Economies à l'hôpital: "saignée" budgétaire "inacceptable" pour le PCF

Publié le 05-03-2015 à 12h26Mis à jour à 19h55

Le PCF dénonce "la saignée budgétaire" "inacceptable" de Manuel Valls pour l'hôpital public (c) Afp

Paris (AFP) - Le Parti communiste français (PCF) a dénoncé jeudi "la saignée" budgétaire "inacceptable" de Manuel Valls pour l'hôpital public après l'annonce du gouvernement d'un plan de trois milliards d'euros d'économies pour les hôpitaux d'ici à 2017.

"Alors que l’hôpital public va mal, que les usagers et les personnels sont confrontés à une dégradation insupportable des soins, que la gestion comptable des dépenses de santé à l’œuvre au cours des dernières années est un véritable recul de société, le docteur Valls met dans la seringue une vingtaine d'emplois en moins par établissement de santé chacune des trois prochaines années", écrit le PCF dans un communiqué.

"Cette véritable saignée est inacceptable. C'est la direction opposée qu'il faut prendre", assure le parti communiste.

"Politiques de restriction des missions et des moyens, mise en compétition des services, des hôpitaux, réduction du nombre de soignants formés sont des mesures que la droite a orchestrées pendant des années et qui, aujourd'hui, se poursuivent", accuse-t-il.

Les communistes proposent "une réponse de gauche" avec "l'arrêt des fermetures d'activités et de services, un moratoire sur la mise en œuvre de la loi HPST (de l'ancienne ministre UMP Roselyne Bachelot, votée en 2009, ndlr), un plan de formation ambitieux de professionnel-le-s médicaux et non médicaux sur la durée, la mise en place d'un système de financement qui mette fin à la T2A (tarification à l'activité, introduite en 2005, ndlr), aux enveloppes fermées".

Ils proposent aussi "la prise en charge de l'investissement immobilier par l'Etat et l'effacement de la dette des hôpitaux publics", "sans oublier l'indispensable démocratisation du fonctionnement des établissements de santé et de l'organisation de la santé avec la suppression des ARS (agences régionales de santé, ndlr)".

La ministre de la Santé Marisol Touraine a affirmé mercredi à l'Assemblée nationale que son plan de trois milliards d'euros d'économies pour les hôpitaux d'ici à 2017 n'avait pas vocation à "baisser les effectifs hospitaliers".

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans SANTE PCF
commenter cet article
5 mars 2015 4 05 /03 /mars /2015 12:48

Le PCF met au défi le ministère de l'Intérieur de publier le listing des candidats avec leur étiquette (Olivier Dartigolles)

Libération fait vraiment trop confiance dans les statistiques très politiques du ministère de l’Intérieur pour les prochaines élections départementales. Une confiance aveugle. Transformé le temps d'un « Désintox » truffé d'erreurs en organe central du ministère de l'Intérieur, Libé écrit « Le Front de gauche et le Parti communiste ne couvrent que 1 196 cantons ; soit 58,2 % du total national ». Vrai/Faux ? Faux : nous sommes présents dans 1 515 cantons de France métropolitaine (soit 75,93% des 1995 cantons de l’hexagone). La liste nominative de nos candidates et candidats peut être consultée sur le site du PCF (http://www.pcf.fr/67567 et en PJ).

Poursuivons. Emporté par son élan et suivant docilement la place Beauvau dans son acrobatique nomenclature « divers gauche », Libé croit tenir un scoop : « Les listes Front de gauche et communistes soutenues par Pierre Laurent seront absentes dans l'Oise, l'Yonne et la Drôme ». Vrai/faux ? Faux : le PCF et le Front de gauche en alliance avec EELV présentent des binômes dans 100% des cantons de l’Oise, dans 80,95% des cantons de l’Yonne et dans 89,47% de ceux de la Drôme.

Si Libération avait vraiment voulu faire un travail « désintox », il aurait du commencer par se poser la question suivante : Pourquoi le ministère a-t-il rendu public la liste des candidats avec leur date de naissance, leur profession mais sans l’étiquette politique individuelle alors que cette information a été donnée par l’ensemble de nos candidates et candidats ?

La vérité est que l’étiquetage des binômes a été fait arbitrairement par le ministère sans l’accord des candidats et sans que les préfectures ne puissent rien y faire. Le problème dépasse très largement le cas des binômes Front de gauche/EELV. Et c’est pourquoi, pour ne pas être pris la main dans le sac, le ministère a publié des listings faisant disparaître l’étiquetage individuel des candidates et candidats.

Le PCF met au défi le ministère de publier le listing des candidats avec leur étiquette. Alors que tout est fait pour occulter les enjeux réels de cette élection, que tout tourne autour du FN (le « désintox » de Libé se conclut par « Le FN peut pavaner »…), il est encore temps de réagir en commençant par donner des informations sur la réalité du paysage politique.

Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF

Olivier Dartigolles

Repost 0
4 mars 2015 3 04 /03 /mars /2015 02:45

Discours d’ A. Tsipras au Comité Central de SYRIZA


Camarades,
Nous sommes au début d’un long et difficile combat,
unis non seulement par le programme sur lequel le peuple grec nous a accordé sa confiance, mais
aussi par les principes, les valeurs fondamentales, les idées et l’histoire de la gauche,
par notre volonté de servir le peuple et le pays,
par nos relations franches et ouvertes avec les travailleurs, avec ceux qui créent et inventent
l’avenir
par notre attachement à la démocratie et à la justice sociale,
par la mobilisation solidaire du peuple autour de revendications mûres, qui donnent son vrai sens
au mot progrès.
Et pour qu’il n’y ait pas de confusion – je tiens à dire clairement que :
Si nous représentons le nouveau, le « sans précédent », l’espoir de changement, cela ne signifie pas
pour autant que nous sommes nés de la dernière pluie.
Nous avons l’ancienneté et l’expérience de notre parti, de ses combats, de sa longue histoire.
Nous avons fait nos preuves dans des périodes difficiles.
Et aujourd’hui, quoi qu’il arrive, nous n’allons pas transiger avec nos principes et nos valeurs,
ni reculer devant les difficultés en trahissant nos engagements.
Tous ceux qui l’espèrent seront déçus.
Et laissez­moi vous rappeler un conseil de nos maîtres à penser l’émancipation sociale :
Notre combat politique a comme point de départ des principes et des valeurs immuables
mais il ne les vide pas de leur contenu par une aveugle obstination.
Nous avons toujours été, et nous le sommes encore davantage aujourd’hui, obligés de servir
ces principes et valeurs, en élaborant une tactique efficace et intelligente, qui tient compte
des rapports de force, des dispositions des travailleurs et du peuple, de notre marge de
manoeuvre à chaque instant et à chaque détour, des impératifs de notre pays.
Ce discernement est la vertu principale dans une situation comme celle d’aujourd’hui, où SYRIZA
est confronté à un défi sans précédent:
Promouvoir le changement social et politique, en assumant des responsabilités gouvernementales
et non pas en force revendicative d’opposition.
Vous savez ce que cela signifie, camarades.
Cela veut dire que chaque décision, chaque évaluation de nos actes, chaque attitude, chaque
position publique a des répercussions non seulement sur l’image actuelle de la gauche et sur son
avenir, non seulement sur l’ensemble des mobilisations progressistes, mais aussi sur le présent et le
futur de notre pays et de notre peuple.
C’est une responsabilité inédite, dans une situation entièrement nouvelle.
Et je suis certain que nous sommes capables d’assumer avec le soutien de notre peuple cette
responsabilité.
Camarades,
Cela fait à peine un mois que le peuple grec a confié à SYRIZA un mandat gouvernemental.
Un mois qui a bousculé les codes et les vieux usages, les tabous politiques et idéologiques.
Et il serait souhaitable de ne pas perdre de vue le tableau d’ensemble:
Notre pays et notre gouvernement se sont trouvés au centre des préoccupations européennes et
mondiales.
La Grèce a cessé depuis les premiers jours du nouveau gouvernement d’être considérée comme un
paria, qui reçoit des ordres et applique des mémorandums.
Le peuple grec a le sentiment qu’il retrouve la dignité qui lui a été contestée et outragée.
L’opposition à l’austérité a été mise au centre de tous les débats.
La crise humanitaire, les personnes qui souffrent, que nous représentons dans les débats, ne sont
plus considérés comme de simples chiffres sans dimension humaine.
Nous avons trouvé des alliés dans notre combat de dénonciation d’une crise auto­alimentée.
Nous avons reconquis le droit fondamental que dispose chaque peuple libre de discuter de son
avenir.
De décider de son avenir.
Nous avons prononcé non pas un, mais plusieurs NON, en quelques jours, malgré les pressions
qui sont devenues quelques fois épouvantables en revêtant le caractère du chantage.
Et après ces épreuves nous en arrivons à une première conclusion politique :
Aujourd’hui l’étendue de la liberté d’action de notre gouvernement et de notre pays s’est élargie.
L’affranchissement des mémorandums et des désastreuses politiques d’austérité ne sont plus
uniquement l’objet d’un désir exalté tel qu’il a été exprimé par le résultat des urnes électorales.
Notre gouvernement en a fait un acte politique, en affirmant sa « légitimité » tant au niveau de
l’opinion publique européenne qu’au niveau des institutions européennes, par sa mise en œuvre en
tant que sujet de négociation et de confrontation politique.
Et les premiers pas ont été franchis dans la voie de l’affranchissement sur laquelle SYRIZA s’est
engagé en assemblant notre peuple.
Ce n’est pas pour nous gratifier des compliments ni pour embellir la dure réalité en falsifiant la
vérité que nous dressons ce constat politique.
Les subterfuges ne trompent pas notre peuple et sont aux antipodes de la culture de notre parti.
En revanche, ce constat contribue à l’éclaircissement de notre conduite actuelle et future, puisque
l’amélioration de notre position et de la situation d’ensemble nous permettra de revendiquer et
d’appliquer l’autre politique que nous souhaitons et nous avons promise.
Est­ce que les circonstances sont difficiles?
Oui, des grandes difficultés se dressent devant nous, car tous les jours nous livrons de nouveaux
combats et les plus grands sont ceux à venir. Mais nous nous préparons en améliorant nos positions
et la situation d’ensemble en vue d’atteindre nos buts.
Il est donc clair qu’aujourd’hui :
La troïka a pris fin.
Et tant pis, si certains voient la troïka à la place de la Commission européenne ou des institutions
européennes et internationales avec lesquelles nous collaborons et nous discutons bien sûr, puisque
nous appartenons à la zone euro.
La troïka en tant que mécanisme de supervision et de domination extra­institutionnel, arbitraire, et
sans légitimité démocratique, est formellement terminée.
Et cette mission a été accomplie par le nouveau gouvernement grec.
Il est également clair que :
Les mémorandums appartiennent au passé. Et ceci est attesté par la lecture de fond et de forme de
l’accord de prêt puisqu’ils ne font pas partie du texte adopté et parce que les mesures absurdes de
l’austérité ne figurent plus dans notre nouvel accord.
Ce nouvel accord obtenu après une série de négociations difficiles démontre non seulement la
persévérance des dogmatiques de l’austérité mais aussi la détermination de notre gouvernement
d’en finir avec leurs dogmes.
Mais je voudrais remarquer que si le comportement des anciens gouvernants qui prétendent que
nous continuons dans leur voie paraît plutôt comique, entendre des discours dénonciateurs qui
déforment la réalité prononcés par des représentants des forces politiques de la gauche emportés
par une naïveté révolutionnaire est en revanche triste et consternant. [….]
Bien sûr, il y a et il doit y avoir des avis et des jugements différents, des discussions, des réserves,
des désaccords.
Bien sûr, il y a et il y aura des attaques de la part de nos adversaires en Europe et en Grèce.
Mais nous avons le devoir envers notre peuple, envers les peuples de l’Europe qui nous regardent
attentivement avec un sentiment d’espérance, envers les mouvements qui luttent pour le
renversement de l’austérité, de dévoiler et de défendre la vérité.
Alors, quelles sont les vérités sur les négociations qui ont conduit à l’accord­pont ?
Première vérité : Nous sommes arrivés dans une zone minée. Des pièges nous ont été tendus par
les forces conservatrices les plus agressives de l’Europe avec la collaboration du gouvernement
Samaras pour provoquer notre naufrage avant même de gouverner.
Leur dessein était l’asphyxie financière et le renversement de notre gouvernement en faisant de la
victoire de Syriza une simple parenthèse antimémorandaire.
Nous nous sommes trouvés coincés par des délais prémédites très courts.
Avec les caisses vides et les banques à court de liquidités.
Avec l’héritage des engagements du gouvernement précédant et les accords passés avec ses
protecteurs.
Avec le couteau de l’asphyxie financière sous la gorge.
Ils avaient tout préparé pour entraîner notre naufrage, et celui du pays aussi.
Mais ils n’avaient pas prévu :
que notre victoire serait très proche de la majorité absolue,
que nous serions capables de former un gouvernement très rapidement sans avoir recours à eux,
que nous aurions un soutien populaire sans précédent après les élections, une mobilisation
populaire pour soutenir notre combat pour la dignité et la souveraineté d’une ampleur jamais vue
depuis la période de la Résistance Nationale.
Ces imprévus ont annulé leurs desseins en nous donnant cette marge de liberté qui nous a permis
d’éviter de tomber dans leur piège.
Deuxième vérité :
Nous avions prévu avant les élections les difficultés, mais l’estimation théorique des obstacles
n’est pas suffisante. Il faut du temps et des moyens de gouvernance pour y faire face.
Et nous, nous avons dû réagir avant même l’ouverture du nouveau Parlement : Nous n’avions donc
aucune autre arme que notre détermination à obéir à la volonté du peuple telle qu’elle a été
exprimée dans les urnes.
Troisième vérité :
Nous avions compris à juste titre que la crainte d’une déstabilisation générale causée par
l’éventualité d’un échec l’emporterait sur les projets orchestrés par les forces conservatrices en
Europe.
Cette inquiétude a conduit les grands pays comme la France, les États­Unis, la Chine, et d’autres,
dans une position plus positive et responsable par rapport à l’axe de l’austérité européenne en nous
permettant de promouvoir nos arguments.
Cependant, nous avons dû faire face à un axe de forces politiques animé principalement par les
Espagnols et les Portugais, qui pour des raisons politiques évidentes ont tenté de mener les
négociations à l’échec, en prenant le risque de créer un incident au niveau international, afin
d’éviter des perturbations politiques à l’intérieur de leurs pays.
Que pouvons­nous donc conclure de ces vérités?
Il y a eu un projet qui a été fait avec la collaboration du premier ministre grec sortant qui n’a pas
hésité au moment où la Grèce entamait des négociations cruciales de signer des résolutions dans le
cadre du Parti Populaire Européen à l’encontre de son propre pays.
Ce projet visait et vise toujours à conduire le gouvernement à l’impuissance ou à la capitulation
avant que celui­ci fasse la preuve de ses capacités, avant que le paradigme grec ait des
répercussions sur le rapport de forces politiques dans d’autres pays, et surtout avant les élections en
Espagne. C’est à dire : créer des pressions qui nous conduisent à des concessions inacceptables
sous la menace de l’asphyxie financière. Provoquer la déception afin de nous priver du soutien
populaire. Utiliser l’asphyxie financière pour susciter le mécontentement populaire.
Leur objectif était de nous obliger à participer à une formation gouvernementale d’une moralité et
d’une légitimité politique douteuse à l’instar du gouvernement Papadimos.
Ou alors de nous renverser en mettant une fin à nos revendications politiques qui leur font tant
peur.
Laissez­moi, là encore, ajouter un commentaire: Ces projets qui visaient à conduire non seulement
SYRIZA mais aussi la Grèce « sur le lit de Procuste » étaient fondés sur la surestimation aveugle
de leur force, sur l’incompréhension des données concrètes concernant la Grèce et la force de sa
gauche, sur la sous­estimation de notre détermination et de notre résilience.
Habitués à des échanges avec des représentants serviles de l’establishment mémorandaire, ils ont
été surpris par notre NON prononcé à la première réunion de l’Eurogroupe. Et fort irrités par notre
deuxième NON à la réunion suivante, ils ont lancé un ultimatum. Mais notre refus de céder au
chantage de l’ultimatum a mobilisé d’autres forces politiques européennes qui sont intervenues en
défendant la voie de la raison.
Notre peuple aussi est intervenu efficacement en manifestant et en se mobilisant. Une vague de
soutien international a été suscitée d’une ampleur jamais vue depuis l’époque de la dictature.
Et c’est ainsi que nous sommes arrivés à un compromis qui nous a permis de retrouver notre
souffle et d’éviter les pires scénarios qui auraient des conséquences désastreuses aussi bien pour la
Grèce que pour l’Europe.
[….]
Camarades,
permettez moi de vous rappeler les objectifs principaux de cette négociation :
La dissociation de l’accord de prêt des mémorandums.
Un accord­pont intermédiaire qui nous offre le temps et l’espace nécessaires pour mener la
négociation principale qui porte sur la dette publique et appliquer une politique de croissance en
dehors du marécage de l’austérité.
Mais ce n’est pas seulement le piège tendu que nous avons réussi à éviter. Nous avons obtenu la
fin formelle et matérielle du mémorandum.
Les exigences [de la troïka] dictées par courrier électronique à [l’ ancien ministre des finances]
Hardouvelis ont disparues de la table des négociations. – Et vous vous rappelez du caractère et la
dureté de ces mesures!
Nous avons obtenu la fin de la troïka.
A partir de maintenant, nous ne traiterons plus nos affaires avec des employés, mais avec la
Commission et les institutions qui par leur caractère proprement politique sont obligées dans le
cadre de leurs fonctions et de leurs entretiens d’adopter des critères qui ne sont pas exclusivement
technocratiques mais aussi politiques.
Nous avons obtenu la fin des excédents irréalistes et inatteignables qui sont le synonyme et la base
de l’austérité et nous avons pu protéger les banques.
Ainsi, les banques sont restées ouvertes et la sécurité du système financier dans son ensemble a été
préservée.
Camarades,
Nous n’avons pas d’illusions. D’ailleurs, nous n’avons le droit d’en avoir.
«Nul répit, pas d’interruption, pas de trêve».
Nous n’en sommes qu’au commencement.
Nous avons franchi le premier pas, mais plein d’autres questions nous attendent:
Augmenter les revenus des fonds publics.
Remettre debout une société ravagée par cinq années de sévices.
Surmonter les pressions et les chantages qui seront encore exercés sur notre gouvernement.
Nous sommes conscients de nos responsabilités et notre combat sera long et constant.
Mais je suis optimiste et je crois que nous pouvons surmonter tous les obstacles en profitant du
« souffle » que nous avons obtenu pour matérialiser rapidement nos engagements prioritaires.
En coordonnant toutes nos forces, avec le soutien du peuple, avec l’énergie de notre volonté et de
notre travail assidu, nous pourrons transformer l’accord de prêt en tête de pont vers le grand
changement.
Vous savez que nombreux sont ceux qui ont misé sur un troisième mémorandum avant fin Juin.
Ils seront démentis une fois de plus.
Les mémorandums sous n’importe quelle forme possible ont pris fin le 25 Janvier.
Ce que nous cherchons – et ce à quoi nous nous préparons en employant toutes nos capacités –
est d’arriver avec nos partenaires à un accord mutuellement acceptable qui permet de dégager
définitivement notre pays d’une tutelle aussi étouffante qu’humiliante.
Un accord qui rendra socialement durables nos engagements financiers en nous permettant de
renouer avec la croissance, la normalité et la cohésion sociale.
Nous entrons maintenant à une période de travail constructif.
Hier, j’ai annoncé au Conseil des ministres le dépôt des premiers projets de loi pour inverser la
situation actuelle.
Le premier projet concerne les mesures qui seront prises pour remédier à la crise humanitaire.
Le deuxième concerne le règlement des dettes échues envers l’État et les fonds publics.
Le troisième concerne la protection de la résidence principale et sera déposé dès la semaine
prochaine, afin de mettre un terme à l’angoisse de centaines de milliers de nos concitoyens, des
travailleurs et des retraités qui risquent de perdre leur maison.
La semaine prochaine également, le jeudi 5 Mars, nous déposerons le projet de loi pour la
réouverture de ERT [radio télévision publique].
En même temps, nous déposerons une proposition concernant la création d’une commission
d’enquête, afin d’examiner les raisons et les circonstances exactes qui ont conduit notre peuple dans
cette mésaventure.
Voilà les premières interventions parlementaires et législatives de notre gouvernement de salut
social.
Et nos réformes législatives vont se poursuivre jusqu’à l’éradication complète des problèmes de
l’opacité de la vie publique, de la corruption et des conflits d’intérêts.
Toutefois, l’œuvre gouvernementale ne peut pas se limiter à l’œuvre législative.
Dès la semaine prochaine nous commençons un marathon de réformes afin de rationaliser
l’administration publique et faciliter la vie des citoyens.
Ces premières mesures illustrent déjà les principes de l’orientation générale de nos réformes.
Mais je voudrais aussi parler d’une autre mesure phare qui manifeste de façon exemplaire le
passage à la période postmémorandaire : Nous avons décidé de révoquer le permis de recherches et
d’exploitation de l’usine de Skouries afin de défendre, de la manière la plus efficace possible, deux
grandes priorités de notre gouvernement: l’environnement et l’intérêt public.
Et notre réponse aux réactions suscitées par notre décision est simple et sans équivoque:
Si le peuple nous a accordé sa confiance, c’est parce que pour nous, les employés, le
développement productif progressif, l’environnement et l’intérêt public, sont au­dessus des intérêts
commerciaux, aussi grands qu’ils soient et aussi importants qu’ils soient leurs réseaux d’influence.
Camarades
Face au changement de circonstances
que faire?
Notre œuvre gouvernementale sera déterminante pour l’avenir de notre pays.
Mais le rôle de notre parti est aussi essentiel.[….] Nous avons besoin d’un parti qui surveille et
critique notre action tout en faisant preuve de responsabilité, d’un esprit méthodique qui juge en
tenant compte de tous les paramètres. […]
Esprit d’équipe, bon sens, adaptabilité, engagement, résistance, pensée critique sont les qualités
qui vont nous permettre de marquer l’idée du progrès dans la conscience collective, dans l’histoire
de notre société et de notre pays.
Et cela mérite des efforts et des sacrifices !

source syriza.gr

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans grece EUROPE
commenter cet article
3 mars 2015 2 03 /03 /mars /2015 23:57

Déclaration du Front de gauche sur les élections départementales

Les élections départementales de mars 2015 seront un test politique important.

Elles interviendront dans un contexte d'aggravation de la politique libérale conduite par le président de la République et son gouvernement, une politique au service du MEDEF dont le cours autoritaire face aux luttes populaires renforce le discrédit sans précédent de l’exécutif.

La crise politique s’aggrave de jour en jour, la base sociale du président et de son premier ministre ne cesse de se réduire. Ce pouvoir est aujourd'hui minoritaire dans le cœur de celles et ceux qui restent attachés aux valeurs de la gauche. Minoritaire dans le peuple, sans majorité absolue à l’Assemblée Nationale, battu au Sénat, l’exécutif n’a pas la légitimité pour appliquer une politique, contraire à ses engagements électoraux, qui divise et décourage le monde du travail, les classes populaires et la jeunesse. .

Cette crise politique est désormais une crise de régime, celle de cette monarchie présidentielle qu’est la 5ème République.

Pour les populations déjà durement éprouvées, les conséquences sont très lourdes. Les départements sont en effet un maillon essentiel des politiques publiques dans notre pays. Avec 72 milliards d'euros de dépenses chaque année, ils gèrent notamment toutes les politiques sociales : assistantes sociales, versement des allocations de solidarité (RSA, APA, PCH, ...), placement et suivi des mineurs étrangers, politiques en direction de l'enfance en danger, PMI, etc ...
Cette situation est d’autant plus dangereuse qu’elle ouvre la voie au retour d'une droite confortée dans ses choix réactionnaires ; elle permet au Front national en masquant ses véritables objectifs, de se présenter comme une alternative.

Le Front de gauche s'oppose à la fois à la politique d’austérité menée par le gouvernement et à l’offensive de la droite et de l'extrême droite.

En dépit de multiples protestations, l'existence même des départements est menacée. Manuel Valls passe en force.

Pourtant le nouveau découpage des cantons est l'objet de nombreux recours auprès de la justice, le sort réservé aux départements en liaison avec la mise en place des métropoles n'est pas connu et les compétences des conseillers départementaux n'ont pas encore été clarifiées.

La réforme territoriale mise en place cherche uniquement à répondre aux impératifs sans fin de compétitivité des grandes entreprises, par la mise en concurrence des territoires, l'éloignement des citoyennes et des citoyens de leurs élu-e-s, la mise en cause des services publics pour préparer leur externalisation et le transfert de tout ce qui est rentable pour satisfaire aux exigences financières des groupes privés. Elle rompt avec les principes républicains d'égalité et de solidarité territoriale. Le soi-disant « choc de simplification » est une recentralisation qui se fait au détriment du bien commun que constitue la démocratie locale. Il s’agit en réalité d’un processus « dé-constituant » qui mine toujours plus la souveraineté populaire.

Cette réforme s'inscrit dans le cadre des politiques d'austérité qui cherchent à soumettre toute l’Union européenne aux exigences des marchés. Les collectivités territoriales sont sommées de réduire leurs dépenses et leurs effectifs, condamnées à voir leurs dotations drastiquement réduites alors qu'elles assurent 70% de l'investissement public et jouent un rôle indispensable en période de crise pour les populations.
Déjà des coupes budgétaires touchent de nombreux secteurs. Le financement des associations, les politiques culturelles et sportives sont remises en cause.
En supprimant « l’entrave à la concurrence » que constitue la clause de compétence générale des collectivités, le gouvernement est cohérent : il s’inscrit dans le cadre de la négociation du Grand Marché Transatlantique (TAFTA).

Il faut ouvrir une autre voie.
Le FdG veut être un outil au service de cet objecti
f.

Le Front de gauche appelle à susciter la plus large implication citoyenne possible, bien au delà des partis politiques, de celles et ceux qui opposent la nécessité de politiques alternatives aux choix de ce gouvernement, qu’il s’agisse de syndicalistes, de personnalités de la vie associative ou de simples citoyen-ne-s engagé-e-s.

Mobilisons-nous pour sauvegarder et promouvoir les politiques publiques de solidarité que nos élu-e-s se sont efforcé-e-s de mettre en œuvre dans de très nombreux territoires, pour faire échec aux politiques d'austérité et à la réforme territoriale.

Mobilisons-nous pour développer une démocratie de proximité, ajustée aux besoins et à l'expérience des citoyens.

Nous les appelons à ne pas traduire leur déception par l’abstention, à contribuer par leur vote à faire émerger une alternative de transformation sociale et écologique dans tout le pays, à faire élire de nombreuses élues et élus qui défendront ces orientations dans les collectivités locales en empêchant la droite et l’extrême-droite de gagner la très grande majorité des départements.

Au plan national nous entendons prendre appui sur ces élections pour mettre en mouvement une force capable de construire l'alternative nécessaire à gauche, en nous appuyant sur les luttes et les résistances qui s'opposent à la politique suivie et que nous entendons contribuer à développer.

Rien n’est possible sans la mise en mouvement du peuple, sans la mise en mouvement des citoyennes et des citoyens qui aspirent à un renouveau de la politique.

C’est sur ces bases que le FdG entend impulser des candidatures citoyennes dans tout le pays.

Nous n’entendons pas le faire seuls.

C’est pourquoi nous, l’ensemble des composantes du FdG, nous nous adressons à tous nos partenaires potentiels de la gauche et de l’écologie qui refusent la politique du gouvernement. Nous voulons construire ces candidatures avec celles et ceux dont l’engagement associatif ou syndical témoigne de la volonté d’imposer une autre politique.

Ensemble nous pouvons résister à l'austérité, promouvoir la démocratie locale et l'intervention citoyenne, contre la réforme territoriale. Nous voulons gagner des élus prêts à agir sur ces bases pour construire de nouvelles majorités anti-austérité dans les Conseils Départementaux.

Le FdG invite toutes celles et ceux qui se reconnaissent dans cette démarche à construire des candidatures de large rassemblement en s’appuyant sur des assemblées citoyennes, au niveau des cantons, pour discuter et décider dans la concertation du contenu des propositions et des candidatures. Cette démarche contribuera à impulser une dynamique populaire indispensable pour gagner.

Le FdG propose que l'ensemble de ces candidatures soit identifié nationalement par une appellation et des propositions inscrites dans un document qui fasse référence. Dans chaque département ces candidatures se présenteront comme une alternative à celles des forces qui soutiennent la politique gouvernementale.

Le FdG entend contribuer à cette construction commune en proposant des actions et des mesures permettant de répondre aux urgences sociales et écologiques actuelles.

-Agir contre les politiques d'austérité dans les départements, contre la réduction des dotations aux collectivités locales imposées par le gouvernement, contre les diktats de l'Europe.

-Dans l’esprit de la VIème République à laquelle nous aspirons, combattre la réforme territoriale et donner plus de pouvoirs aux citoyens par une démocratie participative de proximité. Construire une véritable coopération de projets entre les territoires, basée sur la solidarité et non sur la concurrence.
Nos élu-e-s respecteront des principes susceptibles de rétablir la confiance en la politique par de bonnes pratiques de gestion, la transparence des décisions, la participation citoyenne, les compte rendus de mandat, l'exigence de probité, la lutte contre le trafic d'influence, et tendre vers le non cumul des mandats.

-Soutenir les mobilisations contre l’austérité, ainsi que celles qui promeuvent un nouveau type de progrès humain durable, non productiviste, respectueux de la planète, tourné vers la satisfaction des besoins sociaux, l'égalité hommes-femmes.

-Affirmer notre solidarité avec les mouvements sociaux contre la répression patronale ou gouvernementale et la criminalisation de ces mouvements.

Définir les grands axes d’une politique alternative à l’échelle des territoires :

- Réforme globale de la fiscalité locale permettant plus de justice et mettant à contribution les actifs financiers des grandes entreprises.

- Construction entre les départements, les communes et l’État, de politiques publiques de solidarité et notamment d'un véritable service public d'aide à la personne dans lequel l'Etat assurerait la responsabilité du financement des allocations sociales en se basant sur la solidarité nationale.

- Mesures d’urgences pour les collectivités qui sont asphyxiées financièrement, en leur permettant l'accès à des crédits à taux bas, comparables à ceux que la BCE distribue aux banques (0,05%) et en refusant le paiement des emprunts toxiques.

-Engager une transition écologique dans chaque département en matière de transports publics, de soutien à l'agriculture paysanne, de protection de la biodiversité, de gestion naturelle des massifs forestiers, de désobéissance aux règles européennes de libre échange et de privatisation des sous-sols (GMT-TAFTA)...

-Nous refusons les projets qui ne répondent pas à l’intérêt général et sont écologiquement nuisibles et exigeons le recours au référendum quand un projet local est contesté.

Le 17 décembre 2014

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans ELECTIONS front de gauche
commenter cet article
3 mars 2015 2 03 /03 /mars /2015 19:49

Les 25 réformes structurelles que le gouvernement grec a promis à Bruxelles

Les 25 réformes structurelles que le gouvernement grec promet à Bruxelles

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

Plus dure sera la chute. La colère grande à SYRIZA, où certains dénoncent une trahison, une capitulation face à la Troïka. Qu'en est-il ? Le projet de réformes structurelles envoyé par le Ministre de l'Economie grec donne une réponse : les Grecs vont encore souffrir

Répondre à d'immenses aspirations populaires, satisfaire de maigres promesses sociales se chiffrant néanmoins en milliards, le tout sans toucher aux privilèges des armateurs, du clergé, de l'armée, en respectant les engagements européens et en payant toute la dette. Comment faire ?

La réponse : en s'engageant non seulement à continuer les plans d'austérité précédents mais à aller plus loin dans les « réformes structurelles » exigées par l'UE.

Un petit jeu pour mesurer, en quelques jours, l'ampleur des reculs. Le 11 janvier, le ministre de l'Economie Varoufakis déclare devant l'Eurogroupe : « le peuple grec nous a donné un mandat fort pour mettre un terme au cycle de l'austérité qui a causé d'immenses dégâts sociaux et économiques.

Le nouveau gouvernement s'est engagé à ramener l'espoir, la dignité et la fierté aux citoyens grecs et à mettre en place un programme général pour traiter les racines de la piètre performance socio-économique de la Grèce ».

Le 16 janvier, les mandataires ne sont plus les mêmes : « la tâche du gouvernement est de mettre en place les réforme profondes dont la Grèce a besoin pour stopper les forces combinées de la déflation et de la spirale négative de la dette, de retrouver une croissance portée par l'investissement et de maximiser la valeur actuelle nette des remboursements de la dette à nos créanciers ».

Dès le 11 janvier, Varoufakis mettait les choses au clair : « son gouvernement a été élu pour stabiliser, réformer, ramener la croissance en Grèce », réaffirmait ses engagements : « garder des finances publiques saines », « réaliser des réformes structurelles », « favoriser l'investissement ».

Il allait plus loin : « notre gouvernement sera le plus réformateur de l'histoire grecque moderne, parmi les plus enthousiastes réformateurs d'Europe ». De l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace.

Dans ce document, point par point, Varoufakis rassurait les dirigeants européens : les privatisations ? « Notre gouvernement est tout sauf dogmatique, nous allons évaluer chaque projet au cas par cas. Tout ce qui a été dit dans les médias sur la privatisation du port du Pirée est très loin de la réalité. En fait, c'est tout le contraire, l'investissement étranger sera favorisé ».

Le salaire minimum ? « Ce sera progressif après septembre, avec consultation du patronat et des syndicats … pour ne pas pénaliser la compétitivité en échange le gouvernement s'engage à des réformes, ainsi dans la sécurité sociale avec la réduction des cotisations salariales ».

La ré-embauche de fonctionnaires ? « Elle sera limitée à 2 013 cas .. et se paiera par des économies dans d'autres postes de dépenses publiques ».

On pourrait continuer. Le 16 février, Varoufakis affirme à la Troika ses trois engagements : « (1) réaffirmation de notre engagement à respecter les termes de notre accord de prêt avec tous les créanciers ; (2) aucune action qui ne menace de grever le budget actuel, ou a des implications sur la stabilité financière ; (3) aucune action visant à diminuer la valeur des prêts contractés ».

L'accord conclu avec l'Europe pour étendre les prêts européens sur 6 mois prévoyait en contre-partie l'adoption de « réformes structurelles » à proposer du côté du gouvernement grec. Poursuite des plans d'austérité de la Troïka, sous un autre nom, en somme.

A quoi ressemblent alors les « réformes structurelles » proposées par le gouvernement grec ? 7 pages très denses, 66 points dans 14 domaines. Quand le gouvernement Tsipras annonce qu'il sera « le plus réformateur de l'histoire grecque », cela se vérifie.

La plupart des engagements restent encore très vagues dans la « réforme fiscale structurelle », la « stabilité financière », « les politiques de croissance », et la « réponse à la crise humanitaire ».

Cela ne dit pas tout mais les réformes fiscales et les politiques de croissance occupent 2 pages, celles sur la stabilité financière 1 page … la réponse à la crise humanitaire, quelques lignes !

Sur quels engagements concrets le gouvernement grec va partir pour les prochains mois ? Le gouvernement multiplie les déclarations – y compris dans son plan – sur la lutte contre la corruption, l'évasion fiscale, les trafics, cela reste hypothétique.

Sur le concret, on peut résumer en 25 points :

1 – AUGMENTATION CIBLEE de la TVA ? : La « rationalisation de la TVA » dit Varoufakis, avec refonte des taux de façon « à maximiser les revenus sans pénaliser la justice sociale ». Le gouvernement souhaite « limiter les exemptions » (pas les supprimer) et « éliminer les décomptes non-raisonnables » (quels sont ceux raisonnables?) ;

2 – SPENDING REVIEW dans le PUBLIC : « Révision et contrôle des dépenses publiques » (spending review) : dans l'éducation, la santé, le transport, l'administration locale, les aides sociales. Le « spending review » a été l'instrument utilisé par le gouvernement social-libéral italien actuel pour imposer une « austérité juste » (sic).

3 – AMELIORER l'EFFICACITE des ADMINISTRATIONS : « Améliorer drastiquement l'efficacité des administrations locale et centrale en ciblant les promesses budgétaires, par des restructurations de la gestion et la ré-allocation des ressources mal distribuées ». Réforme de l’État, économies budgétaires, restructurations rationnelles, on connaît..

4 – COUPER DANS les DEPENSES PUBLIQUES : « Identifier des mesures par une spending review dans chaque ministère et la rationalisation des dépenses non salariales ». Soit couper désormais dans les dépenses publiques, des ministères, sans toucher directement les salaires

5 – LIMITER les DEPENSES de SANTE : « Contrôler les dépenses de santé tout en améliorant la livraison, la qualité des services médicaux, et en garantissant un accès universel ». Pour réaliser cette mission impossible, faire plus en dépensant moins, le gouvernement sera « aidé par l'OCDE », connu pour pester contre les systèmes de santé publics trop coûteux …

6 – LUTTER contre les RETRAITES ANTICIPEES : Travailler à « l'unification du système de retraites, en éliminant les failles dans le système, les incitations qui conduisent à une augmentation excessive des retraites anticipées, en particulier dans les banques et le secteur public ». En pointant les abus réels, au nom de l' « égalité » et de la lutte contre les privilèges cela signifie faire accepter un recul de l'âge de départ à la retraite.

7 – REALISER DES ECONOMIES sur les CAISSES de RETRAITE : « Consolider les caisses de retraite de façon à réaliser des économies ». Comment, sans toucher aux pensions, ni aux personnels des caisses ?

8 – Un REVENU (très) MINIMIMUM GARANTI … contre les RETRAITES avant 65 ANS : « aider les employés entre 50 et 65 ans y compris par un revenu minimum garanti, afin de lever les incitations à prendre des retraites anticipées ». Autrement dit, plutôt un revenu minimum pour tous à 500 € qu'une retraite à 1 000 € !

9 – HAUSSE DE LA PRODUCTIVITÉ dans le PUBLIC sans HAUSSE SALARIALE : « Réformer la grille des salaires dans le secteur public, avec pour but de 'décomprimer la distribution des salaires' via des gains de productivité et des politiques de recrutement appropriés sans réduire les paliers salariaux actuels, mais en s'assurant que la facture des salaires dans le secteur public n'augmente pas ». Cela signifie, travailler plus (intensément), embaucher guère plus (voire moins), sans gagner plus !

10 – REDUIRE les AVANTAGE SOCIAUX Dans le PUBLIC : « Rationaliser les avantages non-salariaux, pour réduire la dépense globale dans le secteur public, sans mettre en péril le fonctionnement du secteur public, en accord avec les pratiques de l'UE ». Réduire les dépenses dans les services publics, comment, sans dégrader le service ?

11 – MAXIMISER la MOBILITE dans le SECTEUR PUBLIC : Promouvoir des mesures comme « l'amélioration des mécanismes de recrutement, encourager les nominations managériales au mérite, processus juste pour maximiser la mobilité des ressources humaines et autres dans le secteur public ».

12 – S'ENGAGER auprès des BANQUES BIEN GEREES : La Grèce est engagée « auprès des banques qui sont gérées sur des principes commerciaux/bancaires sains »

13 – ASSURER la STABILITE du SECTEUR BANCAIRE avec la BCE : « Utiliser le Fonds de stabilité financière héllénique et s'assurer, en collaboration avec la BCE, la Commission européenne et le SSM, pour s'assurer qu'il joue son rôle consistant à assurer la stabilité du secteur bancaire et ses prêts aux banques commerciales, tout en respectant les règles européennes de concurrence ».

14 – RESPECT des PRIVATISATIONS déjà réalisées : S'engager à « ne pas revenir sur les privatisations déjà actées. Là où le processus de contrat a été lancé, le gouvernement respectera le processus, conformément à la loi »

15 – MISSIONS de SERVICE PUBLIC dans les FIRMES PRIVATISEES : Préserver la « fourniture de biens publics fondamentaux par les firmes/industries privatisées » en conformité avec la « législation européenne » ;

16 – ENCORE PLUS DE PRIVATISATIONS : « Analyser les privatisations qui n'ont pas encore été lancées, avec en vue d'améliorer ses termes afin de maximiser les revenus à en tirer par l’État, améliorer la concurrence dans les économies locales, promouvoir la reprise économique nationale et stimuler les perspectives de croissance ;

17 – PLUS de PARTENARIATS PUBLIC-PRIVE : Adopter une approche « au cas par cas, avec l'accent mis sur les concessions sur le long terme, les partenariats public-privé et les contrats qui maximisent non seulement les revenus gouvernementaux mais aussi les perspectives d'investissement privé ».

18 – De l'EMPLOI TEMPORAIRE bon marché sur le dos des CHOMEURS : « Etendre et développer le schéma actuel qui accorde des emplois temporaires aux chômeurs »

19 – HAUSSE graduelle du SMIC … contre FLEXIBILITE : Lancer une « nouvelle approche intelligente des négociations salariales collectives qui balance besoins de flexibilité et justice. Cela inclut l'ambition d'augmenter les salaires minimum tout en préservant la compétitivité et les perspectives d'emploi .. l'ampleur et le timing des changements sur le salaire minimum sera fait en consultation avec les partenaires sociaux et les institutions européennes et internationales »

20 – DEVELOPPER la CONCURRENCE LIBRE et non-FAUSSEE : Supprimer les « barrières à la concurrence »,

21 – LUTTER contre la BUREAUCRATIE : Introduire des actions pour « réduire le fardeau administratif de la bureaucratie », dont « une législation qui interdit les administrations publiques de demander des documents que l'Etat possède déjà ».

22 – DEMANTELER les PROFESSIONS REGLEMENTEES : « Poursuivre les efforts pour lever les restrictions disproportionnées et injustifiées dans les professions réglementées, dans le cadre de la stratégie générale pour frapper les intérêts corporatistes » ;

23 – LIBERALISER le MARCHE de l'ENERGIE, respect des DIRECTIVES de l'UE : « Aligner la législation du marché du gaz et de l'électricité avec les bonnes pratiques et la législation de l'UE ».

24 – DEVELOPPER les BONS ALIMENTAIRES : Répondre aux besoins … « nés de la montée de la pauvreté absolue par des mesures non-pécuniaires fortement ciblées (ex : bons alimentaires) »

25 – UN REVENU MINIMUM GARANTI pour TOUS … sans DEPENSES SUPPLEMENTAIRES : Évaluer « le schéma de Revenu minimum garanti en vue de l'étendre nationalement », ce qui doit se faire « sans aucun impact fiscal négatif »

Les dirigeants européens n'ont pas sauté au plafond, ils ont considéré le document comme « un bon point de départ ». Un bon point de départ pour continuer à faire payer plus le peuple grec jusqu'à l'agonie, les faire payer une dette indue pour soutenir l'Euro de la misère.

Combien de temps va encore durer l'agonie du peuple grec, sa duperie fondamentale ? Combien de temps avant de poser la seule et vraie question : remettre en cause l'euro et l'UE, refuser de payer la dette, faire payer les riches en Grèce comme ailleurs.

Repost 0

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans INTERNATIONAL grece PCF
commenter cet article
3 mars 2015 2 03 /03 /mars /2015 14:24
Repost 0
3 mars 2015 2 03 /03 /mars /2015 08:01
Repost 0
3 mars 2015 2 03 /03 /mars /2015 06:21

La mairie de Paris inaugure des logements sociaux dans le 16e

BFMTV Jé. M. Publié le 02/03/2015 à 22h18 Mis à jour le 03/03/2015 à 00h21

  • Cinq projets de logements sociaux, tous réalisés selon des moyens différents, vont être inaugurés ou connaître la pose de leur première pierre, ce mardi. Un fait rare, dans le très chic 16e arrondissement de la capitale. Explications.

Il est encore possible de faire du logement social dans la capitale. Et plus particulièrement, dans le 16e arrondissement de Paris. Tel est le message que veut faire passer la mairie de Paris, ce mardi matin. En effet, cinq projets censés développer le logement dit "accessible" vont être inaugurés ou connaître la pose de leur première pierre. Une tournée des sites en question, orchestrée par Ian Brossat, adjoint communiste d'Anne Hidalgo chargé du logement et de l'hébergement, va se dérouler à cette occasion. Une visite à laquelle Claude Goasguen, maire UMP du 16e, assistera également.

Pour l'équipe dirigeante, ces nouveaux projets ont eu une haute portée symbolique, dans un arrondissement plus célèbre pour ses loyers élevés et sa richesse, que pour son offre en matière de logement pour les moins privilégiés...

Cinq façons différentes pour renforcer une offre

Et pour cause: le 16e est, rappelle la mairie de Paris, à la fois l'arrondissement le plus vaste de la ville mais aussi le moins dense. Quant aux logements, seuls 4% sont sociaux. Loin, très loin, du seuil limite des 20% imposé par la loi SRU datant de 2000.

Promesse de campagne, la création de nouveaux logements a toujours été présentée comme prioritaire pour la nouvelle mandature socialiste, à la tête de Paris depuis bientôt un an. Durant sa campagne, Anne Hidalgo avait même fait de l'implantation de logements sociaux dans l'Ouest-parisien un objectif. De la rue de la pompe à la rue Chardon-Lagache, en passant par la place Possoz, c'est désormais chose faite: tout du moins pour 120 familles qui pourront, à terme, bénéficier de ces nouvelles habitations. Une goutte d'eau, face aux 4.546 demandes de logement social réalisés en 2014, juste pour le 16e arrondissement.

Un HLM au-dessus d'un garage Porsche

"Cette inauguration démontre que faire du logement social dans le 16e, c'est possible avec de la volonté politique, un peu d'imagination, et surtout en faisant feu de tout bois", s'est félicité à ce titre Ian Brossat, auprès de 20minutes. Plus que le lieu, c'est aussi les moyens qui vont être mis en avant ce mardi. Sur les cinq sites qui seront présentés ce mardi, aucun n'a été réalisé de la même façon, allant de construction à la préemption, jusqu'à l'acquisition réhabilitation. "Il est possible de faire du logement social de différentes manières", a à ce titre justifié Ian Brossat.

De quoi bientôt offrir de scènes plutôt étonnantes: l'un des cinq projets ici en question, rue Legros, se trouve juste au-dessus... d'un concessionnaire Porsche.

Écrit par Jé. M.

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans ACTUALITES
commenter cet article
3 mars 2015 2 03 /03 /mars /2015 05:49

Lors des débats sur le projet de loi sur la transition énergétique, malgré l’intervention des sénateurs communistes, un amendement de Christian Cambon, sénateur UMP du Val de Marne, a été adopté par le Sénat de droite avec le soutien du gouvernement et de la Ministre Madame Ségolène Royal pour revenir sur l’interdiction des coupures d’eau votée en 2013.

Cet amendement est fondé, sans aucun chiffre fiable et avéré, sur une défiance qui n’a pas lieu d’être et qui marque un mépris profond de nos concitoyens. Cette avancée, issue des débats parlementaires lors de la discussion de la proposition de loi Brottes, a été qualifiée d’erreur par la majorité sénatoriale, erreur qui pourrait éventuellement provoquer des comportements frauduleux.

Avec les sénateurs du Groupe Communiste Républicain et Citoyen, nous préférons, pour notre part, faire confiance à nos concitoyens et rappeler sans cesse que l’eau tout comme l’électricité est un bien essentiel. Nous ne comprenons pas l’acharnement à vouloir revenir sur une disposition de bon sens sachant qu’il est possible de réduire le débit d’eau en cas d’impayés et que par conséquent rares seront les ménages fraudeurs.

Nous porterons en Commission mixte paritaire un amendement afin de rétablir dans la loi l’interdiction des coupures et nous continuerons à porter ce principe chaque fois que cela sera nécessaire.

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans ACTUALITES SANTE
commenter cet article

BRUNO FORNACIARI

HPIM3303

Recherche

Texte Libre