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14 mars 2015 6 14 /03 /mars /2015 21:59

Avant, avec, après Ferrat : Antraigues, comment peut-on t’imaginer...

Spécial Jean Ferrat

LAURENCE MAURIAUCOURT

VENDREDI, 13 MARS, 2015

L'HUMANITÉ

Photo : Alain Marouani

L’Humanité a posé ses valises en Ardèche, à la rencontre des villageoises et villageois d’Antraigues-sur-Volane, terre de toutes les cultures

Antraigues-sur-Volane (Ardèche), envoyée spéciale. «Ah, merde ! » C’est l’expression impressionnée qu’a eue Pascal, il y a deux ans, en arrivant au pied du village par la route de Vals-les-Bains. Avec son compagnon, Gaël, ils ont fui Paris pour reprendre une des deux épiceries du village. De Ferrat, à part la Montagne, Pascal ne sait pas grand-chose, si ce n’est que c’est un « grand monsieur ». Lui, son truc, c’est Mylène Farmer, dont le poster trône au milieu de produits du quotidien et de spécialités du pays. Un pays encore sous le choc des foules qui y ont déferlé après le décès du compositeur-auteur-interprète populaire, le 13 mars 2010. Une terre de cultures qui a eu une vie avant et après Jean Ferrat, et qui recommence doucement à imaginer l’avenir. Cultures au pluriel, oui. Sur un banc, au soleil, Paul Mazade se plaît à raconter la culture ouvrière des usines de fil de soie. La sienne. Cette industrie, en complément des revenus agricoles, maintenait au village et aux alentours des milliers de familles. Les usines ont fermé. Les pommes et les pêches se sont mises à pousser partout en France et à venir d’ailleurs. Les jeunes sont partis vivre en ville. Restent les châtaigniers, qui donnent de délicieuses confitures, mais aussi une farine sans gluten. Aujourd’hui, la demande dépasse l’offre. Mais un insecte menace les châtaigneraies. Et puis, l’automne dernier, des pluies diluviennes ont décimé une partie de la récolte. Jeannot Baratier, l’un des quatre habitants nés à Antraigues en 1939 (Antraïgues, comme ils disent), travaille encore dans la châtaigneraie et à l’élevage de chèvres et de brebis, avec son épouse qui, elle non plus, ne touchera pas grand-chose à la retraite. Son épouse, Claudette, c’est les framboises. Deux récoltes par an. Et des confitures qui se retrouvent y compris sur la table du petit déjeuner du prince de Monaco ! Jeannot exerça deux mandats d’élu municipal, en même temps que Jean Ferrat. Il est formel, s’il n’y a pas de train dans le canton, c’est la faute à 14-18 ! Les ingénieurs avaient finalisé le tracé de la ligne, mais il a fallu forger des canons, et l’apparition des voitures a fini d’enterrer le projet. Par contre, s’il y a un court de tennis et l’électricité dans la vallée du Mas, c’est grâce à Ferrat ! « Il se faisait beaucoup de choses concrètes à cette époque », se souvient l’agriculteur. Si Ferrat est devenu ardéchois, c’est grâce à Jean Saussac, peintre, décorateur de cinéma, maire, communiste lucide et persuasif. L’homme a fait venir au village Brel, Nougaro, Lino Ventura… Mais, sous sa pression et celle de Christine Sèvres, sa première épouse, chanteuse de talent, Ferrat, lui, est resté. Christine n’aura connu que cinquante printemps. Mais ses chansons courent encore dans les calades du village, autour de l’ancienne cure où vivent Joëlle et Dominique Dumont. Le hasard des Pages jaunes a voulu que la journaliste de l’Huma loge dans leur gîte. Les albums photo de Joëlle, qui fut durant 25 ans la voisine du couple Christine-Jean, montrent à quel point leur « intégration » à Antraigues fut complète. Quant au piano et à la guitare classique de Dominique, musicien professionnel, ils sont souvent entre les doigts des « élèves », à qui il transmet volontiers ce qu’il connaît de chansons françaises. Et il en connaît ! Bernard Ranchon, ancien maire, passionné de patois et d’occitan, connaît aussi son lot de couplets et refrains ! Premier maire non communiste, bien qu’ayant quelques affinités avec les « rouges », élu dans les années 1990, fils de la boulangerie, il affirme que le village n’aurait pas survécu à l’exode rural sans les deux Jean, Ferrat et Saussac.

« La pétanque, oui, mais pas que! Là aussi, c’est toute une culture qui se réveille.»

Serge Petit, retraité d’EDF, tout ce qu’il connaît du monde d’aujourd’hui, c’est grâce à l’Humanité. « Si tu t’en tiens à la télé pour t’informer, ici, tu deviens un bourricot ! » comme il dit. Maaike Klein, céramiste hollandaise qui est restée à Antraigues tout comme reste son accent, et dont la renommée internationale n’est pas arrivée jusqu’ici, a fait poser Serge, il y a plusieurs années. Mais il fumait toutes les dix minutes à l’époque… Pas facile ! Le modelage trône dans le salon du retraité. Depuis janvier, il achète aussi Charlie Hebdo. Le village s’est mobilisé pour rendre hommage aux victimes des attentats. Gabin Aymard, jeune adjoint de la nouvelle municipalité élue en avril dernier, est monté sur une chaise et a prononcé quelques mots qui ont rassuré les villageois : la relève est assurée ! Le jeune éleveur, diplômé universitaire, a choisi de revenir et d’élever des vaches pour faire commerce de la viande en circuit court. On les voit à flanc de montagne. On n’avait pas vu ça ici depuis les années 1950 ! Et, surtout, Gabin fait partie de ceux qui relancent le club de foot. La pétanque, oui, mais pas que ! Là aussi, c’est toute une culture qui se réveille. « Le sport est culture », confie Jane, passionnée par la peinture de Jean Saussac et qui œuvre aux côtés de Colette Ferrat pour organiser le Festival Ferrat d’août. Il attirera, on l’espère, un public nombreux. Qui découvrira ou redécouvrira la place, avec sa fontaine et ses réverbères « importés » de Paris. Lo Podello (la poêle) sera ouvert, bien sûr. C’est le café mythique qu’a tenu Hélène Baissade. Cuisinière, dessinatrice, elle avait fait de ce lieu un point de rencontre entre les artistes et la population. Elle a reçu les insignes des Arts et des Lettres pour son œuvre. Aujourd’hui, elle a quatre-vingt-dix ans et ne regrette pas d’avoir quitté Neuilly-sur-Seine et ses « bourgeois » pour vivre ici. C’est Valérie, la fille adoptive de Colette Ferrat, qui a repris le café. Elle est aussi maman de deux filles, dont Julie qui n’hésitait pas à tirer la moustache de son « grand-père Ferrat ». C’est un autre moustachu, Jacques Boyer, qui a créé le café La Montagne, devenu depuis café-hôtel-restaurant, tenu par Jérôme. Un autre lieu mythique de la place. Jacques Boyer, c’est cinquante ans de vie commune avec Jean Ferrat. Ancien chanteur de cabaret, comédien, il devint régisseur, chauffeur, le monsieur « tout » de Jean. En veillée, l’homme est intarissable. Cuba, les deux tournées en Algérie, les milliers de kilomètres parcourus en voiture à travers la France. Quand Jean a quitté la scène, Jacques s’est fait cabaretier. Il a repris la guitare pour l’Huma et, ma foi, lui qui fut le créateur de la célèbre chanson Mon vieux, a toujours un joli brin de voix malgré ses soixante-dix-neuf balais qui n’ont rien balayé de sa joyeuse mémoire !

Un paradis pour tout ce qui est vivant et qui demande à être protégé

Même âge, même énergie, mêmes souvenirs intacts chez Francine Fleury-Rapiné. Ils se sont côtoyés pas mal avec Jean Ferrat. Notamment en 2002, en route pour la manif contre le FN organisée entre les deux tours de la présidentielle. Mais Jean n’a sans doute jamais su que Francine avait fait « de la taule ». Dix-huit mois de prison à vingt ans. Pincée pour avoir fait transiter des messages à l’intention du FLN pendant la guerre d’Algérie. Quelle histoire ! Cette « Amie de l’Humanité » force le respect lorsqu’elle gravit à pied la montagne par le sentier qui la ramène chez elle, tout là-haut. Un paradis pour les oiseaux, pour tout ce qui est vivant et qui demande à être protégé. Tous ces villageois, Stéphane Bern, traversant Antraigues « dans un nuage de parfum », dans le cadre de l’émission le Village préféré des Français, ne les a pas rencontrés. Dommage. Les pierres, même si elles ont plus d’une couleur à révéler, ne vous servent pas de soupe et de café. C’est pourtant autour d’un breuvage chaud, à la morte saison, une fois les « touristes partis » qu’Antraigues retrouve « face à lui-même, sa vérité, ses problèmes », comme le chanta si bien Ferrat. Mais, l’été, les autocaristes déversent leurs lots d’appareils photo, de caméras vidéo et de yeux qui jettent un coup d’œil à travers les fenêtres pendant la sieste ou s’incrustent au milieu d’une partie de pétanque. Un tour au cimetière, visite de la Maison Ferrat pour voir son piano et sa bibliothèque, et hop ! ils s’en retournent dans le bus, qui les emmène déjeuner à vingt kilomètres de là. Il va falloir avoir de l’imagination pour offrir « un tourisme intelligent ». Réguler sa présence, lui offrir autre chose que de la nostalgie… Et, surtout, conserver sur place les services publics, remplacer le médecin vieillissant, et satisfaire à tous les besoins du quotidien pour garder, voire développer la population. Car, sans population locale, pas de village, pas de nature praticable et, donc, plus de tourisme ! École, emploi, sport, culture… la nouvelle municipalité, élue en avril 2014, se veut volontariste, même si elle a écopé d’une dette « non déclarée » qui complique l’affaire. Et puis, le canton a été redécoupé. Antraigues aura sans doute à mettre en œuvre toutes ses utopies, toutes ses idées pour que le « vivre ensemble durable », cher à la gauche, puisse ici démontrer que la droite, contrairement au poète, n’a pas toujours raison…

Antraigues, on y va. On y vit. On y revient. On y meurt. On y revit, surtout. Enfin.

Pourquoi pas réorganiser le banquet républicain qui, de 1997 à 2006, parvenait à réunir l’ensemble de la population autour de valeurs progressistes ? Francesca Solleville chantant l’Internationale avec Saussac et Ferrat, ça avait de la gueule, tout de même ! Certes, la fête de la châtaigne, d’octobre, est toujours un grand moment de liesse et de retrouvailles, mais « c’est pas pareil… », dit-on au village. Hélène Terrisse, institutrice d’une époque, qui savait tout sur chacun et plus encore, a laissé de précieux écrits pour expliquer Antraigues. De quoi en parcourir les calades (les rues), les rives des trois rivières (Volane, Mazélande et Bise, qui font d’Antraigues un village « entre les eaux ») et la nature humaine avec un regard plus affûté. Et tous ceux qui ont pris des cours de peinture avec Jean Saussac ou Gamon, son fils, qui œuvre toujours, savent regarder au-delà des clichés de cartes postales.

Il faut aussi oser franchir le territoire de la commune pour aller à la rencontre de Christiane et de son auberge de Bise, où l’immense poète Allain Leprest, parti trop tôt, trouvait un chaleureux accueil. Son « copain », Petit Jean, en parle avec une rare tendresse, sous ses apparences de paysan rompu à toutes les épreuves de la vie. Il faut descendre jusqu’à Aubenas pour visiter La Bobine, le lieu culturel que crée Véronique Estel, fille de Christine Sèvres, que Ferrat a bercée tout bébé. Là, la danse côtoie la chanson, le yoga et les conférences sur le traité transatlantique, qui risque fort d’américaniser un peu plus le monde. Elle, se souvient avec tendresse d’Oural, le berger belge qui inspira son « re-père », comme elle dit. Pour elle, Antraigues, « c’est trop maman et Jean ». Elle a fait sa vie. Ailleurs. Mais pas loin. Antraigues, on y va. On y vit. On y revient. On y meurt. On y revit, surtout. Enfin.

Ces personnages que vous entrevoyez ici, comme à travers une fenêtre ouverte, vous pouvez vous aussi partir à leur rencontre et les écouter. Grâce à un documentaire multimédia disponible sur notre site Internet. Bon voyage !

Une place Ferrat inaugurée à Paris. Vendredi 13 mars a été inaugurée une place Jean Ferrat, à l’intersection du boulevard de Ménilmontant et de la rue Oberkampf, par Anne Hidalgo, maire de Paris, qui rendra hommage au chanteur. Un discours suivi d’un hommage poétique de Véronique Estel, fille de Christine Sèvres, compagne de Ferrat, de l’interprétation de Ma France par Isabelle Aubret, en présence de Pierre Laurent, Bertrand Delanoë, Bruno Julliard, premier adjoint à la culture, François Vauglin et Frédérique Calandra, maires du 11e et 20e arrondissement.

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14 mars 2015 6 14 /03 /mars /2015 21:18

La HONTE ! 70 ans après... [par Jean Lévy]

La honte !

par Jean Lévy

70 ans après... après le refus de Barack Obama, ni Angela Merkel, ni David Cameron ne participeront à Moscou le 9 mai 2015 aux cérémonies de la Victoire de l'Union soviétique, sur l'Allemagne nazie...

François Hollande n'aurait pas encore pris sa décision ...

Mars 1945, à l'Ouest, les forces alliées traversent le Rhin. En Italie, la Wehrmacht tient encore la Lombardie. A l'Est, l'Armée soviétique franchit l'Oder après avoir libéré Varsovie et Cracovie et la Hongrie.

Wikipédia fait le point sur les opérations militaires en ce préprintemps d'il y a 70 ans:

Sur le Front de l'Ouest, à la fin janvier, les Alliés ont contenu la contre-offensive des Ardennes. L'échec de la dernière offensive majeure des nazis à l'ouest achève d'épuiser les forces allemandes, les laissant mal armées pour résister aux assauts finaux des Alliés en Europe. Des pertes supplémentaires en Rhénanie finissent d'affaiblir la Wehrmacht, qui ne peut plus aligner que des éléments épars pour défendre la rive orientale du Rhin.

Sur le front de l'Est, la rupture du front de la Vistule et les échecs de la Wehrmacht en Hongrie contribuent à acculer davantage le Reich.

Ainsi, les succès soviétiques de l'hiver 1944-1945 incitent les responsables militaires du Reich à mettre en défense l'Oder, dernier grand obstacle naturel à l'Est de Berlin : l'un des proches de Hitler à l'OKW se montre favorable à la concentration de tous les moyens disponibles de la Wehrmacht sur le front oriental. Dix-huit divisions, ainsi qu'une majeure partie de l'armement lourd (blindés et artillerie lourde) et des moyens aériens, sont ainsi prélevées des fronts occidentaux et méridionaux pour être envoyée sur le front de l'Oder.

En ce printemps 45, il faut le dire, des tractations secrètes ont lieu en Suisse entre le maréchal allemand Kesselring, le n°3 de la SS, et Allan Dulles, le patron de l'OSS (la future CIA), par l'entremise de banquiers suisses et italiens, en vue de stopper la guerre à l'Ouest et retourner les forces alliées et allemandes contre l'Union soviétique...L'opération trahison tournera court : d'un côté, Roosevelt, comme de l'autre, Hitler, y feront obstacle.

Mais cette péripétie éclaire le choix ultérieur de la "guerre froide" contre l'URSS, décidée par les Etats-Unis, qui se déploiera dès 1947.

L'attitude prise aujourd'hui par les dirigeants des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne et de ...l'Allemagne de refuser d'honorer par leur présence les immenses sacrifices consentis pour la Victoire par les peuples soviétiques (plus de 20 millions de morts), leurs terres ravagées, leurs villes et leurs villages brûlés par milliers, cette attitude n'est pas simplement honteuse, elle est révisionniste, dans l'esprit hitlérien.

Car enfin, sans l'Armée rouge, ses 200 divisions sur le front de l'Est, leur offensive sur 2000 kms de Stalingrad à Berlin, les Alliés auraient été incapables de débarquer à l'Ouest, et, donc de participer à la libération de la France.

Nous devons celle-ci d'abord aux Soviétiques.

Il faut le dire et le redire par simple vérité historique.

Célébration du 9 mai 1945 sur la place Rouge à Moscou

C'est si vrai que le général De Gaulle, en 1964, pour le vingtième anniversaire du débarquement en Normandie, refuse de participer aux cérémonies, déclarant alors : "Si vous croyez qu'ils sont venus pour nous libérer !"

Aujourd'hui, les infos laissent entendre que François Hollande "n'a pas encore pris sa décision" de se rendre ou pas à Moscou, le 9 mai prochain, pour représenter la France aux cérémonies du 70ème anniversaire de la victoire sur l'Allemagne nazie.

Une absence au plus haut niveau de notre pays serait, non seulement un affront infligé aux peuples de l'ancienne Union soviétique, aux Russes, aux Bielorusses et aux Ukrainiens d'abord, dont les terres ont été les plus ravagées, mais aussi aux milliers et aux milliers de combattants clandestins et Français libres, tombés dans le combat commun pour la libération de la France, et qui savaient la part prise par les soldats et partisans soviétiques.

Que madame Merkel ne célèbre pas les vainqueurs de Stalingrad, c'est un choix, mais que la France soit absente serait une honte !

J.L.

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14 mars 2015 6 14 /03 /mars /2015 09:49

MONDE

Venezuela : Les déclarations du président Barack Obama préoccupantes et condamnables (PCF)

VENDREDI, 13 MARS, 2015

HUMANITE.FR

Les déclarations du président Barack Obama qualifiant le Venezuela de « menace inusuelle et extraordinaire à la sécurité nationale et à la politique extérieure » des États-Unis sont extrêmement préoccupantes et condamnables. Elles font suite aux sanctions décidées par Washington à l'encontre de certains responsables politiques vénézuéliens.

Ces déclarations ouvrent la possibilité à une agression contre ce pays et met en évidence les intentions inacceptables de l'Administration Obama d'intervenir directement dans l'appui aux tentatives de l'opposition de déstabiliser le pays et de faire tomber le gouvernement de Nicolas Maduro, le président démocratiquement élu en 2013.

La politique d'ingérence des Etats-Unis est un soutien clair à une opposition qui n'a jamais accepté ni les victoires de la gauche aux élections ni les politiques progressistes mises en œuvre ; opposition présentée comme « démocratique » mais qui, dans le passé, a participé activement aux tentatives de coup d’État soutenues par Washington.

En agissant de cette manière injustifiée, le président Barack Obama renforce les options les plus violentes et porte atteinte aux efforts en faveur d'un accord national pour la paix proposé par le président Nicolas Maduro en 2014.

Une fois de plus, les États-Unis font le choix d'ignorer les choix souverains du peuple vénézuélien et les efforts réalisés par l'Union des nations d'Amérique du sud (UNASUR) en faveur d'un règlement politique et juste aux problèmes du Venezuela. Ce faisant, Barack Obama prend le risque de s'éloigner des positions des gouvernements d'une région qui déploie ses efforts pour être une zone de paix où la concertation politique et le dialogue demeurent la règle.

Parti communiste français

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12 mars 2015 4 12 /03 /mars /2015 13:39
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12 mars 2015 4 12 /03 /mars /2015 06:29

Viva Venezuela

Chapitre français de la campagne internationale de solidarité avec la révolution Bolivarienne - - - - - - - - - - - Plateforme de réinformation sur le Venezuela.

La tentative de coup d’Etat contre le Venezuela, par Ignacio Ramonet

Sympathique spécimen de la faune amazonienne, le toucan est un oiseau bien connu pour son bec spectaculaire aux couleurs chatoyantes. C’est aussi le nom d’un agressif « oiseau d’acier »fabriqué par l’entreprise brésilienne Embraer, dont la dénomination militaire est EMB 312, et dont les deux modèles les plus vendus sont le T-27, version d’entrainement, et le AT-27, armé pour des attaques à terre. Et c’est précisément un de ces Tucanos militaires, armé pour l’attaque, qui devait bombarder le palais présidentiel de Miraflores, à Caracas, le 12 février dernier. Et tuer le président Nicolas Maduro. L’aéronef avait également pour mission d’attaquer le ministère de la Défense et de détruire, parmi d’autres cibles, le siège de la chaîne de télévision internationale TeleSur, en semant le chaos et la confusion.

Selon les informations révélées par le président Maduro lui-même, la tentative de coup d’Etat a été déjouée grâce aux services de renseignement. Ils ont permis l’arrestation d’un groupe d’officiers d’aviation et de civils. « Il s’agit – a déclaré le chef de l’Etat – d’une tentative de sédition contre la démocratie et la stabilité de notre patrie ; c’est une séquelle du « putsch bleu » [1] de février-mars 2014, il y a un an ».

Nicolas Maduro a indiqué que l’un des officiers arrêtés était lié, depuis l’année dernière, à des groupes de l’extrême-droite vénézuélienne qui cherchent à provoquer des troubles violents dans le pays. Le président a révélé que, selon l’enquête, les autorités militaires loyales avaient exigé l’an dernier la démission de cet officier. « Mais il y a quelques semaines – a raconté le chef de l’Etat – plusieurs opposants ont repris contact avec lui, lui ont remis une importante somme d’argent et lui ont confié plusieurs missions. En même temps, l’ambassade des Etats-Unis lui délivrait un visa le 3 février, en l’assurant ainsi qu’en cas d’échec, il disposait d’une autorisation d’entrée aux Etats-Unis par n’importe quelle frontière ».

« Dès ce moment – a poursuivi Nicolas Maduro –, cet officier a pris contact avec quatre autres gradés pour exécuter les missions « désignées par Washington » ». Une de ces missions consistait à faire une vidéo, en enregistrant les déclarations du général d’aviation Oswaldo Hernández Sánchez depuis la prison où il est incarcéré pour avoir participé, en 2014, à une précédente tentative de coup d’Etat.

« L’ordre était d’enregistrer une vidéo de ce général, qu’on surnomme « l’Ours », et, le 12 février, pendant le défilé de la Victoire [2], de faire décoller un avionTucano et attaquer le palais présidentiel de Miraflores et d’autres « cibles tactiques » comme le ministère de la défense, le Conseil national électoral (CNE) et le siège de la chaîne de télévision TeleSur. L’ordre était de déclencher le putsch au moment de la publication par un journal d’opposition de ce qu’ils appellent le « Programme du gouvernement de transition » » [3].

De leur côté, Diosdado Cabello, président de l’Assemblée nationale vénézuélienne, et Jorge Rodríguez, maire du district Libertador de la capitale, ont apporté, le 13 février dernier, à Caracas, plus de détails sur la tentative putschiste. Les deux dirigeants chavistes ont confirmé que les officiers arrêtés avaient reconnu que la publication d’un « Manifeste » était l’un des signes convenus pour déclencher le putsch dont le nom de code était « Opération Jéricho » [4].

Ils ont également révélé que, selon les déclarations des détenus, les putschistes avaient l’intention de « liquider » dès le premier moment, en plus du président Nicolas Maduro, Diosdado Cabello et Jorge Rodríguez, ainsi que d’autres personnalités bolivariennes : Tibisay Lucena, présidente du CNE, et Tareck El Aissami, ancien ministre de l’intérieur et actuel gouverneur de l’Etat d’Aragua.

Ils ont aussi identifié, en plus du général Oswaldo Hernández, d’autres chefs présumés de la conspiration. Parmi eux le capitaine Héctor José Noguera Figueroa ; le colonel José Suárez Rómulo ; le premier lieutenant Ricardo Antich Zapata (chargé des contacts avec l’ambassade des Etats-Unis) et le premier lieutenant Luís Hernando Lugo Calderón [5].

Ils ont montré une partie de l’arsenal saisi, en particulier des armes de gros calibre : des fusils semi-automatiques AR-15, des mitrailleuses et des grenades. Ils ont également révélé que des plans de la ville de Caracas avaient été trouvés, sur lesquels plusieurs « cibles tactiques » étaient effectivement signalées avec une grande précision : le palais présidentiel de Miraflores, les ministères de la défense, de l’intérieur et de la justice, le Conseil national électoral, la Direction du contre-espionnage militaire et, comme nous l’avons déjà dit, le siège de la chaîne de télévision TeleSur.

Cabello et Rodríguez ont désigné comme « auteurs intellectuels » de la tentative putschiste et du projet de magnicide deux personnalités de l’opposition : Antonio Ledezma, maire de Caracas (arrêté le 19 février dernier) et Julio Borges, député de l’opposition. Ils ont également affirmé détenir les preuves de la participation de fonctionnaires de l’ambassade des Etats Unis :« Une fonctionnaire de l’ambassade appelait les épouses des généraux vénézuéliens et leur disait que le nom de leur mari figurait sur la liste des personnes sanctionnées par le Congrès des Etats-Unis. Et que les visas d’entrée aux Etats Unis de leurs familles avaient été invalidés. Ainsi voulait-on susciter l’angoisse dans les familles des officiers », expliqua Jorge Rodríguez.

Pour sa part, le président Maduro a dit avoir en sa possession le « projet de gouvernement » élaboré par les putschistes. Selon ce plan, les pouvoirs publics seraient éliminés et les Cubains (médecins, instituteurs et sportifs) des Missions de service social (santé, éducation et sport) menacés. « Ils parlent aussi – dit le président Maduro – de privatiser la compagnie pétrolière nationale PDVSA [Petróleos de Venezuela Sociedad Anónima], de suspendre les garanties constitutionnelles, de libéraliser le système des changes et de redonner les dollars à l’oligarchie ». Le président a ajouté que dans ce « Projet de gouvernement » les putschistes « menacent ce qu’ils appellent les « collectifs » qui sont, nous le savons, le peuple vénézuélien – et annoncent que, dès qu’ils seront au pouvoir, ils déploieront contre eux toute la force militaire. Aux Cubains des Missions, ils donnent 24 heures pour se présenter devant les bureaux du nouveau gouvernement de facto ou ils supporteront les conséquences… ».

Malgré toutes les preuves et tous les détails fournis par les plus hautes autorités de l’Etat vénézuélien, les médias internationaux (même en Amérique latine) ont accordé peu de crédibilité à cette tentative de coup d’Etat. Une telle « incrédulité » fait partie – depuis quinze ans – de la stratégie des grands médias dominants dans leur guerre contre la révolution bolivarienne, afin de discréditer les autorités bolivariennes. Indifférent à cette attitude hostile, le président Nicolás Maduro continue à expliquer, avec une persévérance pédagogique et en présentant toutes sortes de preuves, comment, depuis la mort d’Hugo Chávez (il y a juste deux ans) et depuis son élection (le 14 avril 2014), un « coup d’Etat lent » est en marche pour le renverser.

Cette fois le putsch devait se réaliser en quatre étapes [6].

La première a commencé début janvier 2015, lorsque le président Maduro se trouvait en déplacement à l’étranger (Chine, Iran, Qatar, Arabie Saoudite, Algérie et Russie). Au cours de cette première étape, des entreprises privées ont mené des campagnes d’accaparement d’aliments et de produits de première nécessité dans le but de créer des pénuries et du mécontentement, préparant ainsi les conditions pour que les citoyens protestent et saccagent les supermarchés. Ce qui ne s’est pas produit.

Dans la deuxième phase, les grands médias internationaux ont intensifié la diffusion de reportages, de nouvelles et d’articles qui donnaient une image déformée de la réalité vénézuélienne, faisant croire que dans le pays du « socialisme du XXI siècle »sévissait une véritable « crise humanitaire ». A cette occasion le président Maduro a dénoncé le rôle détestable joué, au cours de cette phase de l’ « Opération Jéricho », par plusieurs quotidiens espagnols (El País, ABC), …

La troisième étape devait avoir pour protagoniste un« traître » qui ferait un appel solennel à la rébellion à la télévision et dans les grands médias. Le président n’a pas donné le nom de ce« traître », mais il a mis en garde les Vénézuéliens : « Je ne veux alarmer personne, mais je dois dire toutes les vérités (…) Ils sont en train de chercher un traître, et je demande au peuple de rester vigilant ».

La quatrième étape du coup d’Etat – celle qui a été déjouée le 12 février dernier – prévoyait la participation d’un groupe d’officiers putschistes de l’armée de l’air, financés depuis l’étranger. Alors serait annoncé le « Programme de gouvernement de transition ». Et l’on enterrerait la révolution de Chávez.

Mais, même en quatre étapes, le coup d’Etat a échoué. Et la révolution bolivarienne demeure debout.

Ignacio Ramonet | 5 mars 2015

Notes :

[1] L’aile la plus à droite de l’opposition vénézuélienne, – dirigée par des personnalités ultraconservatrices comme Leopoldo López (arrêté le 20 février 2014), Antonio Ledesma (arrêté le 19 février 2015) et Maria Corina Machado (ancienne députée) – a lancé le mouvement « La Sortie », qui appelait à une sorte de« coup d’Etat soft » ou de « coup d’Etat bleu » dans le but de renverser le Président Nicolás Maduro par le financement de manifestations violentes (les« guarimbas ») qui ont fait 43 morts, 878 blessés et d’innombrables dégâts.

[2] Le 12 février, au Venezuela, c’est le Jour de la Jeunesse, qui commémore la Bataille de la Victoire, pendant la guerre d’Indépendance, dans laquelle un millier d’étudiants venus de Caracas ont affronté les troupes espagnoles et les ont vaincues.

[3] Le manifeste a été publié le 11 février dernier, dans un journal d’opposition, El Nacional, en page 5, sous le titre de « Appel aux vénézuéliens pour un accord national pour la transition ».

[4] Par référence à La Bible et plus précisément au Livre de Josué, qui raconte que quand Josué, à la tête des israélites, arriva au pied des imposants remparts de la ville de Jéricho, Dieu lui dit d’ordonner aux prêtres de sonner les trompettes :« Quand vous entendrez le son de la trompette, tout le peuple poussera de grands cris. Alors le rempart de la ville s’écroulera, et le peuple montera, sans obstacle ».

[5] Les autres officiers putschistes seraient : la Capitaine Laideth Salazar de Zerpa, dite « Manuelita » ; les capitaines Andrés Ramón Thompson Martínez, Nerio Alfonso Cordova Moreno ; Carlos Manuel Osuna Saraco dit « Guillermo » ; le major Cesar Pérez Carrero ; premier lieutenant Wilfredo Amado Castillo Colmenares ; premier lieutenant Javier Salazar Moncada ; premier lieutenant Miguel Ángel Salazar Molina ; premier lieutenant Carlos Esqueda Martínez ; et premier lieutenant Jofre de Jesús Pineda Trejo.

[6] Voir site web de TeleSur, Caracas, le 12 février 2014.www.telesurtv.net/Gobierno-venezolano-desmantela-atentado-golpista

Source :

http://www.medelu.org/La-tentative-de-coup-d-Etat-contre

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7 mars 2015 6 07 /03 /mars /2015 18:17

LA TENTATIVE DE COUP D’ETAT CONTRE LE VENEZUELA, PAR IGNACIO RAMONET

Publié par Venezuela infos dans impérialisme, Médiamensonges / désinformation / propagande7 mars 2015

Sympathique spécimen de la faune amazonienne, le toucan est un oiseau bien connu pour son bec spectaculaire aux couleurs chatoyantes. C’est aussi le nom d’un agressif « oiseau d’acier »fabriqué par l’entreprise brésilienne Embraer, dont la dénomination militaire est EMB 312, et dont les deux modèles les plus vendus sont le T-27, version d’entrainement, et le AT-27, armé pour des attaques à terre. Et c’est précisément un de ces Tucanos militaires, armé pour l’attaque, qui devait bombarder le palais présidentiel de Miraflores, à Caracas, le 12 février dernier. Et tuer le président Nicolas Maduro. L’aéronef avait également pour mission d’attaquer le ministère de la Défense et de détruire, parmi d’autres cibles, le siège de la chaîne de télévision internationale TeleSur, en semant le chaos et la confusion.

Selon les informations révélées par le président Maduro lui-même, la tentative de coup d’Etat a été déjouée grâce aux services de renseignement. Ils ont permis l’arrestation d’un groupe d’officiers d’aviation et de civils. « Il s’agit – a déclaré le chef de l’Etat – d’une tentative de sédition contre la démocratie et la stabilité de notre patrie ; c’est une séquelle du « putsch bleu » [1] de février-mars 2014, il y a un an ».

Nicolas Maduro a indiqué que l’un des officiers arrêtés était lié, depuis l’année dernière, à des groupes de l’extrême-droite vénézuélienne qui cherchent à provoquer des troubles violents dans le pays. Le président a révélé que, selon l’enquête, les autorités militaires loyales avaient exigé l’an dernier la démission de cet officier. « Mais il y a quelques semaines – a raconté le chef de l’Etat – plusieurs opposants ont repris contact avec lui, lui ont remis une importante somme d’argent et lui ont confié plusieurs missions. En même temps, l’ambassade des Etats-Unis lui délivrait un visa le 3 février, en l’assurant ainsi qu’en cas d’échec, il disposait d’une autorisation d’entrée aux Etats-Unis par n’importe quelle frontière ».

« Dès ce moment – a poursuivi Nicolas Maduro –, cet officier a pris contact avec quatre autres gradés pour exécuter les missions « désignées par Washington » ». Une de ces missions consistait à faire une vidéo, en enregistrant les déclarations du général d’aviation Oswaldo Hernández Sánchez depuis la prison où il est incarcéré pour avoir participé, en 2014, à une précédente tentative de coup d’Etat.

« L’ordre était d’enregistrer une vidéo de ce général, qu’on surnomme « l’Ours », et, le 12 février, pendant le défilé de la Victoire [2], de faire décoller un avionTucano et attaquer le palais présidentiel de Miraflores et d’autres « cibles tactiques » comme le ministère de la défense, le Conseil national électoral (CNE) et le siège de la chaîne de télévision TeleSur. L’ordre était de déclencher le putsch au moment de la publication par un journal d’opposition de ce qu’ils appellent le « Programme du gouvernement de transition » » [3].

De leur côté, Diosdado Cabello, président de l’Assemblée nationale vénézuélienne, et Jorge Rodríguez, maire du district Libertador de la capitale, ont apporté, le 13 février dernier, à Caracas, plus de détails sur la tentative putschiste. Les deux dirigeants chavistes ont confirmé que les officiers arrêtés avaient reconnu que la publication d’un « Manifeste » était l’un des signes convenus pour déclencher le putsch dont le nom de code était « Opération Jéricho » [4].

Ils ont également révélé que, selon les déclarations des détenus, les putschistes avaient l’intention de « liquider » dès le premier moment, en plus du président Nicolas Maduro, Diosdado Cabello et Jorge Rodríguez, ainsi que d’autres personnalités bolivariennes : Tibisay Lucena, présidente du CNE, et Tareck El Aissami, ancien ministre de l’intérieur et actuel gouverneur de l’Etat d’Aragua.

Ils ont aussi identifié, en plus du général Oswaldo Hernández, d’autres chefs présumés de la conspiration. Parmi eux le capitaine Héctor José Noguera Figueroa ; le colonel José Suárez Rómulo ; le premier lieutenant Ricardo Antich Zapata (chargé des contacts avec l’ambassade des Etats-Unis) et le premier lieutenant Luís Hernando Lugo Calderón [5].

Ils ont montré une partie de l’arsenal saisi, en particulier des armes de gros calibre : des fusils semi-automatiques AR-15, des mitrailleuses et des grenades. Ils ont également révélé que des plans de la ville de Caracas avaient été trouvés, sur lesquels plusieurs « cibles tactiques » étaient effectivement signalées avec une grande précision : le palais présidentiel de Miraflores, les ministères de la défense, de l’intérieur et de la justice, le Conseil national électoral, la Direction du contre-espionnage militaire et, comme nous l’avons déjà dit, le siège de la chaîne de télévision TeleSur.

Cabello et Rodríguez ont désigné comme « auteurs intellectuels » de la tentative putschiste et du projet de magnicide deux personnalités de l’opposition : Antonio Ledezma, maire de Caracas (arrêté le 19 février dernier) et Julio Borges, député de l’opposition. Ils ont également affirmé détenir les preuves de la participation de fonctionnaires de l’ambassade des Etats Unis :« Une fonctionnaire de l’ambassade appelait les épouses des généraux vénézuéliens et leur disait que le nom de leur mari figurait sur la liste des personnes sanctionnées par le Congrès des Etats-Unis. Et que les visas d’entrée aux Etats Unis de leurs familles avaient été invalidés. Ainsi voulait-on susciter l’angoisse dans les familles des officiers », expliqua Jorge Rodríguez.

Pour sa part, le président Maduro a dit avoir en sa possession le « projet de gouvernement » élaboré par les putschistes. Selon ce plan, les pouvoirs publics seraient éliminés et les Cubains (médecins, instituteurs et sportifs) des Missions de service social (santé, éducation et sport) menacés. « Ils parlent aussi – dit le président Maduro – de privatiser la compagnie pétrolière nationale PDVSA [Petróleos de Venezuela Sociedad Anónima], de suspendre les garanties constitutionnelles, de libéraliser le système des changes et de redonner les dollars à l’oligarchie ». Le président a ajouté que dans ce « Projet de gouvernement » les putschistes « menacent ce qu’ils appellent les « collectifs » qui sont, nous le savons, le peuple vénézuélien – et annoncent que, dès qu’ils seront au pouvoir, ils déploieront contre eux toute la force militaire. Aux Cubains des Missions, ils donnent 24 heures pour se présenter devant les bureaux du nouveau gouvernement de facto ou ils supporteront les conséquences… ».

Malgré toutes les preuves et tous les détails fournis par les plus hautes autorités de l’Etat vénézuélien, les médias internationaux (même en Amérique latine) ont accordé peu de crédibilité à cette tentative de coup d’Etat. Une telle « incrédulité » fait partie – depuis quinze ans – de la stratégie des grands médias dominants dans leur guerre contre la révolution bolivarienne, afin de discréditer les autorités bolivariennes. Indifférent à cette attitude hostile, le président Nicolás Maduro continue à expliquer, avec une persévérance pédagogique et en présentant toutes sortes de preuves, comment, depuis la mort d’Hugo Chávez (il y a juste deux ans) et depuis son élection (le 14 avril 2014), un « coup d’Etat lent » est en marche pour le renverser.

Cette fois le putsch devait se réaliser en quatre étapes [6].

La première a commencé début janvier 2015, lorsque le président Maduro se trouvait en déplacement à l’étranger (Chine, Iran, Qatar, Arabie Saoudite, Algérie et Russie). Au cours de cette première étape, des entreprises privées ont mené des campagnes d’accaparement d’aliments et de produits de première nécessité dans le but de créer des pénuries et du mécontentement, préparant ainsi les conditions pour que les citoyens protestent et saccagent les supermarchés. Ce qui ne s’est pas produit.

Dans la deuxième phase, les grands médias internationaux ont intensifié la diffusion de reportages, de nouvelles et d’articles qui donnaient une image déformée de la réalité vénézuélienne, faisant croire que dans le pays du « socialisme du XXI siècle »sévissait une véritable « crise humanitaire ». A cette occasion le président Maduro a dénoncé le rôle détestable joué, au cours de cette phase de l’ « Opération Jéricho », par plusieurs quotidiens espagnols (El País, ABC), …

La troisième étape devait avoir pour protagoniste un« traître » qui ferait un appel solennel à la rébellion à la télévision et dans les grands médias. Le président n’a pas donné le nom de ce« traître », mais il a mis en garde les Vénézuéliens : « Je ne veux alarmer personne, mais je dois dire toutes les vérités (…) Ils sont en train de chercher un traître, et je demande au peuple de rester vigilant ».

La quatrième étape du coup d’Etat – celle qui a été déjouée le 12 février dernier – prévoyait la participation d’un groupe d’officiers putschistes de l’armée de l’air, financés depuis l’étranger. Alors serait annoncé le « Programme de gouvernement de transition ». Et l’on enterrerait la révolution de Chávez.

Mais, même en quatre étapes, le coup d’Etat a échoué. Et la révolution bolivarienne demeure debout.

Ignacio Ramonet | 5 mars 2015

Notes :

[1] L’aile la plus à droite de l’opposition vénézuélienne, – dirigée par des personnalités ultraconservatrices comme Leopoldo López (arrêté le 20 février 2014), Antonio Ledesma (arrêté le 19 février 2015) et Maria Corina Machado (ancienne députée) – a lancé le mouvement « La Sortie », qui appelait à une sorte de« coup d’Etat soft » ou de « coup d’Etat bleu » dans le but de renverser le Président Nicolás Maduro par le financement de manifestations violentes (les« guarimbas ») qui ont fait 43 morts, 878 blessés et d’innombrables dégâts.

[2] Le 12 février, au Venezuela, c’est le Jour de la Jeunesse, qui commémore la Bataille de la Victoire, pendant la guerre d’Indépendance, dans laquelle un millier d’étudiants venus de Caracas ont affronté les troupes espagnoles et les ont vaincues.

[3] Le manifeste a été publié le 11 février dernier, dans un journal d’opposition, El Nacional, en page 5, sous le titre de « Appel aux vénézuéliens pour un accord national pour la transition ».

[4] Par référence à La Bible et plus précisément au Livre de Josué, qui raconte que quand Josué, à la tête des israélites, arriva au pied des imposants remparts de la ville de Jéricho, Dieu lui dit d’ordonner aux prêtres de sonner les trompettes :« Quand vous entendrez le son de la trompette, tout le peuple poussera de grands cris. Alors le rempart de la ville s’écroulera, et le peuple montera, sans obstacle ».

[5] Les autres officiers putschistes seraient : la Capitaine Laideth Salazar de Zerpa, dite « Manuelita » ; les capitaines Andrés Ramón Thompson Martínez, Nerio Alfonso Cordova Moreno ; Carlos Manuel Osuna Saraco dit « Guillermo » ; le major Cesar Pérez Carrero ; premier lieutenant Wilfredo Amado Castillo Colmenares ; premier lieutenant Javier Salazar Moncada ; premier lieutenant Miguel Ángel Salazar Molina ; premier lieutenant Carlos Esqueda Martínez ; et premier lieutenant Jofre de Jesús Pineda Trejo.

[6] Voir site web de TeleSur, Caracas, le 12 février 2014.www.telesurtv.net/Gobierno-venezolano-desmantela-atentado-golpista

Source : http://www.medelu.org/La-tentative-de-coup-d-Etat-contre

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7 mars 2015 6 07 /03 /mars /2015 10:29

Les retraités dans la rue le 17 mars

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Le symbole est suffisamment exceptionnel pour être significatif : sept organisations syndicales départementales de retraités (Solidaires, FSU, FO, FGR, CGT, CFTC et CFE CGC) seront ensemble à Tulle, le mardi 17 mars, à 15 heures, pour dénoncer la situation inquiétante de nombreux retraités.
Non, les retraités ne sont pas des nantis qui partent tous en voyages organisés et dont les revenus sont supérieurs à la moyenne... Les représentants syndicaux réunis hier, pour présenter les revendications «presque unitaires» (il manque comme «à l’accoutumé» l’Unsa et la CFDT) veulent démentir les idées reçues (qui arrange bien les gouvernements successifs pour faire passer la pilule).
Les exemples s’accumulent (chez nos proches) : untel obligé de vendre sa maison ne pouvant plus faire face à l’augmentation des dépenses contraintes, comme les augmentations du chauffage, de l’alimentation, et des prélèvements spécifiques (CASA, disparition de la demi part parent isolé, fiscalisation de la majoration pour trois enfants, augmentation de la TVA, modification de l’assiette de la CSG...). «Certains retraités qui ne payaient pas d’impôt sont aujourd’hui imposables et cela entraîne d’autres taxes, foncières, d’habitation... Ne pouvant plus faire face, certains ont recours aux crédits à la consommation. De nombreux dossiers de sur-endettement touchent les retraités».
Depuis 2013, les pensions de retraites n’ont pas été revalorisées. La part qui reste «pour vivre» diminue. «Beaucoup se privent de nouvelles lunettes, de prothèses auditives ou de mutuelle santé. Ils prennent des mutuelles à bas coût qui ne remboursent pas tout : en cas de pépin c’est dramatique».
«On voit aussi des gens qui retirent leurs parents des Epadh, car ils ne peuvent plus payer. La charge repose sur les enfants qui sont aussi parents». Certains se souviennent «il y a quinze ans, on voyait à la télé, aux états-Unis, des retraités devoir travailler pour s’en sortir, aujourd’hui, c’est arrivé en France.»
Ici, le constat est unanime, comme la décision de ce rassemblement, qui se déroulera mardi 17 mars prochain à Tulle. L’unité réjouit les syndicalistes. «Comme les gouvernements ne veulent pas s’attaquer aux riches et à la finance, ils comptent nous dépouiller de ce qui nous reste et pour lequel on s’est battu, en espérant que l’on ne bougera pas, que l’on se laissera faire. C’est là où ils se trompent, nous serons nombreux et unis le 17 mars !»
Les retraités veulent qu’en 2015, «soit porté un coup d’arrêt aux politiques rétrogrades d’austérité. «Les moyens existent de financer nos revendications comme les cotisations impayées par les employeurs (20 milliards d’euros)». Un rendez-vous a été demandé au préfet de Tulle, à 16h30, «on attend sa réponse».
Un co-voiturage au départ de Brive est lancé : rendez-vous à 14h sur le parking du Teinchurier et 14h15 aux Trois Provinces. La manifestation débutera à 15h, à la Cité administrative.

Murielle Babin Dupuy

En chiffres
10% des retraités en-dessous du seuil de pauvreté
7% des retraités de 60 à 69 ans, ont été obligés d’avoir recours à un emploi (ce chiffre à doubler de 2006 à 2012)
En 2015, l’état veut réduire 50 milliards d’e les prestations sociales.

Les revendications
Retour de la revalorisation annuelle et rattrapage des 30 mois, indexation sur l’évolution des salaires, retour à la retraite à 60 ans, rétablissement de la demi part fiscale, exonération fiscale des majorations familiales et mise en place d’une vraie réforme fiscale, amélioration des pensions de réversion, développement du service publique, prise en charge de la perte d’autonomie par la Sécurité sociale, suppression de la CASA, participation au Conseils départementaux de la citoyenneté et de l’autonomie.

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6 mars 2015 5 06 /03 /mars /2015 08:29

Economies à l'hôpital: "saignée" budgétaire "inacceptable" pour le PCF

Publié le 05-03-2015 à 12h26Mis à jour à 19h55

Le PCF dénonce "la saignée budgétaire" "inacceptable" de Manuel Valls pour l'hôpital public (c) Afp

Paris (AFP) - Le Parti communiste français (PCF) a dénoncé jeudi "la saignée" budgétaire "inacceptable" de Manuel Valls pour l'hôpital public après l'annonce du gouvernement d'un plan de trois milliards d'euros d'économies pour les hôpitaux d'ici à 2017.

"Alors que l’hôpital public va mal, que les usagers et les personnels sont confrontés à une dégradation insupportable des soins, que la gestion comptable des dépenses de santé à l’œuvre au cours des dernières années est un véritable recul de société, le docteur Valls met dans la seringue une vingtaine d'emplois en moins par établissement de santé chacune des trois prochaines années", écrit le PCF dans un communiqué.

"Cette véritable saignée est inacceptable. C'est la direction opposée qu'il faut prendre", assure le parti communiste.

"Politiques de restriction des missions et des moyens, mise en compétition des services, des hôpitaux, réduction du nombre de soignants formés sont des mesures que la droite a orchestrées pendant des années et qui, aujourd'hui, se poursuivent", accuse-t-il.

Les communistes proposent "une réponse de gauche" avec "l'arrêt des fermetures d'activités et de services, un moratoire sur la mise en œuvre de la loi HPST (de l'ancienne ministre UMP Roselyne Bachelot, votée en 2009, ndlr), un plan de formation ambitieux de professionnel-le-s médicaux et non médicaux sur la durée, la mise en place d'un système de financement qui mette fin à la T2A (tarification à l'activité, introduite en 2005, ndlr), aux enveloppes fermées".

Ils proposent aussi "la prise en charge de l'investissement immobilier par l'Etat et l'effacement de la dette des hôpitaux publics", "sans oublier l'indispensable démocratisation du fonctionnement des établissements de santé et de l'organisation de la santé avec la suppression des ARS (agences régionales de santé, ndlr)".

La ministre de la Santé Marisol Touraine a affirmé mercredi à l'Assemblée nationale que son plan de trois milliards d'euros d'économies pour les hôpitaux d'ici à 2017 n'avait pas vocation à "baisser les effectifs hospitaliers".

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5 mars 2015 4 05 /03 /mars /2015 13:48

Le PCF met au défi le ministère de l'Intérieur de publier le listing des candidats avec leur étiquette (Olivier Dartigolles)

Libération fait vraiment trop confiance dans les statistiques très politiques du ministère de l’Intérieur pour les prochaines élections départementales. Une confiance aveugle. Transformé le temps d'un « Désintox » truffé d'erreurs en organe central du ministère de l'Intérieur, Libé écrit « Le Front de gauche et le Parti communiste ne couvrent que 1 196 cantons ; soit 58,2 % du total national ». Vrai/Faux ? Faux : nous sommes présents dans 1 515 cantons de France métropolitaine (soit 75,93% des 1995 cantons de l’hexagone). La liste nominative de nos candidates et candidats peut être consultée sur le site du PCF (http://www.pcf.fr/67567 et en PJ).

Poursuivons. Emporté par son élan et suivant docilement la place Beauvau dans son acrobatique nomenclature « divers gauche », Libé croit tenir un scoop : « Les listes Front de gauche et communistes soutenues par Pierre Laurent seront absentes dans l'Oise, l'Yonne et la Drôme ». Vrai/faux ? Faux : le PCF et le Front de gauche en alliance avec EELV présentent des binômes dans 100% des cantons de l’Oise, dans 80,95% des cantons de l’Yonne et dans 89,47% de ceux de la Drôme.

Si Libération avait vraiment voulu faire un travail « désintox », il aurait du commencer par se poser la question suivante : Pourquoi le ministère a-t-il rendu public la liste des candidats avec leur date de naissance, leur profession mais sans l’étiquette politique individuelle alors que cette information a été donnée par l’ensemble de nos candidates et candidats ?

La vérité est que l’étiquetage des binômes a été fait arbitrairement par le ministère sans l’accord des candidats et sans que les préfectures ne puissent rien y faire. Le problème dépasse très largement le cas des binômes Front de gauche/EELV. Et c’est pourquoi, pour ne pas être pris la main dans le sac, le ministère a publié des listings faisant disparaître l’étiquetage individuel des candidates et candidats.

Le PCF met au défi le ministère de publier le listing des candidats avec leur étiquette. Alors que tout est fait pour occulter les enjeux réels de cette élection, que tout tourne autour du FN (le « désintox » de Libé se conclut par « Le FN peut pavaner »…), il est encore temps de réagir en commençant par donner des informations sur la réalité du paysage politique.

Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF

Olivier Dartigolles

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4 mars 2015 3 04 /03 /mars /2015 03:45

Discours d’ A. Tsipras au Comité Central de SYRIZA


Camarades,
Nous sommes au début d’un long et difficile combat,
unis non seulement par le programme sur lequel le peuple grec nous a accordé sa confiance, mais
aussi par les principes, les valeurs fondamentales, les idées et l’histoire de la gauche,
par notre volonté de servir le peuple et le pays,
par nos relations franches et ouvertes avec les travailleurs, avec ceux qui créent et inventent
l’avenir
par notre attachement à la démocratie et à la justice sociale,
par la mobilisation solidaire du peuple autour de revendications mûres, qui donnent son vrai sens
au mot progrès.
Et pour qu’il n’y ait pas de confusion – je tiens à dire clairement que :
Si nous représentons le nouveau, le « sans précédent », l’espoir de changement, cela ne signifie pas
pour autant que nous sommes nés de la dernière pluie.
Nous avons l’ancienneté et l’expérience de notre parti, de ses combats, de sa longue histoire.
Nous avons fait nos preuves dans des périodes difficiles.
Et aujourd’hui, quoi qu’il arrive, nous n’allons pas transiger avec nos principes et nos valeurs,
ni reculer devant les difficultés en trahissant nos engagements.
Tous ceux qui l’espèrent seront déçus.
Et laissez­moi vous rappeler un conseil de nos maîtres à penser l’émancipation sociale :
Notre combat politique a comme point de départ des principes et des valeurs immuables
mais il ne les vide pas de leur contenu par une aveugle obstination.
Nous avons toujours été, et nous le sommes encore davantage aujourd’hui, obligés de servir
ces principes et valeurs, en élaborant une tactique efficace et intelligente, qui tient compte
des rapports de force, des dispositions des travailleurs et du peuple, de notre marge de
manoeuvre à chaque instant et à chaque détour, des impératifs de notre pays.
Ce discernement est la vertu principale dans une situation comme celle d’aujourd’hui, où SYRIZA
est confronté à un défi sans précédent:
Promouvoir le changement social et politique, en assumant des responsabilités gouvernementales
et non pas en force revendicative d’opposition.
Vous savez ce que cela signifie, camarades.
Cela veut dire que chaque décision, chaque évaluation de nos actes, chaque attitude, chaque
position publique a des répercussions non seulement sur l’image actuelle de la gauche et sur son
avenir, non seulement sur l’ensemble des mobilisations progressistes, mais aussi sur le présent et le
futur de notre pays et de notre peuple.
C’est une responsabilité inédite, dans une situation entièrement nouvelle.
Et je suis certain que nous sommes capables d’assumer avec le soutien de notre peuple cette
responsabilité.
Camarades,
Cela fait à peine un mois que le peuple grec a confié à SYRIZA un mandat gouvernemental.
Un mois qui a bousculé les codes et les vieux usages, les tabous politiques et idéologiques.
Et il serait souhaitable de ne pas perdre de vue le tableau d’ensemble:
Notre pays et notre gouvernement se sont trouvés au centre des préoccupations européennes et
mondiales.
La Grèce a cessé depuis les premiers jours du nouveau gouvernement d’être considérée comme un
paria, qui reçoit des ordres et applique des mémorandums.
Le peuple grec a le sentiment qu’il retrouve la dignité qui lui a été contestée et outragée.
L’opposition à l’austérité a été mise au centre de tous les débats.
La crise humanitaire, les personnes qui souffrent, que nous représentons dans les débats, ne sont
plus considérés comme de simples chiffres sans dimension humaine.
Nous avons trouvé des alliés dans notre combat de dénonciation d’une crise auto­alimentée.
Nous avons reconquis le droit fondamental que dispose chaque peuple libre de discuter de son
avenir.
De décider de son avenir.
Nous avons prononcé non pas un, mais plusieurs NON, en quelques jours, malgré les pressions
qui sont devenues quelques fois épouvantables en revêtant le caractère du chantage.
Et après ces épreuves nous en arrivons à une première conclusion politique :
Aujourd’hui l’étendue de la liberté d’action de notre gouvernement et de notre pays s’est élargie.
L’affranchissement des mémorandums et des désastreuses politiques d’austérité ne sont plus
uniquement l’objet d’un désir exalté tel qu’il a été exprimé par le résultat des urnes électorales.
Notre gouvernement en a fait un acte politique, en affirmant sa « légitimité » tant au niveau de
l’opinion publique européenne qu’au niveau des institutions européennes, par sa mise en œuvre en
tant que sujet de négociation et de confrontation politique.
Et les premiers pas ont été franchis dans la voie de l’affranchissement sur laquelle SYRIZA s’est
engagé en assemblant notre peuple.
Ce n’est pas pour nous gratifier des compliments ni pour embellir la dure réalité en falsifiant la
vérité que nous dressons ce constat politique.
Les subterfuges ne trompent pas notre peuple et sont aux antipodes de la culture de notre parti.
En revanche, ce constat contribue à l’éclaircissement de notre conduite actuelle et future, puisque
l’amélioration de notre position et de la situation d’ensemble nous permettra de revendiquer et
d’appliquer l’autre politique que nous souhaitons et nous avons promise.
Est­ce que les circonstances sont difficiles?
Oui, des grandes difficultés se dressent devant nous, car tous les jours nous livrons de nouveaux
combats et les plus grands sont ceux à venir. Mais nous nous préparons en améliorant nos positions
et la situation d’ensemble en vue d’atteindre nos buts.
Il est donc clair qu’aujourd’hui :
La troïka a pris fin.
Et tant pis, si certains voient la troïka à la place de la Commission européenne ou des institutions
européennes et internationales avec lesquelles nous collaborons et nous discutons bien sûr, puisque
nous appartenons à la zone euro.
La troïka en tant que mécanisme de supervision et de domination extra­institutionnel, arbitraire, et
sans légitimité démocratique, est formellement terminée.
Et cette mission a été accomplie par le nouveau gouvernement grec.
Il est également clair que :
Les mémorandums appartiennent au passé. Et ceci est attesté par la lecture de fond et de forme de
l’accord de prêt puisqu’ils ne font pas partie du texte adopté et parce que les mesures absurdes de
l’austérité ne figurent plus dans notre nouvel accord.
Ce nouvel accord obtenu après une série de négociations difficiles démontre non seulement la
persévérance des dogmatiques de l’austérité mais aussi la détermination de notre gouvernement
d’en finir avec leurs dogmes.
Mais je voudrais remarquer que si le comportement des anciens gouvernants qui prétendent que
nous continuons dans leur voie paraît plutôt comique, entendre des discours dénonciateurs qui
déforment la réalité prononcés par des représentants des forces politiques de la gauche emportés
par une naïveté révolutionnaire est en revanche triste et consternant. [….]
Bien sûr, il y a et il doit y avoir des avis et des jugements différents, des discussions, des réserves,
des désaccords.
Bien sûr, il y a et il y aura des attaques de la part de nos adversaires en Europe et en Grèce.
Mais nous avons le devoir envers notre peuple, envers les peuples de l’Europe qui nous regardent
attentivement avec un sentiment d’espérance, envers les mouvements qui luttent pour le
renversement de l’austérité, de dévoiler et de défendre la vérité.
Alors, quelles sont les vérités sur les négociations qui ont conduit à l’accord­pont ?
Première vérité : Nous sommes arrivés dans une zone minée. Des pièges nous ont été tendus par
les forces conservatrices les plus agressives de l’Europe avec la collaboration du gouvernement
Samaras pour provoquer notre naufrage avant même de gouverner.
Leur dessein était l’asphyxie financière et le renversement de notre gouvernement en faisant de la
victoire de Syriza une simple parenthèse antimémorandaire.
Nous nous sommes trouvés coincés par des délais prémédites très courts.
Avec les caisses vides et les banques à court de liquidités.
Avec l’héritage des engagements du gouvernement précédant et les accords passés avec ses
protecteurs.
Avec le couteau de l’asphyxie financière sous la gorge.
Ils avaient tout préparé pour entraîner notre naufrage, et celui du pays aussi.
Mais ils n’avaient pas prévu :
que notre victoire serait très proche de la majorité absolue,
que nous serions capables de former un gouvernement très rapidement sans avoir recours à eux,
que nous aurions un soutien populaire sans précédent après les élections, une mobilisation
populaire pour soutenir notre combat pour la dignité et la souveraineté d’une ampleur jamais vue
depuis la période de la Résistance Nationale.
Ces imprévus ont annulé leurs desseins en nous donnant cette marge de liberté qui nous a permis
d’éviter de tomber dans leur piège.
Deuxième vérité :
Nous avions prévu avant les élections les difficultés, mais l’estimation théorique des obstacles
n’est pas suffisante. Il faut du temps et des moyens de gouvernance pour y faire face.
Et nous, nous avons dû réagir avant même l’ouverture du nouveau Parlement : Nous n’avions donc
aucune autre arme que notre détermination à obéir à la volonté du peuple telle qu’elle a été
exprimée dans les urnes.
Troisième vérité :
Nous avions compris à juste titre que la crainte d’une déstabilisation générale causée par
l’éventualité d’un échec l’emporterait sur les projets orchestrés par les forces conservatrices en
Europe.
Cette inquiétude a conduit les grands pays comme la France, les États­Unis, la Chine, et d’autres,
dans une position plus positive et responsable par rapport à l’axe de l’austérité européenne en nous
permettant de promouvoir nos arguments.
Cependant, nous avons dû faire face à un axe de forces politiques animé principalement par les
Espagnols et les Portugais, qui pour des raisons politiques évidentes ont tenté de mener les
négociations à l’échec, en prenant le risque de créer un incident au niveau international, afin
d’éviter des perturbations politiques à l’intérieur de leurs pays.
Que pouvons­nous donc conclure de ces vérités?
Il y a eu un projet qui a été fait avec la collaboration du premier ministre grec sortant qui n’a pas
hésité au moment où la Grèce entamait des négociations cruciales de signer des résolutions dans le
cadre du Parti Populaire Européen à l’encontre de son propre pays.
Ce projet visait et vise toujours à conduire le gouvernement à l’impuissance ou à la capitulation
avant que celui­ci fasse la preuve de ses capacités, avant que le paradigme grec ait des
répercussions sur le rapport de forces politiques dans d’autres pays, et surtout avant les élections en
Espagne. C’est à dire : créer des pressions qui nous conduisent à des concessions inacceptables
sous la menace de l’asphyxie financière. Provoquer la déception afin de nous priver du soutien
populaire. Utiliser l’asphyxie financière pour susciter le mécontentement populaire.
Leur objectif était de nous obliger à participer à une formation gouvernementale d’une moralité et
d’une légitimité politique douteuse à l’instar du gouvernement Papadimos.
Ou alors de nous renverser en mettant une fin à nos revendications politiques qui leur font tant
peur.
Laissez­moi, là encore, ajouter un commentaire: Ces projets qui visaient à conduire non seulement
SYRIZA mais aussi la Grèce « sur le lit de Procuste » étaient fondés sur la surestimation aveugle
de leur force, sur l’incompréhension des données concrètes concernant la Grèce et la force de sa
gauche, sur la sous­estimation de notre détermination et de notre résilience.
Habitués à des échanges avec des représentants serviles de l’establishment mémorandaire, ils ont
été surpris par notre NON prononcé à la première réunion de l’Eurogroupe. Et fort irrités par notre
deuxième NON à la réunion suivante, ils ont lancé un ultimatum. Mais notre refus de céder au
chantage de l’ultimatum a mobilisé d’autres forces politiques européennes qui sont intervenues en
défendant la voie de la raison.
Notre peuple aussi est intervenu efficacement en manifestant et en se mobilisant. Une vague de
soutien international a été suscitée d’une ampleur jamais vue depuis l’époque de la dictature.
Et c’est ainsi que nous sommes arrivés à un compromis qui nous a permis de retrouver notre
souffle et d’éviter les pires scénarios qui auraient des conséquences désastreuses aussi bien pour la
Grèce que pour l’Europe.
[….]
Camarades,
permettez moi de vous rappeler les objectifs principaux de cette négociation :
La dissociation de l’accord de prêt des mémorandums.
Un accord­pont intermédiaire qui nous offre le temps et l’espace nécessaires pour mener la
négociation principale qui porte sur la dette publique et appliquer une politique de croissance en
dehors du marécage de l’austérité.
Mais ce n’est pas seulement le piège tendu que nous avons réussi à éviter. Nous avons obtenu la
fin formelle et matérielle du mémorandum.
Les exigences [de la troïka] dictées par courrier électronique à [l’ ancien ministre des finances]
Hardouvelis ont disparues de la table des négociations. – Et vous vous rappelez du caractère et la
dureté de ces mesures!
Nous avons obtenu la fin de la troïka.
A partir de maintenant, nous ne traiterons plus nos affaires avec des employés, mais avec la
Commission et les institutions qui par leur caractère proprement politique sont obligées dans le
cadre de leurs fonctions et de leurs entretiens d’adopter des critères qui ne sont pas exclusivement
technocratiques mais aussi politiques.
Nous avons obtenu la fin des excédents irréalistes et inatteignables qui sont le synonyme et la base
de l’austérité et nous avons pu protéger les banques.
Ainsi, les banques sont restées ouvertes et la sécurité du système financier dans son ensemble a été
préservée.
Camarades,
Nous n’avons pas d’illusions. D’ailleurs, nous n’avons le droit d’en avoir.
«Nul répit, pas d’interruption, pas de trêve».
Nous n’en sommes qu’au commencement.
Nous avons franchi le premier pas, mais plein d’autres questions nous attendent:
Augmenter les revenus des fonds publics.
Remettre debout une société ravagée par cinq années de sévices.
Surmonter les pressions et les chantages qui seront encore exercés sur notre gouvernement.
Nous sommes conscients de nos responsabilités et notre combat sera long et constant.
Mais je suis optimiste et je crois que nous pouvons surmonter tous les obstacles en profitant du
« souffle » que nous avons obtenu pour matérialiser rapidement nos engagements prioritaires.
En coordonnant toutes nos forces, avec le soutien du peuple, avec l’énergie de notre volonté et de
notre travail assidu, nous pourrons transformer l’accord de prêt en tête de pont vers le grand
changement.
Vous savez que nombreux sont ceux qui ont misé sur un troisième mémorandum avant fin Juin.
Ils seront démentis une fois de plus.
Les mémorandums sous n’importe quelle forme possible ont pris fin le 25 Janvier.
Ce que nous cherchons – et ce à quoi nous nous préparons en employant toutes nos capacités –
est d’arriver avec nos partenaires à un accord mutuellement acceptable qui permet de dégager
définitivement notre pays d’une tutelle aussi étouffante qu’humiliante.
Un accord qui rendra socialement durables nos engagements financiers en nous permettant de
renouer avec la croissance, la normalité et la cohésion sociale.
Nous entrons maintenant à une période de travail constructif.
Hier, j’ai annoncé au Conseil des ministres le dépôt des premiers projets de loi pour inverser la
situation actuelle.
Le premier projet concerne les mesures qui seront prises pour remédier à la crise humanitaire.
Le deuxième concerne le règlement des dettes échues envers l’État et les fonds publics.
Le troisième concerne la protection de la résidence principale et sera déposé dès la semaine
prochaine, afin de mettre un terme à l’angoisse de centaines de milliers de nos concitoyens, des
travailleurs et des retraités qui risquent de perdre leur maison.
La semaine prochaine également, le jeudi 5 Mars, nous déposerons le projet de loi pour la
réouverture de ERT [radio télévision publique].
En même temps, nous déposerons une proposition concernant la création d’une commission
d’enquête, afin d’examiner les raisons et les circonstances exactes qui ont conduit notre peuple dans
cette mésaventure.
Voilà les premières interventions parlementaires et législatives de notre gouvernement de salut
social.
Et nos réformes législatives vont se poursuivre jusqu’à l’éradication complète des problèmes de
l’opacité de la vie publique, de la corruption et des conflits d’intérêts.
Toutefois, l’œuvre gouvernementale ne peut pas se limiter à l’œuvre législative.
Dès la semaine prochaine nous commençons un marathon de réformes afin de rationaliser
l’administration publique et faciliter la vie des citoyens.
Ces premières mesures illustrent déjà les principes de l’orientation générale de nos réformes.
Mais je voudrais aussi parler d’une autre mesure phare qui manifeste de façon exemplaire le
passage à la période postmémorandaire : Nous avons décidé de révoquer le permis de recherches et
d’exploitation de l’usine de Skouries afin de défendre, de la manière la plus efficace possible, deux
grandes priorités de notre gouvernement: l’environnement et l’intérêt public.
Et notre réponse aux réactions suscitées par notre décision est simple et sans équivoque:
Si le peuple nous a accordé sa confiance, c’est parce que pour nous, les employés, le
développement productif progressif, l’environnement et l’intérêt public, sont au­dessus des intérêts
commerciaux, aussi grands qu’ils soient et aussi importants qu’ils soient leurs réseaux d’influence.
Camarades
Face au changement de circonstances
que faire?
Notre œuvre gouvernementale sera déterminante pour l’avenir de notre pays.
Mais le rôle de notre parti est aussi essentiel.[….] Nous avons besoin d’un parti qui surveille et
critique notre action tout en faisant preuve de responsabilité, d’un esprit méthodique qui juge en
tenant compte de tous les paramètres. […]
Esprit d’équipe, bon sens, adaptabilité, engagement, résistance, pensée critique sont les qualités
qui vont nous permettre de marquer l’idée du progrès dans la conscience collective, dans l’histoire
de notre société et de notre pays.
Et cela mérite des efforts et des sacrifices !

source syriza.gr

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Published by bruno fornaciari - dans grece EUROPE
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BRUNO FORNACIARI

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