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12 mai 2015 2 12 /05 /mai /2015 10:12
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11 mai 2015 1 11 /05 /mai /2015 20:15

70 eme anniversaire de la sécurité sociale


RETABLISSONS LA VERITE HISTORIQUE


Prenons les devants.... Lors de l'hommage national du 70ème anniversaire de la sécu ( si jamais il est rendu!!!!!...), attendez vous encore et ceci malgré l'énorme travail fait pour rétablir l'histoire, à ce qu'ils disent que la sécu a été fondée par Pierre Laroque. ( Ainsi qu’il est dit souvent…). Ce qui est curieux c'est que lorsque l'on évoque une loi, on lui donne toujours généralement le nom du ministre qui l'a promulguée et non du fonctionnaire qui a participé à sa mise en place: Ainsi dit-on :Loi Macron, Loi Juppé ou Loi Weil par exemple. Et bien non, là on vous dira loi Laroque qui n'était que le fonctionnaire de Croizat ( directeur de la sécu). Ben, tiens, on ne va pas donner à une institution enviée dans le monde entier et que socialistes, patrons et droite s’évertuent à casser, le nom d'un ministre communiste.


Et pourtant c'est lui, lui le bâtisseur de ce beau conquis social de janvier 1946 à juillet 1946 alors qu'il est ministre du travail et de la Sécurité Sociale ( de novembre 1945 à mai 1947) , On vous parlera encore d’une création de De Gaulle... oui mais, voilà, De Gaulle avait déjà démissionné ( 15 janvier 1946) lorsque Croizat, après avoir conçu les lois ( de création de la sécu ( mai, juin 1946) ) , mit en place les 138 caisses avec la CGT et le peuple de France. (Malgré l’opposition violente de la droite, des assurances privées, des médecins, des patrons, des notables mutualistes, de la CFTC.)
De plus De Gaulle sera le premier à la casser en octobre 1967 avec les ordonnances Jeanneney qui suppriment les élections démocratiques des caisses, divisent la sécu en trois branches et établissent le paritarisme qui donne la gestion aux patrons.
Juste une petite vérité a rétablir: Pierre Laroque n'est que le commis d'écriture qui mit en forme l'ordonnance portant création de la sécu du 4 octobre 1945. Cette ordonnance est une émanation directe du CNR et de la réflexion et conception collective menée sous la maîtrise d'oeuvre de Croizat dès sa nomination comme président de la Commission du Travail à l'assemblée consultative ( juin 1943) du Gouvernement provisoire à Alger. Et ceci en lien très actif avec les services du ministère de la Santé dirigé par François Billoux, autre ministre communiste, jamais évoqué lorsque l’on parle de la sécurité sociale.


Pierre Laroque ne prendra d’ailleurs ses fonctions qu’en septembre 1944. C'est sûr qu’il est difficile d'admettre la réalité de l’Histoire et surtout l'actualité brûlante et la modernité d'un homme comme Ambroise Croizat à l'heure où droite, patronat et socialistes veulent privatiser ce bien national qu'est notre belle sécurité sociale.
Le meilleur hommage que nous pouvons rendre à Ambroise Croizat et pour ce 70eme anniversaire est de nous battre sans cesse partout pour que la securité sociale ne soit pas une coquille vide livrée au privé mais qu’elle reste ce que Croizat et le peuple de France qui l’ont bâtie ont voulu qu’elle soit : un vrai lieu de solidarités, un rempart au rejet, à la souffrance et à l’exclusion


Amities a tous
MICHEL ETIEVENT

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11 mai 2015 1 11 /05 /mai /2015 10:43

Les sales affaires du Front national et des Le Pen

BENJAMIN KÖNING

JEUDI, 7 MAI, 2015

HUMANITÉ DIMANCHE

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David Rachline, sénateur du FN, Marion Maréchal-Le Pen, députée, et Joris Hébrard, maire invalidé au Pontet (84).

Photo : Bertrand Langlois/AFP

Ils se posent en incorruptibles chassant les « élites corrompues». Mais les juges s’intéressent aux malversations accumulées par le FN: du père, poursuivi pour non-déclaration d’un pactole de 2,2 millions d’euros, à la fille qui semble exceller dans les financements occultes. Et, une fois de plus, les violences des militants, lors de son rassemblement du 1 er mai, rappelle la vraie nature du FN.

C’est l’histoire d’un petit clan de bourgeois châtelains, riches à millions, qui se présentent comme des « représentants du peuple », incorruptibles en guerre contre tous ces « pourris». « Tête haute et mains propres », répètent en boucle depuis des décennies le fondateur du Front national et son héritière, M me Le Pen.

Longtemps, les affaires et les scandales financiers ont touché de nombreux dirigeants du PS et du RPR, puis de l’UMP: Urba, HLM de Paris, DSK, Tapie, Clearstream et, plus récemment, Cahuzac ou Bygmalion. Autant de symptômes de la corruption et de l’affairisme d’une classe dirigeante discréditée qui permettaient au FN de capitaliser sur cette image de blanche colombe. Une image qui pourrait bien s’effriter ... car, depuis 2013, plusieurs affaires concernent directement le FN, sa présidente et plusieurs de ses proches. À commencer par son père.

LE GOÛT DE L’OR

Les premières années de l’ascension politique de Jean-Marie Le Pen avaient déjà été émaillées de doutes quant à son patrimoine. Notamment sur l’origine d’une partie de sa fortune, héritée dans des conditions troubles du cimentier Lambert dans les années 1970. En 1981, déjà, l’ouverture d’un compte en Suisse avait mis la lumière sur ses millions, sans qu’on puisse prouver une fraude fiscale. Mais, cette fois, l’étau se resserre depuis l’ouverture d’une enquête par le parquet de Paris, fin 2013. Et, comme Mediapart le révélait le 28 avril, Jean-Marie Le Pen détenait, via son majordome, 2,2 millions d’euros, dont 1,7 million d’euros déposés en lingots d’or, dans un trust géré depuis la Suisse.

D’autant qu’il a omis de faire figurer sur sa déclaration de patrimoine l’achat de lingots à Paris ... Un goût pour l’or qui s’explique par sa certitude d’un effondrement prochain de l’euro. Ces non-déclarations devraient lui valoir une nouvelle enquête, qui s’ajouterait à celle sur son patrimoine. Le lien avec M me Le Pen existe: elle est la secrétaire générale du microparti Promelec, dont le trésorier n’est autre que ... le fameux majordome de son père. Elle n’a pourtant pas hésité à déclarer, le 29 avril, à propos de cette affaire: « Je ne suis au courant de rien, c’est l’affaire personnelle de Jean- Marie Le Pen. » Ou comment se dédouaner en mettant tout sur le dos de « papa».

MÉCANISME BIEN RODÉ ET KITS DE CAMPAGNE

C’est l’affaire la plus importante, car elle concerne tout l’état-major du FN: un système de financement occulte est peu à peu révélé par l’enquête ouverte en avril 2014, et dont l ’« HD » rend régulièrement compte. À l’origine de cette affaire potentiellement explosive pour le FN puisque M me Le Pen elle-même pourrait être atteinte, un signalement de la commission des comptes de campagne, début 2014. Les juges d’instruction Aude Buresi et Renaud Van Ruymbeke ont alors ouvert une enquête pour financement illégal, en avril de la même année, portant notamment sur les élections présidentielle et législatives de 2012.

Et le 9 mars dernier, les deux juges ont élargi l’enquête aux faits de financement illégal de parti politique – acceptation par un parti d’un financement provenant d’une personne morale – et financement illégal de campagne électorale. Le mécanisme, bien rodé, est le suivant: Jeanne, un microparti fondé en 2010, achète des « kits de campagne » à Riwal, une société de communication dirigée par Frédéric Chatillon, un ancien du groupe identitaire GUD (Groupe Union Défense) et proche de M me Le Pen.

« JE NE SUIS AU COURANT DE RIEN », OSE M ME LE PEN À PROPOS DE SON PÈRE ET DE SES NONDÉCLARATIONS FISCALES.

Puis, le microparti revendait ces kits de façon obligatoire aux candidats du FN, qui réglaient les factures en contractant un prêt à 6,5 % d’intérêts ... octroyé par Jeanne. Et le microparti empochait ces intérêts, tandis que les candidats ayant dépassé les 5 % des voix intégraient le remboursement du prêt dans leurs comptes de campagne. Et c’est l’État qui payait la note au final ... En 2012, Jeanne avait ainsi collecté près de 9,6 millions d’euros! Outre Frédéric Chatillon, plusieurs autres proches de M me Le Pen ont été mis en examen, à commencer par Olivier Duguet et Axel Loustau, les trésoriers successifs de Jeanne.

Et, selon « le Monde », la présidente du FN et deux de ses proches, David Rachline (sénateur et maire de Fréjus) et Nicolas Bay, sont aujourd’hui visés par l’enquête. Fidèle à la tradition de l’extrême droite, M me Le Pen a dénoncé un complot orchestré par « le pouvoir socialiste (qui) ne manque pas d’imagination face à son opposition politique». Une accusation que va sans doute apprécier Renaud Van Ruymbeke, qui avait enquêté au début des années 1990 sur le financement occulte ... du PS, dans l’affaire Urba.

L’UE, LA VACHE À LAIT

Il faut croire que la « bureaucratie européenne » dénoncée en permanence par M me Le Pen a du bon, finalement. « Il faut mettre à bas l’UE! » proclamait-elle encore en mars 2014. Mais, avant cela, il faut profiter au maximum de l’argent que l’UE met à la disposition des députés européens pour payer leurs collaborateurs, soit 21 000 euros par mois par élu.

Or, sur les 63 assistants parlementaires européens que compte le FN, une vingtaine occupent des fonctions officielles au siège du parti, à Nanterre, et 31 ont des responsabilités diverses au sein du FN. En clair, l’argent de l’Europe sert à payer des dirigeants frontistes qui ne travaillent pas sur les sujets examinés par le Parlement européen, ni ne mettent les pieds à Strasbourg. Là encore, M me Le Pen a dénoncé une « opération politique » lors de l’ouverture de l’enquête pour abus de confiance par le parquet de Paris.

DES MAIRES PAS CLAIRS

Sur les 10 mairies conquises par le FN en 2014 (auxquelles il faut ajouter Béziers, dirigée par Robert Ménard), l’une a vu son élection définitivement annulée et une autre pourrait bientôt l’être. La première, Le Pontet (Vaucluse), pour des problèmes de signature sur les listes d’émargement. La seconde, Hayange (Moselle), est dirigée par Fabien Engelmann – toujours « conseiller social » de Mme Le Pen.

Il a été mis en examen pour ses factures de campagne. Ses comptes ont été rejetés par le tribunal de Strasbourg, qui l’a condamné pour manquement aux règles de financement des campagnes électorales. Ayant fait appel, il est toujours maire ... pour l’instant. Reste la question centrale: ces multiples scandales peuvent-ils détourner une partie des électeurs du FN séduits par le discours anticorruption de ses dirigeants ? Rien ne permet de l’affirmer, tant le vote FN semble amalgamer, parfois de façon irrationnelle, de nombreux mécontentements.

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2 mai 2015 6 02 /05 /mai /2015 09:21
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1 mai 2015 5 01 /05 /mai /2015 08:12

Édition : La Revue du Projet

Le PCF et l’Europe, quelle souveraineté dans une union de nations ?, Patrick Le Hyaric

30 AVRIL 2015 | PAR LA REVUE DU PROJET

  • La nation est le cadre vivant de l’expression démocratique, l’espace privilégié des luttes, des rassemblements et du combat politique. Elle est un outil précieux dans le cadre d’une coopération internationale et de la solidarité internationaliste pour ouvrir des brèches face aux politiques libérales.

Entretien avec Patrick Le Hyaric*

Lors de sa dernière convention nationale sur l’Europe, le PCF a choisi de redéfinir son projet européen comme celui d’une « union de Nations et de peuples souverains, libres et associés ». Qu’entendez-vous par là ?

Favorables à la construction européenne, nous voulons profondément la transformer. Les peuples se détourneront de plus en plus d’une Europe qui se fait sans eux et contre eux. On est passé de l’idée de Communauté européenne au concept politique d’« Union européenne ». Cela signifie une intégration toujours plus poussée sur la base de politiques unifiées, uniques, régies par deux traités, le traité de Maastricht et de Lisbonne, complétées par le traité budgétaire et le pacte dit « Euro Plus » (voir le Le pacte des rapaces, éditions de l’Humanité). On voit ainsi comment les institutions européennes pilotent nos politiques budgétaires et monétaires et déterminent des choix quotidiens comme, par exemple, avec la loi Macron qui découle du pacte « Euro-plus ». Ce sont des instances supranationales, non élues au suffrage universel, comme la Commission de Bruxelles, la Cour de Justice et la Banque centrale européenne, qui gouvernent le dispositif.

L’actuelle construction européenne se fait donc contre la souveraineté populaire, au service de la finance et du capital international. Notre objectif de refondation vise à renverser ce type de construction à partir du respect des spécificités historiques, culturelles, politiques de chaque nation. Chacune d’elle serait dans une démarche d’union choisie parce que bénéfique pour tous, respectueuse de la singularité de chacun et, en même temps, porteuse de ce que les nations auront librement décidé de faire solidairement ensemble. Le contraire d’une uniformisation qui, comme on le constate, conduit à une exacerbation des nationalismes. Cela suppose, à l’échelle du continent, d’inventer des procédures démocratiques qui permettent aux citoyens, dans leur cadre national, de choisir librement ce qu’ils veulent réaliser en commun. Ce processus est à l’opposé de la mise en concurrence actuelle.

Prenons la question essentielle des services publics. Alors que la conception française du service public s’est traditionnellement référée aux principes d’égalité, de continuité et d’adaptabilité, une autre logique lui est opposée. Cette logique est de nature essentiellement économique et financière, c’est l’option d’une économie de marché et de concurrence dont les critères sont essentiellement monétaires comme le taux d’inflation, les fluctuations monétaires, les déficits des finances publiques, les taux d’intérêt à long terme, les taux de rentabilité. Cette conception ne permet pas de garantir le respect de l’idée d’intérêt général et du principe d’égalité, qui se retrouvent indexés aux dogmes ultralibéraux inscrits dans les traités, et ainsi relégués aux marges des politiques menées par les institutions européennes. Il en est de même des enjeux de l’accès au crédit pour un nouveau développement humain. La Banque centrale européenne ne se fixe pas cet objectif mais celui « prioritaire pour elle », de la valeur de la monnaie unique comme outil de spéculation. Dire cela ne signifie pas que nous voulions imposer aux autres notre conception mais que nous voulons que les autres peuples puissent avec nous dégager des principes communs pour que la vie s’améliore pour toutes et tous, que l’environnement soit sauvegardé.

Nul ne doit être entraîné dans un engrenage aboutissant à un type de société violant ses choix fondamentaux et les droits humains à vivre mieux. Tous doivent pouvoir s’engager dans tel ou tel champ de la politique européenne si et seulement si ils en ont choisi souverainement le cadre et la finalité. Une clause de sauvegarde permettrait à un peuple souverain de se soustraire d’un pan de la politique européenne ou d’une directive, dès lors qu’il considère qu’elle remet en cause ses choix souverains.

Cela ne l’empêcherait pas de poursuivre les débats voire les négociations avec les autres États pour des projets communs. Les parlements na­tio­naux seraient impliqués en amont de l’élaboration des lois et règles européennes. Un tel projet implique nécessairement de profon­des transformations structurelles et institutionnelles.

Comment, dans la forme que vous avez définie, parvenir à unir les peuples européens autour de projets et d’objectifs communs ?

De nombreux enjeux auxquels sont confrontés les citoyens de tous les pays européens leur sont communs et nécessitent des projets coopératifs. De grandes questions ne peuvent être résolues qu’à l’échelle du continent : mouvements migratoires internationaux, défi climatique, développement industriel selon des principes écologiques, nouveaux choix agricoles et alimentaires, développement numérique, création monétaire au service d’un nouveau développement hu­main, mais aussi droits nouveaux des salariés dans les comités de groupes, transition énergétique et autonomie énergétique, ou encore nouvelles coopérations avec les pays du Maghreb et de l’Afrique. Ce ne sont là que quelques exemples. J’y ajouterai l’indispensable projet de faire de l’avenir de la petite enfance et de la jeunesse une grande cause européenne. Prise sous cet angle, la construction européenne n’est pas un pis-aller subi mais bien une nécessité choisie.

Une des conditions de la réalisation de ces objectifs est évidemment le respect des choix démocratiques de chacun des peuples qui composent l’Union. À l’opposé de l’actuelle situation, l’exercice partagé de la souveraineté des nations peut et doit permettre l’émergence de grands projets européens, utiles, créateurs d’emplois. À la condition qu’ils fassent l’objet d’une concertation préalable, non seulement avec les parlements nationaux mais aussi avec les assemblées locales, les citoyens, particulièrement celles et ceux qui s’organisent en associations ou en syndicats. C’est le ciment du principe coopératif que nous avons à cœur de substituer au règne de la compétition de tous contre tous, dont on voit bien actuellement qu’elle est la loi d’airain qui permet la mise au pas de certains pays au profit des plus puissants. Bref, la démocratie serait un facteur d’efficacité sociale, économique et écologique. Une confiance mutuelle peut alors s’instaurer entre les peuples et fédérer une espérance commune à l’échelle du continent.

La victoire de Syriza en Grèce s’est faite dans un cadre national. Est-ce à dire que seul le cadre national est susceptible de permettre l’émergence de politiques de progrès social ?

Il y a une tension entre le cadre national et les institutions européennes qui n’est pas due à l’idée de la construction européenne, mais aux politiques mises en œuvre au nom de l’Union européenne – qu’on confond trop souvent avec tout projet européen – et à des conceptions qui n’ont plus rien à voir avec l’esprit de solidarité et de coopération. On a vu comment, en quelques semaines, le gouvernement Syriza a ouvert un débat fondamental sur la sortie de l’unicité des politiques imposant l’austérité, le chômage, la précarité de vie. L’enjeu de la solidarité des salariés, des privés d’emploi, des créateurs, des petites entreprises, des autres pays est considérable pour le peuple grec certes, mais pour tous les peuples européens.

Les cadres nationaux en Grèce, en Espagne, en Irlande, au Portugal, en Italie ou en France, s’alimentent l’un et l’autre comme les maillons d’une chaîne qui un à un se brisent pour faire émerger une autre cohérence européenne. En ce sens, la réussite du gouvernement d’Alexis Tsipras intéresse chacune et chacun d’entre nous au nom d’une alternative progressiste possible. C’est d’ailleurs ce que redoutent les puissances d’argent.

Il est donc indispensable de créer un rapport de forces solide et de manifester notre solidarité avec le peuple grec qui traverse et va traverser des moments de forte turbulence sous les coups de boutoir des marchés financiers et de leurs relais politiques.

Agir ainsi, c’est défendre et faire vivre la démocratie. Jusqu’ici la nation reste l’espace privilégié des luttes, des rassemblements et du combat politique. Mais l’horizon d’une coopé­­­­ration internationale et de la solidarité internationaliste me paraît indispensable pour engager le bras de fer avec le capitalisme mondialisé et financiarisé.

On remarquera d’ailleurs avec une certaine ironie que ce sont les adulateurs de l’actuelle construction européenne qui brandissent l’argument – fallacieux qui plus est – des 750 euros que chaque Français devrait payer pour le peuple grec, utilisant par là d’étroits ressorts nationalistes pour briser la solidarité européenne susceptible d’émerger.

La nation est donc le cadre vivant de l’expression démocratique, avec, pour les individus qui la composent, des réflexions qui, et de plus en plus, vont bien au-delà des frontières géographiques. Elle est un outil précieux pour ouvrir des brèches face aux politiques libérales. En même temps, les politiques de progrès social, de développement humain, écologique, imbriquées plus que jamais à l’échelle européenne et planétaire, nécessitent de penser l’intervention citoyenne, sociale et politique, au-delà du cadre strictement national. La pertinence de l’échelon pour mener des politiques de progrès est un vieux débat qui a autrefois divisé le mouvement ouvrier sur la construction du socialisme. Il serait judicieux de repenser cette question à l’aune de la mondialisation et des actuelles mutations du capital et du travail.

« Un peu d’internationalisme éloigne de la patrie beaucoup d’internationalisme y ramène. Un peu de patriotisme éloigne de l’internationale, beaucoup de patriotisme y ramène » clamait Jean Jaurès.

*Patrick Le Hyaric est membre du Comité exécutif national du PCF. Il est responsable du projet européen du PCF et député européen.

Propos recueillis par Clément Garcia.

La Revue du projet n°46, avril 2015.

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1 mai 2015 5 01 /05 /mai /2015 07:35

Questions à Pierre Laurent dans le cadre de sa présence à l'émission de France Inter ce matin 1er mai

Vous recevez Pierre Laurent secrétaire national du PCF ce matin.

1) Je suis adhérent dans les Deux-Sèvres et la direction fédérale nous déni la qualité de communiste à moi-même et à 2 autres camarades, et nous a interdit récemment l'accès à la conférence fédérale. La présence d'un dirigeant national n'y a rien fait. Pierre Laurent couvre-t-il cette décision d'exclusion, et sinon que compte-t-il faire pour que les communistes concernés recouvrent leurs droits de communiste, de s'exprimer et de militer ?

2) Lors d'une visite récente dans le Centre Pierre Laurent a valorisé les investissements dans les énergies renouvelables et les éoliennes et préconisé dans son commentaire, le"remplacement à terme" du nucléaire. Est-ce la nouvelle position du PCF sur le nucléaire ?

3) les derniers votes nationaux internes du PCF ont dénombré un peu plus de 24000 votants.

65000 communistes sont à jour de leur cotisation et auraient pu prétendre à participer à ces votes. En outre le Parti annonce un effectif de 130 000 communistes. Les 65000 qui ne cotisent pas sont-ils aussi pour lui,des communistes ? Pierre Laurent a relever que la présence des organisations du PCF dans les milieux populaires et singulièrement chez les ouvriers était insuffisante. Compte-t-il s'attacher à renforcer le nombre de ces organisations de base dans les milieux populaires et comment ?

Bruno Fornaciari

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BRUNO FORNACIARI

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