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23 avril 2017 7 23 /04 /avril /2017 09:13

Dimanche 23 avril,  les électeurs pourront envoyer au second tour un candidat porteur d’un projet  de transformation sociale. Toutes  les hypothèses de ces huit derniers mois ont été invalidées et, pour la première fois depuis l’avènement de la  Ve République, quatre candidats sont favoris. 

Lisez gratuitement en numérique l'Humanité et l'Humanité Dimanchependant un mois.

Tout reste possible dans une élection qui se joue sur fond de crise démocratique.  Elle offre l’occasion d’en sortir par le haut assure Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, pour qui « les idées de transformation sociale reprennent   le dessus ».

Après huit mois et le lancement de la campagne de la primaire de droite à l'été, les urnes sont sur le point de rendre leur verdict pour l'élection du prochain président de la République. À l'époque, l'hypothèse principale était que le vainqueur de cette primaire, dont Alain Juppé était archifavori, serait le futur président de la République. Si nul n'ignorait déjà le vent de révolte qui soufflait chez les Français, personne n'imaginait que tous les favoris seraient balayés les uns après les autres. « On est en train de vivre un bouleversement politique : ce qui est en train de se passer, c'est une grande secousse dans le peuple pour déverrouiller le système démocratique », argue Pierre Laurent, secrétaire national du PCF. Après une campagne marquée par les affaires de François Fillon et Mme Le Pen, à quelques jours du vote, tout reste possible. Le meilleur comme le pire.
Depuis 1958 et l'avènement de la Ve République, jamais quatre candidats n'ont encore pu prétendre à la victoire finale à quelques jours du 1er tour. Un sondage publié dix jours avant celuici (1) indiquait un écart de seulement trois points entre Emmanuel Macron (22 %), 1er, et François Fillon (19 %), 4e.
Une situation qui témoigne de la décomposition de la Ve République et de la déliquescence du système capitaliste, incapable de satisfaire les besoins du plus grand nombre. Si jusqu'ici cette crise avait profité à l'extrême droite pour apparaître comme la seule alternative, la campagne a bouleversé la donne. Jusqu'à la dernière semaine, la sécurité et le terrorisme n'ont pas dominé les débats comme on pouvait le craindre. S'ils n'ont pas été remplacés pour autant par la question du travail ou la transition écologique, les idées progressistes ont pour la première fois depuis longtemps eu droit de cité. Le travail est entré dans le débat grâce notamment au revenu universel de Benoît Hamon, puis Jean-Luc Mélenchon a porté l'abrogation de la loi El Khomri, la retraite à 60 ans ou le partage du travail. De même, l'investissement public, la mise au pas des banques, le renforcement des impôts pour les plus riches et le capital ont pu être entendus par des millions de Français. « Les idées de transformation sociale reprennent le dessus à gauche et au-delà et peuvent marquer des points décisifs dans cette élection », constate Pierre Laurent.
Reste à transformer l'essai : ce dimanche, les Français auront le choix entre 11 candidats bien sûr, et quatre options principales : celle d'approfondir les politiques sociales-libérales du quinquennat Hollande avec les résultats que l'on sait. Celle de convoquer une droite revancharde, voulant en finir avec le temps de travail et le Code qui protège les salariés tout en prônant une société refermée sur des valeurs ultraconservatrices. Celle de l'extrême droite, dont la conversion sociale cache une soumission aux intérêts du marché, fût-il national, et qui provoquerait des divisions violentes dans la société. Ou bien celle de renouer le fil du progrès social, de la remise au goût du jour de l'idée qu'il n'y a pas qu'une seule politique possible et d'une sortie démocratique et égalitaire de la crise. Pour la première fois depuis longtemps, les électeurs de gauche vont pouvoir voter pour autre chose que pour déterminer les rapports de forces à gauche. Les électeurs communistes, altermondialistes, socialistes authentiques, écologistes peuvent voter pour faire autre chose qu'un vote défensif pour préserver l'idée de la transformation sociale. Pour la première fois depuis longtemps, c'est bien de l'avenir du pays dont il s'agit. « Un candidat qui porte haut les valeurs de justice, d'égalité, d'écologie, de partage, d'humanisme, de paix, porteur de la vielle promesse de république sociale peut être présent au second tour de l'élection présidentielle », argue Alexis Corbière, porte-parole de Jean-Luc Mélenchon.
Pour y parvenir, il faudra convaincre les nombreux indécis. À une semaine du premier tour, 34 % de Français n'étaient pas sûrs d'aller voter, soit près de 16 millions de citoyens. Parmi ceux qui sont certains d'aller voter (66 %), seuls deux tiers sont sûrs de leur vote. Il y a donc 27 millions d'électeurs à convaincre. Jean-Luc Mélenchon est désormais la personnalité politique préférée des Français avec 68 % d'opinions favorables, dont 16 % d'excellentes opinions. Fort d'une image de proximité avec les Français, d'une capacité à exercer la fonction et d'un projet qui séduit, le potentiel électoral de Jean-Luc Mélenchon se situe désormais autour de 25 % (2). Testé au second tour, il serait également un rempart efficace contre Mme Le Pen (60/40) et François Fillon (59/41).

le plein de mensonges

« Cette semaine, c'est là que tout va se jouer », dit-il en exhortant ses soutiens à convaincre et aller chercher une victoire qu'il sent « au bout des doigts ». 
La dynamique qui entoure Jean-Luc Mélenchon depuis plusieurs semaines fait trembler les tenants du système politico-médiatique. « Qu'importe la faisabilité, pourvu qu'on ait l'ivresse », dit, entre autres, Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde ». Ils n'hésitent pas à mentir sur son programme ou à le renvoyer dos à dos avec Mme Le Pen : « Le Pen-Mélenchon même danger», selon « l e Monde », ou « Le Pen-Mélenchon même faillite », dit « le Point ». « Répondez par l'humour », exhorte le candidat. Ces attaques suffiront-elles à dissuader les électeurs ou auront-elles l'effet inverse ? « Jean-Luc Mélenchon est porté par quelque chose de profond, une recherche de solutions progressistes à la crise. Chaque voix exprimera ce désir d'écrire une nouvelle page, aucune ne doit manquer », affirme Pierre Laurent. « Pour que viennent les jours heureux », dirait le candidat.

(1) Ipsos pour « le Monde », 14 avril. (2) BVA, 14 avril.

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Published by bruno fornaciari - dans élections ACTUALITES PCF
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20 avril 2017 4 20 /04 /avril /2017 11:50
Comme plusieurs d'entre vous, j'ai des réserves ou des désaccords sur certaines dispositions du programme, de la stratégie ou de déclaration du candidat Mélenchon. Cependant, j'écoute tous les candidats et force est de constater que celui qui me parait être le plus proche de mes propres convictions s'avère être le candidat que soutient mon parti le PCF. Je note aussi que Mélenchon en s'expliquant davantage s'approche encore d'elle. Bien sûr je peux déplorer que sur la question européenne il fait trop peu de cas à mon avis des interventions citoyennes et politiques des peuples européens et du peuple français lui-même. Oui je pense que la maîtrise de l'économie et de la finance ne peut se régler uniquement par un partage moins injuste des richesses, mais par une vraie maîtrise des banques et du système financier pour avancer sur de nouveaux critères de gestion. Oui, je sais qu'il revendique une stratégie dégagiste (qui pourrait faire ses preuves) en considérant second les partis politiques. Voire. Une réflexion de Mélenchon sur sa péniche appelant les spectateurs à faire et à participer, me laisse penser que les partis politiques ont encore, évidemment ôur moi, un grand rôle à jouer, dans les mobilisations et surtout dans les options politiques. Oui, je peux évoquer encore d'autres sujets qui me grattent.
Mais sur des sujets essentiels, emploi et salaires directs et différés, droits nouveaux des travailleurs, libertés, paix, éducations, investissements publics, préservation de l'agriculture et de l'industrie, élargissement de l'accès à la culture et la protection des artistes... beaucoup de thèmes rejoignent mes préoccupations et y répondent pour partie. C'est faire confiance au peuple, aux débats démocratiques qui enrichiront encore le programme et la pratique. Rien n'est figé. Tout au contraire. Tout devient possible. Les paroles maladroites ou regrettables concernant une majorité sans frondeurs, ne me feront pas dévier de l'essentiel. Eliminer les candidats du libéralisme et de l'aggravation d e la crise pour la grande masse de nos concitoyens. Ouvrir des perspectives enthousiasmantes de progrès sociaux, démocratiques et pacifiques. Mélenchon au 2e tour peut lever l'énergie populaire d'un changement attendu depuis des décennies. Et le rôle des partis qui se présentent comme révolutionnaires n'est-il pas de favoriser le possible aujourd'hui à notre porte? Je me refuse de me décourager en votant inutile ou blanc, ce qui reviendrait finalement à refuser le changement possible même s'il n'est pas tout celui que nous aurions voulu. Mais serait-est-ce un progrès ou un recul ? Bon tout indique, les personnes que je rencontre sont très intéressées, les regards et les décisions de vote bougent, que cela va dans le bon sens. Notre combat en sortira renforcé et validé. La fenêtre s'ouvrira-t-elle sur la lumière ?
C'est de notre responsabilité collective...et personnelle.
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19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 17:30

Article publié dans l’Humanité du 18 octobre 2016

F. Hollande ou E. Macron, il est maintenant évident qu’il y aura un candidat social-libéral l’an prochain. Vu la force de ce courant dans la société comme au sein du Parti socialiste, le contraire aurait été plus qu’étonnant. De son côté, Jean-Luc Mélenchon sera candidat. Et si les conflits internes au PS conduisaient à une candidature supplémentaire – Hamon, Montebourg, Taubira ? – elle ne pourrait que s’ajouter à ces deux-là. L’idée de « rassembler la gauche » autour d’une candidature commune supposée éviter un second tour droite/FN est donc bien, de fait, une hypothèse irréaliste. Elle procède en outre d’une erreur d’analyse. L’extrême droite se nourrit, en France comme ailleurs en Europe, du sentiment qu’il n’y a pas d’alternative de gauche aux politiques néolibérales. D’où les progrès spectaculaires du Front national quand la gauche au pouvoir fait la preuve de son incapacité à faire autre chose que la droite : sous Mitterrand, puis sous Jospin, et maintenant avec Hollande. Rassembler derrière un candidat commun ceux qui ont soutenu les politiques des gouvernements socialistes et ceux qui les ont combattues ces dernières années serait la pire façon de poursuivre dans le même sens : « tous pareils… ».

Le seul moyen de faire reculer l’extrême droite et de battre la droite est de recréer un espoir à gauche. Ce qui implique évidemment de proposer une rupture franche avec les politiques menées alternativement par la droite et la gauche depuis des décennies. Mais aussi de construire pour cela un rassemblement politique crédible. C’est là que le bât blesse. Pour des raisons que l’histoire jugera, le début de dynamique qu’avait permis le Front de gauche s’est évanoui avec lui. Les forces qui le composent sont dispersées et affichent leurs désaccords. Avec les milliers de signataires de l’appel « En 2017, faisons front commun », je demande aux protagonistes de cette situation de faire ce qu’il faut pour en sortir de toute urgence.

Chacun peut voir que Jean-Luc Mélenchon est le mieux à même de représenter le rassemblement à construire. Il a fait une belle campagne en 2012. Tous les sondages ont montré depuis quatre ans qu’il se maintenait à peu près au niveau de son score à la présidentielle. Et depuis un an, la tendance est plutôt à la hausse. Qu’il soit notre candidat, et ouvrons la discussion. Nous ne sommes pas d’accord sur tout, c’est certain. Si c’était le cas, nous serions dans un même parti. Mais nous pouvons parfaitement nous entendre, comme en 2012. Les forces qui décideront de le soutenir doivent créer entre elles (Parti communiste, Parti de gauche et « la France insoumise », Ensemble, groupes de socialistes critiques et d’écologistes, assemblées citoyennes du Front de gauche, etc.), avec les citoyennes et les citoyens décidés à s’engager, un lieu où pourront se construire les accords nécessaires : sur un programme, des candidatures aux législatives, la façon de mener campagne. Cela se fera si nous en avons tous la volonté.

Il n’est que temps. Le peuple français est en attente. En l’état de discrédit du Parti socialiste, rien ne dit qu’un tel rassemblement ne pourrait pas devenir désormais le vote utile à gauche et changer radicalement la donne, pour 2017 et pour la suite. La responsabilité est entre nos mains. Faisons chacun un pas.

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19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 06:11
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18 avril 2017 2 18 /04 /avril /2017 10:03

Pourquoi le vote utile est aujourd’hui le vote Jean-Luc Mélenchon.

Cette élection a d’abord été présentée comme un chemin tranquille pour la droite, avec une victoire face à Marine Le Pen, dont la qualification assurée au second tour était l’autre versant d’une élection qui fut un long moment verrouillée. Puis, avec l’affaire Fillon, la campagne a pris des allures de « série TV » avec son lot de révélations et de rebondissements. On a même pu alors se demander s’il serait possible de faire campagne, d’avoir une vraie confrontation démocratique, projet contre-projet.

Pour la première fois, le vote utile peut bénéficier à Jean-Luc Mélenchon, le candidat de la gauche de rupture et de transformation. Jamais, sous la Ve République, l’élection présidentielle n’a présenté un paysage aussi imprévisible et aussi ouvert. En fait, tout est possible. Le niveau inédit d’indécision dans l’électorat, à quelques jours du vote, est une autre caractéristique qui montre combien un très grand nombre de personnes réfléchissent, pèsent les conséquences de leur vote pour la suite.

Si les attaques visant Jean-Luc Mélenchon sont si violentes, c’est que les puissances économiques, politiques et médiatiques, chiennes de garde du système actuel, ont bien compris que le vote utile pouvait aujourd’hui bénéficier au candidat soutenu par le PCF, créer les conditions de son élection le 7 mai et celles d’une majorité politique de gauche en juin pour un vrai changement. La dynamique pour le vote Jean-Luc Mélenchon a dépassé François Fillon dans une série de sondages convergents. Il est donné nettement gagnant face au FN au second tour. Donc, l’argument d’un vote utile pour Macron, permettant d’éviter un second tour Le Pen/Fillon n’est plus valable. Il s’effondre. Les gens nous disaient qu’ils se sentaient plus proche des idées et des valeurs de Jean-Luc Mélenchon mais qu’ils avaient la crainte d’un second tour FN/droite. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Ils libèrent leur vote.

C’est la première fois que le vote utile, qui fut si longtemps une enclume, va permettre de voter « pour », de choisir le bulletin de son cœur. Jean-Luc Mélenchon est le seul des quatre candidats à pouvoir accéder au second tour à proposer une relance sociale est un renouveau démocratique. Notre candidat est aujourd’hui le mieux placé à gauche pour répondre à un climat dominé par l’envie de passer à autre chose, par le désir de renverser la table où trop de renoncements et de trahisons ont nourri l’écœurement du plus grand nombre, l’accroissement des inégalités et des injustices.

L’utilité de ce vote est qu’il permet enfin de ne plus laisser les commandes du pays aux libéraux de tout poil, qui ont échoué sur tout, sauf sur la progression de l’extrême droite. C’est un dernier élément pour convaincre du vote utile avec le bulletin Jean-Luc Mélenchon. Quant apparaît  à l’horizon une perspective positive, une espérance à portée de main, une victoire, alors on sent bien que l’extrême droite est moins à son aise. Ce fut le cas pour Marine Le Pen lors des débats télévisés au cours desquels Jean-Luc Mélenchon a fait la différence. Le vote utile est aujourd’hui celui qui permet d’affirmer qu’il existe bel et bien une France de gauche, du progrès social, environnemental  et démocratique.

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18 avril 2017 2 18 /04 /avril /2017 07:13

Ci-dessous la lettre qu’un ami, d’abord favorable à Benoît Hamon, a adressé à ses proches et à son entourage pour les convaincre que la solution la plus porteuse pour la gauche à présent, étant donné la dynamique des forces, ne peut être que le vote pour Jean-Luc Mélenchon. Si vous en partagez le contenu, n’hésitez pas à la diffuser et à la faire circuler dans vos réseaux.

Chèr-e-s ami-e-s,

Je me permets d’envahir vos boîtes mail, une fois n’est pas coutume, avec un petit mot (très long en réalité…) qui concerne mes atermoiements et autres errances politiques. Vous allez vous dire : « Mais il est complètement cinglé ! Qu’est-ce qui lui prend ? », et évidemment je préfèrerais largement en discuter avec vous de visu, mais comme le premier tour de la présidentielle approche… et que nous n’aurons sans doute pas la possibilité d’en reparler d’ici là, je voulais vous dire – roulement de tambour – que mon choix pour ce premier tour est maintenant arrêté (ça vous fait une belle jambe), alors que j’ai longtemps fait partie des indécis de gauche (comme nombre d’entre vous).

Il y a bien sûr une part d’opportunisme (je le reconnais et préfère l’assumer), fondée sur les sondages les plus récents qui placent Mélenchon en troisième homme du premier tour. Comme le disent les analystes les plus chevronnés..., j’attendais de voir quelle serait la « dynamique » à l’approche du premier tour, sachant que l’électorat de cette présidentielle est inhabituellement volatil. En témoignent à la fois le nombre encore important d’indécis et les fluctuations des dernières semaines.

Si j’ai longtemps été indécis alors que j’ai déjà voté pour Mélenchon par le passé et que je suis l’un des millions de déçus du mandat de Hollande, c’est parce que pour moi la priorité était de voter pour le candidat de gauche qui aurait le plus de chances d’accéder au deuxième tour (sachant que l’« alternance » n’a jamais été une fatalité démocratique et que je ne vois pas pourquoi après Hollande, ce serait inévitablement un candidat de droite qui s’imposerait ! D’autant que si l’on respectait cette logique de l’alternance dite « démocratique », il conviendrait justement d’avoir un président de gauche après le mandat droitier d’Hollande…). Quand je dis candidat de gauche, je pense donc à quelqu’un qui rompe avec le hollandisme, concernant l’Europe, la finance, l’accueil des migrants, la lutte contre le terrorisme, la transition énergétique etc.

Même s’il a fait partie d’un gouvernement n’ayant fait preuve d’aucun courage et d’aucune lucidité sur tous ces sujets, et même s’il avait le profil décrié de l’apparatchik pur et dur, je faisais crédit à Benoît Hamon de présenter un projet de société en rupture avec le hollandisme (incarné, lui, par Macron) et en décalage par rapport à Mélenchon (dans le patriotisme duquel je ne me retrouvais pas complètement). Je le trouvais (et le trouve encore aujourd’hui) humble, convaincu et surtout visionnaire (en particulier sur les questions touchant au travail), mais… il semble n’avoir plus aucune chance de faire gagner la gauche.

Aujourd’hui, et même si je suis bien conscient que les sondages (auxquels je serais plutôt opposé par principe, puisqu’ils dispensent de voter en fonction de ses convictions) ne sont que des indicateurs qui ne font pas état de toutes les tendances d’opinion et encore moins de certains votes « cachés » (dont certains créditent Fillon ou Le Pen), l’écart est tel entre Hamon (9%) et Mélenchon (18%) que le candidat PS ne parviendra sans doute pas à reprendre toutes les voix que Macron et Mélenchon lui ont subtilisées ces dernières semaines. Samedi soir, il s’est même fendu d’une parole inouïe (révélatrice à la fois de son usure et de sa conviction qu’un projet de gauche doit l’emporter sur les logiques d’appareil, surtout quand ledit appareil est moribond…) lorsqu’il a dit qu’il voterait Mélenchon si celui-ci passait le premier tour ! Une anticipation tacite et indirecte de sa propre défaite, donc.

Dans une autre interview, il a aussi dit que si jamais il n’était pas qualifié, il irait faire une bonne sieste… Bref, il n’y croit plus (y-a-t-il vraiment cru ?) et s’est pris tellement de couteaux dans le dos qu’il est difficile de lui tenir rigueur de sa démoralisation.

Il y a ensuite la question du vote « utile » (utile pour tous ceux qui ne veulent pas avoir à choisir entre la peste et le choléra au deuxième tour), donc le vote Macron. En légère baisse dans les sondages (23%), ce dernier intéresse les électeurs de gauche au prétexte qu’il serait le seul à même de l’emporter face à Le Pen au deuxième tour, mais aussi parce qu’il éviterait que nous ayions à voter pour Fillon. Mais ce double argument tenait la route quand Mélenchon n’était pas si haut dans les intentions de vote. Aujourd’hui, Fillon stagne à 17% (autant dire que ses chances de passer au second tour s’amenuisent) et dans le scénario Le Pen – Mélenchon au deuxième tour, c’est bien ce dernier qui l’emporte haut la main (à 57 contre 43%).

Voter Macron ne relève donc plus du vote utile (d’autant qu’à mon avis, si nous avons 5 ans de macronisme, c’est le triomphe assuré du FN => une utilité à très court terme, donc…), mais du vote de conviction. Alors bon, je ne suis pas un militant rôdé, ni un politicien, ni un expert, et je serais bien incapable de démonter pièce par pièce le programme de l’ancien banquier (n’hésitez pas à me donner des arguments, d’ailleurs !), mais vous m’accorderez qu’aucun de nous ne peut dire avec aplomb qu’il s’agit là d’un candidat de gauche, soucieux de réduire les inégalités sociales… Si j’ai bien compris ses tirades alambiquées, il souhaite que les riches puissent être plus riches ; que les start-up prennent leur envol sans être contraintes par le code du travail ; que les jeunes travaillent sans compter car c’est la seule voie de l’épanouissement (comprendre : de l’enrichissement) ; et que l’individualisme, combiné au libéralisme, l’emporte sur des formes de solidarité jugées archaïques et dépassées.

À bien des égards, certes, il vaut mieux que Fillon ou Le Pen ! Mais à l’inverse des Le Drian et autres Delanoë, je préfère voter selon mes convictions au premier tour, quitte (même si je me plais à croire que je ne serais pas en situation de devoir le faire) à voter utile au second tour en donnant ma voix à Macron (comme je l’ai d’ailleurs fait pour Chirac en 2002 ou pour Hollande en 2012).

Un autre problème de taille, j’en ai déjà parlé avec plein d’entre vous (mais j’ai des nouveaux arguments à ce sujet !), est la « personnalité » de Mélenchon… À tous ceux qui ne peuvent pas le supporter, parfois depuis des années, je dis… : oubliez la personne, son tempérament coléreux et ses postures arrogantes, comme il y invite d’ailleurs lui-même (c’est déjà bien d’être lucide, je trouve). Je peux comprendre, car il m’a agacé bien des fois, avec ses ficelles parfois grossières de populiste, ses diatribes systématiques et peu productives contre les médias, sa lyrique patriote, ses sorties glissantes sur l’Allemagne etc., tout en me séduisant parce qu’il ne manque pas d’humour (en témoigne, entre autres, le premier débat télé organisé avec les cinq « gros » candidats) et parce qu’il bosse comme un dingue, qu’il expose des idées fondées sur des convictions et que le renouveau démocratique qu’il propose place au second plan la question de l’incarnation.

Alors, bien sûr, tout le paradoxe est que Mélenchon sur-incarne la volonté d’en finir avec l’incarnation inscrite dans les institutions de la Ve République, et plus particulièrement dans l’élection présidentielle… Un tribun qui s’auto-héroïse, mais… qui souhaite mettre un terme aux cultes et aux dévotions que favorise la présidentielle, au profit d’une d’une intelligence politique collective (et non d’un management faussement anti-idéologique et non partisan), voire d’un « intellectuel collectif »…

Je crois en tout cas que la Constituante qui sera mise en place (puisque telle est la première mesure qu’il souhaite prendre) au lendemain de l’élection de Mélenchon, peut rassurer ceux qui lui prêtent des penchants ou des intentions autoritaires.

Au-delà de la personne, pour moi, les deux gros problèmes étaient sa poutinophilie supposée et son plan B de sortie de l’Europe. Sur le premier point, j’ai longtemps cru que Mélenchon, par un anti-atlantisme de principe, souhaitait privilégier l’alliance avec Poutine. Mais un article récent de l’hebdo Marianne, qu’on ne peut pas vraiment soupçonner de gauchisme…, met à plat toutes les déclarations du candidat concernant la Russie et le verdict me paraît sans appel : Mélenchon n’aime pas Poutine, ne le considère pas comme un démocrate et ne soutient pas son régime. Il dit qu’une guerre ouverte avec la Russie ne serait pas très habile sur le plan géopolitique, mais franchement…, il est difficile de ne pas lui donner raison ! (aucun candidat, d’ailleurs, n’a jamais défendu cette option). Cette supposée russophilie ne révèle donc pas un penchant de JLM pour les régimes autoritaires et liberticides.

Quant à l’Europe – qui, je crois, est un gros sujet de préoccupation pour nous tous, parce que dans le contexte du Brexit, du déploiement des impérialismes russe ou chinois et de la mondialisation du terrorisme, il apparaît quand même difficile que la France tire son épingle du jeu sans l’unité européenne… – j’étais vraiment inquiet parce que je croyais que le plan A n’était qu’une faribole et que nous passerions directement au plan B (qui, du reste, n’est même pas une solution de repli national qui serait comparable à ce que propose le FN, mais qui consiste en l’élaboration de nouveaux traités de coopération écologique, fiscale, scientifique, etc., en particulier avec les pays du sud de l’Europe, puisque l’Espagne, le Portugal ou l’Italie ont l’air motivés).

Mais Mélenchon me convainc quand il dit qu’il est possible de faire ce que Hollande n’a pas su faire (sans doute faute d’intérêt pour la question plus que de courage…) : la capacité de la France à renégocier les traités repose sur son poids économique (et accessoirement historique) au sein de la zone euro. Et entre nous, ce que Mélenchon propose de renégocier me semble pertinent, même si je ne suis pas du tout un expert en la matière ! (notamment en faveur de l’harmonisation fiscale, d’une nouvelle politique agricole commune, des services publics, et bien entendu de la renégociation des dettes).

Bon, voilà, vous imaginez bien que je n’ai aucune prétention à avoir raison et encore moins à vous dire quoi voter ! Je voulais en fait surtout vous faire part de mon grand espoir : celui que la gauche soit représentée au second tour (et puis, allez, j’avoue… voir Méluche manger Le Pen dans les débats d’entre-deux-tours, ce serait trop bon). Laissons le parti socialiste renaître de ses cendres (ou pas…), en espérant que ce soit sur le fondement du programme qu’Hamon a présenté à la présidentielle, et tâchons d’empêcher Fillon ou cette baudruche sans idées qui nous vend une société du contrat généralisé, d’accéder au second tour.

Je me dis que si les indécis de mon espèce, ou bien les vrais hamoniens (donc des gens de gauche, à qui le programme de Mélenchon peut plaire, au-delà même de sa personne qui peut exaspérer), ainsi que les « macroniens-par-défaut », et même les jeunes juppéistes !, si tout ce beau monde se rallie au programme de la France insoumise et si chacun d’entre nous arrive à convaincre au moins une personne de son entourage (évidemment, n’hésitez pas à m’écrire pour m’invectiver, hein J ; pour l’instant j’ai réussi à convaincre une grand-mère, mais elle est très influençable), Mélenchon peut monter, monter, monter, se hisser à 22-23% et se retrouver au coude-à-coude avec Le Pen. Qu’il écrasera comme il l’avait annoncé en 2012 sur le plateau de Pujadas, dans une interview qui, moi, me fait encore frissonner…

Bises à toutes et tous !

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Published by bruno fornaciari
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17 avril 2017 1 17 /04 /avril /2017 05:14
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Published by bruno fornaciari - dans ACTUALITES ELECTIONS
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15 avril 2017 6 15 /04 /avril /2017 04:40

Déclaration du PCF à l’occasion de la journée internationale de solidarité avec les prisonniers politiques palestiniens et en soutien aux grévistes de la faim

 

Répondant à l'appel de Marwan Barghouthi, les prisonniers politiques palestiniens de toutes tendances politiques se préparent à une grève de la faim de masse le 17 avril prochain à l'occasion de la journée internationale de solidarité avec les prisonniers palestiniens.

Ce mouvement de grève constitue "une réponse aux violations incessantes des droits fondamentaux des prisonniers qui sont mal traités" alors même que les négociations avec l’administration pénitentiaire, pour qu’enfin le respect des droits et de la dignité des détenus soit conforme au droit international et aux conventions de Genève, sont au point mort.

Leurs revendications concernent la fin des interdictions et des interruptions des visites familiales, des soins médicaux appropriés, de la négligence médicale délibérée, ainsi que la libération des prisonniers malades, en particulier les personnes handicapées et celles atteintes de maladies incurables.

Les prisonniers réclament un traitement humain lors des longs transferts au tribunal ou à la clinique et la fin de la mise à l’isolement. Ils demandent en outre la fin de la détention administrative illégale subie par plus de 536 prisonniers dont six mineurs, deux femmes et neuf députés qui croupissent en prison sans qu’il n’y ait aucune charge et sans aucun procès pendant des périodes de 4 à 6 mois renouvelables à l'infini au mépris des conventions de Genève.

A ce jour, il y a 6 500 prisonniers dans les geôles de l'occupant israélien, parmi lesquels 300 enfants mineurs dont la moitié ont moins de 16 ans.

Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, a redit sur France Inter lundi 10 avril au matin que la France continuait à travailler à une solution politique. Dès lors qu’attend-il pour intervenir auprès du gouvernement israélien sur la question des prisonniers politiques ? Qu’attend-il pour réaliser enfin la promesse de François Hollande que la France reconnaisse l’État palestinien ?

En ce jour de solidarité internationale, le Parti communiste français s’associe aux pacifistes du monde entier pour exiger la satisfaction des revendications des grévistes de la faim et la libération immédiate de tous les prisonniers politiques palestiniens.

 

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15 avril 2017 6 15 /04 /avril /2017 04:22

Ça vaudrait quand même le coup.

Imaginez JL Mélenchon au 2e tour !

Que croyez-vous qu'il adviendra ?

N'est-ce pas pensable que se lève alors un espoir irrépressible ? Que l'impensable encore il y a quelques semaines se produise ? Je veux parler de la volonté exprimée par de très nombreux électeurs de changer leurs vie. Et combien d'autres voudront le faire pour le 2e tour et ainsi concrétiser ce rêve inaccessible ?
J'entends ceux qui me disent déjà, mais Mélenchon ceci, mais Mélenchon cela...Et nous alors, nous tous qui aurons permis cela, qui voudrait ou pourrait être sourd à cette exigence massive ? Les difficultés d'entente actuelles ne seraient pas levées ? Bien sûr que si. A Montreuil Coquerel candidat contre les communistes ? En cas de victoire il occupera un poste de Ministre, à qui bon convoiter un siège de député pour lui inaccessible ? Faudrait-il que la FI présente des candidats contre les députés communistes sortants ou au contraire agir pour en faciliter leur élection, comme des candidats FI, Verts ou socialistes de gauche dans d'autres endroits pour former majorité parlementaire et gouvernementale ?
En cas de présence au 2e tour du candidat de la FI soutenu par le PCF, beaucoup de choses changeront. L'état d'esprit et la force de l'espoir imposeront la responsabilité que devront avoir tous ceux qui espèrent en la victoire du peuple.

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15 avril 2017 6 15 /04 /avril /2017 04:20

Les 10 jours qui ébranlèrent le monde. 10 c'est le nombre de jours qui nous séparent du 1er tour d'un scrutin présidentiel dont l'issue pourrait être historique. 20000 c'est le nombre de ceux qui' dans le nord décrié se sont rassemblés pour entendre le candidat de la FI et du PCF décliner le programme de progrès et des vers du poète communiste Paul Eluard, comme un message. Tandis que tous les réactionnaires qui rient jaune désormais, tente de dresser des digues contre l'élan populaire et l'espoir, la force du peuple enfle et semble balayer les vieilles badernes ringardes, remises au goût du jour comme un appel à l'aide, impuissant . L'hystérie s'empare des intelligences, la caricature remplace la critique, le mensonge la vérité. Ils sont tombés bien bas les gens de la haute, qui craignent pour leurs privilèges. La roue tourne, enfin.
Encore 10 jours. Les 10 jours qui ébranlèrent le monde.

 
 
 
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BRUNO FORNACIARI

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