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26 février 2015 4 26 /02 /février /2015 06:14

À Donetsk, la nostalgie de l’URSS…

25FÉV

je ne peux pas, malgré nos vacances, ne pas vous signaler cet article, il vous dit ce que nous ne cessons de vous répéter sur la manière dont les peuples de l’ex-Union soviétique regrettent ce temps-là… C’était la paix, l’amitié entre les peuples, on avait ce qu’il fallait, la vie allait en s’améliorant… Quoique l’on vous raconte cette réalité est incontournable. Voir le reportage de ce journal francophone libanais. (note de danielle Bleitrach)

Moyen Orient et Monde

Sous la gigantesque statue en fer noir de Lénine, au milieu des drapeaux rouges de l’URSS, des milliers de personnes se sont rassemblées hier à Donetsk dans une ambiance de kermesse pour exprimer leur gratitude aux « héros » morts sur le front et, au fond, un peu de leur nostalgie pour l’Union soviétique. Les autorités rebelles de la République autoproclamée de Donetsk (DNR), dans l’est de l’Ukraine, ont offert un jour férié à une population fatiguée par dix mois de conflit. C’est le « jour du défenseur de la patrie », une fête russe instituée à l’époque de l’URSS pour célébrer la grandeur de l’Armée rouge.

Dans le centre de Donetsk, une scène a été installée au milieu de la grande place Lénine baignée de soleil. Sur cette scène, à quelques mètres d’un McDo et d’une banque, des images célèbrent les mineurs du Donbass, la région de Donetsk, les soldats de l’Armée rouge et le héros national russe Alexandre Nevski. Sur fond de musique militaire populaire, un Cosaque habillé tout en noir et un rocker en perfecto et bottes en cuir apportent une lourde icône de la Vierge Marie et de Jésus. « Cette fête, c’est la fête de l’armée, des ouvriers et des paysans », s’enthousiasme une dame au micro. Puis, le commandant de la très populaire brigade Vostok, fer de lance du soulèvement prorusse, appelle ses hommes à s’installer devant la scène, entre deux hommages à l’armée soviétique « qui a libéré l’Europe du fascisme ». Les soldats sont accueillis sous les vivats et les applaudissements de la foule. Certains d’entre eux vont être décorés de la médaille du courage militaire.

« Je ressens beaucoup de fierté »
Au micro, un responsable de la DNR, Alexandre Khodakovski, célèbre un « Donetsk libéré » : « Je me souviens qu’à la naissance de ce mouvement, il n’y avait que dix personnes. Maintenant, la place est noire de monde. » Après une minute de silence en hommage aux « soldats morts sur le front », un homme en treillis et béret kaki prend le micro pour une chanson qu’il a composée lui-même. « Ne me jugez pas, mais je ne pourrai pas vous rendre votre fils, c’était le meilleur et il est mort en me sauvant, je ferai payer sa mort à l’ennemi », dit-il.
« Je ressens de l’espoir », dit dans le public Lioudmila, 65 ans, qui est venue avec sa petite-fille de dix ans. « L’espoir que la guerre s’arrête maintenant, que ma petite-fille vive dans la paix. L’espoir que nous puissions faire ce que l’on veut sans que Kiev nous dise ce qu’il faut penser », dit-elle. « Et puis je ressens de la fierté », poursuit-elle, la voix chevrotante, les larmes aux yeux, « parce que mon père a combattu pour l’armée soviétique pendant la Seconde Guerre mondiale ». Jusqu’à maintenant, le « jour du défenseur de la patrie » n’était pas férié en Ukraine. Lioudmila avait l’habitude de le célébrer autour d’un gâteau et de petits cadeaux au bureau, ou, le soir, avec ses amis.
Des petites filles en tutu blanc et rouge se déhanchent maintenant sur scène dans une chorégraphie à la Britney Spears. Puis un couple de jeunes mariés en robe et costume vient s’embrasser sur scène pour célébrer leur union. Natalia et Victor Mantoula, un couple de retraités septuagénaires en béret noir, ne manque rien du spectacle. Ils sont venus applaudir « ces hommes qui nous ont libérés » et qu’ils connaissent bien puisque l’un de leurs deux fils a participé à la bataille de Debaltseve, à une cinquantaine de kilomètres de Donetsk, que les rebelles ont remportée la semaine dernière. À la question de savoir s’ils ressentent de la nostalgie pour l’Union soviétique, ils répondent sans hésiter : « Oui bien sûr, une grande nostalgie. Nous étions ensemble, nous étions bien, nous n’avions pas peur de ne pas avoir à manger. » Sur le monument à la gloire de Lénine, un drapeau de la république populaire de Donetsk a été accroché. Juste au-dessus de cette citation de Lénine : « Sans le Donbass, le socialisme ne serait resté qu’une belle idée. »

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26 février 2015 4 26 /02 /février /2015 05:10
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25 février 2015 3 25 /02 /février /2015 16:28
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25 février 2015 3 25 /02 /février /2015 09:08
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25 février 2015 3 25 /02 /février /2015 08:35

Les mensonges du « Monde » sur Syriza

Passé le titre ronflant (« Grèce : la liste des réformes concédées à Bruxelles »), l’auteure est contrainte à un première précision d’importance : « L'initiative des réformes est désormais laissée à Athènes, puis approuvée par les créanciers. La Commission estime qu'il s'agit d'un « point de départ valide » à des discussions ». Renversement non négligeable : là où la Troïka imposait l’euro-austérité à des gouvernements d’autant plus prêts à l’appliquer qu’ils faisaient bénéficier leurs proches des privatisations exigées, c’est désormais le gouvernement grec qui définit les réformes qu’il entend faire. Le titre de l’article se révèle donc factuellement faux : non, les réformes définies par Athènes ne sont pas « concédées » à Bruxelles. Elles sont transmises aux créanciers qui formuleront ensuite un avis à leur sujet.

« La plupart des réformes figuraient déjà sur le document établi par la « troïka » des créanciers », poursuit Cécile Ducourtieux. Une contrevérité flagrante. En effet, comme la presse grecque s’en est fait l’écho, les mesures qui devaient être appliquées avant l’arrivée au pouvoir de Syriza « prévoyaient encore 160.000 licenciements supplémentaires dans l’administration (en commençant par la santé et l’éducation déjà bancales dans ce pays ruiné et administré depuis 4 ans par des néolibéraux), une nouvelle baisse des retraites de 10% (en sus des précédentes qui ont pu aller jusqu’à 60%), de nouvelles taxes, une hausse de la TVA sur certains produits et domaines moteurs (dont le tourisme). Des ponctions sur les salaires et de nouvelles réductions sur les « prestations sociales » (réduites à presque rien). » Rien à voir avec le programme de gauche déployé ce matin par le gouvernement d’Alexis Tsipras.

« Le gros de la liste concerne la lutte contre l’évasion et la fraude fiscales »

Cécile Ducourtieux est ensuite une nouvelle fois contrainte de concéder que les réformes proposées par Athènes ne sont en rien des renoncements : « Le gros de la liste concerne la lutte contre l’évasion et la fraude fiscales, censée répondre aux principaux problèmes de l’administration grecque (corruption, fiscalité défaillante). Ces réformes sont réclamées par la troïka depuis 2010, mais aucun gouvernement, ni les socialistes du Pasok ni les conservateurs de Nouvelle démocratie (ND), n’ont eu le courage politique jusqu’ici de les mettre sur les rails. » On voit donc que « le gros de la liste » des réformes Tsipras concerne la lutte contre l’évasion fiscale, ce qui est pleinement conforme au programme de Syriza. Force est de constater que la journaliste se contredit elle-même. Mais le « quotidien de référence » précise que ces réformes étaient réclamées par la troïka depuis 2010. On comprend bien l’esprit de cette formulation : il s’agit de minimiser l’apport du nouveau gouvernement en matière de lutte contre la fraude fiscale. Pourtant, si on se souvient des exhortations particulièrement répétitives de la presse dominante et de Bruxelles pour que les Grecs « paient », « se réforment », « cessent de dépenser », « licencient leurs fonctionnaires », on peine à se remémorer celles invitant à lutter contre l’évasion fiscale des grandes fortunes grecques.

Si le Gouvernement Tsipras a concédé que certaines privatisations pourraient continuer (c’est, semble-t-il, le seul point sur lequel la feuille de route grecque arrachée aux institutions est effectivement contraire aux engagements pris), il s’est en revanche engagé « à une approche intelligente de la négociation collective sur les salaires. Cela inclut une volonté d’augmenter le salaire minimum. » Le Monde juge assurément cette mesure inacceptable : « L’Eurogroupe », explique la journaliste, n’est « pas du tout prêt à financer une augmentation du smic grec ». Or ce n’est évidemment pas « l’Eurogroupe » qui serait amené à financer cette augmentation, neutre pour les finances publiques de la Grèce comme de ses partenaires de la zone euro, mais les entreprises grecques. Loin de s’arrêter à cette assertion erronée, Cécile Ducourtieux s’autorise une conclusion aussi surprenante que partiale : « Si le gouvernement Tsipras passe à l’acte, « il y aura six pays en Europe qui auront un salaire minimum inférieur », entre autres la Slovaquie et l’Espagne, tout en devant continuer à soutenir Athènes financièrement. Politiquement invendable… » En quoi l’idée de relever le salaire minimum d’un pays serait « politiquement invendable » ? Nul ne le saura. Et il ne sera pas précisé que c’est pourtant une mesure qui figurait elle aussi dans le programme de Syriza… que les Grecs ont trouvé « vendable » le 25 janvier dernier.

« En toute vraisemblance, l’Eurogroupe, mardi, devrait valider cette liste », note en passant Le Monde, sans relever que cela signifie que le gouvernement grec va appliquer de larges pans de son programme dans le cadre européen.

Presse dominante et aile gauche de Syriza à l’unisson ?

Le petit chef d’œuvre rhétorique du quotidien vespéral se termine par ce constat en décalage au moins partiel avec ce qui précède : le gouvernement grec a été contraint de « se plier aux contraintes européennes ». La présentation idéologique qui est privilégiée par les grands médias, contre toute réalité, est celle d’une « capitulation en rase campagne ». On comprend bien l’enjeu : il n’y aurait pas d’alternative à l’euro-austérité, Syriza aurait « promis n’importe quoi » (Jean-Michel Aphatie) pour se faire élire et « se fracasserait » aujourd’hui « sur le mur du réel » (Jean Quatremer). Conclusion des éditorialistes : il serait urgent de reconduire les gouvernements actuels qui, eux, n’ont pas obtenu en plusieurs années la moitié du quart de ce qu’Alexis Tsipras et Yannis Varoufakis viennent d’obtenir en trois semaines.

Il est vrai que l’aile gauche de Syriza a entamé une campagne médiatique pour s’en prendre aux « renoncements » de Tsipras. Laquelle entre incontestablement en résonnance avec les cris de victoire des libéraux européens. Elle tient très insuffisamment compte de l’état des rapports de force : la négociation d’un maintien du financement des banques grecques s’est faite contre dix-huit pays coalisés et dans un contexte d’urgence absolue (le précédent gouvernement ayant précisément déclenché des élections anticipées pour placer son successeur devant cette négociation « impossible »).

Que Le Monde le veuille ou non, taxer les grandes fortunes, lutter contre la corruption, combattre l’évasion fiscale, relever le salaire minimum, restaurer les conventions collectives, initier la résolution de la crise humanitaire ne sont ni des concessions à Bruxelles, ni des « réformes dénoncées par Syriza ». Ce sont des mesures figurant dans « le programme de Thessalonique » que le gouvernement d’Alexis Tsipras a arraché contre Bruxelles. Ni reniement, ni capitulation : maintien d’un cap général contre l’austérité et victoire politique pour le gouvernement grec qui incarne, complètement seul face à l’Eurogroupe et certains médias déchaînés, l’alternative en Europe.

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25 février 2015 3 25 /02 /février /2015 08:17

Hommage du PCF à Henri Martin

24 FÉVRIER 2015

Intervention d'Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF, aux obsèques d'Henri Martin

Chers amis, chers camarades, Mesdames, Messieurs, Monsieur l'ambassadeur du Vietnam, Monsieur le Président de l'ARAC, Monsieur le Président de l'association d'amitié France/Vietnam Madame la représentante de la maire de Paris, Chère Raymonde Dien,

Permettez-moi d'excuser Pierre Laurent, secrétaire national du Parti Communiste Français qui ne pouvait être avec nous ce matin. Ce dernier m'a demandé de le représenter avec l'ensemble de la direction du Parti dans ce moment si particulier.

Boris Vian a écrit : « la seule vérité, en fin de compte, c'est de mener une vie passionnée, même si elle se rebelle et vous frappe au visage »...C'est peu dire qu'Henri Martin aura conjugué toute son existence avec ses passions et ses engagements...il aura traversé le siècle avec ses remouds et ses fulgurances, sans jamais perdre de vue son combat pour un monde meilleur et pour l'émancipation humaine.

En cette matinée d'hiver nous pleurons un homme, un camarade, qui par son engagement, son courage, ses convictions embrassa l'histoire, en devint acteur jusqu'à incarner par son seul nom la lutte universelle pour la paix et le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. « Libérez Henri Martin ! »...ce slogan crié à mille voix, dans les rues de Paris, les cours des usines, les amphithéâtres d'universités, sur les scènes de théâtre, aura marqué toute une époque, celle de l'après-guerre et des mouvements anti-colonialistes, celle du combat pour la Paix, celle enfin de la lutte contre la guerre d'Indochine.

Arthur Rimbaud a écrit dans un de ses plus beaux poèmes : « on n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans » louant par son génie la légèreté et l'insouciance de la jeunesse...Henri Martin, à l'instar de toute une génération, n'aura pas eu cette chance. Sa jeunesse fut avalée par la guerre, sa légèreté happée par la violence des armes. Et des ses dix-sept ans, il resta le courage et l'audace d'entrer en résistance face à l'occupant nazi.

Henri Martin cala le rythme de sa vie sur le battement de cœur de l'histoire. Quand à peine sorti de la guerre, il s'embarque sur le croiseur « Chevreuil » en partance pour l'Asie, il croit encore s'engager pour défaire l'occupant japonais et pour défendre la liberté des peuples.

Une fois arrivé sur place, il découvre la réalité de la situation, le double jeu de la France qui octroie au Vietnam un gouvernement indépendant dans une union français sans en assurer l'effectivité. Il y voit la multiplication des incidents, les manœuvres et les exactions de l'armée française. Il assiste au bombardement du port d'Haiphong le 6 mars 1946 qui marque officiellement le début de la guerre d'Indochine. Rentré à Toulon après deux ans passées au Vietnam, il demande en vain la résiliation de son contrat militaire. Celle-ci lui sera à chaque fois refusée. Pour dénoncer cette « sale guerre », il se lance dans la rédaction de tracts en lien avec le Parti communiste varois. Il y dénonce la guerre faite au peuple vietnamien, il y exhorte les militaires à prendre conscience de la réalité du conflit en affirmant que celle-ci est contraire à l'honneur de l'armée de la République, il défend comme l’a si bien chanté Victor Jara « le droit de vivre en paix ».

Arrêté le 14 mars 1950, traîné devant les tribunaux pour démoralisation de l'armée, il est lourdement condamné à 5 ans de prison. C'est de l'indignité de l'accusation et de la disproportion de la condamnation que naît la mobilisation et « l'affaire Henri Martin » pour reprendre les mots de Jean Paul Sartre.

De partout se lève la mobilisation. Des comités locaux se multiplient, les mobilisations grandissent : on écrit au Président de la République, on fait signer des pétitions, on rebaptise des places et des rues au nom d’Henri Martin…communistes, non communistes, anciens résistants, laïcs et religieux, les soutiens viennent de partout pour défendre le matricule 2078 de la prison de Melun. Artistes, intellectuels, scientifiques, universitaires et académiciens rejoignent les comités de soutien ou prennent la plume pour réclamer sa grâce. Picasso sublimera son visage avec ce même coup de crayon qui quelques années plus tard dessinera le visage d’une autre icone de la liberté, dans un autre conflit, celui de Djamila Boupacha et de la guerre d’Algérie.

Le combat pour la libération d’Henri Martin devient une vaste campagne de dénonciation de la guerre d’Indochine impulsée par le PCF. Dans un texte pour sa libération,

Jacques Prévert écrira sur cette « sale guerre » :

Cependant que très loin on allume des lampions des lampions au napalm sur de pauvres paillotes et des femmes et des hommes des enfants du Viêt Nam dorment les yeux grands ouverts sur la terre brûlée et c'est comme Oradour c'est comme Madagascar et comme Guernica et c'est en plus modeste tout comme Hiroshima

Henri Martin sera finalement libéré après 41 mois de prison.La pression populaire aura réussi à faire plier le gouvernement et la guerre d’Indochine prendra fin en juillet 1954 avec les accords de Genève.

Tout au long de sa vie, Henri n’aura de cesse de continuer le combat. Responsable des Jeunesses communistes puis membre de la direction nationale du Parti communiste français, il conservera éternellement incandescente cette flamme qui anime les communistes et qui forge leur insoumission à l’injustice. Il y aura des débats, des fêlures dans son parcours militant, mais Henri restera toujours fidèle à son engagement. Se battre pour la paix, pour la justice, pour l’égalité, pour l’amitié entre les peuples…encore et toujours…que de combats d’actualité. Ne rien lâcher face à l’adversité et aux reculs de l’histoire. Henri Martin a tracé la voie à tous les combattants de la paix, à tous ceux qui ne se résignent pas et qui ont conscience de l’importance de l’engagement individuel dans un mouvement collectif.

Ce matin, au nom de Pierre Laurent, secrétaire National du PCF , je voudrais vous dire ce que nous lègue Henri Martin : Une action politique ancrée dans notre temps, une époque dominée par le déni du droit – droits humains universels, droit international –, par l'impunité des puissants, les inégalités, les discriminations, les humiliations de millions de femmes et d'hommes à travers le monde ; mais une époque, aussi, où des mouvements populaires pour l'égalité, la démocratie, la dignité cherchent à se frayer un chemin, à devenir majoritaires.

La lutte anti-coloniale n'est pas un combat du passé ; le colonialisme sous des formes archaïques, mais aussi nouvelles, demeure une plaie ouverte pour toute l'humanité : en Palestine, dans le Sahara occidental, pour le peuple comorien.

En Afrique de l'Ouest, au Proche et au Moyen-Orient, les interventions militaires occidentales – même au nom de la démocratie, même quand elles sont réclamées par une partie de la population abandonnée par des dirigeants qui ont exercé le pouvoir à leur seul profit, ces interventions militaires extérieures prolongent une logique et placent les populations, les peuples en situation d'obligés des puissances occidentales lesquelles n’hésitent pas à s'allier à des États autoritaires comme le Tchad, Djibouti, le Qatar, la Turquie ou l'Arabie saoudite.

Oui, les combats d'Henri Martin entrent en résonance avec ceux qu'aujourd'hui mènent de nouvelles générations de femmes et d'hommes pour l'émancipation humaine.

De nouvelles générations de femmes et d'hommes qui refusent de se laisser piéger par l'alternative « soit les dictateurs / soit les fanatiques » – dictateurs et fanatiques qui trouvent tous des alliés parmi les puissants de ce monde qui ne sont jamais avares de cours de morale universelle uniquement valables pour les « autres ».

Que vaut cette morale quand elle émane de puissances qui pratiquent encore la torture? Insupportable hier contre les militants anticolonialistes, cette pratique ne l'est pas plus aujourd'hui contre qui que ce soit – même ceux qui manquent le plus d'humanité, car elle n'a qu'un seul résultat : grossir leurs rangs.

Les relations internationales ont besoin d'être débarrassées du poids de cette morale bien pensante, de ce relativisme permanent et de cette façon de concevoir l'universalisme comme une hégémonie culturelle. Et pour s'en débarrasser, nous sommes appelés à unir nos forces dans notre pays et à travers le monde. C'est ce message que nous lègue Henri Martin.

A toute sa famille, à ses enfants, ses petits et arrières petits enfants, à ses camarades de combats, je pense notamment à Henri Malberg, au peuple vietnamien, aux communistes de Pantin et de Seine Saint Denis, je présente au nom du Parti communiste français et de l'ensemble des communistes nos plus sincères condoléances. Le Parti communiste français est en deuil. Toutes nos pensées fraternelles et notre affection vous accompagne en cette triste journée.

Je vous remercie.

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24 février 2015 2 24 /02 /février /2015 16:50

Les nouvelles routes de l'évasion fiscale

STÉPHANE SAHUC

VENDREDI, 20 FÉVRIER, 2015

HUMANITÉ DIMANCHE

AFP

Le scandale HSBC n’est que la partie émergée de l’iceberg de la fraude fiscale. Les systèmes d’évasion et d’optimisation se complexifient pour sans cesse offrir des nouveaux moyens de ne pas payer d’impôts.

Avec les sommes volées aux États et aux citoyens tant par des particuliers que par des entreprises, les déficits publics pourraient être comblés sans que les peuples n’aient à subir des plans d’économies drastiques. Les auteurs et complices de ce hold-up de plusieurs milliers de milliards d’euros à l’échelle planétaire bénéficient d’une étonnante mansuétude de la part des dirigeants des États.

Au moins 180 milliards de dollars volés aux caisses des États, donc aux citoyens ... Voilà le montant du casse réalisé par les clients de la banque HSBC. Fraude fiscale d’un côté, blanchiment d’argent sale de l’autre, la filiale suisse de la banque britannique proposait à peu près tous les services illicites possibles dans le domaine financier.
Stuart Gulliver, le patron de la maison mère, jure, à coups de pages de pub dans les journaux britanniques, que ce temps-là est terminé et que sa banque n’a « aucune envie de faire des affaires avec des clients qui pratiquent l’évasion fiscale». On appelle cela « la stratégie du gros mensonge». C’est tellement gros qu’une partie de l’opinion publique peut se dire que personne ne pourrait mentir à ce point.
Reste que le G20 et l’OCDE ont bien pris pour argent comptant les promesses des financiers de changer leurs pratiques après la crise de 2008, lorsque l’heure était à « la moralisation du capitalisme » et « la correction de ses excès». La chasse aux paradis fiscaux était ouverte ... avec des pistolets à eau.

Car on sait que les 180 milliards d’HSBC ne sont que la partie émergée de l’iceberg de la fraude fiscale et de sa siamoise, l’évasion fiscale. En 2013, Gabriel Zucman, économiste et enseignant à Berkeley, aux États-Unis, publiait « la Richesse cachée des nations». Dans cet ouvrage, le chercheur montrait que 8 % de la richesse financière des ménages au niveau mondial est dissimulée dans les paradis fiscaux, pour trois quarts sous forme d’investissements dits « de portefeuille », c’est-à-dire d’investissements en titres – deux tiers en actions, un tiers en obligations – pour un quart sous forme de dépôts bancaires. Soit en 2013 un magot de quelque 5 800 milliards de dollars, dont 350 milliards appartenant à des Français. C’est 25 % de plus qu’en avril 2009, quand le G20 de Londres avait annoncé la « fin du secret bancaire». La Tax Justice Network, ONG internationale qui concentre toutes les études des autres ONG, situe le montant des avoi rs dissi mulés entre 12 000 milliards et 13 000 milliards de dollars. Les estimations d’autres ONG font grimper ce chiffre à plus de 30 000 milliards de dollars.

En France, 80 milliards de fraude par an

Lors des auditions de la commission d’enquête sénatoriale sur la fraude et l’évasion fiscale en 2013, dont le rapporteur était le communiste Éric Bocquet, Antoine Peillon, grand reporter à « la Croix » et auteur de « 600 milliards qui manquent à la France », estimait à 590 milliards d’euros les avoirs français dissimulés dans les paradis fiscaux, dont 220 milliards d’euros par les particuliers les plus riches, le reste l’étant par les entreprises. Selon son enquête, la moitié environ de ces 220 milliards serait dissimulée en Suisse. Ronen Palan, universitaire britannique, et Christian Chavagneux, journaliste à « Alternatives économiques », auteurs d’une enquête sur les paradis fiscaux, auditionnés par la même commission, estiment que 30 % environ du stock des investissements directs à l’étranger (IDE) des multinationales se situent dans les paradis fiscaux. Ils précisaient: « En ce qui concerne les entreprises françaises, on constate que 62 % des flux d’investissements à l’étranger se sont dirigés en 2010 vers des territoires que l’on peut qualifier de paradis fiscaux». Et d’ajouter: « Si l’Irlande, le Luxembourg, les Pays-Bas et la Suisse sont parmi les pays qui reçoivent le plus d’investissements français, ce n’est pas uniquement du fait de leur grande puissance industrielle internationale. » Aujourd’hui, les estimations sont convergentes. La fraude fiscale représente de 60 milliards à 80 milliards d’euros par an en France. Dans le scandale HSBC, le montant de la fraude des ressortissants français est de 6 milliards d’euros. Donc, il reste au moins 90 % de l’argent volé aux Français qui se baladent quelque part. De quoi largement combler une partie du déficit du budget de l’État, qui a atteint 85,6 milliards d’euros en 2014, sans devoir se serrer la ceinture. À condition d’être déterminé à s’attaquer aux banques. Une démonstration aussi que la politique des cadeaux fiscaux aux plus riches ne sert qu’à leur permettre de planquer toujours plus d’argent pour échapper au fisc.

Repères
21 000 à 32 000 MILLIARDS DE DOLLARS (18 500 À 27 800 MILLIARDS D’EUROS)
Soit 1,5 fois à 2 fois le PIB des États-Unis. C’est le montant estimé des avoirs détenus par des particuliers fortunés dans des paradis fiscaux.
12 000 MILLIARDS DE DOLLARS (10 400 MILLIARDS D’EUROS)
C’est le montant géré en 2010 par les 50 premières banques de clients fortunés dans des investissements transfrontaliers via des trusts.
8 % Pourcentage du patrimoine des ménages caché dans des paradis fiscaux.
+ 20 % Progression des fortunes cachées dans des places offshore depuis 2009.

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20 février 2015 5 20 /02 /février /2015 19:35
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19 février 2015 4 19 /02 /février /2015 18:21

PCF - Elections départementales 2015 - Contre la droite, l’extrême droite et l’austérité - L’espoir avec le Front de gauche et le PCF !
Mobilisés contre la droite, l’extrême droite et l’austérité, choix actuel du gouvernement Valls et des institutions européennes, les candidates et candidats présenté-e-s ou soutenu-e-s par le Front de gauche sont présents dans plus de 76% des cantons de France métropolitaine.

Cela fait du Front de Gauche la force de gauche la plus présente sur l’ensemble du territoire national.

En tant que candidate et/ou candidat titulaire, les communistes sont partis prenantes de plus de 80% des binômes présentés par le Front de Gauche. Le PCF contribue à plus de 57% des candidatures féminines de ces binômes.

Plus de 14% des candidatures soutenues ou présentées par le Front de Gauche se fait dans le cadre de binôme avec des titulaires Europe Ecologie Les Verts. 60% de ces binômes Front de Gauche et écologistes inclus une ou un titulaire issu-e- des rangs du PCF.

Un quart des binômes du Front de Gauche compte comme candidate et candidat, des femmes et des hommes issus des mouvements sociaux et de l’action citoyenne et associative.

Le PCF tient à dénoncer les manipulations du ministère de l’intérieur qui sous couvert d’étiquetage administratif des binômes, minore le nombre de candidats du Front de Gauche et du PCF en faisant disparaître les étiquettes politiques des candidats dans des catégories généralistes incertaines comme « divers gauche » ou « union de la gauche .

Tout cela avec l’objectif inavoué de camoufler un possible recul du PS, de minimiser le score du Front de Gauche et de survaloriser celui du FN.
C’est pourquoi le PCF publiera ses propres totalisations nationales des forces politiques au lendemain du 1er tour.

Ainsi dans tous les départements, notre peuple pourra compter des candidates et des candidats du Front de Gauche en faveur d’un département utile à la vie quotidienne des populations, des candidates et des candidats de l’espoir d’ouvrir une perspective de changement à gauche.

Paris le 18 février 2015

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19 février 2015 4 19 /02 /février /2015 17:47

Monsieur le Président, Monsieur le Premier ministre, Mesdames et Messieurs les ministres, Chers collègues,
Le moment est grave,
Grave pour le gouvernement, d’abord et avant tout,
Puisque ce débat porte sur un aveu d’échec, son échec.
Au terme de semaines de débats au sein et en dehors de notre hémicycle sur le désormais célèbre «projet de loi Macron », le gouvernement s’est retrouvé dans une impasse politique. C’est le constat de cet échec qui vous a amené, Monsieur le Premier Ministre, à engager la responsabilité du gouvernement sur la version du projet de loi issue des débats.
Pourtant, le sens des responsabilités et la voix de la raison auraient dû conduire le gouvernement à retirer un texte indigeste sur la forme comme sur le fond. Un texte, qui indubitablement, ne pouvait pas obtenir l’adhésion d’une majorité de députés de gauche et ne pouvait être adopté qu’avec les voix de la droite.
Plutôt que de le reconnaître et d’exprimer ainsi sa responsabilité, l’Exécutif a décidé de passer en force, envers et contre tous, y compris contre une partie des élus de sa propre majorité.
Vous avez voulu ainsi faire une démonstration de force. Elle est au contraire la manifestation d’une profonde faiblesse.
Le choix que vous avez fait est d’abord un déni de démocratie.
Le recours à l’article 49-3 a pour seul but d’empêcher la représentation nationale de se prononcer sur un texte qui a été discuté durant près de 200 heures en commission et en séance publique.
Le recours à cet artifice constitutionnel est l’aveu d’un échec.
Echec car au-delà de ce texte, c’est la politique gouvernementale dans son ensemble qui est contestée. Il est vrai que ce projet de loi symbolise à lui-seul la dérive libérale d’une majorité qui était pourtant censée incarner une alternative à la politique de Sarkozy et mener la guerre à la finance.
Car la voie que vous avez choisie est celle du « reniement permanent ».
Le projet de loi Macron n’en est que la consécration.
Auparavant, vous avez imposé une série de réformes régressives qui ont été autant de coups de butoir contre notre modèle social. Qu’il s’agisse de la ratification du « Traité budgétaire » - véritable pêché originel – de l’ « Accord national interprofessionnel » (ANI), du « Crédit d’impôt compétitivité emploi » (CICE), ou du si mal nommé « Pacte de responsabilité », la ligne a toujours été dictée par les dogmes de l’archéo-libéralisme et de l’austérité budgétaire.
Avec ce nouveau projet de loi, vous avez confirmé votre incapacité à entendre la voix du peuple et de sa représentation pour succomber aux sirènes du MEDEF et aux injonctions de Bruxelles.
Car la réalité est bien là. Contrairement à son intitulé le « projet de loi Macron », ne créera ni activité ni emploi. Il est simplement calibré pour répondre aux exigences de Bruxelles. Son objectif est d’envoyer à nos partenaires européens le signal que notre pays se réforme, c’est-à-dire – selon votre définition : ouvre un peu plus ses portes aux marchés financiers et aux investisseurs avides de profits et de rentes confortables. Cela explique très certainement votre intransigeance et pourquoi vous êtes prêt à tout faire pour que cette loi passe. Sans hésiter à user d’une pirouette constitutionnelle aussi archaïque que les mesures du projet de loi.
L’archaïsme est d’abord dans les mesures de régression qu’accumule ce projet de loi aux apparences de fourre-tout, mais dont l’ultra-libéralisme est le fil conducteur : abandon du ferroviaire au profit de sociétés d’autocars, abandon du service public de la justice au profit de banques, de cabinets anglo-saxons ou tous autres investisseurs qui voudront s’offrir le sceau de la République, abandon des commerces de proximité au profit des grands groupes, risque de marchandisation du corps humain, privatisation de la gestion de nos aéroports pourtant rentables, allègement fiscal des actions gratuites au profit des dirigeant du CAC 40, recul des obligations patronales en matière de licenciements économiques, et j’en passe…
Vous le savez, Monsieur le Premier Ministre, Mesdames et Messieurs les Ministres, depuis l’arrivée de la gauche au pouvoir, les députés du Front de gauche n’ont jamais fait le choix d’une posture interdisant l’examen objectif des textes qui ont été soumis.
Mais nous avons beau scruter ce texte à la recherche d’une mesure de progrès social, pas une ligne n’est porteuse d’une quelconque avancée. Il ne porte que des reculs pour les droits des salariés, des reculs pour les services publics et les services de proximité. Les dispositions portant sur l’extension et la banalisation du « travail le dimanche » incarnent à elles seules le détricotage de notre modèle social.
A l’opposé, et vous ne vous le cachez pas, le gouvernement assume, quant à lui, pleinement une posture, celle du tournant libéral que la droite appelle de ses vœux. Certaines propositions de ce projet de loi s’inspirent d’ailleurs directement du rapport commandé par le Président Nicolas Sarkozy à la Commission pour la libération de la croissance française, au sein de laquelle Emmanuel Macron siégeait comme rapporteur.
D’autres propositions sont issues des recommandations faites explicitement par la Commission européenne, ce qui est de nature à rendre les Français toujours plus perplexes sur l’identification et la localisation du pouvoir politique en France : qui décide et au nom de quels intérêts ? La question est d’ordre démocratique et idéologique.
A Bruxelles comme à Paris, réformer c’est libéraliser. Un crédo et une équation simple dont les éléments constitutifs s’accompagnent d’une régression sociale indigne d’un Gouvernement de gauche. Un crédo porté par la droite de cet hémicycle qui aujourd’hui, sans craindre le ridicule, vient critiquer la politique qu’elle rêve de mener, puissance 4, à la place du Gouvernement.
Certains socialistes ont dénoncé le projet de loi dès le départ : Martine Aubry a qualifié le texte de « régression » et Pierre Joxe s’est dit « éberlué » et « stupéfait » par un texte « ahurissant ».
Ils savent, comme nous, les résultats auxquels ont abouti les politiques de Thatcher, Blair ou Schröder. Vous n’échapperez pas à la règle : dérèglementation tous azimuts, concurrence sauvage et régression sociale, sont synonymes de hausse inexorable du chômage et de la précarité dans notre pays.
Une tragédie économique et sociale qui a un coût politique non moins dramatique. La hausse continue du chômage s’accompagne, aux diverses élections, d’un renforcement de l’abstention et de l’extrême droite.
Vous portez ici une responsabilité forte, historique de ce double fléau pour la démocratie.
Malgré la force des désaveux infligés par le suffrage universel à l’occasion des élections municipales et européennes, l’obstination et le dogmatisme continuent de prévaloir à l’Elysée comme à Matignon. Dans le même temps, et de façon grandissante, les interrogations et le doute s’emparent des députés de la majorité.
Nombreux sont ceux, bien au-delà des rangs du Front de gauche, qui attendent du Gouvernement un changement de cap en faveur de la relance et de l’emploi. Si nombre de nos concitoyens expriment aujourd’hui leur déception et parfois leur colère, c’est qu’ils attendent du Gouvernement qu’il se donne enfin les moyens du changement, qu’il se dote enfin d’une vraie ambition économique et sociale. Or, de fait, le Gouvernement est loin du compte ! Où sont, depuis des mois, les mesures attendues de revalorisation des salaires et de soutien au pouvoir d’achat des ménages ? Où sont les mesures de lutte contre les licenciements boursiers et l’avidité des actionnaires ? Où sont les mesures sociales ambitieuses en matière de santé, de retraite et d’emploi ? Où est passée la grande réforme fiscale.
Pour les députés du Front de gauche, et je dirai plus largement de la gauche progressiste, il n’y a pas de fatalité en Europe, au triomphe de la logique libérale de mise en concurrence des territoires et des peuples. Il n’y pas de résignation face à la Troïka, celle-là même qui a mis le peuple grec à terre.
Le Président de la République et votre Gouvernement, Monsieur le Premier ministre, ne pourront plus longtemps tourner le dos aux valeurs de la gauche. Du reste, une partie de la majorité parlementaire ne supporte plus ce reniement permanent.
Elle ne supporte plus, non plus, votre mépris pour la représentation nationale.
Non contents d’utiliser la procédure du temps législatif programmé qui – je le rappelle – a limité drastiquement le temps de parole des députés.
Non contents d’abuser du recours aux ordonnances qui confine, lui aussi, au déni de démocratie ;
Vous imposez aujourd’hui le 49-3 qui bâillonne les députés qui voulaient voter contre ce texte.
Vous avez voulu tendre un piège institutionnel pour faire entrer tout le monde dans le rang. Nous refusons ce chantage politique tant notre parole est libre.
Votre calcul politicien est court termiste.
Vous ne pourrez, en permanence, empêcher les convergences de s’exprimer et de se renforcer en faveur d’une alternative à gauche.
Vous ne pourrez, non plus, ad vitam, masquer votre rapprochement avec la droite par des envolées verbales aussi artificielles que trompeuses.
Mais ce qui est plus grave aujourd’hui dans la comédie politique à laquelle vous vous livrez, c’est qu’elle aggrave le fossé qui se creuse entre nos concitoyens et les élus.
La crise à laquelle vous êtes confrontés aujourd’hui est aussi morale.
La dimension parfois technique des débats ne saurait masquer l’enjeu de l’offre politique alternative et du choix de société. En cela, « la crise » n’est pas technique. Elle est foncièrement existentielle. Elle interroge notre rapport à nous-mêmes, au monde et à l’Autre, au capital et au travail.
Résignés et tétanisés face à la puissante vague néolibérale et réactionnaire, certains de ceux qui se disent « progressistes » ont déserté le combat des idées et des valeurs pour se laisser guider par un « gestionnisme réaliste ». Comme si un destin commun s’appréciait à l’aune des seuls taux directeurs de la BCE, de la croissance, de la dette publique, des sondages… à défaut de tout socle moral, prenant en compte, avant tout, l’humain. L’humain d’abord. La fracture entre les élites (politique, financière, médiatique, bureaucratique, intellectuelle) et le peuple se nourrit d’un profond sentiment d’injustice, qui cultive lui-même les divisions et les antagonismes dans une société sclérosée en son sommet, profondément inégalitaire, sous tension identitaire, et incertaine de ses valeurs communes.
Soyons clairs.
Pour des députés de la gauche progressiste, une censure du Gouvernement et de la loi Macron n’a donc rien à voir avec la motion présentée par la droite. Chacun sait bien ici que la droite manœuvre, sans craindre de mettre à jour ses incohérences et contradictions, puisqu’elle vote contre la politique qu’elle préconise elle-même.
Chacun sait bien ici que votre censure est l’expression d’une simple hypocrisie politicienne pour occulter le bilan désastreux de vos années de pouvoir.
Personne n’est dupe du programme destructeur qui est le vôtre et qui enfoncerait encore un peu plus notre pays dans la crise. Le seul reproche que vous avez à faire au Gouvernement c’est d’avoir adhéré à votre propre programme économique, et de l’appliquer sans vous reconnaître les droits d’auteur. Vous souhaitez censurer le gouvernement pour exercer directement le pouvoir. Votre démarche ne s’explique donc que par des considérations de pouvoir personnel, et nullement d’intérêt général, c’est-à-dire l’intérêt du peuple.
Pour notre part, c’est précisément au nom du respect du peuple et par souci de cohérence entre nos idées et nos actes, que nous assumons le fait de condamner la politique menée par le Gouvernement.
Nous avons tenté de déposer, avec des collègues d’autres bancs, notre propre motion de censure, avec notre propre argumentaire. D’une part, parce que nous combattons le texte sur lequel vous avez engagé votre responsabilité. Mais aussi parce que nous sommes convaincus de l’urgence et de la nécessité de la nomination d’un nouveau Gouvernement qui puisse réunir l’ensemble des forces de gauche pour conduire une politique de progrès social et de refondation démocratique.
Monsieur le Premier ministre,
Nous n’avons cessé de vous mettre en garde contre la dérive de votre politique économique toujours plus pro-libérale,
Aujourd’hui, il est temps d’en tirer les conséquences,
A travers notre censure, nous adressons un message clair pour que la majorité élue par la gauche cesse de se fourvoyer dans les méandres du libéralisme économique prônée par la droite.
Parfois, le retour à la raison doit être provoqué par un geste fort.
Nous assumons ce geste, au nom du peuple de gauche et dans l’intérêt de la gauche.
C’est dans cet esprit, celui de la conviction et de la détermination, qu’en son âme et conscience, une majorité de députés du Front de gauche se positionne sur la censure de ce Gouvernement.

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Published by bruno fornaciari - dans PCF-FRONT DE GAUCHE ACTUALITES
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BRUNO FORNACIARI

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