Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
17 mars 2015 2 17 /03 /mars /2015 05:11
Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans humour
commenter cet article
16 mars 2015 1 16 /03 /mars /2015 14:45

Discours sur la tombe de Karl Marx ,par Friedrich Engels

Vangelis / mars 14, 2014

Karl Marx est mort le 14 mars 1883 (à l’âge de 64 ans)

« Le 14 mars, à trois heures moins un quart de l’après-midi, le plus grand des penseurs vivants a cessé de penser. Laissé seul deux minutes à peine, nous l’avons retrouvé, en entrant, paisiblement endormi dans son fauteuil, mais pour toujours.

Ce qu’a perdu le prolétariat militant d’Europe et d’Amérique, ce qu’a perdu la science historique en cet homme, on ne saurait le mesurer. Le vide laissé par la mort de ce titan ne tardera pas à se faire sentir.

De même que Darwin a découvert la loi du développement de la nature organique, de même Marx a découvert la loi du développement de l’histoire humaine, c’est-à-dire ce fait élémentaire voilé auparavant sous un fatras idéologique que les hommes, avant de pouvoir s’occuper de politique, de science, d’art, de religion, etc., doivent tout d’abord manger, boire, se loger et se vêtir : que, par suite, la production des moyens matériels élémentaires d’existence et, partant, chaque degré de développement économique d’un peuple ou d’une époque forment la base d’où se sont développés les institutions d’Etat, les conceptions juridiques, l’art et même les idées religieuses des hommes en question et que, par conséquent, c’est en partant de cette base qu’il faut les expliquer et non inversement comme on le faisait jusqu’à présent.

Mais ce n’est pas tout. Marx a également découvert la loi particulière du mouvement du mode de production capitaliste actuel et de la société bourgeoise qui en est issue. La découverte de la plus-value a, du coup, fait ici la lumière, alors que toutes les recherches antérieures aussi bien des économistes bourgeois que des critiques socialistes s’étaient perdues dans les ténèbres.

Deux découvertes de ce genre devraient suffire pour une vie entière. Heureux déjà celui auquel il est donné d’en faire une seule semblable ! Mais dans chaque domaine que Marx a soumis à ses recherches (et ces domaines sont très nombreux et pas un seul ne fut l’objet d’études superficielles), même dans celui des mathématiques, il a fait des découvertes originales.

Tel fut l’homme de science. Mais, ce n’était point là, chez lui, l’essentiel de son activité. La science était pour Marx une force qui actionnait l’histoire, une force révolutionnaire. Si pure que fut la joie qu’il pouvait avoir à une découverte dans une science théorique quelconque dont il est peut-être impossible d’envisager l’application pratique, sa joie était tout autre lorsqu’il s’agissait d’une découverte d’une portée révolutionnaire immédiate pour l’industrie ou, en général, pour le développement historique. Ainsi Marx suivait très attentivement le progrès des découvertes dans le domaine de l’électricité et, tout dernièrement encore, les travaux de Marcel Deprez.

Car Marx était avant tout un révolutionnaire. Contribuer, d’une façon ou d’une autre, au renversement de la société capitaliste et des institutions d’Etat qu’elle a créées, collaborer à l’affranchissement du prolétariat moderne, auquel il avait donné le premier la conscience de sa propre situation et de ses besoins, la conscience des conditions de son émancipation, telle était sa véritable vocation. La lutte était son élément. Et il a lutté avec une passion, une opiniâtreté et un succès rares. Collaboration à la première Gazette rhénane en 1842, au Vorwärts de Paris en 1844,48 à la Deutsche Zeitung de Bruxelles en 1847, à la Nouvelle Gazette rhénane en 1848-1849, à la New York Tribune de 1852 à 1861, en outre, publication d’une foule de brochures de combat, travail à Paris, Bruxelles et Londres jusqu’à la constitution de la grande Association internationale des travailleurs, couronnement de toute son œuvre, voilà des résultats dont l’auteur aurait pu être fier, même s’il n’avait rien fait d’autre.

Voilà pourquoi Marx a été l’homme le plus exécré et le plus calomnié de son temps. Gouvernements, absolus aussi bien que républicains, l’expulsèrent ; bourgeois conservateurs et démocrates extrémistes le couvraient à qui mieux mieux de calomnies et de malédictions. Il écartait tout cela de son chemin comme des toiles d’araignée, sans y faire aucune attention et il ne répondait qu’en cas de nécessité extrême. Il est mort, vénéré, aimé et pleuré par des millions de militants révolutionnaires du monde entier, dispersés à travers l’Europe, et l’Amérique, depuis les mines de la Sibérie jusqu’en Californie.

Et, je puis le dire hardiment : il pouvait voir encore plus d’un adversaire, mais il n’avait guère d’ennemi personnel.

Son nom vivra à travers les siècles et son œuvre aussi ! »
Discours sur la tombe de Karl Marx
Friedrich Engels

http://www.marxists.org/francais/engels/works/1883/03/fe18830317.htm

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans hommage - souvenir
commenter cet article
14 mars 2015 6 14 /03 /mars /2015 22:04

Sondages honteux sur les départementales 2015

11 MARS 2015 | PAR LES INVITÉS DE MEDIAPART

  • Gérard Dahan, économiste et docteur en sociologie, qui dirige depuis 30 ans un institut de sondage analyse les trois derniers sondages parus dans la presse (Odoxa, Ifop et CSA) sur les élections départementales et compile imprécisions et manipulations.

Pour des raisons d'économie ou de dissimulation de leur méthodologie, les instituts de sondages respectent de moins en moins les principes de base des sondages et accumulent les "biais d'enquête". Concernant les sondages qui viennent d'être publiés sur les départementales, on peut être choqué par le fait que des instituts semblent avoir oublié un principe de base de la méthode des sondages : l'échantillon des personnes interrogée doit être représentatifs de la population concernée.
Pour les prochaines départementales, la population concernée habite dans des départements qui votent et déclare qu'elle ira voter les 22 et 29 mars prochain.

Sur les 3 derniers sondages Internet publiés dans la presse Odoxa(1), IFOP(2), CSA(3), on peut manifestement affirmer qu'ils ne respectent pas ce principe puisqu'ils interrogent en toute conscience et sans le préciser aux lecteurs (citons en vrac) : des personnes qui ne sont pas concernées par le scrutin, des personnes qui n'iront pas voter et qui viennent de le dire ou qui se voient proposer des listes qui ne sont pas présentes dans leurs cantons.

Une accumulation d'approximations, de bidouillages et de silences qui sont de véritables scandales en terme de déontologie professionnelle.

Assez hypocritement, les instituts de sondages prennent l'habitude de préciser que les résultats annoncés ne sont pas des prédictions, mais des états de l'opinion au moment où le sondage a été réalisé. C'est une précision classique et importante d'autant que l'opinion est de plus en plus volatile et que près de 20% à 25% des français déclarent se décider dans l'isoloir.

Mais encore faut-il que les principes de base des sondages aient été respectés et notamment que l'échantillon interrogé soit "représentatif".

Ainsi, les instituts de sondages se sont-ils à plusieurs reprises trompés lors des élections à la présidence des partis politiques en interrogeant des sympathisants alors que seuls les adhérents du partis allaient voter. Les échantillons de ces sondages n'étaient pas représentatifs des votants.

Cependant, dans le cadre de ces départementales, les approximations et les "dissimulations" plus ou moins intentionnelles sont bien plus nombreuses.

Scandale n° 1 : des évaluations d'intentions de votes réalisées sur des personnes ayant précisé qu'elles n'iraient pas voter.

La "normalité méthodologique" voudrait que les personnes interrogées ayant précisé qu'elles ne pensaient pas aller voter, soient écartées et que l'on ne continue pas à les interroger "sur le candidat pour lequel elles auraient le plus de chance de voter"(4).
Or, pour conserver des échantillons numériquement présentables, les instituts ont interrogé sur leur préférence en matière de vote des personnes qui venaient juste de dire qu'elles ne pensaient pas aller voter.

L'IFOP annonçait pourtant un taux de votants de 43% et le CSA évaluait à 42% les personnes "sûres" d'aller voter(5). Mais les instituts pour des raisons de taille d'échantillon ont volontairement omis de filtrer les abstentionnistes.
Cette pratique rend, dès lors, l'échantillon "non représentatif" des votants aux départementales.

Scandale n° 2 : interroger sur leurs intentions de vote aux départementales des personnes qui ne sont pas concernées par cette élection.

Par ailleurs, pour que cet échantillon soit représentatif, il faut que les personnes interrogées fassent effectivement partie des personnes concernées par l'élection.
On verrait mal interroger sur l'élection par exemple à la mairie de Paris, des habitants de Lyon ou de Marseille.
C'est pourtant ce qui a été fait dans 2 des sondages sur 3, sur les sondage Odoxa et IFOP, où les habitants de zones non concernées par les départementales ont été interrogés.
En effet, ces instituts ont interrogé les habitants de Paris et de l'agglomération lyonnaise qui ne sont pas concernés par les départementales (mais représentent cependant une proportion non négligeable de l'échantillon interrogé). Seul l'institut CSA a effectivement tenu compte des zones concernées par l'élection.

Scandale n° 3 : proposer aux répondants des listes qui ne sont pas présentes dans leurs cantons, biaisant totalement les réponses.

Sur les 3 instituts ayant remis des résultats début mars, 2 d'entre eux (Odoxa et l'IFOP) ont soumis aux personnes interrogées des listes nationales hypothétiques sans tenir compte des véritables listes qu'on allait proposer dans les différents cantons.
Ainsi, on a pu proposer à des personnes de l'échantillon, des listes non présentes dans leurs cantons.
Dans ce cas, une personne interrogée peut très bien avoir désigné une liste pour laquelle elle ne pourra pas voter dans la réalité.
Par ailleurs, dans la mesure où ces listes étaient "hypothétiques" les instituts de sondages n'en ont pas retenu le même nombre.

1- Odoxa à posé une question en proposant 7 listes nationales génériques : Extrême gauche, Front de gauche, Europe-Ecologie-Les verts, PS et ses alliés, UDI et UMP, Front National, Autres (dont Modem)

2- L'IFOP à posé sa question en proposant 6 listes : Front de Gauche, Parti socialiste, Europe-Ecologie-Les Verts, Modem, UDI et UMP, Front National (La même liste sans la proposition "Extrême gauche").

Seul l'institut CSA a adopté une méthode juste et fiable en proposant aux personnes interrogées et selon leur localisation, la véritable offre qu'ils auront dans le cadre des départementales.
Au final, l'institut CSA affiche un regroupements de 10 listes et obtient des résultats tenant compte de l'offre réelle proposées aux électeurs : Extrême gauche, Front de Gauche, Europe-Ecologie-Les Verts, PS et union de la gauche, Divers gauche, UDI-Modem, UMP et union de la droite, Divers Droite, Front National et Autres.

En revanche, comme les autres instituts, le CSA semble avoir interrogé sur leur intentions de vote l'ensemble des personnes de l'échantillon et pas seulement celles sûres d'aller voter.

Scandale n°4 : on ne doit interpréter comme étant une "intention de vote" que des réponses à une question parlant explicitement "d'intention de vote"

L'IFOP qui a probablement perçu le problème de cette interrogation de "non votants", a trouvé une parade astucieuse que l'institut se garde de relever en posant une question qui n'est absolument pas la même qu'une intention de vote :

La question posée était : "Vous personnellement, souhaitez-vous pour les prochaines élections départementales le succès de... " (suivent les propositions de 7 listes nationales)

Bien évidemment, les journalistes n'ont pas relevé la différence et traitent la question comme s'il s'agissait d'une intention de vote.

Quand on sait qu'un changement de mot dans une question peut entrainer une différence de résultats de 10% à 20%, quand on sait que se multiplient les "votes stratégiques" de personnes qui intentionnellement ne votent pas pour le candidat qu'elles souhaitent voir triompher, on peut penser qu'une telle différence de question est non négligeable et ne peut pas être confondue avec une question d'intention de vote.

Cependant, et c'est toute l'astuce de l'IFOP, on ne peut pas reprocher à l'institut d'avoir interrogé des personnes qui ne pensaient pas aller voter.

Scandale n° 5 : Le flou sur les personnes qui ne se sont pas prononcées aux intentions de vote.

Odoxa annonce avoir interrogé 807 personnes par Internet et semble n'avoir posé qu'une seule question dans le cadre probable d'une enquête omnibus.(6) La société reconnait que 24% des personnes interrogées "ne se sont pas prononcées" à cette question.

On peut s'interroger sur la signification de ces 24% ? S'agit-il de personnes qui sont hésitantes sur leur vote ? S'agit-il de personnes qui savaient qu'elles ne votaient pas et qui ont refusé qu'on les force à répondre ? Ou s'agit-il encore de personnes venant de dire qu'elles n'iraient pas voter et choquées qu'on leur pose tout de même la question....
Odoxa est totalement muet sur le sujet, se contentant de laisser pudiquement dans le flou ce qui est peut-être un énorme "biais" d'enquête.

L'institut CSA qui a interrogé par Internet 965 personnes, semble également avoir interrogé l'ensemble de son échantillon alors que seules 42% des personnes étaient sûres d'aller voter. A la question d'intentions de vote, il annonce 20% des personnes "ne s'étant pas prononcées" et on peut s'interroger sur la signification de ces 20% : hésitations ou refus de répondre ?

L'IFOP qui pose une question différente sur le souhait de succès aux départementales qui n'est pas conditionné au vote de la personne, ne recueille pas cette proportion étonnante de gens ne se prononçant pas.

Scandale n° 6 : la mystification sur la précision des résultats annoncés.

Dans la question posée par Odoxa sur les intentions de vote, 24% des gens ne se prononcent pas. L'échantillon exprimé à prendre en compte pour évaluer la précision des résultats, n'est donc pas de 807 personnes, mais de 613 personnes.
Une absence de rappel à la limite de l'abus, d'autant qu'une seule question est posée.

En ce qui concerne les résultats attribués au Front National : à 33% et pour un échantillon de 613 personnes interrogées la précision est de ± 3,72%
Le résultat du FN obtenu par Odoxa a donc une précision comprise entre 29,3% et 36,7% (intervalle de 7%).

Ceci étant si on considère que plus de 50% des 607 personnes interrogées n'iront probablement pas voter, on peut aussi dire que l'échantillon pertinent n'était en fait que d'environ 300 personnes et l'intervalle de confiance pour 306 votants probables interrogés de ± 5,27%.

L'institut CSA qui a interrogé par Internet 965 personnes annonce que 20% des personnes "ne se sont pas prononcées". C'est donc un échantillon de 772 personnes qui a répondu à la question.
La précision des résultats n'est donc pas comme l'indique son tableau déterminée sur 1000 personnes, mais sur 772 personnes soit une précision pour un résultat à 29% (score attribué au FN) de ± 3,2%. Le résultat annoncé pour le FN est donc compris dans un intervalle qui va de 25,8% à 32,2%.

En guise de conclusion :

On peut très clairement affirmer au vue de plusieurs facteurs, que les échantillons interrogés sur ces 3 sondages ne sont pas représentatifs des votants aux départementales. Ce qui ne veut pas dire que les résultats obtenus seront faux. Je n'en sais rien...

Mais le plus grave dans cette présentation, c'est l'image d'absence de déontologie professionnelle que donnent aujourd'hui un certain nombre d'instituts de sondage.

Absence de déontologie que les Français perçoivent et qui devrait être sanctionné par la commission des sondages qui malheureusement intervient très peu.

Notre pays on le sait est le 2ème pays au monde en termes de consommation de sondages et cependant, la défiance déclarée vis-à-vis des sondages est dans certaines enquêtes de près de 70% des Français.

Au vu des derniers sondages sur les départementales, on peut comprendre les réactions de nos compatriotes.

(1) http://www.odoxa.fr/wp-content/uploads/2015/03/Odoxa-pour-le-Parisien-Aujourdhui-en-France-Rapport-de-force-aux-%C3%A9lec....pdf

(2) http://www.ifop.com/media/poll/2952-1-study_file.pdf

(3) http://www.csa.eu/multimedia/data/sondages/data2015/opi20150304-csa-bfmtv-les-elections-departementales.pdf

(4) Aucune mention n'est faite sur un tel filtrage, on peut donc penser que c'est la totalité des échantillons qui a été interrogés.

(5)Personnes ayant mis la note 10 sur une échelle de certitude d'aller voter de 1 à 10.

(6)Enquête "fourre-tout" où les sujets d'enquête se succèdent, sans avoir généralement aucun rapport entre eux, ce qui permet rarement aux personnes interrogées, des réponses réfléchies et qui tend à énerver les répondants. Donc d'assez mauvaises conditions d'enquête. Rappelons cependant qu'il s'agissait d'une enquête Internet. Les enquêtes Internet sont "gratifiées", et les personnes répondent parce qu'elles en attendent un cadeau, des points où l'équivalent d'une rémunération.

Repost 0
14 mars 2015 6 14 /03 /mars /2015 21:59

Avant, avec, après Ferrat : Antraigues, comment peut-on t’imaginer...

Spécial Jean Ferrat

LAURENCE MAURIAUCOURT

VENDREDI, 13 MARS, 2015

L'HUMANITÉ

Photo : Alain Marouani

L’Humanité a posé ses valises en Ardèche, à la rencontre des villageoises et villageois d’Antraigues-sur-Volane, terre de toutes les cultures

Antraigues-sur-Volane (Ardèche), envoyée spéciale. «Ah, merde ! » C’est l’expression impressionnée qu’a eue Pascal, il y a deux ans, en arrivant au pied du village par la route de Vals-les-Bains. Avec son compagnon, Gaël, ils ont fui Paris pour reprendre une des deux épiceries du village. De Ferrat, à part la Montagne, Pascal ne sait pas grand-chose, si ce n’est que c’est un « grand monsieur ». Lui, son truc, c’est Mylène Farmer, dont le poster trône au milieu de produits du quotidien et de spécialités du pays. Un pays encore sous le choc des foules qui y ont déferlé après le décès du compositeur-auteur-interprète populaire, le 13 mars 2010. Une terre de cultures qui a eu une vie avant et après Jean Ferrat, et qui recommence doucement à imaginer l’avenir. Cultures au pluriel, oui. Sur un banc, au soleil, Paul Mazade se plaît à raconter la culture ouvrière des usines de fil de soie. La sienne. Cette industrie, en complément des revenus agricoles, maintenait au village et aux alentours des milliers de familles. Les usines ont fermé. Les pommes et les pêches se sont mises à pousser partout en France et à venir d’ailleurs. Les jeunes sont partis vivre en ville. Restent les châtaigniers, qui donnent de délicieuses confitures, mais aussi une farine sans gluten. Aujourd’hui, la demande dépasse l’offre. Mais un insecte menace les châtaigneraies. Et puis, l’automne dernier, des pluies diluviennes ont décimé une partie de la récolte. Jeannot Baratier, l’un des quatre habitants nés à Antraigues en 1939 (Antraïgues, comme ils disent), travaille encore dans la châtaigneraie et à l’élevage de chèvres et de brebis, avec son épouse qui, elle non plus, ne touchera pas grand-chose à la retraite. Son épouse, Claudette, c’est les framboises. Deux récoltes par an. Et des confitures qui se retrouvent y compris sur la table du petit déjeuner du prince de Monaco ! Jeannot exerça deux mandats d’élu municipal, en même temps que Jean Ferrat. Il est formel, s’il n’y a pas de train dans le canton, c’est la faute à 14-18 ! Les ingénieurs avaient finalisé le tracé de la ligne, mais il a fallu forger des canons, et l’apparition des voitures a fini d’enterrer le projet. Par contre, s’il y a un court de tennis et l’électricité dans la vallée du Mas, c’est grâce à Ferrat ! « Il se faisait beaucoup de choses concrètes à cette époque », se souvient l’agriculteur. Si Ferrat est devenu ardéchois, c’est grâce à Jean Saussac, peintre, décorateur de cinéma, maire, communiste lucide et persuasif. L’homme a fait venir au village Brel, Nougaro, Lino Ventura… Mais, sous sa pression et celle de Christine Sèvres, sa première épouse, chanteuse de talent, Ferrat, lui, est resté. Christine n’aura connu que cinquante printemps. Mais ses chansons courent encore dans les calades du village, autour de l’ancienne cure où vivent Joëlle et Dominique Dumont. Le hasard des Pages jaunes a voulu que la journaliste de l’Huma loge dans leur gîte. Les albums photo de Joëlle, qui fut durant 25 ans la voisine du couple Christine-Jean, montrent à quel point leur « intégration » à Antraigues fut complète. Quant au piano et à la guitare classique de Dominique, musicien professionnel, ils sont souvent entre les doigts des « élèves », à qui il transmet volontiers ce qu’il connaît de chansons françaises. Et il en connaît ! Bernard Ranchon, ancien maire, passionné de patois et d’occitan, connaît aussi son lot de couplets et refrains ! Premier maire non communiste, bien qu’ayant quelques affinités avec les « rouges », élu dans les années 1990, fils de la boulangerie, il affirme que le village n’aurait pas survécu à l’exode rural sans les deux Jean, Ferrat et Saussac.

« La pétanque, oui, mais pas que! Là aussi, c’est toute une culture qui se réveille.»

Serge Petit, retraité d’EDF, tout ce qu’il connaît du monde d’aujourd’hui, c’est grâce à l’Humanité. « Si tu t’en tiens à la télé pour t’informer, ici, tu deviens un bourricot ! » comme il dit. Maaike Klein, céramiste hollandaise qui est restée à Antraigues tout comme reste son accent, et dont la renommée internationale n’est pas arrivée jusqu’ici, a fait poser Serge, il y a plusieurs années. Mais il fumait toutes les dix minutes à l’époque… Pas facile ! Le modelage trône dans le salon du retraité. Depuis janvier, il achète aussi Charlie Hebdo. Le village s’est mobilisé pour rendre hommage aux victimes des attentats. Gabin Aymard, jeune adjoint de la nouvelle municipalité élue en avril dernier, est monté sur une chaise et a prononcé quelques mots qui ont rassuré les villageois : la relève est assurée ! Le jeune éleveur, diplômé universitaire, a choisi de revenir et d’élever des vaches pour faire commerce de la viande en circuit court. On les voit à flanc de montagne. On n’avait pas vu ça ici depuis les années 1950 ! Et, surtout, Gabin fait partie de ceux qui relancent le club de foot. La pétanque, oui, mais pas que ! Là aussi, c’est toute une culture qui se réveille. « Le sport est culture », confie Jane, passionnée par la peinture de Jean Saussac et qui œuvre aux côtés de Colette Ferrat pour organiser le Festival Ferrat d’août. Il attirera, on l’espère, un public nombreux. Qui découvrira ou redécouvrira la place, avec sa fontaine et ses réverbères « importés » de Paris. Lo Podello (la poêle) sera ouvert, bien sûr. C’est le café mythique qu’a tenu Hélène Baissade. Cuisinière, dessinatrice, elle avait fait de ce lieu un point de rencontre entre les artistes et la population. Elle a reçu les insignes des Arts et des Lettres pour son œuvre. Aujourd’hui, elle a quatre-vingt-dix ans et ne regrette pas d’avoir quitté Neuilly-sur-Seine et ses « bourgeois » pour vivre ici. C’est Valérie, la fille adoptive de Colette Ferrat, qui a repris le café. Elle est aussi maman de deux filles, dont Julie qui n’hésitait pas à tirer la moustache de son « grand-père Ferrat ». C’est un autre moustachu, Jacques Boyer, qui a créé le café La Montagne, devenu depuis café-hôtel-restaurant, tenu par Jérôme. Un autre lieu mythique de la place. Jacques Boyer, c’est cinquante ans de vie commune avec Jean Ferrat. Ancien chanteur de cabaret, comédien, il devint régisseur, chauffeur, le monsieur « tout » de Jean. En veillée, l’homme est intarissable. Cuba, les deux tournées en Algérie, les milliers de kilomètres parcourus en voiture à travers la France. Quand Jean a quitté la scène, Jacques s’est fait cabaretier. Il a repris la guitare pour l’Huma et, ma foi, lui qui fut le créateur de la célèbre chanson Mon vieux, a toujours un joli brin de voix malgré ses soixante-dix-neuf balais qui n’ont rien balayé de sa joyeuse mémoire !

Un paradis pour tout ce qui est vivant et qui demande à être protégé

Même âge, même énergie, mêmes souvenirs intacts chez Francine Fleury-Rapiné. Ils se sont côtoyés pas mal avec Jean Ferrat. Notamment en 2002, en route pour la manif contre le FN organisée entre les deux tours de la présidentielle. Mais Jean n’a sans doute jamais su que Francine avait fait « de la taule ». Dix-huit mois de prison à vingt ans. Pincée pour avoir fait transiter des messages à l’intention du FLN pendant la guerre d’Algérie. Quelle histoire ! Cette « Amie de l’Humanité » force le respect lorsqu’elle gravit à pied la montagne par le sentier qui la ramène chez elle, tout là-haut. Un paradis pour les oiseaux, pour tout ce qui est vivant et qui demande à être protégé. Tous ces villageois, Stéphane Bern, traversant Antraigues « dans un nuage de parfum », dans le cadre de l’émission le Village préféré des Français, ne les a pas rencontrés. Dommage. Les pierres, même si elles ont plus d’une couleur à révéler, ne vous servent pas de soupe et de café. C’est pourtant autour d’un breuvage chaud, à la morte saison, une fois les « touristes partis » qu’Antraigues retrouve « face à lui-même, sa vérité, ses problèmes », comme le chanta si bien Ferrat. Mais, l’été, les autocaristes déversent leurs lots d’appareils photo, de caméras vidéo et de yeux qui jettent un coup d’œil à travers les fenêtres pendant la sieste ou s’incrustent au milieu d’une partie de pétanque. Un tour au cimetière, visite de la Maison Ferrat pour voir son piano et sa bibliothèque, et hop ! ils s’en retournent dans le bus, qui les emmène déjeuner à vingt kilomètres de là. Il va falloir avoir de l’imagination pour offrir « un tourisme intelligent ». Réguler sa présence, lui offrir autre chose que de la nostalgie… Et, surtout, conserver sur place les services publics, remplacer le médecin vieillissant, et satisfaire à tous les besoins du quotidien pour garder, voire développer la population. Car, sans population locale, pas de village, pas de nature praticable et, donc, plus de tourisme ! École, emploi, sport, culture… la nouvelle municipalité, élue en avril 2014, se veut volontariste, même si elle a écopé d’une dette « non déclarée » qui complique l’affaire. Et puis, le canton a été redécoupé. Antraigues aura sans doute à mettre en œuvre toutes ses utopies, toutes ses idées pour que le « vivre ensemble durable », cher à la gauche, puisse ici démontrer que la droite, contrairement au poète, n’a pas toujours raison…

Antraigues, on y va. On y vit. On y revient. On y meurt. On y revit, surtout. Enfin.

Pourquoi pas réorganiser le banquet républicain qui, de 1997 à 2006, parvenait à réunir l’ensemble de la population autour de valeurs progressistes ? Francesca Solleville chantant l’Internationale avec Saussac et Ferrat, ça avait de la gueule, tout de même ! Certes, la fête de la châtaigne, d’octobre, est toujours un grand moment de liesse et de retrouvailles, mais « c’est pas pareil… », dit-on au village. Hélène Terrisse, institutrice d’une époque, qui savait tout sur chacun et plus encore, a laissé de précieux écrits pour expliquer Antraigues. De quoi en parcourir les calades (les rues), les rives des trois rivières (Volane, Mazélande et Bise, qui font d’Antraigues un village « entre les eaux ») et la nature humaine avec un regard plus affûté. Et tous ceux qui ont pris des cours de peinture avec Jean Saussac ou Gamon, son fils, qui œuvre toujours, savent regarder au-delà des clichés de cartes postales.

Il faut aussi oser franchir le territoire de la commune pour aller à la rencontre de Christiane et de son auberge de Bise, où l’immense poète Allain Leprest, parti trop tôt, trouvait un chaleureux accueil. Son « copain », Petit Jean, en parle avec une rare tendresse, sous ses apparences de paysan rompu à toutes les épreuves de la vie. Il faut descendre jusqu’à Aubenas pour visiter La Bobine, le lieu culturel que crée Véronique Estel, fille de Christine Sèvres, que Ferrat a bercée tout bébé. Là, la danse côtoie la chanson, le yoga et les conférences sur le traité transatlantique, qui risque fort d’américaniser un peu plus le monde. Elle, se souvient avec tendresse d’Oural, le berger belge qui inspira son « re-père », comme elle dit. Pour elle, Antraigues, « c’est trop maman et Jean ». Elle a fait sa vie. Ailleurs. Mais pas loin. Antraigues, on y va. On y vit. On y revient. On y meurt. On y revit, surtout. Enfin.

Ces personnages que vous entrevoyez ici, comme à travers une fenêtre ouverte, vous pouvez vous aussi partir à leur rencontre et les écouter. Grâce à un documentaire multimédia disponible sur notre site Internet. Bon voyage !

Une place Ferrat inaugurée à Paris. Vendredi 13 mars a été inaugurée une place Jean Ferrat, à l’intersection du boulevard de Ménilmontant et de la rue Oberkampf, par Anne Hidalgo, maire de Paris, qui rendra hommage au chanteur. Un discours suivi d’un hommage poétique de Véronique Estel, fille de Christine Sèvres, compagne de Ferrat, de l’interprétation de Ma France par Isabelle Aubret, en présence de Pierre Laurent, Bertrand Delanoë, Bruno Julliard, premier adjoint à la culture, François Vauglin et Frédérique Calandra, maires du 11e et 20e arrondissement.

Repost 0
14 mars 2015 6 14 /03 /mars /2015 21:18

La HONTE ! 70 ans après... [par Jean Lévy]

La honte !

par Jean Lévy

70 ans après... après le refus de Barack Obama, ni Angela Merkel, ni David Cameron ne participeront à Moscou le 9 mai 2015 aux cérémonies de la Victoire de l'Union soviétique, sur l'Allemagne nazie...

François Hollande n'aurait pas encore pris sa décision ...

Mars 1945, à l'Ouest, les forces alliées traversent le Rhin. En Italie, la Wehrmacht tient encore la Lombardie. A l'Est, l'Armée soviétique franchit l'Oder après avoir libéré Varsovie et Cracovie et la Hongrie.

Wikipédia fait le point sur les opérations militaires en ce préprintemps d'il y a 70 ans:

Sur le Front de l'Ouest, à la fin janvier, les Alliés ont contenu la contre-offensive des Ardennes. L'échec de la dernière offensive majeure des nazis à l'ouest achève d'épuiser les forces allemandes, les laissant mal armées pour résister aux assauts finaux des Alliés en Europe. Des pertes supplémentaires en Rhénanie finissent d'affaiblir la Wehrmacht, qui ne peut plus aligner que des éléments épars pour défendre la rive orientale du Rhin.

Sur le front de l'Est, la rupture du front de la Vistule et les échecs de la Wehrmacht en Hongrie contribuent à acculer davantage le Reich.

Ainsi, les succès soviétiques de l'hiver 1944-1945 incitent les responsables militaires du Reich à mettre en défense l'Oder, dernier grand obstacle naturel à l'Est de Berlin : l'un des proches de Hitler à l'OKW se montre favorable à la concentration de tous les moyens disponibles de la Wehrmacht sur le front oriental. Dix-huit divisions, ainsi qu'une majeure partie de l'armement lourd (blindés et artillerie lourde) et des moyens aériens, sont ainsi prélevées des fronts occidentaux et méridionaux pour être envoyée sur le front de l'Oder.

En ce printemps 45, il faut le dire, des tractations secrètes ont lieu en Suisse entre le maréchal allemand Kesselring, le n°3 de la SS, et Allan Dulles, le patron de l'OSS (la future CIA), par l'entremise de banquiers suisses et italiens, en vue de stopper la guerre à l'Ouest et retourner les forces alliées et allemandes contre l'Union soviétique...L'opération trahison tournera court : d'un côté, Roosevelt, comme de l'autre, Hitler, y feront obstacle.

Mais cette péripétie éclaire le choix ultérieur de la "guerre froide" contre l'URSS, décidée par les Etats-Unis, qui se déploiera dès 1947.

L'attitude prise aujourd'hui par les dirigeants des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne et de ...l'Allemagne de refuser d'honorer par leur présence les immenses sacrifices consentis pour la Victoire par les peuples soviétiques (plus de 20 millions de morts), leurs terres ravagées, leurs villes et leurs villages brûlés par milliers, cette attitude n'est pas simplement honteuse, elle est révisionniste, dans l'esprit hitlérien.

Car enfin, sans l'Armée rouge, ses 200 divisions sur le front de l'Est, leur offensive sur 2000 kms de Stalingrad à Berlin, les Alliés auraient été incapables de débarquer à l'Ouest, et, donc de participer à la libération de la France.

Nous devons celle-ci d'abord aux Soviétiques.

Il faut le dire et le redire par simple vérité historique.

Célébration du 9 mai 1945 sur la place Rouge à Moscou

C'est si vrai que le général De Gaulle, en 1964, pour le vingtième anniversaire du débarquement en Normandie, refuse de participer aux cérémonies, déclarant alors : "Si vous croyez qu'ils sont venus pour nous libérer !"

Aujourd'hui, les infos laissent entendre que François Hollande "n'a pas encore pris sa décision" de se rendre ou pas à Moscou, le 9 mai prochain, pour représenter la France aux cérémonies du 70ème anniversaire de la victoire sur l'Allemagne nazie.

Une absence au plus haut niveau de notre pays serait, non seulement un affront infligé aux peuples de l'ancienne Union soviétique, aux Russes, aux Bielorusses et aux Ukrainiens d'abord, dont les terres ont été les plus ravagées, mais aussi aux milliers et aux milliers de combattants clandestins et Français libres, tombés dans le combat commun pour la libération de la France, et qui savaient la part prise par les soldats et partisans soviétiques.

Que madame Merkel ne célèbre pas les vainqueurs de Stalingrad, c'est un choix, mais que la France soit absente serait une honte !

J.L.

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans hommage - souvenir
commenter cet article
14 mars 2015 6 14 /03 /mars /2015 09:49

MONDE

Venezuela : Les déclarations du président Barack Obama préoccupantes et condamnables (PCF)

VENDREDI, 13 MARS, 2015

HUMANITE.FR

Les déclarations du président Barack Obama qualifiant le Venezuela de « menace inusuelle et extraordinaire à la sécurité nationale et à la politique extérieure » des États-Unis sont extrêmement préoccupantes et condamnables. Elles font suite aux sanctions décidées par Washington à l'encontre de certains responsables politiques vénézuéliens.

Ces déclarations ouvrent la possibilité à une agression contre ce pays et met en évidence les intentions inacceptables de l'Administration Obama d'intervenir directement dans l'appui aux tentatives de l'opposition de déstabiliser le pays et de faire tomber le gouvernement de Nicolas Maduro, le président démocratiquement élu en 2013.

La politique d'ingérence des Etats-Unis est un soutien clair à une opposition qui n'a jamais accepté ni les victoires de la gauche aux élections ni les politiques progressistes mises en œuvre ; opposition présentée comme « démocratique » mais qui, dans le passé, a participé activement aux tentatives de coup d’État soutenues par Washington.

En agissant de cette manière injustifiée, le président Barack Obama renforce les options les plus violentes et porte atteinte aux efforts en faveur d'un accord national pour la paix proposé par le président Nicolas Maduro en 2014.

Une fois de plus, les États-Unis font le choix d'ignorer les choix souverains du peuple vénézuélien et les efforts réalisés par l'Union des nations d'Amérique du sud (UNASUR) en faveur d'un règlement politique et juste aux problèmes du Venezuela. Ce faisant, Barack Obama prend le risque de s'éloigner des positions des gouvernements d'une région qui déploie ses efforts pour être une zone de paix où la concertation politique et le dialogue demeurent la règle.

Parti communiste français

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans venezuela INTERNATIONAL PCF
commenter cet article
12 mars 2015 4 12 /03 /mars /2015 13:39
Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans PCF
commenter cet article
12 mars 2015 4 12 /03 /mars /2015 06:29

Viva Venezuela

Chapitre français de la campagne internationale de solidarité avec la révolution Bolivarienne - - - - - - - - - - - Plateforme de réinformation sur le Venezuela.

La tentative de coup d’Etat contre le Venezuela, par Ignacio Ramonet

Sympathique spécimen de la faune amazonienne, le toucan est un oiseau bien connu pour son bec spectaculaire aux couleurs chatoyantes. C’est aussi le nom d’un agressif « oiseau d’acier »fabriqué par l’entreprise brésilienne Embraer, dont la dénomination militaire est EMB 312, et dont les deux modèles les plus vendus sont le T-27, version d’entrainement, et le AT-27, armé pour des attaques à terre. Et c’est précisément un de ces Tucanos militaires, armé pour l’attaque, qui devait bombarder le palais présidentiel de Miraflores, à Caracas, le 12 février dernier. Et tuer le président Nicolas Maduro. L’aéronef avait également pour mission d’attaquer le ministère de la Défense et de détruire, parmi d’autres cibles, le siège de la chaîne de télévision internationale TeleSur, en semant le chaos et la confusion.

Selon les informations révélées par le président Maduro lui-même, la tentative de coup d’Etat a été déjouée grâce aux services de renseignement. Ils ont permis l’arrestation d’un groupe d’officiers d’aviation et de civils. « Il s’agit – a déclaré le chef de l’Etat – d’une tentative de sédition contre la démocratie et la stabilité de notre patrie ; c’est une séquelle du « putsch bleu » [1] de février-mars 2014, il y a un an ».

Nicolas Maduro a indiqué que l’un des officiers arrêtés était lié, depuis l’année dernière, à des groupes de l’extrême-droite vénézuélienne qui cherchent à provoquer des troubles violents dans le pays. Le président a révélé que, selon l’enquête, les autorités militaires loyales avaient exigé l’an dernier la démission de cet officier. « Mais il y a quelques semaines – a raconté le chef de l’Etat – plusieurs opposants ont repris contact avec lui, lui ont remis une importante somme d’argent et lui ont confié plusieurs missions. En même temps, l’ambassade des Etats-Unis lui délivrait un visa le 3 février, en l’assurant ainsi qu’en cas d’échec, il disposait d’une autorisation d’entrée aux Etats-Unis par n’importe quelle frontière ».

« Dès ce moment – a poursuivi Nicolas Maduro –, cet officier a pris contact avec quatre autres gradés pour exécuter les missions « désignées par Washington » ». Une de ces missions consistait à faire une vidéo, en enregistrant les déclarations du général d’aviation Oswaldo Hernández Sánchez depuis la prison où il est incarcéré pour avoir participé, en 2014, à une précédente tentative de coup d’Etat.

« L’ordre était d’enregistrer une vidéo de ce général, qu’on surnomme « l’Ours », et, le 12 février, pendant le défilé de la Victoire [2], de faire décoller un avionTucano et attaquer le palais présidentiel de Miraflores et d’autres « cibles tactiques » comme le ministère de la défense, le Conseil national électoral (CNE) et le siège de la chaîne de télévision TeleSur. L’ordre était de déclencher le putsch au moment de la publication par un journal d’opposition de ce qu’ils appellent le « Programme du gouvernement de transition » » [3].

De leur côté, Diosdado Cabello, président de l’Assemblée nationale vénézuélienne, et Jorge Rodríguez, maire du district Libertador de la capitale, ont apporté, le 13 février dernier, à Caracas, plus de détails sur la tentative putschiste. Les deux dirigeants chavistes ont confirmé que les officiers arrêtés avaient reconnu que la publication d’un « Manifeste » était l’un des signes convenus pour déclencher le putsch dont le nom de code était « Opération Jéricho » [4].

Ils ont également révélé que, selon les déclarations des détenus, les putschistes avaient l’intention de « liquider » dès le premier moment, en plus du président Nicolas Maduro, Diosdado Cabello et Jorge Rodríguez, ainsi que d’autres personnalités bolivariennes : Tibisay Lucena, présidente du CNE, et Tareck El Aissami, ancien ministre de l’intérieur et actuel gouverneur de l’Etat d’Aragua.

Ils ont aussi identifié, en plus du général Oswaldo Hernández, d’autres chefs présumés de la conspiration. Parmi eux le capitaine Héctor José Noguera Figueroa ; le colonel José Suárez Rómulo ; le premier lieutenant Ricardo Antich Zapata (chargé des contacts avec l’ambassade des Etats-Unis) et le premier lieutenant Luís Hernando Lugo Calderón [5].

Ils ont montré une partie de l’arsenal saisi, en particulier des armes de gros calibre : des fusils semi-automatiques AR-15, des mitrailleuses et des grenades. Ils ont également révélé que des plans de la ville de Caracas avaient été trouvés, sur lesquels plusieurs « cibles tactiques » étaient effectivement signalées avec une grande précision : le palais présidentiel de Miraflores, les ministères de la défense, de l’intérieur et de la justice, le Conseil national électoral, la Direction du contre-espionnage militaire et, comme nous l’avons déjà dit, le siège de la chaîne de télévision TeleSur.

Cabello et Rodríguez ont désigné comme « auteurs intellectuels » de la tentative putschiste et du projet de magnicide deux personnalités de l’opposition : Antonio Ledezma, maire de Caracas (arrêté le 19 février dernier) et Julio Borges, député de l’opposition. Ils ont également affirmé détenir les preuves de la participation de fonctionnaires de l’ambassade des Etats Unis :« Une fonctionnaire de l’ambassade appelait les épouses des généraux vénézuéliens et leur disait que le nom de leur mari figurait sur la liste des personnes sanctionnées par le Congrès des Etats-Unis. Et que les visas d’entrée aux Etats Unis de leurs familles avaient été invalidés. Ainsi voulait-on susciter l’angoisse dans les familles des officiers », expliqua Jorge Rodríguez.

Pour sa part, le président Maduro a dit avoir en sa possession le « projet de gouvernement » élaboré par les putschistes. Selon ce plan, les pouvoirs publics seraient éliminés et les Cubains (médecins, instituteurs et sportifs) des Missions de service social (santé, éducation et sport) menacés. « Ils parlent aussi – dit le président Maduro – de privatiser la compagnie pétrolière nationale PDVSA [Petróleos de Venezuela Sociedad Anónima], de suspendre les garanties constitutionnelles, de libéraliser le système des changes et de redonner les dollars à l’oligarchie ». Le président a ajouté que dans ce « Projet de gouvernement » les putschistes « menacent ce qu’ils appellent les « collectifs » qui sont, nous le savons, le peuple vénézuélien – et annoncent que, dès qu’ils seront au pouvoir, ils déploieront contre eux toute la force militaire. Aux Cubains des Missions, ils donnent 24 heures pour se présenter devant les bureaux du nouveau gouvernement de facto ou ils supporteront les conséquences… ».

Malgré toutes les preuves et tous les détails fournis par les plus hautes autorités de l’Etat vénézuélien, les médias internationaux (même en Amérique latine) ont accordé peu de crédibilité à cette tentative de coup d’Etat. Une telle « incrédulité » fait partie – depuis quinze ans – de la stratégie des grands médias dominants dans leur guerre contre la révolution bolivarienne, afin de discréditer les autorités bolivariennes. Indifférent à cette attitude hostile, le président Nicolás Maduro continue à expliquer, avec une persévérance pédagogique et en présentant toutes sortes de preuves, comment, depuis la mort d’Hugo Chávez (il y a juste deux ans) et depuis son élection (le 14 avril 2014), un « coup d’Etat lent » est en marche pour le renverser.

Cette fois le putsch devait se réaliser en quatre étapes [6].

La première a commencé début janvier 2015, lorsque le président Maduro se trouvait en déplacement à l’étranger (Chine, Iran, Qatar, Arabie Saoudite, Algérie et Russie). Au cours de cette première étape, des entreprises privées ont mené des campagnes d’accaparement d’aliments et de produits de première nécessité dans le but de créer des pénuries et du mécontentement, préparant ainsi les conditions pour que les citoyens protestent et saccagent les supermarchés. Ce qui ne s’est pas produit.

Dans la deuxième phase, les grands médias internationaux ont intensifié la diffusion de reportages, de nouvelles et d’articles qui donnaient une image déformée de la réalité vénézuélienne, faisant croire que dans le pays du « socialisme du XXI siècle »sévissait une véritable « crise humanitaire ». A cette occasion le président Maduro a dénoncé le rôle détestable joué, au cours de cette phase de l’ « Opération Jéricho », par plusieurs quotidiens espagnols (El País, ABC), …

La troisième étape devait avoir pour protagoniste un« traître » qui ferait un appel solennel à la rébellion à la télévision et dans les grands médias. Le président n’a pas donné le nom de ce« traître », mais il a mis en garde les Vénézuéliens : « Je ne veux alarmer personne, mais je dois dire toutes les vérités (…) Ils sont en train de chercher un traître, et je demande au peuple de rester vigilant ».

La quatrième étape du coup d’Etat – celle qui a été déjouée le 12 février dernier – prévoyait la participation d’un groupe d’officiers putschistes de l’armée de l’air, financés depuis l’étranger. Alors serait annoncé le « Programme de gouvernement de transition ». Et l’on enterrerait la révolution de Chávez.

Mais, même en quatre étapes, le coup d’Etat a échoué. Et la révolution bolivarienne demeure debout.

Ignacio Ramonet | 5 mars 2015

Notes :

[1] L’aile la plus à droite de l’opposition vénézuélienne, – dirigée par des personnalités ultraconservatrices comme Leopoldo López (arrêté le 20 février 2014), Antonio Ledesma (arrêté le 19 février 2015) et Maria Corina Machado (ancienne députée) – a lancé le mouvement « La Sortie », qui appelait à une sorte de« coup d’Etat soft » ou de « coup d’Etat bleu » dans le but de renverser le Président Nicolás Maduro par le financement de manifestations violentes (les« guarimbas ») qui ont fait 43 morts, 878 blessés et d’innombrables dégâts.

[2] Le 12 février, au Venezuela, c’est le Jour de la Jeunesse, qui commémore la Bataille de la Victoire, pendant la guerre d’Indépendance, dans laquelle un millier d’étudiants venus de Caracas ont affronté les troupes espagnoles et les ont vaincues.

[3] Le manifeste a été publié le 11 février dernier, dans un journal d’opposition, El Nacional, en page 5, sous le titre de « Appel aux vénézuéliens pour un accord national pour la transition ».

[4] Par référence à La Bible et plus précisément au Livre de Josué, qui raconte que quand Josué, à la tête des israélites, arriva au pied des imposants remparts de la ville de Jéricho, Dieu lui dit d’ordonner aux prêtres de sonner les trompettes :« Quand vous entendrez le son de la trompette, tout le peuple poussera de grands cris. Alors le rempart de la ville s’écroulera, et le peuple montera, sans obstacle ».

[5] Les autres officiers putschistes seraient : la Capitaine Laideth Salazar de Zerpa, dite « Manuelita » ; les capitaines Andrés Ramón Thompson Martínez, Nerio Alfonso Cordova Moreno ; Carlos Manuel Osuna Saraco dit « Guillermo » ; le major Cesar Pérez Carrero ; premier lieutenant Wilfredo Amado Castillo Colmenares ; premier lieutenant Javier Salazar Moncada ; premier lieutenant Miguel Ángel Salazar Molina ; premier lieutenant Carlos Esqueda Martínez ; et premier lieutenant Jofre de Jesús Pineda Trejo.

[6] Voir site web de TeleSur, Caracas, le 12 février 2014.www.telesurtv.net/Gobierno-venezolano-desmantela-atentado-golpista

Source :

http://www.medelu.org/La-tentative-de-coup-d-Etat-contre

Repost 0
7 mars 2015 6 07 /03 /mars /2015 18:17

LA TENTATIVE DE COUP D’ETAT CONTRE LE VENEZUELA, PAR IGNACIO RAMONET

Publié par Venezuela infos dans impérialisme, Médiamensonges / désinformation / propagande7 mars 2015

Sympathique spécimen de la faune amazonienne, le toucan est un oiseau bien connu pour son bec spectaculaire aux couleurs chatoyantes. C’est aussi le nom d’un agressif « oiseau d’acier »fabriqué par l’entreprise brésilienne Embraer, dont la dénomination militaire est EMB 312, et dont les deux modèles les plus vendus sont le T-27, version d’entrainement, et le AT-27, armé pour des attaques à terre. Et c’est précisément un de ces Tucanos militaires, armé pour l’attaque, qui devait bombarder le palais présidentiel de Miraflores, à Caracas, le 12 février dernier. Et tuer le président Nicolas Maduro. L’aéronef avait également pour mission d’attaquer le ministère de la Défense et de détruire, parmi d’autres cibles, le siège de la chaîne de télévision internationale TeleSur, en semant le chaos et la confusion.

Selon les informations révélées par le président Maduro lui-même, la tentative de coup d’Etat a été déjouée grâce aux services de renseignement. Ils ont permis l’arrestation d’un groupe d’officiers d’aviation et de civils. « Il s’agit – a déclaré le chef de l’Etat – d’une tentative de sédition contre la démocratie et la stabilité de notre patrie ; c’est une séquelle du « putsch bleu » [1] de février-mars 2014, il y a un an ».

Nicolas Maduro a indiqué que l’un des officiers arrêtés était lié, depuis l’année dernière, à des groupes de l’extrême-droite vénézuélienne qui cherchent à provoquer des troubles violents dans le pays. Le président a révélé que, selon l’enquête, les autorités militaires loyales avaient exigé l’an dernier la démission de cet officier. « Mais il y a quelques semaines – a raconté le chef de l’Etat – plusieurs opposants ont repris contact avec lui, lui ont remis une importante somme d’argent et lui ont confié plusieurs missions. En même temps, l’ambassade des Etats-Unis lui délivrait un visa le 3 février, en l’assurant ainsi qu’en cas d’échec, il disposait d’une autorisation d’entrée aux Etats-Unis par n’importe quelle frontière ».

« Dès ce moment – a poursuivi Nicolas Maduro –, cet officier a pris contact avec quatre autres gradés pour exécuter les missions « désignées par Washington » ». Une de ces missions consistait à faire une vidéo, en enregistrant les déclarations du général d’aviation Oswaldo Hernández Sánchez depuis la prison où il est incarcéré pour avoir participé, en 2014, à une précédente tentative de coup d’Etat.

« L’ordre était d’enregistrer une vidéo de ce général, qu’on surnomme « l’Ours », et, le 12 février, pendant le défilé de la Victoire [2], de faire décoller un avionTucano et attaquer le palais présidentiel de Miraflores et d’autres « cibles tactiques » comme le ministère de la défense, le Conseil national électoral (CNE) et le siège de la chaîne de télévision TeleSur. L’ordre était de déclencher le putsch au moment de la publication par un journal d’opposition de ce qu’ils appellent le « Programme du gouvernement de transition » » [3].

De leur côté, Diosdado Cabello, président de l’Assemblée nationale vénézuélienne, et Jorge Rodríguez, maire du district Libertador de la capitale, ont apporté, le 13 février dernier, à Caracas, plus de détails sur la tentative putschiste. Les deux dirigeants chavistes ont confirmé que les officiers arrêtés avaient reconnu que la publication d’un « Manifeste » était l’un des signes convenus pour déclencher le putsch dont le nom de code était « Opération Jéricho » [4].

Ils ont également révélé que, selon les déclarations des détenus, les putschistes avaient l’intention de « liquider » dès le premier moment, en plus du président Nicolas Maduro, Diosdado Cabello et Jorge Rodríguez, ainsi que d’autres personnalités bolivariennes : Tibisay Lucena, présidente du CNE, et Tareck El Aissami, ancien ministre de l’intérieur et actuel gouverneur de l’Etat d’Aragua.

Ils ont aussi identifié, en plus du général Oswaldo Hernández, d’autres chefs présumés de la conspiration. Parmi eux le capitaine Héctor José Noguera Figueroa ; le colonel José Suárez Rómulo ; le premier lieutenant Ricardo Antich Zapata (chargé des contacts avec l’ambassade des Etats-Unis) et le premier lieutenant Luís Hernando Lugo Calderón [5].

Ils ont montré une partie de l’arsenal saisi, en particulier des armes de gros calibre : des fusils semi-automatiques AR-15, des mitrailleuses et des grenades. Ils ont également révélé que des plans de la ville de Caracas avaient été trouvés, sur lesquels plusieurs « cibles tactiques » étaient effectivement signalées avec une grande précision : le palais présidentiel de Miraflores, les ministères de la défense, de l’intérieur et de la justice, le Conseil national électoral, la Direction du contre-espionnage militaire et, comme nous l’avons déjà dit, le siège de la chaîne de télévision TeleSur.

Cabello et Rodríguez ont désigné comme « auteurs intellectuels » de la tentative putschiste et du projet de magnicide deux personnalités de l’opposition : Antonio Ledezma, maire de Caracas (arrêté le 19 février dernier) et Julio Borges, député de l’opposition. Ils ont également affirmé détenir les preuves de la participation de fonctionnaires de l’ambassade des Etats Unis :« Une fonctionnaire de l’ambassade appelait les épouses des généraux vénézuéliens et leur disait que le nom de leur mari figurait sur la liste des personnes sanctionnées par le Congrès des Etats-Unis. Et que les visas d’entrée aux Etats Unis de leurs familles avaient été invalidés. Ainsi voulait-on susciter l’angoisse dans les familles des officiers », expliqua Jorge Rodríguez.

Pour sa part, le président Maduro a dit avoir en sa possession le « projet de gouvernement » élaboré par les putschistes. Selon ce plan, les pouvoirs publics seraient éliminés et les Cubains (médecins, instituteurs et sportifs) des Missions de service social (santé, éducation et sport) menacés. « Ils parlent aussi – dit le président Maduro – de privatiser la compagnie pétrolière nationale PDVSA [Petróleos de Venezuela Sociedad Anónima], de suspendre les garanties constitutionnelles, de libéraliser le système des changes et de redonner les dollars à l’oligarchie ». Le président a ajouté que dans ce « Projet de gouvernement » les putschistes « menacent ce qu’ils appellent les « collectifs » qui sont, nous le savons, le peuple vénézuélien – et annoncent que, dès qu’ils seront au pouvoir, ils déploieront contre eux toute la force militaire. Aux Cubains des Missions, ils donnent 24 heures pour se présenter devant les bureaux du nouveau gouvernement de facto ou ils supporteront les conséquences… ».

Malgré toutes les preuves et tous les détails fournis par les plus hautes autorités de l’Etat vénézuélien, les médias internationaux (même en Amérique latine) ont accordé peu de crédibilité à cette tentative de coup d’Etat. Une telle « incrédulité » fait partie – depuis quinze ans – de la stratégie des grands médias dominants dans leur guerre contre la révolution bolivarienne, afin de discréditer les autorités bolivariennes. Indifférent à cette attitude hostile, le président Nicolás Maduro continue à expliquer, avec une persévérance pédagogique et en présentant toutes sortes de preuves, comment, depuis la mort d’Hugo Chávez (il y a juste deux ans) et depuis son élection (le 14 avril 2014), un « coup d’Etat lent » est en marche pour le renverser.

Cette fois le putsch devait se réaliser en quatre étapes [6].

La première a commencé début janvier 2015, lorsque le président Maduro se trouvait en déplacement à l’étranger (Chine, Iran, Qatar, Arabie Saoudite, Algérie et Russie). Au cours de cette première étape, des entreprises privées ont mené des campagnes d’accaparement d’aliments et de produits de première nécessité dans le but de créer des pénuries et du mécontentement, préparant ainsi les conditions pour que les citoyens protestent et saccagent les supermarchés. Ce qui ne s’est pas produit.

Dans la deuxième phase, les grands médias internationaux ont intensifié la diffusion de reportages, de nouvelles et d’articles qui donnaient une image déformée de la réalité vénézuélienne, faisant croire que dans le pays du « socialisme du XXI siècle »sévissait une véritable « crise humanitaire ». A cette occasion le président Maduro a dénoncé le rôle détestable joué, au cours de cette phase de l’ « Opération Jéricho », par plusieurs quotidiens espagnols (El País, ABC), …

La troisième étape devait avoir pour protagoniste un« traître » qui ferait un appel solennel à la rébellion à la télévision et dans les grands médias. Le président n’a pas donné le nom de ce« traître », mais il a mis en garde les Vénézuéliens : « Je ne veux alarmer personne, mais je dois dire toutes les vérités (…) Ils sont en train de chercher un traître, et je demande au peuple de rester vigilant ».

La quatrième étape du coup d’Etat – celle qui a été déjouée le 12 février dernier – prévoyait la participation d’un groupe d’officiers putschistes de l’armée de l’air, financés depuis l’étranger. Alors serait annoncé le « Programme de gouvernement de transition ». Et l’on enterrerait la révolution de Chávez.

Mais, même en quatre étapes, le coup d’Etat a échoué. Et la révolution bolivarienne demeure debout.

Ignacio Ramonet | 5 mars 2015

Notes :

[1] L’aile la plus à droite de l’opposition vénézuélienne, – dirigée par des personnalités ultraconservatrices comme Leopoldo López (arrêté le 20 février 2014), Antonio Ledesma (arrêté le 19 février 2015) et Maria Corina Machado (ancienne députée) – a lancé le mouvement « La Sortie », qui appelait à une sorte de« coup d’Etat soft » ou de « coup d’Etat bleu » dans le but de renverser le Président Nicolás Maduro par le financement de manifestations violentes (les« guarimbas ») qui ont fait 43 morts, 878 blessés et d’innombrables dégâts.

[2] Le 12 février, au Venezuela, c’est le Jour de la Jeunesse, qui commémore la Bataille de la Victoire, pendant la guerre d’Indépendance, dans laquelle un millier d’étudiants venus de Caracas ont affronté les troupes espagnoles et les ont vaincues.

[3] Le manifeste a été publié le 11 février dernier, dans un journal d’opposition, El Nacional, en page 5, sous le titre de « Appel aux vénézuéliens pour un accord national pour la transition ».

[4] Par référence à La Bible et plus précisément au Livre de Josué, qui raconte que quand Josué, à la tête des israélites, arriva au pied des imposants remparts de la ville de Jéricho, Dieu lui dit d’ordonner aux prêtres de sonner les trompettes :« Quand vous entendrez le son de la trompette, tout le peuple poussera de grands cris. Alors le rempart de la ville s’écroulera, et le peuple montera, sans obstacle ».

[5] Les autres officiers putschistes seraient : la Capitaine Laideth Salazar de Zerpa, dite « Manuelita » ; les capitaines Andrés Ramón Thompson Martínez, Nerio Alfonso Cordova Moreno ; Carlos Manuel Osuna Saraco dit « Guillermo » ; le major Cesar Pérez Carrero ; premier lieutenant Wilfredo Amado Castillo Colmenares ; premier lieutenant Javier Salazar Moncada ; premier lieutenant Miguel Ángel Salazar Molina ; premier lieutenant Carlos Esqueda Martínez ; et premier lieutenant Jofre de Jesús Pineda Trejo.

[6] Voir site web de TeleSur, Caracas, le 12 février 2014.www.telesurtv.net/Gobierno-venezolano-desmantela-atentado-golpista

Source : http://www.medelu.org/La-tentative-de-coup-d-Etat-contre

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans INTERNATIONAL venezuela
commenter cet article
7 mars 2015 6 07 /03 /mars /2015 10:29

Les retraités dans la rue le 17 mars

l

Le symbole est suffisamment exceptionnel pour être significatif : sept organisations syndicales départementales de retraités (Solidaires, FSU, FO, FGR, CGT, CFTC et CFE CGC) seront ensemble à Tulle, le mardi 17 mars, à 15 heures, pour dénoncer la situation inquiétante de nombreux retraités.
Non, les retraités ne sont pas des nantis qui partent tous en voyages organisés et dont les revenus sont supérieurs à la moyenne... Les représentants syndicaux réunis hier, pour présenter les revendications «presque unitaires» (il manque comme «à l’accoutumé» l’Unsa et la CFDT) veulent démentir les idées reçues (qui arrange bien les gouvernements successifs pour faire passer la pilule).
Les exemples s’accumulent (chez nos proches) : untel obligé de vendre sa maison ne pouvant plus faire face à l’augmentation des dépenses contraintes, comme les augmentations du chauffage, de l’alimentation, et des prélèvements spécifiques (CASA, disparition de la demi part parent isolé, fiscalisation de la majoration pour trois enfants, augmentation de la TVA, modification de l’assiette de la CSG...). «Certains retraités qui ne payaient pas d’impôt sont aujourd’hui imposables et cela entraîne d’autres taxes, foncières, d’habitation... Ne pouvant plus faire face, certains ont recours aux crédits à la consommation. De nombreux dossiers de sur-endettement touchent les retraités».
Depuis 2013, les pensions de retraites n’ont pas été revalorisées. La part qui reste «pour vivre» diminue. «Beaucoup se privent de nouvelles lunettes, de prothèses auditives ou de mutuelle santé. Ils prennent des mutuelles à bas coût qui ne remboursent pas tout : en cas de pépin c’est dramatique».
«On voit aussi des gens qui retirent leurs parents des Epadh, car ils ne peuvent plus payer. La charge repose sur les enfants qui sont aussi parents». Certains se souviennent «il y a quinze ans, on voyait à la télé, aux états-Unis, des retraités devoir travailler pour s’en sortir, aujourd’hui, c’est arrivé en France.»
Ici, le constat est unanime, comme la décision de ce rassemblement, qui se déroulera mardi 17 mars prochain à Tulle. L’unité réjouit les syndicalistes. «Comme les gouvernements ne veulent pas s’attaquer aux riches et à la finance, ils comptent nous dépouiller de ce qui nous reste et pour lequel on s’est battu, en espérant que l’on ne bougera pas, que l’on se laissera faire. C’est là où ils se trompent, nous serons nombreux et unis le 17 mars !»
Les retraités veulent qu’en 2015, «soit porté un coup d’arrêt aux politiques rétrogrades d’austérité. «Les moyens existent de financer nos revendications comme les cotisations impayées par les employeurs (20 milliards d’euros)». Un rendez-vous a été demandé au préfet de Tulle, à 16h30, «on attend sa réponse».
Un co-voiturage au départ de Brive est lancé : rendez-vous à 14h sur le parking du Teinchurier et 14h15 aux Trois Provinces. La manifestation débutera à 15h, à la Cité administrative.

Murielle Babin Dupuy

En chiffres
10% des retraités en-dessous du seuil de pauvreté
7% des retraités de 60 à 69 ans, ont été obligés d’avoir recours à un emploi (ce chiffre à doubler de 2006 à 2012)
En 2015, l’état veut réduire 50 milliards d’e les prestations sociales.

Les revendications
Retour de la revalorisation annuelle et rattrapage des 30 mois, indexation sur l’évolution des salaires, retour à la retraite à 60 ans, rétablissement de la demi part fiscale, exonération fiscale des majorations familiales et mise en place d’une vraie réforme fiscale, amélioration des pensions de réversion, développement du service publique, prise en charge de la perte d’autonomie par la Sécurité sociale, suppression de la CASA, participation au Conseils départementaux de la citoyenneté et de l’autonomie.

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans RETRAITES
commenter cet article

BRUNO FORNACIARI

HPIM3303

Recherche

Texte Libre