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30 avril 2015 4 30 /04 /avril /2015 16:10
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29 avril 2015 3 29 /04 /avril /2015 12:21

Quand le député Le Pen proposait une «amnistie fiscale»

LE SCAN POLITIQUE/VIDÉO - En 1986, à peine élu à l'Assemblée nationale, le fondateur du FN avait déposé une proposition de loi pour en finir avec le «totalitarisme» de la fiscalité en limitant les moyens de contrôle de l'administration.

Le texte est depuis longtemps tombé dans les oubliettes du Palais-Bourbon. Mais la proposition de loi n°140, déposée en 1986 par le député Jean-Marie Le Pen et exhumée par Le Scan, trouve un certain écho dans l'actualité, alors que le fondateur du Front national est soupçonné d'avoir caché 2,2 millions d'euros, dont 1,7 million en lingots et pièces d'or, sur un compte en Suisse. Dans son texte, enregistré un mois seulement après son arrivée à l'Assemblée nationale à la faveur du scrutin proportionnel mis en place par François Mitterrand, Jean-Marie Le Pen propose ni plus ni moins qu'une «amnistie fiscale».

Avec des mots choisis, un brin pompeux, les 35 députés du groupe FN dénoncent dans l'exposé des motifs de la proposition de loi le poids excessif des impôts et des contrôles fiscaux. «L'impôt n'est plus seulement écrasant. Il est devenu un moyen d'asservissement de l'homme (...)L'oppression fiscale nous conduit inéluctablement au totalitarisme. Le problème des droits de l'Homme et de la fiscalité est aujourd'hui posé avec acuité», peut-on y lire. Et d'enfoncer le clou un peu plus loin: «Nous savons maintenant que le totalitarisme peut emprunter la voie insidieuse de la fiscalité».

«Agression», «répression», «exactions»...

En cause, selon Jean-Marie Le Pen et ses co-signataires, l'apparition d'une «fiscalité oppresssive» et le «harcèlement» opéré par les agents du fisc sur les citoyens. «Les vérifications et, plus généralement, la technique du harcèlement utilisée par les agents de contrôle marquent l'émergence d'une cause nouvelle d'insécurité pour les citoyens. Nous connaissons maintenant un nouveau type d'agression: l'agression fiscale. Chaque année, plusieurs dizaines de milliers de contribuables sont soumis aux tracas d'une contrôle ; plusieurs milliers d'entre eux sont victimes d'exactions odieuses. La politique de répression de la fraude fiscale n'est, à maints égards, qu'une vaste opération de caractère démagogique».

Voilà pour le constat de préambule. Jean-Marie Le Pen passe ensuite en revue les modifications législatives préconisées par la proposition de loi. Le président du groupe FN, baptisé «Rassemblement national», propose d'abord de «supprimer le principe de l'exigibilité immédiate des impositions, cause de traumatismes inutiles pour les contribuables». Les autres mesures sont destinées à affaiblir les pouvoirs de l'administration fiscale lors des contrôles et des contentieux: encadrement du droit de visite et de perquisition des agents, fin de la taxation d'office en cas de défaut de réponse du contribuable...

Enfin, en ce qui concerne les contrôles douaniers, le texte propose de «mettre fin aux abus du droit de perquisition et de saisie» et «d'éviter des actes de spoliations, notamment à l'occasion de la saisie de lingots et de monnaies d'or»...

» L'exposé des motifs de la proposition de loi:

Proposition de loi de Jean-Marie Le Pen sur l'"amnistie fiscale" publié par LeFigaro

Transmise à la commission des Finances, la proposition de loi n'a jamais été examinée en hémicycle.

Le compte suisse de Jean-Marie Le Pen, une vieille histoire

À l'époque de la rédaction de cette proposition de loi, Jean-Marie Le Pen avait déjà déposé de l'argent en Suisse. En avril 2013, en pleine affaire Cahuzac, il a reconnu avoir détenu un compte ouvert à l'UBS en 1981. En réalité, l'affaire du compte suisse présumé de Jean-Marie Le Pen n'est pas nouvelle. Dans un livre publié en 1996, Les Liaisons dangereuses, le journaliste Guy Konopnicki évoquait déjà l'existence d'un compte suisse à partir duquel Jean-Marie Le Pen aurait réalisé de «juteuses opérations boursières». Dans son ouvrage consacré à Marine Le Pen, l'essayiste Caroline Fourest rappelait quant à elle les déclarations à la presse faites à la fin des années 1980 par Pierrette Le Pen, au moment de son divorce. Selon elle, son ex-mari avait placé en Suisse, à l'UBS puis à la banque Darier, une partie de l'héritage qu'il avait reçu d'Hubert Lambert, un ami dont il a reçu l'héritage. «Nous l'avons transporté nous-mêmes. Trois milliards (en anciens francs, soit 4,5 millions d'euros), je n'en avais jamais vu autant. (…) À ce moment-là, j'avais la signature du compte. Évidemment, Jean-Marie n'a rien déclaré au fisc», assurait-t-elle au magazine Rolling Stone. «Elle a démenti tout cela depuis longtemps!», rappelait Jean-Marie Le Pen à Mediapart, en 2013.

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Published by bruno fornaciari - dans ACTUALITES pluralisme
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29 avril 2015 3 29 /04 /avril /2015 11:41

Lorsque j'netends le mot "gauche" je pense Parti Communiste Français. Pourtant lorsque j'écoute médias, presse et audiovisuel confondus, c'est une toute autre impression qui se dégage. D'abord, la gauche, c'est tout le monde sauf le PCF. Y passe les socilaistes de tous bords, de droite de gauche et du centre, puis, les individus et organisations issues ou proche de la "social-démocratie", proche des "ex)communiés" du PCF torskistes et autres mouvances, jusqu'au FN aujourd'hui que certains présentent, (sur le plan économique) comme de gauche. si l'on dénombre les personnalités invités dans tous les médias l'on constatera, objectivement, une ségrétation, un ostracisme vis-à-vis du PCF et de ses dirigeants, intellectuels, élus. Et j'inclus dans ces constatations, des médias qui colporte une réputation de gauche comme France Inter ou France Culture. Il en est de même de l'émission de Danile Mermet autrefois diffusée sur France Inter. La liberté d'expression et de diffusion des idées, comme des faits, est encore à conquérir, partout. Ni la démocratie, ni les solutions à la crise de notre société ne pourront émerger sans elle.

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29 avril 2015 3 29 /04 /avril /2015 10:36

VOICI L'ENTRETIEN RÉALISÉ PAR GAËL DE SANTIS LE MARDI, 6 JANVIER, 2015 POUR

L'HUMANITÉ

Euclid Tsakalotos : « Ce qui est irréaliste, c’est de ne pas changer de direction »

Professeur d’économie et porte-parole sur les questions économiques pour la coalition de la gauche radicale (Syriza) au Parlement grec, Euclid Tsakalotos ­explique la stratégie de sa formation pour faire face à la crise humanitaire. 300 000 familles vivent au dessous du seuil de pauvreté. Entretien.

Si Syriza est amené à gouverner après les élections du 25 janvier, vous devrez affronter des forces puissantes. Quelle est votre stratégie pour appliquer votre programme ?

Euclid Tsakalotos Nous avons un ensemble de propositions à mettre en œuvre les cent premiers jours. Elles le seront quelle que soit la manière dont avancent les négociations. Ces mesures visent à faire face à la crise humanitaire. Elles vont du logement à l’accès des gens au fioul pour faire face à la précarité énergétique. D’un autre côté, nous ferons face à la question des prêts non recouvrables, ou de la dette au fisc que certains contribuables sont dans l’incapacité de payer. Parallèlement, nous expliquerons à nos créditeurs que les politiques menées jusqu’alors ont échoué. La Grèce a, depuis le début de la crise, perdu 27 % de son produit intérieur brut et a vu se développer un chômage de masse et une pauvreté endémique. Revenir à une dette soutenable en dégageant pendant des années des surplus budgétaires est inconcevable. Des économistes de gauche comme orthodoxes sont forcés de constater que la dette n’est plus soutenable. Nous paierons une partie seulement de la dette, mais dans des conditions nouvelles.

Avez-vous travaillé à une plate-forme commune avec d’autres forces en Europe ?

Euclid Tsakalotos Il existe maintenant une convergence de forces qui disent qu’il faut alléger les mesures d’austérité, que les objectifs budgétaires fixés aux pays européens sont bien trop stricts. Ces forces disent qu’il faut faire quelque chose concernant la dette, mais aussi que l’architecture de l’Union européenne (UE) ne fonctionne pas. Ces forces, de gauche comme de droite, indiquent que l’Union n’est bâtie ni sur la justice ni sur la démocratie. Nous disons que si l’on ne va pas vers la gauche, si l’on ne promeut pas une Europe plus démocratique et plus juste, les forces nationalistes – et peut-être pire encore – vont gagner du terrain. La zone euro serait en danger, non du fait de la gauche, mais des politiques actuelles qui proviennent de Berlin. Nous nous réjouissons que Podemos soit bien crédité en Espagne, que Sinn Féin progresse en Irlande. Si les citoyens voient que les gouvernements de gauche peuvent gagner, il peut y avoir un effet d’entraînement.

La dette est centrale pour Syriza. Que se passera-t-il si l’ensemble des autres pays européens bloquent l’annulation partielle de la dette ?

Euclid Tsakalotos Je ne vais pas dévoiler à un journal notre stratégie de négociations. Dans des pourparlers, on n’abat pas d’entrée toutes ses cartes. Mais nous dirons que si nos partenaires ne veulent pas parler à un gouvernement nouvellement élu, porteur d’un mandat fort, ce serait le signal que l’Union européenne a un problème avec la démocratie. Cela aurait un coût politique énorme.

Certains médias avancent que vous avez modéré votre programme. Qu’en dites-vous ?

Euclid Tsakalotos Syriza constitue une force qui est à la fois dans le réel et dans la confrontation. Nous sommes réalistes car nous avançons qu’il faut affronter les politiques d’austérité alors que nos opposants, en Grèce, disent qu’ils sont incapables de changer de politique, parce que Merkel domine l’Europe. Ils pensent que la seule chose réaliste est de courber l’échine, d’accepter tout ce qui provient de la chancellerie allemande et de la troïka. Il est irréaliste de ne pas changer de direction.

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29 avril 2015 3 29 /04 /avril /2015 10:03

C’est sur une proposition du communiste Fernand Grenier que les femmes sont pleinement citoyennes.

Si l’on retient souvent, comme on le lit dans une tribune de Jacques Chirac pour le cinquantenaire de l’événement, que « le général de Gaulle donnait aux femmes le droit de vote », c’est en fait une double faute. D’abord, comme le rappelait en 1994 Fernand Grenier, parce que : « Bien qu’il ait porté par la suite la signature du président du gouvernement provisoire, il n’est pas conforme à la vérité historique de présenter le général de Gaulle comme ayant octroyé le vote des femmes par sa seule initiative et sa seule volonté. » Mais surtout, parce que personne n’a donné aux femmes le droit de voter. Elles l’ont conquis.
IL FALLUT UN AMENDEMENT DU COMMUNISTE FERNAND GRENIER, DISPOSANT SANS AMBIGUÏTÉ QUE « LES FEMMES SERONT ÉLECTRICES ET ÉLIGIBLES DANS LES MÊMES CONDITIONS QUE LES HOMMES » POUR QU’ENFIN LES FRANÇAISES SOIENT PLEINEMENT CITOYENNES.

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27 avril 2015 1 27 /04 /avril /2015 21:02

lundi 27 avril 2015

Gaza : l'ONU rend Israël responsable d'attaques contre des écoles


L'armée israélienne est responsable de sept attaques contre des écoles de l'ONU lors de son offensive sur la bande de Gaza à l'été 2014, affirme lundi un rapport d'enquête de l'ONU. Ces attaques ont fait au moins 44 morts et 227 blessés entre le 16 juillet et le 26 août dans ces écoles qui étaient utilisées comme abris par les civils palestiniens. Le rapport, dont l'Agence France-Presse a obtenu un résumé transmis lundi au Conseil de sécurité de l'ONU, confirme aussi que des armes ont été dissimulées dans trois écoles de l'UNRWA (Agence des Nations unies pour l'aide aux réfugiés palestiniens) par des groupes armés palestiniens qui combattaient les forces israéliennes. La commission d'enquête estime possible que des combattants palestiniens aient pu utiliser deux de ces écoles pour lancer des attaques ou des tirs.
Pour chacun des sept incidents répertoriés où des victimes et des dégâts ont été causés par des tirs d'artillerie ou de missiles sur les écoles ou à proximité d'entre elles, les enquêteurs de l'ONU concluent à la responsabilité de l'armée israélienne. Ils notent dans certains cas que les témoins interrogés n'ont fait état d'aucune activité de groupes palestiniens dans l'école ou à proximité qui auraient pu justifier les tirs israéliens.
Le secrétaire général Ban Ki-moon avait nommé en novembre 2014 un groupe d'experts indépendants présidé par le Néerlandais Patrick Cammaert et chargé d'enquêter sur les attaques contre des installations des Nations unies pendant l'offensive de l'armée israélienne à Gaza contre le mouvement palestinien Hamas. Dans une lettre au Conseil de sécurité présentant les conclusions de cette commission d'enquête, Ban Ki-moon "déplore qu'au moins 44 Palestiniens aient été tués à la suite des actions israéliennes et au moins 227 blessés dans des locaux de l'ONU utilisés comme abris d'urgence". Il considère ces incidents comme "extrêmement graves" et réaffirme l'inviolabilité des installations de l'ONU. Il se déclare aussi "consterné" que des écoles de l'UNRWA aient pu être utilisées comme dépôt d'armes ou base d'opérations par des groupes armés palestiniens, mais souligne que "les trois écoles où des armes ont été trouvées étaient vides à l'époque et n'étaient pas utilisées comme abris".
Le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, Emmanual Nahshon, a fait valoir dans un communiqué que "tous les incidents attribués par le rapport à Israël ont déjà fait l'objet d'un examen minutieux et que des enquêtes pénales ont été lancées (en Israël) quand cela se justifiait". Il a souligné qu'Israël avait "pleinement coopéré" avec les enquêteurs de l'ONU et "s'engage à travailler avec l'ONU pour améliorer la sécurité des locaux des Nations unies à Gaza, et en particulier pour éviter qu'ils ne soient utilisés par des terroristes", en référence au Hamas.

(27-04-2015 - Avec les agences de presse)

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Published by bruno fornaciari - dans PALESTINE INTERNATIONAL
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26 avril 2015 7 26 /04 /avril /2015 20:09
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Published by bruno fornaciari - dans DOCUMENTS hommage - souvenir
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26 avril 2015 7 26 /04 /avril /2015 12:26

Le partage de données, un système post-capitaliste ?

Numérique

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR KEVIN BOUCAUD

MERCREDI, 22 AVRIL, 2015

L'HUMANITÉ

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Photo : Agence Anne&Arnaud

Michel Bauwens et la P2P Foundation ont collaboré avec Syriza, qui a repris certaines de leurs propositions dans son programme.

Théoricien belge de l’économie collaborative, Michel Bauwens voit dans le système de peer-to-peer un moyen de dépasser le capitalisme et de bâtir un "socialisme du XXIe siècle". Il vient de publier un livre d’entretiens intitulé "Sauver le monde (1)".

Vous défendez l’idée que le peer-to-peer, qui permet aux utilisateurs d’échanger entre eux, pourrait « sauver le monde » et dépasser le capitalisme. Mais n’évacuez-vous pas la question sociale et politique ?

Michel Bauwens Le modèle contemporain combine deux aspects qui mènent à une crise systémique. Il y a d’abord une fausse notion d’abondance : le système économique est basé sur une croissance continue et infinie dans un monde fini. Ensuite, les coopérations humaines sont découragées par l’augmentation des droits de propriétés. Or, aujourd’hui, il y a des communautés ouvertes qui partagent leurs connaissances en ligne et permettent de faire émerger un nouveau modèle économique. Selon une étude américaine, cela représente même 1/6ème du PIB net mondial.

Mais je n’évacue pas la question sociale, je la déplace. En plus de la contradiction entre travail et capital, il y a actuellement aussi celle entre les gens qui contribuent au bien commun et les propriétaires des plateformes. J’ai participé à un plan de transition vers le commun en Équateur : c’était politique. Nous (la P2P Foundation – NDLR) avons également collaboré avec Syriza, qui a repris dans son programme certaines de nos propositions. La gauche radicale ne pense parfois qu’en termes de nationalisation ou de régulation. Le commun permet autre chose. Nous essayons de trouver des solutions qui stimulent l’autonomie sociale et collective. C’est une autre façon de faire de la politique. Ce n’est plus l’Etat qui est producteur, mais c’est le citoyen avec l’appui de l’Etat.

Dans votre livre, la société que vous voulez voir émerger prendrait appuie sur la gauche radicale, les mouvements écologistes, mais également sur le catholicisme sociale, ou encore le social-libéralisme. Mais les contours de cette société restent flous. Entendez-vous par-là une société où les antagonismes de classes ont disparu ou juste une société débarrassée du productivisme ?

Michel Bauwens L’aspect spécifique post-capitaliste dans l’économiepeer-to-peer n’est plus le travail qui fait la richesse, mais ce sont les contributeurs qui font du commun. C’est-à-dire qu’au cœur de la création de la valeur, il y a une mise en commun des ressources partagées. L’idée est que les créateurs de bien commun créent leurs propres entités coopératives et que la plus-value reste dans la même sphère. Ce qui va permettre de reproduire le commun. Aujourd’hui, e salariat est en train de se déliter. Il y a de plus en plus de salariés autonomes ou soi-disant « autonome », qui ne sont pas une relation d’autorité avec un contrat social et qui souvent sont engagés dans la production d’un commun. Les difficultés de la gauche traditionnelle proviennent du fait qu’elle s’est basée sur un mouvement ouvrier, aujourd’hui en déclin. Le salariat est en train de se déliter. Il y a de plus en plus de salariés autonomes ou soi-disant « autonome », qui ne sont pas une relation d’autorité avec un contrat social et qui souvent sont engagés dans la production d’un commun. Les Pirates sont concernés par les communs digitaux. Les Verts sont concernés par les communs naturels. Il y a également de nombreux jeunes entrepreneurs progressistes qui ne veulent pas être capitalistes, mais souhaitent se lancer dans le commerce équitable ou l’économie sociale et solidaire. Toutes ces catégories peuvent se retrouver autour des notions de biens communs.

Mais à côté de ces jeunes entrepreneurs progressistes, il y a aussi une vague de jeunes entrepreneurs qui s‘appuient sur l’immatériel dans un objectif capitaliste, à l’image de Mark Zuckerberg ou plus récemment les fondateurs de WhatsApp ou Snapchat.

Michel Bauwens Le capital a compris beaucoup plus vite que le mouvement progressiste le potentiel. Aujourd’hui, il est plus simple de monter sa start up que de se lancer dans l’économie sociale et solidaire. Il faut créer des incubateurs et des accélérateurs qui permettent à ces jeunes de choisir des voies différentes. Je propose donc de passer d’un modèle de capital extractif qui capte la valeur du commun sans la réinvestir, ni rien reverser aux utilisateurs vers un modèle de capital génératif. L’idée principale est qu’une coopérative permette de faire vivre les contributeurs les créateurs de connaissances ouvertes, de logiciels libres ou de designs collaboratifs, et les incite à réinvestir. La nationalisation n’est pas nécessairement la solution, hormis certains secteurs stratégiques. Je crois qu’il faut préserver la liberté humaine et le choix de créer son propre mode de vie.

N’y a-t-il pas un danger de rejoindre la vision libertarienne des dirigeants de Google ?

Michel Bauwens Il y a des modèles ouverts et des modèles coopératifs. Quand une coopérative ne travaille que pour ses membres, elle adopte une forme de concurrence et le danger est de rejoindre le monde capitaliste. L’idée est une convergence entre modèle coopératif et le modèle ouvert. C’est ce que j’appelle le « coopératisme ouvert » : une coopérative qui cocrée le commun. Chez Google ou Facebook, il n’y a pas de cogouvernance, de copropriété, de partage des revenus ou des bénéfices. Il y a des modèles où c’est le cas. Je propose une liberté de partage quand Google propose une liberté atomisée, où chaque individu est en concurrence avec tous les autres.

Selon vous, l’économie immatérielle permettra de résoudre la crise écologique. N’oubliez-vous pas que l’économie immatérielle repose toujours sur du matériel ? Par exemple, la société de service occidentale a pour corollaire la prolétarisation du tiers-monde.

Michel Bauwens En effet, il n’y a pas d’économie immatérielle qui ne repose pas sur une économie matérielle. Mais dans la production standard, l’obsolescence artificielle maintient une fausse rareté. Ce n’est pas le cas une communauté ouverte qui répond à une utilité sociale. Par exemple les 26 voitures open source [ndlr : à haute efficience énergétique] qui existent aujourd’hui, comme Wikispeed, sont faites pour durer. Ce qui est intéressant, quand on a un commun ouvert avec des entrepreneurs éthiques liés par une charte sociale et une licence, c’est qu’ils peuvent beaucoup plus collaborer qu’une entreprise capitaliste, grâce notamment à la transparence qui rend visible l’exploitation. Il faut penser à de nouveaux matériaux, utiliser l’économie circulaire et afin de créer un système alternatif au capitalisme, avec des éléments de commun, des éléments de marchés et des éléments qui le dépassent. Il faut travailler aujourd’hui à une reconfiguration du modèle productif. Et même dans une société où on n’a pas beaucoup de pouvoir, on peut faire plein de choses : c’est ce que faisait le monde coopératif au XIXème siècle. Il faut à mon avis renouer avec ce modèle d’autoproduction.

(1) Sauver le monde : vers une société post-capitaliste avec le peer-to-peer, éditions Les liens qui libèrent, 267 pages, 20 euros.

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26 avril 2015 7 26 /04 /avril /2015 07:08

Des économistes allemands proposent de passer à la semaine de 30 heures

PAR RACHEL KNAEBEL 20 FÉVRIER 2013

« Le chômage a atteint en Europe des ordres de grandeurs insupportables. Le chômage des jeunes est particulièrement effrayant », alertent des économistes allemands. Sans oublier les travailleurs pauvres, qui triment parfois 50h par semaine sans pouvoir en vivre. Dans une lettre ouverte, ces économistes proposent de réduire équitablement le temps de travail en passant à la semaine de 30h, sans baisse de salaires. Une proposition qui suscite le débat en Allemagne.

Surprise au pays du « modèle allemand » : dans une lettre ouverte aux syndicats et aux partis politiques, des économistes allemands demandent une réduction du temps de travail à 30 heures par semaine. Il n’y aura « jamais plus de plein emploi sans réduction du temps de travail », défendent les auteurs de l’appel déjà signé par plus de cent économistes, chercheurs, responsables syndicaux et quelques personnalités politiques de gauche ou indépendantes (Die Linke, SPD et Pirates). L’initiative a été discutée dans des grands journaux nationaux, de gauche comme de droite.

« L’Allemagne et toute l’Union européenne se trouvent dans une crise sociale et économique grave », écrivent les auteurs de la lettre ouverte. « Le chômage a atteint en Europe des ordres de grandeurs insupportables. Le chômage des jeunes, qui dépasse les 50 % dans certains pays, est particulièrement effrayant. En Allemagne le nombre d’emplois a certes augmenté ces dernières années, mais il s’agit en grande partie d’emplois précaires et à durée déterminée, qui ne suffisent pas pour vivre », assènent-ils, loin des poncifs répétés à l’envi par certains commentateurs français.

Allemagne : 6 millions de quasi chômeurs

« Aujourd’hui en Allemagne, si nous incluons les employés travaillant à temps partiel de manière contrainte, environ six millions de personnes sont au chômage ou sont sous-employées, poursuivent les économistes. Alors que beaucoup de personnes au chômage souffrent de dépression et de dévalorisation, les salariés doivent, eux, assumer un surcroît de travail. Comme nombre d’études scientifiques le montrent, le stress, le phénomène de Burnout et les maladies chroniques et psychosomatiques augmentent. Cette situation est indigne dans une société moderne du XXIe siècle. »De quoi faire écho aux débats sur l’accord interprofessionnel signé le 11 janvier à Paris.

« Près d’un million de travailleurs pauvres font aujourd’hui des semaines de 50 heures et plus pour gagner un revenu suffisant pour vivre. De plus en plus d’actifs doivent recevoir, malgré un emploi, des allocations sociales en complément. Et ceux qui n’ont rien aujourd’hui sont aussi promis à la pauvreté quand ils arriveront à l’âge de la retraite. Les conditions dans les autres États européens sont comparables, voire pires. »

Une solution : la semaine de 30h également répartie

Face à ce terrible constat, économistes et syndicalistes estiment qu’« une réduction du temps de travail à 30 heures par semaine est nécessaire et urgente. Le temps de travail moyen en Allemagne est de toute façon aujourd’hui déjà en moyenne de 30 heures par semaine, mais le travail est réparti de manière inégale [1]. L’exigence d’une semaine à 30 heures prend en compte toutes les formes de réduction envisageables (allongement des congés payés, sortie plus précoce de la vie active, années sabbatiques). Cette revendication est à poser pour tous les États européens. Car le chômage de masse est partout présent et augmente de manière dramatique dans beaucoup de pays de l’Union. »

Pour les initiateurs de l’appel, la réduction du temps de travail ne concerne plus seulement les partenaires sociaux : « Il s’agit d’un projet de la société toute entière. »Ils insistent par ailleurs sur la nécessité d’une réduction « sans perte de salaire ».« Nous connaissons les nombreux cas où les travailleurs ont fait des expériences négatives, parce que les réductions du temps de travail réalisées jusqu’ici se sont faites sans embauche de chômeurs et souvent avec une hausse de la pression au travail ». Pour eux, seule une réduction collective du temps de travail à 30 heures, à un niveau macroéconomique, est « une clé décisive, si ce n’est la plus importante, pour la perspective d’un plein emploi. »

Des réductions du temps de travail ont déjà été entreprises en Allemagne, mais au niveau d’une entreprise, avec la semaine des 28,8 heures dans certains ateliers de Volkswagen, ou d’une branche, avec la semaine de 35 heures instaurée dans les années 1990 dans le secteur de la métallurgie dans l’ouest du pays.

Rachel Knaebel

Photo : DR

P.-S.

L’appel est à télécharger (en allemand) ici : http://www.alternative-wirtschaftspolitik.de/show/6619884.html

Notes

[1] 26 % des actifs allemands, et 45 % des femmes, travaillent à temps partiel, contre 17 % en France, 30 % pour les femmes (source : Eurostat)

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Published by bruno fornaciari - dans economie finance travail
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26 avril 2015 7 26 /04 /avril /2015 06:13

une faute du PCF en Deux-Sèvres

texte écrit le 9 février en amont de la tenue de l'assemblée générale des communistes du département le 15 octobre prochain

Le FN continue sa progression dans les votes et dans les consciences. L'élection dans le Doubs nous rappelle à la réalité contre laquelle, pour l'heure le Parti Communiste et le Front de gauche s'avère impuissant. La progression du candidat du Front de Gauche de 0, 4 % alors que toutes les formations à la gauche du PS avaient appelé à voter, est homéopathique. Dans cette circonscription comme dans beaucoup d'autres le PCF est marginalisé voire anéanti. Dans notre département, les élections cantonales risquent de connaître un sort peu enviable sur le plan électoral avec une progression prévisible très importante des candidats du FN. Cette force "inorganisée a été capable de trouver 2 binômes (titulaires et remplaçants) dans plusieurs cantons. Ce que nous-memes avons été incapables de faire. Le Parti communiste est divisé, démobilisé, inutile. Nos sections ont disparu quasiment partout. Nous n'avons aucune prise sur la réalité de notre département. Le reste de la gauche dit "gauche de gauche" est dans le même état. Ce ne sont pas les cris d'alarme qui ont manqué. Depuis les régionale s de 2010, notre stratégie gauchiste, nous a éloigné de la réalité politique de note département.

Nous nous sommes tenus à l'écart des luttes et des préoccupations réelles des travailleurs et de la popumation. Malgré nos belles déclarations en interne, sur l'hôpital, sur Heuliez, sur l'emploi ou la réforme des collectivités locales, force est de constater que nous n'avons produit que du vide. Sur le plan idéologique ou sont nos interventions sur la démocratie communale, sur les communautés de communes et les différentes collectivités territoriales par exemple ? Où sont nos soutien aux luttes des travailleurs, à quelques exceptions prêt, c'est notre absence totale. Avons-nous une appréciation de la politique menée par le conseil général socialiste. Avons-nous des critiques, des propositions ? Connaissons-nous, nous-mêmes la situation des deux-sèvriens ? les habitants, les entreprises, les salaires, les besoins en logements sociaux, les luttes syndicales, sommes-nous au clair sur tous ces sujets.

Non, bien sûr. Et pourquoi ? parce que depuis de nombreuses années ce n'est pas le sujet. Le seul ou à peu près qui préoccupe la direction fédérale ce sont les élections et les alliances. Ainsi un maximum de temps est dédié aux relations avec Ensemble, le PG, Nouvelle Donne maintenant, EELV , la plupart du temps sans mandat politique et sans que les communistes aient eu à débattre pour fixer la ligne et les objectifs de ces rencontres, qui se passent d'ailleurs toujours au sommet à l'abri de la, base du parti et dont les communistes apprennent décisions par mail. Pas étonnant dans ces conditions que les motivations et leur intérêt s'émoussent. Combien sont-ils ceux qui se refusent à avaliser sans débat des décisions prises en dehors d'eux et parfois même contre eux. Combien sont-ils ceux qui refusent désormais de venir assister à une réunion de laquelle ils n'attendent plus rien. Combien sont-ils, ceux qui, encore même présents, se lamentent ou s'insurgent contre l'absence de consultation, de démocratie. Par exemple le caractère discrétionnaire de la décision de réunion du 31 janvier avec les orgas de gauche à propos des cantonales, sans consulter les communistes ? Ce qui a abouti à ce que les 8 communistes, présents à cette réunion, ne soient pas parvenus à avoir une expression commune et cohérente. Tandis que l'un de ceux-ci propose sa candidature à Thouars, alors qu'il n'y en avait pas, une autre camarade propose, pour ce même canton, une candidature virtuelle d'un non-communiste, qui n'est pas même candidat . Nous nous trouvons en pleine improvisation, ce n'est pas sérieux. Un autre encore, veut faire effort pour rechercher des candidatures "en dehors de nous-mêmes", sans efforts réels pour trouver DES candidats communistes. D'autres entonnent le "rejet" principal du PS comme la solution qui, selon lui, ouvrirait une "nouvelle dynamique" . Un autre rappelle le mur de Berlin et considère que des conditions plus dures encore devraient être faites au peuple français afin qu'il se révolte comme en Grèce. Un niveau de débat affligeant.

Il faut s'alarmer aussi que lorsque des débats ont lieu tout de même ils tournent souvent "au vinaigre", où les insultes fusent et les contentieux personnels font office de ligne politique. C'est lamentable. De fraternité, de solidarité il n'y en a point. De réflexion politique approfondie non plus. Les contacts entre communistes du Nord et du Sud, avec la direction fédérale sont inexistants. Des camarades attendent encore l'aide ou l'impulsion que cette dernière devrait être en mesure de leur apporter. Oui le tableau que je décris est réel, malheureusement. Plutôt que rassembler les communistes, les écouter, les aider, les solliciter , on les tient à l'écart, on les éloigne, on les décourage, on les exclue. Ce n'est donc pas de cette façon que le parti peut revivre et se ressouder. La responsabilité de la direction fédérale est pleinement engagée.

Il faut en changer. Changer les méthodes de direction, faciliter l'expression des communistes, les consulter en permanence, les impliquer dans tous les choix politiques, et décider démocratiquement. Considérer et respecter les opinions et les expériences de chacun. Nous ne sommes pas des communistes par hasard. Nous le sommes parce que à un moment ou un autre nous avons considéré,chacune ou chacun, que c'est ce parti là qui pouvait nous permettre de nous engager le mieux pour atteindre les objectifs politiques que nous nous sommes fixés pour nous-mêmes. Les communistes se refusent à subir les décisions arbitraires auxquelles nous sommes habitués, Ils veulent voir l'aboutissement de leur engagement, concrètement dans l'action. Ils veulent aussi vivre des relations de camaraderie, d'intérêt, de solidarité qui leur permet de construire ensemble, de débattre et de décider des objectifs réalistes, de la meilleure stratégie, de la meilleure tactique.

Oui, tout cela manque. Cela se ressent dans l'engagement qui s'amenuise, dans les disponibilités qui s'espacent, le désintérêt gagne et l'envie de militer disparaît. Plusieurs camarades m'ont fait part du stress à l'approche d'une réunion car ils redoutent les disputes, les insultes, c'est un comble. Le conflit personnel semble être inscrit dans les gênes de cette fédération. On ne sait pas s'écouter tranquillement. Pour toutes ces raisons certains qui avaient décidé de participer à telle ou telle réunion fédérale y renoncent au dernier moment. Vous rendez-vous compte de l'ampleur de la crise politique que connaissent les communistes et leur parti, ici, dans les Deux-Sèvres ? Je reviens au début de mon propos et je termine là-dessus. Ne nous faisons pas d'illusions. Nous porterons une responsabilité dans la progression du FN.

Parce que nous laissons le territoire vierge de l'action communiste. parce que elle en peut entendre nos analyses, nos oppositions, nos propositions. Nous ne sommes pas portés ni par les médias ni par l'idéologie dominante. Nous le savons. la seule possibilité de nous faire entendre c'est se bouger, pour combattre le racisme qui est présent, encore en sourdine, et pas toujours, les solutions autoritaires pour traiter les questions de sécurité ou les problèmes rencontrés lors de l'évolution des jeunes adolescents, comment battre le repli sur soi et l'égoïsme, si ce n'est en valorisant la solidarité et l'action collective. La lutte contre pauvreté et les bas salaires nécessitent une conscience des intéressés qui n'est pas acquise. C'est notre présence, dans de nombreux endroits sur de nombreux sujets, c'est notre présence dans la lutte institutionnelle , et pour l'heure sur le rôle des départements dans les actions de solidarité et la présence de nombreux candidats communiste et du front de gauche qui peut permettre des avancées.

Quand nous voyons l'état ou nous en sommes, quand nous constatons que des communistes s'opposent farouchement à la seule candidature possible à Thouars par exemple, nous sommes en colère, nous sommes dépités nous sommes découragés, c'est vrai. Nous avons l'impression qu'une tumeur cancéreuse de haine s'est incrustée à la tête de la fédération dont il faudra nécessairement traiter les métastases par des méthodes démocratiques alternatives.

Mais nous voulons contribuer à redresser le parti pour que vive la démocratie et vive le Parti communiste français.

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Published by bruno fornaciari - dans PCF 79
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