Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
26 avril 2015 7 26 /04 /avril /2015 20:09
Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans DOCUMENTS hommage - souvenir
commenter cet article
26 avril 2015 7 26 /04 /avril /2015 12:26

Le partage de données, un système post-capitaliste ?

Numérique

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR KEVIN BOUCAUD

MERCREDI, 22 AVRIL, 2015

L'HUMANITÉ

301361 Image 0

Photo : Agence Anne&Arnaud

Michel Bauwens et la P2P Foundation ont collaboré avec Syriza, qui a repris certaines de leurs propositions dans son programme.

Théoricien belge de l’économie collaborative, Michel Bauwens voit dans le système de peer-to-peer un moyen de dépasser le capitalisme et de bâtir un "socialisme du XXIe siècle". Il vient de publier un livre d’entretiens intitulé "Sauver le monde (1)".

Vous défendez l’idée que le peer-to-peer, qui permet aux utilisateurs d’échanger entre eux, pourrait « sauver le monde » et dépasser le capitalisme. Mais n’évacuez-vous pas la question sociale et politique ?

Michel Bauwens Le modèle contemporain combine deux aspects qui mènent à une crise systémique. Il y a d’abord une fausse notion d’abondance : le système économique est basé sur une croissance continue et infinie dans un monde fini. Ensuite, les coopérations humaines sont découragées par l’augmentation des droits de propriétés. Or, aujourd’hui, il y a des communautés ouvertes qui partagent leurs connaissances en ligne et permettent de faire émerger un nouveau modèle économique. Selon une étude américaine, cela représente même 1/6ème du PIB net mondial.

Mais je n’évacue pas la question sociale, je la déplace. En plus de la contradiction entre travail et capital, il y a actuellement aussi celle entre les gens qui contribuent au bien commun et les propriétaires des plateformes. J’ai participé à un plan de transition vers le commun en Équateur : c’était politique. Nous (la P2P Foundation – NDLR) avons également collaboré avec Syriza, qui a repris dans son programme certaines de nos propositions. La gauche radicale ne pense parfois qu’en termes de nationalisation ou de régulation. Le commun permet autre chose. Nous essayons de trouver des solutions qui stimulent l’autonomie sociale et collective. C’est une autre façon de faire de la politique. Ce n’est plus l’Etat qui est producteur, mais c’est le citoyen avec l’appui de l’Etat.

Dans votre livre, la société que vous voulez voir émerger prendrait appuie sur la gauche radicale, les mouvements écologistes, mais également sur le catholicisme sociale, ou encore le social-libéralisme. Mais les contours de cette société restent flous. Entendez-vous par-là une société où les antagonismes de classes ont disparu ou juste une société débarrassée du productivisme ?

Michel Bauwens L’aspect spécifique post-capitaliste dans l’économiepeer-to-peer n’est plus le travail qui fait la richesse, mais ce sont les contributeurs qui font du commun. C’est-à-dire qu’au cœur de la création de la valeur, il y a une mise en commun des ressources partagées. L’idée est que les créateurs de bien commun créent leurs propres entités coopératives et que la plus-value reste dans la même sphère. Ce qui va permettre de reproduire le commun. Aujourd’hui, e salariat est en train de se déliter. Il y a de plus en plus de salariés autonomes ou soi-disant « autonome », qui ne sont pas une relation d’autorité avec un contrat social et qui souvent sont engagés dans la production d’un commun. Les difficultés de la gauche traditionnelle proviennent du fait qu’elle s’est basée sur un mouvement ouvrier, aujourd’hui en déclin. Le salariat est en train de se déliter. Il y a de plus en plus de salariés autonomes ou soi-disant « autonome », qui ne sont pas une relation d’autorité avec un contrat social et qui souvent sont engagés dans la production d’un commun. Les Pirates sont concernés par les communs digitaux. Les Verts sont concernés par les communs naturels. Il y a également de nombreux jeunes entrepreneurs progressistes qui ne veulent pas être capitalistes, mais souhaitent se lancer dans le commerce équitable ou l’économie sociale et solidaire. Toutes ces catégories peuvent se retrouver autour des notions de biens communs.

Mais à côté de ces jeunes entrepreneurs progressistes, il y a aussi une vague de jeunes entrepreneurs qui s‘appuient sur l’immatériel dans un objectif capitaliste, à l’image de Mark Zuckerberg ou plus récemment les fondateurs de WhatsApp ou Snapchat.

Michel Bauwens Le capital a compris beaucoup plus vite que le mouvement progressiste le potentiel. Aujourd’hui, il est plus simple de monter sa start up que de se lancer dans l’économie sociale et solidaire. Il faut créer des incubateurs et des accélérateurs qui permettent à ces jeunes de choisir des voies différentes. Je propose donc de passer d’un modèle de capital extractif qui capte la valeur du commun sans la réinvestir, ni rien reverser aux utilisateurs vers un modèle de capital génératif. L’idée principale est qu’une coopérative permette de faire vivre les contributeurs les créateurs de connaissances ouvertes, de logiciels libres ou de designs collaboratifs, et les incite à réinvestir. La nationalisation n’est pas nécessairement la solution, hormis certains secteurs stratégiques. Je crois qu’il faut préserver la liberté humaine et le choix de créer son propre mode de vie.

N’y a-t-il pas un danger de rejoindre la vision libertarienne des dirigeants de Google ?

Michel Bauwens Il y a des modèles ouverts et des modèles coopératifs. Quand une coopérative ne travaille que pour ses membres, elle adopte une forme de concurrence et le danger est de rejoindre le monde capitaliste. L’idée est une convergence entre modèle coopératif et le modèle ouvert. C’est ce que j’appelle le « coopératisme ouvert » : une coopérative qui cocrée le commun. Chez Google ou Facebook, il n’y a pas de cogouvernance, de copropriété, de partage des revenus ou des bénéfices. Il y a des modèles où c’est le cas. Je propose une liberté de partage quand Google propose une liberté atomisée, où chaque individu est en concurrence avec tous les autres.

Selon vous, l’économie immatérielle permettra de résoudre la crise écologique. N’oubliez-vous pas que l’économie immatérielle repose toujours sur du matériel ? Par exemple, la société de service occidentale a pour corollaire la prolétarisation du tiers-monde.

Michel Bauwens En effet, il n’y a pas d’économie immatérielle qui ne repose pas sur une économie matérielle. Mais dans la production standard, l’obsolescence artificielle maintient une fausse rareté. Ce n’est pas le cas une communauté ouverte qui répond à une utilité sociale. Par exemple les 26 voitures open source [ndlr : à haute efficience énergétique] qui existent aujourd’hui, comme Wikispeed, sont faites pour durer. Ce qui est intéressant, quand on a un commun ouvert avec des entrepreneurs éthiques liés par une charte sociale et une licence, c’est qu’ils peuvent beaucoup plus collaborer qu’une entreprise capitaliste, grâce notamment à la transparence qui rend visible l’exploitation. Il faut penser à de nouveaux matériaux, utiliser l’économie circulaire et afin de créer un système alternatif au capitalisme, avec des éléments de commun, des éléments de marchés et des éléments qui le dépassent. Il faut travailler aujourd’hui à une reconfiguration du modèle productif. Et même dans une société où on n’a pas beaucoup de pouvoir, on peut faire plein de choses : c’est ce que faisait le monde coopératif au XIXème siècle. Il faut à mon avis renouer avec ce modèle d’autoproduction.

(1) Sauver le monde : vers une société post-capitaliste avec le peer-to-peer, éditions Les liens qui libèrent, 267 pages, 20 euros.

Repost 0
26 avril 2015 7 26 /04 /avril /2015 07:08

Des économistes allemands proposent de passer à la semaine de 30 heures

PAR RACHEL KNAEBEL 20 FÉVRIER 2013

« Le chômage a atteint en Europe des ordres de grandeurs insupportables. Le chômage des jeunes est particulièrement effrayant », alertent des économistes allemands. Sans oublier les travailleurs pauvres, qui triment parfois 50h par semaine sans pouvoir en vivre. Dans une lettre ouverte, ces économistes proposent de réduire équitablement le temps de travail en passant à la semaine de 30h, sans baisse de salaires. Une proposition qui suscite le débat en Allemagne.

Surprise au pays du « modèle allemand » : dans une lettre ouverte aux syndicats et aux partis politiques, des économistes allemands demandent une réduction du temps de travail à 30 heures par semaine. Il n’y aura « jamais plus de plein emploi sans réduction du temps de travail », défendent les auteurs de l’appel déjà signé par plus de cent économistes, chercheurs, responsables syndicaux et quelques personnalités politiques de gauche ou indépendantes (Die Linke, SPD et Pirates). L’initiative a été discutée dans des grands journaux nationaux, de gauche comme de droite.

« L’Allemagne et toute l’Union européenne se trouvent dans une crise sociale et économique grave », écrivent les auteurs de la lettre ouverte. « Le chômage a atteint en Europe des ordres de grandeurs insupportables. Le chômage des jeunes, qui dépasse les 50 % dans certains pays, est particulièrement effrayant. En Allemagne le nombre d’emplois a certes augmenté ces dernières années, mais il s’agit en grande partie d’emplois précaires et à durée déterminée, qui ne suffisent pas pour vivre », assènent-ils, loin des poncifs répétés à l’envi par certains commentateurs français.

Allemagne : 6 millions de quasi chômeurs

« Aujourd’hui en Allemagne, si nous incluons les employés travaillant à temps partiel de manière contrainte, environ six millions de personnes sont au chômage ou sont sous-employées, poursuivent les économistes. Alors que beaucoup de personnes au chômage souffrent de dépression et de dévalorisation, les salariés doivent, eux, assumer un surcroît de travail. Comme nombre d’études scientifiques le montrent, le stress, le phénomène de Burnout et les maladies chroniques et psychosomatiques augmentent. Cette situation est indigne dans une société moderne du XXIe siècle. »De quoi faire écho aux débats sur l’accord interprofessionnel signé le 11 janvier à Paris.

« Près d’un million de travailleurs pauvres font aujourd’hui des semaines de 50 heures et plus pour gagner un revenu suffisant pour vivre. De plus en plus d’actifs doivent recevoir, malgré un emploi, des allocations sociales en complément. Et ceux qui n’ont rien aujourd’hui sont aussi promis à la pauvreté quand ils arriveront à l’âge de la retraite. Les conditions dans les autres États européens sont comparables, voire pires. »

Une solution : la semaine de 30h également répartie

Face à ce terrible constat, économistes et syndicalistes estiment qu’« une réduction du temps de travail à 30 heures par semaine est nécessaire et urgente. Le temps de travail moyen en Allemagne est de toute façon aujourd’hui déjà en moyenne de 30 heures par semaine, mais le travail est réparti de manière inégale [1]. L’exigence d’une semaine à 30 heures prend en compte toutes les formes de réduction envisageables (allongement des congés payés, sortie plus précoce de la vie active, années sabbatiques). Cette revendication est à poser pour tous les États européens. Car le chômage de masse est partout présent et augmente de manière dramatique dans beaucoup de pays de l’Union. »

Pour les initiateurs de l’appel, la réduction du temps de travail ne concerne plus seulement les partenaires sociaux : « Il s’agit d’un projet de la société toute entière. »Ils insistent par ailleurs sur la nécessité d’une réduction « sans perte de salaire ».« Nous connaissons les nombreux cas où les travailleurs ont fait des expériences négatives, parce que les réductions du temps de travail réalisées jusqu’ici se sont faites sans embauche de chômeurs et souvent avec une hausse de la pression au travail ». Pour eux, seule une réduction collective du temps de travail à 30 heures, à un niveau macroéconomique, est « une clé décisive, si ce n’est la plus importante, pour la perspective d’un plein emploi. »

Des réductions du temps de travail ont déjà été entreprises en Allemagne, mais au niveau d’une entreprise, avec la semaine des 28,8 heures dans certains ateliers de Volkswagen, ou d’une branche, avec la semaine de 35 heures instaurée dans les années 1990 dans le secteur de la métallurgie dans l’ouest du pays.

Rachel Knaebel

Photo : DR

P.-S.

L’appel est à télécharger (en allemand) ici : http://www.alternative-wirtschaftspolitik.de/show/6619884.html

Notes

[1] 26 % des actifs allemands, et 45 % des femmes, travaillent à temps partiel, contre 17 % en France, 30 % pour les femmes (source : Eurostat)

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans economie finance travail
commenter cet article
26 avril 2015 7 26 /04 /avril /2015 06:13

une faute du PCF en Deux-Sèvres

texte écrit le 9 février en amont de la tenue de l'assemblée générale des communistes du département le 15 octobre prochain

Le FN continue sa progression dans les votes et dans les consciences. L'élection dans le Doubs nous rappelle à la réalité contre laquelle, pour l'heure le Parti Communiste et le Front de gauche s'avère impuissant. La progression du candidat du Front de Gauche de 0, 4 % alors que toutes les formations à la gauche du PS avaient appelé à voter, est homéopathique. Dans cette circonscription comme dans beaucoup d'autres le PCF est marginalisé voire anéanti. Dans notre département, les élections cantonales risquent de connaître un sort peu enviable sur le plan électoral avec une progression prévisible très importante des candidats du FN. Cette force "inorganisée a été capable de trouver 2 binômes (titulaires et remplaçants) dans plusieurs cantons. Ce que nous-memes avons été incapables de faire. Le Parti communiste est divisé, démobilisé, inutile. Nos sections ont disparu quasiment partout. Nous n'avons aucune prise sur la réalité de notre département. Le reste de la gauche dit "gauche de gauche" est dans le même état. Ce ne sont pas les cris d'alarme qui ont manqué. Depuis les régionale s de 2010, notre stratégie gauchiste, nous a éloigné de la réalité politique de note département.

Nous nous sommes tenus à l'écart des luttes et des préoccupations réelles des travailleurs et de la popumation. Malgré nos belles déclarations en interne, sur l'hôpital, sur Heuliez, sur l'emploi ou la réforme des collectivités locales, force est de constater que nous n'avons produit que du vide. Sur le plan idéologique ou sont nos interventions sur la démocratie communale, sur les communautés de communes et les différentes collectivités territoriales par exemple ? Où sont nos soutien aux luttes des travailleurs, à quelques exceptions prêt, c'est notre absence totale. Avons-nous une appréciation de la politique menée par le conseil général socialiste. Avons-nous des critiques, des propositions ? Connaissons-nous, nous-mêmes la situation des deux-sèvriens ? les habitants, les entreprises, les salaires, les besoins en logements sociaux, les luttes syndicales, sommes-nous au clair sur tous ces sujets.

Non, bien sûr. Et pourquoi ? parce que depuis de nombreuses années ce n'est pas le sujet. Le seul ou à peu près qui préoccupe la direction fédérale ce sont les élections et les alliances. Ainsi un maximum de temps est dédié aux relations avec Ensemble, le PG, Nouvelle Donne maintenant, EELV , la plupart du temps sans mandat politique et sans que les communistes aient eu à débattre pour fixer la ligne et les objectifs de ces rencontres, qui se passent d'ailleurs toujours au sommet à l'abri de la, base du parti et dont les communistes apprennent décisions par mail. Pas étonnant dans ces conditions que les motivations et leur intérêt s'émoussent. Combien sont-ils ceux qui se refusent à avaliser sans débat des décisions prises en dehors d'eux et parfois même contre eux. Combien sont-ils ceux qui refusent désormais de venir assister à une réunion de laquelle ils n'attendent plus rien. Combien sont-ils, ceux qui, encore même présents, se lamentent ou s'insurgent contre l'absence de consultation, de démocratie. Par exemple le caractère discrétionnaire de la décision de réunion du 31 janvier avec les orgas de gauche à propos des cantonales, sans consulter les communistes ? Ce qui a abouti à ce que les 8 communistes, présents à cette réunion, ne soient pas parvenus à avoir une expression commune et cohérente. Tandis que l'un de ceux-ci propose sa candidature à Thouars, alors qu'il n'y en avait pas, une autre camarade propose, pour ce même canton, une candidature virtuelle d'un non-communiste, qui n'est pas même candidat . Nous nous trouvons en pleine improvisation, ce n'est pas sérieux. Un autre encore, veut faire effort pour rechercher des candidatures "en dehors de nous-mêmes", sans efforts réels pour trouver DES candidats communistes. D'autres entonnent le "rejet" principal du PS comme la solution qui, selon lui, ouvrirait une "nouvelle dynamique" . Un autre rappelle le mur de Berlin et considère que des conditions plus dures encore devraient être faites au peuple français afin qu'il se révolte comme en Grèce. Un niveau de débat affligeant.

Il faut s'alarmer aussi que lorsque des débats ont lieu tout de même ils tournent souvent "au vinaigre", où les insultes fusent et les contentieux personnels font office de ligne politique. C'est lamentable. De fraternité, de solidarité il n'y en a point. De réflexion politique approfondie non plus. Les contacts entre communistes du Nord et du Sud, avec la direction fédérale sont inexistants. Des camarades attendent encore l'aide ou l'impulsion que cette dernière devrait être en mesure de leur apporter. Oui le tableau que je décris est réel, malheureusement. Plutôt que rassembler les communistes, les écouter, les aider, les solliciter , on les tient à l'écart, on les éloigne, on les décourage, on les exclue. Ce n'est donc pas de cette façon que le parti peut revivre et se ressouder. La responsabilité de la direction fédérale est pleinement engagée.

Il faut en changer. Changer les méthodes de direction, faciliter l'expression des communistes, les consulter en permanence, les impliquer dans tous les choix politiques, et décider démocratiquement. Considérer et respecter les opinions et les expériences de chacun. Nous ne sommes pas des communistes par hasard. Nous le sommes parce que à un moment ou un autre nous avons considéré,chacune ou chacun, que c'est ce parti là qui pouvait nous permettre de nous engager le mieux pour atteindre les objectifs politiques que nous nous sommes fixés pour nous-mêmes. Les communistes se refusent à subir les décisions arbitraires auxquelles nous sommes habitués, Ils veulent voir l'aboutissement de leur engagement, concrètement dans l'action. Ils veulent aussi vivre des relations de camaraderie, d'intérêt, de solidarité qui leur permet de construire ensemble, de débattre et de décider des objectifs réalistes, de la meilleure stratégie, de la meilleure tactique.

Oui, tout cela manque. Cela se ressent dans l'engagement qui s'amenuise, dans les disponibilités qui s'espacent, le désintérêt gagne et l'envie de militer disparaît. Plusieurs camarades m'ont fait part du stress à l'approche d'une réunion car ils redoutent les disputes, les insultes, c'est un comble. Le conflit personnel semble être inscrit dans les gênes de cette fédération. On ne sait pas s'écouter tranquillement. Pour toutes ces raisons certains qui avaient décidé de participer à telle ou telle réunion fédérale y renoncent au dernier moment. Vous rendez-vous compte de l'ampleur de la crise politique que connaissent les communistes et leur parti, ici, dans les Deux-Sèvres ? Je reviens au début de mon propos et je termine là-dessus. Ne nous faisons pas d'illusions. Nous porterons une responsabilité dans la progression du FN.

Parce que nous laissons le territoire vierge de l'action communiste. parce que elle en peut entendre nos analyses, nos oppositions, nos propositions. Nous ne sommes pas portés ni par les médias ni par l'idéologie dominante. Nous le savons. la seule possibilité de nous faire entendre c'est se bouger, pour combattre le racisme qui est présent, encore en sourdine, et pas toujours, les solutions autoritaires pour traiter les questions de sécurité ou les problèmes rencontrés lors de l'évolution des jeunes adolescents, comment battre le repli sur soi et l'égoïsme, si ce n'est en valorisant la solidarité et l'action collective. La lutte contre pauvreté et les bas salaires nécessitent une conscience des intéressés qui n'est pas acquise. C'est notre présence, dans de nombreux endroits sur de nombreux sujets, c'est notre présence dans la lutte institutionnelle , et pour l'heure sur le rôle des départements dans les actions de solidarité et la présence de nombreux candidats communiste et du front de gauche qui peut permettre des avancées.

Quand nous voyons l'état ou nous en sommes, quand nous constatons que des communistes s'opposent farouchement à la seule candidature possible à Thouars par exemple, nous sommes en colère, nous sommes dépités nous sommes découragés, c'est vrai. Nous avons l'impression qu'une tumeur cancéreuse de haine s'est incrustée à la tête de la fédération dont il faudra nécessairement traiter les métastases par des méthodes démocratiques alternatives.

Mais nous voulons contribuer à redresser le parti pour que vive la démocratie et vive le Parti communiste français.

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans PCF 79
commenter cet article
25 avril 2015 6 25 /04 /avril /2015 04:34
« Les Républicains », ce hold-up qui se prépare

En ces temps si troubles où l’on veut que la télévision commerciale remplace les bibliothèques, où l’histoire est piétinée jusqu’au fond des poubelles, où la culture est méprisée, où les concepts sont retraités dans de grandes lessiveuses médiatiques, où les mots sont transmutés, voilà que M. Sarkozy, qui avait déjà pris Guy Môquet et Jean Jaurès en otages, prépare un nouveau vol sous notre nez. Il veut ripoliner son parti « l’UMP » avec un simple mot, « Les Républicains ». Parce que ce n’est pas banal, il ne faudrait pas que cela passe comme une lettre à la poste. Ainsi sa machine de guerre électorale capturerait pour elle seule ce mot devenu système, si original en France, fruit d’une longue et belle histoire de luttes pour la souveraineté populaire.
La République, c’est mot pour mot « la chose publique ». C’est en République que chacune et chacun se définit comme citoyen. Tous composent la Nation.
Certes, il existe dans le monde de nombreuses républiques. Mais, en France, on ne prête serment ni sur la bible, ni sur le billet de banque quand on accède à la fonction suprême. Notre pays a cette particularité d’être une « République indivisible, laïque, démocratique et sociale », selon le préambule de la Constitution. Notre République n’a pas de véritable équivalent en Europe. La laïcité par exemple n’est nulle part un principe constitutionnel.
Le projet sarkozyste qui malaxe le mot laïcité pour le réduire aux menus des cantines à l’école, qui a éteint la lumière vacillante de la démocratie quand il a foulé au pied le résultat du référendum sur le traité constitutionnel européen, il y a déjà dix ans, et qui a jeté par-dessus bord le mot « social » au profit des intérêts des milieux d’affaires, est à rebours du projet républicain issu de 1789.
Après avoir créé un ministère de « l’identité nationale », pour porter main forte à la fausse mais violente théorie du « grand remplacement », alors que l’immigration ne représente que…0,36% de notre population, il a bafoué l’idéal universaliste de la République française, blessé la citoyenneté qui dépend d’un statut de droit et non d’un tri par situation, servant notamment à refuser le droit de vote à une partie des créateurs de richesses de notre pays, contributeurs aux caisses sociales et du trésor public.
Le hold-up en préparation ne vise pas seulement à imiter le parti américain ou à tenter de rejeter les autres forces en dehors du concept républicain, il vise à voler un nom, propriété de tous les citoyens pour dévoyer un projet, des concepts, un sens, des valeurs.
Cela se fait sur un fond « d’alternance » politique pour de mêmes choix économiques, sociaux, culturels, éducatifs, soumis à Bruxelles et aux milieux d’affaires, alors que le Premier ministre lui-même appelle le parti auquel il appartient à se débarrasser du mot « socialiste » pour peut-être devenir « démocrate », au nom d’une « révolution copernicienne » annoncée.
Rappelons que le clivage entre la droite et la gauche est précisément né avec la naissance de la République. Le 28 août 1789, lors du débat sur le veto royal à la Constituante, les députés opposés à cette mesure et hostiles à la toute- puissance du clergé, se regroupent à gauche du président du bureau, tandis que les partisans du veto royal, de la sauvegarde de la monarchie et de la prépondérance de l’Eglise catholique, se placent à droite. Ainsi sont nées droite et gauche. Certes, depuis, la droite a endossé les habits de la République. Le combat acharné des républicains du 19ème siècle pour que la Nation épouse les principes fondamentaux de la République et pour rendre irréversible ses conquêtes, permit d’intégrer dans ses rangs bon nombre de ses anciens adversaires. Ce fut une victoire républicaine de longue haleine qui ne gommait en rien les clivages intenses, désormais bordés par les principes universels. Ceux qui persistaient à la nommer « la Gueuse » se situaient à l’extérieur de son périmètre.
Ainsi, la République peut-elle être réactionnaire, autoritaire ou coloniale, mais aussi sociale, laïque et démocratique.
En se déclarant très à droite par rapport à l’histoire de la droite depuis la Libération, en insistant sur le rôle supérieur « du curé ou du pasteur » sur l’instituteur, en menant campagne sur l’opposition entre l’identité française et d’autres fantasmées ou en opposant la démocratie à la République – l’une étant le régime du laisser-faire, l’autre celui de l’ordre et de l’autorité – N. Sarkozy joue avec les limites du cadre républicain, intimement mêlé à la laïcité, à l’Ecole publique, à la démocratie, aux services publics, à l’égalité des droits.
Ajoutons qu’à travers cette manœuvre, Nicolas Sarkozy, qui n’a jamais caché sa fascination pour le modèle américain, cherche à en transposer ici ses caractéristiques politiques afin de fédérer, à l’image du Parti Républicain, l’ensemble des composantes de la droite et d’une bonne partie de son extrême sur une orientation particulièrement dure : prédominance de la loi de l’argent et du religieux, ultralibéralisme, négation du principe d’égalité, néo conservatisme. Tout un programme pour notre pays !
Ainsi, cherche-t-il avec opportunisme à réduire la République à une vision étroite qui flirte avec ses limites, une version rabougrie de la République, césarienne, anti démocratique, soumise aux grands vents de la finance mondialisée.
La République ne dit pas tout mais elle dit beaucoup. La République française n’existe que si elle appartient à chacune et chacun de ses citoyens, de droite comme de gauche. Elle est le bien commun de tous les français, le cadre bordé par les principes de liberté, d’égalité et de fraternité. Vouloir se l’approprier sur une orientation politique qui en nie les principes fondamentaux, relève du vol pur et simple et d’un profond mépris pour l’ensemble et la diversité de ses citoyens.
Nous persistons à penser, avec Jaurès, que « sans la République, le socialisme est impuissant, sans le socialisme, la République est vide », que la République poussée jusqu’au bout, logique avec elle-même, qui ne trahit pas ses principes fondamentaux, qui n’est pas en porte-à-faux avec sa devise, pose les jalons d’une société du bien commun, de la propriété collective, de la démocratie, de la solidarité humaine et de la défense de l’environnement. Bref l’opposé de celle que propose M. Sarkozy !
Car, au fond, est-ce défendre la fraternité que d’appeler « assistanat » les principes de solidarité qui régissent nos systèmes de sécurité sociale, de retraite et d’assurance chômage ?
Est-ce défendre la liberté que d’encourager la toute- puissance du capital sur la vie quotidienne des millions de salariés, d’empêcher tout pouvoir décisionnel au monde du travail dans l’entreprise et sur la production ?
Est-ce défendre l’égalité que de justifier en permanence le règne de la compétition de tous contre tous ou de stigmatiser une partie de nos concitoyens en raison de leur religion ?
Est-ce enfin « républicain » que de manier le fameux « ni-ni » en renvoyant dos à dos l’extrême droite et les partis républicains ?
Répondre à ces questions c’est prendre conscience que la République, bien plus qu’un ordre figé, est un combat permanent pour que se réalise aujourd’hui, dans le monde réel, ses principes universels. Que tous les républicains fassent que N. Sarkozy en soit pour ses frais !

Patrick Le Hyarick

Député Européen (PCF-PGE)

Directeur de "l'Humanité"

Repost 0
24 avril 2015 5 24 /04 /avril /2015 21:03

Patrick Le Hyaric

Le 23 avril 2015

Les Commissions emploi et affaires juridiques du Parlement européenne viennent, coup sur coup, de refuser un des instruments les plus dangereux de l’accord transatlantique en négociation : lemécanisme de règlement des différends investisseurs-États.

Ce mécanisme doit permettre la création de tribunaux privés d’arbitrage lorsqu’un (investisseur), une société multinationale estiment (que ses investissements) et ses possibilités de profits sont mis en danger par les lois des Etats.

Plutôt que de passer par la justice d’un État et s’en remettre au droit national, ces tribunaux d’arbitrages permettent de dépasser les juridictions nationales et de confier la décision de justice à un arbitrage international sans contrôle indépendant ou droit de recours. Les investisseurs peuvent ainsi contourner le droit national pour passer par une juridiction plus attentive à leurs intérêts qu’au droit social ou environnemental.

Ce « mécanisme de règlements des différends investisseurs-États » (ISDS), est évidemment soutenu par les grandes multinationales et des avocats internationaux. Il a déjà permis des attaques contre des lois sur le tabagisme en Australie, la sortie du nucléaire en Allemagne ou le salaire minimum en Égypte. Pour la raison que les lois en vigueur dans ces pays nuisaient à leurs intérêts.

On imagine l’impact d’un tel système pour remettre en cause nos normes alimentaires (sur les OGM, l’utilisation d’hormones de croissance), environnementales, sanitaires (sur le principe de précaution, sur l’interdiction de médicaments) ou tout simplement sociales une fois que l’on aura donné cet instrument aux multinationales implantées des deux côtés de l’Atlantique.

Nous agissons pour que le Parlement européen prenne une position nette et forte contre ce mécanisme. La mobilisation citoyenne commence à porter ses fruits: cette semaine ce sont les commissions Affaires juridiques et Affaires constitutionnelles, pourtant traditionnellement conservatrices qui s’y sont opposées ; le 1er avril c’est la Commission emploi et affaires sociales qui a tenu la même position figurant dans les amendements que j’avais déposé. Désormais la Commission européenne s’inquiète au point de nous promettre un système de tribunaux arbitraux « light » ou « révisé ».

La prochaine étape est le rapport que va adopter la commission du commerce international qui est compétente sur l’accord transatlantique. Tiendra-t-elle compte des avis des commissions parlementaires contre l’ISDS ou de ceux en faveur ? En tant que membre de la commission du commerce internationale, j’ai également déposé des amendements dans cette commission sur cet accord. Parmi les 25 que j’ai déposés voici ceux concernant les tribunaux arbitraux :

Amendement 61 :

Considérant qu’un accord commercial d’ampleur avec les États-Unis peut réduire la capacité du législateur européen comme national à légiférer, remettant en cause la souveraineté des citoyens, sapant les bases démocratiques du projet européen, réduisant ses leviers d’action, et noyant le spectre des politiques européennes dans un ensemble économique et non plus politique ;

Amendement 895 :

Rappelle que les États membres de l’Union européenne et les États-Unis disposent des cadres d’un État de droit, d’une justice indépendante, avec des possibilités de recours garantissant les droits des citoyens et des investisseurs;

Amendement 896 :

Refuse tout mécanisme de règlement des différends investisseurs-États ou puissance publique qui ne s’inscrive pas dans les droits nationaux, les structures d’arbitrages nationales existantes, en ce qu’ils se placent au-dessus des juridictions nationales et limitent le pouvoir législatif délégués par les citoyens ;

Le vote en commission aura lieu le 28 mai, puis en session du Parlement en juin. Il est donc important d’amplifier la mobilisation contre ce mécanisme consacrant le droit des affaires. Ce serait une importante étape pour faire tomber le projet de marché unique transatlantique.

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans EUROPE
commenter cet article
24 avril 2015 5 24 /04 /avril /2015 18:02
Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans DETENDEZ-VOUS EN MUSIQUE
commenter cet article
24 avril 2015 5 24 /04 /avril /2015 17:40
Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans DETENDEZ-VOUS EN MUSIQUE
commenter cet article
24 avril 2015 5 24 /04 /avril /2015 16:31
Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans DETENDEZ-VOUS EN MUSIQUE
commenter cet article
24 avril 2015 5 24 /04 /avril /2015 16:23
Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans DETENDEZ-VOUS EN MUSIQUE
commenter cet article

BRUNO FORNACIARI

HPIM3303

Recherche

Texte Libre