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15 janvier 2015 4 15 /01 /janvier /2015 13:43

Le piège tendu aux Juifs de France

jeudi 15 janvier 2015 par le Bureau National de l’UJFP

Nous avons ces derniers jours vécu les mêmes bouleversements à répétition que tous nos concitoyens. Comme Juifs nous avons été profondément atteints par l’horrible attentat perpétré contre des Juifs parce que Juifs. Cela ne peut que faire résonner pour nous les pires heures de l’histoire du judaïsme français. Tout ce que nous croyons comme militants, citoyens, êtres humains, tout ce pour quoi nous luttons, la valeur de la vie, de l’égalité entre les hommes, le ta’ayush (le vivre ensemble), s’est vu bafoué ici dans la rédaction d’un journal, puis dans ce magasin cacher. Nous sommes convaincus que la liberté d’expression est une valeur fondamentale de toute société démocratique et qu’elle doit être défendue à tout prix contre la violence obscurantiste.

Nous sommes aussi conscients de la montée d’un antisémitisme redoutable en France. Mais nous voulons l’analyser et tenter d’en comprendre les causes, parce qu’il est porteur comme tous les racismes d’aveuglement, de haine et de sang.
Notre association dénonce depuis des années le piège tendu aux Juifs de France, et il nous semble important de le décrire à nouveau aujourd’hui au lendemain de cette attaque meurtrière.

Un piège tendu par plusieurs instances et à plusieurs niveaux articulés et coordonnés dans le temps. A partir des provocations de Sharon sur le parvis de la mosquée d’Al Aqsa qui ont déclenché la deuxième Intifada en 2000, le gouvernement israélien de l’époque a décidé que la France, où réside la première communauté juive d’Europe, était un outil nécessaire et incontournable de sa politique. Son exécutif sur place ? L’ambassade d’Israël, l’agence juive, et le CRIF, conseil dit représentatif des institutions juives de France. Il s’agit d’embrigader tous les Juifs de France dans un soutien inconditionnel à tous les actes du gouvernement israélien, même les pires. Un CRIF qui va imposer une vision uniforme, d’une communauté juive totalement homogène soudée autour d’un sionisme sans faille et d’un soutien sans nuances aux actes du régime. Et ce travail va d’ailleurs se poursuivre très vite jusque dans le réseau des associations juives laïques, d’où l’UJFP sera assez vite éjectée. Hors du sionisme point de salut ! Imaginer une collectivité de près de 600 000 âmes parlant d’une seule voix, est aussi fou et stupide que de prêter cette unanimité à cinq ou six millions de musulmans, parmi lesquels il y a aussi de toute évidence, des religieux, laïcs ou non, plus ou moins pratiquants, des sionistes même, etc. Mais cela favorise une assimilation voulue, dans l’esprit de chacun : juif = soutien d’Israël et de sa politique quelle qu’elle soit. Et cette politique occupe, colonise, tue des arabes palestiniens tous les jours.

Les gouvernements successifs d’Israël n’ont quant à eux pas cessé depuis la même époque de s’adresser aux Juifs français en leur demandant de quitter une France pleine de musulmans antisémites et de faire leur « aliya » en Israël.

Enfin un aréopage d’intellectuels français, tenants du choc des civilisations, des Fourest, des Taguieff, des Tarnero, des Finkielkraut, mèneront à la fois le combat contre l’islam et celui pour le sionisme. Les gouvernements français successifs n’ont cessé, eux aussi, d’assimiler la légitime critique d’Israël et du sionisme à un racisme antisémite. Et la plupart des médias français ont repris la rengaine. On entendait même des journalistes après le massacre de Toulouse, parler d’Israël à des citoyens français juifs devant l’école visée, en leur disant « votre pays ». Souvenons-nous du fameux rapport Rufin qui demandait la pénalisation de l’antisionisme décrit comme une nouvelle forme d’antisémitisme.

Dans ce piège, beaucoup de Juifs se sont trouvés pris, qui avaient des liens affectifs, familiaux, d’identification avec Israël, et avec son histoire telle qu’elle leur était présentée par la mythologie sioniste, et sont petit à petit devenus des « représentants » potentiels du soldat israélien ou du colon israélien en France, renonçant progressivement à leur esprit critique, sous les effets déjà néfastes de confrontations de plus en plus problématiques. Ils ont aussi renoncé en même temps à leur capacité d’empathie pour l’autre, l’occupé, le destitué de tous ses droits, le massacré comme à Gaza cet été, pour ne plus voir que leur souci de préserver à tout prix ce « petit État fragile et jeune entouré d’ennemis » seul capable de les protéger de l’antisémitisme. Toute critique contre cet État est ainsi devenue un acte antisémite, tout rassemblement de solidarité avec la Palestine, un regroupement de fanatiques les menaçant personnellement et que les communautés locales poussées par le CRIF réussissaient à faire interdire, renforçant ainsi l’animosité contre eux. Le cercle vicieux ainsi amorcé n’a fait que se renforcer avec le temps, les attaques sur les territoires occupées ne faisant qu’augmenter tensions et replis.

La crise sociale s’est développée pendant ces années dans les quartiers populaires où se côtoient souvent dans les mêmes HLM ou les mêmes cités des Français (juifs, arabes et africains), dans des conditions similaires de difficultés sociales. Dans ces ghettos de pauvreté, le jeune français post colonial qui subit le délit de faciès, la discrimination à l’emploi, le refus de l’entrée des boites de nuit, parce que basané, s’identifie lui au dernier carré non décolonisé du monde arabe, et au Palestinien opprimé. Il porte parfois le keffieh symbole de la résistance. Et chaque fois qu’il veut exprimer sa solidarité, sa parole est interdite, assimilée à de l’antisémitisme. Sa volonté de participer au débat politique se voit niée, rejetée, rabaissée à une expression raciste. C’est lui le raciste, en plus de subir comme noir ou arabe le racisme et l’exclusion sociale. Petit à petit se développe chez lui un ressentiment contre cette communauté (qui soit dit en passant se voit reconnue comme communauté, le terme de communautarisme étant réservé aux autres) dont le gouvernement affirme qu’il la protège contre lui et ses semblables.

Le porteur de kippa n’arbore-t-il pas aussi souvent l’insigne des parachutistes israéliens ? Lui peut aller manifester tranquillement pour soutenir l’armée israélienne et ses massacres à Gaza, voire même y participer, la presse nationale, le gouvernement français, tiennent le même discours que lui sur l’opération « bordure de protection. » Il est du côté du manche. Il est blanc il est occidental, il a le droit du plus fort pour lui. Les groupes violents comme la Ligue de Défense Juive peuvent insulter la Palestine, les arabes, frapper, casser, rien, aucune sanction, la police regarde et se tait, comme cet été rue de la Roquette, des vidéos prises sur place faisant foi. Le jeune arabe, lui, n’a pas le droit de manifester pour Gaza - interdictions ministérielles pendant la même période. Comment ne pas penser à ce jeune homme qui a été arrêté (avec d’autres sur délit de faciès pur) en marge d’une manifestation de cet été, en rentrant tranquillement chez lui, parce qu’il portait un keffieh : frappé, passé en comparution immédiate, la journaliste de Libération qui assistait à l’audience où le garçon pleurait devant une juge partiale et inflexible, refusant d’entendre quoi que ce soit, en a fait un article scandalisé. Il a pris trois mois de prison ferme, et est encore aujourd’hui assigné à résidence dans sa banlieue avec bracelet électronique.

Cette justice à deux vitesses, cette stigmatisation des uns au bénéfice douteux des autres, ce discours officiel qui fait du monde arabe l’axe du mal terroriste, arriéré barbare, et d’Israël un modèle de démocratie, des jeunes arabes et africains des dangers potentiels pour la société et des Juifs une catégorie intégrée dans un Occident tout récemment devenu judéo-chrétien et à protéger, font le lit de la colère. L’impuissance à dépasser une condition misérable a envoyé des centaines de jeunes de tous horizons (même des Juifs paraît-il) dans les bras de Daesh et de Al Qaïda. Et le piège se referme. Les Juifs, corps devenu homogène, paieront pour toutes ces injustices, les humiliations, tous ces musellements de parole, toute cette arrogance affichée sous la protection de tous les gouvernements français : ne touchez pas à nos Juifs, vous, les étrangers à vie, les barbares inintégrables à notre république. Si l’on ne peut atteindre Israël on atteindra ses supporters juifs. L’abcès de fixation que constitue la question palestinienne non résolue, prise elle aussi dans le remodelage d’un nouveau monde profondément injuste, et que les puissants refusent de régler, participe de l’émergence d’un terrorisme redoutable parce que désespéré et suicidaire.

Un mécanisme redoutable d’assignations identitaires s’est mis en place dans le cadre des nouvelles divisions du monde depuis 1989 et « la chute du mur », et les Juifs d’Europe et de France en particulier ont servi de pions dans le nouveau dispositif.

C’est avec une très grande tristesse que nous disons aux nôtres, nous sommes français, nous pouvons vivre heureux chez nous en France, comme le disait le dicton transformé par Elie Barnavi, « heureux comme un juif en France », avec nos compatriotes de toutes origines aujourd’hui, l’importation du conflit c’est par votre biais en vous utilisant et vous manipulant qu’elle s’est faite, au service d’une cause bien injuste. Le terrorisme montant de Daesh et de Al Qaïda contre lequel nous devrons tous nous battre parce qu’il est meurtrier suicidaire et sans issue, passera par des luttes communes, contre tous les racismes, toutes les exclusions, la restitution de la diversité des opinions de tous, musulmans, arabes et juifs, dans l’échange et le dialogue. La liberté d’expression n’est pas réservée à une seule vision du monde.

Bureau national de l’UJFP le 15-01-2015

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15 janvier 2015 4 15 /01 /janvier /2015 11:07

15 JANVIER 2015

Hommage aux victimes des attentats : intervention au nom des députés Front de Gauche à l'Assemblée nationale

M. le président. La parole est à M. André Chassaigne, pour le groupe de la Gauche démocrate et républicaine.

M. André Chassaigne. Monsieur le président, mes chers collègues, monsieur le Premier ministre, dix-sept vies volées, celles de l’équipe et d’amis de Charlie Hebdo, celles de policiers, celles de concitoyens dont certains parce qu’ils étaient juifs – oui, parce qu’ils étaient juifs –, dix-sept visages, connus ou anonymes…

À travers le visage des victimes, c’est le visage de la France dans toute sa richesse et sa diversité, c’est la France qui a été agressée, c’est une partie d’elle-même qui a été assassinée par les barbares. C’est la République, ses valeurs, son histoire, sa lumière, sa laïcité qui viennent d’être frappées au cœur.

Dans un élan de fraternité d’une formidable puissance et d’une grande dignité, des millions de Français ont rendu hommage aux victimes et dit leur attachement à la liberté d’expression et de la presse.

Que notre pays est grand quand des millions de citoyens se retrouvent ainsi autour de valeurs partagées, quelles que soient leur situation sociale, leur couleur de peau, leur origine, leur religion !

C’est à cet élan d’espoir qu’il faut désormais donner force et durée contre tous les détournements prévisibles, alors que l’odeur de la guerre et du choc des civilisations, comme le poison de la division, se répandent déjà dangereusement.

Six jours après l’attaque contre l’équipe de Charlie Hebdo, nous continuons de penser, sans doute avec plus de force aujourd’hui encore, que le pays a besoin de refonder son avenir sur des choix politiques transformateurs et partagés, affrontant courageusement toutes les dominations, toutes les discriminations, toutes les inégalités.

Car, derrière ces crimes, c’est la communauté nationale dans son entier qui a été visée. Voilà pourquoi est monté ce cri : « Je suis Charlie ».

C’est pourquoi nous refusons tout amalgame, tout discours islamophobe qui tente de récupérer le drame national. Ce serait à la fois profondément injuste et dangereux. Les musulmans ne forment qu’une communauté, celle qu’ils forment avec nous, la communauté nationale (Applaudissements sur tous les bancs). Eux aussi sont assassinés par les terroristes, eux aussi font vivre notre pays, sa police, son armée, ses écoles ou encore ses hôpitaux.

Notre peuple n’appelle pas à plus de stigmatisation, il appelle à plus d’union. Notre peuple souhaite légitimement voir sa sécurité garantie. Pour autant, il n’appelle pas à une réponse purement sécuritaire qui, in fine, mettrait en péril nos libertés, auxquelles il est tant attaché.

Un Patriot Act à la française n’est pas la solution. La solution réside, notamment, dans la détection et le suivi des individus dangereux, en particulier dans les prisons qui, on le sait, sont de véritables centres d’endoctrinement et de recrutement.

Aujourd’hui, mes chers collègues, la question fondamentale est sans doute celle-ci : vers quelle société, vers quel monde désormais avancer pour vivre demain, tous ensemble, ici, en France et partout ailleurs ? Quelle France voulons-nous ?

Les violences de la semaine dernière sont aussi le symptôme d’un système économique toujours plus inégalitaire, le symptôme d’un système social discriminant, le symptôme d’un système démocratique en ruine.

Un système qui livre aux idéologues fanatiques et criminels des relégués sociaux qui ont la faiblesse de croire qu’ils vont donner un sens à leur existence.

Pour garantir l’unité et la cohésion nationales, tous les leviers doivent être actionnés, de l’école au monde du travail, en passant par la culture et l’éducation populaire, pour que personne – je dis bien personne ! – ne soit abandonné sur le bord de la route.

Ces grands sujets de fond, beaucoup de ceux qui ont été lâchement assassinés n’hésitaient pas à les mettre sur la table : par un dessin, par quelques mots, par leur impertinence provocatrice, par leur intelligence, par leur soif de commun et d’humanité.

Nous ne pensons donc pas les trahir en exprimant ici, ce jour, devant la représentation nationale, notre souhait de voir changer la politique de notre pays et de l’Europe. N’est-il pas temps, comme le disait si bien Jean Ferrat, « que le malheur succombe » ?

Je voudrais finir en évoquant ma dernière rencontre, en décembre dernier, avec mon ami Charb. Il m’avait fait part des difficultés financières de Charlie Hebdo. Il m’avait demandé notre aide, et les députés du Front de gauche, de cette tribune, avaient relayé son inquiétude. Nous continuerons ce combat, pour sauver la presse libre et indépendante.

Pour conclure, je dirai à Charb, à Georges et à tous les autres, à toutes les victimes de ces jours de tragédie : ils ont voulu vous enterrer, ils ne savaient pas que vous étiez des graines. (Vifs applaudissements sur tous les bancs.)

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14 janvier 2015 3 14 /01 /janvier /2015 17:18
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14 janvier 2015 3 14 /01 /janvier /2015 08:01

Pierre Laurent : « Contre la haine, nous visons l’unité populaire pour les libertés »

JULIA HAMLAOUI

MARDI, 13 JANVIER, 2015

L'HUMANITÉ

« Contre la haine, nous visons l’unité populaire pour les libertés » Le PCF a décidé de faire de ses traditionnels voeux une soirée d’hommage à Charlie Hebdo et à son esprit avec les familles de certains de ses caricaturistes. Pierre Laurent devait y prononcer un discours invitant à « rester Charlie » en refusant l’union sacrée comme la guerre.

L’émotion de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, hier, à paris, lors de ses vœux.

Photo Patrick Nussbaum

Place du Colonel-Fabien, à Paris, l’heure était encore au recueillement hier soir. Au siège du PCF, les traditionnels voeux de début d’année devaient ainsi se transformer en « une soirée placée sous le signe de la paix et de la fraternité », en un moment d’hommage aux victimes des attentats. Parmi eux, certains étaient des amis, des compagnons de route de longue date. C’est en présence des familles de Charb, Wolinski et Tignous mais aussi de membres de l’équipe de Charlie Hebdo comme Patrick Pelloux, que le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, devait prononcer son discours.

« Ce soir, nous les communistes, nous pleurons des amis proches, des camarades de combat, qui donnaient souvent par leurs dessins bien plus de force que n’en sont capables nos discours », devait-il saluer alors que les murs du conseil national du PCF avaient été couverts des toiles que Charb, Tignous, Coco avaient réalisées en direct au stand national des communistes de la Fête de l’Humanité 2013 avec Lardon, Louison, Lulu Inthesky et Duchemin. Et le dirigeant communiste de se remémorer l’un ou l’autre de ces souvenirs : « Je n’oublierai aucune de nos rencontres, Charb, mon camarade. Surtout pas celle, traditionnelle, de la Fête de l’Humanité, où tu voulais toujours qu’on fasse une photo, toi le poing levé, à côté du chef du parti, ton “patron” me charriais-tu, histoire que personne n’oublie où était ton coeur de combat », devait-il raconter.

« Et maintenant ? Si nous sommes Charlie, il faut que nous poursuivions l’esprit de Charlie Hebdo », prévenait l’invitation à cette soirée qui mêlait hommage et voeux d’avenir commun. Recueillement donc. Mais aussi détermination. Détermination à « nourrir l’émotion de la réflexion ». « Ce n’est pas Charlie qui sentait le soufre, c’est notre monde. Ne regardons pas ce qui s’est passé comme un événement isolé », a invité Pierre Laurent, citant quelques-uns des événements des « quinze derniers jours » : « un grillage qui cerne un banc public », les « bateaux de migrants » laissés à l’abandon, « le refus d’inhumer un bébé rom », la « médiatisation à outrance du livre de Houellebecq »… Autant d’éléments de ce « climat nauséabond » duquel il faudrait se « désintoxiquer » en conjuguant dans « la République la liberté avec plus de fraternité et de justice sociale ». « Ce que nous visons, c’est une “unité nationale des citoyens” » Au lendemain de « l’extraordinaire riposte du peuple français » avec les marches de ce week-end, il s’agit pour le sénateur de Paris de « conforter cet élan, car l’attaque contre les libertés va reprendre très vite ».

C’est cet élan populaire, entre « hommage », « attachement à la liberté de la presse » et « volonté de vivre ensemble », que le dirigeant communiste a tenu à saluer car cette mobilisation « n’allait pas de soi » dans un contexte où « les déclarations racistes de responsables politiques se banalisent ». Loin des tentatives « d’instrumentalisation déjà à l’oeuvre », le message de Pierre Laurent devait être clair : « Ce que nous visons, c’est une “unité nationale des citoyens”, une affirmation populaire commune pour les libertés, contre la haine, la violence, les racismes et les discriminations, et non “une union sacrée des partis”, qui n’existe d’ailleurs pas. Entre citoyens comme entre partis, nous voulons le libre débat démocratique, républicain. Ni l’union sacrée, ni la guerre. »

D’ailleurs, « l’attitude déshonorante qui a été celle du Front national » devait être fustigée par le secrétaire national du PCF. À l’heure où l’ancien président UMP Nicolas Sarkozy entonne le refrain de la « guerre de civilisations » et où le premier ministre actuel, Manuel Valls, évoque de plateau télé en studio de radio un « ennemi de l’intérieur », c’est à « rester Charlie » aujourd’hui et demain qu’a invité Pierre Laurent. Et « rester Charlie », devait détailler le sénateur PCF, c’est refuser « un Patriot Act dans lequel la République perdrait son âme », c’est apporter « les moyens (à la presse) de résister à cette dictature financière qui a démoli en quelques décennies nombre de titres de la presse française », c’est « défendre (la culture) contre les politiques d’austérité et contre le Medef » et « des services publics qui font eux aussi le ciment de notre République », « c’est accueillir les étrangers menacés dans leurs pays en accordant le droit d’asile »…

Alors que la marche de Paris a également réuni des « chefs d’État dont la responsabilité dans l’engrenage des guerres et du choc des civilisations est évidente », et tandis que le débat à l’Assemblée nationale doit s’ouvrir aujourd’hui sur la poursuite de l’intervention française en Irak, la question revêt également une dimension internationale pour Pierre Laurent. « Oui, nous devons stopper la menace. Ici en France, en Europe, et au Proche-Orient. Il faut aussi pour cela que la France change de politique extérieure – car en s’arrimant à l’Otan et aux États- Unis, en tergiversant devant les intérêts de puissances régionales comme le Qatar, l’Arabie saoudite, la Turquie et Israël, la France s’interdit de jouer le rôle qui devrait être le sien comme membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU », a-t-il déclaré.

Un rôle qui commencerait par « reconnaître sans plus tarder l’État palestinien » ou encore, à propos de l’Irak, à contribuer à préparer « une conférence régionale sous l’égide de l’ONU ». Choisir le chemin de la paix ou de la guerre. L’enjeu est à cette hauteur. « Dire que la France est confrontée à une guerre est extrêmement dangereux. C’est volontairement s’enfermer dans le piège tendu par les intégristes, a estimé Pierre Laurent. Eux veulent l’affrontement, nous voulons une société de liberté, de progrès, de paix. »

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13 janvier 2015 2 13 /01 /janvier /2015 15:49
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13 janvier 2015 2 13 /01 /janvier /2015 15:09

Intervention à Strasbourg de Patrick Le Hyaric, député au Parlement européen, directeur de l'Humanité :

Monsieur le Président,

Monsieur le Ministre

Nous saluons le puissant élan de solidarité des peuples européens et du monde entier avec le peuple français en deuil mais debout et déterminé face aux exécutions dont ont été victimes des journalistes, beaucoup de mes amis personnels, des policiers et des citoyens de confession juive.

Hier dans chaque ville et chaque village, le peuple de France uni s’est rassemblé pour dresser un front, un barrage solide contre le fondamentalisme intégriste, contre la barbarie. Et il l’a fait en ayant à l’esprit, conscient, qu’ailleurs dans le monde, de Bagdad à Kaboul, d’Alep à Kobane, la même terreur inonde de sang les rues. Celles et ceux qui ont été assassinés l’ont été pour ce qu’ils représentaient, certains la religion juive, les policiers le service public de la République française et nos amis journalistes parce qu’ils représentaient l’esprit libre et frondeur, le refus de l’esprit de caserne.

Par fidélité aux idéaux de ces amis exécutés, il nous faudra éviter tout récupération politicienne et réfléchir à travailler plus aux moyens d’éviter cela, aux moyens efficaces d’éradiquer le terrorisme. A l’évidence, l’esprit de guerre ne le permet pas.

Quel est le bilan de quinze années de guerre contre le terrorisme ? Il faut s’y prendre autrement et porter un plan de co-développement, de dialogue avec les peuples du Proche et du Moyen-Orient. Le refus de faire droit au mouvement national palestinien depuis si longtemps n’a fait que jeter du sel sur les plaies de l’humiliation.

Le débat va certainement naître aussi entre la dialectique de liberté et celle sur la sécurité. On ne peut sacrifier la liberté sur l’autel de la sécurité. Les deux doivent vivre et progresser de paire.

Nous avons la responsabilité de jeter de nouveaux ponts avec la Méditerranée pour un nouveau type de dialogue et de coopération tout en asséchant le financement des réseaux terroristes.

Enfin, on ne peut laisser comme c’est le cas aujourd’hui tant de quartiers à l’abandon, d’enfants, d’adolescents en souffrance, de jeunes sans avenir, voilà pourquoi il faut sortir des choix d’austérité pour donner des moyens financiers à l’école, à la culture, au sport, à la formation, à la petite enfance, à l’emploi, l’aide aux villes. Ceci doit nous faire réfléchir.

En même temps, il faut absolument sortir des amalgames, des discours de division et de haine qui se répandent depuis des mois.

Au contraire, c’est l’esprit de l’unité populaire qui doit primer, l’esprit du débat, le rejet de l’exclusion pour faire société commune, Europe commune.

La France hier a dit son esprit de fraternité, du vivre ensemble contre la barbarie.

Soyons en dignes !

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13 janvier 2015 2 13 /01 /janvier /2015 12:48

http://dai.ly/xiwm1i

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13 janvier 2015 2 13 /01 /janvier /2015 11:44
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13 janvier 2015 2 13 /01 /janvier /2015 09:46

En 2015 : lancer une campagne nationale contre la hausse des tarifs publics !

Repris de PCF Paris 15, 31 décembre 2015

Les hausses des tarifs publics au 1er janvier suscitent une colère justifiée dans le pays, malgré tous les discours et les fourberies employés par les autorités pour les faire passer.

La hausse des tarifs SNCF a été annoncée à peine quelques jours avant seulement, en plein milieu des fêtes : 2,6% en moyenne (officiellement). Le cabinet de Ségolène Royal a timidement confirmé prétextant qu’il s’agit de financer la maintenance. De qui se moque-t-on ? La discrétion du pouvoir et de la direction de la SNCF correspond sans aucun doute à leur peur des suites de la grève contre la « réforme ferroviaire », devant ses conséquences maintenant palpables.

Le comble de l’hypocrisie a été atteint par le Conseil régional de « gauche » d’Ile-de-France avec la hausse décidée en décembre du Pass Navigo et des tickets de transport régionaux RATP/SNCF. Le ticket à l’unité augmente de 5,8% à 1,8 euro, le carnet de 10 de 2,9% à 14,10 euros. Pour les habitants de Paris et des communes limitrophes, l’abonnement mensuel prend encore 4,3% passant de 67,10 euros à 70 euros.

Mais là, la « gauche » brandit son prétexte : l’avènement en septembre du Pass Navigo à tarif unique pour toute la région capitale, conformément à une promesse électorale de la « gauche » en 2009 (de l’UMP de Copé en 2004). Nous avons déjà montré combien le coût de la mesure, de l’ordre de 500 millions d’euros par an, sera supporté par la collectivité, très sévèrement par les salariés des zones 1 et 2, pendant que les employeurs, principaux bénéficiaires se voient compenser le relèvement de leur versement transport. Voir notre article en lien : Pass Navigo au tarif unique de 70 euros: le patronat n’aura rien à payer ! Qui va payer alors ? . Il y a fort à parier qu’en septembre le prix unique du Pass Navigo soit encore revu à la hausse, au-dessus des 70 euros.

Depuis 2009, le prix du Pass Navigo 2 zones – le plus répandu – aura augmenté de 24%, c’est-à-dire 222 euros par et par personne, alors que l’inflation cumulée aura à peine atteint 7%. En 2014, l’inflation atteindra 0,3% mais les tarifs SNCF augmentent de 9 fois plus, de 2,6% !

Pour la première fois depuis 1996, l’INSEE, dans ses dernières données, a officiellement reconnu que le pouvoir d’achat des salaires avait baissé de 0,4% en 2012, celui des retraites reculant bien davantage. Les ménages de travailleurs n’ont pas attendu ses chiffres pour s’apercevoir d’un recul bien plus important de leur pouvoir d’achat réel. La hausse des dépenses contraintes – logement, assurances, transports, chauffage etc. – va bien au-delà des chiffres moyens de l’inflation. C’en est l’une des causes.

Le scandale le plus voyant est atteint par les prix du gaz. Ils ont été augmentés de 82% depuis 2005 ! Le principal prétexte avancé était, avec constance, la hausse des prix du pétrole brut sur lesquels seraient indexés les contrats de fournitures notamment de GDF-Suez. Les cours du pétrole diminuent fortement, pourtant, le gouvernement annonce une nouvelle augmentation du gaz pour les particuliers de 1,8% en janvier 2015.Officiellement, il s’agit de faire payer aux ménages une nouvelle hausse de la « taxe carbone ». C’est du vol ! Pendant ce temps, GDF-Suez accumule les profits, 2,6 milliards d’euros sur le premier semestre 2014. De très fortes hausses d’électricité sont aussi prévues.

Les hausses de tarifs publics ne correspondent en rien avec une amélioration du service rendu. Tout au contraire, le gouvernement continue à faire payer aux usagers le démantèlement du service public et la rente actuelle et future aux multinationales.

2,6% d’augmentation à la SNCF après une année 2014 marquée par la suppression de milliers de kilomètres de voies, de dizaines d’arrêts et de gare, de centaines de trains et guichets, de postes de contrôleurs ! En revanche, le gouvernement trouve sans peine 60 millions d’euros à verser à un lobby américain pour que la SNCF aille faire rouler le train de la privatisation … aux Etats-Unis ! Usagers, contribuables, nous sommes rackettés pour financer la privatisation, la transformation de la SNCF en multinationale, pour financer les intérêts des banques qui se gobergent des dettes fabriquées du service public.

C’est sans doute à La Poste, en ce premier janvier, qu’apparaît toute la brutalité, tout le cynisme de ces directions, de ces gouvernements français successifs et de leur Union européenne. Le prix du timbre normal augmente de 15%, certains tarifs « économiques » augmentent de 25%. La direction prétend qu’il s’agit de compenser la perte de volume du courrier. Au contraire, il s’agit de l’accélérer, tout en rançonnant les usagers, en liquidant l’égalité de traitement, en liquidant des moyens et des personnels, pour détruire un service unique, inestimable – la venue d’un facteur dans tous les foyers 6 jours par semaine, un réseau unique de bureaux dans le pays – avant que tout projet d’adaptation et d’amélioration du service ait pu voir le jour.

Partout des luttes se développent. A la SNCF, la force de la grève contre la réforme ferroviaire rend plus difficile la casse du service public. A La Poste, des centaines de luttes locales se sont déclenchées en 2014 (voir notre dernier tract en lien : En 2015, nationaliser la lutte pour le service public de LA POSTE : C’est possible, c’est nécessaire !). En 2009, des millions d’usagers ont dénoncé la transformation en société anonyme et affiché leur volonté de défendre le service public. Dans la bataille idéologique, l’Union européenne a fini d’être démasquée comme le syndicat des prédateurs capitalistes. Le prétexte des directives européennes à la casse des services publics ne peut plus fonctionner. Les usagers, les salariés, la population finissent de faire le deuil des faux espoirs répandus avant les élections de 2012 entretenus pour les pousser à la résignation.

La solution est dans la lutte, dans la convergence des luttes entre salariés des différents services publics, entre salariés et usagers, contre cette politique de casse qui atteint directement, durement, chacun d’entre nous dans sa vie de tous les jours.

En 2015, communistes, nous serons de ceux qui impulseront la campagne nationale contre les hausses des tarifs publics.

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13 janvier 2015 2 13 /01 /janvier /2015 09:35

Bennett, ministre israélien : "J'ai tué beaucoup d'Arabes, aucun problème avec ça"

Dernière modification : 30/07/2013

Le ministre israélien de l'Économie, Naftali Bennett, a préconisé de tuer tous les "terroristes" attrapés par les autorités plutôt que de les mettre en prison. "J'ai tué beaucoup d'Arabes, aucun problème avec ça", a renchéri le chef de "Foyer juif".

Les propos choquent. Alors que Palestiniens et Israéliens viennent de s’asseoir à la table des négociations, le chef du parti pro-colonisation "Foyer Juif", parti de la coalition du Premier ministre Benjamin Netanyahou, s’est illustré, lundi 29 juillet, en affirmant qu’il n’y avait "aucun problème" à tuer "beaucoup d’Arabes".

L’échange entre Naftali Bennett, qui est également ministre de l’Économie, et un conseiller sur la sécurité nationale, Ya’akov Amidror, a été révélé par le grand quotidien israélien Yedioth Ahronoth, qui précise que les deux hommes étaient en train de discuter de la libération de prisonniers palestiniens.

Dans son édition papier en langue hébreu, le quotidien centriste retranscrit la conversation ainsi :
"Bennett : "Quand t’attrapes des terroristes, tu dois simplement les tuer"
Amidror : "Écoute, c’est pas légal"
Bennett : "J’ai tué beaucoup d’Arabes dans ma vie – et il n’y a aucun problème avec ça""

Selon la porte-parole de Naftali Bennett, il s’agissait de proposer une politique sécuritaire plus efficace consistant à "éliminer les terroristes" plutôt que les garder en prison pour ensuite les relâcher. Selon elle, les Arabes évoqués par le chef de "Foyer juif" ont été abattus dans le cadre de son service dans l’armée.

Peu de chance cependant que ces précisions déjouent les accusations de racisme. Le ministre israélien, bien connu pour son opposition à un État palestinien, est resté silencieux sur d'autres formes de terrorisme, comme les actions "price tag" ("le prix à payer") menées par des extrémistes juifs contre les habitants de Cisjordanie.

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BRUNO FORNACIARI

HPIM3303

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